L'ordre, 28 novembre 1934, mercredi 28 novembre 1934
ü ' ' 1 L’ORDRE : RÉDACTION ET ADMINISTRAT!ON tarif des abonnements 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone : PLatcau 8511* 1 an 6 mois 3 mois Administrateur En ville, par la poste.Canada (hors de Montréal), Royaume-Uni, France et $6.00 Espagne .Etats-Uniset Amérique du Sud $6.50 Autres pays .pierre asseun Secrétaire de la Rédaction .PIERRE BOUCHER $9.00 $4.75 $3.50 $3.25 $1.75 $3.50 $1.85 $8.00 $4.25 $2.25 On est prié d'envoyer toute correspondance à la case 4018 de 1 Hôtel des Postes en mentionnant eut l’enveloppe la service (Rédaction ou Administration) auquel on veut s’adresser.m Quotidien de culture française et de renaissance nationale Directeur-fondateur t OLIVAR ASSELIN L abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable mu pair à Montréal.83 m Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre.% ' ! Première année — No 219 Le numéro : 5 sous Montréal, mercredi 28 novembre 1934 B B banqueroutes.(Comment cette incitation des agriculteurs à la banqueroute peut se concilier avec les droits des vinces en matière do législation civile, nous laissons à M.Taschereau lui-même le soin de nous le dire.) Précisément, nous avions devant nous, à la table de la presse, un monsieur qui a prêté quelques milliers de dollars à un cultivateur du comté de Champlain; ce débiteur, dont les biens sont évalués à $25,000, vient de lui signifier, par le ministère du syndic ou séquestre, que pendant cinq ans il ne lui paiera que 3% par année et qu’il ne lui remboursera ensuite que 30 pour 100 du prêt.Evidemment, la législation fédérale qui permet à tout cultivateur endetté de se libérer par la banqueroute, et virtuellement aux conditions qu’il fixera lui-même, sera temporairement considérée par les débiteurs comme un bienfait.M.Taschereau croit, lui, que cette législation hennettiste tuera pour longtemps le crédit agricole en notre pays, particulièrement dans la province de Québec.Il se demande même si les Caisses populaires, qui sont en notre province un des rouages les plus intéressants de la structure économique des campagnes, ne seront pas ruinées du coup; en tout cas, si l’agriculteur progressif et économe qui a prêté à son voisin ne mérite pas autant de considération que son débiteur.Sur ce point M.Taschereau sauraient supporter l’augmentation de Pa® laissé d’équivoque dans l’esprit dépenses que leur vaudrait le change- d?CCUX W La forme la plus h ( pure sous laquelle tel le tabac peut être fumé".H i ¦ & jÇancet i COLLECTIONNEZ LES "MAINS DE POKER" 1 i • - Y • " B - ’ ftiiiwfSgnjl L’ORDRE—Montréal, mercredi 28 novembre 1931 I La mort d’un fabuliste L V insullite » vaincue LE THEATRE T INCOMPARABLE Huron, qui est est allé se réfugier ont refusé de Vex-Lu allé prendre aux Etats-Désossés trader.C'est certainement parce qu'il rieur épris de perfection — et fort ardent un repos qu'il méritait bien, est sorti de ne faut pas toucher aux idoles que à mener sa croisade —, dissimulait scs sa retraite.Il reprendra incessamment maintes personnes ont pris sa défense.violences légitimes sous les bons mots et scs billets quotidiens, à la grande joie que l incomparable administration du calmait ses indignations n’en laissant pa- ; des lecteurs de I’Ordre.le journal de grassouillet président Hoover n a jamais raitre que le bout de l’oreille, juste ce i l’élite, des vierges et des penseurs.Le pu se décider a poursuivre un malhcu- Huron.toujours aussi impavide et reux qui n'avait pas réussi à vider toute bronzé, a envoyé de Chicago, à son l'eau du Michigan dans la capitalisation Mégathérium folâtre et apprivoisé, la de ses entreprises.Décidément, les ha-lettre suivante : bitants de toute couleur qui habitent les Etats-Désossés ont plus d’à-propos, plus de justesse de raisonnement que le Huron ne leur en avait attribué.Il n'y a qu'en Iroquoisic que l'on hurle contre les profiteurs, contre les trustards (pas ceux de l'essence ou du taxi)* contre les exploiteurs du peuple.Pieu de pareil aux Etats-Désossés.pour la bonne raison que tous les financiers d'une certaine envergure sont nécessairement des modèles de vertu puisqu'ils versent abondamment leurs dollars dans les trous du culte.(De la Gazette de Lausanne) La Pomme.des futurs spectateurs : mais quand I intrigue est toute la pièce.Maurice-Etienne I-egrand.dit Franc-Xoliain, était un esprit charmant, orné, dont on peut dire qu’il incarnait la mesure et le fin bon sens que les Français d’aujourd'hui paraissent quelquefois dédaigner.11 suffit de dire que ceux qui ai- Le théâtre de Verncuil est fait de plus d'abondance que de qualtié, de ment à rire en auront pour leur argent plus de facilité que de substance.En | des quiproquos de La Pomme et de changeant de spectacle chaque semaine, l'interprétation qu'en donnent Mme ., le crois que le Stella pourrait jouer du | Jeanne Borgos; Mlle Germaine Giroux.^ ‘d™« le’ monde"adminis- Verncuil toute 1 année.Que restera-t- j MM.Lucien Lccdel.Charles Castclain l tratif ct porta I'habit chamarre d’un sous-il de tout cela dans une génération ?; ct Jean Riveyrc.Ils animent d une vie pr(tfct ,ju stv]c Alphonse Daudet.11 ne Car à part quelques œuvres un peu plus endiablée des personnages inexistants mâchonnait point, peut-être, des violettes, soignées, et d ailleurs souvent inspirées et ce avec un grand mérite.Ajoutons mais à coup sur il faisait des vers — et de succès antérieurs d’autres auteurs que M.Guy Maufettc réussit une amu- I très spirituels même.: Inattentions et sollicitudes (180.3); Flutes (t80S) ; Chansons , , , , .Z-,,.rp, ; des trains ct des ttares ( 1 Sgç>) ; Le Di- plupart des pieces de cet auteur sont j tant, alors que Mlle Olivette Thibcault j manche cn fables (1921) et remarquables par un vide qu'il excelle ne parait pas du tout à son aise dans à camoufler par son intarissable fa- la peau d une poule.qu’il fallait pour qu’on ne le prît pas pour un plaisantin sans pensée et sans conviction réelle.Franc-Nohain s’était forgé une langue très souple, l’octosyllabe l’emportant sur l’alexandrin ou le vers de dix pieds.Il parvenait à tordre si bien dans ses doigts ces osiers flexibles, ces brochettes de mots rosses ou tendres, qu'il unissait le ton bon enfant du style parlé aux envolées lyriques d'un moraliste qui se savait poète.Chicago.Etats-Désossés.ce 26c jour de novembre.Le Huron au Mégathérium O Mégathérium folâtre.Le Huron sort de sa retraite, où il a puisé de nouvelles forces ct où il s'est rafraîchi les esprits.Il a suivi un strict régime « cérébral » au pays des Visages-Pâles.des Dos-Verdâtres ct des Iroquois, dans ces Etats-Désossés où il lui a été possible, une fois dans son existence, de ne penser à rien.Ses lobes cervicaux et huroniques se sont parfaitement reposés.Il revient plein d’une noble ardeur, augmentée par la promesse que lui a faite son incomparable ami.le professeur Haddock, de collaborer à 1 ORDRE.Le Huron croit bon de faire savoir A son Mégathérium folâtre ct apprivoisé qu'il n'aurait pas si tôt repris la plume, n'eut été un événement sensationnel qui s'est passé, bien entendu, aux Désossés.Si le Huron n'avait, pas dépensé toutes ses économies à faire la nouba avec les jolies garces des bords du Michigan, il aurait certainement télégraphié à sort journal le résultat suprêmement américain du procès Insull.Mais le Huron était à sec ct avait juste de quoi réintégrer son domicile extraconjugal dans la métropole canadienne.Il s'est donc contenté d'une simple lettre.non affranchie.Le Huron a assisté au dernier épisode de ce roman-cinéma qui s'appelle l'affaire Insull.Il s'était assis dans la salle du tribunal, à Chicago, et suivait avec une attention soutenue le résumé de l'affaire.Il laissait ses yeux errer du banc du jury à celui des accusés et contemplait de temps à autre le juge.Son puissant intellect (pas celui du juge, mais bien celui du Huron) lui faisait comprendre qu'il assistait à l un des procès iniques de l'Histoire.Il se rendait compte que le malheureux Samuel ct ses coaccusés étaient certainement innocents, car dans le cas contraire ils n’auraient pas comparu devant une cour d'assises./’ devinait que l'in-j comparable jury, d'une honnêteté reconnue.se refuserait à rendre un dont il exploite habilement la veine, la santé composition de vieillard trcmblo- Nouvellcs fables (1927).Entre temps, secrétaire de rédaction de plusieurs quotidiens, critique littéraire, il écrivait pour le théâtre, soit qu’il confectionnât le livret des plus joyeuses opérettes de Terrasse, soit qu'il fit jouer la Grenouille et le Capucin, la Belle cvcillcc.l’Heure espagnole, le Chapeau chinois.Le romancier se penche sur l’enfance de Ja-boune, le moraliste sans nulle morgue écrit Couci-Couça, cette fine satire romancée.On doit enfin à Franc-Nohain des critiques littéraires dont plusieurs ont été réunies dans le Cabinet de Lecture.A son œil aigu rien n’échappe : ni les ¦excès du sport entaché de professionnalisme, ni les erreurs de la mode, ni les fautes des politiciens, ct pas davantage celles de la société tout court.11 y avait beaucoup de courage dans cette ficre façon de défendre le goût ct le bon sens, bcau-dc dédain aussi envers ce qui abaisse „ " 4 conde ct son art de développer une intrigue, d'entremcler des situations, de ménager des surprises, de faire rebondir une action.Une pièce de Louis Georges LANGLOIS P.-S.— Demain.Paganini.— G.L.C'est pourquoi le Huron n'a nullement clé surpris de l'acquittement d'Insull.C’est un témoignage éclatant de l’honnêteté native du peuple des Etats-Désossés, de ses jurés ct de scs juges.Les Etats-Désossés sont réhabilités aux yeux du monde par ce jugement incomparable.L' « insullitc », cette perverse maladie, a reçu son coup de mort.Les financiers sont assurés d'être dorénavant à l'abri de la calomnie, de la rumeur infâme.Le Huron s'en réjouit.Il trouve en effet scandaleux que ion puisse faire subir une peine, même légère, à quelqu'un qui ne retrouve pas la bagatelle de 100 millions de dollars.Voilà, cher Mégathérium folâtre ct apprivoisé, ce que le Huron avait à dire l'affaire Insull.Il aurait autre chose à raconter, mais c’est évidemment une autre histoire.",: L’allocution de M.Leman coup l'être humain, infiniment de verve, enfin, nourrie, qui sait, des désillusions d’un vaillant, incapable de battre en retraite.Il écrit avec une discrète mélancolie : ne s'est jamais fatigué à la faire — ct j c'est peut-être le secret de son succès, j Ceux qui ne demandent au théâtre qu'un amusement sont fort satisfaits du rc- Rectif ication Dans le texte de l’allocution prononcée , , , par M.Bcaudrv Leman le jeudi 22 novembre, pertoirc de Verncuil.car celui-ci pos- à rEcole des Hautes Etudes Commerciales, sède à merveille le secret de faire pas- tcxtc inséré le lendemain dans I’OrdrE en see inaperçus sous des apparences in- 4e page, on lisait les phrases suivantes au 2c édites toutes les recettes du théâtre, paragraphe de la 3c colonne: « Au cours de la période de douze mois comprise entre le 1er juin 1930 ct le 1er juin 1931, le national du Canada était évalué à Quiconque est seul de son espèce Est lapide comme un martyr Ou se voit la couronne offrir Par tout un peuple qui s'empresse; Bref, c'est une chance à courir.Durant toute sa carrière, Franc-Nohain n’hésita pas à courir sa chance de censeur allègre, qui se riait des sots et des gens plaintifs.Et peut-être a-t-il défini sa propre nature dans l'apologue de Y Enfant ct des deux magots, lorsqu’il écrivait : Agir avec discernement Et tempérer ta fantaisie Sera la règle de ta vie.Il faut savoir assurément.Mais seulement quand on t’en prie, Tirer la langue au bon moment.C’est bien cependant sous les traits narquois du fabuliste que Franc-Nohain demeurera dans la mémoire capricieuse ct légère des hommes.Depuis La Fontaine et Béranger, nul peut-être, en France, ne sut comme lui trousser le couplet, unir l’impertinence à la tendresse, greffer sur l’arbre luxuriant et frais d’un poème mo-la moralité sans quoi la fiiblc ne Etats- tous les trucs d’auteur.Ainsi dans cette Pomme, que présente cette semaine le théâtre Stella, ; 4 milliards 650 millions de dollars.Or, près il n’y a rien, mais absolument rien, bien i de 75 p.100 de celle somme, soit 3 milliards que 'le sujet eût pu prêter à la fois à 460 ”»Mons de dollars, sont constitués par une satire des mœurs et à une peinture | ^3^7/90 de caractères.Verncuil n a vu que des so„, Jichés cnlre Jcs m;[licri j'épar.situation comiques à accumuler et il les accumule de façon à nous faire rire sans interruption pendant trois actes, de la seconde phrase, qui doit se lire ainsi: Et il v réussit parfaitement.Le public * Or.près de 75 p.100 de celle somme, /amuse, les interprètes eux-mêmes ! ^ ^ ^ ^«rs.sonl , constitues par les revenus du travail repartis i sur la niasse de la population, cl les revenus doit pas leur demander grand effort.ju cap;lai qu{ étaient d'un peu plus de Public et acteurs s'accordent ainsi une 25 p.100, soit 1 milliard 190 millions, sont bonne détente après la puissante ini- divisés entre des milliers d'épargnants.» pression du Secret.Cela fait une excellente diversion et l’on trouvera que la direction du Stella a parfaitement raison de nous donner de temps en temps une oeuvre de ce genre.revenu queur, serait que l'ombre d'elle-même.A ce jeu-là, plus d’un s’est usé qui sentait fondre son courage et se devinait incapable de rire plus longtemps face à l’adversité.Franc-Nohain, lui, poursuivait sa route, raillant pour mieux corriger ce qui lui paraissait digne d’amendement, décochant scs chiquenaudes à tout ce qui était enflure officielle, faux-vernis, artifice, bêtise, exagération.Ainsi ce chevalier sur gnanls.» L'omission d'une, ligne a déforme le sens 'Pour le moment, il se contente d'applaudir au verdict qui rend à Insull une virginité qui lui convient parfaitement.eu égard à son âge et à son passé.J.Nr.s'amusent en jouant une pièce qui ne LE HURON ¦p , • peut pas être au fond de son cœur, dans le JT aut"ll CrOirC sens où nous l’entendons, dans le sens fran- au pacifisme des Soviets?ment plus ou moins court, désirer la paix.Dans l'un de ses articles consacrés à la j Nous pouvons peut-être, nous, français, tenir Russie, M.de Kérillis.à /’ÉCHO DE PARIS, ! compte de cet état provisoire et en tirer des entretient des extraordinaires revirements conclusions provisoires.Mais ne commençons de la politique extérieure russe et notamment P*=.de grace, a tomber dans 1 illusion beate | i«SiarSF* j iSHSS-EE '=5EEEirE
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