L'Avenir du Nord, 27 juin 1919, vendredi 27 juin 1919
Vingt'troisième année ~~ J ÇHEHV 1ER.fr» Vendredi 27 j’uîn 1919 DISTRICT #tTERREBONNE £=*rv No.26 Journal hebdomadaire **>* Deux sous le numéro ORGANE LIBERAL w ut mar es i m ni» ut eajq lx PCwn.il ______ Hccjj, VT* » Owy PRV^rtlUB P»S! l/U»«LMT > ÇTV Abonnement: ü*.„„ ^Canada].#1.00 “ “ I Etats-Unis].1.50 Strictement payable d’avance.Directeur : Secrétaire de la rédaction JULES-ÉDOUARD PRÉVOST ANDRÉ MAGNANT SAINT-JÉROME (Terrebonne) P.Q.Uj.Annonces MlJ| c.la ligne agate, >par insertion.Aunonces légales : 10 c.la ligne agate, 1ère ?S) insertion ; 6c.la ligne, insertion* subséquentes LE VERDICT DU PEUPLE Le résultat des élections du 23 juin est un nouveau triomphe pour le gouvernement de sir Lomer Gouin.Sa majorité, comme en 1910, est écrasante.Sept conservateurs.seulement, ont été élus, dont deux par acclamation, le jour de la nomination.Deux candidats ouvriers, qui sont des libéraux, ont aussi remporté la paltne.Soixante-dix libéraux ont été élus.De sorte que la majorité établie du gouvernement est de 73, sur une représentation de 82 députés.En définitive, l’opposition conservatrice comprendra encore moins de membres qu’au dernier parlement.Avant les élections, les députés conservateurs étaient MM.Sauvé, (Deux-Montagnes), D’Auteuil, Charlevoix), Gault, (St-Georges), Smart, (Westmount), Tansey, (Sainte-Aune), et Turcotte, (Lac Saint-Jean).Ils étaient alors au nombre de six, mais îoaintenant ils ne seront plus que cinq: MM.Sauvé, Gault, Renaud (Laval), Dufresne (Joliette) et Smart, celui ne reconnaissant pas M.Sauvé pour chef.MM.Lacombe et Laurendeau, élus comme ouvriers dans Dorion et daus Maisonneuve, sont des libéraux.M.Goudreault, élu dans Chicoutimi, est aussi un libéral.Nous regrettons que le comté de Laval n’ait pas élu M.Thibaudeau Rinfret, qui a fait une lutte digne de son caractère et de son talent, et qui a succombé sous le poids des préjugés populaires soulevés contre lui.Les électeurs de Laval s’apercevront avant longtemps de l’erreur qu’ils ont commise en préféraut une nullitéc dorée à un homme de valeur comme M.Rinfret, Sir Lomer Gouin, s’est déclaré on ne peut plus satisfait du vote de confiance que lui a donné le peuple de la bonne vieille province de Québec.Certaines victoires de ses caudidats lui ont fait particulièrement plaisir.Voici ce qu’il a dit : “ Notre appel au peuple a été entendu, il a été compris, et nous avons la satisfaction de constater qu’il a été approuvé.• “ C'est un grand témoignage de confiance que les électeurs nous donnent et nous allons travailler à leur démontrer que nous en sommes dignes.“ Nous allons maintenant nous mettre à l’œuvre pour réaliser le programme que nous avons soumis à la province, programme de reconstruction d’après-guerre, de paix et d’harmonie entre tous les citoyens.” Que l’on continue d’avoir confiance en sir Lomer Gouin ; son passé est là pour prouver qu’il n’a jamais fait de promesses qu’il n’ait tenues.Son programme qu’il a énoncé au peuple, il s’efforcera de le réaliser ; seulement, il ne le pourra qu’en autant qu’on l’aidera.Que dès maintenant on envisage l’avenir de notre province et de notre ville avec confiance et assurance même, car les motifs et les raisons de nos espoirs sont innombrables.Aucune autre province ne peut en ce jour regarder l’avenir avec plus d’optiinis-rae que le vieux Québec, car tandis qu’ail-leurs les populations et les gouvernements ne savent plus où ils vont, le peuple et le gouvernement de chez nous s’avancent avec ; enthousiasme dans la grande voie d’une I nouvelle ere de progrès économique et social.pour annoncer la bonne nouvelle.Comme le coq, la province de Québec ue se laissera pas tromper par cette vieille fripouille du parti conservateur.Conservateur ou unioniste, c’est blanc bonnet oü bonnet blanc.Nous les avons vus à l’œuvre trop longtemps et Rogers ne nous fera jamais croire qu’il peut être animé de bonnes intentions à notre égard.On le connait trop pour l’avoir trop vu.o o o M Pierre Casgrain, de Charlevoix, appuie surtout sur l’apathie du gouvernement qui n'ugit nue lorsqu’il est absolument obligé de le faire et trop souvent lorsqu’il est trop Lard pour agir.Il s’attache surtout à démontrer que les actes du gouvernement ont toujours eu pour but d’avantager certaines catégories d’individus au détriment du peuple tout entier.Parlant des profiteurs et en parti-culiei des propriétaires d’entrepôts frigorifiques, il dit: “En Bohême, ces gens sont pendus haut et court mais ici non seulement nous ue les pendons pas.mais nous les décorons, nous en faisons des chevaliers et nous les confondons avec les gens respectables o o o M Stacey a trouvé une raison fort curieuse pour appuyer les propositions budgétaires de M.White, et c’est qu’il pe voudrait pas voter comme les libéraux qui, d’après la version de cet homme éclairé, ont refusé de faire leur devoir durant la guerre.Telle est l’intelligence de la moyenne partie des députés unionistes., 9 .WWi WV4W m&i WCiVi iFttWi ïiWW WWW .| « jVlelî -JVIelo » | 6 Af,', fAWfS fStttA fOM • Echos du Parlement d’Ottawa LE DEBAT SUR LE BUDCET Après le discours de M.Crerar et la réponse du gouvernement prononcée par M.(Jalder, nous devons signaler les discours de M.Lemieux, Cannon et Casgrain.Le discours du ministre de l’immigration a dû lui coûter cher, mais il est probable qu’il lui coûtera plus cher encore le jour où il se retrouvera devant ses électeurs Ou ne peut pas dire que M.Calder a trahi, car il est resté fidèle à ceux qui l’ont acheté, mais il est certain qu’il s’est assis avec la plus grande désinvolture sur les recommandations de ses électeurs.Chez cet émule de Sifton, le picotin ministériel vaut mieux que la parole donnée, la franchise ou l’honneur.M.lxmis Camion ne le lui a pas envoyé dire.Le discours de M.Crerar a été frappé au coin du bon sens et de l’honnêteté.Il explique comment il a cru servir le pays en faisant partie du gouvernement soi-disant d’union et comment il y est demeuré tant qu’il a cru que ce gouvernement voulait servir le peuple et le pays.Du jour où il s’est aperçu que la combinaison de nos unionistes ne tendait qu’à servir les richards et à eu faire payer les frais au peuple ; quand il a constaté que ce gouvernement ne voulait adopter aucune réduction de tarif qui vaille la peine, il a remis son portefeuille au premier ministre.L’ancien ministre de l’agriculture a montré clairement que les droits imposés sont entièrement volés au peuple qui paye.Les manufacturiers fout des fortunes honteuses et les grandes compagnies vendant des articles de première nécessité payent des dividendes ridicules sur des actions données jadis en prunes à leurs nncieiis actionnaires.11 a cité le bilan de quelques compagnies et cela suffisait pour démontrer que le gouvernement s’entend avec l’Association des manufacturiers pour mettre le pays en coupe réglée.M Calder n’a pas osé se prononcer ouvertement— on comprend que c’est impossible pour un type comme lui —ot il a même admis qué le tarif pourrait être encore diminué sans que le pays en souffre.Cependant, il croit que le Ciel lui a donné pour mission de demeurer dans le ministère jusqu’à la fin de la démobilisation.Nous sommes donc fixés sur la démission de M.Calder.Elle aura lieu le jour où le dernier de nos soldats reviendra au Canada.Tant qu’il restera quatre hommes et un caporal quelque part en Angleterre, en Sibérie, en Turquie, en Abyssinie ou ailleurs, le devoir de M.Calder est de se tenir dans le cabinet et d’émarger au budget a raison de #9,500 par an.Quand le dernier soldat rentrera, M.Calder sortira.[o o o L’honorubl» Rodolphe Lemieux a rem- porté un vif succès, ce qui ne change guère à l’habitude et son discours a été à la fois intéressant et instructif.Voici quelques-unes de ses propositions pleines de sens et de vérité : Les hommes naissent et passent, mais le pays demeure ; le Canada demeure avec ses problèmes quelquefois hérissés de difficultés formidables Comment pourrons-nous les résoudre 1 Avec mon honorable ami de Russell, M.Murphy, je dirai : commençons par l’essentiel.Pour solutionner les plus graves des problèmes qui se dressent aujourd’hui devant le Canada, il faut avant tout létablir les institutions représentatives Donnons au Canada le gouvernement responsable.Durant la guerre, nous avons mis au rancart tous les idéals britanniques en matière de gouvernement et ce qui a davantage contribué à faire de votre humble serviteur un libéral fort détaché de 1 ancien libéralisme, c’est le spectacle de soi-disant libéraux faisant cause commune avec les ennemis du gouvernement représentatif afin de le dé truire.Trêve donc à tout gouvernement par décrets du conseil, quand le Parlement siège.N’oublions pas cette vérité élémentaire : que le cabinet n’est qu’un comité de la Chambre dos communes ; il n’est qu'un comité du Parlement responsable au Parlement.Revenons aux anciens usages du Parlement, car c’est notre droit d’aînesse, à titre de citoyens britanniques et d’hommes libres.Abrogeons à bref délai la loi des élections en temps de guerre qui est une tache imprimée à nos statuts.Abolissons ces commissions qu'on crée par douzaines chaque mois.Lançons les bref-, monsieur l’orateur, pour les élections partielles bien trop en retard et revenons à l’ancienue loi électorale.Voilà ce qu’il faut faire avant tout, si l’on veut tésouilre les nombreux et épineux problèmes qui se présentent aujourd hui.L’autre question de haute importance est notre énorme dette publique.Asseoir notre crédit national sur une fondation sûre, telle est a première condition essentielle à un bon gouvernement.L’autre jour, le ministre des finances nous a dit sa pensée sur cette question "Production et économie”, s’ost-il écrié.C’est un excellemt mot d’ordre, mais le gouvernement doit pratiquer ce qu’il enseigne et jo prétends qu’il n’en a rien fait.La situation finaii-c ère du gouvernement u’a rien d’agréable, envisagée rétrospectivement ou en perspective.Comme nous l’a dit l’autre jour, le minis tre des finances, notre dépense globale de guerre atteint, en chiffres ronds, U27 millions.Durant la guerre, notre dette nationale s’est grossie de 1580 millions.Nous avons un découvert do 257 millions.Sur cotte Somme nous avons dépensé 80 raillions à compte du capital.Nous avons dépensé 77 millions au-delà de nos dépenses courantes.Voilà une mauvaise situation financière.Si l’administrateur d’une compagnie pnrticulièie, on pareilles circonstance*.pré-enUit pareil bilan, on s’écrierait qu’il mono *a compagnie tout droit à 1a banqueroute.La fin du discours do M.Lemieux a été amusante par une allusion qu’il a faite aux menées de Bob Rogers dans la province de Québec.U compare ce personnage au renard annonçant au coq que tous les animaux ont fait la paix et qu’il est venu l’embrasser.Le coq ne se laisse pas prendre et fait fuir le renard eu lui répondant qu’il voit venir deux ’.chiens, sans douto Dangers des rebuts " Un tas de rebuts en feu et 1,500 personnes sont privées de leurs foyers ; les dommages sont évalués à #500,000 C’est ainsi qu’une annonce de journal décrit un désastreux incendié, 'qui u'alitait jamais dû éclater.On constate d’une extrémité à l’autre du Canada cette sorte de négligence qui cause de telles conflagrations.Il suffit pour cela d’une allumette, d’un bout de cigarette ou de cigare non éteint, ou d’une étincelle échappée d’une cheminée.Ceux qui sont- chargés de la sécurité du public ne se rendent pas toujours compte des dangers qui menacent nos cités et nos villes.A toute minute du jour ou de la nuit, les tas de rebuts, abandonnés dans les cours ou les terrains vagues, peuvent engendrer des feux qui dévorent nos demeures, nos ateliers et parfois la vie de nos enfants.Est-ce trop demander aux citoyens que d’empêcher à l’aveuir l’entassement de rebuts, composés de boites d’emballage, de papier, de déchets, de chiffons, etc ?Enfnnts et Allumettes On rapporte du district de Runnymede un autre décès dû à la négligence coupable des parents, qui laissent des allumettes à la portée de jeunes enfants.La petite Annie Nowiski, âgée de six ans, jouait un jour avec des allumettes ; elle s’amusait à faire brûler des poignées de paille sur le plancher de la cuisine.Le feu se communiqua à ses vêtements, elle courut se cacher dans son lit, craignant une correction de la part de son père.Au moment de se mettre sous les draps, sa robe était in feu ; bientôt tout le lit lut en flammes ; une épaisse fumée remplit la chambre et sutfoqua l'enfant.— Regina Leader.15 mai.Les enfants joueront avec le feu, lorsqu'ils pourront se procurer des allumettes ; cet élément les fascine ; ils n’en connaissent pas les dangers.Votre petite fille peut-elle mettre la main sur des allumettes ?Si oui, elle est exposée à devenir la prochaine victime du feu.Manquerons-nous de charbon ?Par la voix du commissaire du combustible le gouvernement nous annonce froidement qu’il y aura probablement une disette de charbon l’hiver prochain et il donne pour raison que des mines d’anthracite sont fermées.Pourquoi le sont-elles ?Parce que les commandes ne sont pas venues assez vite, dit le commissaire.Cette raison nous semble étrange quand on sait que le charbon ne nous a été dom é qu’en quantités limitées jusqu’en mai dernier et que les marchands n'avaient aucun approvisionnement qui vaille la peine.La véritable raison c’est que le gouvernement n’a rien fait pour empêcher ou régler les grèves nombreuses qui se sont produites aux mines de houille, combust,ble qui remplace avantageusement l'anthracite pour la production de la vapeur et que ces mines sont demeurées inactives.Au lieu de construire le canal Welland, qui ne sert à lien, comme l'a si bien dit le ministre des cauaux, pourquoi ne pas jex-ploiter nos mines de houille ?Incurie criminelle Tout le monde sait aujourd’hui que les Anglais se régaient de notre lard, notre bacon, notre beurre, notre boeuf, notre fromage et nos pommes, qu’il paye ces denrées bien meilleur marché que nous et que nous avons ici des gens qui crèvent de faim.Voici un autre exemple de l’incurie criminelle de notre gouvernement proteetto-niste.Lisons le texte d’une, dépêche du Londres en date du 11 de ce mois.Les autorité* canadiennes d’outre mer vont présenter à l’Armée du Salut 1,500,000 tonnes de poisson du Canada.Ou avait pris dis dispositions durant ia guerie pour le ravitaillement des soldats canadiens avec du poisson, mais on en a trouvé do trop en Angleterre.Depuis quelque temps, le pays p,aye 400 piastres par jour pour l'emmagasinage de ce poi*son, ici.On a essayé de le vendre, mais sans succès.Finalement il a été décidé du ie donner à l’Armée du Salut qui eu fera la distribution.” Ainsi, pendant que nous payous les poissons les plus communs 20 et 25 cents la livre, un million et demi Ue tonnes de noire poisson est donné à une institution de charité parce que personne n’en veut en Angleterre.C’est facile à croire, les cockneys et les autres allumés de Londres payent 38 cents le bacon que nous payons G5.Pourquoi iraient-ils manger du poisson ?Nos amis les Anglais ont la bouche trop fine pour cela.Simple comparaison M.Cannon, à qui Charles-Quint n’a pourtant jamais rien fait, s’est permis d’établir une comparaison entre lui et ce qui nous sert de premier ministre.C’est court mais excessivement juste.Monsieur l’Orateur, je termine, Charles-Quint, roi d'Espngue, empereur du Saint-Empire romain, ayant allumé les guerres religieuses dans tonte l’Europe, renonça à son tiône chancelant et se retira dans un couvent, où il avait l'habitude de méditer sur ia vanité des choses humaine*.On rapporte que le tiè- ho norablè premier ministre de ce pays (sir Robert Boiden) renoncera bientôt à sa royauté éphémère et se retirera dans la somptueuse ambassade do Washington, où il sera en me*uie de cnn temp or le dé-arrni dans lequel il a jeté son pays.Puisse-t-il réunir bientôt ses fi lèles partisans pour la scène des adieux.La population canadienne priera avec ferveur afin qu’il amène avec lui, à titre de membre du personnel de l’ambassade, ses ouvriers de malheur et ses compaguons d’incompétence.France-Amérique Le numéro France Atne'rûjue de juin lülll, (livraison France-Canada) publie un important article de l’honorable Raoul Daoduraud, sénateur fédéral du Canada, sur sir Wilfrid Laurier et la politique canadienne.— M.Jacques Bardoux, professeur de l’Ecole des Sciences politiques, donne un exposé d’ensemble des relations commerciales franco-canadiennes.— Le major Olivar Asselin, attaché à la délégation canadienne à la Conférence de la paix, montre quel doit être ie îôle de la France dans la formation d’une élite canadienne-française.— Les chemins de fer nationaux du Canada et le rachat du Grand Ttunk Railway font l’objet (j’un article de M.F Guillotel, agrégé de l’Université.— M.Georges Cliubaud, avocat à la Cour de Paris, examine les rapports de la Franco et du Canada on matière de propriété littéraire, artistique et intellectuelle.Cette livraison contient en outre une chronique abondante sur la vie économique, commerciale et financière (politique économique, finances, industrie, agriculture, mines, etc.) ; — la vie intellectuelle, sociale et artistique (immigration, maiu-d’oeuvre et mouvement ouvrier, vie chère, etc.) ; — la vie politique et internationale (session parlementaire d’Ottawa, trimestre au Canada, etc); etc., etc.M.Borden peint par la gauche Au cours de son discours sur le budget M.Louis Cannon a eu un inot aimable pour le premier ministre.Nous le donnons ci-dessous sans aucun commentaire.Point n’en est b -soin.Jules César n’avait pas d'agent de publicité ou, plutôt, il était son propre agent, de publicité.Homme de non moindre importance, le chef do notre gouvernement est un souverain plus fortuné, servi qu'il est pat tout un groupe d’adulateurs qui décrivent an monde étonné ses incomparables hauts fait*.Le président du Conseil privé, qui vient de reprendre son siège, et ses collaborateurs bien repus, tel* que M.Dafoo et autres scribe*, toutdévoués, ont représenté, dans le but d’enthousiasmer les naif* Canadien* et d’exciter leur ferveur patriotique, la conférence de la paix comme une scène mondiale, où notre premier ministre, entouré d ¦ l’éblouis ant et spirituel M.Doherty, de l’ensorcelant M.Foster et de l’idéaliste M.Sifton, dictant d’un ton sévère les termes d’une paix perpétuelle à l’Allemagne prosternée, tantôt cathéchisant Wilson, tantôt influençant Lloyd Geotge, ou donnant des conseils à Clemenceau, ou assistant de ses lumières Orlando.Mais même ce champ ne suftbait pas aux incommensurables énergie» do notre premier ministre.Sa toute puissante influence devait s’étendre aux Etats baikauiques en proie à des guerres intestines.On ln fait partir pour la Russie, et nous le voyons debout sur les plages lointaines de l'îlo de Prinkipio, porteur d’un message do conciliation aux robustes descendants de Geugis-Kliau et aux sanguinaires partisans de Lenine.Mais, assez, monsieur l'Orateur, do ce ridicule camouflage, assez de cette grotesque mise eu scène.Lo premier ministre de uotro pays a eu autant à faire dans lo îèglement des difficultés européennes qu’eu a i’hnuoiable député de Digby Auuapolis (M.Davidson) daus i’abais-semënt dir coût de la vie.Quel a été, monsieur i’Orateur, lo résultat, de la conférence de la paix au point de vue du Canada?Qi’y avons-nous gagné’! Tousles pays représentés à la conférence ont obtenu quelquo chose.L’Angleterre aura l’Egypte, de nouveaux territoires eu Asie, et une partie des colonies allemandes.Chacuuo des autres dépendances de l’empire britannique s’est assuré quelque avantage.L’Afrique Sud héritera de quelques-unes des colonies allemande», l’Australie de quelques îles, et la Nouvelle-Zélande étendra son territoire.Et nous, monsieur l’Orateur, qu’obtiendrons.nous ?S’il nous est concédé la moindre chose, ce sera un morceau de la banquise du Groenland ! Sept millions de plus pour la rrplice (Du Canada) Nous avons déjà protesté contre le bill du ministre de la milice qui veut doubler l’armée permanente du Canada durant la paix ; ce bill est maintenant devant la la Chambre et nous avons vu avec grande satisfaction les leaders libéraux s’y opposer énergiquement.Il y a quelques jours, un organe conservateur nous reprochait de nous montrer excessifs sur ce point.Il prétendait que cette augmentation n’était destinée qu’a porter de cinq mille à dix mille le nombre de nos militaires et il ajoutait que c’était li une mesure presque anodine qui ne méritait pas la protestation avec laquelle noua l’avions accueillie.Mais nous savions bien sur quel terrain nous étions.Et nous avons maintenant la déclaration formelle du ministre de la milice que cette augmentation comportera dans la dépense SERT MILLIONS de plus par année.On voit donc que nous avions raison de nous inquiéter.Au lendemain de la guerre et alors que de tous côtés les énergies sont sollicitées par des œuvres de paix et de reconstruction, il serait absurde d’augmenter les cadres de notre milice.Et ce, pour plusieurs raisons: D'abord pour la question même dn principe.En Europe, de tous côtés, on parle de désarmement et ce n’est pas en Amérique, où nous avons toujours été assez libres de militarisme qu’il faille entrer dans cette voie à l’heure actuelle.Eu plus, las cinq mille hommes que l’on veut ajouter à notre milice seraient beaucoup plus utiles à notre pays, dans les usines ou dans les champs, à faire de la bonne et saine production au lieu de s'ankyloser dans la vie militaire.Il y a peut-être un certain nombre d’officiers qui voudraient bien continuer à porter du galon, mais cette considération doit, disparaître en face des exigences plus sérieuses do l’heure Enfin, qui niera qu’avec les chiffres actuels de notre dépense fédérale que l’on devrait chercher à restreindre de toute façon, sept millions par année sont encore une somme considérable, d’autant plus qu’avec le gouvernement actuel, quand on demande sept, cela fiuit toujours par coûter dix.Pour toutes ces raisons, raisons de paix, de production et d'économie, nous protestons contre cette proposition d’augmenter le chiflre de notre milice et nous comptons que le parti libéral tout entier continuera sa lutte contre cette mesure inutile et encombrante.Visitons le Canada Le lointain nous enchante.(Jette pensée explique probablement l’exode annuel ^de tant de Canadiens aux Etats-Unis et en Europe pendant la saison des vacances.Voici le retour de cette saison.Plusieurs se demandent où ils iront se reposer durant leur congé A ceux-là nous dirons : voyez d’abord le Canada ’’.Notre pays renferme des sites, paysages et panoramas qui ne le cèdent à ceux d aucune autre contrée.Ainsi, les bords de la tuer, tant à l’est qu’à l’ouest, la fraîcheur vivifiante du golfe Saint-Laurent, les sites pittoresques des Liurentides si riches en gibiers de toutes sortes, les fiords incomparables de la Colombie-Britannique, encadrés dans la verdure des chaînes de forêts côtières, les lacs innombrables, parmi lesquels il faut mentionner ceux de Muskoka, Rideau, des Bois, des Mille-Iles et les grands lacs ; toutes ces merveilles naturelles, auxquelles il faut ajouter les pics majestueux des Rocheuses et Selkirk, possèdent des charmes, une graudeur et un attrait irrésistibles./\ux électeurs du comté de Terrebonne Messieurs, Ce serait oublier le plus impérieux des devoirs que de ne pas vous offrir mes plus sincères remerciements pour la marque de très grande confiance que vous m’uvez donnée en m’élisant par acclamation votre représentant.à la législature, provinciale.Si j’ose croire à cet hommage, je sais bien aussi qu’il s'adresse surtout au premier ministre de notre province à qui il vous plaisait de manifester votre reconnaissance pour l’administration saine et sage qu’il a faite de nos finances depuis 1905.Votre geste, messieurs les conservateurs, de ne pas mettre un candidat en opposition, servira d’exemple pour prouver que si trop souvent la politique cause déboires et tristesse, elle offre aussi de très consolantes satisfactions.Maintenant que la période d’hésitation électorale est passée, unissons nos efforts dans le but d’assurer au comté son développement et sa prospérité.Mettons-nous donc à l’œuvre sans tarder.Sans l’appui de votre énergie et de votre volonté, mes efforts risqueraient d’être vains, mais avec cet appui puissant, nous réussirons, j’en suis certain, à obtenir ,1e résultat que nous attendons tous avec enthousiasme.La session fédérale terminée, monsieur Jules-Edouard Prévost et moi ferons la visite du comté, désireux que nous sommes de vous témoigner notre gratitude en recherchant les besoins des differentes paroisses auxquels nous pourrons répondre.Une fois encore, merci.Je ne méritais pas si grand honneur, mais je m’efforcerai de m’en rendre digne.Veuillez accepter l’expression de ma reconnaissance et de mon entier dévouement.ATHANASE DAVID Le climat ensoleillé de la France attire depuis longtemps nombre de touristes canadiens.Plusieurs de nos soldats ont séjourné dans les belles régions de la Normandie, de l’Artois et de la Picardie, dont une partie a échappé, grâce à Dieu, à la rage de destruction germanique ; beaucoup ont visité Paris, Nice et d’autres lieux enchanteurs.Cependant, si l’on que*tionce nos vaillants rapatriés sur leur préférence, ils répondent unanimement: Vive le Canada ! Le dollar canadien subit un escompte de 3 % aux Etats-Unis.L’orgueil national devrait nous engager à restreindre nos dépenses chez nos voisins et à les réserver, autant que possible à notre pays.Nos pauvres ministres I !l Je disais donc qu’il y a l’honorable ministre des travaux publics (M.Carvell) avec son commerce de pommes de terre et de foin ; l’honorable ministre des finances (sir Thomas White) avec ses amis des grands trusts et des grandes compagnies de la cité de Toronto qui ont saigné le public à blanc depuis 1901.On me dit que lui non plus n’a pas d’enfants.Nous voyons l’honorable secrétaire d’Etat (M.Burrell) qui a, je crois, un commerce de fruits dans l’ouest.Je pourrais citer aussi l’honorable ministre des douanes, M Sifton, frère du rusé politicien millionnaire de l’ouest.En citerai-je uu autre ?11 y a l’honorable ministre de la colonisation et de l’immigration, M.Calder, dont l’influence s’est attiré des millions, sans parler do sa grande expérience et de son ingéniosité.L’honorable ministre du commerce, sir Georges Foster, est encore un ministre qui, si je comprends bien, est riche et sans enfants.L’honorable ministre des chemins de fer, M.Reid, semble avoir fait passablement d’argent depuis le commencement de la guerre : je pourrais faire allusion particulièrement (à la loi adoptée l’an dernier relativement à certains tracteurs automobiles.Le ministre de Injustice, le rusé M.Doherty, est un pensionnaire de l’Etat et est aussi directeur de plusieurs grandes compagnies à Montréal.Enfin nous ne devons pas oublier quo nous en avons un autre qui est sur le point de devenir millionnaire : le rusé M.Meighen de l’ouest.(Extrait du discours de M.P.Caserain, à la Chambre des communes, le 13 juin 1310).OPINIONS LIBRES A propos de la langue française Il y a dans la province un réveil remarquable en faveur de la langue française.Les journaux et revues publient souvent d’intéressants articles sur ce 9ujét.Nos maisons d'éducation y donnent plus d’importance qu’autrefois, L'abbé Etienne Elan» L’AVENIR 1)U NORD — 27 JUIN 1919 chard annonce la publication d’un troisiè me livre destiné il la propagation du bon parler français.Ne pourrais-je contribuer à ma manière au succès de cette bonne campagne ?Je ne voudrais nas passer pour réactionnaire ; j» veux servir la cause comme modérateur en soumettant à mes compatriotes quelques considérations que j’ai mûries .Te suis certain qu’en certains quartiers va s'élever une clameur.On va dire : Que veut-il celui-là?Comment! il n’est pas capable d'écrire une phrase sans faute, et il veut se mêler à la controverse.11 ose critiquer les champions du doux parler de France Haro! sur le beaudet ! Il devient gênant d’écrire par le temps qui court.Si j’étais sensible a la critique, je renoncerais à la piunie.Mais Dieu merci ! j’ai la peau dure, qu’on me pique, si ce jeu peut amuser quelqu’un.Ma première considération est tirée précisément de cette disposition courageuse et fière que je manifeste à l’égard de la critique et que je conseille fortement à mes compatriotes.Comment ! vous avez de bonnes pensé&s, d’utiles connaissances à communiquer à vos concitoyens, et de peur d’être ridicule, à cause de votre manière de parler ou décrire, vous allez nous faire perdre ces fruits de votre savoir, de vos recherches, de votre expérience I Courage, mon ami, parlez sans crainte et méprisez la critique.Il est bon de rappeler ce que dit Montaigne à ce sujet : "C'est aux paroles à servir » et à suivre ; et que le gascon y arrive si » le françois n’y peult aller.Je veux que » les choses surmontent, et qu’elles rern-" plissent de façon l’imagination de celui >* qui écoute qu'il n’aye auleuue souvenan-» ce des mots Le parler que j’aiuie c'est » un parler simple et naif, tel sur le papier » qu’à la bouche, un parler succulent et » nerveux, court et serré, non tant délicat et peigné comme véhément et brusque, ¦' plutôt difficile qu’ennuyeux,esloigné d’af » feciatioü ; déréglé, descousu et hardi, non it pgcJâcLêscjiis, lüiiiî plutôt scldâtcstjiis .» L’éloquence faict injure aux choses qui » nous détourne à soi.” Il y a plus de vingt ans, je causais avec des amis du projet de simplifier l’orthographe et la grammaire de notre langue.Il s’agissait de décréter qu’à l’avenir, en fran çais comme en anglais, le participe passé serait invariable L’un de mes amis me tii remarquer que si l’on appliquait ce principe de tout simplilier, ou arriverait à un triste résultat.— Lequel ?lui demandai-je.— Il n’y aurait plus de monde instruit.— De ces instruits-là üélivrc-z-nous, Seigneur, lui répondis-je.Depuis cette conversation, j’ai lu le beau livre intitulé '• La Vie simple ", de Charles Wagner ; j’ai lu et relu bien souvent le chapitre ayant pour titre : " La parole simple •* L’auteur mérite l’honneur que lui tît Rjos»-velt, lorsque, président des Etats-Unis, il le présenta de son mieux à ses corn patrie tes, disant: "I am preaching your book to rny- countrymen ».La parol»*, d'après Wagner doit être simple par le fond et par la forme; cette simplicité, quant au fond, doit se manifester par la constante ob-er '» al ion de ce principe : “Etre vrai, sobre simple dans l’expression de ses sentiments et de ses convictions.Car ie danger des belles paroles est quelles vivent aune vie propre.Ce sont des visiteurs distingués qui ont gardé leurs titres et ne remplissent plus leurs fonctions comme les cturs royales nous eu donnent l’exemple.Vous avez bien dit, vous avez bien écrit : c’est bien, il suffit ».Mais j’ai pour mon avis un appui meilleur encore.J’ai conserve un article qui a paru il y a environ vingt ans dans cute belle revue hebdomadaire, le Mmule illustré.C’est un » Entre nous •» de Léon Le-dieu ayant titre : » Conservons nos vieux mots».Je laise la parole au chroniqueai : » L’hiver dernier, je me trouvais par hasard jjans une école de campagne au nic-rnant où la maitresse interrogeait un élève.— Après ie jour, quand le soleil est couché, qu’est-ee qui vient ?— Après.après.c’est la brunante, — Nod.on ne dit pas la bruuante, c’est le crépuscule.L’enfant se mit à rire tout interloqué.— Le cré.cré.cré.je connais pas ’ Vic'"|,rf*itlcn‘ Craig-Becker Company.M.JOHN T.STEEEE, Buffalo.On peut souscrire à cet emprunt cl obtenir de plus amples renseignements aux bureaux de VERSAILLES.VIDRICAIUE.BOULAIS, LIMITA MONTREAL QUEBEC 90 rue Sl-Jacqucs.198 rue St-Jean.Banque M.EDWARD C.PRATT.Gérant-Général de la Banque Molson*.M.LOUES < H ABLE, Vice-Président de American Paper Exjiort» Inc.New-York.L'honorable J.M.WILSON, Sénateur, Directeur de la Banque d’Hochelaga, Directeur Montreal Tramways.RENE-T.LECLERC Banquier ICO rue St-Jacques, - Montréal Maison fondée en 1901.BEAUSOLEIL LIMITEE, Agents Financiers 112 rue St-Jacques, • Montréal PROVINCIAL SECURITIES Limited lO.i (aile do la Montagne QUEBEC McCUAIG urços & CO., Membres de la Bourse de Montréal 83 rue Notre-Dame Ouest MONTREAL CREDIT CANADIEN.Incorporé Agents l innnruTH 9!) rue St-Jacques.- Montré» h G.BEAUBIEN & CIE Membres de la Bourse de Montréal.MONTREAL QUEBEC 50 Notre-Dame O.70 rue St-PIcrre A TOUTES I.ES NtM CIJK Al.ES r>K “ LA BANQUE MOLSONS AOtSSAST COUR I.E COMET! I.K* MEMnRE Dll .TWDICAT IX SOUSCRIPrtOI^ ' « r
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