La renaissance, 14 décembre 1935, samedi 14 décembre 1935
Première année—No 26 10 sous Montréal, samedi 14 décembre 1936 ni REMmmu HEBDOMADAIRE POLITIQUE ET LITTERAIRE Directeur: OLFVAR ASSELIN LE REMPART DE L’ESCLAVAGE C’est l’Abyssinie, d’après le professeur G.C.Haravelli, de l’Université Royale «le Rome, «pii le démontre s s une brochure de 78 pages de 8 pouces sur 6, étayée sur des textes irréfutables.Dans ce pays mal cultivé, sans cesse livré aux guerres intestines, le moindre accroissement de population signifie famine.« Chaque enfant qui naît doit faire disparaître un homme.Celui «pii tue dans la tribu voisine augmente ses chances «le vie dans sa tribu propre.(.) La coutume «le ce pays veut «pie le jeune homme, pour ivoir le droit «le se marier, ait commis au moins in meurtre.J’en ai demandé la raison.Et les indigènes m’ont répondu en toute simplicité : Il y n assez de familles.Pour fonder wie famille nouvelle, il faut d'abord faire disparaître une iamille ancienne.» D’un mémoire de M.Charles Roberts, président de l’« Anti-Slavery an«l Aborigènes Protection Society », l’auteur cite ce passage relatif à la région de Goré, qui touche directement aux possessions .inglaises du Soudan : « A Goré, marché principal et centre de passage des «esclaves importés «les régions occidental*» voisines, peuplées de races noires et de négroïdes, il n’existe pas «le famille, riche ou pauvre, «pii ne possède des esclaves.Je ne crois pas que le nouvel Empereur soit en mesure «le connaître le nombre tlivs esclaves qu’il possède.On les compte par centaines dans l’enceinte de sa résidence et sur ses terres.Chaque année, il perçoit un tribut de petits «'sclaves des deux sexsés à toutes les fatigues dos longues marches ; plusieurs sont enchaînés ; mal nourris et même laissés sans la moindre nourriture, ils sont abandonnés à leur sort, lorsqu’ils tombent épuisés, le long de la route.Ces razzias adviennent encore aujourd’hui.Tous les « liefs, sans exception, vous diront «pie pour rien au monde ils ne consentiraient à renoncer à leurs « sclaves.» Et d’un rapport de lord Noël Buxton et de lorr l’olwartli, sur une enquête faite en Ethiopie même pour le compte de la Société anti«»clavagiste de Grande-Bretagne, cette conclusion : « L’esclavage est en Ethiopie la base de tout le •vstème économique.Si les riches possèdent un grand nombre «l’esclaves qui se chiffre parfois par milliers, les personnes de moindre importance en possèdent également.Les prêtres eux-mêmes ont toujours des esclaves.L’affranchissement «les ¦ -claves ne peut venir que de l’intérieur.Sept ans -e sont écoulés depuis la publication de l’édit onpérial qui aurait dû, s’il avait été appliqué, i 'iidre à la liberté un très granil nombre d’esclaves, -’édit est resté, pour ainsi dire, lettre morte, parce |ue l’Empereur n’a pas l’autorité nécessaire pour Imposer le respect de la loi.La continuation de ces coutumes atroces, qui ne se heurtent, pour ainsi «lire, à aucun frein et que n’entrave aucune contrainte administrative, exige d’urgence une intervention.» Devant ces rapports et ceux d’un grand nombre «le voyageurs et d’envoyt’» britanniques (notamment lady Simon, femme «le l’ancien ministre des Affaires étrangères!, le prof«»seur Baravelli n’a pas tort d’écrire : « D’aucuns prétendent que les esclaves sont Iraité., en Abyssinie avec humanité et que, tout au moins, le gîte et la nourriture leur sont assurés auprès de leurs maîtres.C’est faux.Tout d’abord, il ne faut pas confondre l’esclavage proprement dit avec cette autre institution séculaire, le servage.Ce "ont là «leux choses complètement différentes.Pour avoir une idée de la comlition «les esclav«îs, il suffit «le consulter le Fatlia Nagast, la Loi des Rois, qui HMXiifîrm II dêcvmhro 1935 Les hommes de bonne volonté /.«‘.s Pouvoirs, tome IX, et La Montée.des Perils, tome X, de la g ru mie fresque de Jules Romains.Ces lieux volumes marquent un resserrement tragique de l'action; et l'ensemble de l'œuvre sen trouve brusquement éclairé, l.’on s’aperçoit que l’auteur depuis le début n’a pas cessé île nous mener quelque part ; et qu’à travers l'immense epopee des lloninns de bonne vnlonti règne une impérieuse unité d'action, d autant plus poignante à la longue et envoûtante qu elle a su.tout en se développant en protondeur par une marche quasi-souterraine, laisser se multiplier à la surface une prodigieuse diversité de circonstances, d’événements particuliers, capricieux, accidentels.N’est-ce pas la façon même dont le Destin procède quand il compose, avec son art transcendant, les grands drames collectifs de l’histoire ?Nous approchons de la péripétie majeure, patiemment préparée, qui ne sera r en de moins que le bouleversement de la civilisation par la guerre mondiale et par le feu d’artifice des révolutions multicolores, issues d’elle.Dans ces deux tomes, nous voyons se préciser, grandir, se rapprocher les périls jusqu’il l’hallucination.Nous voyons se conjoindre, suivant LA CRITIQUE DES LIVRES On demande une tour d’observation La ville de Montréal possède un attrait que plusieurs de ses rivales jalousent avec raison.C’est sa belle montagne.Pour attirer les touristes et faire connaître notre ville et ses beautés, on a construit un superbe belvédère, d'où l’on ne peut, malheureusement.admirer qu’un côté de la montagne et de la ville.Pourrais-je suggérer qu'on élève au sommet de la montagne une tour d’où la vue pourrait s’étendre sur toute 1"île et embrasser l’aspect complet de notre magnifique Mont-Royal par tous ses côtés ?Pour défrayer le coût d’une telle entreprise, on pourrait demander un modique droit d’entrée.Les chômeurs, qui ne demandent qu’un peu d’exercice pour leurs bras et un peu moins de honte à recevoir l’argent qu’ils n'ont pas gagné, s’empresseraient de contribuer, par leur travail, à l’élévation de cet édifice.des lois mystérieuses, les forces Je catastrophe ja Uies de partout, forces politiques et nationales, forces industrielles et économiques, forces sociales et populaires, sans oublier le jeu désordonné des passions.Action tour à tour clairvoyante et i aveugle, sage et toile, îles gouvernements; action uniquement réaliste, mais à vue bornée, des puissances î d’argent qui asservissent les puissances d'opinion ; action clandestine, louche, confuse, îles sociétés secrètes; poussée croissante des niasses ouvrières, dont l'énergie tâtonne à la | recherche du but, et qui parfois tra-j vaille sans le vouloir à rendre inc-vitahles les catastrophes qu elle re-| doute, en les faisant apparaître à certains comme la dernière chance de j l’ordre anc en ; action des v olontés individuelles, bonnes, mauvaises ou ambiguës, dans la malaxation de ce chaos.Ainsi que dans les livres prccé dents, nous sommes introduits au civur du drame par diverses voies, subtilement convergentes.Nous sommes mis successivement, et toujours j avec la même précision intime, la I même lucidité « radioscopique ».dans 1 la peau des prolétaires d’usine, des ministres, des financiers, îles capitaines d’industrie, des grands journalistes.des femmes du monde, des filles soumises, des conspirateurs et conspiratrices, même des purs artistes, des philosophes et des rêveurs.Mais, cette fois, l’élément central de ce monde en mouvement tumultueux, l'axe de ce tourbillon — et aussi la partie littérairement la plus neuve, la plus « extraordinaire », au sens exact, de l'œuvre — c’est ce qu'on peur appeler le roman de l'homme d’Etat aux prises avec les difficultés publiques les plus écrasantes, et restant un homme, dans sa vérité minutieuse et quotidienne, sans trace de romanesque surajouté.C’est Une rencontre J.-E.FOURNIER Limité* Manufacturiers de valises et d’articles de voyages 17-25, Ouest, rue Notre-Dame 931 rue St-Laurent, Succursales : 287 est, rue Ste-Catherlne, 1011 est, rue Mont-Royal, 4222 rue Wellington, Verdun, 861 ouest, rue Notre-Dame.Tél.BElair 1474 Jean-Marie Nadeau AVOCAT 266 ouest, rue St-Jacques ifi pfifiifffim Il el> (loin fi du Ire politique et littéraire 180 est, rue Snlnte-Cutherine, Montréal Cane pontale 4018 Tél.i PL 8511 Directeur s OLIVAR ASSKLIN ABONNEMENT : 1 an 6 mois Espagne Royaume-Uni France Etats-Unis Canada Autres pays 13.50 2.00 2.26 L’abonnement est payable d’avance par mandat-poste ou chèque affranchi payable au pair à Montréal.Publié par les Editions de LA RENAISSANCE (limitée) Montréal et imprimé par la Cie de Publication Fa PATRIE, Montréal Administrateur i Pierre ASSELIN Secrétaire de la rédaction i Jean-Claude Martin Directeur de ln Publicité « F.-X.Llzotte Que n’entend-on pas dire des provinces occidentales canadiennes ?Pour les uns la culture du blé a tellement ruiné les terres qu’il est impossible d’y récolter quoi que ce soit ; pour d’autres, ce pays n’a jamais rien valu.Et ces gens s’accordent pour proclamer la déchéance de l’agriculture dans toutes les provinces de l’Ouest.Les faits sont différents.Dans certaines régions de la Prairie, la sécheresse de ces dernières années a détruit les récoltes.Cela ne veut pas dire que ces terres resteront improductives, mais bien qu’à la première année pluvieuse il faudrait ensemencer ces régions — celles où le sol a « poudré » — avec des herbes à fortes racines, comme l’herbe à bison, et y faire l’élevage.Quant à la région des parcs, elle est différente.L’année dernière encore, alors que les premières étaient d’une aridité ruineuse, dans la dernière, les moissons furent superbes.Du moins c’est ce que nous apprend le R.P.Langlois, un « westerner » qui, en plus de ses occupations de provincial des Oblats, s’intéresse activement au progrès matériel des paroisses canadiennes-françaises de l’Ouest.Au cours de la rencontre dont nous parlons, le Père Langlois nous a aussi appris qu’il est plus facile qu’au-trefois de s’établir sur les bonnes terres des meilleures paroisses de l’Ouest.Presque toutes les familles, au temps que' les produits se vendaient très cher, achetèrent trop de terre et s’engagèrent à payer des prix exhorbitants.Dans bien des cas, ces fenniers durent quitter leurs fermes.Celles-ci sont aujourd’hui entre les mains des banques ou des compagnies d’assurance, qui ne demanderaient pas mieux que d’en disposer à des conditions très avantageuses pour l’acheteur.Bien souvent, les arrivants peuvent louer, ou encore acheter, en s’engageant à payer avec le tiers de la récolte.Même en vendant ces terres à des prix extrêmement bas, les banques et les compagnies d’assurance font une meilleure affaire que si elles les laissaient improductives ou si elles avaient à payer des taxes sans rien retirer.« S’il est un temps où les Canadiens devraient s’empresser de s’emparer des terres de l’Ouest, c’est bien celui que nous vivons », nous dit en partant le provincial des Oblats.Et il parle en connaissance de cause.J.-E.LAFORCE s est jure il éviter, par moyens, la guerre qui 1 pays et l’Europe, et qui le point de la taire, me est encore plus tragique, île loir.Idéal et réalités, poux puissance, grands desseins calculs, ambition et goût enthousiasme sincère, amour-propre véritable, jalousies, générosité, rancunes.tout cela baignant dans une vérité historique scrupuleusement restituée, et tour cela formant j l’image, saisissante jusqu’à l’angoisse, de ce qui se passe encore aujourd’hui , sous nos veux.Vérité historique et vérité éternelle.Mais beaucoup de visages non-1 veaux apparaissent et enrichissent l’étoffe du drame.Comme précédemment.des personnages réels vont ' et viennent parmi les créatures de fiction, participant les uns commet les autres au même paroxysme d’au-1 thencité : le Briand quasi-dictateur d'octobre 1910; le Caillaux du coup d’Agadir (dont Gurau est le ministre des Affaires étrangères).Cependant des aventures indépendantes se poursuivent.Naturellement, les fidèles — dont le nombre croît à chaque roman — des il run mi’s tic bonne volonté, cette fresque aux huit volumes parus que viennent compléter ceux-ci, goûteront l'enseignement philosophique et la splendeur littéraire d’une œuvre dont la connaissance pourrait remplacer à elle seule celle de l’histoire contemporaine.Mais on .peut défier quiconque entrerait de plain-picd aujourd’hui dans Montée des périls et Les Pouvoirs ( Flammarion, éditeur, 2 volumes : 12 francs chacun) de ne pas être emporté par le flux irrésistible de l'œuvre, et de ne pas se sentir envahi par des réflexions angoissantes.tant les choses, hélas ! recommencent, tant on croit voir la formidable machine des sociétés occidentales pousser au drame inéluctable, encore que ceux ties hommes j d’Etat qui se souviennent d’être des ! hommes travers.tique qui prisons, 1 e ;>ou\ ante 1 es travaux for- tous les ees, les a 11 res i e 1 a 1 aim.— l’égoïs- •11 ace son me et le L\nuemen s’entremêlent, voit sur la lâcheté îles uns et l’héroïsme des t\ ce qui autres tout ce pie l’humanité e la vou- nous oitre de beau, de grand, de iir et im- noble, tout ce qu’elli présente aussi et petits île laid, ili vil d’abj eet.L’auteur a le se *vi r ; tout vu, a tout connu a tout retenu.Il nous a conté ces choses simplement, sobrement, sans phrases, sans recherche d’effet.Et il atteint ainsi en certains endroits à une grandeur v raiment tragique.Invasion 14 est un gros livre, l’as un instant cependant l'intérêt ne faiblit en le lisant.Parce que les épisodes racontés sont saisissants, parce que les personnages sont réels et bien vivants, parce que l’on ne sait plus se dérober à cette atmosphère de drame qui vous prend dès les premières pages et qui s’affirme toujours plus poignante jusqu’à la lin.En vérité Invasion 14 est une grande et belle page de la vie des hommes.L’évolution des sciences physiques et mathématiques pur G.Bouligand, C.h.Brunold, .4.Grumbach, 11.Morand, P.Sergescu, M.Taboury, A.Turpain.Un vol.in-8 à 12 francs.— Chez Flammarion, à Paris.A ce livre ont collaboré des salants français et îles savants étrangers.Dans des chapitres indépendants, ils exposent à tour de rôle leurs vues personnelles et rapportent l'évolution des sciences physicomathématiques à leurs thèmes favoris.La liberté " .’ laissée à chacun d’eux 11’a pas compromis l'unité de l’ensemble, qui fut d’abord oralement transmis à un large public, dans le cadre évocateur de la l’acuité ill's Lettres de Poitiers, où la rencontre des pensées fut le pré-ude d’un groupement harmonieux, essaient de se mettre en pour les textes définitifs.L’idéi dominante, c’est qu’on ne • saurait voir aucune branche de la Science en parfait équilibre.U’s La Duchesse bleue théories succèdent aux théories.Au- Si quelques-uns de nos abonnés pouvaient disposer des numéros 2 et 3 (29 juin et 6 juillet) de la « Renaissance », nous leur serions très reconnaissants de nous le laisser savoir immédiatement.Roman pur Paul Bourget Réédité en cartonnage à 3 fr.50, à ’a1 Librairie Plon.Camille Favier, comédienne à ses débuts et naïve encore, nourrit le plus violent et le plus sincère amour pour un auteur célèbre, cynique et corrompu.L'n ami commun, peintre de talent, est le témoin impuissant de cette tragique passion qui aura le plus douloureux dénouement.Trois âmes totalement différentes, se débattent dans un conflit de sentiments dont AL Paul Bourget a décrit, avec son grand talent, les délicatesses et les brutalités.Des contrastes entre ces âmes, de la crise de passion qui les agite, M.Paul Bourget a fait sortir un drame aux accents pathétiques et sublimes qui est à la fois une ébauche d’étude de la vie intellectuelle et la plus émouvante des aventures sentimentales.Invasion 14 Roman par Maxence Van der Meersch i Un vol.de 500 pages, chez Albin Michel, à Paris.Prix : 20 francs.Des historiens, des romanciers, en nombre imposant, nous ont dit ce qu’a été la grande guerre.Ils nous l’ont exposée dans toutes ses manifestations et sous tous ses aspects, sur le front et à l’arrière, et nous ont relaté avec le même souci de vérité j les propos du poilu et les harangues ! des officiels.Si bien que nous n’avons plus grand chose à en | apprendre.i 11 n’en est pas de même de l’histoire de la guerre et de ses effets dans les régions envahies.Nous avons bien quelques mémoires — à I intérêt d’ailleurs forcément restreint — quelques récits parus aussitôt la , libération et manquant le plus sou-j vent d’objectivité, mais nous ignorons à peu près tout ce que fut réellement l’existence du pays occupé et des réactions de l’âme française devant les procédés de l’envahisseur.C’était une lacune que Maxence Y7an der Meersch vient heureusement de combler.Il nous montre dans Invasion 14 ce que fut l’existence en Flandre pendant les quatre années de guerre.Des personnages typiques, représentant chaque classe sociale, citadins, paysans, industriels, commerçants, bourgeois, ouvriers défilent sous nos yeux.Et l’on assiste à cent drames divers que provoque ou que conditionne la présence de l’Allemand ; la bataille acharnée pour la vie, pour le pain quotidien, la lutte sourde et sans merci contre l’ennemi, les aventures sentimentales mêlées aux aventures sanglantes, les horreurs des cime n’a de privilège exclusif, car /‘interprétation des phénomènes a des aspects multiples.Ainsi, la Science se montre-t-elle sous îles traits chaque jour moins rigides.Là où régnait jadis l’illusion de la stabilité ou d’unité parfaite, on perçoit une évolution, dont la mathématique n’est pas exempte.Devant ces constatations, l’histoire des Sciences prend une importance méconnue hier encore.Elle doit au moins à l’état latent, présider à tout enseignement scientifique digne de ce nom.Ici, la part lui a été faite très large.Alais un rôle non moins capital est dévolu à la Philosophie, rôle dont le poids sera plus marqué, à mesure qu’on s’acheminera vers les derniers chapitres.Les étudiants qui auront pris contact avec cet ensemble à la fois attrayant et varié sont par avance assurés de voir se déchirer des voiles nombreux.Et s’ils doivent eux-mêmes participer plus tard à l’enseignement, ils apprendront ici à estimer à sa juste valeur l’importance le l’histoire et de la philosophie des sciences.La première femme de Yuan par Pearl Buck Traduction de Germaine Delamain.— Un vol.de 288 pages, à 12 fr., à la Librairie Stock.L’apparition de ce nouveau livre de Pearl Buck est l’occasion d’ad-n.irer la simplicité avec laquelle se fait une gloire vraie, et comment le public, qui se refuse aux bateleurs, sait reconnaître les grands artistes.Comme Katherine Mansfield, Pearl Buck est devenue célèbre sans qu’on s’en aperçût.Aucune publicité ne l’a signalée.Alais Terre chinoise et lent, d'est, Vent_ d'ouest, furent très remarqués; avec La mère, ce fut la révélation et le grand succès d’un écrivain qui a deux moyens de captiver notre attention : d’abord la singulière circonstance de sa vie d'Américaine, Chinoise d’adoption, ensuite la puissance d’un talent littéraire hors de pair.La première femme de Yuan est un livre par lequel on peut pleinement jouir de ces deux qualités.Pearl Buck fait comprendre Ja crise du monde d’un poste d’observation unique, la Chine moderne, parmi les déchirements intimes de laquelle nous transporte un premier groupe de nouvelles.D’autres récits plus courts sont des tableaux de révolution où nous sommes subjugués par la profondeur de sa vision humaine.Jules AURIC Une protestation Monsieur le Directeur de la « Renaissance », Montréal.Le premier ministre intérimaire du Canada, l’honorable Ernest Lapointe, vient de remettre prestement à sa place le Dr Riddell, représentant de notre pays à Genève, qui.lors d'une récente réunion du Comité chargé d'appliquer les sanctions contre l'Italie, a, sans consulter l'honorable MacKenzie King, poussé l'audace et l’outrecuidance jusqu’à proposer que le charbon, l’huile, le fer et le cuivre fussent ajoutés à la liste des articles qu’il serait défendu d'exporter en Italie.L’honorable Ernest Lapointe a publiquement désavoué l'incartade ainsi commise par ce monsieur par trop zélé, qui croit évidemment avoir le droit de faire là-bas tout ce qu'il lui plaira, même de prendre, sans l'assentiment de ses supérieurs, responsables au peuple, des initiatives susceptibles de provoquer une guerre mondiale.Si l’on écoutait le Dr Riddell et les autres chauvins du même acabit, le Canada ne pourrait plus rien exporter en Italie.Or, un marché de moins pour nous veut dire diminution de notre commerce extérieur, déjà si restreint, et partant production moindre dans nos manufactures et nos usines et mise sur le pavé d'une foule d'ouvriers devenus inutiles, qui iront grossir les rangs des sans-travail.N’avons-nous pas dans le moment assez de chômeurs sans aller de gaîté de coeur en augmenter encore le nombre en nous privant d’un important débouché commercial ?D’autre part, il est clair que notre adhésion aux sanctions décrétées contre l’Italie n’aura d’autre résultat pratique que celui de permettre aux Etats-Unis de continuer de faire avec les Italiens des affaires d’or, pendant que nous, de ce côté-ci de la ligne 45e, verrons béatement notre commerce décliner peu à peu parce que nour aurons pris sur nous de punir lTtalie, qui, après tout, n’a que le tort de faire ce qu’ont fait avant elle l'Angleterre, la France, l'Espagne, l'Allemagne, le Portugal, la Belgique, les Etats-Unis, etc., avec le même objectif en vue, à savoir l’expansion de leur empire colonial respectif.Au moment même ou notre gouvernement fait des efforts incessants pour trouver des débouchés pour nos divers produits, est-il logique que nous sacrifiions, au profit de la république voisine, un marché que nous avons déjà et qui nous sera probablement fermé pour longtemps ?Car Mussolini paraît fermement déterminé à user de représailles contre les nations qui lui auront coupé les vivres.Quoi qu'il en soit, l'embargo sur les armes a feu et les munitions de guerre devrait être suffisant pour satisfaire même les plus exigeants, sans étendre l’interdit aux autres articles de commerce uniquement pour faire plaisir aux Anglais et pour favoriser le négus d’Abyssinie, avec lequel nous n'avons, nous Canadiens, absolument rien de commun, et qui ne mérite aucunement notre sympathie, attendu qu’il n’a pas rempli les obligations qu’il avait assumées lors de l’admission de son pays dans la Société des Nations, notamment celle d’abolir l’esclavage dans ses domaines.Votre bien dévoué, Louis BRISSETTE LA JAMAÏQUE Où c’est l’été tout l’hiver En im/.-v«ux luwn ilr x rlKiifur» île l'hiver t rie* rhume».île* riélieiUKtvx, rie la n r I k e I Allez nliir* imxxer ili1* ¦nul* tl'cni'linn-lenienl tlan* cette terre t r « |i I e u I e lie l'ÿtcrnel Miileil.l’ayMiiKC* Inaplrateu r*.Filmât uniforme.I'Iiikc* hn Inéalre*.Montnirnca riifrnfrhlNMnntea.Tou* le* ¦porta, II A t e I ¦ luxueux.Vlxllcurx dldtlnKuM.Site.* historique* d'intérêt.Ln ¦nlMOn fiiMhlonulile vu de novembre A avril loelnal-rcment.« wn Pour renseignements complets, écrire au Délit.I, It, Service
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