Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 23 juin 1885, mardi 23 juin 1885
£B9eme Aanee -—»• No H»*-E(lition quotidienne—9emc Annee Mardi S3 Juin 1885 JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.JjE CROIS.J'ESI^JRjE ET JT'AÏU40SÎ 'J 110.U AS 011 APAIS, Réducteur eu Chef.rsa LEGER BROUSSE AU, Editeur-Propriétaire.F II A N CK Paris, 4 juin.La lettre grossière de M.Goblet à S.Exe.le cardinal Guibcit vaut au digne collègue de M.Brisson l’honneur d'être complimente par les feuilles républicaines de toute nuance.On nous allirme que c’est là une réponse terme et digne, une “ leçon courtoise et polie ”.Du moins les journaux modérés du parti tiennent ce langage.Les organes radicaux montrent plus de franchise et se déclarent enchantés de la “ verte semonce ”, du “ rappel à l’ordre ” que M.Goblet inflige à l’archovê-que.En revanche, les journaux conservateurs les plus timides et les plus prudents ne peuvent contenir leur indignation devant cet outrage impertinent adressé par le ministre des cultes à un prince de l’Eglise, à un prélat dont loge, les vertus et l’exquise modération de langage ont raux ” d’une haine violente et brutale, messieurs les républicains continuent à nous prouver qu’ils pratiquent singulièrement entre eux la fraternité et la tolérance.Une des suites les plus curieuses de l’apothéose de Victor Hugo, c’est l'acharnement avec lequel la Jusli ce, Vin Ira figeant et d’autres feuilles radicales se sont mises aux trousses deM.lourde, directeur du Siècle.Le Siècle est une feuille éminement républicaine et anticléricale ; il passe même pour l’organe de la presse républicaine.Il avait donc des titres sérieux pour repérésenter la presse républicaine aux obsèques de Victor Hugo et pour porter la parole au nom de ses “ confrères.” Mais ce n’est pas l’avis des journaux radicaux qui, depuis plusieurs jours, n’épargnent aucune injure à M.lourde.On le traite de farceur, de maçon, de journaliste incapable d’écrire une ligne correcte, d’entrepreneur d’imprimerie, de faux frère.On rappelle quejadis le Siècle toujours imposé quelque respect aux ; favorisa de ses vœux la candidature adversaires les plus déterminés de la | de Vautrain, républicain modéré, religion.M.de Pêne, dont on con- j contre celle de l’immortel Hugo, naît la grande urbanité de langage, ! M.lourde est traîné ' s’écrie dans le Gaulois que cette let- nies.Si demain la Comm aux gemo-mmune éclatait dans son énergique arueie ce moi ue ( Qn s amuse bean goujat qui retentira désagréablement public d’un projet de loi déposé par désormais aux oreilles de M.Goblet.|e ministre de la marine pour obtenir Il faut bien vous dire qu’en géné- l’autorisation d'employer le bronze de ral on a été surpris du ton de cette nos arsenaux à deux statues de grands réponse.M.Goblet passait jusqu ici hommes.Les deux grands hommes pour un des hommes les^ mieux éle- en question sont l’un le général vés et les pins modérés du parti Jourbert, l’autre le citoyen Gambetta.républicain.Moi-même, qui le con- Le bronze dont se composera leurs naissais pour l’avoir entendu à la statues provient des canons pris au Chambre parler avec convenance des Tonkin par nos troupes.Mais tandis choses de la religion cl déplorer la qUe ]a statue du grand hâbleur de la guerre inepte poursuivie par le cabi- jjéfense Nationale exigera, d’après lé net Ferry contre les chanoines et projoi du ministre, 17,245 kilogram- desservants, je ne l’aurais pas cru ' ’ ^ .• • .* « .mes de bronze, celle de Jourbert, le les a entendus déplorer les exagéra- ! tions du zèle républicain.Un jour, Uoiiik,iii< lunèbri'ri un des meneurs de la bande, un de — ceux dont ils avaient blâmé la poli- Les orateurs chargés officiellement tique étroite ou haineuse, les appelle de louer Victor Hugo le jour de ses à partager avec eux le fardeau et les funérailles débiteront, à coup sur, agréments du pouvoir.Et alors ces force sottises.Là-dessus, point de sages, ces prudents, ces honnêtes doute pour personne.La question gens/dès qu’ils ont un portefeuille qui préoccupe les gens de bon sens à défendre contre les attaques de et de goût est celle-ci : Comment les l’extrême gauche—qu’ils méprisent panégyristes officiels feront-ils pour __deviennent les serviteurs les plus dire des sottises qui n’aient pas dociles, les plus plats de la démago- j encore été dites ?Nous ne songeons guère à résoudre la question ; mais pour montrer combien il sera difficile aux malheureux discoureurs d’être un peu neufs en fait de platitudes sonores, d’insanités prudhommesques, de blasphèmes imbéciles, d’extravagances de gie.A l’archevêché, la lettre de M.Goblet a produit un effet pénible.Mgr Guibert a été indigné de cet outrage public,dont il ferait peu de cas s’il ne s’adressait qu’à lui, mais qui est ostensiblement adressé à l’Eglise, à tous les catholiques en la personne*,toute sortes, nous allons reproduire du vénéré cardinal, l^es catholiques quelques traits d’hugolàtrie relevés savent aujourd’hui ce qu’ils peuvent çà et là.Déjà nous en avons donné attendre, comme justice et comme beaucoup dans notre Chronique , égards, du triste cabinet Frisson.mais il y en a encore ; il en reste à Tout en poursuivant les “ cléri- foison.Nous voulons en remplir une ou deux colonnes ; on pourrait combler des volumes.Vu l’abondance de la matière nous procéderons par extraits très courts : des jets d’éloquence, des élans d’admiration, des mots profonds, des pensées, des éclairs.Cependant notre première citation sera un peu plus longue que les autres.C’est un hommage qu’il nous plaît de rendre au journal qui a le plus poétiquement proclamé Hugo Dieu.Voici donc le Télégraphe, feuille républicaine, que l’on dit particulièrement aimée de M.de Freycinet, dont elle imite volontiers le ton onctueux.Lecteurs, écoutez le Télégraphe et pardonnez-lui ses comparaisons blasphématoires ; il ne com- j prend pas ce qu’il dit : “ Il y avait, dans l’antiquité, une grandiose et funèbre légende.Quand le dieu Pan mourut, ce fut le deuil delà nature.La mort de Jésus, plusieurs siècles après, est le rejlet de cet arc-en-ciel funéraire, qui courbe son nimbe noir de l’Orient à l’Occident humain.Il faut, aujourd’hui, remonter à ces grands mythes pour trouver une image du nouveau deuil de la terre.11 faut remonter au voile du temple et aux sanglots des forêts! Quel autre nom donner au poète énorme qui s’en va, sinon celui du dieu qui, pour les anciens, résumait et incarnait le monde ?” L’article qui débute ainsi est intitulé Soleil couché.Le soleil c’est Victor Hugo, qui tout de suite après devient Dieu, résume le monde, l’incarne et fait “ sangloter les forets.” L’auteur, poursuivant sa carrière, déifie en Victor Hugo le Pan sacré de la pensée ; il montre Y Humanité suivant le Dieu sur son char de palmes cl d'argent, et se faisant représenter dans le cortège par “ toutes les villes, toutes les nations, tous les pays, ” il annonce, en outre, que le murmure de la foule donnera “ la sensation des brises venues des prairies et des flots.” Hum ! cela demande vérification.Naturellement cet enthousiaste voit tout dans les œuvres de son idole, il y voit même de l’esprit.Conclusion : Victor Hugo “a été la voix de F Uni vers, l'Univers l'a aimé et l’Univers le pleure.” Que l'on ne regarde pas cet article comme faisant exception.11 est plus travaillé, quant à la forme, que beaucoup d’autres, et il est venu l’un des premiers ; mais tel a été, en somme, le ton général.Si tous n’ont pas eu l’idée de transformer Victor Hugo en dieu Pan, il en est bien peu qui ne lui aient donné des attributs quasi divins.Les plus réservés le gratifient si largement de toutes les grandeurs, de toutes les supériorités que peut montrer parfois la nature humaine, qu’il faut au moins lui reconnaître! un rang à part et unique dans l’hu-inanité.Le citoyen aliblé l qui, s’adressant au Rappel, demandait qu’un autel fût élevé par souscription au dieu Hugo, résumait en toute simplicité ce qu'il avait lu dans les feuilles publiques.Quelques-uns, parmi les admirateurs, ont craint de paraître un peu chiches, en se contentant d’accorder au majtre la divinité.“On n’aurait pas pleuré s’il n’eût été qu’un Dieu ”, a gloussé le poète Ratisbonne.Cependant de vrais et ardents disciples ou amis ont cru devoir s’en tenir là.Mme Quinet elle-même s’est bornée à dire du grand homme : “ Cette bonté allectueuse, ce regard faisaient oublier en sa présence le Dieu ”.Figaro, qui ne rate jamais l’occasion de faire sa partie dans les vilaines campagnes, rapportant un mot de Louis-Philippe, a dit : C’est ainsi que ce Roi parlait à ce Dieu.Les plus sceptiques, les plus froids ont voulu s’échauffer et jouer l’émotion.Il le fallait sous peine d’être distancé par les concurrents.“ Deuil général, deuil universel s’est écrié M.Maret dans son Radical.Puis encore : “ On n’entendra autour de “ ce cercueil que les sanglots de la “ France et l’Univers respectueuse-“ ment s’inclinera.” Un autre narquois, toujours sec aussi, M Rochefort, ayant vainement cherché des pleurs, s’est contente d’un mot : “ le grand amnis-tieur ”.C’est faible.La Eut ion : “ Victor Hugo était la personnification de la conscience moderne.” Pourquoi moderne ?Voici qui est plus clair : “ Et quand Victor Hugo descend dans la tombe, il y a quelqu'un de moins en France.” Vérité incontestable que M.Prud-homme est prêt à contresigner.Le Matin : “ Victor Hugo a formulé la pensée universelle et mené les hommes comme le berger même son troupeau.” Le Mot d Ordre : “ Ce n’est pas seulement un deuil national, c’est un deuil pour Y humanité.” Le Soir : “ 11 meurt entouré de la tendresse de tout un peuple.” Rien qn’w/i peuple ?c’est de la froideur.La Justice est plus en situation : “ Le coup a retenti dans le monde entier.Et maintenant voilà que le géant de la forêt tombe, laissant le monde dans la stupeur du large vide qu’il couvrait de son ombre.” Le Gagne-Petit : “ Le roi Hugo, pour faire pendant au roi Voltaire.” La République française : “ La civilisation tout entière portera son deuil.” Elle ajoute que Victor Hugo “ a suscité à la république des millions de soldats ”, puis “ des légions d’hommes ", enfin “des armées de citoyens ’’.De plus, elle rappelle le souvenir de Gambetta, que le poète “ avait tant aimé et pleuré ”.Elle n’en croit rien.L'Opinion : “ Son nom emplira pendant de longs siècles l’imagination des hommes et fera songer les jeunes filles lorsque l'ombre du soir descendra des collines ”.Quoi ! seulement le soir ; jamais ni le matin, ni le jour ?Du discours de M.Frisson à la Chambre, nous rappelons ces deux banalités, qui révèlent chez M.le président du conseil une parfaite impuissance : “ Les lettres ne sont pas seules en deuil, mais aussi la patrie et l’humanité, quiconque vit it pense dans l'univers entier.—Les petits et les humbles chérissaient et vénéraient son nom ; ils savaient que ce grand homme les portail dans son cœur P Il y a bien “ les portait dans son cœur” Nous trouvons la même idée, ou plutôt la même affirmation effrontée dans le G il Bias, mais elle y est mieux exprimée : “ Ceux qui perdent en lui un père, ce ne sont pas seulement les poètes, les écrivains, les artistes, les penseurs ; ce sont les humbles, tous les souffrants, tons les petits, tous les misérables, tout le peuple, dont il pansait et baisait les blessures.” Il y en a toute une colonne, et comme l’auteur veut toujours aller de plus fort en plus fort, il atteint le comble de l’extravagance et s’arrête, non parce qu’il a tout dit, mais parce que les larmes lélovffcnl.Que n’a-t-il pleuré plus tôt ! Le tapage de la presse a naturellement excité le zèle des lettrés, des artistes, de tout ce qui touche de près ou de loin au monde des lettres et des arts.Chacun a versé son pleur pour avoir sa réclame ; chacun aussi s’est efforcé de dire quelque chose de nouveau, de saisissant, de flamboyant.De là un amas de non-sens prétentieux et de niaiseries pompeuses, à nul autre pareil.Et quand, après les gens du j métier littéraire et artistique, sont venus les politiciens, les citoyens du drapeau rouge, les francs-maçons, ç’a • été le comble de la misère intellectuelle.Combien il faut que les autres peuples soient bêles pqnr que nous gardions encore un certain renom j d’esprit ! | Voici quelques-unes des appellations dont a été gratifié Victor Hugo., Nous les puisons dans le Rappel, où elles s’harmonisent avec les produits du lieu.—Né citoyen français mort citoyen de l’humanité.—Champion des ouvriers, apôtre de la civilisation et de la liberté mondiales.—Il mérita de passer de la vie contingente dans l’immortalité.—Colonne de lumière.—Grand éducateur.—Le grand humain.—Français du genre humain.— Champion de l’humanité.—Phare de la liberté—Tous les paysans, même illettrés, le pleurent.—Le génie le plus théâtral de ce siècle.— Souverain de la colline des sciences.Tirons l’échelle.9 Naturellement nous avons laissé de côté les qualificatifs, qui s’expliquent, et les hyperboles qui s’excusent : Génie sublime, le grand hom-! me du siècle, soleil du Parnasse, i l’honneur do l’humanité, etc., etc.Nous avons seulement cité ceux qui voulant faire grand, ont surtout réussi à faire drôle et qui rendent la surenchère très difficile aux orateurs officiels.Il y aussi dans le tas des comparaisons et des déclarations très propres à montrer que la recherche de l’enthousiasme peut facilement conduire au grotesque et à l’odieux.Par exemple, en voici un qui compare “ l’écrasement de la France, en 1870, à la mort du père de la patrie, en 1885, ” puis qui déclare avoir éprouvé de ces deux coups une douleur égale.Cet autre, non moins solonnel, mais plus gai, veut que les écoles communales de toute la France soint aux funérailles.Les facteurs à la marée déclarent Hugo “ étoile ” et le placent à “ la voûte céleste.” Un Italien fait un rapprochement dont le poète, de son vivant n’eût pas été fier : “ Garibaldi et Victor Hugo, frères par le génie et par leur œuvre éternelle.” Il est certain que, dans le genre épistolaire, le poète et le soudard ont montré une fraternité “ géniale ; mais, tout esprit national à part, si Victor Hugo, homme prudent, se battait moins volontiers que Garibaldi, il écrivait mieux.Ils n’ont pas manqué de profaner l’enfance en la mêlant à leurs folies.Voici une lettre qu’a publiée le Rappel avec nom, prénom, adresse,— choses que nous retranchons : Monsieur le rédacteur, Permettez à une humble petite fille de vous exprimer ses regrets !.Avec tous je pleure le grand maître que tout l’univers chérissait.Une petite orpheline de neuf ans qui pour baptême est allé demander la bénédiction du grand père.Je le pleure.Ils ne sentent ni combien c’est bête, ni combien c’est odieux.Cet article devient trop long ; il faut tourner court et laisser de côté quantités de “ sanglots, ” de “ cris de douleurs, ’’ d'appels à l’amour, d’élans lyriques, de chants de bravoure et de réclames, dont nous avions pris note afin d’égayer la situation.Nous devons même écarter divers projets sérieusement proposés pour la décoration du tombeau de ce “ Français de l’humanité, ” car les cryptes du Panthéon, lieu “ sombre et humide, ” ne suffisent point.Nous ferons cependant deux exceptions.La Ligne, journal du sceptique M.Andrieux, a trouvé bon de jeter aussi sa note, une note vibrante, dans ce concert.Voici son idée : ce n’est pas au Panthéon qu’il eût fallu placer définitivement le tombeau de Victor Hugo.Sa place était à Notre-Dame, non pas dans l’église [la Ligue respecte la religion], mais “sur la plate-forme de la crypte entre les deux tours.Quel cadre.”, etc.Et s’il n’y a plus moyen de réaliser cette belle idée, qu’on mette au moins à cette même place la statue du poète.Un correspondant du Rappel, esprit conciliant, se contente du Panthéon, mais, lui aussi, il repousse la crypte.11 faut, dit-il, que le cercueil de Victor Hugo soit en plein temple,sous la coupole, tenant lieu du maître-autel, bien éclairé, bien en vue, comme il convient “ au Dieu porte-lumière.” Cet autre entend que le corbillard qui aura porté les restes du roi Hugo soit conservé avec respect, comme monument historique “ à Versailles ou à Trianon.” Il y a des reliques.Le Rappel a élevé à ce rang toutes les feuilles du lierre qui tapisse le mur de la maison où est mort Victor Hugo.11 a vu “ une jeune femme ” cueillir une fouille dudit lierre et emporter cette relique en pleurant.Le caractère dominant de ces ex- i Feuillietoo du COURRIER DU CANADA 23 Juin 1885.—No 21 (Suite) Deux partis se formèrent.L’un accabla les Trézek, l’autre les défendit.Les adversaires de Claude et de Marcel l’emportaient on nombre sur leurs amis, et cette situation dura jusqu’au procès.Mais une ibis la condamnation des malheureux prononcée, quand les portes du bagne furent fermées sur eux, un revirement brusque s’opéra dans l’opinion.Une immense infortune attendrit toujours.On plaignit le sabotier.Les plus agressifs en vinrent à se demander si un homme jusque-là si probe, si désintéressé, était capable d’avoir assassiné son meilleur ami ?On s’entretint ensuite de l’attitude de Chéra pendant le procès.On accusa Geneviève do manquer de cœur.Le fermier fut en quelque sorte rendu responsable de la condamnation de Marcel et de son père.Car enfin, en admettant quo le verdict du jury eût atteint un cou- pable, [Marcel n’avait commis ce crime que par amour pour Geneviève, et l’orgueilleuse fille l’avait renié.On comparait son égoïsme à la conduite do Douce, qui, en face de la cour, avait donné sa propre innocence pour garant de la leur.La fille du porte-balle inspirait une touchante admiration.On parlait de ses efforts héroïques pour trouver les véritables assassins.L’existence de Musaraigne complètement changée, avait trouvé grâce devant tous.Jamais la vieille femme n’avait guéri plus de malades.Elle se multipliait, parcourant jour et nuit les campagnes, accueillant les mendiants, pansant les blessés, causant, questionnant.Elle tournait toute sa science en charité.On ne demandait jamais en vain son assistance.Qu’ii s’agit d’un fiévreux ou du bétail d’une ferme, elle se dérangeait, allait, venait, distribuant sans rétribution scs onguents, ses breuvages et ses poudres.11 existait cependant une famille, une seule, qui depuis six mois heurtait vainement à la porte de Musaraigne.Elle, si facile d’ordinaire à s’apitoyer sur le sort des fermiers frappés dans leurs récoltes ou leurs troupeaux, devenait insensible et cruelle dès qu’il s’agissait des Clié-rau.Au printemps, une grêle terrible étant tombée sur les avoines, Musaraigne sortit pour se rendre compte do la gravité des dégâts.Elle adressa quelques bonnes paroles à des cultivateurs attérés et trouva le moyen de leur rendre un peu de courage.Mais quand elle arriva en face des champs de Chérau, et qu’elle vit les jeunes tiges hachées et couchées sur le sillon, elle ricana méchamment, et, levant vers le ciel ses mains décharnées, elle murmura : —Justice ! seigneur Dieu, justice! Chérau espérait se rattraper sur la récolte des pommes de terre : elles manquèrent complètement.Un mois plus tard, les moutons, atteints de la clavelée, se trouvaient dans un pitoyable état ; deux chevaux avait la morve et les trois autres le larcin.Le fermier alla trouver Musaraigne.—Sauvez ma bergerie et mon écurie, dit-il, et je vous donnerai ce que vous voudrez.—Je n’en sauverai mie, répondit Musaraigne; l’or et l’argent ne peuvent rien à cela, ma science non plus.—Vous me haïssez, reprit Chérau.Mais si je vous ai fait tort, ce tort sera réparé, je vous le jure.—Vous avez dit Raca à votre frère malheureux, ce frère vous entraîne dans sa ruine.—Suis-je responsable de la condamnation des Trézek ?—Devant les juges, vous avez dit “ Je ne connais point cet homme ; ” maintenant Dieu ne vous connaît plus.* Chérau pria, supplia vainement.—Je puis quelque chose contre certaines calamités, fdit Musaraigne ; mais quand la colère céleste est sur une maison, je ne saurais lutter avec Dieu.Alors Chérau menaça ; la vieille femme sourit.—Je ne crains rien, dit-elle ; mais je vais vous donner un conseil : soignez vos bœufs, ils ne tarderont pas à tomber malades.—Tu leur as jeté un sort, maudite sorcière.—Dites cela à des juges, ils riront! On ne croit plus à la sorcellerie ! Le fermier entra chez lui plein de haine et de terreur.Le soir môme, le bouvier parut inquiet de ses bêtes.Le lendemain, on alla chercher le vétérinaire.Outre les bœufs malades, deux vaches étaient gonliées d’une façon inquiétante.Chérau paraissait désespéré.Il restait immobile, les bras croisés sur sa poitrine, répétant sans cesse : —Blé, bétail, tout y passera ?La nouvelle des malheurs successifs du fermier ne tarda pas à se répandre.Jusqu’alors cet homme avait été le plus constamment et le plus arrogamment heureux de tout le village.Chaque année son bien s’augmentait d’un bout de pré, d’un coin de bois, d’un angle de pâture.Il était devenu le marquis de Carabas des campagnes avoisinantes.Sa morgue croissait avec sa fortune.Mais sa prospérité le perdit.L’ambition de posséder croissant en lui avec la possession, on ne mit pas en vente un terrain, une bâtisse qu’il ne souhaitât l’acquérir.Il emprunta pour donner des à-compte ; les intérêts dévorèrentMes sommes considérables, il renouvela ses billets, porta la tête plus haute que jamais et sembla défier sa destinée.Geneviève l’imitait.A mesure que la ruine menaçait sa famille, elle devenait plus» iicro.L’année précédente, Chérau trouvant une petite ferme à sa convenance, l’avait achetée eu fixant l’époque du paiement à la récolte suivante.Outre son blé, il avait une bergerie si riche et un si admirable troupeau de bœuls, qu’il devait lui être facile de réaliser les six mille francs dont il avait besoin.Mais la grêle hacha son blé, les moutons moururent, les bœuts languirent, lus vaches ne donnèrent pas de lait.Tout alla de mal en pis.L’usure se mêla des affaires de Chérau ; son créancier était un paysan madré qui spéculant sur sa détresse, se lit céder du foin à vil prix, prit hypothèque sur des fermes et attendit avec patience la perte totale de l’orgueilleux fermier.L’homme le mieux informé de tout ce qui se passait aux Ormes était sans contredit Basile, le cabaretier.Tout eu mangeant leur pain bis, et leur lard salé, les fermiers s’entretenaient devant lui des tribulations de Chérau.Peisonne ne le plaignait ; la loi du talion qui V atteignait paraissait au contraire satisfaire tout le monde et causer une sorte d’allégement à la conscience publique.On se rappelait les duretés de Chérau avec ses débiteurs, le procès des Trézek, l’orgueil de la belle Geneviève.—Mais si on vend les Aubiers, dit un jour un petit métayer, que deviendront les Chérau ?Ils serviront les autres, là ! n’y a-t-il point assez longtemps qu’ils lout les vaniteux dans le pays.Quelques jeunes gens entrèrent dans le cabaret, Basile versa du cidre frais, et bientôt, à leur tour, ils parlèrent des habitants des Aubiers.• —Tout de mémo, les gars, dit l’un d’eux, Geneviève est un superbe brin de fille, et point trop malheureux sera celui qui la prendra pour femme.—Eh bien ! moi, foi de Médéric, s’écria un autre, j’aimerais mieux Jeanne là pastoure que cette mijaurée de village ! Que ferais-tu d’une femme qui songerait sans cesse à sa richesse passée, et croirait se déshonorer en aidant à scs servantes.Geneviève ne rendra jamais un mari heureux, à moins qu’il n’ait assez d’argent pour la garder à rien faire et pour lui acheter des dentelles et des bijoux.—On ne la demande guère en mariage, dit un autre.(A suivre) lie Courrier du Canada, Mardi S3 Juin I8£5 ¦.nviWtwintf-rr.* centricités qui jouent l’enthousiasme, j dienne : nos sociétés Saint-Jean-est le caractère révolutionnaire.Les j Baptiste, nos Instituts, nos corpo-chefs de la franc-maçonnerie, des.rations, nos métiers, nos professions, sectes socialistes et des sociétés secrètes ont compris qu’il leur serait facile, vu les dernières œuvres^ de Victor Hugo et sa mort, de faire nos hommes publics, nos artistes, nos écrivains, notre clergé, tous unis dans un même sentiment et dans tourner à leur profit l’agitation sou- une même acclamation.Nous vou-Icvée d'abord par les lettrés et les drions qu'il vit tout cela, et nous ne politiques officiels.Aussi tous leurs ; croyons pas qu'il fût tenté alors de groupes se sont jetés dans le mou\ e- j crjer .44 fcs Franrajs doivent partir ! " ment.Les loeres, les ligues, les chain- XT ., * v s ' 0 - Nous 11e saurions donner a ceux qui nous dénigrent une plus écla- bres syndicales, les sociétés de secours mutuels, les comités révolutionnaires, les cercles philantropiques, les associations patriotiques où l’on travaille pour la Révolution, s’empressent d’envoyer leurs adresses, de promettre leurs couronnes et d’honorer non pas l’écrivain, qui, par la nature de son génie leur échappe, mais le prétendu champion de l'humanité, le père des petits et des pauvres.Quel parade ! Et cependant, si tout ce que disent les hommes de la Révolution sonne faux, ce qu'ils font est juste.A ictor Hugo qui 11e fut jamais, au fond, leur ennemi, a fini dans leurs rangs.Lui qui semblait né pour la grandeur, il a feint de hair ce qu'ils haïssent et a joint à leurs blasphèmes les siens.Ces hommages faux, grossiers, déclamatoires, excitant le sourire et la pitié, il les a mendiés, et la justice de Dieu, s’appesantissant sur lui et sur d'autres, a permis qu’il les reçut.Eugène Veuillot.SOMMAIRE France Honneur funèbre Feuilleton.—Le témoin du meurtre La fêt5.208 URAWi TREATME (Jnc mitre preuve de l’efficacite de L'EAU MINERALE DES CÉLÈBRES SOURCES ST-LEON.LA SANTÉ EST LA RICHESSE U traitement du docteur J.C.WEST pour tes nerfs et le cerveau cil un spécifique sûr contre l’hystérie, les étourdissements, les convulsions, les accès, les névralgies nerveuses, les maux de tête, l’affaiblissement des nerfs causés par l’usage de l’alcool, ou du tabac, affaiblissement du corps, «le l’esprit, ramollissement du cerveau, conduisant à la folie, à la décrépitude et à la mort, vieillesse prématurée, stérilité, et toutes maladies causées par un excès de travail de l’esprit, ainsi que tout excès de tout autre goure.Chaque boite contient des remèdes pour un mois.Un dollar par boite, ou six boites pour cinq dollars ; cinoyées par la malle, sur réception du prix.Nous garantissons qno six boites guériront tous les cas.Avec chaque commande «pie nous recevrons pour six boites, accompagnées de cinq dollars, nous expédions à l’acheteur la garantie écrite que nous lui remettrons son argent, si le traitement n’opère pas une guérison.Les garanties seront données par J.J.VELDON, Pharmacien, 120, rue St Joseph, Québec, seul agent autorisé pour la vente de ces remèdes Quebec, G décembre 1884 — lan.100 Certificat.-Messrs GINGRAS, LANGLOIS A CIE.Messieurs, Depuis nombre d’années, je soufflais de la terrible maladie «le Dyspepsie, à un tel point que je ne pouvais manger de viande, depuis près de 2 ans.Ajnnt lu les diflérentes guérisons obtenues par l’usage de l’Eau Minérale de St-Léon.je commençai à en boire suivant la manière prescrite dms vos annonces ; j’en fais usage depuis un mois ei maintenant je puis manger de la viande; j’ai bon appétit et je deviens plus fort de jour en jour.Je me fais donc un devoir recommander cette Eau merveilleuse à tous ceux qui souffrent de la mémo maladie.Je suis, avec reconnaissance, Votre très honoré, LiEVY RECIO, Agent général d’impressions, Gl, rue Grant, St-Rocli.Un approvisionnement frais reçu aujourd’hui.GINGRAS, LANGLOIS A CIÈ, N.3, rue Fort Dauphin, Vis à vis H Palais Archiépiscopal.Québec, Il mai 1S85.187 Bazar de Tadoussac.IS jfmL 2E EH LES RR.PP.OBLA’I S se proposent, avec la bienveillante autorisation de Mgr l'arche véquo, d’avoir l'automne prochain, un bazir en faveur de leur église.Voici les noms des Dames qui ont eu la bonté d'accepter la chirge des labiés.Table do Sainte-Famille.—-Mmo vve B.Vail-laneourt, Mme F.Martineau, M.M.Robilaille, M.F.Auger, M.S.Langlois, M.P.Verret (lilsj, Mlle J.Fraser dit Trudel.Table du Tiers Ordre.—Mdes Louis Lépine, Joseph La franco, J.Trudolle, N.Minguy, Z.Z.Pouliot.L.Falardoau, Marcel Rochette.Table St-Jean-Baptiste.—Mdes F.Fortin.A.Laliberté, S.Donbrcwski, F.H.Audibcrt, Vve Fred.Fraser, Léon Saucier, Môvillo Dcchône, ( Joseph Lachance, Pierre Légaré, F.X.Fournol,| Théophile Dussault, Théodore Alain, Magloire • Simard, Napoléon Shink.\ Table des congréganistes sous le patronage | de St-.loseph.—Mdes F.x.Biron, André ,Tac-*» (pies, Gaudioso Letarte, Albert Pûquet, J.B I Picard, Magloire Jacques, Georgo Montminy.i Table des Enfants de Marie —Dllo Zoé Petit, Dllc Sophie Verret, Plies Mario Langevin, Clocha Gosselin, Léa Marois.C1K bazar destiné à venir on aide à la nouvel! 1 / églbo de Tadoussac, dans lo comté do Saguenay, sera ouvert à Tailaussac, le 3 Août prochain.Les personnes charitables qui désireront con.tribuer à cette bonn - reuvic sont respecta* use-ment priées do présenter leurs offrandes, aux personnes suivantes, savoir : Faubourg St-Jean.M.E.Vincent, libraire “ * St-Rocli.M.M.Drouin et Frère.Haute-Ville.M.Chaperon, libraire Basse-Ville.M.N.Hardy, .4 La fanfare «le la Malbaie, sous l’habile direction «le M.Geo.Kune, a promis son harmonieux concours.La “ Compagnie du Saint-Laurent ” a généreusement offert de transporter gratis les ellets destinés ait bazar.L.S.A CARON, pire.(ht ré.Québec, 19 juin 1885.221 W - .T».Table du Rosaire Vivant.—Miles r.îagioiru * Giguère, L.Godbout, J.Laberge, J.Larochello, J.B.Dugal, Ford.Marois, J.A.Hamel, Jean Giroux, père ; Jean Giroux, lils; A.Devarenne.Table do rafraîchissements.—Mdes Pierre Roy, Louis Marois, J.B.Falardoiu, J.H.Lanointe.iV D.—Les personnes désireuses de contri huer à cotte hello et bonne œuvre sont priées d’adresser leurs offrandes à une «le demes ou au R.P.Grenier, Ü.M, I , directeur du bazar.Québec, 22 avril 1885, 183 h.Or.Liejrine, LIBRAIRE, T NF( )RME les membres du clergé, scs amis et L lo pubiic en général qu’il a transporté la balance du stock do marchandises qui lui reste en mains au Xo 53, rue StJoseph A St-Koch, oit iljcontinuorn à recevoir toutes les commandes qu’on voudra bien lui confier Québec, 8 juin 1S85 214. Le Courrier du Canada, Mardi 83 Juin 1>8& Guide des Voyageurs Chemins de Fer “TT CHEMINS DE FEP.DU NORD II y a deux trains à passagers chaque jour de Québec à Montréal et vice-versd : Le train de la Malle partira de Québec à 9.15 heures a.m., et le train Express à 10 heures p« m* Les trains du dimanche partent de Québec pour Montréal à 4 heures p, m.GRAND-TRONC TRAIN MIXTE 10.30 A.M.—Train mixte laissera la Pointe Lévis pour Richmond et tous les points de ’Est et l’Ouest, arrivant à Montréal à S.45 J\ M.TRAIN DC SOIR 8.30 P.M.—Express pour Richmond, Sherbrooke, Island Pound, Gorham, Lewiston, Portland, Montréal et tous les points de l’Ouest, de l’Est, et du Sud-Ouest et Nord-Est.QUÉBEC ET LAC ST-JEAN Allant au Nord 0.35 a.m.Train mixte laissera Québec pour le Lac Million, arrivant là à 10.45 a.m.5.30 p/m.Train de la Malle laissera Québec pour le L*ac Simon, arrivant là à 7.15 p.m.Allant au Sud 7.10 a.m.Train de la malle de Sl-Raymond pour Québec, arrivant là à 8.55 a.m.1.15 p.m.Train mixte laissera le Lac Simon pour Québec, arrivant là à 6.00 p.m.Train de la Malle se rendra jusqu’au Lac Simon les mardi et samedi, arrivant là à 7.45 p.m.Au retour le train laissera le Lac Simon à 8.15 p.m., arrivant à St Raymond 8.45 p.m.les mêmes jours.TRAVERSE DE ST-ROMUALD ET DE SILLERY Vapeur Lévis De Quéueg De St-Romuald G.00 a.m.5.15 a.m.9.00 a.m.8.00 a.m.11.30 a.m.10.00 a.m.2.00 p.in.1.00 p.111.4.30 p.ni.3,00 p.m.6.15 ]).m.5.30 p.m.DIMANCHE De Quekec De St-Romuald 1.30 p.m.2.00 p.m.3.00 p.m, G.00 p.m.5.30 ]>.m.ISLE D’ORLÉANS ET QUÉBEC De Québec De l’Ilk d’Orléans 6.30 a.m.5.15 a.m.9.15 a.m.S.00 a.m.11.30 a.m.10.00 a.m.2.30 p.m.1.30 p.m.4.45 p.m.3.30 p.m.6.45 p.m.5.45 p.m.DIMANCHE Québec De lTlk d’Orléans 1.00 p.m.11.30 a.m.2.30 « 1.45 p.m.4.00 « 3.15 « 6.00 « 5.00 « 7.00 * Arrêtant à St-Joseph en allant et revenant.Les jours de fête, un voyage se fera de ITIe à Québec à 8 heures du matin.QUÉBEC-CENTRAL Les convois circulent comme suit : de Lévis à Sherbrooke.Il h.a.m., convoi de la malle, arrivant à la jonction de la Beauce à 1.10 p.m.et à Sherbrooke à G.15 p.m.De Lévis à St Joseph, Beauce: départ de Lévis, train mixte 3,00 p.ra.Arrive à St Joseph à 7.10 p.m.Départ de St Joseph à 6.00 a.m.Arrive à Lévis à 10.00 a.m.QUÉH3EC ET MONTREAL Le vapeur Montreal, capt Roy, laisse Québec pour Montréal, les lundis, mercredis et vendredis à 5 heures P M.Le vapeur Québec, capt Nelson, laisse Québec pour Montréal, les mardis, jeudis et samedis à heures 1* M •c* BERTIIIER Le vapeur Monlmagny, quitteia le quai Champlain à 4 h.p.m., les mardis et jeudis pour St-Laurent, St-Michel, St-Jean et Berliner, et les vendredis et samedis à i h.p.m.pour les endroits ci-dessus.CHEMIN DE FER INTERCOLONIAL Trains laissera Lévis pour Halifax et St Jean à 8.15 a.m.Pour la Riv.dit Loup à 1.45 p.in.Pour la Riv.du Loup à 8.*20 p.ni.Ces trains circulent sur l’heure du Eastern Standard Time.Lignes de Steamers LIGNE ALLAN Un steamer de cette ligne laisse Québec pour Liverpool, tous les samedis matin, à 9 heures, durant la navigation, avec les passagers, arrêtant à Rimouski pour le service de la malle.Un steamer de cette même ligne laisse Liverpool tous les jeudis, avec les passagers et les malles canadiennes Le.» steamers de Glasgow, de la même ligne aussi, parient dans leurs directions respectives, environ une fois par 15 jeufs.Prix du passage de Québec t Cabine $65, $70.et $80 ; Cabine secondaire : $40 ; Entrepont : $25.COMPAGNIE DES PORTS DU GOLFE Le Miramichi partira de Québec mardi, le 30 juin, à 2 hrs p.m.f pour Pictou, arrêtant à la Pointe aux Pères,Summerside et Charlottetown.Vente des billets de passage chez Leve et Alden, vis-à-vis l’hôtel St-Louis.Bateaux à Vapeurs ST-JEAN DESCHAILLONS Le St Louis, capt Labelle.part de St-Jean LIGNE ALLAN, Sous contrat avec le gouvernement du Canada cl de Tcrrcneuve pour le transport des MaHcs CANADIENNES ET DES ETATS-UNIS.—A li HANG EN E NTS IT ETE— LES lignes de cette compagnie so composent des vapeurs en fer à double engin suivants, construits sur la Clyde.Ils contiennent des compartiments à l’éprouve de l’oau, sont sans rivaux pour la force, la rapidité et le confort, sont équippés avec toutes les améliorations modernes que l’expérience pratique a pu suggérer, et tous ont effectué les plus rapides traversées dont 11 soit fait mention dans les annales maritimes.Vaisskaüx.Ton- Commandants.nagk.EU MEGAN.6100 en construction.PARISIAN.5400 Capt.J.Wylie.SARDINIAN.4*200 Lt.Dutton,M N l( CIRCASSIAN.3400 Lt.Smith, li N R POL Y NES IA N.4200 Ca vt.R.Broun CO REAN.4000 _ :- GRECIAN.3600 Capt, Legallois.SA R MA TI A N.3600 Capt A.Aird.BUENOS AYREAN.3800 Capt.N.McLean.SCANDINAVIAN.3000 Capt II.Wylie.PRUSSIAN.3000 G apt J.Ri! chic MORAVIAN.2c50 Cap:.J.Graham PERUVIAN .34fïd Cc.vl.Barclay.CASPIAN.3200 Capt.Tracks'.HIBERNIAN.:i 100 LL Archer, R N R NO 1A SCO Tl A /.3300 Cap L.Ri ch a r d s o u AUSTRIAN.2700 Capt.J.Wyhe.NES TORIAN-.2700 ('apt J G Stephen: MA NI TO BAN.5160 Capt.Home.CANADIAN\.«.26OU Capt.J.Miller.CU R ! A THiA H.2000 Capt.Jas.Scott.PHOENICIAN-.;60ü Capt.Mcnsits WALDENSIAJI.- .4*300 Capt.Sicohens i LUCERNE.2300 Cc.pt.Krn\ ! Ai AD IA N.! JaO ap> t.Label, NEWFOUNDLAND.1500 Capt.Mylivs.1604) vue O&T&Œ'&X.» uî \nV ¦ 4 4 à : f ' ‘ rr- “ f \ •• .• m $ «v An W\ • ¦.m v-Lï&xz-’S ’¦ .Jigpfe ¦ .• ¦ • .>, y — •\ f 9 % jH - V • .- » v\ • / v.\ î-.-V&V' v*-\ ««t .• % * • • a .* G B.LAN üTOT, IMPORTATEURS d Ornements, Bronzes et Marchandises de tous genres.d'Eglises :o\' lanes, Lingeries IVglisrs MAXtiicinni: DE Statues du tomes descriptions, Vêlements occléshsli.iues, S ni Chemin de Croix en peinture sur toile.Vin de Messe, approuvés par Sa Grandeur Mgr de Montréal, Cierges, Chandelles, Huile d'olive, Encens, Braise-encens, Chapelets, Images.w » • ._ .Médailles Crucifix, objets d’arts et dé fantaisies.M.‘ ,ino?,u Soutanes, Says noirs.Draps noirs, Toiles, Soiries de toutes couleurs qua iiés LtoJf.s a vojje Galons, franges, Dentelles et Guipures ea or.Glands, Bouquets l.ro lés or, **10’ île.Candélabres et lustres en Cristaux, Lampes do Sanctuaire, Chandeliers d’Autel, etc., etc.— Grande spécialité de— et tout autre décoration Bannières, Drapeiux, Orillammes, Colliers, Bandelières, Iiis'gn pour fêtes nationales et publiques.Toutes commandes pour célébration do l i Fêle de St-Jcan-Baptist Descliaillons, tous les lundis o lvendredis, ar e- voie ^ plus courte sur mer entre l’Amérique j s®.I|Ce et exécutées sous le plus court délai, avec soin, à la satisfaction nlehV* if, Platon.et r Europe, la traversée s'effectuant en cinq clients aux prix les plus modérés.tant à Ste Emélie, Lotbinière, Portneuf, Départ de Québec, les mardis et samedis.Ht*ure réglée par la marée.Prix : aller et retour 50 cents.if»; u es a vcc rc c 011 na i s et «litière de nos jours seulement d’un continent à l’autre.G RONDIN ES L'Etoile, capt Paquet, part des Grondines, tous les lundis et vendredis, remontant le lendemain, arrêtant au Platon,Deschambault.Lotbinière, St-,lean Descliaillons et Cap Santé-Heure réglée par la marée.ST-NICOLAS Le Laurentides, Capt A Baker, part tous les jours de Québec, à 4 heures P M., et de St-Nicol&s à 6 h a m.Prix : aller et retour 30 cents.Les vapeurs du service de la Malle de IIVERPOLL, LONDONDERRY, QUEBEC et MONTREAL De STE CROIX Le Ste Croix, capt Boisvert, part de Ste-Croix tous les lundis et vendredis, remontant le lendemain, arrêtant à St-Nico!as et à la Pointe à Aubain, Pointe aux Trembles et Ecureuijs.Heure réglée par la marée Lign es d ’ Om ni h us EGLISE STE-FOYE, LA COTE GltAbDOX, LES COUVENTS JÉSUS-MARIE ET I>E BELLEVUE, ET LES CIMETIÈRES MOUNT HERMON, WOODFIELD ET BELMONT.Voir l'annonce sur la Sème page pour l’henre «In (!é]iftrt «le ces Omnibus1 QUÉBEC ET LÉVIS Les bateaux South et North font le trajet entre Québec et Lévis tous les A heures, depuis 5 h.a.m., à minuit.Prix, G cts aller et retour.STE-ANNE DE BEAUPRÉ Le vapeur Brothers'Ll rases voyages entre Québec e.t Ste-Anne tous les jours,* à G heures heures a.m., excepté les mardis et samedis où les vovages se feront suivant la marée.Il fera un voyage régulier tous les dimanches Le départ aura lieu à 8 heures du matin du quai Champlain.Le prix aller et retour sera de 59 cents.CAP ROUGE Départ du Cap Rouge à tZ a.m., arrive Québec a 10 heures a.m.Départ du Bureau de Poste, Québec, pour Bergerville et le couvent de Sillery à 11 45 a.ra.Départ de l'Eglise de Sillery à *1 heure p.m., arrivé à Québec à 2 heures p.'m.Départ du Bureau de poste pour le couvent de Sillery c*t Cap Rouge à 4.15 p.m.21 Mai 28 « 4 Juin 11 « 1S * 25 * 2 Juillet 9 1 De De Derry Steamers Quebec 22 Mai Sardinian 13 Juin |29 « Sannatian 20 « 5 Juin Polynesian 4 Juillet 12 « Parisian 2; Juin 19 « Circassian 11 Juillet 2 G « Sardinian tS « 3 .Juillet Sannatian 25 1 110 « Parisian.1 Août PARTANT DE II A LIFAX A DEUX HEURES P.M., ou à l’arrivée du tiain du chemin de fer Intercolonial venant de l’Ouest.Prix du passage de Québec via Halifax : Cabine.$60.00, $70.00 et $80.00 Suivant les accommodements.Intermédiaire.$30.00 Entrepont.Au plus bas prix.Québec, 29 avril 1885—1 an M7 LA nus GRANDE MERVEILLE DU TEMPS MODERNE Semaine Sainte notée./ /’ TJ J/ tw A JWï mm?s c- ,yss m Les vapeurs «lu service «le Glagow, Québec et Montréal De Glasgow.Steamers De Montréal le ou vers Voir ligne « Londres 16 avril Ntslorian 23 « Carthagenian.9 mars 30 « Siberian IG « 7 mai Norwegian 23 « i1 1 Grecian 7 Juin 21 1 Buenos Agréa n 14 1 r-r—* le do ST-AMBROISE (Jeune-Lorettc.) Départ de Québec, tous les jours, à 4 heures p.m., de chez Ant.Blondeau, épicier, coin des rues de la Couronne et St-Valier, St Roch.Prix : 50 cents aller et retour.SAGUENAY Les vapeurs St-Laurcnl et Union partiront du quai Saint-André tous les mardis, mercredis, vendredis et samedis, à 7.30 a.ra., pour Chicoutimi et la Baie des Ha ! Ha ! arrêtera à la Baie St-Paul, Ileaux Coudres, Eboulements, Malbaie, Rivière du Loup, Tadoussac et l’Anse St-Jean, aller et retour, TRAVERSE DE QUÉBEC A LÉVIS QUEBEC | LEVIS Pour le chemin de fer Intercolonial.A.M.A.M.7.45 Malle pour CHATEAU RICHER Départ do Québec tous les jours à 4 heures P M., chez Jean Lemelin, épicier.111, rue «lu Pont, St-Roch.Départ du Château Richer à G J heures du matin, Prix : aller et retour 50 cents.STE-ANNE DE BEAUPRÉ Partira du pont Dorchester trois fois par semaine, les mardis, jeudis et samedis à 24 heures P.M.Prix : 70 cents aller et retour.5.30 Accommodation 4e la R.du Loup P.M.2.C0 Malle de h a Riv.du Loup.7.45 Express Halifax.de Halifax.8.00 Accommodation pour la Rivière du Loup.P.M.1.15 Malle pour la Rivière ou Loup.5.00 Accommodation pour la Rivière du Loup.Les samedis seulement P.M.2.00 Malle anglaise pour Rimouski.Pour le Québec Central A.M.10.00 Mixte de Saint- A.M.10.30 Express pour Sherbrooke.P.M.2.30 Mixte pour St-Joseph.P.M.4.00 Joseph.IC x p r e s s Sherbrooke.de BARRIÈRE DU SAULT MONTMORENCY Partira du Pont Dorchester pour le Sault Montmorency, tous les jours, le matin à 10 hrs.et à midi.L’après midi a 5 heures.Prix, 20 cts aller et retour Chars Urbains Les vapeurs du service do LONDRES, PLYMOUTH, QUEBEC, ET MONTREAL De Londres via Plymouth Voir ligne *iîe Glasgow 30 Avril 14 Mai 28 1 Steamers Nestorian.Corean.Canadian.Nestorian.De Montréal le ou vers le 2 Mai IG 1 30 1 I3 Juin On ne peut retenir sa chambre sans en remettre le prix d’avance.Il y a à bord de chaque navire un médecin.Des billets de connaissement pour la traversée sont donnés à Liverpool et aux ports du Continent pour tous les points du Canada et des Etats de l’Ouest.Un vapeur avec les malles et les passagers pour les -Steamers de la Malle de Liverpool laissera le quai Napoléon chaque SAMEDI MATIN, à NEUF HEURES précises.Pour de plus amples informations s’adresser i ALLANS, RAE & Cie, Agents, Québec.G juin 1885___ LIGNE DE LA MALLE ROYALE.i Les Pilules et Onguent Holloway ! LES PILULES ’purifient le sang, et guérlssen* tous les dérangements du foie, de l’estomac des reins et des intestins.Elles donnent is force et la santé aux constit it:ons débiles, ef sont d un secours inappréciable dans les indis positions des personnes du sexe de tout are Pour les enfants et les vieillards, elles sont d’iT prix inestimable.L’ONGIJSSNT est un remède Infaillible pour les douleurs der.s les jambes, la poitrine, pour les vieilles blessures, plaies et ulcères.Il est excellent pour la goutte et le rhume Usine, Pour les maux de gorge, bronchite, rhumes toux, excroissances glanduleuses, et pour toutes les maladies de la peau, il est sans rival.Manufacturé seulement à l’établissement lu professeur HOLLO W A Y.533?RUE OXFORD, LONDRES, et vendu à raison de ls.14d., 2s' 9d., Ils.22s., et 33s.chaque boite et pot, et au Canada à 36 cents, 90 cents et $1.50, et les plut grandes dimensions en proportion.AVEIITISSEMENTS.-Jc n’ai pasd’a gents aux Etats-Unis, et mes remèdes ne sont pas vendus dans ce pays.Les acheteurs devront alors faire attention à l’étiquette sur les pots et les boites.Si l’adresse n’est pas 533, OXFORD S1REET, LONDRES, il y a falsification.Les marques de commerce de mes remède sont enregistrées A Ottav/a et à Washington Signé : THOMAS HOLLOWAY, ' 533, Oxford Street, London Québec, 2 novembre 1881—1 an.G E soussigné est heureux do pouvoir offri aux Messieurs du Clergé, aux U’ommunau tes religieuses et au public en général, une nouvelle édition revue, corrigée et augmentée) «lu livre intitulé « La Semaine Sainte ou la grande semaine, • car c est dans c«) livre «nie nous trouvons «les détails précieux sur la passion, la mort et U résurrection do notre di\in Sauveur.Combien «le personnes ont ouvert les yeux ù la lumière de notre sainte religion en méditant sur les soiUhunces et li mort de Noire-Seigneur Jésus-Christ, en lisant la semaine sainte ou en suivant les chantres pendant les ollices de cette grande semaine.On pourra se procurer à la même librairie : Le Paroissien note, «lernière édition augmentée «le tout«*s les nouvelles fêtes, etc , etc., aussi le nouveau Manuel des Congréganistes \ sans ren\oisj, tous 1-s livres de piété on usage «la 11 s notre pays, tous les nouveaux ouvrages «le polémique religieuse, ainsi quo tous les oui \rag«*s contre la franc-niaçonii«*rio européenne et canadienne, un assortiment d’articles r.di-gieux, tels «pie Clraiuins «le Croix, Images Statues et Statuettes, Chapelets, Cartes «lii rosaire.Médailles, etc., etc.La soussigné se charge de l'importation, pour églises, -les cloches de la célèbre fonderie «le Mears, a Londres, Angleterre, ainsi que «h» toute autre commande «pie l’on voudra bien lui confier.Toujours en magasin : Ostensoirs.Ciboires.Calices, Burettes, Encensoirs, Lampes pour églises, Encens, Hosties, Cierges garantis pure cire, etc.Livres classiques, Fournitures .e bureaux et d’écoles, Editeur-propriétaire des deux magnifiques séries «le cahiers do calligraphie en anglais et en français—approuvées toutes deux par le Conseil de l’Instruction Publique de la Province «le Québec.Ln escompte libéral tst accordé pour les achats au comptant.Une visite est sollicitée.•T.A T .A X f î T A 1 Sj t n«n MMr.No 177, Rue St-Josepli.St-Itoch, Quebec.Québec, 18 mars 1885 j 03 f ~"y7üilit '¦?Tl 1.7,1 • • .0 *% * • : - - ^ l \J iiU{r h DF Y, "Wire, ballon .le 8a°Cïrandour AlgM'Arebové JÏÏTi renferme une foule do renseignements tililos et indispensables aux tortialro5* Québec, 14 avril 1885.“ !7J RUE BUADE, HAUTE-VILL'i Québec.IMPRIMÉ ET PUBLIÉ PAR LEGER BROüSSEA C Uunr-fr,prUUirt No 9,ruo Buado,Haute Villo,Québec
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