La renaissance, 28 septembre 1935, samedi 28 septembre 1935
Première année — Ao 15 10 sous Montreal, samedi 211 septembre 1935 IA1 IHXIIUIUI HEBDOMADAIRE POLITIQUE ET LITTERAIRE Directeur: OLIVAR AS SELIN LA CAVALE CONSERVATRICE LA « RENAISSANCE » ET LA « RENAISSANCE CANADIENNE » par OLIVAR ASSELIN L’envoi (à l’occasion de notre concours) de milliers de circulaires de la Renaissance à autant d’adresses obtenues, moyennant finances, de l’administration postale canadienne, nous aura permis de mettre la main sur ce qui constitue un faux en écriture et une véritable escroquerie morale.Deux mois apres 1 apparition de notre journal, un comité qui signe simplement « La Renaissance Canadienne» et qui a ses bureaux à l’Idée Conser-\ atrice, 4 est, rue Notre-Dame, commençait à adresser a des gens de la campagne une série de circulaires où on faisait l’éloge de toute la législation ¦sociale passée par M.Bennett durant la dernière session parlementaire.On en est maintenant rendu à la dixième.Ces circulaires nous ont déjà valu des lettres de plusieurs destinataires, dont le style et l’ortbographe indiqueront mieux que quoi que ce soit le degré d’instruction de ceux qui les écrivent.L’une des lettres se lit ainsi : Béarn, 18 sept 1935 a mr le directeur Olivnr Assclin Mr le directeur je Suis Heureux de participé à votre concour espérant peut être êtres un des Heureux gangnants mais j’aurais aussi un grand cervice a vous demandé étant assuré ilavance Que comme moi vous travaillé Pour Que le partie au pouvoir actuellement continue son administration dans les année à venir.donc il faut tous être unis pour La même cause donc ie_ vous demanderai de me donner les renseignement nécé-«aire Pour Que je correspondre immédiatement avec les chef de Lorganisation conservatrice car on ne fait pas la guerre sans armer et avec unpcu daide nous Pourrion travaillé beau-coups au succès de notre causse espérant Que vous vous rendré a ma demande dans la mesure du Possible merci davanee dun abonnéé P.E.B.Béarn P.Q.Les circulaires de la Renaissance Canadienne ne sont adressées qu’à des gens de la campagne.Inutile de dire qu’elles n’émanent pas de nos bureaux et qu elles sont l’epuvre de faussaires.La politique , M" Stevens a désigné dans son discours de Montréal ceux qu’il voudrait voir à l’administration du pays : M.Holt aux Finances, M.Webster aux Mines, M.Aimé Geoffrion à la Justice, M.Stanley McLean 'de la Canada Packers Company) à l’Agriculture, VI.Caban à la Secrétairerie d’Etat, M.Gundy (de la maison Wood, Gundy & Company) aux Finances, et ainsi de suite.Il n’en a oublié qu’un seul : le monsieur dont le Soleil a fait un portrait que nous reproduisons aujourd’hui.Quant au reste, M.Stevens s en ^est tenu surtout à sa politique de large crédit et d argent facile — et l’on sait ce que cela veut dire entremêlé d’idées justes, comme l’abolition des sweatshops, que personne ne défend.M.Bennett, pour ne pas verser tout à fait dans le socialisme (ce qui pour un conservateur serait vraiment un comble), poursuit le chapitre des promesses.Le 6 septembre il n’avait plus qu’un poumon : il pensait à la mort.Le 10 il parlait de mettre a leur pension d’un seul coup 120,000 ouvriers de 0 ans.Le 13, rappelant toutes ses œuvres, il admettait modestement qu’il ne lui restait qu’à abolir le chômage et, sans doute, à ramener le beurre à 40 mus.Il continue.Mais comme eette chanson pourrait finir par fatiguer, il y ajoute de temps en temps un petit couplet.A Victoria il a même cru pouvoir raconter l’histoire fabuleuse de son enlèvement.A l’heure actuelle il est en face d’une candidature aberhardiste dans West-Calgarv.Cela u est pas sans lui causer quelque souci, car ces gens du Crédit National s’v entendent eux aussi en promesses.Aux dernières nouvelles M.King tenait honnêtement son bout.Il croit, lui, que le Crédit National devrait avoir une épreuve sérieuse, un essai complet, mais en Alberta seulement.Il compte évidemment que le C.N., confiné à cette province, mourra vite faute de combustible.On relève maintenant dans ses discours de plus fréquentes mentions de la pension de chômage, de l’assurance-maladie, et autres panacées bennettistes qu’il a dû accepter pour faire comme tout le monde; il a seulement supprimé les réserves qu’il faisait dans son discours de Québec : respect des droits des provinces, rétablissement préalable des finances fédérales.Nous doutons cependant qu’il puisse apprivoiser avec cela les gens qui veulent capitaliser leur manque à gagner.Heureusement il maintient sa promesse de réduire les droits d’importation.Cela, au moins, n’est pas une fable.La prospérité par les droits modérés, on a déjà vu cela, en notre pays, et on pourra le voir encore, si le Canada abandonne sa marotte de vouloir légiférer pour l’Ammpââre.M.BENNETT — Les promesses, c'est pourtant ce qui se conserve Et le 13, le Soir de Paris terminait ainsi un fait-divers sur le même sujet: II mainte reprise nous avons fait observer que :ords britanniques d’Ottawa avaient été con- nous revient que les services compétents belges réexaminent la question et que tout porte à croire que, devant le peu de bonne volonté marquée par le gouvernement canadien, le gouvernement belge se départirait bientè» de lu politique libérale qu’il applique û l'importation"Tàs* produits canadiens sur son territoire.A les accords dus aux dépens de pays qui étaient prêts à signer des traités de commerce avec nous.Le cas de la Belgique est la preuve de cette assertion.Durant 1 année financière close le 31 mars dernier, la Belgique, avec une population supérieure à celle du Canada, a pris, malgré tout, pour $11,780,000 de nos exportations, et nous a vendu pour $3,613,500, Elle aurait pu faire avec nous un commerce beaucoup plus considérable; elle en a été empêchée par les droits prohibitifs que nous avions imposés sur tous les produits non britanniques.Commercer avec elle, ce serait peut-être commercer un peu moins avec les Britishers.Les Canadiens en auraient du profit mais M.Bennett en aurait moins de gloire.M.Bouchard à Québec La restauration à la Stevens Pendant que M.Stevens, dit le Globe dans un article de fond, exposait à un auditoire d’Halifax comment il entendait mettre en vigueur les recommandations de la Commission d’enquête sur les bénéfices commerciaux, M.Mclnnis, instituteur à Toronto, dans une assemblée d’électeurs de la circonscription de Greenwood, demandait au candidat de la Restauration, M.Hougbam, comment M.Stevens pouvait parler ainsi, après avoir, pendant des années, prêté son nom comme administrateur à la Manufacturers’ Finance Corporation, où lui, Mclnnis, avait perdu $2,500, tandis que Stevens s’en tirait en rendant à la compagnie ses cachets d’administrateur.Ce M.Mclnnis est un homme bien curieux, et il n’entend apparemment pas grand’chose à la Restauration.Les ouvriers de la forêt Les accords britanniques La presse canadienne a publié le 12 septembre celte dépêche de Bruxelles, envoyée par Havas d’accord avec la Canadian Press : Le gouvernement belge étudie les relations commerciales entre le Canada et la Belgique, à la suite de plaintes des importateurs belges.Ceux-ci prétendent que le Canada impose aes droits arbitraires sur les produits belges.Le gouvernement belge a fait parvenir au gouvernement canadien un mémoire qui est resté sans réponse.Ils sont bien dix mille dans la seule région de Chicoutimi, au dire d’un collaborateur du Progrès, qui en profite pour faire mousser les réclamations de ces braves gens et pour nous rappeler encore une fois, avec S.E.Mgr Lamarche, que le salaire doit avoir priorité sur le dividende.Mais, comme nous l’avons fait observer, ils ne sont pas tous de la même catégorie et ils ne méritent pas tous le même traitement.Et surtout la capitalisation de la compagnie Price, après la compression qu’elle vient de subir, ne représente vraisemblablement pas plus que les fonds véritablement engagés dans l’entreprise, de sorte qu’il est puéril de parler de capital fictif.Que les ouvriers de la forêt s’agitent pour obtenir justice, rien de plus juste, mais qu’ils se mettent entre les mains d’une société étrangère (l’U.C.C.) pour seconder son agitation politique, cela nous semble infiniment moins recommandable.II n’v a rien de forcément commun entre le travail de la forêt et l’agriculture, et les bûcherons devraient pouvoir conduire leur affaire tout seuls.Ou s’ils ont besoin de meneurs étrangers, qu’ils ne les empruntent pas à l’U.C.C.Il y a dit de bonnes choses, mais on peut se demander s il avait bien vérifié les bases de s calcul quand il a déclaré qu’à une économie annuelle de $60,000 a Saint-Hyacinthe devait correspondre une économie de $600,000 à Québec.La Quebec Power Co.exploite à Québec non seulement un service d’énergie et d’éclairage qui est payant, mais un tramway qui l’est si peu que M.Bouchard pourrait 1 obtenir à très bon marché à condition d’en payer les dettes.Mais là encore, dira M.Bouchard, on souffre de la surcapitalisation.C’est précisément là que M.Bouchard se trompe, croyons-nous.La « Quebec Power Company’ » est née de la fusion de diverses entreprises qui avant d’être englobées ont dû exprimer toute l’eau qu’elles avaient dans le corps : certaines ont même été acquises à un capital dégonflé des trois quarts, de sorte que le capital de la Quebec Power Co.ne représente pas aujourd’hui plus que la mise de fonds réelle.Soit dit non pas pour vouloir embarrasser M.Bouchard, qui poursuit un but excellent, mais pour l’empêcher de prêter à son insu l’aide de son éloquence et de sa bonne réputation à des coquins qui pour régler la question des tarifs d’électricité n’hésiteraient pas à user de tous les moyens, à commencer par le mensonge.Un prédicant Un correspondant de la Gazette qui a évidemment l’esprit tourné aux choses éternelles fait des réflexions lugubres sur la mort de Huey Long.« Un jour, dit-il, nous sommes dans toute la vigueur et l’activité de la vie.Le lendemain nous trouve dépouillés de toute notre gloire et de toutes nos aspirations.» Et ainsi de suite, jusqu’à 6 et 7 de l’Epitre aux Galates.C’est étaler beaucoup d’érudition et beaucoup de piété à propos d’un grafter qui, au dire de ses à l’âge de 42 ans, cinq millions dans de la propres amis, avait gagne deux millions et demi à politique.Long aurait été un bon citoyen, que le correspondant de la Gazette serait obligé de citer, au sujet de sa mort, les Psaumes, les Prophètes et le Deutéronome.Ainsi, dans le monde anglo-saxon, chaque fois que meurt un grafter illustre qu’il l’audrait tout simplement laisser crouler — ou couler — dans sa merde, un imbécile monte dans la chaire pour édifier sur ses restes un beau sermon.La religion y gagne-t-elle ?Nous croy-ons plutôt le contraire.SOMMAIRE En pape deux : Liiez nous et ailleurs Ouvah Assei.in En page trois : Les autres problèmes de l’heure Animé Bowman En page quatre : Lanada, I'ranee et Angleterre Oi.ivah Assei.in La reprise des affaires et le crédit Dollard Hanserf.au ran cira-t-il ^’abstenir le 14 O, ,ohn; ?Geokces Langlois En page cinq : f.laude-Henn Grignon se châtie Carmel Brouillard, o.f.in.La Manecanterie Annette LaSalle-Leduc En page six : Rectification du vocabulaire Les livres Henri Roullaud Armand Rio En page sept : Madame de Sévigné Pour avoir de l’allure Hél ène Rollin Michel Arbald En page huit : Chronique du sport Jean-Robert Bonnier En page neuf : « Tannliauser» à l’italienne « Le Voleur » Les films du jour Georces Langlois Louis Pelland Louis Pelland En page dix : L annexion du Turkestan chinois Nicolas Vakar En page onze : mieux.La propagande impérialiste Chronique financière Jean-Marie Nadeau Augur Lait et régime lacté L évolution de la politique anglo-égyptienne En page douze : Hr G.A.Séguin Joseph Michaca Notre concours Au cours de cette seconde semaine, des centaines de gens répondent à notre question : Qui gagnera aux élections fédérales ?Les réponses reçues indiquent que la victoire libérale est fortement escomptée dans la province en Qy^bec.La plupart des concurrents accordent 50 sièges aux libéraux dans Québec.- 9 « Front commun des deux côtés ».« Les conservateurs provinciaux prêteront une aide généreuse aux conservateurs fédéraux dans la plupart des comtés » disait I’Illustration avant de passer au camp Stevens.Tous les députés de ’Opposition feront la lutte pour les candidats de M.Bennett.Aussi l’unité du front conservateur Ottawa-Québec va-t-elle s’accomplir.» Et FIllustration ajoutait, quelques lignes plus loin : « .Un vote pour King est un vote pour Taschereau.C’est le Front Commun.» Après tout, ce n’est pas nous qui le leur faisons dire.Il n y a pas de doute que les élections du H octobre sont les plus intéressantes que nous ayons eues depuis nombre d’années.Outre les centaines de coupons-réponses que nous recevons chaque jour, le courrier nous apporte aussi nombre de lettres intéressantes.Quelques-unes sont même pour le moins amusantes.Une institutrice de X.nous demande bien candidement « d’arranger ça » pour que le prix de $300 lui revienne, parce que, dit-elle, son salaire ne lui suffit pas.Nous avons beaucoup de sympathie pour cette aimable jeune fille, mais nous lui recommandons de ne pas compter uniquement sur des « concours arrangés » pour gagner sa vie, mais de multiplier ses chances en nous envoyant autant de coupons-réponses qu’elle le pourra.Un autre concurrent nous demande de lui envoyer le journal gratuitement, promettant de nous verser dix sous s’il gagne le 1er prix ($300).Et cette autre qui nous offre de se présenter comme candidat pour n’importe quel parti dans son comté pourvu toutefois que nous lui disions quoi faire et que nous nous occupions de son élection.Quant à lui, il est certain d’être élu.Apparemment, certaines gens n’ont pas compris que « La Renaissance est indépendante des partis politiques».Une fois encore, il s’agit d’un concours, et non de l’élection de qui que ce soit.Nous ne voulons influencer votre vote en aucune façon.Nous vous demandons seulement de deviner les résultats du vote du H octobre.Nous vous rappelons qu’il y a dans Québec trois groupes importants de candidats et que le nombre de comtés (65) sera probablement divisé entre les 3.Partis Libéral .Conservateur .de la Restauration .Exemples : 85% des concurrents disent que les libéraux l’emporteront au Canada; H% des concurrents disent que le candidat conservateur gagnera dans leur comté.VOIR LE COUPON-REPONSE EN PAGE 5 réponses déjà reçues : au dans dans Canada Québec les comtés 85% 94% 81% 11% 5% 14% 4% 1% 5% LI Mil fll f Mill f -28 sep tom hro 1935 Chez nous et ailleurs M.Stevens: Ce que e'vst « A bas les capitalistes ! » Ce cri tic haine lancé hier soir à l'Arcna par un fanatique tic la Restauration nationale, ainsi appelée par antiphrase, est le résultat le plus net de ht campagne île bas-fontls que poursuit actuellement M.Stevens.L’ex-ininistre du Commerce dans le cabinet tort peut avoir raison sur quelques points ; mais la tournure qu'il donne à ses attaques, la violence de ses raisonnements, le décousu et la colère de ses arguments, n'ont qu’un effet véritable: c’est d'ameuter lies têtes moins solides, quelques cœurs plus aigris contre l'ordre.Songez que cet homme, ministre du Commerce pendant quatre ans, a défendu toute la politique de M.Bennett, depuis l'institution du « dole » jusqu'au relèvement excessif des tarifs douaniers sur 300 articles d'importation.Songez qu il a participé à toutes les manœuvres du gouvernement pour favoriser une poignée d’industriels au detriment de la masse des consommateurs.Et c'est lui qui, par calcul électoral, brise avec ses anciens collègues et brûle ce qu’il a adoré.II défendait naguère le principe des « combines », qu’il trouvait nécessaires à la bonne marche de la vie économique: il attaque aujourd’hui les « combines » et leur impute la crise.Il défendait les droits prohibitifs imposés sur les textiles et les instruments aratoires par son propre gouvernement: il promet aujourd'hui de les abaisser en faveur de l'agriculteur et du consommateur canadiens.11 n'a rien dit lorsque le gouvernement a réformé la loi sur les sociétés par actions : il reproche aujourd'hui à certaines entreprises commerciales d’avoir mouillé leur capital à la faveur d’une loi élastique.Mais quelle peut être la sincérité de eet homme dont les paroles contredisent tous les actes?Quelle peut être la conviction de ce monsieur qui participa personnellement à la banqueroute de la Manufacturers’ Finance Corporation, où s’engloutirent 3 millions de l’épargne publique?Quelle peut être le désintéressement de ce chef de parti qui, il n'y a pas si longtemps, adressait sur du papier à lettres de la Chambre des Communes les prospectus d'une entreprise pétrolifère dont il était l’administrateur ?Que valent les grands sentiments qu’il manifeste en 19,35 auprès des actes soumis qu’il a posés, comme ministre M.Bennett, de 1930 à 1934 ?M.Stevens prétend que la richesse du Canada est concentrée entre les mains de dix ou douze privilégiés.Mais privilégiés grâce à quelle politique, sinon à une politique de protectionnisme tory dont il fut, lui Stevens, l’un des premiers et des plus ardents défenseurs ?Parmi les dix ou douze privilégiés dont il parle, combien v a-t-il de libéraux ?Bien plus, combien y a-t-il de libéraux parmi les cinquante industriels les plus puissants de notre pays ?Un tract de la C.C.F.en citait récemment la liste complète.Eli bien, sauf peut-être Robert Adair et A.-E.Dvinent, tous ces messieurs sont des tories avoués ou des hommes reconnus pour leurs amitiés conservatrices.Un libéral, sir Herbert Holt qui dirige 56 sociétés dont les recettes globales atteignent annuellement $4,764,577,223 ?Un libéral, William Black, dont les 20 compagnies réalisent des recettes annuelles de l’ordre de $4 millions en chiffres ronds ?Un libéral, sir Thomas \\ hile ?I n libéral, lord Shaughnessv ?In libéral, Julian-C.Smith ?I u libéral, Massey Birks ?I n libéral, Paul-F.Sise ?.Eh bien, ce sont ces hommes et cent autres qui possèdent la richesse du Canada et qui, d'année en année, grâce a la politique d'un parvenu de 1 argent.M.Bennett, ont canalisé vers leur caisse le pouvoir d'achat de la nation ! M.Stevens a collaboré â cette po'itique.De quel droit la condamne-t-il aujourd'hui ?(Pu Soi.EU.(tu ll) septembre llKI5) * Le dividende national » M.J.B.titre dans 1" I.AFRENT, de Côté écrit sous ce M.uo nu Bas-Saint- Rimouski : de HMxmtmt hebdomadaire politique et littéraire ISO e.st, rue Sainte-Catherine, Montréal Cane poutnie 40X8 Tél.t PL 8511 Directeur : 01.1 VA It ASSELIN ABONNEMENT : 1 an 6 mois Espagne Royaume-Uni France Etats-Unis Canada Autres pays $3.50 2.00 \ *4 2.25 L’abonnement est payable d'avance par mandat-poste ou chèque affranchi payable au pair à Montréal.Publié par les Editions de LA RENAISSANCE (limitée) Montréal et imprimé par la Cie de Publication la PATRIE.Montréal Administrateur t Pierre ASSELIN Directeur de in Publicité ! F.-X.LIzotte Certains fanatiques tin Crédit Social en Albert u, mis en appétit pur leur récent succès eu cette province, ont maintenant un projet tout cuit île restauration qu’ils veulent appliquer à tout le dominion.\ oiei les grandes lignes de ce plan fantaisiste.Afin de donner du travail aux jeunes gens, ils proposent de mettre à la retraite toute personnes âgée de plus de 50 ans et de lui servir jusqu'à la fin de ses jours un dividende, dit «dividende national».On serait tente de croire que ees gens-là sont embarrassés pour trouver les moyens de payer ce dividende fantastique, mais il n'en est rien.C'est pour eux la chose la plus simple du monde et ils sont étonnés de n'\ avoir pas pensé plus tôt.I.a valeur de l'actif national au Canada.disent-ils, est de 169 milliards, 862 millions.11> incluent dans eet actif un item de 126 milliards, 768 millions, qui représente le capital Immain disponible dans le dominion.On voit tout île suite qu ils savent trouver des milliards là où d'autres n’en voient pas.De eet aetil impressionnant, il faut retrancher le modeste item de 11 milliards qui représente la dette du Canada.11 reste dont-un excédent fabuleux de Li8 milliards.226 millions qui appartient à tout le monde.— Nous sommes riches et nous ne le savions pas.— l.a part individuelle de chaque personne au t anada dans ce capital est de quinze mille dollars.Ainsi doue, une famille de dix personnes peut être « sons le secours direct » et cependant valoir au lias mot 150 mille dollars.C’est d’une logique enfantine qu’avec un tel actif nous n’avons anemic excuse de laisser régner la pauvreté dans notre pays.Ce bilan étant établi, tontine on vient de le voir, et l’actif de chaque individu étant démontré, le problème du dividende national se résout tout seul.Tout se résume à une simple opération de banque.Nous avons à Ottawa la « Italique du Canada » qui n’a pas été i fondée pour être un joli colifichet ; utilisons-la doue.Au moyen d’une petite j retouche sous forme d’amendement apI porté à sa charte, elle recevrait les pouvoirs nécessaires d’accepter en garantie contre avances le titre de la pari de tout individu dans la fortune nationale.L’opération se ferait au moyen d’un compte tout spécial qui s’appellerait, «Le Compte du Crédit National».La banque garderait cette avance en dépôt et paierait un intérêt sur icelle.Et voilà comment tout Canadien âgé de plus de 50 ans pourrait se mettre à sa pension en exploitant sa part de la fortune nationale.— M.Aherhart pourrait offrir à M.Bennett la part de ses compatriotes de l’Alberta pour garantir l’emprunt qu’il sollicite.On rira en lisant cette théorie échevelée, fausse comme tous les systèmes qui visent à la répartition égale des richesses et qui ont tous lamentablement fait faillite chaque fois qu’on a tenté d’en faire une application pratique, mais qu’un beau déclamnteur, candidat quelconque, s’avise de.prendre ces fantaisies à son compte, et on verra la niasse se jeter sur eet appât avec frénésie.Chose curieuse, et qui montre bien la solidité relative de notre peuple, c’est uniquement dans les provinces anglaises que ces théories prennent naissance.Chez nous, il suffit de les mentionner pour qu’aussitôt tout le monde éclate de rire.Sur des mois Les Ethiopiens ont un lac qu’ils appellent Tana ou Tsana, selon le peuple qui les entend, car leur t est légèrement sibilant.Ils ont aussi un Roi des Rois qui peut s’appeler, en français, « négus » ou « négous », et même, pour lui donner son litre intégralement, « négus négousti » ou roi des rois.J’ai lu dernièrement dans un journal français un article où on l’appelait constamment « négous ».Mais le dictionnaire donne indifféremment « négus » et « négous ».Les noms étrangers -s’écrivant en français comme ils se prononcent, il semble qu’on devrait présentement suivre un cours de langue éthiopienne, en attendant d’avoir à pratiquer l’éthiopien mâtiné d’italien.ou d’anglais.Sans common taire Le directeur de la Renaissance a adressé le 20 septembre à M.\Y.M.Hodgson, président de Thrift Stores Limited, cette lettre qui se passe de commentaire : « Dans une note tpi a publiée la Renaissance dans son numéro du 21 septembre sous ma signature, j'exprimais ma surprise de trouver dans le Devoir du 12 septembre une annonce de 'Thrift Stores Limited.« chaîne de magasins dirigée par des Juifs, comme tout le monde sait ».Celte annonce nous ayant été signalée par un lecteur de la Renaissance qui ne souffre pas plus que nous de la phobie du Juif, nous n'avons pas cru devoir la lire plus attentivement.Nous avions 1 impression que 1 ancien état île chose existait encore.Or, il est dit dans cette annonce du Devoik que Thrift a maintenant un conseil composé de neuf Canadiens : huit île langue anglaise et un de langue française, quelle a 7,5' < d'employés eanatliens-fran-eais.57 gérants canadiens-français sur 72.et tpie le chef de son personnel, M.Hervé Martin, est un Canadien-Français.Comme cette erreur, sans conséquence pour nous, pourrait en avoir pour des esprits malintentionnés, je la regrette infiniment.Avec la certitude que cette let-nous suffira pour empêcher est consacre a qu'un auteur, « tre ., .certains antisémites tl utiliser contre vous cette erreur, je demeure, Monsieur le Président, votre tout dévoilé serviteur.» a Jeunesse et n'a M.Jean Charles Harvey, avec une entrée en matière tltt directeur, M.Jean-Louis Cagtton.Le deuxième Soleil, par M.Gagnon lui-même, paraîtra eu octobre, avec une préface de l’ierre Cltalou.Viendront ensuite le Ghetto, de l’ierre Clta-lou, la Révolution de Jean-Louis Cagnoii, les Responsables de Fernand Lacroix, les Intouchables de l’ierre Cltalou et la Latinité de Paul Bouchard.L'Avertissement du premier cahier montre qu'un souffle de jeunesse circulera a travers tout cela.Le directeur écrit lui-même à propos de sa Révolution : l)lins Révolution, je me propose d’êta-que le momie tire à gauche et qu'il a sacrement raison./>(• plus, j'entemls démontrer que nous aurons à choisir (sous f>eu) entre la modalité fasciste et la modalité soviétique.Personnellement, je crois que si nous ratons l'occasion rattacher — les liens qui saxon finite La Ligue de la Moralité publique Ainsi s’appelle celle qui, s inspirant d’une lettre pastorale de S.E.le cardinal-archevêque de Québec, vise à nous donner cette année des élections propres — sans argent, sans whiskey.Le rédacteur du Progrès du Golfe raconte à ce sujet qu’en 1911 il était secrétaire de la Ligue du Sacré- Cœur dans sa paroisse, IUniouskk'^Gjme social actuel et la recherche Fin cette qualité il était chargé d’obtenir ties candidats les engagements nécessaires à la tenue de en brisant, naturellement, nous rattachent au monde notre morceau de terre à la La-nous irons logiquement vers une l\ H.S.A.ou Union des Républiques Socialistes Américaines.L’Amérique britannique est en déconfiture et les U.S.A.jmssent à gauche.Le Canada ne peut manquer de suivre.Quant au Québec, nous n’aurons plus qu’à apprendre l'anglais et à nous fondre dans le grand Pan si nous ne voulons pas que nos petits-fils jouent dans ce nouvel organisme politique les glorieux métiers de podosuceurs et de putains que leurs grands-pères (dans l'occurence les grands-pères ce sont nous) ont joué sous la gouverne des mufles puritains de Toronto et des mogols de Saint-James Street.Le cahier tie M.Harvey comprend une trentaine de pages sur les Marcheurs de la faim et plus de vingt pages sur les Moeurs.Ces deux essais marquent encore un progrès sensible sur ce qu a déjà écrit l’auteur de YHommc tpti va et des Demi-civilisés : la phrase est plus ferme, la pensée plus suivie et plus consistante.Les cahiers de la Vie s intitulent les C.ahiers noirs et ne présenteront d’autre unité que l’hostilité au < Shut up ! Sit down ! » Un correspondant du Franc-I’ari.ei r rapporte qu'au défilé de troupes alliées qui avait lien l'autre jour à l’exposition de Toronto les bataillons anglo-canadiens et les formations australiennes, néo-zélandaises, voir e américaines, f u rent acclamées, mais les soldats français furent accueillis par un froid de glace.« Alors, dit le correspondant, je suis retourné au même spectacle le lendemain avec trois compagnons; nous nous sommes installés dans une loge, et quand les Poilus ont passé nous avons crié : Vive la France ! » Mais la foule les a sifflé», leur a crié : Shut up.Sit Los responsabilités La controverse italo-anglo-éthiopicnnc a fait passer au second plan de l'actualité quelques questions fort intéressantes de l’Europe centrale et de l’Exrtême-Orient.Les événements politiques des derniers jours ont été nombreux et pleins d’enseignements.Il est regrettable qu’ils aient été aussi négligés.Ils permettent de tirer un parallèle peu réjouissant îvec 1915.A cette époque, l'Europe, en proie aux difficultés de la guerre, laissa carte blanche au Japon en Extrême-Orient.Tokio en profita pour présenter à la Chine les fameuses 21 demandes (et non pas 15) et prendre définitivement lied sur le continent, aux dépens, bien entendu, des pays européens occupés ailleurs.On ne se rendit pas très bien compte, au moment même, de l'importance de ce désintéressement, mais il n'a pas fallu bien longtemps pour s’apercevoir que l'on avait commis une immense faute politique.Malheureusement, il était trop tard : le prestige des nations blanches avait reçu un coup dont il ne s’est pas relevé.La renonciation était grosse de conséquences dont quelques-unes se font encore sentir.Cette fois, la faute a été commise en Europe.Le front de Stresa, né de la menace allemande, s’est lézardé lors du traité naval anglo-allemand.Il a été définitivement détruit par la démonstration navale britannique en Méditerranée.Rien ne le remplace et le fameux principe anglais de la sécurité collective est maintenant enterré, non sans de nombreux discours.La crainte d'une alliance franco-russe a poussé Londres à reconnaître l'hégémonie allemande dans la Baltique; la peur d’une menace italienne sur les lignes de communication impériales a orienté Londres dans une impasse d’où il sera infiniment difficile de sortir.Dans les deux cas, l’Allemagne est le rcrtius gaudens.C’est pourquoi elle se garde de toute remarque ou manœuvre imprudente, de peur de réveiller quelques susceptibilités.Si les responsabilités anglaises sont indéniables, celles de l'Italie le sont tout autant.Ces deux pays ont tout fait pour donner à l’Allemagne une position prédominante on Europe et il ne tarderont pas à voir ce que cela signifie.Avec 1 i rupture définitive du front de Stresa s’envolent les espoirs anglais d’une sécurité collective, t ! est donc le retour à brève échéance du système des alliances d avant-guerre.Mais les données du problème sont maintenant c hangées.Elles sont changées par suite des élections polonaises, du mouvement de la droite espagnole I our faire réformer la constitu- tion.des difficultés intérieures de la Roumanie, de l’évolution politique yougoslave et de quelques autres événements.Ce sont les récentes élections polonaises qui soulèvent le problème le plus délicat de la nouvelle orientation des alliances.C’est à ce titre qu’elles méritent d'être étudiées.Fiasco électoral Le 8 septembre ont eu lieu les élections législatives selon le système prévu par la nouvelle constitution.Du point de vue national, cette consultation a été un fiasco.La nouvelle constitution, faite à la taille du maréchal Pil-sudski, devait, dans l’esprit de son auteur, assurer la continuité de 1 œuvre de restauration de la Pologne libérée.Elle devait donc, en théorie, rallier l’immense majorité des suffrages de la population.Il n'en a rien été, plus de la moitié du corps électoral s’étant abstenue de voter.Les résultats des dernières élections ne reflètent donc pas le sentiment national et ne font qu’augmenter le bloc gouvernemental et par là provoquent un malaise intérieur qui influera certainement sur la politique extérieure de l’Etat polonais.La nouvelle république n’est pas assez mûrie pour pouvoir impunément instaurer un système qui demande un désintéressement rare pour pouvoir fonctionner normalement.La Pologne en est encore au stade où il est nécessaire que tous ses intérêts soient représentés par des partis divers.Or, sans arriver à la conception de l’Etat totalitaire, elle a essayé de supprimer le parlementarisme d’un trait de plume dans le pays.Le parlement n’est en définitive qu’un parlement-croupion, tous les pouvoirs réels étant concentrés entre les mains du président qui devient en fait un dictateur élu à temps, ce qui en fait par définition un maître contestable.Les partis politiques ne sont pas supprimés, mais la représentation par partis l’est entièrement.Il n’y a plus de responsabilité ministérielle véritable devant les Chambres, qui deviennent des machines à voter.Les intérêts de partis sont remplacés par des intérêts personnels, ce qui est probablement pire.A tout prendre, il vaudrait encore mieux un régime absolu que le régime bâtard qui a conduit à un boycottage- des élections.Dans l'ensemble, moins de 50 pour 100 des votants se sont présentés aux urnes, cette abstention étant la seule façon permise à l'opposition de montrer ses sentiments.Par ce fait même, l’opposition politique prend une importance aux yeux du pays et le bloc gouvernemental se trouve affaibli par sa victoire.Tôt ou tard, il faudra modifier le système électoral, à la suite de l’expérience manquée du 8 septembre.Que va-t-il résulter de la victoire écrasante du gouvernement?Au point de vue intérieur, quelques réformes qui seront peut-être les bienvenues.Mais au point de vue extérieur, on peut craindre que la Pologne ne s’enfonce davantage dans l’ornière et qu’elle ne pousse l'alliance avec l'Allemagne jusqu’au point dangereux.Déjà, le ministre des affaires étrangères, M.Beck, a fait un voyage de sondage non seulement à Berlin, mais aussi dans les pays baltiques, en Finlande particulièrement, pour essayer d’entraîner les Etats riverains dans une voie qui ne semble pas précisément servir leurs intérêts.On a parlé ouvertement d’un pacte germano-baltique dirigé contre la Russie.Un tel accord ne serait pas autre chose qu’une préparation offensive à longue échéance.Il placerait définitivement la Pologne dans le camp allemand, contre la Petite-Entente et, partant, contre la France.Il déplacerait dangereusement le centre de gravité de l’Europe et créerait un état d’incertitude et d’instabilité peu- -".xtX1 pice au maintien de la paix.Questions espagnoles La réforme constitutionnelle espagnole est peut-être une chose qui s’impose du point de vue ibérique, en raison des excès des premiers jours de la république socialiste de Madrid.Ôn peut toutefois se demander si elle n’aurait pas des répercussions extérieures importantes, elle aussi.Il souffle depuis quelque temps un vent sur l’Espagne, dans lequel on peut découvrir sans peine quelques miasmes d’un nationalisme aveugle et suraigu.De pacifique, le peuple espagnol devient belliqueux.Pour le moment, on en est seulement à la période de « l’es-pionniste », mais ce mouvement ne tardera pas à se transformer.Si un régime fasciste prend le pouvoir en Espagne, on peut être sûr que le gouvernement formulera maintes revendications, surtout d’ordre colonial.Il ne faut pas rejeter comme dénuée de fondement l’hypothèse d’une Espagne fas- ciste marchant dans le sillage de l’Allemagne, ou simplement de 1 Italie.Cela nous réserverait probablement quelque controverse marocaine, ou même plus.Déjà Madrid veut fortifier les Iles Baléares, que personne ne menace, réformer le statut de Tanger, et 1 on a même récemment parlé de Gibraltar ! Douces perspectives pour l'avenir.En attendant, il y a des quantités de problèmes intérieurs à résoudre.Et comme ils sont insolubles dans certains cas, il est à craindre qu’un gouvernement quelconque ne songe un jour à se soustraire à cette tâche difficile en faisant dériver le cours de l’opinion.Les Balkans ébranlés Tout ne va pas au mieux en pays balkanique, malgré les ententes.les pactes, et les belles déclarations officielles des différents gouvernements.La Grèce se débat dans des convulsions politiques autour du régime républicain, la Roumanie risque de connaître une crise dynastique, la Bulgarie reste énigmatique et la Yougoslavie cherche à se stabiliser intérieurement.Lors de la conférence des Etats de la Petite-Entente, il y a bientôt quatre semaines, le ministre des affaires étrangères de Roumanie a bien fait une déclaration emphatique sur la solidité des liens qui maintiennent les Etats successeurs.Il a affirmé la volonté de Bucarest, de Prague et de Belgrade de s’opposer à un Anschluss ou même à une restauration des Habsbourg.Mais il reste à savoir si une crise politique en Roumanie ne changerait pas l’attitude du pays en face des problèmes danubiens.A l'heure actuelle, le roi est très critiqué par des partis politiques qui deviennent de plus en plus forts.De puissants intérêts économiques sont en jeu, qui peuvent changer l’orientation de la politique extérieure de Bucarest.Déjà, l’Allemagne avait conclu un accord tel qu’il mettait en danger l’indépen- dance économique du pays, et il a fallu le reviser quand le danger est devenu patent.Le parti paysan cherche à renverser la favorite du roi Carol et à chambrer le monarque.Il n’est pas impossible qu’il réussisse et alors le changement d’orientation serait à peu près assuré.Certains milieux, tenus depuis longtemps loin du pouvoir, envisagent même une modification dynastique, afin d’avoir les mains plus libres et de conclure de nouveaux accords extérieurs.Il ne faut pas cacher que la position du roi est assez précaire; mais le souverain a montré assez d'habileté et peut encore se tirer d’un mauvais pas.Le Proche-Orient La Grèce doit faire face à un double problème : celui de la restauration monarchique qui donnera lieu à un plébiscite le 15 novembre, et celui de la défense de son intégrité territoriale, pour le cas où l’Angleterre et l’Italie en viendraient aux coups.Sur ce dernier point, la Grèce peut compter sur l’appui britannique et sur celui de la Turquie.L’alliance avec le Turc, pour paradoxale qu elle puisse paraître, n’est que l’aboutissement logique des vues avouées de l’Italie sur une autre « mission civilisatrice », dans le Proche-Orient, celle-ci.Rome ne s’est installé dans les îles grecques du Docécanèse que pour prendre pied en Asie mineure et peut-être même plus loin.Il y a dix ans que la Turquie surveille sa nouvelle voisine, sur le compte de laquelle elle n’entretient plus aucune illusion.La menace grecque contre Constantinople est une chose du passé, celle de l'Italie contre l’Anatolie une chose de l’avenir.C’est ce qui explique le ton peu sympathique de la presse turque envers les manifestations politiques du gouvernement de Rome.Kémal déclarait un jour, à un journaliste qui ne comprenait pas bien le sens de la révolution et de la réforme turques et qui lui demandait si son pays avait perdu tout espoir de récupérer les anciens territoires de l’empire ottoman ; « J’ai suffisamment à faire avec dix-huit millions de sujets que je veux transformer en citoyens.Je n'ai pas besoin de quelques imbéciles de plus à gouverner.» Kémal ne songe donc pas à des annexions, mais il ne se laissera pas faire.Il parle de fortifier les Dardanelles et je me demande qui pourra l'en empêcher.Mussolini ferait bien de se rappeler les paroles du dictateur turc, qui n’est certes pas un général nègre, sa défense des Détroits, en 1914-1915, l’a prouvé.Pour le moment, la Turquie entretient de bonnes relations avec la Grèce et elle serait certainement son alliée en cas de guerre, l’adversaire étant leur ennemi commun.On se rappelle, à Ankara, la guerre de 1911.L Italie, profitant du moment où l’empire ottoman était épuisé par les guerres balkaniques et de l’indifférence des Puissances, s’empara de la Tripolitaine.On souleva toute sorte d’arguments « moraux » contre la Turquie, et le brave peuple ottoman redevint, comme aux plus beaux jours de Gladstone, « the unspeakable Turk».Parions qu’en 1935 les arguments seraient les mêmes.Cette alliance turco-grecque est de nature à faire réfléchir les gouvernants de Rome.Aussi n'y a-t-il pas péril immédiat dans le Proche-Orient.Seulement, il peut y avoir en Grèce une restauration.Et rien ne dit que le nouveau régime ne serait pas entraîné dans une nouvelle et folle équipée comme celle de 1922.A certains points de vue, le retour du régime monarchique comporterait bien des avantages, mais il est difficile de croire qu’il ferait disparaître entièrement les luttes intérieures du pays.En Grèce, on naît monarchiste ou républicain, suivant la région.C'est un fait permanent.La république n’a pu faire disparaître les sentiments monarchiques d’une partie de la population, un roi ne saurait supprimer d’un trait de plume l’esprit républicain de bon nombre de ses sujets.Malgré tout, il est probable que la Grèce gagnerait quelque chose à la disparition des politiciens professionnels qui.pendant vingt ans, ont été le plus bel ornement de la république hellénique.André BOWMAN ’¦b'tàfï M wm.Voici le banc où le maréchal Pilsudski aimait à venir s’asseoir, sur le bord du Niémen.I es élections canadiennes i tes de Londres Sous le titre: «Le Canada au carrefour», Erland Echlin du News-Chro-Mcle, journal radical de Londres, écrit, dans un style mi-badin, mi-sarcastique : Il ne semblait pas y avoir de raison pour laquelle les Canadiens travailleurs ne pourraient pas surmonter leurs difficultés en mettant en oeuvre les qualités grâce auxquelles leurs ancêtres avaient conquis le pays sur la nature et sur les Indiens.Ainsi Variait M.Bennett.Ce chômage, qu’il appelait mauvaise administration, défait prendre fin immédiatement.Il Vomit d’en finir en six semaines.Sur nue vague d’enthousiasme, son parti, le parti conservateur, fut porté au pouvoir.Dans les cinq années pendant lesquelles il eut le pouvoir, d’autres vagues ont emporté les illusions de beaucoup de Canadiens.Erland Echlin trace ensuite le portrait du premier ministre-sortant: Parti heureux dans le passé (le parti eonservateurj, il a été mené au bord de la ruine par le grand Canadien sincère et bien intentionné qui en a fait l’auxiliaire de sa personnalité dominatrice: M.Bennett.Richard Bedford Bennett, âgé de 65 ans, souffrant d’une maladie de cœur et d’obésité, aurait bien pu être, un demi-siècle auparavant, le plus grand premier mmistre du Canada.Travailleur infatiguable, doué de force de caractère, de puissance persuasive et d’éloquence, ayant acquis de grandes richesses par ses propres efforts et grâce à un don de dix millions de dollars de la part de deux vieilles dames qui le protégeaient, sa plus grande faute fut de regarder la nation des grandes altitudes de la richesse, du pouvoir et de la situation acquise, point où on perd complètement contact avec le commun peuple qui prend de plus en plus d’importance.Ses remarquables discours sont l’aliment naturel de ceux qui possèdent et souhaitent conserver ce qu’ils ont: les paroles qu’il adressait aux ouvriers des villes et des campagnes, pleines d’austère et onctueuse piété, ont fini par leur donner la nausée.Une autre de ses grandes erreurs fut une faute d'organisation.Il travaille seul.Il est à la fois le gouvernement, le cabinet et le parti.Autour de lui, il y a des flatteurs qui demandent conseil mais n’en donnent pas.La dépression aurait probablement suffi à battre le parti conservateur ; mais les méthodes vieillies de gouvernement de M.Bennett donneront à la défaite des proportions colossales.Son parti se présente aux électeurs avec un programme plein de platitudes comme « prendre des mesures », « faire voter des lois », etc.Ayant perdu la confiance de la nation, M.Bennett doit s’attendre à perdre plus de cent sièges sur les 136 qu’il possède.Maints observateurs croient que son avenir est à la Chambre des Lords, à Londres.La situatioti du parti libéral est une réplique atténuée du tableau conservateur.Tout ce que leurs rivaux promettent, les libéraux le promettent aussi, et un peu plus, en y ajoutant la liberté, l’individualisme et la superdémocratie.Leurs affiliations sont les mêmes tout en étant sur une autre échelle que celles du parti conservateur, mais parce que la masse du peuple croit en leurs promesses, pense qu’un changement sera favorable et déteste Bennett, ou ne voit rien d’autre, on mise sur une victoire écrasante des libéraux.Le chef libéral, M.William Lyon MacKenzie King, a déjà été deux fois premier ministre, soit huit ans et demi en tout.Le seul point de ressemblance qu’il ait avec M.Bennett est que, comme lui, il est célibataire.Au pouvoir, il s’entoure des meilleurs hommes possibles, leur laisse leur liberté et se con- tente de prendre conseil.La Co>istitu-tion, les règles de la procédure et de l’usage parlementaires sont suivies à la lettre.Les observateurs avertis prévoient le minimum de changements à la suite de son administration.M.King a 62 ans ; ceux qui l’approchent dans le privé l’aiment bien, mais, intellectuel du type conventionnel, il semble ennuyeux aux masses.Il parle bien dans le style d’hier.• La visite du colonel Beck en Finlande La visite du colonel Beck, ministre des Affaires étrangères polonais, en Finlande, a été enregistrée dans les milieux politiques suédois sans aucune émotion.La presse, dans son ensemble, s’est abstenue même de commenter ce déplacement.L’Upsala Nya Tidning, l’organe du principal centre universitaire suédois, a toutefois consacré aux relations po-lono-finlandaises, un article de fond, qu’il est permis de considérer comme une expression exacte de l’opinion dominante en Suède.Tout en reconnaissant que l’Allemagne hitlérienne s’efforce de rallier la Finlande à sa politique orientale, le journal estime que l’écrasante majorité du peuple finlandais est réfractaire à cette orientation.Favorable à une entente avec les pays Scandinaves et avec la Suède en particulier, l’état d’esprit général met un frein aux tendances de certains éléments nationalistes exaspérés ; et plus que jamais on souligne la nécessité de s’en tenir à la politique de la neutralité, malgré l’animosité à l’endroit de la Russie.Ainsi, d’après ce journal, les bruits répandus à l’occasion du voyage du colonel Beck manquent-ils de contenu sérieux.Rien n’indique, ajoute-t-il, que la Finlande songe à se rapprocher de la politique du bloc polono - allemand.Comme les autres pays nordiques, la Finlande aspire à conserver sa complète liberté de manœuvre.• L'évolution yougoslave M.Henry Bérenger écrit dans I’Auence Economique et Financière : Cette consolidation intérieure yougoslave s’est opérée dans un calme réparateur depuis plus de trois mois.Elle vient d’être accentuée par un remaniement du ministère qui a fait une part à des éléments nouveaux de la démocratie yougoslave.D’autre part, l’opposition constitutionnelle, qui doit pouvoir fonctionner normalement dans un régime libéral, s’est organisée ces jours-ci dans des conditions satisfaisantes pour l’ordre public.L’évolution yougoslave de la dictature à la démocratie se poursuit donc sans heurts sous la conduite judicieuse du régent Paul et du président Stoya-dinovitch.A.R.B.ess'ssssssssssss LE PLUS GROS NAVIRE PASSANT PAR LE CANAL DE SUEZ Le paquebot Empress of Britain est reconnu comme le plus gros et le plus rapide navire effectuant des croisières autour du monde.Départ de Nçw-York le 9 janvier.Visite de 3 1 ports de mer en l’espace de 130 jours.Prix de passage $2,150 et plus (appartement avec bain, $3,800 et plus), y compris les excursions régulières à terre.S'adresser au Bureau maritime, gare Windsor, ou à.M.D.R.Kennedy, 201 ouest rue Saint-Jacques — PLateau 2211.CROISIÈRE MONDIALE EmpitsstBritain «Pacifique Canadien „ ^Xsssssssxxsssssssssxsss^ ' iSots H MM HUM t - 2 ft septan bre / 935 La reprise des affaires et le crédit Les rapports du Ministère fédéral du Commerce et la GAZETTE DU 1 R AVAIL d’Ottawa s’emploient diligemment à amplifier la reprise des affaires, marquée nettement sur 1933, et assez générale sur 1934.Au cours des sept premiers mois de 19 35, le volume d’affaires au Canada et les transactions commerciales accusent une avance de 34 pour 100 sur les mêmes mois de l’année 1933 ; toutefois, cette avance n’est que de 7 pour 100 sur la même période de l’année dernière.Nous pouvons croire que les gains progressifs enregistrés dans la production minière, dans l’industrie de l’automobile et dans le bâtiment, ainsi que le lent mais constant accroissement de notre commerce extérieur, indiquent une reprise des affaires qui a chance de durer.Si nous prenons pour acquis que le Canada a touché les plus bas niveaux de la cr:se en 1933, l’avance considérable enregistrée à tous les postes de l’activité économique montre clairement que nous approchons des jours meilleurs.Au fait, les nombres-indices, par rapport à l’année 1926, considérée comme normale, oscillent autour de 99 ; ajoutons néanmoins que certains d’entre eux atteignaient 125 et même 130, en 1929.11 y a une ombre au tableau, la contraction du crédit à court terme.A ce poste, les indices étaient plus élevés en 1933 qu’en 1934, et en 1934 qu’en 1935.Les dépôts en banque ont augmenté : nos institutions financières ont plus de disponibilités que jamais.Cependant le nombre et la valeur des prêts diminuent sans cesse.Soyons assurés que le jour où 1 on déliera les cordons de la bourse, l’activité économique prendra vite son essor.Mais les reculs marqués à ce poste font presque oublier les avances et les gains en d’autres domaines.Répondre que le crédit redeviendra facile dès que les affaires reprendront leur équilibre, c’est enfantin : nous n avançons guère avec un raisonnement de cette espèce.Il sera non moins juste, mais combien plus effectif de soutenir que l’activité économ que redeviendra normale à mesure qu’on rendra le crédit plus facile.Comment délier les cordons de la bourse ?Tout est là.M.Stevens parcourt actuellement le pays en dénonçant avec force gestes et force éclats de voix ceux qu’il appelle les dix potentats de la finance canadienne- 11 s’engage, une fois élu premier-ministre, à mater les accapareurs.De telles déclarations ne peuvent avoir pour effet que de contracter davantage le crédit.Que ne propose- \ t-il de libérer les fonds énormes que le gouvernement d’Ottawa immobilise dans le « Wheat Pool », d’équilibrer le budget autrement qu’avec des emprunts.de ne plus engouffrer le plus clair de nos disponibilités dans les entreprises extravagantes de l’Llat ?D’autre part, pourquoi M.Stevens ne propose-t-il pas de corriger notre législation financière et d’assouplir notre régime bancaire ?A l’avant-dernière session du gouvernement d’Ottawa, pendant que M.Stevens faisait la roue et enquêtait sur les prix de gros, une enquête autrement plus sérieuse que la sienne avait lieu dans une autre salle, celle qui étudiait le régime bancaire canadien.C’est là qu’un politique avisé eût porté son attention, lout l’édifice économique actuel repose sur le crédit, et ce sont les banques qui distillent la précieuse liqueur.Le peuple canadien vante ses banques à temps et à contretemps.Or, comme banques de dépôt, nous en connaissons peu qui valent les nôtres ; mais que penser d'un pays qui ne possède que des banques de dépôt ?Imaginez comme en temps de crise il sera facile d'y obtenir du crédit.Telle est la situation du Canada.Nos banques font de l'escompte et avancent à court terme, sans doute ; mais quelles garanties n’exigent-elles pas des emprunteurs ?Or, nous ne pouvons en blâmer les banques : c’est nous qui les voulons ainsi, solides comme le granit.Malheureusement [jour nous, sans des institutions où le crédit soit abordable, un régime bancaire est mcompplet.En notre pays, vous tombez de la banque dans les mains de sociétés d’usuriers, qui prêtent à 25 pour 100 d’intérêt.Si nous voulons hâter la reprise des affaires, de l'avis non seulement de M.Stevens mais d’un grand nombre de Canadiens, il faut rendre le crédit plus facile.M.Stevens, faisant le jeu des pires démagogues, attaque les financiers et la banque, sans expliquer, du reste, comment il délierait les cordons de la bourse.Pourquoi n’a-t-il pas suivi l’enquête sur le commerce de l’argent au Canada ?C’est alors que lui.alors ministre du Commerce, aurait pu intervenir ! Il n’y a qu’un remède, croyons-nous, assouplir le régime bancaire.N’allons pas, de grâce! par des lois inopportunes ou des discours échevelés, compromettre le crédit des banques elles-mêmes, nécessaire à la prospérité du pays; mais réclamons avec insistance la création de véritables banques de commerce et de crédit- Dollard DANSEREAU Canada, France et Angleterre M.le vicomte de Fontenay, ambassadeur de France, disait dans son allocution à l’Exposition de Dinanderie, an Musée d’ethnographie et d’art popidaire du Vieux-Honflcur, le 28 juillet : «Jamais on n’admirera assez la fidélité avec laquelle les générations successives de ces familles d’émigrants français se sont transmis le flambeau, le culte qu'ils ont gardé de la patrie lointaine, les soins qu’ils ont mis à entretenir l'usage de la langue ancestrale en veillant à ce que leurs enfants l’étudient et la parlent.Ces sentiments filiaux envers la France ne les empêchent pas, quand ils sont définitivement établis au milieu d’un autre peuple, de professer un parfait loyalisme envers le gouvernement qui les a accueillis et envers le pays à la vie duquel ils sont désormais inféodés.Vovez ce cpii s’est passé au Canada.Je choisis ce pays comme exemple car il intéresse tout particulièrement la petite patrie de Champlain.Ceux qui ont parcouru les vastes étendues canadiennes, si pleines de promesses et d’avenir, et qui ont été en contact avec les Canadiens-Français, en ont certainement rapporté, comme moi, un souvenir ému.Les Canadiens d'origine française, tout en étant devenus aujourd’hui des sujets parfaitement loyaux et fidèles de Sa Majesté Britannique, n’en gardent pas moins dans leur cœur un inaltérable attachement envers la France.C’est ce que j’ai pu constater oendant ma mission auprès du Saint-Siège.J'y recevais la visite de Canadiens-Français, religieux et laïcs, de passage à Rome, qui, après avoir été se présenter au ministre d’Angleterre, tenaient à venir saluer l’Ambassadeur de France, et j’étais heureux de pouvoir les associer aux fêtes et réceptions données à nos compatriotes au Palais Taverna, Mais, de cette touchante fidélité, de ce lien persistant qui reste si solide entre le Canada et notre pays, votre éminent concitoyen, Monsieur Charles Houssaye, vous en a apporté une preuve vivante dans son livre si bien intitulé : Grandeur du Souvenir.On y trouve un récit charmant de la visite que fit Monsieur Charles Houssaye lors d'un de ses voyages au Canada, à un village du nom de Honfleur, du comté de Bellecliassc, dans le diocèse de Québec, une petite cité sœur de votre Honfleur.Il y raconte I accueil que lui firent les habitants et, notamment, ce prestigieux curé de l’endroit qui, à son nom ancestral de Pinel, n’a rien trouvé de mieux que d’ajouter celui de Napoléon La fronce afin que nul n’ignore de quel pays il est orginaire.Ses paroissiens sont des Lapointe, Beaudoin, Dion, Tournier, Lamontagne, etc., et les villages qu on traverse pour arriver à ce Honfleur du Canada sont dénommés : P r i n t e m p s, Saint-Louis, Saint-Gervais, Saint-Anselme ; ne se croirait-on pas au cœur même de la France ?Quelle nreuve magnifique de ce que nos frères canadiens appellent la «Survivance» ! (.) « Naguère, nous vint du Canada un écho profondément touchant, celui de la réponse si simple mais aussi si noble et si caractéristique du cardinal Villeneuve, archevêque de Québec, ce magnifique Prince de l’Eglise qui n’a pas oublié l’origine française de sa famille.Lorsqu’il reçut la plus haute distinction que peut donner notre Gouvernement, la Grand-Croix de la Légion (l'Honneur, il remercia de ce qu’on lui eût apporté de la mère-patrie le plus grand honneur « qu’il saurait rendre à la France en amour ».C'est col amour de la France que nous demandons aux Français d'origine établis hors de France de témoigner à notre pays.Encou-rageons-Ies on maintenant et en resserrant les liens ro famille qui nous rattachent à eux.Aussi faut-il souhaiter que.les principaux centres de France d'où sont partis des groupes de ces vaillants pionniers, recherchent et ravivent leurs liens avec ceux des descendants 1111 i survivent encore à l'étranger.C'est avec l'aide de ces parents lointains mais jamais oubliés, qui toujours sont ms tés fiers de la mère-patrie, fidèles à la France, que nous parviendrons à entretenir la flamme et à maintenir partout au dehors la « Survivance ».Il ne faudrait pas exagérer le sentiment qui nous attache à l'An-e’elorro.Et d'autant moins qu'au Faudra-t-il s'abstenir le 14 octobre ?j moment où le cardinal Villeneuve prodiguait ses manifestations de Isvmpathie française un ministre protestant d’Ontario, M.Wilmot, secrétaire du Social Service Council of Canada, s’en prenait, au congrès annuel de sociologie do de W illiamstown (Massachusetts), à la fécondité de la race canadienne-française comme à une menace contre l'influence britannique, et qu'en ce moment même lentes les sociétés do propagande britannique intensifient leur campagne d’immigration dans l’intention de nous noyer.Il conviendrait aussi de prendre avec un grain de sel certaines manifestations d'amitié du Canada franc iis pour la France.Quant au reste, la formule de notre loyalisme trouvée par M.’’ambassadeur de France est assez juste.Olivar ASSELIN Les conflits d’idées ou de classes ont à peu près toujours etc absents des luttes politiques au Canada, malgré la prétention qu’ont occasionnellement certains politiciens de se réclamer d’une doctrine ou de «grands» principes.Il n’y a jamais eu que des collisions d’intérêts et des rivalités de personnes ou de clans.Dans la confusion des partis qui se disputent actuellement le pouvoir, il »’\ a pas davantage de doctrine, sauf peut-être, et à l’état nébuleux encore, dans les partis extrémistes de formation récente.Mais les problèmes que les partis politiques des autres pays cherchent à résoudre à l’aide de diverses doctrines se posent au Canada comme ailleurs.C'est ce qui rend l’avenir inquiétant.Nos deux principaux partis n’ont jamais opposé à ces problèmes que l’opportunisme empirique du libéralisme anglais et M.Stevens lui- même.malgré ses prétentions et son allure révolutionnaire, ne fait pas autrement.Nos partis n’ont jamais puisé à une doctrine homogène pour organiser notre société en fonction de quelques principes fondamentaux sur lesquels ils se seraient fondés.Mais ils sont intervenus à tout propos et hors de propos en imitant le plus souvent des réformes opérées ailleurs, tuais sans se soucier de savoir à quelle conception particulière de la société se rattachaient ces réformes.Ils se sont tour à tour lancés dans l’interventionnisme, dans l’étatisme, en se défendant de pratiquer une politique d’inspiration socialiste.11 suffirait de les laisser faire encore quelque temps pour qu’ils donnent le spectacle d’un « socialisme sans doc-tr ne » encore plus invraisemblable lans son application que celui de l’Australie britannique, dont la découverte par M.André Siegfried au début du vingtième siècle causa tant d’étonnement au monde européen.Aucune des réformes qu’ont tenté d’appliquer nos politiciens ne se rattachait à un système d’idées.Ces réformes n’étaient destinées qu’à parer aux nécessités du moment : on n’a jamais fait que du replâtrage.Mais voici qu’à force de replâtrage, plus rien ne tient et nos politiciens sont piis au dépourvu.Notre société craque de toutes parts et les partis qui n’ont jamais songé a mettre une doctrine stable «à la base de leur politique voient la (population s’éprendre de théories plus pernicieuses encore que leur propre empirisme et ils restent encore désemparés.Tout ce qu’ils savent faire, c’est d’emprunter à ces théories pour pouvoir dire aux électeurs qu’ils leur offrent des projets de réformes analogues ou équivalents à ceux des plus audacieux.Cela les entraîne dans la plus dangereuse des surenchères.Si nos chefs de partis avaient un peu d’ordre dans les idées, s’ils avaient seulement quelques idées à la lumière desquelles ils chercheraient à sauver le pays et la société, ils ne suivraient pas les réformateurs les plus entreprenants sur leur terrain en leur empruntant leurs armes ou en recherchant leur alliance : ils opposeraient une doctrine ferme aux théories nouvelles et diraient aux électeurs : choisissez.Cela serait conforme à l’esprit démocratique dont ils se prétendent animés.Mais leur façon d’agir trahit leurs intentions : au lieu de chercher la doctrine salutaire, de trouver cette doctrine et de l’imposer s’il le faut après s’être assurés qu’elle est la •.eu le bonne, ils se livrent, avec des armes qu’ils cro’ent nouvelles, aux mêmes luttes habituelles pour l’accès au pouvoir.Dans la crise qui met notre société en danger de s’effondrer comme dans la prospérité qui aveuglait les plus clairvoyants, les luttes électorales peuvent se résumer par l'expression populaire : la bataille pour l’assiette au beurre.Rien de plus.Dans ces conditions, que fera l’électeur sérieux le 14 octobre ?S’abstiendra-t-il comme îl en est probablement tenté ?Ce serait impru- dent.Car le partisan des doctrines aventureuses ne s’abstiendra pas, lui.Et si aucun parti politique ne nous propose la doctrine salutaire, il faut tout de même mettre hors d’état de nous nuire ceux qui veulent lancer le pays dans des expériences non seulement dangereuses, mais évidem ment néfastes.Il faut d’abord mettre au rancart ceux qui ont effectivement commencé depuis cinq ans l'application de cette politique de réformes audacieuses qui ne s'appuient sur aucune doctrine.Ix* parti libéral ne propose guère de doctrine lui-même, et l’on avait l’habitude de le considérer comme le plus « avait cé ».Mais dans le désordre actuel, 1 est largement devancé par tous se concurrents sur le chemin de l’an dace et représente ce qui se rapproch le plus de Tordre.S’il 11e faut pa.s’abstenir de voter afin d’élimine les candidats dangereux, il ne rest -qu'à se rallier au parti libéral le 1 ; octobre.Georges LANGLOIS Lu Renaissance ne publie que des articles exclusifs.Prière mix collaborateurs éventuels d’en prendre note.Les manuscrits non publiés nr sont pas rendus.Le Yogourt de Delisle Le Yogourt de Delisle se recommande à toute personne qui souffre d’irritation intestinale.Pris avec du miel, il devient un to nique de premier ordre.C’est le grand réparateur des pertes de l’organisme, recommandé aux affaiblis, aux convalescents.Pris en petite quantité, il aide la digestion de tous les aliments.Pour en assurer la fraîcheur, chaque pot de Yogourt de Delisle porte la date à laquelle il doit être consommé.La livraison n’en est faite qu’en petits pots de grès.Pour livraison à domicile, veuillez appeler Delisle, 916 est, avenue Duluth, AMhcrst 0434.rA 'Ü L’honorable Monsieur KING.Le chef politique qui n’a jamais manqué à ses promesses.r/~ %: l }> nm La politique commerciale et tarifaire du parti libéral restaurera la prospérité La politique tarifaire de Bennett est basée sur deux erreurs lamentables.Dans I esprit des conservateurs, le tarif doit rétablir la marge qui peut exister entre le coût de revient d’une marchandise fabriquée au Canada, et le coût d’un article similaire importé de l’étranger.De plus, le commerce consiste, d’après eux, a exporter le plus possible et à importer le moins possible des autres pays., .- / l.a politique commerciale du régime l'i'ia 11 été pi UH efficace que celle du gouvernement llennett.IVndi.nl Ich cinq imiiiT» d'administration libérale qui ont précédé l'avènement dm oon-HervatenrH, de 1926 A 1910, le Canada a importé pour $2,7.1.1 million* de plu* de murrbundisrs qu'au rour* de* einq année* du régime .< j 1 , Le lait vendu par la Maison Joubert provient de troupeaux subis, bien nourris sur des fermes répondant aux exigences sanitaires les plus rigoureuses.Chaque fournisseur est tenu de produire le certificat du gouvernement fédéral attestant que son bétail a été tuberculiné.De plus, il doit s’être conformé aux exigences des services d’hygiène publique.La maison Joubert ne se contente pas de ces précautions.Elle se montre encore plus rigoureuse sous le rapport de la propreté.Des inspecteurs spécialistes font des visites périodiques chez tous ses patrons afin de vérifier sur place la propreté des ustensiles employés et.l’état sanitaire du bétail, des étables et du personnel.1111 LIMITEE iïfîfruAetà, président 7lap.ChM£At, Tem&wmt.floi,.d.TUmtùi, DU CONSEIL D'ADMINISTR&TION - -A- —*- PRESIDENT VICE-PRESIDENT TRESORIER DEPUIS 40 ANS" TOUJOURS LA MÊME DEVISE RÉDUIRE LE TAUX DE LA MORTALITÉ INFANTILE À MONTRÉAL L.) *¦ ' . tiPfM/ffim 7 2 fi sep loin lire ! 93.7 Entre nous Madame de Sévigné On a longtemps prétendu, et l'on dit encore souvent, que madame de Sévigné soignait curieusement ses lettres et qu'en les écrivant elle songeait, sinon à la postérité, du moins au monde d'alors dont elle recherchait l'ad-niration.Que cela me parait faux ! Depuis quelques jours je m'amuse à relire sa correspondance et je suis de plus en plus convaincue qu'elle écrit d'ordinaire au courant de la nlume et le plus de choses qu’elle peut et.quand l'heure presse, à cine se relit-elle.« En vérité », lit-elle.« il faut un peu.entre émis, laisser trotter les plumes comme elles veulent: la mienne a ou jours la bride sur le cou».Il g a des jours où elle a plus de temps et où elle se sent plus disposée à écrire.Alors, tout naturellement.elle soigne, elle arrange.elle veut amuser ses amis qui se passent ses lettres et le lui disent.Madame de Coulange lui raconte qu’un laquais est venu chercher deux de ses lettres dont madame de Thiange avait entendu parler et elle ajoute : « Vos lettres.parmi nos amis, font tout le bruit quelles méritent, comme vous voyez; il est certain qu’elles sont délicieuses et vous êtes comme vos lettres.» C'était une époque où la correspondance et la conversation avaient une grande importance, mais on ne préparait pas plus celle-ci qu’on ne composait celle-là.Seulement on s'y livrait de tout son esprit et de toute son âme.jusqu’au départ de sa fille pour la Provence, on n’a de madame de Sévigné qu’un assez petit nombre de lettres adressées a son cousin de Bussy et d'autres à M.de Pomponne.Ce n'est donc qu’a dater de cette douloureuse séparation que l'on sait parfaitement sa vie privée, ses habitudes, ses lectures et jusqu’aux moindres mouvements de cette société où elle vit et dont elle est l’àme.Dans cette société cultivée, où évoluent M.de la Roche foucault.Mme de la Fayette, Ménage, et tant d'esprits distingués, la vie est facile, gracieuse, animée : une visite, une lettre reçue sont des événements auxquels on prend plaisir et dont on se fait part avec empressement.Ces petites choses tirent du prix de la manière et de la forme; c'est de l'art que, sans s'en apercevoir et négligemment, l’on met jusque dans sa vie.L'éloignement de sa fille avait exalté la tendresse de la mère et leur correspondance est devenue pour madame de Sévigné aussi nécessaire et douce qu une présence.Aussi, durant vingt-six ans, ces lettres spirituelles, sincères, spontanées et tendres ne cessent de relier la mère et la fille et de créer, sans que l'auteur s'en doute, un chef-d’oeuvre de la langue française.Parce qu'on la voit d'une humeur enjouée et même folâtre parfois, on aurait tort de juger madame de Sévigné frivole ou peu sensible.Elle était sérieuse et même triste, surtout pendant les séjours qu’elle faisait à la campagne, et la rêverie tint une grande place dans sa vie.Entendons-nous: ses rêveries n’étaient ni sentimentales.ni romanesques; elle pensait à sa fille si éloignée, à son fils qui était « en Candie » ou à l'armée du roi, à ses amis et à ses morts, et elle écrivait : « Pour ma vie, vous la connaissez; on la passe a mille devoirs à quoi l’on est obligé et ce n’est pas une petite affaire.Mais ce qui me fâche, c’est qu'en ne faisant rien, les jours se passent, et notre pauvre vie est composée de ces jours, et l'on vieillit et l’on meurt.» Madame de Sévigné était profondément chrétienne : une religion précise et régulière gouvernait sa vie et, au milieu d’une société où la morale était plus admirée que pratiquée, elle fut une femme scrupuleusement honnête.Inutile d insister sur l’étendue de sa culture : elle lisait tout et lisait bien.Elle lisait Montaigne, Pascal, saint Augustin, Nicole: elle lisait Tacite et Virgile, non pas « travesti », dit-elle, mais « dans toute la majesté du latin.» A cette école elle s'est fait une langue souple, précise, abondante, originale et spirituelle, et elle s’est placée ainsi, sans le chercher, au premier rang des écrivains français.Hélène BOLLIN La grande misère des chiens le retournant souvent.Pendant la cuisson du filet, préparez la sauce madère comme je vais vous l’indiquer.Coupez finement un gros oignon et une carotte, faites-les revenir doucement avec du beurre dans une casserole épaisse, ajoutez un grand verre d’eau tiède ainsi qu’une tomate fraîche, un peu d’extrait de viande, le bouquet garni que vous prenez dans la lèchefrite du filet de bœuf, couvrez la casserole et faites cuire pendant dix minutes.Délayez deux cuillerées de farine avec un peu d’eau, remuez bien pour éviter les grumeaux et versez dans la sauce qui doit encore cuire dix minutes.Passez-la dans une passoire fine au-dessus d’une casserole propre, versez dedans un verre à bordeaux de bon madère, ajoutez la sauce du rôti, mélangez bien, goûtez et faites chauffer.Posez le filet dans un plat long sur un lit de cresson non assaisonné, mettez la sauce dans une saucière chauffée et servez brûlant.Il est possible de joindre à la sauce des petits champignons entiers, il faut les faire blanchir et cuire séparément et les ajouter à la sauce au moment où vous incorporez le madère.Pommes dauphine.-— Faites cuire RECETTES Filet de bœuf sauce madère.— Pour six personnes il faut 2 livres de filet de bœuf paré, bien placé et piqué de fins lardons.Mettez-le dans un plat à rôtir avec un morceau de beurre, du sel, du poivre, un oignon entier, un bouquet garni et un verre à madère de bon bouillon.Mettez-le au four assez chaud et laissez-le cuire une demi-heure, c’est-à-dire un quart d’heure par livre de viande en l’arrosant et Souffrez-vous d’insomnie ?PRENEZ ET DORMEZ BIEN! be sommeil est indispensable à la santé physique et mentale.Sleepex calmera vos nerfs et vous apportera un repos réparateur.SbEEPEiX, en vente dans toutes les pharma*-cies, ne contient pas de narcotiques.Sur réception d’un timbre de 5 sous vous recevrez un généreux échantillon.Pour eoiiiiiiiindcM de gros, appelé/.I.A Zt!6t), ou voyez : SI.KBPEX REG’D Immeuble Cuxtle Montréal Le Magasin qui montre l'enseigne HATTON vend le Meilleur Poisson-et le Plus Frais/ Très jolie robe, d’allure très féminine, dont les manchettes et le collet blancs soiüignent l’ampleur des larges manches bouffantes.Modèle gracieusement fourni par la maison Butterick 'rrrr'rrssssssssssssssrsxr,' Conseils de beauté Pour avoir de Vallure une livre de pommes de terre en robe des champs, épluchez-les et pa3.tw«.î.,-au tamis, liez cette purée sur le feu en ayant soin de la tenir ferme.D’autre part, faites chauffer un verre d’eau salée légèrement et ajoutez de la farine pour former une pâte bien lisse, mélangez avec deux œufs pour la purée de pommes de terre.Laissez reposer pendant deux heures et divi-sez-la en parties grosses comme un œuf de pigeon.Faites frire dans une friture neuve et servez ces croquettes gonflées comme des beignets saupoudrées de sel fin et déposées sur un plat garni d’une serviette pliée.Mousse de foie en gelée (pour six personnes).— Prenez une boîte de foie gras (8 onces), passez au tamis et travaillez le foie dans une terrine avec une spatule de bois.Ajoutez votre assaisonnement et fouettez, dans une autre bassine, un demiard de crème que vous incorporerez ensuite au foie.Chemisez vos moules avec de la gelée et décorez-les.Remplissez ensuite avec votre mousse de foie gras.Tournedos.— Ce sont d’épaisses tranches, choisies au plus moelleux du filet de bœuf.On les fait sauter au beurre pendant cinq minutes.En même temps et dans le même beurre, quelques beaux croutons sont mis à dorer.On déglace le fond de cuisson d’un vigoureux madère, à quoi sera mêlée une essence embaumée de truffes.Les tournedos ainsi baignés seront placés sur les croutons et nappés de lamelles de truffes.Mousse aux fraises.— Passez au tamis fin une chopine de fraises; mettez à la purée 3 cuillerées à table de sucre en poudre à l’orange; faites refroidir.Mêlez la purée de fraises avec une pinte de crème fouettée, sucrée et parfumée avec du sucre à l’orange.Versez dans le moule et fermez celui-ci parfaitement.Mettez dans la glace salée au moins pendant cinq quarts d’heure.Il est peu île personnes uyunt séjourné l’été à la eumpugne — je dis séjourné et non pus effaré les poules en faisant • le lu vitesse sur les routes — très peu île personnes qui ii’uieut eu l’occasion de constater avec peine (’inexplicable et l’injuste dureté trop souvent témoignée aux moins exigeants, uux meilleures de nos serviteurs- Vais-je m’attirer des protestations t De tout coeur, je le souhaiterais, et qu’elles soient nombreuses.Elles me prouveraient alors qu’il est plus d’Iieureuses exceptions que je ne le pense à cette dureté qui n’est peut-être qu’indiffé-renee, ou même.inconscience de la souffrance infligée.l’our peu que vous ayez passe quelques semaines dans une ferme, recueillez vos propres souvenirs.Recevoir l’hospitalité dans une ferme, pour nous, enfants îles villes, quel rêve, quel poème bucolique, auquel concourent toutes les illusions traditionnelles ! Le chant des coqs se répondant de basse-cour en basse-cour aux premières blancheurs de l’aube.Prélude de la rurale, simple, saine, active, où nous rêvons, nous autres, de concilier notre tendresse pour les gentils agneaux, notre sympathie pour le petit peuple de 1a basse-cour, avec notre goût pour les côtelettes et la fricassée de _ .Libre à nous, si nous le pouvons.Du moins, devrions-nous, sans hypo crisie, ni chagrin, pouvoir regarder l’uni mal domestique, auxiliaire des besognes du maître ou gardien et défenseur de son bien.Le elieval ou l’âne, le bœuf de labour, le chien de garde ou de berger, voire le chat, qui preserve des rongeurs les réserves du grenier.Or, pour nous borner à ces derniers, chacun sait que le chat des campagnes, ne recevant de ses maîtres aucune nourriture, est une bête efflanquée, sournoise, forcément maraudeuse.Quunt au chien de berger, si intelligemment vigilant, il a un métier — chose triste à dire — qui ne nourrit pus.son chien ! Ecoutez ces deux témoignages, où n’intervient aucune littérature.D’abord, celui d’un brave garçon, cpii fut berger à treize ou quatorze uns : « J’emportais dès le mutin, dans un hissuc, mon pain pour lu journée et une petite tranche en plus, pour le chien-Mais lu journée était longue, mon pain trop court pour ma faim.Alors, bien souvent, je mangeais la part du chien.qui pourtant n’était pas grosse ! » Pauvre bête, et pauvre enfant ! Car le coupable, c’était le maître avare qui devuit les nourrir suffisamment l’un et l’autre.— Cela fuit pitié, me dit une amie, qui n’a pour les bêtes aucun penchant exagéré, de voir presque toujours à la campagne, le chien de berger, en pleine jeunesse, en pleine vie, littéralement affamé.les flancs rentrés, les côtes évidées, lu peau collée aux os.Lu misérable petite tranche, lu lichette de pain bis tpi’on lui alloue pour seule nourriture en vingt-quatre heures est dérisoire.Comment des gens honnêtes et sensés peuvent-ils vouloir condamner au supplice de la faim une créature vivante qu’ils utilisent ?Pour l’animal aussi, toute peine ne mérite-t-elle pus salaire t Et ces pauvres bêtes seraient si faciles à nourrir ! « Ainsi, poursuit mon amie, ma tante, qui vit à lu campagne, a une chienne de garde, dont lu soupe se compose de croûtes trempées d’eau grasse, relevée, à l’occasion, d’un reste de sauce, résidus de pot au feu, etc.Eh bien ! la soupe de Mireille — c’est le nom de cette privilégiée — attire de nombreux envieux : toute la gent famélique, aux flancs rentrés, aux yeux flambants de faim.Mais Mireille, d’ordinaire bonne fille, gronde, menace de la voix et des crocs.Elle défend son bien, son juste salaire.» Alors, iiourquoi tous les chiens de C’est l’heure de l’apéritif du soir au Bar du Soleil.Tout Deauville défile dans la lumière oblique.Les femmes exhibent avec fierté leur peau dorée sous l’œil malicieux de Van Dongen qui, assis au ras des « planches », semble chercher de nouvelles lignes et des couleurs inédites.Pimprenelle est soucieuse.— Qu’as-tu donc ?— Ce qui me vexe, c’est de ne pas récolter suffisamment d’hommages masculins ! Je sursaute.— Non, mais ! — Il ne m’est jamais arrivé, que très rarement, de sentir qu’on me regardait.Tu es trop modeste ! Mais non.J’ai au contraire la certitude d’être jolie, beaucoup plus jolie que le plupart des femmes qui ont du succès.Et c’est précisément ce que je ne comprends pas ! — Tu perds de vue que tu es beaucoup trop jeune pour avoir la prestance de certaines femmes qui forcent l’attention.— Peut-être, mais il y a certainement autre chose.L’important, vois-tu, c’est d’« avoir de l’allure ».Et ça, je crois qu’on l’a de naissance ou qu’on ne l’a jamais.— Quelle erreur ! On peut très bien acquérir de l’allure.Cela dépend de deux facteurs, l’un physique, l’autre moral.Le facteur physique comporte la grâce du geste.Il faut savoir se tenir, savoir marcher, savoir s’asseoir.Il faut étudier et mettre à profit ce que les spécialistes appellent le mécanisme de la grâce.Le facteur moral, lui, est beaucoup plus complexe.L’allure de la démarche, l’assurance des attitudes, ne dépendent, le plus souvent, que du degré de confiance que l’on a en soit.Plaire, cela ne dépend souvent que d’un pas décidé, d’un port de tête audacieux, d’un regard vif et franc.— A t’entendre, pour plaire, il suffirait de le vouloir ! — Cela ne suffit pas, mais cela importe beaucoup ! — Qu’as-tu compris tout à l’heure sous le mécanisme de la grâce ?— Ceux qui ont étudié la beauté en mouvement ont trouvé à la grâce quatre conditions essentielles.La première, c’est que chaque geste doit décrire une ligne courbe.La seconde est que chaque geste doit être localisé, c’est-à-dire ne mettre en œuvre que les muscles chargés de le commander.Il faut entendre par là une compréhension parcimonieuse du rythme du corps que seule la culture physique peut apporter.— Les deux autres conditions ?— L’une est l’économie de l’effort, l’autre réunit la vitesse et l’adresse.L’économie de l’effort découle de la localisation du geste.Quant à la vitesse, c’est cette faculté d’avoir des réflexes, justes et prompts.Mais cela dépend beaucoup plus de la qualité du système nerveux que de celle de l’appareil musculaire.Tout à fait d’accord.Les fous et les déséquilibrés ne sont jamais gracieux.Par contre, la plupart des peuples primitifs, dont le système nerveux est beaucoup moins usé que le nôtre par une vie d’éternelle tension, apportent, dans leurs gestes les plus usuels, une grâce étonnante.Il est évident que nous ne faisons jamais autant de gestes inutiles que lorsque nous sommes soucieux ou tracassés ! — L’adresse, elle, dépend directement de l’économie de l’effort.C’est par l’habileté à ne se servir que des aptitudes de chaque muscle qu’on y arrive.— Crois-tu que toutes les femmes qui ont du succès pensent à cela ?Mais non.Chez la plupart, c’est inné.Mais il y a aussi l’attitude et la marche qui ont une importance énorme quand il s’agit de l’allure.Michel ARBAUI) Tous droits réservés par T Au.Reproduction, même partielle, interdite Comment sauver une mayonnaise manquée Si la mayonnaise se refuse à prendre malgré l’excellente qualité des éléments (pii la composent et le soin appliqué à sa confection, vous pouvez toujours essayer d’un procédé de sauvetage que son succès répété permet de recommander très sérieusement.Prenez une certaine quantité du blanc d’œuf que vous avez laissé de côté quand vous avez commencé l’opération et mettez-le dans un bol ; battez-le d’une main et quand il aura acquis une certaine consistance, versez peu à peu de l’autre main dans le bol la mayonnaise récalcitrante.Vous aurez presque toujours la satisfaction de lui voir prendre, grâce à l’addition du blanc d’œuf, cette forme quasi solide que vous n’aviez pas obtenue par les moyens ordinaires.Parmi les moyens ordinaires ne négligeons pas la nécessité de ne verser l’huile qu’après que les œufs battus auront commencé â prendre.Le Petit Journal Illustre V/V/V/V/V/V/V/V/4V/V/V/V,V////V/V/V/'4' LA COMPAGNIE HATTON Montréal Etablie en 1874 H—1 Conseils pratiques Taches de sang.— Tremper quelques heures à l’eau froide, laver la partie maculée avec de l’eau froide additionnée d’acide tartrique à raison de 6 p.100.Taches de couleurs végétales (vin et fruits rouges).— Plonger le linge dans de l’eau de Javel fortement coupée d’eau puis rincer à plusieurs reprises avec de l’eau chaude.Taches de graisse ou d’huile.— Les principes actifs contenus dans la lessive suffisent à faire disparaître toute tache à base de matières grasses.lor.s, pourquoi ferme n’ont-ils pas leur écuelle ! H en coûterait si peu.rien que d’y penesr et de vouloir.Si le maître, harassé du rude travail aux champs, dit: «J’ai bien le temps de m’occuper du chien ! », que la maîtresse, avec son cœur et sa main de femme, prenne ce soin.simplement raisonnable.Vous toutes, amies citadines, qui irez aux champs cet été, regardez, observez autour dé vous.Et, quand il sera nécessaire, et quand il sera possible, plaidez un peu la cause des braves bêtes, auxi liaires de l’homme.Tâchez d’opérer dei conversions.Car, vraiment, en songeant aux « toutous » à la mode qui ont pédicure et « cher docteur » et font leur tour au bois en auto, on trouve que, même dans le monde des chiens, il y a aussi un peu trop d’inégalité.MAY SPRING (C’est la mode) Chandail pratique pour l’automne.Modèle d’une belle originalité due au collet roulé, à la large ceinture et aux manches à revers.Les boutons et les poches achèvent de donner à ce chandail un cachet particulier.Modèle gracieusement fourni par la maison Monarch 07 fi Chronique du sport Les nouveaux champions du hase-hall Montréal a une équipé de base-bail professionnel, les Royaux, qui fait partie de la ligue internationale.Outre les Royaux, celle-ci compte une autre équipe canadienne à 1 oronto.Nous disions « canadienne » bien que ces deux équipes n’aient qu'une poignée de joueurs canadiens, le reste ayant été recruté outre-frontière, où le base-bail a pris naissance.Comme son nom 1 indique, la ligue internationale compte en plus cinq autres équ pes américaines : Syracuse, Rochester, Buffalo.Albany et Newark.C’est la première fois depuis 1927, année où fut organisé ici le base-bail professionnel, que notre équipe se classe première en battant celle de Syracuse.Cette belle victoire durement gagnée comporte une leçon pour les entrepreneurs de spectacles sportifs.Nous en sommes à la seconde tentative d'implanter le base-bail professionnel à Montréal, la première ayant échoué pour deux raisons principales: le manque de terrain avec amphithéâtre convenable et la méconnaissance de notre caractère français.Pour être juste, ajoutons que les esprits étaient alors peu préparés à juger de la qualité et du travail requis d’une équipe bien organisée.Pour tout dire, l’entreprise était prématurée et devait échouer piteusement.1 outefois, la semence jetée en terre il y a trente ans a lentement germé et donne maintenant des fruits.Les commanditaires de notre équipe ont compris qu’il fallait l’encourager et ils nous ont doté, il y a huit ans, d’un superbe terrain et d’un amphithéâtre pouvant rivaliser avec ceux des villes américaines les plus prospères.Puis, ils ont cherché par tous les moyens — sous la nouvelle administration en particulier — à recruter le plus grand nombre possible de joueurs francophones ou portant des noms français.Besogne ardue, certes, car nous ne pouvons pas plus former poulie base-bail des joueurs de grande classe cjue les Américains ne le peuvent pour le hockey professionnel.Affaire de climat, de tempérament, d’hérédité.11 a donc fallu aux Royaux une période inévitable de tâtonnements, d’expérimentation, au cours de laquelle ils se tinrent bons .derniers.Sans compter que le public connaissait peu ce jeu d’équipe très compliqué (le plus savant peut-être des jeux d’équipe) et que le climat canadien, comportant une période de chaleur trop courte, se prête peu à l’exercice de ce sport.Le base-bail, en effet, se joue toujours mieux quand il fa.t chaud, même très chaud; plutôt lent, mesuré.J.-E.FOURNIER Limitée Manufacturiers de valises et d’articles de voyages 17-25, Ouest, rue Notre-Dame !t3l rue St-I-aurent, Succursales : 287 est, rue Ste-Catherine, 1011 est, rue Mont-Royal, 4222 rue Wellington, Verdun, 801 ouest, rue Notre-Dame.calculé, il comporte des périodes de repos appréciables.L’action n’y est pas continue et simultanée pour tous les joueurs qui sont sur le terrain comme la chose se voit au hockey, à la crosse, au ballon rond ou ovale.1 ouïes ces raisons et bien d’autres, qu’il serait oiseux d’énumérer, expliquent amplement pourquoi les bailleurs de fonds du début ont cédé leurs intérêts à un consortium canadien-français.L.e navire, en l’espèce l’équipe, faisait eau et menaçait de couler.En hommes d’affaires avisés, ils préférèrent liquider pour réaliser ne fût-ce qu’une partie de leur mise- Plus au courant de la situation et bien en place, nos compatriotes s’empressèrent de rechercher un mentor pour l’équipe.Ils eurent la bonne fortune de mettre la main sur F rank Shaughnessy, ci-devant entraîneur à l’université catholique de Notre-Dame d'Indiana (dirigée par les RR.PP.de Ste-Croix).Athlète instruit et intelligent — possédant un flair peu commun — Shaughnessy comprit immédiatement que sans 1 appui du groupe majoritaire montréalais, l’assistance aux matches serait nulle et les recettes nettement insuffisantes.11 fallait donc amener à tout prix les C ana-diens-L’rançais à fréquenter le Stade— situé du reste en plein quartier français — non pas d’une façon régulière.L.e succès financier de cette année ne doit pas arrêter Shaughnessy en chemin.11 faut qu’il fasse davantage en nous dotant d’une équipe qui reflétera plus fidèlement encore le caractère ethnique de notre ville.Actuellement.nous avons les joueurs suivants: Bissonnette, Dugas, Chagnon et Granger.1 oui brillants qu’ils soient, il faut leur en adjoindre d’autres.L’intérêt du public dépend de la composition de l’équipe, qui doit tendre à devenir véritablement l’équipe française de la ligue internationale.Nationalisme de bon aloi qui nous fera mieux connaître à l’étranger, surtout aux Etats-Unis, où courent sur nous trop de légendes stupides et cocasses.Ce geste chic flattera notre amour-propre.En retour, les commanditaires pourront être assurés de notre fidèle assistance.En dernière analyse, l'intérêt pécuniaire est celui qui peut le mieux gagner les hommes d’argent.Autrement, on risque d’amener l’entreprise à la déconfiture financière; l’affaire du club de hockey Canadien le prouve péremptoirement.A l’encontre d’une oeuvre philanthropique, le sport professionnel ne peut subsister que s’il rentre au nio ns dans son argent.Puisse-t-on le comprendre ! Car le public ne souffre pas impunément et indéfiniment qu’on se moque de lui et la grève du spectateur signifie à plus ou moms brève échéance la fermeture des guichets.La vente du «Canadien » Nos remarques sur le base-bail ne peuvent guère être mieux illustrées que par la vente de notre équipe de hockey professionnel par MM.Jos.Catarinich et Léo Dandurand.Réjouissons-nous tout de suite que la propriété de l’équipe demeure entre les mains de nos compatriotes, les mêmes qui possèdent l’équipe de base-bail de Montréal.L’ascension phénoménale de Jos et Ils semblent pareils .MAIS il y a une différence Le Melchers est un gin vieilli — il est le seul du type Geneva, au Canada, dont l’âge est garanti par le timbre d’accise du Gouvernement.Pour votre protection, exigez la bouteille munie de ce timbre attestant son âge et son authenticité.m FIMfST CANADIAN 10 onces 85c.__ 26 onces $1.90 GIN CANADIEN 40 onces $2.65 CROIX H §H D'OR melchers Distillé et embouteillé au Canada par 69 MELCHERS DISTILLERIES LIMITED — Montréal et BerthierviIle n/dxuuim 2fl septembre 19.7.7 ] île Léo, comme tous les familiers les appellent, tient du roman.U y a loin de la petite tabagie, située rue Sainte-Catherine, où l’on discutait ferme de I crosse et de hockey.Les associés doivent leur fortune à leur flair et à leur ! connaissance du sport.L’achat du Canadien pour une chanson ($12,000) du défunt Kennedy fut un.trait de génie de leur part.L’assistance aux parties était alors insignifiante comparée aux 12.000 et 15,000 personnes d’aujourd’hui.Les salles étaient petites et peu convenables jusqu’à la constitution de la National Hocl(ey League, renforcée d’équipes américaines.Le succès grise, d’.t-on.Ce fut le malheur de ces messieurs.Cattarinich, i il est vrai, s’occupe beaucoup plus de terrains de courses que de hockey.Partout en Amérique du Nord, Etats-Lhiis et Canada, les terrains qu’il pos' sède ou contrôle ne cessent d’augmenter.Et cela, sans compter de multiples entreprises sportives que les deux amis command tent en sous-main.Mais la vente du Canadien, en dépit de leur apparent détachement, a dû leur pincer le cœur.La mésaventure comporte une rude leçon pour les nouveaux pro-1 priétaires.En effet, on a accumulé impair sur impair.On vend l’idole.Howie Mo-j renz, sans s’occuper des réactions du • public.I .'équipe est dégarnie sans p!-lié.Les joueurs sont vendus, des inconnus les remplacent.Le public peste et gronde.Des protestations s’élèvent partout contre ces changements.La presse est remplie de doléances des fidèles supporteurs.On n’a cure de l’indignation populaire.Petit à petit, l’équ pe se transforme en s’affaiblissant.L.a crise persistant, l'assitance diminue d’une manière inquiétante.Aux matches, de vieilles connaissances ne se montrent plus.A ce mécontentement croissant s’ajoute des prix d’entrée trop élevée, qu’il faudrait aba sser- La nouvelle administration a donc une lourde tâche, mais parfaitement surmontable : ramener un public dégoûté qui a délaissé les salles.La besogne n’est pas surhumaine, à condition de montrer de la prudence et d’éviter la répétition des erreurs passées.S'il est dur de grouper une cl entèle, le plus pénible est souvent de la garder en lui offrant toujours des spectacles irréprochables et exempts de chichi.Sous ce rapport, M.Savard et ses associés n’ont qu’à adopter, vis-à-vis du hockey, la même ligne de conduite qu au base-bail.Les deux jeux d’équipe — baseball et hockey — ont tellement de similitude que le succès ou la faillite est souvent due aux mêmes causes.L’appétit des nôtres pour le hockey n’est pas mort.Somnolent, il n’y a qu’à le tirer de la léthargie.Un conseil en passant : méditer 1 à-propos du d cton qu’à trop tirer sur une corde on finit par la rompre.L’esprit mercantile étouffe trop souvent l’esprit sportif.Va-t-on louer le golf municipal ?A l’Hôtel-de-Ville, il se passe depuis quelque temps bien des événements.Ces messieurs de l’exécutif veulent louer le golf municipal sous le fallacieux et ténébreux prétexte qu’il ne peuvent l’administrer convenablement.Or, les faits sont tout autres si 1 on en croit certains bruits contradictoires.Cette nouvelle a pu la sser le lecteur sous l’impression que la Ville perd continuellement de l’argent et qu il vaudrait mieux se débarrasser tout de suite de cet éléphant blanc.Mais ce qui déconcerte le profane, c’est de constater l’affluence extraordinaire qu il y a certains jours sur le terrain de golf et les courts de tennis avoisinant le chalet de golf.En effet, pour pouvoir jouer une partie de golf, il faut se rendre le matin de fort bonne heure.Sinon, on fait queue.Quant au tennis, doubler les courts s’impose pour faire face à la demande- Comme on le voit, il reste un point obscur à élucider.Quiconque s est rendu au parc de Maisonneuve, où se trouve notre unique terrain de golf muivcipal, sait très bien qu on n y joue pas sans bourse délier.Avec un tel concours de joueurs, payant tous et chacun leur écot, on devrait pouvoir faire face aux frais généraux d’entretien et montrer même un joli profit.Or toujours d’après la version officielle, tout ce raisonnement porte à faux.Mais, se demandera le naïf contribuable, si la Ville ne peut administrer le golf municipal, comment un concessionnaire pourrait-il joindre les deux bouts?Voilà le hic! A 1 heure actuelle, impossible de mettre la main sur des statistiques exactes permettant de dire si oui ou non la ville réalise un profit.Les dernières statistiques remontent à 1930 où les profits se chiffrent à $14,000.Depus lors, la comptabilité municipale a négligé apparemment de dresser le bilan annuel du golf municipal.La cour du roi Pétaud ne devait guère marcher plus mal, plus cahin-caha.Pour 1934, nous apprenons que 68,000 parties de golf furent jouées et que 14,000 personnes fréquentèrent Réflexions sur le Mérite Agricole Me liius les liuimcui> et tires conférés pur lc> souveruins et les gouvcrnemciits à truxers le monde à des citoyens qui ont liia'it mérité de la patrie et de la société, il n’en est pus île plus beau ni de plus noble que ceux de la Chevalerie du Sol représentée par l’Ordre du Mérite Agricole.Aussi, faut-il assister à la fêle annuelle du Mérite Agricole pour voir avec quelle émotion mêlée de légitime fierté les cultivateur- de la province de Québec-lu seule du Dominion à avoir un tel Ordre de mérite — reçoivent les décorations cl les parchemins qui les cousu-crcnl ( ommamleiirs, Officiers ou Chevaliers suivant le eus, à la suite d’un grand murons organisée sur un plan rotatif annuel dans chacune des cinq divisions agricoles qui partagent la province.No- cultivateurs connaissent bien le Mérite Agricole, et ils en apprécient les bons effets: ambition stimulée, amélioration progressive de la ferme, exemple pour le- jeunes, maintien du beau renom agricole de leur chère province.Ce n’est donc pa» pour eux.mais pour les citadins que nous écrivons ces lignes, afin de leur permettre de mieux comprendre l’effort de no» travailleurs du sol et de le soutenir.La création du Mérite Agricole par le gouvernement de lu province de Québec sur le modèle du Mérite Agricole de la République française — enrôlés dans celle vaillante phalange de terriens sérail difficile.Mais une brève incursion dans les premiers rapports de l’Ordre nous permet d’écrire que, même dans les débuts, on vit chaque année de cinquante à cent cultivateurs participer au concours et mériter des distinctions.Depuis vingt-cinq ou trente ans, il est très rare que le nombre des concurrents soit inférieur à la centaine, et il est des années où il atteint le chiffre de cent cinquante.Etablir la moyenne des lauréats à rent mis chaque année ne serait pas trop osé.Jusqu'à ces dernières années, le concours du Mérite Agricole n’était ouvert qu’aux cultivateurs adultes.On a «lcptii-formé une section spéciale pour les j«‘u- les courts de tenirs.Quant à l’arpent q-^-fcjy-1.le monde a laissé tomber dans le trésor municipal, les précis ons manquent complètement.Malgré tout cela, nos édiles veulent mettre en location la seule entreprise municipale qui ne se solde pas par un déficit.Contrairement aux villes américames, voire canadiennes, qui cherchent continuellement à augmenter le nombre des terrains de mol f, la nôtre veut se défaire du sien.Au lieu d’avancer, nous rétrogradons.- fout cela sent le scheme, et le contribuable y sera encore roulé et berné.Dans la coulisse — nous en mettrions volontiers notre tête sur le billot — se t ennent des amis qui s’agitent et tirent des ficelles dorées.Et nos pantins de se remuer, de crier à fendre l’air pour nous faire croire à leur utilité! A la faveur du tintamarre des élections, on escompte passer le projet en vitesse, à la vapeur.Ayons l’œil ouvert et tendons bien l’oreille! Durant ce temps, la ville hérite d'un nombre grandissant de terrains vagues qu’elle pourrait facilement convertir en terrains de jeux, de tennis et de golf.Des terrains de tennis, par exemple, se paieraient tout de suite tout en donnant une certain bénéfice- Si on ne pousse pas à la réalisation immédiate de projets aussi simples et aussi raison-i nables, c’est toujours pour l’éternelle raison: la ristourne insignifiante dont bénéfiecaient en l’occurence nos conseillers.En plus du traitement de $2,500, il y a, voyez-vous, les retours S de bâton.Le supplément dépasse ; largement le principal.Le phénomème est constant depuis un demi-siècle.Dans la pétaudière municipale, qui entre gueux sort souvent doré sur tranche.Le civisme y est une qualité disparue depuis si longtemps qu’on pille hardiment et sans vergogne.Jean-Robert BONNIER j-«- Esquisse d’une histoire du sport Nous remettons à la semaine prochaine la publication île la deuxième partie de cet intéressant article.— .N.de la R.-•- Un record à Jasper En moins de 48 heures trois joueurs de golf participant au cham! pionnat de Jasper Parc Lodge, pour la possession du Totem d’argent, ont l’ait chacun un trou en un seul coup.Le premier compta au 12e trou, à une distance de 165 verges; le I deuxième au 15e trou, à 130 verges; Jet le troisième au 7e trou, soit à 175 j verges.Ces exploits semblent consti-! tuer un record de tous les temps.ne* :>gri
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