L'ordre nouveau, 20 octobre 1939, vendredi 20 octobre 1939
LORDRE NOUVEAU Un monde s’écroule, un ordre nouveau s’élabore.Il faut C ORGANE DES SEMAINES SOCIALES QUATRIÈME ANNÉE, No 2 Montréal, 20 octobre 1939 que les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu'ils aident à créer ce qui mérite de vivre.— LES ÉVÊQUES DE FRANCE.Prix: 5 sous; l’abonnement : $1.00 Vers le corporatisme La guerre et le progrès social L Action corporative comptait profiter de la Semaine sociale de Québec pour grouper autour de son president, qui devait y donner une conférence, les partisans du corporatisme et discuter avec eux divers projets de propagande.Elle espère pouvoir se reprendre un peu plus tard.En attendant, elle continue son travail auprès des groupements professionnels.Pour être lent, ce travail n'en est pas moins le plus sûr, car l'organisation corporative, telle que nous la concevons avec les catholiques sociaux de tous les pays, doit venir des professions elles-mêmes.Elle doit être désirée, préparée, présentée à l'Etat par leurs membres eux-mêmes.Celui-ci n'a plus qu'à la reconnaître, qu'à lui donner pleins pouvoirs, qu'à l'aider de son autorité.par le R.P.Jean d’Auteuil RICHARD, S.J.;t La guerre une fois de plus s'est abattue sur l'Europe.Elle aura sur tous les pays — pour peu qu'elle se prolonge — le même profond retentissement que les années cruciales de 1914-1918.Régression sociale ?Progrès social ?La réponse à ces questions ne peut nous laisser insensibles, car il se trouve que, en 1939 comme en 1914, le Canada en est ! Régression sociale ?Le progrès social ne se conçoit pas sans un accroissement continu de la richesse nationale.C est la richesse nationale qui rend de plus en plus accessibles aux masses populaires les avantages de vie acquis par les progrès de l'industrie et de la science.Grace a elle s'organisent les multiples et bienfaisants services sociaux, se multiplient les bibliothèques, les cours du soir soit pour les jeunes soit pour les adultes, dont l'existence importe souverainement à la création de l'esprit civique dans le peuple et à l'élévation de son niveau culturel.Eléments entre plusieurs autres que l'on s'accorde à faire entrer dans la définition courante du progrès social.Or, la guerre est, de sa nature, destructrice de richesse nationale.Faut-il rappeler les ruines accumulées de 1914 à 1918 en Belgique et dans vingt départements de la France?Les 1,500 navires coulés en haute mer?L'incendie de la bibliothèque de Louvain ?L'effondrement des voûtes aux lignes si pures de la cathédrale de Reims?Et, au-dessus de tout, les millions d'hommes fauchés ou blessés dans la bataille, depuis les illustres Psichari, Péguy ou Rous-selot jusqu'au plus humble paysan de la terre de France, tous artisans de la richesse de leur patrie, matérielle et spirituelle ?Quelles ruines la guerre de 1939 n'a-t-elle pas déjà amoncelées dans la malheureuse Pologne ?Quels désastres réserve-t-elle aux nations de l'Europe occidentale ?Sans doute, le Canada, protégé providentiellement par la ligne bleue de l'Atlantique, échappera-t-il encore cette fois aux fureurs dévastatrices de la g Mais il ne saurait se soustraire à son action stérilisatrice.Pendant quatre ans, durant le dernier conflit, quelque 40 millions d'hommes ont vécu sous les armes, improductifs de richesse nationale.Cependant qu'à l'arrière les usines tournaient, tournaient toujours plus vite, elles aussi frappées de stérilité, puisque leurs fruits étaient des fruits de mort : des avions, des canons, des obus, des balles.Il n'en sera pas autrement dans le conflit actuel.Les industries de paix vont fonctionner au ralenti ou chômer; les industries de guerre, à un rythme halluciné.Or, ce sont les industries de paix qui font la vraie et solide richesse des peuples où s'alimente le progrès social.Du Canada, ou pourtant le contre-coup de la guerre sera beaucoup moins violent, M.Max Eastman, du Bureau International du Travail, à la veille même de la guerre, écrivait ces lignes au sujet du mouvement canadien d'éducation des adultes : « Si la guerre devait éclater, les progrès de la culture seraient ralentis ou même arrêtés jusqu'au moment où la paix serait rétablie.» Ralentir, voire arrêter, le progrès social, voilà la guerre ! Progrès social ?Triste perspective pour les malheureux peuples qui, bien malgré eux généralement, se voient engagés dans une guerre ! Celle-ci ne leur réserve-t-elle que les tristes conséquences sociales dont venons d'évoquer le tableau ?Non, grâce à Dieu ! Duhamel, dénonçant, à propos de la guerre de 1914, l'affreuse barbarie qui peut accompagner le progrès scientifique, écrit : « Si la civilisation n'est pas dans le coeur de l'homme, eh bien ! elle n'est nulle part.» Le progrès social est un des multiples éléments qui constituent une civilisation.Lui aussi est d'ordre essentiellement humain.Il dépasse largement le cadre plus ou moins matériel en quoi nous le faisons généralement consister.Il est, avant tout, paix et bonne entente entre les individus et les groupements dont se compose la collectivité nationale.Or, au progrès social ainsi entendu, la guerre n'offre pas d'obstacle particulier.Au contraire, dans la mesure même où elle oriente les énergies vers un objectif d'intérêt général, dans la mesure où elle multiplie la souffrance et le sacrifice portés en commun, — impôt du sang, de l'argent ou du travail accru, — la guerre tend à faire oublier les querelles, à rapprocher les individus et les classes dans la commune espérance de la victoire à conquérir.Que la guerre puisse pousser ces fruits de paix et de progrès social, la Grande Guerre en est témoin.Ainsi, c'est sous l'influence de l'esprit de collaboration créé par la guerre que le patronat dans tous les pays tempéra son opposition au syndicalisme, attitude nouvelle qui valut à ce dernier une ère de développement sans précédent.Les services sociaux prirent une ampleur jusqu'alors inconnue.Les allocations familiales — appelées à un si bel avenir en France et dans beaucoup d'autres pays — sont une initiative de guerre.La guerre a créé définitivement la carrière d'assistance sociale.Les gouvernements eux-mêmes, harcelés par la nécessité d'assurer la paix à l'arrière, sortirent de leur réserve séculaire; par de multiples initiatives ils s'efforcèrent et, dans une large mesure, réussirent à prévenir les conflits sociaux, à régler ceux qui s'élevaient et à établir sur une base solide une meilleure entente du capital et du travail.C'est d'une initiative gouvernementale que sortirent, en Angleterre, les fameuses commissions mixtes connues sous le nom de (Suite à la page 4) Pour des élections honnêtes A l'appel de l'épiscopat, un fort mouvement de « moralité publique » s'est organisé lors des dernières élections provinciales, pour en écarter certaines pratiques malhonnêtes auxquelles avaient recours des politiciens peu scrupuleux.Ce mouvement, sans purifier complètement nos moeurs électorales, a produit de bons effets.Ses promoteurs, cependant, ne l'ont pas créé pour une circonstance passagère.Ils le veulent per- manent.Ils le croient, en particulier, plus opportun que jamais aujourd'hui.Aussi demandent-ils à tous les citoyens honnêtes, à tous les groupements religieux, patriotiques et sociaux, de n'épargner aucun effort pour que les directives de l'Eglise concernant la liberté du vote, le trafic des suffrages, l'usage des boissons alcooliques, le serment, soient strictement observées au cours de la présente période électorale.encore JOURNÉES SOCIALES Trois études d un vif intérêt ont été présentées à la Journée sociale organisée à Montreal par l'Ecole Sociale Populaire : Pour que la Paix règne dans la famille, La preparation à la vie familiale, Les ennemis de la famille.D autres journées du même genre suivront bientôt.Il est probable que différentes villes pourront en profiter.uerre.Au secours de la famille Un code français de la famille Un avertissement et un exemple pour J.d'Autcuil RICHARD, S.J.nous Depuis plusieurs années déjà, la France est aux prises avec un ennemi terrible qui menace son existence même: la dénatalité.Pas un Français sérieux qui ne l'aborde dans sa conversation avec vous, quelque peu humilié et angoissé par les conséquences entrevues : « Dans quart de siècle, me disait un grand industriel du Nord, quand nous serons moins de trente millions de Français, où trouverons-nous et les hommes et la richesse pour maintenir une flotte, une armée, une aviation, capables d'assurer l'intégrité du territoire de la patrie et l'honneur du nom français ! » Rappelons quelques données du mouvement de la population en France pour l'année 1938.Le nombre des naissances est tombé de 616,863 à 612,138; celui des décès, par contre, s'est élevé de 628,603 à 646,879.« La chute de la natalité est devenue telle, écrira M.Edouard Daladier dans le rapport qui accompagne le Code de la famille, que, depuis 1935, le nombre des décès l'emporte sur celui des naissances : chaque année, la France perd environ 35.000 Français.La France, naguère la première puissance européenne par l'importance de sa population, passe au cinquième rang, si l'on considère le total de ses ressortissants européens, et à un rang encore inférieur, si l'on s'attache à la densité du peuplement.» Rien d'étonnant.L'indice de la natalité française marque 14.6 pour mille habitants, alors que le taux nécessaire pour prévenir la dépopulation est de 19 pour mille au moins.Le taux de la natalité, pour le même exercice, a été de 15.1 en Angleterre, de 15.2 en Suisse, de 15.6 en Belgique, de 19.5 en Allemagne, de 23.8 en Italie, de 24.9 en Pologne.Quant à la mortalité française, elle dépasse celle de presque tous les pays.Elle a été de 15.4 pour mille habitants en France, de 11.8 en Allemagne, de 13.0 en Belgique, de 11.6 en Angleterre, de 11.6 en Suisse, de 14.1 en Italie.Il en a été de même pour la proportion des mariages pour mille habitants.Elle a été de 6.5 en France, de 8.7 en Angleterre, de 8 en Pologne, de 9.4 en Allemagne, de 7.4 en Italie.Songeons aux répercussions profondes, sur la politique internationale, de différences trop brutales dans la densité de population entre pays limitrophes.Vieillissement et appauvrissement d'une part, dynamisme créé par des appétits inassouvis d'autre part : que faut-il de plus pour conduire jusqu'à la guerre?Bien des causes expliquent cette déchéance démographique de la France.Plusieurs sont d'ordre institutionnel, et ce ne sont pas les moins graves.Le Code napoléonien, issu de l'idéologie de la Révolution, ne connaît que les individus, il ignore la famille.Ainsi, pourra-t-on jamais évaluer l'influence néfaste sur le mouvement de la population du droit successoral français qui exige le morcellement des terres ?Les dispositions fiscales du pays, inspirées d'une source commune individualiste, ont joué avec persistance contre la famille au profit des célibataires et des foyers sans enfants.Quant à ces autres mortels ennemis de la famille : le divorce, l'avortement, la pornographie, etc., une mystique de fausse tolérance les favorisait, au grand scandale des vrais Français.« Périsse la France, et vive la liberté », semblait-on dire jusqu'en haut lieu.un nous (Suite à U page 4) Candidats et électeurs, n’oubliez pas le “ Programme de restauration sociale” publié en 1934 et qui fera régner 02 ii LE CODE DE LA FAMILLE FRANÇAISE ” I Décret relatif à la famille et à la natalité française (29 juillet 1939) vi Titre I.AIDE A LA FAMILLE Lutte contre l’alcoolisme 1.Débits de boissons : limitation de l'ouverture vi de nouveaux débits, à l'exception des hôtels et res- tii taurants où les boissons alcooliques ne sont offertes ni et consommées qu'à l'occasion de la nourriture.In- e1 terdiction pour les étrangers de tenir un débit.Cl Aggravation des peines pour les contrevenants, avec r£ peine accessoire de la fermeture du débit.# 2.Boissons alcooliques : renforcement des pénalités en matière d'infraction pour l'absinthe et liqueurs Q' similaires.Droit réservé au gouvernement de régie- D menter les modalités de la mise en vente des boissons gj titrant plus de 30 degrés d'alcool.Surtaxe par hec- n tolitre d'alcool pur entrant dans la composition des ^ apéritifs à base de vin et des apéritifs à base d'alcool.y 5.La famille et l’enseignement L'enseignement des problèmes démographiques, s< sous leur aspect statistique et dans leurs rapports 1< avec les questions morales et familiales, est obliga- n toire pour tous les maîtres et pour tous les élèves à E tous les degrés de l'enseignement et dans tous les p établissements scolaires publics et privés.d On pourra instituer un service de surveillance q médicale dans les lycées, dans les collèges, les écoles j1 primaires supérieures et les écoles pratiques.Titre III.— DISPOSITIONS FISCALES 1.Héritage Le gouvernement a décidé d'augmenter les abat- r tements déjà existants pour les successions intéressant c les familles nombreuses.Dans toute succession où le défunt laisse plus de deux enfants vivants ou représentés, il est déduit de l'actif global net, pour la liquidation des droits de mutation par décès : 20% lorsque le défunt laisse trois enfants; 50% lorsque le défunt laisse quatre enfants; 100% lorsque le défunt laisse cinq enfants ou plus; Sans que cette déduction puisse excéder 30,000 \ francs par enfant en sus du deuxième.Lorsqu'un héritier donataire ou légataire a trois enfants ou plus vivants ou représentés au moment < de l'ouverture de ses droits à la succession, les droits £ à percevoir sont diminués : De 25% si l'héritier donataire ou légataire a trois enfants; De 50% si l'héritier donataire ou légataire a quatre enfants; De 75% si l'héritier donataire ou légataire a cinq enfants; De 100% si l'héritier donataire ou légataire a six .1 j enfants ou plus; Sans que la réduction puisse excéder 5,000 francs par enfant en sus du deuxième.Par contre, les droits de mutation par décès liquidés par^ application des tarifs fixés par l'article 405, de même que les maxima prévus audit article, sont majorés de 15% lorsque l'héritier donataire ou légataire est, au jour de l'ouverture de la sion, âgé d'au moins 30 ans et célibataire, divorcé, veuf ou marié sans enfant vivant ou représenté.Le montant de cette majoration est remboursé quand il est justifié de la naissance d'un enfant légitime dans l'année de l'ouverture de la succession.2.Aggravation des impôts directs Par ailleurs, et dans le même sens, les contribuables soumis à l'impôt général sur le revenu qui sont célibataires, divorcés ou veufs et qui n'ont pas d'enfant sont assujettis à une taxe de compensation familiale calculée d'après leur revenu taxable servant de base audit impôt et suivant le barème établi à l'article 160.3.Exonérations Sont exonérés de la taxe prévue par le présent article : a) Les contribuables dont les enfants sont morts, à condition que l'un d'eux, au moins, ait atteint l'âge de 16 ans; b) Les contribuables titulaires d'une pension prévue par la loi du 31 mars 1919 pour invalidité de 40% et au-dessus; c) Les contribuables ayant a leur charge un ou plusieurs enfants recueillis dans les conditions prévues à l'article 116; d) Les contribuables ayant adopté un enfant, à condition que, si l'adoption a eu lieu alors que l'enfant était âgé de plus de 10 ans, cet enfant ait été a la charge de l'adoptant comme enfant recueilli dans les conditions prévues à l'article 116 depuis l'âge de 10 ans.Cette exonération cesse d'être appliquée si l'enfant adopté décède avant d'avoir atteint l'âge de 16 ans.4.Surtaxe sur l’alcool Enfin, une surtaxe de 300 francs par hectolitre d alcool pur, acquittée a la fabrication ou à l'importation dans les conditions fixées par décret, est établie en addition au droit de consommation sur les spiritueux anises renfermant moins de 400 grammes de sucre par litre, et, en general, sur toutes les boissons aperitives à base de vin ou d'alcool, soumises aux droits et regime de 1 alcool (bitters, amers, vins de liqueur, vermouths, apéritifs à base de vin etc.).tr 1.Prime à la première naissance Il est attribué une prime à l'occasion de la nais- du premier enfant de nationalité française, né viable et légitime, à condition que la naissance soit survenue dans les deux ans qui suivent la célébration du mariage.Le montant de la prime variera, selon les départements, entre 2,000 et 3,000 francs, payables la moitié à la naissance de l'enfant, le reste six mois après, si l'enfant est toujours vivant.2.Allocations familiales Le système d'allocations familiales adopté tend à réduire l'écart considérable séparant actuellement le niveau d'existence des ménages qui élèvent des enfants de celui des célibataires et des ménages n'ayant à subvenir qu'à leurs propres besoins.Il est basé deux salaires moyens départementaux, celui des localités à caractère urbain (en général plus de 2,000 habitants) et celui des localités à caractère rural où il est en général plus facile d'élever des enfants qu'à la ville.Peuvent bénéficier des allocations familiales les salariés, les fonctionnaires, les agents des services publics, les employeurs et travailleurs indépendants, les métayers ayant deux enfants au moins, etc.L'allocation au premier enfant est supprimée, en raison de la création de la prime de naissance ci-dessus indiquée.Mais, dans les localités de plus de 2,000 habitants, l'allocation de la mère au foyer, qui était de 5',, passe à 10', du salaire moyen départemental, lorsque la famille ne bénéficie que d'un seul salaire et qu'elle a au moins un enfant à charge.Cette allocation, réservée aux enfants de nationalité française, est due pour l'enfant unique jusqu'à ce qu'il ait atteint l'âge de 5 ans, et, s'il y a plusieurs enfants, tant que le dernier n'a pas dépassé l'âge de 14 ans.L'allocation familiale est fixée à 10' , du salaire moyen départemental pour le deuxième enfant, à 20', pour le troisième et pour chacun des suivants.Pour une famille de six enfants, dont la mère est au foyer, le total des prestations (allocations familiales et mère au foyer) atteindra 100', du salaire moyen (au lieu de 80', actuellement); dans une famille de dix enfants, 180% (au lieu de 140';,').Pour les salariés occupés régulièrement dans entreprise, le nombre des allocations journalières ne peut être inférieur à celui des journées de travail effectuées au cours d'une période déterminée.En cas d'accidents du travail, les allocations sont maintenues dans leur intégralité pendant la période d'incapacité temporaire.Les allocations seront servies par les Caisses de compensation.L'Etat contribue pour les deux tiers charges des Caisses de compensation résultant du payement des primes et allocations.Les employeurs des professions industrielles, merciales et libérales, ainsi que leurs employés, recevront des allocations dans les mêmes conditions que celles prévues par les sections 1 et 2 du titre I.L'allocation est due pour les enfants ou petits-enfants légitimes, reconnus ou adoptés, résidant en France, légalement à charge, n'ayant pas dépassé 14 ans (l'allocation sera due jusqu'à 17 ans si l'enfant infirme ou malade ne peut gagner sa vie, ou s il est en apprentissage avec un contrat régulier, etc.) dans la deuxième année du mariage.Et ainsi de suite en progressant jusqu'au cinquième enfant où le prêt se trouvera complètement amorti.5.Le carnet de travail Les descendants d'un exploitant agricole qui, après l'âge de 18 ans, participent directement et effectivement a l'exploitation sans être associés aux benefices et pertes et sans recevoir des salaires en argent, sont des associés réputés bénéficiaires d'un contrat de travail à salaire différé.Le taux de ce salaire sera égal a la moitié du salaire annuel de l'ouvrier agricole ou de la servante de ferme, logé et nourri.Au décès de l'exploitant, la somme représentant le montant de cette rémunération pour une période de dix ans sera pour le descendant un bien propre dont la dévolution, avec dispense de tout droit de mutation, sera reservée, par dérogation aux règles du droit civil, a ses enfants vivants ou représentés.La réforme s'applique au conjoint du descendant, qui participe à l'exploitation, à raison d'un salaire dont le taux sera égal aux trois huitièmes du salaire annuel de l'ouvrier agricole logé et nourri.sance sur fi Titre IL —PROTECTION DE LA FAMILLE 1.Défense prénatale de l’enfant.Rép sion de l’avortement res- Les peines encourues par les faiseurs et faiseuses d'anges sont considérablement augmentées.Quiconque aura provoqué l'avortement d'une femme enceinte sera puni d'un à cinq ans de prison.L'emprisonnement sera de cinq à dix ans pour ceux qui pratiquent de façon habituelle les manoeuvres abortives.^ Un avorteur ne peut plus bénéficier du sursis ni même, en cas de récidive, des circonstances atténuantes, et il peut être condamné à la relégation.Le maximum de l'amende est porté à 20,000 francs.Les médecins, sages-femmes, infirmières, pharmaciens, etc., condamnés pour avortement, sont prives pendant cinq ans au moins du droit d'exercer leur profession, l'interdiction pouvant être prononcée pour la vie entière, et ils ne peuvent plus remplir aucun emploi, quel qu'il soit, dans les établissements recevant les femmes enceintes.Les Syndicats de médecins et de sages-femmes sont autorises a se porter partie civile dans les procès intentés aux avorteurs.Le secret médical en matière d'avortement est atténué : sans être tenus de dénoncer les avortements criminels dont ils auront connaissance, les médecins et les sages-femmes auront désormais le droit de le faire.L'avortement thérapeutique, pour sauver la mère, qui donnait lieu à des abus grandissants, ne pourra plus être pratiqué qu'après consultation de trois médecins, dont un expert près le tribunal civil.Les pénalités encourues par la femme qui se sera procuré l'avortement (de six mois à deux ans de prison, 2,000 francs d'amende) ne sont pas augmentées, mais elles sont étendues à la tentative d'autoavortement même non suivie de succès, cette tentative pouvant entraîner postérieurement la mort de l'enfant ou compromettre sa santé pour toute existence.Toute propagande en faveur de l'avortement______ sévèrement réprimée par une condamnation pouvant aller jusqu à deux ans de prison.Les établissements d accouchement sont soumis à une surveillance stricte; la vente des objets et produits pouvant être utilisés dans un but abortif est réglementée, etc.F Ç i 1 1 une aux com- succes- son sera 3.Assistance à la famille Une aide spéciale est prévue, sous le nom d'assistance à la famille, pour les ménages chargés d'enfants où le chef de famille ne peut subvenir par son travail aux besoins de sa maisonnée, invalides et veuves chargés d'enfants, filles-mères, etc.4.Prêt a 1 etablissement des jeunes ménages En vue de favoriser un retour à la terre et en fades cultivateurs qui ne bénéficient pas, dans une aussi large mesure que les salariés urbains, de bien des lois sociales, il peut être accordé un « prêt a 1 établissement des jeunes ménages » qui peut varier de 5,000 à 20,000 francs, d'ailleurs destiné soit à l'acquisition de matériel agricole ou de cheptel, soit a 1 aménagement du logis.Les bénéficiaires sont dispensés en presque totalité du remboursement du prêt s'ils ont quatre ou cinq enfants, en cinq à huit ans de mariage.Condition : etre age au moins de vingt ans et de trente ans au plus, cette dernière limite augmentée de la durée du service militaire.S engager à exercer sur le territoire de la métropole pendant une durée de dix années consécutives une profession agricole ou artisanale rurale.Taux de l'intérêt : 4.25%.Remboursement : en dix ans par semestrialités; à partir du premier jour du cinquième trimestre après le mariage.Amortissement : il peut se faire par primes d'autant plus fortes que les naissances sont plus rapides et plus chées.2.Lutte contre la mortalité infantile Les départements devront organiser la lutte contre la mortalité infantile en créant des services spéciaux (ou en faisant appel aux services publics d'hygiène et d'assistance), des maisons maternelles qui devront accueillir sans formalités les femmes enceintes d'au moins sept mois et les mères avec leur nouveau-né.3.Protection de l’enfance.— Adoption .L enfant adopte est assimile à l'enfant légitime quant au nom de famille, au droit aux aliments, à l'exercice du droit de la puissance paternelle, à l'administration légale des biens du mineur, etc.La legitimation adoptive n'est permise qu'en faveur des enfants âgés de moins de 5 ans et dont les parents sont inconnus.veur 4.Protection de la race.Outrages bonnes mœurs.Alcoolisme Les peines applicables sont d'un mois à deux ans de prison et de 100 francs à 5,000 francs d'amende pour tous imprimés, tous écrits, dessins, affiches] photographies, etc., contraires aux bonnes moeurs.Le délit d'outrage aux bonnes moeurs est étendu au livre, meme non illustre : mais en ce cas, la poursuite ne peut etre exercee qu apres avis d'une Commission spéciale qui comprendra les représentants des gens de lettres.Le droit de citation directe est accordé aux Associations reconnues d'utilité publique qui s'occupent de la défense de la moralité publique si elles sont agréées par les ministres de la Justice et de 1 Intérieur.aux rappro- 2,000 francs si 1 enfant naît la première année du mariage.3,600 francs si le deuxième enfant naît 1.Sommaire analytique du décret.On trouvera le texte complet dans la -Documentation catholique .du 5 septembre 1939, ainsi que le rapport de M Edouard Daladier au president de la République.Cf.dans les .Études » du septembre, le judicieux commentaire du R.P.du Passage, S.J.2 (6) L’ORDRE NOUVEAU -*~ 20 octobre 1939 LA RELIGION EST ELLE MORTE EN RUSSIE?f L’irréductible opposition de la religion et du communisme est réaffirmée tibilité complète entre le communisme et la religion.Le Sans-Dieu du 21 juillet 1939, dans une note de rédaction, affirmait une fois de plus l'attitude du communisme vis-à-vis de la religion : « Cette question a besoin d'être nettement définie.Les travailleurs doivent savoir que la religion et le communisme sont de deux ordres d'idées différents et contradictoires.Leurs buts sont complètement opposés.C'est pour cette raison qu'au siècle passé encore, Auguste Bebel, un des dirigeants les plus en vue du mouvement ouvrier, écrivait que le socialisme et la religion sont irréconciliables comme le feu et l'eau.Lénine démontra à plusieurs reprises l'inconciliable opposition du communisme et de la religion.Toute sa vie durant, il s'efforça d'extirper la religion et d'inculquer au peuple un ensemble d'idées matérialistes où il n'y aurait plus de place pour aucune religion.La religion sape la volonté des travailleurs et aide de cette manière ceux qui les exploitent.Le communisme, lui, enseigne que l'humanité doit elle-même bâtir sur la terre une vie heureuse et que la vie d'outre-tombe n'est que fables et tromperies.» Ces textes sont clairs.D'une part, la religion a trouvé dans le sanctuaire mystérieux des âmes un refuge contre les violences et les séductions de la persécution, mais il est non moins évident que la religion ne doit attendre aucun quartier d'un ennemi aussi acharné que le bolchevisme athée.La lutte se poursuivra, jusqu'à l'effacement complet du sentiment religieux dans l'âme du peuple russe (cette monstruosité est-elle possible !) ou à son triomphe sur un matérialisme essentiellement dissolvant qui finira par se détruire lui-même.Rien n'a été épargné, en Russie soviétique, pour faire disparaître définitivement tout vestige de religion.Depuis e vingt ans, toutes les formes de la persécution ont été utilisées à cette fin, depuis le is mode simple et expéditif des « purges » vraiment pas prétendre parvenir au plus fidèles à la religion.Voici un exemple : L- et des « liquidations », individuelles ou haut degré du communisme tant qu'il y un ouvrier et sa femme habitant Moscou, t.collectives, jusqu'aux méthodes plus aura chez nous des millions de gens qui employés aux ateliers du Chemin de fer c raffinées et subtiles de la propagande continueront de croire aux popes, aux et tous deux membres des Jeunesses moderne et de l'éducation athée.5- ulémas, aux rabbins, qui adresseront Communistes, ont fait baptiser en janEt pourtant, de temps en temps, des leurs prières à des dieux inexistants, vier 1939 leur enfant nouveau-né.» s observateurs aigus des choses russes aux anges et aux saints, qui auront peur Signalons que le chef des Sans-Dieu - posent de nouveau la question et n'hé- du diable et de l'enfer après la mort.ne se montre pas exagérément optimiste s sitent pas à lui donner une réponse Si nous sous-estimons l'importance du sur la possibilité d'une destruction to- négative.Témoignage éclatant rendu travail antireligieux, nous risquons de taie de la religion.Il admet que la res ^ la profondeur du sens religieux dans ramener la triste situation d'il y a quel- ligion a la vie dure.«La presse fas- Thomme ques années.On parlait déjà d'une ciste, dit-il, a publié des nouvelles men- Sans doute le travail systématique de «™ort définitive » de la religion et on songères disant que nous voulions « li- sape mené par le communisme contre affirmait qu il n y avait plus que les qmder definitivement la religion», au ' la religion a-t-il à peu près complète- vieux qui étaient encore croyants.Cette cours de la prochaine période quin! ment démoli les cadres traditionnels des confiance excessive nous a cause un quennale.Je ne sais s il y a parmi nous Eglises.Il n'en va pas aussi facilement grand tort»., , .s nour rompre les attaches personnelles Voici comment le même Yaroslavsky est possible de liquider la religion en de l'âme russe à l'antique religion, évalue les forces religieuses en U.R.S.S.: cinq ans.Il se peut que plusieurs pe, au'elle soit orthodoxe, catholique ou « En admettant,—et c'est un minimum, riodes de cinq ans soient necessaires : iuive —que le nombre des croyants dans Pour vaincre complètement ce vestige ¦e* tique religieuse.en friche qui attend notre propagande.» 1 homme n est qu un ver, un esclave, Les assauts reunis de la violence san- T c ty „ .¦_¦ , un rien, qu il suffirait aux dieux mexis- glante et de la persuasion se sont avérés Les Sans-Dieu se montrent inquiets tflntg de vouioir pour que tout ce que impuissants.decequelessenhmentsreligieuxse nous avons érigé tombe en ruines, que Yaroslavsky, le chef des sans-Dieu, manifestent non seulement parmi les ja vra^e vje ne commence qu'après la dans un grand discours prononcé de- adultes, mais aussi parmi les jeunes, mort.Peut-on marcher de l'avant avec vant l'assemblée des Sans-Dieu de « Vous savez que ce ne sont pas seule- de pareilles idées qui appartiennent au Moscou en avril dernier, déclare que ment les vieux qui fréquentent les passé ?Non, nous devons les combattre l'activité antireligieuse et l'éducation églises.Certains faits prouvent que et les vaincre.» communiste sont de plus en plus néces- dans les rangs du Komsomol il y a des Car, en effet, on ne manque pas une saires, « car, dit-il, nous ne pouvons jeunes gens et des jeunes filles encore occasion de rappeler qu'il y a incompa- L des gens assez naïfs pour croire qu'il à t i [ i i Le Canada dans le mouvement coopératif mondial D'après des statistiques, trop abondantes pour être reproduites ici, nous avons trop tôt.dressé un tableau comparatif entre le Canada et six pays dont le passé coopératif Coopératives et cercles d'études, dont dépend le succès du mouvement, est bien connu.On se souviendra en étudiant ces chiffres de l'écart entre leurs se multiplient.On nous dit que cet hiver 50,000 agriculteurs québécois seront populations respectives.Danemark : 3,300,000; Suède : 6,500,000; Belgique : organisés en groupes d'études.8,000,000; France : 42 millions; Grande-Bretagne : 44 millions; Etats-Unis : 130 Une chaire de coopération a été fondée à l'Ecole des Sciences politiques, millions.La population du Canada au recensement de 1931 était de 10,376,786.économiques et sociales de l'Université Laval.Sous ses auspices, un premier On estime qu'elle approche aujourd'hui de 12 millions.congrès de la Coopération se tiendra à Montréal, les 27, 28 et 29 octobre, dans Notons que le groupement des sociétés coopératives sous diverses rubriques les salles de l'Ecole des Hautes Etudes commerciales de Montréal.spécialisées explique certains chiffres qui à prime abord pourraient étonner.Ainsi Le prochain congrès nous fournira sans doute un tableau exact du mouve- le Canada compte beaucoup plus que 59 coopératives de consommation comme ment coopératif dans la province de Québec.Il sera d'autant plus intéressant l'indique le titre I; la statistique se complète par exemple avec les chiffres des à consulter que nous connaîtrons mieux la place du Canada entier dans le mou- coopératives agricoles spécialisées d'achat et de vente (IX).vement coopératif mondial.Ces statistiques, établies par les experts de Genève d'après les publications Un document récent, émané du Bureau International du Travail, nous permet officielles des divers pays et centrales coopératives, reposent sur une base solide, de le savoir '.encore qu'elles ne prétendent pas être parfaitement exactes ni complètes.On parle de plus en plus de coopération dans notre province.Ce n'est pas Etats-Unis 2,400 330,500 Grande-Bretagne Belgique France Canada Danemark Suède I.— Coopératives de consommation 1, Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.II.— Coopératives d'habitation (y compris le crédit à l'habitation) 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.III.— Coopératives d'intérêt professionnel non agricoles 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.IV.— Coopératives urbaines de crédit 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.V.— Coopératives ouvrières de production 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.VI.— Coopératives de pêcheurs 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.VII.— Coop, agric.(non compris les coop, d'assistance agricole et rurale) 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.VIII.— Coopératives rurales de crédit 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.IX.— Coopératives agricoles non spécialisées d'achat et de vente 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.X.— Coopératives de vente spécialisées par produits 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.XI.— Laiteries coopératives 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.XII.— Coopératives de vente de bétail et de viande 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.XIII.— Coopératives d'assurances mutuelles agricoles et rurales 1.Nombre de sociétés.2.Nombre de membres.1.Cf.¦ Revue internationale du Travail », août 1939, pp.283-300; septembre 1939, pp.412-456.1,133 1,176 400 811 1,923 59 8,023,073 1,695.000 510,068 660,934 376,000 16,695 10,023 5,002,248 1,133 437 124 1,000 40,000 17 2,121,090 33,000 12,980 5,832 1,315,390 777 804 1,447 168 70 46 50,730 111,497 5,608 7,882 2,227 5,642 1,307,602 43 97 203 14 15,895 55,807 721 167 89 648 98 27 36 7,778 33,472 31,227 5,608 2,882 23 45 36 32 1,363 1,506 13,664 2,95 1,237 1,129 37,590 3,415,733 2,725 259,659 10,458 628,316 7,524 686,056 1,669 292,046 460,188 12 10,550 586,372 1,165 816 100 502 314 98,492 93,200 21,356 55,000 2,601 301 20,673 1,752,861 1,391 1,162 515 770,862 92,481 126,025 44,600 38,167 8,151 143 4,917 1,056,500 169 1,447 2,299 476,262 473 2,002,983 47,004 35,142 394,011 357,798 2,338 560,103 2,213 280,000 169 862 1,416 146 35,142 156,051 190,000 49,797 1,012 64 79 115 515,394 209,960 208,862 46,719 1,909 46 50,461 2,293,838 724 3,263,264 1,116 50,207 3 (7) L’ORDRE NOUVEAU 20 octobre 1939 La guerre et le progrès social Charles Schawb, magnat de l’acier Un code français de la famille (Suite de la première page) (Suite de la première page) Whitley Councils, dont la salutaire influence s'exercait bientôt sur près de quatre millions de travailleurs anglais.Voilà le parti quelque peu inattendu que l'on peut tirer de la dure nécessité de la guerre.N'y manquons pas, par amour pour la patrie, dans l'espérance même de la victoire.Que penser de cette étonnante L'alerte de septembre a été le coup de fouet sauveur.Devant la menace totalitaire, les dirigeants français ont enfin compris que le problème de la famille était un problème de vie ou de mort.carrière ?Charles Schawb, le magnat de l'acier, est mort récemment à l'âge de 77 ans.Un de ces hommes extraordinaires comme la grande république voisine en offre au monde plus d'un exemple.Débuts humbles, puis la classique ascension vertigineuse vers les postes de commande.En 1877, il préside destinées de la Carnegie Steel Co., Ltd.Bientôt, à sa propre suggestion lancée à un banquet que lui offrait la Chambre de commerce de New-York, le grand trust de l'acier est formé; il en devient le premier président.La Bethlehem Steel Corporation et la Bethlehem Steel Company l'avaient à leur tête, et plusieurs compagnies, dans leur bureau de direction : Metropolitan Life Insurance, Chase National Bank, etc.Schawb était bon, aimable, éminemment charitable.Enfin, — dernier trait de sa physionomie, — Schawb était catholique.Une de ses soeurs était religieuse au monastère des Carmélites à Loretto (Pennsylvanie), construit grâce à la générosité de son frère.Il n'en fallait pas davantage pour que la grande presse, éblouie par le succès incontestable de cette carrière et séduite par les qualités de l'homme privé, rende un hommage presque unanime au disparu.Le verdict de la presse, et par elle, de l'opinion publique, est juste et mérité.Est-il complet ?Charles Schawb était un industriel catholique.Noblesse oblige.Quel rôle le grand industriel a-t-il joué au point de vue social ?A-t-il essayé de projeter dans sa vie professionnelle la conception de vie qui découlait naturellement de sa religion ?Quel zèle a-t-il mis, tel un Léon Harmel, à traduire dans la pratique quotidienne, — selon ses possibilités, qui étaient immenses, — les principes sociaux de l'Eglise, qui, vers ce temps-là, étaient solennellement proclamés par Léon XIII dans Rerum novarum, justement appelé la Charte des travailleurs ?Seul un intime de Schawb pourrait répondre équitablement à ces questions.Mais l'histoire industrielle des Etats-Unis rapporte que, de tous les trusts américains, celui de l'acier a toujours été en flèche dans la lutte contre le syndicalisme ouvrier.Au sujet de la fameuse grève de la métallurgie en 1919, voici ce qu'écrivait, dans son rapport, la commission d'enquête de YInterchurch World Movement : la compagnie et autres intimidations du genre, mise à l'index définitive des grévistes, espionnage systématique, emploi de briseurs de grève professionnels par l'intermédiaire d'agences de détectives.« Les ouvriers savent tous que leur affiliation à un syndicat les expose à un renvoi immédiat.Aussi les adhésions sont-elles secrètes.Le renvoi n'est d'ailleurs que le symbole de tout un système d'opposition tenace et éminemment efficace.Ainsi l'ouvrier syndiqué sera transféré d'une bonne situation à un poste inférieur; d'un métier spécialisé à un travail de manoeuvre, jusqu'à ce que, de dépit, il quitte de lui-même l'usine.» De cette attitude nouvelle est sorti le Code de la famille dont nous publions o en deuxième page le résumé analytique.Document capital.Non pas qu'il soit parfait.Telle voix autorisée, comme par ¦ exemple le Monde Ouvrier, organe de ~ la L.O.C.de France, estime le veau Code plus nataliste que vraiment familial.Jean Guiraud, dans la Croix, fait écho à cette grave critique et rappelle que les mesures législatives et les avantages économiques ne peuvent, d'eux-mêmes, enrayer victorieusement Est-ce en dépit de Charles Schawb ^ décadence de /a /amide, sans un ou avec son assentiment que ces pro- redressement parallèle des consciences, cédés avaient cours dans les usines de car ie problème familial est en derniere la United States Steel Corporation ?analyse un problème dame.Les cardi- Schawb n'était pas un président de na,ux ett archevêques de France le rap- l paille : son succès dans les affaires le ; Paient récemment encore, prouve.Mais alors?, (Ne disons rien du silence complet Un compatriote du grand industriel ; du ~?de a ,ega,rd de eccde d Etat ji américain nous en donne peut-être la sa ns-Dieu, particulièrement responsable s réponse dans les lignes suivantes ex- du travail de demolition nationale qui traites d'un éditorial de l'organe officiel se, Pou.rsuit en France dePuls un demi- du diocèse de Buffalo, The Union and sie
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