Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 14 avril 1886, mercredi 14 avril 1886
30eme* Année lût No 952KEdition quotidieime-Stome Année Mercredi 14 Avril 1880 JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.TF10 MAX (111.! / ’ ;1 IS\ Jtédavteur en Clu f.0* 'çœ''Z5œœjraœjns&BtaL •TE CROIS.J'ESPERE ET J'AIME.LEGER BROUSSEAUy Editeur-Propriétaire.tKZSiZXSTA'm' FRANCE Paris, 2â mars.Le ministère continue dans cette question de Decazeville le double jeu qu’il a pratiqué jusqu’ici.Vous n’avez pas oublié M.de Freycinet a Airmant que le gouvernement saura protéger les droits de la propriété et, un moment après, acceptant un ordre du jour où il était question do réviser la législation des mines, lîhbien! le gouvernement vient de commettre un autre exploit du môme genre.Depuis quinze jours, Duc-Quercy, Basly et les meneurs de la grève crient par-dessus les toits et par trente-six journaux que le feu fait des progrès terribles dans les mines de l’Aveyron, que la Compagnie cache la chose.Mais que tout le gisement houillcr est perdu si le gouvernement ne se hâte pas de déposséder les propriétaires actuels pour transférer la mine à d’autres.11 parait que cette nouvelle est de pure fantaisie.Le gouvernement est renseigné par un ingénieur de l’Etat, qui est sur les lieux et qui a déjà déclaré à maintes reprises que les bruits alarmants mis en circulation sont faux, que la situation des raines est normale.Mais les meneurs grévistes n’ont point pour cela renoncé à leurs manœuvres.Ils ont de plus belle répété que le feu gagnait toutes les mines, qu’une catastrophe était imminente, bref, qu’il fallait à tout prix expédier un ingénieur de Paris.Le ministère vient, comme je vous le disais, d’avoir la faiblesse do céder.Un nouvel ingénieur partira pour l’Aveyron cette semaine, s'il n’est pas parti aujourd’hui même.Ou il confirmera les dires de son collègue de l’Aveyron (comme c’est probable) et alors il soulèvera parmi les meneurs de la grève un tel toile de réclamations furieuses que la cause de l’ordre n’y gagnera rien.Ou bien il se laissera circonvenir par les meneurs et fera des déclarations si équivoques qu’il deviendra impossible au gouvernement de la République de lutter contre l’agitation 41 expropriatrice” si bien chauffée par la presse radicale.Comme ces lâches et mesquines pratiques sont bien dans la manière do M.de Freycinet ! Il est certainement un des hommes à qui revient de droit le privilège de conduire un de ces jours la République au bord et au fond du dernier fossé.La nouvelle de la mort de la comtesse do Chambord, qui vient d’arriver à Paris, ne manquera pas de causer dans tousles cercles catholique une douloureuse émotion.On n’était pas malheureusement pas sans s’attendre à un triste dénouement ; car depuis quelques semaines les nouvelles de Goritz n’étaient pas bonnes, et on savait la reine atteinte dans les sources môme de la vie.J’entends demander autour de moi si M.le comte do Paris se dérangera pour les obsèques de son auguste pareil to dont le veuvage l’a fait héritier de la maison de France.Mais je suis incapable de donner une réponse sur la matière.On a tellement travaillé de tout temps dans l’entourage de M.le comte de Paris contre la comtesse de Chambord ; qu’il est bien possible que le prince se dérobe à la corvée d’un tel voyage.A mon avis, il aurait tort.Outre qu’il est toujours lion de s’acquitter des devoirs de famille quand on aspire à être le chef d’une famille grande comme la France, je crois que M.le comte de Paris est tenu à beaucoup de reconnaissance envers la Reine qui vient de mourir ?Dépositaire des secrets et des papiers de son Royal Epoux, elle pouvait certainement endommager d’une façon très grave la cause de la Maison d’Orléans,dont les chefs se sont si tard et si incomplètement soumis à l’autorité du légitime chef de la Famille.C'est l’honneur de la comtesse de Chambord de n’avoir jamais voulu autoriser la moindre campagne de ce geure contre le prétendant actuel.Elle ne voulut mémo pas autoriser la démonstration que les partisans de la Maison d’Anjou, lors de leur grande réunion, avaient organisée en leur honneur.Peut-être laissera-t-elle des documents pour l'histoire de ce siècle, qui n’a vu tant de grands caractères que pour les mépriser et s’engouer d’aventuriers ou de saltimbanques, les uns odieux, les autres grotesques.Je n’ai pas besoin de parler aux lecteurs du Courrier des vertus chrétiennes et royales qui distinguaient la noble compagne de Henri V.Née pour un trône, elle s’en va n’ayant connu que les joies de l’exil.' N.( ’ON F K R ENC KS DU B.P.Mon sabré A NOTRE DAME DE PARIS La dignité du prêtre (Suite) L’homme Dieu, après un court passage ici - bas, s’estenfui dans les cieux où il réside à la droite et dans la gloire de son Père éternel.Et quand il serait là, près de l’autel, est-ce la main débile d’un mortel qui pourrait le saisir et le dompter ?Et s’il se laisse prendre où est l’instrument do mort qui pourra triompher do la vie inexler-minable qu’il s’est donnée ?— Car il nYst plus maintenant, ce Chtist béni, l'homme passible et mortel qu’on a vu, il y dix-huit cents ans, couvert de meurtrissures et de plaies, défiguré et sanglant, élevé sur un gibet et mourant do mort violente, pour expier les péchés du genre humain.Le doux agneau immolé est devenu le lion vainqueur de la mort : 44 Le ressuscité ne meurt plus, la mort n’a plus sur lui d’empire, il vit à Dieu, il vit en Dieu.Christue< resurgent Jam non moritur, mors illi ultra non dominabilur, quod cnim vioit, vieil Deo.” Encore une fois, comment le prendre là-haut ?Comment victimer son immortalité?“ O po testas ineffabilis ! I rjuam ma-gnan in se continet profunditalem, formidabile et admirable sacerdotium ! O puissanco ineffable ! O qu’il y a profondeur dans le formidable et le merveilleux sacerdoce de la loi nouvelle ! ” Sans quitter la terre, le prêtre agit jusque dans les profondeurs des cieux où Dieu réside avec son Fils.D’un mot et quand il veut, il appelle, il saisit la glorieuse humanité du Christ et l’amène parmi nous.Regardez-le au moment solennel et décisif du saint sacrifice.Debout au milieu de l’autel, il lève les yeux au ciel, il bénit un tout petit morceau de pain, une coupe de vin, il s’incline, il dit : “ Ceci est mon corps, ceci est mon sang.” Et voilà qu’en ses mains s’opère un prodige que les saints docteurs ont comparé au merveilleux enfantement delà Vierge mère à qui nous devons le grand bienfait de l’incarnation.Le môme homme Dieu, que Marie a reçu dans son sein béni, au moment ou elle prononça le Fiai, le même homme-Dieu renaît, en quelque sorte entre les mains et au commandement du préîre.Plus grande merveille encore, il renaît el il meurt.La parole sacerdotale qui le produit en son sacrement l’immole du même coup, et renouvelle l’étonnant mystère que nous adorons sur la croix : un Dieu mourant pour le salut du genre humain.Je n’ai plus à vous expliquer ces grandes vérités, Messieurs ; nos études sur l’Eucharistie sont encore, je l'espère, présentes à votre mémoire.— Sur l’autel chrétien, centre d’une sphère mystérieuse où s’accomplissent les plus augustes et les plus puissants mouvements de notre vie religieuse, vous avez adoré le Fils de Dieu présent, l’immortel mourant,la sainte et divine victime dont la pacifique immolation rayonne dans les profondeurs du ciel, dans les sombres régions de la mort et à travers les vastes espaces où se meut notre fragile existence.Maintenant admirez le sacrificateur.Il vous représente et agit pour vous.Ce n’est pas pas le feu qu’il va ravir au ciel, c’est, un Dieu.44 Représentez-vous, dit saint Jean Chrysostôme, ie prophète Elie entouré d'une foule immense et la victime sur les pierres de l’autel.Tous les spectateurs sont immobiles et se taisent ; le prophète seul est en prières.Tout à coup la flamme descend des cieux et consume la victime.0 merveille ! qui ne serait saisi d’admiration et frappé de stupeur ?— Mais le mystère qui so célèbre sur l’aute-chrétien est bient autrement admirable et dignede nos enthousiasmes.Voici un homme comme vous, Messieurs, un pauvre mortel, pétri d’infirmités et de misères.Vous connaissez sa naissance ; elle est peut-être des plus vulgaires ; vous connaissez son esprit ; il ne possède peut-être aucun des grands dons de nature qui recommandent un homme à l’attention de ses semblables ; et cependant cet homme parle et sa parole a l’incroyable pouvoir de traverser les espaces, de saisir l’invisible et d’immoler l’immortel.Evidemment, il y a là du divin.—Quoi donc ?Un signe mystérieux : ce caractère spirituel * et ineffaçable qu’imprime la consécration sacerdotale et qui est dans Tame du prêtre comme la racine d’une puissance infinie à laquelle rien ne résiste.14 C’est le prêtre suprême qui lui donne du sien, dit Tertullien, le revêt de son propre sacerdoce et le rend digne du Père à qui il faut otlrir un Dieu ! — C’est le Père, le Fils et Saint-Esprit qui le pénètrent et à qui il prête sa langue et ses mains pour accomplir ce grand acte sacrifical.Il est impossible d’être plus homme de Dieu qu'il ne l’est, 11 faut répéter ces belles paroles de saint Ephrcm : “O puissance ineffable, qu’il y a de profondeur dans le formidable et merveilleux sacerdoce de la loi nouvelle : O j)otestas ineffabilis ! O quant ma g nam in sc continet profunditalem, formidabile et odmirabile sacerdotium ! ” A ous ne vous étonnerez pas, Messieurs, que le prêtre, divinement armé d’un si grand pouvoir sur Dieu lui-même, soit appelé par l’apôtre saint Paul : “ Le coadjuteur de Dieu et le dispensateur des mystères divins : Dei ad/u fores sum us — dispensai ores mysleriorinm Dei.” L’homine de Dieu, qui donne au ciel au nom du peuple chrétien, doit-être complété par l'homme do Dieu qui donne au peuple chrétien les choses sacrées de Dieu.La première de ces choses sacrées c’est la vérité.Non pas cette vérité diffuse que Dieu a écrite par votre raison en chacune des créatures qui ont reçu l’empreinte de son être et do ses perfections.O’est une chose sacrée, sans doute, et celui qui par de courageux et patients efforts, devance ses semblables dans la connaissance de cette vérité, fait œuvre bonne et louable en la communiquant.Toutefois, il n’est que pour cela homme de Dieu.C’est un abus de parler avec emphase, comme on le fait aujourd'hui du sacerdoce de la science.Chaque branche des connaissances humaines, les arts, les métiers eux-mêmes deviennent un sacerdoce.On dirait une tactique diabolique pour amoindrir et déconsidérer le ministère divin qui seul est digne de ce nom ; à moins qu’il ne faille attribuer cette prétentieuse usurpation à la sottise humaine.Elle en est bien capable.Eh ! mon Dieu, que les savants entrent chaque jour plus avant dans les entrailles de la terre et dans les profondeurs des cieux ; qu'ils explorent, en tous sens, les mondes de la matière et de l’esprit ; qu’ils reviennent de leurs explorations les mains pleines de découvertes qu’ils nous les montrent ; bref, qu’ils enseignent à ceux qui voudront bien les écouter ce qu’ils ont appris ; nousnedeman-dons pas mieux, et, s’il le faut, nous les aiderons.Mais il nous reste à donner au monde une chose plus sacrée que la révélation des mystères de la nature.—Quoi donc, Messieurs ?—La vérité surhumaine, la vérité qui défie les investigations de l’esprit humain ; la vérité qui se cache dans l’essence divine et que personne ne connaîtra si Dieu ne la communique; je veux dire: la vérité condensée dans la doctrine chrétienne, — Vérité sur la vie et sur les opérations intimes de Dieu ; vérité sur les mystère du monde invisible, vérité sur les relations surnaturelles de Dieu avec sa créature ; vérité sur le plan éternel d’après lequel ces relations sont ordonnées ; vérité sur la condition primitive de l’humanité ; dans sa souche ; vérité sur la catastrophe qui nous a plongés dans un abîme de misères, vérité sur les grand actes par lesquels Dieu est entré en rapports intimes avec l’homme pécheur ; vérité sur les abaissements miséricordieux qui l’ont rapproché de nous et introduit dans notre famille ; vérité sur la mystérieuse substitution d’un Dieu au genre humain dans l’expiation du péché ; vérité sur le bienfait de notre rédemption ; vérité sur la société religieuse qui doit en bénéficier ; vérité sur les moyens d’en recueillir les fruits, vérité sur les devoirs qu’ils nous imposent ; vérité sur la glorieuse transformation de notre nature ! dans la béatitude surnaturelle, éternelle conclusion de la vie de Thorn-me, du plan et de l’action de Dieu.Cherchez ces vérités dans la lia- ! turc, Messieurs, vous ne les trouve- j rez pas.Elles ont été apportées du ciel par le témoin des choses divines, j le Verbe de Dieu, qui a daigné pren- j dre une bouche humaine pour nous J les apprendre.Cette bouche parle en- ! core, car ceux à qui le Christ a dit, pendant les jours de sa chair: Eunles docetc, continuent à travers les siècles et jusqu’aux extrémités du inonde, Tollice sacerdotal qui consiste à donner au monde la vérité de Dieu.Nous remplissons les fonctions du Christ, a dit l’apôtre : 44 Per Christi legatio-nem frangimur ; ” c’est-à-dire, d’après un illustre interprête, nous sommes ici-bas en son lieu et place, nous avons hérité de son ministère.Quand nous parlons, c’est comme si Dieu parlait : “ Tanquam Deo exhortante per nos ; ” car il parle non seulement par son Fils, mais par nous, qui continuons l’œuvre de son Fils.’’ Le prêtre est donc vraiment l'homme de Dieu dans la dispensation de la vérité.11 la donne à tous, grands et petits comme Dieu son soleil au cèdre et au brin d'herbe.Il l’élève sans la grandir, il l’abaisse sans la diminuer.Les esprits d’élite avides de hautes et profondes spéculations, le peuple et les enfants dont l’intelligence a besoin de simplicité et de clarté, y trouvent des réponses à toutes les questions que s’adresse (l’instinct notre nature préoccupée de son origine, (le son état, de ses devoirs, de ses destinées, et ce qui vaut mieux, l’inébranlable certitude et la parfaite sécurité dans la confiance.On peut suspecter l’afiirumination d’un savant qui prétend imposer l’autorité de sa raison et de son expérience, mais comment ne pas croire à celui qui vous dit : “ Un Dieu m’envoie, comme son Père Ta - ¦ ¦ ¦ ¦¦ .i • envoyé ; qui m’écoute l’écoute, qul me méprise le méprise.— Ma doctrine n’est pas la mienne, mais celle du Dieu qui m’envoie.—Je ne suis pas un hérault de la science, humaine, mais un écho de la science divine.—Je ne suis pas l’homme de la nature, je suis l’homme de Dieu ?” Quel autre qu’un homme de Dieu oserait demander l’adhésion de l’esprit humain à des vérités que la raison ne peut ni découvrir, ni démontrer, et n’est-ce pas un triomphe divin du prêtre sur les âmes que d’obtenir la foi tranquille et sans réserve à l'incompréhensible ?Etrange pouvoir ! qui n’est pourtant que le précurseur d’une puissance plus profonde et plus merveilleuse encore.Le prêtre, illuminateur des âmes, ne les éclaire que pour les mieux voir, afin de bien placer la seconde chose sacrée qu’il doit leur-communiquer : la grâce, la vie môme de Dieu.Il n’y a que Dieu qui puisse atteindre, toucher les âmes, et leur faire subir cette glorieuse transformation qui les rend participantes de sa nature, les grandit, en quelque sorte, à la mesure de l’infini, et nous mérite d’être appelés par les apologistes de notre beauté et grandeur surnaturelle : “ Consorts de la nature divine : Divinœ consortes naturœ, fils de Dieu, êtres divins : filii Dei facti sumus et Dei facti sum us." Mais admirez la libérale condescendance du Père de toute vie ! Au lieu de sc réserver le mystérieux pouvoir qui n’appartient qu’à lui, il le communique à son prêtre.0 merveille !.Le prêtre touche, transforme, vivifie, divinise les âmes.On lui apporte un enfant qui vient de recevoir de ses générateurs la vie du corps, et qui, du même coup, a reçu la mort en son âme.Ceux qui l’aiment ne peuvent faire pour lui que des vœux, mais le prêtre le prend, et, plus père que ceux qui engendrent selon la chair, il ressuscite celui que le péché avait tué à son entrée en ce monde, et il lui donne une nouvelle vie.Un peu d’eau sur la tête de cette chère petite créature, une parole, c’est assez pour ouvrir à la vie divine un canal par où elle se précipite, inonde l’âme, la purifie, la divinise, et fait de l’enlant déshonoré de la nature un glorieux enfant de Dieu.Il grandira cet enfant, et peut-être qu’infidèle à la grâce de sa naisance spirituelle, il livrera sa nature régénérée aux envahissements de la mort, abusant (le sa liberté jusqu’à tarir en son âme chrétienne la vie qui lui fut donnée au baptême.Qui la lui rendra ?—Ses larmes, ses prières, ses cris de repentance ?Dieu voit tout cela, Dieu entend tout cela ; mais au pécheur qui l’implore, il montre l’homme (le Dieu, son prêtre, dont il a fait le plénipotentiaire de sa miséricorde.C’est devant lui qu’il faut se prosterner, c’est à lui qu’il faut confesser ses égarements, c’est à ses pieds qu’il faut pleurer, gémir et détester ses fautes, c’est dosa bouche souveraine qu’il faut attendre la sentence qui brise les liens du péché, délivre l’âme captive et lui rend, Feuilleton du COURRIER DU CAN G A 14 Avril 1880—No J LE DES (Suite.) Mon tuteur venait de s’ôta-à Lambilly, renonçant à la navi-ion et songeant à certaines afiai-commerciales.Tout en acceptant hospitalité, je faisais à Baint-suc de fréquents séjours, et je ais surtout une famille amie de lienne.Le père était pauvre, la o usait scs forces à déguiser cette vreté et à tenir le rang lionora-qui leur appartenait dans cette été (1e province.,eur fille, Blanche, me parut réa-r mon idéal, cet idéal de la pre-•re jeunesse, si naïf et si' pur.is étions presque du même âge ; ! était gaie et rieuse, un peu sen-entale, fraîche et rose, avec des ix brillants.Son père semblait ireux (le voir se dérouler sous ses ix les pages innocentes (le notre inn.Je gardai cependant l’aveu de mon amour jusqu’au moment où, ayant été nommé enseigne de vaisseau, je revins dans mon pays.Je demandai alors Blanche en mariage.Oh ! il fallait attendre ! Mon oncle n’était pas riche, Blanche n’avait pas de dot, et moi, je ne possédais guère que mon épaulette et les maigres appointements que tu connais.La mère, plus froide, rendue positive par les soucis d’une pauvreté lourde à porter et dure à cacher, ne permit qu’à grand’peine à saillie de me j donner sa parole.Encore proscrivit-elle toute correspondance et exigea-t-elle que notre engagement restât secret.Mais Blanche, elle, promit de m’attendre, et, confiant en elle, désolé de la quitter, mais enivré du bon-heuv à venir, je partis pour cette longue campagne de trois ans que 1 ne devait me rendre moins pénible aucune lettre de ma fiancée.¦ *4 —Tu es bien jeune et elle bien 1 pauvre, ” disait mon oncle en se: couant la tête.I 44 En vieillissant, les réalités de la vie occupaient une plus grande place dans ses pensées, et quelques soucis d’argent le rendaient plus prudent ou plus défiant.44 Cependant il souhaitait de me voir heureux, et Blanche lui avait plu dès le premier jour.44 Je ris do pitié quand je pense à ce voyage.Quelle confiance inébranlable dans cetto promesse qui m’avait été faite ! Quelle foi tranquille en celte affection trompeuse! Je 44 l’avenir peut te réserver des com-devenais avare pour offrir au retour “ pensations.A mesure que je une corbeille à ma jolie fiancée.Je “ prends des années, que les néces-me refluais tout plaisir, je ne prenais 44 sites de la vie pèsent sur moi, je part à aucune des joyeuses explora- “ redoute pour toi, mon cher enfant, tions de mes camarades, je marchan- “ les luttes et les soucis de la pau-dais patiemment les objets exotiques “ vreté.Je crains de l’avoir élevé qui devaient plaire à Blanche, je • “ dans des sentiments de désintéros-multipliais les privations pour les “ sement qui touchent a Tinsou-obtenir.C’étaient un cachemire pour “ ciance ; je te voudrais une situa-ses jolies épaules, un tapis oriental “ tion facile, et, si tu trouves un jour pour ses pieds mignons, une lioite 41 une femme aimable, qui joigne aux de santal où je serrais les feuilles du “ qualités sérieuses quelque lortune, Blanche de t’avoir journal écrit pour elle, des bijoux de j “ je pardonnerai à Blanc filigrane, un rang de perles fines.“ oublié.” Ma cabine s’encombrait de ces pré- \ “ Ce soir-là, Henri, je restai enfer- sents ; je les étalais parfois, quand jmé dans ma chambre, en proie a un j’étais seul, cherchant à évoquer Ti- désespoir, à une colère que je ne mage de ce foyer tant désiré, tant | saurais décrire.Puis, quand la nuit béni.- [fut venue, j’ouvris les caisses où 44 Mon oncle me donnait des nou- j j’avais enfermé avec tant de soins vcllcs de Blanche.Un jour (c’était mes modestes présents.Mon sabord huit mois avant mon retour), je reçus laissait entrer 1 air doux et pur de la retour), je reçus de lui une lettre ombarrassée, pleine de réticences ; puis, tout à coup, il se décidait à parler : “Mon pauvre enfant,” disait-il, il vaut mieux que tu le saches.Tu as formé trop tôt.des projets d’avenir, ou plutôt ton affection ne t’a U U U U rbr“sur *?r»°ur- important et qu’à tout prix la Puissance 1 i Iü°,r a ^ presque instantanée, doit en devenir maître.Le cadavre a été transporté à l’hôpi- __________ ___l._______L’iion, M.Thompson dit que le hill L\1 Middlesex.Le comte était Agé soit arrivé avant de prendre aucune esl maintenant devant le parlement im- (^e ^5 ans moins deux mois.C’était action à en suiot périal.| le huitième comte deShaftcsburry et Les resolution sont adoptées et l’hon.il en reçut le titre le premier octobre M.Ioster presente son bill fondé suri 1 — ° j ù la mort de son père, le célô-j bre philantropiste.11 laisse pour E’Iion.M.Pope propose ensuite nue i vo^e ja troisième marquise (le Dore-la chambre se forme en comité pour ^ laisse aussi un Iils et cinq ces résolutions.Lu pour la première fois.considérer des résolutions relatives A ®^ee* un subside à la compagnie du chemin Lord Shaftesbury était malade de- action a ce sujet.Lo reste de la séance est consacré Charité, Bolduc, de F archevêché Jo- îl *îl nomination des comités et à des Join, O.M.I.McGuire, du Séminaire, GGorpoU,tiorrs au ministère.Gendreau, O.I.M.d’Ottawa, IL TètuJ ' °'C' do“ .®rc“Ul “¦»!«>¦ de l’archevêché, Gagnon, de l'arche-! Pri“V^“ vêché Mohan, du vicariat de la Basi-* Lynch, Mercier, Taillon, De- lique, Il y a eu de la belle et imposante musique à l’orgue, exécutée par les membres de l’Union Musicale.L’inhumation a eu lieu au cime- J',UÛU“ülpa» demain.‘ cendit de son siège et arrêta tière Belmont.C’est le R.P.Gen- meron Owens Robertson ^arbrav' i La cliambro se forme alors en comité Ju.rocraignant lui-même d’être at-dreatt, d’Ottawa, a béni .alesae, ^tïïK^ vetfut engager ^ .s’ 1)# m’ *son cocher A continuer A avancer, saulniers, Faucher, do St-Maurico, do fer de Chignecton pour le transport puis quelque temps et se plaignait Gagnon, McConville, Sawyer et Sle- rles navires.I de dérangement mental P1*»»- j l6eLa mol,on est n,I2e a,JX voix * r.to have 'round.Noaraenlc, Parson's Kxlorfuinator, ICc.Mail IMc.NVr.KKS Si PoTTKIl, lier tou, u seulement considerable, mais encore 41 de qualité supérieure de beurre et de ** lu; uage.Votre climat est rigoureux u u u u u u u (t k( a TARSQN EXTER MINATOfi Mort é € M at s.POtlIl LE qiIÊDEC CENTRAL, A.M.12.30 Express pour Sherbrooke.P.M.1.30 Mixto pour SI Joseph- Québec, 21 janvier 18SC».A.M.11.00 Mixte de Saint* Joseph.P.M.4.00 Express do Sherbrooke.SOURIS, COQUERELLES, PUNAISES, BARBEAUX, FOURMIS et toutes- sortes de vermines.Les hôtels, les résidences privées et les greniers sont débarrassés dans uno seule nuit.Il n’y a pas de danger à s’en servir, il ne renferme pas de poison.Exterminateur «le Parson, 15c.,par la malle, 20c.WEEKS & POTTER, Boston, Mass.Québec, 9 septembre 18S5— lan.275 DEMANDE.U N JEUNE HOMME demande «le l’emploi Durant la dernière session de la législature la Société d’industrie laitière de cette Province a tenu à Québec sa seconde convention annuelle.La députation a paru si satisfaite des conférences et des discussions qu’elle a entendues, que notre association a cru lui être agréable en convoquant de nouveau dans la capitale les amis de l’agriculture pour y traiter des intérêts si importants des produits de la laiterie.Comme président, il me fait plaisir de constater que le nombre des membres de notre société s’accroît chaque année, à mesure que notre sphère d'action s’agrandit et que nos utiles travaux pénètrent chez le peuple.La grande convention qui a été tenue à St Hyacinthe, en janvier dernier, a eu un succès marqué tant par le nombre de personnes qui sont venues des différentes parties de la province assister à cette réunion,que par l’importance des discours qui y ont été prononcés.Je n'ai aucun doute que les messieurs qui ont été demandés pour prendre la parole aujourd’hui sauront vivement vous intéresser au point que pas un de ceux qui m’écoutent* ne voudrait se dispenser de devenir membre do notre société, et de verser sa modique contribution annuelle d’une piastre, pour encourager une de?industries les plus essentielles à la prospérité de Fagricul-tu re.Les rapports que nous publions, chaque année, sont remplis d’informations précieuses, et celui qui sera distribué, durant cette session, ne le cède à aucun autre.Notre société a marché de progrès en progrès depuis sa fondation ; elle a imprimé un mouvement salutaire à l’industrie fromagère ; elle a inculqué dans l’esprit d’un bon nombre d'agriculteurs des notions agricoles qu’ils ne possédaient point antérieurement.L’inspection des fabriques a eu pour effet de perfectionner la fabrication du beurre et du fromage ; cette inspection, l’an passé, a été plus ellicace qu'auparuvant, en étant plus générale, et j’ai lieu de croire qu’elle le sera davantage dans le cours de la prochaine saison.Dans l'intérêt de notre province, le bureau de direction a fait des efforts pour permettre à nos fabricants de beurre et de fromage d'envoyer leurs produits à l’exposition coloniale de Londres.il les a invités à envoyer des échantillons que la société fera inspcc ter, pour en faire un choix judicieux.Afin que les fabricants ne soient exposés à aucune perte, le bureau a résolu d'acheter tous les échantillons de beurre et de fromage qu’on voudra bien lui expédier, sauf à revendre ceux qui ne seraient pas acceptés par l'inspecteur comme dignes de ligurer à l’exposition.Nous nous pro(osons de faire un envoi à Londres deux fois le mois, car le beurre et le fromage étant susceptibles de se détériorer assez promptement, on devra renouveler l'approvisionnement.Les articles exposés seront vendus au lieu de l'exposition, afin de permeitre à notre association de rentrer dans ses déboursés- Si les fabricants de beurre et de fromage veulent répondre à l’appel de notre société, j’ai la conviction que l’industrie laitière de la province de Québec sera dignement représentée en Angleterre.Les exposants, comme je l’ai dit, n’encourront aucune perte d’argent et, par patriotisme, ils feront en sorte de détruire les préjugés qui existent en certains quartiers contre notre province que l’on représente quelquefois comme arriérée, tandis qu'elle marche, depuis quelques années, surtout, dans la voie d’un progrès continu.11 est important de convaincre le peuple d’Angleterre que notre pays es1 très propre à l’industrie laitière, et que notre climat n’est point une obstaclo aux progrès agricoles.Nous avons de longs hivers, il est vrai, mais cet incon vénient apparent est racheté par d’autres avantages.Je n’en veux comme preuve que le témoignage^ d’un agronome distingué dts Etats Unis, le professeur rigoureux, mais d’autres circonstances rachètent ce désavantage.Vos *étés sont un peu plus courts que ceux que l’on u rencontre plus au sud, et vos hivers u sont aussi un peu plus longs.Vous dépensez un peu plus pour protéger votre bétail contre le froid, mais ceci est contrebalancé par l’avautago dont vous jouissez, d’avoir continuel •c lement de bons pâturages pendant l< l’été.Si nous comparons au Canada “ la partie sud de la Pennsylvanie et de 11 l'Ohio, nous y observons une longue 11 période, de sécheresse entre lo 11 printemps et l’automne.Alors la 41 production du lait chez les vaches “'diminue considérablement et ne *e “ recouvre plus.Cette longue période u de séchesse est un désavantage sérieux 41 pour notre industrie laitière, et nuit “ considérablement à la production du 41 lait.En Canada vos étés sont plus 44 courts, vos saisons sont plus humides 44 pareeque nous avez en été des pluies 44 fréquentes et vous ne souffrez pas de 44 cette longue durée de sécheresse qui 44 nous est si nuisible ce qui, je crois, fait plus que compenser la saison de pâturage plus prolongée dont nous “ jouissons.” Quant aux vaches laitières que possède notre pays, voici la réponse que faisait le même agronome, à la question de savoir quelles races de vaches étaient considérées corn mes les plus profitables pour l’industrie laitière en général.4; Il existe, disait M.Arnold, une 44 grande diversité d’opinion à ce sujet.44 Si vous désirez connaître la mionne, 4: je vais vous la donner : je pense que 44 les meilleures vaches pour l’industrie 44 laitière en général sont les vaches 44 ordinaires du pays.Et si vous voulez 44 en savoir la raison, je puis vous 44 l’expliquer.Le cultivateur ordinaire 44 ne pos>ède que des connaissances 44 limitées touchant les soins qu’exige 44 le bétail.Il n'est pas en état de pren-14 dre soin des races pur sang à cornes 44 courtes (shorthorns).Si vous lui en 44 confiez, ces races se détérioreront 4: bientôt et reviendront à la condition 44 du bétail ordinaire.La qualité extraordinaire que possède ces races pour la production de la viande est artificielle, c'est-à-dire, c’est un caractère acquis et qui se perd aisément.’’ u Si les circonstances qui ont amené cette qualité sont supprimées, elle ne se conservera pas.Cessez le traite- T Tîl JLjJËi S.u i.u u 1rs ScroftileHot toute» le» n::ila s « ° E 2 o c -= c -1 3 3 2 «V p p s X m ?22.c p 7 G c 3 3 cr 3-1 c.3 o p p o ° F ÿ 2 2 1 -i cc o.r?g CA O s £ îr _ p - p E | p-3 < s E.c 5" o »-• c - o p-' • o c o p c « O — ~our leu cheveux.1 «mi parl«* ; :.r expérience.ICI h» «l**x t*ï« ».••• tun* i•«•%» x •*i *•?cr«»iHsanco «l«' «dicxeux «h»ux «M >• ux.I .Vlotn:ru cKt auHhl un t'eiucth; m’ii p.»m !.teigne.*' M.A sors F.iinit\ii:.v, le « î.« f «1«* la c*-lebro " Famillo Falrhairn," X tienlbt h !>• h.iin, écrit «le Ilosftm, *'• ITvih-r, I’m." Depuis quo niea cheveux ont ci.mint »n’é :x grisonner J«« nm h»*»?* «lo la Yiuri t n M •* Ou U VEUX n’Aviu, j'ci ainsi pu counerv i une apparcn«*o d«« jeunesse — une ch* «se v* « » -talilenieiil tr*-s hu|M>itante pmi t*«iH eux qui sont obliges do paraître en publie." M m t:.O.A.l'inati-OTT.écrivant «h* / TT/r Street, Xo.t:»*, ('/utrttïfotru, 11 A* ri! l*S-,dit: *M1 y a deux ans environ Je |*erdi»* l.i moitié ilo ma chevelure.Mlle s’éclaircissait avec une lapilli le prinligh'iise.I.*ns:ige «le la Vlorr.t'K arrêta ta ebuie.activa mur nouvello erolssance, et au b« ut «l’un iji«»«i* ma tête entiéro «'tait couverte «««• ch« \Vu\ nais-ants maid vigoureux qui, continuant r; Itousser, devinrent aussi long*- et mu-si epn *• «lu’avant laelmltr.remployai seiilcim ni lin tlaeon «le la Vir.lTurn, mais :i pi« sent .l«* in - i* hms »lc temps en temps et'inim* milch- «T-toilette." Nous avons «les centaines «î«* s«.*inblab!es nr testations s;.r l’ctUcacité d«r la Vioi ri u i«t CiiKvr.rx i»'A vi:u.ITn*simple » preuve e«m-vainera les plus iuen'dub-s.ntfcpAni.i*.t'Ait Di».J.C.Ayer & Co., Lowell, Mass.Vvinlto par t«>us loi Droguistes.(’ircula’iou plus grande que tous les journaux du meme p;pnre reunis.-000- Les conditions d’abonnement pour i.e Canada ne sont seulement que de $3.20 POUR UNE ANNÉE V COMPRIS LE POSTAGE—UOUII LES PAYS ETHANGERS 84.C«?tle publication ï-i étendue et si magnifiquement illustrée parait une lois par semaine, chatiue No contient IG pages d'informations utiles et un grand nombre de gravures originales des nouvelles inventions et decouvertes représentant les travaux d’ingénieurs, nouveauté?- dons les Arts Mécaniques, les Manufactures, la Chimie, 1 Electricité, u Télégraphie, la Photographie, l’Architecture, l’Agriculture, F Horticulture, l’Histoire Naturel 1*», etc.Toutes les classes de lecteurs trouveront dans le •• SCIENTIFIC AMERICAN ” un résumé populaire des meilleurs renseignements sur les sciences «lu jour;
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