L'ordre, 11 mai 1934, vendredi 11 mai 1934
I RÉDACTION ET ADMINISTRATION # V TARIF DES ABONNEMENTS ISO est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone : PLatcau 8511* 1 an 6 mois 3 mois En ville, par la poste .Canada (hors de Montreal), Royaume-Uni, France et $6.00 Espagne .Etats-Uniset Amérique du Sud $6.50 Autres pays .$9.00 $4.75 $2.50 PIERRE ASSELIN Secrétaire de la Rédaction .LUCIEN PARIZEAU Administrateur *3.25 $1.75 $3.50 $1.85 $8.00 $4.25 $2.25 On est prié d'envoyer toute correspondance à la 4013 de l'Hôte! des Postes en mentionnant case sur l'enveloppe le service (Rédaction ou Administration) auquel on veut s’adresser.Quotidien de culture française et de renaissance nationale Directeur-fondateur x OLIVAR ASSELIN L’abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre.Première année—No 52 Le numéro: 5 sous Montréal, vendredi 11 mai 1934 Un autre Camillien Houde Le reportage à sensation Les petites perfidies et sottises d’un maître de l’enseignement Le canton (lisez la province) tic Genève, en Suisse, était depuis six mois sous la domination d’un socialiste révolutionnaire nommé Nicole.Prenant une succession plutôt chargée, il chercha moins à améliorer la situation financière qu’à l’aggraver le plus possible pour discréditer les gouvernants bourgeois.Au 15 avril, il manquait au gouvernement genevois une somme de 10 millions de francs suisses (quelque $3,000,000) pour faire face à l’échéance d’un emprunt cantonal.U y avait bien 14 millions d’impôts non payés à faire rentrer le plus tôt possible, et Nicole déclara dans une assemblée socialiste qu’il se faisait fort d’obtenir sans delai et sans perdre sa popularité ce que prédécesseur bourgeois n’avait pas obtenu du contribuable récalcitrant.Cependant, la date de l’échéance approchait et l’on vit bientôt apparaître au ministère fédéral des finances, à Berne, des émissaires genevois qui venaient tâter le prêteur éventuel, c’est-à-dire l’Etat, l’Etat bourgeois.A la même heure Nicole lui-même prononçait un discours incendiaire: Tel était le langage du chef du gouvernement genevois à la veille du jour où il vint lui-même à Berne solliciter l’aide financière de l’Etat.Est-il besoin de dire que le Conseil fédéral, tenu d’ailleurs à la plus stricte économie, ne se souciait pas du tout d’avancer des millions à énergumène tel que Nicole ?H intervint toutefois pour sauver le canton de Genève de la faillite et c’est grâce à trcmisc que Nicole obtint des grandes banques suisses et du cartel des banques cantonales les dix millions qu’il lui fallait.Le Conseil fédéral et les banques mirent cependant, celui-ci à sa garantie, celles-là à leur avance, les conditions qui leur semblaient indispensables pour empêcher l’énergumène Nicole de lapider les fonds prêtés.On remarquera combien cette situation se rapproche de celle à laquelle le prototype du démagogue hâbleur et famélique, Camillicn Houde, nous fait assister à Montréal depuis quelques années : « Je marcherai sur Québec avec vingt mille chômeurs! » — « Je ferai sauter les banques, » etc., etc.Pour l’instant l’animal a l’air presque apprivoisé; mais attendez que son « crâne volcanique > entre en action.Chose extraordinaire, d’ailleurs, le Nicole de Genève a sur sa photo la gueule de Houde.Le pif un peu moins abrupt, la gueule un peu moins vulgaire, le crâne un peu moins pointu, mais, quant au reste, un vrai sosie.nw - *v>v> Lundi soir dernier, à la réunion des ; institutions de même nature.Le P.Fon-anciens élèves du collège Sainte-Marie, : laine élude le fond de la question par le P.Paul Fontaine, s.j., a cru devoir dé- j une dialectique du chemin de velours, fendre l’enseignement secondaire en j Dans le Canada français, le clergé dismontrant 1° que nos critiques sont inju- j pense la culture secondaire, à l’exclusion rieuses, 2° que l’institution dont il est le de tout autre corps enseignant, depuis le recteur « aura bientôt un enseignement j jour maudit de la Confédération.Cette parfait (on est modeste) des matliéma- | fausse sécurité a ramolli son enseigne-tiques et des sciences », 3° que le mono- j ment, et nos critiques remplacent aujour-pôle de l’enseignement secondaire diffère .d’hui la concurrence impossible et, du véritable monopole en ce qu’il repose d’ailleurs, nullement souhaitable, d’un sur l’abnégation du clergé; 4° que nous enseignement laïc.avons « oublié le point de vue moral » en Reste la « moralité » de Rabelais et recommandant aux humanistes de faire de Montaigne.Tout le monde sait que la part plus large à Rabelais et à Mon- des chapitres entiers de Pantagruel et taigne.une forte partie des Essais peuvent être U 2> -7rzfhà E (& su un 1 m%\ son en- f '} fj ri ^5â son fi b I #1 eatsJi, v !v D’abord, nous avons toujours cm- ; m*8 entre les mains de tout jeune homme ployé à l’égard de M.Arthur Maheux, qui j d’intelligence moyenne.Le P.Fontaine nous loue presque sans réserves sous sa [ a seulement cherché à piper un auditoire signature et nous blâme sans mélange j naïf et, par ricochet, la foule des braves sous l’anonymat, le ton dont il a lui-même 8cns gui n Y sont pas allés voir.Rabelais et Montaigne seraient d’ailleurs aussi censurablcs que Voltaire et les encyclopédistes (mais il n’en est rien), que le maître n’aurait qu’à les commenter avec prudence.Au besoin, le P.Joseph Paré, s.j., le diligent aumônier de l’A.C.J.C., vous « arrangerait » ça en cinq secs, comme il fit naguère pour Alhalie et le Médecin malgré lui en substituant ses vers aux alexandrins de Racine.Ce n’est — Dillinger est toujours à Chicago.Insull n’a pas encore été jugé.Pas de révolution en Amérique du Sud.Rien à dire.— Bah! époussette le serpent de mer; il y a au moins quinze jours qu’on n’en a pas parlé.usé à notre égard.Il nous suffirait pour le prouver de rappeler les balourdises qu’il écrivait il y a deux mois sur le compte de Georges Langlois.C’est d’ailleurs une ironie d’une qualité bien rare que ceux qui nous diffament devant leurs élèves jouent publiquement les persécutés.Nous ne mettons en cause ni le P.« Si je n obtiens pas d'argent, rugissait-il, eh! bien, je ne rembourserai pas l'emprunt, et les banquiers, celte vermine qu'on renverserait d'une chiquenaude, verront baisser leurs actions.Si l'on ne nous donne pas les fonds necessaires, je ne payerai pas les fonctionnaires qui nous déplaisent.Ce n’est pas Berne qui nous imposera sa loi ici.Cenève est une république souveraine », etc.CECI; CELA ET AUTRE CHOSE La rivalité anglo-japonaise.tout à fait prête à une attaque sérieuse contre la France ou l’Angleterre.Il n'en La bataille engagée par le textile an- sera pas dg même d’ici un an ou deux, si glais, il y a un an et demi, contre les pro- ]e gouvernement nazi met ses projets à duits japonais, est arrivée à un point cri,- exécution.tique.La rivalité entre producteurs s’est Actuellement, la réorganisation de la accentuée ces derniers mois et se résout par; f|otte allemande se révèle plus sérieuse en-une véritable déclaration de guerre écono-, core que celle de la Reichswehr.C’est ce mique.Les Britanniques crient au dumping qU| explique le désir de la France d'adopter et entendent protéger leurs marchés inté- à son tour ]e «Jwo-Power Standard» par rieurs et coloniaux.D’un trait de plume, apport à l’Allemagne.Il est hors de doute *"¦ «alter Runciman, president du Board quc ]es cuirassés de poche, type Deutschland, of Trade, réduit de 50 pour 100 les contm- déclassent presque automatiquement les cui-gents d importations japonaises en Grande- rassés français, type Dunkerque.Inutile de .Bretagne et dans les colonies.dire que ce qui s’applique aux navires dont Ia doctrine morale repose sur les La mesure est grave, car elle va provp- Lançais vaut également pour les navires enseignements traditionnels de l’Eglise, quer des représailles, E.je risque, de plas; r britanniques d’un certain tonnage," "ét "c’est" là doctrine sociale sur la reconnaissance de ruiner le commerce de reexportation s.une de$ disons pour lesquelles la presse important de Ceylan et surtout de Hong- ang|a;se réclame des constructions nouvel-Kong.Aussi ces deux colonies ont-elles ]es> jur un ton dc p,us en plu$ vjf La courje vivement proteste contre la decision de aux armements navals devient ainsi encore Londres.plus inévitable que la course aux arme- Quant aux dominions, ils sont 'un peu menls militaires.Dans ce dernier domaine, dans une situation analogue.Si le Canada ]cs chose$ ne s'annoncent pas très bien, peut se ^mettre de placer une surtaxe de pari$ ne pcut accepler une priorité de 65 pour 100 sur les importations japonaises, allemande, ce qui signifierait la au; profrt _de quejques producteurs et au RUerre - brève échéance.De son côté, prejudice du public.1 Australie ne peut ap- Londres fait pression sur Paris pour appliquer des mesures aussi radicales, en rai- ver - une i;mitation, sinon à une réduction, son du vaste marche qu elle possédé au J a- , armement, pon.où elle écoule, une bonne partie de sa % ne faut "cependant pas désespérer de laine et de son le.voir l’Angleterre finir par se ranger, un I! est bon de se souvenir que le Board jour ou i'autre, au ^int de vue Lançais.ofTrade ne cherche pas tellement a exclure , c ,a menace aérienne et navale alleles produits japonais du marche britannique mande „ sera davanlage concrétisée, que de marchander pour arriver a un accord raisonnable et au partage de zones économiques.Malheureusement, entre temps, le commerce international en souffrira.D'ailleurs, le principe d’une guerre économique est toujours dangereux.C’est toujours sur le dos du consommateur que l’on poursuit ces rivalités.Et cela, au profit d’industries qui ne sont pas toujours viables, quand elles ne sont pas purement artificielles.— A.R B.Fontaine ni son institution; mais si cette guerre déloyale va plus loin, nous demanderons humblement à ^Ordinaire la permission de citer ces clercs pusillanimes devant les tribunaux.D’autre part, il nous est revenu qu’une partie du clergé s’est attelée à la sale besogne de faire condamner notre journal.Petites gens! Mais croyez-vous l’autorité ecclésiastique assez peu sage pour supprimer un journal pas la mer à boire: on truque lee chefs-d’oeuvre.Otivar ASSELIN * * * Voilà la « substantifique moelle » de cette défense de l’enseignement secondaire.Nous avons signalé la réforme du programme des études au collège Sainte-Marie avant même que le P.Fontaine en fit état devant ses anciens élèves.Mais si l’on espère nous garrotter par la diffamation,-les menaccsde censurc-et autres petites perfidies, on nous connaît bien mal : nous voulons la réforme de l’enseignement secondaire, et nous y travaillerons de toutes nos forces.Cet enseignement, nous le voulons français, pour que nos fils ne fassent plus dans la province de Québec le métier de bêtes de somme dont nos pères se sont contentés.A quel degré d’abdication certains éducateurs sont tombés, on en jugera par cette phrase du recteur de l’Université d’Ottawa que nous communique un correspondant: « Inutile de nous illusionner sur notre situation dans ce pays (sic).Nous sommes la minorité, et la majorité ne sent pas le besoin de communiquer avec nous dans notre langue.» C’est, sous une autre forme et avec un peu plus de lâcheté morale, le « language of communications » de M.Henri Bourassa et « la lanngue de la merre-petrie » de Wilfrid Laurier, ce diplômé de conservatoire d’éloquence passé subrepticement à la gloire.Soixante années de culture secondaire nous ont menés là.La course aux armements n’y a qu’une solution : armer.Et la Pologne arme.Inutile de dire que la Russie fait de même, et que son armée doit atteindre actuellement les trois quarts de million d’hommes sous les armes."Moscou craint une guerre avec le Japon qui, lui aussi, s’attendant à une attaque russe, renforce son armée, sa flotte et son aviation.Les effectifs nippons atteignent actuellement plus de 500,000 hommes de troupes actives.Chaque fois que l’on publie uns nouvelle sur le réarmement des nations, on peut être assuré de n’y jamais voir figurer les chiffres budgétaires ou ceux des effectifs américains ou britanniques.On fait sur ce dernier chapitre un silence prudent, qui d'ailleurs ne trompe que le public peu au courant des réalités.Pour caractéristique que soit ce silence voulu des agences d’information anglo-saxonnes, il ne saurait faire oublier que le réarmement se poursuit à une cadence accélérée.La France n’a pour ainsi dire pas touché à ses effectifs, et l’engagement de quelque soixante mille employés civils dans les services militaires ne saurait constituer une augmentation bien sensible de sa puissance militaire.La chose est si vraie que le cabinet Doumergue va prochainement rétablir le service militaire à un an et demi ou deux ans.Au point de vue du matériel, on note quelques améliorations, surtout dans l’artillerie.La flotte française a fait également de grands progrès.L’aviation reste la première en nombre, mais on peut douter de la qualité du matériel.L’Allemagne est en pleine crise de réarmement.San armée, sa flotte, son aviation se développent au point d’inquiéter tout le inonde.Les crédits supplémentaires pour la défense nationale ont porté le budget de guerre à plus de $500 millions, sans compter les crédits invisibles qui figurent à d’autres postes afin de permettre un camouflage presque parfait de l’état réel des armements.Nous avons déjà signalé, dans ces colonnes, l’effort accompli par le Reich pour sauver son matériel de guerre d’abord, pour le reconstituer sur des bases-nouvelles ensuite.Cet effort a été énorme et s’est étendu à tous les domaines de la défense nationale.L'artillerie a été renouvelée, ainsi que les petites armes (fusils, mitrailleuses, grenades, lance-bombes).Les chimistes du Reich ont poussé activement les travaux de recherches sur les gaz asphyxiants, et les bactériologistes ont même envisagé sérieusement une guerre de microbes; le génie maritime a créé le cuirassé de poche, qui est dans son domaine une splendide réplique du Dreadnought anglais; la flotte a révisé ses règlements et surtout sa technique et ses manœuvres; l’aviation se prépare et, lorsque l'effort que la flotte aérienne avancera à pas de Béants; enfin l'état-major allemand procède à une instruction vigoureuse de toute la jeunesse du Reich.On comprend bien qu’en face d’une nace aussi redoutable, la Pologne se soit décidée à porter ses hommes, en renforçant en même temps son matériel.Quand on est pris entre une Russie Soviétique et dtoùt des ptoyens de défense est limité.Il des droits familiaux, la doctrine politique sur l’écrasement du vote individuel, de l’impcrsonnalité néfaste des gouvernements démocratiques ?Pensez-vous que le cardinal Villeneuve, ou Mgr Gauthier, hésiterait à choisir entre un catholicisme de chambre noire, où l’esprit marche à quatre pattes, et un catholicisme aéré, universel, qui sert l’intelligence et l’appuie ?Nous ne sommes plus au temps, messieurs, ou certains d’entre vous, boutefeux et brasseurs de discorde, se plaignaient auprès de l’autorité diocésaine de ce qu’un maître de l’Université de Montréal inclinait ouvertement pour le transformisme.Nous ne sommes plus au temps où l’Ordre des jésuites chargeait un de ses Gascons volubiles de museler les partisans de l’uniformité des manuels scolaires, soit en les circonvenant, soit en les faisant traîner dans la boue par quelque sbire de la « bonne Les petites nations ne peuvent rester indifférentes à la menace de guerre : la Belgique va fortifier ses frontières et la Suisse renouvelle son matériel d'artillerie.Elle va élever quelques positions d’arrêt du côté de la frontière allemande.L’Italie travaille activement à développer l’armée, la flotte et l’aviation, et seul le mauvais état de ses finances publiques l’empêche de procéder à un armement de plus grande envergure.Le monde entier prend part à la course aux armements.Les Etats-Unis ne sont pas les derniers dans cette voie, et ils font actuellement un très gros effort naval et aérien.A.R.B.La coalition jaune en puissance.Les nouvelles les plus importantes sont parfois noyées sous un flot de détails secondaires, dans lesquels on se trouve entièrement perdu.On en a encore un exemple dans les dépêches de la fin de la semaine traitant de la question d’Extrême-Orient.Sous un fatras de détails insignifiants, on découvre une nouvelle de première importance : celle d’une coalition jaune en puis- L'enseigncment de l'Ecole de» Haute* Sance.Etude» Commerciales, 535 avenue Viser, prépare au commerce, & la publicité, au journalisme.Complétera avantageusement les connaissances professionnelles de l’avocat et du notaire.Cours du jour, du soir et par correspondance.— Tél.: HA 6209.(r-aj cause ».Quand nous avons parlé du monopole de l’enseignement secondaire, nous entendions clairement une magistrature pratiquée sans concurrence.H n’y a pas d’exemple qu’une institution humaine ait progressé sans la concurrence d’autres Il serait peut-être exagéré de penser que ce sont les fabricants d’armes qui ont provoqué cette course ruineuse.Le danger de guerre existe bel et bien, en dépit des dénégations intéressées des pacifistes et des bonzes de la S.D.N.Il existe parce que la Russie, comme l’Allemagne, ne peut résoudre ses difficultés intérieures que par une action extérieure de grande envergure.Le panslavisme et le pangermanisme seront responsables une fois de plus de la transformation du monde en camp armé.Lucien PARIZEAU M.Hirota, ministre des Affaires étrangères du Japon, a fait savoir une fois de plus que son pays ne rétractait pas un mot de ses déclarations précédentes sur le principe de 1’ « Asie aux Asiatiques », et que Tokio éviterait de conférer avec les autres puissances sur le problème chinois.Le ministre a également renouvelé l’assurance que le Japon entendait maintenir l’ordre en Extrême-Orient et empêcher certaines nations de soutenir des factions turbulentes.Tout cela a son importance, certes, mais la petite remarque suivante en a davantage encore.M.Hirota a déclaré que l’agitation anti-japonaise était sur le point de cesser, et que des milieux chinois influents avaient fini par reconnaître l’utilité d'un accord véritable avec le Japon, plutôt qu’avec les puissances étrangères.Autrement dit, on est sur le chemin d’une coalition jaune en Extrême-Orient.Evidemment, l’entente n'est pas encore complète.Mais elle le sera un jour ou l’autre, peut-être même plus tôt que les Américains ne semblent le croire.P.S.— Demain samedi, un article plus élaboré de M.Olivar Asselin sur le même sujet.— L.P.Faillites socialistes.La faillite de la Banque belge du Travail.institution qu’il en coûtera 50 millions de francs pour renflouer, venait à peine de s'inscrire aux fastes du socialisme européen, que se produisait celle de la Coopérative de France, établissement du même genre où la petite épargne est, paraît-il, exposée à perdre quelque trois cents millions de francs (près de 20 millions de dollars au cours actuel).En France comme en Belgique, c’est un gouvernement « bourgeois » qui devra recoller les pots cassés, car il n'entend pas vouloir se soustraire à ce devoir qui est à peine obligation.En des temps comme le nôtre, rien d'é-tonnant qu une banque, ouvrière ou bourgeoise, coopérative ou capitaliste, soit forcée de suspendre ses opérations.Tout ce qui ressort des faillites signalées plus haut, c’est que le$ remèdes que nous offre le socialisme pour la guérison de la crise actuelle seraient peut-être pires que le mal.A Montréal meme, il n’y a qu’à observer à l’oeuvre nos démagogues de l’Hôtel de Ville, pour voir quel régime ils nous donneraient s ils n étaient tenus en laisse par les banques bourgeoises.— 01.A.Le point où l’on est d’accord.La France et 1 Angleterre restent la question des armements, mais les deux puissances sont d’accord un point : le danger naval allemand.La flotte de cuirassés de poche devient si dangereuse qu’il est urgent d’aviser.La aérienne préoccupe plus spécialement les Britanniques, quoique pour le moment 1 aviation germanique ne semble pai être Nos banques en faillite La révision de la loi des banques est pratiquement terminée.Des économistes et des banquiers ont défilé, pendant plusieurs semaines, devant la commission chargée de nous doter d'un nouveau système bancaire ; il ressemblera comme un frère à l'ancien.L’enquête n’avait apparemment d'autre objet que d’établir la bonne volonté du gouvernement fédéral.Tout ce déploiement d’études et de témoignages aboutit à nous conserver un système bancaire excellent.pour les banquiers et les politiciens.Les gouvernements continueront, au cours des dix prochaines années, par l’entremise des banques, de drainer l’épargne populaire vers les villes, et d'y puiser à pleines mains.Comme cette louable entreprise s’exécutait trop lentement au gré de notre emprunteur national, M.Bennett, on a fondé la Banque du Canada.Dans notre pays, les banques seules, ou à peu près, dispensent le crédit.Dans les centres agricoles, la succursale d'une banque à charte remet au bureau-chef le plus clair des dépôts.L’Etat doit alors se mettre en quatre pour édifier un système quelconque de crédit agricole ; le résultat est souvent médiocre.Il arrive, de plus, que l’Etat qui dispense réellement le crédit agricole, c’est le gouvernement provincial ; mais l’Etat qui bénéficie du système bancaire, emprunte à tour de bras, et devrait rendre à l’agriculture les fonds qu’indirectement il en reçoit, c’est le gouvernement fédéral.Dans les villes, le petit commerçant, l’industriel qui commence, n’obtiennent pas en réalité du crédit, mot qui implique la confiance.11 leur faut présenter tellement do garanties de toute espèce pour emprunter quelques centaines de dollars, qu’ils préfèrent recourir à une société de prêts usuraires.Mais nos banques ne font point faillite ; c’est tout ce qui importe aux électeurs, rarement avertis de leurs intérêts réels.Et notre peuple s'encroûta dans cette habitude bien démocratique : avoir toujours recours au gouvernement, l'unique dispensateur des biens de la terre, dont il est l’unique receveur.Des entreprises moins considérables que nos banques à charte, dirigées par un conseil d’administration responsable et composé uniquement de véritables banquiers, rendraient plus de services au public.Mais nos banques feraient peut-être faillite, et les emprunts du gouvernement ne seraient point couverts dans les vingt-quatre heures.André BOWMAN Echos une JOSEPH SCHUBERT Joseph Schubert, l'un des deux derniers descendants du célèbre compositeur, est mort à BatchkarPalanka, dans le Banat, où la famille de Schubert s'était Installée 11 y a plus de cent ans.Franz Schubert était alors tombé dans la plus grande misère et, pour lui venir en aide, sa famille s’efforçait de populariser dans la colonie allemande de la région des chansons du grand compositeur.On a trouvé dans la maison du défunt des documents précieux.Le dernier descendant, son frère, vit actuellement comme chef d'orchestre en Argentine.A.R.B.Vous vivrez trop vieux.si vous atteignez un âge avancé sans avoir réussi à vous assurer un repos mérité, après le labeur de toute Une vie.La DOMINION LIFE ASSURANCE COMPANY, grâce à ses plans de pension et de rente appropriés à chaque cas particulier, peut vous garantir un revenu stable pour vos vieux jours.C’est aujourd'hui que vous devez y songer, et agir en conséquence.Tél.: HA 9277, ou écrire à 1010 ouest, rue Ste-Catliorine, Montréal.entamé, il est probable sera encore divisées sur me- Dollavd DAXSEREAU Outre la satisfaction que vous obtenez â fumer les cigarettes Ito.vy, « douces comme de la sole », chaque paquet contient des cartes « Mains de Bridge », échangeables pour de jolies primes do première qualité.Les cigarettes Itoxy sont manufacturées par L.O.Grothé Limitée, maison canadienne et indépendante, .(r-b).sur effectifs à 370,000 S Quand vous rencontrez une boisson en usage depuis plus de 250 ans, dites-vous qu’elle a du mérite.C’est le cas du genièvre (girQ de Kuyper, * Le genièvre (gin) de Kuyper fut le premier connu au Canada et il reste le favori de « nos gens ».C’est une boisson de (ï-b).menace Allemagne naziste, le une f gentleman, à prix populaire, > X SSà£'S4MkdS5îj«5 «sasa* : - :##### 'M r.¦ .: :: SâsS anSsîKffi L’ORDRE — Montréal, vendredi 11 mai 1931 I 2 - L’exemple du budget britannique r> Montréal, Scales and Roberts Ltd., de Toronto, Windsor et London, James tvrk Ltd., de Hamilton, John Erzingcr Ltd., de Winnipeg.Elle intimide le marchand, elle cherche même à influencer le consommateur par des moyens de toute sorte, en particulier celui que j'ai signalé en pariant des « United Cigar Stores ».Elle bâillonne les grands quotidiens en leur donnant des anche ne recule devant aucun procédé déloyal pour faire la lutte au com-indépendant, afin de tout accaparer r , « article un compte rendu analytique du Con- Les sociétés savantes de France iMriilbune du lecteur de M.Paul Fournier, membre de l'Institut, vice-président de la section des sciences économiques et sociales du Comité des travaux historiques et scientifiques.M.Fournier .! remplaçait l’illustre juriste Charles Lyon- Le Congrès des Sociétés savantes qui Çaen_ secrétaire perpétuel de l'Académie vient de se tenir à Paris au début du mois (jes Sciences morales et politiques et prési-d’avril a entendu comme chaque année des (jent ]a section, retenu loin des travaux communications extrêmement .diverses et par son grand âge.L'assistance compre-pour la plupart infiniment intéressantes qui ^ait de nombreux érudits et savants de prouvent à quel point 1 activité de ces so- prance< empressés à se communiquer les ré-ciétés demeure vivante et productive.L est ^hats de leurs travaux.L'objet de ceux-ci le 67e congrès des Sociétés savantes et ce est infiniment varié et nous ne pourrions en chiffre seul atteste la vitalité de 1 institution.cjQnner m£me une énumération forcément Il n est pas sans intérêt d insister sur ce | fastidieuse.On peut en comprendre la va-point car trop nombreux sont les gens en- , rj^é par ces quelques exemples pris au badins à penser que la centralisation française ,ar(j .Monographie de Mila (Constantine) ; est nuisible à 1 éclosion et au développement magdalénien à triangles scalènes: les endos travaux individuels, accomplis par des fan|s naturels devant la loi et la société sous personnalités privées, purs savants ou cru- |',ncien régime : la colonie de vacances de dits qui ne sont pas entrés dans une uni ver- Suresnes; la relation de la question du blé sité ou dans tout autre institution, mais qui, pajn avec les tendances modernes de pour le simple amour du travail, mettent à commercialisation et d’industrialisation ; la disposition de la branche scientifique qui ^an-Baptiste Dumas, savant et administrates intéresse, leur savoir, leur temps et leurs tcur; [es doctrinaires du collège de Lodève ressources.C est grâce à ces esprits stu- 1 pendant la Révolution; histoire de l'intro-dieux et désintéressés que la vie mtellec- Auction de la liturgie romaine au diocèse tuelle de la province française brille d un j'^rras en 1851; notes et documents sur la éclat qu’il faut se garder de mépriser si vie théâtrale à Marseille au XVIIIe siècle ; 1 on considère le sérieux et 1 utilité des tra- dinairement puissant et varié que son action y réagissent dissemblablement.jouent dans l’économie humaine les produits Au bout du compte, toutes ces differences spécifiques, ou hormones, que cèdent au ont leur principe dans le germe d ou promilieu sanguin les glandes à sécrétion in- vient I individu Chaque etre.et c est en terne.Ils dirigent la croissance, ils règlent quoi il est un md.vidu, derive d une oeuf que lé développement, ils provoquent l’éveil gé- particularisait sa garniture chromosomique, nésique.ils déterminent la caractérisation Or, les hormone, constituent un des prin-sexuelle.Or, il s’en faut que les mécanis- cipaux procédés dont usent les chromosomes hormonaux fonctionnent identique- mes pour façonner et diversifier les exem-ment chez tous les individus.L’excès de la plaires de 1 espece.C est, dans une large sécrétion hypophysaire peut déterminer le mesure, par leur intermediaire que les fac-gigantisme; l'éxcès de la sécrétion surrénale leurs héréditaires en viennent a produire peut, chez l’homme, accélérer la venue de leurs effets, et que la personnalité gene-la puberté, et, chez la femme, entraîner tique pâment à s exprimer, a s expliciter une virilisation du physique et du moral, dans 1 individualité somatique, etc.Ce ne sont là, au demeurant, que des .,, ., ,, , , cas extrêmes du déséquilibre endocrinien; Qu il existe d un individu a 1 autre des sans quitter la ndrmale, un examen attentif différences, dans les glandes endocrines, révélerait parmi les humains la diversité cela a pu etre précisément reconnu chez les essentielle du travail des hormones.Leur animaux, notamment chez le lapin, ou le action sur l’organisme, ou.du moins, celle biologiste Brown note, entre les poids re-qu’elles ont exercée sur lui tandis qu’il se iatifs de ces glandes, des écarts qui attei-formait, conditionne plus ou moins étroite- gnent souvent 25% et peuvent aller a ment la hauteur de la taille, la coupe géné- 100%., Q, , i raie du corps, sa largeur ou son étroitesse, Des recherches instituées par Stockard la forme du visage, le timbre de la voix, sur les races de chiens, ,1 ressort que es la vivacité de l’esprit, l’aptitude aux émo- principales differences raciales, manifesterions.le ton de l’humeur, le mode du ca- ment héréditaires peuvent se rattacher a ractère des influences endocriniennes.La 'diversité de l’action hormonale peut Les Saint-Bernard, les mastiffs, doivent elle-même tenir à des causes multiples.Il leur grande ta,Ile au fonctionnement exa- îéctitë1 pl u s' ° g éëié r eu s e rn e n f ' o p 1 u s ^a v a rè* en"utM.qX/ trouble du côté des pa- 1 et d’en discipliner les effets.Disposant des On se demanderait encore à bon droit si la chimie biologique n’apprendra pas à fabriquer des hormones plus puissantes que des naturelles, des « superhormones ».Là où la nature a donné l’exemple, l’homme la surpasserait en l’imitant.Nous connaissons déjà un dérivé de l’hormone femelle ou folliculine — la dihydrofolMculine — qui se montre plus actif que l’hormone naturelle lorsqu'il est administré par voie digestive.Il ne paraît pas invraisemblable, enfin, que nos hormones, authentiques médicaments naturels, aient pour nous-mêmes, à la longue, quelque nocivité.L’expérience a révélé que la production en excède de beaucoup le nécessaire; qui sait donc si ce superflu d’hormones, quotidiennement déversé dans les humeurs, ne serait pas une cause d'autointoxication, voire de vieillissement On a beaucoup dit que la sénilité provenait d’une déficience hormonale; peut-être, à l’inverse, résulte-t-elle d’un lent empoisonnement de l’organisme par des hormones nécessaires mais toxiques.En ce cas, il appartiendrait à la science future de chercher à substituer aux hormones naturelles des hormones artificielles, non moins efficaces, mais plu* bénignes.On doit à Gowen et Gay une expérience plus démonstrative encore.Il s’agit de l'anémie héréditaire de la souris.Cette tare, liée au caractère de « panachure dominante », dépend d’un facteur létal, autrement dit d’un facteur tel qu’il rend impropre à la vie le sujet qui le porte en double dose.Les souris héréditairement anémiques succombent presque toujours avant la fin de la première semaine.Plus légères d’un tiers à la naissance que les souris normales, elles ont un aspect blafard, exsangue, qui vient de ce que leur sang est Ces hormones, dont se sert la nature pauvre en globules rouges et en hémoglobine.produits, le bio- Elles tètent avidement, mais ne peuvent uti-logislc est aujourd’hui à même d’en utiliser lises* le lait qu elles absorbent.Or„ Gowea et Gay sont parvenus à pvo- On peut imaginer ainsi qu’à l’avenir une judicieuse thérapeutique hormonale combattra efficacement et même préviendra nombre de tares héréditaires.* * * Ici, une question fort intéressante se pose, du moins pour ceux qui, libérés du préjugé finaliste, n’ont garde d’estimer que tout se passe toujours pour le mieux dans la nature animée.?* .6 pour façonner et varier scs Jean ROSTAND Rien ne démontre que l’équilibre endocrinien des sujets mwmaux corresponde à l’équér sjS’endid#' ¦ § Li 7 ••• ’ . SX - L'ORDRE—Montreal, vendredi 11 mai 1934 —-J - 4 i En attendant le théâtre national I Livres nouveaux Nos lois pénales i : t t ( .i ; la tristesse de quelques deuils et l’agacement de quelques passagères discussions.Mais Tolstoï, devenu vieux, se pénètre de certaines idées mystiques, a honte de son aisance.La comteisse ne comprend rien à ces scrupules, elle entend conserver ses biens, les laisser à ses filles, à ses fils.D’où ses luttes terribles, incessantes, avec le grand rêveur.Livre qui, à tout prendre, relève autant de la psycho-physiologie que de la psychologie pure.Intéressera tout particulièrement les femmes.— J, A.Dans une conférence sur nos lois pé- ' libérés.Au cours de la dernière session, nalcs, faite mardi dernier devant les mem- l'Assemblée législative a autorisé l’établis-bres du Saint-Lawrence Kiwanis Club, M.sèment de colonies pénitenciaires où les pri-Amédée Monet, grand admirateur du droit sonniers se formeront aux travaux agricoles, anglais, a réclamé pour le magistrat plus Ce n’est peut-être pas ce que M.Monct dé-de latitude dans les condamnations qu’il sire, mais ce n’en est pas moins une cxcel-prononce.« Un jeune homme de dix-neuf lente mesure.ans, a-t-il déclaré, peut voler $500 de mar- I çg magistrat, s'appuyant sur une lon-chandises dans une maison et n être con- | gUC pratique des affaires criminelles, a dédamné qu’à quelques mois de prison.Si le même individu vole 50 sous dans une lettre, il sera condamné tout au moins à trois ans de prison, car le code le veut ainsi.C’est la peine minimum.D’autre part, le même criminel peut obtenir $10,000 sous de fausses représentations, et n’être pas condamné à plus de trois ans, la peine « Trois épouses », par le Docteur Serge Persky.Un vol.in 16, avec 8 illustrations hors texte.Chez Payot, 106, boulevard Saint Germain, Paris.I I I •.il On Va dit souvent: le théâtre français I d’anciens élèves de l’école, H garde une connaît un bien triste sort en notre province.I fausse conception de 1 art dramatique et du à Montréal en particulier, qui devrait pouvoir ' beau artistique et se contente facilement de rivaliser au moins avec des villes comme Lyon, ce qui convient au seul point de comparaison Bordeaux.Marseille qui n’ont pas, numéri- qu’il connaisse.Si tel est le niveau des diplô-quement.la population française de notre ville, mes de nos écoles, le niveau du grand public 11 est vrai qu’elles bénéficient de la proximité ne peut être qu’inférieur à celui-là.de Paris où des artistes de première grandeur peuvent, facilement et fréquemment, les visiter.Mais cette proximité de Paris ne suffit pas à expliquer la pauvreté de la vie artistique montréalaise, pauvreté auprès de laquelle la province française paraît richissime.Périodiquement, Comoedia, le grand quotidien parisien du théâtre et de musique, publie, sur la vie artistique de la province, des colonnes qu’un Montréalais ne peut lire qu’avec dépit, en voyant tous les grands titres du répertoire 1 : l Le livre du Dr Serge Persky présente les épouses de trois glorieux écrivains russes.Le premier.Pouchkine, le plus illustre poète de son pays, eut le malheur d’aimer une femme d’extraordinaire beauté, nullement méchante, mais frivole, assoiffée d hommages, aimant les bijoux, les toilettes, les fêtes mondaines.A la de Saint-Pétersbourg, son existence fut une suite de triomphes.Désirée de tous, distinguée par le tsar lui-même, elle ne résista pas longtemps; un certain barcm d’Anthcs, jeune, beau, brillant causeur, _ fut favorablement écouté, et Pouchkine, qui adorait sa femme, souffrit affreusement dans son amour et dans sa dignité.Le scandale devint si public que le des témoins au bellâtre.Sur le 1 I ! f I claré qu’il croit la justice anglaise supérieure à toute autre.Notre code pénal s’en est inspiré, et nos tribunaux accueillent favorablement certains points de jurisprudence anglaise.Si nous n’avons pas à regretter ; que nos lois pénales soient d'inspiration anglaise, nous avons fort à nous plaindre de leur rédaction.A peine compréhensibles en anglais, elles sont indéchiffrables une fois traduites en français (?) pour la réserve québécoise.Aussi la plupart des avocats de notre province se servent-ils le plus sou- classique et moderne se succéder sans intervent de la version anglaise.Il conviendrait ruption au cours d’une même année, avec des de refondre le code pénal et de le rédiger, reprises plus soignées que rehausse le concours en français comme en anglais, dans une des vedettes authentiques des grandes pari-langue compréhensible.L’exemple de la France En France, les élèves des écoles ont le leurs parents le plus sou- cour ?* * « Amour et Sagesse », roman, d'Emile Baumann.Un volume in 8.Chez Grasset.Dans la Symphonie du désir, première partie du Cantique éternel, Emile Baumann a ranimé avec une puissance die sympathie lyrique quelques unes des figures qui représentent le mieux, au long des siècles, la vie de passion et ses désastres.La seconde partie, Amour et Sagesse exprime, au contraire, par série d'autres évocations, ce que peut être l'amour, lorsqu’il tend au bien: l’amour intellectuel et courtois, platonique, chez Dante et Béatrice, Pétrarque et Laure, Michel-Ange et Vittoria Colonna ; le saint amour conjugal depuis le bonheur adamique jusqu’à saint Louis et Marguerite de Provence, l’amour héroïque préfiguré par Alceste, Epponine, élevé à son plus beau caractère dans la tendresse de Polyeucte et de Pauline: enfin, le divin amour, tel qu’en donnent la mesure une Marie-Madeleine, un saint François d’Assise, sainte Thérèse d’Avila.Ce livre, un des plus, hauts qu’ait pensés l’auteur de Saint Paul, esquisse, dans une variété d’images et une richesse de vues saisissante, un tableau philosophique de d’humanité qui aime noblement.— J.A.loisir d’aller, avec vent, aux spectacles des grands théâtres.On les y conduit principalement les jours de congé, en matinée.Mais ils ont aussi le grand avantage de recevoir, à l’école même, une formation artistique qui leur fait connaître et •le beau théâtre.Sous la direction du maximum.» I Il y a certainement dans les sanctions prévues par le code pour certains délits des anomalies qu’on devrait faire disparaître.Cependant, il ne faudrait pas oublier de tenir compte de la nature et de la gravité des offenses au point de vue du Droit.Un vol de $500 est en soi moins grave que le vol, par un fonctionnaire des postes, d’une lettre contenant 50 sous, car outre le vol, il dans le dernier cas, abus de confiance.aimer Conservatoire national de Musique et de Déclamation, s'organisent des tournées qui permettent aux meilleurs élèves de cette institution, des acteurs d’une culture intel'lectelle et d’une formation dramatique complète, d’aller donner dans les maisons d'enseignement des représentations du répertoire classique suivies de commentaires par des professeurs spécialisés.En moins de neuf ans, ce service scolaire a donné plus de mille séances devant plus de huit cent mille élèves-auditeurs.Le rapport du premier semestre de l’an-nce scolaire en cours nous apprend par exemple ceci, que j’emprunte à l'Information universitaire du 21 avril : poète envoya , terrain, il fut touché mortellement.Il n avait l que trente-sept ans.La vie de Dostoievsky n’eut pas cette issue tragique et prématurée.Lui aussi fut étrangement malheureux, mais ses infortunes avaient surtout leur cause dans son caractère inquiet et ses imprudences de conduite.Il épousa d'abord la veuve d’un petit fonctionnaire, une femme malade, bizarre, qui le trompa et l’exploita, et qui mourut au bout de quelques années de mariage.Sa secondé femme légitime, sa jeune secrétaire, se montra à tous points de vue digne de respect, et si Dostoievsky eût eu un esprit moins tourmenté, plus équilibré, sa vie se fût écoulée doucement auprès d’elle.une siennes.i Si nous ne pouvons nous comparer à ces villes de la province française, cela tient à plusieurs causes.J’en veux signaler deux principales, aujourd'hui, deux causes corrélatives qui se trouvent, l’une dans le public.Vautres chez les acteurs.Cette tâche est du ressort du Parlement, où figurent en grand nombre avocats, hommes d'affaires et hommes à tout faire.C’est parmi eux qu’on choisit les membres des comités chargés d’étudier les projets de lois et les amendements aux lois.On serait curieux de connaître la qualité de ces messieurs, leurs aptitudes et leur expérience en cette matière, de savoir s’il y en a un au moins capable de mettre un peu de clarté française dans le fatras judiciaire anglo-saxon.La rédaction actuelle de nos lois pénales et autres donne au premier venu la conviction qu’elles sont faites par des gens connaissent à peine les principes du Droit et qui n'ont pas encore appris à penser clairement.C’est un mal auquel il importe de porter remède au plus tôt.I ¦ I y a, Mais il n’est pas conforme à l’équité de punir ce délit de trois ans de prison au moins, quand on inflige une peine de trois ans au plus à l’escroc qui s’est fait remettre $10,000 sous de faux prétextes.11 est raisonnable de réclamer que les sanctions soient proportionnées à la nature et à la gravité des délits, sans sortir cependant des bornes de l’équité.En d’autres termes, il serait bon de laisser au magistrat un peu de latitude dans le choix de la peine à imposer, car c'est lui qui connaît les détails et les circons-du délit.On peut être sûr qu’il n’abusera pas de sa discrétion.Reprenant une idée qui lui est chère, le conférencier a également conseillé la création d’une société de secours aux prisonniers iVbs acteurs i i Nos acteurs ont beaucoup de talent et, surtout, de bonne volonté.Mais ils manquent de formation.Et où l’auraient-ils prise, cette formation?Ce sont tous des empiriques, des autodidactes de la scène ; ils ont appris à se débrouiller sur le plateau à force de jouer et ont perfectionné leur métier au contact de quelques camarades français établis parmi eux.Cette méthode de formation nous donnera des acteurs: elle ne nous donnera pas d’artistes, elle ne nous donnera jamais de grands artistes.Tant que nous n’aurons pas une institution analogue, sinen équivalente, au Conservatoire de Paris, il est inutile d’espérer avoir un théâtre canadien — il s’agit du théâtre d’interprétation, non de la littérature dramatique.Je ne veux dire de mal d’aucune des institutions, dues à l’initiative privée, qui existent déjà : elles sont dans le même cas que nos acteurs, incomplètes, trop, nombreuses, vouées à la médiocrité pour au moins les raisons que voici: elles ne sauvaient recruter d’élèves qui puissent consacrer plus de quelques heures de loisir par semaine ou par mois à des études qui, pour être complètes, demanderaient qu’ils s’y consacrent entièrement pendant plusieurs années ; elles ne peuvent recruter ces élèves parce que ceux-ci, à leur sortie de l’institution, n'ont aucune chance de vivre de leur art, si l’on excepte ceux qui deviennent professeurs d’élocution, ce qui n’est plus du théâtre.Nos conservatoires et écoles d’art dramatique et lyrique sont condamnés, dans l’état actuel de notre pays, à ne former que des amajeurs plus ou moins éclairés, dont la culture restera incomplète et pour qui le théâtre ne sera jamais qu’un moyen d’occuper leurs loisirs.A moins qu’il ne devienne, comme le journalisme l’est pour certains individus, un métier d’appoint, ce qui est la formule la plus néfaste pour l’art.Notre public i ,i i L'effort ainsi réalisé a porté sur la présentation commentée et l’interprétation de diverses oeuvres classiques inscrites au programme des examens, parmi lesquelles, on note: 2 fois le Bourgeois Gentilhomme, 7 fois Les Femmes Savantes, 2 fois Athalie, ., _, 3 fois le Médecin malgré lut et Le Dépit etre jugee a la lcgerc.V est avant tout femme d’intérieur et dans toute l’acceptation du terme une mère : elle eut treize enfants, dont dix vécurent.Elle aime et admire son mari, dont la renommée est universelle, et elle en Il faut noter aussi que le Théâtre Clas- est tout d’abord tendrement aimée.De longues années se passent, heureuses en somme malgré une I La comtesse Sophie Tolstoï, épouse de Léon Tolstoï, la troisième figure que M.Serge Persky étudie dans ce livre, ne doit pas l : qui une tances Amoureux, 2 fois l’Avare, 3 fois Andro-iliaque (avec projections lumineuses), 2 fois Polyeucfre, 1 fois On ne badine pas avec l'Amour, 1 fois Les Plaideurs, 38 fois Le Malade Imaginaire, etc.I En vous assurant dans La Sauvegarda protégez votre famille contre les éven.tualités de la vie, tout en suivant l'adage de Cartier : < Travaillons pour le maintien de institutions.» 152 est, rue Notre-Dame- , (r-a) vous Dollard DANSEREAU nos à.Montréal.sique Universitaire a prêté, avec 7 séances, un appui d’illustration aux travaux littéraires de l’Université de Poitiers, a collaboré avec le Lycée Pothier d’Orléans à la célébration du centenaire de l’helléniste Bailly, a travaillé à Melun et à Fontainebleau avec l’accord de l’Inspection académique de Seine-et-Marne, à Argenteull, Versailles et St-Germaln, suivant les directives de l’Inspection académique de Selne-et-Oise.En ce qui concerne l’Enseignement primaire de la Seine, avec la haute approbation de MM.Masbou et Santelli, directeur et directeur-adjoint, un cycle de 34 séances du Malade Imaginaire a été donné devant 15,306 élèves des écoles candidats aux examens, dans des conditions nouvelles: non en comédie à la mode ordinaire, mais en comédlc-ballot complète, restituée, d’après les manuscrits de la Bibliothèque nationale, par les soins de M.Georges-G.Tou-douze, avec les entrées dansées, les soli, duos et divertissements, les danses et la cérémonie des médecins et apothicaires entièrement chantée et dansée, le tout en costumes reconstitués d’après les collections de Paris et de Versailles.Pour A thalle, le même effort a été conduit, avec la collaboration des éléments Universitaires de Poitiers, rassemblés et animés par M.le professeur Jean Cousin.Et la tragédie, accompagnée des soil amenés de Paris et des choeurs et de l'orchestre de Poitiers, fut donnée sur une mise en scène et des costumes entièrement rétablis par M.George-G.Toudouze sur documents orientaux.Le second semestre semble devoir être aussi actif, puisque 30 séances du Malade Imaginaire et d’Athalie sont déjà prévues, d’accord avec les autorités académiques de Paris et des départements.L’économie nationale et l’État Mlle Riddez, qui est allée d'elle-même étudier en France cet art pour lequel elle paraît très douée ; nous avons le noyau d’une troupe formée à bonne école.Encore quelques boursiers judicieusement choisis, parmi les jeunes, parmi ceux qui ont l'âge requis pour entrer au Conservatoire de Paris, et nous aurons les éléments voulus pour jouer convenablement le répertoire classique.Avant de fonder un théâtre national et un conservatoire national, que le Gourvemement prenne en main une telle troupe et lui fasse jouer, en tournée, dans les écoles primaires et secondaires, les grandes oeuvres classiques qu’un commentateur cultivé expliquera aux élèves-auditeurs.Qu’on fasse cela pendant dix ans, et notre population sera peut-être mûre pour la fondation d’un théâtre national qui ne sera pas qu’une entreprise de façade et déficitaire par définition.Clicron et Snowden teurs de s’unir plutôt que d’user leurs efforts dans les luttes stériles des partis politiques.Ce redressement de l'esprit public aura d’heureux résultats.Le bon exemple de l'Etat est toujours suivi.A lui d:ètre un sage administrateur de la chose publique.Quand il s’agit des moyens de transport, par exemple, ne devrait-il pas mettre fin à cette concurrence effrénée entre le rail et la route ?Les chemins dè fer qui coûtent si cher au commerce national doivent être organisés sur des bases plus rationnelles.Le contribuable serait libéré des charges que l’Etat assume quand il s’engage à combler les déficits d'exploitation des transports ferroviaires.L’Etat arbitre des conflits d’intérêts et non.leur esclave peut seul faire disparaître les antagonismes préjudiciables aux Individus et à l’ensemble de la nation.Le grand tort de la politique actuelle dans la plupart des Etats est de placer l’é-couomique au premier plan.En réalité, et les faits se chargent de nous en donner la preuve, c’est le national et le social qui doivent primer.Une des grandes causes de la faillite de la S.D.N.est d’avoir voulu Imposer l’ordre partout dans le monde avant d’engager ses membres à en mettre d’abord chacun dans son pays.Les Etats qui veulent vraiment, à l'heure actuelle, un retour vers une vie économique et politique plus normale tâchent d’abord de résoudre le fait nation.Les marchés nationaux sont la première préoccupation des ministres partisans de l’économie nationale.L’Angleterre ne fait rien,d’autre quand elle impose des contingents d’importation non seulement à ses pays étran-mais même à ses colonies.Ce n'est pas qu’il faille enlever toute importance au commerce extérieur.Le Canada, par exemple, aurait grand tort de s’exposer par des tarifs prohibitifs à subir de la part de ses clients étrangers des représailles préjudiciables au volume de nos exportations de blé et de matières premières.Ce n’est pas en nous entourant de barrières douanières que nous pourrons vendre nos excédents de production.Pour vendre, il faut aussi acheter.Une saine économie nationale n’exige pas qu’un pays s'entoure d’une muraille de Chine.Mais le premier pas à faire dans la voie d’une économie réaliste est l’abandon par l’Etat des fonctions qu’il a enlevées aux métiers et aux professions.ja [ait administrer par une commission.L’Etat assureur, banquier, commerçant, celle-ci vient de faire parvenir à Genève etc.ne peut accomplir sou rôle tradi- un rapport sur son activité, tionnel qui est l'arbitrage des conflits d'intérêts particuliers.Pour se débarras- tiens le calme a régné dans Leticia, et que 6er des fonctions qu’il a usurpées, il doit ce résultat est dû à la stricte application forcer les métiers et les professions à s'or- des règles qu’elle a édictées.Une de ces ganiser.Notre Province de Québec s’en- règles, à laquelle elle parait attacher une gage déjà dans cette voie de salut.Les ! importance extrême, concerne la fermeture récentes lois des conventions collectives des dancings, qui a lieu maintenant à 9 et du salaire minimum sont d’heureuses heures du soir, initiatives qui donneront, à la fin, la collaboration tant souhaitée du travail et du capital.M.Gaboury, ministre de l'agriculture, supplie, de son côté, nos cultiva- Le « grotesque et ridicule » de M.Snow* énervé, à l’adresse du bod^M.Chérôn, den, demeurera dans la petite histoire de l’après- X "k guerre.Nous nous souvenons de l’émoi que l’incartade du chancelier de l’Echlquler causa dans les milieux journalistiques do la conférence.Dans la Cour du Binnenhot de La Haye, où les représentants des journaux du monde entier attendaient les décisions de la conférence, on fit même à diverses reprises courir le bruit d’un duel.Le ventre de papa Chéron se ruant sur les rhumatismes de M.Snowden!.On en riait fort!! Mais quelqu'un qui vécut dans les coulisses de la conférence nous a raconté récemment que Chéron avait juré de ne pas «encaisser > sans répondre et qu’il avait projeté de soulever un incident à la Conférence.Il en avait parlé tout d’abord & Briand, lequel, pacifiste en tout et jusqu’au bout, lui conseilla de ne pas insister.Mais Chéron ne voulait rien savoir.i ' Georges LANGLOIS i gers Moyennant $2, Gustave Turcotte, secrétaire adjoint du Conseil législatif vous enverra son ouvrage sur l’histoire de cette assemblée, reliure toile.M.Asselin a loué cet ouvrage dans le CANADA.Jean-Marie NADEAU.— Je vais lui répondre, s’écriait-il.Js vais lui répondre et je vous assure que je ne mâcherai pas mes mots.— Et que vas-tu lui dire ?demande Briand.Chéron.réfléchit un instant : — Je vais lui rappeler que les Normands ont conquis jadis l'Angleterre.Briand regarda Chéron en souriant et lui dit : — Ne penses-tu pas que cela est bien vieux ?— Tu as raison, répondit Chéron ; j’ai trouvé autre chose.Je vais rappeler à Snowden que ce sont les Anglais qui ont brûlé Jeanne d'Arc.Briand leva les bras au ciel : — Ne fais pas cela, malheureux ! Ils te feraient payer les fagots.Chéron n’insista plus.! V x Jnrry Automobile Limitée, 4450, rue S.-Denis, ont dans leurs divers dépôts l’auto neuve ou usagée qui vous conviendra.Avant d'acheter, téléphonez-leur : PL 8221.Vous obtiendrez dans l'échange les meilleures conditions.Une dictature en Grèce?Cette première cause de notre insuffisance artistique restera inaltérable tant qu'on n'aura pas remédié à une seconde cause qui est ll'ignorance du public des choses du théâtre.Et cela ne pourra se corriger qu’à la longue et pour le moins en une génération.Où et quand notre public aurait-il acquis et développé Je goût et la connaissance du théâtre?On l’a tellement habitué à considérer les spectacles profanes comme des causes de perdition et les gens de théâtre comme de mauvais personnages dont il faut se détourner, qu’en certains milieux on voit d’un mauvais oeil des jeunes filles de bonne condition paraître comme figurantes dans les spectacles inoffensifs de notre Société d’Opérette.A l’église comme à l’école, on apprend à honnir le théâtre et à n'admettre que les représentations de patronages et le répertoire des troupes de mysogyncs et d’androgynes.Quand, pendant toute la durée de ses études, un jeune homme, ou une jeune fille, n’a connu que l’art (?) et le répertoire des troupes (r) Le Tag de Vienne annonce d’Athènes que si les apparences ne trompent pas, des changements de politique Intérieure sont imminents en Grèce.Ces derniers jours, eu effet, le général Condylis, ministre de la guerre, a menacé à diverses reprises de proclamer la dictature militaire.Un entretien a eu lieu samedi soir avec M.Tsaldaris, premier ministre.Il ressort de cette conversation que le général Condylis est résolu à proclamer cette dictature en dépit de l'opposition de M.Tsaldaris.Le ministre de la guerre avait convoqué pour dimanche en assemblée tous les officiers haut gradés de l’armée.A quoi sert la S.D.N.! Un remède U Si les élèves de nos écoles et de nos collèges avaient cette bonne fortune, le théâtre, le beau, le vrai, aurait un public à Montréal, le goût des élèves rayonnant dans toute leur famille en une génération.Il serait temps de fonder un conservatoire dont le programme serait complet, les études suivies, les sanctions sévères, les éliminations méthodiques: celui de Paris pourrait nous servir de modèle (mis au point et adapté au Canada).En attendant, le premier' travail qui s’impose, c’est de faire l'éducation du public.Travail délicat, long, pénible, mais non impossible.Ici comme en France, c’est à l’école qu’il faut commencer.Nous avons déjà quelques-uns des éléments nécessaires; nous avons les Auger, les Giroux, et nos premiers boursiers d’art dramatique, et quelques autres, comme En attendant que le différend entre le Pérou et la Colombie ait été réglé, la ville de Leticia, revendiquée par les deux paya, a été remise à la Société des Nations qui On y lit que depuis son entrée en fonc- I.(Pourquoi pas ?) Au MONUMENT NATIONAL Mardi soir, 15 mal L’Orphéon de Montréal Billets en vente chez Archambault L’ORDRE est édité par les Editions de l’Ordre limitée (cette bouffonne désigna-i tion est imposée par le seul gouvernement : français d'Amérique) et Imprimé par la ! Cio de Publication de la Patrie limitée, 1 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal, Une sollicitude qui s'étend à de tels sujets montre de quoi la Société des Nations serait capable.si seulement tout le monde ne la quittait pas.i; C’est l’Angleterre du Moyen Age et du XlVe siècle.Avec les rois Tudor et Stuart, on est encore en pleine civilisation catholique anglaise.Car le protestantisme, sous Henri VIII, Elisabeth, Jacques 1er et Charles 1er, n’était pas encore assez entré dans l’âme anglaise pour modifier les moeurs des Anglais.Il demeurait uniquement à la surface de l’esprit anglais.Le théâtre du règne d Elisabeth, c’est encore l’Angleterre ancienne.Mais, des élisabéthains aux Anglais de la République, un précipice se creuse.Le langage si libre et parfois si cru de Shakespeare, de Ben Jon son.de Beaumont et Fletcher, scandalisait les protestants de 1640.De là l’éclipse du théâtre shakespearien pendant plus de cent ans.Les Têtes Rondes, les Côtes de Fer, les Quakers, les Puritains, toutes les confessions, dissidentes ou conformistes, s’étaient entendues pour inventer une langue anglaise nouvelle, édulcorée et pudique.Cet.esprit nouveau, cet esprit protestant, était, naturellement, anti-catholique et, conséquence curieuse, anti-anglais.La, révolution spirituelle et linguistique de l’Angleterre du XVIIe siècle a été radicale.Les Turcs de Mustapha Kémal n’ont pas plus violemment rompu avec toutes leurs traditions nationales, religieuses et littéraires que les Anglais d'Olivier Cromwell.On ne saurait ignorer l'immense influence que le protestantisme a eue sur la littérature anglaise des XVlUe et XlXc siècles.Cette forte doctrine religieuse a inspiré des chefs-d’oeuvre.Le roman anglais en est baigné.Sans doute, ni Walter Scott, ni George Eliot, ni Charlotte Brontë, ni Charles Dickens n’eussent été ce qu’ils furent sans l’esprit protestant qui était en eux.Et c’eût été bien dommage pour la littérature anglaise comme pour l’esprit humain.Mais il est curieux de voir le vieil esprit anglais, l’esprit anglais d’avant Cromwell, renaître et s’exprimer de nouveau en Angleterre.Ainsi, l’antique tradition, que l’on pouvait croire morte et perdue, vivait dement chez les Anglais, et on la voit surgir tout-à-coup de nos jours, soulever le couvercle du protes*r-,'-me, secouer trois cents ans d’esprit puritain et renoyer le fil cassé net après Shakespeare.D.H.Lawrence est mort dans le Midi de la France en 1930, âgé d’une quarantaine d’années.Cet écrivain anglais a laissé une oeuvre de haute portée littéraire.Ses romans ont d’abord obtenu un succès de scandale en Angleterre à cause de leur douteuse moralité, et de la crudité du langage et de la brutalité de certaines situations.Lady Chatlerley's Lover surtout a fait à D.H.Lawrence une réputation assez terrible dans son pays.La pudique Angleterre tout entière fut profondément choquée que l’un de ses fils osât toucher à de pareils sujets avec de semblables mots.On n’avait pas vu cela depuis le règne d’Elisabeth.Aussi.Lady Chatlerley’s Lover fut-il d’abord assimilé aux romans de la plus basse pornographie.Mais il fallait bien reconnaître à ce romancier une singulière puissance descriptive, un sens psychologique aigu, un style solide et coloré.The Plumed Serpent, The IVOman who Rode A Way, sont des chefs-d oeuvre.Après bien des réticences effarouchées, le public anglais a dû admettre que Lawrence, écrivain licencieux, était un grand écrivain.Bibliothèque Rose.Certes, on a bien 1® droit de trouver Rabelais brenneux, Zola dégueulasse et Lawrence dégoûtant.Mail il ne faut pas essayer de passer ces écrivains à la lessive ni de leur mettre des feuilles de vigne.On a le droit de ne pas les lire, mail on n’a pas celui de les châtrer.Il y a dans l’esprit humain un vieux fonds de brutalité grossière.L’éducation réprime cela chez les gens bien élevés.Il est entendu qu’on ne parle pas de certaines choses et qu’on ne prononce pas certain! mots.Mais la bonne éducation ne saurait détruire tout un côté de l’âme humaine, Tout au plus peut-elle l’adoucir et le dissimuler.Certains écrivains ont exprimé sani fard ces vilains sentiments.-, Les Français ont toujours été indulgents pour ces écrivains-là.Les Anglais, depuis Cromwell, ont ignori certaines parties de l’âme et du corps humain.Il est des côtés de l’homme ni beaux Une nouvelle tendance de la littérature anglaise i ficie encore de sa réputation pi’ bonde.Pourtant, les romans de D.H.Lawrence, ceux cLAIdous Huxley et ceux de Rosamond Lehmann ont révélé une orientation bien curieuse du roman anglais.Chez Rosamond Lehmann, tout est encore très nuancé, très délicat.Dans Dusty Answer et dans A Note of Music on parle d'amour, on ne parle même que de cela, mais sur un ton doux et insidieux.Ces romans, écrits par une jeune femme, sont pleins d’une volupté étrangement suggestive.Mais Aldous Huxley et surtout Lawrence ont révélé une Angleterre insoupçonnée jusqu’ici, ou plutôt, oubliée.C’est, semble-t-il, l’Angleterre d’avant le protestantisme qui reparaît.Car la pudibonderie anglaise ne fit son apparition qu’après le règne de Charles 1er.C'est Cromwell et les Têtes Rondes qui ont changé l’âme anglaise, ce sont ces durs républicains qui ont tué chez les Anglais le vieil esprit normand-angevin apporté dans les îles britanniques par Guillaume de Normandie et par les Plantagenets, de la maison d’Anjou.Les vieux romans anglo-normands, le Roman de' Rou, par exemple, sont truculents, et les Canterbury Talcs de Chaucer sont d’une belle liberté.Z~\N garde encore en certains milieux une idée toute victorienne de la littérature Sous le règne de la reine Victoria, Lawrence eût encouru de gros risques.En tout cas, aucun éditeur, aucun libraire, n’eussent consenti à imprimer et à vendre Lady Chat-terley s Lover.Mais les sujets de George V sont moins pudibonds que ceux de sa grand mère.Lady Chatlerley’s Lover est certainement le plus gros succès de librairie de ces dernières années en Amérique, et en Angleterre.On a d abord vendu le livre en éditions clandestines, faites en Amérique, et il fallut payer cher pour être scandalisé.Mais depuis deux ou trois ans, le livre s’imprime en exemplaires à bon marché.Et on voit, chez les libraires de Pater Noster Row et de Piccadilly Circus, « Cheap Edition » anglaise.Le roman anglais a été éminemment convenable pendant tout le XIXe siècle.George Eliot, Dickens, Thackeray, Charlotte Brontë", ont toujours été parfaitement corrects dans les mots, ce qui est essentiel pour les Anglais.Il y avait pourtant bien de la passion dans les romans de George Eliot ! Et la Jane Eyre de Charlotte Brontë offre une situation bien risquée.Le sujet de ce roman fit d’ailleurs scandale, à l’époque où il parut (vers 1850).Quant au charmant Dickens, il est toujours d’une discrétion absolue relativement aux choses de l’amour.Dans ses livres, tout cela se passe au milieu d’une atmosphère très nuageuse.II y a bien dans David Copperfield le méchant séducteur Steerforth et la pauvre Emily, fille séduite, mais, si tout est suggéré, rien n'est montré.m sour- ü J: - ;'fZ ni nobles, sans doute, mais enfin qui appa*' tiennent à l’homme.Or, la littérature est l’expression de l’homme, La littérature anglaise se remet subitement à s’intéresser à cela.C’est une nouveauté.Elle contribuera à rapprocher 1* civilisation anglaise de la civilisation fran' çaise.Car le côté pudibond des Anglais a toujours été jugé comme une hypocrisie paf les Français.Et l’hypocrisie est un dérau qui irrite et qui dégoûte profondément, cil France.On y voit un mensonge particulièrement bas.Molière a exprimé cela avec génie dans le Tartufe.Robert de ROQUEBRUN5 une de Lady Chatlerley's Lover, ornée d une bande réclame qui avertit que c est une édition complète, édulcorée, bref, que tout y est.Car on avait imprimé des éditions ad usum.delphini, d où les gros mots avaient été soigneusement enlevés et certains adoucis.Ce Lawrcn n’eut vous non Je regretterais d’accuser le cher vieux Dickens d’hypocrisie, mais je pense qu’il y avait tout au moins, en lui, une teinture protestante d’hypocrisie héréditaire.Chez les gens peu au courant de la production récente, la littérature anglaise béné- passages ce pour pensionnaires aucun succcs.On imagine, mal un Rabelais pour jeunes filles ou un Zola de i ¦ ¦ i WËÈÊÈÈm i - _ * BIE3SES3I hhhmhhmbbhihihi
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