L'ordre, 30 octobre 1934, mardi 30 octobre 1934
% RÉDACTION F.T ADMINISTRATION TARIF DF.S ABONNEMENTS 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone : PLatcau 8511* 1 an 6 mois 3 mois Administrateur PIERRE ASSEL1N Secrétaire de la Rédaction .PIERRE BOUCHER En ville, par la poste.Canada (hors de Montréal), Royaume-Uni, France et 36.00 33.25 31.75 Espagne .Etats-Uniset Amérique du Sud 36.50 Autres pays 39.00 34.75 32.50 33.50 31.85 38.00 34.25 32.25 On osé prié d'envoyer toute correspondance à la case 4018 de WAtel des Postes en mentionnant sur l'enveloppe le service (Rédaction ou Administration) auquel on veut s'adresser.Quotidien de culture française et de renaissance nationale Directeur-fondateur x OLIVAR ASSELIN L’abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre.Première année — No 195 Le numéro : 5 sous Montréal, mardi 30 octobre 1934 de VUniversité de Kingston.— « L'éducation et la paix ».22 novembre: M.P.E.Corbett, Doyen de l Université de Kingston.— « La lutte pour l organisation internationale des peuples ».20 novembre: L'Hon.Newton \V.Rowell, C.R.— « La Cour permanente de justice internationale et le système collectif ».On annoncera plus tard le nom des autres conférenciers.M.Hepburn et l’aménagement du Saint-Laurent LES PRINCES DU LIBÉRALISME tcur note la joie avec laquelle les an- | ciens se retrouvent « pour parler de la maison où ils ont acquis la profession.la science ou l'art.».J’accorde volon-tier que ces erreurs ou imprécisions sont relativement insignifiantes, que l’écrivain le plus maître de sa langue est fautif.Mais quelle n’en est pas la portée sous la plume du recteur de l’Université ?Le révisionnisme hongrois ou CEUX QUI RÉCOLTENT î C’est un signe des temps que celle vigoureuse reprise de la campagne révisionniste en Hongrie.Après quinze ans sans nombre, aussi bien dans le domaine politique que dans celui de l’économie, les dirigeants magyars avaient sensiblement modifié leurs points de vue sur cette question de la revision des frontières nationales.Apparemment, tous les chefs de gouvernement, tous les ministres, toutes les hautes personnalités du pays, affectaient de rester intraitable* sur cette question.Dans la coulisse, on savait que les maîtres et les dirigeants de la Hongrie ne conservaient plus grand espoir d’arriver à des modifications même minimes des traces imposés par le traité de Trianon.On assurait même que l’ancien président du Conseil, le comte Bethlen.avait dit un jour qu’il était regrettable que les peuples de Hongrie et de Tchécoslovaquie ne pussent s’entendre entre eux aussi bien que leurs dirigeants, entendant par là que seule l’opinion publique empêchait une véritable collaboration des Etats de la région danubienne.Il ne faut pas tirer de cette remarque, peut-être fantaisiste, des conclusions définitives.Ce n’était peut-être qu’une boutade.Mais elle montre bien qu’il y a eu, à une certaine époque, un changement très net dans l’attitude des maîtres de la Hongrie, puisqu’il y a cinq ans les hommes au pouvoir à Prague firent des remarques dans le même sens.Le cabinet de Budapest avait donc perdu tout espoir quand l’Italie, commençant sa manoeuvre de grande envergure contre la Petite Entente, fonda au début de l’année l’alliance italo-austro-hongroisc.Tous les espoirs irrédentistes des Magyars se réveillèrent alors, et l'on attendit avec impatience que l’Italie entreprit une vigoureuse campagne de revision.Malheureusement pour la Hongrie, Rome n’a nullement l'intention de soulever une question aussi délicate que celle du statu quo des frontières, ne serait-ce que pour ne pas prêter le flanc aux réclamations des Autrichiens du Tyrol annexé.Le gouvernement italien a donc fait des déclarations de pure forme pour donner satisfaction à l’opinion hongroise, qui a repris confiance.Si l’Italie ne veut pas l’appuyer effectivement dans ses réclamations, la Hongrie pourra se tourner du côté de l’Allemagne, et même de la Pologne, qui recherche depuis assez longtemps une frontière commune avec la Hongrie (certainement pas au nom du principe des nationalités.).Depuis un an, Budapest travaille avec une nouvelle énergie à la question de la revision des frontières.L’effort accompli depuis six mois dans ce sens a été considérable: propagande à l’intérieur et à l’extérieur par toute sorte de moyens, brochures, tracts, conférences, voyages d’études, missions, articles de journaux, conversations diplomatiques officieuses.On ne saurait, bien entendu, omettre l’action souterraine du gouvernement hongrois.Laden PARIZEAU de difficulté» L’attitude de M.Hepburn touchant la canalisation du Saint-Laurent montre quelle importance il faut attacher à la prétendue opposition d’intérêts entre le Québec et l'Ontario dans cette question.Pour justifier M.Bennett d’engager le pays dans une dépense de centaines de millions (car parler d’une centaine de millions, c’était se moquer du monde), l’ancien premier-ministre de l’Ontario, M.Henry, avait convenu d’acheter pour le compte de la régie ontarienne de l’industrie hydroélectrique, à prix très bas il est vrai, toute l’énergie à retirer de la canalisation par le gouvernement d’Ottawa.«Tout beau! » dit en résumé le successeur de M.Henry, M.Hepburn, « peu m’importe que cette énergie coûte bon marché, si je n on ai pas besoin.L’Ontario a déjà plus d’énergie aménagée qu’il ne lui en faut, et le marché conclu par M.Henry ne ferait qu’ajouter aux dé-penses inutiles encourues par la régie pour fins électorales.Ottawa est prié de prendre note que je n’entends pas donner suite aux engagements pris par M.Henry.» M.Bennett comptait sur la canalisation et l’aménagement hydroélectrique du fleuve pour se faire du capital politique en Ontario.Le projet initial de traité avec le Canada ayant été repoussé par les Etats-Unis, l’arrangement Bennett-Henry est tombé de lui-même et la déclaration de M.Hepburn n’équivaut donc pas à une répudiation.Inutile de dire, cependant, que si l’Ontario était en majorité favorable à la politique de MM.Bennett et Henry, le successeur de celui-ci uc serait pas aussi catégorique dans son opposition.Si M.Hepburn est hostile à cette politique, c’est qu’il sait que dans les circonstances sa province n’a aucun intérêt à acheter d’avance un million de chevaux-vapeur dont elle ne saurait que faire.Dans un autre passage on dit de la causerie que « Mlle Winnifred Kydd, Présidente du Conseil National des Femmes Canadiennes et membre du Conseil national de la Ligue Canadienne de la Société des Nations, présentera » le 1er novembre, qu’elle inaugurera une série de conférences hebdomadaires « qui seront irradiées dans tout le * Bcboe L’annexion de Westmounl et d'Outreniont • Elle ne sauverait pas Montréal ; tout au plus si elle rétablirait nos finances municipales suffisamment pour permettre à notre Conseil quelques tripatouillages impossibles avec une caisse vide.En tout cas, Westmount et Outremont auraient tort de s’alarmer : le législateur a encore assez d’esprit de justice pour refuser de sacrifier deux villes administrées honnêtement, dans le seul intérêt de leur citoyens, au sauvetage douteux d’une ville volée, pillée et contente.L’argument que ces banlieues sont peuplées pour une large part de Montréalais qui tirent leurs revenus d’industries, de commerces ou de professions pratiques à Montréal, ne vaut qu'en apparence, puisque ces Montréalais paient des impôts fonciers ou des patentes ( « taxes d’affaires ») industrielles ou commerciales à Montréal.Il paraît que les patentes sont sensiblement moins élevées à Montréal qu’à Toronto : si cela est vrai, qu’on en relève le taux.Montréal s’est annexé il y a quelques années plusieurs banlieues; mais c'était tantôt pour empêcher un plus grand mal en laissant continuer des pillages organisés, et tantôt pour enterrer les opérations louches de certains amis politiques ; entre ces annexions qui ont lourdement grevé son budget et celles qu'on voudrait qu’elle fît maintenant pour faire porter à d’autres les conséquences de sa mauvaises administration, il y a une différence.— 01.A.paye, une fois la semaine, sous les auspices de la Ligue ».Allons, tant mieux! Si après cela le peuple canadien ne se convainc pas que le Canada, pays « indépendant », prend part aux délibérations de la S.des N.pour autre chose que soutenir sur tous les points essentiels la politique anglaise, c’est qu’il a l’oreille bien dure.On serait curieux de savoir si, cette fois encore, c’est le gouvernement qui paie.LA ^AUnfy-e M.Fernand Rinfret Olirar ASSEL1N LES IDÉES ET LES FAITS M.Stevens démissionne sion de la prison de Crown Point, le bruit courut qu’il avait intimidé ses geôliers à l'aide d’un revolver en bois.Il n’en était rien, en vérité, le gangster ayant acheté des complicités à l'intérieur.A Racine (Wisconsin), le bandit, auquel s'étaient joints Leslie Homer.Van Meter et Hamilton, pénétra dans l'immeuble de l’American Bond and Trust et se mit en devoir de piller la caisse.Un employé eut le temps de sonner l’avertisseur, dissimulé sous le.fronton.de la porte principale.Des badauds se massèrent aux fenêtres.La police accourut.Trois agents, l'un armé d’une mitrailleuse, entrèrent dans la banque.Le premier.Cyril Boyard, assommé d'un coup de crosse de revolver, lâcha son arme et s’affaissa ; le second fut criblé de balles ; le troisième retraita prudemment.Les gangsters ne pouvaient s’échapper que par la porte principale.Ils se firent un rempart de Boyard, d’un client de la banque et d'une femme.Mme Ursula Patzkc, et s’enfuirent au nez de la police.Dillinger se garait souvent des balles en se dérobant derrière une femme.La presse s'empara de l’affaire, et le gangster y trouva la gloire.En mainte circonstance, d’ailleurs, les journaux contrarièrent le travail de la police en renseignant Dillinger sur les pistes qu'elle suivait.Le directeur de la police judiciaire de l'Indiana.M.Matt Leach, ayant eu vent que Dillinger se trouvait à Détroit, partit aussitôt pour cette ville.A sa descente du train, il fut abordé par un groupe de reporters.Il répondit tant bien que mal à leurs questions.Quelques heures plus tard les journaux inondaient les rues de Détroit.Quand la police se présenta au domicile présumé de Dillinger, il venait de plier bagages.L’Ordre a souvent signalé l’absurdité du système de renseignements qui fait du journal l'allié le plus précieux du crime contre la justice.La mésaventure de M.Leach n’est pas un accident: elle se répète tous les jours sous une autre forme, même dans la province de Québec où la police passe pour honnête et relativement avisée.Quand l’indiscrétion conjuguée de la police et de la presse deviendra, dans tous les cas, aussi manifeste que dans l’affaire Leach - Dillinger.l’autorité défendra peut-être aux fonctionnaires de la police de renseigner les criminels par l’entremise des journaux.D’ici là, messieurs les gangsters continueront de trouer la peau des honnêtes gens.I.—Le pari mutuel à Toronto Suivant un rapport émané du département fédéral de l’Agriculture, le produit du pari mutuel, dans les neuf provinces de la Confédération, se monte cette année à $20,976,400, soit une diminution de l’ordre de $4,161,000 par rapport à 1933.Cette somme comprend les paris de 295 journées de courses.Toronto, qui possède quatre hippodromes, a fourni près de la moitié de là recette globale-: $8,965,500.Les-paris perdus à la seule piste de Thorn-cliffe se chiffrent à $1.305,300.De toutes les villes du Canada, Montréal vient en quatrième place, après Winnipeg et Vancouver, ayant fourni $1,261,800, bien qu'il compte aussi quatre hippodromes et que la saison des courses y ait duré quatorze jours seulement de moins qu’à Toronto.Ainsi.Toronto, opposé par raison de moralité à la légalisation de la loterie de bienfaisance (la forme du jeu la plus proche du marché contractuel), affecte aux courses de chevaux une somme aussi importante que toutes les autres villes canadiennes réunies.Montréal ne produit pas le seizième de la recette globale.Où se trouve la moralité?Où est l'hypocrisie'?II.—La presse au service du crime Dans un magazine américain très répandu au Canada, un membre honoraire de l’Association internationale des directeurs de police, M.Al Dunlap, reconstitue à l’aide de documents judiciaires la vie de crimes de John Dillinger.« C’était un fou», dit-il, «sans intelligence ni courage, mais, comme beaucoup de malandrins de son espèce, doué d’une veine extraordinaire.» Ce fou n’en passait pas moins, par les soins d'une presse encanaillée, pour un héros sans reproches.Lors de son éva- L’enqucte extra-parlementaire sur les bénéfices commerciaux ou, comme disent nos Iroquois, « les écarts des prix et l'achat en masse » (price spreads and mass buying) recommencera aujourd'hui sous la présidence d’un homme de tout repos, probablement M.W.Kennedy, député de Winnipeg.M.H.Stevens, qui avait’ dirige l’enquête parlementaire de l’hiver dernier sur le même sujet, missionné à la fois comme président de la commission d’enquête et comme ministre de l’Industrie et du Commerce.M.H.Stevens continuera néanmoins à faire partie du tribunal d’enquête.Un pamphlet publié il y a quelques mois aux frais du gouvernement montrait clairement dans quel esprit M.Stevens poursuivrait cette enquête sur les bénéfices commerciaux.L’ancien ministre, indigné par les révélations faites devant la Commission, s’est posé en champion des producteurs et des consommateurs contre les intermédiaires.La presse anglophone, libérale aussi bien que conservatrice, s’est alors opposée à la continuation de l'enquête sous la présidence de M.Stevens.Nos compatriotes anglo-canadiens ont le respect de la procédure juridique, et il leur répugnait de voir M.Stevens à la fois juge et accusateur.En face de cette opposition, M.Bennett demanda à son collègue d’expliquer son attitude et de montrer désormais plus d’objectivité.M.Stevens a préféré démissionner.Ce geste semblerait prouver que l’opposition de la presse anglaise était justifiée.M.Stevens a défendu son attitude en cette affaire : «Je nie catégoriquement, a-t-il dit, l’accusation d'avoir, par mes déclarations publiques, rendu un verdict avant d'entendre la preuve.Ceux qui disent cela oublient que nous faisions enquête sur le régime économique du pays, à savoir le système de distribution en usage au Canada.La chose est indéniable, la Commission était chargée d'étudier les méthodes, pratiques et tendances de la distribution des marchandises en notre pays.A l’enquête, aucune accusation n’est portée contre qui que ce soit.Les personnes interrogées sont seulement appelées à fournir des renseignements sur leurs procédés commerciaux ou à expliquer la structure, financière de leurs entreprises.» La défense de M.Stevens repose sur une équivoque : que l’enquête porte sur telle entreprise commerciale, par exemple les ma- i nuire.Mauvais juge, M.Stevens sera un gasins Eaton, ou sur les opérations corn- ! excellent enquêteur, merciales communes aux magasins Eaton et à la Canada Packers Co., la différence importe peu.Dans les deux cas, le fait que le juge agisse comme un accusateur est préjudiciable aux intéressés.Nous ne sommes plus à l’époque des chariots mérovingiens.Les méthodes commerciales modernes, si elles prêtent à des abus qu’il faut réprimer, comportent des avantages que personne ne saurait méconnaître sans porter préjudice aux entreprises intéressées et aux consommateurs.L’intérêt du peuple canadien exige quune enquête sur les méthodes commerciales, si le gouvernement fédéral la croit opportune, soit dirigée par un homme d’expérience, d'étude et de sang-froid.L’expérience de M.Stevens est peut-être considérable; l’ancien ministre du Commerce a peut-être des connaissances étendues en économie politique, quoique son étonnement en face de certaines révélations fasse plutôt croire le contraire; on ne saurait, en tout cas, louer son objectivité.Le Esprits simples • II y a quelques années, le roi Fayçal fut reçu par le gouvernement anglais qui le logea avec sa suite d’émirs dans un confortable hôtel de Londres, dont les chambres disposaient de l’eau courante.Ces robinets débitant de l’eau chaude et de l’eau froide enthousiasmèrent les fils du désert beaucoup plus que le British Museum ou Westminster.A leur départ, le portier dut les poursuivre afin d’obtenir la restitution des robinets qu'ils avaient dévissés et qu’ils comptaient bien installer dans leurs tentes.dé- Lors des élections d’Ontario, nous exprimions des doutes sur la valeur intellectuelle et morale de M.Hepburn.Tout ce que nous avons vu depuis de cet homme politique — sauf peut-être son attitude dans la question des crédits bancaires et hypothécaires — dénote au contraire de sa part une parfaite sincérité et beaucoup de bon sens.Soit dit sans parler de l’esprit de justice qu’il a montré envers la minorité française.Vous êtes tous empoisonnés, Messeign e u rs.• Une dame américaine recevant, près de New-York, des invités de week-end, leur avait promis de leur faire manger des champignons selon une recette rapportée de Deauville et émanant d’un célèbre cuisinier.OHrar ASSELIN Elle cueille dans son parc les champignons, accompagnée de son maître d'hôtel, expert en la matière, et sûre d'elle, par bravade, elle en fait manger à Gangster, le chien de garde, qu’elle aimait beaucoup.Le mets est délicieux.On se récrie, on en reprend, on se gave.C’est à ce moment que le maître d'hôtel murmure à l’oreille de la maîtresse de maison : « J’ai le regret de dire à Madame que Gangster est mort.» Effroyable sursaut.L’hôtesse, affolée, se dresse et lance la terrible réplique de Lucrèce Borgia : « Vous êtes tous empoisonnés.» Tumulte indescriptible.On envoie une voiture chercher un médecin qui sc livre sur les malheureux invités à des lavages d'estomac.Note comique dans la tragédie.Puis, l'homme de l’art, aux fins d’autopsic, réclame le cadavre du chien.— Impossible, répond le maître d'hôtel.Il a été écrasé par un camion.Son corps est en morceaux.Pour nous « instruire » et pour faire plaisir au «Roi» Budapest reprend la thèse des droits des minorités, après l’avoir rejetée quand il s’est agi de morceler le royaume de saint Etienne-Mais cette fois le gouvernement hongrois et ses institutions plus ou moins camouflées présentent le problème sous un angle nouveau.Selon Budapest, la population magyare possède des droits inaliénables.11 suffit qu'il y ait 1500 Hongrois dans un district pour qu’il soit réputé magyar-Le reste de la population ne compte pas.Curieusc, évidemment, cette thèse du droit des minorités.Jamais, auparavant, il ne serait venu à l’idée d'un Hongrois de bonne roche de reconnaître aux Yougoslaves du royaume le moindre droit particulier.Budapest disait que la Hongrie formait un tout et qu’à moins de reconnaître la loi départ de M.Stevens, l'homme le plus sûr de soi du cabinet fédéral, réjouira ceux qui reprochent à M.Bennett de mener ses ministres à coups de poing sur la table: ces deux « grands Canadiens » se ressemblent, et la disparition de l’un d’eux est une excellente affaire.M.Stevens, comme membre de la Commission et non plus comme président, continuera d’accomplir toute la besogne utile dont il est capable ; mais M.Bennett l’a mis hors d’état de Le secrétaire national de la Ligue canadienne de la Société des Nations, M.T.W.L.MacDermot, nous adresse du siège de la Ligue, 124 rue Wellington, Ottawa, une lettre circulaire rédigée en « français », d’où nous détachons ce passage, sans y rien changer: Dans un Message au Président de la Ligue, l'Hon.Ernest Lapointe, Sa Majesté le Roi, donna récemment son approbation la plus chaleureuse « au travail que fait la Ligue Canadienne de la Société des Nations en répandant la connaissance des ideals et de l'oeuvre de la Société des Nations, » et exprima sa conviction que « pour promouvoir la paix et la coopération entre les peuples, l'opinion publique dans tous les pays doit comprendre et apprécier à sa juste valeur le travail que comporte pour la Société des Nations l’oeuvre de maintenir la paix et l'ordre à travers le monde par une action collective internationale.Les conférences presentees en rapport avec le projet d’étude seront irradiées tous les jeudis, à 9.15 p.m., E.S.T., comme suit: 1 novembre : Mlle Winmfred Kydd.— « Le système collectif, ce qu'il signifie ».S novembre: M.F.H.SoWard, Professeur à l'Université de Vancouver.— « L Océan Pacifique cl l'ordre international parmi les peuples ».En wagon • Un Français monte un soir dans le rapide de Calais.«II ne trouve dans le compartiment qu'un autre voyageur, mais c’est un Anglais qui, avec ses colis nombreux, a déjà accaparé le filet, entièrement et des deux côtés.Comme il n’a, lui, qu'un petit sac à main, il ne dit rien et s'installe tant bien que mal.Le train part.Le Fiançais, dans son coin, la tctc un peu renversée, se met à somnoler; soudain, il est réveillé par une sensation d’humidité sur son visage.11 regarde au-dessus de lui.D'un panier que l'Anglais a posé dans le filet, un liquide s’écoule lentement.« Bien ! pense-t-il, il y a là-dedans une bouteille qui a dû se casser.» Il s’écarte, s’essuie la figure avec son mouchoir, et s’adressant à l’Anglais qqi le regarde, impassible, il lui dit : — Qu’est-ce que c'est ?Whisky ?— Nô ! Fox-terrier ! III.— L’exemple quotidien C’est le recteur même de l’Université de Montréal, M.Olivier Maurault.qui a présenté au public, cette année, le premier numéro du Quartier Latin.Il a demandé la collaboration désintéressée de tous les universitaires et des étudiants « pour le plus grand bien » de leur institution.A quoi nous applaudissons volontiers.Ce qui nous chagrine.c'est que le nouveau recteur de l’Université de Montréal ait donné à ses élèves un si mauvais exemple de correction grammaticale.« Il voudrait, écrit-il, que professeurs, anciens élèves et étudiants s'affectionnent à leur mai- | son.» Sauf erreur, voilà un tour bien étrange.Il dit plus loin : « .il suffit de savoir comment se son- fédérés en clubs les anciens des Universités.», quand en bon français et en bonne logique, il eût pu écrire : « .comment se sont groupés les anciens.» Ailleurs, le rcc- • Au demeurant nous aurions tort de nous tirebouchonncr la cervelle au sujet des mérites ou de l’héroïsme de M.Stevens.L’enquête sur le « mass buying » n’est qu’une vaste manœuvre électorale dont les résultats durables seront nuis.M.Bennett veut bien satisfaire l’opinion publique en révélant quelques scandales ; il ne veut pas, cependant, se mettre à dos les bailleurs de fonds de son parti.Chantage et corruption, telle est la féconde formule du parlementarisme canadien.M.Stevens, qui pose au martyr, soutient, et il a raison, que son chef l’a sacrifie au ressentiment de MM.Burton et Eaton.Cela, c’est la querelle « politicienne » ; quoique M.Bennett s’autorise des motifs « raisonnables » que nous avons exposés plus haut pour se défaire de M.Stevens, devenu encombrant, ce sont avant tout les considérations électorales qui ont nécessité le « cruel holocauste ».commune on n’arriverait qu’à l’anarchie pure et simple.Aujourd’hui, c’est sur l’argument contraire que s’appuie la Hongrie.J’analyserai prochainement la thèse hongroise et les chiffres invoqués par Budapest pour justifier sa nouvelle campagne en faveur de la revision des frontières de la Magyarie.! André BOWMAN ' à La Bibliothèque économique de l'Ecole de* Hautes Etude* commerciales compte près de 30,000 ouvrages de référence sur le commerce, l'industrie, la finance, l'économie politique, etc.*, elle reçoit tous les mois environ 800 périodiques traitant des mêmes sujets.Riche documentation mise gratuitement à la portée du public.Ouverte tous les jours de 9 h.du matin à 10 h.du soir; le samedi, de 9 h.à.5 h.Dollard DANSEREAU A5 novembre: AI.IV.H.fÿfc, Recteur (z-b) G 1 lx = L* OK DUE — Montreal, mardi 30 octobre 1931 2 Exposition de fleurs et de plantes rancle pitié des finances : REVUE DE LA PRESSE CANADIENNE municipales du Canada La g ., , .I I.e jeudi icr novembre, à 2 h.de ciel, dans le monde administratif, on ne trouve , rè8.rnidi| aura licu à la serre des Jar-aucune reconnaissance pratique de 1 égalité du j;n| j-afontainc l'ouverture de l’exposition français devant 1 anglais.Périodiquement on aimueIle dc f]curs et de plantes, peut lire, dans le DROIT, des notes comme .Qn admirera des centaines de chrysan-celle-ci qui est signée Ch.G.thèmes dc différentes variétés et couleurs, I.es autorités de l'aviation civile et ml- J des orchidées, des bégonias, des fougères, litalre — département où, parait-il, les ; des palmiers, etc.nominations ne relèvent pas de la Commis- ! Canadien-Français n avait pas encore Paru 1 français.Elles leur laissent entendre que ce S0jrSi jusqu’au 30 novembre.Entrée libre, dans les journaux.Le raisonnement n en reste sera uno mauvaise note pour eux que de nas moins juste et de bon conseil pour le choix préférer le français à l'anglais.* Canadien-Français qui sera appelé » «s hautes fonctions.tionnaires, font tout ce qu’ils peuvent pour Le même raisonnement vaut aussi au sujet reléguer à l'arrière-plan le français et ceux de la nomination du vice-président de Radio- qui le parlent.Cependant, il serait bon que F.„, où il semble de plu.en plu.que l'eu SJ6 doive nommer une creature politique, un an- j de ]a ,angue L-ançaise dans le domaine de cien organisateur d étections qui d’ailleurs démissionnerait au début de la prochaine campagne électorale pour en prendre la direction.Si vraiment ce sont là les intentions du gouvernement.le parti conservateur ne pourra jamais fournir de meilleurs arguments à ses adversaires, qui pourtant n’en manquent pas.« Otlmm et le chômage » ! EltSYÆTÆ à la haute direction de la flanque du Sous cc litre, M.Edmond I urcotte «ta- Canada, blissait les responsabilité» du gouvernement | .sdé„l dans -, .,,1=1.du Canada d.vm-1 r* %%%%%'-drcdi dernier.11 rappelait que M.Bennett , {rança(s pour je jui rappeler au bon avait promis, en 1930, de régler la question moment, du chômage en cinq secs s’il était élu et que J a essayé d'éviter une telle mesure.Cette 1 déflation générale est devenue inévitable et elle est la condition première d’un véritable redressement économique.Tout dégrèvement est impossible sans une révision générale des rôles du percepteur et une ré évaluation foncière proportionnée au niveau général des prix.Un tel dégrèvement implique une réduction des dépenses.Voilà* qui ne sera ni facile ni populaire.Les municipalités canadiennes ont.en général, et de beaucoup, outrepassé leurs véritables attributions.Un domaine, par exemple, où elles ont dépassé la mesure est celui des dépenses dites sociales.Comme ces dépenses ne sont pas accompa- Comment se fait-il que dix pour cent des municipalités canadiennes se trouvent, aujourd’hui, en défaut de remplir leurs obligations financières ?La situation en Ontario est même pire qu’ailleurs, puisque vingt pour cent environ des municipalités ontariennes sont près de la faillite.Depuis qu’on recherche au Canada une explication claire du marasme des finances municipales, on n’a rien trouvé de plus admissible que ceci : péculat, gabegie dans les concessions de travaux publics.Si l'on ajoute à cela une comptabilité généralement défectueuse et une démagogie persistante, le diagnostic du malaise des finances municipales est à peu près complet.Au cas où le premier ministre n'y ponse- La serre sera ouverte au public dc i h.premier-ministre a dù adresser aux provinces un ultimatum par lequel il les prévenait tout simplement qu'il ne leur verserait plus que des sommes dérisoires au titre des allocations de Le procédé Ilamnn-Aaiilialt a 6té employé succès à l'étranger et au Canada.Par.avec tout 11 a donné satisfaction, par «a résistance à l'usure, sa rapidRê d'application, et son bon chômage.Sou', le gouvernement fédéral a le pouvoir d'atténuer et de faire progressivement gnces d’une recette correspondante, une disparaître le chômage par une politique augmentation des impôts municipaux a Intelligente.Cela veut dire qu’il porte seul suivi cm, immixtion intempestive et dé- £' ,7- magogique dans un domaine qui relève n.inccs des provinces moins sagement gérées que la province de Québec, et pour la ruine des municipalités grandes ou petites du pays.marché.»•»»* damnés libéraux.( mais par des courtisans, ce qui est plus dan- Mals que le gouvernement d'Ottawa ne I gereux pour le parti dont ce journal épouse se fasse pas d'illusion sur les sentiments du I ja peuple canadien.La politique de l’autruche n’a jamais trompé personne.que l'autruche.nient.Par suite du coût trop élevé des marchandises et des services, la baisse des valeurs immobilières et des propriétés foncières s’accentue à mesure que les impôts et taxes municipaux augmentent.Il n est Qn peut affirmer, sans crainte de se pas de meilleure explication à 1 émigration tronlpcr, que les municipalités canadiennes des industries d une ville à 1 autre ou.par menacées de faillite ont manqué à la jus-suite d'une meilleure administration finan- tjce fjscale_ en opérant à ce titre de lourds cière, les conditions de la production seront prélèvements sur le capital.Tout pouvoir plus satisfaisantes.Dans le même ordre taxateur doit se contenter dc sa part nor-d idées il est d ailleurs d autres consc- ( ma]c J impôts, sans plus, et ne pas pousser quenccs d’une faillite municipale.Le vo- ; 1'jniquitc jusqu’à la confiscation.11 faut lumc des placements diminue de façon in- j bien Se soumettre au régime capitaliste, quittante et les entreprises nouvelles, qui jjne fois les impôts payés, les entreprises seraient tentées de s installer dans telle ou doivent pouvoir disposer d'une marge suf-tellc ville vont s’établir ailleurs, à cause fjsante dc la crainte bien justifiée d'une augmentation des impôts et des taxes.On voit du premier coup d'œil, par exemple, le tort que pourrait faire à Montréal l'imposition d'une taxe sur la machinerie.Il en est cependant question depuis quelques jours.Une mesure aussi antiéconomique que celle-là serait de nature à détourner dc notre ville les entreprises nouvelles.
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