L'Avenir du Nord, 16 novembre 1934, vendredi 16 novembre 1934
CHENIER I If 1897-1934 SÇUL JOURNAL du DISTRICHde TERREBONNE EXISTANT DEPUIS PLUS DE TRENTE-SEPT ANS.1897-1934 “LE MOT DE L’AVENIR EST DANS IA PEUPLE MEME; NOUS VERRONS PROSPERER LES LU .S DU SAINT-LAURENT” (Benjamin Suite) ABONNEMENT: $J.OO pur année.Publié par la Cie de Publication do St-Jcrôme Ltée.Directeur poütique: Honorable JULES-ED.PREVOST HENRI GAREAU, President SAINT-JEROME, P.Qué.Secrétaire de la Rédaction: ANDRE MAGNANT TRENTE-HUITIEME ANNEE; NUMERO /» JOURNAL HEBDOMADAIRE — CINQ SOUS LE NUMERO.T.A BELLE VENDREDI, 16 NOV.1934 Une guerre qui doit cesser MGR GEORGES PAYETTE I,a guerre militaire île 1914-191$, a été suivie de la guerre îles tarifs qui a ajouté au désarroi de toutes les nations et a été-, sinon la cause du moins l’une des raisons du malaise économique où le monde se débat.Presque tous les gouvernements ont cru trouver le salut dans un la rit de haute protection douanière.C’était une grande erreur.Ce faux nationalisme a eu pour résultat le manque d'équilibre commercial qui est à la base île la dépression des affaires., Bien peu d’esprits ont gardé leur sang-froid et la claire vision des réalités dans cet égarement presque universel.Mal vus et mal jugés furent ceux qui tentèrent de réagir et conseillèrent une politique plus large et plus clairvoyante.Après quinze ans d’une expérience désastreuse on commence à se rendre compte des maux engendres par cette guerre de tarifs.La société des nations avait prévu la nocivité dé cette politique.Le Canada fut un des rares pays qui pensèrent comme elle.Le gouvernement King orienta notre pays vers une saine politique de protection modérée.De 1921 a I93°> Canada suivit, sur ce point, une ligne de conduite conforme à cette sage doctrine économique, devançant même l’opinion et les recommandations de la Société des Nations.Le gouvernement King agit ainsi pour le plus grand bien du Canada, mais au grand scandale du parti conservateur.Nous nous rappelons les violentes protestations que souleva à la Chambre des députés l'attitude du gouvernement libéral.Quand, par exemple, l'honorable Ernest Lapointe rappela, en 1929, dans un discours prononcé aux communes, les recommandations de la Société des Nations conseillant l’abaissement des tarifs pour assurer la paix du monde et la prospérité économique; quand il prouva que le Canada, sous le gouvernement King, avait adopté et pratiqué une politique conforme aux désirs exprimés par la Société •des Nations, il souleva une tempête chez les conservateurs.MM.Bennett, alors chef de l’opposition, •et ses lieutenants, MM.Cahan, Manion, Geary et autres, criblèrent l’ancien ministre de la justice et son chef M.Mackenzie King de leurs sarcasmes et de leurs critiques.Pour eux, la haute protection é-laït la meilleure politique qui devait dominer clans tous les pays du monde et, surtout, la seule qui convenait au Canada.Arrivés au pouvoir, les conservateurs ont appliqué leur panacée •et l’on sait avec quel piètre résultat: le Canada a connu, depuis quatre ans, les pires années de son histoire économique.De même qu’en 1911 le parti •conservateur avait fait échouer le traité de réciprocité entre le Canada cl les Etats-Unis, pour l’échange «les produits de l’agriculture, de même, en 1930 et depuis, s’inspirant toujours de sa politique de protection outraneicrc, ce parti a élevé les barrières douanières (pii ont entravé notre commerce avec l’extérieur.Pendant que le gouvernement Bennett s’obstinait ainsi à suivre avec entêtement un nationalisme malsain, ailleurs ou commençait à reconnaître les effets malfaisants «l’une protection exagérée.Signalons aujourd’hui la conversion des Etats-Unis, ce grand pays ]roteclcur si souvent cité comme un exemple à suivre, par les conservateurs.Il y a quelques jours, M.Cordell Hull, secrétaire d’Etat aux Etats-Unis, a fait un aveu très significatif.Empêché par la maladie de se rendre devant l’Association de Commerce étranger, a New-\ ork.il a chargé M.Francis Sayre, assistant-secrétaire d’Etat, d’y lire le •discours qu’il devait prononcer.Le secrétaire d’Etat déclare, dans ce discours, que les Etats-Unis ont été les premiers à donner le mauvais •exemple des hautes barrières tarifaires mais qu’ils se repentent maintenant.“Le nationalisme extrémiste, si l’on y persiste, finira par ruiner complètement toute notre civili sation occidentale”, a-t-il dit.“En entrant dans une ère d’accords commerciaux, nous sommes prêts à avouer que nous avons eu tort de fermer le pays au commerce étranger et que nous nous repentons.“Mais de même que nous avons donné le mauvais exemple des hautes barrières tarifaires, qui a induit les autres pays à faire comme nous, de même maintenant nous voulons donner au monde l’exemple du repentir et prendre l’initiative de négocier des ententes commerciales."Nous voulons briser toutes les entraves artificielles et exagérées qui ont été mises sur la route du commerce international, non seulement dans notre intérêt mais encore dans l’intérêt général de tous les pays du monde.En effet ce n’est qu’en ramenant la prospérité dans le monde entier que la situation économique pourra s’améliorer dans tous les pays individuellement, puisque les nations sont maintenant toutes solidaires et tributaires les unes des autres”.M.Hull a décrit le commerce international comme l’élément le plu-important dans le maintien de la paix et des bonnes relations entre les pays.Le secrétaire d’Etat des Etats-Unis, pays de la haute protection, jusqu’ici, parie aujourd'hui comme la Société des Nations en 1927 et donne raison à la politique libérale canadienne en matière de tarif douanier.Si M.Bennett et son parti persistent dans leur antique politique à courte vue, c’est que véritablement, comme les Bourbons, ils n’ont rien oublié ni rien appris.JEP Les déficiences du gouvernement Bennett UNE CONFERENCE DE LT IO NORA B LE FERNAND R INFRET Le club de Réforme, de Montréal, a inauguré ses causeries hebdomadaires du samedi, pour 19341935, cn invitant l’honorable Fernand Rinfret qui a parlé de politique fédérale, samedi dernier, devant un brillant et nombreux auditoire.L'ancien secrétaire d’Etat a fustigé le gouvernement Bennett avec vigueur.Nous résumons les principales parties de sa conférence.LE CHOMAGE “Essayons de voir un peu à quoi tient l’impopularité du gouvernement fédéral.Elle vient d’abord de ce que M.Bennett n’a pas su, comme il l’avait promis, remédier au chômage qui est le grand iléau social de ces années-ci.En 1930, M.Bennett disait* élisez moi et dans trois mois j’aurai trouvé la solution qui s’impose pour anéantir le chômage.Je ne lui reproche pas de n’avoir pas rempli sa promesse dans les trois mois qui sont la limite qu’il s’était lui-même fixé.II n'v a pas un politicien qui aurait pu réussir ce tour de force.Je lui reproche simplement de n'avoir pas été sincère ou d’avoir mal jugé d’un fait — ce qui est la pire des erreurs pour un homme de gouvernement —- en faisant une telle déclaration.En 1930, à la session spéciale des Chambres à Ottawa, il a fait voter par le parlement de grosses sommes pour l’organisation des travaux publics et du secours aux chômeurs.Dès 1933.son gouvernement commençait à retarder dans les paiements des subventions aux chômeurs et il croit aujourd’hui se libérer île ses obligations en donnant des sommes insignifiantes aux provinces avec lesquelles il ne veut même plus partager la distribution des secours.“Le chômage, tout le monde sauf M.Bennett et scs lieutenants en est convaincu, est une affaire fédérale.C’est à Ottawa à participer pour la plus grande part aux secours aux chômeurs.Pourquoi ?Parce qu'il n'est pas possible d’enrayer l’émigration qui sc fait constamment entre les provinces et qu'il n’est pas juste qu’une province soutienne des familles qui parce qu’elles n’étaient plus aidées dans leur province d’origine, se réfugient chez elle.Mont real a reçu beaucoup de ces mal-nettreux émigrés de la faim et je sympathise avec les autorités municipales dans la lourde tâche qui leur échoit do secourir les chômeurs.Ce n'est pas en posant un ultinialum aux provinces qu’Ottawa petit se IL bércr de ses obligations.C'est pourtant ce qu’on a fait à la dernière conférence intcrprovineiale, qui n’a eu aucun résultat et qui n'a été en définitive qu’une vaste tragi-comédie.En effet, les délégués des provinces qui s’taient rendus ,à Otta (Ecrit pour L’AVENIR DU NORD) La fête patronale du séminaire de Sainte-Thérèse, la Saint-Char-les-Borromée, qui tombe le 4 110- \ ombre, et que l’on est fidèle à célébrer, aux alentours de cette date, tous les ans, depuis les origines de la maison dès le temps du fondateur M.le curé Ducharme, a revêtu cette année, le 8 novembre, un caractère bien spécial.M.le supérieur Lecompte et ses confrères ont voulu en faire comme un hommage à trois des anciens du séminaire, élevés au cours de l'année aux honneurs de la prélatine: Mgr Conrad Chaumont, ancien supérieur, devenu en juin vicaire général de Montréal et chanoine titulaire de la cathédrale; Mgr Edmond Coursol.ancien directeur, qui a été nommé, en juin également, vicaire général de Saint-jfcan-de-Québec, puis prélat de la maison de Sa Sainteté; Mgr Georges Bavette, ancien professeur de rhétorique, curé de Lon-gueuil, qui a été décoré, lui aussi, au début d’octobre, de la prélatine romaine.On estime à bon droit, à Sainte-Thérèse comme dans toutes nos maisons d’enseignement, que les honneurs qui sont faits aux anciens rejaillissent pour une part sur V.llma Mater.On tient à se réjouir avec eux et à les en féliciter publiquement.ce qui est évidemment dans l’ordre des meilleures convenances et peut constituer aussi une leçon édifiante pour les élèves actuels.J’ai déjà entretenu mes lecteurs de l'Avenir du Nord, le 29 juin et le 20 juillet derniers, ici même, de la vie et de la carrière de Mgr Chaumont d’abord, puis de Mgr Coursol.On comprendra qu’il me soit agréable de leur parler aujourd’hui de celles de Mgr Payette.C’est d’ailleurs le plus ancien des trois au collège.Il est, en effet, du 42ème cours (1873-1881), tandis que Mgr Coursol est du qôème (1877-1885) cl que Mgr Chaumont est du jôème (1887-1895).• • • Mgr Payette (Joseph-Georges; est né à Montréal, le 12 avril i860, de l'une de nos plus anciennes familles de Ville-Marie.Son ancêtre wa avec l'intention de discuter avec le gouvernement les moyens de résoudre au mieux des intérêts des trois pouvoirs, fédéral, provincial et municipal, le problème du chômage, se sont butés à la mauvaise volonté du gouvernement Bennett qui était décidé, bien avant la conférence à réduire sa participation à la plus basse proportion possible, quels que soient les motifs qu’on lui présenterait pour le faire agir d’autre façon.L’avis récent que M.Gordon a donné au gouvernement de Québec, scion lequel Ottawa limite sa subvention à $600,000 par mois, quand à Montréal seulement on a bcsoni de 1,250,000 à $1,500,000, par mois pour satisfaire aux exigences les plus légitimes, est une infamie.” I.A HAUTE PROTECTION "Le parti conservateur a toujours été l'apôtre du protertionnisnie le plus exagéré.En 1930, M.Bennett réunissait la session spéciale d’abord pour modifier la politique tarifaire du Canada.On éleva les tarifs sur la presque totalité des importations chez nous.Devant l’effet désastreux de cette première mesure, M.Bennett consentit à modi lier ses premiers décrets.Au moment des accords d’Ottawa il modifia les tarifs douaniers à l'avantage des différentes parties de l’Empire.11 lit dit protectionnisme impérialiste.Au fond, M.Bennett ne favorisait guère l'empire mais il défavorisait ses concurrents sur notre marché en leur imposant une hausse nouvelle de 10% sur leurs importations au Canada”.“Quant au traité avec la France qu’il vient de conclure c’est la preuve, qu'il donne d’ailleurs lui-même, du remords qu'il a de sa politique passée.Mais n’exagérons rien, personne ne gagnera grand chose à cet échange de quelques bouteilles de l ins pour quelques minots de blé.Comme nous sommes loin de la doctrine libérale en matière de tarifs.Nous croyons, nous les libéraux, à la réciprocité la plus large avec nos voisins les Américains.Nous croyons qu'un commerçant doit d'abord vendre aux gens de son quartier, avant, de s’attacher à étendre son commerce à plusieurs milles de son centre d’opérations.Nous devons faire une politique d'expansion commcrciaie 11 non ni à la huitième génération, Pierre Payette, était capitaine de milice au temps même de Maisonneuve.8on père, Alexis-Félix Payette, qui avait épousé Suzanne V incent, était employé au Grand-Tronc comme conducteur de convois des voyageurs.Scs*premières classes faites dans les écoles de la ville, le jeune Joseph-Georges vint, à 13 ans, à l’automne de 1873, commencer scs classiques à Sainte T hérèse.11 se distingua par ses talents et ses succès, tout autant que par sa bonne conduite et ses belles qualités naturelles, et se tint constamment aux premiers rangs ue sa classe.Et c'était une belle classe.Je nomme, de mémoire, parmi ses confrères, Mgr Silvio Curbed, l’honorable 1 lec-Champagne, Mgr Edmond Meunier, l'avocat Ferdinand Cliarbon-neau, le Père Jésuite Télesphore Lord, le curé Adélard Castonguay, l’aumônier Atnédéc Godin, .En septembre 1881, Payette, t, orbed, Godin et Castonguay prenaient la soutane à Sainte-Thérèse.Ils y firent, je crois, en bonne partie, leur déricature, selon ;a coutume d’alors.M.Payette fut ordonné prêtre, par Mgr Fabre, à Sainl- I lenri de Montréal, le 28 février 18S5.D’abord vicaire à Chambly, sous le regretté Mgr Lesage, il revint à Sainte-T hérèse à l’automne de 1886 et y professa la rhétorique jusqu'en 1889.Il fut alors nommé vicaire à Saint-Lin, dont le curé, M.Jean-Baptiste Proulx, venait d’être nommé vice-recteur de l’Université à Montréal.M.Payette, tout en remplissant ses fonctions de vicaire, devint aussi le secrétaire de M.Proulx à l’Université, puis l’assistant-vice-recteur.En 1896, il était chargé d’établir la nouvelle paroisse de Saint-Eusèbe à Montréal.II en fut le.premier curé de 1897 à 190t.En cette dernière année, Mgr Bruchési l’appela à l’importante cure de Saint-Antoine de Lon-gueuil, qu’il dirige depuis trente-trois ans.Nous étions élèves en philosophie, mes confrères et moi, quand M.Payette vint y professer la rhétorique en 1886, et nous eûmes l’avantage de l’avoir comme directeur de la Société de discussion Ducharme et comme répétiteur pour la préparation de nos séances dramatiques.C’était peu après les “années du feu” (1881-1883) et nous n’avions pour nos débats et nos séances que des moyens de fortune.M.Bavette s’ingénia à nous stimuler.Sur nos tables de la salle de récréation, assemblées tant bien que mal, avec les "brillants” costumes qu’il louait chez Ponton à Montréal, nous figurâmes, sur la scène improvisée, près de nous, juris dans les autres pays”.L’E N Q UE TE STE VE NS Puis M.Rinfret, pressé par le temps, dit quelques mots de l’enquête Stevens et de scs conséquences.Ce n’est pas une enquête gouvernementale mais parlementaire.Des libéraux font partie du comité et c’est en grande partie à eux que l'on doit la révélation des exactions qu’ont commises envers le peuple' un certain, nombre de commerçants véreux.M.Bennett n’était pas sincère en instituant cette commission, et M.Stevens l'a bien fait sentir au premier ministre lors de la séance du conseil des ministres dont les échos d’orage nous sont parvenus.M.Rinfret rappelle ensuite qu’il a déjà fait partie d’une commission d’enquête sur les transports océaniques, et il remarque à ce sujet que la protection des faibles, des humbles et des petites gens a toujours été le fait des libéraux.Aujourd'hui que M.Stevens, qui était décidé à aller au bout des faits, a quitté le comité on n'a plus de raison d’avoir confiance dans les résultats de l’enquête sur l'écart des prix.M.Bennett ne veut pas savoir parce qu’il sait trop.M.Rinfret termine son magistral exposé en rappelant que les institutions parlementaires, auxquelles les libéraux sont totalement dévoués, sont en péril tant que M.Bennett sera au pouvoir, et il demande à tous les libéraux de s’unir pour balayer, dès qu’011 leur en donnera l’occasion, le pays qui so meurt d’un régime de "jazz hand", selon l'expression de M.Lapointe à Sainte-Tulictme.* * * L'honorable M.Rinfret fut présenté par M.Lierre Casgrain, président du club de Réforme, et remercié par M.René T'héberge.Les difficultés à Verdun causées par le poids des allocations de chômage MELI-MELO SIR WILFRID LAURIER ET LA GUERRE SUD-AFRICAINE LA SOLUTION FEDERISTE Le cas de \ erdun, où le trésorier accapare les appointements des fonctionnaires municipaux jxmr verser aux chômeurs leur allocation de secours est très instructif.La banque refuse les chèques de la inunicijialitc, et le trésorier prend dans le tiroir-caisse au fur et à mesure des rentrées l’argent nécessaire jtour payer les bons présentés par les marchands.En sorte que tout le monde est sur les dents: la municipalité, les chômeurs, les fonctionnaires et les commerçants, car chacun sent bien ce qu’il y a de précaire dans une telle situation.Cela 11e peut durer ainsi.Au seuil de l’hiver, l’abominable crise sc dresse encore jdus menaçante, et des pays comme la France, qui avaient résisté au courant destructeur, commencent à donner des signes de panique.Le nombre des sans-travail y augmente, bien qu’on ait renvoyé chez eux 400,000 étrangers venus pour les travaux de restauration.Pourtant, il serait possible de faire quelque chose pour amorcer un retour à la vie économique.Si l’on voulait bien entrer, par exemple, dans la voie indiquée par l’ingénieur Archer, de Baris, et renoncer à la politique des gros bénéfices, à la spéculation, le mouvement des exchanges reprendrait graduellement son essor.Si au lieu de financer la production, c’est-à-dire l’industrie, on non sans quelques succès, que nous lui devions surtout.A Saint-Lin et à l’Université, M.Payette donna ardemment ses belles années de jeunesse sacerdotale.Bras droit de M.Proulx, il le seconda et parfois le suppléa avec un zèle qui ne se lassait pas.C’est lui qui surveilla les travaux de construction de l’immeuble de la rue Saint-Denis.Ses années d’alors, il me semble, ont compté au double.M.Proulx parti de l’Université, son assistant en partit à son tour.On les a à peu près oubliés l’un et l’autre, ainsi qu’il arrive souvent des ouvriers de la première heure.Mais leur oeuvre et leurs mérites sont de ceux qui survivent devant l’histoire.Quand j’ai publié, l’an passé, mes petits volumes de Figures Canadiennes, dont l’une précisément est celle de l’ancien vice-rectcur M.Proulx, M.Payette voulut bien m’écrire son contentement.Personne mieux que lui, j’en suis cûr, pourrait évoquer, dans toute sa plénitude, cette époque difficile de 1 établissement de l’Université en partie autonome à Montréal.Par discrétion et par respect pour des indérèts supérieurs et poilr une mémoire qui lui est restée chère, M.Payette n’en a, que je sache, jamais rien dit, ni écrit.Mais, il doit posséder, par devers lui, des notes que les historiens de l’avenir auront grand profit à consulter, tout comme celles de M.Proulx lui-même, qu’on conserve à Sainte-Thérèse.Curé depuis trente ans passés de l’importante paroisse cîe L011-gueuil, M.Payette a rempli les devoirs de sa charge avec une conscience et tme dignité auxquelles tous sont unanimes à rendre hommage.Dans la modestie et le silence, il a fait le bien et s’est dépensé sans compter, attentif toujours aux vrais intérêts spirituels et même temporels de ses administrés.Voici que l’âge s’appesantit sur ses épaules.Il y aura bientôt cinquante ans (en février 1935) qu’il est prêtre, et il touche à sa soixau-te-quinzième année d’âge.Il est le doyen du clergé du nouveau diocèse de Saint-Tean-de-Québec.La paroisse qu il dirige, Longueuil, est.avec Saint-Jean même, l’une des plus considérables de la région du sud.On s’est parfois demandé si elle ne deviendrait pas le siège du diocèse (pion attendait depuis des années.C’est de tout cela sans doute, aussi bien que des mérites personnels de M.le curé Payette, que Mgr Forget, le nouvel et premier évêque de Saint-Jean, s’est souvenu en obtenant de Rome, pour ce jirctre entre tous distingué, le titre et les insignes de prélat de la maison de Sa Sainteté.Les nombreux amis de Mgr Payette, les térésiens en particulier.en sont très reconnaissants à Mgr de Saint-Jean.Au nouveau prélat, comme à Mgr Chaumont et à Mgr Coursol, qu’on me permette de redire, sans plus do phrases, le souhait des grandes occasions: Ad multos et fmistissimos an nos ! L’auiu-; Euk-J.Auci.aîr commençait à l’autre bout, cn finançant la consommation, automatiquement l’activité commerciale remonterait à la production.C'est tout ce qu'elle demande, la production: des ordres de fournitures, et cHc fabriquera.Pour fabriquer davantage elle embauchera de nouveaux ouvriers; elle augmentera ses achats de matière premières aux travailleurs du sol et de la mer ; en un mot, elle donnera du travail.Comment cela jieut-il se faire ?Par la fédération des classes: fabricants, détaillants et petits consommateurs, d'après lé système Archer.J'ai déjà eu l’occasion d’en exposer les grandes lignes aux lecteurs de ce journal durant l'année écoulée, et notamment dans un article ayant jxmr titre: Le bon fedériste siphonne la production.J’ai pris comme exemple la maison Dupuis frères.Je disais: Donnez à tous vos employés une augmentation de 20% en Bons de réduction Archer, acceptés dans la même jirojiortion par les marchands «le la partie Est, boucliers, laitiers, épiciers, boulangers, pharmaciens, garagistes, etc., qui comprendraient l’utilité du mouvement.Ces billets reviendront évidemment chez Dupuis pour de nouveaux achats payés dans les mêmes conditions, c’est-à-dire 4-5 en argent officiel et 1-5 en billets Archer.L’argent de l’Est resterait dans l’Est, et même attirerait celui de l'extérieur.La maison, vendant davantage, s’approvisionnerait en conséquence, engagerait jilus de commis, livrerait plus de marchandises, etc; bref, diminuerait le chômage et les charges du trésor municipal jiour l’entretien des chômeurs.Le contribuable serait soulagé dans scs cotisations.Le public charitable également.Le principe d’une pareille organisation, à mesure qu’elle se généralisera, assure une meilleure rémunération du travail de nos agriculteurs et ouvrirait une carrière à cette jeunesse impatiente dont nous ne savons que faire et qui ne sait que faire de son corps.On cherche des moyens pour venir en aide à nos jeunes gens, en voilà un ! Le système Archer s’applique de nêitie à une municipalité dans la si-nation de Verdun.Je ne connais pas le bilan de la ville, mais je supposerai une base le 500,000 piastres pour le calcul.Disons donc que Verdun verse annuellement en salaires Là ses em-iloyés de tous grades et en secours de chômage 50x3,000 piastres.A Hull, dont la population est la moitié de celle de Verdun, on a dépensé 380,000 piast res en 1933 pour l’assistance publique.Ajoutez les salaires des employés municipaux (Si22,(XX)) et vous arrivez à un total de $500,000 cn chiffres ronds, pour une seule année à Hull.Croyez-vous qu’on puisse continuer longtemps à cette allure ?Il faut trouver quelque chose.Il y a la solution fedériste et voici ce qu’elle ferait pour Verdun : Elle ajouterait Sioo.ooo à la capacité d'achat actuelle des employés et assistés de la ville.Le roulement ou TURN OVER de cette somme pourrait atteindre le million.Le bon ou certificat Archer, appelé en France EUROPA, est uni-monnaie fondante ou amortissable en 12 mois.Il perd 1% de sa valeur d’échange par mois et doit être renouvelé ou remplacé chaque année.Cette condition veut atteindre un triple but : te Empêcher la thésaurisation des billets; 2e Activer les échanges ; ; 3e Faire face aux frais d’administration de l’organisme émetteur.Ainsi donc, la corporation de Verdun imprime une émission de bons Archer pour $100,000 datés du ter janvier.M.Archer offre à les fournir lui-même, sans frais.Les Bons sont distribués chaque semaine à ses fonctionnaires et employés.depuis le maire jusqu’au dernier manoeuvre à son emploi, ainsi qu'à chacun des assistés de la municipalité à raison de 20%, disons, de la somme remise en argent légal.Ces billets entrent aussitôt en circulation dans tous les établissements de la ville qui ont compris l’avantage du système" et ses possibilités de relèvement social.Pour l’exemple, les curés, les maisons d’enseignement les acceptent de même.La Ville les encaisse à son tour dans les memes conditions pour l'acquittement des taxes et contributions: soit dans la projror-tion de 1-5 du montant payé, c’est-à-dire que le bon fédériste accom7 pagne toujours la monnaie officiel- M.J.-L.Garvin, de Londres, dans son troisième volume de la "Vie de Joseph Chamberlain", affirme que sir Wilfrid Laurier ne désirait pas que le Canada jiarlicijie a la guerre contre les Boers.M.Garvin écrit* "Le tension serait devenue grande entre les deux races canadiennes si la question de l’Afrique du Sud était devenue aiguë.Québec aurait refusé de participer à la guerre sud-africaine et Ontario aurait insisté jxmr y envoyer des soldats.Sir \\ ilfrid Laurier se montra gracieux, subtile et plus sincère que 1 aurait fait croire son éloquente tlcxihilité.Mais Laurier pensait en son for intérieur que puisque le 1 unada n’avait pas voix au chapitre quand venait le tcnq>s de décider que l’empire fera la guerre, il n’avait pas de raison valable pour dépenser son argent et ses vies à aider à gagner ces guerres.S'il avait pu suivre son inclination, il n'aurait criaillement j>as jiartieipé à la guerre des Boers, au moins à la première phase.Mais il eut la main forcée par la .majorité anglaise et l’opposition qui guettait l’occasion pour la saisir et s'amonceler du capital politique.” t ette opinion de l’historien anglais est confirmée par les faits historiques, puisque sir Charles Tup-per, alors chef de l’opposition, reprocha durement à sir Wilfrid Laurier de ne pas avoir voulu que.le Canada prit 1111e part j)lus prompte et plus large à la guerre sud-africaine.• Si donc Laurier avait été moins clairvoyant et s’était obstiné dans son opinion personnelle, il déchaînait une crise politique, tournait la majorité de la Chambre contre lui, ce qui aurait entraîné une élection générale où, dans l'aveuglement de l’effervescence, les anglo-canadiens auraient renversé son gouvernement.Et nous aurions eu à la tête du pays, sir Charles Tupper qui voulait lancer le Canada à fond de train dans la guerre du Transvaal.L'histoire justifie l’attitude prise alors par sir Wilfrid Laurier.FEUILLES D’AUTOMNE.A la saison où meurent les feuilles de nos arbres, d’autres naissent.Nous voulons dire des feuilles de propagande politique, autrement dit des “journaux”.C’est ainsi qu’ont apparu, dernièrement, L'Action Conservatrice, et L'Eveil.Ce sont deux hebdomadaires, de Montréal.Le premier, fondé et dirigé par une femme, Madeleine, est un en censoir d’où s'échappe continuellement une épaisse nuée de louanges à l’adresse de M.Bennett et des autres faux-dieux conservateurs.Le second essaye de jouer le rôle de réveille-matin auprès des conservateurs endormis.La faible sonnerie de L’Eveil est impuissante à ranimer un parti qui.à Québec, sans programme, sans chef, sans accord, rêve au pouvoir depuis trente-quatre ans; ;et qui, à Ottawa, se réveillera demain dans l’opposition où l’entraîne inévitablement le poids mort de ses promesses violées et de ses ministres impopulaires.Nous souhaitons quand même la bienvenue à ces nouveaux confrères.Ils vivront bien jusqu’aux prochaines élections, si le trésorier du parti conservateur leur prête vie.OPINION JUSTE Cherchant à Comprendre el à définir ce que veulent et ce que veulent dire ceux qui parlent d’“un ordre (Suite à la dernière page) le.Elle les ressert ensuite à ses chômeurs et employés.C’est une roue qui tourne.Le 1% d’amortissement ne sera pas perçu durant cette expérience.Quand il le sera, il rapportera à la Ville, pour les frais d’administration $12,000 jiour une émission de 100,000 piastres.Nous sommes au carrefour de trois routes: en face, le capitalisme de spéculation semé de ruines et de cadavres, et ce,n’est pas une figure de rhétorique; d’un côté, la voie s’ouvre sur la fédération des classes; c’est le Fédérisinc; de l’autre, on va vers le communisme, qui supprime les classes sans donner un salaire égal, comme c’est juste.Si les classes refusent de se fédérer dans la justice et la solidarité, la révolution imposera le communisme, car les masses se lasseront de souffrir W.GASCON L'AVF.NIR DU NORD, Y K N DR EDI, 16 XOV.1934 CHRONIQUE TA Eâ£L UE BONHEUR ?- NON* ! ETRE HEUREUX ° C'EST POSSIBLE.chaque jour suffit sa [’cine", idt accoutumé (le receler ceux qui ont l’inertie Je l'oubli tout autant que 1 apathie de l'imprévoyance.J.,-tir nombre imj 1 ' Nov.(Spec.) “Je suis jardinier, donc obligé ili me courber à tout bout de elmnip pour travailler”, écrit M.Jacques Riopel Ste-Geneviève, Jacques-Cartier, I*.if ”11 me prend un jour un gros mu! ili dos qui débute pur une sensation di pesanteur dans la région du rein, j'n: peine à m- baisser pour ramasser quoi que ce soit.Je suis forcé de me reposer à tout instant, le moindre effort me met tout en sueur et ma di gestion ne marche pas.“Je travaille ainsi, péniblement tout 1 une année, pendant'laquelle ji prends divers remèdes qui ne me font pas de bien.C’est alors que, âpre avoir lu votre almanach, je décide d'essayer les Pilules Dodd.J’en a chète une boîte et rendu :i la moitié je constate une amélioration marqué Deux autres boîtes suffisent pour ml remettre complètement.Tout cela est arrivé il y a deux ans, et depuis lors je n'ai plus senti de mal.” LES BONNES RECETTES baisons de la bonne cuisin.elle ne coûte pas plus clic que la mainmise.Soupe grasse au riz.— Préparez un pot-au-feu avec 2 livres de poitrine de boeuf, un morceau de pore frais, une poule, des légumes, du sel et l’eau nécessaire.Quand les viandes sont cuites, passez votre bouillon au tamis fin et placez-le dans une autre casserole ; faites bouillir, additionnez de riz simplement lavé (1 livre pour 4 pintes de bouillon) en ayant soin de le remuer de temps en temps avec une cuiller.Faites cuire votre soupe tout doucement, mettez une pointe de safran et un bouquet de persil.Côtelettes de chevreuil au genie : re.— Faites sauter des côtelettes de chevreuil et dressez-Ies en lur ban sur des croûtons de pain frit au beurre; déglacez votre plat avec un verre de Porto ou un verre d’eau-de-vie de genièvre et faites flamber; ajoutez des grains de genièvre pulvérisés et une tasse de crème double que vous faites réduire à moitié.Complétez avec un filet de jtts de citron, passez votre sauce qui vous servira à napper vos côtelettes.Il est bon de servir à part la marmelade de pommes chaude que vous aurez légèrement sucrée.Asperges à l'Impériale - Faites cuire les asperges dans de l’eau bouillante salée, mettez-ies à raffermir à l’eau froide: égouttez les.puis faitcs-les sauter deux ou trois fois dans du beurre frais Dressez h-s asperges en coinortnc aplanie au fond d’un plat, remplissez le vide avec des truffes ou des champ!- Elan à l’ananas.— Pour 6 personnes, une grande boite d’ananas.Fût réserv er un quart.Exprimer le jus dis 3 autres quarts.Mettez ce jus avec celui contenu dans la boite, en une casserole avec 1 1 onces de sucre.Faites bouillir pendant 5 minutes.Ajoutez alors le reste de l'ananas coupé en petits dés.Laissez bouillir encore pen ant 5 minutes.Mettez dans une terrine une cuil-letéc à soupe de farine délayée avec un jus de citron.6 oeufs entiers, 3 cuillerées à soupe de kirsch et le sirop d’ananas.Mélangez bien le tout et versez dans un moule enduit de caramel.Faites cuire une heure et demie au bain-marie.Démoulez au moment de serv ir.car elle irrite la peau et nécessite "emploi immédiat de pâte ou lotion adoucissante.De plus, son odeur est tort désag.éablc et tenace.Le jtts de citron .donne quelquefois de bons résultats.Pour enlever les taches d'encre, on conseille le lait.Mais lorsqu-' les mains sont nettoyées à fond, cela ne siitïit pas.Il faut aussi qu’el-ies soient blanches, douces et lisses.Il existe beaucoup de recettes pour blanchir et adoucir les mains: jue de citron, eau oxygénée, pâtes d’amandes, jtts de concombre.! out cela est excellent, mais \ «ici une recette expérimentée, peu coûte u dont i -ms serez certainement sari; faites si vou - avez la patience de 1 exécuter* Mélangez à froid deux cuille- es do glycérine avec une cuillerée de pc-.vlie d'amidon et faite; eut .e dmiv ornent au bain-marie sans . ri Etes-vous fatigué ' par des impuretés déns votre sang?.Si votre Ming contient des impureté*».il est inévitable quo vous vous soutier.fntÎKué, nonchalant, su iis énergie.Si tel est votre ras, lo Composé X( »Y.193.4 ' - y:/:,-.' EX M.IR'.E DE l.'.IEMISTICE LE SERMENT DU CAPORAL - • Mes bons amis, que le bon I )ieu nous préserve de la guerre ! I )e tous les fléaux du Ciel, le plus terrible ! S’il eu est un qui le sait, c’est bien moi qui, trois ans de temps, ai reçu le baptême du feu.Je vou le dis, la religion catholique a fait sur les champs de bataille de grands et «le sublimes héros.Point n’est besoin de remonter jusqu'aux Catacombes pour s’en convaincre.Si vous me le permette/-, je vous citerai un fait qui me vient à la mémoire.Ainsi causait l’abbé Jacques.Ce prêtre dont je venais de faire la connaissance m’avait particulière ment intéresse.On se sentait d'ailleurs à l'aise près de lui : sa phy sionotnie presque enfantine nous y obligeait presque.Mais à mesure qu’on la regardait, sa ligure se transfigurait et devenait imposante : il frisait la soixantaine; ses che veux étaient blancs comme neige blanchis tout probablement plus par les souffrances que par l’âge; ses yeux d’un bleu sombre étaient remplis d’une bonté si douce qu elle en était inexprimable, et son sourire avait je ne sais quoi de coloré et de frais, peut-être parce qu’il laissait voir des dents très bien conservées.Ha voix n'avait rien de brutal: il causait avec effusion, sans effort, nous accordant ce plaisir de nous sentir pénétrés par degrés de la grandeur de son âme que les évènements de la vie avaient rendue forte.éprouvée, indulgente.Toute son existence se résumait â des soucis de famille, â des tracasseries énervantes.â îles souffrances jamais refroidies.l'.t |>our comble, trois ans de service au front d’où il était revenu blesse, presque asphyxié, avaient sans doute laissé dans son coeur des souvenirs trop pénibles pour être oubliés, et qui, pour cette raison même, font trop tôt vieillir ceux qui ont â les traîner avec eux.( >n lit cercle autour de lui, et les dix personnes qui formaient le groupe, après avoir manifesté vivement leur approbation au récit proposé, firent un grand silence.1,'abbé Jacques sourit, satisfait, puis redevenu sérieux, dit: Il y a seize ans aujourd’hui qu’a été signé le pacte cpii mettait fut â la grande guerre.Aujourd’hui on célèbre celte fête de l’Armistice.Seize ans déjà ! Le temps coule cite et malheureusement nous vieillissons Moi plus vite que coms, je le regrette.C >n a déposé au cours île la journée, sur les tombes et sur les cénotaphes, des couronnes de fleurs en souvenir de ceux-là qui sont morts pour la patrie.Pieuses coutumes ! Mais je m'explique mal que les nations puissent ainsi pleurer leurs morts en proclamant la PAPIERS a CIGARETTES QUALITE siiP^® CIGARETTE PAPE!*S F'NEST ,QmUpoL> LIVRET ORDINAIRE OU AUTOMATIQUE.! SEULEMENT nécessité de désarmer, quand, contrairement â leurs paroles, elles continuent à se préparer â la guerre.l/orgueil mène les nations.Le monde est sur un volcan: il faudra qu'il éclate lin jour ou l’autre.A lors : l ne nouvelle guerre ?Oui, et terrible celle-là ! C’est la science qui la prépare.La chimie y met tous les jours sa puissante organi-ation.Kt Dieu qui voit s’accumuler les crimes et les fautes des nations, donne aux hommes les moyens de se punir eux-mêmes.-Or voici mon récit.C’ctait un petit Canadien-français de Montréal.un petit conscrit de vingt-quatre ans, intelligent, bon garçon et amoureux d’une jolie fille, chose mut aussi permise pour lui que pour nous.Inutile de dire que la séparation fut aussi brutale pour le père et la mère que cruelle pour la promise.Mais la patrie avait besoin de ses bras et de sa jeunesse: le Canada les offrait aux nations alliées pour le salut de l’univers.11 partit d’Halifax, le coeur bien gros, par un matin de brouillard, sur un navire sans nom et rempli à pleine capacité de conscrits comme lui.Sa mère, une sainte femme qui est au ciel maintenant, lui avait donne pour qu’il la mit à son cou, une médaille de la Vierge.Tous ces menus détails, je les ai appris de sa bouche même, dans les tranchées, car j’eus ce plaisir de le voir servir dans le régiment dont j’étais l'aumônier.— D’Halifax à Liverpool, le trajet dura près d'un mois.L’occan était dangereux, sournois.Il fallait naviguer avec des précautions infinies pour éviter les sous-marins et avec grands soins à cause des bombes flottantes.Puis, chaque jour, comme par ironie, la Mort passait et enlevait quelques-uns des trop nombreux malades.Car tout le monde était malade.Les uns pleuraient, les autres se lamentaient,, d’autres criaient leur désespoir.Les cadavres étaient jetés à la mer devant tout l'équipage.Les heures étaient longues, la nuit surtout.Une idée terrible poursuivait à chaque instant toutes les pensées: chaque minute à venir pouvait être la dernière.Une bombe : c’était l’explosion ; un coup de canon du sous-marin : c'était le naufrage.La Mort les guettait tous de deux eô-lés ils parvinrent en Angleterre avec trente-deux hommes de moins.De là, en France, puis au front.11 me narra un soir, après une dure journée de fusillade, que son père lui avait dit avant de partir: — Tu vas partir.Tu ne revien dras peut-être jamais.Ou si tu reviens, nous seront peut-être parti nous.Mais écoute-moi bien.Xe -ois jamais un lâche ! Xe rougis pas de ta religion, ni de ton nom, ni de ta patrie ! Jure-moi ça ! Et il avait juré.C’est peut-être cette promesse qui le rendait si cou rageux, si brave, si intrépide.Tou jours prêt.En deux ou trois occasions, il accomplit des actes de bravoure méritoires.‘‘Ma médaille m'aide !" nie disait-il parfois.J'étais fier de lui comme s’il eut été mon fils.Il avait parfois des moments de désespoir.Je le comprenais, le polit gars, allez ! Il me semblait à moi (pie mourir était devenu une chose facile: il me passait tant de mourants et de cadavres dans les mains chaque jour qu’il me paraissait normal de regarder la mort en face.Mais pour un jeune qui a en-tore toutes ses illusions, qui a été arraché à son foyer, a ses parents, à sa promise, qui vit avec les morts et les mourants en attendant la balle qui l’emportera, ce 11’est pas une vie ! Xous, notre devoir est de sauver les âmes et de mourir pour les sauver.Mais pour ces petits •oldals dont l’âme est si belle parce que leur courage est grand, il est dur de mourir et de se sacrifier toujours.Un acte d'héroïsme le sacra caporal.Un soir, le général le lit demander: — |'ai besoin de deux hommes sur lesquels je pourrais compter.Il s'agit de porter au général X.à sept milles,d'ici, sur le versant ouest de la montagne, un pli spécial qui contient des instructions.Car demain soir nous attaquerons.Ce pli est d'une telle importance que s’il arrivait jamais qu'il tombât dans les mains de l'ennemi, le salut de l'humanité serait infailliblement compromis.Il faudra faire vite.La nuit peut nous donner l'occasion de réussir l'entreprise.Vous suivrez le petit sentier.Vous êtes choisi pour la mission.C'est très “C’EST PIETRE ECONOMIE QUE DE S’EXPOSER AUX ECHECS AVEC UNE POUDRE A PATE INFERIEURE.LA ‘MAGIC’ NE VARIE PAS ET IL EN FAUT POUR MOINS DE le POUR UN DELICIEUX GATEAUX.” SiiiSi dit MISS LILLIAN LOUGHTON, dlâtëiistect experte en art culinaire du Canadian Slagazine MAGIC IX LI,E colite si peu et vous pouvez.compter qu’cllo U vous donnent des résultuts uniformes.Il en faut pour moins ar 'es Compagnies d'assurance-\ie du Canada, L’association des assureurs-vie du Canada.— MM.et Mmes Henri Rapatel, Joseph Tardit et M.Odilon Ga-marche, de Montréal, ont 'passé une semaine au chalet de M.Gravel, au l.ac Chaud.Us ont tué un beau chevreuil et plusieurs perdrix et sont retournés tous enchantés de leur voyage.—- Beaucoup de chasseurs de Montréal sont ati-si venus au l.ac Chaud, et sont retournés nveé de magnifiques chevreuils et un grand nombre de perdrix.A tous nous souhaitons bienvenue.— M.Aldéo Dumouchel est revenu d’un voyage à Montréal et a fait l'acquisition d'un "Chevrolet nouveau modèle.— M.et Mme J.Gravel et Mlle Antoinette Lapointe sont allés à Montebello dimanche.M.Georges cl Delplns I >csjar (lins sont allés à Xommiiigue par affaires.¦ Plusieurs centaines de cordes de bois sont données .1 eolipei ce qui fournit un peu de travail à lotis nos gens.Ces jours derniers, M.et Mme Napoléon Grciion réunissaient quelques amis pour une partie de cituj-oent.Les personnes présentes é taient M.et Mme Napoléon G renon.leur fille Carmen, leurs fils Gerard et René.M.et Mme Ferdinand i.egris et leur fille religieuse, M.et Mme Etienne Desjardins et lent tille Françoise, M et Mme Ephraim Raymond et leurs fillet Laurelies et Gabrielle ; Thérèse, Marguerite, Léon, Lucien Gareau, Mlle Rita Lauzon, M.Arthur Masson, M.Paul Sassevillc, M.Edouard Forget, M.Denis Belhttmeur, Paul Lachapelle.Le prix d'honneur fut gagné par M.Léon Gareau et le prix de consolation par Mlle Rita Lauzon.A minuit un bon goûté fut serv i par Mlle Carmen Grcnon et sa mère.LE SIROP DE MAIS EnwAitnsiiijRo ,AC DES ECORCES — Mme Aid.Plouffe est allée à Montréal la semaine dernière.—— M.et Mme Marcel Lantbier sont allés à Mont Laurier assister aux funérailles de leur belle-fille, Mme Charlemagne Lantbier.— MM.Napoléon et Hormisdas Guindon, M Joseph Plouffe sont revenus de Montréal oit il- étaient allés en voyage d’affaires.— M.Henri Malte était à Saint-Jérôme dimanche dernier.— M.Zot.et Jean Desrochers sont revenus de Saint-Faustin Station oû ils travaillaient depuis quelque temps.— MM.Thomas Godin et Aldc-ric Plouffe ont eu l’avantage d'abattre un bel orignal au cours d'une partie de chasse.^ ,,rv’n^.N BRAND I .e fameux sucré producteur djénergic une nourriture facilement digérée —inestimable pour les bébés, les enfants grandissants et appréciée de la famille toute entière.I m f'nnliul sez-nous, suggère doucement Aristide IL .'7-buA.jOeA LIGUE DE BOWLING INDUSTRIELLE REGENT KNITTING CHEVALIERS DE COLOMB K.Perry .C.St-Miebel .A.Tessier .C.do Murtigny F.Benuolmnip .108 128 107— 343 114 133 130— 377 82 129 137— 348 012 109 94— 315 109 97 101— 307 Y.Boudreau .\V.Franeoour C.Fortier ., Pitt.Dugas .105 125 99 112 12.3 97 84— 280 133 128— 380 109 103— 311 KM 109— 352 90 97— .310 525 590 569—1090 R gent Knitting gagne 2 parties 564 560 521—1645 DOMINION RUBBER ROLLAND G.Barth G.Robert P.Filiou I).Payer R.Plain .122 .122 100— .344 A.Beauchamp .91 100 90— 281 \V.St-Pierre .9.3 8.3 121— 297 P.Desjardins .135 158 100— 399 O.Kacicot .111 153 122— .380 F.Brisson .131 107 108 142 130 118 74— 323 94 119— 320 84 12.3— 315 115 151— 408 95 127— 352 552 010 539—1707 Rolland gagno 2 parties.018 500 594—1718 Lavez confortablement 1 avec la fameuse Laveuse “EQUILIBREE” Northern Electric rds Voici la laveuse qui vous permet maintenant de faire le lavage avec un confort plus grand, avec plus de facilité et de rapidité — c'est le Modèle SP Northern Electric muni d’une pompe de vidage rapide.Comme toutes les laveuses Northern Electric, celle-ci se distingue par sa construction équilibrée, sa commande directe antifriction et son coussinage caoutchouté assurant un fonctionnement sans vibration en grande vitesse.Un nouvel agitateur type français empêche le linge de s'emmêler dans la cuve.Cette laveuse épprgne temps, labeur et tissus.Autres modèles à prix attrayants.Payez seulement 00 $ 5.Comptant Modèle SP Muni d’une pompe.La cuve a une capacité de 55 livres de linge (pesé à sec).La balance est répartie sur une période de 1S mois, sans intérêt, pourvu que les paiements soient effectués à échéance.GATINEAU POWER COMPANY ST-JEROME, P.Q. L’AVENIR PL* XORD, VENDREDI, 16 XOV.1934 TéL Bureau 846 Ré»- 173 Camille L.de Martigny AVOCAT — BARRISTER 319, Rue LA BRULE SAINT-JEROME, P.Que.Téléphone 310 RAYMOND RAYMOND AVOCAT Samedi et dimanche à Sainte-Agathe 289, LAMELLE — ST-JEKOME NOUVELLES DE SAINT-JEROME M.I,E CURE DUBOIS —.M.l’abbé Emile Dubois, le nouveau curé n nous informe «|ue s’il y a jMissibilité «le "faire" «le la glace, l’inauguration «les joutes de la Ligue Mont Royal à Saint Jérôme aurait lieu le 8 ou le «y décembre-prochain.11 est tout ' ' ‘ que Caréna era ouvert bientôt pour le patinage «t les joutes
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