L'ordre, 20 octobre 1934, samedi 20 octobre 1934
aj # RÉDACTION ET ADMINISTRATION TARIF DES ABONNEMENTS 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone : PLateau 8511* 1 an 6 mois 3 mois Administrateur Secrétaire de la Rédaction .PIERRE BOUCHER En ville, par la poste.Canada (hors de Montréal), Royaume-Uni, France et $6.00 Espagne .Etats-Unis et Amérique du Sud $6.50 Autres paye PIERRE ASSELIN $9.00 $4.75 $2.50 $3.25 $1.75 $3.50 $1.85 $8.00 $4.25 $2.25 On est prié tf envoyer toute correspondance à U case 4018 de l'Hôtel des Postes en ment/onnant eur l’enveloppe le service (Rédaction ou Administration) auquel on veut s’adresser.Quotidien de culture française et de renaissance nationale Directeur-fondateur x OLIVAR ASSELIN L’abonnement est payable d’avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre.Première année — No 187 Le numéro : 5 sous Montréal, samedi 20 octobre 1934 Le Congrès de la Colonisation LE THOMISME A la recherche d'un maître Quelques considérations sur cet événement Raisons d’espérer — Raisons de douter Républicains et démocrates des Etats-Unis se sont lancés dans des controverses interminables sur le sens exact des élections du Maine, pilier du parti républicain.A notre avis, il est oiseux de discuter ainsi sur l’arithmétique électorale, qui peut signifier tout çe qu'on veut, et même ce qu’on ne veut pas.Les partisans du gouvernement actuel ont accueilli la victoire démocrate comme le signe certain d’une prochaine victoire aux élections fédérales ; quant aux républicains, ils y ont vu un accident dangereux peut-être, mais qui n’a rien de définitif.Les deux partis ont essayé de démontrer à coups de statistiques qu'ils avaient, l'un et l’autre, remporté un succès.Ce ne sont là que querelles de village.Il n’est pas question de savoir si les démocrates peuvent compter sur une majorité au prochain Congrès, ou si, au contraire, les républicains regagneront le terrain perdu depuis la chute de l’inénarrable président Hoover.Il s’agit plutôt de déterminer quelque chose de plus important qu’une simple majorité parlementaire : il s’agit de savoir quelle est l’orientation de la population.Quelques questions se posent très actuelles.Le peuple cherche-t-il sa voie ?Se désintéresse-t-il de son sort ?Se révoltera-t-il ?C’est justement parce que l’élection du Maine indique une tendance, confirmée depuis par l’évolution politique du pays, que l’on peut essayer d’en tirer une conclusion.Cette élection n'indique qu'une victoire démocrate, due peut-être au sentiment public, peut-être aussi à la machine électorale.Mais en admettant que les comités .électoraux ajçqt.puissant ment contribué à cette victoire, il n’en reste pas moins que la population s’est engagée dans une nouvelle direction.Non certes que l'électeur ait accompli, ce que l’on appelle en terme militaire, une conversion à gauche, et se soit réveillé un beau matin démocrate au lieu de républicain.Il s'est simplement prononcé en faveur de Roosevelt.Ce n'est qu’une coïncidence si Roosevelt- est nominalement un démocrate et le chef de ce parti.Tous les éléments réellement avancés ont voté pour Roosevelt, président indépendant-réformiste en dépit de son étiquette électorale.Le chef de l’Etat a maintenant pour lui des millions d'électeurs, qui le suivront non pas à cause de son allégeance à tel ou tel groupe politique, mais bien à cause de sa puissante personnalité et de son programme de sauvetage.C'est une nouveauté aux Etats-Unis.Tout le parti démocrate n’encense pas le président Roosevelt, loin de là.Et pourtant le président entraîne derrière lui assez de monde pour pouvoir continuer son expérience de restauration économico-politique.Tous les républicains qui n’ont pas voté pour leur parti ne sont pas nécessairement devenus démocrates ; mais ils suivent Roosevelt, président réformateur.Il faut donc qu'il y ait quelque chose de changé dans l’état d’esprit de la population pour que des groupes aussi divers fassent confiance au président, au moment même d’une entreprise hasardeuse.II semble que les Etats-Unis subissent, comme tous les pays en proie à un grave malaise politique et moral, cette loi instinctive qui fait rechercher par les sociétés ébranlées un homme faisant figure de maître.Il n’est plus tellement question de parti bleu, vert ou rouge, aux Etats-Unis, que de parti rooseveltien ou anti-rooseveltien.En un mot, les Etats-Unis cherchent leur voie, ils veulent réagir.On peut douter des résultats ultimes de l’expérience présidentielle, qui a commencé par une tentative de réforme économique- — peu édifiante — et qui finira par.la réforme politique et sociale du pays.Mais on ne peut douter que les Etats-Unis aient fait un effort pour sortir de l’ornière où ils s’enlisaient.ble d’accomplir cc que de simples clus du suffrage universel ne sauraient faire.Elle sent le besoin d’une dictature, au sens étymologique du mot.C'est le secret de la popularité du président Roosevelt, le premier chef d’Etat, en Amérique, qui soit honnête et qui ne travaille que pour son pays.Les événements se chargeront probablement de démontrer que les doctrinaires qui composent le Brain Trust se sont trompés.Il est fort possible que l’on tienne le président Roosevelt responsable de l’échec de sa tentative hardie, qu’il soit un jour balayé par un sursaut populaire.Mais dans ce cas, la population cherchera un maître plus dur, plus radical encore, un homme qui puisse la tirer du gouffre où l’a poussée l’adoration du Veau d'Or et le culte de la vanité humaine.30 Km i Mystique de colonisation — Un mot de M.Houde Ce qui attend M.Vautrin * comme Rien d'intéressant à observer la marche d’un congrès convoqué pour la discussion d’un programme de colonisation arrêté d’avance par un ministre qui croit savoir ce qu’il veut et où il va.M.Vautrin dit que la Confédération devrait fournir sa part des millions qu’il faudra pour le peuplement des terres boisées de la province: on applaudit.Un congressiste dit que la Province devra réaliser son programme quoi que fasse Ottawa, car le problème est proprement rauadien-français: on applaudit.Le R.P.Alexandre Dugré, S.J., affirme niairement qu’il ne saurait être lion de morceler les vieilles terres, car « nos gens » sont généralement opposés à ce système d’établissement; et il répète là une affirmation gratuite faite par Père Lebel ou un Père Paré quelconque au nom d’une .dizaine d’associations « catholiques », dans un manifeste que la plupart, d’entre elles n’ont pas lu ou que, pour la plupart, elles n’étaient même pas en état de comprendre: on applaudit.L’un après l’autre, les congressistes affirment que le temps est venu de modifier l’esprit des gouvernements et des particuliers dans un sens favorable à colonisation intense des terres boisées, ce qtii, évidemment, ne sera guère plus facile que de faire admettre à I’« habitant » la nécessité de varier et d’intensifier reprise mesure à peine 2,500,000 acres.Il parait qu’on pourra trouver encore quelques centaines de lots.Trois ou quatre mille lots, mettons cinq mille, c’est déjà quelque chose, mais ce n’est pas 27,000 et c’est même beaucoup moins.Au grès de Québec il ne fallait parler qu’en millions d’acres, immensités: quiconque se fût risqué à affirmer, dans l’intérêt de la vérité, qu’une partie des lots repris sur la forêt dans le pays-frontière de Bellechasse ou de l’Islet, par exemple, sont d’un sol capable de rebuter le colon le plus vaillant, il eût été hué.On voulait bien différer d’opinion sur certains points de politique, mais il y avait des faits qu’il fallait prendre pour acquis, même en l’absence de toute preuve, et l’étendue du domaine à coloniser était de celle-là.Mettons les choses au mieux, pensais-je.A supposer qu’il y ait 75,000 lots (7,500,000 acres) propres à la culture, un grand courant de colonisation les peuplera en quelques années: ensuite, le problème de l’établissement des fils de cultivateurs ne restera-t-il pas tout entier ?11 faudrait donc que le gouvernement, par le ministère de l’Agriculture, prît immédiatement les moyens de propager et populariser la culture variée et intensive dans les régions les plus fertiles du Vieux-Québec.Cette exploitation scientifique du sol nous permettrait de mettre trois millions de ruraux dans le territoire qui en nourrit actuellement un millidit èf demi, et rien ne’nous empêcherait de poursuivre en même temps le peuplement de la forêt.Nombre de congressistes, missionnaires colonisateurs ou agronomes, étaient de mon avis, approuveraient du chef, mais les fortes têtes du groupe « catholique », comme ils s’intitulent, ne disaient rien, car ils avaient signé d’avance et les yeux fermés un manifeste de trois mille mots où ils écartaient par ces quatre lignes toute idée d’une meilleure utilisation de la terre: 9 % Z ls- con- I en « royaumes », en V|x .tw Taunfy* sont- que»- André BOWMAN M.Jacques Maritain Un être malfaisant un LES IDÉES E,T LES FAITS que contre Mgr Dupanloup.Quant à Montalembert, on l’eût fait rouer comme Dans son allocution du 12 septembre insolent, à moins que les professionnels dernier, à l’Université Laval de Québec, du patriotisme, Gobeil en tête, ne lui Mgr Camille Roy annonçait (’institution eussent trouvé un ascendant dans le d’un cours supérieur de religion, oblige- ghetto, toire pour tous les etudiants.Cette initiative nous agrée pour plusieurs raisons: elle se rapproche, sur un point, de la rhé» thorique supérieure, à laquelle, selon nous, devraient aboutir les études gréco-latines; elle répond surtout au besoin urgent d’« informer » les hommes d’élite, comme eût dit l’Ecole, des choses de la religion.L’ignorance de notre peuple est sur ce point incontestable, et j’entends .paZ peU'pkr'toutes lés classes de notée société.Elle fait que dans les questions, sociales ou politiques, où catholicisme et bon sens devraient se confondre, le mot d’ordre est donné par des mazettes, devenues pour la circonstance interprètes officiels des encycliques.Exemple: la réclamation, par l’Ecole Sociale Populaire, et au nom de Quadragcaimo Anno, du « primat des salaires sur les dividendes », expression cartilagineuse en français et en bon sens.Une solide instruction religieuse, fondée sur ce principe que le catholicisme est une doctrine lumineuse et universelle, empêcherait peut-être ces sottes interpolations dans les paroles du pape; elle dissiperait en outre cette équivoque, accréditée dans notre pays, d’après laquelle clérical et catholique sont termes interchangeables.Les laïques ont des droits qui leur sont automatiquement délégués par leurs fonction sociale.Ils peuvent critiquer les actes laïques d’un clerc sans cesser de servir l’Eglise.L’éducation est, par certains côtés, une fonction laïque.De quel droit peut-on nous défendre, à vous, à moi, de nous en préoccuper ?Les petits esprits qui ont calomnié I’Ordre et ses rédacteurs à tour de bras, sous le prétexte qu’ils attaquaient les méthodes du clergé enseignant, sont, est-il besoin de le dire, des candidats tout indiqués au cours de religion de l’Université Laval.Dans le Canada français, où sévit une manière d’inquisition, Veuillot eût été pendu haut et court pour avoir polémi* I.— Un voeu sensc Pourquoi l’Association des marchands détaillants a-t-elle invité M.Allan B ray à sa dernière assemblée ?Cette estimable association croit-elle améliorer sa situation .dans le monde des affaires en s’acoquinant avec le conseiller de Saint-Henri ?Les discours furieux de ce gros homme n’avanceront pas d’un pouce la cause des détaillants montréalais.M.Rosario Messier, secrétaire de l’Association, a révélé quelques abus commis par les « chain stores » et les distributeurs de lait.Il a recommandé l’imposition d'un permis aux cultivateurs qui viennent à Montréal colporter leur bois.Il a dénoncé enfin la" législation fédérale sur les faillites, qu’il ne trouve pas assez sévère.Le discours de M.Messier attire l’attention des gouvernants sur les pratiques frauduleuses de certains marchands et, par ricochet, démontre l’utilité d’une association comme celle dont il est le secrétaire.Il appartient en effet à un organisme de ce genre de renseigner ses membres sur l’art du commerce, d’informer le public et d'intervenir auprès des gouvernants pour faire ¦ cesser toute concurrence déloyale.Le député fédéral de Saint-Henri, M.Paul Mercier, y est allé ensuite de son petit refrain sur la « maladie du commerce local ».C’est alors que, donnant un vigoureux coup de poing (il frappe aussi fort du poing que.du pied) sur la table, M.B ray se leva : « On s’est moqué de moi, dit-il, quand j’ai voulu consolider la dette avec mon projet de trois et demi pour cent dans la vente de nos débcnturcs.On s’est écrié : Il ne faut pas gâter le crédit de la Ville.On parle de communisme, mais il s’en vient à io milles à l’heure comme ces gros camions de 1 Ontario qui couvrent nos routes et transportent ici les produits ontariens.On veut boucler le budget mais on frappe sur le petit.Et si l’on parle de taxer le riche on rencontre de l’opposition.La Ville soutient 40,000 chômeurs, pas habillés, pas chauffés, et on veut leur donner $1 par jour à l’enlèvement de la neige.Mais eux, les millionnaires dans la montagne, ils ne paient pas pour nos ponts, pour nos via-ducs, et ça nous coûte $500,000 par année avec la Commission métropolitaine.Ils ont des autos et ne paient pas pour les hôpitaux.Ont-ils des chômeurs ?Non.Mais la plupart gagnent leur vie ici, avec nous.» Comment nous étonner que la Ville glisse aujourd’hui vers la banqueroute quand elle est administrée par des furieux comme ce B ray.Le dangereux conseiller de Saint-Henri, fameux propriétaire de yatchs et de balançoires, était, il y a deux ans, président du Comité exécutif.Pouvons-nous imaginer les ravages qu’un pareil énergumène peut causer dans une assemblée de chômeurs aigris ?Dans son délire, un Bray peut parfois répéter une opinion ramassée on ne sait où; il ne découvrira jamais rien lui-même, et il exerce une influence néfaste pour empêcher les hommes d’ordre de rétablir la paix sociale.C’est à regretter l'époque où, au moyen d’une lettre de cachet, on débarrassait la Société des êtres malfaisants.L'Association des marchands détaillants pouvait inviter l’inoffensif Paul Mercier à son assemblée de Saint-Henri, mais elle a eu le tort d’écouter Allan Bray.Il faudrait créer le vide autour des politiciens de cet acabit, capables de soulever la foule sans le moindre scrupule.une II.— Le Canada à Poitiers M.Louis Arnould, qui occupa un temps la chaire de littérature française à l’Université Laval de Montréal, a écrit récemment à Mgr Camille Roy une lettre que le Canada français d’octobre a reproduite en entier.A Poitiers, dit cet ami du Canada, les fêtes de Cartier ont .été préparées avec plus d’éclat que partout ailleurs.Les cours publics de la Faculté des lettres se sont ouverts par « une dizaine de conférences des plus brillantes sur le Canada, qui attirèrent un nombreux public ».C’est M.Ernest Martin, agrégé de l’Université de France (il a enseigné un an à l’Université d’Halifax), qui a exposé à l’élite de Poitiers notre histoire politique et — si peu que nous en ayons —notre passé littéraire.M.Arnould parle de ces conférences avec émotion.Il termine sa lettre en proposant au recteur de l’Université Laval de Québec un moyen pratique d’établir un commerce spirituel plus suivi entre la France et le Canada.ses cultures: on applaudit.Le maire, les échevins de Montréal, affirment que rien ne sera plus facile que de recruter les colons par milliers’ parmi lès chômeurs montréalais: on applaudit.Un autre estime qu’il n’y j.en a pas plus d’un sur vingt qui soit apte à la colonisation en forêt, et cette opinion est confirmée par le témoignage d’un missionnaire colonisateur du diocèse de Rihiouski, M.Emile Sirois, qui rapporte que les chômeurs des villes qu’il avait établis dans cette région ont tous levé le pied: on applaudit.Et ainsi de suite.Ce n’est pas qu’on applaudisse chaque fois unanimement, mais il n’en ressort pas moins que sur presque tous les sujets il y a des divergences de vues.En général, ce qui « prend » le moins, ce sont les manifestations de scepticisme.J’ai visité il y a trente-deux ans comme secrétaire particulier du ministre de la Colonisation de « Quant à la division des terres, nos gens sont généralement contre ce système d’établissement.C’est un fait dont il faut tenir compte.» Invitation émouvante d’un Français qui connaît le peuple canadien, avec ses qualités de coeur et ses faiblesses, et qui l’aime tel qu’il est.Quand on sait la gallophobie inconsciente d’une forte partie de nos élites et la défiance de nos gens à l’égard de tout ce qui vient de France (Montcalm se plaignait déjà de l’hostilité des Canadiens qu’il était venu défendre dans une guerre d’embuscades, alors qu’il aurait pu mourir dans ses terres ou, plus noblement, dans l’armée du roi), on estime mieux l’affection désintéressée de nos hôtes.C’est par les élites que les peuples, qui se connaissent mal, se rapprochent, s’empruntent les uns aux autres, que s’établissent les universaux, dans le sens que Léon Daudet attribue à ce mot du vocabulaire scolastique.Dans le domaine pratique, la suggestion de M.Arnould devrait intéresser non seulement les autorités universitaires mais tous les jeunes hommes de famille aisée qui ont les moyens d’aller vivre quelques années en France.Il n’y aurait pas de meilleure école de français qu’un séjour dans une famille de Poitiers.De toute façon, nous avons beaucoup plus à apprendre des Français qu’ils n’en ont à apprendre de nous.Ces échanges intellectuels se feront toujours à notre profit.Rendons à M.Vautrin le témoignage qu’il a vu, lui, le parti à tirer de notre idée, car il a lui-même, au cours des débats, émis le vœu qu’un grand congrès agricole succédât au congrès de la colonisation.Quant au reste, il n’eut pas de mal à composer les divergences de vues qui marquaient les délibérations, car tout le monde au fond réclamait une même chose: à savoir, que le gouvernement donnât à boire et à manger au colon durant la période d’établissement, et cela son projet, encore plus libéral, sur presque tous les points, que la politique actuelle, le leur accordait.Le congrès s’est donc terminé dans un accord général, bien qu’on devinât à certaines manifestations, à certaines paroles, à certains signes, que quelques congressistes réservaient leurs positions pour l’avenir.M.Vautrin débute donc dans l’exercice de ses fonctions par un grand succès personnel.R n’était vraiment pas besoin d’un congrès comme celui de mercredi et de jeudi pour élaborer un programme arrêté d’avance jusque dans le détail, parle ministre lui-même, ses fonctionnaires et ses conseillers.Mais l’atmosphère même du congrès, son éclat, la présence de centaine de délégués ou d’invités venus de toutes les parties de la province, étaient nécessaires pour la création de ce que l’on pourrait appeler une mystique de la colonisation.Cette mystique, elle était déjà- dans l’air du commencement; chaque séance Subséquente est l’exalter et l’intensifier.A telle cette époque, M.Gouin, et depuis, la plupart des régions à coloniser.Je ne prétends pas connaître parfaitement toutes les parties du Nouveau-Québec, mais je suis bien sûr de les connaître pour la plupart infiniment mieux, et les besoins des colons qui s’y établiront, que les dames de la Ligue féminine catholique, les commis-voyageurs catholiques, l’Association catholique de la Jeunesse ou les Syndicats d’ouvriers catholiques.Or, quand j’exprime des doutes sur l’étendue du domaine colonisable dans le « Royaume du Saguenay », dans le bassin du lac Saint-Jean, dans la Métapedia et même, à cause de certains obstacles particuliers à cette région, en Gaspésie, il suffit au député de Chicoutimi à Ottawa, M.Dubuc, de dire qu’aux environs de la ville de ce nom on a converti en terre arable cinquante mille acres de savane (soit 500 lots de la superficie ordinaire), et au député de l’Abitibi à Québec, M.Authier, d ajouter qu’une quelconque commission estime à quinze millions d’acres exactement, soit l’équivalent de 150,000 lots, la superficie globale des terres arables à coloniser, pour confondre aux yeux des congressistes l’empêcheur- d’applaudir en rond que je ne pouvais pas ne pas être.Quelques instants après, examinant le détail des chiffres cités par M.Authier, je trouvais pour la zone comprise entre Dorchester, Bellechasse, Montmagny, 1 Islet et autres comtés de l’estuaire du Saint-Laurent, et la frontière du Maine ou du Nouveau-Brunswick, une superficie globale de quelque 2,700,000 acres, formant 27,000 lots.Or, dans cette région et dans trois ou quatre autres comtés (notamment la Beauce et Fronted uac) le gouvernement a obtenu des concessionnaires de la forêt, moyennant" compensation, une grande partie de la terre jugée propre à l’agriculture, et la partage les capitalistes anglais, qui, dit-il, fournissent le gros des allocations de chômage, l’abandonneraient à son sort, il n’a pas été sifflé, n’a pas reçu d’œufs pourris, mais il a été applaudi à tout rompre.Ce délire patriotique facilitera énormément sa tâche à M.Vautrin.Que le nouveau ministre soit sûr, cependant, qu’à part les gens comme moi, qui sans être du Missouri sont quand même de Charlevoix, ce qui est presque la même chose, mais qui n’en sont pas moins favorables à sa politique, il y a, cachés derrière les sociétés « catholiques » mobilisées sur le papier pour la circonstance et qu’on aurait si bien pu présenter uniquement comme collectivités nationales ou patriotiques, il y a, dis-je, des gens qui le guettent pour lui donner à la première occasion le .croc-en-jambe.Laden PARIZEAU A l’École des Hautes Études Commerciales Le 'gouvernement provincial vient de nommer M.Paul-Henry Guimont, de Québec, chargé de cours à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal.Cette nomination a été approuvée par S.E.Mgr Gauthier, chancelier de l’Université.• • OKvar ASSELIN Nota.'—Demain un deuxième article: « La politique Taschereau-Vautrin et Ottawa »./ venue enseigne que lorsque M: Houdé, par un de ces impairs dont il entremêle les inspirations géniales de sa démagogie, et qui était dans les circonstances une vilenie.est Vertu affirmer que le" Canadien- La Bibliothèque économique de 1 Ecole des ^ ., , : ., .Haute» Etude» commerciale» compte près de Français devait abandonner pour tou- so,coq ouvrages de référence sur le commerce, * 1 industrie, là.finance, l’économie politique, jours aux Anglais la finance, 1 industrie *te.: elle reçoit tous ie3 mois environ soo J ° .„ périodiques traitant des mêmes sujets.Riche et le commerce,-pour se faire 'unique- j documentation mise gratuitement à la portée r ;1 .|: du public.Ouverte tous les jours de 9 h.du ment défricheur, et que s il refusait ce ^ttn à.îo h.du.soir: le.samedi, de s h.i ¦ • * 6 “*• ¦ ‘ (r-b> Dollard DANSEREAU M.Guimont est bachelier ès arts de l’Université Laval, licencié en sciences commerciales de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales et Ph.D., (in.Economies) de l'Université Harvard.Il a été boursier du gouvernement provincial de 1930 à 1933.Il sera " 6 Il s’est créé, pendant les deux dernières années, une sorte de mystique du salut national par Roosevelt.C’est , ._ • « :r “?* ou e e nau rage.Il lui faut à tout prix qUj promènent leur éclectisme désinvolte à chargé du cours de Transports a un chef, un véritable chef.Il lui faut travers les encycliques.» N’est-ce pa» l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales* ’ un homme de forte personnalité, capa- exquis ?.— G.L.Les pages comiques tv L'ORDRE — Montreal, samedi 20 octobre 1934 O NOS INSTITUTIONS FINANCIÈRES Le cancer REVUE DE LA PRE SSE CANADIENNE Une découverte moderne (Collaboration particulière de /’Ordre) On divise les tumeurs en deux catégories bien distinctes, suivant leur évolution clinique: les tumeurs bénignes, telles que les fon fauteuil de magistrat, des paroles plus adénomes, les fibromes, les lixomes, les que désobligeantes pour les Canadiens-Fran-kystes, etc., et les tumeurs malignes, parmi çajs a adressé une lettre d'excuses au pré-lesquelles le sarrome et surtout le cancer.I iycnt de la Société de Saint-Jean Baptiste Cette distinction est importante parce qu’elle de Cornwall.A ce sujet.Ch.G.écrit, au Droit: I’Illvstration, un témoignage qui devrait porter parce qu’il ne s’embarrasse pas de considérations religieuses ou morales, mais se contente de montrer quelques résultats matériels dus au cinéma exploité comme il l’a été jusqu'ici.la mesure nécessaire au succès de leur établissement, et Jusqu’à ce que le soi qu’ils auront converti à la culture produise assez pour leur subsistance et celle do leur famille, Et, quoique le gouvernement se charge virtuellement de tous les frais do l’établissement, lorsque le colon aura atteint une condition d’indépendance, le gouvernement ne lui réclamera rien sous forme do remboursement.La colonisation ne saurait être ' rendue | plus invitante à tous ceux au bénéfice de qui ce plan a été conçu, aux fils de cultivateurs en tout premier lieu, à la jeunesse rurale en général, aux déracinés du sol qui en et- moment, dans nos villes, vivent dans une condition de complète Indigence avec l’appoint de secours publies.Los excuses du juge Makins Ce juge ontarien qui avait prononcé, de économies chez Autrefois chacun conseiyait ses lui ; quand survenait un malheur, il puisait dans cette réserve.C'était l’époque du « bas de laine », ou le pcrc de famille déposait les gros sous, et celle expression est consacrée en France pour designer le fruit de longues économies, non idm mérites certes, mais improductives.Le développement du commerce de l argent a entraîné la transformation de l'épargne traditionnelle.La banque, outre qu'elle offrait un lieu de dépôt sûr à ses clients, payait un intérêt.Les gouvernements constatèrent vite les avantages du nouveau système cl encouragèrent la fondation de banques nombreuses.Peu à peu la législation bancaire s’élabora.el
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