L'Avenir du Nord, 31 décembre 1903, jeudi 31 décembre 1903
'Septième Année — No 53.Journal Hebdomadaire — Deux cents le numéro.Jeudi, 31 Décembre 1903 ORGANE LIBERAL ou DISTRICT de Lt AftCTT DI L'AVENIR CST OAKS U PFUPU MÊME MOUS VtAROHS PRPJPtRIR Flkÿ DU y iauaikt —_________ Q&.SdcttlQ I s CHE.W 1ER.& Un an.Six mois Aboppejneyits i $1.00 0.50 d Jules-Edouard Prévost, Direct eu r.A.D MINI STR AT TON : SAINT-JEROME (TERREBONNE) Appopccs1 Le pouce : Un mois.$1.00 “ Un an.$3.00 1er JANVIER 1904 'd/j SES LECTEURS ~"Ox=> — X—C -C—¦ Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, u Pour fies,diplomates, c’est bien fêter la Noël que de mettre en action cette belle maxime évangélique.o o o La commission chargée de s’enquérir de l’affaire Dreyfus a référé le litige à la Cour de cas sation.Paraît-il que ce tribunal ne prendra aucune décision avant une période de trois mois ; les passions politiques auront le temps de s’apaiser ou de s’envenimer.La dernière alternative est peut-être la plus probable, si l’on en juge par les rumeurs plus ou moins vraisemblables, que lancent déjà certains journaux pro ou anti sémites.Entre-temps, les boulnngers de Paris se sont mis en grève et nos bons parisiens n’ont plus •* tie pain à se mettre sous la dent ; ils ne font que croquer le marmot En revanche, c’est un sujet de plus pour leurs Revues de fin d’année .O O 0 ' La politique anglaise n’offre rien de bien attrayant, celte semaine.Lés évènements s’y font rares.Le ¦¦ Christmas time n est réservé aux paisibles joies de la famille et non aux bruyantes manifestations du busting.Cepen —.dant une élection partielle eut lieu et elle fut favorable au programme de l’ex ministre des colonies.C’est une de ses premières victoires.On critique beaucoup la commission organisée par Chamberlain, pour la réforme du système fiscal, parce qu’elle n’est pas sous le patronage du Roi Elle se moque du Souverain, dit-on.Eu Angleterre, une commission est royale ou elle n’est rien du tout.Un journal de Londres, The Exprès», émet une sottise et par le fait même, nous dévoile tout un côté de l’opinion anglaise, à notre égard.Cette feuille blâme le gouvernement canadien d’envoyer une expédition à la Raie d’Hudson et de vouloir changer ce nom en celui de Mer canadienne, parce que ceci pourrait déplaire aux Etats-Unis.Songez donc que notre voisine n’aimerait pas ça.Lord Alversto-ne ferait un bon rédacteur, pour un tel journal ! o o o lx représentant de Panama, M.Bunan Va-rilla, déclare que son pays est prêt à assumer sa part de la dette colombienne.Ceci est conforme à l’équité et la nouvelle république fait un bon début en no se soustrayant pas à la première de ses obligations.Le délégué de la Colombie, le général Reyès, est sur le point de rompre les relations diplomatiques avec les Etats-Unis et demeure à Washington pour la réponse du secrétaire Hay, afin de se conformer à un point d’étiquette internationale.En effet, cette réponse sera cer tainement défavorable, même s’il n’en fallait juger que par les troupes américaines qui sont continuellement débarquées dans l’isthme.On dit quo les chancelleries européennes ont es sayé fie convaincre l’envoyé colombien qu’il était futile et désastreux do revenir sur le fait accompli ; que dans lo cas éventuel fl une déclaration do guerre contre les Etats-Unis, le gouvernement de R tgota n’aura pas 1 appui moral de l’Europe.o o o Les chemins fie fer américains se livrent au massacre.l,es accidents se succèdent et leurs résultats sont terribles.Dans un cas, il y eut près de soixante victimes, et dans un autre pl 4 do trente.Si cela continue en progression ascendante, un jour viendra qui n’est pas venu, va sans dire, où les voyageurs abandonne rout la vuie «lu progrès — c’est le cas tie le «lire — pour crier : ,, Vivo la vieille calèche tie nos pères ! u o o o Le Pape ne veut plus de chant théâtrale dans nos église, et accorde toutes ses sympa thies au chant grégorien.I«o Souverain 1 on tife prohibe les cymbales, le tambour et lex cloches.Mais il serait vraiment regrettable que, pour de folles exagérations commises en d’autres pays que le nôtre, nous n entendions plus la musique fies grands maîtres et soyions bornés à la musique du monastère.Celle-ci est belle, mais il existe d’autres beautés que le chant grégorien.o o o La Russie et le Japon se regardent toujours comme doux chiens do faience, is il faut en ¦ croire les dépêches, qui sont contradictoires et ne rapportent que des rumeurs, 'es deux pajs se préparent activement à la guerre : ils mobilisent les troupes, accumulent les munitions et achètent des vaisseaux de guerre.L’s années du Japon, surtout, sont sur pied.Peut être que plus tard, à force d'être sur pied, elles seront sur les dents.Ce qu'il y a de certain, c’est que le gouver nement de Tokio se montre très irrité et veut déloger la Russie de la Corée.Le Czar semble vouloir temporiser et n’a pas encore rendu de répouse définitive, mais l’opinion russe est très hostile au Mikado.Je ne suis pas dans le secret des dieux et no vous prophétiserai pas une guerre pour l’année qui commence, mais il semble que 'a lutte soit très probable.Déjà des journalistes et des attachés militaires de différentes nations se dirigent en toute hâte vers l’Extrême Orient.AU CANADA Monsieur Blair doit, être nommé président île la Commission des chemins de fer.L’ex miriiscro occupera cette position avec d'autant ulus d’avantage, qu'il a été le créateur de cette Commission et pourra mettre en œuvre sa propre législation.Il est vrai que sa sortie du cabinet semblait le forclore de cette position, mais il est juste de se rappeler que M.Blair n’était pas opposé au Transcontinental et ne différait d’opinion, auec le gouvernement, que pour la route parcourue par l’Intel colonial.D’ailleurs M.Blair n’est pas favorable au projet hybride do M.Borden et consorts de l’Op position, et s’il a combattu le parti libéral, sur un point il n’a jamais cessé d’être libéral, quoique l’ardeur de la lutte l'ait entraîné un peu loin.Mais vous verrez quo les erganes conservateurs qui adulaient l’ex-ministre, lo croyant traître comme certains autres qui ont été dans des ministères, vont maintenant l’uc-cubler d'injures.o o o Depuis la décision du tribunal arbitral, dans ’affaire de l’Alaska, il a été question d’annexer Terrencuve et cl’acquérir Saint Pierre et Mi quelon, ainsi que le Groenland.Or il nous arrive de Copenhague, la nouvelle qu’on n’a pas encore fait de démarches en ce sens et que, en tous les cas, nous ne pourrions obtenir le Groenland.Cela ne devrait pas nous empê-ter de tenter le coup : le jeu en vaut la chandelle.o o o Ixîs journalistes se sont livrés à des interviews pour connaître ce que plusieurs personnages importants augurent de l’année 190-1.Comme on a oublié de m’interroger, jo crois devoir réparer cette omission regrettable — oh ! combien — en disant bien haut que la nouvelle année sera bonne pour vous tous, ou que, du moins, je le souhaite fte .tout cœur Si elle ne l’est pas parce que je vous aurai causé quelque déplaisir par un manque d’érudition, rappelez vous ce que le vieux Chanifort écrivait: « Quand on veut plaire dans le monde, faut se résoudre à se laisser apprendre beaucoup de choses qu'on sait, par des gens qui les norent.u Je laisse Chanifort flatter votte modestie Sans aucune idée malicieuse, jo crois que c’est peut être le meilleur moyen que j’ai encore trouvé de vnus plaire.Et de plaire, au Jour fie l’An.Mais tous les pays d’Europe lui semblaient trop proches de son foyer, elle aspirait après les forêts vierges, les terres inculte*, l'espace, la liberté.Comme ses idées n’étaient point en accord avec celles de sa famille st de ses amis, elle ne leur confia rien de sas projets, puis un beau jour, tous les siens la croyant à Bruxelles, ils apprirent, à leur profonde stupéfaction, qu’elle venait fie s’embarquej pour la Nouvelle Zélande Pourquoi la Nouvelle-Zélande?jo doinaii- lon doit s’efforcer C.Lautru.Une femme exploratrice [Pour L’Avknii! uu Nord] Jji jeune fille française est un être tout pétri de modestie et fie timidité.Elevée rigidement sous l’œil vigilant de sa mère, tel un poussin qui no connaît d'autre refuge que l’aile maternelle, elle ne sort jamais seule, à peine si elle ose regarder un jeune homme bien en face.Lorsqu’arrive le moment de la marier, une amie s’occupe fie présenter à la mère de la jeune fille un bon parti.Ce.s deux êtres, qui doivent passer leur vie entière ensemble, se voient une dizaine de fois, en présence d’un tiers, puis le mariage se fait, et une fois la cérémonie terminée, 1» mariée peut agir à sa guise.Tout est admis, les sorties seule, le » ilirt u si bon lui semble.En Angleterre la jeune fille est libre comme l'air, mariée, elle s’adopte une chaîne, en France, c’est tout le contraiie ; plus d’une jeune fille soupire après le mariage comme la seule chose capable de briser les barreaux de sa prison.Prison toute construite de vieilles traditions, d’antiques principes do la bourgeoisie française.Qu’on juge donc do la stupéfaction avec laquelle Paris accueille les hautes prouesses d’une jeune fille de Montmartre, qui, résolument, a rompu avec toutes les traditions surannées, se moque du qu’en-dira-t-on, et voguant au loin sur les mers, s’en va se fixer aux Antipodes.Je n'ai point eu la chance de me rencontrer avec cette jeune exploratrice, elle ve liait de repartir pour la Nouvelle-Zélande, mais mais sa mère et sa sœur m’ont donné plus d’un curieux détail sur la vie aventureuse que mène Melle Madeleine Caché.Le n home •• fie la voyageuse m’a parut être un intérieur classiquement bourgeois, rien d’anormal, sinon qu’il est niché sur le liane même de la butte fie Montmartre, au pied do la blanche basilique du Sacré Cœur.__Ma tille avait-etle des idées originales étant enfant, répond la mère à ma question, tua foi non, c’était une enfant câline, toujours penduf à mes côtés, et jamais je n’aurais eu idée qu’elle développerait ce goût extraordinaire pour les voyages et les aventures.Remarquablement flouée au point de vue de l’intelligence, fie bonne heure elle s’adonna à l’étude des languas, aujourd’hui elle en possède six, entre autre le latin et le chinois.Arrivée à l ’adolescence elle commença à ressentir ce besoin de mouvement, de changement, elle obtint de ses parents la permission d’aller en Belgium, en Allemagne, en Angleterre.Pour ce dernier pavs, elle s’éprit de la façon d’agir de a jeune fille anglaise, l’indépendance, la liberté d’allure de l’Anglaise lui parurent infiniment supérieures à l’éducation française.Les sports comme le tennis, le golf, le hockey rent et elle s’y livra avec passion.dais.— Parce quo cette terre étant aux Antipodes, il n'y avait rien do plus loin, me répond en souriant sa jeune et charmante sœur, voilà sans doute ce qui aura décidé Madeleine.Avec une bonne grâce et uno courtoisie charmantes.Madame Caché veut bien me remettre le journal de voyage de sa fille et des lettres écrites à sa famille.Je puise ttaus ces précieux documents des détails du plus haut intérêt.Melle Caché, malgré son culte pour les mœurs et coutumes anglaises, n’en est pas moins restée essentiellement parisienne, ses écrits sont pétillants d’esprit et de vivacité, spirituels et mordants à l’occasion, et nous la retrouvons purement et simplement la vraie Mont mart raise.Avec un plaisir toujours croissant, j'ai par-coutu ce journal de voyage suivant par la pensée notre hardie exploratrice vers des régions inconnues.Nous la voyons quitter Londres embrumé, descendre la Tamise et s’en aller à l’aventure vers des terres qui peut être ne lui seront pas hospitalières.Sur le bateau elle se fait des amis, on l'invite, on l’entoura, et elle débarque enfin dans la capitale do la Nouvelle-Zélande.JA elle ne connaît personne, mais munie de tous ses brevets elle se présente dans un pensionnat, où elle se fait accepter comme professeur de français.Alors pour elle commence une nouvelle vie qui la charme.Pendant la vacance elle quitte Anckloud et s’en va hardiment dans l’intérieur des terres, souvent avec une bande joyeuse, des travailleurs comme elle qui savourent délicieusement les semaines de repos intellectuel.Mais souvent elle part seule à bicyclette, fraternisant avec les hordes sauvages de Mooris.On cherche à l’eff rayer : — Prenez garde, les Mooris ont assassiné une femme.— Quand ça ?— Il y a environ vingt-cinq ans.Melle Caché rit de bon cœur, comment ce n’est que cela, ali, si les Apaches de Montmartre n’assassinaient une femme que tous les quart-s de siècle, Paris verrait encore île beaux jours.Ne sachant point ce que c’est que la crainte, elle s’embarque seule en piif.gue avec les Mooris, ignorant leur langue, elle converse avec eux par signes, et son bon sourire de confiance et île camaraderie a vite fait de gagner les cœurs de ces sauvages.D’autres fois on part en vacances, une société joyeuse de quinze ou vingt personnes, les hommes, des avocats, des médecins ou des employés, dressent les tentes, font le feu du bivouac, tandis que les femmes, toutes comme Melle Caché, des institutrices ou des doctylo-graphes, font la cuisine.On mange le produit de sa chasse ou fie sa pêche.Notre exploratrice se délecte à cette vie libre et active, on s'habille à la diable, on ne craint point les potins, on vit en pleine nature, loin de la civili sation factice et mensongère.En guise de tentures on a les lianes d'une végétation exubérante, point n’est liesoin de l’électricité, seuls les rayons du soleil ou le pâle croissant d’argent de la lune las éclairent.On fait fi das concerts des tziganes, l’orchestre des oiseaux et le mugissement des vagues est infiniment plus grandiose que la musique des concerts parisiens.Melle Caché nous a prouvé qu’une femme peut se débrouiller seule, qu’elle peut sans crainte circuler partout, car une femme qui se respecte sait se faire respecter de tout le mon do.Chers lecteurs, nous reviendrons sans doute sur ce même sujet, car les aventures do cette femme vaillante ont pour moi un invincible attrait.Lily Butler.» Tous nos efforts ont été gênés et embarrassés jiar la protection dos intérêts anglais et par ce système Compliqué de diplomatie qui prévaut eu vertu des arrangements en vigueur." A ce sujet, je ne crois pouvoir mieux faire que de citer un passage d’un discours d’un haut commissaire u-tuel du Canada, sir A.-T.Galt, lorsque la |uesti< il fut discutée devant cette chambre.ï 1 dit : “ Il est un aut.i"> »a"e nui résultera de “ i adoption île la ligne de conduite indiquée “par ces résolutions.C’est qu’ou évitera dos “ rapports répétés avec les départements du *• gouvernement impérial dans des négociations “ relatives aux relations commerciales entre " les autres pays et le Canada.S’il est une “ chose qui, plus que tout autre, gêne cas né-“ gociations, c'est le fait qu’elles ont à passer “ par tant de bureaux.D'abord elles doivent “ faire le sujet d'un rapport d’un département, “ puis être envoyées à un autro avant qu’elles “ puissent être renvoyées au gouvernement du “ peuple qui y est le plus intéressé.” la compagnie pourra trouver do vastes étendues de coteaux de gravier qui pourra servir au terrassement du la voie ferrée ou pour les couvertures des édifices.L’Un Jones et sas environs offriront aux chasseurs l’occasion d’exercer leur udresse.Lo commerco qui se fait dans ces localités est très considérable : les fermiers les plus en vue, comme MM.Z.Raymond et R.Lalande, vantent avec enthousiasme ce magnifique pays.Ixi commerce du bois pourrait s’y développer ces vêtus do rien, tous ces pantins pouvras envahissaient soudain la belle devanture d’on face.Us arrivaient, après la traversée de trottoir, sales, boueux, humides, et se ruaient dans lo salin, la soie, le velours, la lumière et la chaleur du oulon.Polichinelle rossait les doux diplomates.Pierrot s’asseyait sur le piano.Arlequin donnait un coup de batte sur le derrière du gommeux et embrassait la fennno aux cheveux jaunes.Les demoiselles étaient forcées tie danser un galop avoc los lourds soldat* " Je dis donc, continue M.Rlake, que cet exemple même prouve que les difficultés provenant du fait qu’il ne nous est pas permis d’administrer des affaires qui nous intéressent exclusivement, entraînent un résultat pratique déplorable.Nous voyons ici un premier ministre nous dire que sir A -T.Galt avait fait ses arrangements, mais qu’il lui manquait l’autorité de Londres pour qu’ils fussent valables et obligatoires.Pourquoi ?Pourquoi ne pourrions nous pas conclure nous mêmes les arrangements ?” et s*v développera sûrement avec lo nouveau avinés.Ia» bélier bousculait le collégien.Il’ ,i j*.' r ________ i.s* .„-.n’-.1 :.'-r.i„.chemin de fer.Le paysage, du reste, est admirable ; do nouvelles manufactures et scieries naîtront nécessairement à la suite do cette patriotique entreprise.Quant a Saint-André d’Argonteuil, on sait que cette localité pittoresque ajoutera à ses charmes de nouvelles maisons de campagne que nos citadins ne manqueront pas d’édifier dès que los communications seront rendues plus fa cil es.A Carillon, nous tiouvons une écluse assez puissante pour fournir une force motrice plus que suffisante pour actionner tout le réseau électrique.Ijo chemin fie fer île Sheflbrd cou duit jusqu’à Grenville, puis llawkosbury ot Ottawa.Pour le nouvel an ETALAGE de JOUETS Entreprise patriotique Le chemin de fer électrique de la Rivière Ottawa.La compagnie du chemin de fer électrique MoLtréal-ivivière-Ottawa se propose de relier la capitale à la métropole du Canada par un réseau électrique qui traversera les comtés de Jacques Cartier, Laval, Deux-Montagnes et Argenteuil.C’est dire les bénéfices énormes que retireront les cultivateurs ou les colons de I épaulette, tandis que sa main gauche, appuyée cette magnifique eontr.ee ; cette vote ferrée ou- süv cu:l88e> un Rant RjaC(! k (ioux b(m.Sur le boulevard, un attroupement à la devanture d'un magasin.Je joue des coudes, je m’approche, je regarde.C’est éblouissant, c’ast féerique ! Derrière la grande glace, qui fait uno barri cade de chaleur et de lumière contre l’humidité grise du dégel, sous des ruissellements de gaz, parmi l’or qui flambe, la soie et le satin qui miroitent, le velours qui rutile, les inétaux et les cristaux qui poignardent l’œil, un salon de poupéos étale son luxe, ses falbalas, ses meubles en miniature, ses tapis, son opulence élégante, et pose, et semble vivre.Sur les fauteuils et le canapé capitonnés, des messieurs et des dames continuent une causerie précieuse.11 y a un officier, avec do fines moustuchos brunes, qui gesticule du bras droit et fait ainsi s’éparpiller le filigrane do son Les traités de commerce Flous trouvons dnns un discours de fou Honoré Mercier le passage suivant qui est plein d’actualité.Tant que nous ne pourrons pas faire nos traités fie commerce nous mêmes, nous n’avancerons pas.nous reculerons ; et tant que nous serons obligés de passer par la filière de la diplomatie et de la bureaucratie anglaise, nous ne pourrons jamais arriver à obtenir des autres nations las avantages voulus pour assurer notre prospérité commerciale.Ou nous n'aboutirons à rien, ou nos intérêts seront invanuble-blement sacrifiés, -comme Us l’ont toujours été finis e passé.Quel a été le résultat -le la commission des Antilles, en I860 ?Nul.Quel a été le résultat do la mission de sir A.-T.Galt en Espagne, en 1870?N ul encore.Pourquoi ce résultat négatif?M.Galt le dit lui-même : parce qu’il a été entravé par le cabinet de St.James.vre de nouveaux horizons aux sportmen, amateurs de belle nature et à tous ceux qui désirent le repos et la tranquillité loin des villes.Le pays que traversera cette voie ferrée est imparfaitement connu do la généralité des lia bitants des comtés plus haut nommés.Ce que l’on sait, c’est que les terres y sont d’une fertilité remarquable, les montagnes boisées, les cours d’eau capricieux et les lacs semés comme à plaisir sont d’un pittoresque tout à fait enchanteur.Les localités les plus attrayantes ne manqueront pas fl être recherchées ; o'ios seront le rendez-vous du tout Montréal et Ottawa.La compagnie dispose d’un capital de 500 mille dollars.Elle est solidement établie, et, on peut fin être sûr, les travaux vont marcher ronflement.Le bureau central sera à Montréal.Is-s directeurs se sont réservé le privilège fl’entrer en arrangement, pour les fins do transport, avec les compagnies de chemin de fer Jacques-Cartier, Union, Canada Atlantique, Carillon et Grenville, Central Counties, Groat Northern, Canadian Pacific, Grand Tronc, Châ-teauguay et Northern, Montreal Park A Island et Terminal.En outre, la compagnie pourra acquérir les pouvoirs d’eau nécessaires pour les utiliser comme force motrice et construire des quais, hangars, garas, etc pour son trafic.La compagnie devra commencer ses travaux dans un délai de six mois et los terminer en trois ans.Les officiers et directeurs provisoires sont : MM.Edgar McMullen, de Boston, président; J.Douglass Wells, de New-York, 1er vice-président ; J.-A.-C.Ethier, député, 2e président ; l’hon.F.-X.Mathieu, D.J-edue, Sainte-Scholastique ; F.-D.Monk, député de Jacques-Cartier ; J.- E.Léonard, député do Laval ; l’hon.M.Weir, député d’Argenteuil ; II.Champage, député île Deux-Montagnes ; Thomas Gautier, Montréal, directeurs.A sa dernière session, le gouvernement fédéral a accordé un subside de $128,000 à cette compagnie.Le réseau électrique, en partant de Montréal, va dans la direction de Bord à Ploufte et se dirige vers Sainte-Dorothée, en passant à Sain-Joseph, Saint-Benoît et.Saint Placide.La compagnie a tourné les difficultés que présentait la traversée d’un bras de la Rivière des Prairies de la manière la plus ingénieuse.Au lieu de construire un pont qui aurait coûté des sommes énormes, on a songé à utiliser une petite ile à Grand Moulin.La voie côtoiera la i ivière Ottawa.Tous les voyageurs pourront, surtout en été, admirer les superbes contours sur presque toute l'éten due du réseau.De Saint André à Carillon, le voyage sera particulièrement pittoresque.De cette dernière localité à Grenville, la nouvelle voie se soudera au chemin de fer fie Shefford, et traversera l’Ottawa sur un pont déjà construit.Comme nous le disons plus haut, le chemin de fer Ottawa River Co.sera d'un immense avantage à tous las points de vue ; la compagnie desservira des villages et des paroisses qui.la charmè- Pourquoi le traité tie â\ ashinqton, en 1871, - jusqu’à présent, n’ont eu que des communica-nous a-t-il été si défavorable ?Toujours la • tions très imparfaites avee les grands centres De plus, elle ouvrira à la colonisation de Vielles étendues de territoires fertiles, fournira à nos chasseurs et pêcheurs une nouvelle occasion do prouver leur habileté ou leur patienco.Grand Moulin sera avant peu une magnifique villégiature grâce à sa situation sur le Ixird fie la rivière Saint Joseph ; c’e-st comme un paradis terrestre en miniature avec ses vergers aux pommes normandes.Dans cette paroisse, même raison • parce que la métropole, suivant ses habitudes séculaires, servait *ses intérêts avant les nôtres et qu’à côté fie notre commissaire siégeait celui de l’Angleterre, se faisant insolemment notre curateur pour protéger les Anglais et nuire aux Canadiens.C’est bien la pensée que l’hon.M.Rlake a rendue quand il disait lo 21 avril 1882, à la chambre des Communes : tons imperceptibles.Une grande blonde l'écoute attentivement, langoureuse, la tête peu chée, les yeux en coulisse, la gorge goullée sous sa robe do bal en faille mauve.Une veuv je parie ! A côté d’elle, noyé dans les volants de sa traîne qui bouffe, un collégien croise ses bras sur sa tunique, tl’une coupe gauche, où il est boudiné, comique, paquet.Devant la cheminée discutent deux diplomates sans doute, ou fieux garçons do café, qui se sont faufilés là, grâce à leur frac irréprochable et à leurs favoris en éventail.Debout, les jambes au feu, la poitrine en avant, lo gilet boutonnant au nombril, lo plastron fie la clio mise raide comme cuirasse, ils échangent des phrases toutes faites en tenant une mignonno tasse fie thé.L'un porte un monocle, et, tout en causant, lorgne le groupe des jolies femmes qui entourent lo piano.Oh ! ce piano 1 Une merveille, un chef-d’œuvre.Il doit résonner.J’ai cru l’entendre.En bleu-clair et blanc, uno jeune fille, probablement à marier, ast assise sur le talmurct à vis.Les mains effleurent le clavier.Une partition bijou est ouverte.Du Gounod ! Je m’en flou tais.Pour tourner les pages, une autre jeuno fille se penche et fait saillir un pouff rose dont lo fouillis a l’air d’une fleur aux pétales entr’ouvertes.Elle avance une menotte aux doigts prétonciousement écartés, avec l’auricu lairo tout raide.De ces deux échappées du Sacré-Cœur, l’une ast blond cendré, l’autre bru ne.Pour tous les goûts, quoi ! Mais la plus belle, la plus éblouissante, c’est cette rousse en satin vert-pomme.La crinière fauve jette des écluirs, les yeux aussi.La bouche minaude dans un sourire sanglant.Ixj corps se développe, s’exhibe, s’offre, allongé, aux bras d’un crapaud bas et large.A qui cette admirable et perverse créature ?Les deux diplomates louchent vers elle.L’officier lui lance parfois un rupide coup d’œil.Le collégien n’ose pas la regarder, mais il la sont présente.Les femmes semblent ne pas la voir.Un brave, un dompteur, a seul le courage d’affronter la lionne.Quel joli gommeux ! Comme il est fin, distingué ! Comme il s’incline amoureusement vers la nuque de la charme-resse, en lui soufflant dans l’oreille on ne sait quels mots chatouillants > Petit, petit, prends garde ! Et de quoi prendrait-il garde ?C’est uno mè re de famille, cette mangeuse do cœurs.Voici près d elle deux amours do bébés, tout en chiffons, en pompons, eu dentelles ! Hum ! de l’adultère alors ?Décidément, c’est comme dans le monde.Je m ’en vais.Brusquement, je me retourne, les yeux aveuglés par cette opulence papillotante.Devant moi, faisant face à la boutique somptueuse, uno malheureuse baraque se tient toute honteuse au bord du trottoir, dans la brume, sous la petite pluie sournoise du dégel, éclairée par une lampe à pétrole, avec son déballage de pantins à treize, dix-neuf et vingt-neuf.Los gens passent sans s’y arrêter.Et pourtant ils vivent aussi, ceux-là.Cast Polichinelle, 1kis.su, grimaçant, enluminé de gros vermillon.C’est Pierrot, clair-de-lunaire.C’est Arlequin, bariolé, la batte à la main, le corps souple, le museau noir.Co sont las soldats do bois, massifs, raillas, les poupons bouffis, les caniches effarés, les béliers en boule, les matous en peau de lapin.Oui, ils sont épais, mal dégrossis, taillés à coups do couteau, peinturlurés par taches voyantes.Mais comme c’est robuste, et comme ça sont bon la résine, la natuie ! Et j’ai rêvé que tous ces va-nu-pieds, tous inâtmî en poil de lapin ée taisent lés grilles »ur le tapis d’Aubusson.Le caniche levait la cuisse contre les meublas.L’officier courait chercher la garde pour mettre le holà.A côté de moi, sur le trottoir, deux messieurs parlent- politique.— Vous avez beau dire, faisait l’un, la bourgeoisie a fini sou temps.Il faut en prendre son parti.— Mais alors, quoi ?Vous êtes pour la Commune I — Je ne fits pas cola.Mais jo crois fermement à l’avènement du peuple.Cela ao fera en douceur, peu à peu.Et jo vis que los pantins à treize, dix-neuf et vingt neuf étaient restés tranquillement sous leur maigre lampe, on plein air, grelottants, et qu'ils regardaient sans envie lo beau salon du grand monde.Us se consolaient de leur pauvreté en se disant : — Nous ferons le bonheur des enfants pauvres.Jeun Richepist.SÊ Coup d’Etat jj (La Petite Republique, do Paris) lx;s nationalistes, accablés il 'abord par la reprise île In procédure fie rovision (du procès do Dreyfus) et par la meiiaco des révélations prochaines, avaient décidé do garder le silence.C'était prudent.Mais pour tenter d’atténuer lo choc qu'ils pressentent et qu’ils redoutant, ils ont lancé un manifeste au pays.Pauvre tentative ! car on sait maintenant l’autorité qui s’attache, en cos questions, à la signature du général Mercier et do ses comparses do la Patrie française.Il est plaisant- do les voir dénoncer u lo coup d’Etat publique n et aTTi'itt! ^’ qu n~sera suivi d’un n coup d’Etat judiciaire n.Coup il’E-tut politique parce que le ministre de la guerre, ayant ouvert les dossiers qui sommeillaient d un sommeil louche dans ses bureaux, v a vu fourmiller le mensonge ot lo faux.Il parait jue fabriquer en aboiidancG des documents scélérats, falsifier fies dates do façon à transformer des pièces à décharge en pièces à charge, cacher aux juges d'autres documents do nature à dissiper toute équivoque, c’est clioso régulière et légale.Le coup d'Etat ne commenco que lorsqu'un goux ornement, constatant dans les dossiers mêmes île ses services la trace de ces manœuvres criminelles, transmet aux juges les moyens du reconnaître et do réparer l’erreur.C’est bien dans la logique de la Putrio française.Ceux qui ont renversé toutes les notions, ceux qui ont glorifié en Esterhazy l’abjection et le crime, ceux qui ont prostitué l'idée de patrie à fies intérêts fie caste et do mensonge qui sont la négation même do la patrie, ceux-là étaient destinés à qualifier de coup d'Etat politique l’eccomplissoment du plus élémentaire devoir d’un gouvernement libre et probe.Et comment, sans ce renversement do toute conscience et de toute raison, pourraient-ils dénoncer comme un coup d’Etat jutliciairo la décision prochaine de la Cour de cassation, saisie légalement de l’affaire et statuant légalement dans toute l’étendue de son droit?C’est à Rennes, c'est dans ce procès scandaleux où las juges militaires considérèrent comme négligeable et nulle la décision de la Cour do cassation, que lo coup d’Etat judiciaire fut accompli.C'est dans co procès frelaté, où des dossiers frauduleux combinés avec des influences de caste faussèrent ot forcèrent la décision des juges, qu ’un attentat fut commis contre la justice et contre la loi.Et la protestation de a Patrie française serait le coup d audace lo plus impudent, si elle n’était pas l’aveu suprême île la défaite.Au fond, les conspirateurs déclarent qu’ils renoncent à lutter.Du moment quo las dossiers ont été vérifiés, du moment qu’il n’est plus possible d’édifier sur das pièces fausses les accusations les plus arbitraires, ce n’ost plus de jeu ! Et ils abandonnent une partie dont on no respecte plus les règles, puisqu’on effet il n’est plus permis de tricher.Le neveu do Rameau disait- qu’ii y a des n idiotismes moraux n, et que chaque profession, chaque catégorie *o-iale se fait, une morale particulière.Les i, patriotes n du modèle esiorhosian s’é-tarit fait à eux mêmes un idéal spécial, où la trahison s’appelle patriotisme, où lo faux a force probanto et veitu héroïque, le retour à la érité, à la raison, à la commune et vulgaire conscience de l'humanité cixilisée leur apparaît justement comme la profanation de toute morale et la violation de toute loi.Et nous sommes prêt à reconnaître qu’en un pays où le mensonge servi par l’illégalité fut souverain, la victoire légale de la vérité et du droit est un coup d’Etat.Je reconnais aussi que par là, ils se' dispensent de répondre aux nouvelles charges accablantes qui après tant d’autres vont se produire contre eux.u Syndicat de trahison u fut, il y a quelques années, le mot d’ordre qui paraît à tout et qui dispensait d’avouer l’évidente tiahison d’Esterhazy, l'innocence évidente de l’autre, u Syndicat de trahison „ ayant un peu perdu de son efficacité, c’est coup a’Etat .qui entre en jeu.Coup double d’Etat : coup d’Etat politique, coup d’Etat judiciaire.Oh ! que voilà une belle invention !__Mais pourquoi avez vous caché aux juges des documents capables do les éclairer ?— Coup d’Etat. ) SM»»?WW W\ "Réconfortant par Excellence’ En temps d’épidémie de tous genres ; quand les intempéries occasionnent “de mauvais rhumes.” Au premier signe de fatigue, de frisson ou de faiblesse, prenez une tasse de BOVRIL chaud.Il vous procurera instantanément une vigueur et une énergie permanentes BOVRIL «st non seulement un pravantlf, mais aussi un restaurateur.V ,'ïi- - ».nK 'I & : i mM mss, ¦ — Mais pourquoi avez vous falsifié impudemment la data d’uuo piôco do la plus haute importance î — Coup d’Etat.— Pourquoi avez- rYO)ig y.de9 légendes absurdes ce qui restait do bonne foi aux juges 1 — Coup d’Etat.C'est le suprême effort de l’esprit jésuitique.Après tout, la trouvaille est médiocre : peu à peu devant le pullulement innombrable, infini des faux et des crimes, nos adversaires mêmes commencent à hésiter et à fléchir, n ils sont trop ir, disait en parlant des Prussiens et des Cosaques l’héroïque petite troupe qui en 1815 s’obstinait à défendre la barrière Clichy.De même, les plus héroïques défenseurs du crime et du faux, ceux qui jusqu'ici ont refoulé les révoltos les plus légitimes de jour conscience et do leur raison, ceux-là mêmes, en apprenant qu'il y a encore des crimes à glorifier, de faux témoignages à consacrer, do faus ses pièces à révérer, commencent à dire mélancoliquement :
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