Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 30 novembre 1883, vendredi 30 novembre 1883
gfeuie Aimée 150 kïxsz.^rzsxaBBxwvKzaamxmAZEtsi i I 80 Novembre 1888 îtffief U anaîia JOURNAL DES INTERETS CANADIENS jm obcma j'sar^sjxm et j’aime Dr N.E.DIONNE, Rédacteur en Ghe! LEGER R RO UREE AU, Editeur Propriétaire FRANCE nécessité d’ijnk législation SOCIALE Paris, 12 novembre 1883.Pus conférences qui viennent «l’avoir lieu à Paris entre ouvriers français e.i ouvriers anglais, ces derniers délégués dos Trade'* U a ion s, ont passé presque inaperçues ; cependant olles sont un signe du temps et indiquent une tendance à Internationa-liser—qu’on nous passe cette expression—la question économique et sociale.On aurait donc grand tort di* ne pas s’en préoccuper.Précisément, M.le marquis d’Auray vient de publier un éloquent appel, où il résume admirablement bien la doctrine des cercles catholiques d’ouvriers.11 nous parait utile d’en reproduire ici les principaux passages : “ Nous avons eu l’occasion de dire récemment, avec le comte Albert de Mun, que la Prance avait besoin de retrouver une législation sociale, et que telle était l’une des bases du programme adopté et voulu par les économistes chrétiens.Une législation sociale est un ensemble de lois, inspirées par le respect de la vérité religieuse, par l'esprit de justice, par le sentiment du devoir et de la responsabilité, et par cela mémo destinées à rendre à la nation la prospérité qui s’évanouit et l’ordre moral depuis longtemps disparu.14 Une législation sociale embrasse donc, à la fois, les intérêts matériels de la vie publique et individuelle et les intérêts non moins respectables d’une morale que Dieu lui-même a laissée à l'homme pour être la meilleure sauvegarde de l’ordre, de la paix et de l’harmonie sociale, morale sans laquelle la famille reste aussi troublée que l’unité nationale est agitée et compromise." Apres avoir signale le mépris do l’autorité, la lutte des intérêts et le cou il it de toutes les passions comme caractérisant l’état actuel de la société française, M.le marquis d’Auray poursuit ainsi : C’est qu’au lieu de cette vérité supérieure qui avait éclairé, sans intermittence sensible, la marche de l'humanité dans la voie de tous les progrès, c’est qu’au lieu de cette justice, qui est une loi constante et inviolable, la raison humaine,enivrée d’un satanique orgueil, a prétendu faire table rase et sc substituer simplement à la toute-puissance qui l’avait créée et illuminée.u C’est qu’cnlln la réforme tentée par l’esprit humain en délire n’est rien de plus que l’audacieuse et impossible entreprise d'une école qui, dans l’ordre moral, ne tient compte ni de Dieu ni des lois chrétiennes.qui dans l’ordre économique fait abstraction de tout devoir, de tout droit, de toute répartition des richesses, comme de tout fait préexistant.“ Laissez faire, laissez />assn\ nous “ crie-t-on depuis vingt-cinq ans ; “ l’émancipation de toutes les forces “ humaines abandonnées à olles-“ mêmes ramènera bientôt entre elles “ un accord et une entente autrement “ solides et durables qu- tout ce que “ les siècles passés ont pu produire de mieux et de plus parlait par le “ respect des lois supérieures et avec “ le concours de l'autorité.“ 44 Or, ce langage et ces pratiques, devenues officioilep, comportent, à n’en pas douter, la négation et la suppression de toute législation sociale : voilà le fait dans sa nudité, dans sa réalité brutale et indéniable.“ Quel a été le résultat de cette politique d’abstention ?Toutes les industries sont en sou (France, écrasées par la concurrence étrangère, le nouveau monde menace l’ancien d’une invasion industrielle, le chômage croit tous les jours, et prépare l avé* nement de la misère.“ Tel est le résultat mathématique d’une législation économique qui n’a jamais prétendu être une législation sociale, qui a traité le monde du travail comme ou traite une chose d’invention moderne, qui n’a vu dans l'homme qu’une machine, dans la main-d’œuvre qu’une denrée, et dans la vie humaine qu’un phénomène exclusivement physique.” Nous ne pouvons qu’applaudir à cette noble protestation.Il n’est que temps de réagir contre ces théories prétendues classiques, qui ne voient dans le producteur, que ce producteur s’appelle capitaliste, patron, ouvrier, qu’un chiffre et non un homme, c’est-à-dire un être doué d’intelligence et de volonté, obéissant o # 1 # / à d’autres mobiles qu'à des intérêts brutaux, capable de lutter contre la fraude ou la violence, de triompher de soi-même, de fouler aux pieds ses propres intérêts pour garder sa dignité intacte, .susceptible aussi de se laisser dominer par les plus détestables passions.'foute économie politique qui ne considère que les côtés matériels de l’individu et fait abstraction de son âme, rebaisse la science et l'engage dans une fausse voie, parce qu'elle n’ombrasse pas les laits moraux, et qu’elle se coniine dans une vue étroite et partant incomplète de la réalité.L’œuvre des Cercles, en s attachant à élever le niveau moral de l’ouvrier, par la facilité qu’elle lui offre de pratiquer ses devoirs religieux sans l’y contraindre, en rappro-nent à la Hour de l'aristocratie romaine du file siècle ; chaque cippe a également la date du jour et de l’année de sa dédicace.44 Outre ces monuments on a aussi découvert : 1.Une inscription dédiée à Commode par un simple citoyen : 2.Une inscription dédiée à Alexandre-Sévère par les entrepreneurs des routes de T Is trie, de la \ eue tie, de la Transpadane et de l’Emilie : 3.Un buste intact et très beau d’Annius Verus ; 5.Un second buste impérial acéphale ; 0.Une.quantité très considérable de marbres, d’inscriptions,de ligures et d’ornements.“ Il serait superflu d’insister sur l’importance de ces résultats.La découverte du tonus Vestae doit être regardée comme le résultat le plus important obtenu par la science archéologique et en particulier par la topographie romaine en ces derniè- res aune» es.n on ne saurait se le dissimuler, et les mêmes arguments que lord Salisbury invoque pour justifier la nécessité de loger les pauvres pourrait servir aussi à prouver le besoin de les nourrir et de les vêtir.Mais il ne faut pas se laisser effrayer par les mots.D'ailleurs, il y a socialisme et socialisme, comme i! y a fagots et fagots.Angleterre IJCS PAUVRES Londres, 20 octobre.La brochure intitulée : Le cri de détresse des misérables de Londres a créé en Angleterre une sensation immense.Par une singulière coincidence, presque en même temps que cet écrit paraissait, dans la dernière lavraison de la iValional Review, un article sur le 44 Logement des pauvres ”, qui semblait être une réponse à la bro-ch u îv.Ce travail, dû à la plume éloquente du marquis de Salisbury, n'a pas eu moins de retentissement que la publication à laquelle il répondait sans le savoir.Cette tactique du chef de l’opposition est très habile ; son article n’est pas la moins sérieuse des tentatives faites par le parti conservateur pour s’approprier cette grande quest ion,et ce ne sera pas la dernière.Si l’on n'adopte promptement des mesures pour loger convenablement les pauvres, un mécontentement sourd autant que profond ne tardera pas à envahir les couches inférieures de la société, et il se manifestera par | une demande impérieuse de limiter 1 par une loi les droits des propriétai-; res de Londres.Lord Salisbury a donc eu raison de poser la question avant qu’il fut trop tard.Les libéraux eux-mêmes reeou-j naissent l’opportunité de son inter! vent ion.Tour l'acquit de leur conscience, ils prétendent que la principale préoccupation du noble lord dans cette affaire, c'est de sauvegar-! der les droits de la propriété.Mais c'est là une conjecture toute gratui-to.La bonté de cœur de lord Salisbury est bien connue.11 y a deux ans, il fit don d’une somme de 1250 francs aux pauvres de Dieppe ; seulement, ayant des doutes sur la charité officielle, tout protestant qu’il est, il con-lia le sein de distribuer ses aumônes ' à la Société de Saint-Vincent de Paul.L'importance de l’article de lord j Salisbury consiste en ceci, qu’il conseille de négliger les principes purement commerciaux.Si nous comprenons bien le remè-i de qu’il suggère, il voudrait que des | maisons fussent construites au moyen | de sommes prêtées par l'Etat, et que ces immeubles fussent loués aux nécessiteux à des loyers au-dessous du cours ; quant à la perte résultant de cet état de choses, elle serait supportée par le trésor public, en d autres termes par les contribuables.Incontestablement, c’est là une grave affaire.C’est du socialisme pur et simple, e.\ aussi; On écrit du canton de Vaud au Courrier de Genève : *4 Un grave événement se prépare dans le canton de Vaud : la réconciliai ion de Luther et de Zwingle ! c’est-à-dire que l’histoire du protestantisme va enregistrer une contradiction de plus.Pour oser une semblable alliance, que Luther lui-même a maudite, il faut trois choses : une ignorance complète de l'histoire, la naïveté et l’illogisme du protestantisme, qui est parvenu à concilier la libre interprétation de l’Ecriture sainte, seule source et règle de foi, avec l’autorité doctrinale d’un synode, la prédication des pasteurs, etc., deux choses aussi contradictoires que Luther et Zwingle.44 Voici le projet de ce baiser de paix et de fraternité : la communion synodale de l’Eglise nationale vient de lancer à ses fidèles une circulaire qui Les invite à célébrer, le 4 novembre le double anniversaire de la naissance de Luther, le 10 novembre 1583, et do Zwingle, le 1er janvier 1584.4‘ Il nous a paru, dit la circulaire, mieux entendu de réunir sur un jour déjà consacré à la célébration du fait de la Déforme les deux anniversaires de Luther et de Zwingle î décidément la commission synodale est brouillée avec l'histoire : il faut qu’elle ne soit composée que de membres de la Société d’histoire de la Suisse allemande, car, s'il y en avait un seul de la Société d’histoire suisse, il n’aurait pas manqué de rappeler les foudroyantes excommu-cations que se lançaient à la ligure ces deux compères de la Réforme." “ Puisqu’ils l’ont oubliée, cette impartiale histoire, rappolons-en quelques souvenirs.“ Lorsqu'éclata, entre Luther et les zwingliens, la querelle dite des Su-cram en (aires, Baccr envoya à Luther un député, porteur d’une lettre, pour l’engager à une entente ; le moine saxon répondit: “Maudite soit, une telle alliance, jusque dans l’abime de l'enfer.L’un des partis doit nécessairement être le parti du diable, il n’y a pas de milieu.” (Hall t.XX p.950).44 Us sont, disait-il encore en parlant des zwingliens, damnés eux-mêmes, et ils entraînent les autres dans l’enfer.Les Eglises ne peuvent plus avoir aucune communication avec eux.” [Àp.lfospin.] Luther écrit encore de Zwhurle et de sa doctrine : 41 Jamais il ne s'est élevé une hérésie plus infâme que celle de Zwingle ; les swinglievo sont les sectateurs du diable.Il faut que moi ou Zwingle soyons au diable ; il n’y a pas de milieu.—Je veux avoir la main nette, de tout le sang des fîmes que les zwingliens, par leur venin, dérobent au Christ, sé duisent et égorgent.’’ (T.3, Jéna germ.f.379.P»].Parodiant le premier psaume, il dit : • “ Heureux l’homme qui ne se rend pas dans le conseil des Sacramcniai-res, qui ne marche pas dans la voie commencé que dans le mois d’août.17 U.# Le premier marguiller dont les comptes aient été tenus régulièrement, a été Louis Motard, depuis le mois d’août 1714 jusqu’au mois d’août 1715.Sa.recette fut de 240 francs ; la dépense de 72 francs.Ainsi la fabrique se trouve riche, cette première année de la tenue régulière des comptes, de 168 francs.Dans l’année 1715, commencée au mois d’août et finissant dans le mois des zwingliens, et ne s'est point assis ; d’août 1716, Antoine Germaine étant marguiller, la recette fut de 379 francs ; la dépense de 369 francs, il ne resta en surplus à la fabrique qu’un avoir de 10 francs.On travaillait alors à la construction de la nouvelle église, sur la chaire des Zuricois.Zwingle, à son lour, riposte par les mêmes aménités: 44 Satan, s’écrie-t-il.s’est rendu maître de Luther.” plication : “ De la comédie religieuse de la commission synodale et de nos pasteurs, délivrez-noas, Seigneur » i» Peut-on s’imaginer, le i novembre, ! comme il a été dit plus haut.En tous nos braves pasteurs de l’Eglise 1710 continuant en 1717, du mois nationale, s’évertuant à présenter à d’aoul à la même date 1718, Jean leurs ouailles, comme des frères et Bertrand marguiller, la recette fut des amis, ces deux apôtres du pur de 3 000 francs ; la dépense de-2 990 Evangile et de la charité diabolique ! francs.11 resta dans le coffre de la Le peuple vaudois appelait l’Ar- fabrique 13 francs à la fin de cette mée du Salut une comédie reli- année.• gieuse ; le 4 novembre, s’il cou- Cette recette de 3 000 francs, qui naissait l’histoire, il ferait monter peut paraître extraordinaire an preencore vers le ciel cette ardente sup- micr coup d’œil, vu la modicité des revenus des années précédentes, cessera de surprendre, quand on saura quelle se composait, pour la plus grande partie, de dons et de quêtes laites hors de la paroisse.Ainsi on voit en tête des recettes de cette année 600 francs donnés par Monseigneur de tëaint-Vallior ; 1 813 livres de quêtes faites hors la paroisse ; un don de 100 livres.L’année suivante, on voit encore un nouveau don de Monseigneur deSaint-Vallier de 200 livres.Le casuel cette année fut de 20 livres.En 1718, du mois d’août au même mois 1719, la recette fut de 977 livres ; la dépense pareillement de 977 livres.La dépense se trouvant ainsi égale a la recette, il ne resta pas un seul sou à la fabrique.De 1719 à 1720, Jacques Jugnac, marguiller, lit recette tant en anrent Histoire du Gnp-Santé | SUITE] Cotte disposition au sujet d’un banc attribué au capitaine, soit comme plus haut enchérisseur, soi! sans payer de rmite, ou en payant une rente semblable à celle du banc dont la vente était la plus élevée, a souffert des variations.Cependant les dispositions du règlement du 27 avril 1716 de M.Bégon,ont prévalu.Le plus ancien capitaine de milice ., 1 anri v T f 4 ./ r i , qu en cartes, de 269 livres.La de- jouit gratuitement d un banc dans J________________, n________^ ______* chaque église, et de plus reçoit h pain bénit, immédiatement après le seigneur it la famille, seigneuriale, j lorsqu'il y a seigneur et famille seigneuriale.En 1719, Monseigneur de Saint-Vallier lit la visite de la paroisse, et donna la confirmation dans la nouvelle église à 23 personnes.Déjà le même Seigneur-Evêque était venu confirmer en 1714.11 y eut encore, du temps de M.Morin, une autre visite de Monseigneur, mais dont rien ne fait connaître la date ; tout ce que l'on sait de cotte visite épiscopale, c’est qu’il y eut alors 33 personnes confirmées.Ce fut probablement dans la visite de l'évêque, en 1714, qu’il fut ordonné aux marguillers de tenir dos comptes en forme, des recettes et des dépenses de la fabrique ; car d pense pendant l’année ayant été de 265 livres, il resta pour avoir à la fabrique 4 livres, qui furent mises aussitôt entre les mains de son successeur, Nicolas Petit, marguiller en charge de 1720 à 1721.Celui-ci laissa, à la lin de sa gestion, un excédent de recette sur la dépense, de 26 livres.C’est sous ce marguiller que la cloche fut achetée.Le casuel ne fut cette année que do 12 livres.Ce fut en cette année 1720, par un acte du 9 mai, que Louis Motard, bienfaiteur de la paroisse, donna gratuitement le terrain pour un cimetière, à la charge seulement que le dit terrain soit clos et la clôture entretenue par les paroissiens.En 1722,isous Pierre Richard, marguiller, il v eut un excédent de la recette sur la dépense de 109 livres, Dans le cours de cette année, M.peraus.L‘4 lière des comptes do recettes et de dépenses de la fabrique de cette paroisse, ainsi que la reddition des j dits comptes et leur clôture, n’ont se faire instruire et se disposer à la grace d u baptême.(à suivre) Feuilleton du COURRIER DU CANADA 30 Novembre 1883—No 34 —Vous ne connaissez pas ce pays des diamants, monsieur Manoel ?demanda Torres.Un signe négatif du jeune homme .::—- fut toute sa réponse.k M m m “ Et vous, monsieur Benito, reprit deft 1 A NIy A II A Torres en s'adressant au jeune G-ar-AdÂJL U ailUilA/M j qUqi voulait évidemment enga , gerdans cette conversation, vous n'avez jamais eu la curiosité d’aller visiter l’arayal diamantin ’i —Jamais, répondit sèchement Benito.HUIT GtNTS LIEUES SUR L’AMAZONE, Par .lui.ns Vf.unk.(Suite.) Qui eût regardé Joain Carrai en ec moment, aurait ôté épouvanté de la fixité do son regard, qui so croisait avec celui de Torres.XIX HISTOIRE ancienne Mais la conversation allait cou limier avec Fragoso, qui reprit près-qu»».aussitôt en ces termes : “ Comment ! vous êtes de Tijuco, de la capitale même du district des diamants ?—Oui ! dit TorrèséEst-ce que vous-même, vous êtes originaire de cette lovinco ?Non ! je suis des provinces du littoral do l’Attlantique, dans le nord du Brésil, répondit Fragoso.—Ah ! j’aurais aimé à voir ce pays s'écria Fragoso, qui inconsciemment faisait le jeu de Torres.11 me semble que j;eusse fini par y trouver quelque diamant de grandir valeur ! —Et qn’on auriez-vous fait de ce diamant de grande valeur, Fragoso ?demanda Lina.* —Je l’aurais vendu ! —Alors vous seriez riche maintenant ?—Très riche ! .—Eh bien, si vous aviez été riche il y a trois mois seulement, vous n’auriez jamais eu l’idée de.cette liane.- —Et si je ne l’avais pas eue, s e- cria Fragoso, il ne serait pas venu une charmante petite femme qui.Allons, décidément, Dieu fait bien ce qu’il fait ! ., —Vous le voyez, Fragoso, répondit Minha, puisqu’il vous marie avec ,ma petite Lina ! Diamant pour dia- mant, vous ne perdrez pas au chan- ge : —Comment, donc, mademoiselle Minha, s’écria galamment Fragoso, mais j'y gagne ! Torres, sans doute, ne voulait pas laisser tomber ce sujet do conservation, car il reprit la parole : “ En vérité, dit-il, il y a eu à Tijuco des fortunes subites, qui ont dû faire tourner bien des têtes ! N’avez-vous pas entendu parler de ce fameux diamant d’Abaete, dont la valeur a été estimée à plus de deux millions de contos de rois ! Eli bien, ce sont les mines du Brésil qui l’ont produit, ce caillou qui pesait une once ! Et ce sont trois condamnés, —oui ! trois condamnés û un exil perpétuel,—qui le trouvèrent par hasard dans la rivière d’Abaete, à quatre-vingt-dix lieues du Sçrro de Frio ! ., .—D* coup; leur fortune fut faite ?demanda Fragoso.—Eh non ! répondit Torres.Le diamant fut remis au gouverneur général des mines.La valeur de la pierre ayant été reconnue, le roi Jean VI de Portugal la fit percer, et il la portait û son cou dans les grandes cérémonies.Quant aux condamnés, ils obstinrent leur grâce, mais ce fut tout, et de plus habiles auraient de là do bonnes rentes ! • ^ —Vous sans doute, dit très sèchement Benito.—Oui.oui !.Pourquoi pas ?répondit Torres.—Est-ce que vous avez jamais visité le district diamantin ?ajouta-t-il, en s’adressant à .loam Carrai, cette lois.—Jamais, répondit Joam en regardant Torres.— Cela est regrettable, reprit celui-ci, et vous devriez faire un jour ce voyage.C’est fort curieux, je vous assure ! Le district des diamants est une enclave dans le vaste empire du Brésil, quelque chose comme un parc de douze lieues de circonférence, et qui, par la nature du sol, sa végétation, ses terrains sablonneux on fermés dans un cirque de liantes montagnes, est différent de la province environnante.Mais, je vous l’ai dit, c'est l’endroit le plus riche du monde puisque, de 1807 a 1817, là production annuelle a été de dix-huit mille carats environ.Ah ! il y avait de beaux coups à faire, non seulement pour les grimpeurs qui cherchaient la pierre précieuse jusque sur la cime des montagnes, mais aussi les contrebandiers, qui le passaient en fraude ! Maintenant, l’exploitation est moins aisée, et les deux mille noirs employés au travail des mines par le gouvernement, sont obligés de détourner des cours d’eau pour en extraire le sable diamantin.Autrefois c'était plus commode ! i ‘ —En effet, répondit Fragoso, le ! bon temps est passé.‘ —Mais ce qui est resté facile, c'est de se procurer le diamant à la façon des malfaiteurs, je veux dire par le vol.Et tenez, vers 1826,—j’avais huit ans alors, —il se passa à Tijuco même un drame terrible, qui montre que les criminels ne reculent devant rien quand ils veulent gagner toute une fortune par un coup d’audace ! Mais cela ne vous intéresse pas sans doute.—Au contraire, Torres, continuez, répondit JoamGrarral d’une voix singulièrement calme.—Soit, reprit Torres.Il s’agissait, cette fois de voler des diamants, et une poignée de ces jolis cailloux-là dans la main, c'est un million, quelquefois deux ! ” Et Torrès, dont la figure exprimait ’ les plus vils sentiments do cupidité, fit, presque inconsciemment, le geste d’ouvrir et de fermer la main.44 Voici comment cela se passa, reprit-il.A Tijuco, l'habitude est d’expédier en une seule fois les diamants recueillis dans l’année.On les divise .en douz lots, suivant leur grosseur, après les avoir séparés au moyen de douze tamis percés do trous différents.Ces lots enfermés dans des sacs sont envoyés à Rio-de-Janeiro.Mais comme ils ont une valeur de plusieurs millions, vous pensez qu’ils sont bien accompagnés.• j Du employé, choisi par l’intendant, quatre soldats à cheval du ’ régiment de la province ot dix hom-ù pied forment lo convoi.Ils se ren- dont d’abord û Villa-Rica, où le géné-| ral commandant appose sou cachet ; sur les sacs, et le convoi reprend sa route vers Rio-de-Janeiro.J’ajou-i te que, pour plus de précaution, le départ est toujours tenu secret.Or, en 1826, un jeune employé, nommé Dacosta, âgé de vingt-deux à vingt-trois ans au plus, qui, depuis quelques “ niées, travaillait à Tijuco dans les bureaux du gouverneur général, combina le coup suivant.Il s’entendit avec une troupe de contrebandiers et leur apprit le jour du départ du convoi.Des mesures furent prises par ces malfaiteurs, qui étaient nombreux et bien armés.Au debt de Villa-Rica, pendant la nuit du 22 janvier, la bande tomba à U improviste sur les soldats qui escortaient les diamants.Ceux-ci se défendirent courageusement ; mais ils furent massacrés, ù l’exception d’un seul, qui, bien que grièvement blessé, put s'échapper, et rapporta la nouvelle de cet horrible attentat.L’employé qui les accompagnait n’avait pas été plus épargné que les soldats de l’escorte.Tombé sous les coups des malfaiteurs, il avait été entraîne et jeté sans doute dans quoique précipice, car son corps ne fat jamais rëtTouvé.—lit ce Dacosta ?demanda Joam Grarral.(il suivre) LE COURRIER DU CANADA C AI.t:\imiFK 1>K ISS» année do U Confédération canadienne.1 t- mois : NOVEMBBE, dédié aux Défunts-30 jours.Dimanches : ics 4.11, IS.25.—Toussaint le 1.la Lune au périgée le 13.à l'apogée le ”6.f Premier quartier le 7, à 7 h.20 m.du soir, j Pleine iune le 14, à 11 h.53 m.du matin ) Dernier quartier le 21, h 8 h.5'.* m.du matin [ Nouvelle lune le 29, à h.10 m.du soir.:iO Novembre, vendredi.I P* jour do la Lune.335* «le l’année.Marées : malin C h.5 2 m.soir 7 h.H) ni.j appuyé sur la différence croissante entre les exportations et les importations de la Grande-Bretagne, qui a certainement sa signification.L’opinion de Sir John M'ilmot 1 était que le libre-échange avait pour effet d’engager les capitalistes an-| glais à placer leurs capitaux à l’étranger et de là d’inonder leur patrie de marchandises dans la confection des- Petites nouvelles La Pairie allirme que le libre-échange est basé sur le “ grand principe évangélique de.la fraternité.’ iiivKit.—Depuis une couple de jours C’est le restant ! La Patrie ap- nous sommes eu plein hiver.Hier il payant ses théories libre-échangistes | faisait un froid insupportable.Aiijour-sur l’Evangile.Ça ne lui va pas.1 dira.Mais il n’en est pas moins vrai d’une condition désespérée et répu qu’il y a quelque chose de parlicu-jgnante pour elles et pour les autres librement lugubre dans cette scène [rend inutile d’insister sur sa von,,’ nocturne où deux cultivateurs paisibles extraordinaire.Il faut d’abord baigner règlent dans une lutte, où l’un d’eux trouve la mort, une rancune résultant des luttes électorales ! L’honorable M.Larivièrc est parti quelles les ouvriers anglais n’avaient j hier matin d'Ottawa pour Toronto s.André, apôtre, fan CD.—En 1G70, fondaiion ! pas reçu un sou.! où il doit rencontrer l’honorable M.Durée «lu jour « h.50 m., «ie u nuu u u.10 m.j Ou fit ensuite valoir la prospérité Miller, Procureur Ixénerai pour Ma-Levcr du Soleil T h.23 m., coucher 'i !i.13 m.(les Etats-Unis qui ont fait ilorès nitoba, afin île s'entendre avec le Milieu du jour à midi moins 11 minutes.Hauteur «lu Soleil 2D,5.Lune : lever à 7 h.5‘2 m.«lu malin, coucher à 5 !».* 17 m.du soir.depuis 20 ans avec le tarif protecteur.Leur système est de réduire le tarif m à mesure que le permettra la force productive des industries nationales.On prouva que les profits des j Aaméricains dans plusieurs branches d’innustrie, étaient de GO à 150 (,/0 plus élevés qu'en Angleterre, en France, en Allemagne, etc.* Le libre-échange produit le déplacement des industries nationales.1! y a des manufactures anglaises établies à Rouen, à Saxony, à lîheiin.à Dunkerque, dans la Belgique et la Hollande, et les produits y sont manufacturent à meilleur marché qu’en Angleterre.Cela prouve tout simplement que le libre-échange a fait naufrage en Angleterre, alors qu'on l'avait adopté dans les circonstances les plus favorables.• Tous les grands économistes ont compris la théorie de la protection, sur “ La Franc»* et l'Amérique.*’ C é-Coibert, sous Louis XIV.trouvait i tait une étude sur le développement nécessaire de se protéger contre les J des institutions républicaines dans induetries étrangères.j les deux pays, et l'orateur a fini par La France elle-même qui s'en va dire qu'il croyait que la République ; presque mourante d'inanition, qu’a- actuelle en France avait plus de caisse d’Economie N ire D.i::i«' n t i.- • —r.j t-elle fait depuis que le libre-échange j chances de disparaître que de se H A Yézina Ih-harr Bros., impôta leurs.d'hui c'est une vraie tempête, avec pou*! drerie, etc.Ai.ARMKs.— Plusieurs alarmes sonnées hier : ce n'étaient qiu de cheminées.# ^ i profil du Bazar pour l'Eglise St-Jeau .'oniNALiEns UE nonn.—Uu grand nom- j n;II,|jste> ÿ0nsj0 patronage «lu IU.1 !•’.\.j bre d’ouvriers du port de Montréal sont j piamomlon.I partis pour Portland et Boston, où ils yj.Label le chauLra, à cette soirée du | la partie malade dans de l’eau tiède tîl quand les pores sont ouvertes on Iron,, avec l’onguent au moins doux rois par jour.Les pilules aident beaucoup | , S0,nÉB «ntkbbssantb K'r iuimiii'.uii.k.— J ,.on t (lans
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