Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 24 juillet 1891, vendredi 24 juillet 1891
£?5ème année No 42-Bdition quotidienne.-14ième année Vendredi, 24 Juillet 1891 JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.JE CROIS.J’ ET J’AIME THOMAS CHAPA IS, Directeur-Propriétaire LEGER BROUSSEAU, Editeur et administrateur, (•KUILI.KTON DU COURRIER DU CANADA 24 Juillet 1891.—No 13 LES DRAMES DO FOYER (Suite) — Vous n’en ayez poiut lo droit, répliqua Sosthénio Simonin, la lettre que recevra Augustin doit être notre œuvre i\ toutes trois, et quoique je ne me llatte point d’avoir mieux réussi quo cette chère Zoé, je lirai cependant ce qui m’est venu au courant de la plume.La raillerie amère, sanglante, débordait de la lettre do Flore.Elle traitait Augustiue avec un mépris outrageant.Quoi ! cette pe* tite provinciale avait eu l’audace de croire qu’elle serait l’inspiratrice d’un homme, d’un grand talent ! Il avait agi en galant homme, la laissant à ses futilités, l’amusant avec quelques diamants et des volants d’Angleterre mais la.dédaignant assez pour ne jamais lai confier le secret de ses travaux.Elle n’avait point su monter jusqu’à lui, et lui avait repoussé l’idée de l’élever jusqu’il elle.Comme on l’avait raillée, dans ce Paris dont elle se erojait une des reines ! Quoi î elle ignorait ce qui se passait autour d’elle, elle gardait cette passive obéissance de l’idiote il qui commande le maître ; si elle tenait maintenant d’éclairer soudainement les ténèbres au milieu desquels elle avait volontairement vécu, elle serait prise à la fois de honte et de vertige.N’importe,elle devait lire.Il faut avoir oe courage de regarder en face lo malheur.Elle déciderait ensuite si elle devait rester auprès d'un mari qui la traitait publiquement avec ce dédain.Une liste dos volumes les plus dangereux de Victor Nanteuil terminait cette lettre.-—Bien ! bien ! fi# Zoé, nous trouverons dans cette lettre d’excellentes choses.Sosthéuie Simonin, cédant à la violence de sa nature, avait fait de sa dénonciation contre lo romancier quelque chose de passionnément violent.Jalouse et envieuse ;l l’excès, ce que Sosthénic avait le plus désiré des joies groupées autour d’Augustine, c’était le luxe qui l’eutourait.Ce franc et vrai luxe qui s’étend daus l’appartement aux attelages de la toilette à la table.Elle avait senti s’agiter en elle des rages des folles quand elle avait remaqué la beauté parfaite d’Augustine, et* qu’elle l’avait comparée k sa laideur brutale Il lui semblait qu’elle éprouvait une joie étrange en voyant se creuser, sous l’empire d’un chagrin, des joues qu’elle avait vu si fraîches, et se rougir dans les veilles et les larmes, ces yeux bleus rempli d’une bonté affectueuse et d’uue joie naïve.Un secoud travail emprunta à chacune do «es lettres ce qu elle avait de plus saillant, et il en résulta une œuvre terrible, distillant le venin il chaque mot.Zoé, dont l’écriture était de celles qui ne peuvent trahir le caractère, copia cette lettre énorme sur un papier banal.Chaque phrase qu’ello écrivait lui causait un soubresaut de jo^.Quand elle eut terminé, elle signa “ une amie siucère, ”—traça d’une main ferme l’adresse d’Augustine Natitcuil, y oolîa un timbre, puis clic sonna pour faire mettre le terrible factum il la poste.—Cette lettre sera remise il la dernière distribution, dit-elle.—On sera en famille, ajouta Sosthéuie Simonin.—Eh bien ! fit Flore, les vipères ont silllé, «i on les a jouées.Rouges de joie, se félicitant sur leut' mutuelle vengeance, elles se quittèrent, et chacune se demanda ce qui allait, ce soir-hl, sc passer dans la maison du romancier.Las d’un travail dont peuvent seuls se faire une idée ceux qui s’occupent de théfitre, Victor Nanteuil avait résolu de passer chez lui, dans un repos complet, les trois jours qui suivraient la représentation de Réjane.Sauf Etienne Darthos et le docteur Toussaint, personue no devait être reçu.1) a illeu ri Nanteuil sé proposait d’employer ce temps il calmer l’irritation de sa fille, et k lui fairo comprendre il quel poiut clic compromettait son avenir, si elle s’entêtait k poursuivre des rGvos impossibles.w Augustine radieuse du succès de la veille, rappelait il son mari les souvonirs de cctto représentation, Cécile travaillait, Angèl0 s’arrêtait de temps il autre pour embrasser sa cousino.Vers neuf heures, le valet do chambre entra.Il portait sur un platouu d’argent des journaux et dei lettres, % Victor prit tout ce qui se trouvait sur le plateau, fit un tirage des lettres qui devaient venir d’ainii, puis, après avoir retourné duns une lourde euveloppe : —Ma chère, dit-il, ceci est pour vous.—Pour moi .répondit Augustine, on dirait un pli officiel.Nanteuil coupa les enveloppes, et Augustine déohira celle de son enveloppe volumineuse.Elle se renversa dans son fauteuil comme une personue qui s'apprête à faire une longue lecture.Cécile leva les yeux sur sa mère qui fut vite frappée de l'altération de son visage.Cependant Mme Nanteuil lut presque toute la première page sans comprcn" dre ce que signifiaient les choses monstrueuses accumulées dans ce factum anonyme.Quand elle saisit la j>ortée de cette dénonciation, une rougeur ardente lui monta au visage.Elle lut tentée de lacérer cette lettre et d’en jeter les morceaux au feu.Mais la soif d’apprendre la vérité lui mordit le cœur.Elle trouvait qu elle commettait un« faute en lisant lew pages insultantes pour l'honneur de l'homme qui restait, ce soir là, savourant à son foyer les joies de sa gloire ; et pourtant, elle lisait elle lisait encore.Parfois un spasme la prenait au cœur, elle se sentait suffoquer, ou bien des larmes brûlantes, larmes d’indignation et de colère, montaient à ses paupières.Elle souffrait horriblement.Quand elle eut fini, elle regarda sou mari, qui souriait eu lisant des articles élogieux sur sa pièce de Réjane.Une parole de mépris écrasant viut scs lèvres, mais elle regarda sa fille et se tut.—Eh bien ! demanda en riant le romancier, et cette fameuse lettre ?—Ne te regarde en aucune façon, répon.dit Augustine qui venait de la cacher dans sa poitrine.Un moment après, prétextant une extrême fatigue, elle embrassa sa fille et Angèle, et se retira dans son appartement.V I.AMIE Eugénie de Keuilly travaillait.Il était dix heures du matin, et la porte était sévèrement interdite.Pendant la première moitié de la journée, elle sc livrait d’une façon complète et passionnée k un labeur quotidien qui, sans épuiser ses forces, entretenait en elle la force productrice.A une iuiagina-puissante, qui lui permettait d’eutreprendre des œuvres vivantes, elle juiguait la logique qui enchaîne les évènements enfantés par le cerveau, et une foi ardente dont l’inspiration passait à travers ses œuvres.Elle vivait, non pas isolée, mais recueillie ; amoureuse du silence, elle se jetait dans la solitude avec une sorte de passion, lui demandant la puissance dont elle dispose, et s’y retrempent comme un lutteur qui a besoin de prendre terre afin de se retrouver et de respirer à pleine poitrine.Elle achevait un gros livre, et les recommandations de ne pas la déranger sous aucun prétexte avaient été multipliées aux domest iques.Cependant, k un coup de sonnette presque violent succéda, dans l'antichambre, une discussion à voix basse, puis le timbre do voix s’éleva, et enfin, la porte du bureau d'Eugénie s’ouvrant rapidement, Augustine Nanteuil,habillée de noir.pûlc,los yeux cernés, la bouche crispée aux angles, connue si elle se défendait de laisser éclater ses sanglots, s’avança vers son amie.Eugénie s’était levée en la reconnaissant^ et Augustine se jeta dans ses bras.—Pardonue-moi, lui dit-elle, pardonnc-uioi de venir aujourd’hui et il cette heure ; mais si, quand je me sous heureuse, je connais dix femmes près de qui je puis épancher ma joie, quand je souffre, ce n’est que près de toi que je désire me réfugier pour pleurer.'—Pleurer, toi, qu’as-tu ?Mme Nanteuil pressa son mouchoir sur ses lèvres, puis elle essuya rapidemennt une larme.Eugénie, qui, plus d’une fois, s’était alarmée des symptômes d’indépendance que trahissait le caractère de Cécile, et qui sc souvenait d’avoir été graudciuent surprise des assiduités de Kasio Vlinski, attribua k quelque confidence do Cécilo le violent chagrin d’Augustino.La mère s’effrayait pour l’avenir de l’enfant, en contataut l’erreur d’un entraîuemcnt déjil peut-être difficile il étouffer.Saisissant les deux waiiiB d’Augustine, Eugénie lui dit, en plongeant son beau et franc regard dans les yeux voilés do Mme Nanteuil : * —Ta fillo, n’est-ce pas ?(A suivre.) CAUSERIE J.ITTERAIRE L’Académie française et le barreau M EDMOND ROUSSE (Suite) Tandis que Jules Janin devait atten-dro, à la porte de l'Académie, jusqu’en 1870, Jules Favre y entrait tout de go en 1807, comme avocat sans doute, mais aussi un pou, je le crois bien, comme chof des Cinq.Il était du reste reçu à ce moment que ce maître rhéteur était en même temps un maître écrivain.Si j’en juge par son discours do réception, il en faut singulièrement rabattre.Voici son exorde : Il y ajuste quarante années, dans une enceinte consacrée au plus noble enseignement, se relevait une chaire autour de laquelle accourait eu foule u ne jeunesse enthousiaste, avide, d’applaudir celui qui allait y monter.Une y ran Je et léyitime popularité Y y avait précédé bien qu’il touchât à peine l’àge mûr.Sur son beau front, avec la flamme do la pensée, brillait YauréoU toujours irrésistible de la persécution.Sa voix, à la fois harmonieuse et puissant t semblait être la vibration d9un.instrument pénétré d’au feu intérieur.Ce feu animait aussi son regard profond et ferme, d’où son aine s’échappait en éclairs quand le souille de l'éloquence l’agitait.au _ ' _ Ce beau front, cotte auréole,et feu, cette flamme, ces éclairs, tout cela c’était Victor Cousin.Dans tousles discours de Jules Favre, vous retrouverez cette rhétorique, ccs épithètes banales, ces images incohérentes, col instrument pénétré d'un feu intérieur, dont l’on ne doit pas pouvoir jouer longtemps s'il est do bois et dont l’embouchure, s’il est de cuivre doit quelque peu brûleries lèvres.11 y avait alors, parmi les Cinq, un avocat qui, lui, savait écrire dans une belle langue élégante, précise et forte c’était II.Emile Ollivier.Lui aussi allait être nommé académicien.C’était au lendemain du ministère du 2 janvier 1870; L’Académie cessait de bouder l’Empire, MM.Thiers et Guizot en tête,elle élut, par 20 voix sur 28 votants le 7 avril.M.Ollivier, chef du nouveau ministère, il remplaçait Lamartine, son ami.On sait le reste, et comment il a été empêché par ceux-là mêmes qui l’avaient, non seulement choisi, mais acclamé, de prononcer son discours de réception (12).M.Emile Ollivier se pouvait du reste consoler; lopins illustre des académiciens du XI Xe siècle, Chateaubriand n’avait-il pas, comme lui, été privé de sa réception publique par un acte d’arbitraire ! IV Depuis 1870, l’Académie a encore porté ses suffrages surun membre du barreau mais cette fois, la politique n’a été pour rien dans lo choix qu’elle a fait.Dupin, Berryer, Dufaure, Jules Favre, Emile Ollivier, s’ils avaient brillé au palais, n’étaient pourtant arrivés à l’Académie qu’en passant par la Chambre dos députés.M.Rousse, élu le 13 mai 1880, en remplacement de M.Jules Favre, n’a jamais été autre chose qu’un avocat.Il ne recherchait pas les affaires retentissantes, il fuyait le bruit.C’était un modesto, presque un timide.Ayant écrit une Etude sur les Parlements de Fra nce il la fit imprimer à 300 exemplaires seulement et ne la mit pas dans le commerce.Mais si soigneux qu’il fût d’evi-ter l’éclat, il ne put faire qu’un jour un rayon de lumière ne brillât sur son nom.La Commune de 1871 l’avait trouvé bâtonnier de l'ordre.11 fit simplement et noblement son devoir.11 affronta dans leur antre le délégué à la justice, Eugène Brûlot ; le procureur de la commune Raoul Rigault.Il essaya do sauver son malheureux confrère, Gustave Chaudey ; il obtint les permissions nécessaires pour (11) Discours de M.Jules Favre] prononcé dans la séance publique du 23 avril 1868, en venant prendre séance à la place de Af.Victor Cousin.(12) Lamartine, précédé d'une préface sur les incidents qui ont empêché son éloge en séance publique de V Académie française, par Emile Ollivier.voir Mgr Darboy, l’abbé Deguerry et le Père Caubert.Le samedi 20 mai, il put pénétrer près d’eux.Il a parlé de ces choses dans un admirable discours prononcé, le 2 décembre 1871, à l’ouverture île la conférence dos avocats ; mais avec quelle discrétion et quelle modestie ! Ecoutons-le un instant : En présence de ces attentats, de ces menaces, île ce jury trié par la Commune, surveillé par son procureur, où l’assassinat allait tenir ses grands jours et rendre ses arrêts, les avocats cherchèrent à faire leur devoir.Pour avoir les prisonniers ordinaires, il ne fallait qu’un peu de persévérance.11 fallait traverser los tribus armées qui campaient dans les couloirs de la sûreté, escalader des groupes d’enfants endormis, et, au milieu des tonneaux, des brocs et des bouteilles, pénétrer jusqu'à quelque fonctionnaire important.Mais pour avoir les prêtres, on se heurtait à des résistances presque invici-bles et l’on pouvait courir quelques dangers.Malgré ces obtacles, plusieurs de ces saints prêtres, avant de mourir, ont pu voir un visage ami, sérier une main dévouée, entendre des paroles d’encouragement et d’espoir et recevoir d’une bouche profane ces consolations que tant de fois ils avaient portées aux urnes voisines de la mort.La veille île sa chute la Commune avait résolu de los faire juger, et de toutes parts des courageux s’offraient pour les défendre.Hélas ! ils ne devaient avoir ni juges ni défenseurs mais il leur est resté parmi vous un témoin pour attester leur courage, la sérénité de leurs derniers entretiens, l’émotion avec laquelle, s'oubliant eux-mêmos, ils parlaient des douleurs de la patrie, ut pour dire que, près de paraître devant Dieu, ils élevaient vers lui leur pensée et le priaient pour leurs bourreaux (13).” Ce témoin, M.Rousse ne le nomme pas ; mais parmi ceux qui l'entendirent alors, parmi ceux qui le liront, il en est pas un qui ne se lève et ne dise à cot honnête homme : Tu es il le vir ! Dix ans plus tard, l’ordre matériel était rétabli dans la rue, mais la révolution était redevenue maîtresse, non plus seulement de Paris, mais du la France entière.Elle ne massacrait plus les prêtres, c’est vrai, mais elle foulait au pied8 le droit, la justice, la liberté : elle frappait les congrégations, elle expulsait les religieux, lue voix s’éleva pour affirmer le droit, pour rendre témoignage à la justice pour protester au nom de la liberté* (14).Cette voix, c’était celle qui avait retenti, ferme et haute, aux oreilles de Protot et de Raoul Rigault, celle qui avait encouragé, consolé l’archevêque de Paris, M.Deguerry elle P.Caubert: c’était la voix de M.Edmond Rousse.C’est ce moment que l’Académie français* choisit pour l’appeler à elle ; et rarement, disons-le à son honneur, elle fut mieux inspirée.Ajouterai-je quelle était loin de se douter, je le crois du moins, de l’étendue de sa bonne fortune ?Une préface en tête des Discours et plaidoyers de M.Chair d'Est-A nge, une notice sur Charles Sapey, avocat général à la cour de Paris, et le discours à la conférence des avocats dont j’ai dit uu mot tout à l’heure, formaient alors, avec quelques études critiques parues dans le Droit et la Gazette des Tribunaux, tout le bagage littéraire de M.Rousse.De sos plaidoyers, on savait qu’ils étaient composés avec soin, sobres, élégants, d’un jurisconsulte à la fois et d'un lettré ; mais ils n’avaient jamais été’ réunis, et nul au Palais Mazarin n’en pouvait juger.Quelle surprise donc et quelle fête, quand M.Rousse a parlé devant l’Académie, soit qu’il prononça l’éloge de son prédécesseur (15) (Jules Favre, hélas ! ) soit qu’il fît le rapport sur les prix île (13) (Euvres diverses de AI.Edmond Rousse, t.I, p.271.(14) Consultation sur les décrets du 29 mars 1SS0 et sur les mesures annoncées contre les associations religieuses, par Edmond Rousse, avocat à la cour d’appel do Paris.(15) Académie française, séauce du 7 avril 1881.vertu (lG)soit qu’il répondit comme directeur à M.Léon Say (17), ou à M.Melchior de Vogué (18).Ces discours sont tout simplement des cliefs-d’ceuvre de style.M.Edmond Rousse est aujourd’hui, avec le duc de Broglie, le maître du genre, et ni II.Dumas ne l’égale, moins encore M.Rouan, qui se croit pourtant lo phénix des hôtes du Palais Mazarin.M.Reusse avait été nommé alors qu’il n'avait encore rien publié.Une fois élu, il a cru devoir à ses confrères de réunir ses œuvres.Elles forment deux volumes parus on 1884 et qui comprennent outre les morceaux que j'ai déjà in li-qués, les Souvenirs du siège de Paris, les Souvenirs de la Commune et onze plaidoyers, dont plusieurs se rattachent à des questions purement littéraires.Les souvenirs du siège et ceux do la Commune no sont rien moins qu’une page d’histoire vécu.e et vivante, pleine de sincérité et d’émotion où le sourire parfois se mélo aux larmes.-Quelques-uns des plaidoyers et en particulier celui qui a trait aux œuvres posthumes d Andre Chénier, sont des morceaux .i achevés, où l’avocat disparaît derrière l’écrivain.Certes, y avait là les éléments d'un vrai succès.Mais M.Rous-s* n’est pas île ceux qui courent, avocats après la fortune, écrivains, après le succès.11 semble, au contraire, qu’il ait pris ses précautions pour se bien assurer qu’il ne viendrait pas.En tête de son premier volume, il a mis comme un épouvantail à l’entrée d’un verger plein de fruits et de fleurs, la traduction d’un ouvrage allemand composé en l’an XI par un certain A rnold-Hermann-Louis Heeren, professeur d’histoire à Gœttin-gue, et dont voici le titre : Quelle a été Vinfluence de la réformation de Luther sur la situation politique, des différents Etats de Y Europe et sur les progrès des lumières ?Cet Ans au lecteur n’est-il pas pour lui faire tomber le livre des mains ?Mais cela n’a pas suffi à M.Rousse.Il a eu bien soin du faire éditer ses deux volumes rue Souillot, chez um libraire qui ne vend que des ouvrages de droit ; c’était de gaieté de cœur les enterrer tout vivants.Pour les exhumer de cette nécropole, il eût fallu une bonne presse : M.Rousse n’a dépoté son livre chez aucun journaliste, il n’a demandé d’article à personne.Il n’a rien négligé en un mot pour que ses œuvres ne fissent pas parler d’elles et pour que sa fille fût muette.1 )ans un siècle où la réclame se glisse partout, même à l’Académie, de la part d’un homme qui est le confrère de M.Renan et de M.Dumas, le trait, on un conviendra, ne laisse pas d’être original.J’estime pourtant qu’ici M.Rousse a tort.Des œuvres comme les siennes, qui, à un rare mérite de style, joignent une haute valeur morale, ne sauraient être trop répandues.Je lui demande d’extraire de ses deux volumes et de publier à part les Souvenirs du Siège de Paris, les Souvenirs de la Commune, le discours prononcé le 2 décembre 1871 à l’ouverture de la conférence de l’ordre des avocats, les discours académiques, la préface aux plaidoyers de Chaixd’Est Ange, la notice sur Charles Sapey, les plaidoiries dans le procès des œuvres posthumes d’André Chénier et dans l’affaire Duverdy contre Zola, dans le procès des lettres de Benjamin Constant à Mme Récamior et dans l’affaire du testament de l’abbé Deguerry,—sans oublier celle pour le baron Liebig et la Cie Liebig ext ract of meat, plaidoirie qui est elle-même un “ extrait ” de tous points exquis, contenant sous un petit volume une grande quantité de44 substantifique ” mouellc ”.Cela ne fera qu’un volume sans doute, justum volume n ; — mais avec ce seul volume, M.Edmond Rousse sera encore l’un des premiers parmi les Quarante.Edmond Bwf; AGRICULTURE Une expérience originale Quand aurons-nous de la pluie ?Telle est la question que se demandent de ce temps-ci les cultivateurs.Ils attendent avec anxiété cette pluie bienfaisante qui ne veut pas venir ; faute d’elle tout languit, tout sèche, tout périt.Ne serait-il pas temps d’aller chercher la pluie, puisqu’elle ne veut pas venir à nous ?Je vous vois rire et vous entendre dire, amis lecteurs : “ Mais le chroniqueur agricole est à bout de son latin ou il perd la tête ; aller chercher d® la pluie, c’est aussi Lien d’aller chercher la corde à revirer le vent.” Je ne suis pas sérieux, en effet, tout de même, je vois que d’après un journal américain on veut essayer la chose.A cet effet le sénateur Far well a obtenu du congrès des Etats-Unis une appropriation de $9,000 pour faire des expériences à ce propos et produire de la pluie artificiellement pour arroser les plaines arides de l’ouest du Kansas.Les promoteurs de cette idée se basent sur cet avancé déjà vieux ; qu’en produisant un ébranlement dans l’atmosphère en tirant de fortes pièces d’artillerie, on peut faire venir la pluie i on se base sur ce fait que toutes les grandes batailles des temps modernes ont été suivies de pluies abondantes.Dans tous les cas on veut essayer la chose sérieusement dans le Kansaj ; cependant on ne veut pas employer la poudre à canon ni la dynamite, on les remplacera par des ballons remplis d’hydrogène et d’oxigène qui feront explosion à une certaine hauteur dans l’atmosphère au moyen de l’électricité.Dites maintenant que les Américains ne sonUpas des gens entreprenants ; chercher à produire de la pluie à volonté-M’est avis que le sénateur Fanvcll ferait, bien de faire une expérience le plus tôt possible, car par la sécheresse que nous traversons, nous pourrions l’imiter s’il réussissait dans son projet.(16) Séance du 15 novembre 1883.(17) Séance du 16 décembre 18S6.(18) Séauce du 0 juin 1889.Diverses recettes Comment détruire les poux qui infestent le bétail ! Le professeur A.J Cook du collège d’agriculture de Michigan répond à cette question en donnant la recette suivante : “ Faites dissoudre dans deux pintes de savon mou { lb de savon dur en chauffant le tout jusqu’à ébullition; ajou tez alors une chopine d’huile de pétrole et brassez violemmens pendant trois ou quatre minutes pour que le mélange soit parfait et permanent.Pour les plantes délayez ce mélange dans deux fois son volume d’eau, poulie bétail dans la moitié de son volume d’eau.Cette préparation détruit sûrement et sans inconvénient toute espèce de poux qui s’attaquent soit aux plantes, soit au bétail.Le cultivateur qui est aujourd’hui sans jardin potager et sans un verger est certainement en arrière de son époque ; il manque de jugement, car il ne comprend pas ses meilleurs intérêts et ceux de sa famille.* •* * Les moutons comme tous les autres animaux domestiques, aiment la variété dans leur nourriture.Ils sont surtout friands de jeunes pousses de plusieurs mauvaises herbes,de jeunes broussailles etc, et nettoient admirablement bien un terrain.* « * N’oubliez pas pour le plus grand bien de vos volailles de semer un coin de terrain eu graine de soleil.Cette dernière est un vrai spécifique pour la mue des volailles.Un grand nombre de pompiers américains et canadiens se sont réunis ces jours-ci à Brockville dans un joyeux pique-nique.Il a eu courses jeux, amusements de toute sorte.Montréal y avait envoyé plusieurs membres de sa brigade. Le Courrier du Canada, Vendredi, 24 Juillet 1891 AVIS JL’aboniiemeiit au “ Courrier «lu Canada 99 est uni form binent fixé à #4 payables d'avance* A.-abounenicnt au 4‘ Jeurnal des Campagne*” odjdeÿl,aussi paya» blés d’avance.Toutes les lettres concernant la rCdactbn, l'administration* les abonnements, lis annonces, les arrérages, etc., devront être adressées au soussigné.M.Léger l?roti*Kcau9 propriétaire de l’imprimerie et H.Klzéar tlédard, gérant, continueront A s'occuper pour nous do l’administration.THS CTI A PAIS, D inet ru r-freprié;a ire du 44 Courrier du Canada t" Rue Ruade, Quebec, ANNONCES NOUVELLES 1-e Business Collège de Montréal.Grande léduction—Elic Béilaid.Compagnie du Richelieu et Ontario.Tapis ! Prélarts—Glover, Fry Cie.Instruments de musique, âr*c.—L.X.Tratte.Canada l.ife Assurance Co—Frank Pennée.Pianos ! Pianos I—Bernard, Fils Cie.I.e Magasin du Louvre.— C6tJ > i aguv.Etoffes à robes.— Behan Bros.O -A.TsT .A.QUEBEC, 24 JUIILLET 1891 CORRESPONDANCE D’OTTAWA Ottawa, 23 juillet.U Electeur notis fait bien rire à Ottawa lorsqu’on y lit que “ nous sommes sur un volcan ”, qu’une bombe vient d’éclater, que les ministres sout consternés, que le gouvernement n’en u plus que pour un mois de vie, etc., et autres balivernes de ce genre.Soyez certains que ces écrits ne sout que l'effet d’un cerveau en ébullition, qui prend ses désirs pour des réalités.Comme je vous l'ai déjà dit, le parti conservateur ne se laisse pas intimider par les rodomontades des libéraux, et leurs clameurs assourdissantes au sujet des enquêtes en cours.Le parti a conscience de son devoir et de sa responsabilité devant le peuple, et il aura à se conduire suivant les dictées de l’honneur et de la conscience, comme dans l’intérêt du pays.Si encore Y Electeur se bornait à des exagérations, on ne pourrait tout au plus qu’en rire, mais il se permet des accrocs à la vérité.Ainsi il est faux que Nicholas Connolly ait juré que Bancroft n’a jamais existé et n’a pas signé e contrat du bassin de Kingston : il es t faux aussi que le maître général des Postes ait jamais admis “ que le louage de la boîte 524, dans le bureau de poste de Kingston, au nom de Bancroft, était une supercherie, et que les Connolly étaient les véritables Bancroft.” 11 est faux aussi qu’il soit question dans les rangs ministériels “ de la démission immédiate de quelques-uns des ministres, Sir John Thompson ou Sir Hector Langevin, l’un ou l’autre.” Ces dénégations suffisent pour aujourd’hui, car je ne veux pas perdre mon temps et occuper votre espace à réfuter des assertions qui tomberont d’clles-mâmes devant les faits avant la fin de la session.* Il est probable que le débat sur le budget se terminera ce soir.* *• * Les accusateurs devant le comité des privilèges et élections se sentant incapables de faire leur preuve contre le ministre des Travaux Publics, et prévoyant que la défense va écrasai* le fragile échafaudage qu’ils ont élevé avec tant de peine et de fatigue, ne visent plus aujourd’hui qu’à l’effet politique devant le gros public.Ils ne s’adressent plus à l’intelligence de ceux qui doivent juger la cause, mais cherchent à provoquer des incidents, jeter dans le public des noms de personnes,étaler leurs liens de parenté* avec tel ministre ou tel homme politique, dans l’espérance que le public fera porter au ministre, ou à l’homme politique, la responsabilité de la faute que l’on reproche au parent.Et c’est ainsi tout le long de l’enquête.Mais ce jeu ne peut pas toujours durer bien que la poursuite veuille encore occuper pendant longtemps l’attention publique, en faisant venir tous les jours de nouveaux témoins.Le jour viendra où la défense se fera entendre et produira ses témoins.Ce jour-là les roles seront changés.UNE PAGE SOMBRE La page 13 du discours siir le budget prononcé par M.Shehyn à la dernière session, jette un triste jour sur la situation des finances de la province.C’est le trésorier lui-même qui parle, et il nous apprend que depuis trois ans les recettes provinciales ont constamment baissé.En 1888 elles étaient de §3,738,228.39.Eu 1S89 elles étaient de $3,627,932.79.En 1890 elles étaient de §3,536,495.20.Ce sont là les chiffres donnés par M.Shehyn.Pour aujourd’hui nous ne les discutons pas.La progression descendante est manifeste.Les recettes sont à la baisse.Au moins le trésorier va-t-il nous montrer une diminution correspondante des dépenses ?Pas du tout, c’est une augmentation qu’il nous offre.Eu 1SS8 les dépenses étaient de $3,365,032.36.En 1SS9 elles ont été de $3,543,61S.64.En 1890 elles ont été de §3,8S1,672.95.Ici encore nous ne discutons, pas quoique les chiffres de M.Shehyn soient en dessous de la réalité.Nous prenons les tableaux qu’il a préparés lui-même, et tels qu’il les a préparés.Et ces tableaux indiquent que les dépenses ont constamment augmenté depuis 18S7.• C’est une progression ascendante.Qu’on aille consulter la page 13 du discours budgétaire de M.Shehyn, et l’on constatera l’exactitude de notre assertion.Progression descendante dans le revenu, progression ascendante dans la dépense.* Les recettes diminuent, les dépenses augmentent.Voilà le régime financier île M.Mercier depuis quatre ans.Quel en est !e résultat nécessaire / Le résultat c’est que le déficit se creusa chaque année, et qu’à intervalles réguliers, il faut emprunter pour combler le gouffre.Ou a emprunté §3,500,000 en 1887.On vient d’emprunter §4,000,000 en 1891.Dans moins de deux ans il faudra emprunter encore, parce qu’on augmente toujours les dépenses tandis que les revenus diminuent toujours.Ah ! cette page 13 du discours budgétaire de M.Shehyn est un terrible acte ‘d’accusation contre la politique financière du gouvernement Mercier! UN COMBLE La grande démonstration en l’honneur de M.Mercier, a eu lieu hier à Montréal.Son Excellence a été congratulé coram ¦populo par le gracieux M.McShanej maire de Montréal.Et Elle a prononcé un discours où nous lisons le passage suivant, relatif à l’emprunt : Ayant renoncé à l’emprunt permanent pour les raisons que je viens de donner, et non point pour celles données par la presse conservatrice.et ayant absolument besoin d'ar-gent pour rencontrer nos obligations les jrfus pressantes, nous nous sommes spécialement occupés d’un emprunt temporaire qui a été fait pour un montant de quatre millions de dollars à des conditions que nous croyons bien satisfaisantes.Ce sont les deux grandes institutions du Crédit Lyonuais efe de la Banque de Paris et des Pays Basqui l’ont pris, assisté du Crédit Foncier, à 4o^o et une commission raisonnable.Et j’ai eu le plaisir de recevoir à mon arrivée au Canada des dépêches m’informant que tout le montant avait été souscrit immédiatement et meme qu'il avait été couvert plusieurs fois.C’est un excellent augure pour la transaction finale qui sera faite aussitôt que le marché monétaire sera dans les conditions voulues.Je n’ai pas de doute qu’alors M.Shehyn viendra avec moi en Europe, car je ne veux rien faire sans lui-, et réussira à placer l’emprunt permanent des dix millions d’une manière satisfaisante.L’emprunt temporaire de quatre millions de dollu rs, est fait pour deux ans avec faculté de paiement sur avis de de trois mois, et je suis heureux de pouvoir dire que nous sommes parfaitement libres de nous adresser aux institutious que nous voudrons.L’option qu’on a voulu nous imposer peut être bien légitime, mais n’a pas été concédée, et nous aurions terminé bien plus tôt nos transactions si nous avions voulu céder à cc point ; mais noua avons cru avec raison qu’il valait mieux rester entièrement libre.De cette citation il ressort : Que des obligations de la province ont dû être lancées sur le marché français pour un emprunt temporaire, de deux ans seulement.Des débentures émises pour deux ans ! Avons-nous bien compris, et‘est-ce cela que M.Mercier nous annonce1 ?C’est véritablement un comble ! En second lieu, il ressort des déclarations de M.Mercier que cet emprunt temporaire est fait moyennant une commission ; 4 ojo d'intérêt, et une commission 1 Quelle commission ?Plus nous avons de détails, plus nous nous convainquons que cette opération est un désastre.Parlement Fédéral PETITE CrAZEITE Nous apprenons avec regret la mort de l’abhé Vincent Plinguet, arrivée hier après-midi à Tile du Pads.Le défunt était âgé de quatre-vingt-un ans, et il a été tour à tour curé à Sainte-Scholastique, à Saint-Benoit, au Sault-au-Eè-collet et à l’ile du Puds.Les funérailles auront lieu lundi.Les dépêches d’Europe nous annoncent que Bismarck est mourant.Sir Charles Puissell, l’éminent avocat anglais, est attendu en cette ville ces jcurs-ci, en route pour San Francisco où il va rendre visite à sa sœur, la révérende mère Marie-Baptiste, supérieure de l'ordre des carmélites en cette ville.Le frère et la sœur ne se sont pas rencontrés depuis trente-quatre ans.Le Révérend M.Vincent Plinguet, curé de file du Pads, décédé le 23 du courant, au presbytère de cette paroisse, appartenait à la société d’une messe, section provinciale.J.G.Arsenault, Ptke., Assist.-Secrétaire.Archevêché de Québec, } 24 juillet 1891.J VOYAGE AU LAC SAINT-JEAN 11 n’est plus ce temps, d’ailleurs peu éloigné, où les colons du lac St-Jcau devaient faire le trajet par do pénibles chemins, retenus dans les bois une semaine entière.Grâce au chemin do fer eu quelques heures, sans efforts, sans fatigue, à travers un pays enchanteur, vous atteigne z la belle vallée du lac St Jean.Do Québec à St Raymond, vous traversé une campagne cultivée : ça et là, des habitations rustiques, des bouquets d arbres, un clocher dans le lointain.Notons le magnifique pont de la rivière Jacques-Cartier, construit au-dessus de rapides écumants, la décharge du lac St-Joscph, et le lac Sergent, qui disparaît trois fois, et trois fois reparaît.Laissons de côté le village do St-Kaymoud, trop connu pour être décrit, et rendons-nous bien vite à la rivière à Pierre.Désormais jusqu’à Roberval, la contrée est couverte de lac ou d’eaux courantes : d’abord des ruisseaux dont les ondes rapides et poissonneuses forment do gentilles cascades : ensuite la vallée de la rivière Batiscau, que le chemin de 1er suit au-delà de vingt milles.La rivière coule au pied de hautes montagnes, aux flancs escarpés : des arbres se sont implantés dans toutes les fissures, partout où s’est rencontrée uue poignée de terre végétale, disputant l’espace à la roche nue.Dans les beaux jours, l'image des hauts sommets se reflète dans les eaux limpides, spectacle sublime qui n'est surpassé par aucun de ces paysages étrangers que l’o» visite à grands frais.Les cent milles entre la station Beaudet et Roberval, pourraient avec raison s’appeler la région des lacs.Il ne s’écoule pas de quart-d’heure que l’on n’ait en vue quelque nappe d’eau, celle-ci plus grande, celle-là plus petite-Sans parler du lac Edouard, dont la réputation n’est pas à faire, mentionnons les lacs Kispissing, Quaquakamaksis et Bouchettc qu j présentent à l’œil une surface longue de plusieurs milles, dans un encadrement de forêts et dont les ondes aperçues, en certains en* •droits, à travers uue échancrure des bois * # » semblent, par une espèce de magie, se prolonger au-delà de l’horizon.Que dire de ces mille et un lacs, la plupart sans nom, qui se montrent de chaque côté de la ligne, et ne disparaissent que pour faire place à d’autres, les uns de quelques arpents, d’autres de quelques milles, mais aucun sans beauté ?Passé DeQucn, (appelé du nom du missionnaire qui découvrit le lac St-Jean), le chemin de fer s’engage sur uue rampe fortement inclinée, et semble, dans sa marche rapide, devoir se précipiter dans le lac Saint-Jean, ce beau lac, aussi large que le fleuve St-Laureut en face de i’embouchure du Saguenay, et d’une longueur double.Cette immense nappe d’eau (séjour du brochet et de l’onananiche, ces rois des eaux douces) dont les tributaires abondent en poissons, offro sur ses bords un sol éminemment favorable à l’agriculture, déjà peuplé (pour une partie) de riches fermiers, fameux par ses blés et d’un climat exceptionnel : le Dr Paquin y admirait la pureté de l’air, et scs observations étaient confirmées par l’expé-rienoe du Dr Coustantin de Roberval qui n’a pu encore trouver de maladies contagieuses dans ces régions d’unè salubrité sans égale —(Communiqué).Ottawa 23.M.ADAMS député de Northumberland reprend le débat sur le budget.Le peuple, dit-il, s’est déclaré contre la réciprocité illimitée, le 5 mars dernier.Conséquemment voter aujourd’hui en faveur^ de l’amendement Cartwright serait refuser 1 assentiment du peuple.11 termine son discours en prédisant le bien (pie la politique nationale est appelé à rendre au Canada.M.DEVLIN le jeune député du comté d’Ottawa répond à M.Adams, disséquant les discours des orateurs conservateurs qui ont précédé M.Devlin et montre que leurs arguments en faveur} Je la protection ont été réfutés avec succès par les orateurs libéraux.Parlaut de la loyauté dont les conservateurs fout parade et principalement le député de F Islet, M.Desjardins qui promet de mourir sujet Britannique, M.Devlin dit que ce u’est pas la loyauté la plus bruyante qui est lapins sincère.Les libéraux sont aussi loyaux, bien qu’ils ne le crient pas sur tous les toits.Quelle assurance M.Desjardins peut-il donner qu'il ne fera pas comme ses amis conservât surs qui placent leur argent aux Etats-Unis et qu’il n’ira pas y mourir.M.Devlin parle ensuite de la circulaire électorale de M.Ives de Sherbrooke, conseillant aux canadiens de ne pas suivre la politique libérale, parcequ’elle les conduirait à l’annexion et à la perte de leur foi.M.Devlih montre le peu de sincérité de M.Ives lui qui à Ottawa combat aux côtés de M.Clark Wallace qui disait dernièrement à Toronto qu’il ne faudrait jamais élire un catholique comme maire de cette ville.M.Ives est un bien triste champion des catholiques.M.Devlin fait l’éloge de l’administration Mackenzie qui a été pure de tout scandale et de toute corruption.C’était un gouvernement d’économie et non de gaspillages comme ceux qui sout dévoilés maintenant devant le comité des comptes publics.ïraitaut la question de réciprocité illimitée, il dit que contrairement à l’opinion des conservateurs la majorité des manufacturiers canadiens demande la réciprocité illimitée.M.Devlin critique sévèrement la politique nationale du présent gouvernement qui a contribué à la ruiue du peuple Canadien.SI1AXCK I)U SOIH M.DESJARDINS, député d’Hocbelaga défend la politique du gouvernement.Parlaut de la question des sucres, il dit que M.Beausoleil a parlé avec raison lorsqu’il a demandé au gouvernement la protection pour l*c sucre de betteraves.Pour sa part M.Desjardins dit que la garantie d’un bonus pendant une année seulement u’est pas suffisante pour assurer le succès de cette iuefus trie.Il demande au gouvernement de dou-ner un bonus pour cinq ans au moins.M.BOWERS prononce ensuite un discour® en faveur de la réciprocité illimitée.M.MACDONALD, de Pictou, défend la politique du gouvernement.M.BEC HARD demande au ministre des finances s’il vi ut ré.il ment donner au peuple un déjeuner franc de droit, d’enlever les droits sur le pain qui c-st un aliment bien plus important que le thé et café.11 fait l’éloge de fad ministration McKenzie, qui n’a éleré les droits que pour faire un revenu suffisant pour payer les obligations que lui avait léguées ses prédécesseurs ; mais cette augmentation n’est pas à comparer au tarif actuel que les conservateurs uni élevé de 15 à 25 p.c.élevant eu meme temps les dépen ses de 22 à 38 millions, les taxes de 18 à 30.L’orateur accuse ses adversaires de manquer de sincérité.Que voyons-nous ici.Tous les discours ministériels du premier au dernier, font des diatribes contre la réciprocité et cependant ces messieurs concluent triomphalement en disant qu’ils vont envoyer des commissaires à Washington cet automne pour faire un traité de réciprocité.La grande question aux dernières élections quoi qu’en pense le député de l’Islct, a été la réciprocité et le peuple des campagnes s’est prononcé en masse pour elle.M.Béchard répète comme par les années passées, que s’il croyait que la réciprocité amènerait la taxe directe, il s’y opposera.Mais il est convaincu que les ressources du pays sont assez étendues pour écarter ce dan- G is RV AIS k HODON M PORT ATKUI13 ^INSTRUMENTS DB MUSIQUE DK FRANCK, d’aLLBMAGNB BT DES ETATS-UNIS Aussi : Instruments do fabriques anadiennes, TELS QUE LES CÉLÈURES PIANO» HEINTZMAN & Cie, Wm.BELL & Cie, MASON & RISC1I, DOMINION & Cie Etc îror o'"1 • M.Béchard termine par un éloge chaleureux du programme de son parti,dé ses chefs et particulièrement de M.Laurier.M.McNeil ctM.Edwards parlent ensuite et à 12.50 heures la séance est levée.se De quelle poudre à pâte faut-il servir 1 La Poudre à Pâte de Creme de Tarte Impériale qui est faite de 99^00 de cristal de crème de tarte et de soude anglaise et c’est la mieux connue.En vente chez tous les épiciers.CHEVIIX DE FEIt IUJ LAC ST-JEAN Lu n ou voile ifftre servira xuiyvl p:mr le Uuéboc, Montmorency A C’hnrlevolx Un élévateur Les travaux de construction de la nouvelle gare des chemins de fer du Lac St-Jean et du Québec, Montmorency et Charlevoix se poursuivent avec activité.Elle sera terminée dit-on, pour loi 5 septembre prochain.La partie nord-ouest de l’ancienne manufacture Drum a été transformée un élé vateur pour le grain.C’est le premier érigé à Québec.Il peu contenir 60,000 mi no te et est à la disposition des commerçante qui font venir le grain du Lac St- Jean.Il sera coin piété dans quelques jours, L’autre partie de la bâtisse sera transformée en une usine où se feront les réparations des locomotives.La nouvelle gare, quand elle sera terminée sera magnifique.On est actuellement rendu au deuxième étage,; Elle a 90 pieds de longueur sur 35 de profondeur et est construite en briques rouges manufacturées par la “Milton Prcrsed Brick and Scwcr Pipe Company ” de Milton Ontario, avec ornements et pierre.Au rez-de-chaussé sc trouvent les salles •d’attente, les bureaux de billets, du fret, des agents, du paie-maître ; au second étage, les bureaux généraux des deux voies ferrées qui y seront transportés de la rue St-Pierre, au 1er septembre prochain ; les bureaux des ingénieurs en chef et des assistante ingénieurs et des dessinateurs seront placés au troisième étage.La bâtisse sera chauffée a eau chaude.Une plateforme couverte sera construite tout autour de la bâtisse.Entre la gare et l'ancienne manufacture il y aura quatre voies.J1 y aura aussi une autre voie sur chaque chemin de fer pour l’arrivée et le départ des trains.Entre ces deux voies et do chaquo côté sc trouveront aussi des plateformes pour les passagers.Les convois sur ccs des deux lignes viou-dronfc bientôt à la nouvcllo gare, ORGUES ET HARMONIUMS WILLIAM BELL A CIE, DOMINION A CIE, THOMAS & CIE, SCHIEDMAYER, Ere., Et.Les dernières publications musicale> reçues chaque stmairie.MACHINES A COUDRE : New Williams, ot Davis, à entra! neraent vertical.aussi : COFPIfKS DE MUltJETU (Kales) ÎITIUXEfÜ (Show CfeM’S) 19, Rue St.Joseph, St.Rock, Quebec.Téléphoné : Boîte 273 Québec, 16 Janvier 1S90—MO (Pilules Antibilieuses.MARqiri 01 COMUE1CI ZDtx Dr IN"H]"NT Remide par excellence contre! es Affections Bilieuses: Torpeur du foie, Excès de bile et autres indispositions qui en découlent : Constipation, Pci te d'appétit, Maux de tête, Rtc.Le J >r D.Maraolais, praticien distingué, écrit ce qui suit : Voilà plusleura années que Je fais uiape de» PUub-n Antibilimses du Dr Ndjrot Je me trouva tic h Lieu de leur emploi.Je ne puis que faire l’éloge de leur composition que tou» aTt»x bleu roulu me fairo connaître.Ne contenant pa» de mercure, elle» peuvent être administrée» lani danger dan» une foule de cas où le» pilule» mercurielle» seraient tout à fait nuisible».Non-seulementje fai» un usage considérable de ce» Pilules pour mes patients, mais Jules ai aussi employées en maintes circonstances pour mrtne et le résultat a été dos plus satisfaisants C’est dono arec plaisir que j’en recommande *’u«ape aux personnes qui ont besoin d’nn purgatif DOUX, EFFECTIF, ET IN OFFENSIF.Laraltris, 1er mai 1M7.Dr D.MARSOLAIS.EN VENTE PARTOUT 8EUI.PROPRIÉTAIRE L.R0BITAILLE, Chimiste JOLIETTE, P.Q.PRIX SEULEMENT 25 CTS LA BOITE.Quét ec, 27 décembre iNqo—lan CREAM I n plu» pure, la plu* forto, la meilleure * NE CONTIENT PAS d’Àlun, d’Ammonîaque, de Choux, do Phosphates Ni aucune autre substance injurions DL W.GILLET, Chicago, III.FABRICANT DES Célébrés Ontenux a la Levurcltoyale î Canada Life Assurance Co Bureau Prlucipal, HAMILTON, Ont.Capital et Fonds de Garantie au-dessus de.$12,000,000,00 Revenu Annuel au-dessus de.2,000,000.00 Assurances enforce le 31 Décembre 1891.54,086,801.21 Frank Pennée,, Agent et Inspecteur pour la Ville et le District de Québec.Q uébec, 26 juin 1891—im 221 JL© SS.“ Ml HA MIC III ” les .lér .iigcnu ms «lu foie, tie l'estomac, des n mis *t .‘es m tesîins.1* lies donnent la force tl la san«é aux constitutions débiles et sort «.'an ?ec« uis it aj piéiinhle dans les indisposit ons tics pet sonnes du sexe, «le tout Age.Pour les enfants et Vs vieillariLlts sont d’un prix inestimable.S/Ongiscï»! ¦^st un remède inf.tillible pour h s «lonln*i> dans ’îsjatnhts, la pnimuc.poor les vieilles blessures, laies et ulcères.11 est excellent j ou i • goutte et le rhuu.atis*nc.Poui les tuait\ .le gorce, bronchite, ihut?es, ;oux, ex croisse; et s glanduleuses, et pour toutes les maladies «le la pea-i, il est sans rival.Manufacturé seulement à l'établissement du pro-fcsscui HOLLuWAY 533, RUE OXFORD, L N DE ES; et vendu à raison dels, l Jid , as.qd., tir 2.’s., et 33s.chaque boite et pot, et au Canada à 36 cents, 90 cents et $1.50.et les plus grandes dimensions en proportion.\VER riSSI’.M!• N FS.—Je n'ai pas d’agents aux Etats-Unis, cl mes remèdes ne sont pas vendus dans ce pays.I es acheteurs devront alors faire attention â 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Quéliec, ïy juin iSS r.David Ouellet, roulnlu n deux Jambe» Un poulain à deux jambes seulement est né Steel Plant, il y a un mois environ.Ce phéuouiène attire beaucoup de curieux.Dcv«uno folio On a demandé hier matin, en cour de po- No 1139 rue St-Jean, JT,-FV DEBEC, Atelier*^ 87, Rue d’Àiguillon.Vol do bolM ^-Résidence,—> 85, Ruo d’Aiguillon.Téléphone «14.Québec, 9 mal 1891—30 mtr* — lan La nuit dernière un individu s’est introduit sur 10 terrain des Jésuites et a fait main basse sur plusieurs madriers, appartenant à la Corporation.La police devrait faire bonne gardo en cet endroit, ear l’ou dit que des figures inconnues y rôdent très souvent depuis quelque temps.j.W.RSIQ P1 V iX l'ai*tKpniiu* «Ko l*3i|tû:r*, S’il, iinv.sr-iMUL,, QUI DEC.MOUl.lN !•!.S’A PIF U A l.uXKT TU.P pfur jotircnu x, pipi», r M mill»- pour o '.veloppct loutre a lau.bris, feutre A tapis, feutre â cou vertu 1 sec et goudmnué.MOULIN AU PONT ROUGE.-Pulpe de bob, carton de bois.MOV L! 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