L'Avenir du Nord, 23 juillet 1943, vendredi 23 juillet 1943
7'-' CHENIER QUARANTE-SEPTIEME ANNEE.NUMERO 30 1897-1943 Fondateurs: Wilfrid Gascon et Jules-Edouard Prévost 1897-1943 'Le mot de l'avenir est dans le peuple même nous verrons prospérer les fils du Saint-Laurent" (Benjamin Suite) PÇ*»,' ^v, Directeur: HECTOR PERRIER Journal hebdomadaire — Cinq sous le numéro LABELLE SAINT-JEROME.LE VENDREDI, 23 JUILLET 1943 L'aulonomie canadienne Un pays maître de ses destinées, Ubre de s’imposer ses propres lois, de conclure à sa guise des accords économiques et militaires avec les autres nations et d’accréditer auprès des gouvernements étrangers ses représentants, est un pays autonome, même s’il appartient, librement, cela va de sol, à une association de nations aux intérêts analogues.Cette position du Canada dans le Commonwealth des nations britanniques et son ascension ininterrompue vers le statut de puissance mondiale, le premier ministre King et les autres chefs libéraux des deux langues n’ont cessé de les affirmer pendant l’entre-deux-guerres et depuis le début du présent conflit où le rôle insurpassable du Canada lui prépare un avenir brillant dans le monde d’aprés-guerre, L’Impartial observateur américain de la politique canadienne, William Henry Chamberlin, rend ce témoignage irréfutable à M.King, dans son récent ouvrage: Canada.Today and Tomorrow: "Sans phrases provocantes ou à l’emporte-pièce, M.King s’est révélé, à sa façon tranquille et déterminée, un nationaliste canadien.En annonçant la participation du Canada à la guerre présente, il affirma du même coup son droit à demeurer étranger aux futures guerres britanniques, en attendant pres-qu’une semaine après le déclaration de guerre anglaise avant de mettre au vote, au Parlement, la question de lu participation canadienne.Il a marqué sa méilance pour un conseil de guerre impérial.Aussi tard qu’au printemps de 1939.il accordait son appui A l’idée que le Canada ne pouvait assumer de responsabilité pour les guerres sans fin de l’Europe" Et ce n’est qu’après avoir eu la certitude que le conflit de 1939 était une guerre mondiale, et avoir reconnu que la frontière du Canada n’était plus sur le Saint-Laurent mais sur le Rhin, ainsi que nous le rappelait sans emphase le général Giraud a Montréal, samedi dernier, que M.King et son gouvernement se résolurent A donner à notre effort de guerre un caractère mondial, sans ignorer toutefois le sentiment et la volonté de la majorité du peuple canadien.Le même souci de préserver l'intégrité territoriale du pays et d’affirmor son autonomie et sa liberté a déterminé M.King et son cabinet à déclarer la guerre au Japon quelques heures avant les Etats-Unis, qui.malgré leurs sympathies à la cause alliée, se cramponnaient encore A la non-belligérance lors de l’uttaque-surprise de Pearl Harbor.Lors de l’incident de Shanak, avant le Statut de Westminster pourtant, M.King répondit fièrement au gouvernement impérial que le Canada ne participerait A l’avenir qu'aux guerres auxquelles 11 est intéressé.Et cette manifestation d’autonomie Impressionna si bien I-omîtes que depuis 1931 le Canada et les autres Dominions ne sont plus automatiquement en guerre lorsque l'Angleterre est en guerre.La participation ds membres du Commonwealth britannique aux guerres mondiales relève maintenant exclusivement de leur parlement respectif.Le principal auteur de cet affranchissement colonial de tous les Dominions est Mackenzie King, premier ministre du Canada.Le premier juillet dernier, anniversaire de la Confédération canadienne.M.King a prononcé en Chambre un discours retentissant sur la puissance mondiale que représente désormais le Canada 11 a affirmé à la face de l'univers le rôle prépondérant que devra jouer notre pays à l'avenir sur la scène mondiale.Si les peuples de la terre considèrent le Canada comme un facteur indispensable A l’obtention de la victoire.Us devront continuer A tourner vers lui leurs regards dans l'édification d'un ordre nouveau.Conscient des nouvelles responsabilités du Canada dans l'avenir, le gouvernement King traduit dès maintenant ses paroles en actes.Il de- vance toutes les petites et moyennes puissances en présentant au monde un projet, considéré plus démocratiquement que celui de Londres et de Washington par les observateurs économiques, relatif A l’union internationale des changes.Par cette initiative d’envergure exclusivement canadienne, le gouvernement King démontre une fols de plus sa détermination de donner au Canada son rang de puissance mondiale, d'affirmer son autonomie et sa suprématie de nation adulte parmi les nations secondaires.Dans une récente déclaration aux Communes, le premier ministre a précisé que notre politique étrangère devait être fondée sur les intérêts canadiens et que ce n'est pas parce que l’Angleterre est en guerre que nous le sommes mais parce que nos intérêts, liés à ceux de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et des Nations-Unies, sont en jeu.Nous participons A ce conflit parce que nous avons maintenant accès au rang de nation adulte et que si les grandes puissances, dont nous sommes les associés de par la similitude des intérêts et de l'idéal, perdaient leur suprématie, notre, prestige présent et futur serait englouti pour longtemps dans le torrent d'une philosophie incompatible A nos aspirations et à notre mentalité.M.Claxton, secrétaire parlementaire de M.King aux affaires exté-térieures, a complété la pensée de son chef lorsqu'il a déclaré après lui, au scandale des conservateurs réactionnaires et impérialistes, que le Canada exercera une influence plus considérable en basant sa politique extérieure sur ses intérêts propres et qu'il ne peut accepter une politique d inspiration étrangère en ce sens.Le député libéral de Suint-Laurent-Saint-Georges a précisé ses paroles dans cette déclaration de principe qui devra guider notre politique extérieure désormais: "Il est essentiel d’établir une conception de notre pays acceptable A tous les Canadiens, non seulement anglais ou français, mais A tous les Canadiens en général.Il ne s'agit pas do passer d'un extrême A l'autre.Mais entre ces deux extrêmes, il existe une conception d’un Canada autonome, membre du Commonwealth britannique et ami des Etats-Unis, qui prend sa part entière dans les affaires mondiales, parce que tel est son intérêt.” Les chefs conservateurs soi-disant progressistes ont qualifié cet énoncé autonomiste de notre politique extérieure d isolationnisme.Nous sommes fixés sur l’attitude des deux vieux partis.Les conservateurs continuent A se retrancher dans un colonianisme désuet, tandis que les libéraux évoluent vers l'autonomisme.Il n'y avait que des hommes d’Etat canadiens comme King et Ralston pour protester avec vigueur dernièrement auprès des autorités britanniques et américaines, contre l'obstination de l'état-major allié A taire la participation des troupes canadiennes A l'invasion de la Sicile.Une fois encore, King a gagné la partie, et dès les premières heures de l'assaut allié contre le continent européen nazifié, le monde a su que le Canada, nation autonome, prenait part A la bataille nu même titre que l’Angleterre et les Etats-Unis, nu lieu d'apprendre que des Britanniques et des Américains étaient débnrquês en Sicile.' Ce conflit, malgré son cortège de malheurs, aura mis le Canada en valeur grAce A la clairvoyance, A la ténacité et nu réalisme de chefs politiques llbérnux qui ont substitué nu slogan colonial: Quand l'Angleterre nitaire: Quand le monde est en guerre, le Canada est en guerre.Guillaume FREDERIC On chuchote que.Par le truchement des ondes, l’Avenir du Nord a obtenu une cx-ccllentc publicité la semaine dernière.Mercredi, un ilg nos collaborateurs parlait des “Ilehdos et du temps présent”.En cette occasion, en plus de faire l'historique de notre feuille, souligner les glorieuses plumes qui y ont colinhoré dans le pusse, notre camarade a brossé un tableau de Saint-Jérôme et de la région laurentienne dans son ensemble.Samedi, au poste C.R.F., sous la rubrique, "Les hebdomadaires”, notre éditorial du !) juillet, "Au service de l'agriculture", a fait le thème de très élogleux commentaires.C'est un bon signe : l'Avenir du Nord est lu et continue de suivre les sentiers tracés par les Gascon, les Prévost et lu phalange d'excellentes plumes qui lui ont accordé leur lumineuse collaboration.* ?+ Le général Henri Giraud — celui que les prisons ne sauraient retenir captif — nous a visités.Belle figure qui reflète la grandeur de l'âme française.Soldat dans toute l'acception du terme, le général Giraud ne passe pas dans la foule des humains en posant, en tonitruant comme le font tant de gens que certaines circonstances ont Juchés au faite de l'opinioft publique.Il parle en soldnt et, — ce qui plus est, — en soldat français qui veut apporter à in résurrection de son L'heure est trop grave pour risquer I.a province d’Ontario est en pleine tourmente électorale.Les dépêches mandent que Jusqu'à ce jour, tout est calme, les candidats battant campagne et faisant valoir les avantages de leur politique respective.I.a masse du peuple écoute, désireuse de se former une opinion et mettre aux manchons de direction des hommes qui sauront répondre à tout ce qu elle attend d’eux.Les chefs en présence sont M.Henry Nixon, chef du parti libéral et le colonel Geo, Drew, chef conservateur.Une couleur particulière est donnée à cette campagne: le retour dans l'arène de "Mitch” Hepburn, ex-premier ministre et ex-trésorier provincial que d'aucuns croyaient à tout jamais retiré de la vie publique.M Hepburn a accepté la candidature que lui a offerte l’Association libérale du comté d'EIgin, proclamant sans tarder que tout en demeurant libéral, il entendait avoir ses coudées franches et n ôtre assujetti à aucune sorte de consigne particulière.11 se proclame libre de tout lien, de toute attache.On sait que M.Hepburn est le mandataire des électeurs de ce comté depuis 193-1 et nombreux sont ceux qui opinent que la sienne est la seule élection qu il soit permis de considérer remportée dès maintenant.Nous retrouvons donc dans l’arène l'enfant terrible à qui nous consacrions une étude de caractère 11 y a quelques mois.Hepburn aura donc tout probablement encore comme tribune d’où diffuser ses opinions, parquet de la législature ontarienne Entretient-il, dans le fond de son coeur, le désir et le dessein de se servir de cette législature comme tremplin pour atteindre le Premier Ministre du Canada et satisfaire, non pas ce qu'il a manifesté comme de la rancune, mais ce qu il a affiché comme haine profonde à l'endroit de M.King?Il serait osé de l'affirmer! Avec cet homme, on ne sait jamais ce que demain nous réserve.Hepburn n'a-t-11 pas eu, dans le passé, des sautes d'humeur, des changements radicaux d’opinion?N'a-t-il pas déjà refoulé ce que nous croyions des sentiments de profonde inimitié nourris à l'endroit de certains, pour devenir soudain, lardent protagoniste des doctrines prônées par ces derniers?Les volte-face de M.Hepbum, ses jeux d'acrobatie sur la corde politique, ses culbutes savantes, ses façons de rabrouer aujourd'hui un adversaire et lui faire la cour le lendemain, ferment la porte à tout pronostic quant A sa conduite future.Malgré cette réputation d'homme bizarre, il est étonnant de constater qu’au cours de la présente lutte, des journaux qui rayonnent pourtant une influence considérable saluent son retour dans la politique active et semblent enclins à lui accorder leur appui.C'est ainsi que le "Globe and Mail” déclare que "tous ceux qui.dans la province d'Ontario, ont le souci de l’indépendance et du courage devraient applaudir au retour de M.Hepburn." Ce journal sert ensuite une verte semonce au parti libéral d'Ontario pour n'avoir pas, au cours de sa récente convention, payé un tribut de reconnaissance A M.Hepburn pour les signalés services que ce dernier a rendus au parti dans le passé, ajoutant que “la seule excuse susceptible d’être mise de l’avant pour justifier cette omission serait la crainte qu'un tel geste eût déplu à l'autorité fédérale' Soulignons en passant, que nous ne nous faisons ici que l'écho du journal en question.Le "London Free Press” ne parle pas aussi élogieusement que son confrère; cependant, il dit: "La politique ontarienne serait morne sans "Mitch", de fait, elle l'est déjà.Quelle élection itupide serait celle qui' se fait présentement n'était-ce la présence de Monsieur Hepbui-n!” Il serait intéressant au premier chef de connaître les sentiments du ci-devant Premier Ministre à l’endroit du parti Progressiste-conservateur.Il y a à peine quelques semaines, ne se proclamait-il pas un disciple de Monsieur Bracken?L'accueil plutôt froid que fit à ce nouvel adepte le chef du parti progressiste-conservateur, aurait-il eu pour effet de refroidir l'ardeur du premier?L'avenir le dira, car cette campagne ne saurait atteindre son terme sans que celui qui fut souvent désigné comme "fort-en-gueulle" sans trop de pondération et équilibre n'extériorise sa pensée intime.Il est aussi fort possible que M.Hepburn ne sache pas encore sur quel pied danser, vers quel havre diriger sa nacelle politique.A-t-il même adopté ou arrêté la ligne de conduite qu’il entend suivre à l égard du colonel Drew, son adversaire, aujourd'hui protagoniste à outrance des doctrines progressistes-conservatrices?Il en est qui croient que M Hepbum revient dans l'arène provinciale, pour faciliter son passage au domaine fédéral, aplanir les difficultés, préparer les voies.Pour atteindre cette fin, il est certain que son titre de député à la législature serait pour lui un bien précieux apport.L'avenir recélant peut-être quelque forte surprise, nous nous abstiendrons pour le moment de toute prédiction.Qu'il nous suffise de souhaiter que la masse ontarienne, - et tout particulièrement la population du comté d’EIgin.considère bien les actes posés dans le passé par Mitchel Hepburn Si, par hasard, ce dernier ne veut du parquet de la législature que pour assouvir ses rancunes et sa haine, nous répéterons ce que nous avons dit le 30 novembre 1942: “La haine est mauvaise conseillère.Le peuple ne doit pas jouer le jeu d'un saltimbanque politique qui tente de satisfaire la sienne.A bon entendeur, salut!" Quoique Hepburn ait pu accomplir certaines oeuvres dignes de mention, sa conduite trop souvent bizarre n'offre aucune garantie.Pourquoi courir un risque?Léopold F.peuple si odieusement bafoué et abattu, la plénitude des hautes qualités dont l'a doté la divine Providence.A voir et à entendre le général Giraud, nul ne peut résister au désir de crier “Vive la France !" * * * Maurice le Noblet Duplessis est en campagne.Il a faim et soif d'élections et est convaincu que la province sera lancée sous peu en pleine tourmente.Dimanche, accompagné île ses ordinaires thuriféraires, il a rendu visite à Saint-Lin.Les journaux rapportent qu'il «'est incliné devant le monument du grand politique canadien, sir Wilfrid Laurier.Puissent ces quel-uucs instants de méditation devant le bronze érigé à la mémoire r.îe celui qui sut si bien illustrer les siens, contribuer à faire pénétrer dans l'esprit du chef de l'opposition, quelques effluves bienfaisantes de compréhension.Mais pour ce, il faudrait que l'homme n’eut pas uniquement de la présence d'esprit, — car le sieur Maurice n'en manque pas, — mais bien de l'esprit même.* * * .MAI.Roosevelt et Churchill n'ont pas été lents à prouver au peuple italien que leurs paroles ne sont lias des "paroles en l'air".Après avoir exhorté l'Italie à se retirer de la guerre et à lâcher ses chefs qui la conduisent nu désastre et à la ruine, les Nations Unies ont rempli "l'air" de bombes au-dessus de Rome, dès dimanche.Seuls les objectifs militaires furent atteints, mais il est fort probable que les chemises noires ont éprouvé une peur "bleue".U- temps est venu où les plus durs coups doivent être portés.Et les nations qui combattent pour étendre au-dessus de tous les peuples asservis l’aile de la liberté, sont prêtes à porter ces grands coups.Ia> raid dans le ciel de Rome le démontre.* * * Le ralliement conservateur qui eut lieu dimanche à Saint-Lin, n'a pas manqué d'attirer beaucoup de monde, surtout un grand nombre de personnes avides de savoir si le sieur le Noblet Duplessis avait changé de rengaine, s'était assagi et faisait montre de plus de sincérité.Ces gens en ont été quittes pour leur déplacement : ils ont rencontré là l’homme d'hier répétant ses sornettes, jonglant avec le sophisme et le double-sens.L’enthousiasme était loin de régner.11 y eut bien quelques applaudissements, mais la spontanéité des vivas qui saluent monsieur Godbout lorsqu'il s’adresse aux foules, n'existait pas.Monsieur Duplessis devrait savoir que le peuple de Québec .se souvient ! * * * Payant d’audace, le chef de l'opposition s'écriea, dimanche dernier à Saint-Lin : “Y a-t-il, parmi ceux qui m'écoutent, un homme qui soit satisfait de monsieur Godbout ?” Tout près de l'estrade, un brave cultivateur qui n'était assurément pas de l'organisation cria : "Nous le sommes tous !" On aurait cru qu’à cette réponse jaillissant du fond du eocur, les adeptes de M.Duplessis se seraient rebiffés; mais non, il n’en fut rien et M.le Noblet Duplessis en fut quitte à reprendre le III de son argumentation.toujours si remarquablement décousue.* * * A l’assemblée tenue par le Bloc popu à Coatlcook, M.René Chaioult, Le camp des Lutins, oeuvre de fée ! Tout assainissement de la jeunesse citadine retombe par ricochet sur 1 état de la province.Il y a lieu de sonder cette vérité plus que Jamais, aujourd hui où, par suite des conditions forcément anormales d’alimentation et d'éducation, la santé morale et physique des jeunes incline à déchoir.Tout récemment, “Relations" ne citait-il pas des statistiques plus qu'éloquentes sur la recrudescence de la criminalité Infantile?11 convient que l'on s'attarde à ce fait, car ces écarts de la conscience chez les jeunes, ces déviations du sens moral, de pair avec une baisse constante de la_ santé, même s'ils constituent un assez peu redoutable désordre pour aujourd'hui, ne manqueront pas de prolonger leur effet demain, quand 1 âge adulte n'aura fait qu'empirer les poussées perverses chez ces délinquants en herbe.L'une des causes maltresses de cette poussée du crime chez les générations neuves, c'est la mise au vif des nerfs, conséquence d’années interminables écoulées en des milieux nuisibles à la croissance et à la formation.Aussi est-il une nécessité aigüe de soustraire l’enfant aux limites urbaines, pour lui assurer une prise de contact avec la création et avec une vie plus conforme à la nature.Ce besoin impérieux a suscité la naissance de nombreuses organisations dont la lumière, si elle vacille trop malheureusement sous le boisseau, n'en éclaire pas moins les jeunes en montée: placement des orphelins chez les villégiateurs, camp d été Bruchési, camps scouts, camps de diverses institutions d'enseignement, dont le camp Grasset au lac Gémont, — etc.Parallèlement à ces oeuvres, soucieuse néanmoins de son cachet propre, se développe l'oeuvre des Lutins.C'est aux confins de Saint-Emile, dans le comté de Montcalm, à quelque 60 milles de la métropole, que l'abbé Achille Lachapelle, du collège de 1 Assomption, a réalisé son plan de rajeunissement .des jeunes.Si le scoutisme, en raison de son origine étrangère et du nouveau de sa facture, a suscité des défiances lors de ses débuts canadiens, le fcamp des Lutins, pourtant en contact par bien des points avec l'oeuvre scoute, s'est édifié dans le calme, tel qu'il sied à une oeuvre de paix.Comme le scoutisme, et comme toute oeuvre centrée autour de la “vie de camps", 1 oeuvre des Lutins synthétise le mot de BademPowell : “out-of-door training’ .Elle est bien en effet une éducation, un réel entrainement au métier d’homme; elle est par contre une échappatoire grande ouverte vers la vie au plein air, une noce goûtée dans l'enchantement de la nature.En somme, avec les nécessaires adaptations à la mentalité canadienne, et dans un but essentiellement contraire à celui de Rousseau, elle applique la conception du philosophe sur le "retour à la nature”, et se fait ainsi un atout de relèvement et de renforcissement pour la société.Eblouis devant l'étincellement quotidien des feux de camp, emportés dans 1 emballement des grands jeux ou rafraîchis par les ébats au lac voisin, saisis par le sérieux des travaux pratiques, soumis à la régularité d'un horaire bien tracé, mais fidèles surtout à la prise de sang journalière par la messe en commun, les Lutins se forment paisiblement à leur tâche d’homme et se forgent une mentalité de sincérité, d'honneur et de christianisme vécu.Bien qu'il soit piquant de les apercevoir en groupe, avec leur chemise kaki, leur coiffure écossaise et leur culotte bleu marin, il ne faudrait pas croire à la tyrannie de l'uniforme.La semaine entière, la loi des Lutins assure pleine liberté au vêtement; le dimanche seul exige pour son respect le port de l'uniforme.Ainsi se trouve cultivé le souci des valeurs profondes.Au camp des Lutins, comme en toute société naturelle, la hiérarchie prime.Aussi, bien que la popotte en excursion et l'ironie des plats gâchés laissent plein essor à l’esprit d’initiative, chacun sait là-bas qu’il faut obéir avant de commander.Les Loups (8 à 10 ans) aspirent à la prestance des Eclaireurs ill à 15 ans), et ceux-ci soupirent après le prestige des Chevaliers 116 à 20 ans).Chaque groupe vise son idéal propre: “De notre mieux ”, "Sois fidèle" ou "Servir".Cependant, au lieu d'ouvrir le chemin à la jalousie, chacun tente d’égaler le prochain et de monter; c’est ainsi qu'est assuré, au lieu d'un entraînement à l’envie et à la rancoeur, un entrainement au progrès personnel.Si, toujours avec la même valeur éminemment formatrice de l’âme et du corps, cette vie en commun dans les herbes, les bois et les eaux, prolonge son effet de rénovation juvénile, c'est grâce à de multiples camps de facture similaire éparpillés par tout le Québec, plus spécialement au creux des vallonnements laurentiens.Par cette heureuse tactique, l’on parvient à réaliser le motto adopté par tout pays soucieux de maîtriser l'avenir: "s'emparer de la jeunesse".André F."Don Quichotte ouvre son troisième front" Monsieur Maurice Duplessis, que l'on pourrait, à bon droit qualifier du titre de "Don Quichotte canadien" ne manque jamais une occasion d'enfourcher sa Rossinante pour la défense de l'autonomie.Son plus récent exploit est sa supplique à Monsieur Churchill.Pendant que les Alliés envahissaient la Sicile, notre chevalier du paradoxe, lui, opérait un débarquement dans les champs fédéral et international.Ne se sentant pas pris au sérieux par le peuple lorsqu'il parle des bienfaits de son administration.Monsieur Duplessis croit bon de détourner l’attention et d'emprunter à son ami Paul Gouin cette fausse-clef de l’autonomie que tous deux croient propre à crocheter la serrure de tous les problèmes politiques.Dans leur “candeur naïve", ces deux prétendus champions de l'autonomie croient encore réussir en flattant les instincts du peuple et en soulevant ses passions.Pauvre autonomie! Quel abu3 en fait-on?A entendra Duplessis, et autres de même farine, on croirait que les libéraux ont constamment sacrifié l'autonomie de la Province, ont délapidé les fonds publics, vendu et revendu nos ressources naturelles pour des chansons aux Américains, etc., etc., sans ne jamais rien faire de bon ni de constructif.Si cela était vrai des gouvernements libéraux, auxquels fut confiée, pendant plus de quarante années consécutives, l'administration de notre province, il faudrait conclure que les électeurs du Québec sont plus que bornés pour avoir mis près d'un demi-siècle à s'apercevoir qu'ils étaient mal administrés.D'autre part, si après avoir eu l'opportunité d'essayer, en 1936, un nouveau régime conçu par Monsieur Paul Gouin mais dirigé par Monsieur Maurice Duplessis, les électeurs ont renvoyé sans raison les députés de l'Union Nationale après seulement trois ans de mise A l’épreuve, il faudrait conclure que notre population a été bien ingrate et bien mal avisée de renvoyer les seuls être capables de sauver les Canadiens-français de tous leurs maux, et qu'elle a donné une nouvelle preuve de son manque de jugement manifestement incurable?Mais tel n’est pas le cas.En se débarrassant de Maurice Duplessis après seulement trois ans de service en écrasant les députés et lés ministres de l'Union Nationale au point que ceux-ci perdirent non seulement leur portefeuille mais aussi quelques-uns leur siège et leur dépôt, le peuple avait des raisons non seulement sérieuses mais péremptoires.Nous nous refusons à croire que notre population puisse être aussi bête que veulent nous le faire croire les gens de l'Union Nationale et du Bloc Populaire.Los électeurs do la Province de Québec savent fort bien que al Gul-lotin n'a pu détacher son nom de son Invention.Duplessis lui, ne pourra jamais détacher le sien de son administration qui passera dans l’histoire comme le régime le plus néfaste que la Province ait connu "depuis la Confédération”.Tant il est vrai que les “Canayens ne sont pas des fous”.CHANTS LAURENTIENS 1*0 UtlittHUIH-V d'un rillugt» .Joseph Jean, rude gaillard de S te-Emélie de l'Energie, en Joliette.employé dans un chantier au Lac Clair, fait tournoyer sa hache et s'attaque à un pin rouge en chantant: 'C'était une vache aux grands yeux bleus.La chute d’un arbre voisin étouffe, (et ce n’est pas un mal.amies lectrices du Nord), le reste de la complainte faubourienne.Je suis au milieu des coupes de bois de Paul Charette un brave qui admire encore le curé Labelle, contremaître des travaux dans la région du lac Caribou, pour le compte de la compagnie Laurentide.de Grand -Mère.Quelle féerie de lumières, en ce froid matin d'hiver! Les aiguilles des conifères crient leur volonté de vivre sous la bise glacée et toutes les branches de la forêt soulèvent leurs bras élancés vers le soleil qui commence à mordre.Là-bas, au flanc d'un coteau, une deuxième équipe travaille et j'entends un second refrain: "La vache est à l’eau dondaine, "Le veau va s’nayer, dondé .En face autre équipe de "bûcheux" et autre chant: "La bon’ femme en colère, coupa la queue d’son veau."Pour donner à sa fille d'qttoi garnir son chapeau .,*' Au détour d'une sente aux arbustes alourdis de neige, un gamin de Saint-Faustin, en Terrebonne, ouvre un chemin dans les futaies et coupe branches et racines afin de permettre au cheval d'un pileur de billots de passer sans obstacles.Il s'accompagne à grands coups de hache et fredonne: "Filez, filez.O mon navire, "Car le bonheur m'attend là-bas." Ils sont quarante hommes en huit groupes, répartis sur un territoire d'un mille carré, sur le coteau, dans une savane, partout.Le plus âgé conduit le travail.Il est le chef.C'est lui qui pratique (entaille sacramentelle sur chaque arbre à couper.Puis les scieurs entrent en scène et deux torses vont, viennent, en un rythme viril, se liant aux soubresauts du godendard.Encore quelques coups plus rapides.Les deux copains essoufflés y vont de toute leur énergie.L'arbre frémit, résiste et oscille, penche un tout petit peu puis se replace sur son socle, comme s'il avait peur de mourir.L’un des bûcherons pousse le géant avec une perche de douze pieds, sa "mesure".L’autre place le taillant de sa hache dans le joint crée par les dents d'acier.Le roi vaincu frissonne et s'abat comme un tonnerre.Le sol vibre.Des oiseaux s'envolent.Une poussière blanche aveugle .Plus loin un limeur vient de repartir après avoir donné un godendard "défatigué" à une équipe.Les hommes regardent le soleil.C'est (heure du repas.Les premiers arrivés à la pile déjà haute de billes cordées allument un petit feu.On ouvre les boites à provisions.Et si (on mange! Porc salé froid, en "oreilles" jaunes et si croquantes; haricots gras: de l’or mou; pains riant de toute leur mie; mélasse épaisse comme des larmes de nègies; gâteaux bedonnants comme des capucins .Tout disparait en un tour de mâchoires.Après une heure de repos les groupes reprennent le travail.Dans les fourrés les branches coupées, inutiles maintenant meurent petit à petit.La sève les parfume en séchant.Près du feu éteint un renard furète dans les plats renversés.Sans arrêt et jusqu'à la brunante les arbres s'écroulent.Une trouée immense se fait dans la forêt vierge.Demain des colons y sèmeront leurs premiers grains de blé.Une jeune femme préparera des langes en regardant courir des lièvres.Et dans la nuit froide, après le retour au campement, j'entends encore Joseph Jean, revenant des écuries et entonnant pour la centième fois: "C'était une vache aux grands yeux bleus!.Adolphe NANTEL qui est pourtant un des piliers do ce mouvement nouveau, brillait par son absence.Pourquoi ?Serait-ce.par hasard, parce que monsieur Edouard Lacroix devait y prononcer un long discours ?C’est fort possible, car ce n’est un secret pour personne que monsieur Edouard Lacroix n'aime pas les gens cultivés.Toutefois, c'est là une manifestation que l'harmonie absolue, si nécessaire au succès d’un mouvement quelconque, ne règne pas en maîtresse au sein du Bine.* * * L'homme aux grands gestes, le fécond pérorcur, mieux connu sous le nom de Maurice le Noblet Du- ' piessls, s'est insurgé, dimanche der- nier, lors du ralliement conservateur de Saint-Lin, contre la taxe de vente qu’il qualifie d'anti-familiale.Quand donc, grand Dieu, ce politi-cailleur qui plongea la province dans la purée de 1936 à 1939, changera-t-il d'attitude, modificru-t-il ses rengaines ?Il promet encore l’abolition de la taxe de vente.Mais n’avait-il pas fait cette même promesse à l’électorat au lendemain de son mariage avçc Paul Gouin ?Et durant ses trois années de malsaine administration, puisque cette taxe était pernicieuse ainsi qu'il le pro-(Sulte à la deuxième page) Page deux L'AVENIR DU NORD Saint-Jérôme, le 23 juillet 1943 Biographie du général Giraud Par M.François Brière.ancien consul de France à Boston et che( de publicité de la Mission Militaire Française aux Etats-Unis.Henri-Honoré Giraud est né le 18 janvier 1879 à Paris dans le "lèmc arrondissement.Ses parents étalent issus de la bourgeoisie.11 lait ses études au Lycée Louis le Grand, où il a comme condisciple Paul Rey-naud, qui devait être plus tard Président du Conseil en France En 1898 il entre à l’Ecole de St-Cyr.Il en sort 3 ans après sous-lieutenant au 4ème Régiment de Zouaves.Il part pour la Tunisie où il reste 7 ans en garnison à Bizerte puis à Tunis.C'est ainsi qu'il fait la connaissance du pays où il va avoir à combattre plus de 40 ans après.En 1908 11 rentre à Paris.Il est admis à l'Ecole Supérieure de Guerre Quand il a obtenu son brevet de l'Ecole de Guerre il est nommé à l'Etat Major du 9ième Corps d'Armée, puis à Tours à l’Etat-Major de la Première Brigade de Cuirassiers.Nommé capitaine il est renvoyé en Afrique au 4ième Zouaves.A la déclaration de guerre de 1914 le régiment du capitaine Giraud est Immédiatement envoyé en Belgique.Le 28 août 1914.près du village de Guise, en chargeant à la baïonnette et à la tête de ses hommes, le capitaine Giraud tombe la poitrine percée d'une balle.Ses hommes, en revenant en arrière disent qu’il est mort.On dresse l'acte de décès et ont prévient sa femme.Mais Giraud n'est pas mort.Il a été ra1.îassé par les Allemands et envoie dans un hôpital à Origny Le 'J octobre, à peine guéri, il s'évade df l'hôpital en compagnie d'un autre officier, le capitaine Schmitt.Ils se procurent des vêtements civils.Mais 111 sont repris et ramenés A Origny.Le 15 novembre, ils s’enfuient de nouveau, et arrivent à Saint-Quentin.De là, ils passent en Belgique.La police allemande est sur leurs traces.Pendant plusieurs mots, ils travaillent en Belgique à divers métiers: garçons d'écurie, employés chez un marchand de charbon, garçons de restaurant.Finalement ils se font engager tous les deux dans un cirque ambulant Ils arrivent à Bruxelles où ils se séparent pour ne pas se faire remarquer.Les blessures de Giraud se rouvrent Un médecin qu'il va voir le met en rapport avec la fameuse Miss Cavell.Edith Cavell prépare avec soin l’évasion du capitaine Giraud et du capitaine Schmitt qui a rejoint son camarade.Grâce à elle, ils franchissent la frontière hollandaise- Les Allemands tirent sur eux.Schmitt est blessé.Giraud porte son camarade jusqu'à Flessin-gue.Us sont sauvés! Quelques mois plus tard Edith Cavell est fusillée par les Allemands.En février 1915, Giraud débarque en Angleterre, puis en France, où il reprend aussitôt du service.Il est nommé commandant et demande à rejoindre son régiment, le 4ième Zouave.A la tête de son bataillon, le commandant Giraud s'empare le 24 octobre 1917 du fort de la Malmaison, tenu par la Garde prussienne.En 1913, au moment de la victoire, le commandant Giraud a été cité cinq fois à l'ordre de l'Armée.Après une courte mission militaire à Constantinople et un séjour à l'Etat-Major de Paris, Giraud est renvoyé au Maroc où le Maréchal Lyau-tey le réclame.Il prend paît aux En 1836 Giraud, général de Corps d'armée, est nommé gouverneur de Metz.„ A la déclaration de guerre on lui donne le commandement de la Sième Armée.En 1939, il est nommé membre du Conseil Supérieur de la Guerre.Le 10 mai 1940, quand les Allemands envahissent la Hollande et la Belgique, Giraud qui est réputé le général le plus audacieux et le meilleur entraîneur d'hommes de l'armée française, est envoyé avec sa "lèrne Armée à l'aile gauche de tout le dispositif allié.Il entre en Belgique.la traverse et arrive à la frontière hollandaise.Il est chargé d'essayer de déborder par le nord l'armée allemande.Mais la rupture du front français au centre, à Sédan.compromet toute la manoeuvre Le commandement en chef français demande à Giraud de quitter sa 71ème armée et de venir essayer le miracle de redresser la situation sur la Meuse.Le 16 mai Giraud accourt.Pendant 3 jours alors que tout s'écroule autour de lui, il se bat, essayant de résister avec les débris d'une armée déjà battue aux divisions cuirassées allemandes.Il reste si longtemps à son quartier général à Wassigny que les Allemands le cernent.Il s'en va avec 3 de ses officiers.Sur le point d'être pris ils laissent leur voiture, s'en vont à pied à travers la campagne en essayant de rejoindre les lignes françaises.Dans une ferme ils sont cernés par les troupes allemandes.Ils résistent avee leurs revolvers, mais sont bientôt obligés de se ren dre.C'est le 19 mai, à 6 heures du matin.Le général Giraud est amené d'abord à Bonn, sur le Rhin et quelques jours après à la citadelle de Koe-nigstein, dans la vallée de l'Elbe, où il va rester prisonnier de guerre pen dant près de deux ans.Les Allemands avaient réuni à Koenigstein tous les généraux fran çais prisonniers — plus d une centaine.Giraud était devenu le chef moral de cette communauté.Dès le premier jour de sa captivité il s’est mis à préparer son évasion.Grâce à un code secret, il a réussi à correspondre avec sa femme et des amis en France.On a réussi à lui faire parvenir divers objets dans des colis de vivres truqués.Le 17 avril 1942.après de longs mois d une minutieuse préparation, Giraud s’évade.Il descend le long de la muraille de la citadelle de Koenigstein avec une corde de 42 mètres et s'enfuit dan3 la campagne.Un ami qui lui avait été envoyé de France lui apporte à un rendez vous qui avait été fixé à l'avance, des vêtements civils et deux faux papiers.Giraud prend le train et s» promène pendant six jours de trains en trains en Allemagne pour égarer les recherches et réussit finalement à passer en Suisse par la montagne et de là à gagner la France non occupée.le 24 avril, à midi.Les Allemands, furieux de son évasion, demandent au gouvernement de Vichy de persuader le général Giraud de se rendre, et de retourner en Allemagne.Le traître Laval, ose demander cela au général Giraud qui refuse.Les Allemands promettent.si Giraud accepte de revenir en Allemagne, de libérer de nombreux prisonniers français.Giraud répond qu'il n'a pas confiance dans la parole de l'Allemagne.Il se réfugie à Lyon avec sa femme.La police de Vichy et la Gestapo le surveillent.Il entre en rap- I,«» gouvernement tiodbout
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