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Titre :
La renaissance
Éditeur :
  • Montréal :[La renaissance],1935
Contenu spécifique :
samedi 30 novembre 1935
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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La renaissance, 1935-11-30, Collections de BAnQ.

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10 sous Montrial, samedi 30 none mitre 1935 Première année — No 24 ifi ntmmmct HEBDOMADAIRE POLITIQUE ET LITTERAIRE Directeur: OLIVAR ASSELIN UN HOMME ET.SON OPPOSITION1 Le 14 octobre passé, M.Bennett puni, toute la vengeance du peuple était apaisée, et il était à prévoir que M.Taschereau aurait du mal à repous-cr l'alliance Duplessis-Gouin, si contre nature qu’elle parût à quiconque se donnait la peine de la raisonner.M.Taschereau avait aussi contre lui d’être resté longtemps au pouvoir et d'avoir, durant ces longues années, accumulé contre lui tout ce «pii peut se liguer de mécontentements contre un gouvernement à qui on demande tout à la fois, malgré la .rise, de faire de bonnes routes sans taxer, de punir rigoureusement les coupables sans jamais frapper les amis du pouvoir, de verser à temps les subventions aux hospices tout en souscrivant à la politnpic de pension de vieillesse dont le gouvernement fédéral a commencé par faire son affaire, de servir de comptable entre la Confédération et les municipalités pour le règlement des allocations de chômage, de garder daitç ses administrations un nombreux personnel sans restreindre le budget, et ainsi de •aiite.Entre les 16 dépùttvs «pie M.Duplessis a réussi à faire élire et les 26 «pii portent les couleurs de l'Action libérale-nationale, il n’v a unité d’opinion -Ur aucun principe essentiel.En fait, c’esi autant par prudence que par respect pour la vérité «pie l AcrtON CATHOLIQUE constate : « Le parti Duplessis-Louin est tout jeune ; au vrai, les éléments «pii le constituent ne se sont soudés que peu «le jours avant le scrutin.» Quand on proposera «l’interdire aux ministres l’accès aux conseils d’administration, M.Paul Gouin sc rappellera «pie c’est au nom de on illustre père, membre des conseils d’administration de la Royal Trust Co.et de la Baïupte de Montréal, qu’il a dénoncé M.Taschereau.M.Oscar Drouin se souviendra qu’au commencement de 1935 il se posait en adversaire «le cette limitation de la liberté «les ministres.M.Duplessis entend-il imposer une nouvelle politique à M.Taschereau pour permettre aux « habitants » «l’avoir chacun sa chute d’eau à exploiter ?On pourra lui répondre «pie c’est sir borner Gouin qui imagina d’affermer les cliutes pour 99 ans ou 75 ans moyennant une redevance annuelle d’un «lollar par cheval-vapeur.Quand M.Taschereau voudra mettre fin au régime ipt’il a institué pour régler les relations du capital et du travail ( j»:»r l’extension jiir’ " e de la convention collective de travail), si on lui en fait on crime au nom des ene\cliques, il n’aura «pi’à repondre «pie ce sont los encycliques, «pie les abbé l.avergne et les Grégoires laïques de tout acabit ont invoipiées contre lui, pour le faire condamner par presque toutes les populations travaillistes de la province «le Québec.Et qui est-ce «pii devra se contenter de cette explication, si ce n’est M.Paul Douin, défenseur «1e l’« ordre social chrétien» au dire de ses suppôts, les Jeune-Canada.M.Smart, en écoutant disserter sur les encyclnpies, sentira le besoin d’aller se promener en bas «le l’escalier et M.Gault éprouvera sans doute le même besoin.I'.n fait, M.Taschereau n’aura qu’à laisser aller ! Opposition pour qu’elle se révèle aussitôt impuissante, si elle ne se résigne pas à se laisser guider par les événements, comme ont fait ses prédécesseurs.On pouvait reprocher à M.Taschereau beaucoup de choses sans tomber dans la fantaisie, mais, chose curieuse, on lui a surtout reproché «les ( hoses irréalisables et sur lesquelles les éléments d opposition eux-mêmes seraient bien en peine de •-e mettre d’accord.Ce n’est pas qu’en notre pays il soit impossible de s’ententlre sur certains principes d opposition, et même M.Grégoire aidé de l’abbé l.avergne pouvait trouver ce terrain «l’entente.Nous pouvons quand même constater, sans forcer la vérité, qu’entre M.Duplessis et un honnête Jeiine-( anada, entre M.Gouin et feu son père, entre I.Grégoire, AT.Smart et M.Martin Fisher, il n’v a absolument rien, rien «le commun.Le rôle d’une opposition, dans le parlementarisme britannique, consiste d’abord à opposer, à combattre ; mais il laut d’abord que l’opposition puisse se réunir ijuelque part, et le propre de l’opposition Gouin-Duplessis, c’est «pie les salivards qui la suivent ne peuvent se réunir nulle part, et qu’ils se servent 'les encycliques uniquement pour arriver au pouvoir.(1) Avec ilo.s excuses à Claude-Henri Grignon.Le clergé dans la politique Sous cette manchette, «Des prêtres participent a la lutte—L’abbé Lavergne, curé de N.-D.-de-Grâces 1 de Québec).l’abbé Laliberté, du Séminaire de Québec.l’abbé Gravel, curé «le Thetford.», on lisait le lundi 25 en première page du Soleil ce fait-divers que FACTION catholique n’a pas contre-(lit et que la Gazette de Montréal a confirmés pour ce qui est «le l’abbé Lavergne : Des membres du clergé ont participé, en fin de semaine, !l la lutte électorale et sont allés appuyer à divers endroits des candidats opposés à l’administration libérale.Aujourd’hui, (|n mentionne les noms de trois prêtres qui ont parlé, à des ralliements politiques.Dans Montmagny, l’abbé E.-V.Lavergne, curé de Notre-hame de Grâces a tenu une assemblée à Cap St-Ignace, hier après-midi, en faveur de la candidature de M.J.-E.Grégoire.Dans la soirée, il adressait aussi la parole à Montmagny même en faveur du candidat oppositionnistc.h’echevin E.Trépanier, de Québec, parla aussi à cette assemblée.ta -awu*i£ i».».ir.JADIS, EN RUSSIE SOUVENIRS D’UNE VOYAGEUSE (Scrvwwwx iAx> En page deux : La critique des livres En page trois : Les heures troubles de l’Europe André Bowman L’idéal latin Louis Madelin En page quatre : Tout le monde et son père.Jean-Ghaiii.es Harvey En page cinq : Parlous du Salon d’automne.Emii.e Venne D avoir vécu Bergson Gakmki.Brouillard, o.f.m.L humour «l’un Miint Gl II.LAI ME L AV ALLÉE, o.f.m.En page six : Questions de langue Henri Koui.i.aud En page sept : L’art de prendre des notes Hélène Hoi r.in En page huit : La Y.M.G.A.«suite et fin) Jean-Kohkkt Bonnier Le lasso Commandant Stéfani En page neuf : Les films du jour Louis Pki.i.and A propos d'une conférence- audition IL un St-Denys Carneau Atout.cœur Louis Pei.i.and En page dix : L’Angleterre et la réciprocité Jkan-Marie Narevu Chronique financière Aucun En page onze : L’Afrique australe A.K.R.Comment les Italiens ont préparé l’expédition d’Abvssinie Général A.Niessel En page douze : Pasteur |>r a.Séguin Le froid qui conserve (suite et fin) Léon Loiitir « Qui n'a pas vu Avignon au temps des Papes — assure plaisamment 'e cher Daudet — n’a rien vu.» C’est une ville énorme, très vieille, toute pleine d’un passé dont s’effaraient toujours nos esprits latins, et qui nous attirait à la fois par je ne sais quelles affinités lointaines et secrètes.Ses splendeurs orientales nous émerveillaient, sa nonchalance asiatique étonnait, à l’aube de ce vingtième siècle tout bouillonnant d’idées neuves, agité de ferments multiples, impatient de changer le vieux monde.Son Kremlin défiait notre sens de l’harmonie par ses lignes incohérentes son amas de coupoles et de minarets, la profusion de ses couleurs.Ses murs crénélés racontaient de tragiques histoires.Les dômes d’azur et d'or de ses mille églises rutilaient au soleil, leurs cloches, du matin au soir, chantaient leurs hymnes mélancoliques ou triomphales.Et des monastères tout blancs, où des grandes-duchesses priaient sans fin, disait-on, pour expier, dans une austérité rigide, des abominations mystérieuses, nous semblaient un anachronisme plein de saveur.Une piété de Moyen-Age enveloppait la ville.En pleine rue, des cierges brûlaient devant une icône brillante d’orfèvreries précieuses.Des femmes se prosternaient, courbées en deux.Des hommes se signaient, du triple signe de croix orthodoxe.Dans les tramways même, on se levait pour saluer, au passage, telle statue miraculeuse devant laquelle, toujours, priait avec ferveur quelque pèlerin dont le costume misérable et pittoresque re- Les auditeurs du Cap St-Ignace et de Montmagny écoutèrent les orateurs.DANS LOTBINIERE L’abbé Maurice Laliberté, professeur de Rhétorique A au Séminaire de Québec, a tenu une assemblée politique, hier avant-midi, après la inesse paroissiale, à Ste-Croix de Lothinière.Les paroissiens ne furent pas peu surpris de trouver à la porte de l’église l’abbé Laliberté qui les invita à attendre en leur annonçant qu’il leur parlerait de politique.Quand l’assistance fut assez considérable, ee prêtre du Séminaire monta sur le banc du crieur public et fit une charge contre le gouvernement Taschereau.Des assistants posèrent quelques objections à l’abbé Laliberté et ce dernier y répondit et quand il eut terminé sa harangue, les quatre rinquicmc des gens crièrent de vigoureux hourrahs pour l’honorable M.Francœur, ministre des Travaux publies et candidat du gouvernement Taschereau dans le comté de Lothinière.ASBESTOS, 25.— Hier, dans une assemblée publique, M.l’abbé Pierre Gravel, de la cure de Thetford, a prêté le concours de sa présence et de sa parole au candidat conservateur, M.A.Gaudreau.Cette intervention n’a pas provoqué d’incidents.Le même jour I’Action catholique publiait cette dépêche de Montréal : Le R.P.Archange, o.f.m., devait parler hier après-midi, à l’érolc Souart, à l’assemblée politique tenue en faveur du candidat actionniste, M.Candide Rochefort, sous les auspic«« de la jeune génération.Le R.P.Archange ne s’est pas rendu à cette assemblée.Le R.P.Archange n’a pas parlé à cette assemblée mais il a envoyé au Comité des Actionnistes la lettre suivante : « Montréal.24 novembre 1935.« M.Meloche, Ecole Souart, • Montréal.« Cher monsieur, J’avais accepté de parler à la salle Souart, ignorant que je devais participer à une assemblée politique.Son Excellence Monseigneur Gauthier m’a fait demander , gênait le regard : le moujik, avec sa touloupe de j péftu de mouton, comme un berger de tyoël, — la | femme, en jupes bariolées, les jambes enveloppées de chiffons, chaussée d’écorce de bouleau.Leurs i yeux étaient remplis d’extase.Il y avait aussi une monstrueuse cathédrale, splendide de coloris, écrasante par ses formes ti-tanesques, qui s’élevait au cœur de cette Place-Rouge.Yvan le Terrible — le bien nommé —-l'édifia il y a des siècles, à la gloire du Sauveur.Puis, il fit crever les yeux à l'architecte, afin que jamais plus, ailleurs, il ne pût réaliser un pareil chef-d'œuvre.Il y avait une richesse insolente à côté d’une misère atroce et résignée.Et partout, une passivité de race qui se résumait en ce « nitthevô » — à quoi bon ! peu importe ! —- exprimant à lui seul tout le nihilisme, tout le fatalisme ancestral.C’était une corruption à peine dissimulée du haut en bas de l’échelle administrative.Craigniez-vous que vos malles ne soient la proie des douaI niers à la frontière ?Une vingtaine de roubles ha! bilement distribués parmi le haut personnel, et vous passiez.Vous refusiez-vous à semblable manœuvre ?Tous vos bagages devenaient suspects.Vos bouquins les plus innocents vous étaient rendus « caviardés » en maints endroits.Il fallait veiller à la sécurité de l'Empire et ne point laisser pénétrer, en cette sainte Russie, les poisons corro-! sifs de la démocratie française.Suite A i.a page 4 ! ce matin, par M.le chanoine Valois, de m’abstenir de porter la parole à votre réunion.Devant ce désir de mon supérieur hiérarchique, je n’ai qu’à m’incliner.Toutefois, je tiens à faire savoir à ceux qui se sont présentés pour m’entendre que cette intervention de l’autorité ecclésiastique, M.le chanoine Valois me l’affirme, a été faite à la requête du parti libéral, qui a craint que je ne réprouve et condamne ouvertement le régime actuel.Vous pouvez être de son avis.Après avoir privé de son droit de vote une grande partie (lu clergé — ma communauté de 65 religieux, en particulier — voici que ces hommes, sans conscience, nous empêchent de parler, parce que — d’après un journal anglais protestant — « le clergé compose la classe la plus intelligente, la plus honnête et la plus exempte de préjugés de notre population.» «Ceux qui font le mal, a «lit Notre Seigneur, haïssent la lumière.» Que mes concitoyens en prennent note et votent en ! conséquence.Veuillez agréer mes respectueuses salutations.Père ARCHANGE» Le Soleil écrivait en page «le rédaction le jour du scrutin : (.) Cette année, par deux fois, un peu moins aux élections fédérales et beaucoup plus aux élections provinciales qui se terminent aujourd’hui, ce qu’on était convenu d’appeler l'influence indue s’est exercée ouvertement.En apparence, cependant, l’épiscopat n’a pas pris parti.A Montréal certain prédicateur trop osé a reçu ordre de se taire.Par contre, toute la presse soi-disant catholique, la bonne presse, quotidienne ou hebdomadaire, a livré un assaut au parti libéral et au gouvernement de M.Taschereau.Un journal très excentrique, qui prend la croix pour enseigne, a traité 'e premier ministre et ses collègues d’ennemis perfides de 'a religion.Les autres ont parlé de révolution nécessaire, i l’électorat ne votait pas au gré des groupes d’opposition.Parmi les plus violents adversaires du régime actuel, nous ”ons vu, plus particulièrement dans le district de Québec, prêtres fulminer du haut de la chaire contre le parti 'béral et scs chefs.Dans nombre d’écoles, des religieux et •>s religieuses ont fait prier les enfants en commun pour obtenir la défaite du gouvernement.C’est à se demander si 1 antique querelle d’autrefois va recommencer entre le libéralisme canadien et l’autorité i - lipieuse.(.I Le même jour, dans un entrefilet, la Gazettl, annonçait : Le cardinal Villeneuve est parti pour Rome, avant la campagne électorale, dans le but d’obtenir, dit-on, les pouvoirs nécessaires pour agir envers les membres du clergé qui auraient commis des abus politiques.Dans cette question, la hiérarchie eedésiastique ne peut agir aussi longtemps que les dogmes et la foi de l’Eglise ne sont pas en danger.Agissant sous le couvert de cette protection, des prêtres, dans des centaines de chaires à travers la province, ont attaqué • gouvernement sous prétexte de donner des conseils aux fidèles, affirme-t-on librement.Si cet entrefilet «le lu Gazette est fondé, il faudra attendre patiemment le rapport du cardinal-archevêque de Québec, car il arrivera très eu retard, Sou Eminence ayant été retenu en route par de multiples explosions de kodaks et d’innombrahles réceptions offerte a lui et a sa suite de chevaliers et de secrétaires.Quant à l’assertion du Père Archange sur la radiation d’une communauté religieuse de 65, elle rappelle celle qu’on fit courir à la veille des élections provinciales de 1931, concernant la prétendue suppression de tous les Clercs de Saint-Viateur après leur départ d’Outremont pour Joliette, peu de temps avant le scrutin.Les noms étant restés inscrits à Outremont, l’histoire ne comportait pas la moindre parcelle de vérité.En réalité ! c’est pour faire un discours en faveur de M.Candide Rochefort que le Père Archange voulait parler.M.Rochefort méritait-il eet excès d’honneur, c’est ce qu’un avenir prochain dira, si M.Paul Gouin n’entreprend pas «le parler pour ce député.Se rappeler d’ailleurs que le Père Archange est notoirement très échauffé.Les gens du Crédit social D’après le Journal d’Edmonton, la Ligue alhertaine du Crédit social aurait adressé aux maisons d’affaires d’Edmonton une circulaire (datée «lu 1er octobre), pour leur demander «le souscrire à sa caisse électorale et lui permettre ainsi « de faire représenter le gouvernement «1e l’Alberta à la Chantre fédérale».On a cru jusqu’ici, dit le Journal, que les députés à Ottawa représentaient «l’abord leurs électeurs, mais M.Aberhart est évidemment en train de changer cela : ce qu’il veut créer, c’est un nouveau mode de représentation.A cette demande «le fonds, une maison d’Edmonton a répondu qu’il était contraire à ses principes de souscrire aux caisses électorales.M.Herbert A.Webster, secrétaire du comité central de la Ligue du Crédit social, lui a fait observer là-dessus qu’on ne s’était adressé à «die «jue parce qu’elle avait eu dans le passé le privilège de traiter des affaires avec le gouvernement.Par où l’on voit que les procédée électoraux de M.Aberhart et de ses lieutenants ne diffèrent aucunement de ceux qui se pratiquent habituellement dans les vieux partis.M.Aberhart vise à se faire une clientèle politique et il prend pour cela les moyens voulus.Mais c’est un predicant d’Evangile et il prétend être dans la politique pour la réformer.Défions-nous des réformateurs ! Olivar ASSELIN Montréal, 27 novembre 1935 83 *) It! MM HUIII ¦.'{0 n o rom bro 193.7 Histoire de l’Okhrana (la poliii' secrète (les tsars, 1880-1917).par Maurice 1 venu n Préface de Vladimir Bourtzev.242 pp.Pavot 1935.18 fr.L'Okhrana n’avait qu’un but : détendre le principe monarchique.Programme simple, mais difficile d’application.Pendant 37 ans.entre okhraniks et terroriste s.ce fut une «guerre sans merci, dans laquclu’ monarchie, finalement.sombra.EXAMEN DE LA VUE (troubles musculaires) ET AJUSTEMENT DES VERRES Lorsque vos verres sont fabriqués dans nos laboratoires, d’après nos méthodes scientifiques.ItS SONT PARFAITS Grâce A nos ^nouveaux instruments de précision, « l’à peu près » n’existe plus.Tait~Favreau Limitée LORENZI > KAVREAU.O.O.L.Siège sociall : 265 est.rue Sainte-Catherine Tél.: f jA 6703 Succursale diu nord : 6890, rue Saint-Hubert Tél.: CA 0344 lrlR{l\fllfffll\If hebdomadaire politique et littéraire ISO eut, rue Sainte-Catherine, Montréal Cane postale 4018 Tél.i PL 8511 Directeur : OLLVAR ASSELIN ABONNEMENT : 1 an 6 mois Espagne Royaume-Uni France $3.60 2.00 Etats-Unis Canada Autres pays 2.26 L’abonnement est payable d’avance par mandat-poste ou chèque affranchi payable au pair à Montréal.Publié par les Editions de LA RENAISSANCE (limitée) Montréal et imprimé par la Cie de Publication la PATRIE, Montréal Administrateur t Pierre ASSELIN Secrétaire de la rédaction ! Jean-Claude Martin Directeur de la Publicité t F.-X.Lizotte LA CRITIQUE DES LIVRES Sous Pierre le Grand, on tolérait liiez les intellectuels russes un certain libéralisme; mais ses successeurs lui tirent la guerre.Cependant, les tracasseries policières, loin centre de la ville, et oit Paris, sous' le nom de Lutèce, a pris naissance.I Elle est connue sous le nom d’Ue de la Cité, ou, plus simplement, la Cite ! tout court.Permettez-moi d’appuyer ces obser- ! rations d'un exemple: Je suppose que, rentré au Canada, j vous vouliez acheter une maison de rapport à Paris, et qu’à cette fin vous vous adressiez à un notaire parisien, officier ministériel en qui on peut avoir toute confiance.Vous lui écrivez dans Ce fut au tour de M.Laurent à tom- j ber des nues.Mais le pape n'a rien à voir là-dedans, et je ne pense pas commettre J un attentat à son autorité ni à sa j majesté en faisant faire un livre blanc à mon usage.Sans doute, Monsieur, et je peux exécuter votre ordre.Seulement, je vous préviens que les peaux blanches coûtent sensiblement plus cher que les peaux de couleur.Voulez-vous du chagrin ou du maroquin du Levant ?Oh ! je ne veux pas de luxe.Il me suffira d’avoir un livre blanc solide.Lit peausserie en blanc ne se fait que dans les articles de luxe.Enfin, combien cela me coûtera-t-il, pour un livre de trois cents pages j environ ?Pe quel format est votre livre ?Mon livre ?.quel livre ?.Mais le livre que vous voulez faire relier.Je ne vous ai pas dit que je voulais faire relier un livre.Je vous demande de me faire un livre blanc.t mais vous emploierez la peau de la couleur qui vous conviendra le mieux, blanc, noir, vert ou bleu, ça m’est égal.Le relieur pensa qu'il avait affaire à un mauvais plaisant.Monsieur, dit-il d'un ton pincé, si 1 vous êtes sérieux expliquez-vous plus clairement ; mais si vous voulez badi- 1 ner, je vous préviens que j’ai autre j chose à faire et qu'il me plaît peu de vous donner la réplique.M.Laurent, qui se heurtait pour la ' première fois à Paris à un industriel manquant de complaisance, répondit à son tour avec aigreur.ce sens : J'ai séjourné quelque temps à Paris et je désire y faire un placement foncier.Veuillez donc acquérir en mon nom une maison de rapport dans n’importe quelle rue de la cité, à la con-dit ion toutefois que le prix d’achat ne ' dépassera pas deux cent mille francs i et que le revenu ne sera pas inférieur à sept et demi pour cent”.Les propriétés particulières sont rares dans la Cité, ile minuscule que l’on traverse, à pied, en longueur ou en [ largeur, en quelques minutes, et qui est ¦ occupée par de vastes monuments : Notre-Dame, l’Hôtel-Dieu, la Préfecture de police, le Tribunal de commerce, la caserne de la Cité, le Marché aux fleurs, la Morgue, le Palais de Justice et ses dépendances: la Sainte-Chapelle, le Dépôt, la Conciergerie.Il y a.par conséquent, des chances ( pour que le notaire vous réponde : Dans les conditions de prix et de rendement que vous fixez, il n’y a pas un seul immeuble à vendre dans la Cite”.Selon vos ordres formels, le notaire n’aurait cherché une propriété que dans la Cité et non dans la ville, dans n'importe quelle rue.Vous seriez étonné d'apprendre qu’il n'y a pas de propriétés à vendre à Paris, mais le notaire ne le serait pas moins que vous du choix que vous auriez fait.L’erreur ne tiendrait qu’à l'emploi du mot cité pour ville.M.Laurent avisa un jour, dans le ^ voisinage de sa demeure, une boutique sur laquelle il vit : « Atelier de reliure ».Comme il tenait à consigner ses notes journalières autrement que suides feuilles volantes, il voulut faire , faire un livre avec une réglure spé- ! ciale.Il entra.— Monsieur, dit-il, pouvez-vous me faire un livre blanc ?La demade était baroque; mais le relieur crut avoir affaire à un bour- Je ne badine pas.Je suis étranger, Américain, et si je m’exprime mal.je sais du moins fort bien ce que je veux.Le relieur se radoucit.— Eh bien, Monsieur, excusez un mouvement d'humeur, et expliquez-moi ce que vous voulez.— Je veux un livre blanc, rayé en travers et divisé dans le sens de la hauteur par trois filets rouges.— Bon ! bon ! bon ! fit le relieur.Mais c'est un registre qu’il vous faut ?— Un registre ?.oui, en effet, c’est un registre.Mais un petit registre.— C’est que je ne fais pas cet article-là.— Comment, un relieur ne fait pas j de registres — Non, Monsieur, il faut vous adresser à un papetier.— Quoi !.on spécialise, on divise les métiers à ce point, à Paris ! Ce n'est pas de la spécialité, ni j de la division.Le métier de relieur et celui de papetier sont bien différents.Je n’ai ni l'outillage ni les ouvriers | pour faire un registre, de même que le papetier n'a ni l'outillage ni les ouvriers pour faire une reliure.— J'apprends du nouveau.Mais je ne voudrais pas vous avoir dérangé I pour rien.Pouvez-vous du moins me faire une douzaine de petits paris.— J’ignore totalement ce que vous ! faire une douzaine de petits paris t — Hélas ! soupira tout bas M.Laurent, et moi qui passe à Montréal pour un citoyen parlant bien le français.Puis il dit tout haut: Pad.— Nous appelons pari une cer- | taine quantité de feuillets de papier blanc, fixés sur un carton et légèrement collés en tête de façon à les empêcher de voler.On les arrache un par un, au fur et à mesure des besoins.— Fort bien, Monsieur ; mais nous appelons geois tout à fait ignorant des termes de la reliure.Il pensa qu’il s’agissait d’exécuter une reliure blanche, et il répondit : Oui, Monsieur.Mais je vous ferai observer que le blanc est la couleur du Saint-Père, et qu’on lui réserve presque exclusivement ce genre de travaux.t Un hôtel où le service est de premier ordre , où la table est excellente, situé au cœur de la ville : l'Hôtel Victoria QUEBEC Bloc-notes ou Bloc — ce que vous appelez des pads.Mais c’est encore le papetier qui vous livrera cet article.— Voudriez-vous, Monsieur, puisque j’ai tant fait que de vous faire perdre votre temps, ajouter deux minutes à ce temps perdu pour me faire connaître la différence qui existe entre un relieur et un papetier.Relieur.— C’est celui à qui on confie des livres en feuilles ou des livres brochés.Il les coud, les travaille, les rend solides et d’une ouverture facile.S’il y a lieu il répare les déchirures, lave les livres tachés ou piqués, et finalement les enferme dans une couverture protectrice et élégante selon le prix qu'on veut y mettre.Naturellement les reliures de luxe et de prix sont réservées aux livres rares ou précieux.— Alors, le relieur, en France, ne fait absolument que la reliure des livres imprimés ?demanda M.Laurent.— Absolument, répondit le relieur.— Au Canada, reprit M.Laurent, les relieurs font bien cette besogne, mais ce genre de reliure se nomme: Livres de pratiques.— Ce n’est autre chose que ce que vous nommez simplement reliure.Le relieur continua: Papetier.— C’est celui qui travaille, manufacture les papiers non imprimés.Henri ROULLAUD A SUIVRE IIIHMIiilXU L’architecture, art majeur gggjgaw est dé *«•(**« AttAfi Aft , ;; J * 4-$$ .W r» -> JL'l .JX.PWR r— il jjr vriy.n No 6 — Type Sainte-Cunégonde Mme Colette Yver Di- citANUS yeux bleus ré leur s, baignés de douceur et de bonté ; un visage d'une étonnante jeunesse, sous l'ample roile noir nimbé de blanc qui l'enveloppe comme une coiffe — telle apparaît Mme Colette Yver à ceux qui l'approchent pour la première fois.Un est frappé du contraste quojfre lu grâce souriante de cette physionomie avec lu gravité de cette sombre parure.bit cette opposition se retrouve jusque dans le pseudonyme que l'écrivain a rendu célèbre : un prénom frais, charmant, alerte, jusqu'en sa coquette désinence, associé à un nom plus austère, qui évoque les frimas et le givre de de la saison chère aux fervents d'étude et de méditation.Il n'est pas jusqu'à l'œuvre de Colette 1 ver — l’une des plus prenantes et profondes de la littérature d'aujourd'hui — qui ne nous rappelle uussi celle antithèse, l'eu d'écrivains contemporains ont fouillé avec plus d'acuité et de clairvoyance les grands problèmes de l'heure, les transformations d'une société bouleversée par la « promotion de la femme».Et lu merveille est que l'auteur de ces romans, dont la thèse se cache sous une donnée séduisante, soit en même temps l’une des plus enthousiastes amies de la jeunesse moderne, une des observatrices qui ont le mieux compris ses aspirations les plus neuves.A celte dualité de tendances où l’étude et l’observation la plus pénétrante s'allient et se complètent, on peut en partie uttribuer le succès et la portée de l'œuvre de Mme Colette Yver.Sum perdre de vue toutefois qu’ils sont dus avant tout à ses puissantes qualités de romancier et d’écrivain.Le don d’attacher, d’émouvoir, de passionner, elle le possède en conteur de race.Mais l'édifice plaisant de l’intrigue, serait sans prix à ses yeux s’il ne s’ouvrait sur de larges perspectives.Qu’elle étudie dans Princesses de Science, qui lui valut le prix Femina en 190", ou dans le.-Dames du Palais, le rôle nouveau, au foyer, de la femme médecin ou avocate, qu’elle nous peigne, duns un de ses derniers romans : Lettres à un jeune mari, un de ces désaccords conjuguuux qui deviendraient irréparables, si la douleur n’était là pour révéler à temps deux êtres l’un à l’autre — Colette Yver reste penchée sur les mêmes problèmes d’actualité.Son vœu est que la femme nouvelle, sans renoncer à suivre la route qu’elle s’est péniblement frayée dans la forêt des idées, ne se détourne pas de certaines traditions solides comme de vieux chênes et qui font la force du mariage.La culture féminine ne doit pas être un élément de dissociation.Une des caractéristiques de cette œuvre, c’est qu’elle s’attache à peindre des types et des milieux.Lorsqu’on cherchera, dans l’avenir, d’exacts tableaux de notre temps, nul doute que les romans de Colette Yver ne soient de ces livres témoins qu’on consultera fructueusement.Haudequin, de Lyon, l’une de ses œuvres les plus marquantes, nous offre, une vision inoubliable de la ville et de l’industrie des «Soyeux».Et l’intime conflit que l’écrivain encadre dans cette ville blanche « qui regarde le Rhône de ses milliers de fenêtres régulières, grand temple où nuit, pour la joie de l'univers, la soie divine et éblouissante », ce drame-là n'est lui-même que lu frémissante toile, de fond sur laquelle se détachent deux figures d'un incomparable relief.Ue vastes enquêtes sur notre temps, Mme Colette 1 ver en a mené sous toutes les formes.N'a-t-elle pas quelquefois délaissé la fiction pour étudier de plus près la femme d’aujourd'hui et les carrières offertes à ses diplômes rudement conquis ?Mais le meilleur titre de l’écrivain, quand elle revient à son œuvre de romancière, est que ces analyses achevées n’ont pas l'air de s'imposer à nous.Son art est de nous les livrer par notations, par petites touches, à lu manière des impressionnistes.Rien qui sente le morceau plaqué, le motif tant bien que mal adapté à une broderie conventionnelle.On ne peut plus séparer l’intrigue du milieu où elle nous introduit, des caractères quelle nous révèle, tant les uns et les autres, comme dans une trame balzacienne, nous apparaissent étroitement liés.Mme Colette Yver aime tant sa bonne ville de Rouen, l’admirable panorama de clochers et de tours qui fut familier à son enfance comme à celle de Gustave Flaubert, qu’on la croit volontiers normande.L’Académie de Rouen a consacré cette erreur en appelant l’écrivain duns sa docte compagnie.La vérité est que Rouen, où le père de la romancière était fonctionnaire, fut la ville de ses premières années, au temps où elle s’appelait encore Antoinette de Bergevin.Mais son pays, c’est la Bretagne.Une vieille famille établie depuis des siècles dans le Finistère lui a légué cette foi profonde, qu’elle met si souvent, avec son temps et son talent, au service des plus nobles œuvres.La découverte morale, la ferveur du souvenir, voilà les oasis où elle se réfugie.Assombrie par un précoce veuvage — elle perdit de bonne heure son mari, M.Hazard, grand lettré dont l’influence sur sa carrière fut décisive — elle ne s’est jamais isolée dans la tour d’ivoire de son deuil.La vie était là, qui l’appelait, sollicitant ses dons d’artiste et d’écrivain pour de multiples apostolats.Elle, a fait sien, dans une œuvre forte où la femme française reconnaît son image, le mot profond de Leibniz: « La science, du bonheur est d’aimer son devoir et d’y chercher son plaisir.» (De Revivre) Histoire hitlérienne Qui explique l’indulgence dont bénéficient outre-Rhin 'les banquiers juifs ! « Un médecin juif est un juif, un professeur juif est un juif, mais un banquier juif est un banquier.» -.7 O n o vont bre 19.7.7-__ Notes bibliographiques L’Inde perdue par Claude Farrère, de l'Académie française Un vol.in-16, chez Flammarion.Y a-t-il plus bfltle, plus dramatique, plus étincelante histoire à conter que celle de la conquête et de la perte des Indes par les Français ?Dans le décor de légende d'un pays auquel les nababs aux richesse» fabuleuses, les palais remplis de trésors incroyables, la végétation, les races, les religions, donnent une couleur extraordinaire et mystérieuse, quelques Français établirent, au XVI le et au XVllle siècle, un immense empire.L'incompréhension de la métropole le leur fit perdre au profit des Anglais, malgré la suprême tentative de Suffrcn.Quelle éblouissante suite d’images représentent les noms de la Bourdonnais, de LaillI y-Tol lend all, de lhtssy, d’Hayder Ali, de la Begum Johanna, de Dupleix surtout ! A leur appel, Claude Farrère n’a pas su résister.Dans son Histoire de lu Marine française, il a montre l'historien complet qu’il pouvait être, possédant :'i la fois l’esprit de synthèse le plus pénétrant et cette puissance d’évocation qui n’appartient qu’à lui.Ces mêmes dons se retrouvent dans L'Inde perdue — son premier livre depuis son élection à l’Académie française — qui paraît chez Flammarion dans la collection « L’Histoire », si triomphalement inaugurée par le Sainte - Hélène, d’Octavc Aubry.On ne peut quitter le livre, une fois qu'on l’a ouvert.Jules AURIC • Les Anglais par André Maurois Angleterre : ce mot-là, c’est pour l’esprit de M.André Maurois l’évocation d’une image, celle d’une très vieille maison ceinte de parterres fleuris et dont le lierre escalade les murs, une maison dont la première pierre a été posée il y a des siècles et des siècles, bien souvent transformée, rajeunie, mais en conservant toujours amoureusement le charme noble de son passe, une maison compliquée, aussi, dont les ailes d’âge très différent ont besoin pour vivre d’une vie commune d’un étrange réseau de couloirs et d’escaliers.« L’Angleterre ressemble à cette vieille demeure.Aucun Napoléon n’a bâti pour elle, de toutes pièces, son Université; aucune assemblée révolutionnaire n’a substitué d’artificiels départements à ses traditionnels comtés.Elle a grandi au hasard des erreurs et des luttes.Conquise et conquérante, elle a reçu de ses maîtres normands à la fois sa discipline et ses libertés, l’une rendant les autres possibles.A une excellente constitution, qui n’a jamais été voulue, votée, ni même écrite, elle a dû la vie politique la plus stable.Elle a été une grande nation militaire sans avoir d’armée, et une grande nation de juristes sans avoir de code.La confusion et la continuité constituent son domaine, plutôt que la logique.De cela un esprit méditerranéen pourrait s’irriter, mais vainement.L’Angleterre est ce qu’elle est et ce n’est pas nous qui changerons le produit de vingt siècles.» Dans cette vieille demeure, qu’il aime et qu’il comprend, et dont il connaît intimement les aîtres, M.André Maurois a donc voulu guider notre promenade par un petit livre qui offre une claire et intelligente synthèse de l’Angleterre, de son peuple, de son esprit et de son coeur.Aussi bien, travaille-t-il depuis plusieurs années à une Histoire de l‘A Tigletcrre qui verra, nous l’espérons, bientôt le jour et à laquelle l'ont admirablement préparé ses longs séjours là-bas et ses célèbres études sur les hommes d’Etat et les grands poètes d'Outre-Manche, de Disraeli à Byron et à Shelley.Le livre qu’il publie aujourd’hui, pour nous faire prendre patience, est donc une manière de préface à l’œuvre aux vastes proportions qu’il poursuit.Cadres fixes de l’Angleterre et mœurs nouvelles — car la vieille demeure obéit à la loi du temps et l'aristocratique pays des grands parcs que Taine visitait il y a quelque soixante-quinze ans est présentement, par excellence, le pays «les classes moyennes —, les éléments constitutifs du caractère ethnique, le climat et ses brumes, qui « créé chez l’Anglais ce goût si profond «lu fantastique, l’insularité qui l’a modelé et lui :i dicté toute sa politique extérieure, le mélange des races et «les cultures, celtiques et romaines d’une part, germaniques «le l’autre, la vie locale et le besoin de liberté, l’union des classes sociales ignorant l’âpreté des luttes devant l’Angleterre et le Roi, lien permanent entre le passé et l’avenir, l’unanime hostilité au service militaire, l’amour de la mer et de la marine qui l’a dotée de la plupart de scs vertus civiques, les insti titrions parlementaires et la monarchie, la religion qui la marque plu s qu’aucun autre peuple peut-être — car presque tous ses hommes poli tiques sont croyants et pratiquants, et le fin Disraeli a souvent dit que 1’ « on ne peut gouverner l’Angleterre contre le vote non - conformiste » —, l’éducation et les grands collèges d’Kton, «l’Oxford et de Cam bridge s’attachant à former des caractères plutôt que des esprits, les plaisirs enfin, voici, brossé par h plus intelligent des peintres, le tableau «le cette société britannique dont les réactions en apparence capricieuses nous étonnent souvent, nous déçoivent parfois, nous irritent même, parce que nous ne saisissons (uus leur mécanisme et que nous nous heurtons à toutes sortes «le malentendus que l’étude de M.André Maurois vient admirablement dissiper.Armand RIO -•- L’humour d’un saint Suite de la page 5 marches branlantes de l’échafaud.« Pour la descente, ajoute-t-il, je me tirerai d’affaire tout seul.» Et il recommande au bourreau « de ne pas trancher sa barbe qui, elle, n’est pas coupable de haute trahison ».Humoriste, il doit l’être encore au ciel, et si, là-haut, il y a des processions, je ne peux me le représenter qu’au dernier rang, avec Philippe de Néri, car au premier il ferait rire tous les autres saints.On a, dans le passé, accusé Thomas More d’hérésie, de communisme, et un personnage considérable comme le cardinal Zigliara a été jusqu’à taxer YUlopie de livre «aussi fou qu’impie».Une connaissance, même superficielle, de l’humour anglais, aurait sans doute prévenu ces accusations.Tout Thomas More, il va sans dire, n’est pas enfermé dans les quelques anecdotes que nous avons rappelées.Mais ces anecdotes nous montrent que la joie la plus complète peut accompagner la sainteté.Sir Thomas a eu la générosité de ne pas reculer devant le martyre pour défendre l’intégrité de ses principles religieux.Pourtant, il ne s’est jamais départi de sa bonne humeur, et voilà pourquoi, selon la définition anglaise, il est un saint accompli.P.Guillaume LAVALLEE, o.f.m.(Les Trois-Rivières) COURS AUX PROSPECTEURS h l’Ecole Polytechnique LEÇONS THEORIQUES à 8 heures du soir lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, à partir du 2 décembre prochain.LEÇONS PRATIQUES à 2 heures les mardi, jeudi et samedi de chaque semaine.Le cours se terminera le 8 janvier Pour tout renseignement s’adresser au professeur A.Mailhiot, directeur de l'Ecole Polytechnique, 1 4 3 0 , rue Saint-Denis, Montréal.Le directeur du Service des Mines, A.O.DUFRESNE LES BIOGRAPHIES CANADIENNES-FRANÇAISES publiées par RAPHAEL OUIMET Il est nécessaire Rue tous les Cnnadiens-l>\rnnçnis en vine oient leur biographie et leur photographie dans l’œuvre que publie depuis 15 ans M, Itapliaël Ouimet.Cet ouvrage, exclusivement consacré aux nôtres, est le seul du genre au pays.Plus «le 5000 biographies et photographies de citoyens nianiuants, sont onces de sucre pilé, un demi-zeste râpé, un jaune et 2 œufs entiers.Liez la pâte en la travaillant avec une cuiller ; travaillez-la fortement pendant 10 minutes afin de l’obtenir bien lisse.¦ Divisez cette pâte en morceaux de la grosseur d’un petit œuf; aplatissez-les, et posez-les tour à tour sur le gaufrier beurré.Pressez fortement la pâte, et cuisez les gaufres des deux côtés.Le droit au bonheur CH ezWOODHOÜS L?Lire la Renaissance, c’est se renseigner à peu de frais sur toutes les questions qui peuvent intéresser une personne cultivée.HUITRES arrivant de l’océan, délicieusement fraîches et dodues.“MALPEQUES” en écaille ou à la mesure HATTON Je suis bien qu’il y a le fameux droit au bonheur ; mais je vous répondrai à cela que ce sont des mots, encore des mots et rien que des mots.des mots commodes à prononcer, il est vrai, et I qui suffisent, pour peu qu’on ait de l’intelligence, de l’esprit et une bonne dose d’orgueil à masquer l’affreux égoïsme qui les dicte.Chacun peut espérer son lot de bonheur sur la terre, et même travailler de toutes les forces vives de sa nature à en augmenter la part ; mais, hors des limites sacrées du devoir, le bonheur n’est plus qu’un larcin assez banal, ne méritant pas qu’on le glorifie ni qu’on le pontifie.I t .Hier encore, cela s’appelait « pécher » ; aujourd’hui les rebelles assurent que c’est le droit au bonheur.Elles relèvent fièrement la tête, font sonner haut leur senti; ment courageux et leurs droits, et, pour : conclure, elles accomplissent dans toute leur faiblesse de femme les actes éternels , qui s’accommodent d’un peu plus d'humilité.Quand toutes les jeunes filles indisciplinées ou oisives, toutes les femmes frivoles ou sottes, happeront au passage ce fumeux droit au bonheur si commode qui les délivrera du remords, songez-vous à lu belle génération qui va surgir ?Cette jeunesse qui n'aura point, bêlas, talent de Marcelle Tinayre, pérorera sur son cas particulier et s’en glorifiera.L’une aura une mère ennuyeuse, /'antre, un père « barbant », celle-ci trouvera le nez de son mari mal fait, et celle-là déplorera son caractère, et les rebelles croîtront et multiplieront comme mauvaise herbe de chemin creux.Elles confondront leur appétit de plaisir, le culte qu’elles ont de leurs personnes, avec le « droit au bonheur » ; ce seront, je le crains, de bien ennuyeuses pécores ! .Ne faisons pas de nos filles des rebelles.Yvonne SARCEY (La route du bonheur) Vous économisez $10 achetant cette garde-robe complète (7 articles) Rue Bonsecours — HA 3288 Petit album Chacun ne comprend que ce retrouve en soi.ni'il Y V Y Premier acompte : $3-77 Solde payable en six versements mensuels de $5.65 SANS INTERET Voici l’aubaine de la saison Procurez-vous une garde-robe complète tout en économisant $10.Chaque article est confectionné d’après les plus nouveaux modèles.Ajustement et qualité garantis.MANTEAUX très beaux, avec luxueux collets de fourrure (seal français, patte de caracul, Krim-mer, loup, opossum ou castor brun).ROBES élégantes et d’un très grand chic en nouveau crêpe de soie.FOURREAUX de confection irréprochable en crêpe de soie de belle qualité.BAS GOTHAM de coupe irréprochable.SOULIERS, modèles pour l’après-midi et pour le soir, en cuirs et en suèdes fins.Une paire de souliers.ÎÏÏÏuer .$5.00 Deux paires de bas Gotham Gold Stripe.Prix ».__ régulier .3)1 .OU Un fourreau de soie.régulier .$2.50 Un chapeau de feutre ou de peluche.régulier .$3.95 Une robe d’après-midi.Prix c_ 0_ régulier .3) I .90 Un manteau garni de fourrure.££>•«.$26.75 Le tout, - régulier .$47.65 En vente à $37-65 Une erreur est d’autant plus (lange- | reuse qu’elle contient plus de vérité.105 BUE SAINTE-CATHERIN* OUEST, MONTREAL Le devoir que tu devine?l’instunl que tu l’as deviné.te lie dès Undre.IlIrnilnRhani Liverpool Manchester Leeds Nottingham Hull Newcastle-on-Tyne Southampton MlddlcnfoorouKh Sunderland Bristol Cardiff Edimbourg Glasgow Belfast Dublin -•TWmri-TTri-nimTTTTmiriiMMini n> iimuai us—«m—— H HPfMHf/llf 30 novembre / 9.7.7 Les oeuvres de jeunesse La Y.M.C.A.(4) Dans la région montréalaise Sir George Williams College La Central Y.M.C.A.abrite cette institution, née chez elle et qui est devenue aujourd’hui quasi-indépendante avec son administration et son budget propres.Le Sir George \\ illiams College s’occupe de la partie éducative poursuivie par la Y.M.C.A.dans la région montréalaise.N’était la réclame payée qui paraît périodiquement dans la presse anglophone, l’institution serait totalement inconnue du Canada français.Pour notre part, ce fut toute une révélation de constater de visu la besogne accomplie par cette énigmatique institution qui n’a pas d’immeuble à elle.ni panneau ou affiche extérieurs.Dès sa fondation, la Y.M.C.A.de Montréal comprit l’importance des cours du soir comme complément de culture pour la jeunesse que les nécessités de la vie contraignaient à laisser l’école prématurément.Aussi bien, elle institue en 1873 des cours du soir de sténo-dactylographie.A cela elle ajoutera avec les années un grand nombre d’autres matières de manière à offrir au studieux l’équivalent complet — moins une année, la dernière — troisième étages de l’immeuble de la rue Drummond.Le matériel scientifique est renouvelé, les classes et les salles augmentées.En 1931, le Junior College of Arts, Science and College est lancé avec deux années complètes d'études secondaires (college ivorlf).menant au Diploma of Associate.En 19 32, le Junior College offre des cours de jour comportant le programme d’études Pre-Professional and As-'• sociale.Enfin, le Junior College se mue en 19 34 en une Faculté des arts, des sciences et du commerce.Le Sir George Williams College comprend actuellement un groupe de six (6) écoles : I a) Faculté des arts, des sciences et du commerce ( 3 des 4 années du cours secondaire complet — college ivoi'/f).: h) Ecole des arts (beaux-arts et arts appliqués).(.’) Lycée du soir (Evening High School).1 d) Ecole commerciale du jour (Da\) Business School — pour les dames et jeunes filles seulement).E) Institut commercial et technologique du soir ( 7 he Evening Institute of Business and Technology).•r>.* '’À* 3V 'XT'*** .r- !¦- i! ||t ill - I1 .¦VM- r.Immeuble de lu succursale Southwestern de la Y.M.C.A du cours secondaire (Arts course).A l’heure actuelle, on songe fortement à combler cette lacune.A l’issue des études, le certificat permet au détenteur d’entrer de plein pied h l’Université McGill.En 1920, la Y.M.C.A.inaugure le Lycée du soir (Evening High School).Comme les cours étaient de plus en plus suivis, les administrateurs, pour leur donner plus de prestige, décident en 1 926 de donner à l’ensemble des classes le nom du fondateur de la Y.M.C.A.Ajoutons que deux autres institutions semblables — à Londres et à Ch:cago — portent également le nom de Sir George Williams.La même année, événement important, tous les cours deviennent mixtes (co-educ-ational) sauf un.En 1928, la grande campagne de souscriptions de la Y.M.C.A.rapporte $1,500,000 dont une partie est affectée à l’agrandissement et à l'outillage des écoles.En 1929, inauguration de la première année des arts, des sciences, du commerce et du génie.Vu l’aile nouvelle de la Central Y.MC.A., rue Crescent, les écoles s’emparent des deuxième et Le Yogourt de Delisle Le Yogourt de Delisle se recommande à toute personne qui souffre d’irritation intestinale.Pris avec du miel, il devient un tonique de premier ordre.C’est le grand réparateur des pertes de l’organisme, recommandé aux affaiblis, aux convalescents.Pris en petite quantité, il aide la digestion de tous les aliments.Pour en assurer la fraîcheur, chaque pot de Yogourt de Delisle porte la date à laquelle il doit être consommé.La livraison n’en est faite qu’en petits pots de grès.Pour livraison à domicile, veuillez appelez Delisle, 916 est, avenue Duluth, AMherst 0434.r) Ecole primaire du soir (Evening Grammar School — équivalant aux trois dernières années des écoles publiques protestantes).On a sagement pensé à l’avenir, car les écoles peuvent recevoir facilement plus de deux mille élèves, soit le double de la fréquentation actuelle qui s’établit comme suit : 200 élèves de jour et 850 du soir.Les 1 36 différents cours .sont confiés à 50 professeurs.En compagnie du Headmaster, M.H.F.Hall, nous notons la bonne | tenue des classes et des salles : un laboratoire de physique et de chimie pour 40 élèves ; un laboratoire d’électricité ; un laboratoire de biologie pour 30 élèves avec microscopes individuels, etc.; une grande salle — Abner Kingman Hall — pouvant tenir 150 personnes assises ; une salle de conférences scientifiques avec sièges spéciaux et tableaux ad hoc ; trois i studios pour le dessin, la peinture, le modelage, la sculpture ainsi que les arts appliqués tels que le dessin et le lettrage commercial ; 30 classes fonctionnant le jour et le soir ; enfin, une bibliothèque de plusieurs milliers de volumes avec salle de lecture connexe sous la direction de deux bibliothécaires diplômés.Cette visite éclair est suffisante pour nous démontrer que la valeur de l’enseignement se compare aisément avec n’importe quelle institu-lion de langue anglaise du continent.Les succursales Elles sont sept et connaissent des fortunes diverses.Quatre sont actuellement dans leurs meubles : Southwestern, Westmount, North-End et Notre-Dame de Grâce (celle-ci toutefois n’est installée que temporairement).Les trois autres : Railroad, International et Mount-Royal, sont dans des immeubles loués et se trouvent fort à l’étroit.1 ) Southrvestern.— Située rue Gordon, à Verdun, elle dessert, outre cette ville, Côte-St-Paul et Ville-Emard.L’immeuble, qui a été inauguré en 1930, est admirablement bien posté pour cet immense et populeux territoire.Peu d’habitations dans les LE = //('(HWemjmt AUJOURD'HUI -edt enfcuMA/i cbiô GRADS 52 “Mains de Bridge”, en série ou non, sont acceptées UN CHANGEMENT POUR LE MIEUX" L.O.GROTHE LTEE — MAISON CANADIENNE El INDEPENDANTE 1 Croquis original de Paul Coze environs.Par conséquent, tout l’espace qu’il faut pour l’exercice des sports extérieurs.Succursale du type familial (Family Y.M.C.A.), elle loge une section féminine très active et relevant de la Y.M.C.A.Les sections féminine et masculine ont leurs salles propres et se partagent l’usage de la piscine et du gymnase.On y remarque un cafeteria.Il y a 500 membres masculins et 400 féminins.2) lTe.s/moun/.— Elle a pignon dans l’ouest de la Ville, rue Sherbrooke, face au parc Westmount.; Clientèle huppée, riche.L’immeuble, | inauguré en 1912, comporte tous les , avantages modernes.Gymnase et pis; cine modèles.Le nombre des membres : féminin est peu élevé.Parmi les membres masculins il y a un club d’hommes d’affaires qui est d’un grand secours pour la succursale.Les adolescents ont leur section et leurs j jeux particuliers.Cercle oratoire où les leçons sont gratuites.L’immeuble renferme un cafeteria, des salons, une bibliothèque et 26 chambres à coucher.Les diverses sections donnent de nombreux dîners-causeries.On compte près de 800 membres : 700 masculins et 1 00 féminins.3) North End.— L’architecture est identique à celle de la précédente.L immeuble fut en effet inauguré une année plus tard, en 1913.L’organisation est semblable, sauf quelques variantes.Les sports extérieurs sont très pratiqués.On compte environ 800, membres, dont 100 féminins.4) Notre - Dame - de - Grâce.— L immeuble est à un étage et en bois avec un immense terrain affecté au tennis, à la balle molle, au hockey, au ballon ovale.Peu de jeux intérieurs faute d’espace.L’été, on organise de nombreuses excursions à la campagne ainsi que des soirées de lutte, boxe, escrime, etc.Pas de section féminine.Les membres réguliers sont près de 550.5) Railroad.— Située à la Pointe St-Charles, 360, rue Sébastopol, dans un quartier minable, cette succursale occupe un immeuble appartenant au Réseau de l’Etat.C’est à la demande expresse des autorités du Réseau que la Y.M.C.A.poursuit son oeuvre auprès des cheminots.On n’y admettait jadis que des hommes.Aujourd’hui, nous dit M.Teet, secrétaire depuis I 5 ans, 1 des adolescents et des jeunes gens la fréquentent.Le personnel est nettement insuffisant.Les revenus sont dérisoires.Aussi, pour subsister, faut-il recourir sans cesse au concours bénévole des membres.L’immeuble n’est pas gai, noirci à l’année par les locomotives du voisinage.La piscine est en béton, pavée de brique et de petites dimensions.Les enfants seuls s’en délectent.Pas de culture physique faute d’instructeur.Le gymnase sert surtout au badming-ton, aux jeux de balle au panier, balle à la volée, etc.L’activité consiste surtout en la pratique des sports extérieurs sur des terrains mis à la disposition de la Y.M.C.A.par la Ville et le Réseau de l’Etat.De plus, on a organisé 90 jardins ouvriers en fournissant gratuitement graines de semence et outils.La population y est I pauvre, sinon misérable.Quand une famille atteint l’aisance, elle déguerpit vers un quartier moins bruyant et plus sain.6) International.— Comme son nom 1 indique, le caractère de cette succursale est nettement cosmopolite.1 outes les nationalités se donnent ici rendez-vous, dans l’espace occupé au-dessus d’une banque, à l’angle des rues Ste-Catherine et de l’Hôtel-de-Ville.Il n’y a ni piscine, ni gymnase, ni sections athlétiques.Il n’y a qu’une salle de douches.En revanche, on y donne maintes causeries éducatives portant sur le civisme, la cuisine, et des cours de français et d’anglais.On y trouve quelques petits jeux d’intérieur.Les recettes défraient à peine le quart des dépenses.Le déficit est comblé par la Central Y.M.C.A.qui offre également l’hospitalité de sa maison aux membres pour l’athlétisme.7) Mounl-Royal.— La succursale occupe deux étages au-dessus d’un magasin, rue du Mont-Royal, près de la rue Papineau.Ameublement rudimentaire.Pas de piscine ni de terrain de jeux adjacent.Gymnase : cours de.culture physique et pratique des sports individuels et d’équipe.Les sports d’extérieur sont très populaires et se pratiquent sur les terrains de la Commission scolaire protestante.Pas de section féminine bien que les épouses des membres viennent jouer au badmington.Le nombre des membres s’établit autour de 300.Jean-Robert BONNIER La langue du sport Je renvoyais il y a quelque temps aux journaux français nos chroniqueurs sportifs en quête de cette élégance minima qu’on appelle la correction.Quelques-uns d’entre eux n’y sont pas encore allés.Voici, prises au hasard, quelques perles extraites de leur charabia.« Cette fin de partie ne sera pas oubliée bien vile, car elle donna des milliers d’émotions ».On dit : « ne sera pas oubliée de sitôt » : — quant aux émotions, elles n’appartiennent pas à la catégorie des choses qui se comptent, du moins dans la langue de Boileau.« Ollie Tucker connecta pour un coup dans le centre ».L’expression soulignée est empruntée sans doute à l’idiome tsonnontouan.« Dès la première manche, Apple- j ton fut dans le trouble.» Monsieur le j chroniqueur, choisissez le français ou l’anglais, et laissez l’autre.Ces perles fines se trouvent comme par hasard dans la page sportive du DEVOIR, 24 septembre 1935.Le Devoir veut-il gagner des médailles académiques ?La vérité est que ces messieurs ne croient avoir rien à apprendre.(J’en cite un, mais ils sont légion).Ils vous répondent qu’ils sont gens pressés, qu’il faut beaucoup traduire, qu’ils sont souvent obligés d’accepter de confiance une rédaction étrangère.Pur mensonge, vous dis-je, de leur paresse, j’ose à peine dire : de leur suffisance.La langue du sport est une langue technique.Il faut la connaître.Elle ne s’invente pas.Le chroniqueur devra indispensablement l’étudier dans les livres, puis s’en faire une habitude en lisant les chroniques bien faites (il n’existe pas de ces chroniques au Canada, pour les sports).On fait des efforts inouis pour refranciser les jeux dans les collèges et les écoles.La besogne accomplie dans la journée, chaque soir le rédacteur sportif s’amène qui la sabote avec un imperturbable sang-froid.Auguste BENOIT (La Boussole) La flèche du Parthe Une femme, excédée des ripostes grossières de sa servante, lui fait l’assembler ses cliques et ses claques et la met à la porte.Le chien était couché dans le vestibule.En passant près de la bête, la servante s’arrête, tire sa bourse et lui jette vingt sous.Comme la dame s’indignait de lui voir gaspiller ainsi son argent: — Taisez - vous donc, not’dame, qu’elle répond.La pauvre bête a bien gagné un pourboire.Elle nettoyait si bien les assiettes que je n’ai jamais eu la peine de les laver.-« -:- Un bon mot Tristan Bernard alla trouver un jour Michel Simon et lui dit : « Prête-inoi cent francs tout de suite, je te dirai après pourquoi.— Voilà, dit le «petit beau-frère de Jean de la Lune », maintenant, dis-moi pourquoi.— Parce que j’en ai besoin», répondit l’auteur du Petit Café.LE LASSO Le peintre Paul Coze, qui est d’autre part un « chef scout », vient de consacrer au lasso un très intéressant ouvrage orné de croquis originaux et de photographies, écrit au retour d’un voyage au pays des cow-boys qui sont, chacun le sait, les rois du Iasso(IL Nous y renvoyons les lecteurs désireux de se spécialiser dans la pratique de cet engin.Une analyse succincte de l’ouvrage nous permettra d’en retirer la « substan-tifique moelle».Le mot « lasso » vient de l’espagnol lazo.qui signifie piège.La plus ancienne mention connue de cet engin semble être celle d’Hérodote : « Les Sargates, « écrit-il.utilisaient les lacets de « courroies qu’ils tressaient cn-« semble et confiants en elles, ils « partaient en guerre.« Quand ils rencontraient leurs « ennemis, ils lançaient directe-« ment leur corde dont l’extrémité « portait une boucle.Alors, com-« me la corde encerclait ceux-ci, « hommes ou chevaux, ils tiraient « dessus.Pris dans un tel filet.« l’ennemi succombait aussitôt.» Les Grecs, d’après certains auteurs.auraient aussi utilisé le lasso.En Amérique, après avoir servi à la chasse, il ne tarda pas à être employé comme arme de guerre.De nos jours, il sert aux gardians de la Camargue.Si l’on en croit le Dictionnaire Larousse, il aurait donné naissance à un jeu d’enfants « qui consiste à passer en courant le nœud coulant d’une corde dans un piquet fixé en terre ».Nous avouons n’avoir jamais vu d’enfants jouer à ce jeu.Paul Coze donne tous renseignements utiles sur le choix et l’entretien du lasso, les différentes cosses ou « hondas », et sur la technique du lancer : Le lasso est une corde tressée (le plus souvent à 3 torons), qui peut être en lanières de cuir, en fibre végétale, en chanvre, etc.Elle a généralement 10 à 12 millimètres de diamètre et sa longueur varie de 10 à 30 mètres.Son entretien est très délicat et l’on doit éviter soigneusement la poussière et l’humidité.La corde est terminée par un nœud ou par une cosse ou « honda » métallique.Cette dernière facilite le glissement, mais elle offre le désavantage d’augmenter le poids.Après avoir bien lové ou enroulé le lasso, on le lance par coup droit ou par moulinet.La première méthode convient au piéton arrêté ou en déplacement lent, la deuxième au piéton en marche ou au cavalier (voir le croquis).Il faut toujours débuter par la première et ne passer au moulinet que lorsque l’on est déjà entraîné au coup droit.Pour l’un et l’autre exercice, on commence à 3 ou 4 mètres sur but fixe, puis l’on s’éloigne à 8 ou 10 mètres; enfin l’on s'attaque à un but mobile.Dans le coup droit, la recom- 1 Rodeos de Cow-boys et jeux du lasso, Société française de librairie et d’éditions, Paris.mandation essentielle est la suivante : le nœud coulant ne doit pas décrire une parabole pour aller s’abattre sur le but, mais être lancé directement, à toute force.Dans le moulinet, on fait tournoyer le nœud coulant au-dessus de la tête par un mouvement du poignet.Le plan que dessine la boucle doit être parallèle à celui qu’elle aura en arrivant sur le bui (fig.2).Le moulinet présente cel avantage qu'il permet au lanceur de se déplacer, de pivoter sur lui même et de lancer avec plus de vigueur.Le lasso, pour les cow-boys.est un engin utilitaire servant à capturer les chevaux sauvages ou « bronchos » qui leur serviront de monture, ou le bétail dont ils ont la garde.Peu à peu, suivant la pente na turelle de tous les sports, ils ont créé des championnats ou « ro decs » qui se disputent, comme un match de ballon, devant de nom breux spectateurs.Paul Coze fait de ces rodeos une peinture trè vivante.De véritables jeux sont nés de la pratique du lasso, que tous les scouts connaissent aujourd’hui plus ou moins.Commandant STEFANI (De /’Education puysiquk) - •- La visite médicale de l’archange de bronze Même les archanges ont besoin de soins médicaux surtout lorsqu’ils en ont été privés pendant 37 ans.C’est pourquoi Saint Michel, capitaine des Anges, va être ausculté, spécialement en ce qui concerne la solidité de ses pieds, par un groupe de « docteurs ès architecture ».Ce Saint Michel est en bronze : statue de 13 pieds de haut, il est perché depuis iSyS sur la pointe du clocher du magnifique monastère-forteresse - église - prison du Mont Saint Michel à 425 pieds au-dessus îles flots.Jusqu’à l’heure actuelle d a défié les tempêtes et la foudre : il semble robuste et solide.Mais l’est-il ?C’est ce que les « docteurs » vont s'efforcer d’établir.Ils ont été désignés par la Commission française des monuments historiques pour faire visite à Saint Michel, la première visite que les hommes aient rendu depuis plus d’un tiers de siècle à cet exilé que l’on a placé si haut que malheureusement personne ne peut se rendre compte de sa beauté et de sa noblesse.Est-il encore solide ?Y a-t-il un risque qu’il se détache de la flèche et, perdant l’équilibre, s’effondre sur la merveille et mette en danger peut-être, la vie de touristes ou de pèlerins ?Les « docteurs » auront à répondre à ces questions.Si le diagnostic est « faiblesse des pieds » les remèdes appropriés seront prescrits immédiatement et sa position renforcée par les moyens nécessaires.Cette visite médicale explique pourquoi la fameuse flèche est actuellement entourée par un échafaudage qui est lui-même une merveille en son genre.Les « docteurs » vont escalader cet échafaudage afin d’atteindre la statue, entreprise qui n’est pas exempte de danger.UN PROGRAMME BIEN ÉQUILIBRÉ Vous trouverez à la Y.M.C.A.tout ce qu’il faut pour vous détendre l'esprit et le corps.La culture physique, les jeux et la natation vous tiendront alertes.Si vous aimez le chant, le théâtre, la discussion, si vous voulez suivre des cours concernant les questions actuelles ou faire partie de comités sérieux, vous serez servis à souhait.Quels que soient vos goûts, vos ambitions ou vos besoins, le programme équilibré de la Y.M.C.A.vous donnera satisfaction.Venez vous renseigner sur place.CENTRAL Y MCA 1441 EST, RUE DRUMMOND Téléphone : MArquette 8331 Autre* k u ce Ursule* : WESTMOUNT NORTH END SOUTHWESTERN N.D.G.MT-RO Y.U, INTERNATIONAL.1*TE-ST-CIIARIJ2S Black Horse ______ P AWE S BIERE E1M > BOUTEILLE ^ pllAA ' ALI CANADA 30 nouent bro 1935 lIBlMIfflXIl ctL’£CRflM 16 fcÂtU.DU JOUR Stradivarius Sandor Keleky, jeune officier hongrois, hérite d’un violon dont il re-ronnaît la qualité exceptionnelle.Il le fait expertiser chez un maître et on découvre que l’instrument est une pièce unique : le fameux violon Béatrix qui ne cessa de porter malheur à tous ceux qui le possédèrent de Stradivarius, qui le fit, à l’oncle de Sandor.('elle découverte trouble singulièrement une élève du maître.Maria Belloni, jeune italinene pauvre et honnête dont l'officier subit le channe.Celui-ci, brave comme on ne l’est plus, défie le destin et s’enfonce avec délice dans une idylle de plus en plus tendre avec Maria.Il va jusqu’à quitter l’armée pour l’épouser.Mais la guerre éclate, (on croirait vraiment que le violon en fut la cause) Sandor reprend son grade et part.Maria retourne dans son pays, maintenant ennemi de celui de son fiancé.Le violon, que Sandor a apporté avec lui, continue la série de ses méfaits : le bataillon de Sandor est attaqué par un détachement italien et réduit à néant ; Sandor, gravement blessé, est transporté à bord d’un train-hôpital et soigné par un médecin qui n’est autre que le nouveau prétendant de Maria.Le violon, lui, par étapes, tombe entre les mains du médecin qui en fait cadeau à Maria.Celle-ci apprend que Sandor vit, le médecin comprend qu’il est de trop et se sacrifie.Maria brûle le violon et tombe dans les bras de Sandor.Invraisemblable tant que 1 on voudra, cette histoire n’est ni plus l>ètc ni moins originale qu’une autre.1.11e possède, en tous cas, cette qualité essentielle d’être bien racontée.Stradivarius rappelle Barcarolle.La même atmosphère mystérieuse et romanesque enveloppe les amours tragiques de héros qui se ressemblent d'autant plus que, dans les deux films, les mêmes acteurs les interprètent.Cette filiation de Stradivarius à Barcarolle, on ne peut guère s’en plaindre puisque le premier fut excellent et que le second ne lui est en rien inférieur.On y retrouve les mêmes qualités techniques, le même découpage bien fait qui communique au film un rythme sans heurts, de très bonnes scènes rétrospectives qui retracent l’histoire du violon depuis sa fabrication à Crémone par le célèbre luthier, une excellente photographie et, par-dessus tout, une interprétation de valeur.Edwige Feuillère, qui ne cesse de recueillir à la scène comme à l’écran des lauriers mérités, joint à un charme personnel un très beau talent qui la sert admirablement dans ces rôles périlleux d’amoureuses romantiques.Pierre Richard-Wilm continue à affirmer un talent certain.Jean Galland, artiste méconnu si l’on en juge d’après les petits rôles qu’on lui confie d’habitude, est parfait de sobriété, de pathétique contenu.Fanfare d’amour Deux musiciens, Jean et Pierre, ne peuvent trouver d’engagement, lorsque le hasard les fait assister à une répétition de l’orchestre féminin des Tulipes.Deux musiciennes manquent ; Pierre et Jean ont tôt fait de se procurer de charmants costumes de paysannes hollandaises et de se faire agréer comme membres remplaçants.( omme chacun le sait, l’habit ne fait pas le moine et Pierre et Jean, malgré •leurs jupes, sont très sensibles au charme des musiciennes, surtout de Caby.Sous leurs costumes, tantôt masculins, tantôt féminins, Pierre et Jean se lancent dans des situations assez piquantes, jusqu’au moment où un spectateur entreprend d’embrasser Gaby.Jean oublie son costume, bondit Pfc#S-ENT€ ALBERT PREJEAN et MAX DEARLY dans PARIS-CAMARGUE EN PROGRAMME DOUBLE avec ROGER TREVILLE et GERMAINE AUSSEY dans Parlez - moi d’amour Un film biiNé sur lu chanson rendue célèbre par I/iucienne Boyer CINEMA DE PARIS sur 1 agresseur et dans la bagarre perd sa perruque.Les spectateurs croient qu on a voulu se moquer en travestissant des musiciens en musiciennes.La bagarre devient générale et Jean en profite pour enlever Gaby.La réalisation est tout aussi amusante que l’invention même.Richard Potlier, le metteur en scène d'Un oiseau rare, affirme une fois de plus ses talents de parfait cinéaste.Son film est monté de main de maître.Après un démarrage dont la lenteur tient à la compléxité du sujet, le film devient étourdissant d’esprit, de trouvailles originales habilement exploitées par des prises de vues d’une étonnante ingéniosité.Une excellente distribution s’ajoute aux autres qualités de Fanfare d'amour.Betty Stockfeld et Fernand Gravey y trouvent leur meilleur rôle.Gaby Basset, Jane Lamy, Carette et Larquey sont d’excellents acteurs qu’on a très bien su employer.Louis PELLAND ECHOS Con errt rod i o plu mi (/up.Dimanche prochain, 1er décembre, l’orchestre de la General Motors exécutera le programme suivant sous la direction d’Emo Rapee et avec le concours d
de

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