L'ordre nouveau, 20 septembre 1937, lundi 20 septembre 1937
[ORDRE NOUVEAU Un monde s’écroule, un ordre nouveau s’élabore.Il faut que les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu'ils aillent à créer ce qui mérite de vivre.—LES ÉVÊQUES DE FRANCE.ORGANE DES SEMAINES SOCIALES Montréal, 20 septembre 1937 PREMIÈRE ANNÉE, No 24 Prix: 5 sous; l’abonnement: $1.00 A la lumière de l’encyclique LE DÉFENSEUR DU ROYAUME DU CHRIST « Divin! Redemptoris » Le détachement des biens de la terre Par André LAURENDEAU Le 29 septembre ramène la fête de saint Michel Archange.C’est le patron de tous ceux qui défendent vaillamment les intérêts de Dieu et de son Eglise.Pie XI le proclamait encore récemment protecteur de ceux qui luttent contre le communisme.Plus que jamais devons-nous réciter avec ferveur la belle prière que lui adresse le prêtre à la fin de la messe : « Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat.» En voici une autre, toute d’actualité et qui vous obtiendra la vaillance au service de Dieu : « O saint Michel Archange, vous qui, enflammé de zèle pour la gloire divine, avez précipité en enfer les esprits rebelles, faites que, bridant du même zèle, nous combattions l’impudence effrayante qui dresse contre Dieu tant de nos contemporains, et que nous concentrions toutes nos énergies à étendre la gloire de Dieu.Par le Christ Notre-Seigneur.Ainsi soit-il '.» Nous recommandons aussi cette brève invocation ; « Saint Michel, premier défenseur du royaume du Christ, priez pour nous.» (300 jours d’indulgence.) Le remède fondamental contre le communisme consiste donc, selon l’enseignement de l’encyclique Divini Redemptoris, dans une rénovation sincère de la vie privée et publique selon les principes de l'Etang Je.Eu d’autres termes, c’est assurer que le communisme n’existerait pas si les chrétiens étaient demeurés fidèles à leur mission.Réponse étonnante, quand on y songe, et propre à scandaliser nos hommes pratiques (c’est-à-dire un peu nous tous, puisque nous avons presque sans exception été entamés par la morale courante).Mais n’est-ce point la réponse du Christ?Quand on va au cœur de la question, on a l’air de s’évader de la question.C’est au moment où l’on s’occupe des réalités essentielles qu’on paraît le moins réaliste.Ainsi en décide le regard passionné ou superficiel des hommes.Contre un mal qui semble avant tout un mal économique, social et politique, il est très remarquable que S.S.Pie XI conseille d’abord un renouveau de vie chrétienne, et que, parmi les conseils évangéliques, il choisisse d’insister sur deux préceptes qui semblent dépasser l’efficacité humaine: le conseil d’amour et le conseil de pauvreté.(Regardons-y avec des yeux impitoyables: après vingt siècles de christianisme, y a-t-il beaucoup d’amour dans le monde ?Et où sont les vrais pauvres ?) Le communisme pose à la conscience chrétienne une interrogation crucifiante.Il nous pousse, il nous accule à des réactions immédiates.Quelle attitude, se demande le Saint-Père, doit prendre le chrétien, quels remèdes doit-il employer pour défendre le Christ et la civilisation chrétienne contre le communisme ?— Sera-ce, au premier chef, d’enfermer les communistes en prison ou de les massacrer sans pitié ?ou, toujours au premier chef, d’opérer une révolution d’ordre économique et social ?ou, enfin, de régler d’abord le problème politique?Que le chrétien soit vrai chrétien, répond le Pape.Qu’il soit le sel de la terre.Qu’il accepte dans sa vie, dans le tissu quotidien de sa vie, lui homme d’œuvres ou de pensée, prêtre ou religieux, qu’il réalise dans son âme et ses actes l’un des deux préceptes qui s'appliquent tout spécialement aux conditions présentes du genre humain: la règle du détachement des biens de la terre.S.S.Pie XI s’adresse aux riches comme aux pauvres pour les mettre en garde contre les séductions de l’argent.Sommes-nous prêts à accepter intégralement la leçon, à plonger en chacun de nous pour y arracher les racines de ce mal qui a rongé tous les temps, mais particulièrement le nôtre ?1.Nous avons fait imprimer cette belle prière au verso d’une image de saint Michel qu’on |xuit bureaux de l’École Sociale Populaire, au prix de 5 sous jxjur dix, S fi sous le cent, $2.50 le mille.se procurer aux LE DANGER DU C./.O.Sympathique d’abord au mouvement de Lewis en qui ses directeurs voyaient un louable effort pour organiser les ouvriers sur un plan conforme aux directives de l'Église, la revue America dénonce maintenant sans merci les lieutenants dont le chef s’entoure et les tactiques qu’il emploie.Ces lieutenants sont des communistes notoires et ces tactiques s’inspirent de leurs idées.Que Lewis lui-même n’adhère pas officiellement au parti de Moscou, peu importe, si par ses hommes de confiance et ses méthodes il lui est lié et fait son jeu.Tous les hommes d’ordre aux Etats-Unis, même les plus sympathiques au syndicalisme ouvrier, regardent aujourd’hui avec inquiétude les progrès du C.I.O.C’est agir sagement au Canada que de barrer aussitôt le chemin à ce mouvement étranger.Le syndicalisme, base de la corporation La civilisation de l’argent Argent, tentation de toutes les époques.Symbole de la puissance du monde, ten tation de facilité, mirage du bonheur.C’est le Veau d’or de l’Ancien Testament.Jésus lui-même a subi l’assaut.Rappelons-nous la troisième tentation du désert où le démon presse Notre-Seigneur de l’adorer, après quoi il lui donnera « tous les royaumes du monde, avec leur gloire », parce que qui possède Mammon possède les hommes.Cependant, plusieurs époques n’ont point exprimé leur culte aussi cyniquement.Il suffit de se rappeler la toute-puissance du patriarche, plus près de nous la force politique du monarque (quelles que fussent ses concessions au banquier), ou surtout, au moyen âge, la signification sociale de la chevalerie et de la féodalité, et ce qui permit l’éclosion du mouvement franciscain.On s’obstine, dans quelques milieux où l'on se fait fort cependant de suivre les di rcctives de l’Eglise, à rejeter les syndicats ouvriers et patronaux comme éléments de la corporation.« Ce n’est pas pratique ici, dit-on; ce n’est pas l’idéal de l’Église, etc.» S.Ém.le cardinal Villeneuve a mis, une fois de plus, les choses au point dans discours aux ouvriers de Québec le jour de la fête du Travail.Voici ses paroles, appuyées sur l’encyclique Divini Redemptoris: « Des syndicats catholiques de nom cl d’esprit, c’est-à-dire qui veulent s’inspirer non de la force, mais de la justice, pour les patrons d’une part et pour les travailleurs de l’autre; des rencontres et des conseils communs entre ceux-ci et ceux-là, pour délibérer des vrais intérêts communs dans la même industrie; une organisation professionnelle avec d’une part l’apprentissage et la technique du métier, d’autre part le souci du progrès humain autant que des simples revenus; des conventions collectives où les représentants des patrons et des ouvriers déterminent les justes conditions de travail, de façon que les salaires soient convenables el que le rendement ouvrier le soit aussi; des offices de salaires raisonnables institués par la loi pour guider et compléter les conventions collectives; tout un corps d’institutions professionnelles de la sorte, et d'institutions interprofessionnelles, fondées sur des bases solidem ml chrétiennes, reliées entre elles et formant sous des formes diverses, adaptées aux régions el aux circonstances, ce qu’on appelait la Corporation: ce ne sont pas là de simples spéculations de théologie; ce n’est pas non plus un corporatisme politique; non, c’est le moyen unique de faire régner dans les relations économiques et sociales l’enlr’aide mutuelle de la justice et de la charité.(Enc.Divini Redemptoris, 4-51.) » son Aujourd’hui, l’argent ne prend plus la peine de cacher sa tyrannie.Les banquiers se cachent, mais on sait qu’ils dominent l’économique.Et l’économique est prince incontesté.La classe dominante est celle des riches.Les cives praeclari de l’antiquité ou de la théologie médiévale sont pratiquement confondus avec les millionnaires.Argent signifie non plus seulement puissance occulte, mais considération sociale.De l’aristocratie à la ploutocratie, qu’on mesure la chute; ainsi se marquent toutes les décadences.Notre civilisation est donc celle de l’argent.D’abord, au sens objectif: l’argent possède tous les leviers de commande.Elle l'est aussi au point de vue subjectif.La mystique de l’argent L’argent, expression de la puissance matérielle, du confort, du luxe, ou simplement de la vie facile, est devenu l’objet d’une véritable mystique.Il tyrannise non seulement : les corps, non seulement les institutions, mais aussi les cœurs.Domination intérieure.Dieu intérieur.— Mais il faut bien gagner sa vie! Et il y a des ambitions légitimes, même dans I l’ordre de la richesse! Qui donc y contredit ?Il s’agit d’une psychologie bien différente.Le père de famille gagne sa vie: ce lui est un devoir aussi bien qu’un droit.Cette nécessité s’allie fort bien à un authentique détachement des biens de la terre.L’homme moderne gagne de l'argent.L’argent, pur moyen même dans l’ordre temporel, devient pour lui fin suprême.Faire de l’argent, répète-t-il.Il en arrive au point de confondre possession de l’argent et possession du bonheur.Plus de félicité possible en dehors d’un maximum de richesse.Chez les plus grands, le rêve est de dominer les hommes.Pour les autres, le mobile devient insaisissable: c’est affaire de suggestion; on se persuade que l’argent c’est le bonheur, comme on se persuade qu’il n’y a point de vie possible sans un radio, une automobile, un frigidaire, un bon fauteuil.« Argent » est mis pour « vie matérielle », « satisfaction du corps ».Aussi notre civilisation ne s’oppose-t-elle pas seulement aux réalités religieuses, mais encore elle amoindrit notre idéal artistique, intellectuel, scientifique, puisque l’art, la pensée et la science dépassent le corps.C’est du matérialisme pratique.De là au matérialisme communiste, il n’y a qu’un pas, que la misère fera vite franchir.Si la richesse est le seul bien de ce monde, de quel droit déshériterait-on les masses ouvrières et les masses paysannes?S’il n’y a que l’argent, tous désirent l’argent.Au matérialisme d’en haut succède le matérialisme d’en bas.Vous voulez la richesse ?Nous la désirons aussi, diront les pauvres (qui ne sont pas des « pauvres en esprit »).Si l’argent c’est le bonheur, prenez garde: nous aussi, nous voulons le bonheur, et nous savons quels moyens y mènent.Les conventions collectives de travail Nous avons publié, dans notre dernier numéro, différents documents exposant les efforts accomplis par les catholiques, fidèles aux directives sociales de leurs chefs, pour instaurer les conventions collectives de travail dans les rapports entre employeurs et employés.Il est intéressant de constater combien l’idée fait peu à peu son chemin.Voici, d’une part, les bûcherons — des employés canadiens-français — qui, à leur congrès de la Tuque, tout en remerciant le gouvernement des améliorations apportées à leur sort, réclament fermement la convention collective.Voici, d’autre part, un patron, M.A.J.Swanson, représentant du Western Hospital de Toronto, qui prend au congrès des hôpitaux canadiens une altitude semblable.« Trop de nos employés sont mal payés, déclare-t-il.I >àns certains hôpitaux, l’échelle des salaires n’a pas été revisée depuis vingt-cinq ans.Nous ne pouvons pas empêcher nos employés de s’unir.El nous devrions négocier avec eux un contrat collectif.» L’ORDRE CORPORATIF EN AUTRICHE' ( A/» > Influence îles corporations sur la législation et sur la politique de l’Etat Les corporations collaborent, depuis le l"r novembre 1934, à la législation fédérale, depuis quelque temps à l’administration des provinces et des communes.Tout projet de loi économique doit être soumis à l'avis du « Bundeswirtschaftsrat » (Conseil fédéral de l’économie) formé par les délégués des principaux groupements corporatifs.Ces délégués sont nommés par le gouvernement; ils seront élus par les corporations aussitôt que celles-ci seront complètement 1.Voir lus numéros rte juillet, août et septembre.organisées.La nomination des délégués des corporations est sous l’influence du Front patriotique, seul porteur de la formation de la volonté politique; il n’a pas le droit de s’immiscer dans la mission proprement dite des corporations, mais il a à surveiller du seul point de vue politique, les nominations et les élections, les listes des candidats présentés par les organisations.C’est là une réduction de l’autonomie des corporations indispensables jxnrr éviter que des fonctions importantes soient exercées par des ennemis du nouvel Etat, pour (Suite ) Dans la province de Québec, seulement, l’on estime qu'il se trouve au moins cent mille familles ou jeunes gens aptes à cultiver la terre.c) L’argent ne manque pas puisque nous le dépensons en pure perte pour des secours aux chômeurs.L’État devrait consacrer à la colonisation un budget au moins aussi considérable que celui qui a permis à notre système routier de se développer.(A suivre) TROISIÈME PLAN 1 C) Le socialisme modéré Points de rencontre entre catholiques et socialistes Quand les socialistes sincères poursuivent: 1° l’amélioration de vie des classes laborieuses, la suppression des abus trop réels du capitalisme, une plus équitable répartition des biens de la terre; 2° l’étatisation de certains biens de production; ces réclamations n’ont rien qui offense les principes chrétiens.Au contraire, les catholiques devraient enfin se dévouer les premiers à ces réformes cl combattre l’égoïsme aveugle: 1° le principe du bien commun doit diriger les activités économiques, non le seul profit, non l’esprit de lucre, et le bien commun exige des réformes en ce sens; calions ouvrières doivent se faire entendre, mais dans un esprit de saine collaboration.Les grèves, pour être justes, comme les guerres, sont soumises à des conditions précises.Il y aura toujours des inégalités entre les hommes.H Conception matérialiste tic la société Considéré comme fait historique et dans son action, le socialisme partout s’est montré antireligieux, anticlérical.Sa doctrine s’oppose à toute la philosophie chrétienne de la vie.Pour lui, la religion est une affaire individuelle, sans portée sociale.La société n’a pour but que le seul bien-être matériel et ne trouve ses lois que dans cette fin.Un nouvel ordre social n’est déterminé que par des réformes bancaires, industrielles.Critique: le socialisme oublie la véritable fin de l’homme, sa grandeur spirituelle qu’une société doit d’abord favoriser; il rend l’économique dominateur absolu quand il n’est que serviteur et il rapetisse l'homme à une mesure d’utilité publique et de confort matériel.LE DÉTACHEMENT DES BIENS DE LA TERRE (Suite île la fniRt 1) Rappelons-nous, non comme des fragments de sermons, mais comme des réalités essentielles, les exigences de l’Évangile.Riches, ne mettons pas notre bonheur dans les biens de la terre, ne consacrons pas le meilleur de notre effort à la conquête de ces biens; que les hommes aisés se considèrent comme de simples administrateurs tenus de rendre des comptes au Maître suprême, qu’ils se servent de leurs richesses comme de moyens précieux que Dieu leur accorde pour faire du bien; qu’ils ne manquent pas de distribuer leur superflu aux pauvres, selon le précepte évangélique.Qu’ils cessent de considérer la religion, au point de vue social, comme « l’opium du peuple ».Quant aux pauvres, tout en cherchant selon les lois de charité et de justice à se pourvoir du nécessaire et même à améliorer leur sort, ils doivent toujours rester, eux aussi, « des pauvres en esprit », plaçant dans leur estime les biens spirituels au-dessus des biens et des jouissances terrestres.Qu'ils se souviennent que la douleur habite dans le cœur de l’homme et qu’on ne réussira jamais à l’en arracher.Car tous les chrétiens, riches ou pauvres, doivent tenir toujours leurs regards fixés sur le ciel.Et ne jamais oublier que « nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir ».2° la socialisation de certaines catégories de biens est légitime : raison: ils confèrent, ces biens, une puissance trop forte à des individus, plus forte que l’État; d’où, exploitation, sans frein possible.modalités: entreprises a) possédées et régies directement par l’État; b) possédées par l’État et régies par un organisme autonome représentant l’État, les travailleurs et les consommateurs; c\ possédées et régies conjointement par l’État et des particuliers.Le socialisme au Canada Il est surtout préconisé par la Cooperative Commonwealth Federation et les autres groupes qui adhèrent à la C.C.F.Dans son programme, il y a un mélange d’erreurs et de vérités, ce qui le rend plus séduisant.H Vérités Vigoureuses dénonciations des abus du capitalisme, guerre à l’anarchie économique, au déséquilibre social par l’instauration du principe: le bien commun prime les intérêts de quelques particuliers; appel à une plus-large coopération entre les hommes et les professions; législation sociale plus étendue, surtout par diverses assurances.Intentions généreuses de plusieurs de ses partisans.H Erreurs — sympathies pour le régime soviétique, pour les communistes canadiens, collaboration avec ceux-ci.— lutte de classes: la C.C.F.est prête à accepter la violence, si nécessaire pour réaliser son plan.D'ailleurs, les dénonciations violentes conduisent fatalement à la révolution.— propriété privée: un groupe d’extrémistes veut son abolition radicale; les modérés et le programme officiel réclament la « socialisation de tout le système financier, des services de santé, de transport, de l'énergie électrique et toutes les autres industries et services essentiels à l'organisation sociale, tous les moyens collectifs de production et de distribution, la terre y comprise ».Cela nous mène loin! Cela contrarie la fonction individuelle et sociale de la propriété.Cela est injuste: la confiscation sans indemnité n’est pas permise et l’expropriation compensatrice n’est légitime que si exigée par le bien commun et celui-ci n’exige pas une socialisation générale.— conception matérialiste de la société: son programme ne respecte pas la nature et le but de la société; il ne parle que de réformes d’ordre matériel, en fonction du bien-être matériel.I Conclusion Sur ces quatre points centraux, la C.C.F.pose des principes qu’un catholique ne peut admettre.Évidemment, son socialisme tombe sous les condamnations de l’encyclique: « Personne ne peut être en même temps bon catholique et vrai socialiste », ajoutons: membre de la C.C.F.objets: pas toutes les grandes sources de richesses et de travail, mais une minorité d’entreprises, surtout les services publics: postes, transports, banques, mines, fabrication d’armes, usines hydro-électriques, etc.conditions: si ces entreprises sont déjà exploitées par des particuliers, l’expropriation qui s’impose doit correspondre à la valeur réelle du capital; toute nationalisation est soumise aux exigences du bien commun : donc, bien examiner son opportunité, ses conséquences.a avancé d’un rythme inattendu.Aujourd’hui que le salariat et le patronat sont complètement ordonnés dans les domaines économique et social, libérés des anciennes divisions nées des partis politiques, ils peuvent s’adonner entièrement à leur mission proprement dite, résoudre les questions professionnelles et économiques, intervenir dans la législation.Un autre succès justifiant les plus grands espoirs vient du fait que des milieux toujours plus vastes sont acquis à la réforme corporative qui apportera un meilleur ordre dans la société; ceci est prouvé par la grande insistance des milieux patronaux et salariés pour que la seconde étape soit franchie le plus tôt possible, par la volonté des deux groupes de résoudre, d’une façon autonome et de propre initiative, les questions brûlantes.L’œuvre de reconstruction de l’Autriche, unique dans son genre, accomplie en dépit de toutes les difficultés et de la gravité d’un temps très peu propice, est digne d’être étudiée par tous.Si elle n’est pas article d’exportation, elle comporte un enseignement très précieux et riche de suggestions.La nation autrichienne a pris, sur la route de la réforme de la société, sa direction, aux autres nations de fixer la leur.Service Fédéral de la Presse L’ordre corporatif en Autriche (Suite Je la page 1) écarter des scissions politiques et pour garantir la réforme corporative.Trois années presque sont passées depuis que le chancelier Dollfuss a posé, en créant l’union de l’artisanat, la première pierre de la réforme corporative.Eu égard à l'importance de celte œuvre, le délai est court.Le fait que l’organisation est terminée pour une partie et toute prête pour l’autre dit assez que le terme n’est pas atteint.Les constructeurs avaient, dès le début, la conscience nette que l’État devrait préparer le terrain, déblayer les grands obstacles avant de commencer le bâtiment.L’atmosphère indispensable reste cet « assainissement des âmes », devise de Mgr Seipel.Sans elle, les nouvelles organisations n’auront pas l’esprit nouveau.Mais on peut constater dès maintenant que le travail réformateur des trois années a porté de riches fruits.Il suffit de comparer la situation actuelle avec le passé et de comprendre la situation particulière de l’Autriche.Si l’on se rend compte qu’une construction entièrement nouvelle dut être érigée, travail suffisant pour absorber déjà toutes les forces, alors que l’existence même de l’État devait être défendue, on peut reconnaître que cette restauration Conclusion Les justes demandes du socialisme modéré trouvent un appui plus ferme et une garantie de réalisation plus efficace dans les principes de justice et de charité chrétienne.Divergences irréconciliables M Suppression de la propriété privée Les socialistes ne se contentent pas d’attaquer les abus de la propriété privée; ils en contestent la légitimité.Pour eux, elle n’est pas un droit naturel, mais une simple reconnaissance par l’État qui peut l'abolir.La plupart des socialistes prétendent que les biens de consommation, d’usage personnel, peuvent être privés.Mais non les biens de production, matière ou instruments qui servent à la production.Partage difficile.Selon d’autres qui repoussent l’étatisme russe, les entreprises seront aux mains de coopératives, de syndicats d’ouvriers; d’où, enthousiasme au travail, mort de l’appétit du gain.Critique: cette nationalisation de tous les biens de production, c’est du pur collectivisme; elle lancerait la société dans une aventure désastreuse; car une observation réaliste de l’homme montre que le stimulant de l’intérêt personnel est une condition de travail, de progrès, d’économie.De plus, l’État aurait un rôle qui dépasse scs forces.L’État-providence: une invite à l’inertie, un attentat aux libertés humaines, un fonctionnarisme parasitaire.| Lutte île classes Les socialistes ne comptent pas sur la violence pour opérer leur révolution, mais sur les moyens constitutionnels.Leur collaboration avec les communistes dans les Fronts populaires est donc illogique.Leur tort le plus grave: attiser la haine contre les classes possédantes, accentuer l’esprit d’opposition entre les hommes, croire que toutes les grèves sont légitimes, prêcher l’égalité absolue entre les hommes.Critique: la haine ne produira jamais l’amour, la fraternité.Certes, les revend!- PLANS POUR CERCLES D’ÉTUDE Les cercles d’etudes, suspendus durant les vacances, reprennent leur activité dans les collèges, les groupes de jeunes, les associations professionnelles ou sociales.Nous leur recommandons les plans publiés à leur intention dans nos numéros précédents.Douze ont déjà paru, en comptant celui que contient ce numéro-ci.Le premier résumait l’encyclique « Reruni novarum », base de l’enseignement social pontifical; les autres contiennent une etude détaillée de l’encyclique i< Quad rage si mo anno ».Nous avons fait des tires à part de ces plans d’études sur des feuillets de deux pages.Il nous reste actuellement des exemplaires des numéros 8, 9, 10 et 11 sacrés tous les quatre à l’organisation corporative.Ce dernier sujet est d’une actualité croissante.Tout le monde parle actuellement de corporatisme, mais, comme le faisait remarquer S.Em.le cardinal Villeneuve, a la Semaine sociale de Saint-Hyacinthe, bien peu connaissent ce dont ils parlent.Il importe cependant que les catholiques canadicns-français — surtout les dirigeants actuels ou futurs de nos differentes professions — soient renseignés sur cette institution, qu ils en comprennent la nature exacte, l’opportunité, le fonctionnement, l’application à notre situation., Le grand moyen d’acquérir ces connaissances, c’est le cercle d’études bien dirigé.Encore faut-il à ses les leur fournissent., con- Bibliograpbie Ruttkn, o.i>.— Pages 201 et sq.Ciiagnon, s.j.— Pages 128 et sq.Colliers d'Action sociale et religieuse, mars et avril 1937.Mgr G.Gauthier.— La Doctrine sociale de l'Église et la C.C.F.E.S.P., n° 242.Lévesque, o.p.— La C.C.F., E.S.P., a-» 232-233.Abbé Edmour Hébert.— Le Socialisme, E.S.P., n"s 44-45.membres des matériaux appropriés.Nos plans d’études U* ramassent et ordonnent sous quatre chefs tout ce qu'il iciut savoir sur la corporation ; ils font connaître ensuite, par une abondante bibliographie, a ceux qui voudraient se renseigner davantage, les sources les plus sûres.k organisation corporative est le sujet tout indiqué, cette année, pour les cercles d etudes.Et grace a nos plans chaque membre sera pourvu de l'instrument indispensable pour mener à bonne fin son travail.Ces plans se vendent 10 sous la douzaine, 70 sous le cent franco.1.Pour lus deux plans précédents, voir les numéros des 20 mai et 5 juin.ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE, 1961, RUE RACHEL EST, MONTRÉAL L’ORDRE NOUVEAU 4 20 septembre 1937 ssgSSM il IMPRIMERIE OU MESSAOIR, MONTREAL
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.