La renaissance, 5 octobre 1935, samedi 5 octobre 1935
Première année — I\o 16 10 SOUS Montréal, samedi 5 octobre 1933 Lfl REMttimU HEBDOMADAIRE POLITIQUE ET LITTERAIRE Directeur: OLIVAR ASSELIN M.BENNETT ET L’ÉTHIOPIE par OLIVAR ASSELIN On trouvera clans une autre partie de la Renaissance lu reproduction d’un résumé, paru dans le Ligako du 5 septembre, du mémoire présenté par l’Italie au Conseil de la Société des Nations.lout n’a pas la même importance dans ce mémoire.Le lecteur, s il le; désire, n’en pourra retenir que les aetes de violence dont des agents i (insulaires de 1 Italie furent l’objet à diverses éprises et qui visaient évidemment au vol de leur correspondance, tout comme si les auteurs de ces sévices avaient été de simples agents de l’Intelligence Service britannique.Il y en a assez, cependant, pour montrer que les émissaires du Canada à Genève auraient toute raison de 11e pas suivre les instructions que semble leur avoir données M.Bennett de marcher dans cette affaire avec la délégation anglaise.M.Woods, M.Montpetit et la charmante Miss Winnifred Kvdd auront-ils assez d’indépendance pour apprécier les faits à leur manière, comme envoyés d’un gouvernement souverain ?Ce qui s’est passé aux séances antérieures de l’assemblée cl du Conseil de la S.D.N.nous justifie malheureusement d’en douter.Prenons note seulement que notre pays, qui n’en peut plus pécuniairement et qui dépense $300,000 par année pour aller voir ce qui se passe à Genève, aurait bien des raisons de vouloir connaître le fond de cette histoire d’Ethiopie.Que l’Angleterre en effet s’engage seule dans la voie des sanctions ou qu’elle y entraîne derrière elle les pays auxquels elle aura forcé la main par ses chantages, M.Bennett trouvera bien quelque raison de pousser le Canada à la suivre, et cela nonobstant sa parole de ne pas risquer dans cette aventure la vie d’un seul soldat canadien.M.Woods, Miss Winnifred Kydd, trouveront cette question de l’Ethiopie bien peu sérieuse quand le conseil de la S.D.N.peut faire de si bonne besogne en guerroyant contre la traite des blanches sur les marchés sud-américains.M.Montpetit y verra peut-être plus clair, mais un « Frenchman » du Canada, c’est-à-dire un Canadien de seconde zone, u’osera probablement pas élever la voix contn des hommes comme sir Samuel Hoare, et le mémoire analysé dans le Figaro subira certainement dans la presse anglaise de notre pays le sort de toutes les pièces qui ee produisent à la S.D.N.et qui 11e sont pas favorables à l’Ammpâûre.• Le truquage des chiffres M.Bennett en est encore à sa prétention que le Canada a conservé son rang dans le commerce international.M.Bennett continue de calculer en dollars, comme avant 1930.Mais le dollar ayant baissé de 35 à 40%, tout le calcul serait à refaire : seuls peuvent avoir conservé leur place les pays qui mesurent la valeur de leurs importations et de leurs exportations avec le même étalon monétaire : pour les autres, toute comparaison ne peut reposer que sur un truquage.Et c’est pour la même raison qu’on ne saurait accorder la moindre importance aux éloges que la Renaissance canarlienne (pas la nôtre) fait de -M.Bennett pour avoir conservé au Canada une monnaie saine ».La « monnaie saine » que nous avons aujourd’hui, c’est une « monnaie » qui ne compte plus que pour soixante pour cent de sa valeur nominale dans les pays à monnaie d’or et *335Xu L’émigration britannique au Canada A la suite d’un congrès qui vient de se tenir en cette ville, le maire de Newcastle-on-Tyne, M.Dalgelish, a été chargé de soumettre au cabinet britannique l’idée d’un « Office de placements et d’émigration dans l’Empire », qui serait subventionné à même les économies à réaliser sur lé*«-allocations de chômage grâce à la nouvelle politique.La dépêche qui nous apprend cela ajoute que « des copies du plan seront ensuite communiquées aux premiers ministres des Dominions, aux hauts-commissaires et agents généraux, avec une lettre du lord-maire de Newcastle réclamant leur collaboration à un effort tenté pour réaliser « la plus grande entreprise encore tentée pour repeupler l’empire avec des familles et des groupes venant du Royaume-Uni.» Il semble donc que ce soient des chômeurs, que l’on se propose d’envoyer au Canada.Comme nous en avons nous-mêmes quelques-uns à placer, il faudra voir si le placement se fait à notre désavantage.La presse conservatrice a insisté sur le fait que M.King avait importé plus de Britanniques que M.Bennett.La belle foutaise ! La loi constante de l’immigration britannique au Canada, depuis quarante ans, c’est qu’elle est active en temps de prospérité et inactive en temps de crise économique.La loi qui devrait prévaloir, c’est que notre pays peut parfaitement se suffire à lui-même, et que, quelle que soit la situation économique, tout émigrant britannique qui vient au Canada est de trop.• Une opinion impartiale Robert-L.Cru est le correspondant du Temps à Londres.C’est, croyons-nous, un protestant, comme presque tous les collaborateurs du Temps.Mais cela 11e l’empêche pas de prendre des choses de l’empire britannique une vue très haute et très impartiale.C’est la raison pourquoi nous avions fait des arrangements avec lui pour utiliser, sous le pseudonyme de Montmeyran, le double d’une correspondance qu’il assurait à un journal hebdomadaire de Brest.Ce service coûtant quatre livres (en chiffres ronds, $25) par mois, nous nous sommes résignés à l’abandonner quand un de nos confrères, qui évidemment se servait « à l’œil » a l’aide des ciseaux et du pot de colle, commença a reproduire ses lettres du Temps.Mis au courant de notre situation, il a très gentiment convenu de la légitimité de notre attitude, et depuis ce temps nous ne publions d’articles ni de Montmeyran ni de Robert-L.Cru.Dans un de ses derniers articles du Temps, qui portait sur les élections canadiennes, M.Cru disait : Le parti libéral canadien, non sans quelque raison, s’attend à un succès éclatant aux élections d’octobre.Non seulement il peut faire valoir les échecs relatifs, mais multiples, de la politique dite d’Ottawa, mais encore il lui est permis de se réclamer, et il ne s’en fait pas faute, de la thèse soutenue par M.Baldwin lui-même à la conférence d’Ottawa en 1932, à savoir, qu’il vaut mieux développer les relations interimpériales en abaissant les tarifs qu’en les élevant; en d’autres termes, que, tout en conservant la préférence impériale, le salut économique du monde est dans une réduction, et non dans une augmentation des entraves au commerce international.Dans un des premiers discours de sa campagne, M.Mackenzie King a pu dire que, si, il y a trois ans, on avait suivi l’avis de M.Baldwin, la crise mondiale serait peut-être maintenant un souvenir.Il a ajouté que, s’il arrive au pouvoir, lui et ses collègues libéraux se mettront en rapport avec le premier ministre britannique pour élaborer une politique dans ce sens ; en même temps, le libéralisme canadien instituera un programme de travaux publics pour les sans-travail, et créera une assurance-cliô- | muge dans le Dominion; en outre, en établissant une banque centrale, il combattra avec énergie le désordre financier et monétaire.On considère en Angleterre que, si les libéraux canadiens l’emportent, un tel programme pourru donner le signal d’une orientation nouvelle non seulement dans l’empire, mais dans le monde, contre le nationalisme protectionniste qui a créé en partie et qui perpétue lu crise actuelle de l’économie internationale.On observera que ces vues sont, à peu (le chose Ijrès, celles que nous exprimions dans un dernier .niéro de la Renaissance au sujet de la liberté du commerce canadien par opposition au prétendu régime de préférence inauguré par M.Bennett.Les libéraux canadiens semblent éviter [tour la plupart toute allusion au résultat du commerce interbritannique inauguré en 1932.Il 11e faut pourtant pas grande imagination pour comprendre que si on élève suffisamment les barrières douanières tout autour de l’Empire le commerce doit forcément être d’autant plus actif au dedans qu’il l’est moins au dehors.C’est ce que nous avons dit et il n’y avait rien dans cette manière de voir qui ne fût raisonnable ; qui ne fût non plus compatible avec la déclaration faite par M.King lui-même en 1932 au Reform Club de Montréal après la conférence d’Ottawa : à savoir que, s’il revenait au pouvoir, son premier souci serait d’annuler ces soi-disant arrangements de préférence pour rendre au commerce canadien toute sa liberté.La pension de vieillesse Dans un discours prononcé à Saint-Grégoire de Montmorency en faveur de M.Wilfrid Lacroix, M.Taschereau a déclaré qu’il l’établirait si M.King était porté au pouvoir, et même si le gouvernement fédéral n’exécutait pas la promesse de M.Bennett de la payer intégralement.Notons cette promesse, car M.Taschereau est connu pour tenir les siennes.Et souhaitons en même temps que M.King assume toute la charge de la pension, pour .empêcher (pie M.Taschereau 11e fasse une différence entre un premier-ministre libéral et un « premier » conservateur, quant il s’agit de faire rendre à Ottawa une partie des millions qu’il arrache à la Province de Québec pour la donner à ses favoris des autres provinces.M.Stevens et les chemins de fer M.Stevens veut le maintien du réseau de l’Etat.Il disait l’autre jour à Smiths Falls (Ontario), en parlant de nos chemins de fer : « Ils ont surtout besoin d’un trafic plus intense, et nous ne pourrons leur donner ce trafic qu’en assurant des prix équitables aux cultivateurs, des salaires raisonnables aux salariés, et du travail aux chômeurs, afin d’accroître le pouvoir d’achat du public.» Un peu de commerce avec l’étranger ne nuirait pas non plus.Mais, durant les quatre années qu’il a fait partie du cabinet, M.Stevens s’est imaginé, avec son chef M.Bennett, que moins nous ferions commerce avec l’étranger plus notre pays serait prospère et plus nos chemins de fer pourraient vivre par eux-mêmes.La semaine prochaine La Renaissance paraîtra sur 14 pages et commencera la publication d’un grand reportage inédit sur le « camp de chômeurs » de Valcartier.SOMMAIRE En page deux : Liiez nous et ailleurs Oi.ivak Asselin En page trois : Les yeux vers l’est André Bowman En page quatre : Nous qui voulons toujours raison garder Jules Bazin En page cinq : Mozart ¦ Annette LaSai.le-Leduc En page six : La grève des flots HÉLÈNE Rollin En page sept : Pour avoir de beaux bras Michel Akiiaud En page huit : Lu montée de l’astre noir Jean-Robert Bonnier Esquisse d’une histoire du sport Marcel Bercer En page neuf : Tovariteh Louis Pelland Technique du cinéma Léonide Mocuy En page dix : lin roman d’amour chez les Habsbourg Gustave Szamosi Une monnaie d’or sans or A.L.Jeune En page onze : Les travaux d’Hereulanum Charles Carry A travers l’Exposition de Bruxelles Hélène Roulans En page douze : Tous contre Bennett ! Georges Lanclois Le parrain éconduit Jean-Marie Fortier Un chevalier moderne, le marquis d’Andigné Philippe Bektaui.t En page treize : Une faillite de la S.D.N.Jean-Marie Nadeau Chronique financière Aucun Nos instincts L’iode En page quatorze : Dr G.A.Séguin Léon Lortie Encore une semaine avant la fin de notre concours Qui gagnera aux élections fédérales?Les réponses qui continuent à affluer nous portent à croire que les libéraux l’emporteront tant au Canada que dans la province de Québec.• 11 reste une semaine complète avant la fin (le notre concours et il est encore temps d’envoyer vos coupons-réponses.Nous répétons que vous avez droit à autant de réponses que vous voulez.Remarquez que celui qui envoie son coupon au cours de la dernière semaine a autant de chances que celui qui l a fait dès le début du concours.Des lettres et réponses de toute sorte continuent de nous arriver de tous les coins de la province et nous constatons que les pronostics sont indiscutablement favorables aux libéraux.Certaines gens accompagnent leur coupon d’une lettre où ils donnent plus amples détails sur le résultat probable du vote du 14 octobre.Inutile de dire que nous ne pouvons pas tenir compte de tous ces détails dans notre compilation.Les concurrents n’ont en effet qu’à indiquer (par 4 croix) quel parti, à leur avis, sera élu au Canada, dans Québec et dans leur comté respectif, et combien de sièges le vainqueur (au Canada) remportera dans Québec.D’après les réponses reçues jusqu’ici, comme nous le disions plus haut, nos lecteurs (et pas nécessairement nous) sont d’avis que les libéraux auront une victoire complète.De fait, non seulement 50% des réponses accordent aux libéraux au delà de 50 sièges dans la province (quoique cela nous paraisse un peu exagéré), mais des partisans nous écrivent avec de l’encre rouge.Disons tout de même que l’encre bleue est encore plus à la mode.D’ailleurs, le 14 octobre, on saura une fois pour toutes qui a raison.D’ici cette date, chacun a encore le temps de concourir.Les prix sont intéressants.Pourquoi ne seriez-vous pas un des gagnants ?Les réponses déjà reçues donnent les résultats suivants : Au Dans Dans Partis Canada Québec les comtés Libéral 35% 93% 83% Conservateur 10%, 5% 14% de la Restauration 5% 2% 3% r> w ufAtiifimi Chez nous et ailleurs / M.Francoeur se déboutonne M.Louis Francœur.candidat île la Restauration dans Sainl-.laeques, disait samedi dans son diseonrs-|iro^ranune : « Je ne sais mentir ni en _ c ni en privé, je vous dis eeei : Puisque la stérilité impuissante des Meus a lancé contre moi l'infâme rumeur que je pourrais me retirer de cette lutte pour une considération, je nous jure sur la tête de vos enfants et du mien que même la certitude de perdre mon dépôt, que même une pneumonie double compliquée «le pleurésie.que même la mort d une des personnes «pii me sont le plus chères au monde, m* me feront pas retirer.?o viendrai vous voir jusqu'au 14 octobre, dussé-je venir en brancard.« Et s'il vient devant vous quel que bleu que ce soit qui vous tienne ees propos, vous lui direz en pleine figure : « \ ous avez menti ! Francœur peut se tromper, Eraneumr peut avoir une foi trop ancrée dans un certain idéal eanadien-franeais, mais Francœur n'a pas de prix.Et je tiens à rendre justice à mes adversaires libéraux.Ils ont eu le bon sens et la dignité de 11e pas croire à cette niaiserie méchante que seules les cervelles desséeliées de tories, stupides et bornées, ont pu éjaculer.» Morbleu ! que voici «le grandes phrases, et solennelles, pour dire que M.Francœur n'est pas à vendre et qu'il ira jusqu’au bout.Quant à la prétention de M.Francœur «pi'il représente dans la lutte actuelle les aspirations du peuple cnnadieu-français et que c'est M.Stevens qui mérite sa confiance, elle est trop folichonne pour mériter une discussion sérieuse.M.Francœur aurait, paraît-il, écrit il y a deux mois à M.Bennett «pie les a n a d i e n s - Français n'avaient pas dans l'administration la place à laquelle i's avaient droit.Et le Premier-Ministre lui aurait répondu : « / i/o not think your letter deserves a reply.» On peut ajouter foi à cette réponse de M.Bennett.M.Francœur accompagna M.Bennett dans son premier voyage à Paris, et à ce moment il n'avait pas assez de louanges pour le Premier-Ministre : mais M.Bennett a pu changer depuis, tout en restant le même.-—- Ol.A.façon non moins instructive.M.Gibbon montre que la recherche j du fameux passage de l’Ouest n'a pas peu contribué à la création du premier chemin de fer qui a relie It's deux océans.M.Gibbon, à l'emploi de la compagnie depuis longtemps, et littérateur de mérite, était plus que tout autre eu état de faire de cette histoire du Canadien-Pacifique, ou du C.P.R., coin-me on dit, un des chapitres les plus vivants «le l'histoire du Canada.Il a atteint son but.• M.Stevens et la promotion des fonctionnaires Dans un discours radiophonique prononcé à Ottawa ces jours derniers pour la consommation locale, M.Stevens déclarait qu’à son arrivée au pouvoir il verrait à ce que chacun, dans l'administration, fût promu selon son mérite.Un journaliste qui a vraiment le nez fourré partout révèle à ce sujet que M.Stevens, quand il était ministre, a eu successivement deux secrétaires particuliers, et qu'il les a casés l'un et l'autre dans l'administration, en passant par dessus la tête «le fonctionnaires qui auraient dû être promus.Ce sont îles abus qui se produisent, dans nos administrations.Mais «pic M.Stevens, le partisan île la seule promotion au mérite, s’en soit rendu coupable, voilà qui désappointera M.Francœur dans Saint-Jacques et M.Calder dans Chambly-\ erchères, sans parler de M.Louis Durand dans les Trois-Rivières.• < Si nous perdions le marché britannique ».M.Dunning demandait en 1930 : « Tous les principaux marchés d’Europe nous sont maintenant fermés connue résultats des tarifs prohibitifs d’après-guerre.« Un seul reste, le marché hri-tanniipie.Si nous perdons ce marché, nous n'en trouverons pas un autre.Si nous le perdons, les cultivateurs de la Saskatchewan seront ruinés.» C’est M.Bennett qui nous a conservé le marché britannique, dit rilXUSTK.YTION.Mais l’Angleterre n’a pas voulu nous le laisser : quand le prix du blé argentin est tombé assez bas, elle l’a acheté sans se soucier des avantages que M.Bennett avait entendu nous ménager.— Ol.A.«Steel of Empire » « Rail d’Empire », comme on pourrait «lire en français, est un ouvrage «le près «le 500 pages, relié toile et enrichi de plus de 150 illustrations et cartes en noir et en couleurs, qui v ient de paraître simultanément chez McClelland & Stewart, à Toronto, et chez Bobbs-Merrill, à New-York, sous la signature de M.J .-Murray Gibbon, directeur de la publicité au Canadien-Pacifique.Dans ce livre, remarquablement documenté, l'auteur fait l'histoire non seulement de ce réseau ferre depuis ses pénibles débuts jusqu a nos jours, mais encore des divers moyens de transport en usage au Canada depuis les temps les plus reculés.L époque de la traite des fourrures sous le régime français y fait le sujet d’un chapitre très intéressant, tandis «pie la période des grandes explorations de l'Ouest y est décrite par le détail, d’une IrlRflfimilVlf hebdomadaire politique et littéraire 180 est.rue Sainte-Catherine, Montréal Cane postale 4018 Tél.: PL 8511 Directeur : OLIVAR ASSEI.IN L’abonnement est payable d’avance par mandat-poste ou chèque affranchi payable au pair à Montréal.Publié par les Editions de LA RENAISSANCE (limitée) Montréal et imprimé par la Cie de Publication la PATRIE, Montréal Administrateur : Pierre ASSELIN Directeur de la Publicité : F.-X.Lizotte Les prix littéraires Le prix de prose française est attribué en entier (S1700) à M.Claude-Henri Grignon pour son roman, Lin homme et son péché, et le prix de vers français à une demoiselle Jolicœur, de Québec, pour des vers inédits qui doivent n’être pas sans mérite, puisque, comme l’autre, ce prix n’est pas partagé.Inutile de dire que le succès de Grignon, qui fut un des collaborateurs les plus vivants de I’Ordhe, ne nous est pas insensible, et que nous espérons bien que ces S1700 aideront à Valdombre, présentement publiciste au ministère de la Colonisation, à se fixer dans son pays du Nord pour y écrire l’histoire du curé Labelle et un roman social de ces populations que connurent et pratiquèrent les Labelle et les docteurs Grignon.Divers journaux ont rattaché Grignon à Québec pour que, avec Mademoiselle Jolicœur, ci-devant du couvent de Sillery (oh ! ces vers de couvent), cela fît deux.En réalité ce « Vieux Chêne » est de Sainte-Adèle, où il a toujours vécu jusqu’à son départ pour Québec.Lui qui n’a rien d’un « Lauren-tien », nous lui souhaitons de retourner bientôt dans son pays, pour continuer d’y produire des œuvres fortes, comme il les aime.Olivar ASSELIN ABONNEMENT : A 1 an 6 mois Espagne ' Royaume-Uni France Etats-Unis Canada .$3.60 2.00 M.Georges Langlois Nos lecteurs apprendront sans doute avec plaisir «pie l’Institut Royal du Ca- Autres pays }¦ î4 2.25 nada vient d’attribuer une bourse de recherches à notre collaborateur M.Georges Langlois.M.Langlois fera porter ses travaux de recherche démographique spécialement sur la question des origines de la population canadienne.Notre collaborateur aura l’avantage d’effectuer toutes les recherches requises à l’Institut de Statistique de France et en Angleterre.Nous applaudissons à la distinction dont M.Langlois vient d’être l’objet et que ses travaux antérieurs lui ont am plenient méritée.Le conflit Halo-éthiopien Le mémorandum italien déposé à la S.D.N.Le gouvernement de Rome conclut que l’Ethiopie ne s’est pas montrée digne de la confiance qui Lavait fait admettre à Genève Voici un resume sommaire officiel iln mémorandum i/m a été déposé, par le gouvernement italien, il la Société ries Mations : I.— EXPOSITION DES RAPPORTS ENTRE L’ITALIE ET L’ETHIOPIE Les rapports entre les deux pays ont commencé au milieu du siècle dernier.Leur consécration officielle est le truité du 2 mai 11189.L'article 17 de ce traité fixait nettement la prépondérance de l'Italie en Ethiopie.• L’article fut notifié aux puissances.Aussitôt après la signature de ce traité, l'Ethiopie commence une série d'actes hostiles à l'Italie, actes «pii, s’aggravant sans cesse, portent au conflit île 1895-1896.Malgré cette expérience, le gouvernement italien reprend une politi«iue «le collaboration nécessaire aux colonies italiennes de l'Erythrée et de la Somalie.Le gouvernement italien conclut une série de traités et de conventions.l.a preuve des bonnes intentions «le l'Italie se trouve dans le fait que les premières armes et munitions qui parviennent en Ethiopie sont fournies par l'Italie, notamment 4.000 fusils, 1.000 mousquetons, 1.000-000 de cartouches, 24 mitrailleuses avec 1.000.000 de cartouches.le tout pour un total de 1 million 900.000 lires dont le Négus doit encore à l’Italie 816.000 lires.Les violations de traités italo-éthiopiens Quatre ordres de faits caractérisent ees dernières «piaraute années «le rapports entre les deux pays : 1° Refus éthiopien de délimiter la frontière avec les colonies italiennes et occupation illégale de territoire italien par les troupes éthiopiennes; 2° Injures quotidiennes à l'immunité diploiualiipie «lu représentant italien; .’1° Offenses permanentes à la vie ’et aux biens des sujets italiens en Ethiopie, auxquels fut interdite toute initiative de caractère économique : 4° Offenses à la vie et aux biens italien.- sur des territoires italiens.Les frontières Le gouvernement italien, montrant -a bonne volonté, a voulu à tout prix délimiter ses frontières.Le gouvernement éthiopien lui a toujours opposé une politique dilatoire et même de refus.Le mémorandum cite ensuite «les exemples où l’Ethiopie a voulu considérer des tribus comme lui appartenant, alors que les traités les attribuaient à l’Italie, par exemple la tribu de Cuuama.11 cite également le cas de la frontière entre l’Erythrée et le Tigre, envisagée par le traité de 1900.Le traité d’amitié italo-éthiopien de 1928 La plus grande preuve d'amitié italienne a été donnée par la signature du traité d’amitié de 1928 qui a une durée de vingt ans, durée exceptionnelle.11 confirme les intentions pacifhpies italiennes.La clause principale de ce traité qui, entre autres, assure un débouché à la mer à l’Ethiopie, contient, pour les «leux pays, l’obligation « d’amplifier et de faire prospérer le commerce entre les deux pays ».L’obstruction éthiopienne à ce sujet a été constante.Parmi tous les conseillers éthiopiens engagés par l’Ethiopie, un sold était italien.Le traité d’amitié de 1928, qui devait faire de l’Italie la nation la plus favorisée économiquement, en a fait, au contraire, la moins favorisée.Le traité KIobukowski pour la garantie des étrangers Une autre violation éthiopienne est celle du traité KIobukowski.Ce traité règle les droits des citoyens ou sujets des Etats européens en Ethiopie.Toute violation de ce traité constitue donc, en ce qui concerne l’Italie, un manquement au pacte d’amitié.Or, les Ethiopiens ont interdit aux étrangers et aux Italiens de posséder des terres, de s’étaldir sur le sol éthiopien avec des contrats à longue échéance.Rien que le traité KIobukowski accorde aux étrangers la pleine liberté, à plusieurs reprises des étrangers se sont vu interdire la libre circulation.Exemples : le consul britannique de Mega et celui britannique de Dan-cala n’ont pas pu, en 1933, effectuer les voyages qu’ils voulaient faire.Le traité garantit également la liberté de commerce, qui ne doit pas être entravée par l’institution de monopoles.En fait, l’Ethiopie a accordé le monopole de l’alcool à une société belge en 1922; en 1930, le monopole ilu sel à une société française.Une protestation du eorps diplomatique, faite en septembre 1930, n'a donné aucun résultat.Les menaces et les agressions éthiopiennes L’Ethiopie a violé à plusieurs reprises les territoires italiens, surtout dans les moments les plus délieats de la politique italienne.Elle s’est préparée en vue d'une agression pendant lu guerre de Libye.En mars-avril 1914, 50.000 hommes s’avancent jusqu'à lu frontière de l'Erythrée dégarnie «le troupes italiennes.A la veille «le l’entrée de l’Italie dans la guerre européenne, le Négus Miruel réunit 150.000 hommes contre l’Italie, «pii doit envoyer des troupes en Erythrée et ne peut prendre part aux opérations que les puissances alliées font en Afrique et en Asie.En 1916, Ligg Jusu est responsable de l’incident sanglant de Bulo-Burti.En 1925-1926, l’Ethiopie fournit des armes et des munitions aux rebelles de Somalie.Les agressions contre les représentants diplomatiques et consulaires Le mémorandum donne une liste «le 2ô cas d'agression accomplis en sept ans, depuis mai 1928, après la signature du traité d’amitié italo-abyssin, jusqu’en août 1935.11 rappelle auparavant, une attaipie accomplie en 1916 à la légation d'Italie à Addis-Aheha, où «les Ethiopien- armés tirèrent contre les fenêtres «lu salon de la légation.Parmi les épisodes les plus saillants de cette série d'agres-ions figure l’agression des courrier- postaux «le l’agence consulaire italienne d’Adoua, «pii furent assaillis et dépouillés «le tout leur courrier (20 mai 19281.Les coupables ne furent jamais retrouvés; une invasion avec vol d’armes et de documents du consulat de Gomlar (25 mai 1928) et aucune intervention répressive «le la part d««s autorités locales; l’arrestation à Loratas, maintenue pendant 5 jours, du conseiller de lu légation italienne à Addis-Aheha, M.Porta, au cours d’un voyage pour le compte de la légation (janvier 1929) ; l’arrestation et l’agression à Buia (4 décembre 1929) des courriers italiens se rendant à Alloua; l’atta«pie d’Abyssins armés contre les Ascaris de lu garnison du consulat de Gomlar (26 janvier 1930) ; l’invasion armée de l’ha-hitalion du consul de Harrur par des Abyssins armés (13 mai 1930) ; l’invasion du consulat de Dessie où fut blessé un sujet italien (novembre 1931); l’assassinat du courrier du consulat «le Gomlar, à qui on voulait voler le sac postal (27 décembre 1932) ; agressions répétées contre les caravanes et les courriers du consulat de Gomlar (juin-juillet 1932); arrestation d’un Ascari en uniforme et du conseiller pour les affaires indigènes, le sujet italien Jasim Jussuf, du consulat de Harrar (mars 1933) ; saisie du matériel porté pur une caravane de la suite du chancelier Po-lizzotto, du consulat de Gomlar, près du Setit (mars 1933); l’arrestation de trois courriers du consulat de Alloua (10 décembre 1933) ; l’arrestation dans le Tacarre d’un sujet italien de la caravane du consulat de Gomlar qui fut blessé (21 mars 1934); fusillade et attaque du consulat de Gondar le 4 novembre 1934; les coupables sont bientôt relâchés et l’Italie n’obtient pas satisfaction; attaques diverses des inspecteurs et des courriers ! arrestation du consul (1e Alloua en juin dernier.Actes de violence contre la vie, les biens et les intérêts italiens Les sujets italiens en Ethiopie n’ont pas eu la sécurité qui était pourtant l’avantage minimum que devaient leur assurer les traités.Le mémorandum cite quinze cas de violences caractérisées.En particulier en novembre 1924, un groupe de notables érythréens sont assaillis à Biara, en Abyssinie; une caravane de 700 chameaux est attatpiée en mai 1929; un sujet italien, Alfredo Peluso, est assassiné en 1932; de nombreuses razzias ont lieu, etc.L’anarchie et les querelles intérieures en Ethiopie et les dommages qu’elles causent aux colonies italiennes L’Ethiopie est dans de telles conditions de désordre intérieur et a une structure politique, économique et culturelle si arriérée qu’elle ne peut faire à elle seule les profonds remaniements qui pourraient la mettre en état de ne plus constituer un danger permanent pour les colonies italiennes.Dans les conditions actuelles, l’Etat éthiopien ne donne aucune garantie pour le maintien «le- engagements pris et n’u aucune possibilité «le développer normalement l’activité éconnmupic «les colonies italiennes.Les guerres intérieures éthiopiennes rendent le marché éthiopien peu sur.L'histoire des dernières dix années «h-l’Ethiopie est caractérisée pur une succession continuelle de luttes intestines «pii constituent une menace pour les intérêts italiens, anglais et français.IL — L’ETHIOPIE ET LA SOCIETE DES NATIONS Le rapport rappelle que l’Ethiopie ne fut admise à lu Société des Nations en 1923 qu’uprès avoir pris «les engagements particuliers à l’égard du traité de Suint-Germuin-en-Layc de 1919.Faisant, d’autre part, l’objet du protocole anglo-italien de 1891 et 1894 et du traité tripartite anglo-fruuco-itulien, l’Ethiopie est dans une situation juridique mineure.La Société «les Nations a le devoir de se demander comment, depuis douze uns, l’Ethiopie a répondu t'i la confiance qui lui était fuite, comment elle a rempli les engagements qu’elle avait pris.La structure politique de l’Ethiopie et le Covenant L’article premier «lu Covenant pose comme condition, pour être membre de la Société d«;s Nations, le fait que le gouvernement doit être capable d’exercer effectivement son autorité sur toute l’étendue du territoire.Or, l’Ethiopie se compose de deux régions : l’Etat éthiopien proprement dit a des frontières connues, mais, hors de ees frontières, se trouvent lu région du Harrar, le royaume de Taffa, le royaume de Uualama, le sultanat de Djimmu, véritables colonies de l’Ethiopie et différant de celle-ci par la religion, la langue, la structure politi, ce t|iii n'est pas du tout la meme chose que le linjtc.(hiiiupcs île mousseline, jahots, grands revers, petits cols, satisfont le fsoùl inné de la femme pour les blancheurs transparentes ou empesées.Mais tout ce qui touche au corps, à l'intimité des sous-vêtements, est harmonieusement coloré pour faire valoir le ton naturel de la peau, (l’est un assortiment délicat qui réclame île chacune de nous un coup d’ieil d’artiste, (ou de très bons conseils île I ingère.» spécialisées ).Le rose convient particulièrement bien pour le linge courant : outre qu’il est seyant à presque tous les épidermes, il est aussi lu nuance solide entre toutes qui.même dans les tonalités les plus fines, résiste le mieux au lavage et à l'usage.Le rose frais — feuille de rose — est le plus en vogue actuellement: remarquons toutefois qu'il est plus difficile à porter que le rose chair ou le rose-thé.Les femmes qui ne sont plus très jeunes porteront avec avantage un rose un pou saumoné, plutôt pâle que soutenu.Les blondes fraîches, dont la peau rougit facilement et dont les bras, le cou.les jambes ont une légère tendance à devenir « grenus » et plus colorés que le reste du buste, devront se méfier des roses trop tendres dont la finesse fera tort à leur décolleté.Elles auront souvent raison de choisir du linge bleu-lingerie, bleu-argent, grisperle.l’as de vert! le vert, même le plus doux, exulte les tonalités rouges ou roses de l’épiderme.Le rose franc est la parure rêvée des peaux île brunes, très halées, patinées ou ivoirines.Un épiderme de couleur safran ou terre-cuite n’a rien à craindre (et tout a gagner I du voisinage d’un crêpe de Chine rose, si frais ou si vif qu’il soit.Les peaux très mates, très lisses, très fines, peuvent seules se permettre le linge vert d’eau ou vert-hsinthe (couleur « risquée * entre toutes, qui tombe si vite dans le vulgaire.).Le linge mauve-pâle, hlcu-mauvc, lancé par Olga llitrovo depuis deux ans déjà, merveille de finesse et d’élégance, à peine teinté, plus pareil à un reflet qu'à une couleur — convient plutôt pour le soir et les élégances du déshabillé.Nous n’en conseillons pas l'usage habituel, qui serait décevant, mais nous eu signalons la rare beauté, t'orlé par une rousse à chair blanche, ce linge nacré est une trouvaille d’artiste.Le linge assorti à la robe tente une offensive amusante, qui correspond à une certaine utilité, pour les sports notamment.Sous la robe de montagne, en lin beige ou en tricot havane, nous apprécions à sa valeur la combinaison ou la culotte de jersey pareil.Pour le bateau également nous aimons des sous-vêtements bleu matelot ou bleu-marine.Le maillot de lutin a donné le ton à cette mode confortable, d’un évident intérêt pratique.C’est aussi 1a seule occasion qui permette à une femme élégante de porter des sous-vêtements blancs.Pour le tennis et le yachting, reparaissent les chemises-combinaison, les culottes fermées en allièue blanche : mais on les change après le sport.Elles ne sont pas du linge, mais un équipement : la nuance est forte.Quant au linge noir, très chie, très commode avec les robes du soir noires, il est déplacé en toute autre occasion.Florence ARVALE 'l>ll JoL’KNAI.I)K I.A FEMME) Que nos lecteurs nous fussent des suggestions : elles seront toujours favorablement accueillies.Tissus et soieries d’automne UNE des caractéristiques des tissus que l’on portera cette saison, est leur aspect rugueux ; mais, malgré cette rugosité apparente, ils seront en général très souples et très moelleux.On verra beaucoup de boutonnés et des tissus à tissage très inégal.Les tweeds seront également très en vogue et obéissent aux mêmes règles ; ils seront d’épaisseurs diverses, selon qu’ils devront servir pour le manteau, le tailleur ou la robe.Les tissus à fond crêpe, tissé de poils fauves très brillants sont également d’un effet très nouveau.Les tons préférés seront le vert assez clair, la gamme des bruns chauds, les tons violine et rouille, le nouveau ton moutarde qui a également beaucoup d’adeptes ; comme toujours le noir sera très en faveur.Quant aux soieries employées pour les robes d’après-midi, elles suivent en partie les mêmes directives que les tissus avec dessins et bouclettes en relief.Elles sont en général très souples et très lourdes.Le satin lourd mat a beaucoup de succès et convient très bien aux robes drapées.Beaucoup de soies naturelles sont employées, mais les rayonnes présentent également de nombreux avantages.Les velours ont toujours beaucoup de succès et l’on en voit énormément dans les collections ; certains sont ciselés et produisent les dessins les plus divers.Pour le soir, l’on portera de lourds brochés, des velours mats et givrés, des mousselines, un peu de dentelles, des tulles, des chartreuses ; les paillettes et les lames restent toujours en vogue.Les coloris préférés sont les tons pastels.S.et G.(De Cassandre) Cette robe dont le genre est très en vogue cette saison d’automne se portera très bien durant l’hiver.Modèle Butteiuck Qtu0&et Ciù& SS* S:::SS ¦ V î ,! Nous vous invitons cordialement à suivre 1 exemple des nombreuses élégantes qui, depuis quelques jours, viennent voir notre nouvel assortiment de robes de velours et de crêpe, nos manteaux d’hiver faits de draps magnifiques et de tweeds de fantaisie garnis de renard, de loup, de raton, de blaireau, d’écureuil, de putois, de lynx, de caracul, de genette, etc.Nos prix sont exceptionnellement bas Pour jeunes filles, tailles allant de 13 à 19, de 14 à 20 et de 14j/2 à 20/i.Pour dames, tailles allant de 36 à 44, de 34J/2 à 40J/2 et de 42J/2 à 50/2- • Kahn Brothers, Limited 858 est, rue Sainte-Catherine (vis-à-vis de Dupuis Frères) La mention du journal La Renaissance vous vaudra un escompte de 10%.Vieilles coutumes matrimoniales Il existe encore, en 1935, en Provence, de pittoresques coutumes datant du Moyen Age.En voici une : la jeune fille à marier confectionne elle-même un délicieux gâteau que l’on nomme « fougasse ».Elle dispose ce gâteau avec un pot de vin aux environs de sa maison.Certaines vieilles maisons comportent d’ail-I leurs des niches ménagées à cet effet I dans les murs.Lorsque le prétendant découvre la fougasse il mange le gâteau et boit le vin.Il laisse alors dans la niche ou la cachette un châle ou un mouchoir de soie.Cela signifie « Voulez-vous ¦ m’épouser ?» La jeune fille donne la réponse, le dimanche suivant, en portant ostensiblement le châle ou le mouchoir en allant à la messe.Quelques semaines plus tard le mariage a leu.Si, pourtant, la jeune fille a préparé la fougasse en manière de plaisanterie elle répond « non » au soupirant en lui offrant une poignée d’avoine.Il est encore courant en Provence d’arrêter le cortège nuptial.A cet effet une corde garnie de fleurs est tendue en travers de la rue et le cortège ne peut passer que lorsque le mari a payé rançon aux bandits de Cupidon.D’autre part, si une jeune fille épouse un jeune homme d’un autre village, ses anciens amis barricadent la route jusqu’à ce que l’époux ait payé à boire à tous.Cette coutume, loin de déplaire à la jeune fille, la flatte d’autant plus que les assaillants « aimables » sont plus nombreux.Pendant la nuit de noces les amis viennent aussi donner aubade aux jeunes mariés.Parfois, c’est de la réelle musique mais le plus souvent un terrible charivari.Dans tous les cas, le marié doit payer les musiciens.Petit album Il y a des femmes qui traversent la vie comme ces souffles des printemps qui vivifient tout sur leur passage.* * * Une femme vertueuse a dans le cœur une fibre de plus ou de moins que les autres femmes : elle est stupide ou sublime.* * * La grâce n’appartient guère qu’aux natures délicates.* * * Les yeux et le cœur sont trop souvent la source du jugement des femmes.* * * La femme la mieux louée est celle dont on ne parle pas.La beauté féminine Ce tjtt’on en a dit Aristote regardait la beauté comme un don, le philosophe Bion comme un bien pour les autres, Socrate l’envisageait comme un tyrannie de peu de durée; Théophraste comme une tromperie muette, Théocrite comme un beau mal et Carnéade en parle comme d’une reine sans garde.Démade, dans Stobée, déplore le sort des personnes qui ne sont que belles.Plutarque raconte qu’un garçon ayant aperçu le bras de Théano, femme de Pythagore, pendant qu’elle s’habillait, s’écria: « Voilà un beau bras.» — Il n’est pas au public, répondit Théano.Romanciers et poètes se sont accordés, depuis l’origine des littératures, à faire de la beauté féminine le ressort de toutes leux-s intrigues et aussi la cause de tous les malheui-s, malheurs pour ceux qui sont enti-alnés par cette beauté et malheurs pour celle qui possède ce don fatal.Hélène de Sparte, Armide, Héx-o, Dona .Maria de Padilla, Dona Sol, Carmen, Manon Lescaut, etc., tx-aînent autour d’elles une atmosphère de mort, de deuil et de guerre.Thème éternel sur lequel les poètes, les dramatui-ges, les conteui-s et les philosophes ont bi-odé et broderont longtemps.La Beauté et la Moi-t, comme deux sœurs, sourient toujours aux dernières pages des grandes œuvres littéraires.Et, pourtant, la beauté est apparue à certains comme une excuse suprême.Dans un admirable poème sur la Tyndaride, M.Henx-i de Régnier nous montx-e Hélène de Sparte descendue aux enfex-s et entoux-ée pâlies ombres menaçantes de ceux qui périi-ent à cause d’elle : Sur Celle qui descend à l’infernal [séjour, Vont-ils venger au fond de la nuit Isouterx-aine Le cruel souvenir de leui-s terrestres ljoui-s ?Leur attente sans voix halète sans [haleine.Non; tous, debout, les bras tendus [vers la Beauté, Au lieu de la maudire, eux qui sont [morts pour elle, D’une bouche muette où nul cri n’est [resté, Acclament en silence Hélène toujoux-s [belle.On le voit, M.Heni-i de Régnier renouvelle en faveur de l’épouse de Ménélas, l’absolution déjà donnée par les vieillards d’Homère.E.G.La grève des flots Depuis des années il règne un peu partout une véritable épidémie.C'est la manie, à l’état latent.endémique, de se mettre en grèi'e.Cette maladie se propage de bas en haut et de façon inattendue dans les classes que l’on aurait cru immunisées contre ce mal vulgaire.et pour cause ! Oh! soyez tranquille, je ne ferai ni polémique, ni controverse: je ne veux que vous amuser un peu en vous disant l’histoire d une grève très originale, ma foi ! Cela se passait il y a longtemps.longtemps, et je n’ai pas connu les témoins, il se peut même qu’il n'y en ait pas.Il y a très longtemps une troupe de théâtre de troisième ordre donnait avec beaucoup de succès, dans une petite ville des Etats-Unis.une pièce à grand effet dans laquelle une tempête furieuse jouait un rôle important.Pour rendre l’effet des flots en courroux plus saisissant, le régisseur recruta en ville une quinzaine de grands gamins qu’il transforma en autant de vagues déréglées.A cette époque on employait des procédés très primitifs pour la mise en scène.Ainsi, dans cette pièce avant le lever du rideau, on échelonnait les figurants invisibles sur trois ou quatre rangs au fond de la scène et l'on étendait sur leur tête une immense toile vert bouteille qui représentait l’Océan Atlantique ! Ensuite, tandis que dans les coulisses un sinistre coup de tonnerre en tôle donnait le signal de la tempête, survenait un génie marin, gros homme en maillot, perruque rousse et ailes bleu tendre qui étendait majestueusement les bras et chantait : « Vagues, réveillez-vous ! Réveillez-vous ! » Et les jeunes « Flots » se mettaient à sauter, à bondir, à se heurter en désordre, lançant, à l’aide d’un soufflet, du plâtre par les trous de la toile, pour imiter l’écume des flots d'une mer déchaînée.C’était à s'y méprendre.pourvu qu’on n’y regardât pas de trop près.La pièce faisait fureur dans la ville, les recettes avaient triplé et le directeur enthousiasmé augmenta de moitié les appointements des acteurs.Il oublia pourtant les « Flots ».Or.comme on parlait surtout de la scène de la tempête et que c’était là le clou de la pièce, les «Flots» s’étaient imaginé qu’ils pouvaient s'attribuer les trois quarts et demi du succès.Avec cet espoir, l'ambition leur était venue naturellement.Leurs prétentions avaient grandi et.en présence de l’oubli offensant du directeur, ils avaient fini par se persuader qu'on voulait les exploiter.les tenir dans l'ombre parce qu’on était jaloux de leur triomphe.Ils étaient d'aussi bons acteurs que les autres! Telle était leur opinion.Après plusieurs conciliabules arrosés de beaucoup de bière, la Mer dépêcha deux « Flots » au directeur pour lui déclarer qu elle se mettrait en grève s'il n'augmentait pas le salaire de moitié.Devant de telles prétentions, le régisseur envoya la Mer et ses représentants.au diable! Furieuses d'un tel affront, les quinze vagues jurèrent de se venger.Le soir même, les vagues prirent place dans l'ordre habituel, hiles se laissèrent recouvrir de la fameuse toile vert bouteille comme des ondes qui ne rouleraient aucune pensée de révolte.Le rideau se leva, on entendit dans la coulisse gronder le tonnerre en tôle: deux livres de pois secs agités dans un grand crible imitèrent le bruit du vent et de la grêle, on produisit des éclairs fantastiques et d'une voix sépulcrale le Génie chanta : « Réveillez - vous ! Vagues.réveillez -vous ! » Mais la mer n'ondulait même pas : c était la Mer Morte dans un de ses calmes plats.Le vent des petits pois redoubla ses sifflements, la feuille de tôle s'agita avec frénésie, les éclairs se succédèrent sans arrêt, mais les vagues restèrent pétrifiées.Bouillonnant de rage, le régisseur s'élança dans les coulisses, souleva un coin de la toile verte et la voix rauque et étouffée, le poing menaçant : — « Que faites-vous donc, les vagues ?N’avez-vous pas entendu le signal, imbéciles ?— De Qu oi ?La mer se met en grève ! C'est-y des vagues de dix sous ou des vagues de vingt sous que vous voulez ?Les celles de dix sous grouillent pas.» Pendant ces pourparlers, la basse s'enrouait à crier : « Réveillez-vous », la grêle et le vent faiblissaient, la provision d'éclairs diminuait et le public impatient réclamait sa tempête.Il fallait céder.le directeur promit les vingt sous.De suite, les vagues se soulevèrent comme fouettées par un cyclone, elles roulèrent, s élancèrent.s’entrechoquèrent, écumè-rent.Ce fut la plus belle tempête de la saison ! Hélène BOLLIN Pour qu’un cadeau fasse vraiment plaisir, il faut qu’il réussisse à exprimer la délicate attention d’avoir été choisi personnellement, d’être un hommage discret ad/ bon goût de celle ou de celui qui le reçoit.Or, il suffit de visiter la galerie des cadeaux, chez Eaton, pour y trouver une sélection particulièrement heureuse de jolis objets d’art et de bibelots français, italiens, danois, suédois,- pour y découvrir d’adorables poupées Lenci dont le mutin minois se reflète dans l’argenterie finement ciselée d’un George Jensen ou dans le cristal et la verrerie d’un Lalique, pour voir, comme Edmond Rostand ." des siècles de finesse, des siècles de victoires sur la lourde matière totalisés.’’ Le charme exquis d*un objet rare____ Galerie des cadeaux, deuxième étaye ^T.EATON C DE MONTREAL 5 octobre 19.35 ///Hitmutt .E LA MODE Pour avoir de beaux bras Pourquoi ces bras décharnés chez les dames ?Parce qu’ils sont de moins en moins « cultivés ».Le progrès diminue chaque jour davantage 1 effort de l’individu.Les bras s’atrophient parce qu’ils ne servent plus à grand’chose.Les êtres primitifs parviennent beaucoup plus souvent que nous à leur développement intégral par la pratique instinctive des exercices naturels et utilitaires.La femme sauvage porte son enfant, nage, grimpe, déplace des objets lourds, bref emploie ses bras, que la nature lui a donnés dans ce but.Aussi est-il nécessaire que les femmes civilisées remplacent les exercices naturels qu’elles ne font plus par une série de mouvements de culture physique artificiels, mais d’un effet identique.C’est aussi pour éviter une musculature excessive que la femme doit choisir avec infiniment de prudence »es exercices quotidiens.Ceux qui conviennent aux hommes risqueraient de lui donner un résultat navrant, en ne développant que les biceps, ce .ui est inutile et inesthétique.11 faut que le bras soit un peu charnu au lieu d’etre gras.Il y a exactement onze muscles moteurs du bras qu'il s’agit d’entraîner harmonieusement à chacun desquels il faut donner son galbe normal.Ce qui est laid, c’est que l’un d’eux soit exagérément saillant, alors que les autres sont à demi atrophiés.Pour que le bras soit beau, rond et ferme, ce qu’il faut faire travailler c’est, plutôt que le biceps ou le triceps, toute cette végétation fibreuse que les anatomistes ont baptisée de noms barbares, qu’il s’agisse du grand palmaire, du rond prona-teur, du cubital postérieur ou du brachial antérieur.Dans ce but, voici quelques exercices, auxquels vous pourriez vous livrer chaque matin, en ayant soin de les faire davantage en souplesse qu’en force.Encore une fois, est-il nécessaire d’ajouter que tous ces mouvements doivent être intercalés entre ceux d’une séance complète, qu’il est indispensable à toute femme soucieuse de la vraie beauté d’exécuter chaque jour devant une fenêtre entr’ouverte ?Premier exercice.— Allonger verticalement les avant-bras comme si une résistance très forte s’y opposait.Puis revenir à la position première en mettant les mains à la nuque.Ne jamais hausser les épaules.(Exécuter dix fois de suite.) D euxième exercice.— Faire pivoter simultanément les épaules en commandant à un mouvement des avant-bras tel que soit toujours conservé un angle droit entre le bras et l’avant-bras.(Exécuter dix fois de suite.) Troisième exercice.—Lancer d’une main à l’autre un ballon de quatre livres environ en conservant, sans raideur, les bras tendus horizontalement.Accompagner ce mouvement d’un balancement de tout le corps et d’un fléchissement alternatif des jambes.(Exécuter dix fois.) Quatrième exercice.— En tenant ' ballon entre les deux mains et dans l’axe médiane du corps, l’élever verticalement au-dessus de la tête, puis le rabaisser jusqu’à ce que les bras soient tendus vers le sol.Il faut éviter de soulever les épaules et de bomber le ventre.(Exécuter dix fois de suite.) Cinquième exercice.— Le corps tendu horizontalement, fléchir les bras jusqu’à ce que le visage touche le sol et se redresser en ayant soin de rester absolument raidie.(N’exécuter que cinq fois, de manière à ne point trop développer les biceps.) Et voila ! Surtout, n’exagérez pas.N executez pas ces mouvements plus souvent qu’il ne faut.Si vous le pouvez, faites beaucoup de natation et, lorsque vous jouez au tennis, veillez, le lendemain, à faire davantage d’exercices du bras gauche que du droit.Et je vous donne deux mois au plus pour avoir les bras qu’il nous est permis d’imaginer à la Vénus de Milo ! Michel ARBAUD Tous droits réservés par /'au.Reproduction.même partielle, interdite.Qui a dit le premier ?— L'amitié d’un grand Iwnime est un bienfait des dieux.Voltaire, dans Œdipe (Acte 1, scène 1), l’hiloctète parle de l'amitié (l'Hercule.— Il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l’obtint.Bcaiimarrlinis, duns Le Mariage de Figaro (Acte .r>, scène 3) met ces puroles dans la Itouclie île Figuro.— Chacun est artisan de sa propre fortune.Mutluirin Régnier (Satire XIII).—¦ Sévère mais juste.Nadur dans la Revue Comique à l’usage des gens sérieux.Il s’agit du pion de la pension Pet-de-Loup, lequel était « sévère mais juste ».— Quand on prend du galon, on n’en saurait trop prendre.Ces mots sont une parodie de la tragédie lyrique de Roland par Quinault, où il était dit : « Quand on prend de l’amour, on n’en saurait trop prendre ».Licence de mariage Les Françaises n’ont pas le droit de voter, mais elles en ont pas mal d’autres qui valent bien le morceau de papier assez décevant qu’on met périodiquement dans une boîte symbolique.On a appris en effet avec surprise que jusqu’à ce jour les institutrices de Londres n’avaient pas le droit de se marier et si on l’a appris c’est grâce au vote du Conseil municipal qui par 76 voix contre 37 a décidé qu’à partir du 1er août les institutrices et professeurs femmes pourraient convoler et que celles qui avaient du démissionner pour se marier pourraient être réintégrées sur leur demande.Il faut reconnaître que c’est une femme qui mena l’attaque contre ce célibat pédagogique, mais il faut dire aussi que c’est une autre femme, également conseillère, qui se mit à la tête des 37 opposants.4 4*1 m I m ft S< * m Ë, A.MERCIER ¦ff^ E.E.DION FOURRURES DE QUALITÉ Coupe garantie par un dessinateur diplômé Nous remodèlerons ou réparerons vos fourrures et leur donnerons l’apparence du neuf.MERCIER & DION 2117 est, rue du Mont-Royal près de Delorimier Tél.FRontenac 2711 m Pour être parfait, un manteau de fourrure doit être d’une belle coupe.Voici un manteau trois-quarts très élégant en « broadtail foncé ».Cette illustration donne une idée des modèles exclusifs de HOLT, RENFREW and Co., Limited.Les petits secrets de beauté Pour ou contre l'épilation |L ne faut pas se dissimuler que A l’usage excessif des ép latoires durcit les duvets et les fait repousser plus abondants et plus gros qu’au début.N’employez donc l’épilatoire qu’avec beaucoup de réserve et seulement si c’est très nécessaire.Nous estimons — d’accord avec beaucoup d’esthètes — qu’un léger duvet blond également réparti sur les bras et les jambes n’a rien de choquant et peut même passer pour un attrait original (assez piquant, sans jeu de mots).Ce qui est laid et donne l’aspect négligé, ce sont les poils noirs, disposés en plaques irrégulières.Aussi longtemps que possible, évitez les procédés chimiques et préférez l’épilage à la pince, à la cire, plus longs, plus douloureux, mais qui ne créent pas d’accoutumance.Pour le visage, le seul procédé réellement radical, c’est l’électro-lyse : il vaut donc mieux réserver toutes ses ressources pour s’offrir ce traitement libérateur (et le plus tôt sera le mieux).Certains produits épilatoires vendus sans garantie de fabrication, sans marque, ont le grave inconvénient dé faire tomber les cheveux chez les personnes qui y sont prédisposées : on explique ce phénomène par l’imprégnation toxique qui se fait au niveau de la peau et qui passe dans le sang.Assurez-vous donc, mesdames, de la qualité supérieure de votre crème ou lotion épilatoire : c’est plus grave qu’on ne croit.Les masques toniques Depuis fort longtemps les femmes coquettes préparent elles-mêmes des masques au blanc d’œuf battu : on casse un œuf très frais, on sépare avec soin le jaune — qui servira pour le nettoyage des cheveux — et on agite pendant quelques minutes le blanc de manière à le faire mousser (sans toutefois aller jusqu’à la consistance du blanc à meringues).On étale ce blanc comme une crème épaisse sur le visage et le cou : on laisse sécher et on garde pendant un petit quart d’heure.Le blanc resserre la peau et agit comme un astringent tonique.On lave ensuite à l’eau tiède.Un autre masque — vendu dans un célèbre studio — se présente comme un « masque de boue » et il agit merveilleusement sur les peaux irritées ou flétries.Il est très facile à faire soi-même.Il suffit de délayer dans de l’eau tiède une cuillerée environ de poudre spéciale : on obtient une crème assez épaisse que l’on étend comme le blanc d’œuf.Cette crème durcit et sèche : on la garde un quart d’heure ou même davantage (les personnes dont la peau est grasse peuvent le garder une demi-heure).On ôte le masque en tamponnant le visage à l’eau tiède : on étend ensuite sur la peau un peu de lait d’amande ou de crème de beauté adoucissante.Le visage reprend beaucoup de fermeté et d’éclat à la suite de cette application.Les personnes qui s’en servent régulièrement, une fois par semaine environ, peuvent se passer de massage et de « tonique » pendant un ou deux mois.C’est donc une excellente recette de vacances.E.B.(Du Journal de la femme) Les voiles dans le soleil couchant Par la fenêtre de l'hôlel.On voit le port à l'onde lasse, Ei r on croit, derrière une glace.Etre en face d’un grand pastel.Sur les quais aux bords anguleux.On peut voir, à l’heure où l'on dîne, Comme des voilettes d’ondine.Pendre aux mâts les longs filets bleus.Sur l’eau rose et verte qui dort, Voici que se gonfle une voile.On croit voir s’animer la toile, On croit voir bouger le décor.Comme une aile de goéland La voile brune s’ouvre et glisse, Là-bas, là-bas sur la mer lisse.Les bateaux prennent leur élan.Ils vont deux par deux sur la mer, Courir l’éternelle aventure.Sous le grand rectangle de bure Qui s’arrondit au souffle amer.Aux derniers rayons du soleil, Les tons bruns des voiles écloses Prennent parfois des teintes roses El parfois un reflet vermeil.El loi — ne soyons pas méchant — Tu penses aux robes de toile Que ferait cette grande voile Si dorée au soleil couchant.Raymond GENTY De l'importance du décor On ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres.On ne boit pas le champagne dans des quarts en fer-blanc.Voilà deux points acquis.Le décor, ce site dont nous croyons orner nos vies, nos pauvres vies passagères et insignifiantes, a-t-il moins d’importance ?On néglige trop cet as-pecl-là des choses.Un député bien inspiré fonderait sa réélection sur un programme sagement étudié qui tendrait à mettre en harmonie l’existence de ses électeurs et le paysage où celte existence est condamnée à se dérouler.La vie qu’on nous fait n’est déjà pas si joviale qu’il la faille passer en un cadre qui heurte en nous tout ce que la publicité a laissé subsister de sensibilité artistique.Le fond ne peut être le même pour un drame sanglant ou pour une déclaration, dirons-nous d’amour ?Copeau commettrait une erreur, s’il faisait tourner l’orgue de Fualdès dans les tentures qui servirent pour Roméo.Ce sont de ces détails que ne sentent pas les hommes bien équilibrés, ceux qui savent comment on peut gagner beaucoup d’argent.Il faut être femme, ou avoir déjà les nerfs malades, semble-t-il, pour souffrir d’un décor mal planté ou aux couleurs inadéquates.Et pourtant ! La Joconde reçoit dans son salon carré, et qui oserait dire : « Je l’aime », à la Uénus de Milo, dans une chambre borgne ou le papier des murs, pisseux, se décollerait ?Que de jeunes idylles ont péri, à la fleur de leur printemps, qui durent leur triste sort au cadre mal choisi ! Une erreur sur le choix du décor, si le monde était sage, devrait blesser comme une faute d’orthographe.Mais l’orthographe reste la perfection des pauvres en esprit, qui ignorent tout du style cl de leur propre rythme intérieur.Vous avez eu naguère, Maryse inaccessible, un geste qui prouva ce qu’en vous perdaient le théâtre et l’art de la mise en scène, et ce que gagnaient les salons.Avec celle intuition qui distingue votre sexe, n’avez-vous pas choisi, au jour où vous vouliez me dire que vous ne m’aimiez pas, ce lieu exactement voisin de deux cimetières ?Ce jour-là, j’ai compris quelle artiste le monde négligeait en vous.J.S.(Le «Journal de Genève») Un peu de culture physique Les exercices de culture physique les plus simples donnent souvent des résultats surprenants, qu’on n’osait même pas espérer aussi complets.Mais encore faut-il pour cela qu’ils soient bien exécutés.Une des premières choses à observer est que le corps doit être parfaitement à l’aise, débarrassé de tout vêtement trop serré, trop engonçant.On doit aussi faire très attention à ce que les membres qui exécutent les mouvements soient énergiquement tendus.Pas de bras, de jambes levés mollement.Il faut se tenir extrêmement droit et faire élévations et flexions nettement et complètement.Au cours des exercices, vous devez avoir l’impression que les muscles « tirent ».Observez-vous bien si vous voulez obtenir le maximum de votre culture physique.(de Madame; MESDAMES ! 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était pour des milliers de personnes le fait le plus important du jour, un fait qui reléguait à l'arrière-plan l’affaire pourtant cruciale de l’Ethiopie.Le knockout au quatrième round, par lequel s’est terminé le match, met certainement fin à la carrière pugilistique de Max Baer.Le Judéo-américain, à peine âge de 26 ans, n'a personne à blâmer que lui-même pour sa défaite cuisante.Depuis six ans.il marchait de succès en succès et, grisé par des victoires sensationnelles et faciles, il s'était lentement laissé aller au farniente : il a négligé l'entraînement rigoureux et constant.impérieusement requis de quiconque aspire à se tailler une place de choix dans le domaine de la boxe.Alors qu'il était champion.on le voyait plus souvent dans les music-halls et les boîtes de nuit de Broadway que dans les gvmnases.Aussi dut-il baisser pavillon devant un adversaire certes inférieur, mais en forme parfaite : le champion actuel Jimmy Braddock.La leçon qui lui coûta le championnat fit ouvrir les veux à Max Baer.11 se remit courageusement à la besogne.Malheureusement pour le solide gaillard, tout son travail opiniâtre ne put réparer les déficiences physiques causées par Vénus et Bacchus.Dès le son du gong, le jeune noir de 21 ans porte des coups tels que la fin du premier round ne fait plus de doute quant à l’issue inévitable du match.Les trois autres rounds sont la répétition du premier.Baer n'offre au- cune résistance sérieuse devant les coups précis de Louis, log s au corps et à la tête avec la force d'un marteau-pilon.Il s’avère impuissant â esquiver et à riposter.On dirait que l’attaque fou-drovante du noir l'a paralysé dès louverture des hostilités.Pour atténuer la portée de l'avalanche de jabs, d’uppercuts, etc., il se contente, en guise de riposte, de se cacher la figure.Le grand champion qu’il était il y a un an â peine fait pitié à voir avec sa face tuméfiée et le sang qui gicle de la bouche et du nez.Aussi bien, quand Louis lui donne le coup de grâce et le fait s’effondrer définitivement pour les dix secondes réglementaires, la foule ne peut s’empresser de pousser un soupir de soulagement.Et tandis que l’arbitre reconduit Louis dans son coin aux applaudissements frénétiques surtout du monde noir de Harlem, Baer reste assis, les bras pendants et les yeux hagards : une loque humaine, l’ombre de lui-même.Vae rietis.La presse britannique a sonné la note juste quand, avant de donner les péripéties du combat, elle disait judicieusement : « Nous venons d'assister à un meurtre légalisé où l'on a permis inconsidérément à Max Baer de faire face â Joe Louis ».A cette juste affirmation on ne manquera pas de répondre qu'empêcher le match aurait créé un précédent susceptible d’ouvrir la porte à l’arbitraire.L’argument n’est pas â rejeter.car on a vu des boxeurs titubants et chancelants faire un suprême effort et parvenir â vraincre l’adversaire p a r u n coup bien placé.Pour notre part, nous avouerons qu'il est infiniment difficile de dire qui a raison.Se prononcer serait se placer les doigts entre l'arbre et l'écorce.« Dans le doute, abstiens-toi.» Mais pourquoi Baer a-t-il interrompu ou diminué son entraînement après son match avec Braddock ?C était faire preuve de peu d’intelligence de son prorpe intérêt.Pour les profanes, disons que l'entraînement d'un boxeur est dur.fastidieux et terriblement assommant.L’athlète le mieux disposé ne peut s’empêcher â un moment donné de manifester de la lassitude Le système nerveux est tendu au paroxysme et.pour tout dire, les coups reçus à la tête par exemple finissent tôt ou tard par affecter le cerveau, sans compter les dangers que courent l'ouïe et la vue.La boîte crânienne.si sensible sous tout rapport.ne manque jamais de se res-•entir cruellement d’avoir été heurtée sans ménagement.Rares sont donc les boxeurs à l’intelligence supérieure.Ils ont tous à oeu près des figures patibulaires, presque idiotes, abruties en quelque sorte par la monotonie d'un entraînement implacable.Or la lassitude dont nous avons parlé se traduit invariablement par un arrêt subit du régime imposé â l'athlète, qui se livrera alors aux pires excès, incapable de contenir plus longtemps les débordements du vieil homme.Ainsi s’explique la descente vertigineuse d idoles, bâties apparemment de granit.Car s'il est pénible d atteindre par l’entraîne- ment la perfection physique, il est presque impossible de la retrouver si par hasard on l'a perdue.L'exemple pitoyable et mérité de Baer ne fait que confirmer cette règle.Contrairement aux autres sports professionnels, où à l’appât du gain certes légitime se joint une inclination naturelle à les pratiquer.le boxeur ne combat que pour arrondir son pécule.Le pugiliste n’a donc rien de l'altruiste.Il est bon de le bien noter lorsqu’on traite de boxe.Au moment où le monde de couleur est en effervescence à propos du conflit italo-éthiopien, la victoire décisive d’un noir fouette le courage et le nationalisme latent de ces minus habens.de ces ilotes que sont en définitive les noirs américains.L’écrasement d'un blanc par un des leurs prélude en quelque sorte à leur débordement en Amérique du Nord sur les Blancs omnipotents.C’est ce que doit penser tout Harlem délirant de joie après le triomphe de Louis.Quand on sait la répugnance instinctive et le dédain qu'a du noir l'Américain moyen, on est en droit de se demander si on n’arrêtera pas net Louis avant qu’il touche le but pugilistique suprême : le championnat poids-lourd du monde.A moins d’un revirement ou d’une formation profonde du sentiment public américain, assisterons-nous à une répétition de la bouffonne rencontre Johnson-Willard, à la Havane ?,lc“aii-Hol)(‘rt BONNIER Esquisse d’une histoire du sport (Des Nouvelles Littéraires) Suite et fin Avec le triomphe île Rome, l’heure du matérialisme accablant paraissait sonnée.Le sport, qui, quoi qu’on en pense, se nourrit peu de matérialisme, n’y trouvait que faiblement son compte.Cependant, la réaction est proche.Elle va s’appeler le christianisme ; réaction toute-puissante.Mouvement si fort qu’en vérité, nous en ressentons les vifs remous à quinze siècles de distance.La Loi, durant ce laps de temps, sera — elle était hier encore — que le corps, en effet, ne compte pas, que se soucier de lui est superflu, que le dénuder est infâme.Conception qui porte en soi l'implicite condamnation de l'épanouissement physique.Sans doute, on voit tout en quinze siècles ! Sans doute l'instinct profond est là, de races saines qui veulent vivre, et dont naïvement les jeunes couches sentent, aux premiers rayons de soleil, sourdre de leur organisme l’appel à la dépense musculaire.Les prêtres ne condamnent pas toujours si sévèrement le jeu corporel ; les suzerains se plaisent souvent, dessous le chêne seigneurial, à présider aux amusements athlétiques de leurs vassaux.C’est le temps où, timidement, dans les fêtes villageoises, en France surtout (le Français est «allant et batailleur») apparaissent ces sports populaires dont aucun de ceux qui s’y adonnent n’entreverrait la vogue future, que ce soit la joute, la quintaine, la paume, aïeule du tennis, la crosse, mère du hockey, du golf, la soûle, ancêtre du football.Mais attention! Pour pratiquer pareil «desport» (le nom aussi est de chez nous), la logique d'accord avec l’instinct vous conseillerait de vous dévêtir ; les lourds habillements que maintient farouchement ia religion brisent dans l’œuf toute progression technique, partant d'intérêt.On ne peut ne pas dire un mot de la Chevalerie considérée de l’angle de l’histoire sportive.Bref moment, mais essentiel ! C’est celui où rien que pour pouvoir porter cet enca-puchonnage de métal que constitue l’armure complète avec casque, haume et cuirasse, le preux-géant se doit d’avoir développé aux extrêmes limites ses capacités athlétiques.A l’abri sous son blindage, quelle robustesse et résistance il lui faut, sur le champ de bataille, pour faire tournoyer à bout de bras l’épée massive, ou pour enfiler de sa lance des grappes entières de manants ! Cela c’est la guerre, son élément ! Mais c’est à peine si ses tournois-divertissements sont moins cruels ; en tout cas, il lui nécessite tout autant de vigueur et de coup d’œil.Ce qui paraît digne, avant tout, d'être noté chez ces paladins, c’est l’apparition — la première — d’un certain idéalisme que nous sommes tentés d’appeler sportif.Grâce aux troubadours, grâce à la religion — re-céleuse d’un trésor de justice et de pitié — ces chevaliers bardés de fer, champions splendides, sont animés d'une inspiration morale que l’athlète grec même n'a pas connue.Leur force brute, leur puissance quasiment invulnérable, au service de quoi les mettent-ils ?De la dame de leurs pensées, de la justice, de la la foi, puisque ces héros — inventeurs aussi île l'amour sentimental — seront également des Croisés.Respect de la chose jurée, de l'adversaire, du résultat ; horreur du mensonge, choix vite fait entre la mort et la traîtrise ; nous voyons s'esquisser déjà, en ces temps de fer du treizième siècle, un schéma de la « religion » qui nous est chère aujourd’hui.Que leur manque-t-il pour incarner à leur tour un « instant sublime » du sport et de l'humanité?Pas grand'chose.Simplement un peu d’esprit, dirons-nous, démocratique.Ils vivent dans leurs formidables armures, un peu en marge de l'humanité, séparés par leurs cuirasses et leurs cuissards de leur propre corps.Mais les premiers coups de canon qui retentissent à travers l’Europe — 1350, invention de la poudre — leur portent des coups mortels.Formidable brassage encore celui ,1e la Renaissance.Les Français, race semi-nordique, passent les Alpes, et sentent refleurir leur atavisme latin et grec.Un .Michel-Ange, superbe athlète, un Léonard, fier, à trente ans, de la vigueur de ses muscles autant que de son génie pictural, vont servir de modèles et de maîtres.La cour de France se met de pair.Le vieux don corporel gaulois ressuscite et fait des merveilles.Tournois, carrousels, parties de chasse et de longue-paume, concours de course et de sauts; Rabelais théoricien, et Montaigne navré d’être malingre ; François 1er, premier lutteur de son temps, et qui «tombe» Henri VIII au seuil de l’entrevue du Drap d’Or ; impétueux élan du França's vers l’accomplissement harmonieux d'une destinée d’homme complet.Mais, après des oscillations qui occupent deux générations, notre civilisation — qui tient la tête de l’Europe — va se décider, pour trois siècles, en faveur d’un « idéal noble ».Elle l’emprunte bien plus aux Latins qu’aux Grecs, infiniment moins connus ; elle leur prend leur sens du décor, du faste, de la discipline, d’une tenue un peu guindée.La guerre, l’organisation, les lettres, les arts, et leurs pompes, c’est tout le siècle de Louis XIV.L’Eglise veille à ses côtés, tutélaire mais hautaine, ennemie plus que jamais de la libération du corps, et de l’abominable nudité.Que ferait le sport sinon de venir, avec sa « beauté du diable » et les grimaces de ses efforts troubler l’ordonnance majestueuse ,1e fêtes soigneusement réglées ?Insuffisamment « distinguée » la passion disparaît toute des carrousels qui ne sont plus que de simples exhibitions.Le dix-huitième siècle emboîte le pas.Lui qui remet tant de choses en question 11e s’inquiète nullement de savoir si la culture de son corps est un des premiers devoirs de l’homme.Seul Jean-Jacques.Mais Rousseau est un homme de nos jours, égaré deux siècles plus tôt.De même que on trouverait, chez lui, les principes du socialisme, de la musique, du tourisme modernes, Y Emile pose les fondements d une méthode d’éducation physique et morale, « naturelle », en des termes que pour la plupart, ne désavouerait pas Hébert.Passons la Révolution, l’Empire, magnanimes époques, mais où l'homme ne semble pas penser — bien que l'influence de l’Eglise faiblisse — que son corps puisse être fait pour autre chose que pour la bataille et l’amour.Le recul fait défaut encore.Mais nos petits-neveux, j’en suis persuadé, s’apercevront que la moitié — environ — du dix-neuvième siècle fut un des pivots décisifs de l’histoire de l'humanité.Depuis bien plus d’un millénaire, le corps, nous l’avons montré, était région presque inavouable.L’esprit était tout.C’était vers les thèmes «supérieurs» religieux ou métaphysiques que, nécessairement, les recherches de tout « intellectuel » se portaient.Qr, voici que tant de convulsions politiques, militaires, sociales, réclament brutalement le philosophe dont les yeux se tournaient vers le ciel, vers le spectacle du monde réel.La religion, la métaphysique n’ont rien empêché des horreurs que le monde vient de voir s’accomplir.Nouvel affaissement de la foi ; énigmatique sort de l’homme.Une revanche lui est-elle promise là-haut ?Est-ce bien sûr ?En attendant : « Défroque ii l’on veut, ma défroque m’est chère», redirait le bourgeois français après le bonhomme Chysale.Cause ou résultat, c’est l’époque d’incommensurables inventions qui conditionnent l’évolution industrielle, matérialiste — mais dans un sens bien élargi — de l'ère nouvelle où l’Europe s’engage.La chimie prend rang de science précise ; Jacquart vente le métier, Papin la machine à vapeur.C’est Claude Bernard, c’est Pasteur, précédant Forest et Branly.Avènement d’un ensemble de sciences, toutes appliquées à accroître les possibilités de notre corps.A ce titre, la culture physique, branche de l’hygiène ou de la mé-ecine, travaille exactement dans le sens de l’actuelle évolution.Ne pas négliger l’impulsion que lui donne, de tout temps, le goût des armes, la Prusse, après léna, s’applique à se refaire avidement une âme, des poumons, des muscles.C est ainsi qu'une histoire du sport se devrait de considérer comme siens les noms de Fichte et de Ludwig Jahn.En même temps, Amoros, Espagnol, mais fonctionnaire successivement de l’Empire, de Louis XVIII et de Charles X, prend à cœur de revigorer ce qui nous reste de jeunesse.Autre chose : des peuples, surtout du Nord, Angleterre, Suède, Bohême, à force de manque de soleil, de man-geailles et de beuveries, se sentent étiolés, dévorés par les progrès de la « consomption ».Ling fonde à Stockholm Y Institut Central de Gymnastique en 1814 ; Fuguer, à Prague, institue les Sokols.Surtout, en Grande-Bretagne, les Kingsley, les Thomas Arnold, éducateurs et érudits, fabriquent de toutes pièces — en dépit des pédagogues conformistes, médecins et puritains unis —— un système d’enseignement physique et moral, viril, où se retrouve — enfin — l’écho des leçons du siècle de Périclès.L’Angleterre ! Mais c’est qu’en même temps première nation que sa prédominance en charbon amène à l’étape industrielle, elle se trouve du coup la première à avoir besoin d’un « contrepoids » d’hygiène et d’exercice.Industries, agglomérations, foules aptes à se réunir pour se régaler des jeux-spectacles, autant d’anneaux du même chaînon ; ce régime confère aux Britanniques l’avance sportive considérable dont ils ont joui pendant cent ans.Passons ! D’autres maîtres se révèlent : le Suisse Pestalozzi, l’Américain Horace Mann.Passons : c’est le puissant courant du néo-hellénisme français (mitigé de l’influence anglaise, fortifié du désir secret du relèvement après 70), Pierre de Coubertin, Saint Clair, Frantz Rei-chel vers 96, rénovent l’Olympisme, relancent les illustres Jeux quadriennaux.L’Eglise même se rallie, découvre qu’au fait, le corps, chef-d’œuvre de Dieu, peut bien être aussi cultivé.C’est, en fait, qu’elle a, des premières, saisi l’importance croissante de l’aménagement des loisirs.Quelques lustres d’incubation.La guerre 1914-18 où, dans lq pourriture des tranchées et sous la menace perpétuelle de la dilacération, beaucoup d’entre nous ont fait vœu, s’ils s’en tiraient, d’honorer leur corps admirable.Et nous voici à la période strictement contemporaine, celle où la « chose sportive » cesse d’appartenir à l’histoire pour apparaître activité originale, tentaculaire, frayant avec toutes les autres, glissant et rayonnant partout.Marcel BERGER .7 octobre tbèt.ï GRADS DES MILLIERS ONT-ILS CHANCE AUX .’XHAKCjMOt GRADS f~îz/u22> e^eC-eJ^nA.AarOC UN CHANGEMENT POUR LE MIEUX 52 “Mains de Bridge", en série ou non.sont acceptées L.0.GROTHE LTEE — MAISON CANADIENNE ET INDEPENDANTE La renaissance agricole Les arts domestiques Les Arts domestiques, ou Arts paysans, ainsi que l’on a accoutumé de les appeler, sont constitués par l’ensemble des divers travaux dans l’exécution desquels le goût et le doigté de la femme jouent les principaux rôles.Ils embrassent toute la gamme des ouvrages infiniment variés cpie le public urbain a l’occasion d’admirer lors des expositions agricoles annuellement tenues dans la province de Québec, aux exhibits de l’Ecole des Arts domestiques et des Cercles de Fermières : tricots de laine du pays, broderies, tapis aux tons artistement agencés, peintures, délicats ouvrages à l’aiguille, pièces de belle étoffe souple, poter es rustiques, dessins, etc.Ils sont l’expression de l’esprit industrieux de nos fermières, de leur sens inné du beau servi par une habileté incontestable et une savante technique.A venir jusqu’à ces dernières années, les femmes de la campagne pratiquaient bien les arts domestiques, mas limitaient généralement leur champ d’activité à la fabrication d’articles d’un usage courant à la ferme : tapis rudimentaires, toile rude, couvertures de laine brute, grosse étoffe du pays, bas, mitaines, bonnets de laine, et autres objets d’utilité pratique.Aujourd’hui une transformation s’est opérée, une technique a été imposée, des directives ont été données, et les petites industries domestiques sont devenues de véritables arts dans lesquels la fermière — la jeune fille aussi bien que l’épouse — excelle et se spécialise de plus en plus.Cette transformation est sans conteste l’œuvre de l’Ecole des Arts domestiques de Québec, fondée il y a six ans à pe.ne par feu l’honorable J.-L.Perron, ministre de l’Agriculture, et portée à son maximum d’efficacité par son successeur, l’honorable Adélard Godbout, avec l’actif concours de monsieur O.-A.Bériau, l’entreprenant directeur de cette école.En ce court espace de temps l’Ecole des Arts domestiques a totalement modifié la petite industrie rurale.Des cours de toute sorte ont été donnés gratuitement aux institutrices — religieuses ou laïques, — les conférences et démonstrations ont été multipliées par toute la Province et la publicité a été intelligemment soignée au moyen d’expositions savamment préparées à l’époque du tourisme, créant ainsi chez les étrangers qui nous visitent annuellement une haute réputation aux articles de fabrication domestique.Les Arts domestiques sont intéressants à un double point de vue : 1 0 Ils permettent d’utiliser agréablement des heures qui autrement appartiendraient à l’oisiveté et, conve- nablement dirigés, ils aident à développer le sens du beau au sein de notre population rurale.2 Les revenus additionnels que la vente des articles fabriqués à domicile apporte au budget familial incitent fortement les jeunes filles à ne pas déserter la campagne, en leur assurant une certaine indépendance financière.C’est en considération de ces deux faits que fut lancé le mouvement de réveil de la petite industrie et des Arts domestiques dans la province de Québec, mouvement qui s’accentue d année en année sous l’impulsion constamment donnée par l’Ecole des Arts domestiques.Aujourd’hui, au delà de 80.500 rouets f lent la laine de nos moutons, environ 52.200 métiers à tisser fonctionnent avec diligence, plusieurs milliers de fermières cultivent le lin et pas moins de 51.000 autres gardent des moutons, alors qu’il y a quelques années on se demandait si la petite industrie rurale n’était pas en voie d’extinction complète, si le rouet n’était pas relégué à tout jamais au grenier et si le métier n’était pas appelé à disparaître de la ferme canadienne.En juillet dernier, l’Ecole des Arts domestiques ouvrait, dans la salle du Café de 1 Hôtel du Gouvernement, à Québec, au début de la saison du tourisme, une magnifique exposition qui inspira un bel article à monsieur Jean-Charles Harvey, écrivain, critique, et statisticien de la province de Québec.Nous ne croyons pas pouvoir faire mieux, en terminant ces quelques notes, que de citer le jugement porté par monsieur Harvey : .* •••Si j en juge par cette exposition, 1 Ecole des Arts domestiques aura pour résultat premier et principal de contribuer plus puissamment que toute autre institution en cette province à la formation du goût dans la masse du peuple.Les anciens travaux domestiques, tout solides et pratiques qu ils aient été, devenaient des horreurs chaque fo.s qu’on voulait y mettre un dessin ou de la couleur.On n’y faisait rien de fort, rien de personnel, rien de senti, rien de neuf, comme si les imaginations avaient été taries ou comme si la sensib lité s’était émoussée ou était devenue grossière.L’Ecole, en affinant ces facultés, aura rendu à notre peuple un grand, un très grand service.» (Communiqué du ministère de l’Agriculture de la province de Québec) Souffrez-vous d’insomnie ?PRENEZ SLEEPEX ET DORMEZ BIEN! L (d.>èqiiC' ••ramlio>es, il a ete ITM r\ r de ¦ i*( *ee\ oir l'hommage imposant tir» population' tairait-» au i«-\ inc» aux "oin- ile»«|ii«'llc* il »e enn»aer.iit «h-pui» Iroi» ail», liait» 'on mandat tir «lepuli-.Kien t|u il» »«>i«-nl éminemment linnoeahle».rr tu* »«>nl pa» tant ta - po»ti*» qui lui mérileeont tir se »m\i\r«* ru la po»térite.qur la tnanirrr dont il 1rs tint.Sa pce»«mnalité, comme et- Pari» qu'il rrprr»rnta avrr i-l«‘gan«'i- et uoldt.rn si* portant tlan» lr» tli\rr»r» nation» il'l'.uropr.xalait a la rapitalr française uni- renommée tir parlait lion tou.un arrroi»»rtnriit dr »ym-patliir.tarait - un réconfortant rt irrr-»i»tildr roul ant «l'amitie rt d admira-tiou ».l’ari».»a grâce.»on r»prit.»a sensibilité frrini»»anlr.-on limit.»on jn-linit tir» nuanrr».»a générosité, transparaissaient tlan» t*r iienlillnmnne
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