La renaissance, 10 août 1935, samedi 10 août 1935
Première année — No 8 10 SOUS Montréal, samedi 10 août 1935 il iHXimnii HEBDOMADAIRE POLITIQUE ET LITTERAIRE Directeur: OLIVAR AS SELIN Le programme libéral Wilson avait posé à l’Allemagne 14 conditions, M.Stevens, en mettant jusqu’à 4 et 5 articles dans un, a fabriqué un programme en 15 articles, et M.King, pour rester dans cette moyenne, a énoncé lui aussi un programme en 14 articles, que son truchement officiel, VI.Fernand Hinfrct, énuméra ainsi : 1) Commission nationale représentative pour administrer les fonds de chômage et assurer de l’emploi aux chômeurs ; système national d'assuranCe-chômage.2) Traités de réciprocité avec les autres pays ; abolition des relèvements excessifs du tarif ; suppression des impôts supplémentaires sur les importations ; préférence britannique.3) Promouvoir le commerce intérieur en mettant fin au contrôle arbitraire des prix et aux accords restreignant le commerce.4) Réduire le coût de production des industries de base et ouvrir des marchés plus vastes.5) Contrôle du crédit au moyen d’une banque centrale nationale.6) Bureau de contrôle des placements pour mettre fin à l'exploitation du public.* 7) Maintien de l’intégrité du réseau national comme Institution publique.8) Démocratisation de l’industrie en faisant part plus large aux travailleurs et aux consommateurs dans le gouvernement de l'industrie.9) Restaurer le gouvernement responsable, abroger toute législation de « blanc-seing ».10) Liberté de l’individu, liberté de parole et d’association en abrogeant l’article 98 du code criminel.11) Réforme électorale.12) Equilibrer le budget en diminuant les dépenses publiques, réduisant le service d’intérêt, réduisant les taxes et augmentant les revenus en encourageant le commerce.13) Paix et entente dans les relations internationales.14) Répartition plus équitable de la richesse en tenant compte que la personne est plus sacrée que la propriété.La nationalisation de la Banque d’Etat, la démocratisation de l’industrie pour l’accession des travailleurs et des consommateurs aux conseils d’administration, la restauration de la liberté de parole et d’association par l’abrogation de l’article 98 du code pénal, sont des articles qui donneront lieu à des objections, à supposer qu’ils soient tous réalisables (le régime semi-soviétique de la participation des travailleurs et des consommateurs aux conseils d’administration, par exemple, ne l’est pas).Les articles 13 et 14 sont autant de vaines paroles quoique inoffensives.Quant au reste, qui aurait suffi, croyons-nous, à former un louable programme, c’est là surtout qu’il faudra chercher le secret d’un véritable rétablissement économique et social.Tel quel, cependant, le programme de M.King se recommande au peuple du Canada comme quelque chose de sensé, en regard de ce qu’on lui a proposé jusqu’ici.Le programme de M.King ne dit rien des recommandations de la Commission Hyndman, dont l’une veut que l’on accueille au Canada, avec tous les droits des vétérans canadiens, les soldats ayant servi dans une armée britannique.C’est un malheur.Cette omission apparaîtra à plusieurs comme une lâcheté.Le parti qui aura le courage de se prononcer sur cette question dans le sens de l’intérêt canadien gagnera dans le corps électoral des milliers de voix.OUvar ASSELIN Qui doit payer le « dole » ?Les finances publiques de l’Ontario sont rien moins que prospères et M.Hepburn, pour « garder le gouvernement prov ncial solvable », entend diminuer l’aide aux chômeurs à partir du 1er septembre.Les municipalités verront, de ce chef, s’accroître leurs obligations déjà trop lourdes.Le gérant des finances de la Ville d’Ottawa, M.Fulgence Charpentier, quoique fervent libéral, a déclaré sans ambages que le gouvernement Hepburn a tort de sacrifier ainsi au Trésor provincial 'le crédit des municipalités.A tout instant se soulève en notre pays la question du partage des pouvoirs législatifs.Depuis 1867, jamais tant qu’aujourd’hui des politiciens peu scrupuleux n’ont profité des défauts de la Constitution pour rejeter sur les gouvernements plus faibles les pouvoirs indésirables.M.Bennett a donné l’exemple en forçant les prov.nces et les villes à payer la majeure partie du « dole ».Les gouvernements provinciaux vont-ils à leur tour imposer aux municipalités des dépenses qui en partie leur incombent ?Il est curieux de voir le gouvernement d’Ottawa se désintéresser du « dole » — que pourtant il institua — sous prétexte que la distribution des allocations de chômage est trop compliquée pour relever d’une administration centrale, et réclamer en même temps le pouvoir nécessaire à la promulgation de lois sociales uniformes pour tout le pays.M.Bennett fonde un comité de l’assurance-chômage dont il n’indique pas les pouvoirs relativement au « dole » ; pourtant le Canada devrait améliorer la distribution des allocations de chômage ayant de songer aux assurances sociales.C’est au nouveau comité qu’il incombe d’examiner la situation des travailleurs canadiens: excellent moyen d épargner aux politiciens le soin de se prononcer sur une question délicate.Il faudrait cependant que les partis envisagent courageusement la situation et définissent leur attitude au sujet du « dole ».Nous les voyons préparer la prochaine élection sans manifester le moindre souci à cet égard.Les chefs politiques veulent-ils supprimer le « dole », oui ou non ?S’ils entendent le continuer, qu’ils exposent les méthodes de distribution qu’ils préconisent ?Qu’ils nous disent si le gouvernement d’Ottawa, sous la direction de leur parti, prendra ou non le «dole» à sa charge.Plusieurs hommes politiques, à la recherche d’une solution équitable, ont suggéré que seul le gouvernement d’Ottawa soutienne le « dole ».Si le Trésor fédéral ne peut suffire actuellement à une aussi grande dépense, qu’on abandonne aux provinces, ainsi que le veut la Constitution de 1867, les frais d’hospitalisation, qu’on cesse de contribuer aux pensions de vieillesse.Un Bennett et un Stevens, cherchant à saper les libertés provinciales et à augmenter les pouvoirs législatifs dont ils ne savent actuellement se servir, exagèrent volontiers les défauts de la Constitution.Il faudrait voir si, le jour où le gouvernement d’Ottawa rendrait aux provinces les pouvoirs qu’il a usurpés, le pacte fédératif de 1867 n’en vaudrait pas un autre.Avant de l’amender, on pourrait chercher à l’interpréter honnêtement.A force de renvoyer les chômeurs de Pilate à Hérode, ce sont les municipalités qui, à la fin, défrayent la majeure partie du « dole ».Ôr, une chose est certaine, c’est qu’il appartient encore moins aux municipalités qu’aux gouvernements provinciaux de soutenir le « dole ».Ces derniers reçoivent-ils du gouvernement central un subside insuffisant, ce n’est ni Montréal ni Toronto qui devraient en souffrir.Dollard DANSEREAU Lire en deuxième page: *D’un scan* date à Vautre > par Olivar ASSELIN î O M M fl 1 R € D’un scandale à l’autre Olivar Asselin Quand le Dr Obnubile fait de la politique.André Bowman La colonisation anglaise Georges Langlois Le prix de l’essence Dollard Dansereau Pour ceux qui lisent l’été Bertheilot Brunet Pierre l’Ermite Philippe Bertault Une jeunesse nouvelle Fernand Lacroix Nages de fond et nages de vitesse Jean-Robert Bonnier Un match silencieux Valdombre Les projets de M.Gauvin Louis Pelland Lettre de Paris Hélène Roulans Lettre de Londres R.de Montmeyran Population rurale et population urbaine Jean-Charles Harvey Chronique financière Augur L’Office national du blé Jean-Marie Nadeau Préjugés populaires 1 .Dr G.A.Séguin Un remède au chômage?Au cours de la dernière législature fédérale, le Parlement a voté une loi imposant la semaine de 48 heures.On sait que M.Bennett, pour forcer l’adoption de cette loi, dont on a contesté la validité au nom des droits acquis par les provinces en matière de législation sociale, s’est prévalu de l’article 132 de la Constitution, lequel donne au parlement fédéral « tous les pouvoirs nécessaires pour remplir envers les pays étrangers, comme portion de l’Empire britannique, les obligations du Canada ou d’aucune de ses provinces, naissant de traités conclus entre l’Empire et ces pays étrangers ».Il semble bien que M.Bennett ait été de mauvaise foi en invoquant cet article de la Constitution canadienne.L’obligation (conditionnelle) prise à Genève le fut-elle par le Canada « comme portion de l’Empire » ?Et même, s’agit-il d’un traité conclu entre « l’Empire » et des pays étrangers ?On ne saurait l’affirmer catégoriquement; tout cela est confus.Mais la semaine de 48 heures étant de règle au Canada, la législation imposée par M.Bennett n’a pas de conséquences graves.Ce qui pourrait en entraîner tou- tefois, ce serait l’adoption de la semaine de 40 heures.Or le Bureau international du travail recommande justement cette mesure.Il pouriait venir à M.Bennett l’idée de l’adopter, comme il pourrait venir aux ouvtiérs celle de la réclamer.La démagogie n’étant pas absente de nos moeurs politiques, la situation pourrait devenir inquiétante, car la réduction des heures de travail de 48 à 40 par semaine aggraverait la crise au lieu de l’atténuer.Voici comment : Notons d’abord que, dans l’idée de ses protagonistes, cette mesure comporte le maintien du niveau des salaires.Dans ce cas, comme le dit J’.-E.B.au Journal de Genève, « l’ouvrier, ne donnant plus au travail que les cinq sixièmes de l’effort actuel, conserverait cependant son salaire intact et recevrait sous cette forme une prime de 16%.Cette prime aurait pour effet d’entraîner une hausse équivalente des prix sans que le pouvoir d’achat ait augmenté.La crise serait aggravée, et le chômage, que l’on entend combattre, accru.Jean-Claude MARTIN (SUITE A LA DEUXIEME I • A t : K > LCt POI/Ufi?Pour nos corporatistes par OLIVAR ASSELIN A l’occasion «le la Semaine sociale d’Angers, consacrée à l’organisation corporative, le cardinal Pacelli, délégué officiel du Souverain Pontife au triduum de Lourdes, a adressé à M.Eugène Dutlioit, professeur «le Sociologie à l’Université catholique «Je Lille, cheville ouvrière «le celte Semaine, une lettre dans la«juel!e on lisait : Toutefois — c’est encore l’enseignement du Saint-Père — en cherchant à restaurer les institutions corporatives dans une société si différente de celle qui les a vues fleurir jadis, on ne saurait vouloir régler d’avance leur réalisation pratique selon une formule unique et rigide.Bien plutôt, « les hommes sont libres d’adopter telle forme qu'ils préfèrent, pourvu seulement qu’il soit tenu compte des exigences de la justice et du bien commun ».Aussi notez-vous avec raison que cette réalisation doit s’adapter au tempérament national, aux traditions, aux besoins particuliers de chaque pays ; et vous voulez à bon droit chercher le moyen d’insérer organiquement dans l’ordre nouveau les associations professionnelles déjà existantes en France, pour qu’elles s’acheminent ainsi vers ces organismes meilleurs, les groupements corporatifs, dont parle l’Encyclique.Et PIllustration voit dans ces paroles une approbation «le l’attitude prise par les corporatistes catholiques du Canada.Peut-être PIllustration a-t-elle raison.Et peut-être aussi son interprétation est-elle fantaisiste, car les journaux du parti Stevens-Bennett ou Bennett-Stevens, en notre province, feront tendre tous leurs efforts, d’ici quelques semaines — quelque hilarante que puisse paraître cette tentative «le raccordement — à prouver que les corporatistes du Canada fran«;ais s’accordent à la fois avec le Saint-Père et avec M.Bennett ou M.Stevens.Mais en même temps «pie l’opinion «le la f i-f il le rose-nanane, les catholiques canadiens aimeront peut-être à lire celle «l’un journal pour le moins aussi autorisé à interpréter la pensée du Souverain Pontife.Voici par exemple ce «pie disait dans son numéro du 6 juin la Croix de Paris, sous la signature «le J.M.: Mais s’il existe des Jeunes qui sont pour ou contre le corporatisme en fonction de leur Credo politique, il en est d’autres, des Jeunes uniquement catholiques, qui s’affirment corporatistes à outrance, parce que catholiques.Ils prétendent savoir le sens exact du mot, ses réalités et ses possibilités.Ecoutez-les définir le corporatisme : « Le corporatisme est le retour à une organisation chrétienne de la profession, organisation détruite par la Révolution.— Quelles seraient les caractéristiques de cette organisation ?— Celles prescrites par les Papes.— Par les Papes ?— Mais oui, dans leurs immortelles Encycliques Rerum novarum et Quadragesimo anno.— Vous croyez ?— Nous en sommes sûrs ; la preuve, c’est que l’Autriche en se donnant un< Constitution chrétienne, a adopté une Constitution corporative, concrétisation vivante de Quadragesimo anno.— N’exagérez-vous pas ?— Aucunement.Il suffit, d’ailleurs, de constater que les corporatismes autrichien, portugais et américain s’appuient (?) sur les enseignements pontificaux, pour voir que c’est le devoir des jeunes catholiques d'être pour le corporatisme que les expériences de Dollfuss, de Salazar et de Roosevelt illustrent si bien.» Ce raisonnement simpliste qui atteste une ignorance aussi grande des expériences corporatives que des enseignements pontificaux, qui confond organisation professionnelle et organisation de la nation, qui mêle les principes et les faits, nous semble fort dangereux.Une fois de plus, il semble nous prouver qu’une confusion s'établit, et tend à identifier l’action de l’Eglise avec certaines actions humaines, peut-être excellentes en elles-mêmes, mais qui ne doivent, en aucun cas, provoquer des « solidarisations », souvent néfastes pour le bien des âmes.D’une question de terminologie, on fait un système politique dans lequel on engage l’Eglise, ne cherchant pas à comprendre les fins que poursuit celle-ci quand elle juge la situation présente en vue d’apporter aux catholiques des lumières qui leur permettront d’agir pour le bien des âmes en sauvegardant les droits imprescriptibles de la justice et les exigences souveraines de la charité.Les jeunes catholiques, fort nombreux, dont nous rapportions tout à l’heure le jugement, se trompaient et ils parlaient du corporatisme sans le connaître.Quand ils affirment avec énergie que l’organisation du corporatisme a été prescrite par le Pape, ils commettent une erreur.S.S.Pie XI, dans Quadragesimo anno, a bien présenté un programme positif et chrétien de réorganisation sociale et économique, mais il est resté dans la sereine région des principes.Certes, il a dit : « On ne peut attendre du libre jeu de la concurrence l'avènement d’un régime économique ordonné ».pas plus, ajoute-t-il plus loin, de la « dictature économique.immodérée et violente de sa nature », pas davantage de la seule intervention de l’Etat, car « l’objet naturel de toute intervention en matière sociale est d’aider les membres du corns social et non pas de les détruire » ; pour éviter cela, il a demandé que « l’autorité publique abandonne donc aux groupements de rang inférieur le soin des affaires de moinde importance où se disperserait à l’excès son effort ; elle pourra, dès lors, assurer plus puissamment, plus efficacement, les fonctions qui n’appartiennent qu’à elle, parce qu’elle seule peut les remplir, diriger, surveiller, stimuler, contenir, selon que le comportent les circonstances ou l'exige la nécessité ».Le Pape condamne à la fois le libéralisme absolu, comme un étatisme exagéré, mais il ne définit nullement la technique d’un corporatisme : « Ce a quoi, déclare-t-il, l’Etat et l’élite des citoyens doivent appliquer tout d'abord leur effort, c’est de mettre un terme au conflit qui divise les classes et de provoquer et encourager une cordiale collaboration des professions.» Pour cela, le Pape souhaite des rencontres entre patrons et ouvriers d'une même entreprise au sein « de groupements corporatifs » qui réunissent « les membres d’un même métier ou d’une même profession » pour veiller « aux intérêts communs de la profession » et pour orienter « l'activité collective.vers le bien commun de la société ».« Le corps social ne sera vraiment ordonné que si une véritable unité relie solidement entre eux tous les membres qui le constituent.» Pour atteindre ce but, les travailleurs peuvent adopter « la forme d’organisation qu’ils préfèrent, pourvu seulement qu’il soit tenu compte des exigences de la justice et du bien commun ».Voilà des textes qui peuvent inspirer des systèmes politiques, mais qui ne prétendent pas en édifier un.Aussi, affirmer simplement que les catholiques sont pour un corporatisme défini par le Souverain Pontife est une erreur aussi grande que celle des Jeunes qui ignorent ce qu’est le corporatisme et veulent pourtant l’imposer.A 1 abri de cette formule peuvent se développer bien des préjugés, source de maux pour l’apostolat catholique.L’Eglise veut une organisation économique et sociale aussi éloignée d’une liberté sans frein que d’une centralisation excessive.Elle souhaite que, sous l’égide de l’Etat, avec la collaboration active de celui-ci, s’instaure dans le sein des industries une collaboration de tous les facteurs humains lui appartenant pour tendre à une justice distributive plus poussée, à une sécurité plus grande de la production, à une judicieuse réglementation économique évitant tout déséquilibre.Mais si elle donne les grands principes qui doivent présider à ce redressement de la vie économique, elle se garde bien de préconiser aucun système ni de spécifier les étapes qui doivent présider à la réalisation de cet état idéal qu’elle souhaite.L’Eglise reconnaîtra les traits chrétiens d’une expérience comme celle tentée actuellement en Autriche, mais elle se gardera bien de la qualifier « d’être le type de l’ordre chrétien sur le terrain économique.» L’Eglise, par la voix du Vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, son chef, explique aux hommes dans quel .sens ils doivent orienter leurs efforts, les UPfA/lfflltt 10 août I O.'i.ï dangers qu’ils doivent éviter pour empêcher les excès, causes d'injustices et de misères, mais elle se garde bien de se prononcer pour une technique.Or, le corporatisme, ou plutôt les expériences corporatives en cours, sont des techniques entreprises par des hommes sous leur propre responsabilité L'Eglise leur demande seulement qu'elles respectent les droits imprescriptibles du chrétien, du producteur, du père de famille.Dans la mesure où ces méthodes sont conformes à ses exigences, elle les approuvera, fera des réserves, ou en dénoncera les dangers.Mais jamais elle ne leur donnera une approbation exclusive de toute autre approbation.Elle sait bien que le corporatisme n'est qu’une étape dans la vie de l'humanité, un régime plus ou moins neuf qui sera vite plus ou moins périmé, qu'elle peut le bénir, mais qu’elle ne doit pas s’y attacher.Comment, d’ailleurs, ce qui ne passera pas peut-il s'attacher à ce qui périra ?Ainsi donc que les jeunes catholiques étudient les documents pontificaux pour se faire une mentalité plus profondément chrétienne, qu’ils apprennent à juger chrétiennement, à penser chrétiennement, c'est la chose essentielle pour que, si un jour ils travaillent à instaurer un régime corporatif, ils instaurent un régime christianisant parce que chrétien.Mais qu'ils ne partent pas à la recherche d'un corporatisme chrétien qui soit l’unique, l’officiel, celui dans lequel il faut croire par esprit de foi, qu'il faut attendre dans la quiétude par esprit d'espérance, qu'il faut aimer par esprit de charité.Ce corporatisme-là n'existe pas, pas plus que ne peut exister un ordre catholique temporel immuable.Kl le rétlaottnir «le la Choix ajoute : Formation, donc, pour comprendre le corporatisme.Formation toujours pour comprendre l'action catholique.Formation encore pour découvrir le vrai visage du catholicisme.Cela nous évitera bien des impairs.Oui.cela nous évitera des impairs.Mai' est-ce bien éviter les impairs, que désirent nos corporatistes catholiques ?N’est-ce pas _ commettre tous les impairs que l’on pourra sans trop alarmer ni l’épiscopat ni les masses catholiques de notre pays ?Quand on se sera mis dans les impairs jusqu'au cou, il y aura toujours l'espoir qu’une Action paroissiale, ou autre bulletin jésuitique distribué de porte on porte, vienne vous en tirer.Olivar ASSELIN D’un scandale à l’autre Un < scandale > de M.Duplessis M.Duplessis s’est mis dans une situation assez ridicule, avec It's accusations de malversations portées par lui contre le bureau du procureur général à propos «le t’accusé \\ illiam Braitwaite.Cette affair»', dont on trouvera tout l’exposé dans le Soleil du .1 août, met en cause un bandit ayant déjà passé par h*s prisons hritanunpies, qui filouta en septembre 1929, à Québec, dans des paris de courses «le chevaux, une somme de $40,000 environ à un nommé Randell, de Londres, et vers le même temps $22,500 à Matthew Steel Dalgliesh, épicier en gros, de Glasgow.Au propre témoignage de M.Alleyn Taschereau, qui fut son ih'fenseur, l'accusé Braitwaite, qui s'était avoué coupable, reçut le maximum de peine «lont il était passible dans l«'s circonstances.Le procureur général ne se mit pas l«'s doigts dans cette affaire, si ce n’est pour exiger le remboursement «le certains frais judiciaires, s’élevant à $2,000, et un peu plus tard, sur l'ordre du gouvernement nrr • I ticiennes «tes nommes u raat euro- .T .I rmiAHVâ I*) in , , , .| JetteraI, le coupable était remis au 1UUJUIU» ta ill.peens se rattache évidemment, bien i ouvern(Mnent britannique pour qu’indirectement, à sa campagne pour j subir son procès sur quelque autre l’établissement au Canada d’un gou- chef d'accusation.Les accusateurs vernement de coalition qu’il voudrait faire accepter s«nis l’étiquette de « gouvernement national ».Notre confrère a indiscutablement jours la m.politique Parlant «le politique européenne, le Star adopte un point «le vue qui plaira aux lecteurs de la Renaissance.s'il est peut-être relativement nouveau pour d’autres.11 publie un long article intitulé « They hurt politics in Europe, loo » et les premières lignes mettent le lecteur en garde contre l'allure tendancieuse des nouvelles télégraphiques qui nous viennent d’outremer et lui conseillent de ne pas prendre trop à la lettre les dépêches d'information étrangère.On se souvient que, naguère à I'Ordre et aujourd'hui à la Renaissance, notre camarade André.Bowman a toujours prévenu le lecteur contre la nature des dépêches de presse et qu’il s’est efforcé chaque jour de découvrir la réalité des faits parmi les nouvelles contradictoires et de discerner les intentions des hommes et des partis parmi leurs prétentions et leurs manœuvres.L'article du Star est un témoignage indirect à l’attitude de notre ami.Le Star a tout l’air de découvrir que l'intérêt «les hommes et des partis a toujours dominé l’intérêt véritable du pays dans la lutte politique; et cela coïncide étrangement avec le danger électoral que court M.Bennett.Mais ce n'est pas de cela qu’il s’agit aujourd’hui, bien que son article sur les menées poli- raison st' «léelarèn'iit pleinement désintéressés, et le seul homme qui pré-tcudit avoir été «mis dedans», c’est Braitwaite lui-même.dette histoire n’est longue que d’en avoir contre les partis, mais il Par Ies incidents qui s’v rattachent.Elle nous montre Randell et Dal-gleisli comme prenant part à des opérations frauduleuses (paris ipiês qu un paiti et surtout un , sur «It's courses «ju'ils croyaient a le tort de s’en prendre un peu tard à la politique de parti et seulement ’ et surtout un homme qu’il a contribué largement «arrangées»).Rien d’étonnant à porter au pouvoir ont fait tant de | M11*’ victimes de Braitwaite se mal à notre pavs.?it,nt ^online* satisfaites d’une ., ' , .legere indemnité, quand elles au- Mais enfin acceptons avec plaisii ^ raient pu être elles-mêmes condam ce qu’il y a de juste et d’objectif j nées à la prison pour tentative dans tout cela, et insistons surtout «I extorsion.M ais ce pauvre M.Duplessis, pour s’être risqué à révéler un scandale, n'a pas eu de chance.Comment on relate les faits sur I opinion exprimée par notre confrère sur les politiciens européens a prétentions internationales dont les faits et gestes sont toujours, au fond, inspirés par l’intérêt immédiat, non de l’Europe, non pas même toujours de leur pays — ce qui serait, ______________ ma foi, une bonne note — mais ,, ., , ., .«I V a u Montreal deux journaux d abord et surtout d un parti ou ang,ais favorables s, la formatio„ d'un groupe.Le Star a particuliè- d’un cabinet « d’union nationale » : rement raison quand il écrit que j la Gazette et le Star, et ni l’iui beaucoup d’hommes d’Etat cherchent ^ autre n ont encore «lit comment ' 1 on peut supposer que pour le restera encore la ressource «le limiter les concessions à l’étendue nécessaire pour utiliser au maximum les superficies colonisables, «pii, osons le dire, ne sont aujourd'hui pas très vastes «'t encore moins nombreuses, n’en déplaise à tous les champions «le la colonisation « catholique » et français»'.Une opinion du R.P.Archange « Si la Commission montréalaise «lu chômage veut tant envoyer les chômeurs à Valearlier, ce n’est pas «pi’el’e recherche leur bien mais «pie, rendus là, ils ne lui coûtent plus rien.» Ainsi sVst écrié le I’.Archange dans une réunion de l’Association humanitaire eat.boli«pie, l’autre jour, au Stade Frontenac.Les chômeurs, dit le 1*.Archange, ne coûtent à l’Etat que $1.20 par semaine, «‘I encore la plus grande partie : .>;,àvW ' ; ¦ .h ¦ ; , .->A L’armée de Pharaon engloutie par la Mer Rouge (Bernardino Lui ni (XVIe siècle) Musée Brera A Milan) Assaillis pur it's flots, les soldais cherchent à se sauver par tous les moyens.On distingue plusieurs d’entre eux qui nagent la hrasse (sur le ventre ou de côté).(Photo Giraudon) Le match silencieux ï A beauté imprévue de ce soir-•*—1 là m’invitait à une manifestation.très naturelle du reste, de mon enthousiasme.Dans quel milieu pourrais-je en faire éclat avec le plus d’ardeur et me rendre insupportable à mes contemporains le plus rapidement possible?Me faire inviter dans un salon littéraire ?Ça n’existe pas à Québec.(En est-il plusieurs à Montréal?Que les québecquois se consolent : je n’y connais que des fonds de cour littéraires.) M’engouffrer dans une taverne ?On y rencontre trop d’Américains et la moquerie aussi bien que l’insolence ont pour effet de me rendre malheureux.Arrêter au Bouquin.causer avec Phyl, l’ironiste impeccable de la rue de la Fabrique ?Mais en juillet, le Bouquin est envahi .par les hordes wiscon-sines, illinoises et marylandaises.On n’y vend plus que des bébelles de bois, made in Quebec mais importées du Japon.Les livres, tristes et pensifs comme le Canadien de la complainte, paraissent attendre en vain les amateurs spirituels et les hauts fonctionnaires, propres et si polis, de la colline.Où sont-ils tous à présent ?Ils passent la belle saison (c’est une façon de parler) à Lo-rette ou à Elle d’Orléans.J’étais anéanti.Que deviendrais-je seul dans Québec ?Bon ! je trouve mon plaisir dans un gros journal de la cité française.J’assisterai au sixième « tournoi-invitation » (?) organisé par le club de tennis Jacques-Cartier, comme si le grand découvreur avait prévu cela.Je vois que Roland Longtin se trouve le premier sur le tableau.Il m'intéresse cet artiste de la raquette.Je l'admire d’autant plus que je ne l’ai jamais vu jouer.Puis, n’arrive-t-il pas, frais éreinté, d’Angleterre où il eut à lutter, dès son apparition sur le court, contre un Perry génial et dominateur ?Tout le monde sait que le résultat fut désastreux pour le jeune Canadien.Il quitta les rives de la fière Albion sans laisser de trace.Tout de même, il n’en restait pas moins pour moi un sujet de curiosité.Longtin avait joué sur les courts de Wimbledon.Sur ceux du club Jacques-Cartier de Québec, il ferait certainement fureur.Il se sentirait chez lui.Décidément, nous mettrons encore plusieurs siècles à nous illustrer dans le monde, encore que « pour » l’éloquence et le coup de gueule sur les hustings nous occupions le premier rang.On comprendra que Roland Longtin m’intéresse davantage, et que le tennis si noble, qui nécessite tant de précision, de finesse, d'endurance, de philosophie et de jugement, me captivera toujours plus que la politique et la littérature qu'on nous sert réchauffées selon l’esprit, les exigences et les conventions de notre siècle médiocre.De là mon admiration pour un écrivain comme Montherlant, prince des sports.A huit heures et demie, la petite estrade, dressée en face du court, craque déjà sous le poids de quatre cents personnes.Situé en bordure du parc Victoria, l’endroit où se disputera le match reste certainement un beau coin de Québec.C'est plein d’arbres, de fraîcheur et de vieux bancs, où les amoureux s’embrassent à pleine bouche, tout comme au bois de Boulogne.La lune verte laisse tomber un rayon couleur de neige à travers les feuillages des saules, se balançant au-dessus du court.Que les Québecquoises sont jolies dans ce décor ! Je veux bien leur dire comme leurs toilettes s’harmonisent de ton et de couleurs chantantes avec l’air de ce premier beau soir de juillet, avec les ramures et le clair de lune.En arrière de moi, dans mon dos, se trouvent les plus belles jambes du monde.Franchement, c’est déjà un match silencieux du plus grand attrait.Je ne comprends pas pourquoi l'ami Masse, que je ne connais pas, a osé écrire dans un livre, grouillant d'esprit d'ailleurs, intitulé A vau le nordet que « les québecquoises n’ont pas de belles jambes ».Il n’a certainement pas vu celles qui me disent des « choses tendres ».Mais il faut être sérieux.Tout le monde se tait.Encore quelques minutes et le grand match aura lieu.Les assistants échangent des regards d'inquiétude au sujet de Longtin qui, paraît-il, pêche souvent par manque de confiance.Personnellement, j'ai toujours devant moi, c’est-à-dire derrière, les jambes québecquoises, et je songe, je ne sais pas pourquoi, au divin Arétin.Puis, soudain, l'éclairage électrique baigne de blancheur le court sans rides.Wilson et Longtin font leur apparition.Un applaudissement discret, presque imperceptible, tisse une dentelle dans le décor.On se croirait dans un salon.J'ai compris que cet événement sportif constitue depuis 1930.pour la haute société de Québec, un véritable gala.C’est un bain d’air pur et de grande distinction.Il faut connaître l’étiquette et savoir faire les choses.On applaudit encore une fois, fort légèrement.C'est de bon ton.Ross Wilson, qui avait défait la veille un Georges Leclerc fort décevant, s'avance le premier.Il paraît nerveux.Il est tout corps et tout muscles.Que craint-il ?Bronzé comme s’il arrivait des Antilles, redoutable, fort, il attend l’adversaire.Wilson n’a pas vingt ans.C’est un athlète parfait.C’est en outre une volonté, une puissance.C’est le printemps dans toute sa gloire.Les jolies dames de Québec, qui voient clair quand elles veulent, n’ont pas assez d’yeux pour examiner cet Anglais agressif, violent, ce beau jeune homme aux muscles d’acier.C'est bien du reste une machine, une machine moderne, reluisante, toute neuve et qui doit fonctionner à merveille.Mais voici Longtin qui a oublié de prendre les balles sur la table, à côté de l'arbitre.Wilson aussi les avait laissées là.Tous deux sont très nerveux.Longtin revient avec les balles.Il tape dessus d’un geste rapide, devant lui, tout en marchant d'un pas saccadé.C'est une manie qui ne me déplaît pas.Il paraît beaucoup plus vieux que Wilson.Il est pâle et désabusé.Il arrive d’Angleterre.11 a vu Perry face à face.Mais ce soir il a encore un Anglais devant lui.Deux ou trois fois il élève les bras, sans doute pour montrer comme ils sont blancs et sans muscles.Des bras de femme.Ses gestes sont d’une belle nonchalance que semble redouter Wilson.Mais on sent bien que toute cette insouciance est calculée.Longtin ne se déplace pas inutilement.Il regarde un moment le ciel.Il veut prendre une provision d'air avant le dur combat.Il se décide à échanger quelques balles avec son adversaire.Pas un de ses coups ne porte.Le match va commencer.L’expérience et l’esprit français contre la jeunesse et l’énergie anglaises.— Ça va être un beau match, criai-je à mon voisin.Je sentis aussitôt dans mes reins une pression des jambes, toujours les mêmes jambes.Je me retourne, enthousiaste.La jolie dame, un doigt sur la bouche, me fait signe de me taire.—- C'est sérieux, vous savez, dit-elle.— Je vous crois.Le match commence.Wilson attaque avec une violence d’enfer.Son service est dur, et généralement la première balle tombe « bonne », mais Longtin la relève chaque fois avec une facilité déconcertante.On se rend compte que Wilson n'avait point prévu une telle habileté.La veille, avec son service, il avait anéanti le rapide Georges Leclerc, futur grand joueur.Ce soir, l’Anglais se trouve en face d’un joueur d’expérience, d’un Longtin plein de ruse et d’adresse et qui relève les coups droits et les « crosscourts » avec une facilité déconcertante.Wilson, dès le premier jeu, tombe dans une grande dépression.Ses ressources sont limitées.Courir, « driver » à pleine force, tout cela est beau, mais ne saurait résister longtemps contre un joueur qui varie son jeu et place régulièrement les balles sur .es galons, à l'arrière ou bien frappe une balle molle qui tombe négligée au centre du court, alors que l’adversaire doit tendre tous ses muscles dans une course folle.On s'explique que Longtin prenne le premier jeu, 6-3.Au deuxième, Wilson revient plus courageux encore et plus agressif.On retrouve un Longtin plus indolent, mais plus précis et dont le revers terrible rase le filet pour aller frapper le coin à gauche, où naturellement Wilson ne sc trouve pas.C’est énervant au possible.Je veux crier.Je crie.Lin assistant me prie de me taire.Je me soumets volontiers et je me replonge dans le match silencieux.Dans la lumière blanche, dans la nuit, la balle passe avec la rapidité de l’éclair.Longtin force son adversaire à avancer, puis une fois qu’il se trouve à la portée de sa main, le brillant joueur montréalais envoie une balle molle au-dessus de Wilson, qui court désespérément et la manque.Longtin a gagné le second jeu, 6-1.Je ne peux m’empêcher de délirer.On me fait savoir que « ça excite les joueurs » et que ce n’est pas convenable.— Il n’y a donc plus de français à Québec, répondis-je.Le court retombe dans le silence.Wilson est épuisé.Son énergie demeure sans force.Pauvre jeune homme.Il est tout de même bien courageux.Il se fait enlever facilement le troisième jeu, 6-1.Longtin reste le champion, un champion qui a acquis, disent les connaisseurs, une grande expérience depuis son voyage en Angleterre.11 doit son succès à son jeu varié, à son revers terrible, à sa finesse et à son grand jugement.Mais Wilson est un bel athlète.— 11 y a des matches plus silencieux encore et non moins éloquents, dis-je aux belles jambes.— Pas de réponse.C’est bien la nuit.VALDOMBRE Un l>on moyen «le sentir les coudes de ceux qui peuvent vous être utiles, e est d'être duns leur munclie.* * * Si le rouge de lu pudeur ne monte plus tui front, c'est probablement puree qu’il s'attarde trop sur les joues et les lèvres.I,K JoUIINAI, UK WvlKIII.OO Rirpr Biack horse DAWES LONDON DRY K5 h*» Un cocktail - un collins ou d’autres mélanges ayant pour base du Gin Vickers, possèdent cet te saveur, ce fumet spé c.al, unique à ce gin m BOUTEILLI 25 oz.I Distillé et embouteillé sous la surveillance directe des propriétaires Joseph & John Vickers & Co., Limited, Lon , dres, Ang., par Distillers Corporation, Limited.Montréal Ji -#// ri Miff mi- •oO* TCêIV€ l'£Cfê flIV• Becky Sharp, film en couleur Voilà quatre fois que le très classique roman de W.N.Tackeray subit l’adaptation cinématographique.La satire, avec le temps, a beaucoup perdu de son sel et les reviseurs d’Hollywood l’ont consciencieusement passée à l’eau de rose.Dans cette quatrième édition, l’interprétation est généralement bonne ; Miriam Hopkins incarne l’héroïne avec intelligence et naturel.Becky Sharp est le premier grand film en couleurs dites naturelles.C’est là que réside son principal attrait, et s’il n’attire pas les mêmes foules que le premier film parlant, c’est une in-lustice car le progrès réalisé vaut d’être noté.La découverte du procédé employé l’est pas, comme bien l’on pense, tom-iée subitement du ciel.Le souvenir de quelques horribles bouts de films coloriés suffit à démontrer que le succès n’est venu qu’après toute une série de lâtonnements.L’ancienne méthode consistait à enregistrer les trois couleurs principales: rouge, bleu et jaune, sur trois bandes transparentes que l'on superposait ensuite.En 1914 le Dr Herbert Kalmus fonda la société Technicolor en vue de perfectionner le cinéma en couleur.On trouva un nouveau procédé qui, s’il avait quelques avantages sur l’ancien, ne permettait l’enregistrement que du rouge et du jaune.Ce n’est qu’en 1932 que le Dr Kalmus découvrit la trichromie, procédé qui permet d’utiliser les trois couleurs fondamentales.Walt Disney fut le seul à comprendre qu’on avait enfin trouvé le procédé pratique.Le succès de ses Silly Symphonies en couleur lui donnèrent amplement raison et déterminèrent la fondation de la compagnie cinématographique Pioneer à qui nous devons le court métrage de La Cuca-racha et enfin Beclfy Sharp.Le problème de physique que résout la découverte du Dr Kalmus est des plus captivants.Mais le cinéma nous intéresse surtout dans ses productions artistiques, ou supposées telles.A ce point de vue, il ne faut considérer l'addition de la couleur comme un progrès que sous réserves: à l’avenir le metteur en scène n’aura plus uniquement à savoir doser habilement les ombres et les lumières ; il lui faudra posséder l’art de disposer les couleurs.Les producteurs de Becky Sharp ont eu la main heureuse en choisissant un metteur en scène dont les mérites sont connus: Rouben Mamoulian.Le succès est indéniable.La mise en scène, très au point, se relève de couleurs fort bien agencées.Mamoulian a évité l’abus, et son grand mérite est d’avoir su, d’une façon générale, ne pas sacrifier les teintes discrètes à la recherche d’un effet facile.Signalons comme scène colorée à souhait et du plus heureux effet la course des cavaliers aux manteaux rouges sous une lumière d’un rouge différent.La publicité nous avertit que Becky Sharp est un film en couleurs absolument naturelles qui donnent de façon parfaite l’impression de profondeur.Corrigeons l’exagération: si la couleur donne aux personnages et aux choses plus de « forme », ce n’est pas à dire qu on ait là, pour l’écran, la troisième dimension.Lorsque les travaux de CINÉMA DE PARIS OKTTE SEMAINE FRANCE - FILM niBSBNTE EN 3ème semaine ITTO SIMONE BERRIAU I.cn nhleiiN et l’admirable Léarion ftTiiiiKtri' en pleine action.Louis Lumière prendront une forme pratique, on verra la différence qui existe entre le véritable relief et ce que donne la couleur.D’autre part, les couleurs ne sont pas du tout naturelles.Qu’elles soient plus nettes et surtout plus vraies qu’au-paravant, cela est exact, mais il y a place pour un grand perfectionnement.Petit à i>etit, espérons-le, les teintes s’adouciront, se fonderont mieux.Quant à l’attitude du public, on peut prévoir qu’elle sera généralement favorable.Quelques-uns, qui s’attendent du premier coup à la perfection, se révolteront sans doute devant les lacunes de ce premier essai.Mais l’expérience du film sonore a amplement démontré qu’au cinéma comme ailleurs tout ne se fait pas en un jour.Louis PKLLAND Le cinéma en relief LE K HAND PUBLIC NE SE TROMPE PAS — IL ACCLAME CE FILM —UNIQUE— M.Louis Lumière, l'inventeur du cinématographe, vient de réaliser une autre découverte d’importance qui, ajoutée à la sonorisation et à la couleur, achèvera de donner au cinéma l’apparence complète de la vie.Le premier film que tourna Louis Lumière, en 1895, reproduisait l’arrivée d’un train en gare de La Ciotat.C'est encore l’arrivée d’un train à cette même gare que fait voir le premier film en relief du grand savant.Il y a quarante ans on s’émerveillait de voir la locomotive avancer.Aujourd’hui on a l’impression que la machine fonce dans la salle.M.Louis Lumière donne lui-même les explications techniques : Ces visions d'une apparence si réelle résultent d une application fort simple des procédés stéréoscopiques.Déjà on était parvenu à créer l'impression du relief en projetant les images par un double objectif muni d'un double écran coloré, qui reproduisait deux images distinctes.La division du travail des deux veux opérait la synthèse grâce à deux écrans de couleurs différentes.Mais on obtient ainsi des images floues, d'une couleur indistincte, supprimant les effets de blanc et de noir qui font toute ta valeur et toute la beauté des photographies.Et maintenant, grâce à la découverte de M.Louis Lumière, l’écran de verre placé devant le spectateur reproduit parfaitement le blanc et le noir.Le metteur en scène Pierre de Cuvier utilisera cette découverte dans un prochain film : Y A mi de Monsieur, qui ne manquera pas de créer une forte sensation.L.P.8 Renaissance du théâtre Les projets de M.Gau vin M.CHARLES SCHAUTEN, directeur du théâtre Molière de Bruxelles, que M.tiuuvin, impresario, nous fera revoir à Montréal au cours de la prochaine saison théâtrale.Les «Dernières» à Paris Spectacles L’Institut International de Cinématographie de Rome vient de publier une statistique sur le nombre des théâtres et cinémas qui existent dans le monde entier.L’Europe dans ce domaine surpasse les Etats-Unis d’Amérique.Mais si l’on a construit pendant ces dernières années de nombreux cinémas en Europe, il y en a encore près de 10.000 qui ne possèdent pas le matériel nécessaire à la projection de films parlants ou sonores.En 1934 les salles de spectacles étaient au nombre de 39-5-î 7 en Europe, soit un chiffre supérieur de 10.000 à celui enregistré en Amérique.En 1930 les statistiques indiquaient que l’Europe possédait 22.454 cinémas alors que les Etats-Unis n’en avaient que 22.721.L’Amérique latine, le Japon et l’Inde ont vu pendant l’année 1934 disparaître un grand nombre de leurs salles de spectacles.Par contre la Russie qui à cette époque n’en avait que 2.000 a en une année porté ce chiffre à 10.000 La Renaissance étant en vente dès le vendredi, vous pouvez l’acheter avant de quitter la ville pour la fin de semaine.MONTREAL Optométristes-Opticiens à l’Hôtel-Dieu CARRIÈRE & SÉNÉCAL LIMITEE 271 EST, RUE STE-CATHERINE Tél.LA 7070 T ’HEURE EST aux « dernières ».*¦“* Chaque jour en amène plusieurs: dernière à la Comédie Française où sont commencées les transformations prévues par la loi sur l’Outillage national ; dernier grand ballet — Icare — dansé sans musique, innovation hardie de l’incomparable Serge Lifar ; dernière, hélas ! des Arts Italiens dont la contribution française — Louvre et Province — a déjà rejoint ses ports d’attache ; derniers concerts symphoniques.Le « plein air » tient encore, mais quand les réunions hippiques et les concours sportifs auront cessé, le Parisien qui n’aura plus aucun prétexte pour s’attarder dans la capitale en sera réduit à se cacher, s’il ne peut gagner mer ou mont, ou soigner ses misères en quelque station thermale.Paris sera alors livré aux touristes, ceux de la province surtout, qui sont voyageurs discrets et de tout repos.On y trouvera bien encore quelques vrais endurcis qui pour rien au monde ne veulent s’éloigner de leur bonne ville — dont M.René Doumic, secrétaire perpétuel de l’Académie française et directeur de la Revue des Deux Mondes qui, prétend-on, n’aurait pas quitté Paris depuis 35 ans.On serait tenté d’en être, de ces fidèles, si grand est le charme de Paris au ralenti, quand on peut enfin déambuler sans but précis, le nez au vent, à la re-découverte : ici d'une perspective que les dangers d’une circulation intense ne permettaient plus d’admirer, là de quelque coin pittoresque trop souvent masqué par la foule des passants.• Pour en revenir aux « dernières », nous venons d’avoir celle des Concours du Conservatoire, section Grand Opéra.Parmi les plus intéressants exercices de fin d’année, il faut situer spécialement ces examens qui s’échelonnent sur plusieurs semaines, si nombreuses en sont les séances: instruments de musique, danse, chant, tragédie, comédie — bref, tous les arts non plastiques.Ils auront, cette année comme toujours, sonné le glas de bien des espérances, et comme toujours les verdicts du jury n’auront eu que peu de rapport avec ce qu’auraient été ceux de la critique dramatique qui y assistait.Et pourtant, dans ce groupe se trouvent des anciens comme M.Antoine dont le flair est légendaire pour dénicher un talent, qu’il s’agisse d’un auteur dramatique ou d’un interprète.Mais ces messieurs du jury ont apparemment des raisons que la raison non-officielle ne comprend pas.Installés dans la grande loge de face de l’inconfortable salle du Conservatoire, présentant cet aspect de jeu de massacre spécial à tous les jurys dji monde, ils arborent l’expression la plus impénétrable, la plus incorruptible, pour décider d'un palmarès qui plonge parfois l’auditoire dans la plus profonde stupéfaction.Ce ne sont plus les salles houleuses de jadis quand [ l’indignation se manifestait si bruyamment, surtout du côté de « Mesdames Mères », lors des épreuves consacrées aux futurs « rats » des ballets ; on ne s’arrache plus les places depuis qu’un droit d’entrée sérieux a remplacé les billets de faveur d’avant la guerre.Mais ceux qui sont là par devoir — les grands critiques dramatiques — sont si souvent en désaccord avec les décisions du jury, qu'il vient d’être proposé d’imiter au Conservatoire, l’an prochain, les fondateurs du Prix «Théophraste Renaudot ».On sait que pendant que les dix membres de l’Académie Goncourt délibèrent autour de la table à déjeûner du Restaurant Drouant sur l’attribution du prix annuel des Goncourt, les reporters littéraires — attendant dan3 une salle voisine la nouvelle de leur décision — votent pour leur propre compte.Leur choix, placé sous l’invocation de Théophraste Renaudot, fondateur en 1631 de la première « gazette » française, contribue singulièrement à compléter ou à rectifier celui des héritiers des frères Goncourt.Il convient d'ajouter ici que ce choix ne s’est jamais porté sur le même candidat que celui des Académiciens, bien que la liste des postulants ne dépasse guère trois ou quatre noms Cette élection, imaginée d’abord par les journalistes pour aider à passer le temps, a pris par la suite une importance telle — bien qu’elle ne comporte aucune récompense matérielle — que leur lauréat en retire beaucoup plus qu'une fiche de consolation : il se trouve, lui aussi, bel et bien lancé dans la République des Lettres.Voilà pourquoi il est question de faire la même chose au Conservatoire, 1 out laisse prévoir que nous aurons cetle année une saison théâtrale excellente à tout point de vue.La Comédie Franco-Canadienne possède en tout cas les éléments qui assurent e succès.Les grands quotidiens ont déjà i publié les détails du programme que l’on entend su vre et qui comprend cinq « séries » se succédant de septembre à mai.Pour le moment nous ne possédons de détails que sur la première série que dirigera M.Charles Schauten.S nous jugeons les quatre séries qui suivront d’après cette première, nous sommes assurés pour toute la saison de très bons spectacles.M.Gauvin, qui connaît mieux que personne les causes de la décadence du théâtre à Montréal, prend tous les moyens pour y remédier.Par le passé le mal vena t surtout, d’une façon générale, du manque d’homogénéité des troupes : une ou deux vedettes, et le reste de la troupe suivait tant bien que mal.Encore arrivait-il que les vedettes ne méritassent guère leur titre.Cette fois chaque artiste a été choisi avec soin.Nous savons tous que M.Schauten.directeur du théâtre Molière de Bruxelles, est un véritable art ste, un homme qui a voué sa vie au théâtre et dont on a reconnu officiellement les mérites en lui confiant la direction du théâtre de la Reine de Belgique.En confiant à M.Pierre Durand la charge de grand premier rôle marqué, M.Gauvin n accomplit qu’un acte de pure justice envers notre premier artiste montréala s.Nous applaudissons également au choix de Mme Jeanne Demons, excellente comédienne.M.André Fouché se recommande par ses succès du Conservatoire et par son stage à la Comédie Française.M.Henry Charles, jeune premier rôle dramatique, Mlle Germaine Duclos, jeune première coquette et Mlle Olgane Huganes, jeune première dramatique, appartiennent à la troupe de ce même théâtre Molière : M.Marcel Bloch nous vient du de s’arrêter à un répertoire susceptible de plaire à tous et à chacun, la meilleure politique était sans doute de le varier.F.n tous cas on nous délivre des mauvaises pièces et c’est l’essentiel.F'.t vo ci un très bon point de gagne : les acteurs sauront leur rôlt théâtre du Casino de V chy, Mil Jacquelne Brévannes, jeune première, du théâtre Gymnase et Mlle Jeanne Griana, ingénue, du théâtre du Parc de Bruxelles.M.Gauvin n’a engagé ces artistes qu’après les avoir vus à l’œuvre.C’est une garantie.Ainsi du côté interprétation tout sera parfait, à condition toutefois que Mlle Ridez n’en d se pas plus long que « Madame est servie » et que M.Maufette s’en tienne au rôle d’ouvreur de portes.Quant au répertoire, il nous est impossible d’en juger puisqu’il n’est pas encore sorti de la boîte à secrets.Voilà une amélioration qui ne manquait pas de se laisser désirer.On y arr vera par le moyen suivant : la troupe, dès son arrivée, possédera parfaitement six pièces sur dou/.e.Comme le programme changera chaque semaine, cela donne quinze jours pour préparer chacune des six autres nouvelles pièces.Bref tout s’annonce de merveilleuse façon : d excellents acteurs, un réper-to re choisi et une habile direction.Il ne reste plus, pour que le succès soit chose certaine, que la sympathie du public.Cette sympathie existe certainement.Espérons qu elle se manifestera par une assistance assidue aux spectacles.Sinon c’en serait fait du théâtre français à Montréal, car ad-venant la déconfiture d’une entreprise aussi habilement montée, personne n’osera t jamais tenter une nouvelle expérience.La critique est, d’autre part, très bien disposée.Ici même on trouvera de chaque spectacle une appréciation désintéressée ; la Comédie de son côté peut être assurée que nous éviterons les inutiles dénigrements avec la même intransigeance que les fausses louanges.Louis l’ELI.AND où les élèves — si souvent sacrifiés à | M.Gauvin nous assure qu’il sera très varié.Ainsi la saison débutera avec la récente pièce à succès d’Henri Du-vernos : Rouge, qui sera suivi du Volcur de Bernstein.On présentera plus lard une ou deux pièces dites d’avant-garde.Comme il est impossible l’arbitraire — seraient heureux de voir attribuer une juste compensation à ceux d’entre eux qu’une cabale, ou des considérations extra - professionnelles, excluent du palmarès.Cela aurait peut-être aussi l’avantage de rendre les juges officiels plus soucieux d’équité.II est certain qu’ils se sont montrés bien sévères cette année, en face de candidats dont certains promettaient beaucoup.Des promesses, c'est pourtant tout ce qu'on peut demander à ces jeunes, dont l’expérience pratique est à faire.Il n’est déjà pas si facile de jouer ou de chanter des fragments de scènes, sur un plateau où l’ambiance est créée à l’aide d’un meuble ou deux, devant un aréopage dont la raison d’être est la critique.Hélène ROULANS Paris, juillet 1935.-•- Un enfant précoce « Bout de Chou » Jackie Vilmont, la minuscule vedette de Bout de Chou, le film que vient de terminer la Filba-Lux, sait, lui également, descendre les escaliers aussi dignement que le lui permettent ses courtes pattes de trois ans et demi ! Dans la scène qu’il tournait ces jours-ci, il avait à dire une petite phrase tout en descendant un grand escalier.Au bout de trois marches, après avoir dit sa réplique, il se tourna vers le metteur en scène Henry Wuls-chleger et lui demanda fièrement, les deux poings sur les hanches: «Est-c que je l’ai bien dit ?» (ce qui n’était pas prévu dans le scénario !).Il fallut refaire trois fois la même scène et après chaque réplique, Bout de Chou invariablement questionna : « Est-ce que je lai bien dit ?» Inutile de dire si la parodie de la phrase fameuse eut un succès au studio ! Madame Sans-Gêne anoblie La Comédie-Française subit en ce moment une crise administrative qui ne l’empéche pas de voir à compléter son répertoire.Le choix de l’illustre compagnie vient de se fixer sur Madame Sans-Gêne, la très célèbre pièce de Sardou.La Comédie a peut-être pour cela des raisons que la raison ne connaît pas.FRANCE - FILM PRESENTE l ue étude révélatrice sur lu vie lin grand Paris Le gamin de Paris avec Georges Mauloy et France-Dhelia EN PIIOCiltAMNIE 1)01 lll.E avec LES FAMEUX CONIFERES Colline et Dorin «Iiiiin Quatre à Troyes SAiNT-DENIS SES/SUCCES P ET IL S'HONORE DE NE BOIRE QUE DU «IIV C/MIADIEM mekhers 10 onces 26 onces 40 onces S0.85 $1.90 $2.65 IMPORTANT Le gin Melchers provient de la distillation de grains do choix.Une quadruple rectification lui assure force et puroté—on fait “la boisson la plus saine.’' CANAOI*’» QEt®® Ceux dont l’activité se déploie au grand air vous diront pour- i quoi ils préfèrent le Melchers.“Tout simplement parce qu’il est un bon gin véritable et sain, le plus masculin des gins, que l’on savoure tel que! ou légèrement mouillé .Autre point important! Le Melchers n’est pas un gin coupé, ni un mélange: il est PUR.Le réveil du lendemain vous sera doux, si vous faites de Melchers votre beisson.67C “LE BREUVAGE DES FORTS” Distillé et embouteillé au tnimrin par Meleliers Distilleries JLimited, Montréal »*t Ilertliierville* 10 Lettre de Paris A n dré Citroën Il y a quelque chose de tragique | fait de proposer un plan de fabrication dans le destin de ce créateur génial HIHXIIÜIXII- Lettre de Londres Fin de session d'une industrie arrivée à faire vivre 50,000 familles et qui, dans la mi-cinquantaine, après avoir brassé des milliards, meurt pauvre pour avoir vu trop grand, pour avoir méconnu les lois immuables du commerce et du crédit et pour avoir ignoré les limites qu’imposent les événements.A un animateur tel qu' André Citroën, à l’imagination sans cesse en travail, fourmillant d’idées, confiant en lui-même et en l'avenir, impatient de tout contrôle, passionné du jeu hélas ! — et des risques, il eût fallu un associé-frein dont le rôle eût été de passer au crible ses projets, de les ramener aux proportions du possible.Tâche malaisée, mais quelle force, dans une entreprise d'envergure, eût été pareille opposition de valeurs ! Très jeune, André Citroen avait déjà la passion de l’automobile.On songea bien un peu à en faire un diamantaire comme son père et son frère aîné, mais dès le jour de ses treize ans quand, sur sa demande, il reçut en cadeau une « serpolet », cette petite voiture décida de son avenir.Au sortir de Polytechnique, riche d’espérances seulement, il apprend qu’une licence pour la fabrication d’engrenages est à vendre en Pologne.Empruntant ce qu’il peut, il part, achète le brevet et crée au retour, dans un atelier « avec soupente », sa première affaire dont il sera le secrétaire et le garçon de bureau en même temps que le directeur.Deux mois après, on crevait la soupente pour agrandir.Et pendant 30 ans il en sera de même : le contenu fera sauter le contenant.Multiplication des usines d engrenages, reprise des usines Mors, fabrication des obus pour la défense nationale, fabrication d’automobiles en série pour les besoins de la paix, expéditions à travers le monde, recherche de formules de publicité toujours plus hardies, honneurs, fortune, de nouveaux brevets partant, de nouvelles machines, de nouveaux efforts — Citroën ne cessera de crever l’un après l'autre ses propres plafonds, jusqu’à la débâcle finale.La guerre le surprend fabriquant cent autos par mois, ce qui était considérable à l’époque, car il s’agissait encore de la voiture à carrosserie « individuelle », faite sur commande comme on aurait fait une maison ou un pardessus.Parti au front avec le rang de lieutenant d’artillerie, il a tôt : de munitions d’où sortira l’approvi-[ sionnement intense qui permit au lendemain de la Marne — dont les derniers coups de canon furent tirés à blanc, faute d’obus — de « tenir » pendant que la défense s'organisait à fond.Pour son compte, ses usines du Quai de Javel t rasées et magnifiquement reconstruites en pleine crise il y a deux ans — dernier défi.ou peut-être dernier acte de foi ?) ne tardent pas à en produire 55,000 par jour.Son activité est sans bornes, elle s’étend également aux arsenaux de Boanne qu'il réorganise et au ravitaillement industriel qu’il dirige.En marge de ces travaux presque surhumains il a l'idée des
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