L'ordre, 28 août 1934, mardi 28 août 1934
:'-TJ i # RÉDACTION ET ADMINISTRATION TARIF DES ABONNEMENTS I % 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone : PLateau 8511* % 1 an 6 mois 3 mois :* ) Administrateur En ville, parla poste.Canada (hors de Montréal), Royaume-Uni, France et L $6.00 Espagne .J Etats-Unis et Amérique du Sud 86.50 Autres pays PIERRE ASSELIN Secrétaire de la Rédaction .LUCIEN PARIZEAU $9.00 $4.75 $2.50 83.25 $1.75 83.50 81.85 $8.00 $4.25 $2.25 ri On es# prié d'envoyer toute correspondance à la case 4018 de l'Hûtel des Postes en mentionnent sur l'enveloppe le service (Rédaction ou Administration) auquel on veut s’adresser.Quotidien de culture française et de renaissance nationale Directeur-fondateur * OLIVAR ASSELIN L'abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre.Première année—No 143 Le numéro: 5 sous Montréal, mardi 28 août 1934 Différence d'esprit, différence d’attitude un coefficient à un problème, c’est donc du même coup en affecter d'autres à des problèmes concomitants.Un projet quelconque qui se verrait affecter le coefficient local de 60, par exemple, déterminerait un coefficient d’opposition de 40, et cette proportion ne varierait que si un élément nouveau, en relation directe avec le cas en question, venait en augmenter ou en diminuer les termes.Le coefficient demeurerait donc attaché au projet lui-même, et quand bien même vingt mille projets seraient soumis à 1 étude des économistes, le coefficient de 60 favorable au nôtre demeurerait invariable, sauf la réserve ci-dessus mentionnée.Une conclusion s’impose à ce raisonnement.C est qu’un coefficient sera d autant plus grand et d’autant plus stable qu’il sera affecté à un projet d’une nature plus nouvelle.L’organisation d une usine d’automobiles, par exemple, verra probablement son coefficient local très élevé, mais celui-ci diminuera sans aucun doute au fur et à mesure qu'il aura à confronter les intérêts similaires régionaux, provinciaux, nationaux et internationaux.Par contre, l’organisation d’une usine qui se proposerait d’exploiter un brevet de locomotion à air comprimé verrait augmenter sans cesse son coefficient favorable.Nous aurions donc là un organisme qui ferait du coefficient, fonction du marché et de ce qui le détermine, un encouragement d’ordre numérique à l'invention, au vrai progrès.La presse de langue française aux États-Unis y avait déjà eu deux ou trois journaux au Détroit; et Kankakee, une ville de l'Illinois, avait vu naître en 1857 un journal, le Courrier de l'Illinois, qui devait persévérer une cinquantaine d’années.Après ces précurseurs, d’autres suivirent.Il y eut des journaux à Chicago, à Bourbonnais, à Minneapolis, à Saint-Paul, à Duluth, à Bay City, à Marquette, à Lake Linden, à Muskegon, ailleurs aussi au Michigan.C’est incidemment dans une ville du Minnesota, à Duluth, qu’un jeune Canadien, qui devait plus tard être ministre des Douanes et sénateur, fit ses débuts dans le journalisme, en fondant, en 1890, une feuille qu’il appela le Courrier, et qui ne vécut d’ailleurs que quelques mois.Ce jeune Canadien était originaire de Trois-Rivières.Il s’appelait Jacques Bureau.A part le Courrier de i/Illinois, aucun des journaux fondes dans la région des Grands Lacs ne vécut plus de trois ans.Le plus intéressant d’entre eux pour l’histoire, à cause de la personnalité de son fondateur, c’est I’Amérique, de Chicago.Le fondateur, c’était le plus hugolâtre des poètes canadiens, l’auteur de la Légende d'un peuple, Louis Fréchette.On ne sait pas dans quelles circonstances Fréchette émigra aux Etats-Unis.En 1866, Fréchette était en relations avec Médéric Lanctôt, un des partisans les plus remuants de l’indépendance canadienne à cette époque.Un jour, Fréchette reçut à Québec la visite d'un certain colonel Suderland, muni d’une lettre de présentation de Lanctôt.Sans méfiance, Fréchette promena le colonel Suderland partout à Québec et jusqu’à la citadelle.Mais le mystérieux colonel était un espion fénien.Après cette mésaventure, Fréchette jugea prudent de passer à l’étranger.En 1868, à Chicago, il fondait I’Amérique.Tout alla bien pour Fréchette et 1’Amérique jusqu’en 1870, alors qu’éclata la guerre franco-prussienne.Il y avait déjà, à cette époque-là beaucoup d'Allemands à Chicago, et comme on était en période électorale, le congrès du parti républicain de l’Illinois, pour faire la cour aux Germano-Américains, exprima le voeu d’une victoire de la Prusse sur la France.Or, (’AMÉRIQUE adhérait au parti répu-blicain, et-pehdartt'une’-absence de Fréchette au Canada, le rédacteur chargé .de l’intérim, un Suisse du nom de Lafontaine, qui espérait obtenir un poste de fonctionnaire après la victoire républicaine, trahit son journal en faisant lui aussi sa cour aux Allemands.Les lecteurs de I'AmÉrique se désabonnèrent en masse et ce fut la mort du journal.Fréchette rentra au Canada en 1871, aussi pauvre qu’il en était parti, mais sans doute aussi plus riche en expérience.L’ordre du jour» par André BOWMAN Un grand pas vient d'être pli en France.Le cabinet Doumergue, un moment ébranlé, s'affirme à veau et continue son mouvement d< redressement, qui n’est pas seulement! extérieur.Le président du conseil étu* die actuellement le rapport Marqueta Rivolet, travail préparatoire aux projets de réforme de l’Etat et de réforme électorale.Chose nouvelle : le cabinet traitera ces importantes questions corn* me « affaires courantes ».Ce qui veut dire que le gouvernement, au lietl d’abandonner l'initiative du ment de réformes, se propose au com traire de la conserver.M.Doumergu# se rend trop bien compte du sort ré«i servé à tout projet visant à modifies l'état actuel des choses pour laisser la Chambre s’emparer de l’idée et la dé« former.Il faut, dans l’intérêt de l’Etat, procéder à des réformes urgentes et profondes.Entre les mains des parle** mentaires, ces réformes deviendraient bien vite des caricatures, car pour eu* les intérêts électoraux passent avant tout.Le cabinet a donc résolu de mettre debout un vaste plan de « réorganisai tion administrative et électorale » et ceci fait, de le faire voter.Il est trop tôt pour dire si le ministère parviendra à imposer ses volontés à une Chambre anarchique et si le cabinet Doumergue ne tombera pas comme sont tombées tant d’autres administrations qui tentèrent un véritable redressement.Pour le moment, le Président du conseil a pour lui non seulement l’opinion publique, mais aussi des appuis solides au Parlement.Il s'agit de savoir si ces appuis ne lui manqueront pas à la dernière minute' érsi «l’ordre du jour» sera trop dur à digérer pour ces messieurs du Palais-Bourbon.Le vote des réformes Doumergue implique un retour au bon sens.Il est douteux que les députés actuels fassent preuve de ce minimum de raison pourtant si nécessaire.On peut plutôt prévoir un conflit entre l’exécutif, dépouillé de scs attributions réelles, et le législatif, qui a usurpé si malheureusement tant de pouvoirs.Que la réforme sans révolution soit possible en France, personne n'en doute : le pays n’a pas atteint ce stade dangereux où il faut opter pour les extrêmes.Si touché qu'il soit par la crise économique et politique, si affecté qu’il puisse être par la con** fusion des idées, il est et reste sain, L’indignation soulevée par l’affaire Stavisky ainsi que les journées de féi vrier en sont une preuve.Il y a solu* tion de continuité entre le Parlement et la Nation.Il s'agit de combler autant que possible ce fossé.La tâche n’est pas impossible, encore que nul n’ignore la valeur très relative du « Parlement, reflet de l'opinion ».Vouloir révolutionner les institua tions d’un pays, alors qu’il est infini* ment plus logique, plus facile et surtout moins dangereux, de les réformer, c’est faire preuve d'un esprit de destruction absolument négatif.C’est une immense erreur de croire qu'on peut se tirer des difficultés de l’heure en changeant de fond en comble la façon de s'adminis* tref ou de se régir.C’est la thèse maintenant adoptée par les néo-socialistes, qui voient dans une révolution le seul moyen de s’emparer du pouvoir et de faire triompher leurs doctrines.Ils ne veulent plus du Parlement, du moins d’un Parlement qui ne soit pas socialiste (ou peut-être communiste) cent pour cent.Il leur faut la dictature, non pas pour sauver l'Etat, mais pour exploiter le pays.C'est l'heure, pensent-ils, de pêcher en eau trouble.Et ils sortent tous les arguments révolutionnaires possibles pour convaincre leur public.Après plus de quatre ans de guerre en Commun et des pertes énormes de et de richesse subies accom« sang Texte d'un travail lu hier au Congres de la presse française, à Québec, par M.Edmond Turcotte, rédacteur en chef du «Canada» noui en commun pour conserve une même cause, l’Angleterre la France la plupart de ses anciennes préventions.Une propagande de cinquante années, qui s’est poursuivie plus vigoureusement que jamais depuis la guerre, en faveur du creusement du tunnel sous la Manche, n’a encore pu lui faire entendre que pour la protéger contre l’invasion il suffirait d’un reil d’inondation manœuvré envers P Lorsqu on aborde le sujet de la pressé eu une existence matérielle très prospère, d expression française aux Etats-Unis, o«ti A part le Moniteur, qui vécut une découvre peu à peu qu un terrain que 1 ony vingtaine d’années, il y eut le Courrier croyait assez plat, assez aride, est en réa- de la Louisiane, qui vécut un demi-lité très riche et très divers.La presse* siècle, et I’Ami des Lois et I’Orléanais, française des Etats-Unis n’est pas seu-j qui se maintinrent une quinzaine d’années, lement très ancienne; elle a fait sentir sort Mais après la guerre de Sécession, qui influence à différentes époques sur quatre éclata en 1861, c’est déjà le déclin.Les régions distinctes ; naissances sont sans doute aussi nom- breuses, mais les notiveaux-nés sont moins vigoureux.Ils vivent moins longtemps.Et surtout, le caractère bilingue, qui a été présent dès les origines dans la presse loui-sianaise, s'accentue de plus en plus, au point que plusieurs journaux, français ou bilingues à leur fondation, deviennent peu à peu exclusivement anglais.Un seul journal évolua en sens contraire : c’est I’Abeille, de la Nouvelle-Orléans, fondée en 1827 par un typographe de Saint-Domingue, François De-Iaup.D’abord française, I’Abeille devint bilingue à peine trois mois après sa fon-T ’ dation, et elle fut même trilingue pendant Lorsqu’on parle de presse français^ une année entière, au cours de 1830, pour dans les centres français des Etats-Unis, complaire aux réfugiés espagnols de la c’est presque toujours à celle du Nord- Nouvelle-Orléans, chassés du Mexique par Est que l’on pense.C’est donc surtout de la guerre de l’indépendance, celle-là que je veux parler.Mais je veiïjî C’est en 1872 que I’Abeille, suivant dire aussi quelques mots de celle des autres une pente contraire à celle de tous ses con-régioqs.En premier lieu, toutefois, et pour frères, qui glissaient peu à peu vers l’an-ainsi dire en marge du sujet, il est intê- glais, sacrifia son édition anglaise, la New ressant de signaler, à titre de simple eu- Orleans Bee, et devient exclusivement riosité, un fait isolé se rattachant plutôt française, pour le rester jusqu’à sa mort, f la préhistoire du journalisme français en survenue il y a seulement quelques années.Amérique.L’Abeille, à sa mort, était centenaire.C’est à Boston que parut la première Les Lousianais de race française 11’ont gazette française, le 23 avril 1789." Elle Pjus qu’un seul organe.C’est un journal s'appelait le Courrier de Boston et son bilingue paraissant sous le double, titre de fondateur pétait un professeur de françms -N-BW-* Orleans- dduRRrÉR èt> CoURRiER à Harvard, Paul-Joseph Gùérard de Nan- de la Nouvelle-Orléans.Son direc-crèdc.Le Courrier ne vécut que six mois, teur, M.André Lafargue, écrit avec un Son fondateur avait vainement fait appel égal bonheur l’anglais et le français.Mais, à scs appuis naturels, les Français ou des- détail significatif, le titre anglais du jour-cendants de Français de Boston et de la nal figure en première page, et le titre région, dont un grand nombre étaient des français en troisième, huguenots exilés qui très vite se fondirent En Californie, la presse française tient dans la nation américaine et devinrent bon.La population de race française y est d’authentiques Yankees.peut-être moins nombreuse qu’en Loui- En 1794 naquit à la Nouvelle-Orléaife siane, mais elle est plus près de ses ori-le Moniteur de la Louisiane.C’était gines.Je veux dire que l’émigration de le premier d’une longue lignée d’au moins France en Californie a duré assez long-une centaine de journaux louisianais.Au temps après la découverte.de l’or en 1848; cours de la première moitié du XIXc que les émigrés français ont gardé jusqu’à siècle, plusiers journaux paraissent avoir nos jours le contact avec la France, et qu’un récent courant d’émigration vers la côte du Pacifique, principalement à Los Angeles, des habitants de la Nouvelle-Angleterre qu’on appelle Franco-Américains, tend à conserver la langue française en Californie pour ainsi dire en état d’éternelle jeunesse.En tout cas, les Franco-Californiens possèdent encore trois excellents journaux: le Courrier du Pacifique, qui paraît tous les jours à San-Francisco, avec une édition bihebdomadaire qui toute la côte du Pacifique; I’Union velle, un hebdomadaire paraissant à Los Angeles depuis 55 ans, et le Courrier français, un autre hebdomadaire se proclamant l’organe des colonies française, franco-canadienne, belge et suisse de Los Angeles.Le Courrier du Pacifique, de San-Francisco, le plus ancien des trois survivants d’entre les dix ou douze journaux qui ont vu le jour en Californie, est en même temps le premier à y être apparu.II fut fondé en 1852 sous le nom de I'Écho du Pacifique par un typographe parisien du Journal des Débats : Etienne Derbec.L'actuel Courrier du Pacifique est l’héritier direct du journal de Derbec, ce qui lui permit de marquer l année dernière le 75e anniversaire de sa fondation.Des journaux des Etats-Unis s’adressant particulièrement aux émigrés de France, le Courrier du Pacifique est le seul qui soit resté quotidien.Jusqu'en • 1931 ou 1932, il y avait à Nexv-York le Courrier des Etats-Unis, fondé il y a plus de cent ans par William Hoskin.La crise ou les circonstances l’ont réduit à une édition dominicale.Cela ne l’empêche pas d’être encore aujourd’hui un des journaux français les mieux informés et les mieux rédigés des Etats-Unis.Dans le Middle-West, on a été moins heureux qu’en Californie ou même qu’en Louisiane.Depuis déjà longtemps, il ne subsiste plus un seul des 20 ou 25 journaux que les émigrés’franco-canadiens ont fondés dans la région des Grands Lacs, notamment aux Illinois, au Michigan et au Minnesota.Quand rôle des disparus, suivre à la trace le grand mouvement d’émigration canadienne qui se déclencha vers les Etats-Unis à l’époque de la guerre de Sécession américaine, et dont une part assez importante se dirigea vers les terres neuves de l’Ouest.Avant même la guerre de Sécession, il appa- par un policeman: pour tenir tête sur ce point à des esprits européens comme Baldwin et les Chamberlain, il suffit d’un gallophobe comme MacDonald suivi d’un peuple saxon qui se croit encore au lendemain de la conquête normande.Depuis le traité de Versailles, la France n’a mouvei .Ie d’abord la Louisiane, où elle, existé depuis plus d’un siècle et quart ; sur la Californie, où son existence remonte aux années de la Gold Rush ', sur le Middle-West, que l’on a fort justement appelé « le cimetière des journaux français»; , sur le Nord-Est des Etats-Unis, où se trouvent les groupements d’origine française de beaucoup les plus importants du pays, et où, pour cette raison, la presse d’expression française compte encore un grand nombre de représentants.sur 2* 3* pas fait un mouvement dans l’intérêt de la paix européenne que l’Angleterre soit aussitôt mise en travers, par une jalousie instinctive se traduisant quelquefois par les calculs intéressés — crapuleux, mais inintelligents, — d’un lord d’Abernon, brasseur d’affaires plus moins véreuses en Turquie sous le nom de Vincent avant d’être ambassadeur à Berlin.Dans les affaires d’Allemagne et d’Autriche, Londres, comme Rome, s’est rapproché de Paris, mais le moins ne se 4e ou Comment, en pratique, déterminer le coefficient ?Evidemment ce serait, en dernière analyse, le jugement de l’homme, de plusieurs hommes, qui serait le véritable évaluateur.Mais ici, il y a lieu d’observer que le système de vote par «oui» ou «non», tant en faveur dans nos démocraties, est absolument idiot.Voter pour Jean, c’est affirmer que Jacques est nul.C'est vraiment trop absolu.Nous ne discutons pas ici le bien-fondé de l'opinion (!) publique, mais la manière simpliste et brutale avec laquelle on la fait jouer.Si nous transposons le vote dans le domaine du Conseil National Economique et si nous le mettons aux mains de .gens.qui,, qpx.au .moins.sont-compé— tents en là matière sur laquelle ils ont à se prononcer, nous estimons qu’un vote d'économistes devrait s’exprimer en pourcentages, au nombre de deux au moins : pour, tant pour cent ; contre, tant pour cent.Nous ne prétendons pas que ce mode de votation puisse être mis en pratique dans le cas d’élections législatives, puisque celles-ci, contrairement au dire général, ne sont pas le résultat de l’opinion publique, mais de la passion majoritaire et hypertrophiée d’une foule.Mais nous sommes tout à fait en faveur de l’emploi du vote par pourcentage pour l'élection des membres des différents conseils du Collège Economique (supérieur, d’administration, de régie interne, technique, disciplinaire, etc.) ; pour l’élection d’économistes à certaines fonctions publiques, etc.,.possible et du plus loin possible, et au seul ton des dépêches on se rend compte qu’en dehors d’une élite le peuple anglais, malgré son attachement au gouvernement démocratique, à la Bible, au jury, sera parmi les premiers à subir le prestige de cette brute saxonne d’Hitler.Pendant ce temps l’Angleterre décide d’ajouter d’un seul coup à ses forces aériennes Ab escadrille^ pour éh porter l’effectif de 844 appareils à 1304.Mais en France, loin de voir cette : augmentation d’un mauvais œil, on s’en réjouit.Depuis cette décision déjà vieille de plus de deux mois, pas un seul journal n’a dit ou donné à entendre que l’aviation française jointe à celle de l’Angleterre serait amplement suffisante pour tenir tête à celle de l’Allemagne.Le projet de Londres d’établir des bases d’aviation dans le nord de la France eh cas de guerre avec l’Allemagne ne soulève pas la moindre objection dans le monde officiel ni dans l’opinion publique.Malgré les multiples trahisons qu’elle a subies depuis 1919 de la part de son ancienne alliée, la France ne saurait m ¦ I ' Dans l’Etat de New-York, il naquit, comme dans la région des Grands Lacs, une vingtaine de journaux, dont 7 ou 8 à New-York meme.Il n’en subsiste plus un seul, sauf, comme je l’ai dit, le Courrier des Etats-Unis, qui est plutôt l’organe des émigrés français que des émigrés franco-canadiens.à la création du Collège Economique et simultanément d’organiser une campagne d’opinion habile et systématique auprès de l’élite, puis une campagne de vulgarisation.Mais avant tout cela, la chose est à discuter, en cénacle.Le signataire de ces lignes a imaginé un mode d’organisation économique dont il ne méconnaît ni les déficiences, ni les difficultés de réalisation.Il s’est du moins efforcé d énoncer quelques principes essentiels, d’en tirer des conclusions et de les exposer consciencieusement.La seule utilité de ses articles serait-elle de provoquer un autre projet que le sien, qu’il s’en trouverait fort heureux.André VERRIER N.D.L.R.— Pour mémoire, nous donnons ici la liste des titres des différents articles parus sous le titre : « Pour un Conseil National Economique ».I.La chose économique aux économistes.(3 août.) II.Loi et liberté complémentaires.(4 août.) III.Conseil National Economique en France.(6 août.) , IV.Projet Paul-Boncour.(7 août.) V.Conseils économiques italien, allemand, fcelge.(8 août.) VI.Particularité canadiennes : 1 ° imparité entre la population et les .intérêts économiques ; 2° sépa-, ration, et non répartition, des pouvoirs ; 3° individualisme.(10 août.) VII.Nécessité d’un Collège Economique.(13 août.) VIII.Son recrutement.Enseignement primaire et vocation économique.(14 août.) IX.Enseignement secondaire et supérieur.Faculté économique.(15 août.) X.Conseiller.Economiste.(16 août.) XI.Caractère de dissociation du Canada : trois Canadas.(17 août.) XII.Fonction publique de • l’Econo- 4» miste.Organisme économique.Information locale.Evaluation régionale, provinciale, fédérale et internationale.(20 août.) XIII.Valeur consultative et quasi légis- lative du C.N.E.(27 août.) XIV.Coefficient.Votation par pourcen- tages.Préséance.(28 août.) Le premier des journaux new-yorkais fut fondé" dans la ville même de New-York, à l’automne de 1867.C’était l’époque où les provinces canadiennes s’unissaient pour former la Confédération actuelle, et où Médéric Lanctôt, rival malheureux de Sir Georges-Etienne Cartier à Montréal, s’agitait aux Etats-Unis en faveur de l’indépendance du Canada et parcourait les Etats américains, de la Nouvelle-Angleterre jusqu’au Midde-West, pour fonder ou pour susciter dans les colonies franco-canadiennes des journaux favorables à l’idée de l’indépendance.Le Public canadien, de New-York, fut un de ceux-là.Il vécut moins d’un an.C’est d’ailleurs l’existence moyenne des autres journaux français qui parurent à une époque ou à une autre dans l’Etat de New-York, depuis l’apparition du Public canadien jusqu’en 1900, à Ogdensburg, à Champlain, à Keesevillc, à Syracuse et à Glens Falls.Il y eut, par exception, à Watertown et à Cohoes, deux journaux qui vécurent chacun une quinzaine d’années, et à New-York même, deux autres journaux qui vécurent quatre ans.Mais ce fut tout.traiter autrement qu’en amie la nation qui a fait à ses .côtés la guerre de 1914; elle prend spontanément acquis que les avions anglais raient, quoi qu’il advienne, servir contre elle.Le grand avantage que nous voyons dans ce procédé, c'est qu’au lieu de s'en remettre à la majorité absolue pour le choix d’un homme, les résultats indiqueraient seulement un ordre de préséance, ce qui est infiniment plus rationnel puisque chaque candidat se verrait attribuer par chacun des votants un pourcentage d’estime et de considération professionnelle.La préséance ainsi établie, attribuant une place à chacun, offrirait cet autre avantage de modérer l’injustifiable et nuisible vanité du « vainqueur’» et de lui adjoindre celui dont la majorité absolue aurait fait un « vaincu », un immobilisé.On peut ajouter, puisqu’il s’agit de vote, qu’à notre avis la majorité absolue est insuffisante, même et surtout au service d’experts) pour décider de l'adoption d'une mesure quelconque.En principe, il faudrait que, pour avoir de la valeur et être équitable, un pourcentage de 65 ou 70 au moins soit en faveur du projet.Il y aurait alors moins de risques d’une préséance usurpée.Mais n'entrons pas dans le détail compliqué d’une procédure d'évaluation que nous pourrions toujours exposer si quelque lecteur s’y intéressait.' Tel quel, le Conseil National Economique est-il réalisable ?Nous lé croyons, puisque, par construction, il a pour fin d’être conforme aux intérêts spécifiquement canadiens.Il n’est certes Das anticonstitutionnel ; il aurait même 'avantage, qui est grand, croyons-nous, de s'adapter automatiquement à toute nouvelle constitution séparée.Allons même plus loin et signalons que notre projet favoriserait et renforcerait les pouvoirs provinciaux en les organisant, et serait ainsi une garantie, un garde-ou, contre la centralisation fédérale qui devient chaque jour plus effective et qui est regrettable.Sans doute, le principe serait-il difficile à faire accepter aux politiciens, qui sont, en dernier ressort, les seuls à pouvoir établir un Conseil Economique par une loi adéquate.La marche à suivre pour la réalisation d’un tel projet serait de procéder tout d’abord •! pour ne eau- rayonne sur NOU- Nous croyons certes que par la force des choses, advenant une nouvelle guerre, l’Angleterre et la France combattraient encore côte à côte, dans l’intérêt de la civilisation.La méfiance de l’Angleterre envers la France dans l’affaire du tunnel sous la Manche et la confiance de la France envers l’Angleterre dans la question de la défense aérienne n’en ?: montrent pas moins la différence d’esprit des deux peuples.I >y.OÜvar ASSELIN i Pour un Conseil National Économique ! .(Suite et fin demain') XIV Sans vouloir tout dire de ce qui trait à la constitution d’un Conseil National Economique, nous aurions voulu du moins tout sous-entendre.Mais comme cela ne manquerait pas d'être fastidieux pour le lecteur, nous tenons seulement à préciser ce que nous entendons par coefficient, celui-ci étant à la • base même du système préconisons.Ceux qui ne nous auraient pas bien compris pourraient imaginer qu’un coefficient régional de 60, par exemple, affecté à un certain problème, deviendrait 5 ou 10 en passant par l'évaluation provinciale, et serait réduit à presque rien après avoir passé par les experts fédéraux.Il en serait cependant tout autrement.Fixons le coefficient maximum à 100.Il est évident que si un cas quelconque ne mérite pas ce maximum, c est qu’une ou plusieurs autres choses *n diminueraient l’importance.Affecter Un grand procès à Riga a A Riga (Lettonie), vient de se terminer le procès intenté à l’ancien ministre des finances Annus, prévenu d’avoir lésé la régie d Etat par 1 achat de sucre russe de basse qualité.L’ancien ministre a été condamné à trois ans de réclusion, alors que le procureur demandait l’application de la peine maximale, quatre ans.Malheureux pays, où on ne connaît évidemment pas l’art de « blanchir » les politiciens véreux.T - ?que nous La tâche du cabinet Doumergue et des partisans de l’ordre sera difficile.A toutes ces théories dissolvantes, qui égarent parfois les esprits les mieux équilibrés, on ne peut qu’offrir la solution du bon sens, de ce bon sens qui montre que les révolutions n’ont donné nulle part cette sécurité et ce bien-être tant recherchés ; que la crise économique mondiale n'a pas épargné les Etats absolutistes.Il vaudrait bien mieux chercher à créer un état fort qu'un état absolu, Il vaudrait infiniment mieux t I ou lit aujourd'hui le on a l’impression de DEMAIN Le régime hydro-électrique par Oliver Asselin ¦ -.r -t ‘ v-*-V .%- 2% —i L'ORDRE—Montréal, mardi 28 août 1934 Le Congrès du droit civil français « 4sm faire des révolutions dans les domaines où elles sont nécessaires, comme celui du système électoral, que de renverser toutes les institutions établies et acccp- i tées pour les remplacer par quelque chose d'entièrement nouveau.Car ces ; nouvelles institutions, même bonnes en REVUE DE LA PRESSE CANADIENNE UNE SESSION DE LA COUR DU BANC DU ROI.ayant juridiction criminelle dans et pour le district de Montréal, se tiendra au Pâlaii de Justice, en la Cité de Montréal, le LUNDI, 10 SEPTEMBRE PRO-CHAIN.A DIX HEURES DU MATIN.On ne saurait exagérer l’importance du droit civil dans un Etat policé.Fondé les mœurs et les coutumes du peuple qu il régit, le droit civil énonce les règles de 1 activité sociale des individus.L'Acte de Québec de 1 774 a reconnu l’usage du droit civil français en cette province.Jusqu’en 1866, le Bas-Canada fut régi par l’ancien droit coutumier français, surtout par la Coutume de Paris.Le Parlement des deux Canadas adopta alors le code civil aujourd’hui en usage dans les limites de la province de Québec.Ce code est inspiré du Code Napoléon.La Constitution de 1867 a garanti à la province de Québec sa liberté en matière de droit civil.Les progrès économiques des soixante dernières années, entre autres conséquences, ont entraîné la compénétration, en plusieurs domaines, du droit civil et du droit commercial.La province de Québec n’ayant point de code de commerce, les règles du droit civil sont appliquées en matière commerciale.Un semblable régime comporte des inconvénients qu’une législation spéciale émanée tantôt du gouvernement provincial, tantôt du gouvernement fédéral, s’efforce de corriger.Les provinces anglo-canadiennes ap- celui de l’ancien député autrichien j’accueillerais avec enthousiasme ces améliorations.Mais comment espérer que le gouvernement d’Ottawa abandonne jamais le terrain qu’il a envahi dans les domaines fiscal, législatif et administratif?Si à cette conférence M.Bennett trouvait justes les réclamations d’argent que M.Vautrin a énumérées à la dernière session provinciale et qui sont pour la plupart fondées, j'en serais et de tout cœur et le SAINT-LAURENT aussi probablement.Mais je doute fort que M.Bennett consente à verser ces ristournes.Le plus vraisemblable, c’est que cette conférence tende de plus en plus à la centralisation, particulièrement dans le domaine de la législation sociale, de l’assistance, empiètement déjà fort avancé et qu’il serait dangereux de rendre constitutionnel.C’est pourquoi, en attendant de connaître l’agenda de cette conférence, je crois qu’il y a lieu d’être fort sceptique à son sujet.En tout cas, que les représentants de notre province veillent bien à notre autonomie et s’en tiennent éperdument à la règle de l’unanimité qui doit prévaloir dans toute revision constitutionnelle.La carte d’identité « Abolition ou revision> oppose Grumbach, beaucoup plus sévère.sur Abolition ou revision?se demande le soi.resteraient mauvaises parce qu’elles Saint-Laurent au sujet de la Confédéra-n’auraient été qu’adoptées, mais non ; (ion, à propos de la conférence interprovinciale adaptées.Les révolutions ne doivent j d’octobre prochain.jamais être totales, sous peine d’être j Depuis 1867, on n’a guère touché à destructrices.Elles peuvent être par- ^A%cnt^dj\oTTëtT %n%' ju^ tiellcs.Ce sont alors des réformes qui qu-en 1917 — alors que la constitution peuvent être profondes et utiles.Ce ne assigne aux parlements une durée maxima r ., -r de cinq ans — mais cette dérogation a sont toutefois que des reformes.Pour Grumbach.l'horizon politique de Dolltuss est resté étroit.« Que sa silhouette d'homme d’Etat, dit-il, ait paru, surtout de loin, si grande, n’est dù qu’au tond sur lequel elle se dessinait et qui lui a donné une valeur symbolique: celle d’incarner l’indépendance autrichienne.Et puisque, au cours des années, le monde tout entier a acquis la notion exacte de ce que signifierait pour la paix de l’Europe l’effondrement de l’Autriche, on a pu confondre 1 ferveur essentiellement catholique de Dolltuss avec l’expression d’un plan politique d’envergure internationale.Sans vouloir nier le courage physique et moral qu’il a montré durant sa présence au pouvoir, et qui n’a pas dû l’abandonner au moment où les nazis l’ont abattu somme une bête — persuadé même qu’il a toujours cru « bien faire * — j’ai la invictton que Dolltuss a fait un mal imme autrichienne.» En conséquence, je donne avis publie à tous ceux qui auront à poursuivre aucune personne maintenant détenue dans la prison de ce district et à toutes les autres personnes qu’elles y soient présentes.Je donne avis aussi à tous les juges de paix, coroners et agents de la paix pour le district susdit, qu’ils aient à s’y trouver avec tous les records.commune ét• purement accidentelle: le texte original n'avait pas été changé.La conférence d'octobre prochain envisagerait au contraire une véritable révision, un changement réel de nos lois organiques.Inutile de faire remarquer que le problème est d’importance capitale.Le confrère rappelle la centralisation de plus en plus complète des Etats-Unis, confédération très décentralisée à l’origine, et il ajoute que c’est là « un phénomène normal dans toutes les confédérations ».Réformer l’Etat, c’est le rendre plus fort, plus sain.Ceux qui ne veulent pas se rendre à cette évidence sont eux-mêmes des êtres malsains et dangereux.Le shérif.OMER LAPIERRE.André BOWMAN Montréal, 18 août 1934.Bureau du Shérif.Il la cause de l'indépendance La Gaspésie Puis Grumbach, socialiste et athée, reproche à Dollfuss son catholicisme, qu'il considère comme étroit, et sa persécution des socialistes dont il dit qu'ils étaient la moitié de la population autrichienne.Il reproche durement au petit chancelier d’avoir trop pris conseil auprès de Mussolini.M.Douville se demande lequel de ce jugement sévère et de pliquent le droit anglais, et notre législation l’admiration qu’on a pu voir s’exprimer dans fédérale est constamment influencée par la Common Law.Certains chapitres du droit commercial, dont l’importance croit sans L’avenir dira si ce sévère jugement a ““%> }MreS de change par exemple sa raison d’être.Il est certain que tant ressortissent au gouvernement federal : ils qu'il a vécu, le petit chancelier avait la portent la marque du droit anglais et du sympathie de tous les peuples qui ab- droit américain.Plusieurs de nos statuts horrent la politique allemande actuelle, provinciaux sont marqués au même coin.rzK'pZwbrrss'Z , l.& u «.a»,™.qualités personnelles Indiscutables for- française a la limite d .in continent anglo-malent la base.D’après Grumbach, Doll- saxon et la provenance des capitaux qui ali-fuss a commis de nombreuses fautes mentent l’industrie indigène inclinaient le lé- iSlrS éclateur ,« 1=, canadien,-français à celier, et ne doit-on pas tenir compte en s inspirer du droit commercial anglais ou jugeant ses actes des difficultés sans américain.M.P.-B.Migneault (son âge cesse renouvelées de la politique autri- ct son mérite l’autorisent à adresser aux chienne dont il avait le gouvernail ?avocats un aussi cinglant reproche) impute ,.„r,d?.r,.;kD”."d'r, rai*.*» * «*.«m & l’Indépendance n’est plus que factice et des avocats canadiens-français : ils préfèrent repose sur l’intervention et la protection les arrêts de la jurisprudence anglaise ou de puissances étrangères », ceux qui dé- américaine parce que ces arrêts sont mieux nient au petit chancelier un grand sens cataloszués politique, peuvent aussi se demander si, N, .’ , ., .sans son passage au pouvoir, l’Autriche Notre peuple, s il veut survivre, doit ne serait pas aujourd’hui province aile- remettre en honneur le droit civil d’inspi-mande.Et même s’il ne reste à Dollfuss ration française.Un congrès comme celui c o IU o n‘ * au s tr o - a/loin a ,n d'e J°1 ’ h 1 s t o iirif ^ n e ^ v* .s
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