Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 15 juin 1885, lundi 15 juin 1885
&9cmc Année « No 9-Edition quotidienne-9eme Annee Lundi 15 Juin IS85 1 à (Caiuiba i JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.JE CROIS.J'ESPERE ET J’AIME.h 110 MAS OU A SAIS, Rédacteur en C/tc/.LEGER BROUSSE AU, Editeur-Propriétaire.en FltANCK Paris, 27 mai.L’interpellation de l'extrême gauche, au sujet des troubles du Père-Lachaise, a lait long feu.MM.ttigis-moiul Lacroix et Tony Itévillon ont vainement prodigué les périodes ronllantes et les sommations altières ; un bout de discours de M.Allain iTargé a sulli pour les mettre en [déroute.L’ordre du jour de con Tance J proposé par les amis du cabinet a ;éuni 373 voix contre 5.On s’attendait à la victoire du gouvernement, jmais on ne pensait pas que la inino-1 lité de l’extrême gauche dût être si jridirule.! C’est qu’hier on enterrait le citoyen Amouroux, une des gloires du groupe el que la plupart des membies du parti intransigeant avaient tenu à faire acte présence au Père-Lachaise.Au milieu des drapeaux rouges, [ en tête du cortège, on distinguait M lJ M.Clovis Hugues, Clémenceau, 1 Lockroy, Laisant et autre personna-f ges de moindre importance.Comme V; on ne pouvait manifester en même temps au Père-Lachaise ut au Palais Bourbon, M.Allain-Targé a remporté un triomphe facile.Cependant, son modeste effort avait sulli pour l’épuiser.On a dû emporter M.Allain-Targé défaillant et à moitié évanoui de la Chambre.Est-ce la chaleur qui a causé cette f crise.?Est ce la surexcitation que lui donnent depuis quelques jours les 1 manifestations anarchistes ?On ne ' sait.Les intransigeants qui, depuis Péchauffourée de dimanche, l’appellent Allain-Targé 44 l’alcoolique ", ne manqueront pas de dire qu’il se grise aussi bien pour parler à la Chambre que pour ordonner à la police de massacrer les communards.Divers journaux annoncent d’ailleurs que la démission de M.Allain-Targé n’est plus qu’une question de jours* Je crois que la nouvelle sort d’une fabrique intransigeante, où cette démission est aussi désirée que celle de M.Grognon, le préfet de police.Mais le ministère Brisson n’abandonnera probablement pas M.Allain-Targé, parce que son existence depend de sa cohésion.Il est né d’un pacte de coalition, il doit y rester fidèle.Avant le vote final, la séance a été égayée par l’apparition à J la tribune de M.Lelièvre qui, au * nom des opportunistes, veut demander au gouvernement des explications sur la résurrection du parti de l’anarchie.M.Lelièvre estime que la faiblesse et les hésitations du cabinet sont les premières causes des désordres du Père Lachaise, et il prétend que cette politique compromet sérieusement en province l’avenir du parti républicain.! Je vous résume rapidement le discours de M.Lelièvre, mais je; renonce à vous peindre la confusion et le tapage qui ont accueilli ses efibrts d’éloquence.Les interpellations, les exclamations, les injures pleuvaient d’un bout de la Chambre à l’autre à l’adresse de M.Lelièvre.C’est qu’on avait très bien compris le plan du personnage qui tentait, peut-être par ordre, une diversion en faveur des 44 lerrystcs ”, groupe de l’Union républicaine, du grand U ; il a été sous secrétaire d’Etat dans le grand ministère Gambetta ; il a été un^es champions les plus dévoués du cabinet berry.On, en bonne logique, les opportunistes sont pour le moins au même degré que les ministres actuels responsables de ce qui se passe.M.Jules Ferry a parfaitement toléré la promenade du drapeau rouge dans Paris aux funérailles de Jules Vallès.C’est le parti opportuniste qui, avrnt le cabinet actuel, avait inauguré vis-àvis des anarchistes une méthode de tolérance, sinon de complicité.C’est le parti opportuniste qui avait sinon inventé, du moins exploité la question de l’amnistie.Cela devait être la fin des discordes du parti républicain.On le voit bien aujourd’hui, et M.Lelièvre, à titre d’opportuniste influent, peut moins que personne protester contre une crise qu’il a travaillé de sou mieux à préparer.Je vous ai annoncé hier la capitulât ion du gouvernement pour la question du Panthéon.Mais les ministres ont eu peur, apparemment, do soulever une discussion au Parlement.C’est sous la forme d’un 44 décret ” publié ce matin û Y Officiel que les ministres désaffectent le Panthéon pour en faire un tombeau digne de M.Hugo.Le procédé est commode autant qu’illégal.Le gouvernement n’a pas le droit de changer, par un simple décret, la destination d’un monument public qui a été voué par une loi û un usage déterminé.Les ministres parlent du décret du prince Napoléon qui agissait alors comme dictateur ; mais ils oublient que ce décret a été ratifié par les Chambres et a pris par conséquent force de loi.En outre, le décret de ce matin vise le vote rendu par la Chambre il y a trois jours pour accorder à feu Victor Hugo des funérailles nationales.C’est donner à ce vote après coup une signification qu’il ne pouvait avoir.Evidemment un certain nombre de députés qui ont voté les 44 obsèques nationales ” ne l'auraient pas fait s’ils s’étaient doutés du projet final de la famille et du gouvernement contre le Panthéon.Mais les catholiques ne laisseront point passer sans protestation une pareille monstruosité politique.Hier soir,”au Congrès catholique qui s’est réuni pour sa session annuelle, M.Chesnelong au milieu d’applaudissements énergiques, a llétri ce nouvel attentat de la Dévolution.Demain, M.de Mun doit interpeller le gouvernement sur le décret de spoliation.Puissent ces protestations donner lieu à une action énergique du parti conservateur dont la devise jusqu’ici pourrait être 4‘ Laissons faire, laissons passer.N.* En livre magistral Le libéralisme religieux se nie lui même ; cependant on s’est trop occupé de lui, il a trop agi, il agit trop encore pour qu’on puisse y voir line de ces errems qui s’ignorent.Ses dé- négations valent celles du jansénisme, son ancêtre et, entant de points, son modèle.Du reste, c’est en vain qu’il cherche î\ se dérober.Tandis que ses adhérents ou ses complaisants demandent où il est, les hommes de sûre doctrine ne cessent do le dénoncer et de montrer en lui l’un des grands périls du temps présent.L’autre jour, nous signalions un des ouvrages récemment écrits dans ce but ; De conseclariis libéral ismi, par l’auteur des Cas de conscience sur le libéralisme ; aujourd’hui en voici un autre : La cité a ntic h rél ienne au XIXe siècle, par dom Benoit, docteur en philosophie et en théologie, ancien directeur de séminaire (1).Les titres de dom Benoît, les fonctions qu’il a remplies disent quelque chose ; son livre dit plus encore.Les deux volumes que nous avons sous les yeux,et que deux autres suivront, forment la première partie de la Cité a ut u h retienne ; ils sont consacrés aux erreurs modernes, Ces erreurs, l’auteur les définit et les juge en s’appuyant constamment sur les encycliques pontificales et les décrets du concile du Vatican.11 ne dit rien qu’il ne prouve, et quand il conclut, le lecteur, éclairé par tout ce qu’il vient de lire, a déjà conclu comme lui.Que ceux qui ne croient pas à l’existence du libéralisme ou qui, n’y voyant qu’une vague tendance et non une doctrine, doutent de ces dangers, lisent cet ouvrage.S’ils ont l’esprit ouvert et sont de bonne foi, ils reconnaîtront que la tendance libérale sert, sciemment ou non, le naturalisme.Or, celui-ci étant formellement condamné, il est au moins fort imprudent d’encourager celle-là.Le libralisme, d’ailleurs, même celui qui s’incline avec sincérité devant l’Eglise, n’est pas seulement une tendance , c’est une doctrine politique et religieuse, ayant pour base ou pour aboutissement l’égalité de droits entre le bien et le mal.Ses adeptes veulent en faire sortir toute une organisation sociale, qu’ils déclarent conforme au christianisme, nécessaire au temps présent, et où ils voient la loi de l’avenir.Nul doute pour ces sages que l’erreur et la vérité ne vivent en bon accord, au grand profit de l'humanité, dès que le libéralisme sera bien compris et loyalement appliqué.Dom Benoît n’est pas du tout de cet avis.Où les béats du libéralisme voient le bien, lui, il voit et montre le mal.Il leur dit, avec preuves à l’appui 44 que ces doctrines nouvelles, sous prétexte de concillior l’Evangile avec l’esprit moderne ruinent les droits de Jésus-Christ et souvent contredisent le bon sens ”.Sa démonstration, qui s’appuie, à la fois, sur les principes et sur les faits, qui rappelle sans cesse les enseignements de l’Eglise, est péremptoire.La parfaite netteté du style permet de suivre sans nul effort l’auteur dans toutes ses déductions.Comme l'indique le titre même de son ouvrage, dom Benoit ne s’en tient pas à frapper le libéralisme ; il étudie, définit et condamne toutes les erreurs modernes.C’est un grand travail, et il est bien fait.Ces quelques ligues n’ont point pour but d’en rendre compte ; elles veulent seulement l’annoncer.Et pour que cette annonce soit une recommandation eilicace, nous citerons deux des lettres que le savant auteur a reçues : l’une est de Mgr Mermillod, l’autre de S.Em.le cardinal Pecci.Lettre de Mgr Mermillod à D Benoit.Fribourg, 20 février 1885.Votre travail sur la Cité antichrétienne au dix-neuvième siècle est une étude sérieuse et approfondie sur les erreurs modernes ; vous en signalez l’origine, la progression logique ; vous montrez les ruines où elles conduisent les âmes, les familles et les peuples.Grâce à vos études, vous dévoilez les entreprises contre les droits et la liberté de l’Eglise, vous signalez la statolûtrie rationaliste comme le moyen de détruire le règne de notre adorable Sauveur Jésus-Christ.Vous étiez préparé à ce travail par les années passés à Rome,, par votre enseignement de professeur de séminaire, par cette vie monastique où des hauteurs de la solitude, de la prière et de la théologie, vous suiviez d’un regard vigilant la grande lutte de notre siècle.Fidèle aux encycliques des immortels et clairvoyants Pontifes Pie IX et Léon XIII, vous poursuivez de votre puissante vigueur cette cité antichrétienne, cette tour de Babel que cherchent à élever les impuissants adorateurs de l'homme.Vos deux volumes, nourris de faits et de doctrine, de doctrine substantielle et de faits indiscutables, seront le manuel utile à tous ceux qui ont à cœur de connaître le mal contemporain.Je ne puis donc que vous féliciter de cette savante et consciencieuse publication.J'aurais exprimé le désir de voir mettre en relief la cité de Dieu el nos espérances ; mais j’ai quelques raisons de croire que votre pieux et savant chef, le doux et austère restaurateur des chanoines réguliers, mettra au jour sa magnifique exposition de l’Eirlise, sa constitution et de son action.De telles œuvres sont une preuve que la cellule religieuse est toujours le foyer fécond de la science sacrée.Recevez, cher et révérend père, etc.Lettre de S.Dm.te cardinal Pecci.¦ Rome, 23 avril 1885.Très illustre monsieur.J’ai lu votre ouvrage ayant pour titre : Le> erreurs modernes, et je vous réponds tardivement, n’ayant pas beaucoup de temps libre.Ce que j’ai admiré dans votre œuvre, c’est l’excellente exposition des erreurs du jour et leur vigoureuse réfutation, mais surtout la clarté avec laquelle sont exposées toutes et chacune des parties de l’ouvrage.Aussi je vous félicite sincèrement et je vous remercie de m’avoir fourni, par le don d’un exemplaire, une lecture si agréable et si pleine d’ériuli-tion.Rempli d’estime, etc.Cardinal Pecci.Ce ne sont pas là, on le voit, de ces approbations banales, douées par complaisance.L’auteur y est sérieusement loué d’avoir bien fait un travail nécessaire.L’Univers est d’autant plus heureux de le constater que, dans ses luttes de chaque jour, il a soutenu, comme peut le làire un journal, le bon combat que soutient avec tant de science et de calme fermeté dom Benoit.Dans la seconde partie de son ouvrage, l’auteur s’occupera surtout des sociétés secrètes et de la franc-maçonnerie.Après avoir fait justice des doctrines que la cité antichrétienne oppose au dogme catholique, il s’occupera de la hiérarchie, ou plutôt des hiérarchies qu’elle oppose à la vérité.Eugène V eu illot.Iai impunie» «*< lu franr-iii néon u crie La franc-maçonnerie, cette Eglise du mensonge, n’a rien trouvé de mieux pour calomnier la mémoire de Pie IX, que de le revendiquer comme ayant appartenu lui-même à la secte.Récemment encore, de hardis imposteurs ont tenté de prouver, textes à l’appui, que Pie IX fut franc-maçon.Ce canard posthume a été vingt fois galvanisé et lancé par les Loges ; mais le canard ne vole pas et retombe à plat ventre sur le nez des lanceurs.Fauvres Loges et pauvre canard ! Car enfin, si le canard volait de par le monde et faisait des dupes, est-ce que les affaires de la Loge seraient beaucoup plus llorissantes, et l’Eglise de Satan s’en porterait elle mieux ?Si l'on parvenait à accréditer cette légende d’après laquelle Jean-Mastaï Ferretti aurait été reçu franc-maçon en 183(J, qu’est-co que cela ferait à l’encontrè de la Papauté, qu'est-ce que cela prouverait contre le Saint-Siège, où Pie IX ne s’est assis qu’en 184G ?Absolument rien.Supposons même — supposition absurde - que Pie IX déjà couronnnné [de la tiare, ait participé aux momeries maçonniques, qu’est-ce que cela prouverait contre l’inlaillibité du Pape et contre la divinité de l’Eglise ?Certes, oui, les badauds de la truelle pourraient alors argumenter contre l’impeccabilité du Pape, se battant ainsi en vrais chevaliers de la Manche cont re des moulins à vent, puisqu’il n'est jamais venu à la tête d’un catholique de défendre l'impec-cabilité du Pape.Donc, que les francs-maçons, si cela leur fait plaisir, se persuadent que Pie IX était des leurs avant de porter la tiare, et que, pour se satisfaire jusqu’au bout , ils absorbent le second canard, plus indigeste encore, à savoir que Pie IX a été à la lois Pape et maçon ! La Loge ne s’en portera pas mieux, ni l’Eglise plus mal.Au contraire ! quelle preuve ne serait-ce pas contre la perversité des Loges et en faver de de l’infaillibité du Saiet-Siège, si un franc-maçon condamnait, en sa qualité de docteur de l’Eglise — ce quo rie IX a fait plus d’une fois — et les Loges et leurs doctrines sataniques ?Le diable eut beau pousser le Christ à changer les pierres en pain : il ne receuilllit de ses manœuvres que la confusion de voir la table du Christ servie par les anges.La franc-maçonnerie aussi a beau vouloir transformer un Pape en maçon : elle n’aboutit qu’à se voir ana-thématisée par ce prétendu maçon.Il faut avouer que le désespoir et la rage poussent ces sectairss à d’étranges folies !* Les efforts furibonds tentés en ces derniers jours par les loges nous autorisent à croire que le coup de massue appliqué aux francs-maçons par l’Encyclique Ilumnnuni genus leur a troublé le cerveau.Voyez, en effet, dans quelles gigantesques folies ils se lancent ! Pour relever le prestige do la truelle et du tablier, ils vont tenir un grand convent à Rome même, dans la Rome des Papes : ils lanceront des planches sur le monde du lieu même d’où est parti 1 Huma-num genus ! Oui, c’est dans la ville où siège le Docteur infaillible de la vérité que le Père du mensonge va une fois encore réunir les assises de l’impiété cosmopolite.Los dilférents pays enverront au couvent de Rome leurs dignitaires maçonniques.Quare fremucrunt génies el poputi méditâti sunt inania.Principes cou- vcncruut in unum adversus Dominion et ad versus Christum e/us." Ils comploteront au seuil du Vatican la mort de la Papauté que le Christ a faite immortelle, et ils rêveront de faire du centre de la vérité le centre de l’erreur.44 Doininus subsannabit eos.Leurs desseins tourneront à leur confusion.Ils parviendraient à tuer le Pape qu'ils n’auront rien obtenu contre la Papauté.L’épreuve sans doute peut être terrible ; mais la victoire n'est pas douteuse.Avec la Papauté est le Christ invincible ; avec la Papauté est l'Eglise impérissable ; avec la Papauté est la Vierge Immaculée redoutable à l’enfer même.Si Pierre est en prison, l’Eglise est en prière et la prière fera tomber les chaînes de Pierre et les portes de sa prison.Le Rosaire, qui se déroule dans l’Eglise, comme l’arc-en-ciel se déroule sur les nuées du ciel aux jours de la tempête, nous est un sûr garant que les eaux du déluge ne submergeront pas la barque de Pierre.Tandis que les impies se concertent, se rassemblent pour présider aux funérailles de la Papauté, la Vierge Immaculée, invoquée par l’uni vers catholique, prépare déjà le triomphe.A Lépante, f Eglise t riompha par le Rosaire.Armons-nous du Rosaire et Rome sera un nouveau Lépante pour les Loges et pour le concile satanique que la maçonnerie va réunir dans le lieu où Simon le Magicien se fracassa la tète en voulant soutenir le défi qu'il avait porté à Simon-Pierre ¦ ¦ ¦¦¦ - ?-gr • -a> Lv Moniteur de Home " Nous lisons dans le Journal de Rome : Jeudi dernier, l’E,ne cardinal Fitra a fait écrire la lettre suivante au directeur du Moniteur de Rome, qui ne l’a pas insérée : Monsieur le directeur, Le numéro d'aujourd’hui Au.Moniteur de Rome contient le récit d’une FeuilUetoo du COURRIER DU CANADA 15 Juin 1885.—No 14 LE TEMOIN DU MEDITEE (Suite) Quand Musaraigne tint le papier, elle tira de sa poche un petit pot d’onguent et dit au meunier : —Frottez les membres malades pendant un quart d'heure et vous vous trouverez soulagé.Je reviendrai demain.Musaraigne courut chez le notaire fit dresser l’acte de vente et revint chez Rabot.Elle le trouva debout et guéri.La lionne santé dont il jouissait lui eût fait aisément oublier les tortures de la veille, et inspiré le souhait malhonnête de retirer sa parole, s’il n’eût pensé que la vieille femme avait aussi bien le pouvoir de lui rendre les douleurs que celui de les lui ôter.11 n'osa donc point refuser sa signature, et, à partir de cette heure, Douce devint légalement propriétaire du Chêne à l’Image.Le soir, la jeune fille écrivit à M.Légué v cl, La réponse de P avocat se terminait par ces lignes : 44 A la fin de laI craintive.semaine, mon ami Auguste Landier se rendra au village des Ormes et fera ce que vous désirez.” En diet, un samedi la voiture faisant le service des voyageurs s’arrêta devant l’auberge de Basile ; il en descendit un jeune homme de vingt-cinq ans qui, après avoir déjeuné, prit un album sous son bras et s’informa de la demeure de Musaraigne.—J’y vas, monsieur ! dit une voix d’enlant, si vous voulez marcher quant et moi.Chemin faisant, le peintre et son guide entamèrent l’entretien.—Où demeures-tu ?demanda l’artiste.—Chez Rabot le meunier.—Tu te nommes ?—Cri-Cri, pour vous servir ; c’est pas trop un nom de chrétien ; mais dans les sillons on trouve une petite bête qui s’appelle comme cela.Elle ne fait de mal à personne et n’exige pasgrand’ehosc pour vivre.On me ramassa un matin dans les champs entre des épis et des bluets, et on m’appela Cri-Cri.line pauvre femme du village m'apporta dans son tablier et m'éleva au milieu de ses cinq enfants.Des que j’ai pu travailler, je me suis mis au service de Rabot.Il ne fait pas trop bon chez lui, mais je gagne du pain et des sabots.—Tu connais Musaraigne ?—Oui, répondit l’enfant d’un voix —Elle est bonne pour toi ?—Pour moi et pour d’aucuns ; n’empêche qu’on ne faneuse d’avoir des accointances avec l’Esprit malin, et que je ne m’epeure quand j’entre dans la position (pie je viens de vous décrire.—Je vous obéirai, mademoiselle ; mais ne craignez-vous pas que ce dessin vous rappelle trop souvent un pu repas ne furent pas longs.Musaraigne saisit une poule noire et la se tint sur la défensive et répondit par monosyllabes.à la masure, dans la crainte de voir irréparable malheur ?un crapaud habillé de vert sur la table, et proche de la cheminée le balai qui lui sert pour sc rendre au sabbat.Auguste Landier ne put s’empêcher de rire.—Voilà Douce, reprit l’enfant, la fille du porte-balle.La jeune fille était assise tronc d’arbre où, plusieurs mois auparavant, avaient pris place les assassins de Louis.En voyant le jeune étranger, elle devina qu'il était l’ami de M.Légué vol.—Je me rends à vos ordres, lui dit l’artiste.—Merci, monsieur, répondit Douce Voici ce que je souhaite de vous.Regardez cet arbre là-bas.On l’appelle le Chêne à l’Image.Jadis de pieux pèlerins s’assoyaient sous son ombre ; les curieux y viennent aujourd’hui.Sur la route.en face.là dit la jeune fille en traversant le chemin, mon père est tombé sous l’arme d’un meurtrier.Il tomba la lace tournée vers le ciel, le bras gauche étendu du côté du Chêne à l’image.Je souhaite, monsieur que vous reproduisiez ce paysage, et que vous y ajoutiez le cadavre de mon pore, a en pre- — Peut-être m’aidera-t-il venir un autre, monsieur.Auguste Landier s'assit, ouvrit son album et commença son dessin ; au bout de trois heures il était ter- , miné.L’artiste le tendit à Douce., —Cela est fort bien, dit-elle ; : { maintenant je souhaite que ce dessin sur le soit tiré à des milliers d’exemplaires.—Que comptez-vous donc faire ?demanda Auguste Landier.; —Les vendre, répondit Douce avec calme.—Les vendre vous ?—Moi dans les foires, dans les marchés.La fille de Louis le porte-balle otfrira aux chalands l’image du chêne au pied duquel on assassina son pore.Laiulicr regarda Douce avec une triste surprise, et répondit froidement : —Vous aurez prochainement des épreuves.La journée s’avançait, l’artiste allait prendre congé do la fille du porte-balle, quand Musaraigne parut.Elle salua le jeune homme et lui offrit de se reposer dans sa maison.M.Landier accepta.Tous trois se dirigèrent vers la cabane.Les apprêts saigna sans pitié.Pendant que Douce ; —Une iière tête de coquin ! mur-dressait le couvert, l’artiste invento- j mura Auguste Landier, en observant riait la musure.Elle renfermait deux l’aubergiste.pièces ; la première s’ouvrait, sur le Le lendemain, il s’occupait de faire courtil ; la seconde donnait sur un lithographier le dessin du chêne et petit potager.Le lit de Musaraigne le portrait du malheureux Louis, occupait un des angles de la salle ; Ce fut Madeleine qui porta aux au pied du lit était un coti’re ; en Ormes le paquet des sinistres images, lace, un dressoir chargé de vaisselle Aux questions que lui adressa son à ileurs.Sur la haute cheminée, un amie, Douce se contenta de répondre : crucifix étendait les bras.Ce qui —Je n’ai point de plan tracé à donnait à cette pièce un aspect l’avance, et j’attendrai l’inspiration bizarre, c’étaient les paquets d'herbes de chaque heure.Ton père et ton sèches pendus au plafond ; les peaux frère sont au bagne.Mon père est de coleuvres et de crapauds clouées mort assassiné ! 11 faut que je découle long des murs ; les chouettes cm- vre le meurtrier de mon père et que paillées se balançant aux solives ; les je réhabilite Claude et Marcel, couronnes de verveine, les bouquets Le soir, Musaraigne demandait à de gui accrochés dans les coins.Douce : I Lejeune peintre no put résister au désir de reproduire cette intérieur i étrange, et achevait son croquis, quand Musaraigne rentra, tenant à la main une salade qu’elle venait de _ cueillir.Deux coups de crayon don- sa poitrine, lièrent au jeuno homme la silhouette —Je crois qu’il vous fallait une do la pauvresse et la forme svelte de enfant dit Douce, et l’orplieline trou-Douco apparut vaguement dans vc en vous une seconde mère ! l’ombre du lit clos.Le repas fut —Quand pars-tu ?—Demain, répondit la jeune fille.—Et nous s.?—Le 13 de chaque mois.Musaraigne pressa la jeune fille sur simple et court, l’adieu cordial ; le soir mémo Auguste rentra chez Basile.Il essaya de faire causer le cabaretier sur le drame de l’Image du Chêne, sur la fille du porte-balle et sur Musaraigne, mais le cabaretier (A suivre) OO Le Courrier du Canada, Lundi 15 Juin 18Ê5 IV V visite d’excuses, faites par M.le pro- J au premier rang des princes de fesseur Mommsen à S.Em.le cardi- l'Eglise, et que le Saint-Siège honore liai Pitra, à propos d’un lait recent toutc sa confiance, qui se serait passé à la bib lot îequc yeu*.C11 savoir maintenant sur L’auteur de cette note, rendant quoi La Paine s appuie pour injurier compte d’un entretien secret entre le cardinal Titra ! Voici son raison-Son Eminence et M.Mommsen, a nenient remarquable : Le Journal de commis, non pas, une indiscrétion, Romc a gtô condamné par le Saint’ puisqu’il n’a rien pu entendre, mais giè or le cartlinal ritra d6feutl ic un mensonge nui dénature cet entre- ° .Journal de home, donc le cardinal un mensonge qui 1 i on M.Mommsen est venu unique- Titra attaque le Saint-Siège.Voilà mont pour protester contre l’accusation dont il était faussement l’objet et dont sa conduite passée, depuis | rapports trente ans qu’il travaille a la Biblio- ,,, l'argumentation de La Pairie, argumentation très simple sous tous les thèque vatieane, lui donnait le droit de se croire à l'abri.Et vous demandant d'insérer cette rectification dans votre prochain numéro, je vous prie d'agiéer.Monsieur le directeur, l'expression de mes sentiments distingués.Torto, 14 mai 1885.Félix Grimaldi, prêtre.^•irétain* U*- ?Era.It* card.Pitra.SOMMAIRE Franco l’n livre magistral La papauté et la franc-maçonnerie Le « Moniteur «le Rom** » Feuilleton.— Le ttmoin «lu meurtro Le cardinal Pitra et la « Patrie » Nouvelles du Nord-Ouest.Troisième lettr** d
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