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L'Avenir du Nord
Hebdomadaire libéral fondé à Saint-Jérôme en 1897. [...]

Fondé à Saint-Jérôme en janvier 1897 par Wilfrid Gascon et le Dr Henri Prévost, L'Avenir du Nord est un hebdomadaire libéral de Saint-Jérôme créé pour rivaliser avec Le Nord, journal conservateur de la famille Nantel. La même année, Jules-Édouard Prévost, frère du Dr Prévost, est nommé rédacteur en chef et éditeur du journal.

Jules-Édouard Prévost crée une imprimerie commerciale afin de produire L'Avenir du Nord et d'ajouter à son offre commerciale de librairie et de papeterie, tentant ainsi de profiter de l'essor économique de Saint-Jérôme et de la région des Laurentides. Wilfrid Gascon participe au journal sous le pseudonyme de Francoeur jusqu'en mars 1902, année durant laquelle Jules-Édouard Prévost en devient propriétaire.

Par son appartenance à la famille Prévost de Saint-Jérôme, Jules-Édouard est héritier de la tradition des « Lions du Nord », notables et patriotes qui se sont imposés comme figures marquantes de Saint-Jérôme et des Laurentides au cours du XIXe siècle. Libéral modéré, il appuie Wilfrid Laurier à Ottawa et les libéraux à Québec. Jules-Édouard travaille de près avec son cousin Jean Prévost, député libéral de Terrebonne à Québec de 1900 à 1915, puis avec son influent successeur, Athanase David, de 1916 à 1936. Jules-Édouard Prévost est lui-même député libéral fédéral de 1917 à 1930, puis sénateur jusqu'à sa mort en 1943.

L'Avenir du Nord demande des réformes en éducation, domaine dans lequel Prévost est très impliqué. Cela l'amène à subir les foudres de la presse catholique et à se faire rabrouer à de multiples reprises par l'évêque de Montréal, Mgr Bruchési. Le journal profite de plusieurs occasions pour critiquer l'intervention politique du clergé.

L'Avenir du Nord est plus qu'un journal partisan. Il vise à couvrir l'actualité locale, régionale, nationale et internationale. En plus d'un contenu fortement politique, on y trouve des chroniques agricoles, médicales, ouvrières et littéraires. La colonisation, les transports, le commerce local et les industries régionales y trouvent aussi fréquemment leur place.

On trouve de nombreux textes littéraires dans les pages de l'hebdomadaire, qui publie les premiers textes de Claude-Henri Grignon (Claude Bâcle et Valdombre), du frère Marie-Victorin, de Robert Choquette et d'Adolphe Nantel. Louis Dantin est aussi un important collaborateur du journal. D'autres collaborateurs de renom passent au journal, comme Olivar Asselin, qui y fait ses premières armes au début du siècle, et le Térésien Lionel Bertrand, futur politicien et fondateur de La Voix des Mille-Isles, qui y participe de 1925 à 1936 à titre de chroniqueur, sous le pseudonyme de Céliber.

Des ennuis financiers et des problèmes de santé poussent Jules-Édouard Prévost à vendre L'Avenir du Nord aux frères Lucien et Jean-Berchmans Parent vers 1926. Les nouveaux propriétaires et leurs investisseurs sont d'allégeance conservatrice, mais Jules-Édouard Prévost conserve la direction politique du journal, ce qui occasionne des différends qui amènent les frères Parent à lui remettre le journal en 1935 pour fonder L'Écho du Nord. Les deux hebdomadaires mèneront une lutte acrimonieuse durant quelques années. Jules-Édouard Prévost quitte le journal en 1942, un an avant sa mort.

De 1940 à 1960, années durant lesquelles Hector Perrier, politicien et avocat, est propriétaire de L'Avenir du Nord, le journal demeure d'allégeance libérale et s'oppose à l'Union nationale de Maurice Duplessis. La concurrence de L'Écho du Nord et de la grande presse montréalaise rend la vie difficile au journal. Gérald Cyr lui donne un format tabloïd en 1965, mais le journal disparaît en 1969.

L'Avenir du Nord est tiré à plus de 2000 exemplaires dès sa première année de publication, nombre qui est maintenu durant de nombreuses années, puis le tirage augmente de façon régulière, passant de 4250 en 1933 à 6210 en 1960, puis à 7200 en 1965.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 4 : 1896-1910, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, p. 28-31.

BOURGUIGNON, Claude, « Région 15 - Laurentides », Histoire de la presse hebdomadaire au Québec, Montréal, Hebdos Québec, vol. 8, p. 9-16.

Fonds Famille Prévost (1734-1957), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ Vieux-Montréal (P268), Société d'histoire de la Rivière-du-Nord (P020).

LAURIN, Serge, Rouge, bleu - La saga des Prévost et des Nantel - Chronique d'un siècle d'histoire politique dans la région des Laurentides, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1999, 284 p.

Éditeur :
  • Saint-Jérôme :[s.n.],1897-1969, 1981-
Contenu spécifique :
vendredi 24 décembre 1943
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

L'Avenir du Nord, 1943-12-24, Collections de BAnQ.

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CHENIER 1897-1943 Directeur: HECTOR PERRIER Fondateurs: Wilfrid Gascon et Jules-Edouard Prévost 1897-1943 "Le mot de l'avenir est dans le peuple même nous verrons prospérer les fils du Saint-Laurent".(Benjamin Suite) LABELLE QUARANTE SEPTIEME ANNEE, NUMERO 52 Journal hebdomadaire — Cinq sous le numéro SAINT-JEROME.LS VENDREDI, 24 DECEMBRE 1943 Un glorieux mystère ! Il y a des siècles, plein de gloire, — comme le Dieu qu'il était.Il avait vaincu les ténèbres et était ressuscité d’entre les morts.Il était venu.— honteusement pauvre, — parmi eux.vivre la vie des hommes.Tout trèle et tout faible, — un homme quoi ! — Il était descendu sur terre vivre la vie de la chair, connaître l'humiliation et la souffrance.La souilrance sons toutes ses formes : celle de l’esprit, dans la flagellation de son être nu, celle du coeur, dans lTbcrration de tout un peuple, celle du corps, dans sa crucifixion ! Il avait traversé la foule, immensément bon.- bon comme peut être l'être un Dieu, — et était mort sur un bois en croix pour laver les turpitudes des enfants de Son Père.* * * Mais pour ce faire.Il avait dû naître dans la nuit, trouvant gite dans une grotte et couche dans une crèche, puisant la chaleur dans le souille des bêtes, des bêtes plus généreuses et plus compréhensives que ne l'étaient les hommes eux-mêmes.Dans la nuit froide, oui, mais dans la nuit claire, presque étincelante, car pour la naissance d’un Dieu les étoiles avaient ajouté à l'intensité ot à la splendeur de leurs feux.Et partout, dans les deux et sur la terre, les anges chantaient sa venue.Et les siècles ont passé et les hommes n'ont pas encore mesuré et compris la profondeur et la signification du sacrifice auquel s’était plié l'Homme-Dleu.* * * Ainsi l'un long chapelet, les années se sont suivies et toujours dans la nuit froide et toujours sous les étoiles étincelantes, les parois de la grotte, la paille de la crèche, le souffle des bêtes, chaque année, répètent leur rôle millénaire.* * * Et cette nuit encore.Jésus naîtra à nouveau, reviendra parmi les hommes qui ont depuis quatre ans déshabillé leur bonne volonté, déchiré le règne de la paix, les hommes qui se bousculent et s'entrechoquent dans la destruction et le carnage, Màis même à cette heure lugubre.Il viendra.apportant aux masses humaines déchirées et saignantes, le courage et l'espoir.Car ce fut toujours là sa mission d'Enfant-Dieu.Il ravivera parmi les créatures de Son Père, la flamme de l'amour qui, si lamentablement vacille, vient si près de s'éteindre.Il fera renaître la vive clarté de la comprehension et de la sollicitude humaines, déposera dans tous les sols le germe de l'amour .enfin.Il lèvera les digues qui retiennent partiellement captif le flot de la miséricorde et du pardon divins ! Cr sera Noèl ! Ce sera jour de gloire ! la fête de l'Espérance.Léopold F.Osa cHiiiciflolc quo.On sait fort peu de choses, chez nous, du rôle que jouent nos cousins des Etats-Unis, ceux qu'on appelle Franco-américains, dans les forces années de leur pays.L’excellent hebdomadaire de Worcester, Mass., le Travailleur, qui étend •on champ d'action dans toute la Nouvelle-Angleterre et même aux autres Etats de l’Union où subsistent des noyaux d'origine franco-canadienne, consacre une rubrique aux Franco-américains qui servent sous le drapeau étoilé.A titre de légitime curiosité et aussi de fierté devant les manifestations de patriotisme de nos cousins franco-américains, nous reproduisons, dans notre page : “En marge do la guerre,'' une des chroniques que Mlle Yvonne Le Maître consacre, dans le Travailleur, aux Franco-américains qui ont répondu à l'appel de la nation en guerre, chronique à laquelle nos référons nos indécrottables iso-lationistes nazionalcux, les bloqueux et autres “patriotes à retardement” de la Laurenlie, y compris, cela va sans dire, Trois-IUvières.II y a eu grève, tout le monde le sait, des policiers et pompiers, à Montréal.Nos lecteurs sont également au courant qu’elle prit fin en moins de vingt-quatre heures, grâce à l'intervention personnelle de l’honorable Adélard Godbout.(Voir dans une autre page : “L'honorable M.Godbout et la grève de Montréal".) Nous laissons les honnêtes gens libres de juger de l’attitude démocratique du premier ministre du Québec pour les quatre raisons suivantes qu'il a invoquées : 1 le devoir du gouvernement d’assurer efficacement la protection des citoyens de Montréal et de leur propriété : 2” le refus de recourir à l'armée active comme l'avait suggéré un quotidien de langue anglaise (la Montreal Gazette) de Montréal pour contraindre les grévistes à capituler quand ceux-ci s’étaient conformés à la I»i des grèves et contre-grèves, ce qui eut constitué, on en conviendra, un abus de pouvoir révoltant ; 3 le respect dû à la sentence du Conseil d'arbitrage dans Inqucl la Viile et les Employés avaient des représentants ; 4 l'illégalité voisine du régime arbitraire et dictatorial dans laquelle se serait placé le gouvernement en recourant à la force, à la force armée, pour mettre de côté la sentence d'un tribunal légalement constitué.?+ * Lu dans la dernière livraison de la Boussole, un des organes obscurs du Bloc Popu depuis le lancement de ce mouvement politique pygmée : • "Dans le Bloc, tout n'est pas pur désintéressement, esprit de sacrifice, désir du martyre.Ixis hommes restent toujours les hommes.Us sont toujours chair et esprit.Mais le Bloc, non encore solidement |K>sé sur ses assises, sert de centre de ralliement aux hommes indépendants.” Que penseront de ce candide et bien explicite aveu MAL le Dr Philippe liamel.orateur aux discours pleins d'“éléments passionnels” qui manifesta scr .“désir du martyr»,-” ainsi que AL Edouard Lacroix, “un martyre dans la laine ?” Comme on peut le constater une fois de plus, tout n’est pas “pur désintéressement” dans le Bloc Popu économiquement dominé par le député de Beauce aux Communes.Alais la Boussole, organe bloqueux, ne se contente pas de déplorer un manque évident de "pur désintéressement" de la part de ses protégés.Ne met-elle même en doute la "sagacité" du chef, AL Alaxime Raymond, en confessant que le Bloc Popu est “non encore solidement posé sur ses assises ?” Au fait, ainsi que se le demandait, l'autre jour, le Canada : “Qu’est-cc à dire ?Il y a plus d’un an que ce pari est fondé.Il y a onze mois que AL Fernand Chaussé a levé l'étendard de la révolte dans l'Union Nationale.Il y a dix mois que AL André Laurendeau nous afTirine à la radio que ic Bloc s'est assuré les bases les plus inébranlables ; il y a neuf mois que AI.Jean Alartincau, docile élève de AL André Laurendeau, a fait un grand discours en faveur de l'unité du Bloc ; il y a huit mois que AL Gouin prononçait sa célèbre conférence : "Que devons-nous attendre du Bloc ?" ; il y a cinq mois que AL Paul Alassc a déclaré que le Bloc est invulnérable à toute tentative de destruction à l’extérieur rumine à l'intérieur.I-e Bloc Popu, né apparamment avant terme et à la suite d'un accouchement péniblement long et laborieux, comme on le sait, n'cst-il pas une nouvelle preuve qu’il y a des partis plutôt lents à.débloquer ?* ?* Lu dans le Canada, ces jours derniers : Quelqu'un écrit irrévérencieusement à propos d'un chef soi-disant plein de sagacité : .dont l’éloquence est un peu "croque-morte”.D'autres qui sont du parti de ce chef plein de sagacité disent qu'il a l'cloquence d'un "savant docteur scolastique” mais qu'il manque «Vêlements passionnels”.Ces diverses et fréquentes appréciations finiront par nous faire croire que ce chef plein de sagacité induit pas être très réjouissant à entendre sur une tribune publique.Ah ! le bon vieux dynamisme “nn-tionnl" est-il donc mort et enterré ?Non pas.Il reste celui de M, Alnurlcc Duplessis.En voici un échantillon : Il ne faut pas jeter les allumettes enflammées de la démagogie sur le brasier ardent de la dépression.Ça c'est "passionnel", c'est •‘sagace”, et c'est de l’éloquence qui grouille trop pour être "croque-morte".CHANTS LAURE NTIENS Au Kah'isarouta Mon titre vous surprend, jolies lectrices du Nord?C'est le nom d'un lac, vidant le trop plein de son immense coupe verte à la "féfe des eaux", du côté de la haie d lludson, à plus de 300 milles de Montréal.Les seules voies de communications sont le canot d'écorce, en été, et le traineau à chiens, pendant l’hiver.Mais cette belle nappe liquide de la forêt laurentienne encore vierge fait partie du royaume d'Ovide Francoeur, surnommé le saint Joseph de la Mattawin par ceux qui ont le plaisir de le connaître, à cause d'une longue barbe blanche, qui lui tient lieu de faux-col et de cravate.Voilà un bon moyen de rationner le vêtement masculin, mais le père Ovide est de Tavant-guerre.Je l'ai vu pour la première fois en décembre 1926 au lac Clair.Il venait y rencontrer, aux premiers froids, l'acheteur de fourrures John Kelly.Irlandais finaud de Rawdon.Et, par ur.soir crevé d'étoiles comme une passoire, j'ai vu de mes yeux vu.le marchand compter $25,000.à Francoeur en beaux billets de banque.pour ses piles de peaux de loutres, de visons, de renards, de castors.de loups et que sais-je encore.Cetfe nuit-là je la passai avec le trappeur en face de la "truie" (ne soyez pas scandalisée Cécile, c'est le nom traditionnel du poêle de chantier).bourrée de rondins d'érable, mesurant plus de cinq pieds.L'unique lampe à pétrole de mon sanctum en bois rond, tremblottait toute gelée, près de la fenêtre à une seule vitre qui laissait entrer la bise sournoise.Pas de doubles-fenêtres en forêt.Le gros poêle allongé ne "dérougit" pas.Le tuyau peut à peine fournir à cracher flammes, étincelles et fumée, illuminant la nuit dr lueurs claires.C'est encore mieux que le bien-être moderne ave ses systèmes de chauffage à air chaud ou à la vapeur.Francoeur cause lentement.Au loin, sur un promontoire désolé les loups hurlent leur faim.Le chasseur caresse sa barbe et dit: — "Les saudits.si j'avais mes pièges avec moé." — "Vous aimez bien la chasse?" — “Pas rien que ça.J'aime la vie du bois.Ca fait quinze ans que j'sus pas descendu en ville .J’sus ben avec ma bonne Alphonsine et mes deux filles Pamela et Virginie.J’ai pas eu d’gars mais ces deusses-là j’Ies ai toujours habillées en culottes.Et pis y faut les vouaire descendre ane perdrix ou ben un che-vreu.même à un mille.Y en a pas pour tirer dTa carabine comme mes filles .— "Ne s'ennuient-elles pas?" — "Jamais, j'vous l'dis.Jamais commis.j'Ies ai élevées à aimer la nature.Leu'bijoux c'est des roses sauvages, leu' épinglettes des griffes d’ours, leu' colliers, des glands de chêne, leu’ brac'lets des dents de castor.Et craycz-moé.mes filles y sont pas tentées par vos colifichets des villes parce qu’à connaissent pas ça.Un d'ees bons jours j’Ies marierai avec les gars d'Valade ou d’Rondeau, des coureux d’bois comme moé.Y en faut d’not sorfe pour préparer les villages de d’main.dans Tgrand coeur dTa forêt.Pis ma femme aime la terre et son jardin est ben beau .C'est du vrai terrain comme le bord du fleuve d'où que j’viens .— "Restez-vous avec nous pour la Noèl?" — "Fous y pensez-pas.commis.Y m'faut ma crèche à chaque hiver .T'nez demain au p'tit jour j’pars et mes chiens y vont dévorer les cent milles d'icitte à mon campement en moins (le douze heures .— "Mais là-bas vous ne pouvez entendre la messe de minuit et nous aurons le missionnaire ici." — "JJa fais not'messe.commis.J’ai un beau missel de ma première communion, pis à minuit on s'Iève nos quatre et j’Iis les passages de ! l'Evangile de Noël." — "Parlez-moi donc de votre crè-1 cbc.père Ovide." — "Ben not' p'tit Jésus y vient de chez Eaton, C'est ane belle catin en cire que ma femme a habillée j d'Iangcs.J'fais ma crèche sus la huche, drette dans la vitre de la fe- \ nétre qui donne sus t'sud.Pis Tirette y moule des gros glaçons .qui descendent jusqu'au ras le sol.| La nuit d'Noël j'allume un beau feu de sapins sus la neige dans ma cour et j'rentrc vite.Pis.quand la flamme a monte dans la nuit noire, c'est plus beau que dans vos églises, la danse du feu à travers des glaçons gros comme (les arbres .Pis j'ai un heu.(boeuf) en bois dur.que j’ai taillé au couteau.J'Iai pein- Neutralité de la Turquie De tous les "neutres" de cette guerre, la Turquie a été le plus versatile, le plus équilibrisl.e, le jongleur le plus subtil qui a causé des cauchemars aux deux factiors belligérantes et a mis son opportunisme au service des deux causes selon l'inclinaison des plateaux de la balance en leur faveur, i La neutralité turque a côtoyé le machiavélisme.Telle une fille publique, la Turquie s'est donnée tout à tour au plus offrant et à celui que le succès favorisait et dont l’avenir semblait le plus brillant.Elle qui prétendait dernièrement par la voix d’un de ses journaux les plus Influents qu’un pays qui, comme la France, n'a pu défendre son sol contre l’envahisseur, n'a pas le droit de contribuer à la reconstruction du monde d'après-guer-: re, n'aura certainement pas sa place à la table des négociations, et si elie y est admise, par complaisance ou calcul de la part des puissances victorieuses, elle devra Jouer le rôle d'ilote.Son influence dans l'organisation de la paix et son degré de Jouissance des fruits de la victoire devront être proportionnés à sa contribution au triomphe de nos armes 401 l&îiiL iÜii'mfo»,: Cest Godbout qui dans le domaine de l'agriculture — a donné aux cultivateurs le budget le plus élevé de toutes les provinces du Canada en le portant à 3.6 millions à 6.1 millions ; — a créé l'Office du drainage, organisme destiné à rendre des services merveilleux à la classe agricole.On estime que 40,000 acres de terre sont assainis chaque année et que des centaines de cultivateurs en bénéficient, leur sol étant plus fertile et leurs produits de meilleure qualité ; Par son pacte d’assistance mutuelle, conclu avec l’Angleterre en 1939, la Turquie s'engageait avec d’autres pays méditerranéens comme la Grèce, à faire cause commune avec la Grande-Bretagne si le prestige de celle-ci était menacé en Méditerranée.Il l’est depuis longtemps et la Turquie n'a pas bougé.La Sublime Porte, par contre, s'est ouverte à cette époque aux experts et aux touristes allemands, c'est-à-dire, aux espions nazis pour leur permettre d’aller exploiter les passions populaires des nations du Moyen-Orient en leur faveur, et tenter de les soulever contre Albion et de les détourner définitivement de la France comme d’une puissance décadente et irrémédiablement vaincue.A cette époque, le prestige de l'Axe croissait de jour en jour et semblait s'acheminer vers une victoire rapide et décisive.D'où la condescen dance turque à son endroit.Condescendance mitigée et prudente toutefois, collaboration de clôture, inspirée par l'opportunisme et qui interdisait.officiellement du moins, l'accès des Dardanelles et du Bosphore aux navires de l'Axe.Cette restriction empêcha l'Allemagne de ravitailler comme elle l'aurait voulu ses troupes en Ukraine et en Crimée par la • Noire.Mais d'autre part, elle a épargné la guerre à la Turquie qui y a.été vraisemblablement entraînée par suite de la riposte de la Gra».Bretagne et la Russie dans la zone d’influence turque.Le .alté commercial germano-turque, signé au printemps de 1941, à un moment décisif, devait, dans l’intention du Reich, éloigner la Turquie de l'Angleterre et l'acheminer vers la belligérance en faveur de l’Axe au moment opportun.C'était la méthode d'Hitler de soumettre à sa dictature économique les pays non encore asservis à sa tyrannie politique et militaire afin de les attirer graduellement vers le piège de l'ordre nouveau.Elle ne connut pas chez les Turcs le succès obtenu avec d'autres états plus faibles et moins rusés La Turquie ne se laissa intimider ni par l'Axe ni par les nations unies.Elle donna raison au plus fort sans se plier complètement à ses exigences.Elle s'abrita dans une neutralité assez élastique pour distribuer alternativement ses faveurs d'un camp à l'ftttfcc selpn la tournure des événements.Lorsque l’Angleterre commença à accumuler des succès importants et à recueillir de plus en plus d'adhésions, la Turquie conclut un pacte commercial anglo-turque pour atténuer l'effet du traité germano-turque et pour mettre sa neutralité en évidence afin de se ménager une porte de sortie sur une victoire alliée.Au temps de la blitzkrig, von Ribbentrop et von Papen étaient comblés d'honneurs à Ankara où ils obtenaient des concessions de nature à favoriser Berlin.Depuis les revers axistes, ces deux diplomates nazis ont vu leur influence pâlir devant le prestige grandissant de Churchill et Eden, et tout dernièrement, de Roosevelt.Sous la pression des événements, la Turquie opportuniste s’est rapprochée des nations unies à la conférence anglo-américaine-turque du Caire, sans toutefois renoncer à sa neutralité de plus en plus factice et qui vient de franchir, à la vérité, le stage de la non-belligérance.Mais elle s’en tiendra probablement là, à moins qu'elle ne soit directement attaquée.Contrairement à la plupart des neutres, son isolationnisme invétéré ne lui a pas été préjudiciable jusqu’ici.C’est peut-être lui qui lui a épargné une Invasion nazie après la liquidation des Balkans par les hordes germaniques, alors qu'elle semblait être leur prochaine cible naturelle, et qui a évité du coup la répétition des combats navals de la dernière guerre mondiale dans les Détroits.La Turquie aurait pu devenir un tremplin d'où les Allemands se seraient élancés à la conquête de Suez, du golfe Persique, de la Crimée et de l'Ukraine, ce qui aurait gravement compromis notre situation et prolongé le conflit.Si en définitive la neutralité turque nous a été vraiment salutaire, rendons-lui grâce et continuons à l’exploiter à notre profit en incitant la Turquie à mettre ses bases aériennes à notre disposition, comme elle semble disposée à le faire à l'exemple du Portugal non-belligérant.Mais n'oublions pas que la Sublime Porte n’est en réalité qu’entr’ouverte à ceux qu'elle s'allie accidentellement, et qu’elle peut se refermer au moindre coup de vent contraire sur celui qui essaierait de la franchir au moment inopportun.Servons-nous de la Turquie comme elle s'est servie de nous, mais n'allons pas être dupes de sa neutralité élastique qui peut, éclater à la figure de celui qui la frôle de trop près.Elle nous a souvent déçu au cours du conflit.Gare au pavé de l'ours après ! W.E.turê rouge et blanc.Pis not'âne est d'un beau gris avec des oreilles drettes .On crairait qu'y guelfe pour entendre les anges invisibles chanter leu cantique: "Paix sus la terre aux bons hommes de volonté." — "Aux hommes de bonne volonté, père Ovide." — "C'est pareil.Un bon homme ça a toujours dTa volonté_______ Y faut pas oublier mon étoile des Rois mages .C'est mon fanal que j'accroche au plafond de cèdre.Chaque année j'barbouiUe le globe avec d'là peinture d'or comme on met sus les cadres et ça vous fait une mêmére de belle étoile .Et j'vas vous dire mon plus beau secret.J’ai quinze chiens de traîne.Vous savez que.ça jappe et ça hurle à Tannée.J Ben ça m'a pris du temps et j'r'cornmence chaque automne, mais j'ai réussi.La nuit d'Noël y jappent pas.Y faut pas réveiller T petit Jésus sus la huche.C'est leu' façon d'prier à mes bêtes." En cette avant-veille de Noël 1943, assis dans un restaurant de la métropole au gramophone qui gratte sans arrêt "White Christmas" et "Jingle Bells" je regarde la foule enfiévrée de plaisirs qui passe et repasse.Et je me demande si ce ne sont pas le père Francoeur, sa femme, ses filles et ses chiens qui ont choisi la meilleure part?Adolphe NANTEL Les nnzionalisies sont les mêmes partout.Décidément, les nazionalistes sont les mêmes partout dans le monde; ils ont tous la même mentalité lame de rasoir ou fil à couper le beurre, la même haine instinctive (xénophobie) de leurs frères d'un autre sang, les mêmes préjugés de races.Un cousin de France, écrivain catholique bien connu malgTé son âge.Yves Simon, qui occupait une place fort honorable dans les rangs de la jeunesse qui, avant juin 1940, luttait pour un renouveau catholique en France et qui, depuis cette date fatidique, a trouvé refuge aux Etats-Unis, pays conscriptioniste — depuis Pearl Harbor - où il faut de l'enseignement, a écrit: "Il n'y a pas un seul pays au monde où l'on peut dire que l'agresseur étranger est le seul ennemi.L’agresseur étranger a des collaborateurs partout.Ce sont ordinairement des personnages discrets, ou habilement déguisés, jusqu’au jour où l'invasion leur permet de révéler leur véritable caractère sans risquer aucune sanction.Ils se déguisent ordinairement en nationalistes.On les reconnaît à plusieurs signes fort simples.Avant tout, ils sont antisémites.Ils sont aussi, selon que le milieu le permet, antianglais ou antiaméricains, ou les deux i la fois.— a réorganisé nos sociétés d'agriculture et nos cercles agricoles en leur rendant leur pleine liberté d'action en passant la dite loi de la Coopérative Fédérée, qui donne pleine et entière liberté à cette coopérative et en fait l’affaire exclusive des cultivateurs-coopérateurs ; et en appuyant les fédérations des cercles de fermières ; — a assuré l’établissement d’une fabrique de sucre de betterave que les gouvernements promettaient depuis plus de soixante ans aux cultivateurs et qui sera pour la classe agricole une nouvelle source de revenus.Eh 1943, 838 cultivateurs cultivent 646 acres à titre d’expérience ; en 1944, 3,500 cultivateurs cultiveront 10,000 acres.Raffinerie construite par le gouvernement à St-Hilaire ; commencera ses opérations en septembre 1944 ; donnera 40,000,000 lbs de sucre.Un revenu additionnel d'environ $1,000,000 pour les producteurs.— a favorisé le progrès général de la production et des revenus des cultivateurs ; — a imprimé un élan formidable à la production du lin en portant de 4,000 à 30,000 acres la superficie en culture de 1939 à 1943 ; — a intensifié la production des semences.Les semences de légumes dans Québec sont une nouveauté ; — a créé un Office de la Main d'Oeuvre agricole.Cet office a fourni aux cultivateurs et horticulteurs plus de 3,000 aides en 1943 ; — a multiplié les écoles d'agricultures et des bourses d’études aux fils de cultivateurs (soit 1,800 établissements et $378,000 en bourses) ; — a prodigué sous diverses formes l'encouragement à l’élevage et à la production végétale ; — a amélioré la qualité de nos animaux de race pure ; — a Intensifié la lutte contre les maladies des animaux et amélioré la santé des troupeaux ; — a Intensifié la lutte contre les fléaux agricoles et diminué les pertes qu'ils causent ; — a amélioré la qualité et augmenté le volume des produits laitiers ; — a créé un centré de cultures maraîchères dans la savane de Ste-Clothilde, comté de Châteauguay ; — a développé la récolte des plantes médicales indigènes (valeur de plus de $70,000 en 1943) ; — a introduit de nouvelles cultures et nouvelles industries agricoles : 21 lineries, 1 raffinerie de betteraves à sucre, 1 usine de déshydratation de légumes, plusieurs conserveries, etc.; — a mis à la disposition des cultivateurs machines dt octrois pour l'éplerrement des terres ; — a multiplié les primes pour les produits laitiers ; — a augmenté les disponibilités du Crédit Agricole ; — a multiplié les coopératives ; — a prêté le concours effectif des agronomes pour régler les cas de fils de cultivateurs mobilisés (ou appelés au service militaire).Des milliers de cas ont été réglés par leur intervention.C’est Godbout qui dans le domaine de la colonisation — a inauguré la Colonisation motorisée dans la province, ce qui a amélioré considérablement le mode de vie de nos colons et facilité l’essou-chage de leurs lots ; — a augmenté les subventions et les primes à l’établissement des colons ; — a ordonné la classification des sols faite au préalable et de façon scientifique, par des équipes d’expers, ce qui assure au colon un bon lot propre à la culture, premier gage de succès en colonisation ; — a créé des bons chemins qui doivent précéder le colon partout, croyant que le gouvernement doit continuer au transport des familles, du ménage et du roulant des futurs colons ; — a offert une aide généreuse pour l’égouttement et le drainage des terres, l’achat de bonnes vaches laitières, de génissse, d’agnelles et de reproducteurs de choix, pour l'organisation de beurreries et de fromageries dans les colonies : — a adjoint des techniciens agricoles au service des colons pour les orienter dans leur exploitation et les aider à passer du stage de colon à l’état permanent de cultivateur ; — a accordé une prime de défrichement de $15.00 l’acre, et aussi augmenté la prime de labour de $10.00 à $15.00 l'acre en 1940 ; — a accoidé un octroi de $100.00 pour la construction d’une grange étable de 30 pieds par 30 pieds.— a mis $4,000.00 à la disposition de chaque colonie pour la construction des édifices religieux, église et presbytère.De plus, le gouvernement prend complètement à sa charge la construction des écoles ; — a payé les services d'un médecin ou d’une garde-malade résidant dans les colonies ; — a distribué des allocations de subsistance pour les premères années de l'établissement, lesquelles allocations s'accroissent selon que la famille est plus nombreuse ; — a distribué gratuitement des grains de semence pour environ $300,000.00 chaque année ; — a mis à la disposition des colons batteuses à grain et cribles.M.aimerions bien savoir si Simon a Jamais vécu en Us détestent le socialisme, mais font des déclarations indignées contre le capitalisme, les banques et la ploutocratie." (Nous Yves Laurentie.Mais, comme dirait notre confrère le Canada, ne bloquons en route.Continuons notre citation.) "Tout cela s'accorde très bien: la ploutocratie capitaliste, comme chacun sait, s'identifie ici avec l'Anglais, là avec le Yankee, et dans le monde entier avec le Juif — car on n’a jamais vu.n'est-ce pas.un ploutocra-qui ne fût ni anglo-saxon, ni sé-.'te?Ils jouent aux hommes qui représentent l’avenir, se disent volontiers révolutionnaires, exploitent à fond toutes les contradictions qu'ils peuvent trouver dans le passé et le présent des sociétés démocrati- Si Ton parle de la persécution et de la corruption du monde chrétien par les Etats totalitaires, ils s'empressent d’appeler l'attention sur les crimes antireligieux de la Russie soviétique.Fort peu pitoyables aux souffrances des peuples conquis, ils se montrent pleins de commisération pour la misère des conquérants.(.) Ils affectent d’identifier l'Allemagne (et même /'Autriche) avec le nazisme.l’Italie avec le fascisme, la France avec le régime Pétain: gri-cc à ces identifications, il leur est possible d'exploiter en faveur du nazisme tout ce qu’il y a de grand, de beau et d'aimable dans la nation allemande, en faveur du fascisme le ciel bleu de l'Italie, les merveilles de l'art italien, saint François d’Assise et sainte Catherine de Sienne, en faveur de Pétain, Darlan et Laval.tout ce que le monde entier chérit dans la France." Page deux L'AVENIR DU NORD Saint-Jérôme, le 24 décembre 1942 Conte de Noel La Noël du Dr Jean Denis par Lionel BERTRAND.V.P.Le Dr Jean Denis, par cette veille de Noël, entra dans la salle d'opération, d'un pas nerveux, la figure grave, sans dire un mot, contrairement à ses habitudes .Son assistante.Mlle Louise Poulin, en resta stupéfiée ; attachée à son service depuis dix ans.c'était la première fois qu'elle lui voyait cette glaciale attitude, une physionomie aussi sévère.—Docteur, dit-elle, avec cette dose d'amitié qui présidait depuis une décade à leur travail proessionnel.c'est la première fois que vous oubliez de me saluer .""^-Bonsoir.Louise, reprit-il vivement, un sourire mal dessiné aux lèvres, ce sourire d'un quelqu'un qui a l'esprit ailleurs et qu'on ramène brusquement à la réalité.Rapidement il vérifia la table d'opération, puis ayant consulté sa montre : —Huit heures.Nous finirons Juste pour la Messe de Minuit.Tout est prêt ?—Tout est prêt.La patiente devrait être ici à la demie .—Très bien ! Comment a-t-elle passé l’après-midi ?—Bien.Vos prescriptions de ce matin ont donné les effets attendus.Elle fait néanmoins très grande pitié ! —Pauvre elle ! dit-il sur un ton profondément angoissé.—Est-ce un cas grave ?reprit à son insu la garde-malade, bouleversée de cet aveu inattendu.—Très grave ! Pour la première fois de ma vie, une opération m’effraie.Je la redoute, Louise.Vous sentez-vous nerveuse ?Non ?Tant mieux ! Une tumeur à l'intestin, très mal placée ! Et qu’est-ce qu'on trouvera là-dedans ?.C'est un cas rare, le premier du genre qui m'arrive.n n'y avait pas d'issue ; sans l'opération, c’était la mort.Allons-y ! Par une veille de Noël, c’est bien peu amusant, pour vous surtout que j'ai dérangée .—Je suis heureuse de vous aider, repartit la garde-malade, les yeux fixés sur son maitre dont elle admirait la science.J'aurais été chagrinée si vous ne m'aviez fait venir .J'aime tant travailler près de vous.H ne releva pas cette allusion galante, mais se contenta de poursuivre : —Merci.Louise.Ce soir, j'ai particulièrement besoin de vous.Plus que jamais auparavant.Il faut sauver cette femme.L'operation sera rude.dure, difficile.Vous avez un immense travail à accomplir.Je compte sur votre entière collaboration.et il répéta.sur votre entière collaboration, Louise.—Je suis à vos ordres, docteur.Il passait à l'instant dans un petit local privé dont il ferma la porte derrière lui.Louise sentit qu'elle tremblait.Cet appel répété à la collaboration l'intrigua d'abord, puis l’émut.Presqu'immédiatement, les phrases entendues : “Pauvre el- le ! " ou "Il faut sauver cette femme !" lui revinrent, lourdes d'aveux directs ; brusquement elle éprouva qu'un rideau s’ouvrait devant elle lui dévoilant le mystère longuement cherché en vain .son patron aimait cette femme.*Depuis dix ans.elle pressentait bien l'existence d'un grand secret dans la vie du médecin.Tout le lui disait sans le lui prouver.Denis était célibataire ; il s'obtinait à le demeurer.Chic homme, tous les salons s’ouvraient devant lui ; il n'y entrait jamais.Sa vie était cachée : pas de vie publique, pas de vie sociale, pas de vie de clubs, une existence sans heurts, prise entière par l'hôpital, le bureau et les hospices où il soignait gratuitement.Ces rares loisirs le conduisaient à la pêche ou à la campagne, parfois à l'opéra, mais plus souvent à un petit appartenant qu'il avait loué chez sa soeur, célibataire comme lui.Là il travaillait et étudiait.Pas un médecin ne connaissait mieux que lui les secrets de la chirurgie; ses opérations ne se comptaient plus ; il ne manquait jamais son coup; dans les cas graves, désespérés, il excellait.C'était le maitre incontesté.Louise admirait son patron pour sa science, mais elle l'aimait parce qu'il lui inspirait de l'amour.Quand il la demandait le soir, pour des cas pressants, elle répondait à l'appel avec tant d'empressement que le médecin s’en était étonné, mais il avait par la suite attribué cet empressement à l'amour du métier.Quand elle était près de lui, à la salle d'opération, lui présentant les outils, l'aidant, l'assistant, que son visage parfois effleurait le sien lorsque penchés sur le malade.Ils travaillaient ensemble, que de joies elle éprouvait, qu'elle manifestait sans qu'il les comprit Jamais.Elle l'aimait, de loin, en secret : c’était là toute sa vie, c’était tout son idéal que de le servir.Invitée à une réunion d'amies par cette veille de Noël, elle avait décliné l'invitation pour accourir à l'hôpital.Elle s'était dite qu'il pourrait peut-être, l'operation terminée, l’inviter, comme la chose s'etait produite déjà, pour le restaurant, pour la reconduire chez elle, et qui sait ?peut-être aurait-elle l'occasion de dire son secret, peut-être lui dirait-il quelque chose qui ressemblerait à de l'espoir.Elle était deçue.Ces phrases décevantes, elle les entendait encore S'il l'eût aimée, les aurait-il dites ?Il aime cette femme, pensa-t-elle.Elle est pourtant mariée, j'ai vu son mari tantôt dans le corridor.Et ils viennent de si loin, ces gens !.Serait-ce un amour qui date de loin ?Ça, c’est bien possible.Cette crainte ?Cette inquiétude ?Qu'est-ce donc ?S'il veut la sauver, c'est bien qu’il tient à sa vie.Elle ne pensait pas à tort.Denis tenait à la vie de cette femme, par respect pour le passé d’abord, parce qu'il l'avait aimée autrefois, parce qu'il l'aimait encore.Quinze ans ! H en refaisait la marche, dans un voyage-éclair.Il avait cru le passé à jamais éteint.Chaque année l'avait séparé un peu plus d'hier, et d'année en année sa blessure s'était faite moins profonde.Il avait connu cette femme, et il l’avait aimée.Elle représentait le rêve de sa vie, un idéal, quoi ! Un autre — un de ses amis les plus intimes — l'aimait aussi, et c'est lui qu'elle avait choisi.L’adieu avait été triste, cruel, brutal.Il lui jura de ne la point revoir et de l'aimer toujours ; elle fut courageuse, énergique, même rigide.De ce moment, il avait méprisé l'amour et méprisé l'amitié ; l'un et l'autre ne l’avaient-ils point trahi ?Il n’eut d’amour que pour sa science.Ainsi, il oublia.Pas une | femme n'était depuis passée dans : sa vie ; il les avait fuies toutes, sauf ! une.Louise Poulin, son assistante.Il n'opérait jamais sans qu’elle fut à ses côtés.Il la considérait comme un camarade, dix ans plus jeune que lui.et c'était tout ! Un jour, un confrère l'avait appelé au téléphone pour un cas d'opération.Une femme, l’épouse d'un Joyeux Noël ei Heureuse Armée à tous nos clienls el amis PIEDMONT COUNTRY LODGE Piedmont, Qué.La Ferme Rustique Rus-fiolnn Mont-Rolland riche industriel, souffrant d'une tumeur à l'intestin, un cas très grave, avait-il souligné.Cette femme vous connaît, avait dit le confrère.Elle se nomme Mme Paul Dumont.Tout le passé lui avait été d'un bond Jeté à la figure, car c'était elle ! Il avait refusé.L'ami avait Insisté vu la gravité du cas.“Il n’y a que toi qui la puisse sauver, et elle le sait" ; ne pouvant plus reculer, il accepta.Ce fut une minute palpitante, en cette matinée de la veille de Noël, quand il visita sa patiente.Il ne lui adressa pas un mot ; c'était le médecin et non l'homme qui à ce moment était en scène.Près du lit, un homme se tenait.Il reconnut son ami d'autrefois, son rival.La malade, sous l'effet des calmants, divaguait ; dans son délire passaient des phrases entrecoupées:.“me laisser mourir.une belle vengeance.pour les petits, pour l'amour des petits.” —Jean, je te serre la main, dit Dumont en s'avançant vers le médecin.Ce dernier ne la refusa pas.—C'est grave ?dit Dumont.—C'est très grave ! répéta Denis —Tu la sauveras.Jean.Dans son délire, tu vois, c’est de toi qu'elle parle.Ne m’en veuille pas de ce qui est arrivé.Je l’aimais, comme toi.Il faut qu’elle vive.Nous avons six enfants.Vivre pour eux.si ce n’est pas pour mol !.Tu n’as pas d'enfant, toi ?Mol, je n'ai rien, rien du tout.Ma science seulement, et elle me suffit.Pour rendre les autres heu-heux !.Avoue que c'est tout de même quelque chose.Je la sauverai ! C’était toutes ces scènes que revivait le Dr Jean Denis dans son petit bureau privé.Il se sentait toutefois devenir, de minute en minute, plus nerveux, moins sûr de lui-mème.“Ma main tremble.C’est drôle tout de même.Quel délire !.E31e aurait donc peur que je la tue?.C'est dur faire cela!.Mais après tout, c'est la femme d'un autre.EX une opération comme une autre !.” La garde-malade, entrant dans la chambre, le tira de sa rêverie.—C'est prêt, dit-eile.Il gagna la salle d'opération où la patiente venait d'être amenée, raie était inanimée, déjà endormie, raie était pâle, très pâle, mais sa beauté, pas encore fanée, respirait cet air de noblesse qu’il avait jadis si largement admiré.Devant lui, de l’autre côté de la civière, son assistante attendait les ordres, immobile.Il la regarda.Leurs regards se croisèrent.Le médecin se sentit subitement deviné, mais au mê- me moment, comme si ses yeux s’étaient subitement ouverts, il perçut subitement dans les yeux de cette enfant de trente-cinq ans — dix ans plus jeune que lui — un amour Immense, un amour profond.Sans se dire un mot, ils venaient de se comprendre.Il redressa le buste brusquement, puis d'un regard profond qui fit rougir la Jeune fille de bonheur.Il ajouta : —Louise, faisons vite et faisons bien ! Deux heures durant, Denis fit sa besogne.besogne difficile, délicate, malaisée.Parfois il se redressait, commandait, donnait des ordres brefs, saccadés, brusques.Louise allait, venait, courait, obéissait.Le cas était grave, unique.Deux heures après, il se tournait du côté des infirmiers qui attendaient près de la porte : —C'est fini, emportez ia malade.De grosses sueurs perlaient sur son front.Même plus, il pleurait Peu après, il dit : —Louise, j'eus aimé vous reconduire jusqu'à votre porte, n me faut voir le mari de cette femme 1 que j’ai bien connu jadis.Il m'at- ! tend dans le vestibule.C'est un ami bien sincère.Je considérais sa: femme — que j’ai connue il y a bien longtemps — comme une soeur.C'est pour ça que Je tremblais tant, que j’avais si peur de mol.—Et ça ira bien maintenant ?dit-elle, émue profondément.—raie est sauvée.Rien ne me vaut autant que ce succès que je viens de remporter, et dans lequel vous avez eu une si large part.Je suis content ce soir !.Pensez donc, cette femme a six enfants.et les époux s’aiment ! Je suis heureux, je vous l’assure.Je suis même un peu plus digne à nos yeux, Je le sais.et suis content de l’être ! Ce Noël comptera pour beaucoup dans ma vie.dans la vôtre aussi, je vous le promets.Puis après une pause, il ajouta bien doucement : —Vous m'en voudrez peut-être toujours de vous avoir compris si tard !.Mais je vous ferai oublier cela !.Joyeux Noël, Bonne et Heureuse Année à mes clients I I I I I i -v~ f’*' t «* {•*rii~'»cUEi*u|*âlN Librairie Parent Papeteries — Plumes Walcrmann — Magazines Cadeaux cl Elrcnncs 5 HENRI PARENT 345, rue S.-Georges ,Û f .a t-f- Un Meilleur Gruau avec la Farine d’Avoine OGILVIE Il suffit d’y goûter une fois pour se convaincre que la Farine d'Avoine Ogilvie a une saveur distincte — et que votre gruau ne renferme pas d’écailles d’avoine. Saint-Jérôme, le 24 décembre 1042 L'AVENIR DU NORD t I î g g Voix de Noël Le lourd battant de ter bondit dana l’air sonore Et le bronze en rumeur ébranle ses essieux.Volez, cloches ! grondez, chantez, tonnez encore.Chantez paix sur la terre et gloire dans les cieux ! Sous les dômes ronflants des vastes basiliques, L'orgfue répand le flot de ses accords puissants.Montez vers l'Etcrnel, beaux hymnes symboliques ! Montez avec l’amour, la prière et l’encens ! Enfants, le doux Jésus vous sourit dans ses langes ; A vos accents joyeux laissez prendre l’essor ; Lancez vos clairs noëls là-haut les petits anges Pour vous accompagner penchent leurs harpes d’or.Blond chérubins chantant à la lueur des cierges.Voix d'airain, bruits sacrés que le ciel même entend, Je rêve que les morts, nos chers vieux et nos vieilles, Pour ceux qui ne croient plus, les légendes d’antan ! Louis FRECHETTE.L9Eglise contre Sort traître» Hêt Robttt OotUn î î I f A ious mes élèves anciens ei actuels j'offre mes meilleurs voeux de sanié, de bonheur e± de succès pour l’année nouvelle Proulx Business College St.Jerome Joseph Proulx PRINCIPAL i 1 2 2 2 2 st & & ps & st » & St § PS & Si & PS & Si fc-Ps & Si JOYEUX NOEL ef HEUREUSE ANNEE à fouies mes clientes Salon Léonne Tel.362 36 ave Legault Saint-Jérôme St £ PS S* St & Ps & St & Ps & St & JOYEUX NOEL et BONNE a HEUREUSE ANNEE à tous nos clients et amis OMËE BARRIERE Marchand de chaussures Téléphones 789 350, rue SAINT-GEORGES — SAINT-JEROME & PS St & PS Si & Ps St & PS' Si Joyeux Noël et Heureuse Année à tous mes Clients et Amis P.LOCAS Entrepreneur général Plomberie, Chauffage, etc.639, rue LABELLE Tel.472 SAINT-JEROME &
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