L'Avenir du Nord, 20 septembre 1940, vendredi 20 septembre 1940
K CHENIER District ERRÊBONNE SEUL JOURNAL m m 1897-1940 EXISTANT DEPUIS QUARANTE-TROIS ANS 1897-1940 "Le mot de l'avenir est dans le peuple même; nous verrons prospérer les fils du Saint-Laurent".(Benjamin Suite) SAINT-JEROME, P.Qué.Abonnement : $2.00 par année Directeur et Propriétaire Honorable JULES-EDOUARD PREVOST Publié par IMPRIMERIE J.-H.-A.LABELLE, Limitée Saint-Jérôme QUARANTE-QUATRIEME ANNEE, NUMERO 38 Journal hebdomadaire — Cinq sous le numéro LE VENDREDI, 20 SEPTEMBRE 1940 Hitler convoite l’Amérique depuis 1933 “Je progresserai pas à pas, niais avec une logique de fer.” (Hitler) Son ambitloin croissant avec ses succès, Hitler, vainqueur de Munich — clef magique qui lui a ouvert la porte à toutes ses victoires successives et foudroyantes — et maître de l’Europe continentale, veut dominer tout le monde civilisé, pour !e détruire et le rebâtir à sa façon, à la façon barbare.Comme tous les conquérants qui ont bouleversé le monde antique et moderne, le Führer poursuivra ses conquêtes avec une fureur de plus en plus diabolique, jusqu’à la déroute complète de ses armées.Rien ne l’arrêtera plus, sauf une défaite écrasante aux mains des peuples libres, ou, ce qui semble encore improbable et très éloigné, une révolte en Allemagne et la chute du régime nazi, en même temps que l’écroulement de l’Axe.Philippe.Alexandre, Annibal, Sclpion, César.Charles-Quint, Napoléon, jaloux du prestige des autres peuples et hanté par le désir orgueilleux de les subjuguer tous, ne se bornaient pas à élargir leurs frontières à même les pays limitrophes contre lesquels ils nourissaient, à tort ou à raison, des griefs, mais, dans leur soif toujours inassouvie de conquêtes, se faisaiient un devoir impérieux et glorieux de porter la guerre chez les peuples les plus paisibles qui ne leur portaient pas ombrage, dans les contrées les plus lointaines.Ces grands capitaines et chefs d’Etat illustres dont la puissance précaire s’est vite effondrée, éclaboussant leurs peuples dans son écroulement rapide et souvent définitif, s'ingéniaient à trouver prétexte à leurs invasions injustifiées, harcelant sans répit leurs futures victimes.Ils marchaient ainsi dans le sang de nations innocentes rendues hostiles et belliqueuses par leurs provocations incessantes, jusqu'au jour où de puissants antagonistes surgissent et marchassent dans leur propre sang.Jusqu’ici, U en a été de même de Hitler.Il en sera ainsi dans l'avenir Et d'autant plus que son ambition s’avéra aussi insatiable, bien avant ses succès phénoménaux Dés son accession au pouvoir, il avait non seulement conçu le projet de changer la face de l'Allemagne, d’assujettir son peuple à ses caprices, et de ressusciter la Plus-Grande-Allemagne mais, avec cette lucidité prophétique que les événements nous forcent à lui reconnaître, il avait même déterminé d’avance l’ordre de ses conquêtes presque toutes effectuées depuis, par coups d’audace ou par la force des armes.Lisons plutôt les témoignages d’Hermann Rauschning, ancien chef nationa-socialiste du gouvernement de Dantzig.Dans Hitler m’a dit.l’ancien confident du chancelier nous révèle ce que le vainqueur de l'Europe continentale exposait à ses intimes en 1934.dans son programme de domination mondiale : — "Je forgerai le noyau d’acier d’un nouvel empire dont les liens seront indestructibles.L'Autriche, la Bohême et la Moravie, l'Ouest polonais ! Un bloc de cent millions d’hommes, infrangible, sans fissure et sans minorités libres ! Voilà le fondement solide de notre domination.Autour de ce bloc, d’abord une confédération de l'Europe orientale.La Pologne, les Etats baltes, la Hongrie, les Etats balkaniques, la Géorgie.Une confédération, sans doute, mais dont, bien entendu, les partenaires n'auront pas les mêmes droits que les Allemands.Une union de peuples auxiliaires, sans armée, sans politique propre, sans économie propre.Et je ne pense pas un seul instant à faire à aucun de ces pays des concessions sur une base humanitaire.Par exemple à la Hongrie, pour la restauration de ses anciennes frontières.Je ne ferai aucune différence entre les amis et les ennemis.L'époque des petits Etats est révolue.Puis un autre système d'Etats vassaux à l'Ouest : confédération de la Hollande, des Flandres, du Nord de la France.Enfin une confédération du Nord : le Danemark, la Suède, la Norvège.” Et Hitler se perdit dans la peinture complaisante de ses visions.— ‘‘A partir de maintenant, les rapports des forces seront constamment modifiées, continua-t-il, mais au terme d’une période préparatoire tout travaillera pour l'Allemagne.Il n'y aura plus de neutres.Le destin des neutres est de devenir les satellites des grandes puiissances.Ils seront aspirés.Tout cela ne se produira pas d'un seul coup.Je progresserai pas à pas, mais avec une logique de fer.” Les prédictions du Führer se sont réalisées avec une précision effarante pour les contrées qui lui ont échappé jusqu’ici mais qui sont inclues dans son plan d’invasion mondiale, comme l’Amérique où nous arrivons enfin, et sur laquelle Hitler entretenait des visées dès 1933 alors qu’il se complut, un jour, à développer ses desseins devant Rauschning et quelques fidèles : “Ce jour-là, écrit Rauschning, j'entendis, pour la première fois, exposer le programme démesuré d'un Reich allemand d'outre-mer.Je fus étonné de voir qu'IIitler avait des vues d'expansion jusqu'au Pacifique.Le noyau de cette colonisation serait fourni par les iles que l'Allemagne possédait naguère dans les mers du Sud ; on y joindrait les colonies hollandaises et toute la Nouvelle-Guinée ; Hitler déclara encore qu'il fallait empêcher le Japon de trop s'étendre et, pour cela, le détourner vers la Chine et vers la Russie.Hitler rêvait encore d'un Dominion allemand dans l'Afrique Centrale et prévoyait enfin une immense entreprise révolutionnaire aux Etats-Unis.Avec la chute de l'Empire Britannique.Hitler espérait mettre fin à l'influence des Anglo-Saxons en Amérique du Nord et la remplacer par la culture et la langue allemandes comme étape préliminaire à l'incorporation pure et simple des Etats-Unis dans son grand Empire mondial." "Ha réaction contre les nègres, contre les gens de couleur en général et contre les Juifs ; la loi de Lynch, la naïveté de l'Américain moyen, le scepticisme de certains milieux intellectuels et leurs doutes sur la "prospérité", l'expérience des savants qui ont étudié l'immigration et qui savent par conséquent à quoi s’en tenir sur l’inégalité des races, tout cela me donne la certitude que les éléments encore sains des Etats-Unis se réveilleront un Jour, comme ils se sont réveillés en Allemagne.Seule l’idéologie national-socialiste est capable de délivrer le peuple américain de la clique de ses oppresseurs et de restaurer là-bas les conditions de croissance d’une grande nation.” Hitler s’animait dans le cercle des auditeurs silencieux : “Cette tâche d’assainissement, dit-il, je l'entreprendrai moi-même, en commençant par rétablir la suprématie de nos Germano-Américains." — "Comment pensez-vous y arriver, mon Führer ?" demande Goebbcl.s.^ — "N’oublez pas qu'il s'en est fallu d’une voix au Congrès pour que la langue allemande fût adoptée comme langue nationale.L'élément germanique entrant dans la composition du peuple américain sera la source de sa rénovation politique et intellectuelle.Pour le moment le peuple américain n’est pas encore une nation, nu sens où nous entendons ce mot ; c'est un conglomérat d’éléments disparates.En mettant les choses aux mieux, ce n'est que la matière première d'une nation dont les Yankees n’ont pas su créer l’unité, occupés qu'ils étalent avant tout à entasser les dollars.Iis payent aujourd’hui la rançon de leur propre richesse et sont empêtrés dans une crise qu’ils n'arriveront pas à surmonter." - "Voulez-vous dire, demandai-je à Hitler, que le Germano-Américain, régénéré par le nntional-scoialisme, est appelé à diriger les destinées de l'Amérique ?” Un reliquat du gouvernement Duplessis Le régime des Purs a laissé des reliquats plutôt que des reliques.Telle est la tradition des tories et des castors.Dans l’état financier que vient de nous faire connaître le trésorier de la province de Québec, nous trouvons des traces de la mauvaise administration des Purs.L’exercice annuel du 1er juillet 1939 au 30 juin 1940 accusa un déficit de $18,471.328, constitué par l’excédent des dépenses ordinaires et extraordinaires sur les revenus.Au temps des Purs, leur trésorier, Ml.Fisher, pratiquant le camouflage caractéristique de l'Union dite nationale imaginait des surplus en mettant de côté les dépenses extraordinaires.Avec cette méthode de surplus-fantôme, au bous de trois ans, les Purs furent chassés du pouvoir, laissant épuisé le crédit de la province et après avoir doublé la dette publique.Le gouvernement Godbout a mis fin à la comptabilité mensongère des Purs.Le Canada analyse comme suit l’état financier que vient de nous présenter l'honorable Mathewson, trésorier provincial : UN BEAU TEMOIGNAGE A MACKENZIE KING Signalons cet extrait du message de M.Churchill, premier ministre de la Grande-Bretagne, en réponse à celui que lui a envoyé le premier ministre du Canada, la semaine dernière : "Je suis très heureux de saisir l'occasion de vous remercier personnellement de tout ce que vous avez accompli pour la cause commune et particulièrement en accentuant l'harmonie de sentiment dans le nouveau inonde.Cette profonde compréhension aidera grandement à préserver l’Europe contre le retour des âges de barbarie." “Le gouvernement Godbout a été élu aux urnes le 25 octobre 1939.Il a assumé l'administration quelques Jours après, le 8 novembre.A cette date, donc, quatre mois de l’exercice fiscal en cours s'étalent écoulés.Ce qui s'était passé durant ce premier tiers de l'année ,sous le régime de M.Duplessis, les dépenses faites, par exemple, ne peut être imputé aujourd’hui au gouvernement Godbout.Le plus que pouvait faire la nouvelle administration c'était de redresser immédiatement la situation, d’enrayer le gaspillage et de finir l'année le mieux possible, sans espoir d'annuler les dépenses déjà faites et en respectant les engagements pris par le gouvernement précédent."Dans ces circonstances, il est étonnant de voir que le déficit de 1939-40 n'est que de $18 millions.En effet, le budget de 1939-40, le dernier présenté par M.Fisher, annonçait des dépenses totales de $81188,391.Or.le 8 novembre 1939, à la fin des quatre premiers mois de l'exercice, le gouvernement Godbout découvrit que $67,956,000 de ce budget étaient déjà dépensés ou engagés, laissant pour compléter les deux tiers de 1 année un solde de $13,244,000."Situation impossible”, comme le disait M.Mathewson, qui a pourtant réussi à limiter les dépenses totales de l’année à $108,195,047 ($67,956,000 dépensés en quatre mois par le gouvernement Duplessis et $40,239.047 en huit mois par l'administration Godbout)."En somme, l’état financier que le trésorier provincial nous met sous les yeux ne donne pas une juste idée des résultats que donnera l’administration financière instaurée par le gouvernement Godbout, car il se rapporte à un exercice fiscal dont le budget avait été l’oeuvre de l’Union nationale.En dépit de cela, cependant, cet état a sur les précédents l'avantage appréciable de la franchise." — "C’est exactement cela, répondit Hitler.D'ici très peu de temps, nous aurons une organisation de S.A.aux Etats-Unis.Nous dresserons nos jeunes gens et nous aurons alors des hommes, auxquels la pourriture yankee n'aura personne à opposer.Ce sera à notre jeunesse de reprendre la grande tâche que Washington n'a pas accomplie et que la démocratie corrompue a foulée aux pieds." — “Mais n'allons-nous pas compliquer ainsi, terriblement, notre propre lutte en Europe ?”, demanda l’invité du Führer.“N'allons-nous pas faire des plus puissantes familles américaines nos ennemies mortelles?Mon Führer, j'ai peur que vos vastes idées ne soient étouffées avant qu'elles n'aient eu le temps de mûrir.” Hitler s'échauffa : "Comprenez donc une bonne fois que notre lutte contre Versailles et notre lutte pour un ordre nouveau dans le monde ne sont qu’une seule et même chose et qu'il ne nous est pas possible de nous arrêter à une limite ou à une autre, suivant notre commodité.Nous réussirons à faire de notre système politique et social une réalité mondiale, à l'imposer à toutes les nations.Ou bien nous échouerons même dans la lutte banale que nous menons contre un traité de paix qui, en vérité, n’a jamais exiisté et qui.dès le premier jour de son entrée en vigueur, a démontré que l'on avait confondu les vainqueurs avec 1er vaincus.” — "Rien no sera plus facile que de provoquer en Amérique du Nord une révolution sanglante, intervint Goebbels.Il n’y a aucun pays au monde où il y ait autant de frictions sociales et raciales.Nous aurons là plus dîme corde à notre arc." Le conquérant moderne est explicite.La régularité avec laquelle se sont accomplies ses prévisions depuis deux ans a permis aux peuples d’Amérique de se ressaisir, et a provoqué sur ce continent une levée de boucliers qui ne fait que commencer.L'Amérique a compris qu'elle ne doit pas agir comme le France oui a été victime de ses illusions sur la puissance et l’invulnérabilité de la ligne Maginot, et comme l'Angleterre qui avait basé ses plans sur la résistance de la France Pendant que le monde assiste, haletant, à l'épique bataille d'Angleterre.et que les apaches de Berlin, de Rome et de Madrid complotent dans l'obscurité des chancelleries, Roosevelt et King mettent en commun les ressources de leur pays, et unissent les sacrifices de leur peuple dans l'effort défensif de tout un continent.Cette politique de défense ne se confine pas et ne peut se confiner à l'Amérique, toutefois.Il est de notre devoir d'aider de toutes manières nos alliés (la Grande-Bretagne et les lambeaux de peuples qui s'y sont réfugiés après l'invasion de leur pays par les nazis) à vaincre les Boches avant que notre première ligne de défense qui est actuellement sur la Manche et sur la Tamise après avoir été sur le Rhin, ne soit sur l'Atlantique et le Saint-Laurent.Avec sa "logique de fer", le chancelier place l'incorporation des Etats-Unis dans son empire mondial après la chute de l’empire britannique.L'effondrement de la puissance britannique amènerait donc néces-sirement la conquête du Canada.Ou bien le vainqueur en disposerait en même temps que des autres membres du Commonwealth, ou bien il attendrait le moment de régner sur la république du sud, pour traverser la ligne 45e, invulnérable depuis plus d'un siècle pnr la volonté pacifique de deux grandes nations amies.Avec tous les moyens à leur disposition, Hitler et ses comparses — à condition qu'il leur abandonne quelques pieds de neige pour récompenser leur zèle — feraient de nous ce qu’ils ont fait de tant d’aures peuples."Il n'y aura plus de neutres.Le destin des neutres est de devenir les satellites des grandes puissances," affirmait Htler en 1934.Les événements des deniers mois l'ont prouvé brutalement.Le devoir des peuples civilisés et chrétiens que n’a pas encore écrasés la barbarie nazie, consiste à graviter dans l'orbite de Londres plutôt que dans celle de Berlin.C’est, le choix entre la liberté et l'esclavage ; entre la civilisation et la barbarie ; entre le christianisme et le matérialisme.W.E.L’emprunt national devoir de l’heure Annonçant qu’il ne restait plus que $5,535,000 à souscrire pour atteindre, l’objectif projeté, l'honorable J.-L.Isley, ministre des finances, a déclaré, hier soir, que les registres de l'emprunt seront clos samedi midi.Le total des souscriptions s’établissait, jeudi soir, à $294,465,000 M.Isley exhortait en même temps le public à surpasser l'émission et i.en faire un "succès éclatant"."Rien ne démontrera plus clairement au minde entier”, ajoutait-il “la volonté de vaincre du peuple caoa-diien.Plus on surpassera l’ém sston, et plus le succès en sera marqué plus on encouragera nos amis tout en confondant l’adversairp”.UN ARTICLE A LIRE A TTENTIVEMENT Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur l'article que notre collaborateur W.E.écrit dans lAvenir du Nord d’aujourd’hui.Son titre : "Hitler convoite l'Amérique depuis 1933", donne à réfléchir.Qu'on lise cet article, attentivement.Il est d’une saisissante actualité.L’^ECLAIREUR” DEMANDE DE LA LUMIERE Le rédacteur de L’Eclaireur, de Beauceville, est mal éclairé ! C’est, du moins, ce qu'il avoue dans un article qu'on vient de nous communiquer.Notre confrère voit trouble.Il ne comprend pas un passage de la causerie faite à la radio par notre directeur, le 4 septembre.Nous lui donnerons, la semaine prochaine, les explications qu'il demande et dont il a besoin pour éclairer la lanterne de L'Eclaireur.D'ici là, nous souhaitons qu'il ait la prudence de ne plus marcher à tâton sur le terrain de la neutralité constitutionnelle.MELI-ME LO OTTAWA OCTROI Sô,000,000 A QUEBEC, POUR LE CHOMAGE L’appel du cardinal Villeneuve S, Em.s’adresse à ses compatriotes comme citoyen du Canada et comme dignitaire ecclésiastique Texte de sa causerie radiodiffusée Souscrire au deuxième emprunt de guerre du Dominion n’est pas seulement un devoir patriotique, c’est une collaboration nécessaire à la préservation des ldéals chrétiens et à la protection des libertés sociales, a dit lundi soir à la radio S.Em.le cardinal Rodrigue Villeneuve.Son Eminence a parlé en français et en anglais au réseau Radio-Canada.Il a déclaré que l’emprunt de guerre constitue un excellent placement et qu’il devrait particulièrement Intéresser ceux qui possèdent quelques centaines de dollars et qui désirent les confier à l’entreprise la plus sûre.S.Em.le cardinal a ajouté qu'il est de l'Intérêt de tous les peuples chrétiens, respectueux des traditions et des institutions qui leur ont été léguées, de s’unir afin de se protéger et de sauver leur pays du danger qui nous menace tous.Et si nous ne pouvons pas manifester notre patriotisme en portant les armes pour la défense de notre pays, a-t-il dit, au moins, répondons généreusement à l'appel de notre gouvernement et souscrivons à l’emprunt de guerre.Nos prêts permettront au gouvernement d'équiper nos braves soldats et de leur fournir les armes et les munitions essentielles à la poursuite de la guerre.Edmund Burke a déjà dit, a ajouté Son Eminence, qu'aimer le lieu que l’on habite est le premier principe de civisme.Cela est vrai, mais notre amour ne doit pas aller qu'à notre village ou à notre ville.Il doit s'étendre au pays tout entier et à l’empire dont nous sommes heureux de faire partie et qui est maintenant attaqué par une nation formidable, un peuple qui ne se soucie d’aucune loi.humaine ou divine, et qui livre un combat sans merci au christianisme qu'il voudrait remplacer par une monstruosité, le néo-paganisme.S.Em.Mgr Villeneuve a ajouté que nul n’est parfait chrétien s’il n’est parfait patriote.* * * TEXTE DE SON EMINENCE "Mes chers compatriotes, "Qu’on ne s'étonne point de m’entendre, ce soir, faire un appel spécial aux Canadiens de langue française en faveur du nouvel emprunt de guerre que le gouvernement fédéral met sur le marché.Je procède ainsi à titre de citoyen du Canada, d'abord, croyant pouvoir exprimer là-dessus mon sentiment, sans heurter les opinions politiques ou sociales de quiconque.Je le fais, en outre, à titre de dignitaire ecclésiastique, assuré qu’on reconnaîtra en ma démarche une attitude conforme aux principes et aux directives de l’Eglise, qui n'est point étrangère aux pays qu’elle habite, et qui soutient toujours l’autorité civile dans les plus graves devoirs qui incombent à celle-ci.“En effet, l’heure n’est plus de nous demander si nous devons, oui ou non, entrer en guerre.Nous y sommes plongés, et sous la menace de l’ennemi le plus irréductible.L’intégrité, et même la survivance de l'empire, non seulement sont en jeu, mais bien aussi la liberté de notre pays, l’existence de nos traditions religieuses, de notre civilisation française, et de tout ce qui a fait jusqu’ici notre vie nationale, sa force, sa plendeur et sa fécondité.LE TERRORISATEUR ACTUEL DE L’UNIVERS La province de Québec recevra $5,000.000 dans l'entente concernant le chômage pour l'année commencée le 1er avril dernier et se terminant le 31 mars, déclare l'honorable T.-D.Bouchard.C’est aussi la somme payée à la province d’Ontario.Le ministre dit qu’à sa conférence avec l’honorable Norman McLarty, ministre du travail, il y a eu entente sur les termes et conditions.L'accord devra maintenant être ratifié par les gouvernement fédéral.L'honorable M.Bouchard se dit satisfait du résultat de la conférence.* * * CAMPAGNE QUE LE CARDINAL APPUIE Dans une lettre à l’honorable Henri Groulx, secrétaire provincial et ministre de la santé, S.Em.le cardinal Villeneuve approuve et appuie la prochaine campagne de souscription de la Croix-Rouge canadienne.L'honorable M.Groulx est président conjoint de la campagne dans la province, avec M.R.-N.Watt, de Montréal.La lettre du cardinal dit : “La campagne de souscription de la Croix-Rouge dans la province de Québec, l'an dernier, a démontré l’intérêt et la sympathie de notre peuple pour les victimes de cette guerre qui, hélas, au lieu de s’achever menace de se prolonger avant de nous apporter une juste victoire."Nous avons donc toutes les raisons de contiinuer notre encouragement à cette oeuvre.C'est pourquoi je recommande la nouvelle campagne de la Croix-Rouge qui sera lancée au cours du mois.“L’esprit chrétien bien plus que le sentiment humanitaire inspirera sans doute à tous la générosité et la liberté dans leurs contributions à l’oeuvre de la Croix-Rouge, afin de diminuer autant que possible les souffrances qui se sont abattues sur des nations entières et qui en menacent d'autres." • • • LES ETATS-UNIS ET LE CANADA S’UNIRONT POUR SE DEFENDRE Les Etats-Unis et le Canada étudient un moyen par lequel iis unt-ront leurs forces défensives “adve-(Suite à la deuxième page) "Je n’ai point à revenir sur le jugement sévère que je croyais devoir prononcer publiquement, il y a quelques mois, contre le terrorlsateur actuel de l’univers, mais je le maintiens.Car les événements n’ont pas démenti ces assertions, ni adouci les moeurs de ce potentat persécuteur et sacrilège, lequel, au mépris des règles fondamentales du droit des gens, après avoir envahi de ses bataillons de fer et de feu dix nations voisines tour à tour, cherche maintenant à traverser les mers pour détruire la Grande-Bretagne.Il continue de soumettre les civils eux-mêmes de toute une nation aux pires horreurs des sièges antiques ; il n'épargne ni les enfants dans les écoles, ni les femmes dans leurs foyers, ni les malades dans les hôpitaux, ni les voyageurs dans leurs navires, déversant partout ses traits, ses chocs et ses Incendies ; il détruit les cités, les monuments, les demeures ; 11 n'a d’autre mesure dans le déploiement de sa force meurtrière que la cynique folie de sa rage."Non, il n'est point possible de pactiser avec un ennemi pareil, qui n’est point tant un capitaine adversaire qu’un suppôt du mal, cherchant à effacer toute religion et toute raison, toute noblesse, toute justice et toute humanité.CE QUE COMMANDE LE PATRIOTISME “Le patriotisme commande dès lors à tous ceux qui ne veulent point être ses victimes de se dresser dans les rangs de la défense commune et de concourir à remporter la victoire.Or, il arrive que, de nos jours, et surtout avec les tactiques de la guerre actuelle, ce sont moins encore la vaillance des soldats et le nombre des armées que la puissance matérielle des armes et l’appui de la nation entière qui triompheront dans le combat.Voilà pourquoi la guerre est par-dessus tout une guerre économique, et qu'elle durera pour notre délivrance ou pour notre écrasement, selon que les gouvernements auront entre les mains ce que l’on a appelé si justement le NERF de la GUERRE, c'est-à-dire, les millions nécessaires pour faire échec à la mitraille et forcer enfin l’ennemi à reculer en sa déroute."N’objectez point insidieusement que de fournir des fonds de guerre ne fait qu'en prolonger la cruauté.C’est là le raisonnement de pacifistes naïfs ou pervers, qui n’ont de pitié que pour les malfaiteurs, et ne saisissent point ou ne veulent point convenir que la justice et la compassion les plus hautes sont encore celles qui défendent la victime et délivrent l’opprimé.L’EGLISE N’EST POINT CONTRE LA DEFENSE DU DROIT "Ainsi, puisque nous devons lutter pour la victoire, nous devons fournir à nos défenseurs des avions, des torpilles, des engins de guerre qui neutraliseront ceux de l’ennemi et le feront enfin rendre quartier.Tel est le moyen efficace d’exercer la justice et de protéger le droit.Et voilà à quelles pensées j’invite mes compatriotes, leur répétant ce que je leur disais naguère, que, si l’Eglise est contre la guerre, elle n’est point contre la défense du droit.Elle accueille et protège les victimes, de quelque camp qu'elles viennent, mais elle n’a jamais indifféremment blâmé ni approuvé les combats.Elle bénit le glaive qui se donne pour mission de rétablir l'ordre, la justice et la véritable paix.CONFIONS NOS EPARGNES A L’ETAT “Ajouterai-je que l'intérêt personnel et une sage prudence financière invitent en l’occurence tous ceux qui parmi nous ont quelque épargne à en tirer les revenus les plus sûrs en la confiant à l’Etat.Je m’adresse ici plus directement aux petits épargnants, pour leur rappeler qu’ils ne sauraient trouver meilleur placement.Qu’Ils soient en garde, à ce propos, contre les rumeurs défaitistes des uns, et les fausses maximes économiques des autres.Les économistes les plus experts et les plus désintéressés sont unanimes à affirmer qu’aucun prêt ne saurait avoir de garantie égale au crédit même de toute une nation.SI un jour, l'Etat ne pouvait reconnaître (Suite è la deuxième page) Page deux L’AVENIR DU NORD Saint-Jérôme, le 20 septembre 1940 LE DEVOIR DE L'HEURE .(Suite de la première page) ses obligations, la valeur de la propriété privée et le crédit des emprunteurs particuliers seraient encore bien plus profondément bouleversés.“Au surplus, il convient à notre prestige national de Canadiens-français, et aux intérêts même de la religion en notre pays, que, dans l’effort commun du soutien économique de la guerre, nous ne tirions point en arrière ni ne prenions figure de tièdes ou d’indifférents.Pour des raisons qu’il n’est pas l’heure d’exposer, nous n'avons pas.U est vrai, le gros capital financier du pays.Mais nous avons à un degré rare la petite épargne, réserve et appui peut-être les plus fermes de la valeur économique d’un peuple.A preuve, tant d’églises, de collèges, d’hôpitaux, d’institutions sociales, qu’elle a élevés sur le sol.en particulier de notre province et qui en sont l’ornement et l’insigne de force.Eh bien, je crois que beaucoup de ceux qui ont quelque cents dollars en disponibilité feront bien de les employer à soutenir l’Etat dans son entreprise de victoire, tout en s’assurant un intérêt avantageux.Leur placement sera sür, profitable et il contribuera à démontrer la force française et le patriotisme catholique des nôtres.Et point n’est besoin d’ajouter que pareille attitude en compromet en rien ses libertés politiques, et laisse à chacun d’approuver ou de blâmer ensuite les gouvernements successifs."Une quarantaine de millions sont encore offerts aux petits épargnants.Qu’ils les prennent, et cela hâtera notre victoire, que d’ailleurs j’ose fermement espérer.Moins pour des raisons exclusivement humaines, que pour tant de généreux sacrifices qui s’accomplissent présentement en faveur d’une paix équitable, que pour tant de prières qui s’élèvent parmi nous et dans toutes les parties de l’empire.“Un exemple singulier frappe, à cet égard, les regards chrétiens.A la tête de tous, nos souverains.George VI et la reine Elisabeth, modèles non seulement de vertus domestiques, mais de la plus noble intrépidité comme elle convient aux rois, demeurent sur les champs de défense, exposés eux-mêmes aux bombes incendiaires, courant partout pour consoler les victimes et se pencher sur les blessés.Or.c’est Sa Majesté qui a prescrit des prières au Seigneur parmi tous ses peuples, et ce sont ses ministres qui font confiance à la Providence de Dieu.Ils ne seront point déçus : même si nous n’en sommes point dignes, le Seigneur donnera au moins gloire à son nom selon la pensée du psalmiste : "Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam.” iPsaume CXIIIi.” Derniers hommages au sénateur André Fauteux Les funérailles de l’honorable sénateur André Fauteux ont eu lieu, le jeudi 12 septembre, en l’église Saint-Germain d'Outremont, en présence d’un grand nombre de parents et d’amis.La levée du corps a été faite par Mgr Conrad Chaumont.P.A.vicaire général.Le service a été chanté par le R.P.Benoit O.C.cousin du défunt, assisté de MM.les abbés Philippe Chartrand, supérieur du séminaire de Sainte-Thérèse, et M.Labrosse, son neveu.Le choeur, sous la direction du Dr A Gratcn.maître de chapelle, a chanté la messe funèbre de Perosi.On remarquait au choeur, en plus de Mgr Chaumont, le chanoine Z.Alary, le chanoine R.Drouin, le R.P.Irénée Lavallée, C.S.V., curé de Saint-Viateur d’Outremont, MM.les abbés J.-S.Barrette, curé de Saint-Esprit de Montcalm, S.Gascon.J.-A.Graton, curé de Saint-Nicolas d’Ahuntsic.Philippe Labelle, du séminaire de Sainte-Thérèse, Percival Caza, du séminaire de Sainte-Thérèse.J.-C.Beaudin, aumônier du Mont-Saint-Louis.J.-L.Chartrand.du séminaire de Sainte-Thérèse, B Presseault et plusieurs membres du clergé.La dépouille mortelle était précédée de quatre landaus de fleurs.Les porteurs d’honneur étaient l’honorable J.-L.Saint-Jacques, juge de la cour d’appel, Mes Francis Fauteux bâtonnier du Barreau de Montréal J.-A.Julien, le Dr H.Archambault, l’honorable J.-H.Rainville, sénateur ; l’honorable Arthur Trahan, juge de la cour supérieure, l’honorable Paul Mercier, juge en chef de la cour de circuit, et Mme Maréchal Nantel, bibliothécaire du Barreau de Montréal.Suivaient immédiatement le corbillard les membres de la famille du défunt : MM.Napoléon Fauteux Maurice Fauteux et Alfred Fauteux.ses frères ; Jacques Bélanger, sur gendre ; le Dr Ernest Bélanger, MM.Thomas Dussault, Henri Rolland Jean Rolland, Olivier Rolland, Achille Rolland, l’honorable Thibau- | deau-Rinfret, juge de la cour suprême du Canada, Me C.-E.Marchand, ses beaux-frères ; MM.Gabriel Fauteux, pharmacien.Laurent Fauteux.avocat.Victor Fauteux, Arthur Fauteux.J.-L.Fauteux.Georges La-londe, ses neveux ; Jacques et Maurice Fauteux, ses cousins.On remarquait aux premiers rangs du cortège : le très honorable Arthur Meighen.leader du parti conservateur au Sénat, l’honorable P.-B.Migneault, ancien juge de la cour suprême, les honorables Sévé-rin Létourneau et J.-C.Walsh, juges de la cour d’appel, les honorables Elie Beauregard.Donat Raymond.C.-P.Beaubien.Arthur Marcotte.P.-E.Blondin.Jules-Edouard Prévost et Lucien Morand, sénateurs, les honorables Philippe Demers.L.-J.-M.Loranger, Phiiémon Cousineau.Louis Cousineau.Alfred Forest, C.Gordon Macidnon.Alexandre Chase-Casgrain, Alfred Duran-leau, Théodule Rhéaume et Alphonse Décary, juges de la cour supérieure.L’honorable Georges Simard, conseiller législatif, les honorables J.-E.-C.Bumbray et Georges Magnan, juges de la cour de circuit, les juges Amédée Monet, Jules Desmarais et J.-C.Langlois, de la cour de sessions de la paix, M.Joseph Beaubien, maire d'Outremont, le recorder Wilfrid Bessette, d'Outremont, le recorder Aimé Leblanc, de Montréal, les honorables C.-A.Bertrand et H.-L Auger, les échevins J.-M.Savignac, président du comité exécutif de la ville de Montréal.A.-E.Goyette, Zé-non Lesage.J.-H.Delisle, Eugène Durocher, le coroner Richard Duckett, Me Thomas Vier., député d'Outremont et vice-président de la Chambre des communes, Me Guillaume Saint-Pierre, chef du contentieux municipal, l’honorable L-A Rivet, ancien juge de la cour de circuit.MM.H, Barrette.Joseph Fortier, Gustave Léonard, François Marchand, de Saint-Jérôme.Plusieurs autres amis, en très grand nombre, suivaient le cortège.Les obsèques de Fhonorable Marcelin Wilson Des représentants de toutes les 1 classes de la société ont rendu un j dernier hommage à l’honorable Jo- j seph-Marcelin Wilson.Les obsèques ont eu lieu à dix heures, à la basilique-cathédrale de Montréal.La levée du corps a été faite par M.le chanoine Adélard Harbour, curé de la basilique Le service a été chanté par M.l’abbé Ulric Wilson, cousin du défunt, curé de la paroisse de Curran, en Onta- «in m* i t-— .— t»-___ » *w.avxavx.ico uuwcù uattjucô x apincau.D.Ph., et Robert Mitchell, tous deux vicaires à la Basilique, agissaient comme diacre et sous-diacre.S.Exc.Mgr Joseph Charbonneau, archevêque de Montréal, a donné l’absoute, assisté de MM.les chanoines Donat Binette, Albert Valois et Jacques de Martigny.Dans le choeur, on remarquait également Mgr Conrad Chaumont, P.A„ V.G., vicaire-général et directeur de l’Action catholique du diocèse de Montréal.Mgr Olivier Maurault, P.S.S., P.D., recteur de l’Université de Montréal, M.le chanoine A.Sylvestre, archidiacre, M.Ernest-P.Savignac, P.S.S., D.Ph., de l’église Notre-Dame, et plusieurs curés et vicaires de paroisses avoisina,ntes.Dix landaus de fleurs précédaient le cortège.Les porteurs d’honneur étaient MM.Beaudry-Leman.Charles Laurendeau, c.r., le sénateur Donat Raymond, le sénateur D’.-O- Les-pérance, l’honorable Alexahdre Taschereau, l’honorable Philippe Roy, Me Aimé Geoffrlon, M.Jules Timmins.' Suivaient immédiatement le cortège, les membres- de la famille : MM.Peter WÏnkworth, John-M.ÇaJ- der.Raymond Brodeur, Jean Bro-ideur, Wilson Brodeur.Claude Osti-jguy.Guy Brodeur, Pierre et Jean lOstiguy, tous petits-fils du défunt.MMl Paul-Emile Ostiguy et J.-A!dé-ric Raymond, ses gendres.On remarquait dans le cortège: le très honorable Ernest Lapointe ministre de la justice, les honorables P.-J-A.Cardin, ministre des travaux publics et des transports, et Pierre-F.Casgrain, secrétaire d’Etat : l’honorable Cléophas Bastion représentant le gouvernement provincial ; l’honorable Sévérin Létourneau, juge de la cour d’appel ; les Juges Philippe Demers et Arthur Trahan, de la cour supérieure; le juge Jules Desmarais, de la cour des sessions de la paix, et l’honorable L.-A.Rivet, ancien juge de la cour de circuit ; les honorables C.-C Ballyantyne.Arthur Marcotte, Atha-nase David et Elie Beauregard, sénateurs.Les honorables Jacob Nicoi.Alphonse Raymond, Georges Simard.Victor Marchand, Dr Gustave Lemieux et P.-R.Du Tremblay, conseillers législatifs ; MM.Maxime Raymond, député de Beauharnois-Laprairie aux communes ; Vincent Dupuis, député de Chambly-Rouville aux communes; Eugène Durocher, é.chevin de Lafontaine et député de Saint-Jacques aux communes; Ernest Bertrand, Elphège Marier, le Dr Hermas Deslauriers et Sarto Fournier, députés aux communes ; MM.Gordon Hyde, Joseph-A.Francoeur et Emile Boucher, députés à l’Assemblée législative.Plusieurs centaines d’autres amis escortèrent le char funèbre et assistèrent au service religieux.Allocution du juge Phiiémon Cousineau Doyen de la Faculté de Droit Nous sommes heureux de donner le texte de l’allocution prononcée, par M.le juge Philemon Cousineau, le 10 septembre, à l’ouverture des cours de la faculté de droit de l’université de Montréal dont il est maintenant le doyen : L’ouverture des cours de la faculté de droit marque le début des activités de l’année univers*tiaire.- Vos professeurs sont heureux de vous retrouver, anciens et nouveaux, remplis d’entrain et d’exubérante gaieté, apanage de votre jeunesse et de votre confiance en l’avenir.Les temps difficiles que nous traversons n’ont pas et ne doivent pas avoir d’influence amollissante sur votre tempérament, ni sur votre caractère.La vie est un combat et la palme appartient aux persévérants et aux déterminés.S’il nous incombe de ne pas passer sous silence les événements qui af fectent notre faculté, il n’en '.lut pas moins dans cette revue puiser des gages d’espérance plutôt que des motifs de tristesse.Nous avons perdu notre archevêque Mgr Gauthier, chancelier de l’Université, un grand prélat et un ami dévoué de la jeunesse étudiante.et tout spécialement de la faculté de droit.Que de fois, alors qu’il était recteur, ne l’avons-nous pas entendu de cette tribune s’adresser aux étudiants avec éloquence et lent donner des conseils Inspirés par une profonde expérience et puisés dans une haute culture intellectuelle.Une voix plus autorisée que la mienne a fait son éloge au Conseil unive -si-taire et je n'ai pas la témérité d'ajouter à ce qui fut si bien exprimé.Nous trouverons chez son successeur.Monseigneur Charbonneau, le même zèle et le même intérêt.Si je passe à un autre sujet qui nous touche de plus près, la retraite de notre doyen, l’honorable juge Demers, j'éprouve une émotion qu'une assez longue expérience légale et judiciaire ne me permet de surmonter que fort difficilement.Depuis de nombreuses années nous sommes collègues à l'Université et sur le Banc.Il est mon ainé et sa carrière de professeur de droit civil et de droit commercial, ses trente-quatre années de magistrature, l'ont placé dans notre pays sur un plan tel que ce serait témérité de faire son éloge dans une allocufuion nécessairement brève et incomplète.Nous espérons qu’il continuera à s'intéresser à nos travaux et qu'un peu plus de loisirs lui permettra de publier ses notes de cours, véritable somme de science juridique.Mes collègues, tenant à ne pas rompre avec certaine tradition, m'ont fait l’honneur de me placer à leur tête, croyant peut-être que ma longue association avec le juge Demers, i'amitié qu’il m'a toujours témoignée, m’ont procuré quelque peu de cet éclat qu’il répand avec profusion sur son entourage.J'implore d'avance leur indulgence et les prie, ainsi que vous-mêmes chers étudiants, de ne considérer que ma bonne volonté et mon dévouement.La question, ce me semble, que doit se poser l’étudiant qui arrive ici pour la première fois doit être la suivante : Où suis-je ?Queis sont ces personnages qui m’accueillent ?Que dois-je attendre d'eux ?Vous êtes dans une université catholique.Son organisation, les bulles qui l'ont établie, lui donnent ce caractère particulier.Et parce que catholique elle admet, suivant ses règlements, même ceux qui ne partagent pas sa croyance, les assurant qu’ils seraient traités avec justice, respect et charité.Vous êtes dans une faculté où l’enseignement es* donné par des professeurs versés tout spécialement dans la matière dont l'enseignement leur est confié.Vous venez recevoir la formation légale, la formation universitaire exigée pour votre admission au Barreau ou à la Chambre des notaires ; après examens, il vous sera attribué des titres ou degrés universitaires exigés par Jes corps professionals auxquels vous vous destinez.C'est une école de droit : ce n'est pas une école de journalisme, ni de politique, ni littéraire, ni scientifique ; d’autres facultés se consacrent à ces matières, mais la nôtre a en vue de former des notaires ou des avocats.Au cours de votre stage universitaire vous pourrez consacrer vos loisirs à des études accessoires ; mais l'étude principale et fondamentale de notre faculté est celle de la loi.Cette étude est celle du droit en vigueur dans notre province, dans notre pays ; ce n'est pas l’étude d'un droit hypothétique qui devrait exister mais du droit réel qui nous régit effectivement.Ce droit se divise principalement en public et privé, le premier d’origine britannique comprend surtout le droit constitutionnel, le droit pénal, le droit administratif, — le droit privé nous vient de la France ; nous l’avons conservé et nous entendons le garder : c’est non seulement un privilège, mais c'est une mission sacrée de ne le laisser ni décroître ni s’obscurcir.Cette dualité d'origine de notre droit est à l’avantage de tous les habitants de ce pays.Vos professeurs, que vous connaissez et dont les noms et les titres se trouvent à i'annuaire, sont tous des docteurs ; Ils sont à la tête de leur profession et vous avez le droit de vous enorgueillir de vos maîtres et de déclarer qu'ils ne sont éclipsés par nul autre dans quelque université de notre pays.Ils consacrent à leur enseignement une science toujours en éveil.Enfin, — et c'est peut-être le trait qui les honore le plus, — ils ont pour vous tous une aflection sans bornes.Dans de telles conditions, vous ne pourrez que vous plaire durant vos études, et comme vos devanciers vous conserverez de votre passage à l'Université un souvenir agréable.Voilà, messieurs, ce que nous vous offrons.En retour, nous demandons votre confiance, une bonne volonté constante dans la poursuite de vos études, un effort continu, une grande assiduité aux cours, le respect des réglements de l'Université qui vous ouvre aujourd’hui ses portes.MELI - MELO (Suite de la première page) nant une attaque", mais il n'est pas question que le Canada cède des basés aux Américains.M.Fiorello LaGuardia.maire de New-York, parlant au nom du comité conjoint de !a défense cana-do-amérieaine, dit que les experts navals et militaires considèrent les moyens "d’utiliser de la façon la plus efficace” les bases et les points stratégiques dont chacun de ces pays disposent.Déclarant qu’il n’est pas questions pour l'une des deux nations d'acquérir des bases importantes chez le voisin.M.LaGuardia dit : "C'est un comité de défense et n m un comité pour transactions immobilières".Le maire de New-York rit.cette déclaration à l'issue de la deuxième réunion du comité conjoint.Les membres se réuniront de nouveau, le 2 octobre prochain, à Boston.M.LaGuardia déclara de plus que les deux pays entendaient suivre leur programme individuellement et améliorer et augmenter leurs défenses respectives sur leurs propres frontières.Interrogé par les journalistes qui désiraient savoir s’il avait été question de l'achat du surplus du matériel de guerre américain par le Canada, M.LaGuardia répondit avec un sourire mystérieux : "Cela fait partie de la défense, n’est-ce pas ?” • • * ECOLIERS EXPULSES POUR AVOIR INSULTE LE DRAPEAU ANGLAIS Dix écoliers ont été expulsés de certaines écoles de Hamilton par ce qu’ils avaient refusé de chanter le "God Save the King" ec de saluer le drapeau britannique D’autres expulsions auraient été décrétées M.W.-L.Whitelock.président du Board of Education de la ville, a déclaré que la chose ne pouvai; pas en rester là.Il faut qu'une autorité supérieure intervienne.Le Bureau de l’éducation se réunira à ce sujet.Déjà le département de l'éducation de l'Ontario ainsi que le procureur général sont au courant du scandale survenu dans les écoles en question.AJOUTONS LA CONSCIENCE A NOTRE SCIENCE Dans une allocution prononcée le | 9 septembre, après la messe du : Saint-Esprit, qui précédait l’ouver- ! ture des cours à l'université Laval, ! à Québec, Son Eminence le cardinal Villeneuve, chancelier de l’univer- \ sité, a demandé aux professeurs et: étudiants de prier pour les univer- .sités européennes qui ne peuvent plus ouvrir leurs portes et où en j quelque sorte l’esprit s’est éteint.Ce n'est pas parce que la science ! r.’est pas assez avancée qu'en ce t.o- j ment le monde est en flammes d: .Son Eminence.Mais on a eu une j science qui n’avait pas de conscien- j ce.Grâce au Très-Haut, nous avons ; a Québec une université catholique j où la conscience tient le premier j rang.Voilà ce qui doit donner ai notre science toute sa fécondité.Son Eminence, qui célébrait ce ! jour-là le 10e anniversaire de sa i consécration épiscopale, était accompagné à l'autel par les chanoi- ! nés François Blanchet et Edgar Couillard.* * * GRANDS PROGRES DE L’AyiATION EN NOTRE PAYS L'aviation a fait de grands pro- ! grès au Canada en ces dernières années et nous réserve sans doute ! d’autres développements remarqua-blés pour l'avenir.Durant le premier trimestre de ; 1940, la distance estimative parcourue par les avions civils au Canada j est de 2,474.602 milles, dont 2,120.906 milles payants et 353,750 milles non payants.Les voyageurs transportés sont au nombre de 32,001, à l’exclusion des équipages.Les marchan- ; dises transportées s’élèvent à 3,108,- j 083 livres, ainsi que 739,082 livres di matière postale.Il n’a pas été tenté d’évaluer le millage des envolées destinées à la patrouille forestière, la patrouille des pêcheries, la photographie, l'arpentage, la réclame, l’enseignement, les expositions, etc.Toutefois, les heures de vol pour ces services sont connues.Les heures de vol de l’aviation civile, qui ont rapporté des revenus au cours du premier trimestre de 1940, s’élèvent à 17,309 ; les heures de vul non payantes sont de 1,549 ; la patrouille forestière a pris 25 heures ; la patrouille des pêcheries, 23 heures ; l’arpentage photographique, 142 heures ; l'enseignement, 1,235 heures; et les expo-)-tions, 296 heures, soit un grand total de 20,643 heures.Les renseignements sur l’aviation civile sont compilés trimestriellement par le bureau fédéral de !a statistique.* * ?LA PREVENTION DES FEUX DE FORET EST UNE FORME DE L’EFFORT DE GUERRE On peut aider à la victoire en prévenant les feux de forêt, déclare le Service forestier du ministère des mines et des ressources en annonçant qu’environ 86 pour cent des feux de forêt allumés au Canada le sont par des personnes insouciantes.Au cours d'une année normale, le feu ravage plus de deux millions d’acres de terrain boisé et détruit la matière première d’une industrie fondamentale, dont l’importance a grandi encore durant la guerre actuelle.Nos exportations de bois à pâte, de papier et d’autres produits du bois nous assurent une bonne proportion des valeurs étrangères nécessaires à l’achat de matériel de guerre essentiel.Comme le Royaume-Uni ne peut plus obtenir le bois du nord de l'Europe, ce sont les forêts du Canada qui doivent suppléer à cette déficience et fournir toutes les variétés de bois qu'exige la défense de l'Empire.L'effort de guerre du Canada même requiert d'ailleurs de grandes quantités de bois marchand, qu'on doit couper en hâte.Il est donc d'une très grande importance que les forêts canadiennes soient en mesure de suffire à ces demandes, et c'est par conséquent une occasion pratique de manifester son patriotisme que de prévenir le ravage de nos ressources forestières par l'incendie.• • • APPEL AUX JEUNES PAR L’HONORABLE OSCAR DROUIN Parlant de la mine-école provinciale de Val d'Or, Abitibi, l'honorable Oscar Drouin, ministre des affaires municipales, du commerce et de l’industrie, a révélé, en fin de semaine, qu’"il y a actuellement place pour un certain nombre de jeunes gens âgés de 18 à 26 ans révolus, en excellent état physique et d'un poids minimum de 150 livres".Comme on le sait, a rappelé le ministre, "le logement, la pension, les cours sont donnés gratuitement à ces jeunes gens, pendant six mois, et les frais de transport sont assumés par la province.“L'expérience du passé a prouvé, dit-il, que tous ceux qui sont sortis de la mine-école ont trouvé de l'emploi dans les compagnies minières.En fait, depuis l'ouverture de la mine-école, 133 jeunes gens ont été placés."J'insiste particulièrement sur cette occasion favorable qui est fournie aux jeunes de notre province de se créer une carrière, et j'invite tous ceux qui seraient intéressés à de- mander les formules d’inscription au service de l'Aide à la Jeunesse, 109, Grande-Allée, Québec." • • • ENTREE EN GUERRE DE L'ESPAGNE Des observateurs bien informés de la politique espagnole ont affirmé l'importance de la conférence de Berlin entre Serrano Suner, ministre de l'intérieur dans le gouvernement Franco et Joachim Von Rib-bentrop, ministre des affaires étrangères d’Allemagne.On a souligné le désir de l'Espagne de reprendre Gibraltar et la possibilité de son entrée en guerre aux côtés de Rome et Berlin.Suner est le beau-frère de Franco.Ces mêmes observateurs ont prédit un remaniement complet du cabinet de Franco.On s'attend que la “Phalange espagnole" prenne les pleins pouvoirs.Ce parti, à tendances manifestement fascistes présentement sous le contrôle absolu de Suner, préconise l’entrée en guerre de l'Espagne.• • • LE CANADA AURA 48 ECOLES D'AVIATION A LA FIN I)E L’ANNEE A la fin de l'année, il y aura 48 écoles d'aviation au Canada, dont quatre sont ouvertes dans l'Ouest.Actuellement, il y a 4,500 étudiants pour les postes de pilotes, d’observateurs et de bombardiers, tandis que 7,500 sont enrôlés dans les services de l'aviation sur terre.Le plan d'entrainement des aviateurs britanniques comprend dans le moment 600 instructeurs et un personnel d'administration de 4,000 L'aviation au Canada, dans toutes ses divisions, comprend 23,000 aviateurs et 1,950 officiers.Comme on le sait, lorsque le programme d’entrainement sera complet, il faudra un personnel de 40.000 personnes, dont 6,000 civils.• • • LE BILL DE LA CONSCRIPTION EST APPROUVE AUX ETATS-UNIS Pour la première fois dans l'histoire américaine un bill de conscription en temps de paix a été approuvé par le Congrès.Ce bill sera en vigueur dès que le président Roosevelt y aura apposé sa signature.Ou s'attend, dans les milieux officiels, à ce que le président signe ce bill d'ici la fin de la semaine.Soixante mille citoyens-soldats sont déjà dans les casernes et tombent sous le coup de cette conscription.Les gardes nationaux seront mis à l'entrainement le plus tôt possible.Les commandants des diverses unités devront trouver un local provisoire afin que l’entrainement ne soit pas retardé.Un peu plus tard tous les soldats à l'entrainement seront logés dans les casernes modernes et bien aménagées que le gouvernement fait actuellement construire en conformité avec le programme de la défense qui avance rapidement.Le premier appel de cette conscription mettra sous les armes 242.000 officiers et soldats pour une période d'un an d’entrainement.Ce bill lèvera une armée de 900,000 hommes dans un peu moins de deux ans.Tous les hommes de 21 à 35 ans Inclusivement devront s'enregistrer pour le service.Le Sénat a approuvé le bill par un vote de 47 à 25 et la Chambre par un vote de 232 à 124.POUR INFRACTION AU REGLEMENT DE LA DEFENSE NATIONALE Henri Roberge, de lieux inconnus, a comparu samedi matin, à Trois-Rivières, rêvant le Juge F.-X La-coursière sous l'accusation d'infraction aux règlements de la défense nationale.La plainte, signée par l’agent J.-G.-L.Gosselin, de la Gendarmerie, l'accuse d'avoir, depuis le premier août, dans les comtés de Saint-Maurice et de Maskinongé, et particulièrement à Sainte-Ursule, Saint-Boniface et Sainte-Angèle Prémont, "répandu des nouvelles et fait des déclarations destinées ou propres à causer de la désaffection envers Sa Majesté ou à nuire au succès de ses armées".La plainte fut portée en vertu de l’article 39 du règlement de la défense natlnoale.Le prévenu a protesté de son Innocence, et le procès a été ajourné au 20.C'est la première plainte portée à Trois-Rivières en vertu des règlements de la défense, à l'exception de celle qui fut prise contre Nicolas Pyndus avant l'expédition de ce dernier au camp de concentration.• • • OTTAWA VA RESTREINDRE LES APPELS A LA CHARITE Le ministère des services de guerre étudie présentement la possibilité de restreindre les appels à la charité, au Canada, à deux principales sources annuelles : l'une pour les charités de guerre, l’autre pour les oeuvres de bienfaisance civiles.L’honorable J.-G.Gardiner, ministre des services de guerre, a déclaré que les organisations charitables étudient une suggestion à l’effet qu'une date fixe soit déterminée pour chacune des deux campagnes charitables.• • • CHARLES DE GAULLE CROIT EN UNE INVASION DU REICH Le général Charles de Gaulle croit qu’une invasion de l'Europe actuellement occupée par les troupes nazies est possible.Pour ce faire, ajoute ie général de Gaulle, il faudrait que les forces à l'offensive disposent d'une suprématie navale et aérienne suffisante pour qu'elles puissent établir et maintenir une tête de pont, outre-manche, en plus de pouvoir s'approvisionner.Selon ie général de Gaulle, il faudrait également que des troupes de parachutistes précèdent le3 corps d’armée.Ces remarques du général de Gaulle, chef du comité national français à Londres, font partie du livre intitulé "The Coming Invasion of Germany" (L’invasion prochaine de l’Allemagne), publié la semaine dernière.C'est James Marlow qui est l'auteur du nouveau-né en librairie.APPEL AUX CANADIENS "mm mm TOUT CE QUE NOUS DONNERONS - NE VAUDRA JAMAIS Le^ulêdùHPteHT/you/imm NOS SOLDATS SACRIFIENT TOUT .leur foyer, leur famille, leurs amis, leur carrière.Sans y être forcés, mais animés par la fierté et lo patriotisme, ils vont bravement affronter le danger et ils risquent leur vie pour une noble cause.Us se battent pour vous.On ne vous demande pas le sacrifice de votre vie — mais vous pouvez aider à sauver celle des autres.3N DEMANDE D’URGENCE $5,000,000 La Croix-Rouge, de tradition glorieuse, poursuivant un but élevé, a besoin de votre aide pour opposer aux chars d’assaut des ambulances, pour répondre aux bombes par des lits, aux horreurs par des hôpitaux’ à la cruauté par la charité.Voudrions-no’qs être moins généreux quo noH soldats?Noua pouvons leur témoigner notre gratitude et notre admiration pur l’entremise de la Croix-Rouge.LACROIX-ROUCE+CANADIENNE L’AVENIR DU NORD Pag* trou Saint-Jérôme, le 20 septembre 1940 Automne C’est vrai.Je ne sais plus dans cette heure Incertaine, Ou la chauve-souris flotte par l'air obscur, SI Je boirai Jamais à l'heureuse fontaine Où nos illusions se baignent dans l'azur.La lune a disparu derrière les nuages, Comme a fait le beau songe où brillait l'univers, Et Je ne sais quelle ombre étouffe les feuillages Où tant d'oiseaux chantaient au bout des rameaux verts.Est-ce l'ombre nocturne ou ta noire pensée Qui, sous ce laurier sombre où tu pèses tes Jours, Décolore le monde et l'ivresse passée Et noue un large crêpe à l'aile des amours ?Je ne sais.Puisse l’heure où les roses collines Frémiront sous l’abeille et le pied des chevaux, Puisse l'aurore douce au secret des ravines Réveiller ce vieux coeur en dorant mes carreaux ! Puissé-Je, comme hier, répandre sur les choses Un songe si puissant qu’il sache ranimer La colère du fleuve et la sève des roses, Et qu’il ne soit plus rien que je ne veuille aimer ; Et que l'automne et l’ombre, au feu de nos pensées.Présageant l’aube proche et le nouvel azur.Tu chantes, vieil oiseau, sous tes plumes froissées, Pour le siècle qui rêve aux gouffres du futur.Tristan DEKEME Premier rayonnement de l’enregistrement volontaire féminin Sous la présidence de Mme Atha-nase David, le Comité de l'Enregistrement volontaire des femmes du Canada, continue très activement son travail, déjà complété en Ontario et dans les provinces de l'Ouest, de rechercher les compétences féminines et d'enquêter sur le temps et l'effort volontaire que les Canadiennes pourraient fournir si le besoin se faisait sentir en cas de crise nationale.Dans ce but la province a été divisée en comtés qui à leur tour ont été subdivisés en branches locales.Parmi les premiers à s'organiser il faut mentionner le comté de Hull dont la section anglaise a été confiée à Mme R -M Buchan du Women’s Institute, et la section française à Mme N.Charest, de Buckingham, assistée de Mmes P.-A.Fournier, vice-présidente, R.Boileau, secrétaire.Henri Matte, assistante - secrétaire.Marthe Daoust, trésorière et de Mmes D Pigeon.Rollande Brisebois, D Pilon.Joseph Smith, William Roby.E.-H.Parker, A.-H.Morin.H.Saint-Jacques.Non seulement les grandes villes du Canada s'enregistrent mais aussi de nombreuses divisions rurales.Déjà nous avons répondu à une forte demande de questionnaires.Il est à noter que parmi les femmes déjà enregistrées plusieurs sont désireuses d'offrir l'hospitalité à des enfants et adultes pendant la durée de la présente guerre.Il est à souhaiter que ces filières seront utiles à notre Comité pour placer les réfugiés surtout ceux qui désirent s'éloigner des rues populeuses des villes.Dans certaines parties du Canada où nos filières ont été mises à la disposition du gouvernement on s'en sert déjà à cette fin et dans divers autres domaines.Plusieurs clubs de Montréal ont usé de leur influence auprès de leurs membres pour les inviter à venir à nos bureaux, remplir nos questionnaires.Les personnes qui désirent se renseigner peuvent appeler à HA.2939.Nous nous ! ferons un plaisir de mailer des questionnaires pour celles qui seront dans l'impossibilité de passer à nos bureaux.1036 Canada Cernent Building.On sait que dans le comté de Terrebonne.ia directrice de l'Enregistrement volontaire des femmes est Mme J Brais, 299.rue La belle, Saint-Jérôme, téléphone 159.S’ATTAQUE directement À LA SALETÉ Employez régulièrement la Lessive Gillett Pure en Flocons et vos renvois d’eau seront toujours libres et propres.Elle n’abîme ni l'émail ni la plomberie et chasse les mauvaises odeurs tout en nettoyant.La Lessive Gillett facilite toutes sortes de travaux de nettoyage et épargne des heures dans les soins du ménage.Gar-dez-en toujours une boîte à la maison.BROCHURETTE GRATUITE — La t>ro-churcttc de lu Lessive Gillett explique comment ce puissant nettoyeur dégage les renvoia cl'estu bouchas .gnrdele» cabinet » extérieur» propre» et inodore» en en détruisant le contenu .et sert A toutes aortes d'autre» u saurs.Demand ex-en une copie gratuite A la Standard Brand* Ltd., Fraser Ave.0» Liberty Si.Toronto, Ont.*Nt faites jamais dissoudre la lessive dans l’eau chaude, l/action de la lessive elle-rnfime réchauffa l’eau.'os uurrrr • ry LIVRES—JOURNAUX —REVUES— "LE RECUEIL” de septembre 1940 Avec la fin des vacances et le début des longues soirées d’automne, LE RECUEIL, notre "Digest” français.vous invite à la lecture.On trouve dans ia livraison de septembre une très grande variété de sujets, tous d'un Intérêt palpitant.La série s’ouvre par : Les captifs d'E-katerinebourg, extrait de l’ouvrage “Aux Portes du Jugement Dernier”; puis ce sont : Comment le génie fait sauter les ponts, de “La Science et la Vie”; Les énigmes de l'Ile de Pâques.!dc "The Yale Review”; Gorille sur (commande, des "Lectures pour Tous"; D'où vient le cancer, de "The Contemporary Review"; L’art de manger, de "Grandgousier”; La lutte ces insectes pour la vie, de "The World of Insects” ; Un drame sous [l'eau, de "La Croix”; L’homme, l'animal et leur ambiance, de "Natural History"; Dans les collèges de Cambridge, de "La Dépêche de Toulouse”; J’ai passé sous un train, de "Answers"; G-Men, de “Marianne"; Les ennuis d’un percepteur d'impôts, de "Not so Humdrum"; La bonne duchesse en sabots de bois, des "Annales"; Petits peuples, de “Marianne" ; Quatrain pour mariage, du "Violon des Muses” ; Valeur humaine de la musique, de "Connaissance de la Musique” : Winston Churchill, de la "Revue de Paris” ; Les distractions d'une déesse, du "Journal de la Femme” ; Le véritable tour du monde, de “France”; Le salut à travers les peuples, du "Documentaire”; Le secret de la paysannerie française, de "Voici": Les des des brebis, de Roger Vercel ; L’heure élastique, du “Samedi" ; Dans la forêt enchantée, de J.-H ET SAVOUREZ LE MEILLEUR 2 GRANDS Æ .VERRES™ éSAVEURS La colonne de beauté dirigée per Blanch o u s î n e Diplômé* i* F Vnivrrrili le Brault le Paru f MA/Arrê/VAwr, ¦%M$ Q&EÏ/AMA/S ¦«(rwssass .*4 ;‘
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