L'Avenir du Nord, 7 juillet 1939, vendredi 7 juillet 1939
CHENTER 1897-1939 SEUL JOURNAL ou DISTRICT de TERREBONNE EXISTANT DEPUIS QUARANTE-DEUX ANS 1897-1939 "Le mot de l'avenir est dans le peuple même; nous verrons prospérer les fils du Saint-Laurent" (Benjamin Suite) SAINT-JEROME, P.Que.Abonnement : $2.00 par année Directeur et Propriétaire Honorable JULES-EDOUARD PREVOST Publié par IMPRIMERIE J.-H.-A.LABELLE, Limitée Saint-Jérôme LABELLE QUARANTE-TROISIEME ANNEE, NUMERO 27 Journal hebdomadaire — Cinq sous le numéro LE VENDREDI, 7 JUILLET 1939 Le fiasco de l’enquête des comptes publics A Hull, lundi dernier, dans une immense assemblée par laquelle le chel libéral Adélard üodbout, a terminé la tournée triomphale qu'il vient de laire dans le nord-ouest de la province de Québec, l'honorable Damien Bouchard a prononcé un remarquable discours.M.Godbout, parlant apres lui, a dit de ce discours qu'il était magistral et constituait un écrasant réquisitoire contre le parti et le gouvernement des Purs.Que nos lecteurs, de toutes nuances politiques, lisent avec attention ce que nous extrayons de cet important discours : La principale raison que nos adversaires ont invoquée pour demander au peuple de renverser l'ancien gouvernement c’était que la corruption régnait en maîtresse chez les ministres et les représentants du peuple Le premier engagement solennel qui a été pris par le saint homme Duplessis c’était celui de tenir, des les premiers jours de son arrivée au pouvoir, une enquête des comptes publics qui ne devait se terminer que lorsqu'il aurait fait incarcérer dans nos pénitenciers tous les ministres lélons.tous les deputes prévaricateurs et la horde de leurs complices.Les prisons, alïirmalt-il, ne seraient pas assez grandes pour tous les contenir.Et, avec des gestes d'incorruptible Robespierre, il s'engageait a prouver que ce qui avait été révélé par l'enquête déjà commencée ne représentait pas un dixième de un pour cent des méfaits et des crimes de ceux qui étaient au pouvoir.Apres trois ans Nous sommes à trois ans, tout près, de l'accession au pouvoir du terrible vengeur de la morale publique offensée et non seulement aucun membre du gouvernement libéral n'est en prison mais pas un seul ministre, ni un seul député n’a même été mis en accusation.Et ce n'est pas que le premier ministre a négligé de faire faire des recherches pour incriminer les anciens ministres et les anciens députés libéraux.Il a engagé, aux frais de la province, une armee d’espions, de policiers secrets, de vérificateurs de comptes pour tacher de nous trouver en faute.Il est allé jusqu'à faire payer par la Commission des Tramways, c'est-à-dire par le peuple de Montréal, alors que son ami de coeur le notaire Savoie était a la tête de cette commission, un des faux témoins qu'il m'a mis dans l'impossibilité de convaincre de parjure en m'empe-chant de l'interroger comme c'était mon droit.Pendant un an ce délateur méprisable a été sur les listes de paie de la commission des tramways alors qu'il travaillait au profit du gouvernement comme témoin à charge contre ses anciens patrons.Et c'est ainsi que le gouvernement de la vareté comprend le respect des droits d'autrui.Cette enquête restera non seulement comme le plus grand fiasco du gouvernement Duplessis mais aussi comme le plus grand monument d'iniquité dont un parti au pouvoir ne se soit jamais rendu coupable.Un fiasco Je dis qu'elle a été un fiasco de premier ordre et il n'est pas difficile de le démontrer.Comme je viens de le dire, dès le premier jour de son arrivée au pouvoir le gouvernement a mis tous les services publics en branle pour trouver en faute les ministres et les députés libéraux.Les employes publics ont été interrogés et invités a dénoncer leurs anciens chefs et on a vu ce spectacle ignoble que nous a donné l'auditeur de la province en venant critiquer les rapports qu’il avait lui-même signés sous son serment d'office pour permettre au premier ministre de tenter de salir la réputation d'officiers supérieurs ou d'employés de son rang, et ses proches disent qu'il a trouvé cette vilaine besogne tellement dure qu’il a failli perdre le peu de raison dont la nature l'a si chichement gratifie.Pour être plus sûr de ne pas rater son enquête le premier ministre, qui n’a confiance qu'en lui-même, s'est ravalé jusqu'à se faire l'avocat a charge après avoir été l'accusateur.Et quand les témoins ne faisaient pas son affaire il s'est fait témoin lui-même en répondant pour eux.il a eu soin de nommer parmi les députés ministériels qui faisaient partie du comité les plus veules, les plus serviles et les plus insulteurs qu il a pu recruter chez ses partisans.Il nomma six ministériels contre un oppositionniste pour être bien certain de se faire approuver en tout et partout car il n'ignorait pas que parmi les députés ministériels qu'il nommerait il s'en trouverait au moins quelques-uns ayant de la décence et qui pourraient refuser de se rendre ridicules en approuvant ses excès de la, tique et ses plus malicieux écarts de langage.Les acteurs de la farce C'est ce qui est arrivé ; quelques-uns des membres du comité qui ont refusé de devenir des acteurs participant ouvertement à la mise en scène du premier ministre sont restes muets et se sont éclipés à de fréquentes reprises, dégoûtés des dénis de justice et du chahut soulevé par la bande de flagorneurs toujours prête a approuver leur chef même loisqu ii auiall du être le plus sévèrement condamné.Je revois encore la figure tremblante et suppliante du député de Hull, le président de cette farce tragi-comique, lorsqu’il était envisagé durement par le premier ministre qui lui enjoignait de donnei une décision contraire a toutes les règles du bon sens et de l’équité.M.Taché, dm est un avocat connaissant les usages de nos tribunaux de justice, Jurait du donner sa démission pour protester contre les tactiques déloyales de son chef à l'endroit des témoins et des inculpés auxquels il est allé Jusqu a refuser l'assistance d'un avocat, ce qui est inouï dans l'histoire des tribunaux du pays.Non, il est resté à son poste affaissé devant son maitre.lui qui cependant accusait les anciens libéraux d'être des moutons suivant à la file leur chef aux pieds duquel ils avaient abdiqué leur volonté.Première série de séances La première année le comité a siégé pendant trois ou quatre semaines Le premier ministre a fait rebàcher par le comité des faits qui avaient etc révélés contre des employés publics aux séances antérleuses aux élections et il a commencé dans le département du surintendant de 1 Instruction Publique des recherches qu’il a prudemment étouffées et dont on a plus entendu parler par la suite.Il s'est appliqué à torturer deux employes du département du trésor dont H voulait la tête ; il n'a absolument rien Prouvé contre eux.Il a cependant démis l’ancien chef de ce depaitement, M.Williams, ce qui lui rend plus facile le camouflage des finances publiques qui sont aujourd'hui dans le désarroi le plus complet comme je le fera voir subséquemment.M.P.B, Williams a été vengé en ayant etc nommé expert financier par le gouvernement du Nouveau-Brunswick.Quant à celui qu'il avait accuse à maintes reprises d'avoir subreptice-nient, réintroduit dans la voûte des obligations de la province qui tn a\ a été sorties pour s’en servir pour lins de spéculation personne le 1 est encore au service de la province dans la même position qu'il occupait, voilà comment 11 se fait que monsieur Duplessis emploie des gens qu traitait, il y a trois ans à peine, de voleurs publics.11 ne valait pas évidemment la peine de dire qu'il allait falloir agrandir le^ ponltenclere pour y loger tous les prévaricateurs de l'ancien régime.M.1 up .aussi accusé un monsieur T.-E.Rousseau de s'être fait payer un compte de vingt-cinq mille dollars pour du gravier qu'il n avait J uni a a * gouvernement.Or, au cours de l'enquête, J’al fait prouver pai es \ \ ^ témoins de monsieur Duplessis en leur faisant produire les connu ssl monts des livraisons «lu chemin de fer, que ce gravier avait etc_im dans mon propre comté et étendu sur la route entre la ville < e Hyacinthe et le village de Snlnt-Damnse ; 11 a même servi de couche ut a dit : Les troisièmes partis n'existeront pas.aux prochaines élections provinciales Après avoir fait quelque ébullition, ils retomberont et ne diviseront plus les libéraux, qui se sont laissés prendre par eux en 1936." Dénonçant les hypocrites qui ont faussement accusé les libéraux, M.Adélard Godbout a déclaré avec fierté : On a répandu assez de calomnies sur notre compte pour vous faire douter de vos chefs.Je suis resté pauvre toute ma vie.je suis soi',., pauvre de ia politique, et cependant, on disait de moi que j'étais le plus grand "trustard" de la province.Il me reste, aujourd'hui, malgré ces accus-:.fions, votre crédit, et je sais que je puis compter sur ce crédit.Il me semble que lorsqu'on veut, comme nos adversaires, dénoncer les puissances financières, il faut d’abord s’arracher à leur joug.Je ne fais pas de démagogie et je ne vais pas jusqu’à dire que ceux qui ont de l’argent sont des voleurs.Une cliqueté des comptes publies "Nous étions supposés, en 1936, avoir rempli nos poches de votre argent.Les prisons devaient être multipliées pour recevoir tout l’ancien dô BtÏ.LOaigiïîé notaire Nous avons le regret d’annoncer la mort de M P.-A.Longpré.notaire, de Sainte-Rose.Le défunt était une des figures les mieux connues et les plus populaires non seulement du comté de Laval mais de la région nord de Montréal.Le notaire Longpré, qui avait 75 ans, était né à Sainte-Adèle.Il lit sc-s études classiques, partie à Sainte-Thérèse et partie à l’Assomption.Il vécut plusieurs années à Saint-Jérôme où il pratiqua comme notaire.Il y a trente-cinq ans il alla vivre à Sainte-Ro.se dont il fut maire pendant dix-huit ans.Ii fut aussi préfet du comté de Laval durant douze ans.Pendant trente-quatre ans il occupa le poste de régistrateur de son comté.Plusieurs autres charges importantes, lui furent confiées.C’est dire que le notaire Longpré jouissait de la confiance publique et de l’estime de tous.Homme intègre, au coeur large, chrétien convaincu, il laisse le souvenir et l’exemple d’une vie exemplaire.Il avait épousé, en premier mariage, Coraiie Chauvin, de Terrebonne, décédée en 1921.et, en second mariage.Cordé!::; Larchevêque.Il laisse un frère, M.P.-II.Longpré.et deux soeurs Mmes P.Dorval de Sainte-Adèle, et ‘Dr) Wilfrid Grignon.de Montréal Les obsèques ont eu lieu, à dernier.du notaire L/mgpré Sainte-Rose, mardi mesquines, de marcher sur les réputations des homme: publics ayant droit, comme les simples particuliers, de garder leur honneur Intact tant et aussi longtemps qu’ils n’ont pas démérité de leurs concitoyens.Iis voient maintenant clairs dans le jeu des adversaires du parti libéral et ils attendent avec hâte le moment de réparer leur • : r- .Gouvernement d’usurpateurs et de lâches Parlant à la Chambre des députes fai déclaré s .nt.e.s reprise .que de même que l’enquête des comptes publics avait pern .aux adversaires du parti libéral de renverser injustement l’ancien gn ivemement ainsi elle serait la cause de la défaite méritée du pré ; : ouvernement.J’ai dit là une vérité qui s’imposera sous peu au peuple , ,>tte province Je viens de démontrer qu’elle n’a rien prouvé contre le., membres de l'ancien gouvernement et contre les anciens libéraux, qu i i.a pas même eu l'ornbre d'une accusation de portée contre au un d eux.Puisque e C
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