Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 2 juillet 1869, vendredi 2 juillet 1869
4 13èmc année QUEBEC, VENDREDI 2 JUILLET 1869 Numéro (tourner îm JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.JE CROIS, J’ESPERE ET J’AIME.La langue île lMcii.Noue trouvons dans un livre (1) que nous avons sous les yeux, un chapitre intitulé : Etudes hébraïques.L’auteur y parle des travaux d'un simple prêtre de Rome, fort obscur, très savant et très pieux.4# M.l’abbé Mar te t était, il y a plus de trente ans, un pauvre curé d’une obscure paroisse du diocèse de Langres ; mais il avait, ce qui malheureusement est trop rare dans le clergé français, un goût très prononcé pour la langue hébraïque.Co goût s’augmentant en raison même des progrès rapides qu’il faisait dans cette science, il éprouva bientôt le besoin de s’y livrer tout entier et il obtint par la protection de l’ambassade française une petite place de desservant du couvent de San Claudio des 'Bourguignons à Rome.” Voici comment M.de Warren décrit son entrée dans l’humble cellule de M.l’abbé Martet.44 .Je distingue, àla lueur des trois becs fumeux d’une lampe des catacombes, s est la substance dont il a été tiré ; et le mot dam, qui veut dire sang, a la même origine parce que le liquide qui circule dans le corps humain et qui lui conserve la vie a la couleur do cette mémo substance.” 44 M.l’abbé Martet avait eu d’abord l’idée, que beaucoup d’autres avaient eue avant lui, de chercher cette signification mystérieuse des mots ; il espérait tire ainsi de la langue hébraïque une vaste table archéologique, qui lui donnerait l’explication et l'origine de toutes choses.C’était une manière indirecte d’arriver à la poses-don de la science universelle.— quo Dieu s’est réservée pour lui seul : et, par conséquent, cette recherche ne pouvait aboutir.44 Pendant qu’il poursuivait cette recherche infructueuse, M.l’abbé Martet fut de plus en plus frappé de l’importance exceptionnelle des chifires dans l’organisme de la langue hébraïque, et de l’étrange combinaison par laquelle il se fait que chaque lettre est un chiffre et chaque mot une somme.” Quelques paroles des saintes Ecritures ., * «i qui a l'intelligence comp ce tableau, ou nous ne sommes que deux \ ,* personnes, je vois une vraioccllulo d ami- numero ci n,hrc cüxposuhü, dit la choretc avec nu miserable grabat, deux g | Vous avez tout disposé avec ou trois tab es des plus modestes cou ver- ^ » 4 „ * • » ' , ., 1 .mesure, avec nombre et avec pouls.tes de livres et de manuscrits, et .pu Qn ’ bit ll01IS ui puissions jcrvent a la lois de bureau ct de biblio- ontrof îci àilu8 jJ, détail des recherches 7*1 , it .que lit le savant abbé.Indiquons scti- 44 .I periLUCL.sa rançon—pour coin- vel instrument, elle avait répondu avec agnificencc—son esprit une netteté, une précision, un apropos foudroyant.44 Le fait est qu’elle répondait en même temps à un autre question qu’on ne lui avait pas encore posée.Car, des deux équations 79 JJeusot 79 - IHlius, résulte cette troisième équation, Ecus EU!us : cY.s‘-a-diro l’aflirmation de la parfaite égalité entre le père et le üIh.4* On comprend que la curiosité du linguiste et du théologien ne lui permit pas de s’arrêter en si beau chemin ; ct, plus questionneur que jamais, il voulut savoir ce que pourrait donner la valeur absolue de ccs 79 chiffres (le zéro n’ayant pas de valeur).u Cette valeur était représentée par le nombre 305.Nouvel étonnement ! La traduction hébraïque de ce nombre 305, en le considérant toujours comme nombre complexe, signifie ah aeterno.Et, s’il avait pu encore conserver quelque doute, la juxtaposition do ces trois sommes (sans sortir des étroites limites de l’alphabet), 79, 100, 305, lui donnait littéralement iiilius J)ci (ou J)eus) cib acier no.C’était la réponse a cette autre question : Le Fils est-il éternel ?” KRNEST SCIÎXA (TER.{La Jin au prochain numéro.) Louis Yeuillot ci le 1t.I*.‘.Hyacinthe.(de f Univers du 7 juin.) Due lettre do Rome, publiée par la Gazette du Midi, raconte avec détail l’audience que le Saint-Père a donnée au P.Hyacinthe.Nous reproduisons intégralement cette lettre, en raccompagnant de quelques éclaircissements : “ Le célèbre orateur avait été mandé par le Saint-Père, par l’intermédiaire du général des Carmes, pour donner des explications sur l’une de scs conférences, dont le sens avait été inexactement répété à Sa Sainteté.Samedi dernier il reçut l’ordre de se présenter au Vatican, où il fut accueilli avec la plus ehando cordialité par Mgr.(le Mérode, son noble et digne ami, et par d’autres personnages de distinction.Introduit en présence de Pie IX, le Pore Hyacinthe s agenouilla, croisa les mains sur la poitrine et attendit, dans cetfe attitude humble et respectueuse, que le Souverain Pontife l’eût interrogé.Le Pape, apres s'ètre tu quelques instants, interrompit le profond silence qui régnait dans le cabinet.44 —Comment, demanda-t-il au Père Hyacinthe, vous, le grand orateur, vous ne trouvez rien à me dire ?4% —Très Saint-Père, répondit le religieux, j’ai été cité h comparaître devant votre Sainteté, et j’attends que la voix de Pierre, mon juge snpiômcen ce monde, encourage ma justification.“—Ah ! oui, oui, lit le Pape, il s’agit bien de certains souvenirs que vous avez évoqués dans une de vos conférences, de la mention que vous y avez faite d’une lettre que j’écrivis on 1 SIS, à l’empereur d’Autriche, pour l’engagera abandonner la Lombardie et la Vénétie aux Italiens.“ —Si monseigneur N ., repartit le P.Hyacinthe sans s** troubler, s’cet empressé d’informer Votre Sainteté que lut,— le prix de muniquer avec magnificence—son espr —à ses cnfatit6—par sa miséricorde.— Dieu—a disposé avec intelligence—en faveur de plusieurs—le sacrifice—parmi les enfants—du conseil.—Le roi —donnera—son pain—en sa présence—toute grâce—excellente—lui-môme demeurant— au millieu des splendeurs—sur l'autel — icvètu de sa gloire—étant glorifié—dans le sein du grand—Soigneur Jehova.Selon M.l’abbé Martet, “ il est évident que tout ce discours se trouve placé dans la bouche des saints anges, et qu’ils s’expriment ainsi dans l’intention de s’adresser aux hommes pour les instruire parfaitement de leur sublime vocation â la gloire céleste, y compris la résurrection et la glorification de la chair, ils déclarent avec complaisance que cc séjour en Dieu est la mag o demeure de la division de notre Père, qui a racheté l’armée des juifs par une grâce excellente pour la lumière de l’éternité.En entendant ce nom de juifs, comprenons qu'il ne s'agit point des juifs charnels: Qui dicunt se judeos esse et non s uni ; sed men liant ur.Le nom de juifs rappelé â la dignité, signifia les vrais adorateurs qui adorent en esprit et en vérité.” ^ Mais cette merveilleuse traduction n’a été pour ainsi dire que le commencement du grand travail qu’a accompli M.l’abbé Martet.La traduction inverse a été surtout féconde en résultats extraordinaires.44 La langue hébraïque étant une des œuvres de la création, devait avoir aussi nombre, mesure et poids.Or, la science des hébraïsants ne connaissait encore que le nombre; ct qn’est-ce que pouvaient être la mesure et le poids d’une langue?Ce ne pouvait être que d'autres valeurs numériques attachées, comme celle du nombre, â chaque mot, à chaque lettre de la langue.” U s'agissait do les découvrir.M.l’abbé Muriel les a trouvées assez facilement.44 L'alphabet hébreu se compose de vingt-deux lettres.44 Le nombre do chaque lettre est lo chiffre qu’elle représente quand on écrit no nombre en lettres comme dans les chiffrés romains (2).44 La mesure est le chiffre qui indique le rang qu’occupe la lettre dans l'alphabet : c'est la suite continue des nombres depuis 1 jusqu’il 22.44 Le poids est donné en supposant l’alphabet comme un levier suspendu par son milieu, et en considérant chaque lettre également distant c du centre, comme ayant le même poids.Par suite, les chiffres représentant ces poids, font de J â 11, et do 1 L â 1 : ainsi, la première et la dernière lettre valent chacune 1 ; la seconde et la vingî-et-unième valent 2; et ainsi de suite, la onzième ct la douzième valant chacune 11.Avant de passer à l'application du 1 divine, celle qu’Adam parla dans le Pa radis terrestre, celle qu’employa le Seigneur lui-même quand il parla au premier couple sorti de ses mains.44 A l’appui de son opinion, la ^raison que donno M.Martet est que l’hébreu n’est pas seulement une langue dans le sens qu’on attache û ce mot, mais un pern Dès les trois premiers chiffres, 31*1, il trouva pour premier mot hébreu 311, «pii veut dire Ormiipolcns, le Tout-Puissant ! .Il continua cette merveilleuse traduction jusqu’à la 153e décimale, remplaçant chaque chiffre par la lettre hébraï- quTl ne s agissait pins q Voici d’abord la valeur dopartagée on OS groupes do chiffres consécutifs : «314:, 15, 92,05.35S, 97, 93,233, 71 directe et créatrice de Dieu.44 Observons tout de suite quo cette preuve n’est pas absolument concluante.11 se peut que la langue adamiquo ait été oubliée â Babel, ct que Dieu ait alors I 40, 20, 43, 3S, 32, 79, 502, SS, 4L,9, 71, donné â celui qui devait être le père de l G9, 39, 93, 75, 10, 58, 209, 74, 94,45, 92, tou peuple une langue parfaite, digne de 30, 7S, 10, 40, 02, SO, 20S, 99, SO, 2S0, chanter sa gloire ct d’annoncer, dans la 34S, 253, 421, 17, 07, 98, 214, 80, 80, bouches dos prophètes, les merveilles 513, 282, 300, 04, 70,93, 84,400, 95, 50, de sa bonté et de son amour.5S, 22, 317, 253, 59, 40, 81, 23, 48.« Quoi qu’il eu soit, l’I.él.rou, comn.o ]loinpiaçoU8 dans ccs soixante-huit nous 1 avons dit, est un calcul aussi bien 1 1 - .- - - qu’il no langue.44 Les mots hébreux ont deux sens, que l’on commit depuis un temps immémorial : le sens littéral ct le 60ns numérique ; ce >rocédé généralement uniforme qu’emploie M.l’abbé Martel, pour tirer décos trois valeurs la pensée cachée sous la mystérieuse apparence de la lettre, je ne puis m’empèeher de citer avec M.de Warren, le très curieux résultat qu’on obtient en examinant l’alphabet lui-même.M.Martet écrivit les 22 lettres de l’alphabet sur mie même ligne horizontale.Il écrivit de même, sur trois lignes horizontales, les chiffres qui représentent les trois dimensions de chaque lettre, dans l’ordre suivant : nombre, mesure ct poids.Il obtint de la sorte 22 colonnes verticales, se composant chacune d’une lettre de l’alphabet et de scs trois valeurs, disposées verticalement l’une au-dessous de l'autre.44 Dès qu'il eut formé ce tableau, il eut la curiosité de savoir combien Jl renfermait de chiffres, et il trouva qu’il y en avait précisément cent, dont vingt cl un.zéros ct soicantc-dix neuf chiffres significatifs.“ Cl nombre 79 fixant d’abord son attention, il chercha ce qu’il pouvait signifier.11 reconnut que c'était la valeur complexe du mot hébreu qui veut dire lefts.Effectivement, les trois valeurs simples de ce mot hébreu étant pour le nombre 52, pour la mesure 10, pour le poids 11 : 52j* 10 (11 79.Mais d’une part, il exprimait le nombre des chiffres effectifs représentant sous leurs trois dimensions les 22 lettres de l'alphabet.11 s’ensuivait donc que la langue hébraïque dans sa synthèse s identifiait avec le fils, bilius est verbum.44 Ceci n’était-il qu’une simple coïncidence, ou bien fallait-il y voir un sens ?44 Pour s'en assurer, il chercha ce que voulait dire lo nombre 100 qui représentait précisément les 79 chiffres efFeCiits et les 2L zéros qui \\ avaient aucune valeur, ct, û son profond étonnement, il trouva le nom de Jéhovn.Il s'ensuivait depuis tenté d’accomplir.La relation publiée par la Gazette du Midi ne laisse nullement soupçonner cet état de la question.Il semble que le P.Hyacinthe, dénoncé en l’air par Mgr N.â l’occasion du quelque écart politique dans un discours mal compris, n'a eu qu’a venger son innocence, et s’eu est tiré en disant des vérités qu’on n’avait pas coutume d’entendre au Vatican :44 Le 4* célèbre Carmo parla tiès au long a.i 44 Pape de sa conférence ; puis il ajouta 44 av v une franchise qui temp it d’éton-44 nemml Pic IX : Il est certain que 44 dans la glorieuse lrstoire du Pontiff* 44 cat de Votre Sainteté, il est des pages 44 quo je cherche vainement à concilier.44 Le P.Hyacinthe continua longtemps 44 ce ton.” Cette rédaction nous semble peu convenable, et ne peut être excusée que par la hâte et l'ignorance du correspondant.Si cependant le P.Hyacinthe a continué longtemps sur ce ton, l’on s’explique parfaitement l’étonnement do Pie iX.11 a du s’émerveiller qu’un si grand orateur connût si peu le fond dos choses dont il l’entretenait, et fût encore â comprendre que le Pape avait donné à l’empereur d’Autriche le conseil le plus prévoyant que ce prince pût recevoir.En effet, et les événements l’ont assez démontré : le conseil du Pape aurait sauvé l'Autriche et l'Italie, il eut préservé la vie d’une quantité d’hommes, et probablement aussi la raison do beaucoup d’autres qui ne peuvent plus concilier ce qui so concilie pourtant très bien.Nous nous représentons d'ici le Saint-Père, écoutant la longue remontrance du bun P.Hyacinthe, et lui disant bénignement, pour'conclnre :—Allez, et ne pêchez plus.Mais, c’est ce que le correspondant de la Gazette du Midi n’a pas suffisamment démêlé, et ne fait pas suffisamment voir.Louis Vhuillot.lur pense—de la chair—dans lo sein ( sons, absolument mystérieux, que 1 on Ldans \a do.oure-um-uiiiquc-" “ ^couvert un occukntclloment pour vigion_dü nütrü Pèro_qm a ru groupes, chaque chiffre par la lettre qui le représente en hébreu ; nous aurons autant de mots hébrenx, dont voici la traduction littérale : Le Tout-Puissant— , ., ., , Seigneur et lo Dieu—Dominateur—le dernier provenant do ce qu e., l^cu, ChHBt_CrÔ!iteur_ do l’armée—do ses comme eu latin et en grec, chaque lettre ch6nd)ins !o Grand—Dieu—Jel.ovn— .- .ropreaente un chiffre ou un nombre.^ révéla—la gloire—(qui sera) la recoin- ! donc que ccs 79 chiffres effectifs étaient 4 Mais ils ont, de plus, un troisième | pCnse—de la chair—dans le sein de Dieu, les mêmes ct s’iderftifiaiont avec Dieu ‘ ‘ guifiquo—do la .r 11 ¦ T ’ I « iDitm-ut> iiuiiv; a.v.10 QUI a l'acllCtC*—™ m, certain nombre d entre eux, plus par- j, dcs juifs_,)nr lu|c yràco-suré- t.entièrement l>o«r 'CB no!11?P^P108- mincntc-pour la lumièro-dc l’éternité.Ams.le nom Adam du premier homme _yotro jfed0mptci,r—ho.nmo-et Dieu v.cnt évidemment du mot hobreu a,lama, _a yu_la 8 ‘ c i„i qili ECul opère________ qm veut dire terre rouge, parco quo e ° | ia redemption—pour la gloire—de Dieu.l.os premiètvs i.:nvn r.pivsi nt.nt lu suite — I—O’eSt par lo Verbe—que Dieu—a ra-• s verrions de graves objections â lui proposer.Nous croyons que la forme même de cet enseignement nous y autoriserait assez.Conférence, fiippose un entretien oit l’audiuMir u-t en même temps interlocuteur et peut librement interroger sur ce qui lui parait médiocrement fondé.Au point de vue po itiqnc, les objections surgissent dans notre esprit plus nombreuses encore, ct quelquefois tout à fait radicale;.Or, ici la controverse est de droit naturel.Il s’agit de notre chose, et le 1*.tiy «cintho ne saurait ê*te assez 44 libéral ” pour nous cuir ester Je droit de contestation.D'ail.eurs, qu’il nous l’accorde ou nous le refuse, cela revient tout juste an même, et enfin nous n'avons pas bc.-oin de permission.Néanmoins, il ik ns est agréable de lui dire qu’avant d’user du droit, nous regardons â deux fois, et nous voulons que la conte tation nous par.iis-e nécessaire.U11 homme qui s’enferme dans une cellule, qui porte un habit d.ir, qui marche pieds nus, qui mène line vio mortifiée, qui est prêtre, religieux, qui a des supérieure, qui étudie, qui prie, qui fait tous ces sacrifices, qui embrasse toutes ces rigueurs, qui s’impose tout co travail pour sc rendre plus digne devant Dieu de coopérer au salut de ses frères, cet homme n’est pas a nos yeux, tant s’en faut ! un homme comme un autre.Jo crois et je sais qu’il fait cola aussi pour moi ; je sais et je crois que son désir du bien général est phis ardent que le mien ; qu’il a obtenu de sa volonté une immolation personnelle et un abandon de sa vio auxquels je n’ai pas su si généreusement me plier, et qn’entin j’ai dans son cœur ma part du bien qu’il veut luire à toute la famille du Christ.J’ai donc pour cet homme personnellement beaucoup do respect, et je suis ouclin à beaucoup de déférence pour ce qu’il dit.Mais enfin cet homme est faillible, ct devant lui je gardo le droit de ma raison et celui do ma liberté ; jo garde surtout le droit sacré de mon obéissance envers des choses plus liantes que lui, ot jonc le crois pas là où jo peux penser qu’il m’est ordonné de ne pas croire mémo un ange.Nous avons donc contesté quelquefois 10 P.Hyacinthe, suivant notre droit, lù où lions avons jugé qu’il y avait lieu et nécessité de lo contester.Assurément 11 admet qn’on peut ne pas interpréter comme lui les événements de la politi-contemporaine, ct les actes du Pape qui ont rapport à ces événements ; et s’il ne l’admet pas, il a tort, ct il sera seul do 4 961 LE COURRIER DU CANADA.eon avis.Comment ! il conteste le Pape, et ne voudrait pas être conteste ?C’est assez de ) oser cette observation pour qu’il se rende, et nouse ne voulons pas pousser plus loin les avantages qu’il nous fait contre lui sur un point ou il s’est montre trop délicat.Nous le prions de relire seulement la narration de la Gazette du Midi, de relire aussi \c8 observations que nous y avons ajoutées, et et de prononcer lui-même si nous pouvions laisser accréditer les inexactitudes qu’il y avoue, ou tolérer les inconvenances qu’il ne peut manquer d’y reconnaître après un peu de réflexion.Cela dit, nous laissons ce pénible sujet, persuadé que le P.Hayaeiuthe cessera bientôt de se méprendre et de voir quoi que ce 6oit qui le puisse blesser dans les sentiments que nous avons pour lui.Louis Vkuillot.SOMMAIRE DIS LA PREMIERE PAGE La langue de Dieu.(«J continuer.) Louis Vcuillot et le R.P.Hyacinthe.CANADA: QUEBEC, 2 JUILLET 1869.Nous attirons d'une manière toute particulière l’attention de ceux de nos lecteurs qui ont le goût de la science de rhistoire et des langues sur le remarquable écrit que nous reproduisons aujourd'hui sur notre première page, sous le titre de : “ La Langue de Dieu.O Cet écrit est l’analyse très-détaillée d’un livre tout dernièrement publié et dont l'apparition a fait sensation dans le inonde des savants.11 y a des gens, très honorables d’ailleurs, lesquels, plus pressés qu’il no faut de passer à la postérité, n’ont pas la patience d’attendre les trains ordinaires et ne se font pas faute de commander des trains express, qui vont très vite, mais qui, à raison même de leur rapidité, ne sont pas toujours sûrs.M.Langton, auditeur des comptes do la confédération, occupe une place distinguée clans cette classe d’imprudents ; son train express s’appelle, pour le moment : Diverses statistiques du Canada, pour l'année 1SG7.Pour laisser de côté le langage figuré, M.Langton a donné successivement le jour à deux brochures hérissées de chiffres et revêtues du passe-port officiel : “ imprimé par ordre de la Chambre des Communes”.La première contient les statistiques municipales de la province d’Ontario pour l’année 1807 ; la seconde, les statistiques municipales de in pro* vince de Québec et partie de celles du Nouveau-Brunswick pour l’année 1807.Qu'il v ait du travail et des recherches dans ces deux documents ; nous l'admettons ; mais c’est là tout le mérite de M.Langton, et encore ce mérite perd-il considérablement de son importance si l’on considère : lo Qu'il n’y a qu’un sou! bureau de statistiques reconnu par la loi.et que M.Langton a, par conséquent, planté sa tente sur mi terrain qui ne lui appartient pas ; 2o Que les statistiques recueillies et publiées par M.Langton fourmillent d'iuexactitu des.M.Langton a peut-être été poussé à cet empiètement par des gens pressés comme lui, qui ne peuvent pardonner au bureau des statistiques ce qu'ils appellent ses lenteurs et qui lui reprochent de ne pas donner de statistiques actuelles.Cette justification ne vaut rien pour 31.Langton qui a assez l’habitude dos chiffres pour savoir que, pour asseoir sur une base solide et réelle la statistique rétrospective et actuelle du pays, le Bureau des statistiques est tenu do faire de longs et minutieux travaux préparatoires et un examen sérieux des diverses sources où il doit puiser.Ce n’est qu’à cette condition (pic nous arriverons à avoir des statistiques exactes.Et une preuve que ces travaux préliminaires sont indispensables, c’est que M.Langton a fait un fiasco, pour ne pas avoir commencé par là.D’ailleurs,—et cet argument est aussi péremptoire que les deux autres que nous venons de donner—M.Langton a des devoirs et des devoirs considérables à remplir comme auditeur des comptes.Cette besogne ardue demande tout son temps, et nous no voyons pas trop quel profit lo gouvernement et le pays pourraient retirer des services d’un employé qui négligerait 6es fonctions pour so livrer à des travaux en dehors de sc3 attributions, quelque utiles et quelque parfaits que fussent ces travaux.Une petite esclandre qui vient d’avoir pour théâtre un département public arrive à propos pour confirmer notre dire.Un employé du bureau du recoveur-gé-noral, M.Reiffcinstein, a été arrêté ces jours derniers, à Outaouais, sous l’incul- pation de détournements de fonds.C’est un étranger au département qui a découvert la défalcation, qui se monte, dit-on, au chiffre joliment rond de §50,000 à 60,000.Il lie doit pas y avoir d’impertinence à 6C demander 6i ce détournement de fonds, qui remonte déjà à plusieurs années, n’aurait pas pu être découvert plus-tôt si l’auditeur se fut un peu plus oceup-pé des livres décomptes des départements qu’il a mission de contrôler, et eut fait un peu moins cle mauvaises statistiques tout exprès pour faire pièce au bureau des statistiques.— L’anniversaire de la Confédération n'a pas été célébré hier à Québec avec l’entrain accoutumé.La plupart des magasins étaient ouverts et les gens va- o n quaient à leurs affaires comme si de rien n'était.Une seule chose a mis en mémoire aux oublieux des dates ce glorieux anniversaire : c’est la salve tirée de la terrasse du Château St.Louis, à midi.IMnei* au (>oiivcriieKir-Câéiiéral.Un comité général, composé des Messieurs suivants, s’est formé pour organiser un dîner à Son Excellence le Gouverneur-Général à l’occasion de sa première et prochaine visite à Québec : Heury Fry, président du Bureau de Commerce ; P.Gnrucau, Vice-président, do do; J.Malouiu, Bâtonnier du ba rcau de Québec; J.G.Boss, Hou.I.Thibaudeau, llou.Thos.McGreovy, M.IL, Ed.Burstall, Bobt.Ilauii-ton, II.Stanley Smith, Hon.David Price, W.II.Jeffery, E.Cliinic, K.11.Smith, 11.Dobell, John Gilmour, Cirico Têtu, N.11.Bowen, il.G.Joly, Esq, 31.P., C.K.Coker, Joseph Roberts, T.II- Duun.Andrew Thompson, Benson Bennett, 31.G.3Iountain, A.Fraser, T.A.Grant, II.W.Welch, H.S.Scott, A.Joseph, Ovide Le Due.—- Commission du service civil.Il est rumeur, et cette rumeur parait assez fondée, que le rapport des commissaires du service civil ne sera pas adopté.D’après la rumeur^le gouvernement enjoindrait â chaque chef de département de faire un rapport.Ces rapports devront être prêts au retour des ministres à la capitale fédérale.9 Il est un peu tard—mais, enfin, mieux vaut tard que jamais—de dire que la St.Jean-Baptiste a été chômée à Ou-ta-mais avec une pompe extraordinaire.La tête a été couronnée par une soirée pendant laquelle plusieurs personnages distingués, entre aurres Sir George Etienne Cartier et Thon.M.Jlowe, ont pris la parole.Sir George a terminé son discours par ces paroles significatives, qui contredisent, par anticipation, une rumeur toute fraîche portant que l’éminent chef du parti conservateur bas-canadien allait sous peu se retirer de la politique : “ Pendant tout le cours de ma carriole 4 " ' uo, je n’ai jamais abandonné un collègue.” Le discours qu’a prononcé M.Howe a son importance, en ce sens que nous y trouvons un hommage à notre nationalité.L’illustre orateur néo-écossais a terminé son discours par ces paroles significatives : “ Je suis convaincu quo personne ne me reprochera de dire que je suisdeseendant d’un anglo-saxon, que je suis fier de mon origine et fier de mon pays.En même temps, je suis fier de voir les Canadiens-Français, ces descendants des Normands, de Charlemagne et d’autres grands hommes qui ont figuré dans tout ce qui est grand dans les sciences, les arts, la guerre et la paix, chérir le culte de leur mère-patrie, et donner de cet amour la preuve que j’ai sous les yeux.” la seconde passion des peintres • • • • • Nous avons dit un mot, il y a quelque temps, du beau tableau fait par M.Antoine Plamondon pour le Bon Pasteur.Nous croyons savoir que M.Plamondon travaille actuellement à deux autres grands tableaux destinés au chœur de l'Eglise St.Jean, déjà orné de plusieurs belles toiles ducs à son pinceau.M.Plamondon nous a envoyé, à propos de ses travaux artistiques, cette rectification que nous nous faisons un devoir d’enregistrer : 11 Dans un article sur votre excellente feuille, où vous voulez bien me complimenter sur le tableau que j’ai eu le plaisir de faire pour les bonnes religieuses du Bon Pasteur, vous paraissez croire qu’il n’y a que l’horticulture est mon occupation principale et que je ne consacre que mes loisirs à la peinture.Non, monsieur, tout mon temps est employé à la peinture, pareeque c’est mon seul moyen d’existence et surtout parce que c’est un bonheur pour chercher à faire de mieux en mieux.J’ai, à la vérité, planté bien des arbres fruitiers et des vignes, mais le bon Dieu seul on prend soin.Mon pinceau commence à se promener sur la toile dés cinq heures du matin pour no se reposer qu’à sept heures du soir; alors mes doigts tremblants se promènent sur un clavier—la musique est Ursiiliiieade Québec.La distribution solennelle des prix aux élèves du Monastère des Dames Ursulinos de Québec, a eu lieu hier après-midi au milieu d’un concoure considérable d'amis de l’institution.Nous rendrons compte de cette fête de famille sur notre prochain numéro.Kcole \ormale-I.ilval Mercredi dernier a eu lieu la distribution des prix aux élèves de l’Ecole Normale-Laval.L'aiilncnce des spectateurs était telle, quo la salle s’est trouvée insuffisante et que bon nombre d'invités n’ont pu y trouver place.Parmi les personnes présentes à cette séance publique, on remarquait M.le Grand Vicaire Cazeau, de l’Archevêché, le Gr.V.Thibault, MM.le R.P.Larcher, Anchor, Lemieux, Beaudet, Roussel, Bégin, Drolet, Fréchette, Gosse’in, Bolduc, Lagacé, Lepage, Gagnon ; L'Iion.M.Chauveau, M.le consul de France, M.le consul d’Espagne, M.le Dr.Landry.31.Dr.le Baillargcon, Lt.-Col.Casault et sa dame, M.le Dr.Meilleur, M.Pierre Garnean, .Mesdames Duval, Chauveau, Tessier, Lamliy, Baillargcon, Renaud etc.Cette séance a été agréablement variée par cle jolis morceaux de musique vocale, accompagnés du piano et, «le i’h:irm«>-nintu, et par de remarquables compositions littéraires très-bien déclamées par des élèves.MM.P.Plamondon et Gauvrcau, amateurs, et M.J.B.Savard, élève de l’école, ont chanté avec beaucoup d’effet lo 7rio du Barbier de Séville.Dans Figaro, M.Plamondon a déployé un taleut vocal de premier ordre.Comme toujours, 3f.Mercier a su charmer l’auditoire.Sa chanson du Docteur Grégoire a fait fureur.Mlle.Lee, que lo public aime toujours à entendre, a chanté avec goût plusieurs jolis solos.Voici le programme de cette soirée : Prière d«- Christophe Colomb.F.David.Distribution «les prix aux élèves «le la ‘Je division.Ah ! mon tils ! Solo «lu Prophète ’’.Mkykhiikek.Le Savetier et le Financier (table «it‘« lame* ).I.J,.Savard.Distribution «!
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