Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 3 septembre 1887, samedi 3 septembre 1887
f* ï t'inv Xill :VV 'aCTrarT.* «inr *œ?srr JVo 75-Edition quotidienne"!], unie Année Samedi 3 Septembre 1837 JOURNAL DES INTERETS CANADIENS JK CROIS.J'ESPKRE ET J'AIMï 1 THOMAS OUA HAIS Rédacteur ev Chef \XXl L’immunité ecclesiastique A lu diblribulion des prix de m>n petit séminaire, Mgr Lecol, evuqiu de Dijon, a lait entendre contre l’incorporation des séminaristes dans l’armée une éloquente et rigoureuse protestation, à laquelle nous sommes heureux de faire écho.Après avoir démontré pourquoi le séminaire est un endroit choisi, supérieur à l’école et au collège pur la destination sacrée de la plupart des élèves qui le fréquentent, Mgr Lecot s’écrie : Ai-je tort, après cela, de vous dire que, par sa nature et par «on but, cette école est supérieure aux autres?que le divin y entre, beaucoup plus que l’humain, dans la formation il f •unes, et que là s’accomplit, non une œuvre ordinaire, non une maîtrise commune, mais un grand et saint ministère, et, quand il est bien compris, le plus élevé, le plus divin des apostolats ?Vous étonnerez - vous après cela, chers messieurs, que nos regards se tournent de préférence vers cette phalange d’élite où Dieu nous montre scs prophètes et ses envoyés de l’avenir ?Serez vous surplis que nous ayons poussé il d’Arc blonde.Or, on a d’elle une lettre a Danois, munie de son cachet de cire, et sceller auirant l’usage du temps avec un de ses cheveux, et ce cheveu est noir.Vict.Sardou.IM II poussé, aux quatre coins de ce grand ; dans le devoir.On nous di diocèse, le cri d’alaime qui vous comme hier : “ Sauvez 1 An avertissait de nos craintes pour nos pie ! “ C’est le premier et 1 séminaires, et demandait à tons, aux riches, aux pauvres, 1- secours d’aumônes abondant» s pour nous aider à les peupler de nouveaux ajôtres ! Nous saurons bientôt de quelle plus sûr moyen de garder à la patrie des soldats qui triomphent et des enlants qui l’honorent ! Comme si le champ de bataille du prêtre, champ de bataille où on lutte, où on souffre, où on meurt, n’était pas toujours ouvert ! Comme s’il n’y avait pas tous les jours, pour le prêtre à son devoir, la maladie contagieuse à aborder, la peste ou l’épidémie à braver, le cou- j Pourquoi demander sa canonisa-tact du mourant dans l’abjection du tion, qu’on n’obtiendra jamais ?vice et de la misère à chercher coin- j Quoiqu’elle causât avec les saints, me une grâce et à demander à Dieu 1 Jeanne n’étsit pas une sainte : elle et aux hommes comme la plus enviée ! était Jeanne la bonne-Française, des faveurs ! Comme si, enfin, au | V.Ciierbuliez jour de ces luttes qui donnent le fris- j ’ " ‘ J “ son du patriotisme a tout un peuple, ; J’eu demande bien pardon à mon il n y avait pas place, pour le prêtre confrère, je la tiens pour sainte et désarme et pacifique, a tous les points .très sainte, justement parce qu’elle a de la lutte ou on s expose aux coups .été bonne Française, meurtriers ! Comme si, ces jours là, * on n’était pas «ùr de trouver, à côté ' du braie qui meurt eu coin battant, le prêtre qui meurt en consolant ! Nous conjurerons ces raffinements de la malice inconsciente qui nous poursuit, messieurs.La France est catholique et elle veut garder ses prêtres ; son gouvernement veut s’inspirer des sentiments de la nation, et les échos de ce noble pays de Bourgogne auront des retentissements oc.particuliers dans ses conseils ; i.on, on ne nous tiendra pus plus longtemps dans la dure nécessité de pa raitre sacrifier l’honneur en restant Un nous dira demain îe du peu* ' le plus né* ; 44 ce«saire des grands services nationaux.Sauvez l’âme du peuple en vivant et en mourant pour lui ! ” Et d’une voix unanime, depuis les pontifes qui ont vieilli dans les ru- LEGEJi H ROUSSEAU, Editeur- Pro-am, C A MILLE RüUSSET.IV Tour un vieux Français, né entre les dates d’Austerlitz et d’Iéna, au son des cloches du oar la ] ra!lc N I» ’ f.1* f; E s Dans un bourg, sur la Loire, on cor.le que naguère La Pucelle passa sur sa jument de guerre Et d t aux habitants : “Armez-vous et venez.” Un échcvin suivi de vcillards consternés Lui répondit : “ Hélas ! pauvres gens que nous sommes.Les Anglais ont tué les meilleurs de nos hommes.Hier ils étaient ici.Le cheval de Talbot Dans le sang de nos fils a rougi son sabot.Seuls nous leur survivons^ vieux, orphelins et voit- [ves, Et notre cimetière est rempli dejeroix neuves.” Mais la brave Lorraine, aux regards triomphants.S’écria : “ Venez donc, les vieux et les enfants ! ” L'homme reprit, les yeux aveuglés par les larmes : “ Hélas ! les ennemis ont pris toutes nos armes, La dague avec l’estoc, les nèchcs avec l’arc plus sûr.S’il y avait un Voltaire aujourd’hui, jamais l’idée ne lui viendrait d écrire la Pucelle ! Ludovic Halkvy.NX -O - X- • -— a été glorifiée, par un grand poète allemand et un grand poète anglais : Schiller et Southney.Triple honte pour Voltaire.Xavier Marmier.læesxrtys* - v-tv c .- ; ¦>.XXIII Jeanne d’Arc et Napoléon ï A quatre siècles «le distance, Ont, tous les deux, sauvé la France ! Qui ne s’en souvient pas, dit-on.—Reste, César, sur ta colonne ; J.a haine en vain l’ébranlera.—Et toi, que Dieu même inspira, Douce vierge au cœur de lionne, Parmi les saintes qu’il couronne.I demain le Ciel te recevra ! Camille Doucet.XXIV Lo oorpe do Jeanne réduit on cendres a été jeté à la Seine.Dans leur rage aveugle, ses ennemis lui ont fait une sépulture qu'envieraient les conquérants les plus illustres.Les Ilots de l’Océan vont partout, et Jeanne a un tombeau grand comme le monde.Adolphe Louls-Albert]Perraud, évêque d'Autan.XXV Bientôt, à quelques pas de la statuette pensive et chétive de Jeanne d’Arc, va s’élever la statue colossale de Gambetta.Les contemporains ont une mesure ; la postérité en a une autre.Emond Rousse.21 UV » Jeanne d’Arc, que l’Eglise n’a pas canonisée, reste la sainte de la patrie.C’est assez.E.Aucjiek XKV1I.—XXVI11 Dieu nous enverra-t-il jamais une Jeanne d’Arc alsacienne ?Eugène Labiche.Cette Jeanne sera la France pacifi-q ue.Fekd.de Lesseps.(Retour de Berlin, 14 mars ISS7 ) XXIX —Elle est à la fois histoire et Fgen-, de ; elle est le peuple dans sa faibles- Jeanne «l'Arc outragée par Voltaire s,,‘ et tlans sa for?,e> dansf£a f°V:t (Iaus inr „\»ml nrwo clairvoyance ; elle part des derniers rangs, elle triomphe au nom de Dieu et de la France, et elle disparait sur un bûcher entre le ciel et la terre, éternel objet d’admiration, de piété 1 et d’amour.Jules Simon.se gâtent et oui se dégradent de plus en plus tous les jours, n’était pas * e reproduire le texte des jugements académiques recueillis par M.Ivan de "Wœstyne.w Nous les prenons dans l’ordre où ils sont publiés par le “ Figaro.” 1 On s’est figuré longtemps Jeanne lui reste fidèle.Cuvilmfr Fleury.IX 44 Mes bons amis, je suis trahie.Friez Dieu pour moi,car je ne pourrai plus servir le noble royaume de France.” Dernières paroles adressées par Jeanne au peuple deCompiègne le 23 XXI Si Jeanne, au dernier des jours, était appelée à prononcer entre Cou-1 chou ’ ‘ Voltaire qui La dague avec 1 estoc, les nèchcs avec lare ~ .* , n 1 1 .Nous voudrions vous suivre, 6 bonne Jeanne cl’Arc.UaUCxlOll quelle pardonnerait.” ' ' ’ ' " Octave Feuillet.Mais nous n’avons plus même un couteau La Pucelle Joignit alors les mains, tout cu restant en selle, Et quand elle eut prié : *• I u m'as bien «lit, je crois.Que votre cimetière était rempli «lecroix ?.—Je l’ai dit.Eh bien ! donc, allons au cimetière.” Et la vierge, entraînant la foule tout entière, O à déjà plus d’un front rougissait de remords.Piqua sa jument blanche et vint au champ des [morts.XXil t qui l’a envoyée au bûcher et 1 Jeuue inspirée qui, pour aire qui l’a chantée, ce serait à délivrer la patrie, court au champ de bataille, c’est la vision même de la France : elle doit être un soldat, le soldat de Dieu, comme a dit Shak-speare ; si elle préférait les fuseaux pacifiques dédaignés par Jeanne, la Si Voltaire avait eu de l’esprit, il1 générosité, la civilisation, la justice j aurait fait de la Pucelle un poème et la liberté disparaîtraient du mon-épique, et de la Hennade un poème de.comique.Pour parler d’Henri IV, il i?,,TT nT TTVI1M, «n .* i ï , i, i .: U.uIIjL c/Jilu VU'.n.fallait la plume de 1 Ariosto ; pour parler del Jeanne d’Arc, la plume du XXXI Tasse.E.Legouyé.Quand la patrie est malheureuse, lumilleton du fOri'.HIEH DU CANADA 8 Septembre 1887—No 25 LE OKI ME dite point que vou» me haïssez, ne parut fuir les occasions de se trou-prononcez plus 1
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