Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 18 décembre 1891, vendredi 18 décembre 1891
% S .-i 5ème année No 165-Edition quotidienne.-14ième année Vendredi, 18 Décembre 1891 Inmtirr (Eanaùa t JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.JE OH,OIS.J’KSP^RE ET J'AIME THOMAS CTTAPA IS% Directeur-Propriétaire LEGER BROUSSEAU, Editeur et administrateur, •* mitm.i.eton DU COURRIER DU CANADA 18 Décembre 1891.—No 55 (Suite) Jo suppose, par exemple, qu'un de ces jeunes geos dépravé.*», comme il son trouve tant dans notre siècle, éprouve pour une jeune fille ou une jeune femme, un sentiment coupable, que la saiutc morale ne saurait trop condamner.—C’est entendu, dit le colonel ; passons et voyons l'exemple.—Eh bien ! continua-t-elle, ju suppose qu’il écrive à cette femme.Comme la lettre peut tomber_eutre les mains de la mère, ou du tuteur, ou du mari, le jeune homme écrit avec de l’encre ordinaire un billet insignifiant, sec, froid.en style de janvier.Eu écoutant ces paroles, Coraly, qui ne les attribuait qu’ù.la fatalité, devint si pâle, si tremblante que son mari s’eu aporçut : nu premier moment, il la crut souffrante, mais quand il vit que chaque phrase de Mme Mé-luaine augmentait cette émotion, il eut pour la première fois un vague soupçon.Mme Mélusine continua : —Puis, avec uue encre sympathique, par exemple celle du chimiste allemand Waits.Est-ce bien ce nom-lît.mon cousin ?—Tout cela est exact, répondit M.de Valleran, vous avez de la mémoire.—Coutinucz donc, dit le colonel, qui voyait le trouble d« Coraly augmenter de plus en plus.—Eh bieu ! reprit Mme Mélusiue, avec cette encre sympathique, le jeuune homme que je le répète, ou ne saurait trop.—Allez donc toujours, dit brusquement le colonel, en regardant Coraly prête à défaillir* Mme Mélusine, voyant que le colonel s’a.percevait enfin du trouble do sa femme fut satisfaite d’elle-mCmc et continua.—L'adroit, entre chaque liguo do sa lettre insignifiante, écrit, avec l’encre sympathiquoi d’autres lignes passionnées.Bien entendu, elles sont invisibles ; mais elles apparaissent tout-à-coup, dès que la femme imprudente ou coupable approche lo papier du feu ; puis elles disparaissent quand le papior rofroidit.—C’est très ingénieux, dit le ooloael eu cherchant à secouer, comme une mauvaise pensée, lo soupçon qui lui était entré daus l’esprit.—J’aime cette action du feu, reprit M.de Valftran, il me semble la retrouver dans l’inspiration du poète ou du fidèlo qui prie.Ou dirait quo Dieu a truoé dans leurs âmes des caractères mystérieux, avec je ne sais quelle cucre sympathique.Dans les moments do refroidissement, les caractères sont invisibles ; il faut, pour les faire apparaître, les approcher du feu sacré do la poésie ou de la foi.M.do Valleran so leva et le colonel sc prépara ù, l’accompaguor jusqu'à la grille.Mais Mme Mélu.sincqui tenait à ce quo M.Dor-vigny restât seul, afin de pouvoir céder à la tentution dVxamiuer la lettre, s'empressa de lui dire : —Ne vous gênez dono pas pour des voisins, coloucl, no nous suffit-il pas do votre charmante femme pour nous reconduire ?—Certainement, dit M.de Valleran, qui la servit sans lo vouloir ; moi, d’abord je ne veux jamais des maris ; je ne veux que des femmes, et les jolies femmes pour escorte.Coraly fut forcée de les accompagner tout en maudissant Mme Mélusine, mais sans oser la soupçonner, tant «sa réputation de bonne femmo était établio.Elle attribuait tout à ce pauvre hasard, qu’ou acousc si souvent injustement, et dont Mm« Mélusine, était la collaboratrice.Dès que le colonel fut seul, les soupçons qui s’étaient à peine formulés dans sa tête, revinrent avec acharnement.Il se rappela non seulement l’agitation de sa femme, pendant les paroles do Mme Mélusine, mais encore son inquiétude, quand il s’était emparé de la lettre, son habilité u déchirer Ica papiers, pour ao faire donner, saus doute, le seul qui fut précieux : —Cependant, so dit le colonel, tout eu prenant dans sa pooho le fatal billet, quand j’ai voulu rendre oetto lettre à Coraly, clic l'a repoussée en se moquant du jargon financier do Théobald.Jo suis un vieux fou, jo dovrais remottre co mnudit papier à ma femmo, sans fairo cctto iojuricuso expérience.C'est tout sim pie, nous no sommes qu’on septembre.Il y a vingt-six ans do différence entre ma femme et moi.Eh bicu 1 après tout, jo suis assez bel houao, il me semble*•• Ma pauvre Coraly, si olio so doutait quo j’ui eu un soupçon, elle ne mo pardonnerait pas.Tout en faisant ce monologue intérieur, il cherchait une allumette chimique, et allumait une lampe.—Allons, vieil imbécile, se dit-il, lis ta lettre, tu en auras le cœur net.Ensuite, tu embrasseras ta femme, pour lui demander pardon.Il poussa lo verrou et approcha le papier do la lampe, en Je tenant au-dessus du verre* La feuille resta blanche ; mais au bout de quelques secondes, quelque chose de bleu apparut, et il vit vaguement se dessiner quelques lettres.—Grand Dieu ! s’écria-t-il.Peu u peu, les lettres s'étendirent à la file; i\ mesure que le papier se réchauffait, les caractères devenaient plus distincts.En moins d’uue minute, il y eut sous les lignes noires espacées à dessein, uue double rangée de lignes d’azur, et lo eoloncl tout frémissant, lut ceci : (Nous indiquons en caractères italiques les lignes écrites a l’encre sympathique.) f>i Madame, Vous m’avez fait l’honneur de mo “ Il faut que je vous voie, que je vous par-demander, de la part d’uue de vos amies, le avant de m'éloigner ; U faut que j'empor-quel serait le placement le plus avantage dans mon souvenir quelques mots de rc-geux pour quelques fonds, qu’elle a en caisse, gretJ de sympathie ; d'amour! Vous ne daus les chemins de fer.Les lombards &ont m'avez pas repoussé, quand je vous'ai dit : en ébullitiou, les Autrichiens manquent de “ Je vous aime ?” Au nom de cette douce stabilité, les Saragosse se maintienuent : mais affection que vous m'avez laissée voir, ne les lignes françaises m’inspirent plus de cou** me refusez pas quelques paroles de consola-fiance.Je conseille donc à votre amie d’a-tion ! Soyez ce soir à neuf heures, à la peti-cheter des Nord, des Lyon-Méditerranuée ou te porte du parc.Je vous le demande à plutôt encore des Orléans estampillés.genoux.“ Veuillez ugréor, Madame, les hommages respectueux de votre dévoué serviteur.levé et que, se faisant l'interprète de l’indignation publique, avec l’autorité quo lui donnaient son age, son caractère et sa vertu, il a dit au gouvernement : Vous avez humilié la France ! Si le gouvernement se croyait offensé, s’il se croyait injustement offensé, il avait le droit d’en appeler nu pays.11 avait le droit de traduire Monseigneur devant le jury qui représente le pays et de dire au pays : “ Sois notre juge et déclare hautement s’il est vrai que je t'ai humilié.” Le gouvernement n'en a pas eu le courage.Il savait trop bien qu’elle serait la réponse du pays.Et cependant il fallait à nos ministres une vengeance.Ils l’ont cherchée pendant quinze jours : ils ont cru l'avoir trouvée.Et voici leur calcul.On suppose que par une lettre non publique (elle a été publiée dans tous les journaux) Monseigneur l’archevtque d’Aix a voulu porter atteinte à l’honneur et à la délicatesse de M.Fallières.De cette manière le gouvernement dispara U, il se cache derrière M.Fallières, il se glisse sous la si marre du garde des sceaux, il espère n'êtrepas reconnu sous ce déguisement, et par ce moyen il peut se soustraire au jugement du pays qu'il redoute, demander sa vengeance à la magistrature sur laquelle il compte.Oui, messieurs, il 3'est trouvé au parquet de la cour de Paris et au conseil de» ministres des cœurs assez haut pour croire que l’affaire pouvait être réduite à ces proportions misérables ; leur illusion n'a pas été de longue durée.Dès le lendemain de l’assignation, elle avait pris aux yeux de tous son caractère véritable : celui d’une affaire politique, patriotique au premier chef : et toute la France se passionnait autour d’elle.11 “ Thüobald dk Naucey Septembre 1SG1.A ou/ivré) — •» PROCES DE MGR COUTHE-SOULARD I.n Plaidoirie do yi.11 >f«sm*«l Quel contraste, messieurs, entre les deux discours que vous venez d’entendre ! quel contraste entre les deux hommes qui sont devant vous,entre l’accusateur et l'accusé ! Quel est celui qui d’une voix chaude, vibrante, loyale, a revendiqué tous les principes sur lesquels reposent les sociétés, l’amoièr de la patrie, la dignité national, l’honneur du drapeau ?Quel est celui qui d’uue voix glacée vous a promenés d’abord à travers un pamphlet venimeux contre la personne de sou adversaire, puis à travers les doléances d'un gouvernement qui avec l’aide de scs rabatteurs cherche des évêque serviles, et ne peut pas les trouver ; enfin à travers un cours de théologie gallicane à l’usage des dauphins, cherchant ainsi à vous égarer loin du terrain véritable d’une affaire dont il n’ose pas affronter la grandeur ?Vos efforts sont impuissants, monsieur lo procureur général, vous n'arriverez pas à rapetisser l’affaire nu niveau que vous avez rêvé.Malgré vous, elle restera grande, car l’honneur de la France est en jeu., Lu Franco a subi à Rome un outrage sanglante, et notre gouvernement ne l’a pas senti, et tandis qu’il prodiguait ses sourires et ses remerciements îi ceux qui avaient été, je ne dis pas les complices, mais les spectateurs impassibles, indifférents do l’outrage, il réservait sa mauvaise humeur à nos compatriotes outragés.On a pu croiro qu’il prenait parti pour les insultours contre les insultés, et qu’il baisait la main qui nous avait flagellés.Un frisson a passé à travers lo cœur de la Franco ; vous no l’avez pas senti, monsieur le procureur général, je vous crois.Mais jo l’at senti, moi, et jo m’en souviens.C'est à ce mentnt que Mgr l’archevêque t’est On a voulu nous amener devant vous, messieurs, nous vous acceptions pour juges, notre cause Ost la même,quels que soient ceux qui auront à la juger ; et d’ailleurs, si on a réussi à mettre devant nous la magistrature, on ne peut pas nous empêcher d’avoir derrière nous le ! pays.• I Il y a deux cauchemars qui pèsent sur la lin de notre siècle : la menace d’une guerre épouvantable dans laquelle l’Europe épuiserait le meilleur de son sang, la menace plus terrible encore d’un ‘% conflit entre le travail et le capital,dans lequel sombrerait la société tout entière.Un homme, un seul, peut conjurer peut-être ces dangers : c’est l'auguste vieillard qui siège au Vatican.S’il est le médiateur nécessaire, n'ost-il pas bon que, de tous les pays, de jeunes catholiques viennent se réunir sous son regard, apprendre à se connaître, à s'estimer, à s’aimer ?N’est-il pas bon que les ouvriers, les patrons s’approchent de lui pour recueillir de sa bouche des conseils de patience, de justice et de paix.Voila l’idée des pèlerinages.Nos évêques, qui les ont organisés, n’ont pas agi en secret, ils ont averti notre gouvernement.Notre gouvernement a consulté le gouvernement italien, et tout s'est fait à ci *1 ouvert, avec uue régularité parfaite.On a vu quatre mille jeunes gens de tous les pays de l’Europe réunis au Vatican, chacun portant son drapeau, et par une délicatesse bien digne de ces jeunes catholiques, chaque fois que le drapeau de la France a passé, porté par un jeune ingénieur de l’école polytechnique, il a été acclamé.N’est-ce rien ?Dix mille ouvriers français ont été en contact avec le Pape ot sont rentrés en • France avec des pensées d’apaisement* N'est-co rien ?L’empressement à Rome a été considérable.Quatre-vingt mille personnes étaient réunies à Saint-Pierre le 29 septembre.Six mille Français, soixante-quatorze mille Italiens, tous unis dans une mémo pensée, un même esprit et une même prière.Les journaux révolutionnaires furent consternés.L’un d’eux s’écriait :“ II est temps quo le charme soit rompu.” On a fait la nécessaire, vous savez le reste.L’histoire du complot est aujourd'hui si certaine que tous le* détails su Mit tenns.Tout, jusqu’aux garibaldiens frénétiques substitués,la veille du 2 octobre,aux vétérans de Solférino, qui, depuis vingt ans, gardaient le registre.Une fausse nouvelle jetée à dessein soulève la foule.En quelques instants, la ville se couvre d’imprimés, d’affiches préparées d’avance, les Français sont insultés, arrêtés, et c’est un Allemand qui, résumant ces faits, disait, il y a quelques jours : “ Jamais on n'a vu de sauvageries pareilles à celles qu’ont subies les pèlerins français.” Quel était le caractère de ces scènes ?Etait-ce une explosion du sentiment unitaire ?Non, car on aurait pu crier : Vive Magenta ! Vive Solférino ! sans blesser les fils de ceux qui sont morts sur ces champs de bataille.Etait-ce uneexplosion de haine contre l’Eglise?Assurément.Mais avant tout, par-dessus tout, c’était une explosion de haine contre la France.Ce n’est pas le drapeau pontifical qui éiait traîné dans la boue, c’était le drapeau français ; Ce n’est pas le Vatican quid tait attaqué,c’était l'ambassade française ! Et le cri qui dominait tous les autres, c’était celui do “ A bas la France ! Mort aux Français ! Vive Sedan !” Les pèlerins ont entendu sous leurs fenêtres les cris de haine ;on a fait escorter au milieu de la nuit comme des malfaiteurs par des gardes suburbaines, ils ont traversé l’Italie en recevant a chaque gare des outrages ; ils y voyaient écrit en gros caractères : “ Vive Sedan! “ A Lise 2,000 énergumènes se sont jetés sur leurs trains, ont brisé les vitres, maltraité et blessé les Français.Nos pèlerins sont restés impassibles, je les admire et je les remercie.Us ont montré ce que peut être la discipline, cette vertu si rate celle de se vaincre soi-même, l’espoir et le plélude de la victoire.Pensez à ce qu’ils ont dû souffrir ! Des Français, des hommes jeunes, vigoureux, condamnés à voir la patrie outragée et à se taire ! Encore une fois je les remercie et je les admire.Mais enfin voici leur supplice terminé, la frontière est passée et un cri de : Vive la Franco ! s’échappe de leur poitrine ; les voilà enfin sur cette terre généreuse, fière, qui ne provoque personne mais qui veut être respectée, ils vont trouver des cœurs amis, des mains qui vont serrer les leurs, un gouvernement pour les protoger, pour les venger ; l’heure des humiliations est passée ! Hélas ! ils avaient trop présumé de leur gouvernement ; c’est le dimanche 3 octobre qu’ils rentrèrent en France ; ceux qui revenaient par la frontière de Nice trouvent la ville pavoisée comme aux plus beaux jours de fête : la flotte est dans le port couverte île tous ses pavillons : sur la place nos ministres, entourés des chemises rouges, paradent au pied de la statue de Garibaldi à l’ombre des drapeaux italiens, aux cris de : Vive l’Italie ! Et comme pour mieux narguer nos pèlerins, un des orateurs officiels s'écrie : “ C’est au pied de cette statue qu’est le vrai pèlerinage* de la France !” Je ne plains pas nos nfinis-tres ni leurs amis, puisqu’ils se trouvent à leur place dans de.pareilles mascarades ; mais notre armée, condamnée à y assister, à défiler devant la statue de Garibaldi, sous les drapeaux italiens, aux cris de : Vive l’Italie ! pendant que, de l’autre coté de la frontière,depuis deux jours, les Français sont traqués, violentés, bafoués jaix cris de : Mort aux Français ! Vive Sedan ! Notre armée, ce que nous avons de plus cher au inonde, nos enfants à nous tous,le cœur, le sang, lame de la patrie, notre armée à qui est confiée la garde de l’honneur du drapeau ! Voilà le spectacle qu’avait ménagé le gouvernement à nos pèlerins rentrant en France.La vérité, messieurs, c’est que chez les hommes qui nous gouvernent, il y a un sentiment qui domino tous les autres : la soumission aux ordres de la franc maçonnerie.La vérité, c’est que chez eux la haine des catholiques passe avant tout, même avant l’amour de la patrie ! Le présideut interrompant : —Parlez-vous en votre nom ou au nom de votre client ?—Je parle au nom de mon client et au mien.Le président.—Votre serment professionnel ne vous permet pas d’attaquer directement l’Etat.—Je n’attaque point l’Etat, monsieur le président, mais j’use de mon droit en (censurant vos actes.Pour résumer toute ma pensée, je dis que le grand ; malheur de cette affaire, c’est, que les hommes qui nous gouvernent ont ’eu le cœur français.Eh ! bien, je dis qu’il y a eu là un crime de lèse pation.Quand nous sommes en France, atta-quez-nous tant que nous voudrez, traitez-nous en ennemis, en parias, accor-dez-nous moins de liberté qu'à Constantinople et en Irlande.Vous avez tort, vous affaiblissez la patrie, et vous lui préparez des jours mauvais ; mais enfin, c’est à nous de nous défendre, et nous nous défendrons ! Mais à l'étranger le Français n’est plus monarchique, ni républicain, ni catholique, ni libre-penseur, ni socialiste, comment ne savez vous pas que le Français c’est le drapeau ?C’est à cette circulaire que Mgr Gouthe-Soulard a répondu.Sa lettre, dites-vous est irrespectueuse, violente, sans mesure ! Irrespectueuse, expliquons-nous : il y a entre les évêques et les ministres des traditions de déférence réciproque et les évêques n’y manquent pas sans motif, car comme l'a dit Monseigneur : 'Eglise est l’école du respect.Vous dites que la lettre de Monseigneur est violente, sans mesure, -le remercie le ciel de ce qu’il y ait encore en France des hommes capables d’aimer sans mesure tout ce qui est grand : beau : la patrie, l’honneur, le drapeau.Je remercie le Ciel de ce qu’il y ait encore en France des hommes capables de s’indigner sans mesure quand la France est outragée.Ah ! si Monseigneur n’était pas capable d’aimer sans mesiue il n’aurait pas eu le courage, il y a trente ans, d’aller s’installer sans ressources dans un faubourg misérable de Lyon, d'y bâtir une église, des écoles, des asiles, des hospices pour toutes le misères, de devenir la providence de cette population qui l’aime comme un père et dont l’acclamation la porté à l’épiscopat.Si Monseigneur n’était pas capable d’aimer sans mesure, il n’eût pas, lors des grandes inondations de la Durance, parcouru à pied les villages encore inondés,en menant à sa suite les populations ruinées et leur disant : 5Venez à Aix, j’ai un immense palais, je le transforme en un magasin où tous mes bons habitants d’Aix apporteront lo superflu tie leurs vêtements et île leur meubles : chacun de vous pourra emporter ce dont il a besoin.Si Monseigneur n’était pas capable d'aimer san% mesure, il n’aurait pas le courage, dans une ville ruinée par la crise agricole, de créer tous les jours des œuvres nouvelles pour subvenir à tous les besoins.Monseigneur n’est ni un rédacteur de ministère, ni un grammairien, ni même un.académicien : il est un enfant du peuple, et il s’en fait gloire ; il a garde du peuple, ses sentiments énergiques, ce parler vigoureux, simple loyal et pour parler si éminemment français il aime le peuple sans mesure parce qu’il connaît ses travaux, ses souffrances, sa générosité ; il aime l’Eglise sans mesure, parce qu’il la considère comme la vraie, la seule mère des pauvres et et des déshérités ; il aime la France pardessus tout, et à ses yeux elle sera toujours la nation fière.digne et chrétienne, quoiqu’on tasse.Et quand il a vu l’Eglise et la France outragées en la personne de ses chers ouvriers, son cœur à bondi comme celui d'un fils qui verrait sa mère outra-g*o.Demandez donc à un fils de calculer ses mots et d’étudier ses phrases quand il défend sa mère ! ceux-là seuls ont le droit de critiquer la lutte do Mou-seigueur qui se reconnaissent incapables de ce violent amour ot de cos saintes cogères, Et maintenant, messieurs, vous ne supposez pas que je vais discuter l’affaire au point de vue juridique ?Ce serait vous manquer de respect : pour des jurisconsultes, la prévention ne tient pas debout, et M.le procureur général n’a pas osé en parler.Vous connaissez ' les arrêts,et si vous avez besoin d’être éclairé, vous n’avez qu’à lire le lumineux manuscrit que notre bâtonnier a voulu rédiger comme un hommage du barreau d’Aix à son vaillant archevêque.Messieurs, si j’avais eu le triste honneur de représenter le gouvernement danfl cette enceinte, il me semble que dès le début je me serais levé et vous aurais demandé l’acquittement immédiat, pour faire sortir le plus vite possible le gouvernement de la posture lamentable où il s’est placé.M.le procureur général a.mieux aimé se livrer à des insinuations perfides contre Mgr l’archevêque.Il vons l’a représenté comme un ambitieux qui a trompé le gouvernement en lui faisant espérer qu’il serait à son service.II vous a lu des lettres de députés, qu’il ne nomme pas, qui représentaient Monseigneur comme devant être un prélat républicain, c’est-à-dire, dans la pensée de de M.le procureur généra!, un prélat servile.Il vous a dit qu’à cette époque les lois de persécution étaient faites, et que Monseigneur ne les a trouvées mauvaises que depuis qu’il est devenu archevêque.Four répondre à cos calomnies,il nous suffit de citer quelques passages de lettres qu'écrivait alors Monseigneur au Saint-Père : " -le n’ai pas pas désiré la dignité épiscopale, je l’ai toujours redoutée.Maintenant que je la vois de très près» elle me fait trembler davantage.A svivre) AGRICULTURE EngrrAiAsemcnl «leu volailles I n mot sur l’engraissement des volailles est bien approprié aujourd’hui, c’est pourquoi nous traduisons du Farmér advocate ce que dit à ce sujet un grand éleveur de volailles : “ 1 rois semaines suffisent pour engraisser les volailles, Voici comment je procède à cet engraissement : J’enferme mes volailles dans un local spacieux, obscur et parfaitement exempt d’humidité je leur donne pour nourriture de la moule* de blé-d'Inde échaudée alternativement avec de la moulée faite de l’avoine et de l’orge mélangées.Je soigne mes volailles trois fois par jour et leur distribue autant de nourriture qu’elles peuvent en consommer chaque fois ; je leur donne aussi de temps à autre des patates bouillies et écrasées avec un peu de fleur d’avoine, elles sont très friandes de ces mets.Pour boisson je leur donne autant de lait qu'elles peuvent en boire, que ce dernier soit sur ou nou ; je crois même que les volailles préfèrent le lait de beurre à tout autre.Il est bon d’assaisonner d’un peu de sel la nourriture bouillie qu’ou donne aux volailles ; du son de blé mêlé avec du lait et donné de temps en temps les entretient en bonne santé.Il ne faut pas oublier de mettre à la disposition des volailles, du gravier, des débris de chaux et d'écaille d’huitres pour aider la digestion.Pour prévenir les indigestions je mêle de temps en temps dans la nourriture un peu de bois pulvérisé.II ne faut pas non plus oublier que les volailles couvertes de vermine n'engraissent pas, c’est pourquoi je mets dans l'appartement où elles sc trouvent des bottes remplies de terre bien sèche dans laquelle je jette un peu de souffre.Je place ces boites dans un endroit complètement sec.car si la terre qu'elles contiennent devient humide elles ne sont plus d’aucune utilité.Ce dernier détail, c’est-à-dire, procurer aux volailles un bain de poussière est de la plus haute importance si l’on veut qu’elles engraisse rapidement.A/.aû'' À* LLsASM w'ii Ai : • wt’ » i » » * V v.‘C» «Ulri.\h '¦ .itSft» • ^ U « , vendredi, ANNONCES NOUVELLES fllobon ! Globe# !—Anderson & Armstrong.Cndoaux do Noël etc—Chntmuvcrt et Cantin.Soumission» demandées—Jo«.St-Laurent, Ptro.Grande réduction—Kilo Bédnrd.Cour Supérieure.—S.N.Purent.Etal) iss 'cm d’h «triculiure de Tourouvre.Cadeaux do è*oH.—G.Seifert lapis ! lTélarts—Clover, Fry & Cic.Instruments de musique, «S^c.—L.N.Prattc.Pianos ! Pianos I—Bernard, Fils «S* Cic.Le Ma^îisin du Louvre.—C«.Nté dr» Faguy.Eto(Tes A rol)cs.— Behan Bros, NOEL! NOEL! Voici le temps E 87.50 IM MEUS DE 815,00 Bouteille Vin Rouge 1 Bouteille Champagne «i EsqiMgne 1 •• llcrmitugo « « Sherry.1 «• Port « 1 Scotch Whi.-ky 1 “ Club Shcrrv ê 4 Kye 1 •* H«>ek M Vu, blanc «l'Es 1 •• Liqueur Père pNgne Mol i.- 4 4 Port 1 " Gauloise 4 4 Cognac 1 Crétue de 4 4 li.»ut au ter- Coco nes 1 •• Monopole • 4 Claret (Carou- Rye bier; 1 “ Boulcstin 4 4 R h u m cognac 4 4 Vermouth 1 •* Rhum St- 4 4 Bourgogne Jamcs Mousseux l “ Fino Old • Scotch Québec, S déc.—l déc 1 SO 1—1 an.357 CANADA QUEBEC, 18 DECEMBRE 1891 li m\mn de m.mercier LE RAPPORT DES COMmiSSAIRES Lettre* «la Ucntenant*Gou verneur l&cpouse grossière de fox- premier L s hommes qui viennent de tomber du pouvoir ne sont ni plus ni moins que des révolutionnaires.Nous les avons dénoncés comme tels vingt fois lorsqu’ils régnaient.El ils viennent de le prouver encore, en publiant sans lVutorisatiou de la Couronne la correspondance et les documents qui serviront à l’histoiro de la crise.U Electeur de ce matin, avant lancé dans le public ces pièces, nous ne pouvons faire autrement que de les communiquer t\ nos lecteurs.Voici la lettre du lieutenant-gouverneur et le rapport des commissaire es : Hôtel du Gouvernement “ Québec, IG décembre 1S91.Lh notai!* Honoré Mercier, j r.micr ministre, Québec.Monsieur, Touchant l’affaire de la compagnie du chemin du fer de la Baie dus Chaleurs, j’ai reçu un rapport intérim de la majorité du la Cuinmii-siou royale, l’honorable M.le juge «Ktté n’ayant pu y prtudre part par suite du la maladie subito et sérieuse dont il souffre et qui lui interdit tout travail assidu d’ici à unu quinzaiue de jours.Ce document se lit comme suit : A Son Honneur A.R.Angers, L ie ut: i.a ut-gouverneur de .a provino3 de Québec, etc., etc., ttc.‘‘ Nous, les commissaires sous»ignés, avons l’honneur de vous faire rapport : “ La maladie grave du président de la Commission reudaut absolument impossible, pour un temps iudéfîui, sou concours daus la rédaction du rapport définitif, nous sommes forcés de suspendre ce tiavail.Cependant, nous comprenons que Votre Houueur doit être informé au plus tôt.dans Tinté lût de la chose publique, du résultat de nos délibérations.M.le juge J et té a intimé à Votre Honneur que sou état de sauté le mettait duu» l’impossibilité de participer à aucuu rapport, quant à présent.Conscients de la grande responsabilité que nous avons assumée eu acceptant la charge si difficile que nous avous acceptée, nous croyons qu’il est de strict devoir pour nous, daris la circonstance, de vous transmettre sans plus de retard le résumé des conclusions auxquelles nous noua sommes arretés, sans commentaires toutefois, réservant ceux-ci pour le rapport défiuitif.u Dura ut les négociations J.J.MacDonald et puiscullesde A.M.Thorn avec qui C.N.Arm>troug s’était lié.PnC;Ui servait d’iutermédiaire cutre les intéressés et certain» membres du gouvernement local.“ L’un et l’autre, MacDonald et Armstrong, étaient persuadés que l’ingéranoe de Pacaud était nécessaire pour le» faire réus-»ir.“ Le marché fait entre Armstrong et Pacaud, le ou vers le 19 mars 1891, pur lequel la somme de cent mille piastres a été promise et payée à Pacaud, était frauduleux, contraire à Tordre public et une audacieuse exploitation du trésor provincial, et il a été effetué *ous un prétexte ayaut tous les dohors do la plausibilité.“ Le gouvernement, lorsque l’ordro en conseil No 237 a été passé, 11 et 23 avril 1891.et les lettres de crédit émises, 28 avril, n’avait rien par devers lui pour constater que les personnes avec lesquelles il était supposé truusiger se trouvaient léga emeut liés et obligés A Taccomplisscmcnt des conditions de l’acte 51 Victoria, chapitre 8S.“ L’ordre eu conseil eu question est basé sur la réorganisation de la compagnie de la Baie d s Chaleurs, et, cepeudaut, telle réorganisation n’avait pas encore eu lieu lorsque lettres de crédit ont été régulièrement émises à Tiusu de Vutrc Houneur.“ Daus cet arrêté du conseil, les termes “ detus privilégiées ” qui se trouveut daus la sous section j de la sectiou 1 de la 54 Vie toria, chapitre 8S, sont remplacées par les mots “ dettes actuelles ", changement d’une graude gravité, d’après nous.La réclamation Arm>troug telle que constatée par la pièce 3 du do>sicr, s’élevait A la tomme de 8-98,493.82 ; elle n’était point due, et, conséquemment, non exigible ; de plus, elle u’était pas privilégiée.“ L’apparition soudaiue et iuutteudue de cette réclamation après lu passation de Tordre en conseil, soldée par des avances faites A même le trésor public, paraît avoir causé beaucoup d’embarras, d’ennuis et d’anxiété a 1 houoiable M.Garueau, et saus elle, évidemment, les Je très de crédit en questiou u’auraieut pas été émises.“ Nous'-ouïmes d’avis que 31.Garneau,au cours de toute la trausactiou Thom, a subi une pression considérable de la part de plusieurs de ses collègues et a fait preuvo d incurie ; mais qu*iJ était de bonne fui et n’a pas bénéficié en rien de celte affaire.11 Lo fair, par l’honorable 31.Robidoux.procureur général, d’avoir eu eu sa j>osses->iuu le billet de Pacaud pour vingt mille piastres, endossé par P.Vallièrc et auquel était attaché Tuu des chèques de vingt mille piastres sigué par Jean Cnrysostôme Lan^e-lier, commissaire dans l’affaire do la Baie des Chaleurs, et la lettre du caissier Web b au caissier Bou>quet promettant de rencontrer ce chèque, de Pacaud, lor>que la lettre de crédit de cent mille piastres serait payée par le gouvernemiut, et la tentative faite par 31.Robidoux de faire escompter ce billet de Pacaud, cou-titueut des actes fort compromettants jxiur ce mousiour.“ Il n est pas en preuve, néanmoius que M.Robidoux a.t reçu aucuuc partie des cent mille piastres, ainsi qu’il l’a déclaré devant nous.“ A même cette somme de cent mille piastre-, Pacaud, eu différents temps, a payé à 1 honorable Charles Lang» lier, secrétaire pro- leurs était faite, et jo n’ai »u quo quelque temps après mon retour au Cauadu, sur le rapport des procédés du Sénat, publiés daus les journaux, quo M.Pacaud avait obtenu cette somme do cent mille piastres ou toute autre souimo.Néanmoins, MM.3feroier et Pacaud témoignaient tous les doux que cette première traite a été demandée par lettre écrite, daus les premiers jours do mai, devant être prélevé à même le chèque de cinq mille piastres que M.Mercier avait laissé à Pacaud avant son départ pour l’Europe “ Ce dernier a répondu eu lui transmettant la traito ou eu l’avisant qu’elle lui serait transmise.Il est beaucoup A regretter que cette correspond a uco n’ait pas été produite.Nous ue saurions nous expliquer pourquoi 31.Mercier n’a pas dit A Votre Hovucur, ainsi qu’il l’a déclaré devant uous, qu il avait laissé ce chèque de $5.000 cutre les mains de Pacaud, avec un autre do $3,500, pour son usage personnel A lui, 31.Mercier.Nous regrettous aussi quo les lettres suivantes n’aient pas été produites : la lettre de M.Garneau A 31.Mercier et la réponse de ce dernier, la lettre de 31.Chs.Langelier A 31.Mercier, al lettre de M.Pacaud A 31.Garneau, et la correspondance entre lui et 31.Mercier et A laquelle il réfère daus sou témoignage.Il n’est pas prouvé que M.Mercier connaissait l’existence du marché» entre Armstrong et Pacaud, et ce monsieur déclare u’en avoir en rien bénéficié.Les honorables 3131.Ross, Shebyn, Boyer, et Duhamel u’ont retiré aucuu avantage Me cette affaire.Le tout humblement soumis.Québec, 15 décembre 1891.(Sigué) Ô.Babt, C.P.Davidson, Commissaires.Monsieur.Les affirmations que voua m’avez faites dans les explications ministérielles que l’action du gouvernement a été parfaitement honorable et daus l’intérêt public, que les négociations entre le gouvernement et la compagnie ont été conduites de ia manière la plus régulière et la plus honorable possible, au point de vue des affaires.suulement et qu’il ne s’y est ricu passé, directement ou indirectement qui puisse faire naître des soupçons sur le caractère do la transaction, en co qui rega rde le ministère, toutes ces affirmations, ainsi que la justification que vous avez tentée de faire de la conduite du miuLtère perdent leur valeur en présence de ce qui précède.Le rapport ci-haut, l’incurie et les illégalités clout l’actiou du miuistère est entachée, les faits et les circonstances qui ont précédé, accompagné, motivé, et suivi son action, l’émission de lettres de crédit au montant de $175,000.00, eu violation de la loi du trésor, saus la sanction du lieutenant-gouverneur et gou verne- viucial, diverses sommes d’argent s’élevant à au détriment du crédit public, la malversa-$9.291.23, sur quoi on a semblé prétendre I t ion ut le détournement de la somme de que cehe de $2.S72.7G devait être déduite.I $175,000.00 de sa destination législative, le 31.Langtlier a été l’un de ceux des rniuis- paiement qui en a été fait à 31 Arm-trong très qui out ie plus largement participé A auquel il n’était rien dû par le 1 adoption de la proposition Thom.Il savait, I ment, ni par la compagnie, e et a secondé, les efforts l’ai ta par Pacaud, son ami intime, pour arriver A faire escompter la lettre de crédit de Cent mille piastres A la banque Nationale.L’ocompte obtenu par Pacaud, tant à la banque Nationale qu’à la banque du Peuple, lui était connu.il Après avoir s‘rieusemeut posé et consi- .,.duré tous les faits se rapportant A ce mon- out gardé sur certains faits d’une, extrême sieur, nous ne pouvons nous exempter de dé- gravité propres à plusieurs des ministre», tel clarer que 31.Langelier, lorsqu’il a accepté que le tout est prouvé et établi par l’enquête, cet argent de Pacaud, devait eu connaître et le rapport ci haut, m’imposent la couvic- ., eu argent, le partage des cent mille piastre» prélevées sur 31.Armstrong et l’emploi qu’il en a fait pour payer les dettes de plusie urs des ministres, et subventionner plusieurs députés, par-ti.-aus du cabinet, lus contradictions qui existent entre la preuve et les explications ministérielles, le ai.cncj que cis explications parfaitement-la source.“ Lu» billets au chiffro de vingt-trois milh piastres en totalité, escomptés pour des fins politique», out été payés par 31.Pacaud.à même l’argent de la Baie des Chaleurs.Cette dette, ainsi qu’il est établi par le témoignage de M.3Ierc er, avait été contractée avec entente formelle que la responsabilité unire le-signataire# ou endosseurs serait égale, sans égard A l’ordre de» signatures uu des endossements.“ Bien que le paicmcut fait par 31.Pacaud de ces billets Tait été apparemment hors la connaissance et sans le consentement d«e divers obligés, il n’en constitue pas moins l’acquittement d’une dette personnelle à chacun d eux ; lor>que le paiement a été conuu, plus tard, il n’a pas été répudié par ceux qui en avaient aimi profité.M31.31crcier et Charles Langelier étaient au nombre de ces endosseurs.“ Les ciuq mille piastres requises pour la traite envoyée par 31.Pacaud A 31.Mercier le furent, dans le moment, à même le produit d’uu billet de vingt mille piastres, escompté le même jour à la banque Nationale, et auquel un dus chèques du commissaire Langelier.eu faveur d'Armstrong était attaché.Nous devons signaler ici la contradiction qui semble exister eutro ce que 31.31erciei vous a déclaré daus ses explications, telle.- e tion que le ministère n’ist pas daus um .situation A aviser avec sagesse, désintéressement et fidélité le représentant de la «ou rouue.En face de la persistance du ministère à demeurer eu < ffioe, nonobstant l’incurie et les illégalités de son actiou, et les constatation» de 1’euquêto, il ne me reste dans les circonstancié», pour protéger la dignité de la eo ironne et sauvegarder l’honn.ur et les intérêts de la province on péril, que le remède constitutionnel de vous retirer ma confiant tde vous révoquer, vous et vus «ollègues, dr vi s fonctions d’avi ours du représentant de la e mroune et de membre» du conseil exécutif.En conséquence, monsieur, je vous retir« ma confimee et je vous révoque, vous et vos collègues, de vos fonctions d’aviseurs du représentant de la couronne et de membre-du conseil exécutif de la proviuce de Québec.J’ai l’honneur d’ôtro, Monsieur, Votre obéissant serviteur (Signé) A.R.Anger», Lieutenant-gouverneur.Pour aujourd’hui, uous nous bornerons à dire, comme commentaire de ces documents, que le rapport des cominis- que rapportées par la c rre3poudance offi-i • .4 ., .civile, et les témoignages rendus devant nous.|aire** ^ expression des vues de Daus e\ réponse au mémoire de Votri M.Jetté comme de ses deux collègues, IWur du 7 septembre dernier, M.Mer- est absolument écrasant pour les minis- Cier B fïnnmo nans L b fprrrw»* aim* n tu -I 1 très, et quo le lieutenant-gouverneur cicr s'exprime dan# h» termes suivants : A la page 24 de sa lettre, votre Honneur dit : *• Le même jour (15 mai) 31.Pacaud achète au moyen d’un chèque tin sur le même compte, une lettre de ehange sur Tari» eu faveur de l’honorable 31.Mercier, au montaut de cinq mille piastres, pio-duisant 25,5U0 francs." “ Le témoignage de M.Lafrance,caissier de la Banque Nationale A Québec, page 7778, établit que ces $5,000 ont été prises à même le produit d’un billet de 31.Pacaud endossé par 31.Vallièrc et garanti par uu des chèques que Votre Honneur mentionna.“ D uu autre côté, jo suis informé que ce moutaut a été prélevé au moyeu G'uu des blauc-seings que j’avais laissés au sénateur Pelletier avant mon départ pour l’Europe.Je n’ai pas eu occasion de vérifier laquelle de Ces deux versions est exacte.Mais, quoi qu’il en soit, je vous affirme qu’étant un Europe, et sentant le besoin de toucher cette somme, j’en ai fait la demande, convaincu que.ce montant pouvait être prélevé au moyen des blanc-seings que j’avaia laissés, et naturellement avec l'intention de payer, moi-même, l’effet de commerce qui aurait été employé pour me procurer ce montant, vu que c'était pour des dépenses qui m'étaient personnelles.“ J affirme, de plus, que quand j’ai fait demander cette somme, j’ignorai» et j’ai ignoré longtemps cucorc après, que cette traosa»-tiom du themim do for d» la Bai» de» Chi- li’avait rien autre chose à faire, après cela qu’à user do sa prérogative et à renvoyer le cabinet.La réponse que M.Mercier a faite A Son Honneur est écrite d'un ton et d'un siyle qui peint Thoinrue sous ses vraie» cou’eur».Ce»t un démagogue vulgaire, un révolutionnaire mal déguisé sous les titre» et les crachats dont il est couvert, et dont jamais homme ne s’est rendu plus indigne.M.3Iercier insulte les juges, insulte le lieutenant-gouverneur, se livre à un accès de rage frénétique et insensée.Pas de dignité, pas de noblesse, pas de décorum, mais le débraillé et lu langage d’un porte-fait en goguette.C’est la lettre d’uu fou furieux.Quelle différence entre ce document et la réponse d® 31.do Boucherville à 31.LeUlier en 1878 ! * La crise provinciale OPINION DE LA PRESSE La Presse Le ministère 31«roier a été renvoyé d’of-iico p*»r avoir violé la loi qu’il devait exécuter, pour avoir porté atteinte A l’houueur et A la diguité de la Cuurouuc, pour avoir iuaugure uu systèwo honteux de courtage politique dout quelques-uns des miuistres, eu u tre leur serment d’uffico, out profité per-souuelleuicut pour des sommes considérables.L’ucte du lieutenant gouverneur est strictement d’accord avec les précédents et la loi ceustitutionuels.Il est rigoureux, saus doute, mais la conduite de$ ex-ministres l’est encore davantage et uo laissait pas d'autre issue ouverte uu gouverneur que le renvoi d’office, sans quoi ce dernier eût risqué do passer pour complice de l’immeuse fraude commise aux dépeus du Trésor de cette province.On dit que 31.Moroier veut lancer uu mauifeste pour protester ooutro facto du licutcuaut-gonvcrnour.Quand tout sera connu, nous est avis que l'ardeur belliqueuse de 31.iMeroier et de sus comparses refroidira tuut-A-l’ait.Le peuple se dévoue, se sacrifie pour uue cause patriotique et désintéressée, il va rester très calme devant les appels d’une c lique d’ex-ministres aux abois, qui u’ont pas »u, au temps du pouvoir, suivre les notions les plus élémentaires du respect d’enx-xnêmes, de i» loi, de la constitution.Le 4i Witness 99 La proviuoe do Québec vieut d’être délivré du cauchemar du régime 31eroier) ut si elle eu est déliuitivemuut débarrassée, c’est uu bju débarras.L'opiuiou d’uu graud nombre du libéraux ut tous Jus conservateurs, c’est que ce gouvernement n’avait pas de scrupule quaud a s’agissait de a’assurjr uu appui factieux, quelque prix que Cela pût Coûter à la province ; qu’il était extravagaut ot corrompu A l’extrême et qu’il était daus l’iutéiêi public de ie reuverser.Toute son administration, et une série d’o-pérutions, dans le genre de celle de la Baie des Cualeurs, out démontré que ce gouvernement était currompn.Les électeurs feraient bien,par conséquent, de ratifier 1 acte du lieutcuant-gouvcrucur, eu appuyaut les aviseurs qu’il appellera auprès de lui.» • • • • • • • •••«»•«• i •• • >•••#•••• ••••• Bien que nous ne pui»siuns pas plus approuver 1 acte du lieuteuaut-gouverueurAngers que celui du Jieuteuaut-gouverueur Letcllier, et craignions que eu autant que l’élément anglais est coueerue, il est de ceux qui pourraient provoquer de la sympathie eu faveur d uu mauvais miuistère, qui doit être condamué, uous sollicitons 1 électorat de donner son appui aux caudidats qui s'engageront A résister de toutes leurs lorces A la tentative que fera 31.31erc.er de reprendre le pouvoir.8 il était réinstallé triomphalement, uou» u’aurions plu» qu a auticip r la plus insolemment et la plus grossièrement corrumpuo des administrations qui se soient vues.Le Monde Le rapport des Commissaires sur la transaction de ia Baie de» Chaleurs est unanime.Il condamne l’opération comme illégale, •canduleuse, corrompue, et contraire aux intérêts publics.C'est aussi l’opinion de toute la presse respectable du pay», depuis le Globe, le Free Fress et la Futnt, jusqu’à la ‘Tribune de 8i-Hyaciuthu et quelque» autres petites feuilles liberales de la campagne.Il était iacile de prévoir le sens du rapport des honorables commissaires.Il repose tout eutier sur uuc preuve forte large et cuuduite avec uue impartialité admise par tout le monde.Le gouvernement de la province ne pouvait pas rester plu» longtemps au pouvoir de la üaiide qui le desbouore depuis quatre ans.L’houneur de la couronuc, la sécurité du trésor, le bon uoui et le crédit de la proviuce, tout demandait impérieusement que les hommes qui ont abusé si ignominieusement de leur mandat, qui ont profité des vol» Commis aux dépens du trésor, et qui ont favorisé lc> voleur», ne fussent pa» une journée de plu» A m tête de T administration.Eu les renvoyant comme il vient de le faire, le gouverneur a fait un acte qu’approu-veut tous les honnêtes citoyens de la pruviu-ce et qui sera ratifié, nous n’eu doutons pas, par la grande majorité des contribuables à ia plus prochaine occasiou.August Flower’ J la ’Al hér lé de ma mère q-i»Ique tendance à dyspe[>*ie.J’ai «o fîert peu lant «leux ans ; j’ai ion»uhé des légions de Snnlncro mede« ins.11# ne m’ont ps t.OUiaoe kou!agé.Je me scivU a ors d lotre A uou» i Flower et me s- nt]s guéri.De ce jour, ,c puis, je puis m c» «loi» nur et je puis rnauger, et je sens que je suis t u parla te sauté.Il y n trois ans que j’en .«i prU t depuis ce jour mPmorab e ju O • - n'ai ainai» ete malade.Jaoi.u# ** JOUI» je nc mc p.,SS;î Je AUGUsT F ow: R, tt i je in- s» ns constipé, une dose ou deux de Ai GU»T Fl-Wi n me érit I a beauté d celte mé«lec ne, c t ijuc vous pouver c s*cr d’en faire us ge ans enu- r e mauvais effet nu >y.-tèin l’cu-T a dai.t la mal dit*, j*ai souffeit ^ .ce qu’un b mme peut souffrir; Constipation j'éiais le j lu- nii-éralde des hommes ; je | uis «lire t n ou-ciai l que e crois que T A OUST 1 LO Y R g .(lira qui q e ce soil de 11* oqje.-tiui.si on le prend à j'iop.s.A.M W K KD, 23o, rue Bell font ine, nul annpiilis, li.d G.G.GREEN, Seul Fabricant, Woodbury, E’em-Jersry, U.S.A}.$t Toronto.Canada.22 J, & W, RE10 Fubi'i l ia, 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•:o:* Potirquol p«r-mettre A vos cheveu?grlfttlo von» vieillir prématurément quand par unuKngoJudt deux du itKKTAU-UATEUU DK Iton-soï*.vous pouvez fad lenient rendre A votre chevelu ro m cou leur naturel lo et faire diRpurattro cchoI-gncH d'uno déc répit udu précoce?Non cieub'mcnt le refit nu rat eu rde Itot)*oii restitue auxehovoux leur couleur nuturHIt'.nmiH 11 |x>vé01 n* seigneur, la faveur est universellement ne-1 ^VEK.OSSEMENTS, —je n’«i agents cordte à ccs 1 ilules purificativcs ; leurs aQX Etats-Unis, et mes remèdes ne sont pas vendus propriétés vigoureuses les rendent sûres dans I daîiS ^ pays, l^os acheteurs devront alors faire tous les cns.Elles peuvent êtro prises par [ attention A l’étiquette su - les pots et les bottes.^ S les femmes do lout fige pour toutoirrégularité l’adresse n’est pas 533, OXFORD STREET du système, enlevant vite et apportant la LONDRES, il y a falsification.santé» ComiuQ mtdecmo dû famille elles ç^cgistrées A Otirwa et A Washington, sout d’un grand 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