L'ordre, 16 mai 1934, mercredi 16 mai 1934
s < # RÉDACTION ET ADMINISTRATION TARIF DES ABONNEMENTS 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone : PLateau 8511* B 1 an 6 mois 3 mois Administrateur En ville, parla poste.$9.00 Canada (hors de Montréal), ) Royaume-Uni, France et | $6.00 Espagne .} Etats-Uniset Amériquedu Sud $6.50 Autres pays $4.75 $2.50 $3.25 $1.75 $3.50 $1.85 $8.00 $4.25 $2.25 PIERRE ASSELIN Secrétaire de la Rédaction .LUCIEN PARIZEAU On est prié d’envoyer toute correspondance à la case 4018 de rHAtel des Postes en mentionnant sur renveloppe le service (Rédaction ou Administration) auquel on veut s’adresser.Quotidien de culture française et de renaissance nationale Directeur-fondateur t OLIVAR ASSELIN L’abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre.: ' Première année—No 56 Le numéro: 5 sous Montréal, mercredi 16 mai 1934?En France RÉARMEMENT NAVAL Evolution politique Un nommé Bony, inspecteur de la tandis que le juge, poursuivant sa confronta-Sûrete generale de France, quotidienne- lion chaotique, s'entendait — ou plutôt ne ment accusée par Léon Daudet d'avoir s'entendait pas dire: — A ta santé, machiné la plupart des assassinats poli- ü‘e‘^e• tiques commis en ce pays depuis une trentaine d’années, avait remis à la justice les souches de douze cents chèques tirés par l’escroc Stavisky et où figuraient les noms de personnages politiques et d’avocats parlementaires.Ces pièces étaient censées avoir disparu à la suite du « suicide » de l’escroc — qualifié de meurtre de police par beaucoup de journaux français — et avoir été remises à Bony dans l’intérêt de la justice.Quelques jours après ce « suicide », Un magistrat du nom de Prince, connu Lussats.comme détenteur de documents compromettants pour certains hommes publics, était tué près de la gare de Dijon, en Bourgogne, au cours d’un voyage relatif à l’affaire Stavisky.Bony, chargé de rechercher les meurtriers de Prince, arrêtait plusieurs jours plus tard, dans le monde interlope de Marseille, trois gangsters notoires, les nommés Venture, Carbone et Spirito, hommes de main de politiciens socialistes et radicaux-socialistes.Amenés à Dijon pour y être confrontés avec des individus de Rouen qui disaient avoir reçu d’eux des révélations touchant le meurtre de Prince, ils comparurent devant le magistrat Rabut, charge d’instruire l’affaire.Il apparut tout de suite qu’il n’y avait contre eux aucune preuve sérieuse, et que, s’il n’avait pas agi à la légère, Bony s’était attardé volontairement sur une fausse piste, pour donner aux coupables le temps de s’évader ou de se couvrir.Voici d’ailleurs comment un hebdomadaire parisien, Grin-coire, décrit la scène de la confrontation : La magistrature n’aVait jamais été accommodée de là sorte.On vil ce spectacle sans précédent: les témoins de la piste de Rouen sur lesquels on comptait pour confondre Venture, Carbone et Spirito, se joindre finalement aux inculpés pour ridiculiser le juge (.).Vers la fin de l'après-midi, le cabinet du juge n'était plus qu'un dépotoir à mégots.A travers le halo de la tabagie, avocats, témoins, policiers, inculpés, au total une douzaine de personnes, dont plusieurs assises sur la table même du magistrat, ne semblaient plus que des fantômes gouailleurs.Le juge, qui est sourd, avait — surcroît de disgrâce — peine à les reconnaître, et leur lançait de temps à autre: — Vous êtes toujours là.Carbone?Je ne vous vois plus.Spiritol Où êtes-vous, Lussats?(I).L'un des inculpés s'était institué l’introducteur des témoins et leur disait, en les accueillant d’un sourire: — Ne craignez pas d'élever la voix! Le juge est dur de la feuille! Il avait même confectionné une sorte de porte-Voix avec l'abat-jour d'une vieille lampe, relique d'un temps où la magistrature avait encore quelque autorité et ne se laissait pas mener par un laissé pour compte de la Sûreté générale Vers la fin de Y après-midi, on fit Venir de la bière, on trinqua joyeusement, on chanta, (1) Autre nom de Venture.Depuis le non possumus que la France a opposé aux propositions italiennes, anglaises et allemandes, la diplomatie d’après-guerre semble être entrée dans une nouvelle phase, inquiétante peut-être, mais certainement moins oblique que la précédente.Il n’y a probablement plus un seul homme d’Etat qui croie encore à la possibilité du désar- temps, les intrigues perdent de leur importance, ce qui explique le silence subit de la presse italienne, qui marche toujours sur un mot d’ordre, à la suite de l’échec de la mission Suvich à Londres.L’Angleterre entend rester maîtresse de la Médilerrannce et ne tolérera pas de flotte italienne trop puissante.- D’autre part, elle n'a pas l’air de vouloir consentir à un prêt italien en faveur de l'Autriche et de la Hongrie.Enfin, l’Angleterre semble incliner de plus en plus vers une entente ave Paris, sans toutefois s’engager à fond.Le rôle de l’Italie comme mé- 1 Si ma H , Si On introduisit une demoiselle Parysis, de son vrai nom Pariez.— Ah! fil l’assemblée alléchée au spectacle.—— Qu est-ce que vous chantez?dit Carbone.Puis, désignant le juge.— Reconnaissez-vous monsieur?— Ouil dit Mlle Parysis.— Eh bien! L’assassin, c’est lui! — Il a avoué?demanda Mlle Parysis, qui ne s’étonne plus de rien depuis quelle s’est adonnée mans policiers.— Oui! oui! dit le juge, qui avait compris autre chose.Dernier tableau: A la demande du juge, un témoin examine S comme nous I •* r- O Â7 moment, tel qu’il avait été conçu dans les milieux pacifistes qui depuis 15 ans prennent leur mot d’ordre à Berlin.Il reste bien quelques politiciens bêlants et béats, mais leur influence s’affaiblit.La paclo-manie est nettement en baisse et les chancel- | diatrice est donc singulièrement diminué., leries ne sont pas près d’oublier les résultats | Comme le cabinet de Rome désastreux du fameux Pacte à quatre, qui n’a d'ailleurs jamais fonctionné, sauf pour rompre le front des alliances en vigueur auparavant, et pour le plus grand avantage de l’Allemagne et de la Russie, Lf m % aux ro- ne manque pas de finesse, ni du sens des réalités, il a retiré sa carte du jeu et attend les événements.Le Duce a bien fait quelques déclarations théâtrales au sujet de l’avenir de l’Italie en Asie et en Afrique, mais il ne faut pas le» prendre trop au sérieux.La menace italienne est moins actuelle que ne l’est la menace allemande, et moins redoutable.D’ailleurs, il y a des chances d’accord avec la France, FF w fi — /e reconnais son nez, mais pas sa bouche.Je reconnais ses mains, mais pas ses yeux.¦eiaJL — Voulez-vous voir mes pieds?dit Lussats, qui fait mine de se déchausser.Ce sont de pareilles scènes qui font dire à un journal radical-socialiste de Paris, le Quotidien: « .En près de trois mois, nous n’avons assisté qu'à des simulacres de justice, à des mises en scène dignes des « surproductions » de Guignol; à des promesses grandiloquentes que les faits, le lendemain, rendaient ridicules, à des beuveries dans les couloirs d'un Palais de Justice.€ Rien, absolument rien, dans les actes du gouvernement, ne prouve la moindre volonté I m : ; » Georges LANGLOIS y i M L'ORDRE est édité par les Editions de l'Ordre limitée (cette bouffonne désigna-tlon est Imposée par le seul gouvernement français d’Amérique) et Imprimé par ,ln Clé do Publleatioii de la Patrie limitée, 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal» ' a, ':>.t i üf:# i l ¦ .WSBBBSSBi ¦ ¦ A * ¦ ’x "M ORDRE — Montreal, mercredi 16 mai 1934 3 L’usure du langage L’inutile Eldorado LEÇINÉMA La loi même de l'évolution du langage eit de fuir le mystère.Construit tablé : « Car, aux signes bien clairs, nul II ,on ' > devient inutile; automatisme et lieu com- mun y triomphent, et il est transmis d’homme à homme, échangé comme une monnaie dont nul au passage n’admire la frappe et le métal.Les radiotélégraphistes entraînés transcrivent sur le papier en langage courant des signaux Morse que leur conscience ne traduit point, car leur main a pris l'habitude de réagir d'elle-même à leur oreille.Ainsi faisons-nous du langage, dans la vie de tous les jours.Le sens des mots s’émousse comme leur son.rage.Dans la journée même, Sir Malcolm Campbell et le pilote trouvèrent quelques pépites d’une grosseur considérable.Et déjà ils échafaudaient des projets magnifiques lorsqu’ils s’aperçurent qu’ils n’avaient pas d’eau.Les journaux anglais rapportent, cette semaine, une histoire propre à nourrir indéfiniment les rêves des aventuriers et l’imagination féerique des enfants.Elle a pour principal personnage un héros de choix, Sir Malcolm Campbell, l'homme foudre, le coureur bolide, qui, déchaînant ses voitures en forme de fuseaux, a poussé, sur les plages de Floride, les records de vitesse à des chiffres vertigineux.Un jour, Sir Malcolm apprit que venait de mourir, dans la misère et l’épuisement, un chercheur d’or.Cet homme 'avait pénétré jusqu'au coeur de la brousse et du désert africains, poursuivi par la hantise du métal fabuleux qui, déjà, faisait hisser la voile aux conquistadors sur leurs fragiles caravelles.Agonisant, le chercheur d’or affirma qu’il avait trouvé, dans une région perdue de l’Afrique, située au sud-ouest du continent noir, un filon d'une richesse merveilleuse et affleurant le sol même.Il laissa de l’endroit une description détaillée, accompagnée d’une carte qui permettait de le retrouver.Sir Malcolm Campbell crut à la vérité du récit et, avec sa décision coutumière, ses réflexes prompts et son amour de la rapidité, résolut de se rendre sur place afin de découvrir de nouveau cet Eldorado mystérieux.en vue Double Door The Big Bad Wolf Ce film d’épouvante est la transposition à l’écran d’un spectacle de grand-guignol qui a remporte en Angleterre comme en Amérique un énorme succès.Il nous montre dans toute son horreur le snobisme d'une famille américaine, incarné dans une vieille fille qui n’a pas d’autre amour que le nom qu’elle porte.C’est pour elle une obsession.Elle garde dans des urnes éclairées par une flamme les cendres de ses parents; et pour que leur nom reste à l’abri de toute flétrissure, elle a réduit à l’esclavage, pour ainsi dire, son frère et sa soepr, en leur inspirant la crainte et en détruisant chez eux le ressort de la volonté.Cependant elle n’a pas réussi à empêcher son frère d’épouser une infirmière séduisante.Fu- ! rieuse de cette mésalliance, elle s’en prend à la jeune femme, ne lui ménage pas les insultes, l’accuse même d’infidélité, dans l’espoir que son mari l’abandonnera.C’est en vain.Folle de rage à la suite de son échec, la vieille fille attire la jeune épouse dans une oubliette pour la faire disparaître.Mais son stratagème est déjoué, et elle est prise à son propre piège: par mégarde, elle s’enferme elle-même dans l’oubliette.Ce drame de grand-guignol n’est pas autre chose, paraît-il, que la transposition d’événements dramatiques survenus aux Etats-Unis l’an dernier.H n’a rien de mystérieux, mais l’atmosphère d’épouvante et de terreur qui l’enveloppe, accentuée par le décor, l’éclairage, toute la mise en scène, fait frissonner la salle tout entière.Le public, haletant aux moments critiques, ne ménage pas ses applaudissements quand l’astuce de la vieille fille est déjouée, non plus qu’à la fin du film.Il y en a donc pour l’auteur, le réalisateur et les artistes.Le rôle de la vieille fille a permis à Mary Morris de faire valoir son admirable talent.Elle a mis en relief le côté sinistre du personnage qu’elle avait à jouer, avec un peu d’exagération à certains moments; mais on ne peut lui en tenir rigueur, tellement elle a contribué à donner au film son atmosphère d’épouvante.La jeune épouse qui souffre les brimades sans protester, mais qui ne cède pas, c’est l’exquise Evelyn Venablé, dont les dons s’affirment de plus en plus.Lés autres interprètes, sans mériter autant d’éloges, contribuent eux aussi au succès du film.Walt Disney est un poète: à l’aide du son, de la couleur et du mouvement, il nous conduit au pays des légendes, il fait revivre les personnages qui ont enchanté notre enfance, il met en images fables et contes de nourrice.Les trois petits cochons, le Ménétrier bigarré, la Cigale et la Founni ont passé tour à tour devant nos yeux.Aujourd’hui, il nous conte l’histoire du Petit Chaperon Rouge, C’est encore une fantaisie qui ravit les grandes personnes ; à plus forte raison ferait-elle la joie des enfants, si on ne leur interdisait pas complètement le cinéma.Cependant Walt Disney eût mieux fait de ne pas remettre en scène les trois petits cochons, car c’est un peu répéter ce qu’il a déjà raconté.Il gagnerait à toujours nous donner du nouveau.Un domaine inexploré Ils battirent en vain les environs, à la recherche d’une source, d’un ruisseau, d’une flaque.ion Et, bientôt, pour ne pas mourir de soif, ils durent reprendre leur vol, abandonnant aux fauves et à la solitude le précieux gisement.Revenu à Londres, Sir Malcolm Campbell dit aux journalistes qui l'interrogeaient que, pour exploiter le filon, il fallait ouvrir des routes, creuser des puits, organiser le ravitaillement, engager des capitaux immenses.Son aventure personnelle était achevée.Que de trésors dorment ainsi à travers le monde, à la portée de la main des hommes, livrés, offe sibles à saisir, à emporter, à exploiter.Autour d’eux veillent les plus farouches sentinelles : la nature sauvage, le désert et la soif.Il est permis de passer devant ces réserves secrètes, mais il faut les laisser à leur inutile splendeur.Voici quatre ans, à la tête d'une petite caravane, je traversais, aux confins du désert danalcil et de la brousse abyssine, les Alors que le chercheur d or avait che- gorges de Gongouta.C'était un corridor de miné des mois et des mois, lui s entendit avec rêve et d’épouvante.Un ancien torrent, un pilote, fixa 1 itinéraire et s envola à la .complètement desséché avait, au cours de» conquête du trésor.Lés indications de 1 siècles, atrocement raviné la montagne verte I aventurier étaient justes, le temps se mon- j et rouge.Son lit était si profond, si étroit tra favorable et, après un rts et pourtant împos- Le langage va d’homme à homme, il doit être, avant tout, compris et transmis.Et même, convient-il qu'il soit compris, au propre du terme ?Non certes, si la compréhension n'est pas le chemin le plus rapide vers l'utilisation.Un signe ne doit point donner lieu, chez celui auquel il s’adresse, à l’effort de l’interprétation, mais, au contraire, provoquer chez lui une réaction immédiate.Le cri qui signale le danger a pour but, non de créer dans les ciences la représentation exacte et précise du danger, d’où découleraient par réflexion et par logique, les mesures à prendre, mais de susciter aussitôt les reflexes de la défense ou de la fuite.Il n’est donc point nécessaire à l’espèce que les mots soient les véhicules d’images ou dé concepts, et, en effet, dans la plupart des cas, ils ne le sont pas, car le chemin de la conscience n’est pas le plus court de la sensation réceptive à l’acte qui en résulte.Un système de signes tend donc à susciter des réflexes; en d’autres termes, uri langage a une tendance constante à fuir l'intermédiaire de la cience, pour aller à son but par des chemins plus courts, et susciter ce que les psychologues appellent des réactions motrices.Tel est le secret de ce qu’on nomme l’usure du langage.Usure déplorable, du point de vue du littérateur, de l'esthéticien, du styliste : usure inévitable, par cette loi du Il est un domaine vers lequel le cinéma ne s’est pas encore tourné, celui de l’épopée.Avec les moyens dont il dispose, il pourrait illustrer de façon admirable les grands poèmes épiques.On s’étonne qu’il n’y ait pas encore songé.L’hebdomadaire français Lu a reproduit récemment les réflexions suivantes du Manchester Guardian à ce sujet: « Pourquoi les cinéastes ne serviraient-ils pas Calliope, muse de la poésie épique, après avoir adulé Clio, muse de l’histoire ?Le cinéma n’a encore jamais exploré le domaine de la poésie épique.Pourtant, la Valsungasàga, le cycle du roi Arthur, et la Chanson de Roland, pour ne nommer que ces trois poèmes épiques, permettraient certainement de réaliser de beaux films; mais l’oeuvre cinématographique la plus belle de toutes pourrait être tirée de l’Odyssée.C’est le récit de voyages le plus émouvant qu’on puisse trouver; l’action s’y déroule sur terre et sur mer, au ciel et aux enfers, et l’oeil imaginatif de la camera suivrait partout Ulysse, dans ses pérégrinations.« H y a des épisodes, dans l’Odyssée, que seul le cinéma pourrait évoquer dignement: la rage de Polyphénie, la métamorphose d’hommes en pourceaux par les sortilèges de Circé, l’épisode avec Nausicaa, plein de beauté et de tendresse, « Les extérieurs du film devraient être pris à Ithaque même, ainsi que dans les mers et sur les îles où Ulysse est conduit dans son périple.» Le cinéma est un puissant moyen d’évocation.Voudra-t-il ressusciter les grands drames épiques ?On lui en sera partout reconnaissant,, à condition qu’il ne prenne pas avec Calliope les libertés qu’il s’est permises à l’égard de Clio.Pierre BOUCHER sens cons- Un exemple parfait de cette est fourni par un vocabulaire que ployons tous les jours.Les noms des rues et des places sont chargés d'une signification historique et humaine dont nul ne s'occupe.Ces rues, ces places ne sont plus désignées pour nous que pour des fins géographiques, utilitaires, et leur nomenclature n'intéressé que notre orientation.Ainsi le langage n'est pas seulement pour l’artiste un outil bien incomplet du fait de sa nature, qui le voué à une fonction pratique; il est altéré et émoussé par son usage même.L'admirable richesses des expressions les plus courantes en significations et en images est méprisée et dilapidée.Si le langage n'avait d'autre rôle humain que de permettre aux individus un commerce matériel et dés utilisations pratiques, cette évolution vers la facilité et la clarté la plus grande pourrait avoir des résultats heureux.Mais une autre considération importe.Celui qui ne veut pas négliger les suprêmes intérêts de l'esprit ne saurait méconnaître que l’esprit * besoin de difficulté, de risque et de menace, et que comprendre, c’est s’efforcer.Dès que, dans un ordre quelconque, l’aisancé et la régularité des actions humaines sont assurées, une loi de l’espèce veut que Pintelligance cède la place à l’automatisme.Dans le langage comme Une histoire pas très neuve.Des gens dans toutes les autres activités, lé progrès du monde, réfugiés sur une île à la suite de l’utilitarisme et de la faculté d’utilisa- d’un naufrage, sont à la merci d’un marin tion marque le déclin de la conscience.L’ar- débrouillard qui les force à travailler, liste le sait, qui veut rendre au langage sa Idylle entre le marin et une belle dame fonction et sa beauté dé signe, et n’accepte riche, etc.Au fond, un prétexte pour pas qu’il soit seulement, à l’aveugle, enre- nous faire entendre la voix de Ring gistré et reproduit pour 1 action.Pour le Crosby et nous faire voir la jolie Carole vulgaire, le langage est outil, et pour le Lombard.Quelques scènes comiques, littérateur, il est symbole.Rendre au lan- En gomme, un film qui ne vaut pas cher, gage son énigme, telle est la fonction du _=_ae_=___=_=___i=_G_=i__=_m5Dra style, tel est l'acte d ucréateur.usure nous nous em- voyage sans j que le soleil terrible, même à son zénith, ne heurts, les deux hommes purent se poser : touchait pas le fond de cette pente démotout près du lieu où devait s’ouvrir la miraculeuse veine aurifère.niaque.Des abîmes s’ouvraient sous les sabots des mulets.Des parois crevassées s’élançaient soudain vers le ciel.Des sentiers, minces comme des rubans, éraflaient le bord des précipices.Or, tout ce chaos de rocs, de murailles, de grottes, tout ce couloir déchiqueté n’était que du cuivre.Un immense gisement se trouvait là, facile à fouiller, fortune donnée à qui voulait la prendre.Mais tout autour, à des centaines de kilomètres, ce n’était que l’enfer des pierres noires, pistes incertaines, climat meurtrier.Et je sentis bien la stérilité de ce trésor lorsque, m’étant attardé quelques minutes à le mesurer du regard, j’entendis soudain mon guide m’avertir : — Le soir va tomber, chef.Il n’y a pas de temps à perdre pour arriver au point d'eau, invisible la nuit.Cependant, à l’atterrissage, l’hélice fut endommagée et le pilote décida de retourner au centre le plus proche afin de la faire réparer et de ne rien laisser au hasard.Pour faciliter le décollage, Sir Malcolm Campbell décida de rester seul et de l’attendre.La nuit vint.Des fauves sortirent de leur retraite et commencèrent leur chasse.Bientôt leur cercle se resserra autour du coureur intrépide.Il dut se réfugier sur un arbre et, jusqu’au jour, effrayer la meute sauvage par des coups de revolver ou la lueur de sa torche électrique.On imagine sa joie lorsque, le lendemain, il entendit gronder le moteur d’un appareil et vit se poser sans dommage le compagnon de ses recherchés hasardeuses.Les deux hommes se mirent aussitôt en quête de l’objet de leur aventure.Le chercheur d’or n’avait pas été victime d’un mi- cons- moindre effort, qui fait que l’esprit se dispense de construire des concepts et d'évoquer des images toutes les fois où ce travail n'est point nécessaire à l’action utile.De là résulte que pour l’homme moyen, le principal des mots n’est point le sens, et que le sens des mots est la chose la plus généralement ignorée.On ne demande au langage qu’une certaine puissance d’éveiller, — sans appel à ce qui dans l’homme mérite le nom de pensée, — l'action immédiate ou les émotions qui la préparent que les orateurs populaires savent bien.Mouvement redoutable pour l’esprit : de par son évolution naturelle, le langage, trop voué aux relations utilitaires, fait la conscience, et là conscience s’y éteint.C’est ce que, dans ses Propos de littérature, où les plus justes remarques se mêlent à des affirmations inacceptables, Alain remarque bien, en disant qu’un langage trop commun, fait de signes trop clairs, ne fait point appel à la pensée véri- etc.J.KESSEL (Le Matin) sur le marché de la production.Les bénéfices de la compagnie sont énormes, et les membres de son conseil d’administration se votent des bonis et gratifications de nababs.Dans le même temps, les planteurs écoulent à perte leurs produits, et les marchands détaillants se morfondent pour rester dans les bonnes grâces de l’Imperial Tobacco.We’re Not Dressing Concurrence déloyale : ce Dollard DANSEREAU Le vice-président et gérant des ventes de l'Imperial Tobacco, M.E.Spafford, a été interrogé à l’enquête sur le « mass buying », il y a quelques jours, par suite des plaintes d’un M.Watson, marchand de Jerry Antemoblle Limitée, 4150, rue S.-Denis, ont dan» leurs divers dépôts l'auto neuve où usagée qui vous conviendra.Avant d'acheter, téléphonez-leur : PL 8221.Vous obtiendrez dans l’échange les meilleures conditions.Un timbre Greta Garbo Les traits de Greta Garbo orneront Saint-Jean (N.-B.).Il a nié que l’Imperial ; peut-être un prochain timbre-poste suédois, Tobacco eût recours à des méthodes dé- et la célèbre actrice s'apparentera ainsi à loyales pour restreindre la réclame des con- j un groupe de personnages immortels, currents." Le même jour, M.Gray Miller | On dit que le gouvernement suédois, niait qua sa connaissance la compagnie ; ayant regu un véritable déluge de requêtes, dont il est le president eut souscrit à aucune ¦ aurait consenti à émettre des timbres recaisse électorale,, qu elle eût été prévenue : produisant les traits de la célèbre vedette, des modifications aux droits d accise et de : douane, qu’elle fût sous la coupe de financiers américains.Si les dénégations de M Gray Miller ressemblent à celles de M.Spaf- | ford, son associé, nous ajouterons plutôt foi aux affirmations catégoriques de M., .», ¦ I ., , .Stewart, le président de la Macdonald To- que les crinolines.Mais laissons la parole a bacco, de M.Somerville, l’avocat enquê-Marie Lecomte: leur, de M.Watson et du correspondant de l’Ordre, dont la lettre a paru dans le numéro de vendredi dernier.Les clients de l'Imperial Tobacco, à Montréal, se divisent en deux classes : ceux qui achètent « directement » de la compagnie et ceux qui n'achètent pas « directement ».Les premiers font un profit de 20% environ sur la vente des cigarettes et autres produits de l'Imperial Tobacco ; des marchands dits « jobbers » fournissent les autres, dont le profit sera d’environ 10% sur le prix de vente.C’est dire que l'Imperial Tobacco, parmi les marchands, choisit les meilleurs clients et leur impose d’annoncer ses produits, sous la menace de leur enlever le privilège de 1’ « achat direct ».Le menu fretin est abandonné aux « jobbers ».Un vendeur de l'Imperial Tobacco sera congédié sans autre forme de procès, si le gérant des ventes trouve qu’il n'obtient pas des marchands assez de réclame pour la compagnie.Les étalages et les panneaux-réclames doivent vanter les produits de l’Im-perial Tobacco, sinon le marchand récalcitrant devra s’alimenter chez les « jobbers ».Pareilles manoeuvres, cela va sans dire, sont déloyales à l’égard des concurrents de l’Imperial Tobacco : elles permettent à cette compagnie de contrôler à bon compte le marché de la consommation.Des ententes avec l’Imperial Tobacco of Great Britain and Ireland, lui assurent le contrôle des prix (r) Echos de musique et de théâtre Thierry MAULNIER Rocher de Sisyphe Bcboe Un spécimen du timbre proposé a été reçu à Hollywood.Il est d’une valeur d’un ' | krone et l’artiste y a reproduit, avec uue ressemblance frappante, les traits de Miss Garbo.Le nom de l'actrice est imprimé au-dessus du portrait.Deux élections partielles viennent encore d’avoir lieu en Angleterre.Elles ont confirmé l’indication fournie par les précédentes ainsi qué par les élections aux conseils de comté.Le charme de l’union nationale est rompu.Electeurs et électrices retournent au Labour Party.11 est même frappant d’observer que le scrutin, dans ces deux circonscriptions, 1 une industrielle et l’autre rurale, a donné des chiffres presque exactement semblables à ceux des élections générales de 1929 qui avaient pour la seconde fois porté le parti travailliste au pouvoir.Si cette histoire vous •muse, nous allons la recommenctr.Quand Ici Anglais tint vu la terre trembler et la livre tomber, il se sont ressaisis.Ce furent les bonnes élections de 1931.M.Ramsay MacDonald délaissait le socialisme tueur de monnaies.Sir John Simon se réparait de M.Lloyd George et, grande partie des libéraux, s’alliait aux conservateurs pour le salut public.C'est ainsi que les finances ont été restaurées.Le budget a passé du déficit à l'excédent et l'excédent est employé en felèvements de traitements et d'allocations, en dégrèvements de taxés.Le péril est passé.Adieu le saint.Vainement M.Ramsay MacDonald et sir J°hn Simon ont rappelé les leçons très dures qui les ont amenés eux-mêmés à un nouvel « unionisme ».Il est vrai que les candidats du Labour * uty se réclament surtout de la paix et du désarmement.On comprend pourquoi le gouvernement britannique tient tant à la •ignature d’une convention quelconque.Sa Propre conviction est faible.L’espoir qu’il * d éclairer le public est faible aussi.La m»sse des Anglais a oublié le temps où les Gothas bombardaient Londres comme elle a cublié le temps où l’or fuyait tandis que le •terling se détériorait.A moins d’événements qui émeuvent l’o-pinion publique, il est à craindre que les elections générales futures ne ressemblent à cellèi de 1929, Et comme le balancier, en h rance et en Angleterre, va et vient à contretemps, peut-être, au moment où les insulaires retomberont dans le socialisme, rons-nous de nouveau en France une majo-f'tÿ modérée, — si ces jeux se prolongent indéfiniment.— J.B.LES CLASSIQUES AU PARLEMENT Généralement, les rouletès des fauteuils ne | roulent pas.Mais celles-là roulaient.Elles roulaient même trop facilement.Et il suffit Le centenaire de Notre-Dame A la Chambre des Communes d’Angleterre, les citations classiques sont encore fort en honneur.Il y a quelque temps, le colonel Wedgwood y appuya son Intervention relative au chômage d’une phrasé de Cicéron qui lui valut des applaudissements sur plusieurs bancs.II y a cinq an*, le 20 mai 1929, on célébrait le centenaire de l'église Notre-Dame.Depuis cet anniversaire, chaque année, à la même date, M.Benoit Poirier donne un concert sur les grandes orgues de cette église.Dimanche prochain, M.Poirier donnera son concert habituel, qui est gratuit.La controverse du « Bossu » L’Odéon vient de reprendre Le Bossu.Oui, Le Bossu, le vrai, le seul, celui que nous connaissons tous, celui de Paul Féval.Cette reprise a remis d’actualité une vieille controverse, jamais tirée au clair, mais restée en sommeil pendant que la pièce dormait dans les cartons.Le roman du Bossu est bien de Paul Féval, cela n’est pas contesté.ou du moins ne l'était pas.Mais la pièce?L’affiche l’attribue à Paul Féval et Anicet Bourgeois.Mais d’aucuns la disent de Victorien Bardou.Les deux célèbres auteurs se sont querellés de leur vivant à ce sujet, leurs descendants se sont disputés aussi et les gazettiers s’en sont mêlés, comme il convient.Paul Féval était déjà romancier célèbre quand Victorien Bardou, qui n’était pas encore connu comme auteur dramatique, devint son secrétaire.Le romancier aurait parlé à son secrétaire du sujet du Bossu qu’il voyait aussi bien comme roman que comme drame.Avant que Féval écrivit le roman, Bardou en aurait tiré une pièce qui n'aurait pas trouvé preneur chez les directeurs de théâtre.Et c’est après la publication du roman que Bourgeois, à la demande de Féval, en tira la pièce actuellement à l’affiche de l’Odécm.Mais Féval n’aurait-il pas emprunté, pour son roman, à la première pièce de Bardou, antérieure au roman, mais elle-même inspirée par Féval?On le voit, c’est un chevauchement d'emprunts successifs, chacun empruntant à l’autre pour y ajouter.Et le débat dure encore, chacun des controversies promettant toujours d'exhumer le document décisif qui tranchera définitivement le débat.Cela peut durer jusqu’à la prochaine reprise.« Gaîtés de la scène > Trotsky reste en France « Les tirlnollnes ont Imprimé une poussée, les roulettes ae sont mises en marche et.v’ian ! je m’asseois par terre, toutes crinolines par dessus la tête !.« Vous voyez le tableau : j’étais vêtue d’une robe somptueuse de cette mode si ravissante du Second Empire.Une robe de tulle toute garnie de fleurs et assise par terre, le tulle et les fleurs dépassaient ma tête et je disparaissais tout entière ! « Le public part d’un tel éclat de rire qu’il a déliré pendant cinq minutes.Pas moyen de le ravoir., « Alors.Féraudy, pour sauver la situation et calmer les rires, s’avance à l’avant-scène et dit aux spectateurs: « Songez que Mademoiselle Leconte aurait pu se faire beaucoup de mal.» - « Comme je suis tombée sur le derrière, Vidée que j’aurais pu me faire du mal a évoqué l’endroit où le mal se serait localisé.,.et les rires redoublèrent.» Le délai accordé à Trotsky pour quitter le territoire français venait à expiration il y a quinze jours.Aucun pays ne consentant à lui donner l’hospitalité, il a été décidé qu’une prolongation de séjour lui serait accordée.Trotsky, qui se trouve dans un refuge tenu secret et situé à environ 150 kilomètres de la capitale, va se voir prochainement signifier un nouveau lieu de résidence.Celui-ci devra être éloigné de tout centre important, à 400 kilomètres ou plus de Paris.Bien entendu, l’autorisation accordée à l’ex-dictateur du peuple n’est que provisoire et l’ancien chef de l’armée rouge sera mis, dans sa nouvelle demeure, à une rigou-i reuse surveillance.Avant-hier, c’est sir Arthur Samuel qui, à propos du fonds de régularisation des changes, citait le vers où Homère parle de Diomède échangeant son armure de bfonze ptiur la cuirasse d’or de Glaucus.Mais, cette fois, il faut avouer que de nombreux députés réclamèrent une traduction, et que l’orateur dut expliquer en anglais ce qu’il avait voulu dire.Combien de vos députés, à Ottawa et à Québec, pourraient citer les classiques ?la plus avec ?* * QU’EN PENSENT NOS DEFENSEURS DE LA LIBERTE INDIVIDUELLE 7 sou- Papier de tenture A PRIX RAISONNABLES Et pendant ce temps, on continuait de jouer, dans la coulisse, une valse sentimentale,,.pour créer l’atmosphère I Il y a aussi la i distraction arrivée à Saturnin-Fabre, pendant qu’il jouait une scène d’amour avec Blanche Montel.C’est Blanche Montel qui raconte: c Un jour, jo jouais une scène d’amour avec Saturnin-Fabre.11 interprétait le rôle d’un monsieur myope.Soudain, au moment le plus passionné, II perd ses lunettes.Il se met en devoir de les chercher tout en continuant ses déclarations: «Je vous aime ! Je vous adore ! * « II les chercha par terre, des yeux d’abord, assez discrètement pour que le public ne s’en aperçût point.« Ne les trouvant pas, II se piqua au jeu et fort Intrigué, les chercha en arpentant la scène & quatre pattes.— Le public ne s’en apercevait toujours pas ?— Alors, il a dû mettre de la bonne volonté.A quatre pattes, il continuait ses déclarations : « Je vous aime ! Je vous adore ! » « L’envie de rire a été plus forte que notre volonté.Nous éclatâmes, mais les lunettes étalent toujours Introuvables.» On ne saurait, dit le Matin, trop recommander la lecture d’un récent décret soviétique, portant que « nul désormais, en U.R.S.S., ne pourra être condamné sans un jugement préalable, rendu dans les formes légales et devant témoins ».•Le Daily Herald, de Londres, organe officiel du parti travailliste anglais, qui publie le texte dudit décret, annonce que « toutefois, le commissaire du peuple à l’intérieur aura tout pouvoir pour exiler du territoire russe, pendant trois ans ».On aimerait à savoir ce que les partisans du « front commun » des gauches pensent de cés procédés de justice sommaire.SI ce régime constitue pour eux l’Idéal, U serait de simple honnêteté de leur part d’en prévenir )e corps électoral.?IL N’AIMAIT PAS LE CHIEN1 Personne n’ignore que notre rayon de papier-tenture, ouvert depuis plus d'un demi-siècle, offre le plus grand choix de papier attrayant et nouveau.Tou* le* genre* ! Ton* les prix 1 Les clients sont toujours agréablement surpris de la variété de nos assortiments.Leur satisfaction est notre meilleure réclame.GRANGER FRERES 54 ouest, rue Notre-Dame.LA 8171 BUVEZ La bière A l’occasion d’un voyage que Ll-Hung-Tchang, un des hommes d'Etat chinois les plus connus, fit en Angleterre, un de ses admrlateurs lui fit don d’un magnifique «setter».Quelques Jours plus tard, le donateur recevait la lettre suivante : Sous ce titre, une collaboratrice de « Cher monsieur.Tout en vous adree- Comocdia, Mlle Alexandra Pecker, a coursant mes remeclements les plus vifs pour mencé une série d’articles où elle raconte des le superbe présent que vous avez bien blagues que se sont faites entre eux des comé-voulu me faire, permettez-mol de vous diens connus ou dont ils ont été les victimes, dire quo, depuis quelque temps déjà, j’ai La première comédienne à qui Mlle renoncé à l'habitude de manger du chien.Pecker a demandé ce genre de confidences est Cependant mes domestiques, à qui j’ai Mlle Marie Lecomte.Celle-ci jouait donné le quadrupède, m'assurent en avoir , Féraudy une scène du Second Empire pen-trouvé la chair très savoureuse.Votre bien .dant laquelle, avec sa robe à crinolines, elle affectionné Li-Hung-Tchang.» I devait s'asseoir sur un fauteuil à roulettes, i au- On finit par les trouver, mais où?Il suffit de dire que ce fut Blanche Montel qui les trouva.(La Nation belge) George* LANGLOIS Old Stock La route plastique résiste bien plus long-Que la route dure.Elle est économique Pratique.Ello ne provoque pas de glisse-*lenta- Le lin innu offre tous ces avantages.4Sard.Depuis longtemps nlrk* est reconnu pour ses travaux soignés d’impressions : il est même spécialisé dans les faire-part.Bohan- | tillops et prix sur demande.12-10, SquaTe 1 (r-e> ' avec PRIME PAR LA FORCE ET PAR LA QUALITÉ expériences sont conciliantes A, cet Phillips, Tél.i LA 2121.t*-h> 7 I .: L’ORDRE—Montréal, mercredi 16 mai 1934 4 L’État et l’évolution économique Un nouveau code pénal français Tribune libre Littérateurs ou artistes ?Qu’il s’agisse d’aliéncs ou de criminels, les juges auront une plus grand latitude qu’autrefois.Le système des circonstance; atténuantes, très assoupli, leur permettra de modeler la peine sur la culpabilité réelle du délinquant.Un mineur, par exemple, n’aura pas à subir la même peine qu’un criminel de trente ans.Les financiers véreux, pilleurs de l’épargne privée, échapperont difficilement à la nouvelle procédure pénale.Des poursuites directes pourront même être intentées » des sociétés coupables de délit.Voilà une inno.vation intéressante que nous aurions intérêt à étudier ici, pour en tenter l’application dans notre système de droit pénal canadien.Cette réforme du droit pénal français montre bien l’esprit logique des juristes de France quand il s’agit de mettre de l'ordre dans la société.Sans dédaigner la coutume, ils ne s’en inspirent pas uniquement, comme les juristes anglo-saxons.Ils la dominent, au contraire, pour rattacher le droit aux grands principes de philosophie morale qui font du droit français, pénal ou autre, une science et pas seulement une réglementation.M.Heny Chéron, garde des Sceaux du cabinet français, déposera bientôt rcau de la chambre un projet très élaboré de réforme du code pénal.La commission qui a fait cette refonte y a travaillé pendant trois ans.Les commissaires ont fait preuve d’une ténacité toute bénédictine.Il s agissait, en effet, de rajeunir le vieux code pénal de 1810.Le rajeunissement de ce code vient à son heure.A ne s’en tenir qu’à la brève analyse de Stéphane Lauzanne, dans le .Malin, on peut constater que le droit criminel français s’appuie beaucoup plus sur la psychologie de l’inculpé que sur la nature même de l’offense.M.le conseiller Roux, rapporteur de la commission, le dit très clairement : «Ce n’est pas le crime seulement qui est.dangereux, mais aussi son auteur, à cause des possibilités de rechute que recèle sa personne.» Les juges français auront désormais une très large échelle de peines qui leur permettra de nuancer, selon chaque prévenu, la nature de leurs arrêts.Le nouveau projet se préoccupera beaucoup du sort des aliénés et des demi-fous.Ces derniers purgeront leur peine et pourront ensuite être internés dans une maison de santé.‘i Depuis la crise, le problème économique est devenu, au Canada, d’une extrême complexité.De nombreuses questions nouvelles voient le jour qui, autrefois, étaient reléguées dans l’ombre.L’unité canadienne est d’abord mise en doute.Les partisans de la centralisation et ceux de la décentralisation sont à la veille de ne plus se contenter de réclamations verbales.Le commerce, la banque, les voies de communication qui relèvent du gouvernement fédéral nous acheminent vers une centralisation de plus en plus étouffante.Qui pourrait dire de façon certaine les répercussions de la banque centrale sur l’avenir économique des Canadiens français?N’ayant pour partage qu’une infime partie du revenu national, pourrons-nous remonter le courant d’idées et de faits qui nous oblige à abandonner nos plus justes revendications ?Quelle est la cause de ces tâtonnements en politique et en économie?Pourquoi piétinons-nous sur place constamment?Notre individualisme paresseux nous condamne à l’impuissance quand nous devrions aller courageusement aux racines du mal : suffrage diviseur, corruption électorale, profitariat, inexistence d’un esprit public, etc.Le désaccord complet entre les autre cause de régression.11 n’y a plus d’union et d’harmonie entre les rouages de I Etat et les associations de producteurs et d ouvriers.L’abîme qui sépare le capital et le travail n’est pas facile à combler et, malheureusement, les syndicats, au lieu de hâter la disparition de la lutte des classes, ne font au contraire que l’envenimer.Notre pays manque surtout d’une politique cohérente.Comme les hommes d'Etat américains, nos hommes politiques n'agissent que sous la pression des événements.Cet opportunisme aveugle nous vaut des lois confuses, des règlements qui enlèvent individus le dynamisme nécessaire à l'accomplissement de leurs devoirs essentiels.L Etat ne peut plus se débarrasser des fonctions qu'il a usurpées.Il ne le pourrait qu à la seule condition de se réformer.Le Canada, comme les autres pays, devra choisir entre les deux routes qui duisent au socialisme ou au fascisme, frère ennemi.Il reste une sur le bu- : I ces connaissances, comment les étendre, si ce n'est par l’étude du métier ou des chefs-d’œuvre ?En Europe, l’artiste bénéficie des deux avantages.Ici il se contente d’apprendre à se servir honnêtement de ses outils pour réaliser cp que son sentiment lui a fait concevoir.Le littérateur, lui, visite la Galerie des Arts (I).S’il conteste au praticien le droit à la critique, celui-ci peut alors lui demander d’aller chercher dans les grands musées une formation qu’il ne saurait acquérir ici.L’étude des classiques lui l’accès à la Beauté.Autrement, T"\ ANS un article du 11 mai sur les lit-\-J térateurs et les artistes, un de nos « critiques d’art » se demande si ce sont « aux gens du métier.ou à peu près, à oublier des appréciations ou à passer muscade sur les œuvres exposées ?» On est du métier ou on ne l’est pas, il me semble.Tout inexpérimentés qu’ils sont, les jeunes (car c’est évidemment d’eux qu'il s'agit) ne sont pas « à peu près du métier ».Ils ont beaucoup de choses à apprendre, sans doute, mais il arrive qu’ils en connaissent plus long que beaucoup de nos « artistes ».Quoi qu’il en soit, notre « critique » apporte en faveur de la négative, plusieurs arguments fort discutables.« Ne sont-ils pas (les artistes) préjugés par leur propre inclination technique ?» Question à deux tranchants.Les littérateurs ne sont-ils pas préjugés par leur propre inclination littéraire ou livresque ?«'L’artiste sait-il ce qu’il vaut, ce qu'il veut, ce que signifient ses contemporains, ce que ressent le public ?» L’artiste qui ne saurait ce qu’il vaut et surtout ce qu’il veut est-il un artiste ?Cela n’a d'ailleurs rien à voir avec ce qu’il peut valoir comme critique.De plus, le peintre et le sculpteur ne peuvent ignorer leurs contemporains parce que, tout comme l’écrivain, leur inspiration s’alimente dans la nature et que, la nature, ce sont avant tout les hommes.Ils observent, non pas pour savoir « ce que ressent le public », mais pour exprimer ce qu’ils voient ; s’ils donnent dans les exigences des profanes, ils produiront des calendriers.La musique que demande la masse aux postes radiophoniques est un bel exemple du goût populaire.Quant aux « injustices classiques de certains grands peintres les uns vis-à-vis des autres » on pourrait leur opposer les injustices oubliées de certains critiques qui n’étaient que de mauvais gloseurs, sans être de grands peintres.Constantin Huygens, homme cultivé s’il en fut, avait porté sur Rembrandt un jugement pour le moins singulier.Tout en lui reconnaissant beaucoup de talent, il l’avait placé fort au-dessous de son camarade d’atelier Leivens que personne ne connaît aujourd’hui.Ingres fut jugé gothique.Cézanne et Manet ont été dédaignés ; seuls leurs amis, la plupart des artistes, les comprirent.Vasari, Delacroix, Fromentin étaient des peintres (Les Maîtres d’autrefois, écrit par ce dernier, demeure, de l’avis unanime, le plus beau livre écrit sur l’art au XIXe siècle).Ont-ils commis, quand ils ont fait de la chronique d'art, des injustices dont on se souvienne ?« Il (l'artiste) se présente devant le public ; peut-il être indirectement juge et partie ?» L’artiste honnête ne se met pas en cause quand il porte une appréciation sur l’œuvre de ses collègues.La question offre bien des aspects ; vouloir la résoudre entraînerait de longues considérations.J’affirme cependant que si on la limite à la province de Québec, on peut répondre nettement : « les gens du métier.ou à peu près » sont les plus aptes à juger.Si on ne demande pas au critique littéraire d’être un écrivain, on exige du moins qu’il sache la grammaire, la syntaxe, la lexicologie et la composition.L’appréciation d’une œuvre est à base de sensibilité d'une part çt de connaissances d’autre part.Cette sensibilité, comment la développer.: i i i ! aux ouvrira qu’il laisse aux gens du métier le droit de « publier des appréciations ».La deuxième raison en faveur d’une critique fondée sur les règles fondamentales de la technique, c’est que l'éducation du public est à faire.Il doit apprendre à discerner le beau du médiocre.Pour cela, ne dit-on pas lui indiquer ce qui est mauvais et ce qui est intéressant en motivant les affirmations par l’analyse ?Et qui peut faire l’inventaire, si ce ne sont « les gens du métier.ou à peu près » ?Notre littérateur parle ensuite « d'intermédiaires abordables » — pour exprimer le plus honnêtement possible, en dehors de toutes chicanes d’écoles (ces artistes malhonnêtes qui passent leur temps à disputer!), dans un esprit de synthèse plutôt que d’analyse (depuis quand la synthèse est-elle plus abordable que l’analyse ?), avec la liberté de se tromper parfois avec sincérité (privilège réservé aux littérateurs ?), quelles sont les actions du public en face des œuvres exposées.» Je ne vois pas comment « les réactions du public », pour intéressant qu’il soit de les connaître, peuvent s’appeler de la critique d’art.! ! con- son une voie moyenne qui laisse subsister juste ce qu’il faut de libéralisme pour que l’individu ait le mi nimum de liberté.et de sécurité.Si voulons nous engager dans cette voie de i la mesure et du bon sens, il nous faut de-moyens 'ancer les événements et nous préparer sans de production et le fonctionnement de la retard à l’action, machine administrative est aussi, pour i .,i nous I • \ Jean-Marie NADEAU I • Jean-Marie NADEAU nous.Le Saint-Siège cl le Reich M.Spencer et la monnaie dirigée i • i ditlon.Les banques ont maintenant l'oeil ouvert sur l'activité de nos conseillers, et elles disposent du crédit nécessaire à l’administration Houde-Savignac.Espérons alors que, bon gré mal gré, le Comité exécutif remplira ses promesses : l’équilibre du budget municipal est à ce prix.Quelques mesures d’économie Le correspondant du Temps à Berlin téléphone à son journal : « La tension entre le Saint-Siège et Berlin ne manifeste guère de tendances à s’atténuer.« Le délégué du ministère allemand de l’intérieur, M.Buttmann, est reparti pour Berlin.Il a emporté avec lui, dit-on, des contre-propositions à l’égard desquelles 11 a tenu de prendre les Instructions de Berlin.Il est donc encore possible que, de concessions en concessions, on arrive à un accord.S’il ne peut céder sur les principes, le Vatican céderait alors sur les points de détail ».' I ! i l On aura entendu toutes les aberrations possibles en fait de théories monétaires.M.Spencer, membre de la C.C.F., vient de raconter à ses auditeurs de Notre-Dame-de-Grâce comment il entend régler la question de la monnaie.Il n’a rien pu trouver de mieux que ce qu’il appelle la « controlled Inflation ».Ne souhaitons pas que nos socialistes canadiens s’emparent du pouvoir.Nous en verrions de toutes les couleurs.Tout d’abord, nous serions affligés de tous les maux qu’entraîne l'inflation: instabilité des situations économiques, banqueroute partielle de l’Etat et des particuliers, changements brusques des prix, etc.Et, ensuite, la valeur de la monnaie ne serait pae éloignée de zéro.La multiplication indéfinie des signes monétaires n’est pas la prospérité pas plus que l’or et l’argent n’étaient, au beau temps du mercantilisme, la seule richesse.Rappelons-nous les difficultés insurmontables de l’Allemagne qui se trouva, après la guerre, aux prises avec l’inflation la plus formidable qu’un pays ait connue.D’autres pays aussi souffrirent des mêmes maux.Les socialistes ne profitent jamais des expériences même les plus désastreuses.M.Spencer défend par de mauvais moyens une idée juste, savoir qu’il existe un rapport défini entre la richesse d’une nation et le volume de la circulation fiduciaire.L'Etat peut-il fixer ce rapport ?On peut en douter.Il faudrait que le pouvoir public pût d’abord équilibrer ses dépenses et ses recettes.Ce n’est pas avec une monnaie instable que l’Etat peut réellement équilibrer ses recettes et ses dépenses.La théorie de M.Spencer, vieille comme le monde d’ailleurs, conduirait directement à la disparition de la monnaie par sa multiplication Indéfinie.Heureusement que nous n’en sommes pas encore là et que M.Spencer n’est pas notre seul argentier.Jean-Marie NADEAU I Le Comité exécutif entreprend, dit-on, de comprimer les frais d’administration de la Ville.Une dizaine de commis ont été congédiés, et d'autres fonctionnaires seront mis à pied: c’est ainsi que nos gouvernements commencent toujours leurs campagnes d’économie qui, d’ailleurs, se terminent généralement là.Les ateliers municipaux seront réorganisés, parait-il, et les crédits aux différents services mesurés à l’aune de la plus stricte économie.Près de 1,200 hommes relèvent des ateliers municipaux; il est certain qu’on pourrait en congédier un grand nombre.C’est là surtout que les conseillers casent leurs parents pauvres et leurs amis.Les comptes publics démontrent suffisamment que les achats de matériaux coûtent à la Ville des sommes exagérées; un acheteur indépendant des conseillers et du comité exécutif, quelques surintendants aptes à déterminer les réparations nécessaires au matériel sans l’aide des chefs de service et indépendamment d’eux, épargneraient au Trésor des milliers de dollars tous les ans.Aujourd’hui que les familles nécessiteuses sont cataloguées et entretenues aux frais de l’Etat, il est inutile que les conseillers se mêlent d’obtenir des exemptions à la taxe d’eau pour leurs électeurs.Ils s’avèrent quasi-incapables de gouverner la Ville, éomme c’est leur devoir et leur ambition; au moins, qu’ils n’empêchent pas les fonctionnaires d’accomplir leur besogne.Dollard DAXSEllEAU Le public a l’impression que la maison .T.D.Lnngeller ne vend que des instruments de musique.Nous tenons à lui faire savoir que depuis environ un an elle vend tout ce qui est nécessaire à l’ameublement d’une maison, tel que: meubles, tapis, réfrigérateurs triques, poêles, etc.Cela vous paiera de visiter son établissement, car elle vend meilleur marché qu’ailleurs.610, est, rue S.-Catherine.Tél.: HA 8111.Quand la culture artistique se sera développée chez le public, que la production se sera améliorée, les commentaires d’atelier céderont volontiers le pas à la philosophie de l’art.A cette heure-là — puisse-t-elle ne pas tarder — nous pourrons nous demander à qui il appartient de faire cette synthèse : « Aux gens du métier.ou à peu près » ou bien aux littérateurs.à peu près?élec- Pour votre complet d'été, voyez les étoffes d'Emile Thledele.De beaux dessina, couleurs gales, étoffes durables.Ooupe selon les derniers modèles.Prix convenant à toutes les bourses.Profitez de l’expérience d’nn marchand qui tient avant tout à satisfaire sa clientèle.335 est, rue S.-Cathcrlne.Rien que de la bière René CHICOINE On peut vivre en se nourrissant exclusivement de bière.Voici qui va peut-être encourager les Allemands à utiliser leur breuvage national en place de saucisses, de légumes ou de pfankuchen, ce qui aidera à la solution de la vie chère dans le Reich.(r-b) Un monument à La Fayette en Belgique Le déclin d’un sport national L’expérience de cette économie a été faite par un Japonais, lequel, d’ailleurs, usa d’abord de la bière comme thérapeutique.Il y a huit ans, se trouvant gravement malade dans un hôpital de Hokkaido et ne pouvant s’alimenter, il demanda une bouteille de bière.Il en but et se trouva bien.Son état, considéré comme désespéré par les médecins, s’améliora brusquement.Alors, Il continua à boire de la bière.Un mois après il était rétabli et quittait l’hôpital.A l’occasion du centenaire de la mort de La Fayette l’Idée a pris corps, en Belgique, de rendre hommage au grand Français qui a été en relations avec les révolutionnaires liégeois et brabançons en 1830, lorsque la Belgique est devenue Indépendante, qui fut même sollicité de devenir le chef du jeune Etat.Le 19 août 1792, La Fayette, ne voulant pas se soumettre à la dictature jacobine qui triomphait à Paris quitta la France, alors en guerre avec l’Autriche, pour gagner l’Angleterre.Parvenu sur le territoire neutre de la principauté de Liège, il pouvait se croire en sécurité.Mais, au mépris de tous droits, il fut arrêté à Rochefort par les Autrichiens et resta prisonnier pendant cinq ans, soumis aux plus durs des régimes dans des cachots de Magdebourg, de Wesel et de Olmutz.C’est donc à Rochefort qu’un monument lui sera élevé.' ' C’est la pêche à la truite dont il s’agit, et la nation est l’Angleterre.Jusqu’à la grande guerre, il était de tradition dans toutes les bonnes familles anglaises de louer à l’année des places au bord des rivières d’Ecosse pour se livrer à ce plaisir (qui est aussi un art, et un art difficile), et souvent ces baux se transmettaient de génération en génération.Mais les propriétaires des Highlands se lamentent: ils ne voient plus guère venir de Londres que les vieux gentlemen, fidèles aux traditions; les jeunes préfèrent le golf, ou les longues randonnées en auto.Et ils ne peuvent plus s’arrêter sans mettre un phonographe en action, ce qui est évidemment Incompatible avec la pêche.Ainsi les goûts changent d’une génération à l’autre.Du moins les poissons ne s’en plaldront pas.I Dès lors, ce Japonais, M.Taizaki, se nourrit exclusivement de bière.Il estime en avoir bu 20,000 bouteilles en huit ans.On dit que la section de médecine de Nos administrations municipales, à leur entrée en fonction, publient à son de trompe qu’elles vont réaliser des économies.In- 1 continent des fonctionnaires sont congé- l’Université impériale de Hokkaido sert à diés, qu’on remplace peu après par des amir.- M* Taizaki une rente de 7 schillings par Le public a confiance dans le nouveau con- mois et paiera à sa mort une somme de 100 // - V X " , sell, et le tour est joué.11 y a quatre ans, i livres afin de pouvoir disséquer son corps.M.Houde, comme les autres, a suivi la tra- Après quoi on lui rendra sa bière.l'autre.(Figaro) inexacts de M.Louis Gillet dans YHistoire de l’art d’André Michel et de M.Louis Réau dans son ouvrage sur YHistoire de l'expansion de l’art français.Si l’on y ajoute de très utiles monographies paroissiales, quelques articles de revues et de journaux, de rares publications d’archives, l’on verra que l’on peut souscrire sans hésiter au dire de M.Morisset, que « les historiens de l’art canadien-français sont arrivés à des résultats indigents pour avoir tenté de faire une synthèse de l’art national sans en posséder les éléments ».C’est cette synthèse qu'a réussie notre auteur, mais avec des lacunes ( 1 ), ainsi qu’il en convient lui-même et comme l’indique sa décision de ne pas publier son ouvrage avant d’avoir dressé un inventaire aussi complet que possible des œuvres d’art antérieures au XVIIIe siècle.Pour les périodes subséquentes, nous sommes un peu mieux renseignés, grâce à diverses publications, cependant bien fragmentaires et souvent sujettes à caution.le XVIle siècle, s’il en reste quelques-uns à l'Hôtel-Dieu et aux Urselines de Québec.Ajoutons que les pionniers, comme les maisons religieuses, possédaient aussi des tableaux.Les inventaires notariés en font foi.Sans parler des effigies fantaisistes, mais popularisées, de Cartier et de Champlain, d'autres aussi, créées de toutes pièces au XIXe siècle et dont l’histoire est bien amusante, il existe des portraits authentiques de divers personnages historiques et aussi de missionnaires, de bourgeois et de soldats qui furent peints au Canada.L’un d’eux, celui de la Mère Madeleine de Saint Joseph, serait même de la main de Marie de l’Incarnation.grande influence sur le développement de la peinture canadienne, une thèse qu’il soutiendra prochainement à l’Université Laval.Cette époque (1665-1700) voit la naissance, sinon d’une Ecole canadienne, — le mot serait trop fort, — du moins d’un important courant pictural.Malgré les fréquents incendies qui ont détruit un grand nombre de peintures et de portraits, il en subsiste assez pour que nous puissions apprécier le talent de nos premiers artistes et le goût de leurs clients.Une autre cause de destruction s’est ajoutée à la précédente : c’est l’abominable pratique des repeints qui a rendu méconnaissables des centaines d’œuvres de valeur.Disons tout de suite que la C’est un chapitre plein d’intérêt que ce- malfaisante engeance des « restaurateurs » a lui de la décoration des chapelles des mis- exercé ses ravages jusqu’à l’époque contem-sions .indiennes.Cette imagerie devant être poraine, qu’elle continue encore à l’heure facilement accessible aux néophytes, les mis- actuelle et qu’elle continuera à sévir tant sionnaires commandèrent en France des ta- qu’il restera un ouvrage à détruire.* bleaux qu’ils décrivaient minutieusement.Au moment où s'édifie péniblement la Nous ne résistons pas au plaisir de trans- vie politique et religieuse de la Colonie, crire l’effroyable description de l’Ame dam- François de Laval, le marquis de Tracy et née que le Père Charles Garnier voulut faire Talon, le Grand Roi lui-même, songent à peindre (nous respectons son orthographe) : doter le pays d’objets de culte et de ta-« le desire quelle parust grillée et noire dans bleaux.Le premier évêque de Québec, qui les flammes qui lui montassent au dessus de ¦ avait le goût des arts, qualité qu’il parta-la teste par derrière, et que tout le vuide de geait d’ailleurs avec toute la bonne société l’image fut remply de flames et mesme quel- de son temps, joua un rôle important dans ques flames par devant par cy par là qui ne la formation artistique de notre peuple par la couvrissent pas trop.Les yeux étincelants ses commandes, par ses dons et surtout par quelle eust la bouche ouverte co(mm)e une la fondation, en 1668 (?), de l’Ecole des personne qui crie bien fort, quau fond de arts et métiers de Saint-Joachim, sa bouche parust quelques flames; item Parmi les principales œuvres religieuses qu il en sorte du nez et des oreilles et des de l’époque, citons les ex-veto qui furent of-yeux, tout le visage refrogné.Les cheveux ferts à l’église de Sainte-Annc-de-Beaupré henssez ; les deux mains liez de 1er bruslant.par M.de Tracy et par Mlle de Bécanes les pieds aussy.et une autre chaîne de ; court, fille du baron de Portneuf, celui que fer bruslant au milieu du corps : un dragon Talon donna à l’église de Québec — il est effroiable entortille a lenteur de son corps détruit — ainsi qu’une Immaculée Concep.qui la morde vers 1 Oreille, mais que ce lion de l’Ecole française que Carter (2) Dragon ait une écaillé horrible, et non d un a attribuée à Schidone (?) et qui a appar-beau bleu co(mm)e len ay veu, deux dé- tenu à l’Intendant (Musée de l’Université mons puissants et effroiable à ses deux Laval).Notons la présence, à l'HÔtel-Dieu Costez qui la déchirent par le corps avec | de Québec, de trois tableaux attribués avec deux harpons de fer, et une autre en haut vraisemblance à Le Brun et d’excellents et a leur inspirer une crainte salutaire de gueneau.Le Musée de l’Université Laval 1 enfer ?Heureux encore, quand ils ne me- contient un magnifique portrait du fondateur naçaient pas !es missionnaires de leur « fen- du Séminaire de Québec peint probablemen dre la teste », dans leur croyance que ces 1 images magiques et pleines de maléfices étaient la cause d'épidémies de toutes sortes.par un disciple de Philippe de Champaigns Quant aux artistes eux-mêmes, ils sont peu connus, car, sauf le frère Luc, tous gardaient un modeste anonymat qui ne sera percé que par l'étude attentive des minutes de notaires.C’est le cas de l’abbé Hugues Pommier, du Père Jean Pierron qui fit, pour terroriser ses catéchumènes iroquois, des images plus horribles encore que celles qu’avait commandées le Père Garnier, du Père Chauchetière et de plusieurs autres, sans mentionner les cartographes ni Its sculpteurs qui se livrèrent occasionnellement à la peinture.Claude François, en religion le frère Luc (Amiens.1614-Paris, 1685), passa eu Nouvelle-France, en 1670, et s’imposa aussitôt comme chef d’école.Il avait été élève de Simon Vouet — maître de Le Sueur, de Le Brun, de Mignard et de Le Nôtre, dont l’immense influence sur une grande partie de la peinture classique fut, jusqu’à ces derniers temps, méconnue à cause de la dispersion de — et avait vécu quelques années à Rome.Il dut y étudier l’art des peintres qui avaient formé Vouet : Véronèse, le Ca* ravage, le Corrège, le Guerchin et le Valentin ; cependant, son coloris se rapproche de celui du Baroche, tandis que sa compost' lion imite celle de Raphaël et de Guido Rcni.du succès puisqu’on a pu était « assez connu de toute la France pour un des plus habiles peintres de son temps *• Il semble même qu'il aurait travaillé avec Poussin pour Sublet de Noyers, surintendant des bâtiments du roi.Entré assez tard chez les Récollets (1644), il devint rite le peintre officiel de son Ordre, pour lequel il prodigua pendant une quarantaine d années des tableaux d’une valeur assurément me* gale mais dont quelques-uns sont très beaux, notamment ceux que possède le sanctuairs de Saite-Anne-de-Beaupré.Si le pinceau du Récollet a enrichi notre patrimoine artistique, son importance pour notre histoire de l'art tient, pour une gran e part, à l’influence que ses œuvres exercer n indubitablement sur les élèves de l’Ecole es arts et métiers de Saint-Joachim et, P “J tard, sur quelques autres artistes dont 1 ab Aide-Créquy.L’on voit que, « si les peintres de ce e époque n’ont pas donné de grandes oeiivrcs.ils ont produit beaucoup et, notons-le-l’exacte convenance des besoins et des asp1 rations de la jeune France ».Jules BAZIN (A suivre) __ Une histoire de la peinture au Canada français |sfc I ¦ I Résumé de la thèse soutenue avec éclat par M.Gérard Morissct à l’École du Louvre Nature de l'ouvrage.— Débuts de l'art, surtout l’art pictural, la peinture religieuse et le portrait, au Canada.— Relations artistiques de la colonie avec la mère patrie au XVIle siècle, UELQU’UN a dit, ou à peu près, qu'en art les bonnes intentions ne comptaient pour rien.C'est là une idée qui semble ignorée de trop de nos critiques littéraires et artistiques ; et malheureusement aussi, de bon nombre d’écrivains d’art qui ont une fâcheuse tendance à s’extasier devant la moindre croûte et à comparer audacieusement de modestes artisans aux géants des temps passés.On se demande alors à quoi peuvent servir ces longues années d'étude en Europe auxquelles s’astreignent nos meilleurs artistes quand il leur suffirait de prendre quelques leçons dans la Province pour devenir des Raphaels, des Léonards ou des Rembrandts.Ces comparaisons hyperboliques, jetées, de-ci de-là, d’une plume désinvolte ou.ignorante, n’ont qu’un léger inconvénient : celui d’abaisser encore, si c’est possible, le goût public, qui ne brille pourtant pas par son discernement.Par contre, la lecture de ces élucubrations inspire un vif sentiment de l’inanité des choses d’ici-bas, à moins qu’elle ne force le rire des mauvais esprits.Mais ce qui domine, c’est une impression de tristesse devant des efforts qui pourraient être mieux employés ailleurs.Le travail, quand ce ne serait que celui du classement, est à reprendre depuis le début, surtout en ce qui concerne le domaine artistique.Erreurs de date, orthographe vicieuse des noms, attributions d’une burlesque fantaisie, comparaisons abracadabrantes, foisonnent et se répètent de livre en livre, d'article en article, avec une belle continuité.Quelle admirable chose que la tradition ! Ce long préambule était nécessaire pour bien faire sentir le mérite et le courage de M.le notaire Gérard Morissct.qui vient de soutenir avec éclat, à l’Ecole du Louvre, une thèse sur la Peinture au Canada français.Et, constatation qui causera du plaisir à ce supérieur de collège qui affirmait que les étudiants canadiens obtenaient partout à l’étranger les premières places, — il oubliait cependant de mentionner la très sensible dif- I nos compatriotes et leurs « concurrents » — M.Rouchès a déclaré que M.Morissct présentait la meilleure thèse qu’il ait eu à juger en sept ans de professorat et M.Hau-tccccur disait à son tour que le mémoire était l’un des meilleurs qu’il eût lus depuis quatorze ans.Ces compliments et un attachai honoraire aux Musées nationaux sont la récompense d’un travail soutenu de plus de quatre années.Ses recherches, qui décèlent un esprit scientifique consciencieux et averti, ont amené notre auteur à faire des découvertes précieuses, non seulement pour l’histoire de l’art, mais aussi pour l’histoire tout court.Et si nous n’engageons pas les curieux d’art canadien à se procurer immédiatement la Peinture au Canada français, c’est que le volume ne paraîtra pas avant plusieurs années.Car, en raison de la pénurie de travaux sérieux, il reste à l’auteur, si justement féru de précisions, à compléter son texte par Les explorateurs, les missionnaires et les de nombreuses vérifications et adjonctions, voyageurs étaient souvent des hommes de la Comme 1 on s est trop longtemps contenté Renaissance, des hommes complets, qui curie se citer les uns les autres —— selon une rent, entre autres qualités, celle de pouvoir méthode ancestrale, —— presque tout doit dessiner ce qu’ils voyaient, dessins et cartes être mis au point ; mais ce sera là montrer qui furent gravés et insérés dans les ouvrages un esprit bien curieux, trop «critique», du temps.Champlain fit-il les dessins des Néanmoins, avant que ce passé de routine gravures qui accompagnent les diverses édi-disparaisse, saisissons l’occasion de dire dons de ses Voyages et Descouvertures ?Il adieu aux ineffables exemples de cette ex- semble bien que si.puisque la Bibliothèque cellente méthode qui se lèvent en foule dans John Carter Brown, de Providence (Etats-notre mémoire ; ou plutôt non, couvrons-les Unis), conserve le récit manuscrit d’un d un vaste manteau — celui de l'oubli -— voyage à la Guadeloupe et au Mexique, qui, pour tout cacher, devrait jouir de 1 é- orné de soixante-deux dessins et gouaches tonnante propriété de s’étendre que possé- dont le génial colonisateur réclame, en dait, si l’on en croit la légende, la tunique maints endroits, la paternité.Champlain eut de Jésus enfant, un réel talent de dessinateur, et, « si ses Les auditeurs de la soutenance de M.dessins ne sont pas toujours élégants ni Morissct ont été frappés de la surprenante justes, ils possèdent une qualité qui racheté richesse de notre patrimoine pictural sous le ccs insuffisances : ils sont spirituels ».Régime français.C’est le point que notre ^s le début de la Colonie, les églises jeune historien a, le premier, mis parfaite- Ie® chapelles furent décorées de tableaux ment en valeur.Robert Harris, dans un ar- c*- d images importés, pour la plupart, de la tide du tome IV de l’Encyclopédie de Hop- Métropole.L humble chapelle que les Re-kins, et, plus récemment, M.Antoine Roy, collets construisirent, en 1620.contenait dans son livre sur les Lettres, les sciences et quelques tableaux, de même que l’église posies arts au Canada sous le Régime français Prieure des Jésuites.Malheureusement, près-qui contient, entre autres bonnes choses, une 9UC t°us ces ouvrages ont disparu pendant précieuse bibliographie, semblent avoir en- a H.»» »¦„ s s: 'X j.fond.Mentionnons aussi, en passant, les ture.Et pourtant, l’improsston de sa Uiôse ; «n&Dfe 4# qw «site orduuuimsnt sotte u»eum» fort incomeleti et .tu»- aouvsqw deaMdaatit-sttslqut sbq pages.Q i t.ses oeuvres ?Le travail de M.Morissette couvre la période qui va du commencement de la Colonie à 1900.Dans un premier livre, l’auteur étudie les dessins des navigateurs, singulièrement ceux de Champlain, la peinture et le portrait, les oeuvres destinées aux missions.ï.-v Dès son retour à Paris (1639), il obtint dire de lui du “ ! fil J Sk-SSS Ak* ou qu'elle était d’une précocité.i, ?Le livre suivant traite de la peinture religieuse et du portrait, qui furent toujours, on s’en doute, les genres les plus cultivés au Canada, et de l’œuvre du frère Luc à Québec.C’est un sujet que l’auteur connaît particulièrement bien puisqu'il a préparé, sur ce Rtulltl Mflfiz mal connu, mais qui eut une chirurgien-'1*"' Uurli*' voué Docteur Taacrtde Aeaclla.tint*.5061, avenue du Parc, près rue 4 non bureau de 9 h.à S h.eur rendes-T41.1 DO SOIT.stupéfiante (*> ±
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.