L'Avenir du Nord, 24 décembre 1937, vendredi 24 décembre 1937
4 ERREBONNE "LE MOT DE L’A VENIR EST DANS LE PEUPLE MEME ; NOUS VERRONS PROSPERER LES FILS DU SAINT-LAURENT” (Benjamin Suite) SEUL JOURNAL DU DISTRICT de EXISTANT DEPUIS PLUS DE QUARANTE ANS 1897-1937 1897-1937 CHENIER QUARANTE-ET-UNIEME ANNEE, NUMERO 52 SAINT-JEROME, P.Qué.Abonnement : *2.00 par année Directeur et Propriétaire Honorable JULES-EDOUARD PREVOST Publié par IMPRIMERIE J.-H.-A.LA B ELLE, Limitée Saint-Jérôme JOURNAL HEBDOMADAIRE — CINQ SOUS LE NUMERO LABELLB LE VENDREDI, 24 DECEMBRE 1937 A SES LECTEURS A SES ANNONCEURS H’Àumr bu Nord scuijaite UN JUytiJX NOËL A SES COLLABORATEURS A TOUS SES AMIS %» 3 Jt îPuètpa îip NoH Parmi les thèmes qui ont Inspiré la poésie, Noël est le puis répandu et peut-etre le pius l'econd.Qui ne serait emu par le divin Enfant cou-cne entre le boeuf et l ane, veille par la Sainte Vierge, sa Mere, et parson pere adopta, saint Josepn V Le mystère et la pauvreté ue cette naissance, la splendeur qui l'illumine, ! annonce qui en est laite par le ciei meme aux humbles bergers et aux puissants rois mages, tant de (aibiesse et tant de lorce — contraste sublime — devait éveiller la sensibilité des poètes en leur laissant le soin de completer l'histoire et ü exaiter, chacun selon son gout, le plus prodigieux événement de tous les temps.La poésie populaire a lire de la Nativité des cnels-d oeuvre de gia-ee.Relisez les Noels de Sabuiy : l ame de la Provence s exprime dans ces stances sans pretention.Leur charme est lait d une curiosité emerveiilee, d un geste d amour, d une adoration muette ou d un nail dialogue entre les saints personnages ae la creche et les modernes villageois, que le poete leur associe sans s occuper uu sue ni du siecie.yu importe l'invraisemblance du aetan en un sujet que la loi a consume '! Qu ns soient du moyen age ou a'aujouru hui, nos voeux vont a Jesus comme ceux ues bergers au jour de sa naissance ; nous icirou-vous leurs sentiments essentiels et nous enantons avec baboiy 1 hymne ae joie et de reconnaissance : Jesus, mon amour, mon coeur Vous êtes le roi de mon âme.Le meme eian parait dans toutes les provinces Irançaises.et particulièrement en uretagne, ou les poetes ue langue celtique ont compose de fort beaux cantiques à la louange au Nouveau-ise : ' Courez, o Dergers , ce Elis est votre roi.U tene, sois silencieuse d étonnement devant ce miracne .Notre-Uame, Vierge sans tache, soyez louee par-dessus toutes les autres meres, car, par vous, Dieu vient briser nos liens Ainsi chante en breton Jean-Pierre calloe'h.Et Charles Le Ooine de reprendre en ttançais, d'apres divers noeis populaires : Je.ius est né, Jésus est ne.U jour a jamais fortune.Chrétiens, en ce jour delectable.Est-il quciqu un, prince ou manant.Qui ne tressaille, en apprenant, Rue I Homme-Dieu, minuit sonnant.Est descendu dans une etablc 7 Theme eternei, peu susceptible, en apparence, de recevoir des variantes Mais a la tradition que l’art ne peut muddier, les poètes ajoutent tes nuances d une sensibilité lyrique ou réaliste.L'un exulte l’avènement du bonheur idéal : "La paix sera reine du monde.” L’autre évoqué la supplique des pauvres gens : l u peu de lard, un peu de pain Trois noyaux avec un pépin.Que ne leralt Jésus pour contenter tes gueux, ses frères de miscre et d'espérance ?Noël prouve l’éminente dignité des pauvres ; ils deviendront les disciples, les compagnons clu Christ.Iis le savent ; Us te chantent ; noble mystère de Tunique fraternité qui puisse concilier 'O lt< les aspirations humaines : Ah ! que de maux nous avons eus Mais c'est parmi nous que Jésus Elira demain scs apôtres.Plus littéraire ou jilus savante, la poésie française célèbre Noel, elle aussi, avec des accents varies.Au XVc siècle, Villon — ce Verlaine de Jadis, et pire que Verlaine — n’a-t-il pas dit avez amour : Tant crie-t-on Noël qu'il vient Jean Rlchcpln qui tant Talma et l’admira, reconnaissant en lui un o* ces Gueux dont il a loué l'âme vagabonde, lui répond, à quatre cents ans d’intervalle : L'est vrai qu’il vient et qu’on le crie.Heureux le cher enfant qui prie Afin que Jésus lui sourie .Suspecte est l'orthodoxie de Rl-chepin, et nous ne le citerons pas comme un chrétien exemplaire.Tcl- 0 est pourtant la vertu ae Noel que tous le chantent, chrétiens ou Incroyants.pieux ou profanes : Emile verhaeren aussi, qui n'est pas davantage un disciple de saint Tlio-mas, le Docteur angélique ; Noël approche ; les âmes sont tendues dans l'attente.Sonne la cloche : tout s'éclaire et revit : Et tout à lu fois darde aux cieux l petit Jésus s’était endormi.I '\ lieur do Marie, de Jeun Alcûid, conte un miracle, le premier sans doute que Jésus fit pour sa Mere et ul est un symbolique échange de nié té filiale et d'amour materhcl.Marie brode pour son Fis la plus -% iilIP S mam X * v- > L ^ JMi» CGontf pour ^'orl Ncël îui petit dJemutot — Eh bien! Jeannôt, la Noël Joie.Songez donc, sa première mes- approche.Es-tu content ?!se de minuit ! lui qui y pensait de- Empètré dans ses gants et son puis si longtemps.Mais tout de petit paletot de fourrure, Jeannôt, meme, le secret de tante Hélène gentil bonhomme de dix ans qui re- l'intrigue fort.Qu’est-ce que ce vient de ses classes, traverse le petit peut bien etre ?Mais ce mystère boudoir de sa maman pour venir sera bientôt éclairci.Après une vi-tendreson front à madame Gervais.! site à la crèche, tante Heiène pre- — Mais oui, tante Hélène, je suis nant la main de Jeannôt, entraîne bien content, répond l'enfant, tout en se laissant déshabiller par la bonne qui se retire bientôt, emportant paletot, couvre-chaussures et gants.— Il n'y parait guère, petit, tu dis cela bien froidement.— C’est un enfant insupportable, déclare la maman de Jeannôt, jeune l'enfant vers Tauto qui les attend au bord du trottoir.Ls y montent.Mme Gervais donne une adresse au chauffeur, puis l'auto roule sur la mince couche de neige du chemin.— Où allons-nous, demande Jeannôt, se blottissant contre 1 épaulé de Mme Gervais, car il sent Dien que mondaine élégante, à demi étendue ^maintenant que le secret sera dans un fauteuil.Figurez-vous, tante Hélène, que cet affreux Jean- nôt boude depuis trois jours.— Oh ! le vilain !.— Depuis que nous avons accepté, mon mari et moi, d’aller réveillonner chez les Grainville, la nuit de Noël.— Jeannôt voudrait être de la partie ?— Oui, ma tante, il n'admet pas qu’on puisse le laisser à la maison avec le bébé.Les plus beaux jouets ne le consoleront pas, dit-il.— Tu vas pourtant, j'en suis sûre, avoir de spiendides étrennes, reprend tante Hélène.L'enfant répond d'un ton maussa- devoilé.— Mon petit, je t’emmène voir Jésus vivant, ceiui qui a sounert sur la terre, qui a été pauvre, maltraité.Jeannôt ouvre de grands yeux surpris ; "Jesus, voir Jesus vivant”.Il ne comprend pius rien ! L'auto vient de s'arrêter devant une maison d'un miserable aspect.Jeannôt descend à îa suite de tante Heiene.— Serait-ce l’étable de Bethléem, se demande-t-il lanuis que son visage traduit iinaiscibie surprise.Puis, lui, le petit ironaeur qui n e-prouve jamais ia moindre timidité, d ciudiu u uu tua uiaiicoa- ! SG SGllt EGIlé?ÛURnd 11 npnsp flllP IP dp d’nn npîit air ripriai°rnptiv ociil iiuanu il pense que le blasé • peUl aiJ aeaai»neux ' regard cnvin qui ut au puis proiond — Oui, on m’a.promis un jeu de 'des coeurs, cenu de Jesus"vivant, V* *.• .¦ „ _______ ' .*2.! «*! -v ' ., JfïÛ • ' .-À.•> .' » i ;- - ' fc & •' • - .; ,v> ->•.: - : ' •'•••';• W X; - y*) ' J' ¦ ;.v,.le modèle sous la neige des près.Mais elle s'est piqué le doigt en ira-vaillant trop vite.Une gouttelette de son sang fait sur la corolle une PS tache vermeille.Cependant.Jésus Ç£* s'éveille ; il admire sa Mère ; il achève, l'ayant pris dans ses mains, l’ouvrage commence ; Et sur le champ la fleur, odorante et plus belle.A cause du sang pur qui fleurissait en elle, S'anima sur sa tige, et le boulon s'ouvrit.Les animaux bénéficient de la glorification de la Sainte Famille.Ne sont-ils pas aussi les serviteurs du Christ ?L'âne et le boeuf, d'abord, dont le souille a réchaulïé la crèche.Auguste Villeroy les a joliment peints, celui-ci "lourd de muets hommages", l'autre "grave et le cou tendu” devant le mystère dont ils sont les témoins et les modestes acteurs Au dire de Francis James, ils "parlèrent à Jésus” â Bethléem et depuis lors Us causent entre eux “à Noel, dans l'ombre pieuse des étables".Par égard pour ce passé glorieux.le poète veut qu'on les traite en amis.Paul Arène sollicite pour les oiseaux le même privilège.Us étaient aussi à Bethléem, du moins les plus hardis d’entre eux, les cigognes, les hirondelles qui avalent suivi les rois mages.De la, leurs migrations saisonnières.Les moineaux, moins favorisés, ne peuvent changer de climat ni d’asile.MSais Dieu leur offre Noël en compensation ; Alleluia ! C’est nous qui sommes lx's bons moineaux pour qui Jésus Naquit, — tout comme pour les hommes.Tel est Noël chanté par les poètes, du moins par ceux d’entre eux qui nous sont devenus familiers.Toute la nature participe â la fête.Il no pouvait en être autrement.Jésus naissant, c'est la bonté, c'est l’amour, c'est la charité incarnés.Pareil miracle eut-11 Jamais lieu ?Mais, pour le célébrer dignement, combien faudra-t-il de siècles ?Les bas percés CHARLES TERRIN.» $ & PS £• $ & &¦ # & & si & PS m & Ps $ & S» & Ps Ps c & P £ e» & Petit conte de Noël L'autre jour; un enfant, la figure fanée.Les habits en lambeaux, toute la matinée Auprès d'un étalage, avait mangé des yeux Des cônes de bonbons frais et délicieux.Sous le coup de l’appât haletait sa poitrine ; Il était là.le front collé sur la vitrine, Et n'avait de pensée et n'avait de regard Que pour ces riens dont il n'aura jamais sa part.Je m’approche de lui."Quel est, dis-je, ton père ?” — Monsieur, je n'en al plus ; je vis avec ma mère, Trois frères, quatre soeurs, à Saint-Roch, près du pont.Et c'est avec des pleurs que l’enfant me répond."Sals-tu, pauvre petit, que ce soir c'est la fête De l’Enfant-Dieu" "Je sais, dit-il, hochant la tête Mais pourquoi donc Jésus à qui souffre la faim Ne donne pas ce soir un bon morceau de pain ?— Il te le donnera si tu le lui demandes Et le frémissement de ses lèvres gourmandes Me lit comprendre, hélas ! que le pauvre petit Mordrait dans un gâteau de fort bon appétit ; Et l’entraînant de suite à la confiserie.Je l’attablai.Ce fut comme une griserie ! Et de le voir ainsi dévorer les pâtés, Les gâteaux engloutis avant d’être goûtés, Me jeta dans le coeur une pitié profonde ; Et je songeai soudain à tout ce petit inonde, A la mère là-bas, attendant ^on enfant.Et qui contre la faim, en pleurant, se défend.Je jurai de leur faire une douce surprise.Sa dernière bouchée était à peine prise Sa dernière bouchée était à peine prise Que je dis à l’enfant ; "Si tu pendais ton bas Petit Jésus est bon, il ne t’oublierait pas, A ton Ht suspcnds-le ce soir ; qu'il soit solide, Car il sera bien plein”.Mais le petit, candide, Me dit d'un ton dolent, les yeux sur mol fixés ; "Monsieur, Je voudrais bien, mes bas .Ils sont percés I Adolphe POISSON.constructions mécaniques, un auto avec roues caoutchoutées, un ciné-i matographe avec éclairage à l’élec-; incite, une montre, des albums, des ! Uvres, des sacs de bonbons .Ah!.1 et puis, une plume-réservoir, mais ' j'en ai reçu deux.Tan dernier .j — Petit ingrat!.Enfant trop gâté, trop choyé, trop comblé I.jTant de belles et bonnes choses ne ! sauront pas te satisfaire ?j — Oh ! mes amis en auront tout autant.et leur fête sera bien plus 'gaie que la mienne !.Pas de messe ! de minuit, pas de réveillon pour ! moi.Papa et maman se lèveront à midi le jour de Noël.Je passerai ! tout mon temps avec la bonne qui lest toujours revêche quand c'est ijour de fête.{ — Eh bien ! promet la jeune mère 1 conciliante, l’après-midi, pour te dédommager, tu iras au cinéma, avec la bonne.Il doit y avoir une matinée pour les enfants.Et maintenant, ne boude plus.Mme Gervais pose sa main finement gantée sur l'épaule de sa jolie nièce.— Jeannôt au cinéma, Germaine, y songes-tu ?— Mais j'ai peur qu'il s’ennuie, le pauvre chéri ! — Veux-tu me faire un grand plaisir, Germaine ?Donne-moi Jeannôt du 24 décembre au soir jusqu’au lendemain soir.— Et que voulez-vous en faire, ma tante ?Un enfant gâté, égoïste, volontaire.ü vous ferait passer une i jolie fête ! Tu le calomnies, Germaine.Il sera très gentil avec moi.Nous devons partir le 24 au soir, vers cinq heures, pour notre villa de Saint- j.car nous passons la fête à la campagne, comme tous les ans.Nous serons là-bas vers 6 heures.Il mangera sagemnt entre son oncle et moi.Nous le coucherons après le repas puis le réveillerons vers onze heures, pour l'emmener à la messe de Minuit, la belle messe de minuit à l'église.Les yeux de Jeannôt brillent de joie, il saute au cou de sa tante Hélène.— La messe de minuit !.Ma première messe de minuit ! Oh ! je veux y aller, maman, dites, vous permettez bien ?— Je permets de grand coeur, bien que je sois confuse de donner tant de peine à tante Hélène.Jeannôt.ses bras passés autour du cou de Mme Gervais, questionne, curieux.— Et après la messe de minuit, dis, qu’est-ce qu'on fera ?— Un bon petit réveillon léger, puis on dormira jusqu’au matin.On déjeunera, puis, après-midi, on ira voir le petit Jésus.— Oh ! murmure Jeannôt, ravi, le petits Jésus, que ce sera Intéressant ! — Je te montrerai encore bien d’autres choses, mais, chut !.c'est un secret.Sols bien sage d'ici Noël, mon petit Jeannôt.Et tante Hélène était partie.Jeannôt a assisté à la merveilleuse messe de minuit entre son oncle et rencontrera le sien.Mme Gervais emmène l’enfant vers la porte qu'eue pousse apres avoir frappe légèrement.Iis pénétrent dans une salie numide et sans feu, aussi pauvre, aussi nue que la plus miserable grange.Une femme pleure devant le poêle éteint.Dans un coin, sur un grabat de paille, est couche un entant d'une dizaine d’annee, au fin visage pâle, creuse par la maladie.— Marie, interroge tante Hélène, comment va votre enfant depuis mon depart d'ici ?— U a beaucoup souffert depuis qu'il fait froid.mais maintenant, il uort., répond la pauvre jeune femme d'une voix lasse.Mme Gervais conduit Jeannôt vers le grabat et lui dit à voix basse: — Mon petit, regarde bien, et n’oublie jamais ce que tu vois.Voilà Jésus vivant en la personne sacree du Pauvre ! Ce corps débite, c'est le corps de Jésus sounrant.Cet enfant de ton âge, ce malheureux être voué à la misère, à la souffrance, est un de ceux de qui le Maitre disait ; “Tout ce que vous ferez aux petits et aux souffrants, c’est à moi-même que vous le ferez”.Eh bien ! Jeannôt, ne veux-tu rien faire pour Jesus ?— Oh ! tante Hélène, voilà ma bourse, mais il y a si peu de chose.Si j'avais su, j'aurais apporté ma tireUre, des bonbons et mes jouets.— C'est bien ! Nous reviendrons.Mais en attendant, il ne faut pas que ces pauvres gens souffrent.Ouvre ce sac que j’ai apporté, Jeannôt, tandis que j'envoie le chauffeur chercher de quoi faire du feu.Bientôt, une flamme claire pétille dans le poêle.Un bol de bouillon est présente par Jeannôt au petit malade qui s'est éveillé.Des jouets de bazar amènent un sourire sur ses lèvres pâlies.— Je suis heureux, dit-11 en fixant sur Jeannôt ses beaux yeux doux et tristes.Merci ! que tu es bon !.Je voudrais t’embrasser.Jeannôt agenoillé près du Ut de paille se penche sur l’enfant pauvre.Sa tete brune touche la tête blonde.Une joie immense dilate le coeur de l’enfant riche, ce coeur hier encore si sec, si égoïste mais où la pitié et la charité viennent de jaillir, brusquement, comme une source fraiche.Ce baiser que reçoit Jeannôt, il lui semble que c'est le baiser de Jésus.Il avait peur du pauvre, 11 ignorait le pauvre.Il sent maintenant jusque dans les fibres de son âme attendrie quelle est l’éminente dignité du pauvre, frère du Christ, autre Christ.Il regarde ncore pour mieux imprimer cette scène dans son esprit.Et, à la suite de sa bonne tante Hélène, il s’éloigne à regret, saluant avec respect, avec amour, ce Pauvçe qui, sous la livrée de la misère, lui a si bien révélé Jésus, Jésus vivant!.Désormais, ce ne sera plus un enfant boudeur que Mme Gervais trouvera chez sa nièce Germaine.Non, Jeannôt a compris la leçon du pauvre, le sacrifice de sol pour le bonheur des autres, et 11 se souviendra longtemps, toujours, du Noël de ses dix ans.son véritable premier sa tante.Le lendemain, à son réveil, ,Noël d# chrétien ! 1 il en a encore tout le coeur rempli de I LUCIA. Page di -.fc- & Hr .« J .r‘*^^i l«e jÿg >v .'N ' A t}&&- m-y ¦mm é f.-,•*'' .$nr-< .¦¦¦-•, our un joyeux Noël et une Année heureuse et prospère GATINEAU POWER V COMPANY fcR*2 •'* «.an 5» S§5*a éssm & L'AVENIR DU ItOKD Saint-Jérôme, le 24 décembre 1937 (Ümttr Ecrit pour L’AVENIR DI NORD Ce soir-là, il tombait une neige molle."Une neige pour la raquette'.disait le père Martial Martin, en rentrant de "faire le train" des animaux à l’écurie.Il avait à peine secoué son casque au-dessus de l’évier de la cuisine, hume la soupe chaude et donné le bonjour à sa femme affairée autour du poêle, qu’un coup de sonnette les rit, tous deux, se regarder interloqués, stupéfaits.— Oui ça peut-il être à c heure-ci.et par la” noirceur qui fait, bonté divine ! Va donc voir, Mélanie, pendant que je me passe les mains sous la pompe.Plus prompte que sa mère.Marthe était accourue comme on se jette au-devant du bonheur.Elle lit entrer un jeune homme, ou plutôt, un véritable bonhomme de neige ! — Je voudrais parler au fermier, dit le nouveau venu, en jetant un regard anxieux vers le fond de la pièce à demi écairée par le halo d’une lampe à pétrole.— Donnez-vous la peine d’entrer.Il fait un tel vent froid, ce soir.Je vais avertir mon père.Comme il avait l’air gêné, timide et terriblement malheureux, cet homme !.Il franchit le seuil et s’arrêta sur la natte de catalogne, recroquevillé sur son malheureux sort.En apercevant le fermier qui venait vers lui avec ia pointe du soupçon perçant sous son regard de fin normand, il se hâta do dire : — "Je suis venu pour le BUCHAGE du bois d’hiver, j’ai de bons bras, allez!' — Vous, boucher du bois ! allons donc, jeune homme, vous êtes ben trop feluet !.Non, non, j'ai pas besoin d'homme engagé c tannée.L’inconnu remercia d’un air désolé, s'excusa de l'intrusion à une heure tardive, et, du pas de ceux qui ne sont pas attendus dans un foyer, il franchit l'enclos enneigé, face à la grande route sans limite.Marthe, douée d'une nature hypersensible, plus fine, plus cultivt-e que ses parents, eut l’intuition d'une effroyable injustice envers la jeunesse refoulée, presque douloureuse, qui suffoquait sous les prunelles ardentes de cet inconnu sympathique : - Père, ne pourrions-nous, au moins, lui donner à soupc-r ?— Oui, mon vieux, d'ajouter la mère, ça serait peut-être bien une belle charité, à la veille des fêtes.De sa voix de stentor.Martial cria vers l’inconnu cheminant déjà la montée des Paquins.Il revint sans se faire prier, escomptant qu'un rappel signifiait sans d'oute un engagement.— Escouez vos pieds pleins de neige sur le perron de la cuisine, vous souperez avec nous, ce soir, ma femme et ma fille vous invitent à notre table de famille.A la bonne franquette, sans plus de cérémonie, on trinqua d une lampée de whisky blanc avant d'attaquer la soupe aux choux, puis l'omelette au lard.Marthe, institutrice à l'école du rang, parla des examens en cours, des notes de ses meilleurs élèves, de son projet d'un arbre de Noël pour les marmots du canton des Mille-Iles.Enfin, elle fit de son mieux pour distraire le jeune inconnu, médusé sous le regard scrutateur du père Martial.A la fin du repas, la bonne Mélanie, remise en confiance par l’attitude sereine de la perspicace et généreuse Marthe, offrit le coucher à l’homme de la route.— Vaut mieux que vous restiez sous notre toit, cette nuit, allez ! Le village est à une lieue d’ici, et vous ne me semblez pas “habillé” chaudement.Mon mari vous conduira jusqu'au moulin â bois, à bonne heure, demain matin.Martial Martin, stupéfait, n'en croyait pas ses oreilles.QUOI ! Mélanie, toujours humble, douce et effacée, qui proposait une chose grave, sans son avis.U allait faire une sortie retentissante, quand, sous la nappe cirée, une petite main tendre pressa la sienne avec ferveur.Quand on est le pere d'une jolie fille de vingt-deux ans.on ressent parfois au fond de son être, des tendresses accumulées, inexprimées, délicieuses : on a soi-même un coeur de vingt ans ! Et puis, une fille institutrice diplômée d'une ecole normale, ça comprend des choses que ; -es vieux papas paysans ne peuvent comprendre avec leur seule jugeot-te .Alors, il se tut.Les hommes ayant bourré leurs pipes, les femmes diligentes lavèrent la vaisselle, tout en échangeant des propos sur tout et sur rien.Le travail domestique accompli.Marthe proposa de faire un peu de musique sur le phonographe.L'inconnu se leva comme mû par un ressort, et pria .Marthe, de le laisser aller se coucher sans plus tarder.La figure cnspee sous une douleur ancienne, il s'évada des sons mélodieux, par l’escalier de la cuisine, et gagna la paillasse, dans un coin du grenier.Les Martin abasourdis se regardèrent.silencieux.Puis, l’anxiété native de Mélanie reprenant le dessus, la crainte et le doute surgissant à la fois, elle murmura, apeurée : C'est peut-être bien un repris de justice, évadé de prison, qui n’a pas dormi depuis des nuits.Tu ne lui as pas demandé son nom seulement, dit-elle a Martial.Martial Martin mâchonnait le bout de sa pipe, "jongleur": — Tout de même, sa mère, marmotta-t-il entre ses dents, je ne lui trouve pas une figure de bandit à cet homme.Il n'est peut-être qu'un être malheureux sur qui plane le mystère d'un drame de famille.Il arrive tant "d'affaires de ménage" de nos jours, dans les villes.Marthe proposa de faire ia prière du soir, plus â bonne heure.Puis elle s'excusa de ne pas prolonger ia veillée en famille, ayant des devoirs à corriger pour la dernière classe avant les vacances des fêtes.Son père et sa mère ne furent pas dupes du manège ; mais iis respectaient ia vie intime, les pensées non-ex-primées de leur fille si bien instruite chez les soeurs.• * • La petite aube naissait en ses couleurs indécises sur les plaines enneigées du hameau quand Martial Martin descendit faire les feux: Il y avait le poêle à deux ponts de ia salle d’avant, et celui tout reluisant de la cuisine, avec ses tuiles vertes et sa barre nickelée toujours si bien astiquée.Jetant un coup d'oeil inquisiteur du côté de la ferme de Magioire Ouellette.Martial jugea du froid cingiant qu’il faisait au-dehors.par la fumée en flèche qui montait de la cheminée de la maison de son voisin.A ce moment précis, son hôte descendait à pas feutrés l’escalier de la cuisine : — Bien le bonjour, monsieur Martin.Je vous dis merci de tout mon coeur pour votre hospitalité de ia nuit.J’espère que madame et mademoiselle auront compris pour ma lassitude d'hier soir ?Je m'excuse si j'ai été impoli.Et sur le champ, le jeune homme chargea son sac de routier sur son dos.enfonça sa casquette de feutre sur ses oreilles, à cause du vent froid sur la grande route, et partit vers l’incertitude .Le père Martin raccompagna dans la cour.Il avait l’air indécis et soucieux.Quand on vieillit on a parfois des souvenirs cuisants qui mordent au coeur : en regardant cette jeunesse que le manque de travail faisait vagabonder, il se rappelait ce fils parti à l’aventure pour les Etats, et jamais revenu au village.On était sans nouvelles de lui, depuis deux ans.Et, pourtant, comme ça aurait été réconfortant d’avoir à ses côtés un fils, un aide, un ami quoi!.— C’est-v vrai que vous pouvez bûcher du bois, faire ie train, traire les vaches ?— Je ferai tout ce que vous me commanderez, monsieur Martin, il faut que je gagne ma vie.Ses yeux exprimaient la pressant désir d ur.e halte, son être n'était qu'attente, espoir, presque une ferveur aveugle en cet avenir qui s’offrait.— Allons, jeune homme, je vous embauche pour la saison du bois.Mais dites-moi donc votre nom ?.— Charles Lamarche, monsieur Martin.L’air du matin était frais et piquant.Le vent ne gémissait plus : il était soudainement parti là-bas, là-bas, poursuivi par le soleil victorieux.Sa lumière déversait déjà dans l'âme du vagabond un regain de vie.Son corps las se rassemblait | autour de lui.comme l'çquipe de ' tâcherons à l'appel du maure.Present ! • • • Ayant vaqué tout le jour aux tâches quotidiennes autour de la ferme, Martial, le soir venu, donna le [signal du retour à la maison.Il faisait presque nuit, depuis que le dernier rayon s'était enfoncé sous [la grisaille cendrée de la colline j comme un crabe dans ie gravier.' Le silence et la nuit se confondaient.A la campagne, à cette heure-là.chacun rentre à son foyer ou s'enferme dans sa coutumière solitude.En hiver, le soir venu, les paysans ont l'apparence de bêtes hibernantes tap.es dans leur tanière.Pour eux, une journée s’enfonce à jamais dans l’abîme .Comme ils entraient dans la cuisine.la bonne Mélanie retirait du fourneau des tourtières dorees et croustillantes.La joie sereine s'assit à la table avec Marthe, rentrée de sa tâche d’apôtre .La simpli-’ cite des moeurs paysannes acceptait le nouveau venu comme un des leurs.On causa en famille, tout en mangeant "laborieusement Après le repas, comme tous les soirs précédents, Marthe proposa d'écouter quelques melodies enregistrées sur disques.Et comme tous les soirs.Charles s'esquiva par l'escalier de la cuisine, comme apeuré de retrouver la voix d’un passe banni.Quelle énigme, pour ces braves gens, que l’attitude repliée, presque douloureuse de cet homme, devant certaines manifestations de la vie.Marthe, plus intuitive, et peut-être plus intéressée, tentait vainement de déchiffrer la cause du mutisme de Charles.Elle constatait qu'à certain jour, il plongeait fixement son regard intelligent, mais anxieux, dans un amalgame de misère intérieure.Ii semblait, alors, contempler son propre destin pour ses jours à venir, sans espoir, avec crainte et apprehension.Se déciderait-elle, enfin, à lui demander l'aveu de son existence passée ?.L’occasion fut complice de sa tendre curiosité.Marthe avait organisé pour le vingt décembre, une fête enfantine autour d'un sapin orné de bougies et de babioles rutilantes.Monsieur le curé, le maire de la paroisse et les conseillers municipaux rehaussaient de leur importance la joie humble des écoliers du hameau.Vers les dix heures, chacun retourna là ses soucis ou à ses rêves antici- I pés.Seule, dans la salle de clas-Ise, Marthe vérifia si les dernières ! braises se consumaient dans le poè-' !e en fonte.Précautionneusement [elle éteignit une à une les bougies à ' demi-consumées dans le sapin odorant.La porte verrouillée, elle attendit, sur !e seuil, que son père vint 1 la chercher avec le berlot bleu, tiré ;par "la noire".Combien le retour 'serait agréable, emmitoufflée sous Tes couvertures en laine du pays, ; lasse et heureuse, oubliant toute | réalité dans le silence infini de cette nuit étoilée .A son étonnement, elle vit surgir derrière l’orme, au bout de la galerie, la figure timide et craintive de ne, la figure timid .Charles Lamarche.— Que se passe-t-il donc, mon père serait-il malade, ou est-ce maman qui aurait été soudainement [indisposée, questionna-t-elle ani xieuse.— Pas le moins du monde, made! moiselle Marthe, vos parents sont à [jouer leur partie de bésigue, en attendant votre retour à la maison.— Mais alors ?.— Mais alors, oui.c'est moi-même qui ai demandé à votre père de venir au-devant de vous, au village, ce soir.Je voulais me faire pardonner tant de choses, en pariant seul avec vous, le long du chemin.Je me rends bien compte, allez, combien mon attitude étrange vous intrigue tous.Et plus particulièrement vous, mademoiselle Marthe J’en souffre, car vous avez été si bons, depuis que j’habite sous le toit de votre père.Mais .— Enfin.Charles, m'expliquerez-vous l'énigme de votre vie ?Je sens, je sais que vous souffrez.Je voudrais vous aider selon mes forces et mes faibles moyens.Je vous écoute Pariez.je vous prie.— Marthe, cet aveu m'est affreusement pénible ; car.sachez que je suis ur.homme qui affronte la’terre les mains vides, ignorant tout de son passé.Je suis le vagabond sans nom, sans identité ." Une lutte âpre semblait l'anéantir.N'osait-il pas espérer à cette minute une promesse de vie passionnante qui allait mal tourner?.: Il ralentit d'un commandement bref le trot du cheval qui “sentait” le j retour à ia litière chaude de l’écurie .Et, passant sa main sur son front, comme pour chasser une avi; lissante inquiétude, courageusement, il fit le récit de sa terrifiante aventure.— Un jour, est-ce il y a un an ou j plusieurs années, je l’ignore, Mari the, je fus frappé d’amnésie.Vous savez n'est-ce pas, ce que signifie ce mot ?— Oui, j’ai fait mes études à i école normale.C'est une diminution ou perte de la mémoire.Elle apparait à la suite d'accidents nerveux.de chocs, de travaux excessifs ou d'excès, et n’est souvent que passagère Un autre choc, une reminiscence, peuvent provoquer un retour de mémoire.C'est absolument cela, Marthe, i vous m’autorisez à vous appeler par votre prénom ?>, je suis si malheureux.que j éprouvé une joie inconnue à sentir votre sollicitude se pencher vers ma détresse morale.Pendant quelque temps, j’ai été le vagabond sans nom qui.de villes en villes, dans le tourbillon de la vie trépidante, a cru oublier toute l’horreur de i’inconnu, en s'identifiant à tant d’autres vaincus.Eti oien, non! je n'ai pas trouvé dans les grands centres, l’apaisement que je cherchais avidement.Comme tous les declasses, je vivais en brûlant la vie, sans espoir d'un lendemain prometteur .C'est alors que j’ai éprouvé le désir violent d’un inconnu, d'un inconnu qui vous appelle d’une voix irrésistible.Il me semblait que l’atrocite de mon existence en marge, je la supporterais comme, un moindre mal.en vivant en contact pius immédiat avec la nature.Je fuyais les civilisés : les autres, ne sont-ils pas plus humains ?.Alors, je suis venu dans ce pays de montagnes, en quête d'un autre moi-mème .— Mon pauvre ami, combien je vous plains.Combien je voudrais vous aider a jeter un pont entre ce passé eteint et le présent si angoissant.Nous alions tenter ’.'experience hasardeuse, mais passionnante, d'eveiller en votre esprit, par une mélodie ancienne, des noms évoqués.soit des noms de personnes ou de villes, d'eveiller, dis-je, l'étre qui dort dans le subconscient de votre pensée ankylosee.La nuit était devenue si noire qu'elle semblait tomber pour toujours.Tout le long de la montée, les petites chaumières blanchies à la chaux épousaient la blancheur de la neige .Au milieu du silence quasi religieux, leur pensée si sereine, si pure était l ame même de la nuit de vigile heureuse.Le front soucieux, les yeux perdus dans le vague de ses inquietudes.Charles monologuait sa complainte : — Qui suis-je ?D'ou proviennent certains goûts, certains désirs, ces rêves indéfinis qui traversent ma pensée ?Ai-je un foyer ?Y a-t-il quelque part sur la terre, des parents, des amis alarmés sur mon sort ?.Oh ! mon Dieu, aurais-je une epou-' se, des enfants ?.Qui suis-je | donc ?.j Marthe tressaillit dans sa jeunes-[se.a cet interrogatoire precis et douloureux.Mais vaillante, elle ne laissa rien paraitre de son anxiété personnelle.— Je vous suis fraternellement | unie.Charles, dit-elle, nous tente! rons l'impossible pour vous faire ! recouvrer votre personnalité.I Ah ! la coûteuse liberté de deux ! amities seules au monde, liées sous la menace du même sort ?.S'il y a parfois une médiocrité mesquine dans certaines manifestations d’amitié.celle-ci était tout dévouement.tout oubli de soi et des autres ."L'humanité n est qu'attente, espoir et ferveur aveugle en l’avenir”.Ils étaient, eux, toute cette humanité dans l’attente !.Nos meilleurs souhaits de Joyeux Noëi ! | I 303 Avenue PARENT — Téléphone 12 (VOISIN DE LA GARE DU PACIFIQUE CANADIEN) SAINT-JEROME Etablie en 1905 Charles se soumit a l’expérience auditrice que lui imposa Marthe, durant les jours qui suivirent leur entretien.Toutes tentatives d'évoquer le passé, de faire vibrer la corde sensible, furent vaines.Un voile opaque obstruait les souvenirs.La vie passée était une étape sans dénomination.Le mur derrière lequel .s’abritait la personnalité dédoublée de Charles Lamarche était un mur infranchissable, inaccessible aux plus audacieux efforts.Sur la ferme, la besogne allait bon train.Ce matin de décembre froid, on faisait ‘boucherie”, chez les Martin.Deux cochons gras seraient égorgés.Le pere Martin, expert du canton, ferait la besogne aux victimes ! Mélanie affairée participerait au rite séculaire : elle recueillerait dans une terrine, pour le fouetter en vitesse, le sang qui devra servir à confectionner le boudin au lard.De son côté.Marthe, en vacances scolaires.avaient déjà les manches retroussées et le tablier à carreaux de sa mère, pour "cuisiner".Ses mains fines plongeaient dans la pâte à beignes avec tout l’entrain d'une fillette s'enfouissant dans un banc de neige.Seul, Charles, ne participait pas à l'entrain général.Les préparatifs de la fête joyeuse le laissaient froid.Il portait en lui sa douleur incomprise.sauf de Marthe, qui l'épiait à ia dérobée, tandis qu’il cordait le bois vert dans la cour de la ferme.En général, les êtres ne sont sensibles et ne prêtent secours qu'aux détresses qui leur sont communes.Il y a parfois si peu de compréhension même entre des êtres qui croient pourtant s'aimer .Cette amitié que Marthe portait, au malheureux Charles était l’essence même de la générosité.Mais que faire de plus pour lui venir en aide ?Depuis des Jours, 11 était là, devant elle, comme une bête blessée, une loque dépouillée et pantelante : L’existence est pour certain être, une marâtre ! où est la Justice, l’égalité, le droit au bonheur ?.Soudain, un cri arraché à des entrailles de femme cingla l’air matinal.Le voisin, Ouellette, qui tenait entre ses mains de lutteur la bête glgottantc qu'on égorgeait, accourut en appelant : au secours ! .Le père Martin, venait de se faire une entaille au poignet et le sang gicialt sur les murs de la ‘'remise”.Vite ! Vite au secours ! .Charles.plus proche, bondit vers le blessé qu’il examine avec un air soucieux et “connaissant".— Vite, des linges propres, de l’eau bouillie, ma trousse, du catgut .Allons, vite, votre tablier, madame, afin que Je fasse de la compression en attendant une aiguille stérélisée et des pinces hémostatique.Marthe, ébahie, affolée par la foudroyante révélation restait sur place : Chirurgien ! chirurgien ! répétait-elle nerveusemnt.Sa mère courrait de la maison à la "remise”, se pilant aux ordres brefs du garçon de ferme, trop préoccupée pour constater l'insolite situation.Les rôles étaient renversés momentanément, mais que lui importait, ne s'agissait-il pas de sauver son homme qui saignait à blanc .Tandis que Magioire Ouellette, était allé quérir le docteur, au village.Charles, sans sourciller, ligaturait l’artère avec une sûreté de doigté rpii dénotait un entrainement antérieur.Mais une fois le travail opératoire terminé, Charles fut pris soudain d’un tremblement incon- trôlable.Des sueurs perlaient sur ] son front, les dents lui claquaient j dans la bouche.Saisi d'une terreur ! nouvelle, il s'enfuit loin de cette scène tragique qui lui rappelait avec effroi une autre opération tragique .Ii revoyait nettement la salle d'amphithéâtre de l’Hôtel-Dieu, les infirmières stylées, son assistant, jeune interne senior, attentif à ses moindres ordres.L'opéré, homme dans la cinquantaine, atteint d'un cancer au duodénum : beau cas, en effet, pour le professeur démontrant, devant une jeunesse étudiante avide d’apprendre sur le vif !.Horreur ! .Une syncope avait emporté le patient, en dépit de piqûres ci'adrenaUne, d’injection intraveineuse.Là est le point de départ d'une autre effroyable tragédie : l’amnésie !.Le docteur François Garneau, vaincu par l’émotion trop violente, s'effondra sur son lit en sanglottant.A ce moment.Marthe entra en “coup de vent” : — Le docteur du village qui vient d’examiner mon père déclare qu'il n'aurait sûrement pu faire une operation aussi parfaite.Rassurez-vous donc, mon pauvre ami, et venez avec nous pour remercier Celui qui vous a mis sur notre route, pour votre bien et le nôtre .Vous avez mérité d'etre enfin heureux, d'oublier, de revivre !.— Heureux ! mais je ne saurais l’étre, maintenant, sans la tendre amitié qui m'a visitée durant les heures douloureuses de mes dernières luttes morales.Marthe, vous avez été la femme comprehensive, patiente et douce qui s’est penchée avec compassion sur ma detresse ; je sais maintenant que je suis un homme libre de tout lien passé, et je vous supplie de 11e pas m’abandonner .Mon ami ! mon très cher ami !.Apres les jours austères de l’A-vent, peuplés de soucis ménagers et de préparatifs compliques, une allégresse inouïe tomba sur le hameau laurentien avec la fête de Noel.En la nuit de vigile, ii faisait bon rencontrer tout le “voisinage” endimanché.dans le portique de l'église.Bibliquement ou devenait tout à tous : c’était la trêve heureuse ! Chacun saluait son voisin avec effusion, on serrait des mains fraternelles.Une attente déjà religieuse organisait la Noël pieuse de ces humbles paysans.N'était-ce pas tout à 1 heure que Dieu et l’homme allaient faire ie sublime éciiange.La paix était tout au bord du ciel, prête à s'envoler vers ia terre.Dans quelques instants, le GLORIA descendrait jusque dans la vallée où.dans les logis clos, des vieillards, des infirmes, les jeunes meres auprès des bers, poursuivaient la tradition des mille AVE.Dans la plaine et dans la montagne l’étoile était sur les étables; sur les routes enneigées, les sonnailles tintaient au rythme joyeux des coeurs simples .Quel beau voyage dans la nuit sous les châles en laine du pays ! Des que tout ce petit peuple em-maillotté eut pris place dans 1?.mo-| deste église en pierre des champs.1 l'orgue éclata dans la jubilation.Le prêtre dans un va et vient autour de l’autel illuminé, préparait la divine naissance.Chacun répétait intérieurement sa petite histoire : les malheurs de son champ, la paralysie du vieux, l'espoir, les remords et le repentir alternaient avec une passion renouvelée.Soudain, chaque coeur fut un monde, un autel, une crèche, et dans chaque poitrine l'éternité de Noel descendit IL EST NE LE DIVIN ENFANT!.L'espérance n'a plus rien à faire, "le ciel humain crève la voûte, et rejoint l'autre tout pareil !” Marthe, la petite institutrice à l'école du rang, avait pris place dans le banc de famille A ses côtés.r, C r- V* CARILLONS DE NOEL Le vieux sonneur monte au clocher, Jusqu'aux meurtrières béantes Où les corneilles vont nicher.Et, chétif, 11 vient se percher Au milieu des poutres géantes.Dans les ténèbres où ne luit Qu'un falot pendant aux solives, Il s'agite et mène grand bruit Pour mettre en danse cette nuit i_a:s battants des cloches massives.Joyeuses, avec uu son clair, Les voix des cloches, par le faite Des lucarnes s'en vont dans l'air, Sur les ailes du vent d'hiver, Comme des messagers de fete.Noel ! Noel ! Sur les hameaux Où les gens rentrent à ia brune, Sur les bois noirs et sur les eaux Où tout un peuple de roseaux Frissonne au lever de la lune.Noël ! .Sur la ferme, là-bas, Dont la vitre rouge étincelle ; Sur la grand’route où, seul et las, Le voyageur double le pas, Partout court la bonne nouvelle .Oh ! ces carillons argentins Dans les campagnes assombries.Quels souvenirs doux et lointains, Quels beaux soirs et quels doux matins Ressuscitent leurs sonneries ! Jadis Us me versaient au coeur Une allégresse chaude et tendre ; J'ai beau vieillir et passer lleur, Je retrouve joie et vigueur Aujourd'hui, rien qu'à les entendre .Et cette musique de l'air, Cette gaîté sonore et pleine.Ce choeur mélodieux et clair, Qui s'en va dans ia nuit d'hiver Ensoleiller toute la plaine.C'est l’oeuvre de ce vieux sonneur Qui, dans son clocher solitaire.Fait tomber, ainsi qu'un vanneur, Cette semence de bonheur Sur tous les enfants de la terre.ANDRE TIIEUKIET.Charles, droit et mince, très pâle, avec je ne sais quoi d'inconnu dans le regard : une avidité presque douloureuse à percevoir le silence arrondi sous cette voûte et fait de l'émotion qui étreignait les coeurs.La voix de son enfance chuchottait une incantation mystérieuse et préparait le bonheur, comme le soleil allume les étoiles.Aux fuites de l'oubli, il opposait son coeur neuf I Ce coeur clos comme un vase et comme une maison, dévoré d’intense méditation.tout accablé par les délices de son âme rénovée.De sa terrible aventure il gardait une stupeur ardente ; mais voici que cette nuit, ineffablement, 11 pressentait au fond de son coeur anxieux les immenses besoins de la tendresse humaine.Amitié de Noël !.Tout est douceur, promesse, paix.Chacun rêve selon son coeur et la tradition de Noël soulève l'ave-nlr.Notre idéal est solidaire de la race, c'est demain qu’il faut faire beau.Et comme tous les amoureux de tous les temps disent leurs transes sur de vieux airs, inconsciemment il entonna le GI.ORIA IN EXCELSIS DEO ! .Son coeur se vidait d'amertume : une grande bonté tombait sur lui, 11 plus seul en face de l'avenir une gr; n'était [Dans sa pensée heureuse, tout s'é-j pousait ; et les rayons de la lune qui glissaient à travers les vitres s'unissaient dans son esprit à la ferveur d amour qui possédait son âme.Marthe, toute accablée par les délices de cette nuit divine, était sûre d'avoir trop rêvé pour ne point posséder la révélation de sa raison exigeante qui, passionnément allait vers celui qui rayait élue pour les jours à venir .A ia sortie de l'église, une averse d’argent tombait sur la place publique A contre-lumière la façade restait noire, trouée d'un paradis de ierges La lune guidait la caval-ade déchaînée des petits berlots bleus ou rouges, à travers les routes balisées.Le "bedeau" avait allègrement repris la besogne des anges, et la pastorale s'en allait dans les airs, avec sur la terre un miracle de plus !.Sainte et solide merveille de ce qui est coutumier à nos belles traditions familiales ! Venez vers nous, avant ce soir de vigile heureuse, afin que nous ayons, nous aussi, la révélation fascinante du miracle d'amour.MARYSE.Décembre 1937 Saint-Jérôme, le 24 décembre 1937 L’AVENIR DU NORD Pttgm trois j ^SCCCCOSOOOOBOCCOSSOCCCOeOOOOCOOOOCCOOK I 1MCCCCOOOK SEUL JOURNAL ch; OISTRICT oi TERRLBONNE Etabli en 1897 MINISTRES NERVEUX Les provinces d'Ontario et de Québec ont chacune un premier ministre nerveux.C'est le moins que l'on puisse dire.L’honorable Hepburn parle trop.avant de manger (on ledit dyspeptique) ; l'honorable Duplessis parle trop.après avoir mangé (on le dit gourmand).Les deux excès ne valent pas mieux 1 un que l'autre, comme on vient de le voir une fols de plus.Dans un diner, a Shawinlgan, M Duplessis a prêché la discorde nationale sous prétexte de défendre l'autonomie provinciale que personne n’attaque.Il a, par des paroles insolites, Insulté M.Purvis, le président de la Commission nationale de placement, accusé Ottawa de vouloir mener les provinces à sa guise, et annoncé que l'Ontario, Québec et les provinces maritimes sont liguées contre les provinces de l’ouest.Nos lecteurs ont pris connaissance de ce discours échevelé de M Duplessis que tous les quotidiens, anglais et français — moins La Patrie i!) — ont rapporté.Discours tellement insensé qu'un député de l'Union Nationale t?i) a dit, à Shawinlgan, le soir même du banquet où M.Duplessis avait si bien mangé et si mal parlé “J'admets que M.Duplessis a fait un fou de lui, ce soir ” Nos lecteurs ont également lu les protestations des premiers ministres des provinces maritimes Ile du Prince-Edouard, Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick, qui ont formellement nie l'existence d’une coalition avec M.Duplessis contre Ottawa et les provinces de l'ouest.M Duplessis — sa digestion étant faite — a voulu s'expliquer, mais vainement.Sa bévue passera à 1 histoire avec tant d'autres sottises qu il ti dites et faites depuis qu il a entrepris d'établir dans notre province le nouveau régime des Purs.En vérité, la province de Quebec est bien à plaindre et profondément humiliée d'avoir comme chef politique un tel brouillon chez qui l'excès d appétit provoque des crises nerveuses qui lui fout prononcer des paroles cpileptiques, alors que ce sur-homme les croit apocalyptiques .Un autre premier ministre énervé, c'est M Hepburn.Il n'en est pas a sa premiere incartade Mais celle qu'il vient de commettre est d'un gros calibre.Il en veut a M.Mackenzie King et à son gouvernement qui, respectueux des décisions des Chambres fédérales, lui refusent le droit d'exporter nos énergies électriques aux Etats-Unis.Devant la ferme attitude du premier ministre du Canada, M.Hepbum, ce dyspeptique politique, devient enragé.M.Mackenzie King lui répond froidement et dignement que cette question sera soumise aux Chambres à la prochaine session qui s'ouvrira le 27 Janvier, alors que députés et sénateurs diront s'ils veulent changer une décision qui, depuis 1907, défend l'exportation de l'électricité produite au Canada.Le premier ministre King a insisté sur le fait que le Parlement est souverain, et qu'il n'appartient pas au gouvernement fédéral, pas plus qu'aux gouvernements des provinces, de statuer définitivement sur de pareilles questions.“Nous préférons ne pas suivre les pratiques des dictatures'.a dit Mr King “Nous réglerons celte question et toutes les questions nationales au Parlement, et en conformié avec la procédure parlementaire britannique".Cette attitude on ne peut plus correcte n'a fait qu'exciter davantage 1 élément bilieux du tempérament de M Hepbum.Il s'est alors aventuré a porter contre M Mackenzie King des accusations qui lui ont attiré un cinglant dementi du premier ministre du Canada, de plusieurs de ses collègues et meme de Washigton que M Hepbum a mis en cause.Ce premier ministre nerveux a prétendu qu’en refusant à l'Ontario la permission d'exporter de l'énergie a l'étranger, le gouvernement fédéral tentait de forcer la province à consentir au projet de la canalisation du Saint-Laurent, qu'Ottawa avait subi dans ce sens une pression des Etats-Unis.M Mackenzie King, dans une déclaration formelle et précise, a tout de suite démenti M.Hepbum.il n'y a pas eu de négociations ofiïcielles ou officieuses avec les Etats-Unis au sujet de l'émission de permis d'exportation de l'énergie électrique, dit M.King En aucun temps, continue-t-il, les Etats-Unis n'ont cherché a faire pression sur le gouvernement canadien en ce qui regarde l'attitude du gouvernement d'Ontario sur le projet de la canalisation du Saint-Laurent, et le gouvernement canadien n'a pas fait pression sur le gouvernement d’Ontario à ce sujet." .M.Mackenzie King dit aussi qu'il ne veut pas se laisser entraîner dans une polémique à ce sujet, actuellement.Il annonce qu'il déposera devant la Chambre toute la correspondance échangée à ce propos soit avec M Hepbum soit avec Washington.Calme et conforme à la constitution canadienne, l'attitude de M Mackenzie King est inattaquable.II parle et agit en homme d'Etat, 'est-a-dlre en chef politique conscient de ses responsabilités, respectueux de la volonté du peuple, maître de lui et guidé par un Jugement sain, bien équilibré En face de lui, les deux premiers ministres nerveux de Toronto et de Québec font figures de pantins dont les ficelles sont entre les mains de petits politiciens ou tie gros schemers.LE FRANC.ij Ce qu’il disait | et ce qu’il veut £aïre 8 8 Aujourd'hui, M.Duplessis favorise b ^ l’exportation de l’électricité ^ b Apres mu* journée passée avec M.Hepburn, le premier ministre b K de la province de Québec se convertit complètement à la pohti- o O C|ne d'exportation et jure de combattre l’interdiction fédérale ^ k Voici scs paroles prononcées mercredi a Shawinlgan : b “En ce qui concerne la province de Québec, le pou- vernement provincial considère qu'il e.st le seul administrateur des ressources de la province, et si Ottawa veut entreprendre de nous contester ce droit, nous sommes prêts, et cela quel que soit le gouvernement au pouvoir a Ottawa, nous sommes prêts, dis-je.a combattre.” Honteuse histoire vécue par les purs Il est vrai, trop vrai, que le 9 août 1937, M.llermas Calvé, barbier-coiffeur, de Saint-Jérôme, ami et organisateur politique de M.Hermann Barrette, député de Terrebonne, a acheté de Mme veuve André Guénette, de la paroisse de Saint-Jérôme, un bane de gravier, pour la somme de $100.Il est vrai, trop vrai, que le 9 septembre 1937, le même M.Calvé a vendu le même banc de gravier au gouvernement de Québec, pour le prix de $4,050., réalisant, en quatre semaines, un profit de $3,G50.Il est vrai, trop vrai, que AL Hermann Barrette a chargé sa conscience de ce marché scandaleux en essayant de le justifier.II est vrai, trop vrai, que dans le piètre plaidoyer, qu’il appelle sa "réponse” aux révélations de l’AVENHt DU NORD, AI.Hermann Barrette a fausse les faits, ainsi que nous l’avons clairement démontré.Telles sont les moeurs politiques du parti des PURS ! A quelque chose malheur est bon : nous trouvons un plaisir extreme à déchirer le masque de ces vilains farceurs qui, par leurs simagrés nationales et leur onctueuse hypocrisie, ont surpris la bonne foi du peuple.Tristesses et sourires Souhaits >5koocoocccoco5ccwoosccoc«s*ococoocooococ*o! LETTRE D’OTTAWA L'honorable Mackenzie King dément M.Hepburn.— Les 63 ans du premier ministre.— La refonte de la loi des douanes.Le très honorable Mackenzie King, premier ministre du Canada, dans une nouvelle déclaration au sujet des exportations d'énergie électrique aux Etats-Unis, a repoussé catégoriquement une accusation de i honorable Mitcheli-F.Hepbum qu une pression serait exercee pour forcer la province d'Ontario a appuyer la canalisation du Saint-Laurent.Mais le très honorable M.King a dit qu'il ne voulait pas engager de poiemique avec le premier ministre d'Ontario.Cette deuxieme déclaration met de nouveau la situation au point, en ce qui concerne Ottawa, mais il est douteux que les commentaires cessent a Toronto ou ailleurs.M.King fait observer, en termes polis, que le premier ministre d'Ontario n’a pas dit la vérité.Il a de nouveau affirmé que la discussion touchant l'exportation d'energie électrique doit etre reser-vee au Parlement.MESSIEURS LES ELECTEURS | L'an dernier, à pareille date, Je souhaitais aux citoyens du comté de Terrebonne "un Noël catholique”.Au cas ou vousn'auriez pas compris, je vous le souhaite de nouveau, i | Les mots se sont écoulés aussi ra-‘ pldement que le sable fin d’un sa-olitr.J'ai essayé, au cours des i : derniers douze mois, d’aider a la 1 prospérité de mes favoris et de mon figaro ; j'ai réussi.Mon gouvernement et moi avons dépensé sans compter les deniers publics dans ce nooie but.Pour développer” la voirie et le ' tourisme, nous avons acheté à VIL 8: PRIX des bancs de sable et donné j de plantureux contrats à de gros X entrepreneurs.Aussi n’y a-t-il plus 6 | de chômage dans le comté de Ter-Si rebonne, ce qui ne m'empêche pas de promettre toujours de gros octrois pour combattre ce chômage que j'affirme etre disparu.Ce que j’ai fait, je l’ai fait avec la coopération de tous ceux que j'ai mis a la place de ces vilains lioéraux que j’ai destitués.J’ai réalisé ce beau programme en faisant manger a la crèche, tout d’abord, mon beau-père, puis mon frère, mon neveu, mon ! barbier, mes organisateurs.| Je remercie l'Echo du Nord qui, quoiqu’INÜEPENDANT (!) me permet de vous écrire'toutes ces belles choses.Je n'ai pas fini de promettre.L'année 1933 vous réserve des surprises.Espérez dans l'avenir, mais défiez-vous de l’Avenir du Nord.Hermann Barrette, député.MELI - MELO refonte de la loi sur les droits de douane afin de rendre certaines dispositions plus conformes aux me- tnoaes modernes du commerce mats, r)______________t___ a-t-on appris aujourd nui, il est fort,1 our L^Pi.>anp*°rme peu proDuole que le travaii soit ter- "° ' ranc mine assez tôt pour etre présenté à ia proename session.Depuis des mois un comité compose du ministre des finances, M.C.-A.Dunning ; du ministre du revenu national, M.J.-L.liisicy; du commissaire du tarif, M.Hector-B.McKinnon; du president de la Commission du tarif, M.George-ii.Sed-gewick; et du commissaire des douanes, M.Hugn-D.Scuny, travaillent a la refonte de la loi.Lorsque leur travail sera terminé, il appert que les cütlerents interets commerciaux du Canada pourront presenter leurs points de vue.Ceia a déjà été fait, notamment pour l'industrie sidérurgique.Lors-| que l'ancienne commission du tarif, presidee par M.W.-H.Moore, députe c noses.Certaines dispositions de la loi sur les droits de douane datent de 1840 et , ., aux communes, fut designee pour - Le„Sisi10inolS?5 Mackenzie King reviser le bareme des droits de ia célébré, le 17 décembre, le 63e douane sur les produits de fer et | anniversaire de su naissance en a acier on tient des séances publi-i travaillant a Laurier-Ho use u,le ques pour permettre aux intéressés giandt partie de la journée.L’a- u exposer leurs opinions, pn s-mioi.u s est rendu chez le gou- La loi sur les droits de douane a verneur general, a Rideau-Hall.De souvent été critiquée a cause de sa nombreux messages de souhaits et complexité et de la phraseoiogie obs-üe félicitations ont ete reçus d amis ^ure de certaines dispositions.Au ae toutes les parties du Canada de cours de 1 enquete sur i industrie 1 Empire britannique, des Etats- textile, il y a quelques mois, le com-üms et d autres pays.missaire royal, le juge W.-F.-A.Tur- Le premier ministre a exprimé geon, fit allusion a la difficulté d ob-son appreciation d'un si grand nom- tenir une interpretation Claire de la bre oe messages et a demandé aux loi En plusieurs occasions, M.Sed-jovrnallstes de bien vouloir la trans- gtivick uepiora le meme état de mettre aux Intéressés, car il lui sera impossible d'en accuser réception personnellement, vu leur nombre.La Légion Canadienne a transmis ses voeux et ses felicitations au premier ministre.L'honorable M.King, qui est un membre à vie de la Legion, a reçu une réplique de l'insigne du pèlerinage à Vimy, insigne en or qui lui fut présenté a Laurier House, ainsi que des fleurs.Les vétérans ont tenu à reconnaître les services de l'honorable M.King et ses bonnes dispositions envers leur association.Les seules personnes qui ont reçu cet insigne sont l'ancien roi Edouard VIII.le roi de Belgique, le premier ministre du Canada et M.Walter Allward, le sculpteur du monument Vimy.Cet insigne d'honneur est la réplique de celui que portaient tous les veterans qui ont fait le voyage de Vimy.le 26 juillet 1936.• • • Un comité a déjà commencé la OPTOMETRISTE-OPTICIEN Bachelier en Optométrie DIPLOME DE L’UNIVERSITE DK MONTREAL Spécialité: EXAMEN DE LA VUE CORRECTION DES TROUBLES .MUSCULAIRES DES YEUX PRESCRIPTIONS DE VERRES PAUL E.TALBOT, Ba.O.330 rue SAINT-GEORGES — SAINT-JEROME Pour consultations : Tél.171 A Saint-Jérôme, les lundi, mardi, mercredi et jeudi, 7 à 10 PJVL BUREAU-CHEF : 6761 rue SAINT-HUBERT, MONTREAL LA A1AISON NATALE DE LAURIER ACHETEE PAR LE GOUVERNEMENT se dit "nationaliste-indépendant.” C’est le subterluge de 1911 qui recommence.Ce faible écho d'une Le premier ministre, M.Macken- ancienne campagne de préjugés et zie King, vient d'annoncer que le gouvernement, avec l'approbation unanime de la Commission Canadienne des sites et des monuments historiques, a autorisé le ministre des mines et des ressources .,, .^ .-, ^ ^.Maurice a obtenu du gouvernement !¦££
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