Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 4 mai 1886, mardi 4 mai 1886
îlOeme Annëe JSo âtô-édition quotidienne-ôème Aimée Naroi 4 Mai 1880 -a y.* vc JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.TE cnaois.J'5CfSF>^K.]£ TECT J'AIMS' THOMAS OUA/‘AÏS, Rédacteur en Cluf.LEGER BROUSSE A U, Editeur-Propriétaire.O T FRANCE Paris, 13 avril.A l'heure où je commence ma lettre, je n’ai pas encore de nouvelles de l’interpellation adressée par M.de Mun et plusieurs de ses collègues de la droite aux membres du gouvernement sur l’ai 1 aire de Châteauvilain.Avec une mauvaise foi dont ils sont coutumiers, les journalistes républicains continuent à dénaturer les faits de “ l’émeute cléricale ” do Chà-teauvillain.Ils vont jusqu’à dire que le curé de Chfiteauvillain, effrayé des conséquences de sa rébillion, est en fuite, mais qu’on le retrouvera et qu’on fera justice de ceux qui ont violé la loi.’ Tout ce tapage a pour but d’égarer l’opinion publique à Paris et à l’étranger.Il n’y a qu’à reproduire les journaux républicains de l’Isère pour voir que l’exploit du sous-préfet et des gendarmes a causé dans le pays’une émotion dangereuse pour la République.En vain parle-t-on de la prison de Philomène Fer-raud, l’ouvrière arrêté pour avoir soullieté un gendarme.Cet exploit contre une malheureuse ouvrière dont le seul crime, parait il, est d’avoir repoussé un gendarme qui lui mettait la main au collet pour la chasser de la chapelle, ne lait qu aug-monter l’indignation des gens du pays.La République paiera tout i cela aux prochaines élections.En attendant, on peut s attendre a voir M.Goblet, ciui voudra sans doute répondre à M.de Mun, tirer parti des arguments de ses journaux, et ! même des fameux renseignements du | Figaro pour combattre les ‘inter-1 pelleteurs ” de la droite.j Il s’agit de défendre les préfets et j les gendarmes de la République.Il j s’agit surtout de prouver que M.Goblet est le plus libéral et le plus méconnu des ministres.Le digne homme ! Il veut la liberté et la paix religieuse dans la neutralité malveillante, dans la laïcisation des écoles et des hôpitaux, dans la suppression partielle ou totale du budget des cultes, et l’on ose se plaindre ! Vraiment la France n'est pas digne d’être gouvernée par un pareil minisire î Les affaires de Decazeville sont toujours dans le statu quo.La grève continuera toujours dans les mêmes conditions de régularité extérieure, tant que les mineurs auront des subsides.Et évidemment les choses ne peuvent aller ainsi bien longtemps.Les sommes fournies par la municipalité de Paris et trois ou quatre municipalités de province sont à peu près épuisés.Les souscriptions des comités et des journaux socialistes iront encore quelque temps.Mais après ?11 faudra toujours une solution et c’est alors que nous verrons au pied du mur et les meneurs qui ont excité les ouvriers en leur promettant des choses impossibles, et le gouvernement qui a laissé faire.Le citoyen Basly est toujours là-bas, malgré le refus du congé dont il a été gratifié.Moi, je crois que le personnage reste à Decazeville uniquement pour ne pas être au Palais-Bourbon, où il est gêné en gênant.On annonce que malgré la perte de son indemnité, il n’abandonnera pas les grévistes decazcvillois.Cependant, ajoute-t-on, M.Basly va profiter des vacances de Pâques pour venir passer quelque temps à Paris et y arranger les affaires de famille.L’idée de profiter des vacances de Pâques est excellente.Mais pourquoi M.Basly aurait-il besoin de vacances puisqu’il est déjà en vacances ?Il serait plus simple, à mon avis, de venir faire acte d’apparition â la Chambre cette semaine, tout en réglant ses affaires de famille ; puis, les vacances de Pâques venues, M.Basly pourrait sans inconvénient et sans perdre son indemnité retourner au milieu do ses grévistes.Oui, mais voilà ; comme je le disais tout à l’heure, M.Dasly à la Chambre est aussi gêné que gênant.On lui a dit * Restez là-bas.Et il reste.Quand on lui permettra de revenir, il reviendra.Vous savez que, ces jours derniers, une vraie, campagne d’insinuations malveillantes et de “ déductions ” plus ou moins fantaisistes a été recommencée contre M.Pasteur, à propos de la mort de trois Russes sur les dix-neuf qui lui ont été* amenés de Smolensk, à la suite de cruelles morsures infligées parmi loup enragé.Hier, M.Pasteur, pour rétablir la vérité des faits autant que pour répondre à ses accusateurs, a lu un intéressant rapport sur le fonctionnement de son laboratoire de la rue d’Ulin et sur la “ rage dos loups ”.î M.Pasteur n’a pas hésité à accepter j ies malades qu’on lui envoyait de Russie et qui avaient été si cruellement mordus.Il a fait passer le sentiment d’humanité avant toute fierté de savant.Un échec était possible et il a risqué.Il s’en félicite d’ailleurs.D’après ses propres observations, d’après celles qui lui ont eié communiquée, il semble que la morsure d’un loup enragé est plus dangereuse que celle du chien.Elle se développe! plus rapidement, et cela tient pro-j bablemenf â ce que les blessures presque toujours faites à la tête et au visage, sont plus nombreuses et ; plus affreuses que celles de n’importe ; quel chien.En effet, le loup n'nban- • donne pas aisément sa victime après | l’avoir mordue.Il s’acharne sur elle avec une férocité inouïe, alors que le chien quitte tout de suite sa victime pour courir à une autre.Eu moyenne, M.Pasteur estime que la mortalité des personnes mordues par ; des loups enragés doit ôirc de 82 sur j 100, ce qui est effrayant.Or il n’a perdu que 3 malades, et il espère qu’en inoculant plus fré-quement et plus profondément les victimes des loups atteints de la rage, il obtiendra encore de meilleurs résultats.Il demande surtout qu'on se hâte de recourir au traitement dès qu'on sera mordu par un loup.Il n'y a pas de temps à perdre, et les Russes de Smolensk ont été inoculés, selon lui, 15 jours trop tard.L’Académie a vivement remercié M.Pasteur dosa communication, qui fait honneur â sa modestie et à sa science.N.?* Chambre des députés de France 1-c* meurtriers de Cita tenu vil lain Séance du 13 avril M.le comte de Mun avait accepté la mission de protester â la tribune contre les scandales sanguinaires de Ghâteauvillain.Il l’a fait avec une éloquence superbe et indignée.Sa voix, son regard imposaient le silence aux braillards qui s’étaient promis de ne pas le laisser parler.Quand, sous les coups de fouet dont il les cinglait, les députés de la gauche commençaient â hurler, il les regardait un instant, les fixant de son œil clair, croisait les bras et attendait que le silence se fit.Dans les tiibu-nes, on se retenait pour ne pas pousser des bravos.A droite, les collègues de M.de Mun soulignaient presque chaque phrase d’enthousiaste bravos.M.le comte de Mun.le viens demander compte au gouvernement.(Bruit et interruption à gauche.— Très bien très ! â droite,) des graves événements qui ont jeté l’épouvante parmi toute une population honnête et laborieuse, l'émotion dans toute la contrée, dans le pays tout entier, où cette émotion ne fait que s’accroître depuis qu'on connaît mieux les détails de cette affaire.Quand un domicile privé a été violé par effraction, quand le propriétaire on les habitants du logis ont ôté mis â mort.(Interruptions à gauche.—Très bien ! très bien ’ â droite.), il arrive ordinairement qu’on se tourne vers les pouvoirs publics et qu'on demande ce qu’ils ont fait pour prévenir le crime.Mais ici nous n’avons pas cette ressource, car ce sont les pouvoirs publics qui ont commis l’attentat.(Très bien ! très bien ! â droite.— Bruit â gauche.Et ce sont eux que je viens accuser, dénoncer à l’indignation publique (Applaudissements à droite ) L’ensemble des faits est connu de tous, jo les rappelle seulement en quelques mots.M.Hal land, sous préfet de la Tour-duTin, accompagné de six gendarmes, est venu jeudi dernier assiéger une propriété privée.(Interruptions â gauche.) Il en a fait enfoncer les portes, et, comme si ce n'était pas assez, sous ses yeux, par son ordre, les gendarmes ont fait feu.(Nouvelles interruptions â gauche.) J'oix ù gauche.ont riposté ! M.le président.Vous ne pouvez avoir la prétention de dicter ses paroles à l'orateur, il est libre de son langage.(Très bien ! très bien !) M.le comte de Mun.sur le directeur, qui représentait le propriétaire absent, et sur des femmes désarmées.Le directeur a été blessé de telle sorte qu’on désespère do sa vie ; une femme a été tuée sur le coup : une jeune II lie a été blessée grièvement, et d'autres, poursuivies â coups de revolver, ont été traitées d'une manière inqualifiable.Voilà le résumé de la honteuse exécution qui s’est faite jeudi dernier à Chùteauvillain.Quel en était le motif ?La maison envahie était-elle un repaire de mal iaiteurs, ou s’y passait-il quelque scandale, quelque crime qui pût expliquer l’interveniiou immédiate de la force armée ?En aucune façon ; il y avait là simplement une chapelle où l’on avait l’imprudence de dire la messe et où les ouvrières avaient l’audace de se réunir à certains jours et à certaines heures pour prier on commun.Voilà le crime Cela a suffi à M.Goblet, ministre des cultes, pour lui faire trouver la situation intolérable, pour lui arracher une dépêche, portant une dale fatale pour le gouvernement républicain quand il veut Angleterre.! Applaudissements à droite.] Ce sont là «apparemment les principes que s’apprête à proclamer comme la préface du centenaire de 1789 ! [Nouveaux applaudissements à droite.] Je suis bien aise que l'occasion se présente de déclarer ici hautement que le droit du citoyen menacé dans sa propriété privée est des y enfermer et de s'y défendre.[Très bien ! Très bien ! à droite.] Si nous devions, en efTet, voir s’établir, dans nos mœurs publiques, les habitudes admi6tratives de Châ-teauvillain ; si le premier sous-préfet venu, avec une dépêche ministérielle, poursuivre les consciences rcligieu- j peut venir forcer nos portes, parce ses, une dépêche datée du 29 inar6 : que nous aurons ouvert une chapelle (Très bien ! très bien ! à droite.— Bruit à gauche.) par laquelle il mettait en campagne, préfet, sous-préfet, commissaire, gendarmes, serrurier, pour l’expédition que je viens de dire.pour y prier en commun, il est né cessaire d'assurer qu’on y rencontrera* une résistance légitime, réfléchie et résolue.[Vifs applaudissements à droite.— Voix à Essayez ! gauche M.le comte de Mun.J’ai lu avec les ouvrières.Voix diverses a gauche : Le cure M.le comte de Mun.J’ai fait le e l’indépendance des citoyens.[ Ap- compte de nos morts et de nos blés* laudissements à droite.] scs.Où sont les vôtres ?[Applaudis- .icle 184 du code pénal punit sements à droite.] qui s'introduisent dans un J’adresse du haut d- Tel est le spectacle auquel nous assistons ; voilà ce qu’il faut montrer , , .au pays pour édifier ceux qui croient stupéfaction, dans certains journaux, encore à votre libéralisme, qui q^ °n voulait déplacer les responsa-croient trouver derrière ce beau lan- bilités [rires ironiques a gauche.— gage de liberté autre chose que la Tiès bien ! très bien! a droite], et persécution.(Très bien ! très bien! *endre responsables le directeur et à droite.—Interruptions, à gauche.) Le domicile est inviolable, c’est là un principe sacré, c’est là le privilège le plus incontestable de la liberté et de plaudissements L’articl J a _____ x____ # ceux qui s’introduisent dans un J’adresse du haut de cette tribune domicile privé sans ordre de justice, d od °*1 Par^e jusqu au fond du pays, et la peine est plus sévère encore U11 témoignage de respectueuse quand il s’agit de fonctionnaires.sympathie.Eh bien, le préfet n’était pas dans un des cas d'application de la loi de Bois.S'i D Anglas.Meme au 1812.il n’avait pas rempli les for- curé ?[Bruit à droite.] m ali tés de l'article du code pénal ; il ^ comte de Mun.Oui, même tombait donc sous le coup des peines au cur^* [Applaudissements a droi-que je viens de rappeler.[Très bien ! tü-] J’adresse un témoignage de rostres bien ! à droite.pectueuse sympathie à cet homme i tombé à son poste en faisant son Je désire, quant à moi, que les devoir.—Applaudissements à droite,] propriétaires lésés dans leurs droits e:i défandant un domicile privé, la défèrent aux tribunaux les actes propriété de son patron.[Très bien! dont ils ont été victimes ! [Très bien! *n's Lien ! a droite.] très bien ! à droite.] Oui, j'envoie un témoignage de Je le désire, afin que la lumière sympathie à cet ancien soldat du se fasse; mais il ne s'agit pas ici siège de Belfort (Applaudissements d’un débat juridique, c’est à ce titre !a droite), qui a été blessé sur le que je vous interroge.champ de bataille par des halles ‘ ° prussiennes, et qui devait tomber t « i* j i * i ., i, .sous une halle française, pour avoir Il faut que Ion sache quelle est ^ ^ , 1 .1 * % ; cru que le domicile prive et la pro- notre situation, §i vraiment nous en ., .• l1 M i sommes arrivés à ce point qtt’nnc inviolables.(A,,plan- pareille jurisprudence puisse s’éta-: ( ssemcn s ,l ( ro1 *) blir, et que, se fondant sur l’article J'envoie aussi un tribut de respect 294, le premier sous-préfet venu j à cette femme, restée pendant qua-puisse venir enfoncer notre porte ! rante ans fidèle à son usine, et qui parce que nous aurons consacré une tombe pour couvrir le corps de son des pièces de notre maison à Lexer-1 maître.(Applaudissements à droite.) cice du culte.Et il suffit pour cela1 J'envoie ce témoignage de respect d’une rancune locale, d’une querelle à cette population liée à ses patrons do village envenimée par un préfet par le dévouement de tous les Ris- en quête do popularité et dont un ministre imprudent aura contresigné les arrêtés.[Bruit à gauche.] Les Anglais disent : 44 La tempête et le vent peuvent entrer dans la demeure d'un ouvrier anglais, mais le roi n’y peut pas entrer !” Il faut savoir si un sous-préfet pourra en France ce que le roi ne peut pas en tants, à cette population fidèle à sa foi et qui, à cette heure encore, n'a de pensée, de regrets, de larmes que pour ce patron qui va mourir et qui était aimé comme un père.(Applaudissement à droite.) Il y a un mois, une autre interpel-Dation se discutait à cette tribune.11 j y avait eu quelque part des ouvriers 5 révoltés (Interruption à gauche ), un ingénieur avait été assassiné.On demandait au gouvernement pourquoi la gendarmerie, qui était .casernée à deux cents pas dè là, n’avait rien fait, et le ministre de la guerre vint dire : “ Voila des gendarmes qui se trouvent en lace de plusieurs centaines d’individus, de femmes, d’enfants qui se précipitent pour les empêcher d’avancer ; vouliez-vous donc qu’ils tirassent sur cette foule pour empêcher le meurtre de M.AVatrin ?” (Applaudissements à droite.) Eh bien ! comparez et jugez.D’un côté, un crime, un meurtre, et la gendarmerie reste immobile.De l'autre côté, des femmes auxquelles on ne peut reprocher .Une voix à gauche.Que d’être des meurtrières ! (Exclamations à droite.) M.Jolibois.Je demande que le nom de l’interrupteur soit à l'Officiel! (Bruit).M.le comte de Mun.Voilà la comparaison, voilà ce que le pays jugera demain.Il verra où vous le menez, il verra ce qu’est la politique, et il ne s’étonnera pas plus que moi que le ministre des cultes ait voulu avoir dans cette affaire un rôle si considérable en paraissant si jaloux des prérogatives de son collègue de l’intérieur, lui qui a tenu à honneur de marcher au premier rang, depuis une année, dans toutes les entreprises contre la liberté de conscience (Applaudissement ù droite) lui qui les a aggravées encore en portant à cette tribune des outrages contre notre foi.M.Goblet, ministre des cultes.—Des outrages ?Jamais ! M.le president.—Veuillez ne pas interrompre, monsieur le ministre, vous êtes sur le point de répondre.M.le ministre des cultes.—Je n'emploierai certes pas des outrages (Très bien ! très bien ! à gauche.) M.le comte de Mun.—Je dis que le pays ne s’étonnera pas que le ministre des cultes ait voulu encore tenir la tête de l’entreprise, quand il s'est agi de pousser la persécution jusqu’au sang.(Applaudissements à droite.—Bruit à gauche.) C’est fait.Le pays comprendra : il y avait entre vous et nous la croix renversée.(Exclamations à gauche.—Très bien ! très bien ! a droite) ; il y a maintenant Je sang des femmes chrétiennes.(Applaudissements à droite.) Cela ne s'oubliera pas et cela finira par se payer.” (Applaudissements répétés à droite.) Nous avons donné les passages principaux de cette magnifique protestation.Nous n’avons pu la donner in extenso.Ailleurs, M.de Mun, en rétablissant les faits, a raconté que M.Fischer avait tiré en l’air et qu’un gendarme a tiré sur lui après que le dit Fischer désarmé était maintenu par un autre gendarme.Les applaudissements ébranlent la salle.La droite se lève pour faire une ovation au grand orateur, pendant que Goblet, le rageur, se précipite à la tribune.Feuilleton du COI Rk 1ER DU CAN U) 4 Mai lSfcG—Nu 19 LE MANOIR DES CELIBATAIRES (Suite) Son visage délicat était cependant arrondi ; elle était blanche comme du lait, avec des yeux bleus extraordinairement limpid» s et profonds ; ses deux nattes blondes et, épaisses tombaient plus bas que sa 1 taille sur la simple robe brune dont elle était vêtue Sa beauté était remarquable ; mois ce qui frappait en elle, ce qui captivait, ce qui étonnait en charmant, c’était une distinction innée, c'étaient (les manières à la lois aisées et timides, une grâce sérieuse qu’on ne sc serait certes pas attendu à trouver chez une enfant aussi jeune et dans le milieu social où coite enfant avait dû vivre.Ses yeux brillaient en ce moment d’un éclat humide, et elle joignit les plains avec ferveur en disant ; “ Oh ! Monsieur, comme vous êtes bon d’être venu ! Bien sûr, papa sera mieux demain.Voulez-vous venir le voir.” Gérard le suivit aussitôt dans un corridor un peu sombre, puis dans une grande chambre claire, bien chauffée par un énorme poêle en faïence, et garnie (le rideaux de mousseline et de meubles en noyer.Son œil chercha immédiatement son vieil ami.Hélas ! il ne s’asseyait même plus dans ce grand fauteuil où gisaient quelques coussins ; il fallait le chercher dans le lit antique sur les oreillers duquel ressortait son visage amaigri.44 Mon vieux AV cher !.— Mon commandant !.” Une même émotion agitait ces deux hommes tandis qu’ils se regardaient, les yeux humides, les mains pressées.C’était tout un passé qu’ils évoquaient silencieusement, c’étaient (l»*s regrets mis en commun, les regrets de cette vie aventureuse dont l’un avait été éloigné par l’âge, et l’autre détaché par les chagrins.C’étaient aussi les souvenirs de cet to guerre inoubliable, de ces combats livrés ensemble, (le cette bataille où le vieillard encore lobuste avait sauvé le jeune homme.C’était, enfin, la pensée de la mort planant sur leur courte réunion, la pensée de ce moment solennel et terriblo que Gérard était renu adoucir au pauvre père anxieux.Ni l’un ni l’autre n'avaient besoin de paroles pour se comprendre.Weber avait toujours été un homme réservé et silencieux ; et si, dans sa lettre à G érard, il avait épanché l'amertume et l’inquiétude de son cœur, il n'aurait pu maintenant trouver tant de mots pour exprimer ce qu’il sentait.Mais il lut dans le regard de son commandant, comme il l'appelait toujours, ce qui devait calmer ses angoisses paternelles, car il poussa un soupir de soulagement.Fuis, s'adressant à sa fille : 44 Ta vas servir au commandant une tranche de jambon fumé et une tasse de café au lait, Rosel.Et apporte le vieux fauteuil du parloir, ici, piès de mon lit ” Quelle voix haletante ! Les matelots de la Vénus et (le Y Alma n’eussent jamais reconnu dans ces accents affaiblis la voix brève et puissante qui retentissait dans la batterie, les jours d’exercice !.Avant même que Gérard eût pu s'y opposer, l’enfant avait disparu.Elle revint presque aussitôt, moitié traînant, moitié portant le grand fauteuil armorié du parloir, avec une force dont on n’eut pas cru ses mera-I bres frôles capablos.Gérard le lui 'enleva, et tandis qu’elle atteignait une petite lampe à esprit-de-vin et remplissait d’eau une cafetière, il s’assit au chevet du malade.2 Celui-ci désigna le meuble antique avec un geste de naïve fierté.44 Savez-vous, commandant, que ce fauteuil est un souvenir de fa! mille ?.Et les portraits aussi.Ara mère était noble, et beaucop de gens ui sc croient aujourd’hui bien au* essus de moi se sont assis là où vous ôtes, et se sont trouvés fiers d’être reçus chez mon aïeul.Je parle de longtemps.*’ | Il eut un accès de toux pénible, interminable.En un instant, Rosel fut près de lui, relevant ses oreillers let lui offrant une boisson calmante.! 11 la remercia d’un regard.Mais dans ce regard, quelle tendresse ineffable !.Fuis, comme elle s’éloignait pour préparer le café de son ; hôte, il reprit d’une voix plus faible: | 44 Mon grand-père a été ruiné com- me bien d’autres par la révolution, et aus>i par les guerres dont nos frontières étaient le théâtre.C’est pourquoi ma mère épousa un simple bourgeois.Mon père était médecin, et, s'il eût vécu, j’aurais été autre chose qu’un sous-officier.11 mourut jeune, sans guère laisser autre chose que la reconnaissance des pauvres qui suivaient son cercueil ; ma mère le rejoignit bientôt.Nous n’avions pas de proches parents ; qu’aurais-jo fait, sinon m’engager comme mousse ! Mais je n’ai jamais pu acquérir assez d’instruction pour devenir officier.Dans un de mes congés, je revins au ! pays.11 ne me restait au monde que la maison de mon père ; cependant notre nom était estimé, et je me mariai sur le tard à la mère de Rosel, qui était d’une bonne famille et qui avait une petite fortune, une trentaine de mille francs.C’est tout l'avoir de Rosel, puisque ma retraite s’en va avec moi.Ali ! commandant, ma iille est le vivant portrait de sa mère ! Comment ma chère femme avait-elle pu aimer un vieux loup de mer comme moi ?Car elle m’aimait sincèrement.Rosel, donne-moi la miniature de ta mère.’’ Le pas léger de la petite fille glissa sans bruit à l’oreille de Gérard et elle plaça devant ses yeux une miniature sans valeur artistique, mais gracieuse par le charme du modèle.C’était l’image vieillie de Rosel, la même distinction native, la même expression de pureté idéale, presque enfantine et cependant profonde.Gérard regarda longtemps le portrait ; quand il le tendit au vieux marin, celui-ci avait les yeux humides.* “ Je l’ai perdue si tôt ! ” murmura-t-il.44 Feut-ùtro vaut-il mieux pleurer une affection perdue que de n’avoir jamais été aimé, ” murmura Gérard, pensant à sa propre vie.Il se retourna à ce moment.Frès du poêle, l’active petite ménagère avait dressé sans bruit une table couverte d’une serviette do neige, et elle y plaçait, de sa main adroite, une des tasses de vieux saxe qui avaient attiré, quelques instants auparavant, l’attention de Gérard.Une expression satisfaite, un rayon d’innocente joie passa sur le visage de AVeber.44 Ces tasses-là sont depuis bien longtemps dans notre famille,’’ dit-il.Puis^comme s’il avait craint (l’être accusé d’une vanité puérile au moment solennel où il était près de quitter ce monde, il ajouta : 44 Je suis une preuve de la fragilité des biens de la terre, moi qui suis déchu, socialement parlant, et je sais, d’ailleurs, que le mendiant de la rue est devant Dieu l’égal d’un prince.Mais nos anciennes traditions, mais le respect du sang qui coulait dans mes veines m’ont aidé à éviter mainte défaillance, et m’ont inspiré le désir de me rendre digne de mes ancêtres au point de vue de l’honneur.—Voulez-vous déjeuner, Monsieur ?” demanda à ce moment la douce voix de la petite fille.Gérard ne voulut pas lui faire le chagrin do refuser co léger repas, improvise avec tant d'empressement.Il s’assit devant la petite table, goûta au jambon et au café exquis quelle avait préparés, puis, prit congé d’elle et de son père, en promettant de revenir bientôt.(A suivre) Lie Courrier du Canada, Mardi 4 Mai 188B SOMMAIRE France Chambre dis déj niés «le franco I'kii i i kt >*.—Un manoir des célibataires Les il-bals Kncoie •• jM'i.iter.eier l,i justice Petites Gazette A l’assemblée rarement fédéral Conseil LégLlalif La smiation en O.ier.t La question irlandaise I/impéra trice Le choléra Eltction L’Angleterre et l’Allemagne Echos A nouvelles.rawnnetarwaga f* ANMiNCK?N« il1 YELLEî* Carte—Behan Brothers La Ca tse d’E* onoraie Nom-Dame de Québec —F.R.A.Vézma Une maison connue— Dechène A Gingras Avis Doreurs et argtnttius sur métaux— lannino A Gernichiaro Avis aux entrepronturs— M.Gofceit CANADA QUÉBEC, 4 MAI 1886 WQr.rftXi; LE DÉBAT M.Nantel a abordé carrément la question Riel, dans son discours d’hier soir.Il a admis les contradictions de la presse conservatrice, qui ne connaissait pas suffisamment l'affaire, et qui a jugé les événements sous leur vrai jour, quand la lumière s'est faite.M.Nantel s'est élevé énergiquement contre la conduite de ceux qui font de la mort de Kiel une question nationale.Nous tenons à faire remarquer que c'est là la position prise par le Courrier du Canada, dès le premier moment, le jour même de l'exécution.‘l Non, disions-nous, nous n'élevons pas la fin tragique de Riel à la hauteur d’une question nationale, et nous croyons que ceux qui se placent sur ce terrain, quelle que soit la pureté de leurs intentions, commettent une faute grave." L'honorable M.Marchand, aa cours de sa réponse à M.Nantel, est tombé dans une série d’erreurs incroyables.Vraiment, c’est à croire que ces messieurs n'ont lien lu de ce qui a été publié sur la question Kiel.M.Marchand a reproché au député de Terrebonne d'être plus sévère théologien que les pasteurs du Nord-Ouest, au sujet du droit à l’insurrection.Comment ! le député de Saint-Jean veut*il prétendre que les évêques et les apôtres des Territoires n'ont \ as condamné l’insurrection des Métis.Mais que fait-il donc des écrits et des dise* urs de ces homnn s vénérables, de ces dignes missionnaires, qui ont expo>é jusqu a leur vie pour im pêcher la rébellion d’éclater ?Que fait-il du discours de Mgr Grandin à Saint-Laurent, lors de l’ast^emblée du bill des droits, discours où le saint prélat condamnait d'avance tout mouvement séditieux V Que fait-il des élans d'indignation des missionnaires comme le Père Fourmond qui s'écrie : O mon pauvre peuple î je liai pas pu Carreler ; il a etc fasciné par cct archi• traître, par ce fourbe, jinqu’à ce qu’il l’t ûi compromis par l't f/usion du sang.M.Marchand ignore-t-il tout cela?Et alors pourquoi parle-t-il de ce qu’il ne connaît pas ?Il a aussi répété cette fausseté que les Métis ne se sont pas même mis en insurrection, qu’on les a attaqués et qu’ils se sont défendus Est-il possible de fausser ainsi la vérité des faits ?QueM.Marchand daigne donc ouvrir la preuve ; il y verra que Kiel a proclamé la guerre civile, qu'il a commence les hostilités, pillé les magasins, volé les ormes et les munitions, proclamé un gouvernement provisoire, coupé les fils télégraphiques, et fait prisonniers, “ contre la paix de notre Souveraine Dame, la Reine," des citoyens britanniques, au moins cinq jours avant que le major Crozier ait donné l’ordre de tirer un seul coup de feu.Il y lira, puisqu’il ne connaît pas encore la question dont il parle, il y verra la fain* use lettre de Riel à Crozier, dat ée du 21 mars 1885, dans laquelle le chef rebelle dit : Si vous refuse/, (de rendre le fort Carlton) nous avons P intention de nous attaquir, quand dtniain le jour du Seigneur sera passé ; et de commencer san* délai une guerre d'extermination contie ceux qui se sont montrés hostiles nos droits.Et M.Marchand a l’audace de dire, devant une assemblée délibérante, que Kiel et les siens ne se sont pas mis d'eux-mêmes en insurrection, qu'ils se sont simplement défendus quand on les a attaqués! Allons donc! si le mot n’était pas si dur, nous dirions que c'est de l'impudence ! Voilà où en est rendu la controverse libérale après quatre mois de discussion sur l'affaire Riel.On méeoiinait, on fausse systématiquement les faits, pour dresser un piédestal à un homme qui ne mérite tout au plus que la pitié, à un homme qui a pris sur sa tête la responsabilité du sang et des ruines qui ont désolé le Nord-Ouest.PETITE GAZETTE Sa Grandeur Mgr des Trois-Rivières est parti jeudi dernier accompagné de M» le chanoine L.S.Rheault, pour aller faire la bénédiction d’une nouvelle église à Lau rence, Mss.Sa Grandeur doit visiter pendant son voyage, les principaux centres canadiens dos Etats-Unis.“ LA JUSTICE ” La Justice est susceptible.Elle se plaint que nous avions traité d'informer un des propriétaires du grand journal national.Qui donc a parlé d'un propriétaire de la Justice ?Ce n’est pas nous bien sûr.L’indiscrétion vient de notre adversaire lui-même.Pour nous, nous nous sommes borné à qualifier de detective, sans le désigner autrement, le particulier qui rapporte tout de travers les badinages qu’on peut lui adresser en conversation, afin de les faire imprimer solennellement dans un journal.Quant à la question en litige entre la Justice et nous, elle repose entièrement sur la volte-face que nous avons reproché à l’organe national, et que nous avons prouvée, à la satisfaction de tous les gens sans préjugés.La Justice a renié un principe qu’elle avait solennellement posée dans son programme ; notre adversaire n'en sortira pas.Quant à la motion Garneau, nous y sommes opposé en vertu de ce principe même que la Justice a renié, mais que nous continuons à défendre, nous : le priucipe de la séparation absolue entre la sphère fédérale et la sphère provinciale.Nous avons une constitution positive et précise.Elle nous enlève, à Québec, tout contrôle sur l'administration de la justice criminelle.Eilc confère la prérogative royale du pardon au gouverneur-général sur l'avis de ses ministres, qui, eux.doivent en rendre compte uniquement au Parlement Fédéral.Etant donné cette position, nous croyons que la Législature ferait une démarche absurde en se mêlant de trancher une question qui n'est pas de son ressort.Pour nous ttervir des expres-ions heureuses de la Justice, nous sommes d'opinion que 11 discuter une question qui n'est pas sous son conti ôte, sur laquelle elle ne peut légiférer, seiail pour notre Chain-brp locale passer à f état de chambre de discussion.” ho Justice consent maintenant à ce que notre Chambre locale passe pour une Chambre de discussion Nous n’y cons- nions pas.Voilà la position.Quant à la question du Home Rule nous croyons que la Législature locale eut mieux fait de ne pas s'eu occuper.Mais le cas n’est certainement pas le même que Celui de la motion Garneau.Dans cette'demi ère discussion, ou met en cause l’exercice d’une prorogative royale à laquelle la constitution nous défend formellement de toucher.Si la Justice ne saisit pas la différence des cas, nous désespérons de ses lumières.Avant de prendre congé des gentilshommes de la Justice, nous voulons leur donner, nous aussi, un conseil.Ce n’est plus du tout une primeur que de dire au public que Sir Hector Linge vin est le beau-père de M.Chapais, et que M.Chapais est le gendre de Sir Hector.Et il ne manque pas de gens qui, loin de juger concluant cet argument favori des écrivains qui n’en ont pas d’autres, sont enclins à le trouver d’un goût extrêmement douteux, et d'une distinction peu enviable pour des journalistes de bon ton.Samedi dernier avaient lieu les élections du Barreau, section du District des Trois-Rivières qui ont donné le résultat suivant : Bâtonnier : J.M.Desilets, réélu.Syndic : L.D.Paquin Trésorier ; A.Olivier Secrétaire : Jos.Harnois Conseil-II.G Malhiot, C.R., M.Honan et L P.Guillet.Délégué,—N.L.Denoncourt C.R.• Examinateurs.- J.B.L.Ilould, P N.Martel, A.E.Gervais et L.P.Guillet.ii ii 11 L’honorable M.Luigelier a été réélu hier maire delà cité de Québec Nous sommes heureux d'apprendre que M.David Onellet, architecte de cette ville, a obtenu le contrat pour la construction du nouveau couvent de Frascrville.Le députe de Ivamouraska s’est permis hier d’insulter le journalisme.A propos d'une question personnelle soulevée par M.Casavant, qui se plaignait d'avoir été mal rapporté par un journal de Montréal, M.Gagnon a prononcé une phrase que nous ne pourrions citer textuellement, mais où le mot mensonge se trouvait accolé au nom de la presse ; et cela dans un sens général.A cette expression courtoise on reconnaît bien M.Gagnon ! La réclamation de M.Casavant portait sur le fait qu'on l'avait représenté comme approuvant l'exécution de Riel, tandis que le député de Saint-Hyacinthe a soutenu uniquement la théorie que la question n'est pas du ressort de la Législature locale A l’Assemblée La motion Garneau M.Làlibeiité, députe de Lotbi-nière, soutient la motion Garneau II fait allusion à la retraite de M.Joly.M.Nantel se déclare humilié d’être obligé de traiter cette question rebattue,dans cette Chambre.Il parle des contradictions de.la presse conservatrice dans la question Riel.Il est vrai que de telles contradictions se sont produites, mais il n’y a pas de honte à se contredire dans certaines questions.Si lui, lédacteur du Nord, s’est contredit, il n'en a pas honte.La presse conservatrice s’est contredite sur des questions de fait, qu’elle ne connaLsait pas suffisamment.Mais dans cette question, des contradictions il y en a eu de bien des • ôtés L’honorable M.Beaubien s’est contredit lui aussi, lui qui disait dans son discours de l’an dernier qu’il blâmait l’insurrection, et qui sur le Champ de Mars, disait quelle était excusable.Il cite aussi l’t.tendard qui suivant lui.s'est contredit sur des questions ‘le principe.Il p»*ut arriver à tout le monde de se tromper sur les faits ; mais il est beaucoup plus grave de se tromper sur les principes.La révolte n’est pas justifiable ; l’Eglise l'a toujours condamnée.Elle a condamnée la rébellion de 1837.Il prétend que Riel est mort dans le plein exercice de ses facultés mentales.Toutes les circonstances de l’exécution le prouvent.Mais il y avait la question de l’orangisrae.11 n’était pas jui-te qu’on exécutât un homme pour obéir à la voix de fanatiques.Il a cru qu’il y avait eu pression orangiste.Mais il s’est aperçu bientôt qu’il avait été le jouet d’une illusion.Il cite les opinions de Mgr Cameron, du Père Dowd, du curé Label le, et de Mgr Taschereau ; M.Landry,de Kent le représentant des acadiens, a protesté contre le mouvement national.Grâce à toutes ces * autorités, des qu’il a vu que les orangistes n’avaient pas été les arbitres du sort de Riel, il a cessé de contenancer le mouvement.A ta séance du soir.M.Nantel cite l’opinion de l’honorable M.Royal qui a refusé de so joindre au mouvement national.Quant aux orangiste s il a été surabondamment prouvé qu’ils n’ont pas dicté au gouvernement l’exécution de Riel.L’honorable M.Cha-pleau a prouvé dans les Communes que les orangistes comme corps ne sont pas intervenus pour arrachor au gouvernement l’exécution de Riel.Kiel no représentait pas la religion.Il ne représentait pas la cause nationale canadienne-française.11 ne représentait pas môme la nation métisse.Si Riel eut représenté une cause nationale, comment se fait-il que les souscriptions pour le grand Kéros national n'ait pas produit plus de §1700.11 parle du comté de Terrebonne où les principaux chefs du parti conservateur, et même des chefs libéraux ont approuvé la conduite de M.Chaplcau et la sienne.Les libéraux ont voulu faire de la politique avec la question Riel.Ils ont mérité d’être appelés encore une fois le parti de l’Hypocrisie organisée.Ce nom leur a été donné en 1874 s’opposant à la translation du chef-lieu du district d’Ottawa, d’Avlmer à Hull ; De John Molson Crawford et autres, demandant l’incorporation du club commence son travail de démolisseur.Il est maçon de son métier, et il a une connaissance personnelle de la construction de ces murs, étant u The Victoria tti/lcs Armory Association dans le pénitencier presque constnm-Des habitants d’Aylwin, demandant I ment depuis vingt ans.la translation du cbef-lieu du district D’après tous les i enseignements d'Ottawa, d’Aylmer à Hull : les plus probables, on croit que Vian Du Révd.M.1\ Dowd et autres, d< s*est 6(*ryj de l’anse du seau de nuit mandant certains amendements aux do sa cellule et d’un couteau do table lois concernant la vente des liqueurs spiritueuscs ; Du Hévd.M.John Ker et autres, s’opposant au Hill intitulé: “The Montréal Dioctsan Thtological ( î o ! et des conseillers de la où ils sont arrivés au pouvoir Avant ! d’Aylmer à Hull î Du mair.municipalité d Shiw, s’opposant à la translation du rlief-'.i u du district d’Ottawa, d’Aylmer à Hull ; D* rinstitui Trafalgar demandant dis amendements à ?a charte ; Des habitants de S -André Avellin, dans le dirUnct d’Ottawa, demandant la translation du chef-lieu de ce dirttiot, de renverser le gouvernement Mac donald, ils avai» nt réclamé l'amnistie entière, absolue, sans délai, pour Riel.Niais une fois arrivés au pou- j voir ce n’était plus cela.Riel, leur ancien martyr, leur ancien héros, devint un misérable, un meurtrier, qui ne devait pas avoir d’amnistie complète.Et ils les bannirent de son pays.Durant tout leur règne ils ont négligé les Métis Ils n'ont rien fai» pour eux.M.Mills ne leur répondait que par un non péremptoire.M.Nantel cite des articles du Globe et d’autres journaux grits qui ont écrit blanc et noir sur la question de l’exécution de Riel.* Ces grands patriotes n’ont pas envoyé de requêtes à Ottawa, pour la plupart.Le fameux comité de Montréal, n’a pas envoyé de requête.Le mouvement de Riel n’était pas un mouvern» nt national.Il ne pouvait nous conduire qu'à un conilit avec les autres races.M.Nantel parle du caractère de l’union fédérale qui veut que les provinces soient indépendantes dans leur spère et que le pouvoir fédéral soit indépendant dans la sienne.Et il cite les débats sur la Confédération L'administration de la justice criminelle appartient au pouvoir fédéral.Restons dans notre sphère et respectons la constitution.L’nonorable M.Marchand répond à M.Nantel.Il parle des contradictions du député de Terrebonne.Il dit que M.Nantel pour condamner l’insurrection des métis est obligé de renier nos martyrs de 37.Il parle des principes absolus de M.Nantel qui condamne toute insurrection.Saint-Thomas d’Aquin, Saint-Augustin ont été moins absolus.Les Métis étaient dans un cas où l'insurrection était excusable.Ils n’ont même recouru à la force que lorsqu’on les a attaqués.Ils ne se sont mis en insurrection armée, qu’après qu'on a tiré d’abord sur eux.M, Nantel condamne la révolte des Métis.Mais il est plus sévère que les vénérables pasteurs des Métis.On ne voit pas en effet qu’ils aient porté des condamnations contre ces pauvies gens.M.Dorais propose l'ajournement du débat, à minuit.Parlement fédéral CHAMBRE DES COMMUNES Ottawa, 3 mai 188G L’hon.M.Thompson présente un Lili pour amender ta loi relative aux causes réservées de la couronue.—Lu pour la p»ernièn* fois.Un autn bill pour étendre les limites du district de Kcewatin et amender la loi relative à ce district.—Lu pour la première fois.Su* Richaud C.uiTwiur.ii r demande au ministre des finances à quel point le gouvernement en est maintenant venu à l’egaid des i celamatioiis de Québec et d’Üniario.1/hon M.MoLej an répond que i’alïaire n’est plus maintenant que sur une couple de points.M.Beatv propose que la chambre txamiue en comité le bill relatif nu chemin de fer North West.M.WooDWoiiTii s’oppose à la motion.MM Blake, Beaty, Watson, Ives, Sir Can wright, spronle nt Chariton con-timn nt ie debat.On prend le vote sur la motion et il donne le résultat suivant : 1*0111-, 51) ; contre, 86.M.M clock propose en amendement (piece bill soit référé au comité des chemins de fer avec instructions de s’enquérir des accusations portées contre plusieurs membres du parlement.Le vote pris donne le résultat suivant : Pour, 55 ; centre 81.Le bill est alors examiné en comité de toute la chambre, rapporté sans amendement et lu en troisième lecture' La chambre s’ajourne à 1,50 a.m.De eeitains habitants .lu district d'Ottawa, s'opposant à la translation du ch f-ueii de ce district, d’Avlmer à lull ; ’ De T.A.Frisson et autres, demandant la passation d’une loi autorisant l’agrai: dissement des limites du village de Lapra.ne et pour d'autres lins ; De l’université du collège Bishop, de lifiiuoxville, s'opposant au Bill propose par le college d théologie du Diocèse tie Montreal ; De J.A.Gravel et autres, de B.igot-v 1 lie s’apposant au Bill demandant que la clause 8 du chap.45 de la ifihne Vici.soit amendée ; De Charles Church et autres, demandant rmcorpoiatioii de la compagnie du chemin de for du comté de Drummond ; De j.A.Ashton et autres, demandant à être incorporés sous le nom de u The Ste-Marguerite Salmom Cm!) ; ” De la compagnie du gaz de Montréal, demandant des amendements à sa charte ; De Alfred Boy et autres, demandant la passation d’une loi pour pourvoir à la construction de l’église de la paroisse du Sacré-Cœur de Jésus de Montréal : Sur proposition de l'honorable M.Dionne, l'adoption du rapport du comité de la salle de lecture et des débats est remise à demain.Sur proposition de l’honorable M.Lavioh tte, le second r apport du comité d s contingents est renvoyé à ce comité.La séance est levée.Encore le pénitencier EVASION DU FORÇAT YIAU La nouvelle de l’évasion de Yiau du Pénitencier de Saint-Vincent de Paul se répandit avec terreur ce matin par toute la ville.Avec un gibier de cette espèce en liberté, on sent que la vie des citoyens n’est plus en sûreté et tant que le brigand 11e sera pas (le nouveau sous verrous, il y aura à craindre.Un reporter du Monde s’est transporté ce matin à Saint Vincent de Paul pour avoir des nouvelles du courageux Préfet, M.Laviolctte et constater les dégâts faits par Vian pour opérer son évasion.Notre reporter a été présenté à l’illustre blessé par ses deux fils.M.Laviolette était assis à son bureau de travail, comme dans ses beaux jours de santé.J1 a passé une bonne nuit.La plaie qui le fait le plus souffrir est sa blessure à la mâchoire.Il ne peut se nourir que d- liquide.Nous espérons qu'il se rétablira bientôt et qu'il pourra d'ici à quelques mois reprendre le soin et le gouvernement du pénitencier.Revenons à Viau.Laehamon dit : J M ’ai trouvé le nique du lièvre, luis le lièvre n’v était nas.on peut pour percer le mur de sa cellule et les murs de la prison à deux endroits différents.Notre reporter a vu ces deux outils.L’ance du seau est en fer et peut être de la grosseur d’un crayon de plomb.Le couteau est un couteau ordinaire.Viau s’en est l’ait une soie dont il se servait pour enlever lu ciment des pierres.11 avait enveloppé le manche du couteau avec un morceau de sa cou verte.C’est avec cos outils d’un nouveau genre qu’il a réussi à enlever la pierre du mur intérieur du cachot.Nous avons vu la pierre.Elle pèse, a (lit M Papineau, 250 livres.La pierre une fois enlevée, il restait à défaire un mur de brique d’à peu près neuf pouces d’épaisseur.L’ouverture qu’il a ainsi pratiquée est environ 18 pouces par 12 pouces.C’est pur à qu’il est; sorti du cachot.Il se trouvait alors dans le corridor.De lâ, il a pris la lampe.qu’il y avait à l’extrémité nord de ce couloir, et s’est rendu à l’autre bout du co ridor.Là, il a percé un autre mur en briouc de 18 pouces d’épaisseur.Four cette nouvelle besogne, il avait cassé un morceau de la fournaise qu’il y a dans le corridor.Far cette dernière ouverture qui se trouve, à peu près, a vingt pieds du cachot Viau se trouva en dedans de la nouvelle bâtisse d’où il sortit en perçant le mur en brique en brisant un contrevaut temporaire en bois, qui était fermé avec un cadenas.Là \ iau se trouva sur une espèce de galerie qu'il suivit dans la cour.Le gardien Catellier dit que vers une heure moins vingt, il a cru entendre du bruit sur la galerie ; il a regardé par la porte grillée en fer, mais il n’a rien vu.Gadbois et Fare étaient les gardiens de nuit hier soir.I ne fois dans la cour.Viau a pris un câble d’à peu près trois Cent» pieds de longueur et.est monté par l'échafaud qui se trouve au sud de l'aile nord, sur le toit du pénitencier, qu'il a suivi, jusqu’au dessus du logement (le l’assistant préfet, Là, il a ouvert un petit carreau qui se trouve sur la couverture, a attaché son câble après des barres de 1er et est descendu jusqu'au bas, en se glissant après la corde, sans tambour ni trompette.Le sergent Paré qui était en devoir dit avoir vu un homme marcher sur le toit vers une heure et demi.Paré était à faire sa tonde de nuit.Il s’est de suite rendu auprès du gardien Gadbois pour l't n rnlonner mais quand les deux officiers sont revenus Viau brillait par son absence.L assistant préfet, Gadbois et Fare ont suivi la piste de Viau, à travers le jardin, mais il a pris le trottoir du village, et adieu tout le monde.II y a 16 détectives à la recherche du brigand.Tonte la population de îSt-Vincent de Paul est en émoi à 1 occasion de l’évasi on de Viau.Nous espérons que la Police pourra reprendre ce gibier de potence, et que cette fois, les gardiens du Pénitencier n’auront pou.lui ni pitié ni compassion.La situation on Orient RÉ TONS F.DES PUISSANCES A LA NOTE DE LA GRÈCE.La situa f ion très critique.^ i en N E, 3.—On rapporte que fis En modifiant le refrain dire : •Lai vu le cachot de Viau, Mais Viau n’y était pas.iau était enfermé depuis le 24 du mois dernier, depuis sa révolte.dans un des cinq cachots de l’aile _ nord du Pénitencier.Fendant quel-1 puissances ont envoyé une réponse ques jours les officiers du Péniten- collective à la note de la Grèce et cier l’ont tenu aux fers.La semaine demandant la promesse claire de la dernière, par compassion, on lui a Grèce qu’elle réduirait son armée au fait enlever les fers des mains.La chiffre d’une armée de paix.La répitié est toujours mauvaise conseil- ponse cependant ne Jixe pas de 1ère chez un geôlier de prison ou un temps durant lequel il faudra s’y officier de pénitencier, mais il est conformer.Elle ne menace pas non bien difficile de faire un crime à un plus la Grèce de bloquer ses ports homme qui a du cœur.Le cœur est dans le cas où elle refuserait d’accé-est ainsi fait : il s’apitoya même der aux vœux des puissances, sur le sort des autres.‘ On évalue que les dépenses extra- Grâce à l’obligeance de M.Fapi- ordinaires occasionnées à la Turquie ?au, le secrétaire du pénitencier, par les préparatifs de guerre de la ne Conseil {Législatif Séance du lundi, le [) Mai 1886.Présidence l'honorable M.Bouclier d u La Br u ère., Plusieurs petitions sont déposées sur 10 bureau de la Chambre.Les pétitions suivantes sont hi*\s et reçues : nJw certains habitants du district d Ottawa, s’opposant à la translation du chef-lieu de co district d’Avlmer Hull ; % Du Révérend I).Lcd tic et autres, a notre reporter a été admis à visiter 1 Grèce seront de X 1,000 000 le cnchol iHustré maintenait autant Athènes.3—La situation ici cet par 1 absence que par la présence de très compliquée et très critique.a1J.’ j .Cela est du à l’intervention des puis- la rnnr dn 8 ’T’ scîu errani par sances dans les affaires intérieures la cour du centre.L accès en est 1er- de la Grèce d°nt drXC,1H Les «fadeurs plÊnipolentîai-baüu et d une épaisseur d’au moins rcs étrangers sont réunis A la réside»- fer sonï°forCméc f" cn ^ *lc Sir Horace Hun,bokl, mnhassa- I.t sont fermées a 1 extérieur par un denr botanique.Ils attendent des idenas pesant au moins trois livres, instructions définitives Il y en a un a chaque porte.pieds do largeur, pour faire accorder Le nlnnehor ri» -lr"'w iawu ««corner a la Grèce un pierre Viau orennnif l > Ir ®11 11 °uvoau délai pour se conformer à milieu.CCUp8,t 1 CaGhoL députés libéraux ont promis de s’opposer à ce bill.D’un autre coté les whips libéraux expriment l'espoir que le gouvernement aura une majorité de 80 voix lorsque le vote sera pris.Sir Currie, député libéral pour ouest Perthshire, a écrit une lettre phi pisintegra slon n’iisi pis accepté!» le chè pie sera remis au î-oumis ioûnnire.I.** Mini-îère no s'engage ù accepter ni l« plus basse, ni aucune dos fournissions.Par ordre, A.(îOBEI b.S*-cr itfiro Ministère dos 1 ravi.ux Publics, \ Ollawa, ‘i?Avril ISff»./ Qu» bec, -i mai I88C—3f 3'J i Bazar En faveur de l’Eglise Saint-Sauveur de Quédec.Avec l.i hi -nv- illnntu autorisation de sjii .i ni ii » ru ut u i«j ûiu'ii i>.i uun »ie *» j;i dans laquelle il exprime son opposi- eminence lk caiidina .Arehev.-que de lion au projet Home Ride.11 dit que Utw.’oc HH.PP.Obiats se propo?cnt d’ouvrir, cette mesure conduirait à la guerre in| V,11 •H?/lr I0!,r la rf*s,u;‘rûl,on • .% n , ! ° i inu#rieure ue I ur civile.11 ne veut qu’un seul parlement pour tout le Koyaume-Uni.*
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