L'ordre, 27 juillet 1934, vendredi 27 juillet 1934
¦gHHeeaee .i i # RÉDACTION ET ADMINISTRATION t TARIF DES ABONNEMENTS / 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone : PLateau 8511* 1 an 6 mois 3 mois r,> En ville, parla poste.Canada (hors de Montréal), Royaume-Uni, France et $6.00 $3.25 $1.75 Espagne .Etats-Unis et Amérique du Sud $6.50 83.50 $1.85 .$8.00 $4.25 $2.25 $9.00 $4.75 $2.50 Administrateur Secrétaire de la Rédaction .LUCIEN PARIZEAU PIERRE ASSELIN to On est prié d'envoyer toute correspondance à la cese 4018 de l'HAtel dea Postes en mentionnant aur l'enveloppe le service (Rédaction ou Administration) auquel on veut s'adresser.! Autres pays Quotidien de culture française et de renaissance nationale Directeur-fondateur^ x OLIVAR ASSELIN L’abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepts et payable au pair à Montréal./ Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre.Première année—No 116 Le numéro: 5 sous Montréal, vendredi 27 juillet 1934 ; Si on respirait un peu?frontière autrichienne s’ouvre à la fange de l’immoralité et de l’avidité nazies.C’est le feu dans la plus formidable poudrière de l’Europe.Avant Vassasstnat de Dollfuss Tumulte en Europe centrale Une des causes de la crise Le national-socialisme, le bolchevisme allemand * * * Dans le même temps qu’elles relatent ces événements tragiques, les dépêches nous apprennent en quelques lignes la mort, à 61 ans, de François Coty, ci-devant directeur du Figaro (1) et de FAmi du Peuple, où il avait lancé ce que Léon Daudet appela le mouvement de Solidhilarité française.Ce Corse nationalisé Français, flanqué de son nègre Urbain Collier, avait réussi à discréditer le Figaro après l’avoir momentanément sauvé de la débâcle en 1922.Il se croyait l'âme d’un grand homme d’Etat, taillé en force, avec en dedans la flamme d’un Bonaparte.Pour remuer les masses, il fonda en 1927 l’Ami du Peuple, réplique populaire du Figaro, et y engloutit une partie de sa fortune.Sous la pression des cinq grands quotidiens de Paris, la maison Hachette refusa de distribuer la presse Coty.Celui-ci se fâcha et, au coût de cinq cents millions, organisa ses propres messageries, subventionna un hebdomadaire satirique et plusieurs feuilles bonapartistes où il eut la consolation de se voir loué.Peu à peu scs entreprises craquèrent.Hier encore, il ne lui restait plus guère que l’Ami du soir où lancer ses foudres vengeresses contre son ingrat protégé, le comte Beaupoil, qui l’avait mis à la porte du Figaro après y être entré lui-même à quatre pattes et la main tendue.Curieux compromis entre l’affairiste et le philanthrope, Coty voyait de loin la scène politique, comme Jean-les-Figues voyait Paris, c’est-à-dire avec un ardent désir d'y briller.Mais il.eut le malheur de se croire de fortes parties de polémiste, et il sortit de sa lutte contre les nationalistes dans l’attitude d’un dictateur .d’opéra-bouffe.Par.ses dons à quelques institutions utiles, il aura du moins, comme le dit un confrère, fait quelques bonnes actions.On écrivait dernièrement de Belgrade (où l’ancien consul de France à Montréal, M.Naggiar, représente maintenant son pays comme ministre) au Temps de Paris: A l'occasion Je la discussion du projet de loi portant ratification du pacte d’amitié, d'arbitrage et de non-agression turco-yougo-slaoe, le ministre des affaires étrangères, A/.Yeolitch, a releüè la signification du pacte.Il a souligné que ce dernier stipulait que les deux parties contractantes s'engagent à ne pas recourir à la guerre comme moyen .de politique nationale, et condamnait toute agression ou participation à une tentatiüe d’agression quelle quelle soit.La Y ougoslaoie a des raisons, spéciales pour réaliser une collaboration avec la Turquie et rechercher tous les éléments nécessaires pour l’avenir sans lesquels il est impossible de poursuivre une politique de coopération en vue de /’organisation de la paix.Dépouillée des précautions oratoires et traduite en « clair », cette note veut dire que la Yougoslavie, à.qui l’Italie a voué une haine mortelle pour avoir — .oh! bien timidement — contrecarré ses vues sur l’Adriatique, et la Turquie qui se sent menacée par les visées de Mussolini sur l’Asie, se sont unies pour se protéger contre l’éventualité d’une agression italienne.La presse n’a peut-être pas assez commenté cet événement, d’autant plus significatif que la Serbie (élément principal de la Yougoslavie actuelle) était il y a vingt-deux ans en guerre contre la Turquie, quelle contribua puissamment à évincer d’Europe.H y avait depuis 1919 en Europe deux puissances dangereuses parce que toutes deux mécontentes de leur sort, forte-meo.Larméep et, par nature, peu respec-tueuses dès traités: l’Allemagne et l’Italie.A l’heure actuelle l’Italie ne peut logiquement s’allier avec l’Allemagne •ans s’exposer à de durs lendemains, ni attaquer sa voisine la Yougoslavie sans • attirer l’hostilité de la France d’un côté, de la Turquie de l’autre.Et quant à l’Allemagne, il y a des chances (nous ne disons pas une certitude) qu’elle soit immobilisée pendant longtemps par ses querelles intestines de gangsters et de pédérastes.Décidément, si le reste du monde veut y mettre un peu de bon sens et de bonne volonté, il pourra bientôt respirer.Les nouvelles qui nous parviennent de là-bas, même si elles sont contradictoires, indiquent nettement que la question austro-hongroise est loin d’être réglée.L’échiquier politique de cette partie de l’Europe est en mouvement continuel depuis le traité de Versailles.Un remaniement arbitraire de la carte politique de l’Europe a provoqué toute une série de conflits dont aucun pour ainsi dire n’est réglé.Vienne, ancienne tête d’Em-pire, est devenue, depuis 1919, la capitale d’un pays de second ordre après un démembrement qui fut l’oeuvre d’hommes politiques, soucieux surtout, on en a la preuve aujourd’hui, de détruire une grande puissance catholique.L’Allemagne, un des pays qui portent la plus grande responsabilité dans la déclaration de la dernière guerre n’eut à subir que des sanctions surtout économiques.On sait ce qui est arrivé de ces dernières depuis la lamentable histoire des divers plans Dawes, Young et consorts.Quelle que soit la nature des événements d’Autriche, on peut prévoir que l’Italie se dressera contre l’Allemagne de Hitler surtout s’il est reconnu que les nazis allemands ont leur part de responsabilité dans la perpétration de cette sorte de coup d’Etat.Il n’y a pas que l’Italie qui changera sa politique à l’égard de l’Allemagne.Tous les Etats voisins de l’Autriche auront vraisemblement leur — Les changements d'orientation éco* nomique ont créé, au lendemain de la guerre, un état de choses nouveau : l'Europe s’est trouvée supplantée par les Etats-Unis dans son rôle de principale productrice d’objets manufacturés.La destruction des débouchés européens a obligé le vieux continent à réduire considérablement son ravitaille- Réflexions prophétiques du prince de Starhemberg, vice-chancelier d’Autriche, consignées polir l’Agence littéraire internationale I E CHANCELIER d’Allemagne vient i—« de reconnaître publiquement que les'dé- • \ \ aujourd’hui plus que jamais d’autant plus que je suis persuadé que tout comme les autres systèmes politiques, le bolchevisme cherche également dans chaque pays la forme qui vient le mieux à la mentalité locale.Il n’est pas douteux que tel qu’il existe en Russie le bolchevisme n’aurait pu jamais s’implanter en Allemagne.La forme de bolchevisme qui a quelque chance d’être adaptée par le peuple allemand diffère forcément de celle des autres races, et cette forme, j’en suis persuadé, c’est le national-socialisme.; Ces constatations des faits sont valables même au cas où certains Führer actuels du nazisme l’ignoreraient.Peu importe si ce ne sont que les historiens de l’avenir qui le reconnaîtront.Il nous suffit de savoir et de ne jamais perdre de vue que le système national-socialisme est loin d’être un système de rénovation pour l’Allemagne et n’est simplement que le bolchevisme du peuple allemand qui le mènera fatalement non pas à un meilleur avenir mais à la ruine et à la destruction.Ces constatations faites, j’admets volontiers qu’une grande masse des fanatiques du national-socialisme ne se rendaient pas compte jusqu’ici de cette identité fatale de ces deux formes d’Etat si néfastes.Ceux qui croient être de vrais nationalistes sont des hommes souvent pleins de bonne foi mais qui ont été simplement trompés, aveuglés par de belles phrases, des promesses faciles et du bluff.Je ne doute pas un instant que l’heure de leur réveil soit arrivée.Ils doivent enfin se rendre compte que leurs sentiments patriotiques ne peuvent pas consister uniquement à jeter des bombes sur des bâtiments publics, faire sauter les ponts, effrayer les étrangers et détruire ainsi notre industrie de tourisme; en deux mots; nuire justement à cette patrie qui est aujourd’hui la seule à lutter honnêtement etindépeodaipmetit.pqur.lüdéal allemand,.A ces heures tragiques de l’autre côté " de la frontière nous sommes encore prêts à accueillir tous les vrais autrichiens qui veulent travailler avec nous pour un meilleur avenir de notre patrie.Mais nous leur demandons de reconnaître nettement et sans aucune arrière pensée leur erreur passée et de manifester honnêtement 1 désir de travailler désormais pour l’Autriche indépendante et libre.De jour en jour l’heure de la scission définitive s’approche.Cette scission classera d’un côté tous ceux qui sont de vrais Autrichiens, tout en restant de bons patriotes allemands, et de l’autre, ceux dont toute l’activité réside dans la destruction, dans l’assassinat et dans la terreur.Cette heure de scission est peut-être plus proche qu’on ne le croit et c’est justement l’heure de reconnaître les erreurs pour tous ceux dont la conscience nationale ne s’est pas encore réveillée jusqu’ici.penses en banquets et autres divertissements de ce genre du commandement de certaines sections d’assaut, s’élevaient par mois de 30 à 50 mille marks.Nous pouvons donc aisément supposer ce qui se passait en réalité dans les coulisses du Ille Reich quand c’est" le Führer lui-même qui parle des débauches de ses hommes d’élite, et ne cache plus que d’entrer dans les rangs des S.A.représentait un réel danger pour la jeunesse, on dira sans doute que cela ne nous regarde pas, étant donné que notre principe a toujours été d’être Autrichiens et non pas Allemands, oui cela ne nous regarderait pas « en théorie » s’il s’agissait d’une affaire de politique intérieure de l’Allemagne et non pas de la paix et de la tranquillité de toute l'Europe.Et il est loin de nous être égal si aujourd'hui dans le monde entier les événements d’Allemagne sont considérés comme un exemple de la barbarie la plus sauvage.Or, nous sommes Européens en mêipe temps que de bons autrichiens, et nous sommes pleinement conscients de notre dignité, de nos devoirs et de notre destin.Il y a un an, j’ai dit ou j’ai écrit quelque part qu’un jour viendrait où l’Autriche montrerait encore le chemin à l’Allemagne, sauverait le prestige de la civilisation germanique et donnerait au monde une sorte d’exemple de la morale et de l’humanité germaniques?A ce moment, on a qualifié mes paroles de pure fantaisie et même comme une offense vis-à-vis de l’Allemagne.Or les récents événements qui ont couvert de honte la patrie allemande ont montré que j’avais ou que j’aurai 'peut-être raison.Aujourd’hui plus que jamais l’Autriche et surtout la jeunesse autrichienne exemple de mesure, de patriotisme et de courage à nos frères d’au-delà ses frontières et à aider d’Allemagne à reconquérir son prestige morale dans le monde.Je veux donc écrire et déclarer au nom dé toute l’Autriche que notre jeunesse croit plus que jamais en l’avenir de notre patrie et lutte avec une foi inébranlable pour un lendemain qui sera, espérons-le, meilleur que le présent.Et aucun d’eux ne doute plus que l’avenir des peuples germaniques, c’est l’Autriche.L'heure des crises politiques dépassée, l’Autriche ne craindra plus aucune propagande étrangère et notre pays sera invincible tant que la volonté et l’énergie autrichiennes le voudront.Je pense tout à coup à une phrase que j’avais écrite ou prononcée il y a quelque temps et dans laquelle je disais que le système national socialiste n'était autre qu’une forme allemande du bolchevisme.Je le crois (Reproduction même partielle interdite.) con- ment en matières premières, appauvrissant ainsi les pays qui étaient ses clients naturels.Ces réservoirs de matières premières ne se trouvant plus en mesure d’acheter en Amérique — par suite de leur appauvrissement et surtout du niveau des prix — il en résulte par contre-coup une baisse sensible de leurs exportations, qui diminuèrent jusqu’au moment où les échanges internationaux atteignirent presque le point mort.Ce fut pour ces pays producteurs de matières premières le commencement de la crise qui allait se répercuter fatalement sur le marché américain.Celui-ci.entraîné par la vitesse acquise, put se maintenir quelque temps encore, sous un faux air de prospérité.En Europe déjà, la crise obligeait les gouvernements à rechercher un moyen quelconque de protection des marchés inté- .,., , .rieurs et ce fut malheureusement à la mot a d>re dans 1 évolution politique qui se ^tion douanière quc Von fit appel.prepare en Europe centrale D autres grands La œurse aux tarifs douaniers donna Etats, comme la France et 1 Angleterre, ne ^ résuItats contraires à ceux qu'on en peuvent rester msens.bles a ce qu, se passe de attendait et e]]e prolongea la crise ce cote.L Angleterre devra se départir de ; u’à l'heure actuelle, sa psychose d insularité., surtout si 1 Italie, L’Europe s'est trouvée supplantée comme c est probable donne suite a ses pro- dans son rôle de productrice pour deux jets d hegemon,e navale med.terraneenne Et raisons : la première, c’est que sa cala France?Que fera-t-elle?Elle doit déjà pacité productive s’est trouvée insuffi-songer a reorganiser le reseau de son alliance sante pour répondre aux besoins de la politique avec les petits Etats européens.Et gUerre ; la seconde, c’est que, par suite elle y songe plus seneusement que jamais, de- du changement d'orientation de la voie puis surtout que la Pologne et 1 Allemagne des échanges, des pays qui jusqu'alors marchent la main dans la main pour saboter ce ava;ent fait office de réservoirs de ma* qu on appelle le nouveau Locamo de 1 Est.tières premières, se sont mis à s'indus-Et-lAnschlust?Endormie—depuis - quelque j-triateerr têmdih ' l'Inde,' là ‘ Chiite, temps, cette question se réveillera de façon insidieuse si la France, l’Angleterre et l’Italie ne s’entendent pas pour apporter une solution à cet angoissant problème de l’union politique des pays de langue allemande qui se pose depuis si longtemps.Si l’unité du monde germanique se réalise, on peut dire adieu au pacte Kellogg-Briand et aux autres constructions idéologiques de même nature.La seule chance de salut pour la paix de l’Europe et du monde réside, aujourd’hui, comme par le passé, dans la division des peuples germaniques., i .' 5.' :«• l’Egypte, le Canada et quelques autres pays secondaires comme l’Espagne et la Scandinavie.Ces déplacements ont eu pour effet de*développer outre mesure des régions nouvelles, situées là où les conditions de production n'étaient pas économiques ( 1 ).Enfin, la ruine progressive des pays fournisseurs de matières premières acheva de détruire la capacité d'achat nécessaire à tout pays importateur.Le changement d'orientation économique n’a pas cessé depuis la guerre, et c’est ainsi que l’on a vu des pays, normalement agricoles et maritimes comme la Suède et la Norvège, s’industrialiser énormément.On trouve un exemple frappant dans la Suède qui, de productrice de matières premières (poissons, bois, minerais, alcools), est devenue, toute proportion gardée, aussi industrialisée que la Belgique.On observe le même phénomène en Hollande, quoique à un degré moindre.Dans les deux cas, il y a disparité (2) entre la production agricole et celle de l'industrie.Cette dernière se développant trop rapidement, il en est résulté une crise intérieure qui n'a pas tardé à dépasser les frontières politiques de ces y Lucien PARIZEAU P.-S.— Dans mon article d’hier sur la traduction des polices d’assurances, j’ai par mégarde attribué à M.Thuribe Belzile une chronique de vocabulaire, parue sans signature dans Assurances, en regard de la chronique empruntée au bulletin mensuel de la Sun Life.Ce qui ne change rien d’ailleurs à mes commentaires.On lira avec profit dans une autre colonne tin extrait de la chronique de M.Belzile sur deux mots usuels en matière d’assurances: application et underwriter.Ses vues sont très justes.L.P.! /: Jean-Marie NADEAU Ecbo8 Oliver ASSELIN Pour l'honneur du Parlement • Ix: tribunal d’Oslo aura prochainement à s’occuper d’une affaire très importante : on y décidera ni plus ni moins de l'honneur du Parlement norvégien ! Sont aux prises, d’une part, Karl Nu-medal, un vieux paysan, et, d'autre part, Gunnuf J.Eicsland, président de la Seconde Chambre.Au cours d’une réunion électorale, après un discours de M.Eicsland, Nume-dal s’était levé pour se livrer à une critique violente du système parlementaire.— Jadis, avait-il dit, le Parlement était notre refuge suprême quand les temps étaient mauvais.Maintenant, à cause de la façon dont se comportent ses membres, il est devenu un danger pour ie pays.Celui-ci a été ruiné par une sotte politique et nombre de braves gens ont été réduits à la mendicité.En dehors du Storthing lui-même, les députés se conduisent de telle façon qu'ils ne méritent plus que le mépris de la nation.Du reste, quand viennent-ils à la Chambre ?Le jour où ils touchent leur indemnité, et c'est à peu près tout.Le président de la Seconde Chambre protesta aussitôt contre ces paroles qu’il qualifia de mensongère, mais son contradicteur, outré de s’entendre traiter de menteur, lui a intenté un procès dont on attend l’issue avec le plus vif intérêt.L'italien de Paris • Une petite fête réunit à Paris, récemment, dans une librairie de Montparnasse, de très nombreux admirateurs du général Gatti, l’auteur à'Ilia et Albert.Tout le monde, dans ce cadre italophile, voulait se donner le genre de parler italien, avec une bonne volonté qui n’allait pas toujours sans cacophonie.Quand tous les assistants se furent entassés dans le sympathique petit caveau de la librairie, M.Paul Hazard souhaita la bienvenue au général Gatti, et lui dit : « Nous- sommes ici entre Italiens.Tout le monde parle italien.Paul Valéry est Italien, Mme Pomès et Mme Bertrand sont Italiennes.Bref, il n’y a qu'un Français ici : c’est le général Gatti ! » Sous la plaisanterie, il y avait une vérité, car le général Gatti est un très grand ami de la France et l’a prouvé pendant la guerre.' L’assassinat de Dollfuss et la mort de Coty ( i ) Sous une nouvelle direction, ce journal, reprenant son titre initial, Le Figaro, a retrouvé son éclat 4e jadis.Il compte parmi ses collaborateurs MM.Lucien Romier, Wladimir d’Ormesson, François Mauriac, dont les noms ont depuis longtemps traversé l’Atlantique.CECI, CELA ET AUTRE CHOSE Cela devait arriver, après la sanglante bacchanale de Berlin, organisée d’ordre d’Hitler et expliquée au monde, avec la terrible impudeur d’un peuple d’invertis, comme une mesure d’assainissement politique.La lie remonte à la surface et entraîne, couché sur le dos, une balle dans la poitrine, le vaillant petit homme qui, ayant arraché à la bestialité nazie une Autriche énervée par le traité de Saint-Germain, lui avait retrouvé une place dans les affaires d’Europe.Il venait d’organiser sur le patron corporatif et chrétien l’économie anarchique de son pays; mais il travaillait depuis deux ans contre une minorité fortement germanisée et gagnée à Y Anschluss.De prime abord, il semble impossible que deux cents hommes, même déguisés, aient pu pénétrer sans encombre jusqu’au chancelier sans avoir des intelligences chez les plantons du Palais ou les officiers de la milice fasciste, d’ailleurs • dévouée au gouvernement.Et, farce tragique, tandis que Dollfuss gisait dans son cabinet de travail et que les nazis occupaient la Chancellerie, un détachement de la Heimwehr et quelques membres du gouvernement, flanqués d’une foule de badauds, parlementaient avec les assassins.Quant à la responsabilité tout au moins indirecte du Me Reich dans cette nouvelle infamie, elle semble prouvée par l’intervention du ministre d’Allemagne (son rappel immédiat est parfaitement cynique) en faveur des conjurés.Hitler veut d’ailleurs à toute force un Anschluss qui permet*- à la population allemande du Sud de se déverser en Autriche.Or, jusqu’à hier, Dollfuss constituait le principal obstacle à cette an-eeeàqfl, déguisée, L’obstacle renversé, la Deux effets d’une loi nouvelle.I d’Œdipe ?Quant au terme complexe d’infériorité, il est d’usage courant en psychologie expérimentale, comme l’a noté Ménage.Le mot s’étend même à l’économie politique, et je viens de lire sous la plume de Jacques Bainville, qui pour la langue est bien le journaliste le moins suspect que je connaisse, l’expression de complexe monétaire, non pas au sens mathématique du terme, mais pour signifier un « état d’esprit monétaire » (c’est-à-dire l’état d’esprit qui préside aux manipulations — encore un néologisme -— mon-'iires).Après de si illustres exemples, R.D.me .rdonncra bien de pécher en toute confiance, même avec quelque empressement.— L.P.La nouvelle législation ontarienne sur le commerce de l’alcool a mis la ville de Hull dans l’embarras.A l’époque où la province de.Québec était le cabaretier d’une partie de l’Amérique du Nord, on ouvrit, à Hull, plusieurs' tavernes, cafés et cabarets à l’usage des « secs » d’Ottawa.La .circulation, à certaines heures de la nuit, étaij intense sur le pont de la Bonne-Entente qui relie les On ne pourra plus nous accuser de vou- deux, villes : tout Ottawa y passait.Aujour-Ioir empêcher de danser en rond parce que d hui, le commerce de 1 alcool est rétabli en nous n’avons pas loué la reprise écono- Ontario, et les cabaretiers de Hull ont perdu mique.La tendance à la baisse sur le mar- leur clientèle.C’était inévitable.Les amphy-ché des valeurs indique, en effet, le carac- trions québécois de la rivière Outaouais 1ère artificiel de la reprise de ces derniers prient le gouvernement provincial de fixer à temps.Le nombre des liquidations forcées minuit l’heure de fermeture de leurs établis-s’accroit à un rythme inquiétant.Il en est sements.Quand même l’Etat se rendrait à de même sur toutes les grandes places.cette requête qui monté de Hull, le com-Cette baisse des valeurs n’a évidem- merce dé l’alcool ne verra jamais plus les ment pas le caractère qu’elle avait en 1929 beaux jours d’autrefois.La province de où elle prit les proportions d’une panique.Québec, comme les « bootleggers » améri-Mais elle est un indice de la lenteur des cains, a fini de monnayer la bêtise puritaine, affaires.Tout au plus, aurons-nous, d ici M Hepburn, de son côté, annonce la ÜHPi«ip!S Ce ne sont pas toujours, hélas ! des qui.incapables de solder une amende, choi-mouvements artificiels de la bourse qui pro- 5lrent daller ?" P“ Les autres, les poires voquent un retour à la prospérité.Tout le qui ont acquitte 1 amende, ces bailleurs de crédit, qui va se terrer on ne sait où, sor- '°.des gouvernements modernes, réfié-tira péniblement de sa cachette, à l’automne, cnwont sur les caprices de 1 opinion popu-pour alimenter les pouvoirs publics nécessi- }?lre‘ Ce qui était crime avant 1 élection ne teux qui lanceront des emprunts considé- ' ost plus aujourd hui.Dans ce cas, ceux qui râbles sur les marchés de valeurs mobilières.on* versé 1 amende ne peuvent-ils en récla-Tout se passera silencieusement entre finan- mer une partie, maintenant que la loi est ciers, et le grand public n’entendra parler de changée, et qu’on ne tient plus rigueur à rien jusqu’au moment de liquider ces dettes ceux qu’on ait jetés sur la paille humide publiques au moyen d’impôts.Il est, sans des cachots ?— D.D.doute, plus facile d'hypothéquer l’avenir que le présent.Mais, le grand malheur c’est que tous ces emprunts finissent par des impôts.Et des impôts trop lourds sont un des plus grands obstacles à une reprise économique véritable, beaucoup plus encore qu'une perte de confiance des spéculateurs en bourse.pays.On peut observer le même phénomène.à un degré moins prononcé, en Afrique du Sud.en Australie et au Canada.Ce qui complique encore la situation, c'est que des pays essentiellement industriels ont voulu se lancer dans la production agricole, malgré les désavantages que cette rüralisation économique devait entraîner.Ainsi donc, des pays qui jusqu'en 1914 jouissaient d’une situation privilégiée risquent de tomber au rang de puissances secondaires, s'ils ne trouvent pas une formule économique capable de leur rendre leur ancienne position.La crise est due à un phénomène général, aggravé par des phénomènes locaux et partiels qui n’ont pas été les moins importants dans l’évolution actuelle de la situation économique.Comme il est infiniment probable que l’on ne retrouvera jamais les conditions d'avant-guerre, il faut faire face au problème et prendre des mesures radicales afin de réaménager les marchés intérieurs et ceux de l’extérieur.Faute de quoi, on ne pourra que tomber dans le chaos politique qui suit fatalement les grands bouleversements économiques.La baisse des valeurs de bourse s ¦ ?i jj i ri I ! M Brom-O-Sal est le nouveau produit efficace! & soulager le mal de tête et la tension d'esprit.Brom-O-Snl chasse les réminiscences désagréables de la veille en facilitant merveilleusement la digestion.En vente dans les pharmacies et les « soda-fountains ».(r) ' 5 Une erreur.Une dizaine de lecteurs, étonnés, m’ont téléphoné pour me signaler ce qu’ils croyaient être une erreur ; j ai reçu quatre lettres, ce matin, dont une de Québec, sur le même sujet.Dans un article intitulé : Une tempête dans un verre d'eau, j’attribuai, semble-t-il, • à Bernard Shaw une pièce dé Shakespeare.« Much ado about nothing », 'irait.Bernard Shaw : ainsi se terminait l’article.Mais non.chers lecteurs, ce que je voulais dire, c’est que Bernard Shaw, en face des événements de Toronto, reprenant le titre d’une pièce de Shakespeare, s’écrierait • « Much ado about nothing », que j’ai traduit librement par ce dicton : Le « complexe d’infériorité ».Un e tempêta dans un verre d’eàu.Nos lec- teurs sont priés de pre dre note qu’à y J® ne veux rien reprendre à.ce qu'en I’Qrdre.personne ne confond l’ironiste ir-casait avant-hier notre Ménage, mais rassu- landais, Bernard Shaw.dont les journaux rer mon ami R.D.tout à fait.Complexe nous informent des moindres manies, avec s emploie comme substantif en mathéma- le dramaturge anglais, William Shakes-tique; :, un complexe de droites.Qui d ail- peare, dont les "storiens n’ont pas réussi à leurs Q A B&s satendu early du comfi/cxe retracer les origines Avec certitude, —- ! ri -1 > André BOWMAN ( i ) Economique est pris ici dans le sens Je conforme aux besoins ou aux moyens économiques.(2) Disparité, dans le sens de déséquilibre entre la puissance d'achat de l’agriculture et Je l’inJustrie.t ! •< t- fi1 'À Quelque part que vous alliez durant vos vacances, nous serons heureux de vous expédier l’« Ordre ».PL 8511.Jean-Marie NADEAU 1 \ ) i ¦BMERgn L’ORDRE—Montréal, vendredi 27 juillet 1934= """"" Les Nazis et l’Évêque de Wurtzbourg 2 [ A propos de la grève des j ouvriers de la confection « Il faut des plaintes! REVUE DE LA PRESSE !» Quand les peintres ne peinturent plus La Presse enfourche le dada de la démocratie, reconnaît des mérites à Hitler et prêche la religion du succès.Hitler fut peintureur et coiffeur.Mais le fait d’avoir exercé ces deux métiers, Ne diminue en rien les mérites du chancelier allemand.Les principaux chefs de gouvernement ou d’Etat que connaît l’histoire contemporaine eurent des débuts modestes.Suit l’énumération de c-s grands noms : MacDonald, Mussolini, D: Valera, Lebrun, Daladier, 1 ierriot et Lénine.Après quoi la PRESSE conclut : Et sans mêçie franchir les limites de notre territoire, nous trouvons maintes leçons ainsi fournies par la démocratie et dont notre jeunesse peut tirer avantageusement profit.C’est le succès qui compte et ceux qui l’obtiennent ont droit à l’estime publique s’ils savent l'appliquer ensuite - à rendre le peuple meilleur en assurant le règne de la fraternité universelle.On ne peut reprocher à un homme la modestie de ses débuts.Mais il y a lieu de se demander s’il est opportun de fai a une règle générale pour les chefs d Etat d’avoir des débuts modestes.Surtout quand leur préparation au gouvernement est aussi modeste que leur personne ou que leur origine.On ne peut s’improviser peintre ni coiffeur.Il faut un apprentissage.Mais un peintre ou un coiffeur peut s’improviser chef d’Etat et c’est une victoire des classes modestes, c’est le succès de la démocratie.Un journaliste de ma connaisance disait un jour à un cireur de bottes qui voulait devenir conseiller municipal : « Mon vieux, je t’estime beaucoup comme cireur de bottes et je crois que tu n’as pas ton égal ; mais comme conseiller municipal, je n’aurais pas une grande confirmée en toi.» Ce journaliste parlait avec bon sens.Le même raisonnement ne vaut-il pas dans le cas du peintre en bâtiment qui terrorise l’Allemagne.C’est peut-être à cause de ces trop nombreux succès démocratiques devant lesquels on s’incline trop volontiers que tout va si mal dans « l’histoire contemporaine ».Si les peintres peinturaient et si les coiffeurs coiffaient et, disons-le, si les rois régnaient, les choses n’iraient peut-être pas à la perfection, mais il y aurait des chances que cela irait moins mal sur les continents et ce serait autant de gagné.Chacun sen métier., dit un proverbe que la démocratie a trop oublié.De Veau ! De Veau! La Patrie réclame des bains, des bains à ciel ouvert pour la population de Montréal qui vit sur une île sans voir ailleurs que dans des baignoires l'eau abondante qui l’entoure.La Patrie rappelle qu’elle dénonce cette lacune depuis vingt ans et ajoute : moins élevé qu'on ne le croyait; on parlait d’un traitement de $7,000 ou $S,000.Si les choses avalent marché comme on l’espérait, le salaire aurait été plus élevé et la position aurait comporté le titre de sous-ministre.Ainsi, on aurait évité les examens de la Commission du Service Civil.Deuxièmement, que la nomination du surintendant ne tardera pas beaucoup et que le gouvernement a l’intention de hâter a centralisation des divers services de la traduction.Troisièmement, que le surintendant est déjà choisi.ou, pour mettre une certaine forme à la phrase, qu’un candidat a de bien, bien, bien bonnes chances d'obtenir la position ! Dans le passé, il y a déjà eu des examens et cela n’a pas empêché des individus désignés à l’avance d’obtenir les positions convoitées.La Commission du Service Civil sert à deux tins évidentes : quer les nominations décidées à l’avance et excuser ministres et députés, auprès des électeurs, de ne pouvoir placer tous ceux qui veulent devenir fonctionnaires ! un organisme fort précieux dans la république des amarades.Questions de langue Ménage me permettra d’emprunter son titre pour commenter deux Bloc-notes du Devoir où G.P.touche à deux questions de langue.Je veux, à l’occasion, remercier Ménage de sa mise au point de mercredi où il a rappelé à un lecteur distrait que, si l’on peut me reprocher les incorrections que je commets — cela m’arrive, hélas ! plus souvent que je ne le voudrais — l’on ne peut me tenir compte des fautes des confrères que je cite dans cette revue de la presse : en citant un confrère, je dois respecter son texte, même si lui ne respecte pas la langue, et j’ai assez de discuter leurs opinions sans analyser leurs phrases, quoique cela soit parfois nécessaire pour comprendre certains passages, surtout quand le typographe a fait des siennes.Mais venons-en aux Bloc-notes.G.P.parle d’abord d’un comité new-yorkais qui « est à étudier le moyen de faire de l’anglais la langue d’intercommunication universelle.» Un des motifs de faire de l’anglais la langue universelle, c’est, parait-il, que nulle autre n’est à la fois aussi laconique, aussi expresssive.Le professeur qui prétend cela cite, pour illustrer sa thèse, l’expression anglaise : « What is it ?» Le français, à ce qu’il dit, prend bien plus de mots et d’espace pour exprimer la même c'-ose.Allons donc.De What is it?ou Qu’est-ce ?lequel est le plus long ?On a fait grand état du Wait and See de M.Asquith, intraduisible sans employer une lo.:e périphrase, a-t-on aussi prétendu.Wait and See, c’est, en bon français, Patience ! tout court.On dira ce qu’on voudra de certains avantages du vocabulaire anglais, — et il en a d’indéniables.Mais qu’on ne prétende pas faire croire aux gens que l’anglais est plus bref, plus laconique que le français; c’est faux.Un traducteur qui sait bien les deux langues peut presque toujours, en traduisant de l’anglais au français, gagner de l’espace tout en rendant parfaitement le sens du texte anglais.venus.’ t dire que le président du conseil municipal de Paris, le préfet du département de la Seine, le président du conseil des min" es et le presi ‘ont de la République française lui-même se font tout simplement appehr Monsieur le président ou Monsieur le préfet ! Les vrais socialistes, cl les autres M.Woodsworth a, paraît-il, poussé de hauts ris et protesté véhémentement quand il a appris que les Québécois considèrent son mouvement politique comme entaché de socialisme.Il ne veut pas qu’on voit du socialisme dans son coopératisme.Ce coopératisme ressemble pourtant fort au collectivisme, comme l’explique le SOLEIL : Cette grève k’est déroulée de façon normale, après un « ultimatum » et une « déclaration de guerre ».Il se peut qu’une guerre véritable survienne d’ici quelques jours.La police est déjà mobilisée pour maintenir l’ordre.Les ouvriers de la confection n’ont sans doute pas tort de se mettre en grève s’il est vrai, comme l’a dévoilé l’enquête Stevens, que l’industrie de la confection est une occasion, pour certains patrons, d’exploiter le labeur excessif des ouvriers à des taux ridiculement bas.Et le « sweating-system »?De ce dernier, l’enquête n’a guère parlé.Pourtant il existe.Les grévistes n’en parlent pas dans les revendications qu’ils ont soumises à leurs employeurs.Il y a une bonne raison: c’est que les ouvriers et ouvrières à domicile ne sont pas syndiqués.Alors, comment feraient-ils entendre leurs réclamations?Et d’ailleurs, le syndicat n’a que très peu de vogue dans cette catégorie d’ouvriers, souvent parce que ce sont des travailleurs honteux, petits bourgeois qui travaillent à domicile pour étendre plus de beurre sur leur pain.Puisque les ouvriers ont le droit de grève, personne ne saurait songer à leur reprocher d’avoir quitté leur travail après les préliminaires d’usage.Répétons seulement ce que nous avons déjà dit, à savoir; que nous devrions organiser une magistrature du travail dont le rôle préviendrait les conflits du travail et du capital.Ce n’est pas quand la guerre est déclarée qu’on doit chercher à la prévenir.C’est avant.En Italie, où tout n’est pas mauvais, quoi qu’en disent certains démocrates enragés, Mussolini a, le premier, organisé cette magistrature du travail qui aujourd’hui donne les meilleurs résultats.Une autre question est soulevée à l’occasion de cette grève.Pourquoi faut-il que la majorité des organisateurs de la grève viennent de New-York?Avons-nous besoin de « spécialistes » même dans ce domaine de l’agitation sociale?On me répondra que le syndicat des ouvriers de la confection se rattache à un syndicat international.Je le veux bien puisque tels sont les faits.Mais les Canadiens ne peuvent-ils pas organiser et préparer leurs propres grèves?Que les Américains restent chez eux.Car, une fois le précédent admis que nos voisins peuvent venir nous éduquer à ce point de vue, c'est la porte ouverte à tous les abus.Qu’une grève générale se déclare, laisserions-nous les Américains la diriger?Habituons-nous à régler nos propres affaires sans demander aide et conseil aux Américains.Serions-nous coloniaux au point de ne pas contenter d'une seule allégeance métro- De Sept : M.Boude lit I’Ordre mais son compère, le sagace Savignac, ne l’imite guère.Le 28 juin dernier, nous avons exposé la pénible situation des gardiens de vespasiennes, et des employés du chalet, aux Jardins Lafontaine.Hommes et femmes y continuent de travailler 84 heures par semaine, soit 12 heures par jour, dimanche compris! 11 appartient au président du Comité exécutif de faire disparaître cet état de chose, mais, d’après M.Savignac, « il n’y a pas eu encore assez de plaintes » contre la vespasienne (autre genre de « sweatshop »), pour justifier l’intervention du Comité.M.Savignac a lui-même expliqué pourquoi ces classes d’employés municipaux subissent un pareil régime: «Il y a des centaines de chômeurs qui sont prêts à les remplacer ».Parce qu’ils ont à coeur de gagner leur vie, ces pauvres gens travaillent sans arrêt depuis 10 heures du matin jusqu’à 10 heures du soir.Que M.Savignac aille dîner, une seule fois, sur le seuil d’une vespasienne, et il améliorera bientôt le sort des gardiens.Nous avons signalé à M.Arcand, ministre du Travail, que les femmes, gardiennes de vespasiennes ou préposées au chalet, fournissent 28 heures de plus par semaine que le nombre maximum d’heures de travail fixé par la législation provinciale; nous averts encore établi que la Ville serait passible d’une pénalité en vertu de la loi du salaire minimum des femmes, si la législation provinciale prévoyait le cas des cm- Unions de jeunesse catholiques ?— ployé'-s du chalet.Qu’elles crèvent I — Que doit-il arriver « Il n’y a pas eu encore assez de plain- aux chefs de jeunesse noire ?— A Dates ».C’est ainsi que M.Savignac admi- chau ! (fameux camp de concentration), nistre la Ville?Quand il y a beaucoup de _ Qlle doit-il leur arriver à Dachau ?— plaintes il fait agir son Comité exécutif ; Qu-jis soient pendus au gibet ! » Un nazi quand i ny en a pas a,sez.peu importe la lit le message du Saint-Père à la jeunesse justice la plus élémentaire et 1 observation ^tholiquc d'Allemagne.Après chaque dii MS* vio « qn n mC Plams’ m01>* Phrase, la foule s’écria : « Pfui ! Pfui ! * dit M.Savignac.D.D.(Fi donc 1).Et après, à l'adresse de l’évêque : « Sortez-le ! Sortez-le ! —- Que doit-il arriver à l’évêque de Wurtzbourg?.— A Dachau ! — Que doit-il lui arriver à Dachau ?— Qu’il soit pendu ! — L’évêque de Wurtzbourg, qu’est-ce qu'il est ?— Un traître à la patrie,, un traître au peuple ! » «Je suis heureux d’etre le premier évêque qui va en détention protectrice.» D'un ton calme et ferme, Mgr Ehren-fried, évêque de Wurtzbourg, répondit ces mots à l’inspecteur de police qui lui annonça son arrestation éventuelle sous le prétexte que les autorités peut-être ne seraient pas h même d’assurer sa sécurités Devant le palais épiscopal, une « foule indignée » chahutait.Des pierres, des clous de soulier, du sable, avaient été jetés à l’intérieur de la chambre de l’évêque.A l’aide d’une poutre de dix mètres, on avait enfoncé la porte, et ce n’était qu’au pied de l'escalier que la police refoula le mob, dans lequel on distinguait beaucoup de gens en uniforme, surtout en uniforme de la Jeunesse Hitlérienne.Et la raison de cet incident scandaleux ?A Waldbüttel-brunn, le curé avait été arrêté pendant I» Semaine Sainte.Là-dessus, l’évêque avait ordonné de différer la première communion solennelle des enfants du dimanche in albis à une date ultérieure, parce qu’en l'absence du curé la préparation suffisante des enfants n’était pas assurée.Les nazis voyaient dans cette mesure un geste politique.mas- M.Woodsworth s’est montré tout particulièrement froissé de ce que l’archevêque de Montréal ait pris l’initiative de qualifier le nouveau groupement politique.Car M.Woodsworth soutient qu’il n’y a pas de socialisme dans la C.C.F., et que ceux qui en voient le comprennent mal.Voilà Malheureusement pour le député de Winnipeg, l'un do ses amis de la C.C.F., a.tout dernièrement, au Manitoba, déclaré que le gouvernement a adopté le socialisme.mais à cette seule condition « Il nous faut montrer aux gens que nous sommes pour le Socialisme », a affirmé T.Johnson à West Kildonan, dans une réunion organisée quelques jours avant le congrès de la C.C.F.à Winnipeg.Ce Johnson, candidat malheureux aux élections de Saskatchewan, ne s’en est pas tenu à cette affirmation générale.En face du palais épiscopal, on prononça en chœur parlé des insultes abominables.« Qu’est-ce qui doit arriver aux En exposant les buts poursuivis par la C.C.F.il a donné cette explication : « Il faut enlever à leurs propriétaires les instruments de la production, non seulement dans les manufactures, mais encore sur la ferme ».C’est assez clair.(.) Il a été établi à plusieurs reprises que les doctrines socialistes n’ayant pas cours dans la province do Québec, on camouflera le programme du groupement.Les expositions plus claires sont réservées aux populations de régions moins ennemies.Deux poids, deux mesures On a tablé là-dessus pour se faire des adhérents à Montréal surtout.C’est ce qui explique la colère de M.Woodsworth quand les dénonciations ecclésiastiques ont eu lieu.Le TELEGRAM de Toronto s’élève contre M.Hepburn et sa politique d’économie.A l'exemple du gouvernement, qui réduit le traitement des fonctionnaires, l’industrie et le commerce vont diminuer les salaires de leurs employés.Cette prétendue réforme de M.Hepburn est inopportune, dit le journal tory, lorsque les gouvernements, pour aider à la reprise des affaires, engagent industriels et commerçants à maintenir ou même à élever le taux actuel des salaires.Que pense le TELEGRAM, journal tory, d’un gouvernement qui a réduit de 10 pour 100 le traitement de tous ses fonctionnaires?Les principales compagnies de chemin de fer emboîtèrent tout de suite le pas.et diminuèrent de 15 et de 20 pour cent le salaire de leurs ouvriers.S’autorisant d’aussi illustres exemples, les plus modestes ateliers et magasins, même ceux dont les profits avaient augmenté depuis la crise (il y en a), ont réduit les salaires.à leur tour.C’est le gouvernement Bennêtt qui a pratiqué ainsi l’économie: ce fut même la seule mesure.d’économie inventée par M.Bennett.C’est un devoir, pour l’Etat, ‘ de traiter le mieux possible les fonctionnaires.L'industrie et le commerce rémunèrent leurs employés en fonction du traitement des employés de l’Etat.Les gouvernements dont le budget est déficitaire, alors que baisse le coût de la vie, sont justifiables de réduire les appointements des fonctionnaires.Ils doivent cependant pratiquer avec prudence une semblable économie.Après avoir destitué quelques hauts fonctionnaires inutiles, réduits plusieurs traitements exorbitants, M.Hepbum pourra décréter une baisse générale des appointements des fonctionnaires: c'est actuellement une économie nécessaire, et personne sauf le TELEGRAM, ne blâmera le premier-ministre ontarien.Le commerce et l’industrie suivront peut-être l’exemple du gouvernement; dans ces conditions, la baisse dés salaires se fera probablement d’une façon plus équitable.Mais que l’Etat impose aux fonctionnaires une réduction générale de 10 pour 100 qui affecte surtout les moins bien payés, c’est inciter à mal rétribuer les employés d’une entreprise industrielle ou commerciale sans toucher au traitement des directeurs et des administrateurs.Il convient, depuis quelque temps, de s’emporter de temps à autre contre l’esprit de parti.Le TELEGRAM offre un exemple frap- L’évêque se montra à la fenêtre pour essayer de calmer la foule ; « Nous n introduisons pas la politique dans l’Eglise, Nous ne faisons que défendre les droits de l’Eglise.Nous n’avons pas peur.» En vain.M.Woodsworth est un socialiste qui veut se faire ignorer.Il est probablement moins dangereux que ceux qui se prétendent scs adversaires déclarés et qui sont des socialistes qifi s’ignorent.nous politaine et d’en rechercher.une autre, celle de nos voisins?C’ctait le 7 avril.On pense qu’après ces incidents les autorités publiques ont tenu à exprimer leur regret à l’évêque ï Tout au contraire.L’évêque devait partir pour un voyage de visite et de confirmation à travers son diocèse.Le parti hitlérien envoya une circulaire aux autorités locales pour défendre formellement toute participation des autorités aux réceptions.On pense du moins que des mesures furent prises pour empêcher la répétition des incidents! Pas du tout! Trois semaines après, le 28 avril, une seconde manifestation du même genre fut organisée (c’est, en effet, le terme juste, car on ne connaît que trop bien la spontanéité des masses populaires dans le troisième Reich).Cette fois-ci, on réussit plus vite, à enfoncer le portail.Une partie de la foule pénétra à l’intérieur, où la soeur de l’évêque, qui répétait toujours que Mgr Ehrenfried était absent, fut insultée.Sur sa menace de faire appeler le chef naziste Hacker, on lui répondit : « L’Oberführer Hacker ne viendra pas.La police ne viendra pas non plus.C’est le peuple qui manifeste au dehors.C’est l’Allemagne (!) qui se trouve dehors.» A l’exception du bulletin diocésain qui publia quelques faits essentiels, la presse allemande ne s'occupa de ces incidents scandaleux que dans des termes très vagues.Les détails que nous avons donnés plus haut sont pris dans le nouveau quotidien catholique de Sarrebruck, Die Neue Saarpost.Georges LANGLOIS Jean-Marie NADEAU Sur deux mots Un document intéressant sur l’armée soviétique Application Le mot application se rend rarement, en terme d’assurance, par le français application.Il peut se traduire par proposition ou demande, selon le cas.On dit ainsi : application for assurance—proposition d’assurance; application form—formule de proposition; application for supplementary contract—demande de contrat supplémentaire; application for cash surrender value—demande du paiement de la valeur de rachat ; nous pourrions ajouter ; application for a position—demande d’emploi ou offre de services.Il n’est sans doute pas inutile d'indiquer ici quelques expressions dans lesquelles apparaît le mot proposition.Ainsi, à titre d’agent, vous obtenez de votre client ou faites signer par votre client une proposition.Vous soumettez celle-ci à la Compagnie, qui l’accepte, la diffère ou la rejette.Enfin, votre client peut, pour une raison ou pour une autre, retirer sa proposition.Quant au mot français application, tous les sens qu’on peut lui prêter dérivent directement des trois suivants ; action de poser une chose sur une autre (application d’un emplâtre sur un bobo) ; mise en pratique (application d’une loi); attribution (application d’une somme à une dépense).Underwriter Voilà un mot qui donne du fil à retordre aux traducteurs.C’est un de ces mots passe-partout que les sociétés d’assurance du Canada et des Etats-Unis emploient à toutes les sauces, tantôt pour se désigner elles-mêmes, tantôt pour désigner leurs agents, tantôt pour désigner leurs fonctionnaires chargés de la sélection des risques, etc.Et pourtant, le mot under-writer, employé en terme d’assurance, n’a, à proprement parler, qu’un sens ; il désigne la société qui rédige, signe et livre un contrat d’assurance.Ce sens propre du mot underwriter se traduit par le français assureur qui, lui aussi, n’a que le sens suivant donné par Dupuich : « celui qui promet de procurer le bénéfice du contrat (d’àssurance) à la personne désignée pour G.P.nous ramène à l’idée souvent ex- L’aviateur Kravets, déserteur de l’armée rouge, où il servait depuis 1928, a fait récemment une conférence à Berlin sur l’organisation militaire soviétique et l'état d’esprit qui règne dans l'armée.L’armée rouge compte officiellement 562,000 hommes, mais il y aurait en réalité un million de soldats.L’armée active est bonne, les réserves sont mauvaises.Les soldats servent généralement très loin de la résidence de leur famille, qui ignore leur adresse exacte : les lettres portent en suscription le nom du soldat et un numéro d’ordre.Le corps d’officiers est très sévèrement sélectionné au point de vue politique: les officiers sont souvent changés d'affectation afin qu’ils ne deviennent pas trop populaires parmi leurs troupes.Les cours des écoles d’officiers durènt trois ans.L’avancement est rapide.Les officiers reçoivent une formation politique et économique.De temps én temps, a lieu la « Politlotterie ».Chaque officier tire au sort une question à traiter en conférence.Ceux qui la traitent convenablement touchent une prime.L’uniforme est de plus en plus soigné.C’est ainsi que les aviateurs doivent porter maintenant de hauts cols blancs.La critique libre avait été permise aux soldats à l’égard des officiers; elle est maintenant interdite, parce qu'incompatible, dit-on, avec la discipline.Mais les suggestions sont autorisées.Les permissions sont extrêmement rares afin d’éviter le contact des soldats avec la population civile.primée dans l’ÜRDRE que c’est notre manie de la traduction littérale qui a donné au On dirait que les administrations qui franSais que n,ous farlons et écrjvons le Plu* se sont succédé à l’hôtel de ville depuis souvent cette lourdeur et cette longueur qui trente ans et plus étaient toutes pareille-1 permettent aux , adversaires du français de ment affligées de la phobie de Veau.Sous , triompher facilement au nom du laconisme STS?Httérâlemefnt : « *U L'angl.» « rétrogradé.Il y a quelque trente ans, il 1,116 des langues les plus vagues qui soient existait à Vile Sainte-Hélène, du côté sud, ' tandis que le français est l’une des plus un endroit réservé où, sous les regards d’un préposé municipal, adolescents et adultes, tout au moins du sexe masculin, pouvaient, durant la belle saison, se ra- ., , fraîchir dans Veau et pratiquer cet art si ' c’est que nous avens tellement laissé s ap-•ssentiellement salutaire qu’est la nata- pauvrir notre langue, tout particulièrement tion.Nous ne savons à quelle époque cette notre ^tabulaire qu’elle est tombée au- ïir'ïüé.™ *»«* * w- a» &« * en tout cas, il est strictement interdit Par des formules encombrantes les mots anaux promeneurs qui vont dans Vile de glais qu’il a cités, G.P.en a traduit l’idée s’y baigner.On empêche même les en- par des expressions parfaitement équiva- îïï?La^plupart’’de."promeneurs '«» du moms da?s un recoure, conve- lers municipaux.Mais parlez-leur d’un beau vel le Le traducteur anenyme nous a donne, (¦Sill r4f* * v“ pas a la page, monsieur ! „isés de la traduction au Parlement fédéral.CnmnuflasrP ' Dans son autre Bloc-notes, G.P.re- L,amOUJlage vient ^ le lilre d’honorable dont Ménage Il y a quelque temps, certains journaux, ct lui ont parlé l’autre jour.Guide parleront.I’Ordre, attiraient l’attention de leurs menlaire en mains, G.P.indiqué avec pré-lecteurs sur le rôle des commissions parle- cision les cas où un monsieur a droit à ce mentaires et des commissions d’enquête qui titre et proteste de nouveau contre 1 abus servent le plus souvent à camoufler des ma- qu’on en fait : nceuvres politiques.Il n’y a pas que ces commissions qui servent à de telles finp si l’on en croit L.R., du Droit : propres à exprimer avec clarté et justesse les nuances de pensée les plus subtiles.Si les apparences donnent l’illusion du contraire.;V Kurt TURNER pant de l’illogisme auquel peut donner lieu la partisannerie politique; ce qui se justifie au gouvernement fédéral est blâmable au gouvernement provincial.Dans le cas que nous venons d’étudier, pourquoi?Dollard DANSEREAU L'ORDRE est édité par les Editions de l'Ordre limitée (cette bouffonne désignation est imposée par le seul gouvernement français d’émériqne) et Imprimé nar la Ci* de Publication de la Patrie limitée.180 est.rue Sainte-Catherine, Montréal.en profiter ».Dupuich ajoute ; « C’est toujours, en fait, une société».Thnribe BELZ1LE CIGARETTES \ DUCHESSE NE- ût'nuwadebiidqe Cotuewg MANUFACTUREES PAR D.O.GROTHE, LIMITEE MAISON CANADIENNE ET INDEPENDANTE LES PRIMES DE L’« ORDRE» Réconfortantes et rafraîchissantes Nous donnerons gratis, avec chaque abonnement de trois mois, un exemplaire d’un ouvrage d’Olivar Asselin sur L’œuvre de l’abbé Grénlx, paru en 1923, mais qui a conservé son actualité foncière et qui, notamment, traite à un point de vue tout nouveau le sujet de l’abandon du Canada par la France.Les abonnés de six mois ou plus recevront en prime un exemplaire du recueil èn deux-volumes des écrits de Jules Fournier intitulés Mon encrier, ouvragé qui se vend encore en librairie un dollar.Les personnes qui se sont abonnées ou réabonnées depuis le 1 er juin auront droit à ces primes.Prière d'en faire la demande à l’Administration.rtim* Amber Ale^ # BULLETIN D’ABONNEMENT Les conseillers législatifs n’y ont plus aucun droit, non plus que les magistrats de district, de police, ou autres.L’on fait un abus de ce titre, qui ne devrait s’employer, — si on veut s'en servir, — que pour s’adresser à ceux qui ont droit de le porter, et non pour les désigner dans la presse, les comptes rendus ou ailleurs.Il, y en a qui ont droit de le porter et ne tiennent pas autrement à s’en parer.Ceux qui ont vraiment droit au ‘"ire et ne tiennent pas à s’en parer sont le bien petit nombre dans notre aristocratie de par* , r Monsieur l’administrateur, m.m Veuillez m’inscrire sur la liste de vos abonnés pour trois mois —- six mois — (biffer les indications inutiles).Bien entendu, j’aurai droit à la prime La Commission du Service Civil annonce qu’il y aura examen pour déterminer qui sera le directeur du bureau de la traduction qui sera constitué en vertu de la loi adoptée pendant la session après des pérépéties sans nombre et d’un caractère très douteux.Le traitement maximum du surintendant sera de $5,400 par cnnée.Il découle de ces renseignements trois choses bien définies.La première, C'est que le salaire du surintendant sera un an que vous offrez.Black Label Lager [Signé] Adresse Red Cap Ale Invalid Stout : N.B.— L’abonnement est payable d'avàncé.CARLING BREWERIES LIMITED MONTREAL I# : m||| i - L'ORDRE—Montréal, vendredi 27 juillet 1934 ! 3 >.LA PENSÉE ÉTRANGÈRE » » Troubles en Espagne L’amitié franco-britannique La Russie et l’Europe / (Du Figaro du 30 juin) (Du Journal de Genève du 11 juillet) (Du Havrl-Éclair du 10 juin) Depuis longtemps déjà les rouages grincent entre Madrid et Barcelone.Mais toute une série de faits a récemment envenimé les rapports qui existent entre la généralité de Catalogne et le gouvernement espagnol.Ce fut c’’ jord la question du transfert des services de la radiodiffusion ; puis celle de la nomination des avocats municipaux que le gou\ •nement de Madrid entend se réserver alors que la Cutalogr réclame cette prérogative, l’organisation de la justice municipale lui ayant été octroyée.Les Catalans se sont plaints ensuite que le gouvernement espagnol outrepassât son droit en procédant à des nominations directes dans le personnel bureaucratique.Ils se sont plaints encore d’être moins bien traités que les autres parties d’Espagne pour les contingents d’exportation, bien qu’ils fussent les plus gros producteurs.Enfin — et surtout — ce qui a mis le feu à cette poudrière déjà chaude, c'est la fameuse loi agraire promulguée au début de mars par la généralité de Catalogne.Loi d’une très grande importance et quasi révolutionnaire, car elle modifiait de fond en comble le régime de la propriété.En Catalogne, l’agriculture est essentiellement établie sur le plan d’une sorte de métayage (la rabassa morte).Or la loi agraire permettait au métayer de capitaliser une partie des produit: agricoles qu'il partage avec le propriétaire du sol ; puis, au bout de dix-huit ans, d’acquérir ce sol en payant la différence qui existera alors entre le montant capitalisé et la valeur cadastrale de la terre; Bien entendu, le vote de ces dispositions souleva des tempêtes de protestations de là part des possédants.Ils mirent en action le gouvernement de Madrid qui fit appel devant le Tribunal des garanties constitutionnelles créé par la nouvelle Constitution de la République espagnole.Le 8 juin, ce tribunal rendait son arrêt et déclarait la loi agraire inconstitutionnelle.Aussitôt les passions, se sont déchaînées en Catalogne.Le 10 juin, le président de la généralité, M.Companys, s’élevait avec force contre ce jugement prétendant qu’il portait atteinte à l’autonomie et au statut de la Catalogne.Le 12 ; "n, le Parlement catalan votait à l'unanimité une nouvelle loi sur les « fermages qui reprenait exactement les dispositions de la loi de mars et constituait ainsi un défi au T ribunal des garanties et au gouvernement central.Dans le même temps, des manifestations violentes se produisaient aux Cortès et les députés de gauche catalans quittaient la salle des séances.Le président du Conseil, M.Samper, a essayé — mais en vain — de remettre du calme dans les esprits et de négocier.Devant l’échec de ses tentatives, il s’est décidé à demander aux Cortès des pou- irs exceptionnels pour régler, d’autorité, la situation en Catalogne.D’une part, il est certain que les Catal-ns ne se soumettront pas.D’autre part, il est évide:.que le gouvernement de Madrid ne peut laisser se prolonger une situation quasi révolutionna'.e dans le pays.La situât on est.donc extrêmement tendue, sinon grave.Ce qui la complique — et ce qui l’éclaire — c’est que le choc Madrid-Barcelone est en quelque sorte la manifestation visible de deux, sourds conflits qui se superposent et dont les racines plongent dans les profondeurs de l’âme.D’abord, au premier plan, un conflit politique : gauches contre droites, celles-ci voulant prendre leur revanche des élections de septembre.Socialistes, radicaux de gauches se sont solidarisés, en effet, avec les gauches catalanes et donnent à plein èontre le gouvernement Samper, espérant mener les choses jusqu’à une dissolution qui leur serait favorable.Et puis, au second plan, un conflit spirituel.Car tou' se ramène, en fin de compte, en Espagne — en Espagne comme partout — à une question religieuse.Autrefois, quand, de Paris, on regardait vers l’Est, on voyait l’empire allemand et l’empire des Habsbourg, et puis, au delà, l’immense Russie, de la Vistule au Pacifique.Les combinaisons étaient simples.La France qui, pour dominer l’éternel péril germanique, a besoin d’un contrepoids à l’Est de l’Allemagne, trouvait la Russie toute seule.Aujourd’hui, il y a d’abord la Pologne et la Roumanie : elles occupent cet isthme Balte de la Mer Noire qui est la vraie limite géographique de l’Europe ; au nord seulement commence la Russie.D’où complications et possibilité de combinaisons variées.La dernière session du désarmement se déroula dans l'orage et se termina par l’embrassade franco-britannique.La vieille amitié était à nouveau affirmée.Mais était-elle très solide ?Tiendrait-elle au delà de l’accord de procédure où des formules divergentes avaient découvert un mariage de raison ?Le ministre des affaires étrangères de France, M.Barthou, s’était révélé adversaire redoutable par son esprit dans les palabres, par une sorte de tradition vivace, une défiance qui est l’héritage de querelles, ensevelies il est vrai dans un passé séculaire.M.Barthou ne sait pas l’anglais.L’occasion s’offrait, et elle fut saisie par les Britanniques, de faire connaître nistre français l’Angleterre dans ce qu’elle peut offrir de plus attrayant, de plus brillant.M.Barthou fut donc invité.Invitation mettant le sceau définitif à une réconciliation complète.L’amitié franco-britannique n’a plus rien de sentimental.La politique de jours n’obéit plus au sentiment, elle l’utilise.Elle prétend trouver son inspiration dans les faits seuls, dépouillés de toute Sur l’échiquier politique, la Russie est une pièce d’importance.Elle pèse sur l’Europe de tout le poids de 120 millions d’hommes.Pourtant, elle ne tient pas, dans l’Europe de 1918, la place que la Russie des tsars a occupée de 1815 à 1917.Pourquoi ?en France que Londres veuille, le cas échéant, faire appel à ces Dominions, dont le principal refusa son aide lors de l’affaire de Tchanak.On doute que le Foreign Office ose risquer le lien ténu qui unit à la métropole ses filles aujourd’hui majeure?.Sir John aurait-il obtenu des Dominions des précisions nouvelles ?Nous ne le ¦croyons pas.Le souci français subsiste donc.ruraux » La différence ne vient pas de la forme du gouvernement.La Russie communiste a -suivi, en politique étrangère, les chemins tracés par la Rus .ic des tsars parce que certaines nécessités permanentes lui imposaient 1.; mêmes desseins.La Russie soviétique dispose même de moyens formidables que les tsars ne possédaient pas : la propagande ré- , volutionnaire, le noyautage, le fédéralisme de Donc attention ! Quand on nous parle * l’U.R.S.S.qui reste ouvert à tous les Etats 1 d’alliance avec la Russie, ce n’est plus qui, avec la même forme de gouvernement, une Russie qui touche à 1 Allemagne et à souhaiteraient s’y agréger.A certains égards, 1 Europe Centrale, mais la voisine de nos la Russie d’aujourd’hui apparaît donc plus amis et alliés polonais et roumains.La poli-redoutable que celle d’avant-guerre.tique française, favorisée par les dangereuses Si elle était nécessaire, au même degré Rations du racisme, a obtenu, en ces der-que l’ancienne Russie, à l’équilibre et à la j ™rs mo‘s.a Moscou d excellents résultats, paix, ce n’est pas la nature de son gouver- g en est fin.de la politique de Rapallo.La nement qui devrait nous arrêter.L’ancienne Russie nc sera P1"5 larsenal d“ R=,ch: En monarchie n’y regardait pas de si près qm meme teLm.Ps 9U= lafrance et.Ia Russle se s’alliait avec Cromwell quelques mois après rapprochait, la Pologne et la Roumanie, l’exécution de Charles 1er.François 1er, au 1 Passaient^ des accords avec la grand scandale de la Chrétienté, introduisait Russle : det.ente Strate.La menace alleles Turcs devenus ses alliés dans la politi- ?a"d= ?a,t son effet" La Russ'e va sa™ que européenne.Louis XIV cultivait aussi doute- ,a.V"6" ‘’““P" a Geneve .* cette alliance et le bon La Fontaine chantait I P,lace alssee, vlde Par } A^magne ; elle avec ingénuité : s articulera de nouveau a 1 Europe, ce qui .-, ne saurait manquer de 1 embourgeoiser quel» J aime mieux les I urcs en campagne Que de voir nos vins de Champagne Profanés par les Allemands.Ces gens ont des hanaps trop grands.Notre nectar veut d’autres verres.Pour rétablir l’équilibre qu’elle estime menacé, la France est allée fort loin chercher des contrepoids.Le pacte d’assistance mutuelle avec Moscou en est la conséquence directe.Nous avons dit pourquoi une au mi alliance franco-soviétique est une erreur, et ne saurait que mettre en péril la sécurité française qu'elle devrait sauvegarder.Le rapprochement franco-soviétique fut d'ailleurs amorcé il y a longtemps.Il est un héritage de M.Berthelot, qui dut quitter le Quai d’Orsay après la déconfiture de la nos Banque Commerciale de Chine.Londres voit sans enthousiasme les tentatives faites en Europe orientale par la diplomatie de M.Barthou.Si elles pou-valeur morale.Après vingt ans, malgré une valent amener sur le continent une détente expérience combien douloureuse et chère, suffisante pour que la France cesse de ré-on en revient à la Realpolitik.Les rela- , clamer à Londres des garanties coûteuses lions franco-britanniques, comme tout le sinon impossibles, le Foreign Office n’y ver-reste, doivent se plier à cette inexorable loi.j rail pas grand inconvénient.Il préférerait L’amitié de la France et de la Grande- sans doute que quelque déboire fasse enfin Bretagne devait sceller la paix de Ver- comprendre au Quai d’Orsay que son véri-sailles, la nouvelle charte territoriale de table intérêt est de regarder au delà de la l’Europe.Mais c’était là une formule am- Manche.biguë et que Paris et Londres interprétaient Là s’arrête l’acquiescement britannique, diversement.Pour toutes deux, il s’agissait La Grande-Bretagne est au surplus opposée de sécurité, mais toutes deux n’étaient pas à toute alliance, quel que soit le nom dont également menacées.La Grande-Bretagne, on l’affuble, unissant Paris à Moscou.Pour il ne faut jamais l’oublier, est un empire de multiples raisons.Londres tient à garder immense, éparpillé dans le vaste monde, la France dans l’orbite britannique, afin exposé partout s’il ne possède le moyen de \ que soit assurée la sécurité du Royaume-concentrer rapidement sur le point menacé, j Uni.Si la France s’engageait ailleurs, elle une force écrasante.L’apparition dans le risquerait d’être entraînée dans un système domaine de Neptune des flottes américaine que la diplomatie de Londres ne peut conet japonaise crée des soucis nouveaux et trôler.La République ainsi serait peut-être multiples à l’Amirauté britannique.Celle-ci un jour dressée contre l’Angleterre.A tout n’est plus maîtresse unique du royaume des prix il faut éviter cela.Car l’aviation fran-eaux.Le souci de sa sécurité oblige donc -,aise est supérieure à celle de la Grande-l’Angleterre à rechercher le maximum de Bretagne.C’est l’une des raisons pour les-liberté d’action.Pas d’engagement, si pos- quelles on s’inquiète tant aujourd’hui de sible, qui retienne et immobilise en quelque l’aviation en Angleterre, endroit de la planète, des forces qui, dispo- Londres ne veut pas cesser d’être néces-nibles, empêcheraient toute menace de saire à la France, elle entend conserver à prendre corps ailleurs.Paris une influence précieuse.L’Angleterre La position de l’Empire britannique est ne veut pas être réduite à ses seules forces, sans doute plus vulnérable en Grande-Bre- à s’appuyer sur les seuls Dominions, à tagne que dans ses autres parties.Londres tendre les liens de l’Empire.Et on sait fort est une proie facile pour une aviation bien bien à Downing Street que lorsqu’il s’agit montée.C’est pourquoi le Foreign Office de sa sécurité continentale, les colonies ne a depuis la guerre désiré mettre et garder comptent plus pour la France.Ces délia France dans son jeu.L’armée et l’avia- nières ne peuvent donc guère constituer lion françaises, appuyées par les forces bri- pour la Grande-Bretagne un moyen de pres-tanniques locales, devaient fournir à la sion sur Paris.On ne veut pas non plus, Grande-Bretagne le minimum requis de sé- en Grande-Bretagne, de ces aventurés orien- curité.Contre-partie tacite, la flotte bri- taies qui risqueraient de bouleverser I Occi-tannique garantissait à la France la sécu- dent.On sait fort bien à Lor es quel est rité absolue de ses colonies.l’état précaire de l'U.R.S.S., et on verrait Cette attrayante équation ne saurait ce- avec anxiété la France attacher son char à pendant jouer à moins que la France ne soit ce navire qui fait eau.satisfaite.Cette dernière cherchant à en- Londres s'inquiète enfin et surtout de gager Londres à fond dans une alliance, le la conférence navale de 1935.Elle veut Foreign Office s’est trouvé pris entre deux éviter de s’engager jusque-là.Elle traînera feux! Il donne à Paris le minimum pos- donc avec les Français les choses en lon-sible, pour garder le maximum possible de gueur.De là cette attitude passive, aimable liberté d’action.Mais il ne peut jamais et distante.On ne dit ni oui, ni non.A jeter par-dessus bord la carte française.Genève, les commissions siègent, puis partent Pour satisfaire la France, et en même en vacances.On voudrait tant voir s assou-temps apaiser la tension européenne, sir pir les dragons et les fantômes.Austen Chamberlain signa Locarno.Sir Ils sont là, cependant, prêts à surgir.John Simon a répété lundi encore, que Lo- C’est pourquoi le Foreign Office peut bien camo restait pour lui une doctrine intan- ressembler aujourd’hui au langoureux char-gible.Le Quai d'Orsay ne donne pas à ce meur de serpents.Mais, n’en doytons pas, pacte une valeur absolue, parce que les on ne prendra point en défaut sa vigilance.Dominions n’y ont pas adhéré.On doute l ¦ que peu.Mais convient-il d’aller plus loin ?Nous ne le croyons pas.Il faut en tout de la mesure et du tact.C’est ce qu’ont oublié ., , .certains « savants » français dans leurs Mais prenons garde que géographique- ,ou hyperboliques à l’égard des bol- T'AmT?d aujourd hui n est pus listes.Il y a d’abord à régler, avec la celle de 1914.La resumption de la Polo- Russie_ ,a estion des anciennes dettes.Et gne U formation d une grande Roumanie.j$ ,a nde communiste reste un dan» 1 indépendance des Etats ba nques, naguère Qu; dit alliance dit choix ; tout choix soumis aux Tsars, elo.gnent la Russie sovie- b,e$se ceux ; n'ont pas été choisis.Il ar» ique de 1 Europe.Elle ne possédé plus su.riye ur gganer un allié peu sûr, on la mer Baltique, au lieu de la fenetre large- des amis certains.Donc, détente en ment ouverte par P.erre-le-Grand quun e ^tale, acclimatation progressive étroit œiWe-boeuf Leningrad, au fond du de ,a Russie en Europe, garanties de paix, golfe de Finlande.La Russie sov.et.que s est , Cautions contre les ambitions frénétiques reas.at.see ; le transfert de la capitale a ^ racisme .^st bien.C’est assez.Moscou en est a la fois la consequence et le symbole.Wlidimir D’ORMESSON Si les loups sortaient des bois René PINON (De la Nation belge du io juillet) Empire, il est bien évident qu'ils ne leraient pas davantage ni devant la guerre, ni devant les moyens les plus sauvages de la conduire.Or, quand on feuillette l'histoire de la Belgique, on constate presque à chaque page que c’èst.pour lui-même que notre pays a été l’objectif de nombreuses invasions.Ce n’est qu'exceptionnellement que .nos provinces ont été foulées aux pieds, pour répondre à dès mobiles uniquement militaires.Depuis le renforcement des défenses de l'Est français, l’Allemagne n'a guère d’autre d’atteindre reçu- Les vrais maîtres de l’Allemagne son éternel adversaire moyen qu’en traversant la Belgique.On en conclut souvent, et même des discours officiels portent la trace de cette opinion, que le seul danger de guerre qui plane sur la Belgique résulte de l’existence de la grande voie d’invasion que la' Meuse et la Sambre tracent en direction de Paris.(Le Figaro du 3 juillet) les événements qui I Junkers de la Reichswehr comme ces se sont déroulés, en Allemagne, plus on se j data improvisés, bruyants, paradeurs, qui persuade — malgré les énigmes, les con- | tiennent le haut du pavé et ne sont à leurs tradictions, les incertitudes qui subsistent yeux que des gamins mal élevés; — que la véritable conclusion qu’il faut en tirer se résume en ces mots:’ La Reichswehr le régime séculaire de la propriété, est désormais maîtresse de la situation.Désormais, sur tous ces points, Hitler Libre au Dr Gcebbels de nous dire le sera obligé de rectifier ses positions.De ce contraire et de célébrer la victoire sanglante Eit, Es événements du 30 juin vont im-d’un régime « délivré » de ses entraves, primer à la politique allemande une tout Libre au Führer de dicter ses volontés aux autre orientation.ii v sol- Plus on réfléchit sur i ili C’est là cependant un jugement trop simpliste, et, dans l’intérêt national, il est F' M 4° Scs lois socialisantes qui atteignent m nécessaire d’y apporter quelque correctif.Il a vraisemblablement sa source dans les Pendant des "siècles, les monarques les plus puissants ont convoité les Pays-Bas et ce sont lés campagnes incessantes, nées de leur ambition, qui ' ôitt ruiné nos cités et nos champs.Souvent aussi, nos souverains d'Espagne et d’Autriche ont considéré leurs provinces éloignées du « plat pays » comme un gage précieux que, certes, ils disputaient âprement à leurs rivauft, mais qu’ils étaient prêts à monnayer contre d’autres territoires plus à leur convenance.Jusqu’à 1815, la Belgique n’a cessé d’être considérée tantôt par l'une, tantôt par l’autre grande puissance, comme une proie ou comme un gage de grande valeur et, au cours de la dernicré guerre encore, l’Allemagne, dont l’étoile pâlissait, s’est efforcée de négocier au mieux de ses intérêts, le beau territoire où elle campait encore en vainqueur.Certes, l'existence de la grande voie d’invasion de la Meuse conservera dans l’avenir toute l’importance militaire que lui donne la géographie; mais elle ne doit pas fâire négliger les autres dangers que mettent en lumière les leçons de l’histoire.L’Allemagne d’aujourd’hui est trop faible pour songer à battre la France en un seul élan; qjais si elle prémédite son coup et parvient à le réaliser par surprise et avec soudaineté, elle est à ntême de submerger notre pays en moins de quinze jours, en tournant Liège.Alors, retranchée dans notre son sol, elle peut s’y rendre pratiquement inexpugnable.Son aviation tient l’Angleterre sous une pression constante, tandis que son armée occupé sur le flanc de la France une base d’opérations d’une valeur inestimable.L’Angleterre serait-elle disposée dans cette éventualité à lever, comme jadis, d’innombrables contingents au risque de se ruiner?La France voudrait-elle sacrifier sa jeunesse pour chasser, tranchée par tranchée, les Allemands de notre pays, en transformant inévitablement celui-ci en un désert jonché de ruines?Ou bien au contraire, l’Allemagne ayant acquis à peu de frais un gage de grande valeur, ne Je rétrocéderait-elle pas au prix d’un palpable bénéfice, dont nous serions vraisemblablement appelés à faire les frais, sous l’une ou l’autre forme?Nous ne sommes pas à même, avec nos seules forces, d’écarter ce risque.Pour nous assurer contre lui, il n’est pas d’autre moyen qu'une entente militaire étroite et susceptible de jouer instantanément.Il faut prévoir l’éventualité où lés loups faméliques et furieux sortiraient des bois, Il faut sortir de l’isolement, même s’il n’est que momentané.Nous n'ignorons pas les inconvénients d’associer un petit pays à un grand.Mais actuellement se révèlent clairement pour la Belgique, dans lé domaine militaire comme dans le domaine économique, deux problèmes essentiels: se défendre et vivre.La lutte militaire n’a pas commencé ; mais la guerre économique est en plein développement et devient chaque jour plus âpre.’3 ; f événements de 1914 et dans la croyance qu’une guerre de l’avenir verrait une reproduction plus ou moins fidèle des manoeuvres stratégiques du passé.Or, à l'heure actuelle, rien n’est moins 1 1 La Reichswehr, maîtresse du jeu en troupes d’assaut « régénérées » et d'ailleurs mises en congé.Une chose est sûre : c’est Allemagne, cela signifie d abord que 1 Aile* que Hitler a lui-même démoli le prestige magne va changer d attitude vis-à-vis de la et l'autorité de ses milices.Donc il ne reste Russie (car la « carte russe » est une de plus que la Reichswehr pour assurer l’ordre celles auxquelles la Reichswehr tenait le en Allemagne.j plus).Cela veut dire ensuite que la con- On s'en était toujours douté.Le fait ! vc?lion germano-polonaise ne sera plus aujourd’hui est aveuglant.Avec le concours 9U “ PaPler des.sec.h,e * .qUC ' '""°" de Hitler, s’il s’y prête, sans lui.s’il faut on « a“a,t a,Varsovle vont tourner en venir jusque-là.l’Allemagne est mainte- court' C.ela veut chre encore que Ion met- nant placée sous la dictature de son armée ga Lun frel" a 1 um ansmc ?tal,taire du de métier.Telle est la réalité qui s'impose.R«ch aUX luttes confessionnelles et qu on r, ., .„ , , , travaillera a 1 Anschluss sur le plan d une _ C est d ailleurs dans 1 ordre normal.Les fusjon
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