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Titre :
Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens
Publié à Québec, ce journal d'information d'allégeance catholique et ultramontaine appuie les partis politiques conservateurs. [...]

Le Courrier du Canada est lancé à Québec le 2 février 1857 par Hector Langevin et Joseph-Charles Taché. La fondation du quotidien précurseur de la presse d'information catholique au Canada est subventionnée par l'archevêché de Québec. Le journal reçoit rapidement l'assentiment d'une grande partie du clergé de Québec dont la faveur était passée du Canadien au Journal de Québec.

Journal d'information locale, nationale et internationale, Le Courrier du Canada accorde une plus grande importance aux questions canadiennes, particulièrement à la défense du catholicisme et à l'épanouissement de la langue française en Amérique. La publication relaie les nouvelles de l'église romaine et appuie la papauté face à la montée de la question de l'unité italienne.

Le Courrier du Canada rejette la publicité pour des divertissements impies en échange de l'exclusivité des nouvelles émanant de l'évêché de Québec. Il milite pour le maintien des valeurs catholiques traditionnelles et le provincialisme, tandis qu'il s'oppose à la démocratie, au socialisme et à l'athéisme.

Hector Langevin quitte la rédaction du journal après seulement quelques mois pour se consacrer à la vie politique. Joseph-Charles Taché en devient alors le principal rédacteur. Conservateur opposé aux libéraux radicaux, il publie sous forme d'articles, du 7 juillet au 23 octobre 1857, un plaidoyer remarqué en faveur d'une confédération canadienne. Il quitte son poste en 1859 pour se consacrer à une carrière de fonctionnaire et d'auteur.

Auguste-Eugène Aubry, juriste français venu enseigner le droit romain à la nouvelle Université Laval, prend la relève à l'automne de 1859. Critiqué pour sa hargne à l'égard des anglophones et de la classe politique en général, il quittera ses fonctions au journal en 1863 et, après avoir repris l'enseignement, retournera en France en 1865, victime par association de la crise gaumiste, lutte opposant les fondamentalistes chrétiens aux partisans « libéraux » de l'enseignement des auteurs classiques.

Eugène Renault, qui écrivait déjà au journal, prend la relève de la rédaction de 1863 à 1873. Au nombre des collaborateurs présents durant ces années, on compte le musicologue Ernest Gagnon et Adolphe-Basile Routhier, homme de loi et auteur, notamment de l'Ô Canada. Guillaume Amyot (1873 à 1875) et Roch-Pamphile Vallée (1875-1880), tous deux politiciens conservateurs, se succèdent ensuite à la rédaction du journal. Homme aux mille talents et intérêts, Narcisse-Eutrope Dionne leur succède de 1880 à 1884 alors que le politicien conservateur Thomas Chapais tient la barre de 1884 à 1901.

Bien que basé à Québec, le journal est distribué dans toutes les régions du centre et de l'est du Québec et même au-delà, où il trouve des collaborateurs et des lecteurs en premier lieu parmi le clergé.

Le Courrier du Canada déclare des tirages de 1900 exemplaires en 1869 et 1500 exemplaires en 1898. Le journal s'éteint en 1901 faute de s'être adapté aux tendances émergentes en matière d'illustrations et de nouvelles à sensation.

BARNARD, Julienne, Mémoire Chapais, t. 2, 1961, Montréal, Fides, p.149-153.

« 25e anniversaire », Le Courrier du Canada, 1er février 1882, p. 1-6.

LAVOIE, Elzéar, « Les crises au Courrier du Canada : affaires et rédaction », dans Nive Voisine (dir.) Les ultramontains canadiens-français, 1985, Montréal, Boréal Express, p.143-159.

LAVOIE, Elzéar, « La clientèle du Courrier du Canada », Culture, vol. 30, no 4, déc. 1969, p. 299-309; vol. 31, no 1, mars 1970, p. 40-57.

SYLVAIN, Philippe, « Les débuts du Courrier du Canada et les progrès de l'ultramontanisme canadien-français », Les Cahiers des Dix, no 32, 1967, p. 255-278.

SYLVAIN, Philippe, « Auguste-Eugène Aubry [1819-1899] », Les Cahiers des Dix, no 35, 1970, p. 191-225.

Éditeur :
  • Québec,1857-1901
Contenu spécifique :
mercredi 28 mars 1883
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
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Références

Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 1883-03-28, Collections de BAnQ.

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fèleuie Année No 241-Edition quotidienne-Oenie Année mercredi 28 mars 1^83 îm ffianak JOURNAL DES INTERETS CANADIENS TK CJR&m.TjCSP^TEtK ET J’AIME Or iV.E.PIONNE, Rédacteur en Chef LÉGER R ROUSSE A U% Editeur Propriétaire FRANCE UNK OUKIUtE STUPIDE M.l’évêque d’Angoulême, au lieu d’informer M.le ministre des cultes, devait demander une permission, et, comme il ne l’a pas fait, le gouvernement l’a rais en pénitence en lui supprimant un mois de traitement.‘1 Cette question des traitements M.do Mnaeade, dans la Revue ctesl ecclésiastiques s’est élevée, il y a Peux Mondes, apprécie comme suit quelque temps, à propos de quelques id guerre imbécile, la persécution desservants privés de leurs modestes odieuse et brutale dirigée par le gou- émoluments, et il était déjà fort dou-vernement républicain contre l’fepis- J leur qu’un ministre eut ce droit d’a-oopat français : ' monde discrétionnaire.Qu’estce * i donc pour des dignitaires de l’Eglise?•• Le Saint-Siège, ou plutôt la Cou- Dans quel article du concordat, ou régation de l’index, a cru devoir des lois organiques, ou de toute autre récemment condamner un certain I loi, le gouvernement a-t-il « o droit nombre de ces manuels d instruction , exorbitant de suspendre, de son autocivique qui courent aujourd hui le ( rifé propre, le traitement d’un rvê-monde, qui vont s’imposer aux insti j qU0 ?tuteurs, et qui, il faut l’avouer, Ai “S’il peut procéder ainsi à l’égard part ce qu’en peut dire l’Index, ont j des chefs de l’Eglise pourquoi ne se l’inconvénient de répandre sous une; croirait il pas le droit de procéder de forme presque obligatoire une ins- Ja même façon A l’égard des magis-iruction tort équivoque.trats et des autres fonctionnaires ?“ La plupart des évêques se sont Qu’on y réfléchisse bien : il ne s’agit fait naturellement les échos des juge- • pas de mettre en doute les droits de merits de Rome, non par des mande- ]a société civile, l’autorité du Concor-ments, mais dans des mandements, * Jat ; il s’agit de ne pas appliquer le mais dans des lettres qu’ils ont écri- Concordat dans une pensée évidente tes à leur clergé.Là-dessus, la di- d’hostilité ou de tracasserie, de ne rection des cultes prend leu, et (die pas s’en servir sans cesse comme ou défère les évêques au Conseil d’Etat, 8’est servi de la loi de 1834 sur l’état sous prétexte que l’article 1er des lois des oflicicrs, d’etre on un mot un organiques annexées au concordat gouvernement sérieux, non un pou-interdit la publication des bulles, voir de parti et de secte.” rescrits, encycliques, etc., sans l’autorisation du gouvernement; mais, ~~~ " " on vérité, il faudrait un peu réfléchir avant de se faire, au nom de la République, les imiteurs si zélés des procédés impériaux.IMiiriililO tics mondes habita 111 Le 1\ Secclii, l’illustre et si regretté des autres mondes sont-ils semblables à nous V on peut répondre, avec M.l’abbé Pioger : S'il y a, dans les planètes, soit de notre système, soit des millions d’autres systèmes qui peuplent l’espace, des êtres A la fois corps et âme, comme nous, il est tout A fait certain que leur organism* doit différer du notre, et que Dieu a du l’accommoder au milieu dans lequel ils sont appelés A vivre.D’un autre côté,—est-il besoin do le dire ?—il est évident que ces habitants des autres mondes ne sont pas des enfants d’Adam, et nous ne comprenons même pas comment on a pu soulever ici une difficulté religieuse en supposant que, comme l’homme, ils ont péché et ont eu besoin de rédemption.D’ailleurs, même en cas de chute originelle, pourquoi n’auraiont-ils pu être rachetés comme nous V Le P.Monsabré a éloquemment développé ce point dans une de ses conférences de Notre-Dame.“ La rédemption, dit-i), est large comme l’humanité.Je ne dis pas assez, messieurs ; l’Eglise m’invite à étendre encore ces vastes proportions en me faisant suivre le cours du fleuve de sang jusque dans la mystérieuse immensité qui m’enveloppe.Ce ileuve, dit-elle, a purifié la terre, les astres, l’univers entier.” Ces inondes lumineux dont les mouvements harmonieux s'enchaînent l’un A l’autre sous l’inlluence d’une même loi, la science, A l’aide ; (le ses puissants instruments, a découvert leur unité d’éléments et de structure, et, sans se prononcer, elle A l’auteur de la Pluralité des mondes I pères ont si bien combattu! I, En in, M.Vindthorst apprend a habités, M.O.Flammarion, que l’In-l “ Nous respectons certes les opi- a Chambre que les journaux du carnation et la Redemption ne sont nions de M.le recteur do Saint-Mar- PayH f d empire (Alsace-Lorraine) nullement un obstacle A l’existence I tin (Tunique pasteur que les conspi- ont dénoncé le fait au public et l'ont d’autres mondes, d'autres soleils, ratours aient réussi à entraîner), que flétri.d’autres planètes, etc, etc.” Après | tous ceux qui le connaissent savent | Le ministre a déclaré qu’il ferait d’orthodoxie quo le P.Félix ou les congrégations romaines.Emmanuel Cobquix Les Jouîtes à .ïer*ej en faisant des amendements à son I etabliscments d enseignement projet originel—et qu’il eut été infi- dont les protestants ont été dotés, nirnent plus sage et plus prudent de tandis que les catholiques, qui collide point chercher à faire passer pour posent le tiers de la population de dangereux des hommes qui, jusqu’à la Prusse, n’ont pu obtenir une •J I présent n’ont commis aucun acte fleule université à Munster, objet de On écrit de Saint-llélier au four- fontl° .,e.s *°*s dui pays, et qui vivent ieur8 vœux ardents toujours expri nul de Rome : per le moins du monde du dehors.” \ .Les Jésuites chassés de France à la II est probable, pour ne pas dire L 1 ce P^|n^ de vue seul, en voyant suite des décrets, possèdent ici un éta- certain, que le Parlement ne tiendra catholiques déshérités d établis* blissemcnt, et ici, comme partout où aucun compte de la pétition qui lui a cements scolaires, M.VVindthorst, ils se trouvent, ils se font connaître été adressée.Il voudra laisser les Pô- n’est-il pas autorisé à commencer “ Lorsque les lois organiques ont djrecteur de l’observatoire du Collège | t n-ibîtés nar des vivants Fl, etc faites aux premiers jours du sic romain n’h6sitajt pas à professer ou-1 £ &°nt hablUS pdr dcS ' n auts Lh oie, la presse n existait pas.Aujour- 1 soupçonne que, comme 'notre monde, ils sont habités par des vivants Eh ; j bien, il me plairait que ce soupçon Mais Jersey, comme Bruxelles et Genève, est le séjour trop hospitalier d’un certain nombre de misérables, la lie de la Révolution Banqueroutiers frauduleux, caissiers infidèles s’y donnent rendez-vous avec les émissaires de la démagogie cosmopolite.Ce joli monde a pris—et cela devait cire—les Jésuites en grippe.Il n’est pas de jour qu’on li ait A enre- monde sait .Seuls ils ne pourraient njr ];l vje d'une foule do créatures de pus avoir une opinion sur des livres ^outo espèce?Pour nous, il nous qui touchent en eflet * 1 instruction semblerait absurde de regarder ces religieuse • .t vastes régions comme des déserts “ fceuls les évoques seraient cou- inhabités; elles doivent être peuplées damnés A se taire avec leui clergé d’êtres intelligents et raisonnables, qui lit les journaux .il faudrait au capables de connaître, d’honorer et moins être sensé, si on ne veut pas d'airner leur créateur, et peut-être être libéral dans 1 application des qae ces habitants des astres sont lois.S il y a des excès ue zelo de la pjus Jidèles que nous aux devoirs de part du clergé, on peut les le primer, la reconnaissance envers Celui qui et après cela ce n est pa*s la peine |cs a tirés du néant ; nous voulons d opposer une congrégation laïque espérer qu'il n’y a point parmi eux de Paris A la congrégation ecclésias- de ces êtres infortunés qui mettent tique de Rome, de mettre le Conseil jeur orgUeii à nier l'existence et l‘in-d Etat dans 1 embarras d a\oir a de- telligence de Celui A qui ils doivent clarer s il y a abus dans les juge- eux-mêmes leur existence et la monts de 1 Eglise sur le manuel de facuJté de connaître tant de mcrveil-M.Paul Bert.leg Dans ses conversations, le Père * Autre fait assez récent.M.l’Evè- témoignage, il a prévenu M.le mi nistre des cultes de son départ ; mais il parait que ce n’est pas encore assez pour les nouveaux interprètes du régime concordairo, qui no rêvent que peines et restrictions.Le concordat est formel : les évêques ne a f n peuvent s’absenter de leur diocèses “ " * ’ sans une autorisation authentique.A cette question : Les habitants dait à ce dernier ce qu’il pensait de Mars, lui qui l’avait tant observé, et notamment s’il le croyait habité.“ A quoi voulez-vous donc qu’il serve, s’il ne l’est pas ?répondit le P.Secchi.N’est-cc pas une terre comme la nôtre ?dans le Christ, n'auraient-ils pas été instruits, soit par les anges conducteurs de leur monde, soit par le Christ ressuscité lui-même, du fait et de la vertu de la Rédemption ?Pourquoi cette vertu de la Rédemption ne les aurait-elle pas purifiés s’ils ont failli ?Pourquoi ne les aiderait-elle pas A atteindre la perfection .s'ils sont innocents ?Pourquoi ces habitants du firmament ne regarderaient-ils pas pieusement du côté de notre petite terre, comme autrefois les mages du côté de Bethléem Pourquoi ?.Il y a quelque temps, A l’entrée d’une belle nuit d’automne, debout au pied d’une croix monumentale plantée sur le sommer d’une des collines de l’Auxois, je m’adressais ces questions.Et tout A coup, abaissant mon regard, du firmament où je m'étais égaré, vers le grand crucifix de bronze que la lune et les étoiles caressaient de leurs doux rayons, je m’écriai : Voilà le sncrif:ce immense, universel ! L'univers est le temple et la t«*rro est l’autel.M.l’abbé Pioger traite longuement de cette conciliation du dogme de la cer, au passage, quelque infâme insulte.Ces misérables avaient manifestement fait le serment de rendre aux Jésuites la vie impossible.Voyant l’inutilité de leurs efforts, et que leurs odieuses manifestations ne rencontraient qu’un froid et courageux déda in ; n’étant même pas parvenus à surexciter en leur faveur le zèle protestant (les pasteurs, hormis un seul, ont, avec une unanimité qui les honore, repoussé ces étranges auxiliaires), iis ont eu alors recours A un moyen héroïque : ils se sont adressés au gouverneur, et par une pétition adressée au Parlement defile, ils ont réclamé leur expulsion.L’opinion publique s’est alors émue.| La grande majorité des organes de la presse locale a pris le parti des Pères.L’un d’eux,le plus important, la Chronique de Jersey, s’exprime sur leur compte en ces termes : Nous sommes loin de vouloir nous mêler des opinions religieuses de qui que ce soit.Nous croyons que tous ceux qui entretiennent des opinions différentes des nôtres ont le droit de les exprimer, pourvu que rien d’illégal onde contraire aux bou- Rédemption avec l’hypothèse de la nos mœurs ne soit commis.Jersey est pluralité des mondes habités.Nous J un pays libre pour tous les honnêtes Les écoles en Allemagne Berlin, 3 mars.L’intérêt se porte toujours sur les débats de la chambre des député de Prusse.L’inspection des écoles coûte cher, et M.de Gossler n’a pas demandé moins de 527 000 marks pour cet objet.M.Windtliorst s’est carrément prononcé pour le rejet.Les catholiques ne peuvent admettre qu’une inspection pour écoles catholiques, celle des prêtres, A qui il a plu précisément au gouvernement de retirer ce droit.Le ministre a bien montré que les mauvaises dispositions persistaient à l’égard des vœux des catholiques ; aussi le centre s’est-il montré raide.En fin de compte, le crédit u été renvoyé A la commission.Le chapitre sanitaire concernant les écoles a bien mis à la gêne le ministre.MM.Ilerreinans et Ba-chem ont fait entendre d’énergiques protestations contre l’expulsion des ordres religieux, particulièrement de ceux qui prodiguent leurs soins aux malades, et dont l’absence paralyse jusqu’à un certain point les sociétés qui se vouent aux soins des élèves malades.A ce propos, M.Bâche m demande B abolition de toutes les lois du Kul-turkampf, qui ont de si cruelles conséquences.Par exemple, le vénérable curé d’Khrenfeld s’est vu condamner à six mois de prison pour avoir interdit un chapelain scandaleux.M.Cremcr vient appuyer M.Bacliem, des temps, c’est la méthode do Renseignement moderne,qui consiste A surcharger les programmes de matières si diverses et si incohérentes, que l’esprit ne les peut digérer ou se les assimuler qu’à la eoiuiiton d’en être profondément altéré.Nous vous avons parlé jadis d’une réunion de médecins aliénistes, qui signalaient dans ce fait la cause la plus fréquente des aliénations mentales.Cette question de la méthode moderne des études, qui se pose depuis quelques années,et que d’intelligents médecins ont fait entrer dans le domaine de leurs recherches, est d’une importance hors ligne.Les jésuites sont ceux dont l’attention a été la première éveillée par ce grand danger social.Le P.Schneemann, entre autres, a récemment publié un remarquable écrit sous le titre: Les médecins et la surcharge des études de la jeunesse.Dans cette étude, il résume les traies plus importants qui ont été publiés sur cette question dans ces dernières années.En janvier 1SS3, une pétition de la société centrale pour les soins du corps dans les écoles, revêtue des adhésions les plus significatives, les plus importantes, a été adressée sur cette grave question à la Chambre des députés de Prusse, et nous sommes étonné que les derniers débats n’en aient pas fait mention.Sans doute que les libéraux formeront une puissante ligue pour repousser la réforme qui s’impose dans l’intérêt de la santé des jeunes générations, mais il appartient aux catholiques de la défendre et de la faire triompher.Feuilleton du COURRIER DU CANADA 28 Mars 1883—No 18 LE DERNIER CHEVALIER Par Paul Féval.[Suite] —Pèro, dit-elle, n’ajoutez rien, offrez A Celui qui vous écoute le trésor de vos souffrances.Bénissez la divine main à l’heure même où elle vous frappe.—Tu sais donc qu’elle me frappe encore ! s’écria le vieillard en so redressant soudain : cette impitoyable main ! tu as menti ! tu avais lu ces lettres ! —Non, je vous affirme quo non, mon bien-aimé pore, mais je sais qu'au delà des jours limités qui vous restent pour souffrir en cette vie, il est une récompense qui n’a point de bornes, et que cotte récompense, supérieure à toutes choses, vous pouvez la mériter par une seule minuto do fervent sacrifice.—Bon ! bon ! interrompit Dapleix, tout à coup refroidi.Nicolas me ptêchc aussi quelquefois, c’est toi qui l’aura éduque, car il prêche moins bien que toi.Il y a temps pour tout.Tu es le plus joli capucin qui se puisse voir ; mais nous sommes ici à la loterie ; tourne la roue, chevalier, et tire mon numéro ! j Le cachet de la lettre qui était j allée de Paris A Clostercamp sauta.; Au moment où le vieillard la saisissait avec avidité, il en tomba un papier que Mlle de Valides ramassa.—Ma grande carte ! s’écria Dupleix, dont l’œil étincelant avait parcouru d’un trait la dépêche.Etalez ma grande carte ! Bussy ! brave Bussy ! grand Bussy ! vainqueur des vainqueurs ! Trois victoires ! Trois miracles ! Haïdérabad ! Tolocol ! Mun-dapour ! 11 s’élança vers la table où le chevalier venait de dérouler une carte do l’Inde et son doigt frissonnant pointa les trois villes reconquises par son gendre, ce brillant, cet incomparable soldat qui,malgré la Compagnie et malgré les agents payés par la France, passant par-dessus l’incapacité des uns, par-dessus la trahison des autres, tracassé qu’il était par l’autorité commerciale, harcelé par l’autorité civile, contrecarré, il faut bien le dire, par l’autorité militaire ellomiême, sans troupes régulières, sans argent, sans provisions, manquant de tout, y compris les munitions et les armes, tenait encore en échec dans le Dekkan, par le prodige do son entêtement héroïque, la colos- sale puissance de l’Angleterre.LA aussi, comme dans le Canada,il eût suffi de quelques régiments et de quelques cens pour établir l’empire de la France A fout jamais.Ces peuples étaient si bien A nous que les Cipayes de Bussy,au lieu de se révolter dans les heures de lamine, s’écriaient :41 Donnez le riz au Français, nous nous contenterons de l’eau où il a cuit ! ” Mais M.de Choiseul, excellent ministre, loue par T Encyclopédie, n’avait jamais assez de régiments pour toutes les batailles qu’il perdait A la frontière, Il avait besoin de tous nos écus pour solder les appointements de sa famille, faire des petits cadeaux aux philosophes, préparer la révolution, entretenir le bain d’or où pataugeait cette vieille Pompadour, sa protectrice, et payer les frais de la guerre contre les Jésuites.Ah ! ce n’était pas un homme de loisir : il avait de l’ouvrage ! Détournons les yeux, et regardons ailleurs, là où battait vraiment un cœur français.Aussi bien, nous éprouvons comme un religieux bonheur A répéter le nom d’un héros trop ignoré pendant sa vie, et tout A fait oublié après sa mort.C’était quelque chose do splendide que co suprême effort do Bussy-Castelnau, saisissant corps à corps le géant britauniqùe, et le secouaut, et lo terrassant dans la couvulsion de son agonie.Il avait soulevé les tiiirjanas et les Mahrattes ; il avait fait son trou comme un boulet de canon en traversant tout le Dfkkan central, et menaçait le cœur du Kar-natic anglais, où la France avait conservé d’ardentes sympathies.D’un seul coup d’œil large et rapide, Dupleix venait d’établir sur la carlo la juste position de la partie.—Tout seul ! s’écria-t-il! Grand ami ! Vaillant ami ! Bussy a fait cela tout seul ! sans M.ch* Lally le malheureux homme !ou plutôt malgré M.de Lally.Il marche, il avance, il perce ! Les populations lo suivent ! Et il y a soixante millions d’umes, rien que dans le Dekkan ! Comprenez-vous, maintenant, toi, chevalier qui portes une épée, et même toi, Jeannelon, ma fille, qui entends parler de guerre dopuis ton berceau, comprenez-vous l’importance de la; visite que je vais rendre A notre fidèle de la O.Jj Atalanle \ il nous faut YAtalante ! El je gagerais qu’elle est arrivée ! Avec ce que porte YAtalante, Bussy armera trente mille, cinquante mille Mahrattes ! Et vous ne savez pas comment s allument les colores chez les peuples do feu ! C’est une traînée de poudre ! Dans six mois, trois cent mille combattants peuvent rouler comme un torrent jusqu’au littoral, | et couvrir, et submerger les établissements anglais.Ne pensez pas que ce soit un rêve ! nous l’avons fait déjà, et nous pouvons recommencer, ' et cette fois, je jure bien que nous n’attendrons ni la permission des ministres ni celle de la favorite pour faire au roi ce prodigieux cadeau de tout un monde ! La France sera plantée là résolûment, solidement, et malheur A qui tenterait d’ébranler son drapeau ! Mes enfants, je vais de papier, et il se mit A rire en haussant les épaules —Que me fait cela ?s ecria-t-il Figurez-vous que ces nouvelles de Bussy me sont venues par la Compagnie même où j’ai conservé quelques intelligences ?Et cert-s, la source n’est pas suspecte,car ils n’ont ce pas chez M.do la C., et demain, point coutume de chanter les louan-je commence mes achats, ou plutôt je : ges de ce pauvre Bussy dans les les conclus, car tout est préparé.bureaux de la Compagnie.Voilà Pensez-vous que j’aie perdu me» donc ce que c’est : l’employé qui me soirées depuis un mois?Dans quinze sert en cachette a pris la peine de jours, YAtalante peut reprendre la glisser ce chiffon sous l’enveloppe mer, escortant nos navires char- j pour me prévenir que les directeurs gés do la foudre ! ; ont découvert mon adresse A Paris et Il saisit son chapeau et le brandit qu’on va lancer contre moi la meute eu criant —France ! France ! Regarde vers l’Occident, brave lîussy ! La fortune t’arrive de France ! —Mon oncle, dit Mlle de Vau des, desrecors.11 m’engage à changer d’hôtellerie : à quoi bon ?J’aurai de quoi payer avec YAtalante.Veux-tu m’accompagner, Jeanneton ?Tu ne peux rester en tête A tète avec lo voici un petit papier qui s’est chevalier, Viens.échappé do la lettre.—Et la seconde lettre ?interrom- —Ne m’arrête pas, chérie, répliqua pit celui-ci.Dupleix, qui, pourtant, prit le papier et l’approcha de la lumière.—La lettre d’Angleterre ?s’écria Dupleix.Voilà qui ne m’est pas Il était radieux et ajouta, avant de j égal !.Donne tout do même, lire, sur un ton do véritable gaieté ; ! Il la prit, et en rompit le cachet —Je parie que la pensée du pot au J d’une main ferme, lait de Perrette vous est venue à tous | Mais dès que son regard fut tombé les deux.Je no m’en fâche pas, mes ! sur l’écriture, uu flux de sang noir enfants.C’est un gros pot au lait ! lui monta au front ; puis, tout de que YAtalante, mais qui peut se fêler, suite après, il devint livide, c’est vrai, car il y a bien des récifs depuis les côtes du Bengale jusqu’à la rade de Lorient.• Ses yeux se portèrent sur le petit (A suivre) LE COU BRIE K OU CAN Ai > A Jâ I; SOMMAIRE France.Pluralité «le» mondes habités.Les Jésuites à Jersey.Les écoles en Allomagne.('kitili.kto.n :—Le dernier chevalier .-t suivre* Informations I.a loterie nationale à l e.iu Le tabac canadien.Législature provincial** L'ÀIbani.ftésumé des ib p'cllè-'* Amérique.Petites nouvelles.ANNONCES NU UVELLKS n’ont ni disposition in intérêt à donner leur appui il un ministère mi-libéral mi conseravteur.On ne pourra essayer impunément A leur imposer des hommes dont ils ont répudié les principes deux sessions durant.Ils veulent, avec beaucoup de raison, des ministres aussi convaincus qtreux-mOmes ; et, si des changements sont devenus nécessaires par la force des circonstances, ils n'accepteront pas les protégés de la “ Concorde ” et dos autres journaux libéraux soi-disant modérés.44 II est résolu qu’il serait juste de ; ; 44 lo Laisser la culture et la vente du tabac canadien en feuilles libre ; i 44 2o D’accorder aux manufactures! le droit exclusif de manufacturer le tabac canadien : débourser probablement dans les prochains dix-huit mois environ 100 000 $1 337 060 Avec la somme que lo gouverne- “ De conserver un droit dillo- meîJt a encore en mains, et.celle do entiel considérable entre h4 tabac ; *é00 000 quqi demande aujourd’hui, anadieil et le tabac etranger ; il nrmrrn rtinomoni ronn.nntrt*r CANADA Aus important.—J.A.I.angl.'iis Avis public.-J.C Le Bel.Ln 10,0,10 “»•*•»“«*« A rean Huile astrale—C.Pevorley.| Lq projet d(J loi Je la grande loterie nationale a été* rejeté hier au Conseil Législatif.Le vote a été de 10 contre 10.Le règlement veut .que, dans le cas d’égalité de voix, QUEBEC\ 2S MARS 1883 , .*¦ 1 la question soit décidée dans la négative.Voici le résultat du vote : Pour :—MM.Bouclier de La-Bruère, Archambault, Dionne, Dorion, Gérin, Hearn,Prud’homme, La Concorde, onrane de T ex- 4.- orateur Turcotte, se livre à des excès d’imagination qu’il serait bien difficile de surpasser.Elle ne R
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