L'ordre nouveau, 5 mai 1939, vendredi 5 mai 1939
LORDRE NOUVEAU ORGANE DES SEMAINES SOCIALES Prix: 5 sous; l’abonnement: $1.00 Un monde s’écroule, un ordre nouveau s’élabore.Il faut que les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu’ils aident à créer ce qui mérite de vivre.— LES ÉVÊQUES DE FRANCE.Montreal, â mai 1939 TROISIÈME ANNÉE, No 15 La Corporation PCLJC LA PAIX Appel de S.S.Pie XII par Maximilien CARON professeur de droit à l'Université de Montréal La corporation, en soi constitue une institution bien simple.Elle n'est rien d autre que la profession elle-même, mais organisée.Tous ses membres, à quelque titre qu ils en fassent partie, dirigeants, techniciens, travailleurs manuels mil riu'1 sort, se soumettent à une autorité.Cette dernière, reconnue par 1 Etat, habilitée par lui a agir en vue du bien commun, réglemente leurs rapports les harmonise, concilie les désirs contraires, cherche à soulager leurs misères a faciliter le bon exercice du métier.Cette autorité réside dans des conseils] élus par les interesses eux-memes.En leur sein, patrons et ouvriers discutent de leurs problèmes communs, — questions de production, de salaire, — afin de leur trouver une solution équitable pour tous.Il s agit dune société veritable présentant neanmoins un caractère particulier.Cette société se distingue, par exemple, des compagnies par actions qui poursuivent une fin d'ordre privé.Elle se différencie de l'Etat, qui, recherchant le bien general, se propose de réaliser des conditions sociales susceptibles de procurer a chaque citoyen le progrès moral, intellectuel et matériel.L'Etat naît des relations du voisinage qui rapprochent les habitants d'un territoire donné.La corporation, elle, procédé des solidarités qui unissent ceux qui exercent un meme genre d ^activité sociale.Elle apparaît, se développe, le jour où les adhérents d une meme profession comprennent enfin la nécessité de s'occuper de leurs affaires.La corpoiation forme une société naturelle, je veux dire conforme à la nature^ humaine.Celle-ci a des limites vite atteintes.L'intelligence et la volonté de 1 homme sont faibles.Leur infirmité grandit a mesure que le monde physique et économique voit s'élargir ses horizons.L'homme sent bientôt l'exiguïté de ses forces, le besoin de coopérer avec ses semblables.Cette collaboration, il la demande instinctivement à ceux qui ont les mêmes préoccupations que lui, à ceux dans le commerce desquels s'écoule la plus grande partie de ses journées.Que peut le propriétaire d'une entreprise s'il n'est pas capable de compter sur une main-d oeuvre compétente ?De son côté, l'ouvrier sans capitaux, sans expérience de la direction des affaires, est impuissant losrqu'il ne trouve pas un patron pour lui assurer un emploi rémunérateur.Leur interdépendance frappe T observât le plus superficiel.Cette abondante vie commune, il faut la régler, sous peine de la voir devenir impossible.Si la profession a un droit naturel à l'existence, on ne peut lui refuser l'organisation qui lui permettra de remplir efficacement sa mission.Organiser, c'est coordonner les activités, les aider, les orienter.Qui va assumer cet office?Pourquoi ne seraient-ce pas les intéressés eux-mêmes ?Qui mieux qu eux connaît leurs besoins, les conditions d'exercice de leur profession, leurs habitudes, leurs defauts ?Ne va-t-il pas de soi qu'ils désignent l'autorité qui les régira ?« Il est dans l'ordre de la nature que, lorsqu'un être ou groupement œ d°tr Ü'a beSOin' Ce .yÔle lui *fvienne de droit-” Sa Du nouveau'!le monde est dans l’angoisse.Que SlmSKÈm Siieiii fence.De son cote, la corporation n empiétera pas sur un terrain qui ne lui appartient pas.Nous croyons sincèrement qu'elle peut s'insérer dans le cadre de nos institutions politiques.Nous rejetons le corporatisme étatiste.Nous ne favorisons qu'un corporatisme exclusivement social.Mais il existe déjà chez Les avocats, les notaires, les médecins, par exemple, ne sont-ils pas constitués en de vraies corporations ?Et, autant que je sache, on ne les réputé pas pour communistes, fascistes ou socialistes parce qu'ils possèdent le droit de liquider leurs propres problèmes.Ce que certaines professions privilégiées ont obtenu, en vertu de leur principe inconnu, les autres professions ne T obtiendraient-elles pas elles-mêmes?pour -A\ ' m & rmi m ' m BOB# 3#.: % / i f# t •* AV.\ : mm.iMSM- ' a AVV;' « «r 0 Mi.'; W « ! » I ,^i I! *• *> our k I 6ÎSX £: i b' % NOTRE-DAME DE I.A PAIX reserve de- nous Sanctifions le dimanche nous.Cette semaine est consacrée au précepte dominical.Le relâchement des moeurs exige, même dans notre catholique province, qu'un effort particulier soit fait pour attirer l'attention des fidèles sur un devoir aussi important.Dieu premier servi ! ce devrait être la devise de tout vrai chrétien.Hélas ! com- L'organisation corporative repose sur l'esprit de collaboration qui doit ani- bien, au contraire, agissent comme s'ils mer chaque membre de la famille professionnelle.Elle est l'antithèse du libéra- avaient pris pour consigne : Dieu der-lisme économique, cette doctrine fallacieuse qui a déchaîné tant de luttes et de nier servi ! Et le jour qu'il s'est réservé, haines.En supprimant la corporation, la Révolution française a dissocié l'homme.on ne sait plus lui accorder que quelques Elle l'a dressé contre celui qu'il avait appelé jusque-là son confrère.A la charité minutes, trop souvent distraites et im-vraie, elle a substitué la charité légale.Les services qu'autrefois les patrons et patientes, quand on ne va pas jusqu'à les ouvriers se rendaient mutuellement, c'est de l'Etat qu'on en est venu à les | exiger.Cette nouvelle fonction des gouvernements, en temps de crise, devient effarante.Ils ne suffisent plus à répondre à toutes les demandes, à celles des employeurs, à celles des employés, à celles enfin des chômeurs, c'est-à-dire des hommes que la profession ne peut momentanément faire vivre.L'individualisme , outrancier a acculé beaucoup de pays au socialisme et au communisme.Certains, .^ous enverrons des le 10 mai a Rome le trésor des prières offertes depuis pour éviter ces malheurs, ont préféré sacrifier un peu, parfois beaucoup de leur janvier pour la conversion de la Russie.Ce sera le premier envoi de 1 année, liberté, ont dû accepter la dictature.l-*® deuxieme n durci lieu qu en décembre.Comme nous 1 dvons rdppele dons notre Pourquoi ld leçon ne nous instruirdit-elle pds?Pourquoi ne pus rétablir ld dernier numéro, S.Em.le cardinal Pacelli louait et encourageait, dès juillet 1938, corporation?Elle inclinerait les citoyens à remplacer l'égoïsme par la charité ce“e Pie^se croisade.Voici un extrait de sa lettre: qui ne cherche jamais le sien.Elle leur réapprendrait à se soutenir les uns les “ Votre croisade de prières pour la défaite du communisme athée dans le autres, et à la société son rôle véritable qui consiste non pas à procurer le bien j mon
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.