La renaissance, 2 novembre 1935, samedi 2 novembre 1935
Première année — TVo 20 10 sous Montréal, samedi 2 novembre 1935 Lti mm mm it HEBDOMADAIRE POLITIQUE ET LITTERAIRE Directeur: OLIVAR ASSELIN ENTRE DEUX ÉLECTIONS S « 9 9 pcucnru.Le premier chômeur : « Qu’est-ce que ces deux originaux-là qui ont l’air de comploter ?Le deuxième chômeur : « C’est deux gars qui veulent lancer une mode en portant leur « capot » à l’envers.Mais ça n’a pas l’air de prendre.» FAITES DE LA TERRE! par VALDOMBRE À OTTAWA D’après une dépêche d’Ottawa à la Gazette, le cabinet King soumettra sans délai à la Cour Suprême la question de la validité de la plupart des lois sociales votées à la dernière session du Parle-jiicnt, bien que certains ministres, en particulier M.Hugh Guthrie, ministre de la Justice, les déclarassent presque ouvertement invalides : les lois sur le salaire minimum, sur la durée du travail, sur le repos hebdomadaire, sur l’assurance-chômage, feraient l’objet de cette consultation.La conférence inlerprovinciale n’aurait lieu qu’ensuite.La même dépêche porte que M.King a engagé des pourparlers avec le ministre du Japon pour rétablir les relations commerciales du Canada avec ce pays et que les négociations entamées par M.Dennett avec le gouvernement américain pour la conclusion d’un traité de réciprocité commerciale ont été reprises.Le rétablissement de nos relations de commerce avec le Japon devrait être relativement facile, car, ou le sait bien, le rupture a été causée par l’institution d’un droit de déverse (anti-durnping) par le Canada contre le Japon, et il est universellement admis qu’un droit de ce genre ne peut s’appliquer qu'à la marchandise vendue à meilleur marché dans le pays importateur que dans le pays de production.Sans l’incidence des élections anglaises, qui auront lieu incessamment, le cabinet se serait attaqué d’abord à la modification des accords d'Ottawa.On peut être sur toutefois que le cabinet ne laissera pas traîner cette question, intimement liée au rétablissement de notre commerce international.Dans la question des sanctions à prendre contre l’Italie, le cabinet King marche apparemment sur les traces du cabinet Bennett et de M.Ferguson.C’est d’ailleurs la seule politique qui puisse satisfaire les vieilles dames qui ont aimé les traits de l’impératrice Mennen et la figure assurément très chaste de l’empereur Haïlé Sélassié, modérément copte et sympathique aux missionnaires presbytériens.L’agriculture dans le Québec Il ressort d’une causerie radiophonique de M.Codbout que le budget de l’agriculture représente dans le Québec 13.6 pour 100 du budget total, soit trois fois autant que celui de la province qui dépense le plus pour la même fin.Il y a dans le Québec 135 sociétés coopératives (et précisément un des reproches que les « bonnes » sociétés comme l’Union Catholique des Cultivateurs font au gouvernement, c’est d’avancer de l’argent aux coopératives sans intérêt).Le nombre des fermes a diminué de 137,000 à 135,000 durant la crise économique, mais la superficie des terres en culture s’est néanmoins accrue de 496,000 acres durant la même période.Le prix du lait a été établi sur le marché des grandes villes de manière à assurer aux producteurs le maximum compatible avec le maintien de la qualité et l’intérêt du consommateur.Dans le Québec le cultivateur peut emprunter à 3%, attendu que le gouvernement de la Province assume le paiement de l’intérêt au-dessus de ce taux, après avoir fait disparaître tous les obstacles à l’établissement des titres de propriété.Bref, le cabinet Taschereau-Godbout a fait tout ce qu’il pouvait pour lutter contre la politique autiagricole instaurée à Ottawa par l’ultraprotec-tionniste cabinet Bennett, et il y a partiellement réussi.Quant aux statistiques fantaisistes des importunons agricoles de la province de Québec, reproduites par I’Action catholique du Combat de Sherbrooke, un journal qui « mène le bon combat de la cause catholique et nationale avec brio », elles sont trop ridicules pour mériter une réfutation.Bailleurs, d’autres journaux (notamment le Canada et le Soleil, comme M.Godbout lui-même) en ont déjà montré l’absurdité.(100 pour 100 des fèves ou haricots, 100 pour 100 des issues ou provendes — gru, son, farine de blé d’Inde, etc., — 100 pour 100 des graines fourragères, etc.) • La pierre de touche De quoi qu’il s’agisse, la réponse à la question de savoir si nous pouvons nous entendre avec nos concitoyens de langue anglaise se trouve dans la mesure de notre attachement respectif aux intérêts du Canada.Nous tenons, nous, qu’un seul immigrant — fut-il de nationalité britannique — sera de trop s’il vient ôter le pain à un de nos concitoyens (et cela doit naturellement s’entendre d un émigré qui viendra au pays avec l’aide pécuniaire de notre gouvernement ou des sociétés de transport soutenues par l’Etat.L’Anglo-Canadien qui s’accorde avec nous sur ce point a notre conception des intérêts du pays : celui qui, au contraire, insiste sur la reprise immédiate ou prochaine de l’immigration assistée, préfère à l’intérêt canadien l’intérêt britannique et nous ne Pouvons nous entendre avec lui.Dans l’affaire de l’Ethiopie, notre attitude diffère de celle des L’histoire ne saurait oublier l’expression de terreur, de commandement et de panique lente, sortie un jour de la bouche du père Chapdelaine pour glorifier le pain quotidien d’une prière de sueurs et de sang.Faire de la terre ! Un demi-siècle avant l’immortel Hémon, le tonitruant curé Labelle criait à son peuple sceptique : « Faites de la terre et vous serez sauvés ! » Les poètes véritables, et je veux bien dire, les visionnaires, se rencontrent, attirés par les fils du génie, de l’intuition et de la clairvoyance.Le curé Labelle, le vieux Chapdelaine.Deux hommes sur un même plan, l’un créateur, l’autre, acteur et chantre de cette édification, trouvant exactement les mêmes mots et la même puissance verbale lorsqu’il s’agit d'exprimer le besoin qu’éprouve l’homme par-delà l’hérédité devant sa propre force.Ou devant le danger, car le danger est là devant nous.Mais nous ne voulons pas le voir parce que le travail nous fait peur et parce que la terre nous fait peur.Ils ne sont pourtant pas si loin dans la poussière de l’histoire, ces premiers conquérants du sol, ces hommes durs et tristes qui portaient devant eux (comme on porte un flambeau dans une nuit délégations anglaise et française parce que nous n’avons rien qui nous oblige aux sanctions économiques ou militaires, et qu’un faux pas de côté peut nous entraîner dans la guerre : beaucoup d’Anglo-Canadiens croient au contraire à l’opportunité de ces moyens de contrainte parce que, à Genève, c’est l’Angleterre qui avec ses dominions (en français : possessions) peut mener le même bal, même en faisant chanter ses associés.M.Dandurand est parti pour un voyage de quelques semaines en Europe : fasse le ciel qu’il se rende compte de la futilité de notre action pro-italienne et que, comme ministre des affaires étrangères, il fasse comprendre à M.King la nécessité de faire dans cette question machine arrière.Les Canadiens qui le critiqueront ne seront pas de bons Canadiens.• En Ethiopie Quand on lit que le représentant de l’Ethiopie à Genève, Danakil (Hughes Le Roux n’écrivait-il pas « Dankali » ?) authentique, est un ancien cadet d’une école d’officiers russe, et que Haïlé Sélassié lui-même a fait ses études en Europe, on croira difficilement les histoires de sauvagerie racontées par les correspondants de certains journaux français : massacre et mutilation (y compris l’émasculation) des prisonniers, application de la loi du talion par les familles victimées, et ainsi de suite.Les reportages d’Henry de Monfreid, de Griaule et de maints autres sont pourtant là, et obscure) l’amour d’une idée, d’une doctrine à laquelle, personne ne croyait, à laquelle, j’ai bien peur, personne ne croit encore.Mais ils avaient la foi, ceux-là.Et le vieux Chapdelaine, et le curé Labelle avec ses vingt mille colons ont hérité de cette foi.Us n’ont pas eu peur de s’en charger comme d’un écrasant fardeau.Puis, un par un, ils sont morts par amour de la terre.Est-il possible de ne pas croire à cette vérité quand on sait ce que vaut une doctrine prêchée pendant deux siècles à coups de prières, à coups de sacrifices, à coups de hache ?Les esprits superficiels vous diront que Chapdelaine est un type.Parfaitement.C’est-à-dire un homme, sorti, boueux et brûlant, de la vie réelle.Des braillards vous diront encore que le curé Labelle et son colon ont mérité de la patrie.Ce n’est pas vrai.C’est une phrase ça, et une phrase qui ne veut rien dire.La vérité est plus simple.Le roi du nord et le colon Chapdelaine, tel que créé par un faiseur de livres, sont des héros.Ainsi parle l’histoire.Il n’y a pas de roman qui tienne devant pareille grandeur.Faites de la terre ! Suite a la page 6 d’autant plus irréfutables qu’ils sont confirmés par des reporters de la presse étrangère et par la bonne foi évidente des journalistes français eux-mêmes, qui ne manquent pas de souligner que leurs assertions s’appliquent surtout à la férocité des ras ou chefs de tribus, devenus xénophobes, et que le négus est supérieur à son peuple par l’intelligence et la bonne volonté.Le négus se repose sur Genève parce qu’il y voit un moyen de conserver sa puissance, mais son autorité ne vaudrait pas cher si elle venait en conflit avec la puissance britannique.Il y a d’ailleurs, dans 6a concession de droits miniers, et en particulier pétrolifères, au nommé Rickett, notoirement agent de l’Intelligence Service (Service Secret) anglais, quelque chose qui en dit long sur l’indépendance de ce roi demi-nègre.• La commission hydro-électrique Elle a été nommée aujourd’hui à Québec.Elle se compose de M.Augustin Frigon (président), de M.Olivier Lefebvre et d’un M.McCammon.La compétence technique de MM.Frigon et Lefebvre est connue.M.McCammon est de sa profession un comptable.Le personnel ne laisse donc rien à désirer et, dans l’ordre normal des choses, la réglementation des taux de l’électricité devrait suivre son cours.SOMMAIRE En page deux Lettre de Londres Thomas Greenwood La politique sanitaire du Gouvernement Olivar Assemn En page trois : Histoire et petite histoire Andre Bowman En page quatre : Valcartier, morne plaine ! Jean-Louis Gagnon Le cantique d’une armoricaine Madeleine Doikon En page cinq : Peintures de la Gaspésie Emile Venne Gloses critiques Ai.hekt Pelletier Chronique du Canada français En page six : Faites de la terre ! Valdomiire Le renouveau scolastique en Angleterre R.C.En page sept Robes du soir E.B.La plus belle histoire d’amour Christiane Fournier En page huit Les œuvres de jeunesse Jean-Robert Bonnier Les tendances de l’autoinobile Charles Faroux Le rocher Saïouache Claude Mei.ançon En page neuf : Les films du jour Louis Peu.and Samson Jean-Claude Martin Louis Peli.and La carrière de Dranem En page dix : Istanbul P.Decorvet La critique des livres En page onze Pour une politique agricole Jean-Marie Nadeau Chronique financière Aucur En page douze : L’obésité Dr G.A.Seguin Le froid qui conserve Leon I.ortie Pluie d’étoiles Pierre Devaux , .s* La question des ports canadiens Un décret rendu par le nouveau cabinet fédéral porte que les commissions autonomes des ports de Halifax, de Saint-Jean (N.-B.), de Québec, de Chicoutimi, de Trois-Rivières, de Montréal et de Vancouver, seront remplacées par une direction centrale qui sera assurée par M.Hawken, sous-ministre adjoint de la Navigation (Marine), le colonel A.E.Dubuc, directeur des travaux techniques des chemins de fer et des canaux de l’Etat, et M.B.J.Roberts, sous-ministre adjoint des Finances.La nouvelle direction aura dans chaque port des conseillers techniques et nous espérons bien qu’à Montréal on ne passera pas par-dessus la tête de l’excellent fonctionnaire que fut toujours M.Leclaire.Les raisons qui militaient pour la suppression des commissions actuelles étaient évidentes, n’eût-ce été que la subordination des travaux à la politique, dans les ports intéressés.Chaque changement de parti à Ottawa était accompagné d’un changement de personnel dans la gestion du port, et ces changements de personnel ne voulaient pas forcément dire un changement de politique, car la politique était partout et dans chaque cas la même : substituer des entrepreneurs « conser- vateurs » ou entrepreneurs « libéraux » tout en conservant la même armée d’autos et de chauffeurs et tout ce qui pouvait rendre la vie agréable aux commissaires.Ce n’est pas à nous qu’il appartient de dire ce que l’on fera des dettes contractées par les commissions sous la garantie du gouvernement fédéral.Le nouveau cabinet a sans doute pourvu à cela.Il faudra voir ausei comment l’espace disponible pour le déchargement du charbon — car c’était là une des clefs du monopole Webster — sera réparti.L’abolition des commissions locales, selon l’avis de sir Alexander Gibb, est en somme une excellente chose et le cabinet King ne pouvait, dans l’ordre des économies, mieux débuter.Olivar ASSELIN -«- Le résultat des élections et notre concours Nous donnions ici même il y a deux semaines les résultats de notre concours.Mais au moment d’aller sous presse nous apprenions qu’il y aurait recomptage dans certains comtés de la Province.Nous avons donc écrit à toutes les personnes dont les noms apparaissaient comme gagnantes que nous devions attendre le rapport final des élections pour adjuger les prix.Le 16 octobre on reconnaissait que 56 candidats libéraux (officiels) avaient été élus le 14, mais, si ce nombre n’est pas le même lorsque le recomptage sera fini dans tous les comtés, il est évident que les gagnants ne seront pas les mêmes.Nous espérons être fixés sur ce sujet dès la semaine prochaine. Les ministres fédéraux L’ Il I I STItlTlON (était-et • ai .uni Mill changement (l'orienta lion ?) (lisa i l l'autre jour que la s i 1 na 1 lion du ( ‘.anaila franç; iis dans le e abi- uct fédéral ne cl liangeait pas.Si l'on tient compte qu'ai ce les mi- nistr es sans port efeuille Faut •ien valu net.compost • de \ ingt et un i membres, comptait ilt •ti\ mi- nis! r ¦es et demi iMM.5: un e et Dur; mlcau et l"a\ oral £0m •rai.M.i >n | > rc>, et que 1 e nonvoa u, ; i\ ce seize membres, compte eut t| Ci ma- dieu s de langue française et un Irlai niais à moil ié franç ais.M.1W or.on \ oit qno Io rom l’rèrt * St* t mm il>e de plus d e moitié.(à • (pii frappe surtout.dans la eotn| posilion du nouveau i ram net.c'est (pie dt's porl tolVui’los qui j«- • lis allaient aux Anglais Foimm* par destination semblent N OU loir nous revenir, au moins p our un temj >s.M.l'.anli in minis Ire des Irai aux publies.c'est d u non- ni.MV' en l luîtes -un il (lires, an nomliro «If 28, obtient un tuu\ île mortalité générale de 8.1 contre relui île 8.S pour la province entière, et lin taux de mortalité infantile de 66.*) contre celui de 8.7 pour l'ensemble de la province.On sait que la création des arrondissements sanitaires (sanitary nuits) est une des créations dit cabinet Taschereau et en particulier du ministre de l’Assistance publique, M.Al.banase David.Quand donc M.David se présentera devant le corps électoral il faudra se rappeler que c'est surtout office à lui que la mortalité infantile diminue et que le taux de la mortalité générale est en train de s'abaisser.- H PtXtHiJXtl- Lettre de Londres Branle-bas électoral La position des partis politiques 2 novembre I 93.7— Un touriste d'Ontario veau.M.Power ministre de la Santé et des Pensions, voilà encore qui n'est pas banal.Quand M, Dunning, comme ministre des finances, aura été élu dans une circonscription de la province de Québec, la représentation de eette province sera aussi lorte quelle l'a jamais été depuis PDI.La politique sanitaire du Gouvernement On lit dans le Bulletin démographique du Service (l’Hygiène de la province de Québec : Pour juillet 1935, nombre île naissances vivantes, 6,096 ; mariages, 2.286 ; décès, tous âges, 2,230 ; de moins d'un an, 419.L'amélioration commencée en juin se continue et même s'accentue.En juillet, notre mortalité enregistre le taux le plus favorable depuis 1926.Avec ses 2.230 décès, soit une moyenne 'quotidienne de 70, la mortalité générale obtient le taux très faible de 8.5 par 1.000 âmes quand le mois de juin avait déjà obtenu 9.6.C'est donc une amélioration de 11.5% en un mois.Pour la période des sept premiers mois, le taux de celte mortalité générale se trouve établi à 11.0.-'lit • cou , arativement à 11.3 qu'il était pour la période des six premiers mois, soit une amélioration de 2.7%.Il est à espérer que l'amélioration en cours se continuera suffisamment pour abaisser à un niveau normal le taux global de l’année.De son côté, la mortalité infantile n'a enregistré, durant juillet, que 419 décès, soit le plus faible aussi depuis 1926.Le mois de juin semblait avoir atteint le point ultime auquel cette mortalité peut, dans les conditions présentes, descendre, mais juillet enregistre 43 décès d’enfants de moins d’un an.Aussi, le taux 68.7 est-il plus favorable que celui de 73.2 qu’avait obtenu juin.C'est une amélioration de 6.1%.Pour la période des sept mois, la mortalité infantile est fixée à 94.5 en comparaison de 98.7 qu'elle était pour la période des six mois.C’est une diminution de 4.3%, due uniquement à l’amélioration de juillet.Il est d’intérêt à constater que, encore une fois, en dépit des conditions très favorables, le groupe des comtés orga- II s'appelle Austin K.Cross et il publie ses notes dans le (Tnz.KN.Il a trouve les routes du Québec étroites et tortueuses.Pour la taxe de f) sous b* gallon que notre gouvernement lève sur l'essence, et qui est la même que celle d'Ontario, il voudrait avoir de véritables au tost rades connue celles que le gouvernement d'Ontario maintient en formant les municipalités à partager sa dépense.Il a été frappé par l'état de la route de Sainte-Agathe à Saint-Donat ( ! *, mais surtout par la présence de nos ponts à péage.Il va beaucoup de ponts à péage aux Etats-l nis, et il suffit d'avoir voyagé dans le \ew-York et la Pensylvanie pour le savoir, mais un correspondant du Citizkn, pour se convaincre que cette institution est propre à la province de Québec, n'a eu qu'à se laisser aller sur les autostrades d’Ontario, où des cours d'eau comme le Richelieu, par exemple, sont inconnus, mais où les bras de mer comme b' Détroit, desservis par des ponts payants, sont situés pour moitié hors de la Province.Olivar ASSELIN Pendant que la S.D.N.s’efforce d’aviser aux moyens d’arrêter la guerre entre l’Italie l’Abyssinie, et que les nouvelles de combats en Afrique parviennent aux oreilles irritées de l’Angleterre, les partis politiques anglais se préparent fiévreusement pour la grande lutte électorale qui doit décider de la composition des Chambres et du gouvernement pour une nouvelle période de cinq ans.En raison de la gravité des événements internationaux et des vastes responsabilités que l’Angleterre a prises dans le conflit africain, on avait espéré un moment que le gouvernement aurait remis au printemps prochain les libéraux-nationaux.Les conservateurs, qui croyaient que leur et , parti avait suffisamment de force pour se présenter tout seul sous sa bannière, seront déçus : l’heure est trop grave, dit M.Baldwin, pour mettre des intérêts de parti avant les intérêts de la nation.Disons ici que le parti conservateur, qui se trouvait menacé par une grave scission cet été, a pu reconstituer son unité au congrès de Bournamouth, au début d’octobre.On se souvient que devant la menace que les événements internationaux présentaient pour l’Empire britannique, M.Winston Churchill, qui menait jusqu’ici opposition à l’intérieur du parti .'étions générales qui s’imposent conservateur, a fait le geste gé- après un règne réglementaire de cinq années des Communes.Mais c’est justement à cause des positions délicates que le gouvernement a prises sur l’échiquier politique mondial, que le Cabinet de Londres a décidé de faire appel aux électeurs.Au moment de prendre d’irrévocables décisions pour le réarmement intense du pays et pour assurer le respect du Covenant de Genève, les ministres de Sa Majesté ont le droit et le devoir de savoir s’ils ont la confiance du pays pour poursuivre cette double tâche sans faiblir.Or c’est vers le milieu de novembre que se fera cette dramatique consultation électorale.Voyons quelles sont les posi nereux de se rallier à M.Baldwin.Mais il faut ajouter que, depuis, les événements mettent de nouveau en danger cette unité.En effet, devant la sévérité des sanctions approuvées ou suggérées par le gouvernement britannique contre l’Italie, quoique sous le couvert de la S.D.N., le dernier carré des dic-hards menés par M.Amerv a cru bon de protester que le Cabinet mène le pays à la guerre.Une délégation des quelque vingt députés qui suivent M.Amerv viennent de se présenter chez M.Baldwin pour leur faire part de leurs craintes.Et à cette délégation se sont joints les représentants des conservateurs-impérialistes, qui ressentent également fions que les partis politiques les mêmes inquiétudes.Au prooccupent à la veille de la bataille, chain débat sur la politique exté- Tél.BElair 1474 Jean-Marie Nadeau AVOCAT 266 ouest, rue St-Jacques Il RfilfMffllM hebdomadaire politique et littéraire 180 eut, rue Sainte-Catherine, Montréal Cane pontnle 4018 Tél.I PL 8511 Directeur : OLTVAR ASSELIN ABONNEMENT : 1 an 6 mois Espagne Royaume-Uni France • S il nous propose de nous conduire dans une mosquée pour assister au culte du soir.Ce n’est pas que, personnellement, il s’intéresse beaucoup aux choses de la religion.Il nous assure qu’à Istanbul la plupart des gens partagent ce détachement.Mais il admet très bien qu’une poignée de fidèles gardent leur foi, si cela peut amuser les touristes.Nous avons poussé jusqu’à Baya-zid Djami où l’on admet les mécréants occidentaux.Il est encore trop tôt.L’office n’a lieu qu’à dix heures.Mais il y a là un café ayant assez de ressources pour nous faire prendre patience.On s’installe en plein air, à des tables boiteuses.La soirée est fraîche.Il y a beaucoup de consommateurs.1 rois musiciens, le regard noyé dans leur rêverie, dévident leurs mélodies qui, pour une oreille étrangère, se ressemblent toutes.Des joueurs abattent gravement des cartes poisseuses.Un de leurs compagnons les contemplent.II a fait venir un narghileh et, tout en fumant, il semble s’efforcer de ne pas se permettre le plus petit geste inutile.Il a l’air de tenir une gageure.Les paupières un peu lourdes, il ne bronche pas et tire à petits coups la fumée froide et l’on voit rougeoyer les braises dans l’obscurité.A lui seul, il est un spectacle.Il est tout un passé qu’on n’a pas encore réformé.(emplacement de l’ancien hippodrome de Constantinople.L’obélisque orné d'hiéroglyphes fut transporté d’Egypte sous Constantin.On voit à gauche, à l'arrière-plan, la mosquée do Sainte-Sophie, et au premier plan, à droite, la most|uée bleuie.Dominant faiblement la rumeur de la place, quelque part au-dessus de nos têtes, dans la nuit, un invisible muezzin lance son appel guttural.On le devine, là-haut, sur son petit balcon, la tête haute, les pouces collés derrière les oreilles.Déjà les fidèles traversent la belle cour de la mosquée Bayazid et pénètrent dans le sanctuaire, pareil aux autres et qui, comme les autres, doit posséder dans un recoin quelque pendule gracieusement offerte par la reine Victoria.Les chrétiens sont invités à choisir, sur le seuil, des babouches dont j]s revêtent leurs chaussures et qui leur conféreront en marchant une aisance rappelant celle du pinguoin.Mais les bedeaux ne sont pas très exigeants.Certaines visiteuses trouvent grâce à leurs yeux, si elles veulent bien se borner à marcher sur les dalles et, en toute hâte, ils roulent une partie des lapis.On vous impose la babouche moins, semble-t-il, pour ne pas attenter à la sainteté du lieu que pour ne pas salir et fatiguer les tapis.Quelques lampes seulement (car les temps sont aux économies) éclairent assez mal l’assistance, laissant dans l’ombre la haute coupole.Une certaine de fidèles se sont mis sur trois rangs au fond du sanctuaire trop grand pour eux.Ils se sont agenouillés devant le mihrâb, cette niche qui les oriente vers la Mecque et qui semble être une porte lumineuse s’ouvrant sur les contrées inaccessibles.L’imân conduit la prière.Sa voix monte et retombe et la psalmodie reprend, rythmant les gestes des disciples qui, sans une faute, sans une indécision, avec une unanimité impressionnante se prosternent, se relèvent avec énergie et ont l’air de se livrer à quelque salutaire exercice de gymnastique en commun avant d’aller prendre un repos bien gagné.Un doute effleure l’esprit qu’on se hâte d’écarter.Ces gens-là seraient-ils des comparses bien stylés à l’usage des gens partis à la recherche de l’Orient?Il n’en est rien.La prière est terminée.Les fidèles s’en vont sans bruit, sans même prêter attention aux chrétiens qui ont assisté à leurs dévotions.Un imân impassible cueille au [tassage les pièces d’argent que nous lui donnons pour contribuer à magnifier le nom d’Allah.I*.DECORVET (Gazette de Lausanne) M.Félix de Grand’Comre : Tu viens en France.Un fort volume de 375 pages du format de 7 pouces 14 sur 4 pouces Aux LA CRITIQUE DES LIVRES éditions des Presses Universitaires de France, place de la Sorbonne, Paris.nouveaux combats l’homme qui se sait « vidé ».Le destin de Ricardo est écrit.Il n’échappera pas «à la corne.Armand RIO milicr avec les coutumes anglaises et Félix de Grand’Combe est le pseu-l-i'.me de M.Félix Boilot, un auteur qui a déjà écrit une vingtaine de volumes pour le rapprochement intellectuel de la France et de l’Angleterre : Pour bien comprendre la lancine anglaise — Pour savoir comment le français est enseigne dans une université anglaise — Apprenons l'anglais en Angleterre — Quelques heures de français dans une université anglaise — England.This nay ! — Le patois de la commune de la A rand’ Combe — La psychologie de la construction dans ta phrase française moderne — Le répertoire des métaphores et mots français tirés des noms de villes et de pays étrangers — Le français régional de la Grand' Combe — Le vrai ami du traducteur français - anglais et anglais - français.et ainsi de suite.Avant d écrire Tu viens en France M.Boilot avait publié sous le même pseudonyme Tu viens en A nglcterrc, à l’intention du jeune Français qui veut connaître les Iles britanniques.Dans son dernier ouvrage, après quelques conseils généraux au jeune anglais, il conduit successivement son protégé à table, au restaurant, au café, à l’hôtel, dans la rue, dans les boutiques, au théâtre; il lui fait tout un cours sur la langue, les formalités de la correspondance, les invitations.les relations avec les femmes, les particularités du caractère français par opposition au caractère britannique, les fêtes et cérémonies, les affaires sportives, etc.Il accumule, soit dans le texte, soit dans des appendices.soit dans de simples notes inframarginales, tout ce qui pourrait aider le jeune étranger à se familiariser avec les coutumes et la langue du pays.En conclusion, il n’est pas loin de partager cette opinion par laquelle Taine a couronné son étude sur la civilisation anglaise : « Trois choses sont meilleures en Angleterre : la constitution politique, la religion, la grandeur de la richesse acquise, lui revanche trois choses sont meilleures en France : le climat, la vie de famille et de société, la distribution de la richesse.» Tout l’ouvrage est écrit sous forme de dialogue entre le jeune Anglais et son mentor.Par ci par là, Félix de Grand’Combe quitte le ton sérieux pour se laisser volontairement glisser dans la rosserie, dans l’à peu près, ce qui, cela va sans dire, déroute le jeune Anglais et ne déroutera pas moins les partisans canadiens de la refrancisation.Le dialogue, enlevé, est partout pétillant d’esprit.Tu viens en France mérite d’être lu par quiconque tiendra à s’initier aux us et coutumes de ce pays-là.Plus fa- américaines qu’avec la vie française, i le Canadien-Français ne lira pas sans ! profit cette petite encyclopédie du i savoir et du bon goût.Tous les ouvrages de M.Félix Boilot sont d’ail-i leurs d’une lecture également profitable.• Les forêts du Canada : Etendue.Essences.Propriété.Régimes administratifs.Produits.Avenir probable.Edition revisée, publiée à l’occasion du quatrième congrès forestier de l’Empire britannique, tenu en Afrique australe en septembre 1935.Brochure de 61 pages de 13 pouces sur 8, éditée en anglais par le directeur fédéral de l’Office forestier (Forest Service).M.E.H.Finlayson.Ouvrage que (étant donné la conception que l’on se fait des droits du français dans ce domaine) il ne faut guère s’attendre à voir paraître en notre langue, mais qui n’en présente pas moins un très vif intérêt.On lira avec un intérêt particulier les chapitres relatifs aux essences naturelles et aux divers régimes administratifs, 11e fût-ce que pour se rendre compte s’il y aurait avantage à simplifier par économie le régime d’exploitation d’une province à l’autre, pourvu qu’Ottawa se persuadât qu’il n’y a pas que des Anglais au pays.Ol.A.Philippe Bertault : Honoré de Balzac et l’Idée coloniale, extrait des Etudes, 20 septembre 1935.Balzac, génie immense, dont on 11’épuisera jamais les infinies perspectives de psychologie, de science, de morale et d’art.M.Philippe Bertault, que nos lecteurs connaissent déjà par ses remarquables chroniques françaises, étudie, en un style sobre et consciencieux, l’idée que se faisait des colonies le visionnaire de la Comédie humaine.Idée que dominait l’imagination.Elle date de l’époque où Balzac lisait au collège de Vendôme les in-folio du P.Du Halde, les vingt-six tomes des Lettres édifiantes et curieuses, les treize volumes du P.Grosier, les relations de Ferdinand Verbiest, etc.De cet amas fantastique de connaissances orientales jaillira, sous l’influence de | Nodier, De Foe, La Pérouse, Cook, Byron, Cooper, etc., l’estimation équivoque et franchement incomplète qu’il développera dans ses œuvres.En somme, Balzac a moins compris que vu les colonies.Il les a vues avec cet œil extraordinaire qu’il braquait sur les choses et même les idées, cet œil — un seul, mais un gros — qui est, selon Léon Bloy, le symbole de sa personnalité.Il a décrit, avec cette précision exagérée qui lui est particulière, les exploiteurs égoïstes, les avides chercheurs d’or, les aventuriers sans conscience; il a tamisé comme dans un prisme les idées de son temps; il a impitoyablement retracé les dégoûtants modèles qu’il a rencontrés.Il a saisi avec moins de vigueur la mission civilisatrice des missionnaires; et quand il a voulu reconnaître l’action de Verbiest, Pé-rennin et autres, il l’a dépouillée de sa grandeur surnaturelle pour la réduire à d’humaines proportions.M.Bertault expose loyalement, sans admiration préjudiciable à la critique, ces idées trop ignorées de Balzac.Sa brochure, avec ses multiples renvois, ses justifications et ses preuves constantes, révèle un examen exhaustif de la Comédie humaine.Il a exploré ces vastes contrées, en si parfait contraste avec notre actuel et mesquin régionalisme, où évoluait ce génie d’imagination et de vitalité.Une bibliographie balzacienne qui 11e mentionnera pas ce travail sera incomplète.Carmel BROUILLARD, o.f.m.Pierre Joi.lv : Traité des Opérations de Compensation, Nouvelle édition.Nous avons signalé, en son temps, la publication du Traité des Opérations de Compensation.Les Clearings commerciaux, de M.Pierre Jolly, Directeur des Services Techniques de la Chambre de Commerce de Paris.Cet ouvrage, qui a reçu un accueil très sympathique, car il comblait une lacune importante de notre littérature économique, vient de faire 1 objet d une mise à jour complète.par fascicule encarté dans l’ouvrage.Durant ces derniers temps, en effet, de nouveaux accords sont intervenus et la politique du Gouvernement français a elle-même évolué.I ous ceux — si nombreux, à la vérité — qui s’intéressent à la compensation et qui se doivent d’être exactement renseignés sur le fonctionnement des clearings commerciaux, trouveront dans le livre de M.Pierre Jolly ainsi remis à jour, une documentation renouvelée, propre à les éclairer utilement et à leur permettre d’effectuer très précisément.en toute connaissance du sujet, leurs opérations d’importation et d’exportation.Le Médecin-général Emily : Fa-ehoda, Mission Marchand (1896- 1899); Hachette, éditeur, Paris.Entre 1895 et 1900 la France organisa quatre grandes missions africaines dont les trois premières, la mission Fourreau-Lamy, partie de la côte méditerranéenne, la mission Joalland, des bords du Sénégal, et la mission Gentil, du Congo, avaient même point de ralliement : le Tchad, centre de lOuest-Africain.Leur but commun était de former le faisceau des possessions françaises de lAfrique du Nord, de l’Afrique Occidentale et de l’Afrique Equatoriale.Quant à la quatrième, la mission Congo-Nil, qui devait écrire une magnifique page d’histoire, elle avait pour objectif de reculer la frontière congolaise jusqu'à la Côte française des Somalis, jusqu’à Djibouti.Mais cette mission Congo-Nil n’est désormais connue que sous le nom de l’admirable chef à qui elle avait été confiée, le capitaine Marchand.Malgré des difficultés sans nombre, elle réalisa comme les trois premières toute sa tâche et, partie du bord atlantique du continent noir, en atteignit le bord indien, après avoir maintenu pendant cinq mois le drapeau français sur un point de la rive gauche du Nil : l’ancien emplacement en ruines d’une ville égyptienne qui 11’était plus alors qu’une petite bourgade du bord du Nil, à 2(XJ kilomètres en aval de l'embouchure du Sobat : Fachoda.Ne cherchez pas Fachoda sur la carte.S’il reste encore des vestiges de ces pierres historiques, vous ne trouveriez plus qu’un nom obscur : Kodok.Mais de ceux qui furent les acteurs de l’épopée, les noms demeurent auréolés de gloire.Marchand, Mangin, Baratier, qui devaient à nouveau s’illustrer dans la Avec POM D’OR TOUT LE MONDE peut faire et boire un véritable Cidre de Normandie Pour tous renseignements s'adresser à Gabriel Boussion — 211, rue du Saint-Sacrement — Tel.: MArquette 5026 Grande Guerre, d’autres encore, dont le dernier survivant — avec l’interprète militaire Landeroin — est le médecin de marine Emily, aujourd’hui médecin-général.C’est à celui-ci que nous devons le pathétique Journal où, heure par heure, il a noté les événements de cette course héroïque, raconté 1’ « éclatante » victoire qui, si elle ne dura qu’un jour, eut des lendemains glorieux et a le mérite de mettre en relief l’endurance, le courage, l’abnégation et l’absolu dévouement à la Patrie d’une poignée de Français.Joseph Peyre : Sang et lumières.roman; Bernard Grasset, éditeur, Paris.L’Afrique du Nord, sa terre et ses hommes, son ciel et sa féerie ont inspiré à M.Joseph Peyré trois livres d’une très grande beauté : L'Escadron blanc, Le Chef à l’étoile d'argent, Sous l’Etendart vert, qu’ont couronnés, en 1931, le Prix de la Renaissance et l’an dernier le Prix de Carthage.E11 remontant vers l’Europe un séjour à Madrid nous vaut aujourd’hui un roman qui est bien l’un des plus remarquables de tous ceux qui tournent autour de l’arène sanglante.M.Henry de Montherlant a chanté dans la prose héroïque des Bestiaires la tauromachie chevaleresque de la grande époque des Fras-cuelo et des Mazzantini, la « Fête taurine » offrant dans l’Europe d’hier les dernières flambées du culte païen du Soleil.M.Joseph Peyré, lui, a été secoué surtout par son dramatique humain.Au fond de la tragique cuvette où picadors bardés de cuir et chevaux éventrés s’effondrent sous le choc du fauve que les banderilles ont zébré de sang, ce qui l’a pris, c’est la vision de l’homme promis, par les exigences de la gloire et de la foule, au danger, à la douleur et à la mort.Plus précisément il a voulu conter les heures poignantes où cellui qui a été le maître protégé par les Dieux, l’Idole, pressent l’inéluctable fin et voit venir la bataille d’où il ne sortira que pour aller étendre son corps crevé sur la table d’opération de la plaza.Le grand vainqueur qui descend ici sa courbe d’étoile, c’est Ricardo Garcia.Par trois fois déjà la mort a failli passer, à Saragosse, à Valence, à Madrid.Dès les premières défaites le cercle des hyènes se resserre : journalistes véreux, maîtres chanteurs, insulteurs à gage guettant la rentrée de celui qui a cessé de plaire et qu’on veut achever.L’inexorable coalition accule à de Gilbert Maire : Bergson, mon maître.Un volume in-8 couronne à 12 fr., chez Bernard Grasset.« Bergson, mon maître », de Gilbert Maire, n’est point une banale évocation de souvenirs concernant le grand philosophe, mais le récit vivant et pittoresque d’une adolescence, puis d’une jeunesse que les hasards conjugués de relations familiales et de déplorables études placèrent sous l’influence directe et précoce d’Henri Bergson.On y voit l’illustre métaphysicien intervenant pour sauver un mauvais élève des sanctions universitaires et prodiguant à un cancre universellement condamné des conseils, des expositions, tout un enseignement philosophique adapté à une sensibilité encore proche de l’enfance.Sur ce fond de souvenirs intimes, qui apportent à la biographie et à la psychologie de Bergson des documents originaux et précieux, Gilbert Maire a su camper les portraits de divers maîtres et camarades de Sorbonne, qui font de son livre une reconstitution profitable des années 1907, 1910, 1913, si importantes pour l’histoire de la période d’avant-guerre.Les suites de l’affaire Dreyfus.Ives tyrannies intellectuelles que le fanatisme des partis politiques de gauche installa dans l’Université, les raisons qui poussèrent les jeunes gens de cette époque à se rallier aux idées de Y Action Française, y sont exposées et analysées avec clarté et précision.D un point de vue personnel, Bergson est ainsi replacé dans le milieu historique qui permet de comprendre le succès de sa doctrine.Charles Maurras qui fut l’adversaire de Bergson est puissamment dessiné en quelques pages qui montrent l’intérêt social de querelles en apparence toutes métaphysiques.L’œuvre de Gilbert Maire destinée au public lettré prendra place parmi les mémoires indispensables a la connaissance de notre temps.Idle constitue aussi l’une des très rares notations que l’on possède sur la vie intime du plus grand philosophe contemporain.Jules AURIC Le sucre des Indes D’après des statistiques compilées pa Iç service industriel du Canadien Ni tional, les Indes sont l’un des grand producteurs de sucre du monde.Ce pay consacre à la culture du sucre 3,400,00 acres, dont il récolte environ 5,000,00 de tonnes à l'état brut.Ce sucre es raffine dans 123 établissements. 2 novombre 19.7.7 HUMHflXU 11 La Vie Economioue A TRAVERS L’ACTUALITÉ ________par J.-M.NADEAU- Ij> Canada ot le conflit anglo-italien Quelle est la position du Canada dans le conflit anglo-italien depuis que nos représentants, dûment mandatés, ont voté le principe des sanctions économiques contre l’Italie ?Nous avons vu la semaine dernière ce que nous allions perdre à la suite de cette décision inconsidérée qui met une fois de plus notre politique extérieure à la merci de celle de l’Angleterre.Si encore nos pertes n’allaient être que manuelles ! Les événements prennent déjà mauvaise tournure et, comme on pouvait d’ailleurs s’y attendre, l'Allemagne se rangera vraisemblablement du côté de l’Italie.Les heures tragiques d’août 1914 se répéteront-elles?Les sanctions que nous avons votées se retourneront contre nous.Que ceux qui dirigent notre politique extérieure se donnent la peine de lire, s’ils en ont le loisir, l’histoire des sanctions dites préventives de la guerre.Ils y verront le jeu trouble de l’Angleterre, qui défend ce qu’elle condamnait en 1925 par la bouche de sir Neville Chamberlain.M.Eden tient aujourd'hui un tout autre langage : les intérêts économiques de la Grande-Bretagne au lac Tsana et au Nil bleu et les concessions de pétrole ne sont pas étrangères à la vogue que l’Angleterre veut donner aux sanctions économiques comme moyen de prévenir la guerre.L’impossibilité d’appliquer efficacement les sanctions devrait nous inciter à reprendre notre liberté d’action.Les Etats-Unis, le Japon, l’Aile-magne, la Suisse, la Hongrie, la Pologne, refusent déjà de s’interdire tout commerce avec les Italiens.Depuis plusieurs mois, les exportations américaines de cuivre et de coton vers l’Italie ont augmenté dans des proportions étonnantes.Et nous, dans les mêmes circonstances, nous refuserions de vendre à l’Italie notre blé et notre bois ?L.es sanctions accentueront davantage le déséquilibre des échanges mondiaux au profit de quelques pays tels que les Etats-Unis, l’Allemagne et le Japon.A Londres, le marché des changes est hésitant et les sorties d’or inquiètent déjà la Cité.Voilà qui ne favorisera pas la stabilisation monétaire tant souhaitée et jamais réalisée.L’aventure des sanctions conduira d’autant mieux à la guerre qu’il faudra suppléer à leur inefficacité.Il faudra trouver autre chose, c’est-à-dire des navires, des canons, des avions et des hommes.Que l’Italie se trouve une alliée du côté de l’Allemagne et la situation politique internationale devient catastrophique.Alors qu’irions-nous faire dans cette galère ?Irions-nous, comme en 1917, défendre l’Angleterre en Ethiopie ou ailleurs ?Les Canadiens de 1935, nous l’espérons, ne croient pas qu’ils seront les sauveurs de la civilisation en devenant les compagnons d’armes de sémites noirs, barbares élevés par la volonté de l’Angleterre au rang de civilisés.Les contrats de l’Hydro O* On cherche en ce moment, à ronto, à trouver une solution au pro- T~ r'i* » „ blême urgent des contrats de l’Hydro conquérir les marchés intérieurs et ex .„ ., i ¦ i,.rieurs Kn aorrirnmire comme er ontarienne.L’Ontario a voté une loi ., • i i.i , i , » „ tll.nn.v l,.c d autres domaines, il importe aussi de declarant nuis et meme illégaux les , ., .• • ivo r»i»c nnohapr In niiMtmn fin nrix fie contrats intervenus entre la Commission •— y .?' ’ .\ Mm .• .1 revient.Une bonne comptabilité agri- ro-electrique et les compagnies du * ., ' ,, , _ * .i.« Lv oef • bi coiilo r\ r» rvnfPnn TP Québec chargées de lui fournir nergie électrique.Tort de cette loi _ cole est la seule manière d’apprendre aux cultivateurs ce qu’ils doivent et nergie électrique, fort cie ceuc ioi ¦ dont il est l’auteur, M.Hepburn Peuvent produire avec un rendement • • m .maYimiim.Kien ne vaut 1 exemnle somme les quatre compagnies québécoises en question : Gatineau Power MacLaren Power, Beauharnois Powei et Ottawa Valley Power, d’avoir i réduire leurs prix et à restreindre leui exportation d’énergie électrique.Sinon le premier-ministre d’Ontario, qui £ déjà habitué ses électeurs à 1 idée d’une avantageuse répudiation des contrats, verra à ce que la loi onta rienne pourvoyant à leur annullation soit publiée et mise effectivement exécution.Sans qu’il ait été nécessaire de les pousser à agir de la sorte, les action naires des compagnies menacées invoquent de leur côté, avec une ardeur qu’ils ne se connaissaient peut-être pas auparavant, la sainteté et l’intangibilité des contrats.Cela se comprend si on songe aux quelque 190 millions qui sont en jeu.Les compagnies ont certes raison de protester contre 1 inique immunité dont jouit l’entreprise étatisée de la province voisine.Mais qu elles se disent bien qu’il faudra nécessairement accorder à l’Hydro des concessions telles qu’une baisse des prix et une diminution de l’exportation de l’énergie électrique.L’annulation officielle des contrats exposerait l’Ontario à bien des désagréments, dont le moindre ne serait pas la disette imminente d’énergie électrique.Les compagnies ontariennes ne sont pas actuellement en mesure de suffire aux besoins de la population, sans cesse croissante depuis la reprise des affaires.Si le compromis proposé échoue, les actionnaires des compagnies subiront une perte nette de plusieurs millions et l’Ontario devra réduire considérablement sa consommation de houille blanche.Et la province de Québec y perdra quelques centaines de mille dollars en rentrées d’impôts.II est donc facile d’expliquer la présence, au milieu des représentants de la Beauharnois et des autres compagnies intéressées, de MM.Mercier et Arcand, chargés d’exposer le point de vue du gouvernement de notre province.Quel sera le résultat de ces négociations entreprises à Queen s Park?Pour une politique agricole M.Godbout, ministre de 1 Agri )UiHa, ci piun-m -*•“ culture dans le cabinet provincial de un commerçant, un négociant, un fi-Québec, vient d’exposer à un auditoire nancier, un capitaliste 1 ’ " de cultivaient rprl rpc- sement agricole.Les efforts du ministère de l’Agriculture portent d’abord sur la mise en valeur de notre sol et l’amélioration de la qualité de notre élevage.On condamne depuis longtemps et sur tous les tons l’esprit de routine de nos agriculteurs.Ce n’est pas suffisant.Il faut enseigner à ces derniers quelles sont les conditions essentielles de la production et l’art de CHRONIQUE FINANCIÈRE par AUGUR ne pas négliger la question du prix de maximum.Rien ne vaut l’exemple pour induire les cultivateurs à améliorer leurs méthodes de culture.D’où l’importance des fermes d’expérimentation.Ne devrions-nous pas fonder plus de ces fermes et les répartir suivant les exigences de la géographie et la productivité du sol ?Depuis de nombreuses années, l’effort du ministère de l’Agriculture de la Province est dirigé en ce sens et les résultats sont déjà appréciables.La vente des produits du sol dépend dans une large mesure de l’état de nos marchés extérieurs.Pour l’excédent de notre élevage bovin et porcin, nous avons déjà deux marchés tout trouvés : l’Angleterre et les Etats- Unis.II en est de même pour nos produits laitiers.Seule une collaboration des gouvernements, provincial et fédéral, nous facilitera la conquête des marchés extérieurs.Les ministères de l’Agriculture et du Commerce ne doivent pas s’ignorer.Ils doivent s’entendre sur le rôle et le nombre de nos agents de commerce à l’étranger.L’agriculture va de pair avec le rétablissement industriel de la Province et l’électrification des campagnes.C’est là la meilleure manière d’utiliser l’excédent de notre production d’énergie électrique.Un meilleur rendement de l’agriculture, adapté aux techniques nouvelles, est le gage le plus sûr de l’équilibre des forces économiques.Soyons heureux de voir que c’est de cette façon que le ministre de ’Agriculture actuel comprend son rôle.Jean-Marie NADEAU La tendance aux Etats-Unis ! spéculateurs plus désireux de faire des placements que de jouer ou sim-L’indice de la production de l’acier, plement de boursicoter, qui est en général un baromètre assez.| sûr de l’activité économique du pays, • est reste a peu près stationnaire depuis i Les va]eurs américaines le milieu du mois d août.On a vu une rqrrise substantielle se produire à une époque où elle ne se fait généralement pas sentir et, depuis ce moment, contrairement à certaines prévisions, le Si l’on consulte les statisticjues du marché de Wall Street, on s’aperçoit que dans l’ensemble il s’est produit une hausse très sensible des valeurs LA LANGUE DES AFFAIRES Affaires Au mot affaires, se rapportent des expressions impropres, des anglicismes courants, tels que : « être d’affaires, business man, boomeur, schemeur, dull, gociat.ons entreprises a uuecu s .an., busy » Ce son.de .elles expressions Nul ne le sail.Espérons qu’on en ar- qu.rendent notre langue commerciale .• • i _______l kirknrlp mprfp pi nui rrtnf narrois Nul ne le sait.Lsperons qu on eu ai- .¦¦ ° rivera à un compromis qui seul peut hybride, inerte, et qui en font par foi prévenir un désastre et un coup bas un baragouin incomprehensible aux porté au crédit du pays tout entier.^ ^ en : ï I h compte tous de celui
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