Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 3 avril 1886, samedi 3 avril 1886
gOeme An nee *vn's- v-'«ra rti'^w^/iaar IVo £250' Edition quotidiemie-Oense Année Samedi 8 Avril £886 ir/^swari iPzrjvcE.uzt: '.'Ze?3 JOURNAL DES INTERETS -——«*nQüc«»ca>>r.v tsvrra^i «r'cœe^ïrasifAKSïr, 'tarin-: tcsa*.a*5G2 • ?r7r.rnagr-jfLL-»»r«zrgg IBg02B«iaezg0Baiffl rrecr s, TO a société des ] pales> ]a doctrine de la magnifique « a' ec ' oionR clüenduc arec elle s égarait, encyclique Immortale Die,' mouu- lapIus 6Uave chante, la vente, 11 ialla.it qu.une parole, plus auton-, ment admirable de haute raison, de sée que celle des philosophes et des science théologique et de paternelle politiques, s’élevât pour jeter le cri i charité.d’alarme et réapprendre leurs devoirs aux peuples et aux gouvernements.Les Souverains Pontifes n'ont pas failli à ce devoir et, 44 dans la 4k pleine conscience de ce que récla-i4 mait d’eux la charge apostolique, 44 ils n’ont jamais souffert que les 44 doctrines ci-dessus exposées fussent Tous les fidèles ne pourraient peut-être pas suivre un enseignement aussi élevé ; il faut y être préparé par une connaissance non corn* rayonne naturellement et s’insinue dans les esprits.Il ne s’agit pas seulement pour un chrétien d’être résigné à la vérité, il faut l'aimer et la propager.C’est le devoir de tous les catholiques d’adhérer fermement à cette doctrine et d en taire publiquement profession, muîie do principes philosophiques chaque fois que les' circonstances le et chrétiens.Mais nous supplions les espiîio cultivés d’en faire nue sérieuse étude.Cette étude dissipera “impunément émises A mesure les illusions libérales qui portent qu cl es s affirmaient, ils eç levaient, cerlains catholiques à confondre des pour les dénoncer et en preserver la j n6ccssitéa de circonstance, regretta-société catholique.Ainsi a lait Gré- ; b]es e„ olles.lnèraes aVCC dcs Jrinci.genre XVI dans sa lettre encyclique et tlcs droits ; elle désarmera les Mu an ««du 15 août 1832 ; ainsi u, préventions d’incroyants de bonne fait Pie IX en plusieurs circonslan- fc», et fera cesser de funestes malen-ces et chaque fois que 1 occasion lui j tenchl8.Tous comprendront l'intérêt en fut offerte par les bruyantes mani-, pEglise pone ‘ hl société civile, fcstations de 1 erreur ; ainsi a-t-il fait ; bien quelle souhaite ardemment surtout le jour ou il publia le Sylla- \ iui fairo; et ]os moyens d, j rité que Dieu lui a confiés.Voici ce que dit Mgr SU K li prospe- d’A rras bus ou catalogue de toute lesiaussses opinions les plus en vogue, 4* afin 44 que, dans un tel déluge d’erreurs, 44 les catholiques eussent une direc-4; tion sûre.” Ainsi le fait, à son tour, le successeur de Grégoire XVI et de Pie IX, sous une autre forme, j de Dieu sur les sociétés humaines.Sfl]ucr ia du -vfl.mais reproduisant au fond la même | La religion, disent les politiques de quc, qui fut un de nos soutiens parce Un savant religieux, très romain l’évêque et très au courant des choses de ce temps, veut bien rendre compte dans T ., Y Univers de la Hollo Histoire du car- “ La grande erreur des temps mo- ; dinnl par Mgr Baunard.Avant deine3 est la negation des dioits c|e \n[ donner la parole, nous ten •.au».?questions peuvent être envisagées.Ainsi, en ce qui concerne le Sy/labus) celui dos actes pontificaux qui a été le moins compris et le plus incriminé, qu’avait fait Pie IX?11 avait parlé comme juge et condamné des* erreurs ; et, pour cela, il les avait formulées, telles qu’elles s’étaient exprimées elles-mêmes, en flagrant délit, devant l’opinion publique, s’en référant pour les explications nécessaires aux actes antérieurs du Saint-Siège où ces formules étaient visées, et laissant aux théologiens et aux pasteurs le soin d’en dégager le sens doctrinal.Que fait Léon XIII ?Il parle en docteur ; ce n’est pas un juge qui condamne des opinions fausses ou téméraires : en un mot au lieu de faire le Syllabus des erreurs qu’il faut repousser, il propose le Syllabus des vérités qu’il faut accepter.Mais, encore une fois, sous une place dans la constitution ou dans rp0ut lecteur, dont aucune préoccu-les lois de la nation ; 1 organisation pa(j011 personnelle ou d’école n’obs sociale exclut toute notion de Dieu cure}ra}e jugement, ratifiera ces paro-et de ses droits.Le Sou\ eraiu-1 on- les.Nous les ratifions, pour notre life, signale cette erreur et la réfute victorieusement, en lui opposant part, sans reserve \ îciorieusemeni, en nu opposant avous.llous que]que mérite, car en non-seulement ie témoignage de la différents endroits l’auteur, à notre •\ évite re\ élcc, mais encore le langage avjSj pouvait, satis méconnaître ni la laisou humaine et du seil.s i ]a vérité ni Je respect, sans re mmun.C est 1 objet de lencjcli- j ja pajx ce qui lui est dû, montrer lc Immortale Die vuscrenlts opus, plus de passion.Elle n’est pas man- de la raison humaine et du sens co ql\ , Et Mgr Dennel conclut, après avoir exposé à grands traits les enseignements de l’encyclique : “ Nous sommes à une époque où les notions les plus élémentaires du droit public ont été obscurcies par la philosophie rationaliste.A côté d'un progrès réel et très appréciable dans les sciences physiques et dans leur application aux intérêts matériels de la vie, la sagesse contemporaine s’ost tristement éloignée des princ-i LEGEtr BIlC CRtR'AU, Editeur-Propriétaire.dre et l’œuvre qu’il fallait raconter s’accommodaient, d’ailleurs, des intentions de l’historien.Mgr Pie était essentiellement éveque.Ego sum épiscopus, avait-il dit dès le premier jour de son épiscopat.Cette affirmations indiquait, dans son esprit, tout le vaste et magnifique programme qu’il a rempli.Jl entendait que l’évêque fût toujours et avant tout l’homme de la doctrine, et, dê plus, il s’était fait une loi de n’agir jamais qu’à l’abri et sous la la responsabilité de son titre.Il ne condamnait pas ceux de ses frères qui, pour les combats du jour, choisissaient volontiers d’autres formes d’action : la brochure, le journal, etc ; mais le terrain épiscopal était le seul où iJ voulût se montrer.Par suite de cette détermination, de cette règle, ses écrits les plus militants sont d’une forme contenue où la sévérité et l’indignation évitent l’emportement, Ce n’est pas un polémiste qui discute et frappe sous l’empire des premières émoi ions et de la colère ; c’est le docteur, c’est l’évêque qui enseigne, bénit ou condamne.Que ce mode d’intervention ait tou jours été et reste préférable à tout autre, nous ne le prétendons pas.Il est quelquefois très inutile de frapper vite, dût-on frapper moins bien.A distance, cela ne se voit pas, mais c’est tout différent au moment de la lutte.Aussi est-il arrivé plus d’une lois aux militants de trouver 44 l’évêque de Poitiers ” trop lent à partir.Nous aurions voulu qu’il fût aussi prompt que l’évêque d’Orléans à se jeter dans la mêlée.Mais comme notre impatience se transformait vite en élans de joie, d’admiration et de reconnaissance, quand enfin il paraissait ! Le docteur avait parlé, le mot décisif était dit.Ajoutons qu’en somme il ne parut jamais trop tard.Son historien met en pleine lumière ce point important.Et déplus, comme son héros, n’ayant pas parlé en hâte, avait mesuré ses termes, il lui est facile, à son tour, de s’exprimer avec calme et de faire une œuvre de paix.Le livre de Mgr Baunard a donc, en premier lieu, le mérite supérieur de répondre au caractère de l’évêque illustre dont il raconte la vie.C’est un évêque qu’il nous montre, et un évêque grand entre les grands, car il avait en perfection la force qui prime toutes les autres : la doctrine.Nous donne-t-il également tout l’homme ?Je n’en voudrais pas répondre.Nous n’avons, certes, rien à contester quand parlant de celui-ci, il fait ressortir sa bonté, sa dignité, sa grâce, le charme de sa conversation, la vivacité de son esprit.Mais si nous ne voyons rien à retirer, il nous semble qu’on pourrait ajouter quelque chose.La charité chez Mgr Pie n’excluait ni la sévérité, ni la causticité.Il lançait volontiers l’épigrainrae, une épigramme de forme douce, mais pourvue néanmoins d’une pointe qu’il savait retenir ou enfoncer selon les cas et les gens.Fermer les veux et la bon-che sur les travers de l’adversaire no lui paraissait pas toujours chose obligatoire.Quelle heureuse et mordante application des Fables de la demandent, en se conformant avec une docilité entière aux prescriptiqns des pasteurs de l’Eglise, et en conser-vaut toujours avec ses frères l’union 1 et la concorde.Corde creditur ad justitiam, ore antem confession fit ad\ sa tnt cm.Quelques mots HISTOIRE DU CARDINAL PIE ’’ nous pour et peut-être v plus ne passion, unie n est pas vaise, la passion qui met dans le récit des vieux combats quelque chose de l’esprit dont étaient animés les combattants.Le difficile, il faut le reconnaître, est de suivre cette voie avec assez de prudence et de justice pour ne pas dérailler et tomber de l’histoire dans le pamphlet.G’est pourquoi, tout compte lait, nous félicitons Mgr Baunard de ne s’être pas exposé à ce péril.La belle figure qu’il fallait pein- osasse • 21 OZZESSaKKira ££3235021560 Z-g.CASrK •'XZ.'ZIL Feuillet.11 «lu COUKBlEli DU CANADA 3 Avril 1886.—No 83 IM \ium ill) CM.(Suite) % C’était 'ime précaution fort inutile Je marehei sur la pof* e des pieds, car le parquet des trois pièces était couvert de tapis épais.Los portes étaient en outre revêtues d’un doubb battant capitonné, afin d'empêcher tout bruit extérieur de troubler un si précieux sommeil.Lorsque Giselk entra dans la t roisième pièce, clmmbre à coucher du jtune seigneur, Méa avait fort à faire pour le calmer.L’enfant était rouge comme un homard à force d’avoir crié ; il sc démenait comme un possédé sur les genoux de sa nourrice qui ne savait plus que faire.—Ah ! madame la gouvernante ! s’écria-t-elle dès quelle aperçut Giselle, vous allez venir à mon secoure, vous qui êtes une savante à ce qu’on dit.J’y perds mes peines, voyez-vous : ce petit monsicur-là a beau être baron, il est méchant comme un diable, et si co n'étaient les florins qu'on m’a comptés au bout difficiles, dit Méa avec le plus grand du mois, je no ferais pas de vieux os calme, mais au lieu de tant jaser, ici.mademoiselle la femme de chambre Giselle aimait les enfants, elle se vous feriez mieux de tirer un fan-demaiula pourtant s’il lui serait pos- teuil à madame la.gouvernante, sible de s'atiæ her à ce petit laideron j —Je l'aurais déjà fait si je pouvais qui, autant qu’on pouvait en juger à poser le mioche dans son berceau, six semaines, devait être entêté, mais il pousse des cris de paon quand violent, doué en un mot du plus .je fais mine de l'y mettre, mauvais caractère.Dorothée avança un fauteuil avec Depuis que Giselle le tenait dans la plus mauvaise grâce qu’elle pût ses bras, il avait redouble de cris et trouver dans son arsenal de méchante de fureur.Ses petits yeux cligno* humeur.tants se fermaient de leur mieux —Vous aurez bien assez de peine, pour ne pas voir 44 Erbfeind ”, l’en- allez, sans compter que vous n’avez nemic héréditaire.Son poing se même pas le plaisir de m'ôter la crispait menaçant ; tout son corps mienne.Ça a-t-il du bon sens, je s'agitait dans dans une convulsion vous le demande, d'empêcher deux extravagante, enfin, il était si laid, personnes de dormir au lieu d’une, si peu attrayant, sa ligure grosse pour un vermisseau de cotte espèce comme le poing ressemblait si bien Dorothée déclara qu'elle ne pou-à celle d’un singe dans l'encadrement vait entendre de pareils propos et de son bonnet de dentelle que la que si la nourrice continuait, elle se jeune fille s’empressa de le rendre à verrait obligée d’en avertir Mme la la nourrice.baronne.—Oh ! il n'est pas beau, dit celle-ci —A votre aise, ma mie, je ne avec une répugnance visible.Ce mains personne ici, entendez vous n’est pas un enfant à vous faire lion- bien, et si mes propos vous gênent ncur.Aussi à la promenade je ne la sortie est libre.! relève pas souvent son voile brodé, D’un geste superbe, Méa désigna je vous en réponds ! la porte.Chut ! murmura Dorothée mettant un doigt sur ses lèvres.—Eli bien ! après ?en ; Décidément, le mouton se faisait bélier.En dépit de la vulgarité de ce Si madame vous entendait, ou langage, Giselle se sentit en sympa-bion les jeunes comtesses ! elles thio avec cette brave femme point ! raffolent de lui à qui mieux mieux, flatteuse et disant les choses telles —Cela prouve qu'elles no sont, pas qu'elle les pensai!.Après le départ de Dorothée, la bonne Méa ouvrit son cœur à Giselle qu’elle persistait à appeler Mme la gouvernante, sans doute pour lui témoigner plus de respect.Giselle eut beau protester qu'elle n’avait aucun droit à l'appellation de madame.— Ça vous viendra un jour, xna belle demoiselle, mais du moment que cela vous contrarie, je ne vous appellerai plus madame.C’était pour .faire une difference avec cette vilaine créature qu’on appelle ici Mlle Dorothée ; si celle-là trouve jamais chaussure à son pied, c'est moi qui serai étonnée ! —Vous êtes des environs do Hambourg ?demanda la jeune fille.—Oui, vous avez vu cela tout de suite à mon costume.Vous êtes donc venue par chez nous ?—Non, mais j'ai vu souvent depuis que je suis en Allemagne des habillements tels que le vôtre sur dos gravures.— Chez nous, je ne le mettais pas tous les jours.Çà coûte cher, allez, un attüiemont comme celui-là ! 11 vient de ma mère et je ne le mettais qu’aux l’êtes carillonnées, mais Mme la baronne m'a dit de ne pas le ménager, c'est son affaire.Méa faisait une nourrice superbe dans son brillant costume.Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel j s’y rencontraient, depuis les bas de • laine tricolores jusqu'à la robe courte découvrant le soulier à boucles et le corsage brodé d'or et d'argent.Seule, la coiffure aux grandes ailes noires reposait le regard dans cet ensemble chatoyant.—Je ne sais pas pourquoi iis m’ont fait venir de si loin, reprit la nourrice, il ne manque pourtant pas de femmes par ici.Eufm, je suis venue parce que les conditions étaient belles, et que si je reste jusqu’au bout, j'aurai de quoi me faire bâtir une petite maison au bord de la mer.Mon mari est pêcheur, mais il n’a pas encore sa barque à lui et sc loue chez les autres.La chambre qu’occupait Giselle dans l’appartement du jeune baron devait plus tard servir de salle de jeu et d’étude à celui-ci.Sur les murailles tendues d’étoffe claire et gaie étaient des cartes de géographie, de grand alphabets coloriés, des images représentant des animaux de toutes sortes avec leurs noms écrits en grosses lettres.Dans un coin même, au grand étonnement de Giselle, se trouvait un énorme cheval mécanique.Le baron d'Osterwald qui voulait que son lils fut officier de cavalerie, jugeait utile de lui mettre déjà un choval sous les yeux.N’avait-il pas eu pour exemple de prévoyance patriotique, ee roi de Prusse qui voulait mettre des sabres et des pistolets dans le berceau de ses enfants, pour leur apprendre de bonne heure à se défendre contre les envahisseurs de la patrie ?Il y avait aussi à la p-ace d’honneur, de chaque iôté de la cheminée, les portraits de l’empereur Guillaume et de l’impératrice Augusta.A droite et à gauche de la bibliothèque, se voyaient en gerbes des trophées d'armes qui devaient se perfectionner et s’agrandir à mesure que le jeune baron avancerait en àilO.O Quant à la bibliothèque, elle comptait déjà bon nombre de volumes sur ses rayons.En première ligne, les œuvres du grand Frédéric, puis deux ou trois histoires de Prusse, les poètes nationaux, etc., etc.Giselle en étudiant les témoignages de prévoyance paternelle et grotesque du baron, ne put s'empêcher de tressaillir d’aise en songeant qu’elle aurait secoué ses chaînes avant le jour où le jeune baron serait en état d’épeler duns ces livres.Cette première nuit, la jeune fille ne put dormir, non pas qu’elle eût besoin de garder les yeux ouverts pour éveiller la nourrice.Quel sommeil aurait tenu en présence dos hurlements du jeune baron ?—Iloiii ?qu’en dites-vous ?demanda Méa le lendemain matin à la gouvernante.En a-t-il fait une vie, cette nuit ?S’il était à moi, je crois bien que je lui tordrais le cou.! (A suivre) VV Le Courrier
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.