L'ordre nouveau, 5 décembre 1937, dimanche 5 décembre 1937
L’ORDRE NOUVEAU Un monde s’écroule, un ordre nouveau s’élabore.Il faut que les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu’ils aident à créer ce qui mérite de vivre.— LES ÉVÊQUES DE FRANCE.Montréal, 5 décembre 1()37 DEUXIÈME ANNÉE, No 5 ORGANE DES SEMAINES SOCIALES Prix: 5 sous; l’abonnement : $1.00 Numéros de propagande A la lumière de l’encyclique « Divin! Redemptoris » Le numéro spécial sur le syndicalisme, publié le 5 novembre, a été des mieux accueillis.Nous avions presque doublé le tirage ordinaire.Il nous fallut cependant faire, dès le surlendemain, un nouveau tirage dont il ne reste que quelques exemplaires.Notre numéro du 20 mars, on se le rappelle, avait été consacré presque tout entier à l’organisation corporative.Puisque l'étude de l'encyclique « Divin! Redemptoris » nous 1 amène de nouveau à ce sujet, nous lui accorderons encore presque tout ce numéro.Les directives, d’une part, du Souverain Pontife et de S.Em.le cardinal-archevêque de Québec, si pressantes; de l’autre, les attaques perfides des ennemis de l’Eglise, auxquelles se joint l’incompréhension renversante d’un bon nombre d’hommes publics en tout ce qui concerne l’ordre corporatif, nous font un devoir d’éclairer de plus en plus l’opinion sur cet important sujet.Ce numéro de propagande se vendra, comme le précédent, 35 sous pour 10, $3.00 le cent.Nous le laisserons aussi avec le numéro spécial sur le syndicalisme au prix de 5 sous franco pour les deux.L'organisation corporative par Adrien GRATTON Les syndicats patronaux et ouvriers ne représentent qu’une forme incomplète de l’organisation professionnelle.Les syndiqués les mieux disposés inclinent à ne considérer que les intérêts du groupe auquel ils appartiennent, en sorte que les unions d’employeurs et de salariés, même catholiques, risquent de maintenir, à leur insu parfois, une rivalité dangereuse et stérile entre les classes sociales.Aussi Sa Sainteté Pie XI notait-il dans l’encyclique Divini Redemploris: « Si l’on considère l’ensemble de la vie économique.ce n’est que par un corps d’institutions professionnelles et interprofessionnelles, fondées sur des bases solidement chrétiennes, reliées entre elles et formant, sous des formes diverses adaptées aux régions et aux circonstances, ce qu’on appelait la Corporation, ce n’est que par ces institutions que l’on pourra faire régner dans les relations économiques et sociales l’entr’aide mutuelle de la justice et de la charité '.» Les catholiques se réjouissent du fait que le Souverain Pontife confirme une fois de plus la nécessité de joindre en un faisceau les intérêts de tous ceux qui concourent à une même profession.Il ne s’agit pas de détruire les syndicats qui ont rendu dans le passé d’immenses services et qui ont pour rôle indispensable de faciliter la solution des problèmes économiques et sociaux en unifiant la pensée des intéressés dans chacune de leurs unions.Il faut cependant les compléter en favorisant les rencontres entre ces groupes.Ce sera le rôle des institutions professionnelles « adaptées aux régions et aux circonstances » (Divini Redemploris).D’autres collaborateurs indiqueront comment cette adaptation pourra se faire dans notre pays.Ils expliqueront les différents organismes qu’il faudra peu à peu établir: conseil d’usine, conseil corporatif, chambres corporatives cl enfin le conseil économique national qui viendra unifier les tendances des diverses corporations et les soumettre à l’intérêt supérieur de la nation symbolisé non pas par l’État, comme en Italie ou en Allemagne, mais par l’ensemble des corporations.Toutes ces institutions formeront l’organisation corporative que l’Union de Fribourg définissait ainsi: « Le régime corporatif est le mode d’institution sociale qui a pour base le groupement des hommes d’après la communauté de leurs intérêts naturels et de leurs fonctions sociales, et pour couronnement nécessaire la représentation publique ei distincte de ces différents organismes -.» Je veux simplement, pour ma part, dans ces quelques lignes qui me sont allouées, souligner une remarque du grand Pontife.La justice et la charité, dit-il, ne pourront régner dans les relations économiques et sociales que par la Corporation, pourvu toutefois qu’elle soit établie « sur des bases solidement chrétiennes ».Quelle folie, en effet, de vouloir rénover la société sans l’appui de la religion! Toutes les sociétés, y compris le merveilleux moyen âge, ont croulé dès que des mœurs païennes et des idées libertaires s’y furent introduites.Aujourd’hui même, dans la désastreuse faillite d’un capitalisme gangrené par le libéralisme économique, ne voyons-nous pas le châtiment d’un ordre établi en marge de la loi morale et puni de ce fait par Celui qui, selon le mot de Bossuet, donne aux rois et aux nations de « grandes et terribles leçons » ?Des hordes d’athées révolutionnaires n’attendent qu’une occasion propice pour mettre le monde à feu et à sang.Les chrétiens resteront-ils divisés devant cette menace ?Que nos frères les protestants se joignent donc à nous pour rénover dans la société l’influence de la loi morale promulguée par Dieu qui doit conduire les actes de notre vie publique autant que ceux de notre vie privée.Le Souverain Pontife en montrait nettement la nécessité lorsqu’il citait cet exposé de son encyclique Caritate Christi: « Comment peut tenir un contrat quelconque, écrivait-il, et quelle valeur peut avoir un traité, là où manque toute garantie de conscience?Et comment peut-on parler de garantie de conscience là où a disparu toute foi en Dieu, toute crainte de Dieu ?Cette base enlevée, toute loi morale s’écroule avec elle, et il n'y a plus aucun remède qui puisse empêcher de se produire peu à peu, mais inévitablement, la ruine des peuples, des familles, de l’État, de la civilisation même.» (Divini Redemploris, n° 74.) De nombreux patrons, délaissant leurs préjugés tenaces, se rendent compte des avantages innombrables qui découleront et pour eux et pour les ouvriers de l’ordre corporatif; quelques-uns même se dépensent pour en hâter la venue.Nous recommandons, à ceux qui ne comprennent pas encore la gravité de leur devoir social, la méditation de cette apostrophe de l’apôtre saint Jacques aux riches dont le cœur est endurci: « A vous maintenant, riches! Pleurez, éclatez en sanglots à la vue des misères qui vont fondre sur vous.Vos richesses sont pourries et vos vêtements sont mangés de vers.Votre or et votre argent se sont rouillés, et leur rouille rendra témoignage contre vous, et comme un feu dévorera vos chairs.Vous avez amassé des trésors de colère dans les derniers jours.» (Cité par Pie XI, Divini Redemploris.) Congrès sur les réalisations corporatives L’Union internationale d’études sociales lives clans les divers pays représentés A l’Union de Malines: l’Autriche, par S.Exc.Mgr Waitz, archcvêcpie de Salzhourg; l'Allemagne, par M.Joos; la France, par le R.I’.Merklen, directeur de lu Croix; la Grande-Bretagne, par le K.F.O'IIea, s.j.; le Portugal, par le R.1*.Muller, s.j., l’Italie, par le professeur Vite; le Canada; par le R.P.Archambault, s.les Pays-Bas, par le R.P.Kors, o.iv, et la Belgiciue, par M.Van Goethem, de l'Université de Louvain.L’Union a examiné celte, documentation à la lumière des principes de la morale sociale catholique et a fixé quelques directives visant le grand problème du corporatisme chrétien, suivant la voie tracée par les Souverains Pontifes.La dix-huitième session de l’Union internationale d'études sociales s’est tenue à Matines cet automne, sous la présidence de S.Ém.le cardinal Van Rocy, archevêque de Malines.Etaient présents, entre autres: M.Eugène Duthoit, président des Semaines sociales de France; le R.P.Sertillanges, o.i\, le R.P.Desbuquois, s.j., de l’Action populaire; M.Joos, ancien membre du Reichstag; le R.P.O’Hea, s.1., de la Social Guild d’Oxford; Mgr Poels et le R.P.Ivors, o.t“., de l’Université de Nimêgue, le R.P.Rut-ten, 0.p., et M.Defourny, de l’Université de Louvain.L’Union a pris connaissance de divers rapports présentés par ses membres sur les réalisations corporatives et précorpora- Les corporations existantes dans la province de Québec LA CORPORATION DU BARREAU par Maximilien CARON professeur de Droit à l'Université de Montréal certain nombre de membres élus pour une ou deux années.Au-dessus de ces organismes se place « la corporation générale du Barreau ».Cette dernière réunit tous les avocats de la province.A sa tête, se trouve un Conseil, détenteur des pouvoirs corporatifs, et dont font partie les délégués des divers barreaux locaux.Pie XI, dans son encyclique Quadragesima anno, supplie les hommes de mettre fin à la lutte démoralisatrice des classes, en substituant au régime social actuel la profession organisée.Récemment, à Montréal, S.Ém.le cardinal Villeneuve affirmait qu’il nous faut, ici, « du corporatisme à plein ».Cependant, plusieurs, chez nous, hésitent encore à se rallier à ces hautes directives.Les uns voient dans la corporation une institution fasciste; d’autres la déclarent irréalisable dans une démocratie.Jugements simplement téméraires.Nous nous proposons d’en apporter la preuve, en démontrant que, dans le Québec, pays libre et démocratique, existe depuis longtemps une véritable organisation corporative, créée et protégée par la loi.Compétence des Conseils Toute corporation subsiste en vertu d’une cause finale.Ses adhérents en ont provoqué la formation pour qu’elle réalise un bien commun.Ils la sollicitent constamment d’établir des conditions favorables à leur métier.Mais elle ne peut y parvenir que si elle recourt à certains moyens d’action, analogues à ceux dont dispose l'Etat.La loi concède au Barreau ceux-là mêmes qui sont essentiels à toute profession bien organisée.a) Pouvoir réglementaire.La corporation, comme la Cité, a besoin de lois.Il lui faut, par des normes régulièrement promulguées, ajuster ses membres entre eux, maintenir un équilibre entre leurs désirs opposés, leurs vouloirs contraires.En un mot, elle doit délimiter leur liberté.Autrement, elle ne serait pas une société où règne l’harmonie.Aussi bien le Conseil provincial et les Conseils régionaux ont-ils la faculté d’adopter des règlements « en toute matière d’intérêt général pour la corporation et ses membres ».En fait, le Conseil provincial a décrété un bon nombre de règles.Quelques-unes visent l’admission des étudiants à (Suite à la \>a\\e 4) II.Aucune définition ne convient mieux au Barreau québécois — c’est de lui qu’il s'agit — que celle-ci que l’on a donnée de la corporation en général : « réunion obligatoire de tous ceux qui exercent une même profession, sous une autorité unique, ayant le pouvoir d’agir dans l’intérêt collectif et d’imposer des décisions à tous les intéressés ».1.E.S.P„ Nos 280-281.No 54 de l’encyclique.2.Cité par le R.P.Louis Chagnon, S.J., Directives sociales catholiques, p.l it).LA SEMAINE SYNDICALE Remerciements aux collaborateurs I.— Structure de la corporation du Barreau Pour fins d’organisation, le législateur a partagé la province en neuf régions.Dans chacune, une corporation groupe obligatoirement les avocats qui y ont leur domicile.Chaque corporation régionale constitue une personne morale, jouissant des privilèges que cette qualité comporte.L’autorité appartient à un Conseil composé d’un bâtonnier, d’un syndic, d’un trésorier et d’un L’École Sociale Populaire remercie tous heureux résultats, ont vaillamment parti-ceux —- individus ou groupes — qui lui ont cipé à cette campagne.Nous nous per- marne syndicale.Elle tient a exprn er < re'0/| qUj_ en trois numéros consécutifs, et particulièrement sa gratitude aux directeurs (]eux fois par Ia plume de son directeur, de revues et de journaux qui, avec un bel M le chanoine Harbour, a fermement exensemble rarement vu pour une œuvre de posé les directives de l’Église sur le syndi-ce genre et dont on peut attendre les plus calisme. Doctrine corporative des catholiques sociaux CONCLUSIONS DE LA SEMAINE SOCIALE D’ANGERS Résolutions pratiques pour que l’institution corporative ordonne l’économie Les deux fonctions de l’institution corporative débouchés convenables, assure la distribution rationnelle des biens de toute espèce.2° En même temps, elle introduit In poix, qui est la tranquillité de l’ordre, a l’intérieur des professions; elle tempère les concurrences; elle substitue à la lutte des classes entre employeurs et employés un régime de hierarchic professionnelle, qui assure a tous une juste représentation et d’elfectives garanties; elle étend de proche en proche son action ordonnatrice aux relations de profession à profession et prépare ainsi la cohésion de toutes Jes branches de l’activité sur le plan de F Economie nationale.Conditions à remplir pour que l’institution corporative soit saine et féconde L’objet de ces conclusions n’est pas tant de résumer ce qui a été dit durant ces six jours, que d’orienter vers Y action nos communes études.La Semaine sociale d’Angers regarde l’institution corporative comme nécessaire, aussi bien pour ordonner l’Économie que pour assurer, dans la vie sociale, l'harmonie des classes et la collaboration de tous.1° Dans le domaine de la production cl des échanges, elle régularise la vie économique et elle adapte produits et services, en quantité comme en qualité, aux besoins de la clientèle consommatrice: elle ouvre les L’institution corporative ne remplit sa fonction ordonnatrice qu’à certaines conditions qu’il importe de préciser.Qui dit Corporation implique la constitution d’une autorité juridiquement apte à faire des règlements, à vider des conflits, à administrer un patrimoine et des institutions diverses d’utilité corporative.Quels éléments faut-il faire entrer dans la structure de l’autorité corporative ?1° L’esprit corporatif, nourri par la sève morale que nous venons de définir, ne peut s’épanouir que s’il fleurit d’abord dans les éléments précorporatifs sur lesquels repose présentement tout l’espoir de la corporation.Appel aux catholiques 11 convient donc que tous les professionnels, catholiques ou non, qui entendent porter remède au désordre actuel, se rangent dans les syndicats, tant patronaux qu’ouvriers, animés de l'esprit chrétien de collaboration.En fait, les progrès des organisations professionnelles chrétiennes ont été retardés, paralysés par l’individualisme, la passivité, les préjugés tenaces de ceux qui auraient dû participer activement à leur vie ou collaborer avec elles.Il est temps que ces déplorables errements prennent fin, Que la jeunesse, notamment, entre dans le mouvement, avec résolution et enthousiasme.Où pourrait-elle mieux déployer l’esprit de conquête et la volonté d’ordre qui l’anime, puisqu’il s’agit de préparer l’avènement, par l’institution corporative, d’une économie ordonnée qui réparera les suites d’une crise sans précédent ?Le vrai corporatisme est incompatible avec la dictature Le syndicat 1° Le bon sens commande d’éviter ici toute conception a priori, tout plan purement idéologique.Dans l’ordre des faits, existent maints éléments qu'on peut appeler précorporatifs, en particulier les syndicats professionnels si divers, qui ont été, après l’ère purement individualiste, les gouvernements provisoires de sociétés professionnelles en mal d’organisation.11 convient, non de briser ces éléments préexistants, mais de les utiliser comme les pierres d’assise de l’édifice nouveau.Le syndicat et la Corporation, loin de s’exclure, se complètent : le syndicat est et doit demeurer organe de liberté; la Corporation fera œuvre de discipline et de coordination, obligatoire pour tous, nécessaire pour mettre fin à la crise de structure qui accable les professions les plus diverses et, avec elles, les États et le monde.plus complètement et en termes très exacts: « La corporation est essentiellement le système qui établit une autorité professionnelle, chargée de promouvoir le bien commun et les intérêts généraux de la profession et ayant, par conséquent, le droit de promulguer des règlements obligatoires pour tous ceux qui contribuent à l’exercice de la profession, et de représenter ceux-ci auprès des autorités supérieures.» C’est à ces organismes, envisagés comme des groupements d’ordre inférieur, que l’encyclique Quadragesimo anno exhorte l’autorité publique à abandonner le soin des affaires de moindre importance, et les tâches qu’ils sont en état de remplir par eux-mêmes.A ce dépouillement volontaire, les dictatures ne se résoudront qu’en apparence.Fascisme et hitlérisme peuvent bien dresser un plan d’organisation corporative, mais ils s’y réservent jalousement la maîtrise de tous les leviers de commande.Ce pourra être une forme mitigée de socialisme d’Etat, ce n’est pas du vrai corporatisme.Certains veulent bien concéder que le corporatisme existe, mais ils font observer qu’il n’est réalisé qu’en terre de dictature.Italie, Portugal, Autriche se disent à l’envi États corporatifs: la Bulgarie s’apprête à suivre leur exemple.Le corporatisme serait fait pour un régime dictatorial et ne se concevrait pas en dehors de lui.Il est l’armature rigide où l’État autoritaire emprisonne toute initiative, l’appareil qui lui sert à régenter toutes les activités économiques et à les plier à ses fins politiques.D’autre part, l’organisation corporative ne saurait fonctionner sans une discipline rigoureuse dont la dictature possède seule le secret.Nous ne pouvons souscrire à pareille Structure variée 2° La diversité des éléments corporatifs à utiliser pour édifier la corporation entraîne l’obligation impérieuse de faire varier la structure de l’autorité corporative selon les professions.Le même statut ne saurait convenir à l'agriculture et aux mines, à la banque et à la viticulture, aux chemins de fer et aux professions libérales, à la sidérurgie et à l’artisanat.Il y a lieu aussi d’échelonner dans le temps les créations corporatives, selon l’urgence, les possibilités, la valeur des facteurs préexistants.Concours des autorités thèse.Régime de liberté Nous tenons, tout au contraire, que le corporatisme — le vrai — ne peut s’épanouir et prospérer que sous un régime de large liberté, compatible néanmoins avec un pouvoir fort et respecté, strictement cantonné dans l’exercice de ses fonctions naturelles.Et nous invoquons à l’appui de cette manière de voir le corporatisme tel qu’on le conçoit en Suisse, en Hollande, en Belgique, en France.Un vrai et sincère régime corporatif est, à nos yeux, absolument incompatible avec la dictature au sens moderne du mot.Cette dictature est par essence centralisatrice.Ayant réuni tous les pouvoirs entre ses mains, il lui répugne d’en soustraire au profit d’organismes autonomes la moindre parcelle.C’est une loi historique que les gouvernements autoritaires ont toujours pris ombrage des groupements puissants, capables de gérer en pleine indépendance, au besoin de défendre contre scs empiétements, les intérêts de leurs membres.S’imagine-t-on que les dictatures modernes vont se montrer moins défiantes et constituer de gaieté de cœur des organismes soustraits, dans une large mesure, à leur ingérence ?2° A cette tâche, toutes les autorités sociales, publiques et privées, civiles et religieuses, peuvent collaborer.Les membres des professions libérales, où subsistent de si heureuses survivances corporatives, sont tout spécialement préparés, par la pratique des vertus de leur état et le culte des nobles traditions professionnelles qui y régnent, à marquer, par des exemples vivants, l’excellence et la fécondité de l’institution corporative.S’ajuster au tempérament national Relations interprofessionnelles Des formules italienne et allemande d’une part, des formules portugaise, suisse, hollandaise, belge et luxembourgeoise, de l'autre, c’est à celles-ci que vont nos préférences, sans hésitation aucune, car seules elles nous paraissent aptes à réaliser un corporatisme authentique.Entre ces formules que nous agréons, nous ne cherchons pas à opérer un classement de mérites.A chaque nation il appartient de procéder à l’organisation de ses professions en tenant compte du tempérament national, de ses traditions, de sa situation économique.La solution que se donne très rationnellement un pays peut fort bien ne pas convenir à un autre, A proprement parler, il n’y a pas qu’un seul corporatisme, il y en a, il doit y en avoir autant qu’il y a de sociétés nationales à organiser.Centres d’initiation 3° Pour former les cadres de l’organisation corporative, il est recommandé de créer, pour les diverses catégories, des centres d'initiation, à la fois juridique, économique et pratique, des Ecoles de dirigeants spécialisés.3° Les responsables devront veiller à ce que jamais la Corporation ne soit un monde fermé, un corps voué à la sclérose prématurée.La plus grande attention sera portée aux relations interprofessionnelles qui sont souvent les points sensibles et en quelque sorte névralgiques du désordre économique.L’organisme souple des Comités de coordination essayé avec succès pour la régularisation du régime des transports dans notre pays est susceptible d’autres applications.Il faudra aussi instituer à l’échelon supérieur, celui de l’Economie nationale, la représentation organique de toutes les professions et faire jouer, à cet effet, le suffrage corporatif.Le Conseil Économique National, le Conseil Supérieur du Travail sont appelés à recevoir une base élective par l’attribution, aux diverses Corporations, de représentants élus dans les corps appelés à assister l’État sur le plan économique et social.Rôle de l’Action catholique 4° Parce qu’il faut à l’institution corporative, non seulement une structure juridique et des cadres solidement instruits, mais une âme, c’est-à-dire un esprit de justice et de charité sociale, il appartient à l’Action catholique de donner aux professionnels de diverses catégories l’aliment spirituel indispensable au développement ordonné de la vie corporative.L’Action catholique, en effet, par ses mouvements spécialisés, patrons, ouvriers, commerçants, ingénieurs, agriculteurs, marins, « forme ses membres à l'intelligence et à la pratique du devoir d'état qu’incluent en première ligne leurs obligations professionnelles » (Lettre de S.Em.le cardinal Pacelli, au président des Semaines sociales de France).C’est par la pratique du devoir d’état que les chefs et les membres des diverses corporations demeurent unis: « La différence des talents est compensée par la communauté des vertus.» L’autorité professionnelle Qu’est-ce, en effet, que la corporation ?Un organe d’auto-discipline, nous disait M.Mussolini.Le R.P.Arendt la définit Albert Muller, s.j.L’âme de la corporation 4° Mais ce qui importe par-dessus tout, c’est de donner à la Corporation une âme, un esprit de justice et de charité.Dans une atmosphère de neutralité morale, de matérialisme pratique, l’institution corporative ne peut que dévier et aggraver le désordre.Quel est donc le ressort moral de la vie corporative ?C’est le devoir d’état.Tout homme qui exerce une activité professionnelle, de quelque nature que ce soit, a le devoir d’état, non seulement de dépenser courageusement son temps et ses forces dans son emploi, mais de faire honneur à son état par une correction parfaite à l’égard de ses concurrents et par un service juste et loyal de la clientèle.Que les chefs et les membres de la Corporation soient imbus d’un tel esprit, alors la discipline corporative elle-même sera facile, et la Corporation remplira son devoir d’état à elle, qui est de bien servir le public et concourir pour sa part à l’activité du corps social tout entier.La Corporation vaudra donc ce que vaudront ses chefs et ses membres.Déclaration du cardinal GROUPES ENTRE EUX, SOUS DES CHEFS SORTIS DE LEURS RANGS, NOS CHERS OUVRIERS PARVIENDRONT A FAIRE RESPECTER LEURS DROITS, A OBTENIR D’ÊTRE TRAITÉS EN HOMMES, EN CHRÉTIENS, EN PÈRES DE FAMILLE.ILS POURRONT ÉTABLIR CES BIENFAISANTES CONVENTIONS COLLECTIVES, LOUÉES RÉCEMMENT, ET QUE NOUS NE CESSERONS DE RECOMMANDER, ET S’ACHEMINER AINSI PEU A PEU VERS LE RÉGIME PROFESSIONNEL CORPORATIF, QUI RAMÈNERA L’ORDRE ET LA PAIX.L’ORDRE NOUVEAU Bulletin bi-mcnsuel île doctrine et d’action sociale S.Km.le cardinal Villeneuve, O.M.I., à l’inauguration de la Semaine syndicale public par Les Semaines Sociales et I’Ècole Sociale Populaire Vi' iü (!
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