L'Avenir du Nord, 11 février 1944, vendredi 11 février 1944
I i m 1897-1944 Directeur: HECTOR PERRIER Fondateurs: Wilfrid Gascon et Jules-Edouard Prévost 1897-1944 "Le mot de l'avenir est dans le peuple même.; nous verrons prospérer les fils du Saint Laurent".(Benjamin Suite) CHENIFR QUARANTE-HUITIEME ANNEE, NUMERO 6 LABELLE Journal hebdomadaire — Cinq sous le numéro SAINT-JEROME, 1.E VENDREDI, 11 FEVRIER 1944 Feu le sénateur Arthur Sauvé BÆ XOTABBBE BIB,ANCBBABBBB La session de Québec va - ET LES SC A NBBA LES Ce notaire de Sainte-Thérèse, — d'aucuns le désignent le sempl a vociféré contre le gouvernement Godbout et le L’honorable Arthur Sauvé suit de près dans la tombe son confrere en Journalisme et collègue du sénat, notre ancien directeur, 1 honorable Jules-Edouard Prévost.La disparition de ces deux vieilles ^Bures | «raei^candidat, parlementaires c Prévost et Sauvé Usaient égalemenf lë‘‘Tournalismè"d'opinions et partisan, le seul qui| '“f so” ^prit très étroit.Comme "brosseur de tableaux", le notaire comptait à l'époque des luttes politiques ardentes de la (in du xiXe est passe martre, mais H ne manifeste pas.helas ! un sens parfait des , F 1 b t d \Xe jcoulcurs et encore moins celui des réalités.Son pinceau trempe plus .s ec e et une u eu e.fréquemment dans le pot des mensonges, des passions et des calomnies.ntraine avec elle la fin d'une époque dont les sénateurs ! Parti libéral, a la radio, il y a une quinzaine de Jours.Il a déposé sur vé comptaient parmi les rares survivants et dont ils le Pas e Porte de l'édifice libéral une réelle avalanche de turpitudes < derniers représentants dans notre région.Ils symbo- politiques toutes plus infâmes les unes que les autres, unique concep- Arthur Sauvé se consacra au journalisme politique et d'idées dès sa sortie de l'université.Il fut rédacteur à plusieurs journaux conservateurs du temps, notamment, à la Minerve, à la Patrie dont il fut secrétaire de la rédaction au temps d'Israël Tarte, à la Nation, de Saint-Jérôme, fondée en 1901 par Alphonse et Bruno Nantel, au Rappel fondé, grâce aux souscriptions de Monk et de Bruno Nantel, par de jeunes conservateurs tels qu’Alphonse Nantel, Arthur Sauvé lui-même, Aégidius Fauteux et Emile Léonard, député de Laval, qui voulaient se libérer du Joug financier de chefs conservateurs comme Forget et Beaubien, et au Canadien, dont 11 fut directeur et où il livra une lutte cinglante à l'honorable Jean Prévost, alors député de Tenebonne et ministre de la colonisation dans le cabinet de sir Lomer Gouin.Il se révéla ardent polémiste, argumentateur habile et documenté.Sa phrase directe se dépouillait de tout ornement superflu, et ses attaques, même violentes, portaient toujours la marque de la gentilhommerie qui le caractérisait.En dehors du Journalisme, il a publié deux ouvrages : Célébration de la Saint-Jean-Baptiste, et Fondation du parti libéral-conservateur qui remplaça le parti conservateur.Ses fonctions absorbantes de chef du parti conseivateur provincial qu'il exerça pendant onze ans, l'éloignèrent de sa carrière sans la lui faire abandonner complètement toutefois.Comme Prévost, il appartenait à l'école démocratique traditionnelle qui enseigne à ses disciples à se choisir un parti, selon leurs convictions et leur mentalité, et à livrer un combat achat né mais courtois pour le triomphe de ses principes et de sa doctrine avec une fidélité indéfectible.Dans diverses salles de rédaction, à la tribune publique et parlementaire, Arthur Sauvé n'a cessé, pendant près d'un demi siècle, de croiser le fer avec l'adversaire et de livrer une lutte persévéïante et digne dans l’intérêt du parti conservateur dont il n'a Jamais rougi et dont il n'a jamais eu l'idée de changer le nom avant chaque consultation populaire et après chaque défaite.Car malgré son esprit combatif et la sincérité de ses convictions, le sort des armes ne lui fut jamais favorable à la tête des forces conservatrices provinciales, même si ses électeurs des Deux-Montagnes lui renouvelèrent leur confiance pendant vingt-deux années consécutives à Québec et à Ottawa où M.Bennett lui confia le portefeuille des postes avant de le nommer au sénat.Bien que divisés par leurs croyances politiques, les sénateurs Sauvé et Prévost ont mis tous deux leurs talents au service de leur région, de leur province et de leur pays qu'ils aimaient profondément.Foncièrement régionaux, ils avalent quand même, chacun à sa manière, une conception élevé de la partie canadienne.En dépit des rudes coups une conception élevé de la patrie canadienne.En dépit des rudes coups et savaient s incliner devant leur sincértté et leurs mérites réciproques.Le sénateur Sauvé était un lecteur assidu de l’Avenir du Nord.S’il n’en pouvait approuver toutes les idées, sa loyauté envers la profession et son impartialité ne lui firent pas moins avouer un jour à M.Prévost que "La tenue de l’Avenir du Nord en fait un journal-école." Témoignage qui honore son auteur et auquel notre ancien directeur était sensible.Si M Prévost vivait encore, il relaterait mieux que nous les étapes de la vie publique et de la carrière journalistique de celui qui accompagnait sa dépouille mortelle à sa dernière demeure terrestre, il y a quatre mois à peine, et en dégagerait les leçons comme il ne manquait jamais de la faire à l'occasion du décès de ses adversaires comme de ses amis politiques, avec la noblesse de sentiments qu'on lui connaissait.Nous nous inclinons avec respect sur la tombe de ce vieux confrère dont la mort endeuille le journalisme conservateur, comme celle du sénateur Prévost assombrit le journalisme libéral, et nous offrons à madame Sauvé, qui est la fille de feu le notaire Lachaine, de Saint-Jérôme, et à sa famille, dont un membre, le major Paul Sauvé, sert son pays outre-mer, l'expression de notre sympathie.Guillaume FREDERIC Le Canada français en deuil Le Canada français a perdu en moins de vingt-quatre heures deux fils hautement et justement estimés du public : sir Georges Garneau (80 ans), samedi dernier, et le lendemain l’honorable sénateur Arthur Sauvé (09 ans).Président de la Caisse d'Economie Notre-Dame, de Québec, vice-président de la Banque Canadienne Nationale et membre de la Société Itoyale du Canada, feu sir Georges avait été président de la Commission des champs de bataille, de Québec, et membre du Conseil national des recherches scientifiques.U- défunt avait également été maire de Québec, poste qu'il occupait lorsqu'en 1908 la cité de Champlain célébra son troisième centenaire.Notre ancien regretté concitoyen, ingénieur civil, avait abandonné sa profession pour entrer avec son père au service de la maison P.Garneau et Fils, devenue subséquemment la compagnie Garneau Limitée dont il était le président depuis nombre d'années au moment de son décès.Bref, professeur émérite et ancien professeur titulaire de chimie analytique, sir Georges était membre à vie du bureau des gouverneurs de l’Université Laval, Docteur en droit (honoris causa) de l’Université de Toronto, de l'Université McGill et de Bishops College University.L’honorable M.Sauvé, de fol politique conservatrice, eut certes des adversaires.Le modeste auteur de ces lignes, qui le connaissait de très longue date et s'honorait de sa fidèle amitié, bien que de doctrine différente, n'hésite guère à affirmer qu'il n’eut Jamais de réels ennemis tant publics que privés.On jugera de la popularité, de l'estime de bon aloi dont il Jouissait, mémo en milieux qui lui furent peut-être hostiles, parfois, au cours de sa longue carrière parlementaire, par les brefs extraits suivants d’un premier-Montréal que le Canada, journal libéral, consacrait à sa mémoire dès le lendemain de sa mort."La mort de l’honorable sénateur Arthur Sauvé, survenue à Montréal, endeuille tous les milieux politiques du Canada français.M.Sauvé y figurait depuis de nombreuses années comme l'une des figures les plus sympathiques.Longtemps chef de l’Opposition conservatrice â l'Assemblée législative, Il s’était acquis, par sa gentilhommerie naturelle, le respect de ses adversaires beaucoup plus souvent, que celui de ses propres partisans."Cet ancien journaliste qui polémiquait souvent de façon dure main sans Jamais se départir d'une courtoisie innée chez lui, avait été ministre des Postes dans le cabinet Bennett et par la suite nommé au Sénat pendant la môme administration.“Sa mort suit de près celle d’un autre journaliste qui l'avait précédé au Sénat, Jules-Edouard Prévost.Elle sera d'autant plus vivement ressentie que le défunt a été, comme précédemment feu Ernest Lapointe, à cause des circonstances de la guerre, séparé de son fils, le major l'honorable Joscph-Mignault-Pnul Sauvé, président de la XVIIIe églslature et l'actuel député des Deux-Montagnes à Québec.Le major Sauvé est eu service actif outre-mer depuis plus d'un an .que dans celui où il puiserait le ton de la vérité et de la Justice.îiiais passons : chez certains individus, il est parfois trop tard pour se réformer ; c’est le cas de Monsieur Blanchard qui a trop longtemps coudoyé de mauvais amis politiques : Il est appelé à marcher dans la vie trainant sa carapace de politique déformée.Puisque le candidat trois fois défait, et qui s’offrira encore comme victime propitiatoire au cours des prochaines élections, raffole des scandales et qu’il se complait à se vautrer dans les eaux vaseuses des actes répugnants vrais ou faux, nous sommes disposés à lui venir en aide et à lui fournir matière â scandale.La chose nous sera d’ailleurs facile : nous n'aurons qu'à puiser dans l'Avenir du Nord, éditions de 1937, 1938 et 1939, alors que notre regretté directeur, le sénateur Jules-Edouard Prévost, stigmatisait avec sa plume toujours alerte et digne, mais aussi d'un grande violence a l'occasion, les faux-prophètes et les "scandaleux" de l'Union nationale.Le notaire nous en voudra peut-être d'exhumer ainsi un peu d’un passé que le parti “des folles dépenses" et des déficits voudrait faire oublier, mais les actes posés par les adeptes du député des Trois-Rivières durant trois années de règne furent d’un caractère tellement révoltant qu'ils demeurent comme burinés dans la mémoire des citoyens du Québec qui en paient aujourd'hui la rançon.Voici une première tranche édifiante du règne éphémère de l'Union nationale à la direction de l'administration provinciale Elle est extraite de l’Avenir du Nord, édition du 26 novembre 1937.“le 9 août 1937.M.Hernias Calvé, de Saint-Jérôme, barbier-coitTeur, employé du gouvernement Duplessis, ami de coeur et organisateur politique de M.Hermann Barrette, député PER ACCIDENS du comté de Terrebonne, porte-étendard du parti des vertueux “nationaux", achetait de Mme Vve André Guénette un banc de gravier situe sur partie du No 498, dans la paroisse de Saint-Jérôme, POUR LE PRIX DE S400."Le 9 septembre 1937, le même Hernias Calvé vendait le même banc de gravier au gouvernement de Québec POUR LE PRIX, PAYE, DE $1,050."Cet ami intime et actif organisateur du député Barrette réalisa donc ainsi, en quelques jours, UN PROFIT DE $3,650.“Ces deux contrats de vente ont été enregistrés au bureau d'enregistrement du comté de Terrebonne, tel que le prouve le certificat de recherches émis par ledit bureau, le 4 novembre 1937, et que nos lecteurs ont pu lire dans L’AVENIR DU NORD du 12 novembre courant.” “NOUS ACCUSONS le gouvernement d'avoir ainsi payé SI,050.pour une propriété qu’un mois plus tôt il aurait pu acheter pour S400.Ce pit de gravier vaut S4.050.ou il ne le vaut pas.S'il le vaut, pourquoi le gouvernement ne l'a-t-il pas acheté à ce prix de Mme André Guénette ?S’il ne le vaut pas, pourquoi a-t-il payé cette somme à M.Hernias Calvé, l’ami et l'organisateur du député Barrette ?"D’une manière ou d'une autre quelqu'un a perdu de l'argent.dans ce marché, soit Mme Vve André Guénette, soit le gouvernement, mais ce n’est sûrement pas l’ami de M.Barrette.“NOUS ACCUSONS le gouvernement d'avoir acquis ce gravier sans en connaître suffisamment la QUANTITE et la QUALITE.et, surtout, sans NECESSITE puisque pendant deux mois il ne s’en est pas servi.“NOUS ACCUSONS le gouvernement dont M.Barrette est le très dur adepte, d’avoir conclu ce vilain marché afin qu’un de ses favoris, qui est aussi son employé et l'organisateur politique du député de Terrebonne, puisse se réjouir de la rosée bienfaisante d'un profit de S3.650, provenant de l’argent du peuple."La preuve est donc faite que le gouvernement de Québec est à la merci des faiseurs, des convoitises des SCHEMERS dont les députés “nationaux" sont les complices ou les agents bénévoles ou les amis."Fourrait-on croire que ces hommes sont ceux qui, lors qu’ils s’apprêtaient à prendre charge des affaires publiques, ont tant abusé de ces vaines formules avec lesquelles ils ont donné aux foules des espérances qu’ils ont trahies dès qu'ils furent au pouvoir ! "Le parti des Purs reste confondu dans sa révoltante démagogie.” Et maintenant, monsieur Blanchard, candidat trois fois répudié par l’électorat de Terrebonne, pourra parler scandale.Et s'il lui chaut de colporter celui que nous tirons des oubliettes, cette fois, il parlera le langage de la vérité.Monsieur Blanchard a fait des crimes de peccadilles commises par les libéraux durant plus de quarante ans.En trois années seulement, en pins de dilapider le trésor public, l'Union nationale a versé dans des actes qui répugnent par leur vilénie et leur bassesse.11 est certain que la population du Québec ne permettra plus jamais à la foire de monsieur Duplessis d’avoir ses assises dans cette province, car les gens du Québec, vivant leur devise .se souviennent ! Pierre-Gils.su in* r o sou cours normal VhantH laurvntivns AU CHOIX! Graves décisions prises au cours du premier caucus général des députés libéraux — Altitude ferme des députés de Montréal dans leurs revendications (Spécial à L'Avenir du Nord) Québec, 8 — Les caucus politiques,' comme on le sait, sont des réunions d’où rien ne doit transpirer.Mais les murs, même ceux des bureaux parlementaires pourtant bien capitonnés, d’ordinaire, et cal feutrés, ont des oreilles Indiscrètes pour le reporter de métier aux aguets Que s’est-11 passé, que s’est-11 dit au caucus général des députés libéraux tenu à Québec mardi dernier, donc il y a exactement une semaine au moment où nous écrivons ces lignes, le premier de la ses sion ?Il va sans dire que, en principe, nous l’ignorons comme tout le monde.Cela n’a toutefois pas d’importance.Ce qui intéresse le grand public, ce ne sont pas les propos échangés ; ce sont les décisions graves qui auraient pu y être prises.Or.en voici quelques-unes.Tout d’abord, la session suivra son cours normal, contrairement à ce que d’aucuns laissaient entendre encore ces jours derniers, en ce sens que le gouvernement Godbout entend soumettre sans déial Inutile à l’approbation des Chambres "toute la législation Inscrite dans le discours du trône.” Il y aura des élections générales provlncla les cette année, mais ni immédiatement après la dissolution de la légis lature, ni durant les périodes de semailles ou de récoltes.La date exacte ?L’honorable M.Godbout n’en sait absolument rien lui-même pour le moment.Municipalisation possible du tramway à Montréal 7 Les députés de Montréal, tous libéraux, sont plus résolus que jamais que la ville présente ou non un bill, de demander au gouvernement d’intervenir en vue de décréter un nouveau mode administratif muni cipal et de préconiser, quant à eux, le système dit d’arrondissements Une motion sera appelée, sinon cette semaine même, mercredi prochain au plus tard, dlt-cn.Jour réservé aux députés, et son parrain y suggé rerait la municipalisation par la ville elle-même du service local des tramways.Les députés de Montréal sont non moins résolus d’obtenir l’intervention “efficace" du gouvernement en ce qui concerne la solution à apporter au problème du logement dans la métropole et autres centres industriels, ns n’insisteront peut-être pas sur l’institution immédiate d'un système de crédit urbain, projet qui leur aurait toujours souri cela à cause des exigences de la guerre et aussi du programme législatif déjà très chargé du gouvernement, mais à une condition : le règlement “de façon satisfaisante” du problème du logement en question "avant la fin de la présente session, grâce à une étroite collaboration entre les gouvernements fédéral et provincial et les municipalités Intéressées.’ Quant à ce qui a trait à la nationalisation de la M.L.H.& P.les députés de Montréal ont de nouveau reçu l’assurance que le gouvernement Godbout tiendra sa promesse faite, du reste publiquement dès l'automne dernier, à ce sujet.Deux demandes des municipalités bien vues Voilà quelques-unes des décisions prises, à notre connaissance, au caucus général des députés libéraux.Deùx mots, maihtéhahC au sujet de la requête remise, il y a quelques jours, par une délégation de l'Union des municipalités aux membres du cabinet provincial.Deux au moins des dix demandes contenues dans la requête rencontrent absolument les vues des députés de Montréal, pour nous en tenir toujours à ceux-ci : prolongation du terme d'office, "après les prochaines élections municipales,” du maire et des échevins de deux à trois ans," puis “le paiement par la compagnie des tramways (de Montréal) de sa part du coût de l’enlèvement de la neige et de l'entretien des rues où circulent ses voitures.” Autre et dernière information obtenue de même source .ou des mêmes murs aux oreilles indiscrètes.Les députés ministériels se demandent si leur collègue.Me René Chaloult, C.R.représentant du comté de Lotbinière à l’Assemblée législative, va continuer de se réclamer du Bloc Popu et de parler en son nom en Chambre, après les événements survenus à l’occasion du congrès , la semaine dernière de ce parti devenu, comme on le sait, bicéphale.ON CHUCHOTE QUE.On dit que le papier à journal r impôts sont généralement versés est rationné.Ayant du temps à perdre et souffrant parfois d’insomnie, je lis assez souvent le Devoir.S'il faut en juger par la publicité faite, la semaine dernière, au Bloc Popu, notre confrère de Montréal n’aurait pas trop à se plaindre des restrictions imposées à ce sujet par le gouvernement King.Serait-ce que certain trust d ’ li ô tel.Mont - Ro.val-Windsor-Queen's, pour ne citer qu'un exemple, lui en imposerait ?.+ * * lui Montreal Light, Heat & Power continue son programme radiophonique destiné à nos enfants : "lui par ceux-là qui touchent les re venus ?A-t-on jamais vu, en tout cas, un pauvre diable obligé de verser tels impôts pour un voisin millionnaire, immensément plus riche ?.* * * Un gros reproche, le pire repro- M.Orner lléroux a confié à scs lecteurs, la semaine dernière que le Devoir se devait d'accorder "une certaine sympathie” au Bloc Popu.Pourquoi “une certaine sympathie" seulement ?Simple restriction mentale.ou crainte d’événements plus ou moins rapprochés qui pourraient bien se produire ?C’est ce que l'avenir révélera.D’ici là, notre confrère de la rue Notre-Dame, à Montréal, soi-disant aussi indépendant en politique hier qu’aujourd’hui doit convenir que, jadis, il fut plus généreux de sa sympathie envers l'Action libérale nationale tout d'abord, puis envers l’Union nationale, puis à la fusion en 1935 des deux groupements et de nouveau, de 1936 à 1939, envers l'Union nationale.l’Action libérale nationale étant mystérieusement — et eonime par enchantement — disparue de la circulation en Lau-rentie ?Le Devoir ne leur avait-il pas accordé, dans le temps et tour à tour, non une "certaine sympa thie" mais bel et bien une égale sympathie totale ?Au fait, M.Hé roux aurait-il atteint l’âge où l’on redoute, où l'on a raison de redouter les excès d’enthousiasme dont certaines jeunesses sont parfois les innocentes victimes ?.* * * M.Roger Duhamel, ci-dcvant du Devoir, est depuis dimanche der- En hommage à la France éternelle che qu’en milieux nazionalistes on nier au service quotidien de la Pa-se plait à adresser aux “vieux partis", c’est que les “bleus" sont bleus à Ottawa comme à Québec, et vice versa, n’est-il pas vrai, et qu’il en est de même des maudits “rouges." Plus ça change plus c'est pareil, apparemment, du moins.Je lisais, en effet, dans la Presse de samedi famille Jolicoeur,” programme ; dernier que la nomination de M.inauguré en.1944 — mieux vaut j André Laurendeau comme chef tard que jamais pour s'intéresser au pauvre peuple tant exploité par les gouvernements ! —et précédé de sempiternelles vociférations contre ceux-là qui entendent mettre fin à sa béate quiétude.la compagnie nous permettra de lui poser deux toutes petites questions.Est-il exact, oui ou non, qu’elle provincial du Bloc Popu signifiait que, “par le fait même, un parti provincial du Bloc a été officiellement créé.” Or, être “rouge" ou “bleu" à Ottawa et à Québec, et vice versa, ou “Bloc Popu” à Ottawa et à Québec, et vice versa, quelle différence, dites-nous, y aura-t-il désormais entre l'attitude que umju., .ni j, inlm | Est-il exact, oui ou non, qu’eue; t-u désormais entre ratutuae que r M Sauvé clIsnanut 1 un des plus beaux types de la politique i ,, , , „ ., .Avec m.sauve, m !• i , fait payer a ses usagers plus de paraissent commander les divers » I*» viofiio éf’cïlt* d tiiis le te ni ps ou les tmcllt loris pm îcmcntiiirCiS cm .* _ _ , , ¦ la Vaine eceui .unua u “-"i .1 ., , *lv millions de dollars annuelle- nartls en nresence ?Le rrlncheux Québec, héritées d’un vibrant XIXe siècle, se maintenaient ù peu près toutes seules.” J.P.six millions de dollars annuelle- | partis en présence ?Le grincheux ment de taxes fédérales prélevées du Devoir, s’il y a lieu, suivant lui, à titre d’impôts sur le revenu ?serait bien aimable de nous éclai-Est-ll non moins exact que pareils rer à ce sujet.trie.M.Duhamel, un camarade de l’auteur de ces lignes, soit dit sans vouloir abuser de ses relations, est avant tout un “critique littéraire très averti, il est le chroniqueur favori de plus d’une revue.Il est en outre professeur de littérature canadienne-française au Collège “Sir George Williams.” Il est aussi membre de la Société des Ecrivains canadiens et de la Société historique de Montréal." Quant il était l’esclave du Devoir — on gagne sa vie comme on peut, quand pour cela il faut être avant tout journaliste, et à qui le dites-vous ?— M.Duhamel était cause d’une vente accrue de son journal, le samedi, grâce à sa “page littéraire." Puisque celle-ci n’a toutefois pas réussi à faire vivre son homme, doit-on en conclure que les lecteurs du Devoir, comme ceux, du reste, de tous (suite à la cinquième page) Désireux de rendre un hommage spécial à la France, — à la France éternelle qui n’a rien de commun, comme on le sait, avec la France-vaientin de Vichy, — à la France qui a pu enfin recommencer, depuis quelque temps, à s'imposer par sa beauté et sa force à Pat tention du monde civilisé, L'Avenir du Nord consacre aujourd'hui sa page : “En marge de la guerre,' à divers articles se rapportant ex clusivement à notre ancienne mère-patrie plus chère que jamais à nos coeurs et que tous liront avec une émotion à la fois douce et cruelle.On nous permettra de souligner ici, à l'intention particulière de nos anglophobes forcenés, un bref passage d'un récent papier de G.-H, Wells : “La grandeur essentielle de la France,” paru dans “La France Libre.” “Que cette France de lumière et de liberté," écrit Wells, “ait été trahie par les ambitions person neiles de ses enfants, qu’elle soit tombée dans cette confusion politique où elle débat encore aujourd’hui.qu'un désastre militaire l’ait finalement terrassée, ce sont là des faits qui appartiennent à la sombre tragédie de l'histoire, des malheurs que nous aurions bien pu avoir à partager, sans le fossé qui entoure noire île-forteresse.Cela est sans aucune importance pour le monde nouveau qui s'étend devant nous.France en Angleterre sont trop petites pour être indépendantes, — mais en ces jours où les distances n’existent plus, tous les pays du monde sont dans le même cas.Qu’elles soient petites importe peu, à l’heure actuelle, sauf peut-être aux esprits ternes qui assoient une politique de puissance sur la philosophie “holiste.’’ Ce que la France et l’Angleterre représentent, comme ne saurait le faire aucun autre pays, ce sont les valeurs éternelles de l'esprit humain.Elles sont indissolublement unies pour le progrès et l’émancipation de la pensée humaine.Qu'importent les empires, les dé- Les spécialistes en sont rendus a cataloguer la beauté de la femme.Cela est si triste qu’il faut bien s’en amuser un tantinet.C’est monsieur Sakele.au nom prédestiné de pâte dentifrice ou de toute autre pâte qui nous arrive avec son choix.Allons-y donc, toutes voiles dehors, avec les types de l’illustre savant.En guise de préambule dans son pamphlet le professeur nous présente la comtesse Jeannine La Vlamir.C’est la Psychique.N’est-elle pas "chic”, sans chiqué et se prête aux émotions de l’âme seulement.Sans doute parce que le qualificatif trouvé pour elle est tiré du grec : psukhi-hos.(De grâce, typo, ne me plaquez pas une ecchymose !) Et voilà pour La Vlamir, la "vlimeuse".comme dirait feu mon cher oncle Joseph Laurence__ Numéro deux : Mitzi Marlow, la Femme Sphynx_ C’était la femme la plus populaire de l'histoire ancienne.Posons d’abord ce fait, prouvé par tous les archéologues.Le sphynx est une fleur du désert.La famille comprend la fille de Pharaon, la femme de Putiphar et l'impayable Cléopâtre.Si vous ne me croyez pas, de-mandez-le donc à Antoine ?Nous sautons ensuite à Frances Thress, la Dorée.Oh ! ma chère.Ses lourds cheveux ont une senteur de blé mur : ils imitent une danse de rayons et accaparent les clartés de lune lorsqu'ils tombent dénoués sur l'oreiller blanc.Mais passons.Une autre préférée du professeur Sakele, Hildia Knight, la Diane, descend en ligne directe des chevaliers de Malte.Le bouclier de ses aïeux s'est mué en capot de Willis-Knight.L’hérédité, chez elle, a changé les syllabes de son prénom, qui finit maintenant par "dia" (que les charretiers ne s’y méprennent pas), alors querces mêmes trois lettres forment le commencement de "Diane".Et comme cette dernière était une chasseresse, Je plains fort le futur mari d’Hildia.Et dire que son prototype mythologique avait fait voeu de ne jamais se marier ! Cela ne l'empêcha pas d'aimer le berger Endymion — Eddy Miron pour les puristes — La Femme - Diane compte parmi ses aïeules Diane de France, fille très naturelle de Henri II.Aussi Diane de Poitiers, pour laquelle le même roi.aux penchants dianiques, ht construire à Paris même une fabrique de petits fours.Passons maintenant à Mabel Ry-dahi, la Madone.Le nom, s'il a une consonnance japonaise, n'empêche pas la charmante enfant d’avoir un sourire divin.Michel-Ange lui aurait sculpté un Moïse en cinq secs.Nous entrons maintenant dans la zone de danger avec Myrtle Patterson.qui symbolise la Femme-Flamme.Par bonheur j'ai devant moi la nomenclature des signaux en cas d'incendie.(C'est le paratonnerre des salles de rédaction.) La mignonne Myrtle porte un tailleur en asbestos, à garniture d'amiante.Les femmes de ce type aiment les phares d'autos, les ampoules .électriques et les dynamos.On m'assure que feue Miss Eddy appartenait à cette catégorie.De là son grand amour des allumettes.Reste Mona Moray, la Femme-Fleur.Ici le poète laisse tomber son luth, cingle Pégase et monte au Parnasse.Mona Moray serait descendante de Mona Lisa.C’est une "al-lumeuse" de première grandeur et son plaisir est d e dire à ses admirateurs : "Vous ne Moray.pas!" Ce bon monsieur Sakele ne m’en voudra pas si j'ose lui suggérer pour son prochain catalogue quelques autres types.Tout d'abord je prise fort la Femme-Etole.C’est la favorite des grands couturiers.Son charme tient du renard, du vison, de la loutre et de l'ours, en passant par le chameau et le singe.On rencontre aussi la Femme-Flèche qui fuit sans cesse et sert de point de mire aux vieux marchaurs.Pourquoi pas la Femme-Bombe.Elle existe.Nous la trouvons dans toutes les boîtes de nuit.C'est une anarchiste invétérée qui ne reculera devant rien pour atteindre son but.Elle aime à faire bombance et vous fera dauter au moindre choc.Mais celle que je préfère est la Femme-Femme.Celle-là je l'idolâtre et je craindrais de lui donner la lune parce que sa beauté cachée vaut tous les secrets de l'azur.Bonjour, professeur Sakele !.Adolphe NANTEL faites et les victoires, auprès de ces gloires durables.” Au fait, nos amis pro-vichyssois autant qu’anglophobes ne pourraient-ils pas prendre de la graine pour leur constipation mentale à la lecture de ce seul passage de l’artlele da Wells T. Page deux e L'AVENIR DU NORD Saint-Jérôme, te 11 février 19JJ LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA 43icme ASSEMBLEE ANNUELLE DES ACTIONNAIRES Analyse du bilan et du compte d'opérations par le gérant général, M.J.-U.Boyer m Allocution du président, M.CHs.-A.ROY .i.-1 _ __ a La 43iéme assemblée annuelle des Actionnaires de la Banque Provinciale du Canada a été tenue jeudi le 13 janvier 1944 au Siège Social de la Banque a Montréal.Apres lecture du rapport du Conseil d Administration suivit la presentation du bilan pour l’exercice Unissant le 3ü novembre 1943.Le rapport et le bilan tlnancler furent approuves à l unanimité Analyse du bilan et compte d’opérations par le gerant général, >1.J.-U.Boyer Le bilan de la Banque pour l’an nee écoulée indique cies protits satisfaisants et une augmentation appreciable dans l'aelif qui s'élève a 592,399.690 et accuse un accroissement d environ $20,000,000.La position liquide s’est encore améliorée.Les disponibilités de caisse se cluîlrant a $13.917.194 sont en viron $3.500,000 supérieures a celles de 1 année precedente.Les dis ponibilités de caisse ajoutées aux autres valeurs facilement réalisables s'élèvent à $74.754.916, et représentent 85Çj des obligations envers le public, comparativement à 79^ l'an dernier Vers la fin de l’année fiscale une plus grande activité s'est manifestée dans le domaine des prêts con tre valeurs ayant un marché cou rant : ceux-ci ont augmenté de SI.161.864 et s'établissent a S4.137,-568.Dû à la position financière plus liquide de la plupart des entreprises industrielles et commerciales, les demandes de prêts ne se sont pas accrues et les prêts courants se chiffrent à $13.779.274 ont diminué de $300.000 Si les restrictions imposées par l'Etat atteignant les affaires et le credit sont tempérées ou abolies et si la transition de la production des fournitures de guerre à celle d’articles à l'usage des civils, s'effectue.le volume de prêts courants aura sans doute une tendance à la hausse.Comme votre Banque jouit d’une forte position liquide elle sera prête et disposée à aider ses clients en leur prêtant les fonds dont ils auront besoin en autant que le remboursement des avances consenties sera assuré.Les depots démontrent une augmentation notable et s'établissent à $85.688,324 comparativement à $65.420,580 l'an dernier.Un plus grand nombre de personnes ont maintenant des comptes épargnes et le public pratique plus l'économie.Les dépôts en banque sont généralement plus élevés qu’en 1941 et 1942 Les dépôts des gouvernements fédéral et provinciaux s'élèvent à $8.542.072 comparativement à S4.3S0.078 l'an dernier.Nonobstant le rendement moins élevé des placements les profits réalisés s’élèvent à $455.760 et sont efforts loyaux durant l’année ècou-,ce, laqueue n a pus etc une année luciic.je uesne aussi exprimer appreciation aux memores au «-onsei.u Administration pour lout oienveiuante coopération.Allocution du president, AL Chs.-A.Iloy -vies premières paroles seront pom rappeler a voue souvenir no-uv regiec.te collègue, i nonoraoie oeiuneur noms Love, avocat, de-ceue en levner 1943.Monsieur L'o-,e, nomme üe grand coeur, doue a un jugement sonae.s était vive-liieni nueresse au progrès ues allaites de votre nanque.Je desire rendre a sa mémoire un témoignage ue reconnaissance pour les ser-, te es quff a rendus a votre institution.Le Gérant-Général vous a donne connaissance au bilan et du compte d opeimions, accompagnes d explications concernant les principaux item, et j espere que ces états seront considérés satisiaisants par vous, comme ils l'ont été par vos administrateurs.Durant l’année ecoulée.l'actif total de votre Banque a enregistre une nouvelle augmentation appréciante.Les revenus encaisses des differents services et des placements ont évé plus élevés que ceux ue 1 année precedente, surtout a cause de 1 accroissement des valeurs a rendement fixe, mais ont ete abscrocs en grande partie par une augmentation dans les frais d'operations.Les chiffres du bilan qui vous ont ete soumis démontrent un nouvel accroissement marque dans les depots.-Maigre les retraits faits pour souscriptions aux Emprunts ae la victoire, le public conseive en banque des réserves appréciables de onds.Prévoyant qu une partie de .augmentation dans les dépôts sera sans doute retirée après la fin des hostilités, dans le but d’augmenter les inventaires et pour la version d industries pour les besom.* civils ou pour de nouvelles activités qui ont été retardées a cause de la gueire.nous nous proposons de conserver une forte portion liquide.Le gouvernement fédéral a con-mué ue tenir ia première place légèrement inférieurs à ceux de j *or ie marché des obligations l'an l’an dernier.A même ces profits » dernier.Les émissions du gouver- il a été pourvu $175.691 pour les taxes fédérales, un amortissement de S70.C00 sur les immeubles et $200,000 ont été versés en dividen des aux actionnaires ; !a balance a été portée au compte de Profits et Pertes' et se chiffre main tenant à $221.854.Les taxes sur le revenu et sur l’excédent de piofits que les banques et les maisons d'affaires en général doivent payer, sont extrêmement onéreuses et absorbent une très grande partie des profits réalisés.Ces taxes cependant ne sont pas les seules qu'elles ont à payer : il y en a beaucoup d'autres moins apparent-s qui sont imposées et dont l'ensc-mble forme une somme totale assez élevée laquelle augmente sensiblement les frais d’opérations.Les services rendus par la Banque au Gouvernement, relativement aux souscriptions aux Emprunts de la Victoire, la livraison de ces obligations au public, la garde des valeurs, la manipulation des coupons de rationnement et une multitude d'autres services ont ajouté grandement aux devoirs du personnel de la Banque Ces devoirs supplémentaires, joints à un volume grandissant de transactions quotidiennes ont eu pour résultat d'ajouter au fardeau déjà lourd des membres expérimentés du personnel La proportion de; employés du sexe féminin s'est accrue davantage au cours de l’année ; le nombre de nos employés de toutes catégories excède 'de beaucoup celui d’avant-guerre.C’est pour moi un devoir agréable d’adresser mes sincères remerciements aux officiers et aux employés de la Banque pour leurs neniem fédéral ont été bien ac cueillies en 1943 et leurs objectifs : oiu ete dépassés.La politique de i argent à bon marché n'a pas été j modifiée Les taux sont demeurés j très bas.contrairement à ce qui ; •¦'est produit dans la plupart des ! autres sphères d'activités, où les rémunérations de services ont con- j sidérablement augmenté depuis le i début de la guerre.L'expansion qui s’est produite en ; i943 dans les activités industrielles .e commerciales, à laquelle est venue s ajouter une plus grande circulation de papier monnaie, a augmenté les ressources de certaines classes de !a société, mais a aggravé les problèmes de ceux qui pos-sedent des capitaux, et aussi de ceux qui sont chargés de responsabilités administratives.Le volume de production des armements a atteint un nouveau maximum.Les industries dont la production se partage entre les oesoins de la guerre et ceux de la population, civile, ont.elles aussi, travaillé à grande capacité.La classe ouvrière, favorisée par ce.s conditions, a constamment trouvé de l’emploi, avec salaires de plus en plus rémunérateurs.Les recettes de l'agriculture et.de l'élevage ont dépassé de beaucoup celles des dernières années.Le commerce de détail en généra! est demeuré actif, mais les mesures de rationnement ont contraint quelques distributeurs à fermer leurs etablissements, parce qu’ils ne pouvaient obtenir un volume satisfaisant de marchandises.Les règlements nombreux et complexes de la Commission des Prix et du Commerce, l'application plus rigoureuse des mesures de guerre, principalement celle du contrôle de la main d'oeuvre, ont continue d'embarrasser sérieusement certains commerces et industries operant exclusivement pour les besoins civils.Le manque de matières premières, l'insutfi-sance ou le peu d'expérience de la main d oeuvre appelés à remplacer ceux qui ont été absorbés par les forces armées, les industries de guerre ou les services du gouvernement, ont fait surgir dans plusieurs milieux des appréhensions au sujet de l'avenir.Le maintien des taxes à un niveau éleve durant une période de quelques années fait naître l'idée qu'elies seront permanentes.Les taxes élevées sur les profits ont empêché les compagnies ou particuliers en affaires, qui avaient des obligations onéreuses au début de la guerre, de les îéduire ; leur crédit, basé sur la possibilité de rembourser, s'en trouve affaibli.Certaines considérations devraient être accordées quand les obligations sont élevées et le capital de roulement insuffisant.Depuis quelques temps, divers groupes préconisant des programmes politiques bien differents, se disputent le pouvoir législatif au fédéral.Si l'on réfléchit sur la portée de certains énoncés, il semble que ie résultat de la lutte est susceptible d'avoir des conséquences très étendues sur notre vie économique.L'on se demande si le pays est pour continuer d'être dominé par des contrôles centralisés dirigeant nos activités ou s'il reviendra a un régime, sinon entièrement libre, du moins jouissant d'une liberté suffisante pour que le capital et l'initiative privée puissent continuer de contribuer au progrès et au développement du pays.La question de l'aprés-guerre fait depuis quelques mois lobjet d'études en vue de l’élaboration de programmes basés sur la présomption que l'entreprise privée continuera d'exercer ses activités.Les mesures préventives de chômages, et celles visant au développement économique, devraient avoir pour objet de maintenir dans leurs occupations habituelles le plus longtemps possible les personnes exerçant leurs activités dans l’industrie.le commerce, et l'agriculture ainsi que dans les professions techniques.La collaboration à cette fin, de toutes les forces économiques de l'entreprise privée, préviendrait de faire de la création de possibilités de travail un nouvel organisme d'état.Développer ces possibilités de travail par l'exécution de travaux publics, aurait pour consequences inévitables, une augmentation de la dette publique, déjà très élevée, et aussi l'extension du contrôle de l'état aux dépens de l'économie privée.D'ici à la fin de la guerre, le devoir d'un chacun demeure ie même qu'il a été depuis le début des hostilités : utiliser nos res- sources à la tâche de gagner la guerre, sans disloquer le système economique : continuer de travailler ferme, en faisant des économies dans tous les domaines.Les souscriptions aux derniers Emprunts de la Victoire indiquent bien de nouveau, la volonté de la population de soutenir l'effort de guerre, malgré les sacrifices à faire.ELECTIONS M.Ceci! L.Carsley, Industriel de Montréal, a été élu membre du Bureau d'Administration et M.Clément Tremblay, de la Maison Ayers Limited, Lachute.P.Q.membre du Bureau de Commissaires-Censeurs.A une séance spéciale du Conseil d’Administration tenue immédiatement après l’assemblée des actionnaires.M.Chs.-A.Roy a été réélu Président de !a Banque, et MM.Jean Rolland et Geo.-A Savoy, Vice-Présidents.A une réunion du Bureau de Commissaires-Censeurs, l Honorable EL Patenaude.CP.C.R., a été réélu Président et l'Honorable Sénateur Antoine-J.Léger, CR .a été élu Vice-Président.UN DISCOURS DE M.LIONEL BERTRAND La semaine dernière, M.Lionel Bertrand, dépulé de Terrebonne aux Communes, a prononcé en Chambre un discours remarquable par sa forme el par le fond.Cette pièce mérite^ reproduction.Fau2e d'espace, nous n'en publions aujourd'hui qu'une première tranche, remettant la suite à la prochaine semaine.Monsieur l'Orateur, cette cinquième session, comme les précédentes d'ailleurs, traitera encore de la guerre.La victoire, s'avérant certaine, moins lointaine aussi, le Gouvernement annonce cependant dans le discours du trône des mesures qu'il croit susceptibles de maintenir i équilibre de la nation dans la période de rajustement, et de donner aussi au peuple canadien, dans les années à venir, une saine garantie contre les hasards de la vie, une sauvegarde sociale en conformité avec les exigences des temps nouveaux.Le Canada sortira de la guerre ployant sous le fardeau des dettes, affaibli par-l'absence de milliers de scs fils, tenu de refaire à la fols ses cadres commerciaux et industriels, son économie générale pour le moins désaxée.Le rajustement d'après-guerre pourra-t-il s’opérer sans heurter les traditions, sans briser les ententes établies, sans attenter aux conventions qui rendent autonomes, dans certains domaines, le pouvoir central et les provinces ?Les uns affirment qu'il faut rompre avec les traditions et devancer même l'évolution ; le passé d'un peuple peut-il être brisé ?Les autres diront qu'il faille recourir aux mesures les plus \ arbitraires, ce qui est à condamner ; au même degré que sont à condam-J m r les doctrines de ces gens qui veulent saboter la structure actuelle de la nation pour la remplacer par j les fragiles colonnes d'un socialisme i exagéré Serait-ce la paix si, au len-j demain des hostilités, le Canada est j intérieurement déchiré, et ballotté par des doctrines contraires à son urne nationale ?Ici comme ailleurs, les théories les plus fantaisistes ont germé.En j temps de paix elles se heurtaient in-lass ibl-ment à des échecs accumulés, mais la guerre leur a donné vigueur t assurance.Elles se montrent maintenant, sans masque, sûres d'el-les-mémes.Enfantées par le mécontentement, elles vivent de lui ; chaque mécontentement devient pour elles des opportunités faciles à des succès nouveaux, à une emprise plus accentuée.Car le mécontentement existe.D'où vient-il ?Moins de la démocratie en elle-même que des abus que I on en fait.Moins de la richesse que des abus que la richesse cause.Moins des lois établies que de leur application, souverites fois mauvaise.La guerre, prétexte facile aux abus, a ajouté aux maux dont non» souf- guerre 1 exigeant, a accepté avec fierté la plupart d'entre elles ; à ces lois sont venus malheureusement se greffer une multitude d'ordonnances et de décrets qui sentaient trop la trouvaille et l'invention, d'où leur impopularité.Ces centaines d'ordonnances ou de décrets ont été, dans mon opinion, la cause d ur; mécontentement dont notre système démocratique a commencé à éprouver les contre-coups.L accumulation des petites causes conduit irrémédiablement aux grands effets.Les petits faits, inoffensifs s’ils demeurent isolés, finissent un jour ou l autre par s'orienter dans une même direction.Ils engendrent inconsciemment ou non des courants d'opinion qui, faibles à leur origine, s accroissent et deviennent irrésistibles.De tels courants passent actuellement à travers la vie canadienne.Faut-Il attendre que la digue soit rompue 7 frions, l'abus des lois.Le peuple, ia Tout Canadien consent a faire sa part pour gagner la guerre.Mais combien de fols l'enthousiasme national a été par une suite presque ininterrompue de désappointements, refroidi, même bouleversé ; combien le peuple canadien, si heureux de faire son devoir, a-t-il senti, à divers moments, jusqu'à quel point le prétexte de la guerre donnait lieu, dans l'armée, dans les commissions des prix particulièrement, dans les rouages de l'emploi au service sélectif, à de fréquentes Injustices, à tant d actes accomplis par ur.e bureaucratie dont les attitudes frisaient trop souvent l’autocratie, quand ce n'était pas la dictature.On me dira que ce sont là des détails dans l'Immensité d une vaste organisation.Ne sont-cc pas les gouttes d'eau qui forment les rivières ?Des détails, j'en conviens, mais assez puissants, réunis en faisccuux.pour désaxer le parti le plus puissant.pour ébranler les assises d'un régime, pour offrir à tout parti, se-nut-il socialiste, communiste même, des chances faciles de réussite.On me dira que le socialisme et le communisme vendent le bonheur.Je le sais ; c'est là la raison qui nie les font craindre.Peut-on blâmer le peuple, dims l'affolement où le mettent l'abus des lois, les contraintes de toutes sortes, les extravagances du capital, de croire au bonheur quand le bonheur est la grande illusion de toute vie humaine 7 Dans ces quatre années de guerre, le conflit mondial a imposé à tout citoyen du pays un bagage écrasant de sacrifices ; pourquoi donc des centaines de petites mesures, fabriquées trop souvent selon les humeurs matinales d'administrateurs de commissions irrespon sables au peuple, sont-elles venues s'ajouter en parasites au fardeau dé Jà si lourd à porter 7 là suivre) A id e aux valons Vice-Président L'honorable sénateur ANTOINE-J.LEGER, M.A., LL.D., C.R.L’honorable sénateur An-ioine-J.LEGER.M A.LL.D., C.R.avocat, Moncton, N.B., membre du Comité Exécutif de la Société Nationale de l'Assomption, élu Vice-Président du Bureau de Commissaires - Censeurs de la Banque Provinciale du Canada.QUEBEC.— L’hon.Adélard Cîodbout a donné, dons une conférence de presse, des précisions au sujet de l’augmentation des allocations mensuelles que le gouvernement provincial a annoncée dans le discours du Troue en faveur des invalides nécessiteux et sans soutien des pays de colonisation.Le ministère de la Colonisation, depuis déjà quelques années, vient en aide aux invalides nécessiteux qui sont sans soutien, vivant dans les centres de colonisation non encore municipalises, ou résidant dans les municipalités nouvellement organisées dont les revenus sont trop restreints pour secourir financièrement ces infortunés.L’aide accordée par le gouvernement dans ces cas consiste en des allocations mensuelles spéciales proportionnées aux charges de familles.“Nous avons à maintes reprises, déclare M.Godbout, manifesté notre ferme détermination d’encourager davantage, et sous des formes multiples, les colons qui travaillent sur leur lot mais nous n’entendons pas laisser dans la misère ceux que la malchance ou l’adversité empêchent de travailler.C’est la deuxième fois depuis 1940 que ces allocations aux colons nécessiteux et inaptes au travail sont augmentées.” En 1940, les dites allocations étaient payées sur la base suivante : $6 par mois pour le chef de famille ou une personne vivant seule, $2 par mois pour chaque personne à charge.On n'accordait alors aucune indemnité excédant $,'50.Au 1er mai 1942, nous avons modifié cette échelle à la hausse, comme suit : $10 par mois pour le chef de famille ou une personne vivant seule.$2 par mois pour chaque personne à charge avec allocation mensuelle maximum fixée à $.56.Au cours de l'année fiscale terminée au dl mars 1943, le ministère de la Colonisation a, sur cette base, payé S17S,100.35 en allocations dont ont bénéficié i2,159 personnes, hommes, femmes et enfants, répartis dans 34 comtés de la province.“Vu l’augmentation notable du coût de la vie, ces allocations mensuelles seront de nouveau augmentées à compter du 1er février courant, dans les proportions que voici.“$15 pour un chef de famille ; $15 pour une personne vivant seule ; $2.50 pour chaque personne à charge, sans aucune limitation de l’allocation.“Cette nouvelle échelle sera en vigueur pour aussi longtemps que prévaudront les conditions actuelles.” Et l’hon.M.Godbout a conclu : “Nous n’avons jamais manqué une occasion de proclamer la priorité de la famille nombreuse comme actif national.Une fois de pins, il nous est ici ‘donné de reconnaître ce princi-' pe dans l’application des mesu-; res gouvernementales.“Nous croyons de plus qu’il est du strict devoir du gouvernement de venir en aide plus généreusement à ceux de nos défricheurs de régions nouvelles que l’adversité frappe.” Attira aubaina pour las atiliiraiaiirs QUEBEC.— En sa qualité de président de la Raffinerie de slide Québec, l'hon.Adélard God-bout a révélé aux représentants jde la presse que des machines (spéciales seront mises à la disposition des producteurs de betteraves à sucre au printemps.A ce sujet, le premier ministre a fait la déclaration suivante : “Grâce aux machines modernes utilisées aujourd'hui, la culture de la betterave à sucre est considérablement simplifiée.On estime qu’une seule personne peut exécuter tous les travaux d’un acre de betteraves sucrières dans un total de cent heures environ.Ceci veut dire que, de la mi-mai, date de l’ensemencement, à la mi-septembre, époque de la récolte, soit dans l'intervalle de 120 jours environs, le ur consacrera environ cent heures de travail à son champ de betteraves sucrières.“Les machines sont louées ou vendues aux producteurs, à conditions très avantageuses, par la Raffinerie de sucre de S.-Hilaire.Elles comprennent un semoir pouvant ensemencer 4 rangs à la fois ou 10 acres environ par jour; un sarcleur qui fera autant de travail en une seule journée et l’arracheuse pouvant arracher quatre acres par jour.“Les seuls travaux manuels à exécuter sont le démariage et l’éclaircissage, mais le producteur qui utilise la semence fragmentée, également fournie par la raffinerie, épargnera beaucoup d’heures de travail.I “Les cultivateurs qui n’ont pas Iencore décidé quelle superficie !ils affecteront ce printemps à la culture de la betterave à sucre levront tenir compte de ces faits (et s’entendre immédiatement (avec l’agronome de leur division concernant l’étendue à cultiver dans des conditions avantageuses.On sait que la Raffinerie de S.-Hilaire s’engage à prendre toute la récolte.Il est vraiment peu de productions sur la ferme qui soient ainsi vendues d’avance et qui procurent un revenu garanti à époque déterminée." publié par L'Avenir du Nord Cic, Liée, imprimé par J.-H.-A.Labelle, Llmiiec Chacune des Banques à Charte sollicite votre clientèle süî (ecDSfsisriBiBissücas 7/A ' Les dix banques concurrentes: Banque de Montréal Banque de Toronto Banque Canadienne de Commerce Banque Dominion 3anque Impériale du Canada Banque de la Nouvelle-Écosse Banque Provinciale du Canada Banque Royale du Canada Banque Canadienne Nationale Barclays Bank (Canada) La banque à charte est la gardienne non seulement de votre dépôt, mais aussi du secret de vos opérations.IA BANQUE A CHARTE, observe la plus stricte t discrétion sur le compte que vous lui confiez.Elle porte le nom de banque "à charte” parce que l'autorisation qu'elle possède d'exercer son commerce, ainsi que les conditions et les restrictions auxquelles elle est soumise, font l’objet d'une charte qui lui est octroyée et qui est tenue à jour par le parlement, libre institution qui constitue la plus belle forme de gouvernement démocratique que l’homme ait jamais inventée.Cette charte, qui est une loi du parlement, comporte toutes les dispositions nécessaires à la sauvegarde de votre argent.Les dix banques à charte concurrentes sont tout le contraire d'un monopole d'État comme celui qui serait constitué si toutes les banques étaient fondues en une seule au moyen de la nationalisation.Sous le régime du monopole «l’État, si l’unique banque vous refusait du crédit, vous n'auriez pas à votre «Imposition neuf autres banques auxquelles il vous serait possible, A votre choix, de soumettre v«itre demande.Vous avez est avantage aujourd'hui.Jb LES BANQUES A CHARTE DU CANADA L ^967 Saint-Jérôme, le 11 février luit ES avenir tie im entité ean adi en n e-f ran çahte an l'an atl a Nous commençons cette semaine la publication d'une causerie prononcée par M.Armand Viau, licencie de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales (1920), à l'occasion d'un déjeuner des membres du Club Kiwanis, à Montréal.Tous les canadiens soucieux de nos problèmes, de nos justes revendications, voudront se renseigner plus avant, en lisant dans cette page, les courageuses opinions émises par l'un des nôtres Qui.devant un auditoire mi-français mi-anglais eut cette franchise : "( )Les uns devront sans doute cesser de s'isoler „• mais les autres devront comprendre notre situation et nos droits.A l'égalité de nos sacrifices correspond l'égalité de bénéfices.C'est sur cette base Que se font les contrats." C.P.L., "Il y a près do trois cents ans, on voyait sur les bords du Saint-Laurent, des hommes venus de France que, déjà, on appelait "les Canadiens".Ils étalent braves, aventureux, intrépides, et les premiers, ils ont exploré presque toute l'Amérique Septentrionale "De nombreuse générations de soldats et de colons, fiers du nom français, ont travaillé à élever l'édifice de notre nationalité pendant trois siècles, chacune apportant à l'oeuvre sainte le concours de son activité et l'appui de sa foi ardente.L'édifice, cimenté par le sang de héros et de martyrs, a grandi au milieu des orages, sous l'eilort des éléments hostiles, rendu plus inébranlable encore par tous les assauts subis." Ainsi parlait Edmond de Ncvers en 1896.Notre héritage Les fondateurs de la Nouvelle France, isolés après 1760 et un siècle et demi de luttes, empêchés de tiansmettre à leurs fils un riche héritage de biens materiels (parce que dépossédés de ces biens> n'ont laissé que des valeurs spirituelles, le souvenir de faits d’armes glorieux, des exemples d'admirables dévouements poussés parfois jusqu’à l’héroïsme.Cet héritage est de ceux qui conservent et fortifient les nations.Aussi, en dépit de toutes les prédictions pessimistes, nous avons survécu, à l'abandon, à l’isolement, à la pauvreté, au grand dénuement, dois-je le dire, à l'oppression même.Devons-nous survivre ou périr ?De ce fait, nous avons conquis le droit de vivre et de nous développer librement sur notre sol et rien ne devrait plus entraver notre légitime expansion Plus peut-être qu'aucun autre des peuples nouveaux de l'ère moderne, nous possédons les conditions fondamentales essentielles pour assurer aux fils d'une même race une vie nationale distincte et durable.Les flots de la population étrangère s'amoncellent.11 est vrai, autour de nous ion nous en annonce de plus envahissants encore après cette guerrei Nous ne sommes que quelques millions alors que, de rAtlantique au Pacifique, de la Mer Glaciale au Golfe du Mexique, une infinité d'hommes (145 millions d'entre euxi vivent dans une espèce de solidarité, basée sur la prédominance habituelle de la langue anglaise.Il ne résulte d'aucune loi naturelle ou sociologique, toutefois, que la force d'attraction de tout un continent st révèle plus rayonnante que la grandeur intrinsèque d'une minorité bien définie.Au surplus, il ne saurait être isolé au milieu des nations, le petit peuple à qui les mille voix de la renommée redisent constamment la gloire de la mère patrie, et qui n'a qu'a lever les yeux pour voir celle dont il depend intellectuellement briller au sommet du monde civilisé, même dans son suprême martyre de l'heure présente Pourquoi donc l'avenir de notre t>euplc reste-t-il encore un problème ?Pourquoi la fol en nos destinées semble-t-elle peu à peu s’éteindre au coeur de plusieurs de nos intellectuels ?Comment se fait-il que des pcnseu;s qui paraissent dégagés de tout préjugé, aient pu prévoir la fin de notre nationalité et qu’ils s'attendent a nous voir disparaître, enfouis dans l'oeuvre d'unification de tout le continent américain ?C'est que depuis un certain temps, des symptômes de decadence se font sentir parmi nous L'âme canadienne-françalse, sortie de longues périodes de luttes, cherche encore sa voie alors qu'elles s'est laissée envahir par la contagion, l'apathie, l'égoïsme D'auties ne songent à notre avenir qu'avec un sentiment de douce quiétude auquel se mêlent, aux jours de fêtes nationales, quelques élans d'enthousiasme éphémère Beaucoup des nôtres s'alimentent d'une conception fausse du patriotisme.D’aucuns enfin affichent une âme de patriote, mais s'abstiennent de toute action positive ; ils veulent vivre de ce patriotisme passif, timoré, dont on meurt.Pour nous, fils de la Nouvelle-France, doit-il en être ainsi ?Une race de preux peut-elle se contenter d'un patriotisme sans feu, sans élan, d'un patriotisme en quelque sorte abatardi ?Nul d'entre nous n'a le droit de déserter lorsque l'appel urgent du devoir national claironne de toute part.Nos espoirs Perdus au milieu d’innombrables immigrants étrangers, nous ne pouvons maintenir notre existence, qu'en nous élevant au-dessus du niveau général.Nous ne pouvons survivre comme peuple qu'à la condition d'être un grand peuple.Seul le perfectionnement de nos qualités ethniques et morales nous permettra d'atteindre ce but de si grande importance.Nous devrons être nous-mêmes, améliorés et non pas des répliques à peine réussies d'une autre race.Pourquoi des abdications d'ailleurs alors qu'une idée de perpétuité et de permanence absolues s'attache aux grandes masses ethno-graphiques qui ne veulent pas mourir ?Quiconque visite nos nombreuses paroisses rurales, où la langue française est la seule parlée, où chacun nourrit la ferme volonté de continuer à demeurer ce qu'il est, se rend compte qu'il y a lieu d'entretenir de beaux espoirs pour notre race.Les perspectives de noue avenir sont encourageantes, mais il ne faut pas que nous perdions de vue les conditions qui seules peuvent nous en assurer la possession ; il faut que nous sachions le prévoir, cet avenir, et le préparer.Le peuple canadien-français est appelé, en Amérique, à un développement qui ne peut se guider ni sur la marche historique des peuples de l'antiquité, ni sur l'évolution de l'Europe actuelle ; tout au plus, les annales de notre passé peuvent-elles nous servir d’avertissements utiles.Il est reconnu aujourd'hui en Europe que pendant des siècles, les bienfaits du droit et de la charité n’ont pas été connus des masses pourtant assoiffées, en ces temps-là comme aujourd’hui, de ce reflet divin indispensable au bonheur humain : La Justice.Il parait évident aujourd'hui que le passé lointain de cette même Europe, avec ses perturbations périodiques, ses tourmentes, ses guerres cruelles toujours renouvelées, exerça sur elle une funeste influence qui la conduisit à l'hécatombe actuelle.Notre pays, au contraire, a été colonisé en des siècles de lumière ît d'apostolat.Des pensées civilisatrices ont présidé à l'établissement (les colons français sur les bords du Saint-Laurent, en Acadie, d'un Océan à l’autre.Si l'on regarde, aujourd'hui, la glorieuse chevauchée de notre •ivUlsation en marche, dans la perspective austère mais lumineuse de quatre siècles d’histoire, nous avons la certitude d’avoir enregistré des victoires.Nous constatons aussi que nous avons cct immense avantage de nous être assigné à l’origine un but noble et grandiose et d'avoir marché vers ce but d'une façon toujours ascendante.La préoccupation de 1 avenir, ne se présentait même pas à l’esprit de nos ancêtres.Des circonstances graves ne nous permettent plus, à nous, leurs descendants, de ne pas nous en inquiéter aujourd'hui.Pendant cent cinquante ans.nos ancêtres ont combattu pour "Dieu et le Roi", selon l'admirable expression du temps ; puis, pendant tout un siècle, ils ont lutté pour la conquête des libertés constitutionnelles qui sont théoriquement l'apanage de tout sujet britannique.I.e traité de 1763 a fer1 lé l'ère des expéditions guerrières et des faits d'armes héroïques du régime Lançais.L'acte de la confédération de 1867 a seulement en principe mis un terme aux dissensions intéreurcs.(à suivre à la semaine prochainei Vos Yeux Sont-ils Fatigués ?/ PROTEGEZ-LES EMPLOYEZ DES ¦ AMPOULES EDISON MAZDA CANADIAN GENERAL ELECTRIC CO L’AVENIR DU NORD Pape train |A ri suns r.v homme Si lu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir.Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ; Si tu peux être amant sans être fou d'amour, SI tu i>eux être fort sans cesser d’être tendre.Et, te sentant haï.sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ; Si tu peux supporter d'entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter les sots, El d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-mème d'un mot ; Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frère Si tu sais méditer, observer et connaître, Sans Jamais devenir sceptique ou destructeur ; Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, Penser sans n'ètre qu'un penseur ; Si tu peux être dur sans jamais être en rage.Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu peux être bon, si tu sais être sage, Sans être moral ni pédant ; Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front.Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres la perdront, Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout Jamais tes esclaves soumis.Et ce qui vaut bien mieux que les Rols et la Gloire.Tu seras un homme, mon fils.(Vers de Kipling, traduction d'André Maurois).Cahm'IIn do i»n “Tftvs i Le sentiment do lu paternité, s'il faut en croire les dires mielleux de poètes de dernier ordre, règne sur le monde ; de même règne sur le monde le sentiment de la maternité.Toutefois, il semble bien qu'un peu de légitime et de moins lég4tlme orgueil serve de base A ces poussées de la nature Ainsi toute maman a la fierté d'une Amazone pour exhiber aux yeux d'une parenté ravie la force herculéenne et le génie de sa progéniture.Il n'est pas lieu de déterminer le pourcentage de logique à la base de cette impulsion Mais 41 est facilement possible d’établir à quels abus cet engouement mène trop de parents.Voilà dix A quinze mois qu’un poupon brnilleur est entré dans telle maison de faubourg.On se serre un peu la ceinture ; on se ménage à soi-même le peu de pain que la v4e peut nous garder et on choie le Bambino au meilleur du possible.Arrive bientôt l’Age fatidique des premiers pas Bien avant que le poupon ait avancé suffisamment l'ossification de son squelette, on vous le poste carrément sur ses petons et.d’abord A quatre pattes puis à deux, on apprend au nouvel homme l’essentiel métier de la marche par soi-même.Dans l'exercice de ce manège apparemment ai innocent, on fait marcher Tentant trop jeune ou trop longtemps.La fierté de la paren-taille doit vite en rabattre l’idole qu'on tentait d’exhiber comme un lion et de qui s’épataient tous les "mon oncle" et "ma tante" vous prend le plus insensiblement du monde, dans ses membres inférieurs, la conformation d'une "tonne A vin *.Sous l'excès de poids de ce petit corps en formation, les jambes ont vite fait de s’évaser, de s'incurver et la coqueluche de la parenté est pour la vie condamnée A diriger la jambe gauche vers l'occident pendant que l’autre pointe vers Jérusalem.Plus tard, les jeunes habitants de la Terre doivent prendre b* < hemin des écoliers.A cet antre de formation, ils encourent trop souvent les moins réparables des déformations.Il en est une preuve indéniable, c’est qu’à 20 ans.il est peu de squelettes parfaits parmi la jeunesse.Chacun, par suite d'une habitude inconsciemment adoptée, a communiqué A son échine ou A sa cage thoracique quelque pli douteux Le cocasse de l'affaire.c’est que la perfection du squelette fait surtout défaut chez les demoiselles, par conséquent dans un royaume où siège l'harmonie.Dans maintes institutions d'enseignement des Etats-Unis, pendant les périodes patiemment attendues de "Deo Gratins ”, on groupe les élèves pour une séance de culture physique.Quelques allongements de bras, quelques flexions du genou, quelques tentatives d'acrobatie, et les élèves, avec des poumons renouvelés et des déformations contrebalancées, se remettent à l'étude.Voilà déjà longtemps que le monde a la notion de la mollesse des jeunes os.Ainsi, si on étudie l’anthropologie, on notera que certaines peuplades s a u v a g e s choisissaient comme chef un adolescent A la tête aplatie comme une promenade.Ce spécimen de l’espèce, dans l'estime de la peuplade, ne manquait jamais d'avoir du génie militaire avancé D’ailleurs, même aujourd'hui, la pla- titude de la tête est loin d'etre un empêchement A une haute carrière militaire.Chez cette peuplade de sauvages, les mères peinaient A écraser la tête de leurs fils.On déposait Tentant dans un berceau trop court et on lui appuyait une planche sur la tète Le pauvre ciboulot en mal de s’arrondir devait forcément épouser la forme de la planche.Ht c’était ainsi que l'on formait les plus terribles guerriers.Cette façon de juger des aptitudes par les bosses et dépressions tie la tête ne manque pas de cadrer avec les données des phré-nologues.Chacun sait que ce clan de psychologues tente de nous trouver la bosse des affaires quand nous croupissons dans 1 indigence, la bosse de l'amour quand quelque Juliette nous a rompu le coeur, et la bosse.des bossus quand nous avons la conviction dt* ressembler A quelque dieu antique.Ce clan n’est d’ailleurs pas sans défaut A la cuirasse.Avec un peu d’imagination, en effet, des parents ambitieux pourraient toujours communiquer A leur progéniture toutes les bosses de bon aloi, tout en leur épargnant les bosses de mal heur.C'est ainsi que l'on fabrique les génies en notre siècle vingtième.Le squelette d'un individu dit ordinairement l’histoire de sa vie.C’est Ce même squelette qui constitue un gage de son identité.En droit criminel, on n'a pu passer outre à ce principe.Outre la photographie et les empreintes digitales, on a souvent soin, en certains corps de police, de conserve!' les mensurations exactes du squelette des criminels.On vous mesure tous les bouts d'os du prisonnier ; on lui fait subir l’épreuve des rayons X pour répérer les déformations internes.Chaque homme, en effet, possède ses os bien A lui, jamais identiques A ceux du voisin et, d’après Carrel, toujours caractéristiques du fonctionnement des endocrines, ou glandes A sécrétions internes.Fort heureusement, les criminels n’ont pas tous, comme ce brave Mouron Bouge, l'art de se contracter et de se détendre A volonté pour devenir successivement le juif ratatiné et le noble anglais.Les cr4mi-nels arrivent assez souvent A se détonner le visage, ou A rendre inintelligibles leurs empreintes digitales, mais, bon gré mal gré.ils doivent toujours compter avec la trahison de leur squelette, manuel de leur propre histo4re.P’tit Doc 7, 2 11 I V f s L'honorable M.Edgar Rochette, Ministre du Travail de la Province de Québec, conformément aux dispositions de l'article 5 de la I.oi de la convention collective (S.R.Q.19tl, chapitre 163).donne avis par les présentes, qu'il a reçu une requête d'extension de la convention collective de travail relative aux employés de la municipalité dont la juridiction territoriale s'étend à la ville de Saint-Jérôme.L'avis de requête d'extension de cette convention a été publié dans la Gazette officielle de Québec du 5 février 1911 de la façon suivante : Conformément aux dispositions de la Loi de la Convention collective tS.RQ 1941.chapitre 163>.avis est par les présentes donné par l’honorable Edgar Rochette.Ministre du Travail, que les parties contractantes ci-après mentionnées lui ont présenté une requête à l'effet de rendre obligatoire la convention collective de travail intervenue entre : D'une part : La Ville de Saint-Jérôme, Et, d’autre part : L'Union fédérale des Employés municipaux, local 119, allillèe au Congrès des Métiers et du Travail du Canada, pour l'employeur et les salariés visés suivant les conditions ci-après : I.Définition : -Le terme "employé", pour lins d'application de la ’ésente convention, comprend tous les employés de la Ville travaillant à Saint-Jérôme, district de Terrebonne, à l'exception des suivants : Le Greffier et le Trésorier de la Ville I-e Diiecteur de police Le Contremaître Tous les employés occupant une position non qualifiée régulière.II.faux de salaires Les taux de salaires suivants seront payés pour les occupations ou métiers ci-après mentionnés : Service îles incendies et de la Police : par année Directeur $2,075.00 Capitaine 1,765.00 Constable-pompier de $1.320 a 1,560.00 Station de pompage de l'aqueduc: par année Préposé au fonctionnement des pompes Aide du mécanicien de machines fixes Garde-magasin Contremaître Commis Homme travaillant au dépotoir Si6 00 par semaine de travail Gardien des parcs et de l'Hôtel de Ville 22.25 par semaine lîureaux : 1.560.00 1.222.00 1.664.00 2.132 00 1.664.00 Grelfier Greffier adjoint Trésorier Trésorler-ad joint Commis Percepteur Premier chef de grouge i devant surveiller les par année $2,235.00 1.872.00 2.390.00 1.975.00 1.610.00 1.610.00 l'heure $0 60 0.58'2 travaux seulement) Chef de groupe (devant travailler avec le proupei Journalier régulier, à qui le boni de vie chère a été accordé l'an dernier, continue de recevoir le même salaire de 0.48',2 Journalier 0.45 ' Chauffeur de la charrue 0.53'•> Machiniste-forgeron 0.70 III—Promotions et déplacements :—a.—Advenant tout cas de vacance dans un département à la suite du décès, du déplacement d'un employé à un autre département.de son congédiement ou provenant de toutes autres causes, les employés du département où s'est produite la vacance doivent, dans tous les cas.avoir la préférence lorsqu’il s'agira de remplir ladite vacance, à moins qu’aucun membre dudit département n'ait les | qualités requises ou les capacités ! nécessaires pour remirlir cette va-i cance à l'avantage de la Ville, à la discrétion du Conseil municipal.ti.—Les mêmes règles régiront les promotions ou déplacements à une situation plus avantageuse, sauf qu'alors la Ville devra tenir compte de l'expérience, de la compétence.des années de service et du caractère général de l'employé.IV.—Congédiement et embauchage :—a.—Nonobstant tout autre disposition contraire, tous les nouveaux employés sont mis a l’essai pour une période de trois mois durant laquelle ils sont considérés comme employés temporaires seulement et aucun droit d'ancienneté ne leur sera reconnu pendant cette période.b.—Après telle période de trois mois d'un travail continu pour la Ville, cet employé pourra être considéré comme employé régulier et profiter des avantages conférés par la présente convention, si le Conseil municipal juge que cet employé a la competence requise pour remplir la charge qu'il occupe, sauf dans les cas d'indigence.c.—Qualifications :—La Ville aura droit d'établir, par résolution, les qualifications nécessaires que devra posséder une personne pour occuper à l’avenir une position régulière.Cette clause ne s’appliquera pas aux employés occupant actuellement telle position.La liste des qualifications requises devra être préparée et déposée DE L'ACIER j pour la Victoire a Commissaire-censeur Administrateur Le ___.Canada jette Jam son effort de guerre tout l'acier de la totalité de scs usines produisant 1 un rendement sans précédent.L'acier — pour les navitcs de guerre qui vont aider le Navire de l'Etat J traverser tous les périls et parvenir au Port de la Victoire - pour les ranks et les voitures blindées, les canons et les torpilles — pour les mille outils nécessaires il la guerre, les machines, les pièces — l'acier coule 1 flots dans les usines, obéissant à la volonté de fer et 1 la force de milliers de Canadiens, eux-mêmes aussi trempés que l'acier ce l.iv.iux serviteurs île leur pays, et combattant ainsi avec nos armées.A ceux-ci et .aux autres ouvriers Je guerre, dans les rangs du travail et de la direction, la Banque de Montréal offre sa collaboration et son concours.A routes les branches de l'industrie essentielles à TciTort de guerre et i leurs employés, la Banque fournit le genre de services linanciers voulu, IA où l'on en a besoin, grâce A des centaines de succursales.PORTEZ HAUT LE FLAMBEAU DE LA LIBERTE BANQUE DE MONTREAL ••BANQUE OUI ACCUEILLE HIEN LES PETITS DEPOSANTS" SERVICE DU BANQUE MODERNE ET EXPERIMENTE.fmt J> ut ¦"'«/» •
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