L'Avenir du Nord, 2 août 1907, Supplément. La colonisation et l'agriculture
»V *7 V ÉIM: *< I*.1 ~ïïM 11» ¦,r"Q\u •"• •'* ma® - • * •¦ : ' J-" A -a ;A .,: • •¦ : - .UU-: -.; .-K isfesj j; v*vi '¦ SiSivsawr : •;-*.wm '.VV •: SUPPLEMENT DE L’AVENIR DU NORD, 2 août 1907 L'HONORABLE JEAN PREVOST, ]>*:|*ut«¦ du Terrebonne, Ministre de.la colonisation, des mines et des pêcheries.1 LES DEBUTS D UNE COLONIE C’est entre 18G8 et 1875 (|ue le curé Labelle lit ses premières armes duns le , cointé d’Argentcuil, en y introduisant une forte émigration canadienne-française, un arrière des rangs serrés de la colonie anglaise (pt on y avait installée au commencement du siècle dernier.C’était mieux qu'une colonie Anglaise, c’était une série de colonies orangistes : elle formait une véritable place forte dont le curé de Saint-Jérôme dut faire le siège en règle.Il créa tout autour des petites paroisses canadiennes dans les town-hips d’Arun.Iel, de Mont calm, de .Salaberry, de \\ en’worth, il les disposa comme une ligne de circonvallation et établit peu à peu ses logements au pied même de la muraille.Aujourd’hui les assiégés étouffent dans cette enceinte qui se fortifie et se resserre tous les jours en les étreignant comme tin lien de fer.Le Ilot des assaillants monte toujours, dans cette émulation pacifique de défrichements et de cultures.Ils dépassent maintenant leurs rivaux en nombre et assureront avant longtemps une majorité française dans le comté d Argeiiteuil.Mais cette onivre n’était pour le curé Lubelle qu’un début durant lequel il se formait dans l'art du colonisateur : tout en accomplissant ces travaux, il avait étudié l'immense région «pii s’étend au nord-ouest dus comtés d’Argenteuil, de Terrebonne, de Montcalm, et qui va finir sur les bords de la Gatineau.11 se convainquit qu elle renfermait d’excellentes terres, il y sut propager scs convictions et ses idées.Il avait acquis une grande autorité par ses premiers succès: déjà il était populaire.Il obtint du gouvernement des subsides: il présenta et lit agréer, non sans peine, des projets de chemins de fer qui devaient former la base de ses opérations ! attires.Lui-même donna aussi ses plans et ses projets.Il calculait quelle pourrait être la portée d'un chemin de fer de pénétration qui partirait de .Saint-Sauveur et de Sainte-Agathe, les dernières paroisses de Terrebonne, pour se porter directement sur la rivière Rcuge, sur la rivière du Lièvre et, de là, sur le cours supérieur de la Gatineau.11 commença par établir Saint-Faustin, à •S milles environ au noid-ouest de Sainte-Agathe.C’est alors qu’il s’adjoignit un jeune prêtre encore inconnu, mais qui, sous sa modeste apparence, révélait l'énergie et l'intelligence d'un organisateur : ce fut lui que M.Lubelle, ne pouvant sullire à tout, plaça à la tête de rétablissement de Saint-Faustin, et M.l'abbé Ouimet commença alors cette série d’installations paroissiales, dans laquelle il a fourni une carrière si longue et si utile.Cependant, M.Label lé poussant sa reconnaissance en avant, parvint à surmonter un obstacle infranchissable en trouvant la célèbre montagne la “ Repousse que l’on nommait aussi la ‘ montée de l'Epouvante.” En arrière de cette montagne ensorcelée, toute couverte de magnifiques futaies d'érables, d’ormes, de frênes et de merisiers, il découvrit, encadrée dans ces forêts, à six milles de Saint-Faustin, une vallée séduisante autant que fertile, où il jeta les premières fondations de Saint-Jovite.Il appela alors à lui son actif et fidèle collaborateur qui installa les colons de Saint-Jovite, comme il avait installé ceux de Saint-Faustin.Pendant que ces créations commençaient à prendre figure, le curé Labelle poursuivait imperturbablement sa marché vers le nord-ouest, comme un capitaine de navire avec sa boussole, posa les premiers jalons de la Conception, à dix milles à l’ouest de Saint-Jovite où se transporta aussitêt l’infatigable M.Ouimet, et, en IN.s.'i, il atteignit la Chute aux Iroquois, (aujourd hui Labelle).Pour la quatrième fois, M.Ouimet prit la direction de la colonie naissante.On se trouvait enfin sur les bords de la Le Royaume du Duré Labelle Rivière Rouge qui était le premier objectif du curé Labelle.On avait ainsi créé, en peu d'années, une série de chemins et de paroisses qui, partant de Saint-Jérôme en passant par Sainte-Agathe, formaient une grande artère à laquelle se viendront souder plus tard les différentes voies de colonisation (pii devront d’une part revenir vers l’Ottawa et do l’autre pénétrer dans le nord, vers le plateau supérieur dont les eaux s’écoulent dans cet énorme cours d'eau.La grande artère que l’on venait de créer entre Saint-Jérôme et la Chute aux Iroquois (Labelle) formait donc un tronc de cinquante milles de longueur, établi sur cinq paroisses connue autant d’anneaux solides qui assuraient la continuité et la bonne tenue de la route et donnaient à toute l'entreprise une impulsion vivifiante : non seulement on facilitait ainsi l’arrivée des colons et l’écoulement des denrées, mais on créait à Saint-Jérôme un entrepôt considérable et on donnait à toutes ces contrées du nord que l’on voulait peupler, une importance considérable.Elles se présentaient auparavant comme une impasse déserte, impénétrable, tandis qu’elles offraient désormais l'attrait d’un avenir plein d’espérances et de promesses.II DESCRIPTION, SOL, CLIMAT, RESSOURCES, Etc.La région où le curé Labelle a exercé pendant, plus de trente ans, son apostolat patriotique est très vaste.Nous 110 voulons pas entreprendre d'en écrire la monographs Il faudrait pour cela coût un volume.Ce serait faire 1 histoire d'une trentaine de paroisses.Notre but est plus restreint.Nous voulons simplement, eu jetant à la hâte ces notes sur le papier, être utile au futur colon, lui fournir des renseignements qui lui seront d’un grand secours.Il 11e faut jamais farder la vérité, la réclame sur papier 11 ayant jamais produit que des mécomptes et des désenchantements.000 On a donné récemment le nom de “ Région Labelle " à un certain nombre de cantons qui s’étendent au nord et au nord-ouest du village de Ut bel le.C’est là que la colonisation, depuis quelques années, fait LA CHAPELLE du cimetière de .Saint-Jérôme, où reposent les restes du regretté curé Lubelle.suffisante de graphite pour permettre, dès maintenant, 1 établissement d'une usine où le minerai subira les procédés de réduction nécessaires.Le graphite est à l’état brut et d'une pureté incroyable.L’or et l’argent s’y trouvent en assez grande quantité pour laisser espérer un rendement raisonnai île.L’amiante et le mica sont en abondance un peu partout.Colonisation sportive La colonisation sportive est un terme heureux que le ministre de la colonisation l’révost a introduit dans notre vocabulaire canadien.Il implique l'idée du développement de nos centres de colonisation par les touristes et les “ sportmen.” Chaque été, des centaines de Montréalais quittent leur ville pour les Lnurentidps où abondent le gibier et le poisson de toutes sortes.Us sont autant de consommateurs des produits du colon) les légumes, beurre et fromage, volailles, etc., dont le prix double dès qu'arrive la saison des touristes.La région Labelle est à cent milles de Montréal, ville de 500,000 âmes avec sa banlieue, et qui en comptera un million dans dix ans.On voit aujourd’hui des lacs situés dans des vallons rocheux et à peu près stériles, lxirdés de coquettes habitations d’été.La prédiction du curé Labelle, que le nord-ouest de Montréal deviendrait un jour une “grande Suisse ” est on pleine voie de réalisation.C’est qu'il voyait loin dans l'avenir, notre grand apôtre colonisateur ' Centres à coloniser Où l'on trouve de bonnes terres à un prix nominal_______Description des cantons.La région Labelle comprend les colonies suivantes: Macaza, L'Annonciation, Tur-geon, Nominingue, Lac aux Ecorces, Lac des Iles, Rapide de l’Orignal, Ferme Neuve, Rapide du Chien.La plupart de ces colonies ont leur organisation civile et religieuse, de bonnes écoles, des médecins, des notaires : dos scieries, des minoteries, etc.D'autres sont en voie d’organisation et n’attendent plus (pie dû vigoureux colons pour remplir leurs cadres.000 Il serait peut-être fastidieux d’entrer dans les menus détails (pii concernent ces colonies.Cependant nous dirons un mot de chacune d'elles.Voici d’abord NOMININGUE, centre de la région.C’est un des plus anciens établissements du Nord et le terminus d ime voie ferrée de 1 2(» milles, distance à franchir pour atteindre Montréal.Nominingue est un centre important, organisé en municipalité de village et de paroisse et agréablement situé sur les bords d’un vaste lac de 35 milles de tour.On y trouve 200 familles canadiennes-françaises.11 y a une église, un couvent pour les filles, une école modèle, un hôpital, 10 magasins, 5 hôtels, 2 forges, une tannerie, 5 scieries, deux médecins, deux notaires, des avocats.Depuis environ un an, on y publie un journal.Le commerce de bois y est très actif.Sur le parcours du chemin Gouin, on a créé récemment une réserve «le colonisation \\ \ M U.f AU! AN mm • •' J.vv-'JcT •JJÎX V iMÏ V .r - ‘ (T7 uT {/ ' \‘i( ?; U I -tu % ' lüw -1 Ail.- * SA -.•* -il La VIEILLE ÉGLISE do Saint-Jérôme où, paidant trente ans, le curé T Vielle prêcha la doctrine évangélique ot développa ses grands projets de colonisation.Le curé Labelle appelé avec raison •* l’Apôtre de la Colonisation.plus particulièreinet fructifier son œuvre.Le chemin de fer (lu Pacifique Canadien a son terminus à Nominingue, centre de la région.Deux grandes routes de colonisation — Chapleau et Gouin — la traversent dans toute son étendue.J .es rivières Rouge et du Lièvre et plus d’une centaine de lacs l’arrosent abondamment.Qualité du soi.On y trouve des terrains rocheux, sablonneux, marécageux, mais ils forment l’exception ; plus des deux tiers du pays sont très propres à la culture.Au fond des vallées, sur le bord des rivières, on rencontre de la glaise, de la terre grise, mais c’est la terre jaune qui domine.Ce sol est doux au toucher et il se masse sous lu pression, signe évident qu’il contient une lionne portion de chaux.Voilà pourquoi ces terres poussent à merveille le blé, l’avoine, les pois, l’orge, le sarrazin, le maïs, les pommes de terre et tous les légumes.Les pâturages y sont d’une grande richesse : les trèfles et en général toutes les autres légumineuses y viennent en abondance et y constituent la grande source de richesse pour l’industrie laitière et ses sous-produits.Climat Nominingue, centre de la région, est situé sous le même degré de latitude que Trois-Rivières, qui est au milieu des plus belles paroisses de la province de Québec.Le climat admet toutes les espèces de culture.La neige est moins abondante que dans la vallée du Saint-Laurent.Quant aux gelées d’été, elles y sont peu fréquentes et 11e se produisent que dans les bus-fonds et non sur les terrains bien exposés.Isdusuries, Mines, Etc.Il est difficile de préciser l’avenir industriel de la région Labelie.11 est, à tout évènement, plein de brillantes promesses.Les pouvoirs hydrauliques y sont nombreux et peuvent développer nue énergie incalculable.Les forêts de liois de pulpe sont également nombreuses.On peut dire uutliillier et Robertson dont cette colonie fait partie.11 y a encore place pour un bon nombre do familles.L’ANNONCIATION, de date ancienne, qui a fait beaucoup de progrès depuis plusieurs années, sur ie chemin de ter, à 115 milles de Montréal, situé dans le canton Marchand.O’est une paroisse dont les cadres sont presque remplis 11 y reste bien peu cio terre cultivable à prendre.Sa population est de .'100 familles.Il y a une église, un couvent, plusieurs écoles, G hôtels, 5 magasins, 2 forges, .1 ou 1 scieries, une manufacture de portes et feuêtres, etc.L’ASCENSION, sur la Rivière Rouge, à 15 milles de L’Annonciation, dans les cantons Mousseau et Lynch, est de date toute récente.La population est de 80 familles.11 y a une église et un curé résidant, une école, un hôte!, un moulin à farine, un magasin, ô scieries, 2 pouvoirs d’eau, etc.Le terrain est généralement bon et plat.On compte 170 bons lots inoccupés et immériiatemeus disponibles.SAINTE-VERONIQUE DE TU RG KO N, à 12 milles de l’Annonciation, dans le canton Turgeon, dont l’établissement remonte à peine à une huitaine d’années est située à l’extrémité nord du grand Lac Nominingue.La station do chemin de fer la plus rapprochée est L Annonciation.Ls population est de 1)0 familles.Il y a un curé résidant, une église, une école, deux magasins, un bureau de poste, une bcuriorio, doux scieries et sept pouvoirs hydrauliques inexploités.Le sol de ce canton est généralement de bonne qualité, plat et.bien boisé, tous les grains y viennent bien.On peut placer encore dans cette paroisse une centaine de familles.FERME NEUVE, à 12 milles de Rapids de l’Orignal, toujours en remontant la rivière du Lièvre.Paroisse tout récemment établie dont le développement est prodigieux.En 1897 il n’v avait encore qu’un seul habitant.Sa population actuelle est de 20." familles.Elle doit eon immense progrès à l’excellente qualité du sol des cantons dont, elle fait partie, savoir : Gravel, Moreau et àYurtele, et à l’ouverture du chemin Gouin, qui la met à 57 milles du terminus du chemin de fer à Nominingue.Il se fait dans ses environs des chantiers considérables.Cette colonie possède une église, 3 écoles, f> magasins, 3 hôtels, deux forges, 2 scieries.C’est enfin une paroisse parfaitement organisée avec un curé résidant et un médecin.Il y a encore beaucoup :1e terrain à coloniser et les nouveaux colons continuent à affluer.RAPIDE DE L’URIGNAL, dont l'établissement remonte à plusieurs années, mais qui a pris en ces derniers temps un développement considérable, est, en remontant la rivière du Lièvre, à 1 I milles de Saint-Gérard.Paroisse florissante dont la population est de !)G3 âmes.< m compte une église, 3 écoies, 3 magasins, 2 hôtels, une fromagerie, uni' fabrique de portes et fenêtres.I! s’y fait beaucoup d'affaires.C’est lo noyau d’une future belle et.grande ville.Les cantons Robertson et Campbell, dont cette paroisse fait partie et dont la riches se forestière et du sol est extraordinaire, lui assurent uu brillant avenir.Un notaire et un médecin y ont établi leur résidence depuis plusieurs années déjà.RAPIDE DU C1MEN, à 5 milles plus haut que la Ferme Neuve, sur la Rivière du Lièvre et «lu même côté, se compose d'un groupe d'une vingtaine de familles.Il y a là une école, une scierie et une fromagerie.Ce petit établissement est destiné à prendre beaucoup d’extension et à former bientôt une paroisse.C’est à proprement parler la limite actuelle du mouvement do colonisation, bien qu’il semble vouloir monter plus haut encore, toujours en suivant la Lièvre, car le sol des cantons Gravel et Moreau, que l'on traverse actuellement, est très recherché.Ce qu’il faut pour réussir.— Expérience de quelques colons sérieux.N'est pus colon qui veut.Il faut, pour devenir un vrai conquérant de la forêt vierge, posséder un ensemble de qualités, de sobriété, d’amour du travail, d endurance et d économie qu’on ne trouve pits chez tous les humains.Ces qualités, les canadiens-français, en général, les possèdent à un haut degré.C'est pour cette raison que nous lui ouvrons toutes grandes les portes du royaume du curé Labelle.Qu’il vienne ici, dans le Nord, au lieu d’aller se perdre dans le tourbillon des pays anglophones par exemole, aux Etats-Unis.II trouvera, dans le Nord, de ces paroisses qui donnent aux groupes français cette cohésion merveilleuse qui font leur force.Le colon canadien y trouvera un centre analogue à celui qu'il a quitté dans les vieilles paroisses : un groupe d agriculteurs, possédant une église, des écoles, etc.C’est, fiîîjjf- i.ïtjïïs -î rtTjji'luirpo la bonne vie française, dans toute sa fraîcheur, avec tout son cachet.Nous faisons surtout appel au petit cultivateur canadien, qui est déçu dans ses espérances, las d empiéter sur son capital et de manger ses économies.Qu'il vienne ici, pendant qu’il lui reste encore un petit capital, et, avec de la conduite et de l’énergie, il est sûr du succès.Il y fondera la véritable famille “souche”, si chère aux économistes.Au prix nominal de 30 contins 1 âcre, le colon canadien peut acheter un lopin de terre de cent ou deux cents âcres, payable en cinq versements annuels.S il a un petit pécule, nous lui conseillons d’acheter, de préférence, une terre déjà en partie défrichée.Les débuts sont alors moins pénibles et le succès plus certain.Nous l'avons déjà dit, le royaume du curé Labelle ott’rc des ressources les plus variées.Il fournit déjà une vie facile à plus de vingt-cinq mille habitants.Les pâturages sont excellents, la culture ma-raieliaire rémunératrice et l’industrie laitière y a un superbe avenir.C'est, de plus, le pays par excellence des touristes et des sportmén.et les colons peuvent, de ee chef, se faire de forts revenus.L’exploitation forestière et minière prennent, tous les uns.des développements qui font présager un avenir rempli des plus riantes protnes- L's succès «lu la plupart des colons de la région Labelle semblent, pour ceux qui ne sont, pas au fait de la colonisation «lans le Nord, tenir plutôt du roman et «le la légende qu« de la réalité.En effet, il peut paraître invraisombla- i QUELQUES OPINIONS — suit- Le Royaume du Curé Labelle ble à un profane qn en peu d’aï «lisons «lix ans, un colon ayant débuté, -uns le-«ou, vive désormais «buis une parfaite aisance et ait le plus souvent amassé un capital de quelques milliers de dollars.C'est ce au-rent, à nulle autre pareille dans le inonde, lui donnent des avantages inappréciables.Kilo est donc admirablement située pour que l’agriculture et l’industrie s’unissent afin d’alimenter ces marchés locaux et étrangers et de résoudre le grand problème de la force unie à la richesse.Elle occupe aussi une position stratégique dans la confédération et devient, de ce fait, un pivot essentiel dans la grande machine gouvernementale.On no peut donc y toucher imprudemment ou l affiiiblir sans mettre en danger toute l’économie sociale de la Puissance.Toute nation qui fait de l’agriculture sa principale occupa! ion conserve toujours un degré rie vitalité et d» santé qui lui assure l'avenir.J/ouvrier peut gagner parfois plus d’argent que le cultivateur, mais la constitution du premier se détériore au travail délétère des fabriques et l’affaiblissement de ses descendants, qui suivent la même carrière, ne fait que progresser de générations en générations et entraîner les maux lamentables qui sont la plaie des pays manufacturiers.Il est donc du devoir du gouvernement, puisque ses domaines agricoles sont immenses, de favoriser l’agriculture par tous les moyens à sa disposition et de pousser fortement vers cet état paisible et moralisateur, heureux et libre, les sujets qui sont placés sous sa juridiction, en se rappelant que la conquête du monde fut l’apanage des soldats agriculteurs, les Romains.Pour rendre cotte profession attrayante, il faut la rendre payante et faire connaître tous les secrets de l'art agricole sous toutes ses formes.Divers moyens sont suggérés qui sont excellents, qui tendent tous au même but et quo l’on doit favoriser graduellement, suivant les temps, les lieux, les circonstances, les habitudes des gens et les ressources du gouvernement.Il est certain que l’agriculture a fait do grands progrès dans la province de Qu«;bec sous l’impulsion du Conseil de l'agriculture qui sans cesse doit perfectionner et multiplier «es moyetis d’action.Nous possédons beaucoup d'agronomes des plus distingués, comparables aux meilleurs agronomes de tout autre pays, mais, il faut l’avouer, L’EGLISE DE NOMININGUE L'AVENIR.I)U,NORD *2 AOUT 1907 un ^-and nombre d'agriculteurs n’ont pas toujours profité des efforts du gouvernement pour los dirigei dans 1» bonne voie, les uns par une coupable indifférence, les autres, par un attachement regrettable à cio vieilles routines.C’est cet-o classe qu’il faut atteindre, avec l’aide du temps, eu déployant du courage et de la persévérance, qui vainc tous les obstacles.Que l’on sache qu’il faut vingt ans pour élever un enfant et cent ans pour refaire une nutum.I,a société change tous les jours de faco par ses facilités de communication, ses nouveaux marchés de f intérieur, et, par là même, une culture qui aujourd’hui est plus lucrative peut demain le devenir moins.Moire pays a donc subi l’influence de ces modifications commerciales qui affectent lus conditions économiques de toute nation et dont il faut savoir profiter.I,a fécondité des nouvelles terres qui rendent longtemps avec usuro la semence qui leur est confiée, et presque sans efforts d’intelligence de la part du cultivateur, parce que le sol est en-ricîii avec excès depuis le déluge par i’humus des plantes et des arbres, a fait croire malheureusement que la terre ne pouvait s’épuiser par des récoltes successives de grain sur grain.L’agriculteur ne réfléchissait pas que le sol, en nous donnant ses moissons luxuriantes, perdait peu à peu M‘S éléments fertilisants, et que le terrain ne pouvait renouveler ses forces vives de fécondité sans l’engrais qui est le pain nourricier de la terre.L’Iowa, qui a donné jusqu’à 25 à .‘10 minots de blé par acre, ne rend plus, teruio moyen, que S à 9 minots.C’est donc une loi de la nature que l’on tie peut mépriser sans de tristes mécomptes.A 1 heure qu’il est, cette erreur a disparu de l’esprit de notre population et beaucoup de cultivateurs comprennent que le fumier est uno mine tl ’or pour eux.Cet axiome de la valeur des fumiers étant bien compris partout, le reste viendra par surcroît.En Belgique, le pays le mieux cultivé du monde, la richesse du cultivateur s’estime par l’amas d’engrais que l’on remarque devant scs constructions agricoles Heureusement (pie le cultivateur a commencé par adopter un lion système de rotation, à semer des graines propres à améliorer ses pâturages et ses fourrages, à faire plus de culture nellovante pour sarcler sa terre, à augmenter le nombre de ses animaux pour accroître la quantité de ses fumiers.Plusieurs, eu outre, emploient les amendements et engrais minéraux.comme la elutux, les cendres, et surtout le plâtre et le phosphate de chaux.C’est encore un progrès à constater.Ces connaissances pénètrent de plus en plus dans le peuple et j’espère les répandre avec plus d’efficacité si le gouvernement le désire, par l’encouragement des cercles agricoles et le meilleur fonctionnement des sociétés d’agriculture, par des conférences sur la bonne culture, par l’amélioration de nos écoles, par une plus grau de diffusion du .lonriutl 0 paroisses dans les meilleurs terrains de la province, en particulier au rapide des Quinze, prés d'une riche mine de galène argentifère que l’on exploite avec profit ; La vallée proprement dite de l’Ottawa, où les chemins de fer de la Gatineau et du Montréal et Occidental doivent se raccorder en haut do cette rivière et so continuer jusqu'au Tcmis-«ainingup, toujours en traversant des terres des plus propres à la colonisation, entre autres les bassins supérieurs de la liouge, de la Lièvre, de la Gatineau et de l'Ottawa ; c’est un vaste champ de colonisation pour les districts de Montréal *-t d’Ottawa; car il est bonde • rappeler que le dernier colon est- déjà fixe a *>0 lieues de Hull et do Saint-Jérôme.C’est pour cette raison que le.gouvernement a ouvert, un grand chemin de colonisation partant du canton de Hartwell et rejoignant le chemin Cha-pleau sur le lac Nominingue, afin de favoriser autant (pie possible l’établissement de cette immense région.Il est à propos de mentionner à ce sujet que M.Arthur Fuies a fait dans le cours de l’eié dernier une excursion dans la vallee infeiieure do fOutaouais, accompagné d’un photographe chargé de prendre des vues, afin d’y puiser les matériaux nécessaires à la publication dune monographie de cette fertile partie de la province.Celte monographie devra paraître à la suite d’un volume sur le bassin supérieur de l’Outaouais, volume qui est actuellement sous presse et qui est une description complète de la nature, de la physionomie et des ressources de ce pays si plein d’avenir : La vallée du Saint-Maurice, à laquelle le chemin de fer des Trois-Rivières doit donner une grande impulsion colonisatrice et doit permettre de so relier en peu d’années aux établissements de la Rouge et du lac Témiscumingue.I)o ce grand lac au Saint-Maurice, nous pouvons coloniser jusqu’à une soixantaine de lieues «lu Saint Laurent et de l’Ottawa, parfois même bien au-delà.Nous pouvons au>>i placer, par cantons successifs, des millions d habitants, souvent sur des terres comparables à celles qui tordent le Saint-Laurent.Hélas' à peine le cinquième de ce toriitoirc est il occupé ' Que dirons-nous en outre du chemin de foi du Lie Saint-Jean jusqu’à Chicoutimi et ch* celui des Ihisses-Laurentid« s, qui tous deux vont donner une impulsion incalculable à la population de la vallée de ce magnifique lai* dont les bonnes terres s «‘tendent au loin dans l'intérieur?C’est là que les habitants du district de Québec trouveront de beaux héritages pour leurs enfants ; c’est là quo les appellent dès aujoutd'hui des parents et des amis qui ont créé nombre d’établissements déjà prospères.J’attire l’attention du gouvernement sur la partie est du lac où les terres de la plaine sont remarquables par la qualité, le nombre et l’étendue.Ii faut tenter de nouveaux cffoit* pour peupler de braves gens cet Le immense région, qui est l’arrière-pays de Québec.Cette ville de Québec a fait noblement son devoir en dotant la Compagnie du Lac Saint-J can.D’autres villes pourraient suivre ko n exemple et peupler de la même façon leur pays d’intérieur.Kilos n ’en auraient que plus d’honneur et trouveraient tout à y gagner pour leur crédit et leur commerce.Rappelons enfin la Gaspésie, les cantons de l’Est, le comté de lionaventure et la fertile vallée de la Chaudière.Là aussi nous devons I apporter à la colonisation toute l’aide possible en complétant les chemins Je fer qui y sont ébauchés, car il y reste encore une quantité de bonnes terres à livrer aux défricheurs.11 ne faut pas oublier que lu Guspésio notamment contient un très grand nombre d’excellentes terres qui, partant des rivages du golfe Saint-Luirent ou de la Haie des Chaleurs, so prolongent jusqu'à une distance do 20 à 30 milles dans l’intérieur.Voilà pourquoi le gouvernement a fait entreprendre une exploration s’étendant depuis New-Richmond jusqu’au bassin de Gaspé, afin de déterminer l’ouverture d’un chemin de colonisation au sein des belles terres cio cette contrée.Quant à la vallée de la Métapédia, qui s’é tend entre ies comtés de llimouski et de Bona-venture, dans le voisinage immédiat de la t îas-pésic, sa fertilité est trop eonnuo pour qu’il nous soit nécessaire d'y attirer spécialement l’attention.11 faut diriger nos colons vers ces terres uou villes qui offrent infiniment plus de ressources que h existence aléatoire de la pêche.Le gouvernement voit donc d’un bon œil toutes ces entreprises de chemins do fer, puisqu’il octroie des terres et de l’argent pour les faire réussir, et je dois ajouter que lorsque ces voies ferrées seront finies, dos millions et des millions s’ajouteront à la richesse nationale, et c’est alors que la colonisation, prenant un essor inouï, nous grandira dans le présent et assurera notre avenir, pourvu qu’on ne veuille pas tout a.la fois, que l’on procède avec mesure et que l’on sache aller graduellement pour atteindre à l’ensemble.RAPATRIEHENT Voila une question qui s’agite depuis longtemps, et qui est de nature à flatter les sentiments les plus nobles et les plus légitimes de nos compatriotes.Malgré les plus vifs désirs de voir se réaliser ce projet que caressait avec plaisir mon imagination, j’en suis venu à la conclusion, après de nombreux ofiorts tentés concurremment avec le Rév Pèro Fournier, résidant aux Etats-Unis, quo ce mouvement ne pouvait pas se taire avec le succès (jue j’avais rêvé.Les Canadiens fixés aux Etats-Unis peuvent être classés en trois catégories : ceux qui sont riches ou vivent avec aisance ; ceux (pii sont nés aux Etats et sont accoutumés à la vie des manufactures ; ceux qui sont des cultivateurs originaires du Canada, ont vécu au pays, et pleurent la patrie absente.Quant aux deux premières classes, nous les rec- vrons toujours à bras ouverts, mais il ne serait pas prudent de les déranger de leurs occupations lucratives ou d’un état auprès duquel | celui de défricheur parait beaucoup trop dur.! Ce sont des frères qui perpétuent nos traditions avec honneur aux Etats-Unis : ils ont toujours ' une grande place dans notre cœur ! Quant à la troisième classe qui mérite aussi toute notre attention, nous n’avons pas oublié scs aspirations patriotiques vers nous.C’est pour cola que nous avons envoyé des agents aux Etats-Unis pour attirer l’attention de ces lira- i vçs gens sur leur pays d’origine, et les inviter à y rentrer en leur signalant les avantages que va nous donner l’cxtention des chemins de fer dans nos terres colonisables.IMMIGRATION Notre mission, en qualité de Canadien?, est d’établir lajmoitié de l.Vmérique septentrionale, puisque c’rst là l’étendue qu’occupe le Dominion.Il y aura là, un jour, place pour une nation de 50 millions d'hommes.La province de Québec, à l'heure qu’il est, à peu de chose près, es* aussi grande quo la Fran-| .’e, et c’est à peine si un quinzième de son tci-ritoire est peuplé.A l'exemple de la Russie, nous deviendrons ' la nation du Nord, composée de différents élé-merits, greffée sur le tronc canadien et nourno de la mémo sève.L», nom canariicu flatte mon oreille, réjouit mon âme quand je pense au pas i sé, au présent et à l'avenir.Toutes les nations européennes ont été formées de différents peuples qui, dans le cours «les siècles, sont devenus homogènes sous !o mémo nom, tout en gardant les traces typiques de leur origine : exemple, les peuples de i Angleterre et de la France dans les veines desquels coule le sang «le plusieurs races.Il est impossible, par notre propre force vitale, d’établir rapidement cet immense pays, de profiter de suite de aes ressources extraordinaires, sans appeler à notre secours, comme l’ont lut U us Etats-1 ni>, le surplus des populations »1«‘ l'Europe, chez lesquelles bon nombre d’habitants, mêmes riches, sont fatigués des crises péiindiques «|ui chassent le bonheur du foyer «•t vint tourna nu s par les inquiétudes «juo font naître «in eux les révolutions, les guerres et les g*èv«»s qui sont, toujours à Fêtât latent.Lé Canada leur offre un des meilleurs champs «lu mon h* pour jouir «le la vio heureuse, calme et paisible, pour placer avec sécurité leurs capitaux «‘t exercer leurs talents, leurs aptitudes pour lé commerce, les arts et métiers, et particulièrement pour l'agriculture.\ oilà pourquoi nous faisons notre part dans ce travail (Fiinmigraiion, et je dois dire «pie, relativement à l’argent quo nous dépensons dans ce but, lo succès couronne nos efforts, grave au travail intelligent «le nos agents d'immigration : MM.Marquette, Bodard «>t Foursin.Notre action serait plus ctlieaco si la Chambre, considérant les graves questions d’avenir qui sont, en jeu, voulait augmenter l’article «lu budget qui a trait à cette partie «lu nos opérations.Sur ce point, nous n’avons pas, il est vrai, l«*s avantage* du gouvernement tVnléral «pii, par ses douanes, «*st p «v«* en retour d«» ses dépenses d'au moins $ 1.00 à 8~>.00 par tête annuellement, tandis que nous, comme gouvernement, nous avons des dépenses à encoutir sans profit direct.L*augmentation du subside baierai, à chaque recinis»*in«mt, nous dédommagerait en partie «le nos sacrifices : mais comme nous ne «levons pas y penser pour le moment, faisons toujouis notre «levoir au sujet de l’immigration étrangère «»t espérons que, tôt ou tard, nous recueillerons lus fruits do notre bonne volonté.Il faut «lire que nous recherchons non pus la «[Uantité mais la qualité «les immigrants, «*i surtout ceux «pii peuvent dispose»!* d’un petit capital et remployer à l'agriculturo.Le curé LÀ H FELE IVpUIVpT LABELLE Après bien dos déceptions, dos déboire», dos déni arche» infructueuse», l’érection d’un monument à l’illustre Apôtre de la Colonisation semble être enfin assurée.En effet, en 1 892, tin comité de citoyens de la ville do .Saint-Jérôme s'était f >rmé et mis n l’œuvre pour ériger un monument nu regretté Mgr La belle ; mais des raisons majeures empêchèrent dans le temps, la réalisation de ce projet, si cher au cœur des jérôtniens et des colons do la région Labelle, La partie fut remise, mais non abandonnée définitivement, car les promoteurs espéraient toujours voir surgir des circonstances plus favorables qui leur permettraient de mener à bonne fin lour noble et patriotique entreprise.En 1897, les vieux citoyens de Saint-Jérôme, les enfants nés sur lo sol jérômien, élevés sous l’égide du bon curé, crurent lo moment opportun d’agiter de nouveau la question de l'érection d’un monument au lioi du Nord.Le 20 octobre 1897, une assemblée composée de près de doux cents citoyens de la ville, et à laquelle assistaient, sans uno seule exception, toutes les notabilités de la ville, eut lieu dans la vaste salle du l’alais do J u.stiee.Après une longue et patriotique discussion, on forma un comité composé comme suit : Officiers d’honneur, Sir J - A.Cqapleau, lieutenant gouverneur de la province de Québec ; Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada ; 1 Ion.< !.Marchand, premier ministre de la province de Québec, furent choisis et acceptèrent d’être les présidents d’honneur de ce comité.Les honorables W.Prévost et A.-AV, Ogilvie furent nommés et acceptèrent d’être los vice-présidents d'honneur du comité.Les officiers actifs furent : Président, le Dr J -E.Prévost; vice-président, Al.Camille Lc-moyne de Martigny, avocat; trésorier.M.S-.11-1!.Holland ; secrétaire, le DrJ.-E.Fournier, assisté de deux sous-secrétaire», MM.le Dr C.-D I/ongpré et Joseph Boisseau.Jars membres du comité étaient MAI.AN 11.Scott, bourgeois, Jean Prévost, avocat, AV.-B.Nantel, avocat, P.-F.-E.Petit, notaire, et Chs.Godmer, marchand.Iæ comité se mit à l’œuvre ; l’idée d’un monument au curé Labelle fut de nouveau lancée dans le public, mais pour les même» faisons qu’en 1892, cette idée patriotique n 'a pas obtenu tout le succès tant souhaité et désiré pur les amis do l’illustre défunt.Alulgré la campagne active faite en faveur du monument Labelle par la Prtsse, la Pairie, lo Nord, 1’/! venir dit Nord, et quelques autres journaux, malgré les écrits, les paroles convaincues d’un grand nombre do citoyens illustres et de prêtres distingué», l'idée d’un monument au Roi du Nord, après avoir brillé d’un vif éclat pendant quelques semaines, s’éteignit petit à petit, et, une fois de plus, l’ambre de l’oubli semblait la faire disparaître complète- ment, onveloppéo dans un épais nungo d'ingratitude.On croyait alors à jamais fini ce mouvement de reconnaissance et do patriotisme ; mais ou oubliait, que des citoyens au cœur noble et.généreux, rempli de gratitude, veillaient constamment, attendant avec impatience le moment favorable de lancer de nouveau, dans toute la prov ince de Québec, cette idée do reconnaissance et de piété liliale envers celui qui fut un des plus grands fils do la patrie canadienne.| Des petites réunions, des écrits, des conversations entre citoyens déterminèrent le conseil tin In vin», d n Xxi q ( - J .tr-Aini' à nrendre «nos «nn égide la cause du monument Labelle et conséquemment d'agir officiellement.Ix conseil commenta par former un comité nommé “ Comité du Pare et du Monument Labelle.” En 1905, la Fabrique céda par bail emphythéoti-que, à la corporation do la ville, lo terrain occupé autrefois par lo vieux presbytère, la vieille église et le vieux couvent.Ce terrain, uno fois acquis, fut transformé en un magnifique parc qui fait aujourd’hui l’orgueil de la ville.Aussi Mgr l’archevêque do Montréal ne nous a pas ménagé ses félicitations.Lo parc terminé, lo conseil, dans uno de se» séances de février 1907, consacra lo principe de l’érection d’un monument à l’illustre curé et se mit à la tète do co mouvement patriotique.Lo 15 avril dernier, lo conseil décida d'agir efficacement et vota généreusement uno somme do 810,000 pour contribuer à ériger un monument au grand colonisateur do la région nord est do Alor.tréal.La ville vient donc do souscrire eo généreux montant, la paroisse nous promet mille piastres et N N.SS.]os archevêques do Montréal et d'Ottawa ont promis une souscription en sus de leur appui moral et de lour influence, l/es journalistes ont appuyé lo mouvement avec enthousiasme et nous avons lieu d’espéror qu’avant longtemps on verra les grands quotidiens de nos grandes villes ouvrir des listos do aous-cript ions en faveur de ootto œuvre quo l'on peut appeler nationale.Nous snmmos fortement convaincus que le gouuornoment provincial, en souvenir des services rendus à la province par Mgr Labello durant son terme d’office commo sous-ministre de l'agriculture, fera générouso-inent sa part dans cette œuvre do reconnaissance.I zi gouvernement fédéral, nous en sommes persuadés, no restera pas sourd aux supplications des milliers do colons qui désirent témoigner leur gratitude à leur fondateur, à leur bien-aimé protecteur.Mgr Labelle n’avait qu'un but : l’expansion do la race canadienne-française dans notre chère province de Québec ; par conséquent, la conservation des deux grands éléments qui composent notre nationalité : la foi, la langue.Noble hut I motifs patriotiques ! ! puisqu'on travaillant à couservor dans notre province les enfants du sol, il cherchait à enrayer l’émigration si funeste à notre race et à notre pays.C’était donc une œuvre nationale qu’accomplissait le regretté curé ; honorer et perpétuer sa mémoire doit être aussi une œuvre nationale, et c’est la raison qui nous engage à faire entendre notre voix par toute la province, dans les montagnes comme dans la plaine.T,o temps est arrivé ; le conseil doit sa mettre à l’œuvre.Nous devons mettre en pratiquo les sages conseils donnés, lo dimanche, 10 juin dernier, par Atonseignnur l’archevêque de Montréal : — “ Il no faut pas, dit Sa C randour, seulement parler de l'érection d’un monument au regretté Mgr Labelle, on peut en parler pendant dix ans; mais il faut joindre l’action à la parole et le meilleur moyen à mon sens, est de décider définitivement la question.Oui, finissons en et donnons immédiatement le contrat au sculpteur.Nous avons un montant suffisant pour commencer, j’ai pleine confiance dans l'avenir, et je suis convaincu que les paroles prophétiques do nolro archevêque se "réaliseront bientôt No craignons rien, il est inutile de temporiser, car l’œuvre du curé Labello est eonnuo do tous los patriotes du pays qui ont à cœur do lui prouver leur reconnaissance.A l’œuvre donc, et puissions-nous, dans un avenir prochain, dévoiler aux yeux de toute la population de la province de Québec, les traits respectés et vénérés du Roi du Nord.Dr J.-Emmanuel Fourxikk Saint-Jérôme, juillet 1907.L’Avkxik nu Noun a souscrit 8100 au monument de notre illustre et grand patriote, le curé Labelle.Les personnes qui désirent souscrire à cetto rouvre de reconnaissance nationale doivent s’adresser au comité du monument Labello, conseil municipal de la ville de Saint-Jérôme.ECOLE DES JOURNALISTES, de la Ferme-Neuve, Hr :Vr tPBi w iic^îç IÜI Æ:m, «sw&j&ag mtæk: mmm' 8S9B ¦w.- *•?> .* i ' !/' a; *ri ¦ ¦¦ -.'.¦{ ‘trgT%$r&’ mmmg » ¦>'.:^^;'js.*.•¦•¦¦ i.-•;a~'.• ¦ • —¦ itffeSSB : % «i.i (À^V W mm: •ri: i T—- LA VENIR jgâffy - '.BW HWBW» ¦ÉH •: :•?'•:?: ¦ i V:’s" '*1/,*,?• 'r,ï" e>w vi-iï'&’g ¦% w» WTgffî .• .m'; -¦ * ., ¦¦ ¦ ¦ ’'! ms « .,;-7>- _ vp: A: VVS^' ( 'V'i.*-1-/•;.•-¦ xiTJ pgS|r iÜ^ni |IPM v/;>5< mm gJjPl '¦ •, premier marché offert au coion est bien l'exploiteur, le marchand «le bois ; et c’i sl, rit dernier «pii lui permettra très souvent «le faire le défrichement «le son lot.De là il suit «pie lo colon
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