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Titre :
L'Avenir du Nord
Hebdomadaire libéral fondé à Saint-Jérôme en 1897. [...]

Fondé à Saint-Jérôme en janvier 1897 par Wilfrid Gascon et le Dr Henri Prévost, L'Avenir du Nord est un hebdomadaire libéral de Saint-Jérôme créé pour rivaliser avec Le Nord, journal conservateur de la famille Nantel. La même année, Jules-Édouard Prévost, frère du Dr Prévost, est nommé rédacteur en chef et éditeur du journal.

Jules-Édouard Prévost crée une imprimerie commerciale afin de produire L'Avenir du Nord et d'ajouter à son offre commerciale de librairie et de papeterie, tentant ainsi de profiter de l'essor économique de Saint-Jérôme et de la région des Laurentides. Wilfrid Gascon participe au journal sous le pseudonyme de Francoeur jusqu'en mars 1902, année durant laquelle Jules-Édouard Prévost en devient propriétaire.

Par son appartenance à la famille Prévost de Saint-Jérôme, Jules-Édouard est héritier de la tradition des « Lions du Nord », notables et patriotes qui se sont imposés comme figures marquantes de Saint-Jérôme et des Laurentides au cours du XIXe siècle. Libéral modéré, il appuie Wilfrid Laurier à Ottawa et les libéraux à Québec. Jules-Édouard travaille de près avec son cousin Jean Prévost, député libéral de Terrebonne à Québec de 1900 à 1915, puis avec son influent successeur, Athanase David, de 1916 à 1936. Jules-Édouard Prévost est lui-même député libéral fédéral de 1917 à 1930, puis sénateur jusqu'à sa mort en 1943.

L'Avenir du Nord demande des réformes en éducation, domaine dans lequel Prévost est très impliqué. Cela l'amène à subir les foudres de la presse catholique et à se faire rabrouer à de multiples reprises par l'évêque de Montréal, Mgr Bruchési. Le journal profite de plusieurs occasions pour critiquer l'intervention politique du clergé.

L'Avenir du Nord est plus qu'un journal partisan. Il vise à couvrir l'actualité locale, régionale, nationale et internationale. En plus d'un contenu fortement politique, on y trouve des chroniques agricoles, médicales, ouvrières et littéraires. La colonisation, les transports, le commerce local et les industries régionales y trouvent aussi fréquemment leur place.

On trouve de nombreux textes littéraires dans les pages de l'hebdomadaire, qui publie les premiers textes de Claude-Henri Grignon (Claude Bâcle et Valdombre), du frère Marie-Victorin, de Robert Choquette et d'Adolphe Nantel. Louis Dantin est aussi un important collaborateur du journal. D'autres collaborateurs de renom passent au journal, comme Olivar Asselin, qui y fait ses premières armes au début du siècle, et le Térésien Lionel Bertrand, futur politicien et fondateur de La Voix des Mille-Isles, qui y participe de 1925 à 1936 à titre de chroniqueur, sous le pseudonyme de Céliber.

Des ennuis financiers et des problèmes de santé poussent Jules-Édouard Prévost à vendre L'Avenir du Nord aux frères Lucien et Jean-Berchmans Parent vers 1926. Les nouveaux propriétaires et leurs investisseurs sont d'allégeance conservatrice, mais Jules-Édouard Prévost conserve la direction politique du journal, ce qui occasionne des différends qui amènent les frères Parent à lui remettre le journal en 1935 pour fonder L'Écho du Nord. Les deux hebdomadaires mèneront une lutte acrimonieuse durant quelques années. Jules-Édouard Prévost quitte le journal en 1942, un an avant sa mort.

De 1940 à 1960, années durant lesquelles Hector Perrier, politicien et avocat, est propriétaire de L'Avenir du Nord, le journal demeure d'allégeance libérale et s'oppose à l'Union nationale de Maurice Duplessis. La concurrence de L'Écho du Nord et de la grande presse montréalaise rend la vie difficile au journal. Gérald Cyr lui donne un format tabloïd en 1965, mais le journal disparaît en 1969.

L'Avenir du Nord est tiré à plus de 2000 exemplaires dès sa première année de publication, nombre qui est maintenu durant de nombreuses années, puis le tirage augmente de façon régulière, passant de 4250 en 1933 à 6210 en 1960, puis à 7200 en 1965.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 4 : 1896-1910, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, p. 28-31.

BOURGUIGNON, Claude, « Région 15 - Laurentides », Histoire de la presse hebdomadaire au Québec, Montréal, Hebdos Québec, vol. 8, p. 9-16.

Fonds Famille Prévost (1734-1957), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ Vieux-Montréal (P268), Société d'histoire de la Rivière-du-Nord (P020).

LAURIN, Serge, Rouge, bleu - La saga des Prévost et des Nantel - Chronique d'un siècle d'histoire politique dans la région des Laurentides, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1999, 284 p.

Éditeur :
  • Saint-Jérôme :[s.n.],1897-1969, 1981-
Contenu spécifique :
vendredi 26 novembre 1943
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

L'Avenir du Nord, 1943-11-26, Collections de BAnQ.

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wmmm T- Z 7 - CHENIER » i m 1897-1943 Directeur: HECTOR PERRIER Fondateurs: Wilfrid Gascon et Jules-Edouard Prévost 1897-1943 'Le mot de l'avenir est dans le peuple même nous verrons prospérer les fils du Saint-Laurent".(Benjamin Suite) LABELLE QUARANTE-SEPTIEME ANNEE.NUMERO 48 Journal hebdomadaire — Cinq sous le numéro SAINT-JEROME.LE VENDREDI, 26 NOVEMBRE 1943 Colonisation rationnelle La contribution de notre sol Plutôt que de fulminer contre le communisme et de condamner toutes ses initiatives, rafrao louables, plutôt que de tomber dans les filets de sa propngandp et d'exalter son système de gouvernement en lui attribuant des tendances démocratiques parce que le sort des armes a jeté la Russie soviétique dans notre camp, noun devrions reconnaître la valeur de certains lois soviétiques, et sans verser dans la doctrine marxiste, les appliquer dans la mesure où elles peuvent s'adapter aux conditions qui existent chez nous, et en particulier, dans notre province où le problème du défrichement se heurte à des difficultés semblables à celles qui existent en Russie que le rude climat apparente au Québec.Peut-être sans aucune intention de plagier la politique de colonisation soviétique, le gouvernement Godbout, depuis son avènement au pouvoir.s‘en est passablement rapproché dans ses lois relatives à l'amélioration des conditions de la colonisation dans la province de Québec, et semble s'en inspirer de plus en plus dans ses projets d'après-guerre appelés à Imprimer une impulsion jusque là inconnue à l'exploitation des terres arables encore en friche.De toutes les méthodes modernes de colonisation, celle des soviets est peut-être la plus efficace du point de vue technique.Quant à l'aspect économique, il est incompatible avec notre conception de la liberté individuelle Le paternalisme d'Etat mitigé, qui s'impose dans la colonisation comme dans plusieurs lois sociales et dans différentes sphères de l'activité économique, ne doit pas dépouiller le colon et le paysan qu'il devient de su liberté d'action, de son initiative et de son revenu.Son rôle doit se borner A guider le colon, à lut faciliter l'accès au domaine rolonisnble par des subventions, des octrois, des primes et un travail préalable de sélection des lots et de défrichement qui épargnera au nouveau colon des travaux longs, pénibles et improductifs de nature à le dégoûter de la terre et à le refouler vers la ville où il gagnera son pain comme prolétaire ou perdra sa dignité d’homme à la porte des refuges en temps de crise économique.L'époque où il fallait de l'héroïsme pour donner au pays quelques lambeaux de terre cultivée est révolue.La science s’est substituée à l’épopée de la colonisation, et le colon, conscient d'appartenir au reste de l'humanité, désire avec raison sa part légitime des bienfaits de la civilisation moderne.Le gouvernement Godbout l'a compris qui n'a cessé de légiférer en faveur d'une colonisation progressive et réaliste et qui a élaboré, à la fin de 1912, un plan d'envergure destiné à donner plus d'ampleur à la colonisation et à contribuer à la réhabilitation d'un grand nombre de soldats démobilisés et d'ouvriers congédiés.Les anciens paysans improvisés soldats ou ouvriers d'usines pourront retourner à leur terre et entraîner à leur suite les déserteurs d’avant-guerre, grâce à la collaboration du gouvernement qui désire donner plus d'extension encore à son système d octrois et de primes et de colonisation mécanisée qui a fait ses preuves depuis quelques années.Au début de novembre, M.Mathewson, trésorier de la province, s'est rendu auprès des autorités fédérales afin de solliciter leur collaboration au projet d'établissement des colons après la guerre.Ottawa est disposé à accorder son appui financier k ce mouvement de retour à la terre adapté aux conditions d'existence moderne.’ et pour cette raison, voué au succès Selon le plan du gouvernement Godbout, environ 100 acres par lot seront défrichés aux frais du ministère de la colonisation au moyen de tracteurs et d'engins mécaniques de toute sorte avant l'arrivée du colon qui s'établira désormais dans un hameau pourvu des nécessités indispensables à l'existence, pourra se consacrer avec joie A son rude labeur et arracher plus rapidement ses fruits à la terre.Jusqu'ici, les tentatives du gouvernement Godbout ont été fructueuses.C'est de bon argure pour l’avenir.La colonisation mécanisée a réussi en Sibérie, sous le monopole de l'Etat communiste.Il n'y a pas de raison pour qu'elle ne réussisse pas dans Québec avec la collaboration de l’Etat démocratique.Il est désormais inutile de compter sur les colons isolés pour défricher les terres neuves.Il nous faut une colonisation réaliste, pratique et rationnelle.Cette idée, qui a germé dans bien des cerveaux depuis quelques années, va enfin se réaliser.Dans son ouvrage.Nord-Sud, publié en 1931, M.Léo-Paul Desrosiers brossait un tableau navrant et fidèle des conditions inhumaines de l'existence du colon et de sa famille et de leurs répercussions lamentables sur la vie économique et sociale.Dans une critique étoffée de ce livre, publié dans le Canada, à cette époque.M.Wilfrid Gascon, fondateur conjoint et premier directeur de l'Avenir du Nord, émettait cette remarque judicieuse: "L'effort démesuré demandé au colon individuel est trop grand à supporter pour un homme isolé, pour une famille laissée à ses seules ressources.Voilà pourquoi tant de fils de cultivateurs ont dit adieu aux clochers du Saint-Laurent pour aller vers les villes américaines.Ainsi s'explique la perte de plus d'un million de Canadiens passés sous des lois étrangères.La moitié d’un peuple détaché de la souche sans espoir de retour!" Ce que des esprits prévoyants et réalistes en même temps qu'humains revendiquent depuis longtemps va maintenant s'accomplir et peut-être dépasser leurs prévisions.Deux gouvernements libéraux celui de Québec et d'Ottawa, vont réaliser par des moyens démocratiques ce que des régimes totalitaires ont accompli pnr le monopole et la contrainte Par la colonisation rationnelle, ils vont réhabiliter l'agriculture et lui redonner sa place dans la société, la première.Guillaume FREDERIC On chuchole que .I-es voix les plus autorisées exhortent la population à souscrire généreusement à la campagne du Timbre île Noël.C'est un devoir pour chacun d'apporter sa pleine collaborai ion au succès de ce si louable mouvement.I-a tuberculose, — les statistiques le démontrent hélas ! trop éloquemment, — cause chcz-nuus des ravages considérables.Ceux qui ont à coeur de voir la communauté canadienne s'épanouir pleinement et dans des conditions normales, permettront à l’Association antituberculeuse de la province de continuer sa croisade en lui donnant les deniers requis pour ce faire.Acheter des timbres de Noël, c'est faire preuve d'altruisme et de l atriotisme.* ?* * l.a population du comté de Terre-lionne a dû applaudir à l'annonce faite récemment par le Secrétaire de la province que les eheminn du comté, un grand nombre du moins, seront entretenus durant la saison d'hiver.L’entente intervenue entre l'autorité fédérale, !e gouvernement de la province et les municipalités permettra l'exécution d’un programme d’entretien.Iji nouvelle est heureuse.Elle signifie que la saison d'hiver sera profitable en ce sons que le tourisme y aura plein cours.Nos nombreux hôtels, auberges, estaminets, maison de pension, sont prêts à recevoir les visiteurs qui se dirigeront vers la région laurentlenne.Et tout le monde profitera de ce flot continu de touristes.Nous ne ferons jamais trop connaître les beautés panoramiques de notre comté.?* * Il était une fols un homme qui, à la faveur d'un courant et d'un torrent de promesses qui ne furent jamais tenues, escamota un mandat de député.En 1939, une population exaspérée par les actes répréhensibles de ec représentant infidèle le retourna à l’ombre.Cet homme reparut récemment en public.On le dit terré à nouveau.Mais quel est donc le nom de cet individu bizarre ?Qui devinera le saura.* * * "C’est par l'unité d’effort, de pensée et d'amour de notre pays que nous pourrons un jour vivre dans un grand Canada.C'est pour cela que le gouvernement de la province de Québec accorde généreusement sa coopération au gouvernement fédéral, car à moins que le pays tout entier ne soit prospère, chacun de ses éléments ne saurait atteindre au blen-clEf." Ces paroles ne sont pas celles d'un démagogue, mais Le sol prime tout.Le sol nourrit tout.Le sol assure tout.Voilà de ces principes pérennels que le développement ultra-rapide de l’industrie des villes ne devra jamais effacer, des principes que l'on devra moins que jamais oublier en cette période de guerre.Derrière le soldat de l'air, derrière le soldat de terre, derrière le soldat de mer, derrière le soldat de l'usine.Il y a l'aliment.Derrière l'aliment, il y a le soi.Sans celui-ci toute la machine de guerre fonctionne à faux, car on ne mène jamais le bon combat quand les boyaux se tordent.Le Canada doit suffire aujourd’hui à l'approvisionnement de sa propre population.Celle-ci, occupée pour une large part aux tâches militaires et aux labeurs d'usine, dépense une somme supérieure d'énergie et exige par ce fait même une alimentation plus massive.Cependant, cet accroissement de la consommation nationale n'est pas le seul problème auquel se doit de faire face notre production.En effet le Canada, placé dans une situation de sécurité relative et à une heureuse distance des lignes de combat, a conclu des accords économiques qui l'engagent à la sustentation d'une partie de l'outre-Atlantique De ces accords découlent, entre autres, nos exportations de bacon et de fromage en Grande-Bretagne.Pour répondre à ce surplus d’exigences, le Canada n’a pratiquement pas aerrû sa surface cultivée C'est donc dire que l'on demande plus aujourd'hui qu'hier d'un sol toujours le même II ne reste en somme d'inl-tiative qu'une hause du rendement et une sélection des cultures les mieux adaptées aux besoins présents.Pour inclure tout l'essentiel dans un volume restreint, il importe de bannir l'inutile.Aussi avons-nous assisté depuis quelques années à une mue de notre production, à la direction de celle-ci vers de nouveaux canaux.Ces cadres nouveaux, il nous faudra un Jour les rompre.L'acuité du problème semble s’aggraver encore du fait que l'industrie de guerre des villes centralise la majeure portion des ressources hu maines du pays.Partout, sur la terre du Canada, tant sur les exploita tions de céréales de l'Ouest que sur les exploitations mixtes de l'Est, l'intensité de la mise à profit du sol se ressent d’une pénurie de main d'oeuvre.Les nouvelles récentes concernant les dernières récoltes illustrent bien cette lacune.La Saskatchewan vint prêter main forte à l'Ontario et celui-ci, en retour, prit le chemin de l'Ouest au temps des moissons Par ailleurs, un peu partout au pays, les autorités militaires ont dû accorder l'amnistie aux fils de cultivateurs, non par sympathie, comme l’ont prétendu des industriels, mais par simple souci d'amplifier la production des denrées essentielles.Privé partiellement de son potentiel main-d'oeuvre, le fermier l'est assez souvent de machine agricoles.On doit généralement utiliser des outils en demie déconfiture, puisqu'un manque de pièces de rechange exclut assez souvent toute possibilité de mise à neuf.Encore là, le cultivateur, cette encyclopédie faite homme.— doit faire montre de ses capacités en travail mécanique.Sa tâche de Titan, le fermier du Québec la réalise donc avec la main-d’oeuvre qu’il peut attacher à sa ferme et la machinerie que les soins ont sauvée de l'usure.Pourtant, cette surproduction est en plus mise au peint à même le sol.Ce que le Canada livre à la consommation et à l'exportation.ce n’est pas la chair des animaux, ce n’est pas les organes du végétal, c'est un peu de la valeur productive di: sol.En effet, toute once de substance animale résulte de l'analyse de complexes végétaux et de la retransposition de ceux-ci en des composés plus simples.Toute once de végétal livrée à la transformation par le système digestif de l'animal s'est formée à même les constituants du sol arable.Dans l’ordre de la nature, la couche arable ne se reforme qu'avec le concours de siècles d'action physique et chimique.Un pouce de terre arable ne se peut former dans l'espace d'une saison.La culture continue ne saurait donc résulter qu'en un appauvrissement progressif de la surface en culture.Aussi importe-t-il au premier degré que l'on rende sans cesse à César ce qu'on a pris à César, et que l'on rende aussi régulièrement au sol ce dont on l'a privé.Ici entre en ligne le problème de la fertilisation.Avant même la venue de la guerre, nos sols souffraient de débilité générale.Dans Québec, on rencontrait par ci par là des ilôts de terre vraiment fertile: mais la presque totalité de notre terre cultivable manquait de l'un o u de l'autre des constituants essentiels d'un bon sol: nitrates, acide phosphorique, potasse, agents catalytiques, etc.Depuis la guerre, la situation de nos sols n'a pu qu'empirer.A cause d'une impossibilité de se procurer certains engrais ou d'une négligence souvent excusée par la rareté de la ma in-d'oeuvre.on n'a pas entièrement remis à la terre les éléments que les plantes en ont tirés.Notre agriculture, avec sa pénurie de main-d'oeuvre.son insuffisance d'équipement de ferme et son sol déjà exténué par des siècles de culture, semble assez bien combler les exigences de l'heure.Il ne convient pas toutefois qu'on se couche sur des lauriers en partie fanés.Il convient plutôt qu'on envisage à ce moment même la situation où sera notre sol au seuil de l'après-guerre, alors que celui-ci devra se remettre de son ércintement et suffire pour une part à l'alimentation d'un monde en reconstruction.Le souci même de notre bien-être économique demande qu'on atténue l’appauvrissement du sol et qu'on corrige par certains traits la situation de notre agriculture .Ce n'est en effet que par une stabilisation bien assise de l’agriculture que l'on stabilisera toute notre économie.Campez le sol et vous camperez le pays.André F.sont celles tombées de la bouche d'un premier ministre quia à coeur de travailler au plein développement de sa province d’abord, mais aussi, — car son patriotisme n’en est pgs un de clocher, — du pays dans son ensemble.On aura reconnu l'honorable Adélard Godbout.* * * “Nous voulons donner à la province de Québec la première place dans la Confédération après la guerre.Le meilleur moyen consiste à enrichir les cerveaux des nôtres.C’est une mission que nous nous sommes donnée et nous ferons tout pour la bien remplir”.Ces propos sont ceux d'un homme qui n'est pas tcrre-à-tcrre, mais bien ceux d’un Canadien qui s'élève et veut tirer les siens de l'ornière de l'ignorance et de l'obscurantisme.Quand les cerveaux de nos jeunes seront enrichis, quand nous aurons fourbis, — en lui donnant la culture nécessaire, — les armes de la génération qui monte, alors celle-ci pourra-t-elle livrer avec avantage le combat de la vie.L'instruction assurera aux nôtres les moyens de concurrencer avec succès nvcc les groupes ethniques que nous coudoyons.Les propos rapportés plus haut sont ceux de l’honorable Hector Perrier, Secrétaire de la province et député de Terrebonne à la Législature provinciale.?* ?D'aucuns continuent encore à se demander si le Canada n'aurait pas pu se soustraire à la participation à I i présente guerre mondiale, cela ma'gré ses développements dont qu< tques-uns — qui a oublié Pearl Ha bour ?pour ne citer qu'un cas, — connurent, n’est-il pas vrai, la rap dité de l’éclair.Nous invitons ceux-là qui n’ont pas entendu l’honorable Louis Saint-Laurent, ministre de la justice, qui traita de cette épineuse question dans sa récente causerie au club de Réforme, de Montréal, à lire le texte de ce qu'il en a dit, texte qu'on trouvera dans un autre page de notre journal.* * * Un confrère tory anglais du matin publiait récemment ce qui suit : “On est encore loin d’une égalité de sacrifice fondée sur la géographie.Il semble y avoir encore abondance de main-d'oeuvre dans le Québec pour toute chose excepté pour les forces armées.On semble avoir pour politique la paix à tout prix — mais à quoi s’attendre pour le printemps prochain, alors que le pays se trouvera devant l'indiscu-tabie obligation de soutenir l’offensive en Europe avec d'autres effectifs, et alors qu’on aura vraiment gratté le fondUlu réservoir en hommes des huit autres provinces ?” Décidément, les extrémistes aveugles, sourds et muets, ne sont pas tous et uniquement du côté des Canadiens-français.Si le mal des uns pouvait au moins guérir celui des autres ?.CHANTS LAURENTIENS Lv ehvr pttHsv .Le passé est un précieux amas de cendres chaudes réchauffant les vieux coeurs avant l'ultime refroidissement de la tombe.Aussi parfois il revient lumineux, dans la mémoire pour y laisser un grand calme.Le cher passé .LA CHUTE A WILSON La chanson de ses remous et de l'eau s’assommant sur ses roches, par un clair après-midi d’été, enchante encore après un demi-siècle.Il n'y avait pas d'usine alors, tout près.La rivière du Nord devenait soudain furieuse en arrivant dans cette gorge étroite et l'éclatement des vagues tassées remplissait l'air de brumes et de plaintes.Les rayons du soleil prenaient plaisir à s'accrocher à l'écume pour la dorer et nous, gamins de sept et huit ans.pieds nus.prenions plaisir à pêcher la truite, en bas du rapide.L'hiver elle prenait une toilette de déesse blanche et offrait aux jeunes poètes des manteaux d'hermine, accrochés aux sapins de la rive, des linons de rêve tissés par le frimas, dans les aulnes, tout près .LA CAVE A GUENETTE Le nom existe encore, je crois.C'est l'endroit le plus profond de la rivière dans les limites de la ville.Je me souviens de la pêche miraculeuse de l'inspecteur d'école Pacifique.quelques mois avant sa mort prématurée en 1896.On avait ouvert l'écluse de la digue Villeneuve, au "pont de fer", et le si sympathique Pacifique décida daller faire un tour de trôle avec son rameur de toujours."Coq" Thibault.Il captura 36 beaux dorés, en moins de trois heures.La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre.Les commères envoyèrent leurs maris.disant à qui voulait l'entendre que la cave à Guénette était pontée de poissons.Ce soir là il y avait vingt amateurs de pêche sur la rivière du Nord à cet endroit.L’inspecteur d'école décida de retourner à son sport favori.Le croiriez-vous.Il réussit à prendre encore dix dorés alors que ses amis et "rivaux" revinrent bredouilles.Cette pêche ht les frais de la conversation pendant une semaine et chacun de dire que monsieur Pacifique avait un don pour attirer les poissons.J’allai porter un doré à monsieur le curé, à monsieur le maire et au docteur Wilfrid Prévost qui avait eu le "plaisir" de me faire entrer dans le monde.Ce brave homme me donna dix sous.Je m'empressai de les dépenser au magasin du bonhomme Mailhot.en achetant des "mains à la mélasse" et des "bâtons forts".LE NOTAIRE LACHAINE Je le revois toujours ce cher Louis-de-Gonzague Lachaine, partant de chez lui.chaque matin, les mains derrière le dos, et fumant comme dix, sa pipe en écume de mer.U se rendait au bureau d'enregistrement et avait un bon mot au passage pour chaque gamin qu montait au collège.Quel brave homme de notaire U était fin comme une mouche et se plaisait à taquiner ses nombreux amis à la réunion sacramentelle, chaque soir, rue Labelle.toujours en face du restaurant Mailhot.DANS LE DOMAINE Le domaine de Beliefeuille était dans le temps le paradis des gamins du village.L'ombre complice favorisait la rêverie et sous les érables les moins sérieux guettaient les écureuils qui, à la centaine, sautaient d'une branche à l'autre, filaient sur le sot avec une souplesse de serpent, pour retourner tout au faite d’un chêne après avoir trouvé un gland.Les voyez-vous, assis sur leurs petits derrières, criant leur joie de vivre, aux yeux ronds comme des perles brunes, et se grisant de soleil et d'espace.Si nous avons joué à la cachette dans ce beau parc avec les Miettes du hameau.Et combien de bécots volés! Plusieurs sont mortes.d'autres sont maintenant des grand'mères, mais elles doivent aussi parfois songer aux escapades dans le domaine .Le passé est un précieux amas de cendres chaudes .Adolphe NANTEL * * * Tous les journaux de Montréal, y compris la GAZETTE, organe pourtant tory cent pour cent, ont rapporté que la grande salle du marché de Bertierville, où eut lieu dimanche dernier une assemblée libérale, était remplie à déborder et que plusieurs centaines de personnes durent se résigner à écouter les discours à l’extérieur.Tous les journaux ont aussi noté que les honorables Adélard Godbout et Hector Perrier, qui en furent les principaux orateurs, y ont été cha- Une croisade à soutenir Une croisade bat présentement son plein à travers la province.C'eat celle amorcée par des hommes et des femmes qui.consacrant la valeur de la personne humaine, veulent assurer le soulagement de ses souffrances et le rayonnement de son bien-être.Il s’agit, dans l'espèce, d'opposer un barrage aux ravages croissants causés par la tuberculose.Animés du plus pur altruisme, ces hommes et c»s femmes se sont émus das dévastations ainsi semées par la peste blanche et ont accepté, — avec un courage et un dévouement qui leur vaudront l'admiration et la reconnaissance de tous.— de conjuguer leurs efforts en vue d'ériger une structure défensive contre les assauts de Ce terrible virus qui atteint la race dans ses forces vives.On ne peut trop s'émerveiller du rôle éminemment social qu'ont d'assumé les initiateurs de ce si beau mouvement.Par ailleurs, 11 faut de toute nécessité qu'ils se sentent appuyés par la très grande majorité de la population: il s'impose qu'ils sachent qu'alors qu'ils dispensent si généreusement leur dévouement, d'autres hommes et d'autres femmes ne négligent rien pour les seconder et donner une valeur réelle à leurs efforts.Dimanche, Son Eminence le cardinal Rodrigue Villeneuve, par le truchement des ondes, exhortait la population A entendre avec sympathie l'appel lancé par le Comité provincial du Timbre de Noël.Son Eminence insista auprès des pouvoirs publics pour qu'ils mettent tout à contribution pour assurer le succès de cette campagne, et ne négliger aucun effort pour assurer la diminution, voire l'extinction de cette maladie insidieuse qui prend les proportions d'un fléau national.Il n'y a aucune raison pour que la communauté canadienne.— et tout particulièrement celle du Québec.— soit ainsi victime d'un mal qui devient une réelle gangrène puisqu'il atteint quiconque le frôle ou l'approche.Son Eminence le cardinal avait raison: la tuberculose est un des grands fléaux de l'humanité.Il est possible que d'autres pays en soient aussi atteints; nous compatissons au lamentable sort de ceux qui en souffrent ailleurs, mais nos efforts doivent d’abord converger vers la conjuration des dangers qu'il projette chez-nous: force nous est d'admettre que notre province est très gravement frapnée.L’an dernier seulement, la moitié des décès survenus au Canada étaient attribuables â la tuberculose.Ce qui doit nous consterner et contribuer à nous dessiller lea paupières, c'est que chaque décès annuel engendre dix contagions en moyenne.Le microbe fauche ainsi dix arbres humains lesquels, autrement.et se développant dans des conditions normales, en auraient produit dix autres.Ceci illustre avec une désolante éloquence la perte que nous subissons en capital humain.L’Association canadienne antituberculeuse a donc été fondée pour enrayer le fléau chez-nous.Un Comité provincial lui sert d'organe parmi les gens du Québec.Pour déverser dans les coffres de cet organisme local, les deniers nécessaires à la lutte, on a institué la vente annuelle des Timbres de Noël.Il importe donc au premier chef que chacun fasse sa part, sa très large part en vue d’accélérer la vente de ces timbres.C'est le soutien de l’oeuvre, et l'oeuvre est plus que méritoire.Réfléchissons donc sur la beauté morale de cette oeuvre, sur son absolue nécessité et.pour paraphraser Son Eminence le cardinal, sur "l'obligation de charité et de prudence qui incombe à tous et à chacun de Tencourager".I-a saison offre un caractère particulièrement propice pour une campagne de cet ordre.Nous nous pénétrerons bientôt de l'esprit des fêtea.Malgré les sombres heures que nous vivons, nous connaîtrons quelques moments de réjouissances.Noël approche: ce sera l'anniversaire du Jour où le Christ se fit homme pour sauver le genre humain.Puisons dans les événements des prochaines semaines une leçon salutaire et recher-chons-y l'inspiration à faire le bien, à répandre le bonheur.Nous ne pouvons certes sauver le genre humain: c'est là tâche digne d'un Dieu seul.Cependant, en chrétiens soucieux de se pencher sur les misères et lea souffrances d’autrui, en Canadiens ardents qui veulent le plein épanouissement de la race dans des conditions de vie normales, collaborons avec ceux qui se sont enrégimentés dans cette lumineuse croisade antituberculeuse et sauvons de nombreuses et précieuses vies que la peste blanche voudrait ravir à la Patrie canadienne.Nous ferons ainsi oeuvre de charité et d’amour.Léopold F.Crédit agricole Ceux qui disent que le gouvernement Duplessis prêtait â 2bi% alors que le gouvernement Godbout prête à 5.7%, ne sont pas honnêtes.L'ancienne annuité de l'Office du Crédit Agricole était de 4%, dont 2'4% d'intérêt et 1 *4% d'amortissement.Elle a été portée à 5.714%, dont 3% d'intérêt et 2.714% d'amortissement, à compter du 17 mars 1941.L'intérêt n'a augmenté que de % de 1% Le principal changement est dans l'amortissement qui a été porté de l'4% à 2.714%, ce qui permet de rembourser EN 25 ANS AU LIEU DE 39*4- II faut tenir compte des faits suivants: L'emprunteur, tout en payant 3% au lieu de 2*4%, déboursera un total d'intérêt moindre avec le nouveau système.En effet, l'emprunteur qui paie 2>4% d'intérêt pendant 39H ans.débourse un total de $579.10 par $1,000.00, tandis que l’emprunteur qui paie 3% d'intérêt au lieu de 2*4 %, pendant 25 ans, ne débourse que $423.61 par $1,000.00, soit une différence de $150.49.L'emprunteur qui paie 3% d’intérêt pendant 25 ans.pale donc $150.49 D'INTERET DE MOINS que l'emprunteur à 214% d’intérêt pendant 39’-j ans.La période de remboursement de 39*4 représente plus que la vie active de la moyenne des cultivateurs.Un cultivateur, qui emprunte à 30 ans, est âgé de 69*4 ans lorsqu'il a fini de s'acquitter de sa dette.Celui qui emprunte à 40 ans est âgé de 79*4 lorsqu'il a remboursé son prêt.Le taux d'intérêt a été augmenté de *4 de 1% seulement, â la suite d'une augmentation réelle du taux de l'argent.Il faut se rappeler que l'Office emprunte l'argent qu’il prête et qu'il paie un taux moyen d'intérêt de 3*4%- sur ses emprunts, de sorte qu’il encourt une perte de plus de 1% sur les prêts à 2*4%, et de plus de *4% sur les prêts à 3%.Le taux d'intérêt chargé par le Prêt Agricole Canadien aux cultivateurs des diverses provinces du Canada, est de 5% plus 2% d’amortissement, formant un total de 7%.Si les cultivateurs de Québec ne paient que 3% d'intérêt au Prêt Agricole Canadien au lieu de 5%, c’est parce que le gouvernement provincial verse une contribution de 2%.leureusement acclamés.Le DEVOIR, qui y était représenté par un reporter-sténographe, a jugé opportun de ne pas faire même allusion à ces deux aspects de l'assemblée, aspects significatifs, on en conviendra, dans les circonstances.Pourquoi ?Le DEVOIR aurait-il gardé de Conrart le même silence prudent., s’i lse fût agi d'un meeting du Bloc-Popu ou de l’Union nationale ?* * * Ainsi que notre confrère le CANADA a tenu à le souligner, les discours des honorables MM.Godbout et Perrier ont illustré encore une fois l’esprit qui anime le gouvernement de Québec.Des finances saines afin de ne pas tomber entre les pattes des puissances d’argent; une agriculture orientée vers l’avenir ; des entreprises de colonisation soutenues par le progrès technique ; la scolarité obligatoire et la gratuité de l’enseignement, entraînant à proche échéance la gratuité des livres, — tels sont quelques points sur lesquels les deux ministres ont particulièrement appuyé devant leur auditoire de Berthier.Surtout, pas de flatterie démagogique : “Ne comptez pas sur le gouvernement, a dit notamment l’honorable M.Godbout, pour vous faire votre avenir.Même votre propre père ne pourrait le préparer pour vous, et ceux qui prétendent le contraire sont des démagogues.¦rptjiS Page deux L’AVENIR DU NORD Saint-Jérôme, le 26 novembre 1943 Le Canada el la guerre L'honorable Louis Saint-Laurent, ministre de la justice et aussi canayen, humain, croyons-nous, que son prédécesseur, feu le très honorable Ernest Lapointe, a dit son opinion au sujet de la participation du Canada à la guerre actuelle au cours d'une récente causerie prononcée au Club de Réforme, à Montréal.Voici le texte de sa thèse a se sujet, thèse sur laquelle nous nous contenterons, pour le moment, de demander & nos lecteurs de bien réfléchir avant que de porter Jugement.¦'D'abord, est-il bien vrai que notre participation à cette guerre était Inévitable ?Au début il y a bien des gens citez nous qui ne l'ont pas cru ; 11 y en a même qui se sont imaginés que nous volions comme des coloniaux dociles à l'aide de ''mères-patries'' d'outre-mer ; ils ne voyaient dans la nouvelle explosion que la reprise du conflit de 19141918 et 11 faut bien admettre que malgré les horreurs et l’étendue de ce conflit de 1914-1918 peu de gens chez-nous avaient eu l'impression que la sécurité de l'hémisphère occidental avait été alors à aucun moment sérieusement menacée.Mais, cette fols-ci, les événements ont vite pris une tout autre tournure et nous pouvons nous servir pour répondre à ma question des connaissances que ces événements nous ont révélées : "Nous savons que l'horrible doctrine que la force fait le droit avait été inculquée à petites doses à travers plusieurs générations dans la mentalité allemande en même temps que l'orgueilleux concept de leur virilité transcendante ; nous savons qu'ils rêvaient de dominer le monde et qu'ils attribuaient à une préparation insuffisante leur échec de l’autre guerre.“Attention distraite" “Nous savons que cette fois ils avaient ébloui l'immense orgueil de Mussolini et de ses fascistes, et fasciné l'outrecuidance et la cupidité des petits hommes jaunes de l'Empire croissant du Japon.Nous savons que tous ensemble ils réclamaient des espaces vitaux et qu'ils étaient réellement à l'étroit dans un monde où l'influence prépondérante était exercée par d'autres nations.Nous savons aussi, maintenant, quelle cinquième colonne ils avaient réussi à infiltrer dans les populations qu'ils rêvaient d’abattre ou d'asservir.Nous savons également à quels préparatifs économiques, industriels et politiques ils s'étalent depuis longtemps adonnés."Mais nous étions si forts nous-mêmes, si sûrs de nos avantages individuels.si certains que tout cela n'était que mégalomanie fantastique et ridicule que nous n’y prêtions qu'une attention distraite.Pourtant, de tous les espaces vitaux enviés par les autres aucun ne paraissait une proie plus riche et plus désirable que nos immenses territoires canadiens.“Rappelons-nous certains autres faits : Déclaration du Président des Etats-Unis, en 1936 “Dès 1936 le Président des Etats-Unis dans un discours où il déclarait en termes^ éloquents sa détestation de la guerre et sa détermination qu'aucun acte de son pays ne contribuerait à la produire ou à la provoquer, ajoutait ceci : “Nos voisins les plus rapprochés sont de bons voisins ; s’il y a des nations plus éloignées qui nous veulent du mal plutôt que du bien, elles savent que nous sommes forts, elles savent que nous avons la capacité et la volonté de nous défendre et de défendre tous nos environs.” En 1938.alors qu’il acceptait un doctorat d'honneur à l'Université de Kingston, il précisait davantage : "La Puissance du Canada est partie de cette communauté de nations qui constitue d'Emplre britannique; Je vous donne l’assurance que le peuple des Etats-Unis ne serait jamais spectateur inactif s’il arrivait que la domination du sol canadien fût menacée par un autre empire." C'était un avertissement au monde entier et on pouvait espérer qu’il serait entendu dans toutes les chancelleries.Le Président le répéta en une conférence de presse, au mois de novembre de la même année, en annonçant les mesures que son gouvernement adoptait pour augmenter les effectifs de ses armées, de sa marine et de son aviation.Il le répéta encore le 12 septembre 1939 alors que l’état de guerre entre nous et le Reich allemand était déjà déclaré.Ce que nous savons maintenant "Miais nous savons maintenant que tout cela avait été escompté par les puissances de l’Axe.Rappelons -nous les angoisses qui nous ont empoignés lorsque nous avons vu les Britanniques chassés de Norvège : les Pays-Bas ravagés, Rotterdam et sa population exterminées ; la Belgique et la France écrasées.Rappelons-nous que si Dunkerque avait laissé la vie sauve à une partie importante des troupes britanniques qui étalent sur le continent, il n’en restait pas moins vrai que c’était l'armée canadienne stationnée en Angleterre qui constituait le véritable bastion de toute la défense territoriale des Iles Britanniques.Rappelons-nous que les Italiens qui avalent Jusque alors hésité se sont empressés de s'affirmer de la partie lorsqu’ils ont vu la France s’effondrer.Rappelons-nous avec quelle haletante anxiété nous avons suivi de jour en Jour et de semaine en semaine la résistance héroïque du Royaume-Uni et de sa population sous les bombardements incessants de l'aviation hitlérienne ; rappelons-nous comme on se demandait si cela pouvait durer bien longtemps et si cette dernière forteresse entre les hordes de l'Axe et le continent américain ne Unirait pas par être investie elle aussi.Rappelons-nous les avances foudroyantes pendant l'été de 1941 en territoire russe et les destructions .presque fantastiques auxquelles les Russes eux-mêmes ont eu recours pour ne laisser à l'envahisseur qu'un desert déjà ravagé et brûlé.Rappelons-nous, enfin, qu'en décembre 1941 l'attaque simultanée des Japonais sur les plus puissantes unités de la flotte britannique et sur Pearl Ha rber a I affirmé de nouveau au monde entier l'espoir et la résolution des puissances de l'Axe de dominer l'univers.Pearl Harbor et ses conséquences “Croit-on maintenant que la participation des Etats-Unis à cette guerre mondiale pouvait être évitée ?Le Président et le gouvernement avalent fait leurs déclarations et aussi mis à point depuis longtemps leur immense machine économique et industrielle, mais il a fallu Pearl Harbor et ses désastreuses conséquences pour que le peuple américain admit l'inévitabilité pour lui de participer au conflit ; je ne l’en blâme pas.car la paix est si précieuse à l'individu comme à la nation qu'il est honorable autant qu humain de ne consentir à y renoncer que lorsqu'on s'est rendu compte soi-mème de l'inévitabilité de la guerre.Mais il arrive que cette inévitabilité se révèle aux uns plutôt qu'aux autres et cela ne veut pas dire qu'elle n'existe que depuis le moment où tous l'ont perçue : dès que la guerre fut déclenchée et qu'elle eut pris la tournure qui permit aux puissances de l'Axe d’entrevoir des possibilités de réussite elle fut aussi inévitable pour les Etats-Unis et pour nous qu'elle l'avait été pour la France et l’Angleterre.Et ceux qui, chez nous, se permettent d'affirmer que nous nous battons pour les autres font preuve d’un aveuglement dont il convient de les plaindre ; ils sont des aveugles et.plus aveugles encore seraient ceux qui voudraient les accepter comme guides.Sources précieuses d’information “Notre gouvernement disposait J dès le début — comme il dispose i toujours, — de sources d'informa- ! tion qui ne sont pas accessibles aux individus ; il eut à envisager immédiatement la possibilité d'un conflit qui pouvait durer des années et s’étendre au monde entier.La guerre totale contre les nations libres était déclenchée et pour répondre à cette guerre totale chacune de ces nations se devait à; elle-même et à ses alliés de mobi- ; User toutes ses énergies disponibles et tout le surplus de ses ressources non essentielles au maintien de la santé et du bien-être de sa popula- ; tion civile ; or, puisqu'un effort to- j tal était requis de la part de la po- ; puiation canadienne cela signifiait j que tous et chacun, toutes les par- j ties et chacune des parties du pays, ! devaient y contribuer ; nous ne pouvions permettre qu'aucune de ces énergies et de ces ressources ne se perde et ne se dépense dans des conflits internes et dans des luttes entre nous-mêmes.Notre gouvernement comprit dés le début que le Canada devait pourvoir à la sécurité de son propre territoire et aussi a la protection des territoires voisins de ses côtes, comme Terreneu-ve et le Labrador.O que le Canada avait à créer "Nous avions à créer une marine pour garder ces côtes et aider à maintenir les communications maritimes entre ce continent et la Grande-Bretagne et l'Europe ; i) nous fallait enrôler et entraîner une armée importante sans négliger de conserver assez de main-d'œuvre pour assurer la subsistance à cette armée et à notre population civile et leur assurer également tous les appareils nécessaires à la guerre moderne."Nous avions à organiser l'aviation canadienne et à la préparer à jouer le rôle splendide dont elle s'est acquittée dans tous les deux du monde.“Tout cela nécessitait un plan minutieux et une organisation soignée, car il n'y a pas de tâche plus difficile dans une guerre totale que celle de déterminer convenablement l'équilibre à conserver entre »es divers aspects de l’effort à four-ï'Ai."Je crois que nous avons réussi à maintenir cet équilibre, et d’autres pourraient discuter devant vous en d'autres circonstances l'importance que nous avons attribuée à l’efTort commun dans chacun de ces domaines ; pour ma part Je crois que nous pouvons avec confiance laisser à nos concitoyens et à l'histoire le soin de l'apprécier.Sur quel pied “Le Devoir" dansera-t-il ?Comme il fallait s'y attendre, la grande presse du Québec, plus ou moins liée nux gros intérêts financiers, n'a pas tardé à commenter la décision prise par le gouvernement Godbout de procéder sans plus de délai, c'est-à-dire dès la prochaine session, et donc avant les élections provinciales générales, à la nationalisation de la Montreal Light.Heat and Power.Que la première réaction non dissimulée du Montreal Star, de la Gazette et de Montréal-Matin, pour ne mentionner cfue trois Journaux conservateurs bien connus, ait été de s'opposer au projet, personne, croyons-nous, n'en aura été étonné.Les opinions en pareille matière, comme en politique du reste, étant parfaitement libres, notre intention, pour le moment du moins, n'est guère de les blâmer de leur attitude.Il sera dans l'intérêt du gouvernement lui-même d'avoir pu se rendre compte, avant que de légiférer, des sentiments particuliers aussi bien que généraux de la population, et cela d'autant plus qu'i ls'agit de la mise à exécution d'un projet d'une envergure économique sans précédent au Canada français.Quelle sera, dans les circonstances, l'attitude de la presse soi-disant libre, indifférente du sort des partis politiques et qui prétend juger nos grands problèmes à leur mérite ?L’un de ses principaux membres, L'Action catholique, de Québec, aura été le premier à prendre position, c'est-à-dire à se prononcer sans la moindre équivoque possible sur la question de principe qui se pose.Nous verrons plus loin en quels termes.On n'ignore pas que le Devoir fut, avec L'Action catholique.l'un des Journaux qui de tous temps dénoncèrent le'plus violemment les abus reprochés au trust québécois de l'électricite et à favoriser, en conséquence, tout mouvement, politique ou non, susceptible de contraindre nos gouvernants, quels qu'ils soient, à en venir à la nationalisation.Quelle sera, quant à lui, son attitude au sujet de la récente décision du gouvernement Godbout de "prendre le taureau par les cornes ?” C'est ce que d'aucuns seraient bien anxieux, semble-t-il.de savoir.Que certaines dispositions de la future loi de nationalisation soient discutables, que le mode d'expropriation auquel on aura recours prête le flanc à la critique, la chose est fort possible sinon probable.Le public sera à même d'en juger lors de la discussion publique du projet à l’Assemblée législative aussi bien qu'au Conseil législatif.Aussi bien ne demandons-nous pas pour notre part au Devoir d'approuver ù l'avance une loi dont tout le monde, par ailleurs, ignore les termes.Notre curiosité sera amplement, entièrement satisfaite s'il daignait simplement nous dire ce qu'il pense de l'attitude de L'Action catholique, avec qui.encore une fois, il fit toujours les "bons combats” contre le trust de l'électricité, attitude que voici, selon ce que M Eugène L'Heureux, rédacteur-en-chef de notre grand confrère de Quebec, écrivait dans son article éditorial du 13 octobre courant J.1*.* * * "La décision de nationaliser la M.L.H.& P.constitue évidemment le coup le plus efficace Jamais porté contre le trust de l'électricité dans Québec.Cette fais, c’est à la tète du monopole que l'on veut frapper.Puis c'est l'autorité elle-même qui semble disposée à porter le coup.Voilà un spectacle auquel personne ne nous avait encore habitué.Nous en sommes agréablement surpris."Est-il donc vrai que la politique a décidé de reprendre sa place, que lui avait enlevée depuis trop longtemps la haute finance Franchement.la declaration de M.le premier ministre est ferme et rassurante : mais c'est tellement au- dessus de l'ordinaire que nous osions à peine en croire nos oreilles."Cependant, si nouveau que ce soit chez nous, la nationalisation d'une entreprise de deux cents millions est possible autant que désirable dans te cas d'un service publie dont dépend tout le progrès économique d'une grande province."Pas plus qu'autrefois nous ne favoriserions une politique d'étatisation systématique et générale.Mais les abus du trust de l'électricité sont tels, chez nous qu'il est devenu vain d'attendre justice et progrès de l'initiative privée dans ce domaine.“Au reste, nous n'oublions pas que les meilleurs commentateurs de la grande encyclique sociale "Quadra-gesimo Anno" cite l'électricité comme premier exemple d'industrie à nationaliser dans les pays où “toute la vie économique est devenue horriblement dure, implacable, cruelle", où l’on veut “défendre efficacement l'ordre public, la paix et la tranquillité de la société contre l'assaut des forces révolutionnaires.” "Entreprises beaucoup plus considérable que l'étatisation de la Beauharnôis, la nationalisation de la M.L.H.& P.est par contre plus rationnelle.En effet, la première de ces deux compagnies, devenues filiale de la seconde, ne possède pas comme cette dernière un vaste réseau de distribution public.En nationalisant la >1.L II.& P., on résout le problème de la distribution dans la partie In plus populeuse de la province, tandis qu’en expropriant la Beauharnôis seule, le gouvernement eût été obligé de construire tout un réseau de distribution et d'organiser sa concurrence en des conditions défavorables."Et lorsque la nationalisation aura réduit les taux dans la region montréalaise routine elle l'a fait dans tout l'Ontario, c'est la province entière qui obtiendra des tarifs convenables, par voie de comparaison."Reste le cas des actionnaires de bonne fol.Nous espérons qu'on les traitera aussi équitablement que possible.Plusieurs gagneront comme consommateurs et citoyens d'une province plus prospère, ce qu’ils auront perdu comme actionnaires.Peut-être aussi de bons comptables pourraient-ils mener certaines enquêtes en vue de faire dégorger, au profit des actionnaires trompés, les organisateurs et principaux bénéficiaires de la capitalisation fictive ?"Mais l'ordre nouveau ne vaudrait pas mieux, si, demain, l'économie était conçue en fonction des intérêts de l'argent plutôt que du consommateur." ISMvvtrleiit La Régie des Services Publics se lient continuellement au courant des revenus, des dépenses et des ventes des compagnies d'électricité de la province au moyen de rapports mensuels que celles-ci lui envoient Depuis quelque temps déjà ces rapports ont démontré de manière évidente que les compagnies d électricité faisant affaires dans les regions industrielles de la province ont, depuis le début de la guerre, augmenté leur volume de ventes et de revenus au-delà de toute prévision possible au moment de la mise en vigueur des taux actuels standardisés pour la vente de l’électricité uux clients domestiques et commerciaux, et aux petits usagers de force motrice.Dans le but de proportionner ces taux standurldsés, d'application générale et considérable dans ces réglons Industrialisées, au volume accru des ventes, la Régie est d'avis qu'une réduction temporaire des taux des services publics desservant ces régions devrait être effectuée.A cette fin, elle a fait signifier des avis aux compagnies Montrent Light, Heat & Power Consolidated, Shuwinigan Water & Power, Quebec Power, Southern Canada Power.Gatineau Power et à la Compagnie Electrique du Saguenay, leur enjoignant d’effectuer une réduction temporaire de taux ù leurs clients domestiques, à la majorité de leurs clients commerciaux ou généraux, et aux petits usagers de force motrice dont la demande maximum n'a pas dépassé 250 HP.durant l’année 1943.Il y a exception dans le cas de certains clients domestiques et commerciaux ou généraux, desservis par la Cle Electrique du Saguenay, qui bénéficient d'une réduction permanente et importante depuis le 1er Juillet 1943.Ces réductions proposées de taux équivalent, dans le cas des clients domestiques, à la facture d'un mois; dans celui des clients commerciaux ou généraux, de l'éclairage des rues et des petits usagers de force motrice dont la demande maximum en 1943 n'a pas dépassé 250 H P., elles équivalent à la moitié d'une facture mensuelle.On estime que ces réductions atteindront un total de $1,500,000.à $2.000,000 Ces réductions s'appliqueront probablement aux factures émises au cours de la deuxième quinzaine de novembre, durant tout le mois de décembre 1943 et, exceptionnellement, à certaines factures émises en janvier 1944 I Faits concernant les spiritueux On entend dire couramment qu’il y a des stocks considérables de whisky dans les entrepôts en douane du Canada.C’est possible, mais il ne s'ensuit pas que ces stocks sont disponibles et qu’ils peuvent être offerts en vente au public.Les produits de la distillation diffèrent de la plupart des produits fabriqués sur un point très important.S’ils ont été bien fabriqués d’abord, puis bien surveillés pendant leur séjour en entrepôt, chaque année de maturation en améliore la qualité et en augmente la valeur.est une matière première importante ou irremplaçable.Les distillateurs accomplissent donc une oeuvre nationale de la plus grande utilité.Sans dpute, comme tout bon citoyen, ils sont heureux de pouvoir servir le pays.Mais, ainsi que les autres citoyens, ils doivent songer à l’avenir.Après la victoire, ils ne pourront pas, comme la plupart des autres fabricants, reconstituer immédiatement leurs stocks et reprendre leur commerce sur une base plus ou moins normale.Plusieurs années devront s’écouler avant que leurs stocks de spiritueux mûris puissent sufhre à satisfaire le public.La conservation des stocks actuels est tout à fait justifiable.Ces boissons prendront de l’âge et de la valeur, et les approvisionnements ainsi constitués préviendront le danger d’une rareté préjudiciable à la marche normale des affaires.Le gouvernement fédéral autorise la Commission des Liqueurs de Québec à acheter une quantité déterminée de produits distillés, soit au pays, soit à l’étranger.Mais la Commission n’est pas sûre de pouvoir obtenir son contingent pour les raisons mentionnées ci-dessus et à cause des difficultés de transport et d’autres entraves résultant de la guerre.La Commission doit aussi, dans l’intérêt de ses clients, se préoccuper de l’avenir.La vente des spiritueux doit être restreinte.Le remède est simple.On l’a déjà indiqué.Il est entre les mains du public, c’est-à-dire de chaque consommateur.VEUILLEZ CONSOMMER MOINS Publiée par COMMISSION DES LIQUEURS DE QUÉBEC LC8P Un distillateur n’a jamais trop de spiritueux-bien mûris.Mieux ses produits sont mûris, meilleure sera sa réputation dans un marché où la concurrence est très âpre.C’est pourquoi le spiritueux, tels que le whisky, l'alcool et le cognac, sont distillés et entreposés plusieurs années avant d’être livrés à la consommation.La quantité de boisson distillée s’établit en tenant compte des besoins de la clientele plusieurs années à l’avance, et des facilités d’entreposage.En temps normal, le fabricant distille régulièrement chaque année une certaine quantité de spiritueux et, au Canada, le gouvernement appose sur chaque bouteille d’alcool, excepté le gin, une bande indiquant l’année de la fabrication.Cette année, et depuis quelque temps d’ailleurs, on n’a pas fabriqué de boissons alcooliques destinées à la consommation.Toutes les distilleries, au Canada comme ailleurs, sont mobilisées pour la guerre.Produisant toute l’année à plein rendement, elles fabriquent l’un des produits les plus essentiels aux forces combattantes, sur tous les fronts.Aucune nation ne pourrait poursuivre la guerre sans l’alcool.S’il venait à manquer, ce serait un désastre.L’alcool entre dans la fabrication des munitions, de divers instruments, des {jointures, des couvertures, des pansements, en un mot, il serait plus facile d’énumérer les produits qui n’exigent pas d’alcool que ceux dont l’alcool Saint-Jérôme, le 26 novembre 1943 L’AVENIR DU NORD Page trois Si tu parlais, la lune.Arrondis sur le lac ta fuce rubiconde, Ris, la lune blafarde, niais ne dis pas pourquoi : Qarde-tol d’avouer.Joyeuse vagubonde, Ce que tu penses de ce monde ; Cache-nous la pitié des choses que tu vols.Los Illusionnés t’en content, des fadaises ! Gais fantoches, hâbleurs et burlesques pierrots.Mais tous les songe-creux sur qui ton regard pèse Te regardent bien mal à l’aise : Aussi muets que toi, Ils espèrent un mot.SI tu parlais un soir, quel serait ton langage, Exaspérante lune au mutisme troublant ?En te mirant au lac, rls-tu de ton Image Où les rides de ton visage Feraient pleurer tes yeux si tu ne riais tant ! As-tu jadis aimé aux premiers temps du monde.Quand tout se confondait en Immense chaos ?Un astre n’a-t-il pas choisi ta beauté blonde Pour en faire Jalouse l’onde ?Es-tu femme fidèle ou légère, là-haut ?Les étoiles, alors, seraient-elles tes filles ?Où, c’est ta cour peut-être.et reine, où est ton roi ?As-tu toujours été si blonde et si gentille ?Et ce pan de ciel qui t’habille.Quel amant l’a drapé si près de ton minois ?As-tu Jamais pleuré ?Regarde-moi, la lune .Quand on est amoureuse, on a quelque tourment.Et c’est toujours pareil l’histoire de chacune, Celle des blondes et des brunes .Comme toutes, as-tu ta peine, par moments ?Tout n’est pas dit.Activiez un soulier qui fait à votre pied Jovette-Alice BKRNIEK Menu pratique Le premier confort dont une travailleuse de guerre devrait s’assurer est celui de ses pieds.Celles qui doivent passer chaque jour de longues heures debout ne peuvent apporter assez de soins aux choix de leurs souliers.Les souliers peuvent quand môme être pratiques et de bonne apparence.La première qualité d'un soulier est de vous convenir exactement.Et c'est à vous, en grande partie, que revient cette responsabilité d'un choix judicieux.SI vous prenez au magasin un soulier trop étroit ou trop court, vous vous exposez vous-même à des ennuis.Ne vous arrêtez pas trop à la pointure indiquée.La pointure varie avec la marque de fabrication La différence habituelle entre deux pointures est d'un sixième de pouce sur la longueur, et d'un quart de pouce sur la largeur.11 convient que vous accordiez un temps raisonnable à l'essayage des souliers.Il existe 130 combinaisons différentes de longueur et de largeur dans les souliers de femmes.11 s'agit pour vous de prendre la peine de trouver ce qui vous convient.Un manufacturier envoya un jour une femme acheter en ville tous les souliers qui semblaient lui convenir.Elle revint avec douze paires de huit pointures différentes.Le manufacturier constata que quatre paires seulement luJ faisaient parfaitement.Ces quatres paires étaient marquées de trois pointures différentes.Ne tentez pas de remodeler un soulier, et n'espérez pas réussir à le modifier de façon qu’il vous fasse bien.S'il exerce une pression dou loureuse sur votre pied à l'essayage, c’est qu'il ne vous convient pas.N'attendez pas d'un soulier qu’il vous guérisse de tous vos malaises aux pieds.Il vaut mieux voir un spécialiste.Un mauvais soulier peut cependant aggraver certaines défec tuosités de vos pieds.Des souliers bien faits et bien ajustés, munis de talons de hauteur modérée et de supports appropriés, faciliteront votre travail et dureront plus longtemps.En achetant mieux, vous aiderez à la conservation du cuir.Vous ferez de même si vous prenez bien soin de vos chaussures.Potage aux poireaux Emincez trois blancs de poireaux avec six belles pommes de terre .pas trop grosses.Faites revenir au beurre et mouillez avec du bouillon.Lorsque vos légumes sont cuits, faites une liaison avec trois jaunes d’oeufs, une demi-pinte de lait, et mélangez le tout avec votre potage, que vous garnissez de persil.Lapin farci à la normade Enlevez le foie, le coeur, les rognons, d’un jeune lapin.Hachez les abatis avec un quart de poitrine de porc ou de chair à saucisses, des fines herbes, sel, poivre et une gousse d’ail.Mélangez bien cette farce et faites la cuire à moitié dans du beurre ou de la graisse.Introduisez ce hachis dans l’intérieur du lapin dont vous recousez ensuite le ventre.Faites revenir le lapin ainsi préparé avec un quart de poitrine et laissez-le pren dre couleur.Quand le lapin est bien doré, ajoutez un petit verre d’eau ou de bouillon, des oignons, du sel, du poivre.Achevez la cuisson à petit feu et servez la sauce très réduite.Epinards en salade Laver et faire cuire à l’eau salée, égoutter ; laisser refroidir et assaisonner avec huile, vinaigre, sel, poivre, comme salade ordinaire.Servir cette salade garnie de sardines coupées en long.Mousse au chocolat Quatre blancs d'oeufs, 3 onces de sucre en poudre, biscuits.Faites fondre le chocolat dans une très petite quantité d’eau, laissez refroidir.D’autre part, battez les blancs d’oeufs en neige avec une cuillerée à bouche de sucre en poudre.En continuant à battre, versez peu à peu le chocolat et dressez sur un compotier, avec des biscuits en couronne si vous le désirez.n jla @ _!_1 Paul t Ce soir, la lune • .à Pierrot.Ce soir, la lune a des reflets d'infusions aromatiques.Sur quelle décoction se penche-t-elle ?Quelque philtre de son invention sans doute ?— On le dirait.Mon regard ne se détache d’elle que pour la retrouver, identique, dans le miroir du lac.Et qui ne bouge pas.Toujours la même : disque en équilibre.La même encore, là-bas, plus loin, partout, — irisant l’arête des nues, — acceptant la ligne chaotique des monts, — écrasant et refoulant l’ombre des ravins et des sous-bols.La nuit lui appartient.Toute la nuit.Elle l’a conquise.La nuit, c’est à la fols son jouet, sa chose, son domaine, son royaume, son empire.Toute la nuit est à elle.Et, la nuit, tout est à elle.On Jurerait qu’elle a quelque chose à dire.Et qu'elle va parler.Je l’entends presque.Ecoutons.Mais non.La lèvre, sinuolée, reste fixe.Ecoutons encore.Rien.Force de l'Illusion.Au-dessus de moi, le bruissement doux, comme une caresse, des peupliers endormis.Plus bas, comme un chuchottement, le clapotis de vaguelettes qui viennent expirer sur le sable.Non, la lune ne parlera pas, ce soir.D’ailleurs, pourquoi ce soir plus qu'un autre ?Elle, qui depuis toujours s'est tue, suis-je assez enfant de croire qu’elle va rompre son mutisme millénaire ! Force de l'illusion.Ce que j’ai pris pour une lèvre qui va s'ouvrir n’est qu'une lèvre qui sourit éternellement.Car c’est bien cela : elle sourit.Elle sourit de toute sa large bouche.D’un coin d'une lèvre à l’autre.Et son sourire se perd dans les plis sombres de deux grosses rides, qui ont l’aspect de balafres.Quelle bonne farce retient-elle ?Joconde sur fond d’étoiles !.Et pourtant, ce soir, il me vient des goûts de te chanter une louange, 6 pâle lune d’automne.Que d’autres, avant moi, s’y sont essayé ! Tant d'autres ont égrené litanies, ciselé sonnets, rimé poèmes et musiqué des ballades nocturnes ! Et tout cela pour te créer une renommée ! (Que serais-tu devenue, là-haut, sans eux?) Taurait-on jamais contemplé sans tes poètes, astre inconnu avant eux I .O sultane voilée pour jeunes gens pâles ! — Je pense à toi, pauvre Pierrot déçu.• • • Décidément, lune, tu m’intéresses.Plus que cela.Mon sentiment pour toi frôle la tendresse.Et je suis déçue de ne pouvoir point te le traduire selon mon rêve et mon désir.Mais pour qu’une ode, même en prose, fut digne de toi.il me faudrait, vois-tu, tant de choses.Tout un album d'images jamais vues.Et encore tout un répertoire d’expressions inconnues.Et encore et surtout, des mots neufs.Tout un vocabulaire de mots neufs.Or je t'assure qu'il n’y a plus rien de tout cela.Tout est rance.Tout a été ressassé.Tout a servi ! Je plagierais inconsciemment dès ma première ligne.Non.mais me vois-tu dans le plat ?.Quoi ! Tu souris encore ?— Fille agaçante !.J’aurai ma revanche.Je pourrais dès maintenant te traiter d’in-cuse unique .Je me limiterai pour le moment à te dire que tu trouverais difficilement place dans un musée.Vieille monnaie.Médaille sans revers.Bronze falsifié.Patène de sémili-vermeil.Je m'arrête.Tu profites de ton éloignement pour te donner de là-haut : des airs ! .Pour continuer à me rire au nez ! Mais vois-tu, lune, quoique je te dise, ma colère est factice.Au fond je t'aime bien.Je voudrais connaître l’artiste qui te frappa.Et les titans qui te roulèrent jusqu'aux astres.Et Celui qui leur dicta de t’y coucher sur un coussin d’azur tout pointillé d'or.Oui, je t'aime bien.J’aime la patine que t’ont donné tes nuits sans sommeil.J'aime ta grimace monstrueuse et sympathique.J’aime tes fantaisies et les fantaisies que tu inspires, et aussi, les rêves que tu fais naître dans le cerveau des humains.Ton silence est troublant dans le silence des nuits.Mais ta façon de prêter l’oreille est toujours plaisante et polie.Car, l’on divague dans ta lumière bleue sans que tu nous la retires.Et l'on te confie des secrets sans que tu nous interrompes.• • • Ce soir, la lune a des reflets d'infusions aromatiques.N'en doutons plus.C’est un philtre qu'eile prépare.J’en ai un peu peur ! Pierrot, la verrez-vous ce soir ?Ne redoutez rien, allez ! — la lune, j’en suis maintenant convaincue, elle, elle n’a pas d'oreilles.FAUSTINE L'oeil scrutateur des Étayons X sonde la charpente des avions Au début des hostilités, il devint évident que des méthodes modernes devaient être adoptées pour vérifier les armes qui serviraient au combat.Les rayons X et les rayons gamma pénètrent le métal de la même manière que le corps humain.L’Aviation canadienne n’accepte que les avions soumis à un examen radiographique.Canadiens, soyons vigoureux Adoptons le menu national et soyons en santé GRATIS! Demandez la brochure “Recette* Economiques1' qui contient plusieurs recettes d'emploi indiqué aujourd'hui.Envoyez une carte postalo avec votre nom, votre adresse et les mots “Recettes Economiques" au Service de l’Economie Domestique de la Compagnie Canada Starch, Dépt.( 4-H, casier postall29, Montréal.Nationa fabricants SIROP CROWN BRAND Th* CANADA STARCH COMPANY, LlaltsE Servez des tomates en toute SAtison Bien que nfomentanément supplantées par certains fruits, les tomates n'en sont pas moins le légume le plus durable, car on peut s'en servir toute l'année durant comme source de vitamine C dans notre régime alimentaire.Quoique de courte durée, les gro seilles rouges et les cassis, les fraises et les framboises sont très riches en vitamine, mais ces fruits ne sont que trop éphémères, tandis que les tomates, au naturel ou en conserves peuvent être servies tout le long de l'année.Les services d'Hygiène alimentaire à Ottawa affirment que l’organisme humaine a besoin chaque jour d'une quantité de vitamine C.Mal heureusement, notre organisme ne peut se constituer une réserve de cette vitamine lorsque les fruits qui la contiennent sont si abondants du rant l'été.A l'approche du prin temps, lorsque les sources de vitamine C ne sont pas très abondants et coûtent très cher, un grand nom bre de Canadiens n’absorbent pas suffisamment de cette importante vitamine pour satisfaire leurs besoins quotidiens.Le service d’Hygiène alimentaire recommandait à tous ceux qui le pouvait de mettre le plus de toma tes possible en conserve pour usage durant l'hiver.Les tomates locales, mûries sur plante, non seulement possèdent plus de saveur, mais contiennent plus vitamines sur leur peau peau.(iuenilles?guenilles?Les industries de guerre canadiennes, les Ecoles d'entraînement pour aviateurs.l'Armée, toutes ont besoin de guenilles pour assurer le bon fonctionnement des machines qu'ils emploient ou fabriquent.En temps normal, à travers tout le Canada, on recueille approximativement, chaque année, 50,000,000 de livres, de guenilles de toutes sortes.On en importait plusieurs millions de livres de plus.Maintenant, dans la plupart des cas.il nous est impossible d'importer des guenilles et cela justement quand nous en avons le plus besoin.I.a récupération moyen bien simple services importants terre de l'Aviation aux ouvriers dans les industries de guerre à travers tout le pays.Tou est donc un de rendre des aux équipes de canadienne et Conservations des graisses La graisse bien conservée reste plus longtemps comestible.Le beurre est plus périssable et absorbe aisément les odeurs ; on le tiendra donc bien couvert dans le réfrigérateur ou dans un endroit frais.Le saindoux se conserve indéfiniment dans une glacière et pendant quelque temps à la température ordinaire de la maison.Les graisses de fabrique (shortenings) qui sont des graisses hydrogénées se conservent bien dans des contenants bouchés, à la température de la maison.La Section des Consommateurs du Ministère fédéral de l’Agriculture suggère de dépotes les guenilles, surtout celles de 1 ser les graisses ménagères fon-coton, doivent être Avant de les remettre à v Il y a quelques années, le rayon X servait uniquement à découvrir les maladies et les défectuosités du corps humain.Voici maintenant que son oeil scrutateur sonde jusqu’à la charpente des avions.Lorsqu’un pilote traverse les continents, il est assuré du maximum de sécurité car toutes les parties de son avion ont été examinées au rayon X ou au rayon gamma.Les rayons X, ainsi appelés à cause de leur nature mystérieuse, furent découverts il y a cinquante ans.Le radium, base des rayons gamma, le fut par Madame Curie, peu après.Après plus de vingt-cinq ans de recherches laborieuses, ces rayons furent adoptés comme instruments de guérison.Au début des hostilités, en 1939, il devint évident que des méthodes modernes devaient être découvertes pour vérifier les armes qui serviraient aux combats.Les défectuosités visibles ne sont pas les seules à corriger, la vie des hommes dépend aussi de défectuosités cachée?.L’usage des pellicules de rayons X ou rayons gamma pour l’inspection du métal date d’alors et a rendu de très grands services à l’industrie.Sur ces pellicules, les parties faibles du métal apparaissent par taches noires, de même que les cavités, les cassures, etc.Les rayons gamma, tirés du radium, pénètrent le métal de la même manière mais ne sont pas aussi sensibles que les rayons X.On a estimé que l’usage de ces rayons dans l’industrie canadienne a rendu possible l’emploi de 25fr moins de métal tout en obtenant autant de sécurité.Les expériences se sont montrées si convaincantes que l’Aviation canadienne a établi comme règle de ne pas accepter d'avions qui n’ont pas été préalablement soumis à un examen radiographique.De plus, l’Inspection Board of the United Kingdom and Canada se sert des mêmes procédés dans les usines, de l’Est à l’Ouest.Au laboratoire de radiographie de la division de la physique, au conseil national des Recherches, le radium et les rayons X sont utilisés pour l’inspection de l’a luminium, du magnésium, du bronze et de l’acier.En plus des examens radiographiques, les employés tra vaillent à l’amélioration des méthodes et des techniques, con seillent les manufacturiers sur l’usage des rayons X et entraînent des experts en radiogra phie pour l’industrie.A date, le gouvernement fédéral à dépensé plus de $6,250,000 en équipement et matériel : services d’incendie, masques à gaz, pompes, sirènes, accessoires médicaux, articles pour traitements d’urgence matériel anti-gaz, équipement des préposés à la défense passive w w etc.Il fournit aussi des som récupérées, dues dans des pots de grés ou mes substantielles aux provin votre co- de fer blanc ou des bocaux opa- ces pour leur aider à défrayer mité
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