L'ordre nouveau, 20 février 1940, mardi 20 février 1940
LORDRE NOUVEAU Un monde s’écroule, un ordre nouveau s’élabore.Il faut que les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu'ils aident à créer ce qui mérite de vivre.— LES ÉVÊQUES DE FRANCE.ORGANE DES SEMAINES SOCIALES Prix: 5 sous; l'abonnement: $1.00 QUATRIÈME ANNÉE, No 10 Montréal, 20 février 1940 La lettre des évêques américains L Orientation professionnelle Nous analyserons plus tard la lettre que vient de publier l'épiscopat des Etats-Unis.Et nous en donnerons aussi le plus tôt possible une traduction française qui paraîtra dans la collection de l'Ecole Sociale Populaire.Mais voulons signaler sans tarder le passage où les évêques, qui ne sont pas des utopistes, recommandent sans hésiter l'établissement du corporatisme comme base de la restauration sociale.Quel plus bel écho pouvait avoir notre Semaine porative ! Quelle plus éloquente confirmation de ses conclusions ! Une enquête de la Revue dominicaine nous par le R.P.Noël MAILLOUX, O.P.Professeur au Collège dominicain d'Ottawa cor- Notre concours intercollégial Il s'agit d'une série d'études parues au cours de l'année 1939.Constituant, dans leur ensemble, une synthèse aussi résolument pratique que suggestive, elles ont eveille tout de suite la curiosité de ceux que préoccupe plus immédiatement 1 avenir de notre jeunesse.De toute evidence, nous ne saurions ici retenir, parmi les données émergeant de cette recherche collective, que les plus essentielles.Pour une information plus approfondie concernant les présupposés empiriques et idéologiques, le lecteur devra recourir aux exposés originaux d'ailleurs aisément accessibles.Le concours que l'Ecole Sociale Populaire organise dans les maisons d'enseignement secondaire sur le corporatisme est commencé.Le sujet et les conditions en ont été transmis aux supérieurs qui les ont communiqués à leurs élèves.C'est toute une thèse qu'il s'agit d'établir.La situation sociale d'abord telle que l'a faite au Canada, en particulier dans le Québec, le libéralisme économique.Comme conséquence, nous sommes menacés de la dictature ou du communisme.Une seule issue : le corporatisme, qui s'attaquera aux racines mêmes du mal dont nous souffrons.Cette institution, quoi qu'on en dise, n'est ni antidémocratique, ni opposée à la vraie liberté.Elle peut, en outre, s'ajuster à notre constitution.Voilà le schéma.Aux concurrents maintenant de le développer, d'étayer leur thèse de solides arguments, d'y faire passer un souffle de véritable conviction.Le premier recevra un prix de $50.00, le second, un prix de $25.00, et le troisième, un prix de $10.00.Les copies, qui ne doivent pas dépasser 3,000 mots, devront parvenir au secrétariat de l'Ecole Sociale Populaire pour le l"1 avril.Elles seront soumises à un jury composé de M.Maximilien Caron, professeur de droit a l'Université de Montréal et président de l'Action corporative, du R.P.d'Auteuil Richard, S.J., de l'Ecole Sociale Populaire, et de M.François-Albert Angers, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes commerciales.Le point de vue catlioliq Envisagée en elle-même, l'orientation professionnelle nous apparaît comme 1 une des plus significatives affirmations du respect dû à la personne humaine.On sait trop, en effet, combien rapidement une tâche en conflit avec nos aptitudes ou nos goûts se transforme en un esclavage presque intolérable.Innombrables, à coup sûr, ces jeunes travailleurs dont l'activité n'est traversée d'aucune joie, qui s'épuisent avec une sorte de résignation inconsciente.Sans faire abstraction des préoccupations économiques et utilitaires les plus légitimes, c'est donc avant tout un effort de libération que poursuit l'orienteur.Un conseil sérieux, étayé sur des observations précises et des prévisions solidement fondées, ne permettra-t-il pas le plus souvent d'éviter l'irréparable ?Prévenir un echec que l'insouciance ou l'inexpérience expliquent trop aisément aider le jeune homme à prendre conscience de sa valeur individuelle et du rôle social que logiquement elle implique, le technicien catholique ne vise à rien moins.Convaincu par ailleurs qu'il faut ici compter avec des facteurs qui échappent à toutes mensurations empiriques, il estimera avoir joué tout son rôle lorsqu'il aura éclairé une conscience et lui aura fourni, au moment de prendre une décision grave entre toutes, les éléments qui sont de son ressort.Mais, pourquoi cette insistance à rappeler que la liberté individuelle ne doit subir aucune entrave dans le choix d'une carrière ?Nous répondrons qu'aucun autre de nos actes n engageant plus a fond notre responsabilité, cela nous paraît suffisant pour exiger qu'il réalise toutes les conditions de l'acte humain au sens fort.En certains pays, des psychotechniciens trouvent tout naturel de pratiquer l'orientation a la façon d'une selection animale, où les considérations de rendement accusent une prépondérance exclusive.Une pareille conception demeurera toujours étrangère aux milieux qui sauvegardent la primauté des valeurs spirituelles.Si, là, on fait appel a l'orientation, ce sera avant tout pour faciliter l'exercice de la vertu de prudence, et assurer à toute vie laborieuse un coefficient de bonheur la dant plus capable d'ennoblir celui qui l'exerce, tout en devenant plus efficacement productive.ue Le communisme hors la loi L exemple de la France sera-t-il suivi ?Nos gouvernants ouvriront-ils les yeux et, en face du danger que présente le communisme, mouvement subversif, au service d une puissance étrangère et même ennemie, se décideront-ils à le déclarer illégal ?A nous de les y entraîner.Les prochaines élections nous en fournissent une occasion.Le Comité des Oeuvres catholiques de Montréal requiert, pour sa part, de tous les candidats de la région, l'engagement, s'ils sont élus, d'user de leur influence et de leur vote pour faire déclarer hors la loi le Parti communiste canadien et toutes les associations qui se rattachent à la III" Internationale de Moscou.On trouvera le texte de cet engagement en troisième page.Il faudrait que de telles démarches se fassent dans toutes les parties du pays.ren- La prolétarisation des Pour une saine organisation de l’Orientation professionnelle Nous ne prétendons guère offrir ici autre chose que des aperçus fragmentaires, les cadres restreints de cet article nous interdisant de leur donner tout le développement qu'ils méritent.Qu'on veuille bien en excuser le ton par trop dogmatique, en tenant compte que nous condensons en une synthèse ramassée les conclusions d'une recherche collective dont la justification a été entreprise ailleurs.masses Reflexions sur le “ Social Security Act ” Les articles sur le Social Security Act américain, publiés par le R.P.Bouvier, S.J., dans les derniers numéros de l'Ordre nouveau, permettront de saisir la portée des lignes suivantes extraites d'un article paru dans la revue America, de New-York (27-1-40), sous la signature de Cornelius A.Eller.Cette formidable législation sociale, au demeurant très pratique, est devenue quasi indispensable devant la pauvreté généralisée; elle n'en accuse pas moins une situation lamentable : la prolétarisation croissante des masses laborieuses.L'audace louable de la législation ne doit pas faire oublier l'ampleur du mal auquel elle veut essayer de remédier.Le rouage le plus important et le plus coûteux de la législation sociale américaine entrait en opération le l"r janvier 1940.Ce jour-là, le système fédéral d'assurances obligatoires pour les vieillards, à même les bénéfices industriels, entrait en vigueur.Voilà une administration colossale.Que signifie-t-elle, et quelles sont les conséquences pratiques des 45,000,000 de comptes particuliers à tenir, et des formidables versements à faire annuellement, et qui atteindront en 1957 les deux milliards ?La signification en est que le nombre des prolétaires aux Etats-Unis a grossi au point que leur indigence économique constitue une grave menace pour le bien public.Les vieilles formules du libéralisme prometteuses d'une distribution équitable de nos ressources, pour le bien commun, ont fait faillite, clairement et tristement.A l'égard des vieillards, en particulier, ce fiasco affligeant est rendu manifeste par des enquêtes sur leurs besoins, faites en divers Etats.Quelques exemples.Au Connecticut, une enquête tenue en 1932 a établi que 33yi"/, des personnes qui dépassent 65 ans sont sans aucun revenu.Au Wisconsin, un rapport officiel de 1915 constatait que 2V’/ des citoyens de plus de 60 ans n'avaient pas $100 de revenu annuel, et que 29"; seulement pouvaient compter sur plus de $500 par année.Une enquête dans l'Etat de New-York, en 1930, révélait que 64j/£% des citoyens de la ville de New-York, âgés de plus de 65 ans, n'avaient qu'une petite propriété de moins de $5,000, et en retiraient moins de $300 Les vocations surnaturelles et l'Orientation professionnelle.— On le constate avec une précision toujours plus grande, chaque individu étudié du point de vue de sa constitution semble réaliser une organisation unique et franchement originale.D'autre part, les recherches psychologiques récentes ont projeté une lumière crue sur la dispersion prodigieuse qui caractérise la répartition des aptitudes et des inclinations.La complexité et l'originalité de la personnalité, dont nous commençons de pressentir toute l'étendue, nous obligent à recourir dans nos appréciations des valeurs humaines à des échelles moins frustes que celles des typologies anciennes ou récentes.Mais, si la dissemblance s'avère si profonde entre nos organismes comme entre les ressorts individuels de notre conduite, à quoi faut-il s'attendre lorsque le facteur surnaturel intervient à son tour ?Cette richesse surabondante, presque ostentatoire, de la nature apparaît aussitôt pauvreté déconcertante.S'étonnera-t-on, dès lors, parce que les procédés ou les réalisations prennent très souvent une allure paradoxale ?L'Eglise, qui estime si haut la prudence humaine, s'incline pourtant sans hésiter devant la gratuité du don divin.Le mystère de l'amour est à ses yeux la réalité suprême.S'agit-il de sonder la fermeté d'une vocation surnaturelle, elle profitera volontiers des lumières que lui offre le technicien, quel qu'il soit; mais elle ne saurait oublier que, dans cet ordre, certaines impuissances sont parfois génératrices d'énergies illimitées.Qui, donc, lui contestera ici le droit exclusif d'intervenir avec l'autorité d'un guide éclairé et compétent ?par an.Ces constatations établissent nettement le fait que, pour la majorité des Américains, la dépendance à l'égard du salaire hebdomadaire est une triste réalité; en d'autres termes, que nous avons un prolétariat dans toute la force du mot ! Les vocations intellectuelles et ïOrientation professionnelle.—Les aptitudes variées et complexes qui constituent des facteurs essentiels de succès dans l'exercice d'une profession, aussi bien que la variabilité croissante des formes que ce dernier est susceptible de prendre, constituent pour l'analyse un obstacle peut-être insurmontable.Est-ce à dire qu'on ne doit rien tenter, ou même que rien n'est possible pour améliorer les conditions de notre choix?Loin de là.En effet, l'expérience a permis d'établir que moins de la moitié des élèves de l'enseignement secondaire envisage pour l'avenir une orientation définie.Poussée plus loin, l'observation nous force encore à constater que, même dans ces cas privilégiés, on ne possède le plus souvent qu'une information des plus rudimentaires concernant les exigences, risques et avantages de la profession élue.De (Suite à la page 4) Les enquêtes attirent aussi l'attention sur l'insuffisance des salaires pour prémunir contre les accidents de la vieillesse.Si donc l'assurance pour les vieillards est organisée, c'est que leur manque de ressources, — lequel est dû à des salaires incapables de pourvoir à l'avenir et à la rareté de la petite propriété productive chez nous, — c'est que (Suite à la page 4) LE TRAVAIL personnalité, cette empreinte qui ressemble au cachet de l'honneur et qu'on appelle le caractère K » Dans la résistance de la matière qu'il plie à ses desseins, le travailleur forge aussi sa volonté.Il y trouve l'âpre joie du conquérant qui remporte une victoire.L'effort musculaire, enfin, n'est pas sans avantage.Spirituellement, les Pères de l'Eglise et les saints lui reconnaissent une valeur purifiante; physiquement, dans les limites raisonnables, il est un facteur d'harmonie.Il réalise le mens sana in cor-pore sano des anciens.Pour un travail humain Alors qu'il n'était encore qu'archevêque de Pérouse, le pape Léon XIII en appelait déjà à ce sujet aux patrons sur « la surcharge des heures de travail ».Il montre la nécessité d'une législation « qui mette frein à ce trafic sans humanité 1 ».Elevé au souverain pontificat, c'est le souci de ses constantes préoccupations.Dès sa première encyclique : In-scrutabili, ses inquiétudes sociales se font jour; Quod apostolici dénonce les mêmes dangers peu de temps après.Autant de préludes à l'immortel document Rerum novarum, dont Pie XI voulut célébrer le quarantième anniversaire par une autre encyclique, Quadragesimo anno.En rappelant les principes qui régissent l'ordre social, la propriété privée, Léon XIII honorait le travail qui en est la source : « La terre, sans doute, fournit à l'homme avec abondance les choses nécessaires à la conservation de sa vie et plus encore à son perfectionnement, mais elle ne le pourrait d'elle-même sans la culture et les soins de l'homme.Or, celui-ci, en consumant les ressources de son esprit et les forces de son corps pour se procurer ces biens de la nature, s'applique pour ainsi dire à lui-même la portion de la nature matérielle qu'il cultive.Il y laisse comme une certaine empreinte de sa personne.Ce champ remué avec art par la main du cultivateur a changé complètement de nature : il était sauvage, le voilà défriché; d'infécond, il est devenu fertile.» Le pape en tire la conclusion que le perfectionnement ajouté ainsi à la matière est chose strictement personnelle.C'est dire en même temps toute la noblesse humaine du travail.L'homme n'est ni une machine ni un esclave.Il n'agit pas non plus sous la poussée aveugle de l'instinct.Le travail porte essentiellement l'empreinte de la personne intelligente qui l'a produit.Voilà pourquoi également, dans le dosage de la contribution laborieuse, « exiger une somme de travail qui, en émoussant toutes les facultés de l'âme, écrase le corps et en consume les forces jusqu'à l'épuisement, c'est une conduite que ne peuvent tolérer ni la justice ni l'humanité.Le droit au repos de chaque jour et la cessation du travail le jour du Seigneur doivent être la condition expresse ou tacite de tout contrat passé entre patrons et ouvriers.Là où cette condition n'entrerait pas, le contrat ne serait pas honnête, car nul ne peut exiger ou permettre la violation des devoirs de l'homme envers Dieu ou envers lui-même ».ORIGINES ET BUTS (Suite) par le R.P.Henri-Marie GUINDON, S.M.M.directeur de la Villa du Rosaire de Nicolet Valeur sociale Si nous envisageons maintenant le travail non plus seulement en fonction de l'individu, mais de la société, nous voyons qu'il est le principal facteur du mutuel service que se doivent les membres d'un même corps.« Le travail a horreur de l'inutilité.La fabrication pure et simple ne saurait être le terme normal d'une activité pleinement humaine -.» Le travail tend toujours à servir soit l'ouvrier lui-même, soit la société.Voilà encore une différence de l'activité humaine d'avec celle de l'animal.Celui-ci ne travaille qu'en vue de sa propre nécessité.De ce caractère social du travail découle qu'il est une source de civilisation.Oeuvre d'intelligence, il est inventif; oeuvre d'utilité, il s'adapte aux besoins, varie ses formules, progresse, civilise.Il produit même plus qu'il ne faut.Il crée alors le bien-être, le luxe.Ce n'est plus seulement travailler pour vivre, mais travailler pour mieux vivre.Des échanges nécessités par la civilisation découle la solidarité.Si le travailleur dépend du patron qui utilise ses services ou du consommateur qui achète son produit, le patron, d'autre part, dépend lui aussi de son employé; c'est de son travail qu'il vivra et prospérera; de même le particulier qui se procure les avantages de la vie moderne ne songe pas assez à l'humble ouvrier qui a baigné de ses sueurs l'objet dont il jouit.l'homme le pouvoir divin de satisfaire à sa dette, mais il daigne y ajouter un salaire dont les fruits dépasseront infiniment les maigres profits temporels qu'il peut retirer de son travail puisque « notre légère tribulation du moment présent, écrit l'Apôtre, produit pour nous le poids éternel d'une sublime et incomparable gloire 1 ».Collaboration avec Dieu Le travail n'a pas uniquement pour but la gloire de Dieu en lui-même, mais aussi dans ses oeuvres.Dieu a commis à l'homme le soin de la création.Il ne s'agit pas seulement de garder l'univers.Il faut Y embellir, le développer.L'antiquité considérait le monde comme une harmonie à laquelle rien ne pouvait être ajouté.Il fallait se contenter d'admirer.De là le terme monde, de cosmos, idée de beauté.Pour le chrétien, c'est plus que cela.« La nature sans l'homme est moins divine que la nature avec l'homme, puisqu'il lui manque sa signification et son accomplissement.Le travail est cette rédemption naturelle qui humanise le monde et divinise l'homme’.» Par son travail, l'homme imite Dieu dans sa puis-« Dans la mesure où une créature est cause, sauce.elle est image de Dieu, image de la causalité souveraine.Le travail n'est donc pas exactement créateur; il utilise des énergies qu'il n'invente pas; mais il coopère à la création; dans l'ordre naturel le travailleur, comme le chrétien dans l'ordre surnaturel, est aussi, suivant le mot de saint Paul, adjutor Dei:i.» Conclusion Sur ce sujet immense, le monde aura à méditer longtemps encore pour l'adapter sainement.A la lumière de l'Evangile et de l'Eglise, nous éviterons deux dangers : de voir le travail sous un jour trop pessimiste, comme une malédiction seulement, ou bien, par contre, de rêver un âge d'or qui ne tiendrait pas compte de notre condition actuelle et oublierait une page importante de la révélation, celle de la chute humaine.Le travail n'est pas notre fin suprême ni la béatitude parfaite, mais il est joie, joie de l'être qui s'épanouit dans un autre être, qui dompte des forces étrangères, qui sert ses semblables, et, surtout, cette joie illuminée par la foi et l'espérance de la récompense des durs labeurs.Ici-bas, il intègre l'homme dans l'ordre fixé par le Créateur; contenu et inspiré par des principes sains, il assure au monde l'équilibre des classes dans la justice et la charité.Inclinons-nous devant Sa Majesté le travail.Inclinons-nous surtout, avec toute la sympathie qu'il mérite, vers ce monde des travailleurs qui peine et gémit sous la pression inhumaine de doctrines apparemment généreuses mais au fond cruelles.Que la grande Paix annoncée, il y a deux mille ans, sur le berceau d'un Dieu ouvrier fils d'une femme obscure et fils adoptif d'un charpentier, brille enfin aux yeux simples et aux coeurs droits ! De même il imite la bonté de Dieu.Le bien est diffusif, communicatif.L'ouvrier donne de lui-même; son oeuvre est la copie de sa pensée et enfant de son amour.Le mot de Proudhon peut avoir sur des lèvres chrétiennes une très haute signification : « Le travail ou génération industrielle est l'extension et la perpétuation de l'être par son action sur la nature.L'homme a aussi un amour pour la nature et s'unit à elle, et de cette union féconde sort une génération d'un nouvel ordre.» III.—BUTS DU TRAVAIL Après tout ce que nous avons dit sur les origines et le développement de l'idée du travail, nous n'avons pas besoin d'insister longuement sur ses buts.Enrichissement humain Par cela même qu'il enrichit la nature, l'homme se grandit lui-même.Nous avons distingué antérieurement des actions dites transitives et d'autres immanentes.Le travail est plutôt de la première catégorie.Il produit à l'extérieur du sujet.Il y a lieu de rappeler ici un autre principe philosophique.C'est que l'acte est dans celui qui agit.Ici, donner, c'est recevoir.Dans un effort généreux, Y intelligence s'est haussée jusqu'à la conception de cette pensée enclose dans la matière.Et plus le travail sera personnel, plus il sera humain, parce qu'il contiendra une pensée plus riche, plus ardente, plus généreuse.Il est même en quelque sorte caractérisé par une loi de mobilité, en ce sens qu'il ajoute sans cesse quelque nouveauté à une chose inachevée, et par une générosité métaphysique, car le travailleur travaille plus pour son oeuvre que pour lui-même ’.Avant de vaincre la matière, la volonté de même a à se vaincre elle-même.« Que ce labeur se prolonge, que sous l'influence du sacrifice il surmonte tous les obstacles, et qu'enfin, par une constance généreuse, il se transforme en habitude, on le voit alors imprimer à la volonté de l'homme ce pli admirable qui constitue sa physionomie morale et accentue sa La gloire de Dieu La première fin du travail est évidemment la gloire de Dieu qui n'a pu se proposer d'autre but en créant l'univers.A la différence des autres êtres de la création, c'est librement que l'homme doit tendre à cette gloire.La volonté expresse de Dieu était qu'il travaillât.«L'homme, dans l'état même d'innocence, dit Léon XIII, n'était pas destiné à vivre dans l'oisiveté.Mais ce que la volonté eût embrassé librement comme un exercice agréable est devenu après le péché une nécessité, imposée comme une expiation et accompagnée de souffrance.» Expiation, le travail a donc, en vertu de la rédemption de Jésus, une valeur de rachat et même de sanctification.Dieu ne veut pas seulement donner à 1.« L'Eglise et la civilisation », trad, de l'italien par Paul I.apoyro, Palmé, Paris, 1878, cité par Georges Guitton : * 1891, une date dans l'histoire dos travailleurs », p.8.1.J -M.Buathier, « Lo Sacrifice», 8o édit., pp.298-299.2.Borne, 1.c., p.105.Les allocations familiales et la protection de la famille au Brésil Les allocations familiales et la protection de la famille au Brésil (Suite de la première colonne) Les Informations sociales [28 janvier 1940) nous apportent le témoignage d'un réconfortant effort du gouvernement brésilien en faveur de la famille.On va répétant chez nous, que la famille est menacée.Quand nos responsables s'agripperont-ils à la tâche de doter le Québec d'un Code de la famille ?En application de l'article 124 de la Constitution du Brésil, qui fait à l'Etat un devoir d'établir les conditions favorables à la formation, au développement et à la sécurité de la famille, le président de la République a, le 10 novembre 1939, signé un décret instituant une commission nationale pour la protection de la famille.La commission sera présidée par le ministre de la Justice et ses travaux dureront un an.Elle se composera de sept membres, dont quatre représentant respectivement les ministres de la Justice et des Affaires intérieures, de l'Education et de la (Suite a la troisième colonne) 1.II Cor.IV, 17.2.Borne, 1.c., p.137.3.Borne, 1.c., pp.137-138.4.Y.Simon, « La définition du travail », « Rev.de Philos.», sept-oct.1936.Santé publique, des Finances et du Travail, de l'Industrie et du Commerce.La préparation de l'établissement des allocations familiales figure au nombre des tâches confiées à la commission.En fait, ces tâches, très nombreuses, visent à la création d'un véritable statut de la famille.Elles concernent l'encouragement au mariage (simplification des formalités et prêts de mariage), la protection morale (définition des délits contre la famille et sanctions), la protection économique (biens de famille, préférences accordées aux pères de famille en matière d'embauchage), l'assistance (protection de la maternité, de l'enfance et de l'adolescence, des enfants illégitimes, des familles nombreuses).“ ENSEMBLE •• Revue de la Coopération Aucun nom ne pouvait mieux convenir à la revue de la Coopération, noncée au grand congrès de novembre dernier et dont la première livraison vient de paraître à Québec.Ensemble ! Symbole, programme, consigne et — puisque la vie ne cesse de confirmer le vieil adage sur l'union qui fait la force — gage de succès, pour la revue elle-même et pour la cause quelle veut servir.an- La commission devra aussi prévoir la création de ressources destinées à financer les mesures proposées, notamment l'institution d'un impôt sur les célibataires et sur les couples sans enfant.2 (3Ü) L’ORDRE NOUVEAU 20 février 1940 LE CONFLIT RUSSO-FINLANDAIS ET LES COMMUNISTES CANADIENS Un documentaire — Le « Mid-West Clarion » Nous devons à la logique tortueuse de vernants de pouvoir connaître l'attitude des nistes canadiens en face du terrible conflit qui ensanglante la terre finlandaise.Peu après l'entrée en guerre du Canada, le gouvernement fédéral pendit, en vertu de la loi des Mesures de guerre, la publication de Clarté et de Clarion de Toronto.Pourquoi n'a-t-il pas touché au Mid-West Clarion, hebdomadaire de douze pages, format tabloid, publié à Winnipeg?Celui-ci continue de paraître régulièrement.Il continue de semer parmi ses lecteurs le trouble, le mécontentement, l'esprit de révolte.Il n'a d'éloges que pour la Russie dont le rôle dans la vie internationale, surtout depuis le 23 août, jour de la conclusion du pacte germano-russe, est tout simplement ignominieux; il prêche le mépris et la haine à l'égard des gouvernements du Canada et de nos Alliés, la France et la Grande-Bretagne.N'y a-t-il pas là plus qu'il n'en faut pour faire jouer la loi des Mesures de guerre à l'égard du Mid-West Clarion ?Bien plus, ce n'est pas seulement contre l'hebdomadaire de Winnipeg que logiquement le gouvernement d'Ottawa devrait sévir, mais contre le parti communiste lui-même, dont les journaux ne sont que le pâle reflet.L'intérêt national l'exige.La loi des Mesures de guerre ne saurait être invoquée plus justement.Qu'on juge un peu de la nourriture intellectuelle que la rédaction du Mid-West Clarion sert à ses lecteurs relativement au conflit russo-finlandais (le pacte germano-russe, l'agression communiste contre la Pologne, la guerre occidentale sont traités avec le même cynisme).est un excellent tremplin d'où pourraient s'élancer les puissances impérialistes.La Finlande est la clef de Léningrad, et Léningrad la clef de Moscou, si bien qu'à qui veut abattre l'Union soviétique il faut la Finlande.Les clameurs que poussent vers le ciel les politiciens capitalistes, écrivains, etc., dans les pays capitalistes au sujet du conflit russo-finlandais expriment bien la rage des impérialistes voyant leur échapper leur base d'action contre l'U.R.S.S.Les larmes de sympathie capitalistes versées pour la « petite Finlande démocratique » (qui a à sa tête Mannerheim, le boucher des ouvriers) sont des larmes de dile.» (27-1-40, p.9.) à travers la ligne Mannerheim aussi puissante que les fameuses lignes de l'Ouest de l'Europe devant lesquelles les troupes alliées piétinent depuis quatre mois sans pouvoir les enfoncer (30-12-39, p.1.) Quand un petit peuple de trois millions réussit à tenir tête pendant trois mois aux attaques d'un puissant voisin comme l'U.R.S.S., on peut bien parler à'héroïsme.M.William Z.Foster propose une autre explication : « C'est que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie, la Suède, etc., dans leur ardeur à créer une psychose de guerre mondiale contre l'Union soviétique, ont réuni à Helsinki la plus nombreuse bande de reporters menteurs jamais assemblée dans l'histoire du journalisme.» (27-1-40, p.9.) Ainsi dispose-t-on de l'héroïsme finlandais qui fait depuis près de trois mois l'admiration du monde civilisé.nos gou-commu- sus- en croco- « QUESTION : L'U.R.S.S.n'est-elle pas coupable d'agression par l'envoi de ses troupes en Finlande ?— REPONSE : Non.La honte de l'agression retombe toute sur la Garde Blanche de Mannerheim, et sur les gouvernements de l'Angleterre et des Etats-Unis, responsables du présent conflit.» Suit la description des « provocations » intolérables du gouvernement d'Helsinki, soutenu par les Etats capitalistes, contre TU.R.S.S.« Devant une politique aussi déterminée d'agression, l'U.R.S.S., pour se défendre, n'avait plus qu'à faire appel aux armes.» (27-1-40, p.9.) La libération dus Finlandais opprimés Voilà un des thèmes favoris du Mid-West Clarion pour expliquer l'agression russe.Pendant septembre, octobre et novembre, la presse communiste vantait l'exploit des troupes soviétiques qui procurèrent à 15 millions de Polonais une « libération » si ardemment souhaitée, etc., etc.Depuis décembre, les troupes russes combattent pour « libérer » les malheureux Finlandais soi-disant « indépendants », mais écrasés depuis vingt ans sous la botte de la dictature Mannerheim.Seul le terrorisme du vieux maréchal et de sa « clique » empêche la population civile et l'armée finlandaise d'accueillir avec enthousiasme les troupes russes (30-12-39, p.2).« On pourrait en dire long sur notre vie au Iront, fait-on dire à un Finlandais, mais un rapport détaillé ne ferait qu'amener des exécutions en masse.» (27-140, p.3.) — Manchette : « Mannerheim sème la terreur à travers la Finlande.» (13-1-40, p.1.) Pour des troupes terrorisées, il faut avouer qu'elles font de la bonne besogne ! «La simple vérité, c'est que l'U.R.S.S., en état de légitime défense et appuyée par les travailleurs de la Finlande, élimine le petit nid d'impérialistes installés en Finlande et établit des relations amicales avec le peuple finlandais.» (27-1-40, p.9.) «Le gouvernement soviétique est le premier gouvernement dans l'histoire du monde qui s'intéresse vraiment au sort des peuples voisins comme des peuples les plus éloignés.Limpérialisme ne saurait trouver place dans la politique extérieure de l'Union soviétique, car elle est un pays qui appartient aux ouvriers et aux paysans, un pays sans millionnaire.L'exoloi-tation de l'homme par l'homme n'existe pas en Union soviétique.Une société de cette nature n'a ni le désir ni le besoin de voler, de tromper, d'abattre d'autres nations, car le profit capitaliste a été définitivement aboli.» (30-12-39, p.9.) « QUESTION : L'entrée des troupes en Finlande ne constitue-t-elle pas une violation, à l'égard de la Finlande, du droit d'un peuple à déterminer son propre sort ?—REPONSE : Non.Au contraire, l'Armée Rouge coopère avec les masses laborieuses finlandaises pour établir ce droit d'auto-détermination et d'indépendance nationale qui leur a toujours été refusé par leur gouvernement réactionnaire.» (27-1-40, p.9.) Le Canada et la guerre Pour finir, un extrait de T éditorial du 10 février 1940 (p.6) : Un dossier criminel.C'est celui du gouvernement King,—qui d'ailleurs a suivi l'exemple de Bennett, premier ministre au «talon de fer»,—dans la répression violente des grèves, dans sa collaboration servile avec Londres dans ses efforts pour déclencher la guerre contre TU.R.S.S.« Le gouvernement King, après cinq ans, a renié chacune de ses promesses faites au peuple, trahi tous les intérêts canadiens au profit des financiers canadiens et internationaux.L'avenir ?Si le gouvernement King, ou un gouvernement tory, ou quelque autre gouvernement dit national, remonte encore au pouvoir, ce sera la guerre, toujours de la guerre.Profitage.Taxes.Pertes des libertés.Conscription.Pauvreté.Ruine.Fascisme.Il n'y a qu'une façon d'empêcher que cette élection devienne la plus cynique des moqueries.C'est en présentant au peuple canadien la vérité et en organisant un mouvement populaire si puissant qu'il empêchera le pays de rouler de catastrophe en catastrophe.» L'article se termine sur un appel vibrant.en faveur du Mid-West Clarion.Toute la page 7 du même numéro est consacrée au même thème sous le titre de « Scandales de guerre de Tannée 1939 ».Le gouvernement fédéral, qui occupe tant de censeurs à reviser d'anodines allocutions et causeries qui se donnent à la radio, pourrait peut-être les appliquer à la tâche de contrôler le Mid -West Clarion.La loi des Mesures de guerre atteindrait plus sûrement son objectif.Les opérations militaires « Sans se préoccuper des nouvelles fantastiques qui circulent à l'étranger sur les défaites soviétiques, l'Armée Rouge poursuit méthodiquement son occupation de la Finlande.» Suit la citation d'un long communiqué des autorités militaires russes daté du 23 décembre, où abondent les précisions sur l'avance russe, le nombre des prisonniers capturés, l'estime des pertes (insignifiantes évidemment).Commentant la « campagne de presse » étrangère au sujet de la lenteur soviétique, le rapport indique que «l'U.R.S.S.n'est pas intéressée à faire une guerre-éclair, mais bien plutôt à préserver les vies humaines autant que possible » ( un trait de moeurs soviétiques qui nous était inconnu).Le rapport décrit l'avance russe La cause profonde de la guerre Les nations capitalistes, surtout l'Angleterre, veulent abattre la Russie socialiste.La Finlande devait leur servir d'instrument.La Russie les a simplement devancées et a voulu mettre la Finlande hors d'état de nuire.Simple guerre préventive.Il ne saurait être question d'agression russe ! Voici quelques manchettes qui en disent assez sur le contenu des articles qu'elles coiffent : « Le Conseil de Guerre (des Alliés) prépare une attaque contre l'U.R.S.S.» (30-12-39, p.1.) — « Les banquiers anglais et américains ont sur la Finlande des hypothèques dépassant 200 millions.» (30-12-39, p.1.) — « On prépare sur trois fronts la guerre contre l'U.R.S.S.» (13-1-40, p.1.) « L'invitation faite par Churchill aux neutres de se joindre aux Alliés dans une guerre mondiale contre l'U.R.S.S.est mal reçue.» (271-40, p.1.) « Les banquiers veulent faire de la Finlande une citadelle capitaliste à la frontière de l'U.R.S.S.» (27-1-40, p.2.) En page 7, le 27 janvier 1940, un long article signé André Marty, ex-député communiste français, de sinistre mémoire à cause du rôle qu'il a joué à la tête des Brigades Internationales en Espagne Rouge.L'article prend violemment à partie le parti social-démocrate suédois et l'accuse de trahison à cause de l'aide accordée à la Finlande.Autres manchettes : « Les chômeurs suédois sont forcés d'aller prêter main forte à Mannerheim.» «Les paysans suédois forcés de secourir la Garde Blanche.» (3-2-40, p.2.) Editorial du 3 février 1940 (p.6) : « .Le rôle de la presse soi-disant libérale est de protéger les coupables en permettant aux réactionnaires de s'acharner sur l'U.R.S.S.La présente guerre en Finlande a été déclenchée et machinée de Londres et non de Berlin.La guerre finlandaise est et fut dès le début une guerre britannique d'agression contre l'Union soviétique.» (Cette dernière phrase est soulignée dans le texte.) Le Communisme hors la loi Engagement des candidats Etant donné le caractère essentiellement pervers et subversif du communisme, aggravé par l'attitude de la Russie dans la guerre actuelle, je m'engage, si je suis élu, à user de mon influence et de mon vote pour que des mesures dans le genre de celles qui ont été prises | récemment en France contre les organisations communistes soient décrétées au Canada, à savoir: 1° Est interdite, sous quelque forme qu'elle se présente, toute activité ayant, directement ou indirectement, pour objet de propager les mots d'ordre émanant ou relevant de la III' Internationale communiste ou d'organismes contrôlés en fait par cette III" Internationale.2° Sont dissous de plein droit le parti communiste, toute organisation ou tout groupement de fait qui s'y rattachent, et tous ceux qui, affiliés ou non à ce parti, se conforment dans l'exercice de leur activité à des mots d'ordre relevant de la III' Internationale communiste ou d'organismes contrôlés en fait par cette III' Internationale.3° Sont interdites la publication, la circulation, la distribution, l'offre au public, la mise en vente, l'exposition aux regards du public et la détention en vue de la distribution, de l'offre, de la vente ou de l'exposition, des écrits périodiques ou non, des dessins et d'une façon générale de tout matériel de diffusion tendant à propager les mots d'ordre de la III" Internationale ou des organismes qui s'y rattachent.Questions et réponses Quelques extraits de questions et réponses qui se passent de commentaires.Elles sont rédigées par William Z.Foster, président du Parti communiste américain.Signé:.Candidat dans.Si on préfère une formule plus brève, dont la première serait comme l'explication, on pourrait adopter celle-ci: « QUESTION : Pourquoi l'U.R.S.S.n'a-t-elle pas accepté l'offre de médiation de Roosevelt ?— REPONSE : (Parce qu'elle aurait joué en faveur de la Finlande, car) l'impérialisme américain, comme ïimpérialisme britannique, a un intérêt vital à maintenir une Finlande puissante, avec des canons pointés sur l'Union soviétique.» (3-2-40, p.9.) Etant donné le caractère essentiellement et subversif du communisme, aggravé l'attitude de la Russie dans la guerre ac- pervers par tuelle, je m'engage, si je suis élu, à user de mon influence et de mon vote pour que le parti communiste et toutes les organisations qui se rattachent à la Iff Internationale de Moscou soient déclarés hors la loi et pour que toute propagande relevant de la III" Internationale ou de groupements s'y rattachant soit interdite.« QUESTION : Comment un petit pays comme la Finlande peut-il compromettre la sécurité d'une grande puissance comme l'U.R.S.S.?— REPONSE : La Finlande occupe vis-à-vis de la Russie une position stratégique.La Finlande — L'ORDRE NOUVEAU (39) 3 20 février 1940 4 L'Orientation professionnelle L’idée corporative en marche En Belgique ij (Suite de la première page) En Amérique du Sud Nouvelles constitutions Voici, d'après la Chronique sociale de France, des renseignements concernant les progrès du corporatisme dans les républiques sud-américaines.« La constitution de l'Equateur (1929) établit par son article 13 la représentation bicamérale.La Chambre des députés se réunit par le suffrage universel.Mais le Sénat doit compter pour le moins quinze sénateurs, représentants des diverses professions, à savoir de l'université, de l'enseignement secondaire, de l'enseignement primaire, du journalisme, des académies et des institutions scientifiques, de l'agriculture, du commerce et de l'industrie, des ouvriers, des paysans et des institutions militaires.« La constitution du Pérou (1933) suit une autre formule.Le docteur Be-launde, qui intervint d'une manière efficace et brillante dans les travaux de l'assemblée constituante du Pérou, se déclara partisan de la représentation professionnelle intégrale, mais en mit en lumière les difficultés pratiques, dans un pays où les corporations professionnelles n'ont, pour ainsi dire, pas d'existence.Il fallait laisser le temps de se former aux syndicats, base de tout régime corporatif.« L'article 83 de la constitution péruvienne établit que le Congrès se compose de deux chambres, la Chambre des députés, élue au suffrage direct, et le Sénat, chambre professionnelle.Mais ce Sénat ne sera formé qu'un certain temps après la mise en vigueur de la nouvelle constitution.« Une grande expérience est celle du Brésil.Pour l'élection de l'Assemblée nationale constituante, on organisa la représentation professionnelle et l'on décida que les corporations et les syndicats reconnus par le ministre du Travail éliraient quarante rerpésentants, vingt pour les employés et ouvriers, vingt pour les chefs d'entreprise.« Dans la constitution même, les articles 24 et 25 prévoient que le pouvoir législatif sera exercé par l'Assemblée nationale avec la collaboration du Conseil fédéral.L'Assemblée nationale sera formée par des députés du peuple, élus au suffrage universel, et par des députés que les corporations professionnelles élisent selon les modalités légales.Les représentants des professions forment le cinquième de l'assemblée populaire.« Pour l'élection des députés professionnels, les Corporations se classent d'après les catégories suivantes : agriculture et élevage, industrie, commerce, transports, professions libérales et fonctionnaires.La loi garantit la représentation égale des employés et des employeurs.» même, il arrive qu'on se contente d'un attrait vague, qui tient lieu d'aptitudes, et qu'un objectif mieux adapté aurait pu fixer d'une façon plus heureuse, si seulement on avait pris soin d'attirer sur lui l'attention en temps opportun.Que d'horizons insoupçonnés un technicien compétent ouvrirait au regard inquiet d'une génération d'étudiants ! Que d'échecs, le plus souvent irréparables, il leur épargnerait pourvu qu'on lui assurât des conditions d'expérimentation un tant soit peu favorables ! Conditions d'ailleurs relativement faciles à réaliser, à supposer que toutes les institutions d'un centre donné consentent à additionner leurs ressources en vue de permettre un outillage adéquat et la mise en oeuvre de procédés d'enquête efficaces.Nous avons dit ailleurs quelle collaboration précieuse maîtres et étudiants pourraient apporter à cette oeuvre commune; et cela, aux divers niveaux de l'enseignement secondaire et supérieur.Contentons-nous ici de signaler cette possibilité d'une ébauche d'organisation, assurément capable de porter des fruits immédiats.Pour nous appesantir davantage sur une pareille suggestion, il nous faudrait plus d'espace.D'ailleurs, il serait difficile de le faire, sans préciser en même temps le rôle qu'il conviendrait d'assigner aux divers corps professionnels, et sans aborder le problème de l'orientation scolaire.Ce qui, évidemment, ne manquerait pas de nous entraîner beaucoup trop loin.Les métiers et l'Orientation professionnelle.— La perspective s'élargit.En effet, c'est l'immense majorité de nos enfants qui s'orientera vers les carrières où les aptitudes manuelles constituent le facteur essentiel du succès et de l'avancement.Par bonheur, il se trouve qu'ici l'intervention de l'orienteur atteint son maximum d'efficacité.Plus délimitées et plus concrètes, les aptitudes de cet ordre se laissent mesurer avec plus d'exactitude, et la tâche elle-même se prête à une analyse expérimentale qui en révèle les exigences et les difficultés spéciales.C'est dire que le dépistage des contre-indications devient relativement aisé pour le technicien.Le consulter signifie, dans bien des cas, éviter les déboires d'un apprentissage infructueux, d'un accident grave provoqué par une mésadaptation fonctionnelle, d'un insuccès persistant qui ruine tous les espoirs d'avancement.Toutefois, ses moyens lui permettent encore de regarder en avant dans une large mesure.Les techniciens dont il dispose rendent possible l'accumulation d'observations suffisamment précises pour fonder des prévisions.Dans des circonstances normales, ces données, interpré- tées en fonction d'une connaissance adéquate du marché du travail, laisseront entrevoir ce que l'avenir réserve à un enfant qui s'engage dans la voie qu'on lui indique.Le prix d'un tel renseignement tombe sous le sens.Et puisqu'il est possible de l'obtenir, parents et enfants ne sont-ils pas justifiés de le réclamer avec insistance ?.I Déclaration du Bloc Catholique Belge L'idée corporative fait un peu partout son chemin.On se souvient qu'il y a deux ans un groupe de députés catholiques français avait déposé à la Chambre un projet de loi corporative d'un grand intérêt.Depuis quelques années, en Belgique, on agite le même problème.Sous la pression des nécessités économiques et sociales, de nombreux projets d'organisation professionnelle ont vu le jour, parmi lesquels il convient de signaler celui du professeur Henri Velge, de l'Université de Louvain.La dernière livraison du Bulletin social des Industriels (Bruxelles, novembre-décembre) signale à ce sujet une significative prise de position du Bloc Catholique Belge.Au cours de sa réunion du 26 octobre dernier, après avoir passé en revue les problèmes urgents qui se posent actuellement, il a publié une déclaration concernant la nécessité de l'organisation professionnelle.i Conclusion Plusieurs fois, nous avons laissé entendre que certains cadres sont exigés si l'on veut que l'orientation fonctionne utilement.Efforçons-nous, en terminant, d'en fixer à larges traits les lignes maîtresses.En premier lieu, soulignons le fait que tous les spécialistes s'entendent pour regarder le bureau de placement comme le complément naturel de l'office d'orientation.Le maximum de rendement n'est assuré que lorsque l'un et l'autre collaborent en maintenant les liens de la plus étroite dépendance.Quant aux statistiques précises qui permettront de suivre les fluctuations du marché du travail, il semble difficile même pour un gouvernement de les obtenir aussi complètes et aussi au point qu'on le souhaiterait.Toutefois, si Ton s'assurait par une sage législation la collaboration des diverses associations industrielles et commerciales, des corps professionnels et des syndicats, la tâche serait sûrement facilitée au point de pouvoir être entreprise avec confiance.Enfin, seul encore l'Etat a le pouvoir de remanier notre législation du travail de façon que la sélection et l'orientation s'y intègrent comme des rouages essentiels.Quelques subventions de sa part contribueraient aussi fort efficacement à stimuler les initiatives locales, comme l'exemple des autres pays le démontre clairement.Voici en quels termes les dirigeants du parti catholique ont formulé leur attitude : « L'indispensable adaptation de l'économie aux circonstances de l'état de guerre impose aux diverses branches de la production de nombreux contacts avec les pouvoirs publics, et de même, aux divers éléments de chaque branche, des relations mutuelles plus intimes qu'autrefois.Cette nécessité, jointe à celle de favoriser les bons rapports entre le patronat et le personnel salarié, souligne à l'évidence combien il est urgent d'établir les bases légales de l'organisation professionnelle.Faute de créer ce régime, un grand nombre de producteurs moyens et petits risquent de se trouver sans représentation auprès des pouvoirs publics.Dans les circonstances actuelles, l'isolement signifie souvent la mort.« Ce souci vise en particulier le petit commerce et le petit artisanat, qui pâtissent douloureusement de la situation présente.Les pouvoirs publics doivent faire preuve d'une vigilance constante dans la protection de ces classes so-Voilà quelques-unes au moins des I ciales, afin que les mesures prises par suggestions mises en avant au cours de eux n'aient pas pour conséquence d'em-Tenquête poursuivie par la Revue Do- pêcher pratiquement ces éléments de minicaine.D'autres ont été passées : subsister.sous silence que Ton jugerait tout aussi « En attendant, il y aurait lieu d'as-opportunes que les précédentes; mais surer de façon pratique, par la voie de ce bref résumé qu'une aimable invita- groupements professionnels suffisam-tion nous a permis de soumettre aux lec- ment représentatifs, les relations de teurs de l'Ordre nouveau vise bien chaque grande branche de la produc-plus à éveiller leur curiosité qu'à leur tion avec les divers départements minis-apporter une synthèse définitive.I Et les spécialistes, dira-t-on, où irons-nous les chercher ?Nous répondrons que déjà nous en avons un petit nombre que, peut-être, nous n'utilisons pas comme il le faudrait.En attendant que nos universités soient en état de nous en former d'autres, l'octroi de quelques bourses d'études à l'étranger paraît être le moyen le plus expéditif auquel nous puissions recourir.tériels compétents.» Le mois de la presse catholique La prolétarisation des masses La pensée de Pie XII (Suite do la première page) Le mois de février, aux Etats-Unis et dans quelques autres pays, est le mois de la presse catholique.On y fait une propagande intense, sous les formes les plus variées, pour le journal catholique.Ce serait une bonne institution à établir dans notre pays.En attendant, chacun peut, de sa propre initiative, propager le bon journal.C'est ce que vient de faire un avocat d'une petite ville d'en bas de Québec.Il a adressé le numéro spécial de l'Ordre nouveau sur l'organisation corporative à une douzaine de ses concitoyens.Double propagande: et pour le Corporatisme et pour le journal catholique.Si d'autres voulaient imiter ce geste intelligent, il nous reste encore quelques exemplaires de ce numéro spécial.Nous l'adresserons à ceux dont on voudra bien nous envoyer les noms avec un timbre de 5 sous pour chaque exemplaire.leur manque de ressources a atteint des proportions telles que le gouvernement est forcé d'intervenir au nom du bien commun, et d'instituer un système d'assurances sur des bases sociales, plus privées.Tout catholique doit se faire un devoir et une joie de connaître la pensée du Chef de l’Eglise afin de s’en inspirer dans ses jugements et ses actes.C’est pourquoi l’Ecole Sociale Populaire publie dans sa collection de brochures les lettres et les discours du Souverain Pontife.non Tout le monde n'approuvera pas tous les détails du plan américain de « Sécurité sociale ».Mais, il s'impose d'assurer aux travailleurs d'aujourd'hui des ressources pour le temps où leurs services ne seront plus valables sur le marché du travail.Ce n'est qu'une conséquence de notre système économique, tel qu'il a fonctionné.Nous répatrons belges catholiques, dans leurs Journées coïtons les fruits de la vieille formule : sociales de 1938.ont abordé de front le pro- « Liberté sans restriction.» Notre peu-blème à la lumière de la sociologie chrétienne.ple n'est pas propriétaire; il vit au jour le jour du fruit de son travail quotidien.Vient de paraître Allocutions de Noël 16 pages — 10 sous # Service bibliographique Ont déjà paru La Paix (allocutions et lettres) 32 pages — 15 sous Arès, S.J., Richard.organization ?Translated and adapted by Thomas 1’.Fay, S.J., Central Bureau Press.3835, Westminster Place, St.Louis, Mo., 96 p.Adaptation anglaise du Catéchisme de l’organisation corporative (E.S.P., n- 289-290), bien connu au Canada français.Excellent instrument de propagande corporative auprès de nos amis de langue anglaise.Solution ordonnée des conflits de travail.Mémoires de la 9" session des Journées sociales patronales tenues à l’Institut Saint-Ignace les 10 et 11 décembre 1938.Editions de VA.P.I.C„ Bruxelles, 1939, 138 p.La « solution ordonnée des conflits du travail » est un des problèmes les plus ardus à résoudre dans un monde encore empoisonné par la doctrine de la lutte des classes.Les Il Vio/ is corporative.Le Corporatisme.En collaboration.G.Guv-Legrand: « Vue sur le corporatisme ».Marcel DÉ AT: « Corporatisme et liberté ».François Perroux: « Pour et contre la communauté de travail ».Gaston Morin: « L’expérience des conventions collectives et l’arbitrage obligatoire ».L.RoSEN-stock-Franck: « Le corporatisme italien».M.Bouvier-Ajam: « Le corporatisme en France ».Alphonse J offre: « Le corporatisme portugais ».Recueil Sirey, Paris, 1939.191 p.Par la valeur personnelle des collaborateurs et celle des études présentées ici, ce livre mérite une recommandation spéciale auprès des amis du corporatisme.Encyclique « Summi Pontificatus » 32 pages — 15 sous I/OKDISE NOUVEAU Encyclique « Sertum Laetitiae » 16 pages — 10 sous Bulletin bimensuel île doctrine el d'action sociale publié par Les Semaines Sociales et rÉcole Sociale Populaire Direction: ! % I, rue Rnchcl Eut Administrât ion; 4260, rue de Bordeaux MONTRÉAL Le numéro : 5 sous; l’abonnement: $1.00 Paraîtra bientôt Science et Foi 16 pages — 10 sous L’ORDRE NOUVEAU ¦ (40) 1 20 février 1940 MSS-3 11 imprimerie du messager, hontr/ai
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