L'Avenir du Nord, 13 novembre 1931, vendredi 13 novembre 1931
1897-1931 SEUL JOURNAL du DISTRICT deTERiTÉBONNE EXISTANT DEPUIS PLUS DE TRENTE-QUATRE ANS.1897-1931 __al01 1J1' B’AVEN IR EST DAN'S LE PEUPLE MEME; NOUS VERRONS PROSPERER LES FILS DU SAINT-LAURENT” (Benjamin Suite) CHENIER ABONNEMENT: $2.pur année.Directeur politique: Honorable JULES-ED.PREVOST.Publié par la Cie de Publication de St-Jérôme Ltée.HENRI GAREAU, Président SAINT-JEROME, P.Q.Secrétaire de la Rédaction: ANDRE MAGNANT.NUMERO 45.LABELLE JOURNAL HEBDOMADAIRE' — CINQ SOUS LE NUMERO.VENDREDI, 13 NOVEMBRE 1931.L’ENSEIGNEMENT AGRICOLE A L’ECOLE PRIMAIRE RURALE V (1) Terminons la citation du programme d’études des écoles primaire complémentaires, touchant l’agriculture.Voici les matières qui doivent être enseignées durant la huitième année ¦ la cours primaire complémentaire : AGRICULTURE.— Les animaux domestiques; principales espèces, leur adaptation à la région et à l’importance de l’exploitation.Elevage, .alimentation, logement, hygiène (air et lumière).Industrie laitière.Notions de sylviculture : princi- paux arbres forestiers, mode (l’exploitation et utilisation; âge des arbres.Moyens de préservation contre le leu.Coupe et reboisement.Défrichement et mise en culture; pacage en forêt.ô Arbres d’ornement.Horticulture et arboriculture.Jardin fruitier, verger, érablière.Industrie du sucre d'érable.Jardin potager.Principaux légumes dont ou mange la racine, la tige, la feuille, la lient ou le fruit.— Jardin d'agrément.Fleurs de pleine culture, dMiivernemeiit.— Visite de fermes bien tenues, puis compte rendu oral ou.écrit.ECONOMIE RURALE.— Evolution de l’agriculture.Facteurs de production, leur agencement : a) travail, b) terre, c) capital, d) épargne.Organisation de la production: a) choix de la région de colonisation, b) choix de la ferme, e) choix d’un système de culture.Culture spéciale ou culture mixte.Bâtiments de la ferme: localisa- tion, aménagement.Associations agricoles : sociétés coopératives, cercles, syndicats, etc.Profits.— Marché des produits.ZOOLOGIE RURALE.—Grandes divisions du règne animal ; caractères des vertébrés et des invertébrés.Etudes des principaux groupes; principaux animaux du Canada, des autres pays; animaux nuisibles et animaux utiles.Particularités intércsatitos de la vie des animaux: métamorphoses, migrations, moyens de défense et d’attaque, travaux ingénieux.Mammifères et leurs subdivisions principales: domestiques, sauvages, féroces.Auxiliaires et ennemis du cultivateurs.principaux groupes: dé- clina teurs, migrateurs.du cultiva- cnnomis (oxygène, i corps l'urine.gras liou- nlbuimnc, caséine; oxnli- < tisennx : mestiques, Auxiliaires leur.Poissons: principaux groupes.Reptiles, batraciens, crustacés.Insectes : utiles, nuisibles, parasites, métamorphoses.Vers: utiles, nuisibles.Moyens de (test ruction.Les matières suivantes sont au programme des Te et Se année du cours primaire complémentaire : CHIMIE AGRICOLE.— Elements, atomes, molécules, affinités, combinaisons chimiques, bases, acides, sols.Principaux métnloïde» hydrogène, carbone, ete.).Composés organiques : (huile, gr.i se, savon, st Si*).Matières albuminoïdes gélatine, fibrine, lactose, (oeufs, lait, viande, pain.) Acides végétaux: acétique, que, taiinique, tnrtriqnc.Fermentation: .leool, vin, bière, cidre.Conservation des matières organiques.Etude particulière du lait et des veufs, leur composition chimique; usage des instruments d’analyse du lait: Inetomètre, crèmomètre, ncidi- n être.Fermentation lactique, butyni-que, putride.Moyens de reconnaître la falsification du lait.Beurre et t1,1 mage.Conservation des oouis.COMPTABILITE.— F ormes commerciales: reçus, quittances, billets, chèques, traites.— Les comptes de la ferme.•—¦ Journal, livre de caisse et livre, d’inventaires.Etablissement d’un prix de revient et calcul du bénéfice réalisé; application a différentes parties de lu ferme: bétail, basse-eour, tel champ, telle culture.Comptes personnels avec les clients et les fournisseurs.Tenue des registres divers: production .journalière du lait '¦t des oeufs, vente de légumes, etc.TRAVAUX PRATIQUES.— J»> din scolaire et jardin h domicile.Nous ne pouvons mieux taire, en terminant, lu reproduction de ce 'n*-le program,, agricole, que de citer les réflexions suivantes qui l’accompagnent : “Pana les écoles complémentaires (1) Voir l’Avenir du Nord des J G, 23 octobre, du ti noVembrc 19JL Ide la campagne, l’enseignement de j I agriculture théorique et pratique l’i’eml une très grande importance.Il devient plus systématique, plus raisonne et plus scientifique, car il s adresse a des élèves avancés en âge sulfisammeiit prepares par le pro-grame de l’école primaire élémeiitai-ii et la pratique des travaux à domicile, pour eut reprendre une étude plus étendue des divers modes de culture et des matières qui s’y rapportent.Les éléments ce _______t -.tone.eu 7c année de la zoologie et de la chimie agricole en 8e année, préciseront les connaissances"déjà abordées au cours précédent, mais surtout introduiront une autre méthode plus appropriée à l’âge et au degré d'avancement des élèves On mettra entre les mains des enfants un bon manuel d’agriculture, et on s’effonsva d'acquérir pour la bibliothèque scolaire des ouvrages bien faits de géographie physique et économique, d'agriculture, d'horticulture, de sylviculture, etc.On accentuera encore l’enseignement agricole oeasioniiol, ne laissant échapper aucune occasion d'inspirer aux élèves l’amour du sol et le désir d’acquérir des coiiiinissuii-ces de plus en plus solides eu agriculture.Les excursions dans les champs les mieux cultivés dans les forêts, dans les jardins et les vergers, l’éln de et l’usage des instruments et des machines agricoles, la visite des expositions agricoles, les travaux pratiques au jardin scolaire et au jardin familial, la constitution de collections et d'herbiers, sont autant d'exercices d’une grande utilité pour raffermir et accroître l'enseignement théorique de l’agriculture.L’observation et !’experimentation joueront ici un très grand rôle, l.cs élèves devront rendre compte de leurs observations personnelles, soit dans des conversations conduites -oV'éione-ment eu classe par le ma'trc.soit pailles compositions écrites servant d’exercices de rédaction.‘¦Tout cet enseignement doit tendre à donner à l’élève des connaissances pratiques qui le prépareront à la carrière agricole qu’il suivra plus tard.” L- programme de l’enseignement agricole à l’école primaire est, sans contredit, excellent.Nous l’avons abondamment démontré dans no> articles précédents et nos citations d’aujourd’hui.Mais le programme n’est jias tout, comme lions le verrons dans la suite.Jep.Un double deuil à Saint - Sulpice (Ecrit pour l’Avenir du Nord) du mois der-compagnic de A TAssemblée Législative ni c ilrbat ilisuour novcmbi c*.Aprùs li* |miitmm «lu sur l\itln*sso ou réponse «lu trône, eomineneé le .» ’«•st termine mercredi, discours incolore «*t însi-clit l sessional1! de l'op- position, M.Galt, le premier ministre a prononce un substantiel discours.I.’honorable M.Taschereau n’a pas ménagé l’ironie et le sarcasme a 1 n-dresso du chef battu de )’opposition et de toute l’oppo.-ition elle-même qui, avant h-s élections, proclamait qu’elle alait prendre la place du gouvernement.Le premier ministre a annoncé’ que le comité des privilèges et élections tria la lumière sur les contestations d’élections.•‘Nous n’avons rien à cacher.” a t il dit.M.Taschereau, parlant du projet de creusage du Saint-Laurent, a déploré que la province de Québec n’ait pas été invitée a pnrli-eijier aux négociations entre Ottawa ! t Washington.M.Laurent Barré, député conservateur de Rouvillc, a parle d’agriculture.Il a exprimé quelques-unes de ses critiques inspirées par le parti-pris et quelques-uns de ses projets utopistes.1,’honorable M.Godbout, ministre de l’agriculture, lui a donné une réplique ferme et serrée.M.Smart, député conservateur de Westmonnt, n dit qu'il ne suivrait tias la direction du chef parleinentai-i,.do l'opposition, M.G*ilt, *‘t qil il uc reconnaissait pas M.Hondo comme le chef du parti conservateur.Il a, de plus, dénoncé les contestations d'élections., M.Maurice'Duplessis, députe conservateur de Troi.-t Ki\ières, a fait un .discours très modéré.Il a parlé avec 'si peu d'enthousiasme pour son par'd ,|U’il n pris presque l’allure d’un Iindépendant.Le correspondant du ' Canada à Québec, dit do lui : _ | “M.Maurice Duplessis lie ses! pas déclaré contre M.Guu.le, niais il s’est bien gardé d’y faire la moindre Au commencement nier, la vénérable Fnint-Sulpice a vu disparaître, à Montreal, deux de ses anciens.M.I Bené La bel le, supérieur provincial p u puis douze ans, est mort quasi soudainement d’une syncope, à la suite 'l’une opération subie quelques semailles auparavant, dont il semblait pourtant se ielever heureusement, le dimanche -1 octobre, à 09 ans, et NI.I lavicn Ltliberté, le vieux maître de tant de générations d’élèves au collège de Montréal, est décédé, miné par 1 âge et les infirmités, le lendemain, lundi 5 octobre, à 81 ans.De tempéraments assez différents, ees deux hommes de Dieu ont fourni chacun une carrière stilpiciemic des plus fécondes et des plus fructueuses.Jt.voudrais, dans ces quelques lignes, leur rendre, à l'un et à l’autre, mi modeste mais bien sincère hommage.M.Lahelle était né à Sorcl, le 1!) décembre 1802.A l’automne de 1874, professeur au collège de Mont-il suivit, avec de beaux succès son cours d'études classiques.Il passa ensuite, pour deux ans, au cours de théologie du grand séminaire tout voisin.Agréé alors eonimc candidat à I Saint-Siilpice, il eut l’avantage d’al-j 1er terminer, de ISSf à 1880, sa cléri-j rature au grand séminaire de Paris, (''est à Paris également qu’il fut or-| donné prêt re, le 18 décembre 1880, par Mgr Richard, le futur cardinal, à ce temps-là coadjuteur dit cardinal Gnibert.Il séjourna au petit séminaire de Notre-Dame des Champs, pour s’initier aux méthodes françaises.Revenu au pays après sa ‘‘solitude” — le noviciat des sulpiciens à Issy, près Paris —.il tut siicecssi"''»irnl profe-se n- au collège de Montréal de 1887 à 1893, vicaire à Notre-Dame de 1893 à 1903, directeur ou supérieur au collège de Montréal de.1903 à 1913, et curé de Notre-Dame de 1913 à 1919.Au mois de mars de celte dernière ag’gé”, :l était élu supérieur provincial de sa compagnie, et il Tut réélu à ce haut poste (le confiance et de responsabilité en mars 1924 et en mars 1929.M.Hector Filiutrault, lui aussi piètre de Saint-Sulpice et contemporain de M.Lahelle, a consacré, dans 1 Devoir du 2ti octobre, une fort belle étude à lu mémoire de son confrère et supérieur.Il y écrit, au début,, ces lignes substantielles: ‘‘La carriole de M.Labclle nous offre le type de ees vies harmonieuses, humblement commencées, achevées dans une grande situation, et où cependant il n’y a pas de tournant, tan t le progrès y est continu et régulier.” On ne pouvait mieux dire, ni plus .justement.En montant toujours, M.La-belle, en effet, est resté constamment égal à lui-même.Et cela ne l’a pas empêché, tout au contraire, d’être le très digne successeur de ses plus illustres devanciers, notamment de M.Troie, de M.Leeoq et de Nf.Colin, pour ne parler que de ceux-là.Comme M.Troie, M.Lahelle était canadien — ce sont les deux premiers supérieurs canadiens de la compagnie, les quinze qui les ont précédés depuis 1057 étaient tous français — et, comme lui, pareillement, e’était un bel homme, de mino imposante et de digne prestance, évidemment de bonne education et très distingué dans ses manières et dans son commerce.I! était, par excellence, à l'exemple toujours de son prédécesseur immédial, un prêtre-gentilhomme, qui faisait partout belle ligure.l’eut-être était-il, à son ordinaire, un peu solennel et distant, ec .) allusion.Cependant, il n'a pas dit qui était son chef, pas plus qu'il n'a dit qu’il suivrait M.Gault.L’on sentait , bien que le député des Trois-Rivières a l’intention de rester à part, d’être indépendant, d’être, comme il le dit lui-même, un libéral-conservateur.Sur la question des contestations, il a réaffirmé sa désapprobation de cette tactique inoportunc, malheureuse et.ruineuse.” L’honorable Atluiiia.se David a parlé après M.Duplessis et a clos le débat par uu brillant exposé de la politique libérale.Avec sa licite éloquence lia-bit m Ile, M.David a abordé plusieurs questions d'une grande actualité; ci; tnus-cii quelques-unes : la crise ne- ! t nolle ; le résultat du 24 août, la province ne veut pas de réaction vio! lente; le paiti libéral: parti de la li-| lu ité, parti de la jeunesse, parti d'u puisement ; le parti conservateur; utilité du malheur; un chaleureux np: pel en laveur des mères.Nous donnerons le texte de ce très beau discours.Mercredi, l’iulresse eu réponse au discours du trône a été adoptée à l’unanimité.qui convient d’ailleurs assez bien à un supérieur majeur.Mais, eu même temps, il était bon, foncièrement, .une il en est peu avec tous, affable et aimable avec ceux qui le peu.t:aient dans l’intimité.M.Olivier Mauruult, dans l’article que public la semaine religieuse du 5 novembre, note que M.Lahelle fut particulièrement boa et dévoilé pour les communautés dont il eut à s’occuper en sa qualité de supérieur ecclésiastique.Sans être, je pense, un très grand savant, M.Labclle était instruit de beaucoup de choses, il possédait magnifiquement la science ou l’art du gouvernement, il prêchait avec conviction et avec éloquence, il dirigeait les âmes qui allaient à lui avec clairvoyance et affection et il se montrait, pour tous et pour chacun, un vrai père et un hou pasteur.Je sais, comme tout le monde, que de graves soucis à propos (l'administration matérielle ont pesé sur ses dernières années et probablement assombri la fin de ses jours.C'était la conséquence d’événements dent il n’était pas responsable, et ce lui fut, il est permis de le croire, une occasion de manifester sa forte sérénité d’âme et, sans doute, d’acquérir de grands mérites devant Dieu.Avant tout, c’était un prêtre de vie intérieure qui voyait les hommes et les choses de liant, un vrai sulpiricn en un mot, et, par eonsOqucr.-, i ' 'ès digne ministre de Notre Seigneur Jésus-Christ.Je l’ai bien connu et beaucoup estimé, ayant eu souvent l’avantage de solliciter sa direction et ses bons conseils, dont hélas! .je n'ai peut-être pas toujours profité comme je l'aurais dû.Aussi est-ce avec uu profond respect que je dépose de loin mon modeste hommage sur sa tombe trop tôt ouverte.M.Luliberté avait été mon professeur de versification, en 1883-1881, au collège de Montréal.De cet ancien maître, plutôt rigide et sévère, mais juste et droit, autant que compétent et dévoué, j’ai gardé, comme tous ceux, je pense, qui ont passé sous sa maîtrise, un souvenir, fait do respect et de gratitude, qui lie s’effacera jamais de mon esprit.M.Lalibcrté était né à Saint-Cé-snire, comté de Rouvillc, le 7 août 1850.Comme M.Labclle, et avant lui, il fit brillamment toutes ses études uu collège de Montréal et au grand séminaire de la même vile.Il eut, lui aussi l’avantage d’aller compléter sa formation théologique au grand séminaire de Paris.C’est à Paris, pareillement, qu’il fut ordonné prêtre, le 23 décembre 1876, par le cardinal Guibcrt.De retour à Montréal, il exerça le saint ministère, pendant une couple d’années, à l’église Saint-Joseph de la rue Richmond.En 1S78, il devenait professeur, au collège de Montréal, et il le fut, successivement, en versification, en belles-lettres ou en rhétorique, pendant plus de quarante ans, jusqu’à ce que, en 1919, l'âge et les infirmités l’aient obligé à prendre sa retraite.Même alors, il continua de vivre sous le toit de son cher collège de Montréal, avec de fréquents séjours à l’Hôtel-Dieu.Il n’y a guère de vie plus'une cl plus semblable à elle-même que celle de M.Lalibcrté.Professeur dans l’âme, par goût autant (pie par profession, il le resta tout le long de sa carrière, qui a duré pas loin d'un demi-siècle, toujours fidèle au même poste, toujours actif, toujours dévoué.L’un de ses confrères, professeur connue lui et avec lui depuis quarante ans — que j'ai parfaitement reconnu sous ses initiales L.1).— dans un bel article, consacré à sa mémoire, (pie la Semaine religieuse le Montréal du 29 octobre a publié, nous fait voir excellemment quelle était la source profonde de ees activités et de ce dévouement de M.I.ali-berté.*v!’est que, nous explique-t-il, ce très digne maître de la jeunesse était, d’abord et avant tout un saint prêtre et un vrai disciple de M.Olicr.Cela, en effet, donne la clef de bien des choses.Quand le vénéré M.Lalibcrté fêta ses noces d'or sacerdotales, en décembre 1926, à l’Hôtel-Dieu, où il était retenu, entouré de ses confreres et de quelques-uns de ses plus dis t i ligués anciens élèves — Mgr Gauthier, l’nlihé Perrier, M.Edouard Montpctit et plusieurs autres — j'écrivis ici même, dans l'Avenir du Nord, un petit article, où je disais, entre autres choses: ‘‘Notre vieux maître était sévère, cela c’est certain.Il ne ménageait ni les semonces, ni les pensums.Ce qu'il en a fait copier de ees ‘‘chères lignes” à ses élèves!.Mais, nous l'aimions tous, parce que nous le savions juste et droit, et, au fond, si bon et si dévoué.On comprenait, même on subissant ses semonces et en copiant ses ligues, qu’il n’avait L’article de Louis Dantin Nous engageons nos lecteurs à lire l’étude de Louis Dantin que nous publions cette semaine.Cette recommandation est sans doute inutile, car tout écrit signé par Louis Dantin est lu avec empressement, intérêt et prolit.Mais son travail d’aujourd’hui est tout particulièrement remarquable.L’analyse du livre de M.Edouard Montpctit donne à notre collabora tour l’occasion d’aborder les questions sociales, économiques et ouvrières qui sont d’une si vivante ne t milité.Il le fait d’une façon magistrale.Sa puissance de pensée et d’expression ne s'est jamais manifestée avec mitant d’éclat que dans cette étuilo profonde et limpide.On peut différer d’opinions avec ce penseur, mais on ne peut mettre en doute la sincérité de ses convictions non plus que nier sa force de raisonnement, la clarté de sou urgu’“"“*"-tion, la belle ordonnance de ses idées, la surcte de ses observations, le souffle noblement humain et vraiment chrétien qui inspire ses x’ucs sur les conditions de votre vie sociale.il POUR UNE DOCTRINE” Par EDOUARD MONTPETIT (1) |Ecrit pour l'AVENIR DU NORD par LOUIS DANTIN] MELI-MEO UN NOUVEAU SOUS-MINISTRE M.Gérard Tremblay, secrétaire des Syndicats Catholiques et Nationaux, a été nommé sous-ministre du travail à Québec.I.A CANDIDATURE DE L'HONORABLE FERNAND RINFRET A LA MAIRIE DE MONTREAL L’honorable Fernand Hinfrct, député de la division Saint-Jacques, de Montréal, a lait la déclaration suivante au Canada : “Il est exact qu’oa m’a prié do briguer les suffrages comme candidat à la mairie de Montréal, et j’en suis d'autant plus honoré que les tondions de premier magistrat de la métropole du Canada sont importantes.C’est pourquoi je prendrai en très sérieuse considération les représentations qui m’ont été riu-cr -To ne rendrai ma décision publique que dans plusieurs semaines toutefois, et, d’ici là, veuillez no rien affirmer, car ma réponse pourrait aussi bien être negative que positive.Toute rumeur, dans un sens comme dans l’autre, serait prématurée.” LE SENTIMENT DES AMERICAINS ENVERS LA FRANCE Désireux de connaître le réel sentiment des citoyens des Etats-Unis eu-vers la France, surtout après la visite de M.Laval à Washington, nous avons demandé à un ami — fin observateur des hommes et des choses, ni habite dans une grande ville américaine, ce qu’il en pensait.11 nous répond : ‘‘Vous me demandez si l’on est “ francophobe ou francophile aux ‘‘Etats-Unis.— Ou n’est violemment ni l’un ni l’autre; mais on ‘‘-trouve que la France n’entre (Suite à la dernière page) rien tant à coeur que de nous voir travailler et réussir.Quelle belle carrière que la sienne, une et simple, toujours la même, au même poste, employée tout entière à cultiver de jeunes intelligences, à former des bacheliers, à susciter des “princes (le Galles”, des vrais, de ceux qui non seulement concouraient,-mais encore gagnaient le prix, ce dont il était si fier! Oui, quelle belle carrière, modeste et utile tout ensemble! Quelle vie d’almégatioii et de dévouement, donnée tonte, près de cinquante années durant, à sa classe et à ses élèves!.Nos meilleurs penseurs et nos meilleurs écrivains à Moutréal ont passé sous sa main.L’expérience a montré qu’il l'avait ferme et boiuje.”De sa chambre de malade à l’Hôtel-Dieu, le bon vieillard in’é-crivit un mot de romereiment bien expressif et bien touchant.Je le eou-serve précieusement.Sa vie s’est prolongée encore cinq ans, avec bien des souffrances et autant de mérites, raconte L.D., dans l'article que je citais tantôt, puis ‘‘il s'éteignit comme une lampe épuisée”.Soit, mais la flamme a dû se rallumer là-haut.¦ * • A ces deux prêtres de Saint-Sulpice, que la mort n cii quelque sorte réunis pour de communes funérailles, je renouvelle, après tant d’autres, mon hommage de gratitude d’ancien dirigé ou d'ancien élève.Que la terre soit légère ù leurs dépouilles mortelles et que Dieu, dans son beau ciel, soit ù jamais leur lumière Lux perpétua luceat eis! L’abbé Elie-J.AU CLAIR.On se demande pourquoi ce livre, consacré à l’économie politique et i scs problèmes, porto un titre évoquant lu dignité et la rigidité des dogmes.S’il est un champ livré à la dispute des hommes et au jeu libre des théories, c'est bien celui des institutions qui travaillent au bien-être, à la richesse et au progrès matériels.Leur but ne dépasse pas la zôno des intérêts terrestres; leurs moyens sont d’ordre pratique et ne touchent que pur incidence aux régions plus liantes de l’idée pure et de la morale; c’est par le raisonnement et par l’expérience que leurs lois s'établissent et que leur marche se dirige: — tâches auxquelles, en soi, l’esprit humain sulfit, n’y réclamant de guides supérieurs que pour ne pas empiéter sur d’autres domaines.Il est bien vrai, •ominc dit M.Montpctit, que l’économie ‘‘envisage la richesse par rapport ù l’homme,” qu’elle est comme telle une science humaine; mais l’homme qui l’intéresse, c’est l’homme dans ses besoins et ses activités physiques; et si le voisinage de l’âme l’entraîne parfois à des excursions de ce côté, son objet régulier n’en est pas changé pour cela.Vouloir, avec l’auteur, qu’elle soit ‘‘en premier lieu une science morale,” c’est donc assurément, une confusion d’idées.On pourrait, sous le même prétexte, en dire autant de î’n-grieulturo et de l’hygiène.Et prétendre imposer à cette discipline toute terrestre la régence directe et normale de puissances d’en liant serait un évident excès.Rien donc n’appelle ici le mot solennel de doctrine.Même si on l’cntomlnit d’une doctrine toute philosophique, il serait encore mal choisi.11 supposerait des principes, des lois immuables, s'imposant avec certitude à l’ordre économique: cet ordre évolue, au contraire, sur le plus mouvant des terrains.Il subit toutes les fluctuations de l’histoire humaine, tontes les secousses des révolutions, toutes les métempsy-clioses du progrès, toutes les poussées créées par des besoins toujours changeants.On peut, sur ces faits transitoires, baser des aperçus, des directions utiles, mais sans fixité eiernellc et sans garantie de lendemain.L’é-conomio politique n’est, en somme, que l’étude d’une phase restreinte de l’évolution sociale, élucidant scs conditions présentes, mais sans lien nécessaire avec le passé ou l’avenir.Elit est donc à peine une science: comment serait-elle une doctrine 1 Mais constatons qu’heureusement, même, sous eette enseigne absolue, l’ouvrage de M.Montpctit n’est pas aussi dogmatique qu’on le croirait.Malgré certaine tendance à invoquer l’autorité là où l’on attendrait la discussion logique, l’auteur n’a pas promulgué scs thèses du haut (l’un Sinaï quelconque.I! a, avec sérieux et bonne foi, recherché, d:T.i, >»« ê-lments qu’il croit x-oir à lu base du système économique, et il eu a déduit des conclusions discrètes, qu’on pourrait même trouver timides.Loin d’être un catéchisme, ce livre n ’est pas même un traité: c’est un simple exposé de notions, de conseils, ne formant aucun tout compact, ayant surtout pour but d’exciter chez nous l’intérêt de ees graves questions sans prétendre à les épuiser, même à les creuser.Il réunit plusieurs essais qui furent d’abord des conférences distinctes: ce qui explique leur manque de connexion étroite, laisse, à première vue, flotter dans leur ensemble certaine confusion.Dans une première étude s’établissent les données foncières sur lesquelles est construit le monde économique, et l’interprétation que leur ont donnée les écoles.Ce qu’est In production, l’éclinnge, la distribution, la consommation, ces quatre phases du cycle utilitaire; la part qu’y revendiquent la nature, le capital, et le travail, ces trois forces qui le mettent en mouvement; le jeu de leurs i dations nécessaires et do leurs réactions; l’iipiKiint externe que peut leur upjiortcr l’Etat; le contact qu’ils gardent avec les entités morales: les méthodes qui conviennent à leur étude et à leur expression: — autant d'élémentaires notions que l’auteur définit, éclaire, en y joignant l'histoire des théories créées à leur sujet, depuis les physiocrates du XVIIIèmc siècle jusqu'à Charles Périn et .Du-tlioit.Cela forme, en un cadre bref, comme une introduction ù ln science économique et en pose les jalons les plus essentiels.(1) Librairie d'Action Canadicnnc-frunçaise.— Montréal.— Une dissertation qui suit trace le rôle de l’intelligence et de l’art dans le domaine économique.L’intelligence, sans doute, guide l'impulsion de toute avance humaine; mais son travail importe autant au développement do la richesse qu’aux autres formes du progrès.C’est la science, c'est l’invention, qui donnent à l’industrie ses procédés, ses merveilleuses machine»; c’est l’étude des méthodes de production et d’écoulement qui assurent sa marche prospère.La culture générale elle-même l’influence, l’ennoblit; l’art vient la compléter en fournissant à l’hommo la satisfaction de besoins plus hauts quo ceux do la matière.Do là, l’importance de l’étude scientifique, technique, littéraire même, pour l’aspirant, aux carrières industrielles, et la nécessité pour nos compatriotes d’égaler dans ces discipline! homines d’affaires des autres nations.Dans une troisième partie, l’auteur aborde ce qu’il nomme ‘‘l’action sociale,” et qu’il entend en un sens restreint, des rapports entre le cnpi- j tal et le travail.Toutes les questions brûlnntcs qui agitent de nos temps les classes sociales sont ici pour le moins touchées.Le droit qu’u le patron au ‘‘profit équitable” et celui de l’ouvrier nu ‘‘juste salaire”; la règlementation du travail par l’Etat; sa protection par l’assurance, les lois hygiéniques, les restrictions au tra-xail de l’enfance; l’accroissement de son bieii-Jtrc par la coopération, la participation aux profits, etc., sont l’objet de courts examens et de jugements sommaires, basés snruir* sur un manifeste de citai évêques américains lancé uu lendemain de la grande guerre, et qui traçait aux catholiques tout un programme de reconstruction sociale.C’est ici, ou le voit, que M.Mont-petit découvre plus large l’influx de lu morale dans l’économie, et qu’il sent le besoin d’étayer la science par la doctrine; mais ici encore, le mot excède la substance, dépasse un document de cette sorte, sans portée générale et sans cachet officiel, que l’auteur même prend le droit de discuter.Une note sur le rôle social des universités, quoique groupée sous le même titre, se relie peu à ce qui précède, et un discours final sur l’Ecolo des Sciences Sociales de Montréal en est encore plus éloigné.Décidément il faut voir dans l’ouvrage de M.Mont-petit un recueil d’essais autonomes, ot renoncer à y chercher d’autre unité que celle du sujet.Même scs trois divisions sont artificielles et en déguisent plusieurs autres.‘‘Cuuserics varices sur des thèmes économiques:” cela décrirait beaucoup mieux ln nature de l’oeuvre et mettrait plus ù l’aise pour la juger.A disséquer en soi chncune do ces études, on les trouve pénétrées d’érudition et de sagesse, ouvertes en une mesure ù l'esprit des sociétés neuves et aux exigences du progrès, inspirées d’ambitions légitimes pour notre race et remplies d’excellents conseils.L’idée maîtresse qui y circule, c'est que les Canadiens-français, jusqu’ici peuple pastoral, doivent diriger leurs énergies vers l’industrie et le commerce, prendre leur part de cette richesse qui est la condition de l’indépendance et do l’influence.Cette orientation, ccttc irruption de huts nouveaux, laisseront peut-être nu imète de vngucs regrets.Dans lo Québec électrisé, mécanisé, couvert de banques et d'usines, il aura peine ù reconnaître ln tranquille patrie des aïeux; il pourra craindra qnc dnns nos champs livrés à la culture intense les tracteurs Ford n’écrasent les derniers restes des traditions.Mais il fnut avant tout survivre: nulle race lie peut, sans dépérir, résister aux courants qui entraînent le monde; pour rester fort il faut se rajeunir sans cesse.Ce qu’on peut espérer, c’est que les temps nouveaux aient aussi leur beauté et leur poésie.Toutes ces idées s’énoncent dans la langue savoureuse et forte que nous connaissons à l’auteur, et qui sait revêtir de charme ces matières techniques et arides.L’ouvrage, en évitant d’être trop didactique, reste à portée du lecteur novice et lui rend sa lecture facile.Il prouve que la science elle-même gagne à soigner son expression, et fait mentir le mot do Thiers: “L’économie politique n’est qu’un genre do littérature plus ennuyeux que les autres”.Je no sais par quelle exception la dernière conférence contient des négligences de style qui la feraient prendre pour on transcrit sténograpliiquc n’ayant pas snbi de ravise.Les phrases suivan- , (Spite à la 2èmc page) .S L'AVENIR DU NORD, VENDREDI, 13 NOVEMBRE 1931 (Suite à la 2ième page) tes, n’est-co pas, confinent au rebus: ' * La, marche de l'Empire a suscité chez nous des curiosités mal préparées — “Peu de pensée la vivifie, pour la raison que la pensée n’existe pas.” — “Sous les ordres de nos bons journalistes, qu'ils mènent le combat de l’idée et de la forme.’’ — '¦Mentionnerai-je les nuances que projette la seule évolution d’un grand pays 7’’ — “On y prépare le bourrage des crânes assidus qui pavent la nation.” Cette autre est un défi à tous les dictionnaires: “Le nombre lie pallie pas it tout.” M.Montpetit est d’habitude beaucoup plus clair et plus correct.La, lacune la plus grave qu’on puisse reprocher ù ces pages, c’est leur caractère général, incomplet et, di-sons-le, superficiel.Même en tenant compte de leur but restreint^, on y voudrait des vues plus formes, plus personnelles, une approche plies directe aux réalités présentes, une discussion plus serrée et plus concluante des problèmes.L’auteur plnue dans des sphere^ élevées, mais abstraites, d’où l’on survole de trop loin.le monde où nous vivons.Trop souvent il expose la pensée d’autrui sans assez imposer la sienne.Il redoute, dirait-on, d’aller au fond des théories, de les forcer à livrer leurs principes, et il s’arrête au seuil des conséquences.Il est des régions entières du sujet tpi'il contourne à dessein, comme répugnant à les aborder: et ce sont celles pourtant où s agitent les vraies luttes qu’il faut connaître, et dans lesquelles il faut prendre parti.Conçoit-on, par exemple, que dans, un exposé des écoles économiques, Karl Marx ne soit même pas nommé ?L’auteur nous entretient longuement du libéralisme classique, de Dupont de Nemours, d’Adam Smith, de Jean-Baptiste Say; il trace les réactions timides de Sisinondi, des Charles Périn ; celles un pou plies hardies des tenants ele la “Justice Sociale”, — mais là s’arrête pour lui l’histoire économique; — la figure qui, en fait, ht domine pur son influencc^et la répercussion ele sa pensée, celle du géant, bienfaisant ou non, dont l’évangile de plus en plus commande aux sociétés modernes, est entièrement absente du tnbleau ! Non seulement Karl Marx, mais Proudhon, mais Fourier, mais Sydney W'ebh, mais Shaw, mais Mussolini, mais Lenin, n’existent pas pour ®L Montpetit.Le socialisme entier, en toutes ses formes et toutes ses branches, est Unité comme quantité nulle, à peine nommé elans de petits coins; son spectre cà et là se dresse sous le nom el’étatisme, mais pour être illico relégué parmi les fantômes.Or une telle omission, dans un ouvrage économique, est vraiment stupéfiante, et projette l’oeuvre entière dans l’irréel et le passé.Car l’individualisme sans freins et les maximes du laissez-faire sont aussi morts que le hou roi Tutankhamen: les'compromis du nouveau libéralisme prouvent chaque jour leur caducité et sont noyés au flot des revendications extrêmes.Ce sont les fondements même de l’ordre économique ancien qui sont mis en question et qui veulent être défendus.La question vitale de no,s temps, ce n’est pas de savoir comment le capitalisme fonctionne, mais s’il a chance de survivre; et il est clair qu’il est pressé, miné, sapé de toutes parts par le socialisme insidieux ou menaçant.Non seulement de grandes nations, la Russie, i’Italie, la France, l’Angleterre jusqu’hier et aujourd’hui l’Es- acheminement logique vers le grand trust qui sera l’Etat.Soviétisme, fascisme, travaillismo, étatisme: autant de noms du même système ù différents degrés de son évolution et de su.puissance mais qui, dans un degré ou l’autre, nous enserre, nous traîne après lui.On a écrit qu’un jour du IVème siècle le monde se réveilla arien : on pourrait dire de notre âge qu’il se réveille chaque jour plus socialiste que la veille.Et c’est irn facteur de cette importance que M.Montpetit néglige, qu ’il juge à peine digne de mention ! Oet énorme oubli, j’en ni peur, imprime ù son ouvrage un caractère académique, coupe son contact avec la réulité; et 1’homo œcono-micus qu il crée est presque aussi factice que l’automate abstrait qu’il :• reproché aux classiques.Dans son étude sur la question ouvrière, l’auteur se rapproche un peu plus de la vie telle qu’on lu coudoie.11 consent ù s’interposer dans la lutte qui divise le capital et ses outils humains; il s’efforce à délimiter leurs champs d’action et leurs droits réciproques.Et il faut reconnaître que le programme des cinq pasteurs, sur lequel il s’appuie, marquait une large avance sur la pensée qui jusqu’alors avait guidé les catholiques.Cet appel se déclare non seulement pour ne pas signaler que tous les points de ce programme, tous sans exception, sont empruntés uux programmes déjà que tous deux prétendent le vouloir, tiès anciens des ouvriers eux-mêmes, connaître comme juste.La meilleure [te, en somme, c’est tout salaire que preuve qu’il ne signifie rien, c’est pagne, ont'des gouvernants social is- j ]o “juste salaire”, mais pour une tes; mais dans toutes les nations, |raisonnable restriction des profits; il même les plus hostiles, le socialisme j admet que l’Etat, dans certaines limi- s’infiltre et s’impose, imprègne la législation, les coutumes, les façonne peu a peu à sou image.Cette centralisation toujoours plus serrée des pouvoirs; cette coordination toujours plus vaste des rouages sociaux ; ce contrôle croissant de l’Etat sur le commerce et l’industrie; cette réglementation du travail, des salaires, de la santé publique; ces assurances, ces pensions de vieillesse; ce paternalisme s’étendant à tout, prenant la forme, en la crise présente, d’aide directe aux chômeurs, etc., etc.: — autant de points du programme socialiste qui bousculent toutes nos traditions, qu’on eût conspués il y a trente ans, et qu’une marée irrésistible pousse quand même dans nos codes.Même ces trusts gigantesques, qui semblent le dernier tes, protège le bien-être et la santé des travailleurs; il approuve l’interdiction (le l’usine à l’enfance, les cliniques gratuites pour les pauvres, — la construction de logements ouvriers; — il loue la fixation légale de salaires-minimums; — il recommande pour les travailleurs quelque forme de part- aux profits; li va même jusqu’à souhaiter qu’ils participent ù la surveillance et au contrôle des entreprises.Et M.Montpetit, non sans quelques réserves et avec certain tremblement, adopte ce programme.Il lui soupçonne le défaut de u’avoir “pas assez de doctrine,” tuais reconnaît quand même sa sagesse, son urgence pratique.On voit qu’il le juge très hardi, et le nec plus ultra du radicalisme orthodoxe: — s’il en est fier, c’est un peu comme ou l’est de mot du capitalisme, no sont qu’un côtoyer les précipices.Mais pourquoi \ '% Depuis sa fondation, il y a plus de 34 ans, "L’Avenir du Nord” s’est toujours consacré au développement et au progrès de Saint-Jérôme et de la belle région où le curé Labelle déploya son zèle apostolique.Ce journal s’est ainsi acquis une importance qui grandit de jour en jour en même temps que s’accroit le nombre de ses lecteurs.Par sa littérature choisie, les nouvelles qu’il contient chaque semaine, il est un des meilleurs journaux de la presse rurale.L’AVENIR DU NORD Abonnement : $2.00 par an.5c.le numéro "L’Avenir du Nord” peut être classé parmi les meilleurs médiums de publicité.Il entre chaque semaine dans des milliers de familles du comté de Terrebonne et des comtés voisins.Une annonce dans ce journal est un placement qui rapporte des bénéfices certains.Le fabricant de Ei.minghnm qui, il \ a cent ans, entassait dans des boîtes snns air hommes, femmes et enfants, les y faisait sum- quinze et seize heures par jour pour une pitance de quelques sous, croyait payer tut salaire juste,” et, le dimanche, prenait sa place au temple, honoré même de ses victimes, avec la paix du devoir bien rempli.N’a-t-on pas cru pendant vingt siècles qu’il était juste de faire travailler certains hommes toute leur vie sans aucun salaire ?et le servage, et, l’esclavage, ne furent-ils pas maintes fois montrés conformes à la raison, à la tradition, à l’Ecriture ?J’ai sous les yeux une thèse de George Fitzhugh, un upôtre du Sud pendant la guerre civile, qui déclare et qui prouve par points: “Les nègres sont esclaves parce que Dieu, la nnturo, le bien général, et le bien même des nègres, veulent qu'ils soient esclaves.” Encore de nos jours, tel salaire qui passe pour juste en Bulgarie ou au Mexique, scruit honni chez nous comme une atrocité morale.Une idée de justice qui varie à ce point selon les pays, les époques, la civilisation acquise, n’est évidemment pas une règle très sûre.Mais l’essence même en est brumeuse, et les efforts des moralistes pour la concrétiser n’ont qu’un succès très relatif.Le salaire juste, nous expliquent-ils, c’est celui qui assure à l’ouvrier et à sa famille une existence décente, convenable.Formule de tout repos, qui satisfait l’esprit jusqu’au moment qu’il se demande: “Qu’est-ce qui est décent, convenable” 7 Alors il s’u perçoit qu'il n’a pas avancé d’un pas.Car cette “convenance” embrasse l-elle les seules nécessités urgentes, celles qui maintiennent soudés l’âme et le c-orps, ou eomprent-ellc une cérame somme de bien-être et de super tlu î Ecartons comme trop répugnante la première hypothèse.“Non, dit d.Montpetit, exister n'est pas vivr tout n’est pas bien quand l’ouvrier a sué sa tâche et mangé son pain: il doit y avoir place pour le repos et le loisir, un repos physique et moral, un loisir occupé par l’art.” Mais la justice, une fois cette porte ouverte au bien-être ouvrier, ou et sur quoi la fermeru-t-elle î Ici commence l’inextricable.Y a-t-il une limite morale à ce bien-être auquel l’ouvrier peut prétendre ?Y a-t-il une.loi immuable qui fixe le degré de sa prospérité, de scs jouissances, et lui défende d’aspirer plus haut 7 L’auteur demande: “Où serait le mai si l’ouvrier recevait un peu plus que la stricte justice ?” Oui, où serait le mal ?àjais cet “un peu p us” est purement arbitraire, comme d’ailleurs cette “stricte justice.” Par quelle autorité M.Montpetit décrit-il cet “ mi peu plus”; fixe-t-il ce dosage ù la ration d’une catégorie d’hommes î On peut, poursuivant son enquête, demander: “Où serait le mal si l’ouvrier recevait beaucoup plus que ses besoins essentiels ! s’il pouvait, comme son employeur, se loger avec luxe, se vêtir avec élégance, savourer d'excellents repas, se passer de douces fantaisies ?” S’il y a à cela des obstacles, ils sont d’ordre purement humain et ne relèvent d’aucun décantent, de dépréciation, de réserve, et ^ lègue.Ce ne sont pas des ordres d'en par surcroît un salaire à des idées que depuis cent ans ils cherchent à inculquer au monde contre lu résistance de toutes les forces conservatrices ?Le “juste salaire”: il y a beau teinp3 qu’ils le prêchent, qu’ils le réelument; la première union ouvrière a etc fondée pour le conquérir.Ce n’est pas pour eux une trouvaille de gens bénévoles, une faveur accordée d’en haut et qui exige leur gratitude: c’est l’abc du bon sens et de l’ordre, un droit self-évident qu’ils jugent futile de discuter.La journée de huit heures: il leur a fallu des années de clameur constante, de combat obstiné, d’injonctions et d’amendes subies, de grèves parfois sanglantes, pour gugner ce “juste loisir”, que nos généreux moralistes mettent enfin dans léur programme.L’assurance sociale, la part aux bénéfices, l’admission du travail dans les conseils de l’industrie: autant d’axiomes socialistes simplement rognés par le bout.A cette lumière, le plan de nos économistes ne reflète guère que la sagesse d’autrui, n’est qu’une reconnaissance tardive de faits accomplis ou inévitables.On ne voit pas qu’à 1 heure où elle s’élaboraient, ils nient aidé aucune de ces réformes, et l’on pourrait prouver qu'ils les ont combattues.On ne voit pas qu’ils prônent d'avance la journée de six heures, que veut maintenant l’ouvrier, (pie les progrès de la machine, la surproduction, le chômage, indiquent comme une étape prochaine.Us n’ont jamais, en somme, avancé qu’à regret, sous des poussées externes.Faut-il, de cette avance, leur accorder tout le crédit î D’ailleurs, l’angle moral sous lequel ils voient tout, bien loin d’éclair lir ces questions, les embrouille, les rend insolubles.Quand un socialiste me dit que la devise de son système, c’est “le maximum de bien-être pour le plus grand nombre, atteint par la coopération étroite de tous,” ceci au moins est clair, dresse une théorie définie et dont la mise en acte n’offre plus qu'un problème pratique.Mais eu posant comme but économique “l’établissement de la justice sociale,” on n’a prononcé qu’un mot vague, sans portée précise, sans application ferme, et sous lequel tous les systèmes peuvent se réfugier.La justice sociale suppose la notion absolue de devoirs et de droits qui ne le sont pas, qui varient aux flexions l’ouvrier peut conquérir sans mettre en péril l’industrie, que l’industrie peut supporter sans se détruire clic-même.Oc n’est pas en fonction de droits et de devoirs qu'on peut normalement l’établir: c’est par rapport à l’ordre, au bien public, au progrès social, à la richesse acquise, uux possibilités pratiques.Il ne su mesure [ms à un niveau quelconque fixé au bien-être ouvrier : il devrait, sous un ègtie individualiste, se proportionner aux profits.Les profits, pour une part majeure, sont l’oeuvre du travail: il n’est pas juste, mais avant tout il n’est pas sage, il est indigne d’une société bien ordonnée, incompatible avec la paix des classes et la stabilité des institutions, qu’ils aillent grossir en bloc la fortune d'un seul homme ott celle d’actionnaires absents ou étrangers.Et iei se conçoit le rôle nécessaire de l’Etat.Ce partage délicat, il est par trop naïf d’en laisser toute la tâche aux seuls intéressés, dont les points de vue et les intérêts sont aux pôles contraires.Cela devient nécessairement lit lutte pour la pâtée entre chats ennemis.Selon que l’un ou l’autre en aura le pouvoir, le trust prendra tout, comme aux Etats-Unis, ou l’ouvrier prendra tout, comme en Russie.Je suis sûr que certains esprits vont d’une foule de contingences dont il est impossib'e de tracer la limite îéellc.Qu’est-ce que le “profit juste 7“ On croit savoir (pie le profit, c’est ce qui reste à i'industrie, ses dépenses acquittées.Mais voici comment cette notion se rétrécit à l’analyse.D’après l’enseignement de J’eeole d’affaires de Harvard suivi par les meilleurs comptables, le profit n’est pas un banal surplus c’est ce résidu ultime, ce bouquet surfin, épuré, qui res- I te en la caisse du patron par dessus ll’intéiêt des capitaux fournis, par dessus toutes ses charges fixes, toutes jses dépenses d’affaires, tous ses frais de bureau, de vente et de publicité, .tous les salaires de sa main-d’oeuvre, le loyer normal des locaux, même s’il les possède, les fonds d Ymortissc- t rôti ver n ces lignes un ton “démagogique”.Et pourtant iis se trompent beaucoup s’ils y voient „„tr„ chose qu’un essai calme et.froid de raisonnement.J’ai voulu settlement prouver qu'en donnant ht monde pour base à l’économie politique, on lui infuse sans doute un souffle généreux, mais qu’on la laisse sans mii-de pratique, qu’on n’élimine aucune question, qu’on ne résout imcun problème.Et j’ai montré incidemment que la morale, dégagée d’idées préconçues et poussée à ses conséquences, pourrait jouer de vilains tours à mainte cause que l’auteur semble avoir à coeur de défendre.D’ailleurs, pour être modéré, ou n’est pas forcément aveugle.Notre état social a des vices très graves qu’il est futile d’ignorer, que le démagogue et le philosophe constatent chacun ù sa manière.Ce n’est pas moi qui parle de “convoitises effrénées,” de “disproportion excessive entre les récompenses du capital et du travail,” qui condamne la “concentrâtion entre quelques mains de toute lu puissance économique” et le “despotisme” qui en résulte, qui ose proclamer la “nécessité absolue de reconstruire le système économique tout entier:” — c’est notre saint père Rie XI dans sa toute récente encyclique.Louis DANTIN AVIS PUBLIC SOUS LA LOI DE FAILLITE AVIS AUX CREANCIERS DE LA PREMIERE ASSEMBLEE A LA SUITE D’UNE CESSION.Dans l’affaire de l’actif de ALEXANDRE PELLERIN Entrepreneur, St-Jérôme, Co.Terrebonne, Cédant autorisé.Canada, Province de Québec, No.1S6.AVIS est par les présentes donné que le sus-nommé a, le lôième jour de novembre courant 1931, fait une cession autorisée de tous ses biens pour io bénéfice de ses créanciers et que M.Jules Allard, séquestre officiel, m’a nommé gardien des biens du débiteur jusqu’à la première assemblée des créanciers.AVIS est aussi donné que In première assemblée des créanciers de l’actif sus-dit sera tenue nu Palais de Justice à Montréal, Chambre 31, le 20ième jour de novembre 1931 ù 10 heures de l’avant-midi.Pour vous donner droit de voter à la dite assemblée il faut que la preuve de votre créance soit produite entre mes mains avant l’assemblée.Les procurations qui doivent servir à la dite assemblée doivent être disposées entre mes mains avant la dite assemblée.Soyez aussi notifié qu’à la dite assemblée les créanciers éliront le syndic permanent.Et que si vous avez une réclamation quelconque vous donnant droit de figurer à titre de créancier la preuve de réclamation doit, être produite entre mes mains ou entre les mains du syndic qui sera nommé.Autrement le produit de l’actif du débiteur sera distribué entre les a.vnnts-droit sans égard à votre réclamation.Saint-Jérôme, Co.Terrebonne, ti.novembre 1931.EUGENE I,EVEILLE, Gardien ' ¦¦ - ~" personnel haut qui maintiennent l’ouvrier dans “proportionné à ses services” et na- su gêne médiocre: ce sont des faits é- turellement généreux.Tant que le eonomiques brutaux.Mais il peut, rendement de l’entreprise n’a pas quant à lui, par des moyens légaux, [couvert eés exigences, il n’y a pas eu vouloir tirer de l’industrie tout ce de profit.la- surplus de tous ces [qu’elle se laissera p.entire, travailler Isurplus, telle est cette fleur quasi-ma- à réduire la part du patron pour gique.Mais alors le profit, au |Hiin| grossir a sienne propre, jusqu’à un j de vue moral, n’est-il pas une sorte ’point qui reste indéfini.Kl même si d’usure ?N’est-ee pas un pur pré- Ces deux parts finissaient par altein- sent qu 'aucun effort n’a mérité ?Et [dre une presque équivalence, cela si l'on réfléchit que sa source réelle ^impliquerait peut-être u.i dépliicc- fut b- labeur d’autres humains, ne ment social, mais cela Ini-sernit m- pourrait-cn le définir avec la belle pactes les lois sereines de la justice.candeur d’un ministre anglican dans Ce serait, en pratique, l’abolition si un ouvrage récemment paru: “la multanée de la pauvreté et de la ri- part d’une entreprise conjointe noca- chcsse.Comme résultat possible, tout parée p:.r l’une des parties”?Ne le monde aurait amplement de quoi serait-il, dès lors, qu’une de ce- sc- nourrir, s’habiller, se distraire, é- “ehosc.s à faire frémir” que voyait lever sa famille, se reposer dans sa Bossuet à l’origine de.i grandes for-j vieillesse, et rien ou presque t ien de tunes ?En ce cas, la participation plus.Et bien malin le moraliste qu' • .¦ .1 ' aux profits devrait, en bonne étlii- prouverait qu'une telle condition — Le petit verre combiné avec la lecture du journal contient toutes les révolutions de l’Avenir.Emile Faguot — Les injures sont ceux qui ont tort.raisons de TROP GRASSE A 22 ANS Se Débarrassa de 19 Ibs —et du Mai de Dos "J’ai 22 ans et je pesais 163 livres.Je ressentais des douleurs dans le dos et à la tête.Rien ne m'occupait.Lorsque mon amie me dit d'essayer les Sels Kmschen, je refusai tout d’abord — j’étais dégoûtée de prendre toutes sortes de remèdes.Mais depuis que J'ai essayé les Sels Kruschen, il y a six mois.J'ai perdu 19 livres et me sens une toute autre femme.Je suis très reconnaissante A Mme -qui me recommanda les Sels Kruschen”.— Mme P.Ce qui fit engraisser cette femme fut aussi la cause de son mal de dos et de ses maux de tête.Tout l'ennui provenait de la défectuosité des organes Internes qui n'expulsaient plus régulièrement le l'organisme les matières de rebut.Les six sels que contient Kruschen aident les organes internes à fonctionner convenablement — et complètement — à rejeter quotidiennement les déchets et les poisons qui encombrent le système.Ensuite, peu à peu.cette vilaine graisse disparait — lentement mais sûrement.Le mal de dos et les maux de tête se dissipent.Vous vous sentez débordant de santé, de jeunesse et d’énergie merveilleuses comme vous ne l'aurez jamais été.Donné gratis avec le THE ou CAFE MIKADO Chaque paquet de 1 Ih.contient un des articles suivants en semi porcelaine: 1 1 tasse et sneaoocoupe, I assiette A aoope, 1 assiette A déjeûner, 8 ponce».Meilleur que tout autre thé ou café du même prix.GLOBE TEA „ MONTREAL *1 uc, s appeler leur (list: ihiition ; ce a 'est p s limiter te profit qui serait juste, mène mais l'abolir ! Et voilà ou la oh raie M:, a is mente en s tp- poant que le profit se l.gitime grâ-|«.à quelque casuistique,, quelle sagesse nous (lira à quel point il .esse d’être “juste” ?Qu’est-ce que le “salaire juste” ?Une abstraction tout aussi vague, qui contreviendrait au droit naturel ou divin.Ce peut n'être qu’une utopie, mais ccttc utopie n’est pas immorale.Elle paraît, au contraire, très belle, bien supérieure à notre chaos de millionnaires et de miséreux, et conforme à l’esprit chrétien, qui nous enseigne la modération des désirs et le mépris des biens terrestres.Ainsi cette question dit salaire ne définit rien, qui invite toutes les n’est dirigée qne de très haut par les équivoques, que tiiaillent eu sen con- constellations morales, se débat, on (mires la conscience du patron et son fond, hors do leur domaine.C’est celle de l’ouvrier.En pratique, c’est une question économique, soumise, celui que le patron, dans sa toute-puissnnee, impose comme suffisait!- comme telle, au jeu de la compétition, des appétits en lutte, et où la morale trient juste, ou que le travailleur, par n'intervient que pour courber de sa lutte obstinée, arrive à faire re- monstrueux égoïsmes.Le salaire jus- The TRUTH ABOUT BRAN M ith so many opinion* about bran, it is well to know the facts.Here are the results of laboratory tests with bran: Bran is a good source of Vitamin B.This vitamin helps tone up the intestines and keep them regular.Bran also supplies “bulk” which further aids intestinal action.The “hulk” in brun is much like the hulk you eat in lettuce or other leafy vegetables.This “bulk” absorbs moisture—like a soft sponge and gently cleanses the intestines of wastes.Bran also brings the body needed iron for the blood.A pleasant, safe bran cereal is Kellogg's Ai.I.-BkaN.Millions of people, have used it with satisfactory results over a period of ten years.I wo tr-blespoonfuls daily of this delicious ready-to-eal cereal are usually stiflicirnt to prevent and relieve both temporary utiil recurring constiputiun.If you sutler from intestinal trouble not relieved this way, ((insult your doctor.Kellogg’s Ai.I.-Bran lias a wonderful nut-sweet flavor.Enjoy with milk or cream, fir use in cooking.Sold by grocers.Made by Kellogg in London, Ontario.HELPS KEEP YOU FIT ALLBRAN -2k- 1/AVENIR DU NORD EST LD jHAQUE SEMAINE DANS DES MILLIERS DE FAMILLES.C EST donc un excellent medium D'ANNONCES.NUMERO 45.' m- ml w SEUL JOURNAL du DISTRICT de TERREBONNE.Existant depuis plus de 34 ans LUMFRIMBHUB DB L’AVENIR DU NORD PEUT EXECUTER TOUTES SORTES DE TRAVAUX D’IMPRESSIONS.PRIX RAISONNABLES.SERVICE RAPIDE.VENDREDI, 13 NOVEMBRE 1931 msmmmmse CHRONIQUE AUBE .Ah, mon pauvre coeur nomade, Ce bonheur que je cherche et qui toujours s'évade Est là peut-être 7____ Mais comme tant d'autres fois.Sois satisfait du lac, des jardins et des bois, Des toits d’ardoise bleue où courent des fumées, Des aurores d’argent que tu as tent aimées.sa torpeur se relèvent A l’aube le troupeau qui somnole dans la plaine secoue nonchalante.Les bêtes qui dormaient sous le ciel nocturne sur leurs jarrets engourdis, secouent la rosée dont la tiède nuit a imprégné leurs poils roux.Elles vont à pas lourds et sans grâce, têtes levées, humant lé vent du matin- Majestueuses et lentes, telles des vestales pour l’of- frande aux dieux, elles s’acheminent, leurs regards perdus aux confins de l’horizon, avec dans leurs yeux toujours si ternes une lueur d'extase en face de l’apotliéose matutinalc: l’aurore ! A la limite du champ borné pur la clôture de bouleaux enlacés, le t’oupeau s’immobilise, unanime, reconnaissant et silencieux.Ces bêtes portent en elles l’atavisme séculaire des hordes sauvages domestiquées depuis des siècles, mais toujours frémissantes en leurs flancs quand le jour naît derrière la nuage, profilant des arabesques fantastiques, féeries de notes claires qui s’harmonisent dans la limpidité de l'azur.Puis subissant l’implacable destin des créatures qu'un seul instant fugitif divinise dans l’infini, pour retomber fatalement dans les désirs que limitent leurs instincts naturels, les bêtes inclinent leurs têtes vers le sol et bestialement broutent l’herbe du champ.-'Pendant que le ciel illumine son premier sourire n la terre, les blondes étoiles s’endorment au fond de la vasque d’azur.Un peu de biumo se déchire au sommet de la colline, le firmament s’irise de tons nébuleux et opalins.L'air est une chanson.Tout vibre en frange sonore.Le vent rentre en voletant sur les toits de chaume.Lu plainte rauque des bêtes monte du fond de la vallée comme un projectile cinglant fi.ns une nappe de.silence.Les cris stridents des canards qui ¦dissent sur le Ilot sombre du lue semblent des éparpillements de verres qui sc eussent.Le cinglemeiit soyeux d’un coup de fouet module la ritournelle criarde de l'essieu qui subit le choc de l’ornière dans la montée pierreuse.Le troupeau apathique et las sent battre son coeur à celui de la terre, nonchalamment étendu dans une sieste alanguie avec le regard éteint de bêtes repues.11 faut avoir senti l’apaisement de la détente épandue dans l'atmosphère chaude, dans la pâmoison de la terre qui sent monter le flux irrésistible de l’aube comblant son aspiration effrénée, pour subir l’arrêt momentanné de son existence.glissement vertigineux dans le toucher affolant d’une manifestation de vie intense____ lioule intérieure- Pause dans l'illusion magique ! _____A cette minute, couler dans le silence, le posséder comme une chose plastique où l'on sculpte une image fluide, l'image venue du fond reculé de sa pensée intime____ Sentimentale duperie ! -Evocation parfois douloureuse d’une image furtive entrevue dans l'émerveillement, d'une aube blanche niiubec d lUiiotliy te.POUR LES ELEGANTES MANTEAUX NOUVEAUX Il nous faut songer- aux manteaux.CONDITIONS HYGIENIQUES DE LA CUISINE MODERNE Ce n’est pas une pensée qui nous ravit, car l’hiver proche nous sollicite.Heureusement, il y a le souci de la coquetterie qui console de bien des I maux.Nous accueillerons donc les 1 trimas avec bonne humeur parce nos nouveaux manteaux sont de belle nl- tilation naturelle, par courants d’air (portes et fenêtres) enfin la ventilation artificielle à l’aide de ventilateurs puissants, i'umivores, etc.— qui donnent d’excellents services.NETTOYAGE, AMENAGEMENT, ENTRETIEN C’est dans la cuisine que s’élaborent toutes les bonnes choses de Part culinaire, lesquelles iront ensuite prendre place sur nos tables.Le plancher d'une cuisine doit être Dans les vieilles maisons, et sur- facilement lavable; on peut le cons-tout liélas ! dans les nouvelles, la praire soit en mosaïque, eu ciment, en cuisine est souvent traitée en “pu- Lois (ce dernier moins recommandaient pauvre”.On la relègue dans ,Lie).A chaque instant le plancher h coin le moins claire, ses dimeu- | risque de se tacher par la graisse, le faut ferait parfois rougir les moindres j "'•« le construire de façon qu’il salles de bain de nos habitations mo- ! puisse être lavé à grande eau.MARYSE A Saint-Jérôme, 9 novembre 1931.POUR L’HEURE DU THE “Le thé ami des Muscs, nourrit l'inspiration, chasse les vapeurs du cerveau et garde serein le palais de notre âme.’1 Trouvc-t-on dans notre langue mol plus simple et pourtant mieux sonnant ?Le thé.Mot qui évoque, depuis des siècles, les réunions joyeuses et les bonnes causeries au coin du ten.Mot qui tinte gaiement, comme la porcelaine et l'argent, accessoires du thé.C’est de lu vieille Chine que nous vient le nom: “Telia”.Nous en vous fait thé qui es! plus dans 1 esprit.de notre langue.Orientale aus-i < st la coutume du thé de l’après-midi: dans l’ancien Japon, une invitation à prendre le thé était une in'h ' t ion à honorer les dieux.Le salon du thé, ou maison de thé, s'appelait Soukiya, c'est-à-dire “Refuge de la h antaisic ’ '.Lu thé , VENDREDI, VI NOVEMBRE 1031.LES NOCES D’ARGENT DU PERE BEAUCHAMP Le 29 juin «menait le 25e anniversaire île l’ordination sacerdotale de notre Révérend Père Supérieur, le Père tllric Beanclmitip.Evidemment, l:i terre africaine ne pouvait à cette occasion produire les fruits de distinction ipie les pasteurs du Canada recueillent en pareils jours.Toutefois, à l'occasion-de son jubilé, notre bicn-nitué Père a pu goûter au coeur de ses enfants, as composé moi;'- «le quatre-vingt-deux quatuor* et «*eti! quatre-vingts symphonies; les pr«*mii-r.s qnu-tuor.s *on; «les pci-miei* e-sais hahih ment écrits mais inférieurs aux numéros 80 ou 82, par exemple, lesquels repivsi-ntent la [uireté «Irns l’art «l’écrire la musique.F.u «-implante au de travail, Joseph Haydn composa cinq cent vingt-sept oeuvres iustrunii males et, chose étrange, «laits toute* «¦«¦s oeuvres, les répétitions sont fort rares.L’air de l’agriculteur de “l’Oratorio d««* quatre -aison” « *t tiré «le l’amiante d’une d«- ses symphonies, c’est un ctis des [iltts curieux «le répétition.Joseph llaydn n’entreprenait le travail d’une symphonie qu’alors qu’il *e sentait bien disposé; alors il se tendait d’abord chez son coiffeur i-t s’habillait avi «• nu gnifieem «-, pmis il glissait à l’un de scs doigts un anneau orné d’un superbe diamant, don «le Frédéric II; sans ce bijou, le compost!imr n’avait aai-une i«I«”•«•.Sur un papier fin, il eommeiuy.it à tracer “eu pii««ls de mouches” le thème principal, puis il écrivait eu marge tons l*-s tons par lesquels il voulait passer.Ensuite, comme un simple feuilletoniste, il échafaudait un roman capable de lui fournir tous les sentiments et les coloris ! Un voyage servait, à la rigueur, de prétexte merveilleux, l’agitation «1e la mer, les cris «h-s matelots, le retour un [«ort, après la tempête inspiraient au maître des accents variés et émouvants.Ses principes «lt* composition étaient rarement définis; quand un ami l’interrogeait sur sa manière de travailler, il répondait immanquablement: “Eli musique, il y a ce qui fait bien, oc qui fait mieux, ce OU7 ri >s îvihni ; :> 's ; -‘-l i i (•« * t ri ci te est rapide et complet, sans compter ' i • i r i'.onge la durée de-* tissus.1 ' I «il ¦' s pour grandes et petites familles ü votre c r»i .Ve nez l - voir.«tri -, rmcii*i ¦ lyâ 'ieatE Power Company • « everi- « '^r.r*-« f~ I * ‘ * - *- -» rnMnn h oiseaux y - d n atli-h'l ut qui* «¦* il ma l v «'«*r- «Iro l’amitié.Proverbe tur.se lu L bête, u ’«ut oui: : i-tli ni tnc • sont |«.n’ont b'«*ins.-I TM-1 «•* ih'putés, J.II.Rosny .'OH i 11 les a \ oint service ]>our tous lus I ravaux ii jv* « i , - dont vous pouvez avoir besoin.Noire « \j)«' «n né* < ! la eoiujlelcneo fie noire personnel nous pcimctlenl de tous assurer la plus entière satisfaction.IMPRIMERIE de L’AVENIR DU NORD MS PROPOS FINANCIERS LE MEILLEUR PLACEMENT Nous avons, dans nos sut.rie-, précédents, rappelé les qualités dis bon jilm'iMiienl mobilier et marqué la dif-lérenec essentielle entre l'obligation, liue de créancier, et l'action, titre dùssoei.Nous avons ensuite roasts.é i|>n' bi conception actuelle du placement ne correspond plus Luut-sV iait à ce.le qu’on s’en faisait il y (.iiin/e ou vingt ans, et avons, enfin, souligné l’importanee fondamentale du placement pour lions, Cnnadiens français.A la lumière do ces données préliminaires, :iee et < xere.ent j |t de th.a.-v lc*-Sont-et» les porteurs d’odes pouvoirs publies, ou de elles «rendes entreprises / détenteur e contcnîc.i! moins iutére , a n i le.rs placements, Man- se ; de jouer un rôle actif dan loppeineut de notre provin vancenn nt .économique de notre pa\ .Ceux qui occupent les premières pi.-ce-, ceux qui dirigent, gouvernent, exercent une action prépondérante, ceux que nos chefs politiques même consultent, ce sont les chef- dYnt:.-pri.-es, t ’(• t-à-dire des porteurs d V êlions ordinaires, qui, ayant assumé le risque de lancer les entreprises, se sont réservé la faculté de les administrer, donc dV.i retirer tout le bé i-éiice ]tossih!e.Regardons encor» parmi nos compatriot t s.Quels sonl .Mercredi, le 'JS octobre, eut lieu ns lV_rli-o do Saint-,h'nn-8iir-Lnik- dc niuisuiis î reprises m- «VU meme |,|u.nielle pestes de 1:1'” choisies, lecès des des U.':i «ramier de.- -erviees publics -r-'uiior p an où i > sont à r er raie action proütahle pour eux-nn- .ies, .-au «’ si *, mais russi pmir notre cailoetivité e.thni-fjue Sont-ce.encore d< > obligataires ni d»** actionnaires privilégiés ! Xoa, piisipu* seuls les détenteurs deletions ordinaires ont accè- à Cadmi-nist r.tion.Il faut dom* le reconnaître.Faction bien ehoLie constitm* mi placement aussi sur que bien dès o hliirations et, au .-urplus, elle assure à sou détenteur des avantages que le.» autres catégories de* titre.s nioluliejs ne sauraient lui procurer.Pour nous.Canadiens français, qui avons besoin de raffermir notre intluenee cl «le I/o Deniers, Lucie Chénier, A.Label-lie, Rhéa Al iron, Paul Forgot, AI jN'antel de Saint-(îérard, ilmile Dover, j Henri Cloutie ', Achille et (Iérard • se.Aurore Lajeun'i*.»vse, Rose .Thérès** For«et de Saint-Gé-Arllnt: Lajouni'sse, .leamnj Formel el beaucoup d’autres.La je .Clouta rn rd, «i ’A rc core un -autre sujet à traiter, celui que nous appelons “l’élément humain”.C’est-à-dire - — la négligence — qui peut être habituelle ou accidentelle.'‘Les accidents arriveront pour tine eause ou une antre hors de votre contrôle.Durant b-s quelques dernières années nous avons essayé de vous î préparer à traiter avec les accidents.“Les clasMv; de “Premier Soins” rhibiiinb sisi lîinf’i t.avocat | psirsiît se «no l'oi t.' our l’estomac, peu coûteuse à utiliser, et est la préparation de la Magnésie la plus efficace [pour soulager l’estomac.Elle est employée pur de milliers de gens qui ont le plaisir de pouvoir manger sans avoir à craindre d’indigestion.SAINT-SAUVEUR —¦ Dimanche dernier, à 3 lires, p.m., avait lieu à Saint-Sauveur lu bénédiction solennelle du nouveau cinte-tière de cette paroisse.M.le curé de la paroisse, qui a pris une part très active à la fondation de ce nouveau cimetière, avait invité son Ex.Mgt Alphonse Deschamps, auxiliaire de Montréal, pour faire cette bénédiction qui est une de celles réservées eux évêques, mais pour une raison que nous supposons incontrôlable Sa Grandeur n’a pu venir.C’est M.ie curé de la paroisse, autorisé par qui de droit, qui a fuit cette bénédiction.A l’heure convenue, les paroissiens, sur l’invitation du curé faite nu prône de la messe paroissiale, remplissaient l'église.Vu la température un peu froide eu ce temps de novembre, M.le curé décida que le sermon de circonstance serait donné dans l’église.Cette décision de notre curé lut fort approuvée.M.le cure Emile Dubois, de Saint-Janvier, dans un petit discours de vingt minu’es débité avec chaleur et distinction, nous montra (pie lu mort est un sommeil, qu’elle est une tristesse, mais qu’elle est aussi une espérance.' Après ce sermon qui fut fort goûté, la procession, croix en tête, se mit en mareho pour sc rendre au cimetière.Durant le parcours, un gros et bon prêtre, à la voix forte, récita le chapelet.C’était M.le curé de Saut-Augustin, Eudore Oharbonneau, ancien élève et ami de notre curé.L’abbé Avila Etliier, ancien vicaire de St-Jérôme, s’étant rendu à Saint-Sauveur pour aider M.le curé, contrô-lt.it la marche de la procession.Après la bénédiction du cimetière, faite selon toutes les rèf1 de 1» liturgie, on revint à l’église dans le même ordre pour assister à la bénédiction du T.S.S.qui devait clore ectte cérémonie de l’après-midi, laquelle, en vérité, fut très bien réussie et très belle.Un Spectateur .miin*nwwWWM,,,,,**l‘*****,****,>***************,*m PHARMACIE OSCAR LANDRY ¦B W.PRUD’HOMME, Pharmacien, Gérant \ Tél.461 & 490 :: 341, St-Georges am Voisin du Marché ¦B BROMO SELTZER, 10, 25, 50, 95 cts et $1.75 mm PILULES CHASE pour le foie, 25c ; pour les nerfs, 45c.\ ONGUENT CHASE, 45 c.> LE MEILLEUR :¦ ANTIGEL Eau distillée .50% % Gallon, $2.00; 3 gallons, $5.50; 5 gallons, $9.00 \ Glycérine Pure ¦J Un gallon, $3.25 3 gallons, $9.5 gallons, $14.¦B Après le 1er novembre : Dimanche et” J ou rs de % fête — Service de 9 h.a.m.à 1 h.p.m.% 7 h.p.m.à 9 h.p.m.b o_« ¦ Ji w j rirrr- v_M DUBONNET VIN TONIQUE 'l AU QUINQUINA ! Pour aiguiser l'appétit et ^ ' faciliter ta _ itigestion r\ ."."i».Uc vieux vins ae liqueur dans lesquels orit «naeéré des écorces de quinquina sélectionnées* DUBONNET À TOUS LES MAGASINS DE LA COMMISSION 10 'îô 40 ONCES ONCES ONCES 1IO *X5S *3.65 Lessive en Flocons nettoie la chambre de bain en la moitié moins de temps ClLLETT ?La lessive ne doit jamais être dissoute dans l’eau chaude.U, • Seine force pour tvlea fi Heine fort, nom bol de cabinet lEn tofjtlon pour ncttov.gr sfnfr.l La Lessive Cillett "ehasse la saleté99 !NE cuillerée à soupe de Lessive Gillette dissoute dans un gallon d’eau froide, donne une solution sûre et efficace pour le nettoyage rapide de la chambre de bain.Employez-la pour laver murs, plancher, évier et bain .et n oubliez pas, quand vous vous servez ainsi de la Lessive Gillett, •que vous désinfectez en même temps que vous nettoyez.Une [ois par semaine, versez de la Lessive vjillett pleine force dans le bol de cabinet, et celui-ci sera toujours propre et libre de toute obstruction.• • • La Lessive Gillett peu» servir à des douzaines d usages À Is maison.Demandez la nouvelle brochurette GRATUITE de la Lessive Gillett, qui en décrit les multiples applications pour fins de nettoyage.a VENDREDI, 13 NOVEMBRE 1931.ïïfwni # zt ^!J77c>- TREIZE ANS APRES Qui, on ec jour
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