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Titre :
L'ordre nouveau
Organe bimensuel de L'École sociale populaire qui y expose la doctrine sociale catholique et le Programme de restauration sociale prônés par l'organisation jésuite. Il fait place en 1941 à la revue Relations, qui vise un lectorat plus vaste. [...]

L'Ordre nouveau expose le Programme de restauration sociale de l'École sociale populaire et fait place, en 1941, à la revue Relations qui visera un lectorat plus vaste et diversifié. Ce programme incarne une forte critique du capitalisme et propose un cadre social corporatiste. Dès le début, la revue se montre particulièrement préoccupée par le communisme. L'objectif est de faire connaître non seulement les activités communistes au Canada, mais aussi la doctrine, les tactiques de ses partisans et ses progrès dans le monde.

Le tirage très bas du journal (de 2000 à 3000 exemplaires) n'indique pas nécessairement l'influence qu'il a pu exercer. L'Ordre nouveau ne vise pas un large lectorat; c'est sur une élite qu'il veut agir, sur ceux qui tiennent les leviers de commande, sur les autorités sociales. La publication régulière de plans d'étude, de bibliographies et de catéchismes sous forme de questions et réponses indique qu'il a été conçu pour le clergé québécois, les dirigeants d'oeuvres sociales et les membres des cercles d'étude.

Les rédacteurs font tous partie du clergé. Les pères Jacques Cousineau, Omer Genest, Joseph Ledit et J.-P. Archambault y contribuent régulièrement. Ils sont aidés plus tard par Jean d'Auteuil Richard, qui deviendra le membre le plus prolifique du groupe. Les abbés Philippe Perrier, Émile Cloutier et Jean Bertrand, de même que Gérard Picard et Alfred Charpentier, signent aussi quelques écrits de façon occasionnelle ou tiennent une rubrique de courte durée.

La publication de L'Ordre nouveau ne durera que quatre ans; le journal annonce, le 20 décembre 1940, la parution de la revue mensuelle Relations pour le mois suivant. Le contenu de cette revue s'ouvrira à des thèmes relégués au second plan dans L'Ordre nouveau, mais la question sociale restera au premier plan.

Voir aussi :

Relations, 1941- <http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2507176>

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 60-61.

SAINT-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique - 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, no 2, 1978, p. 203-228.

Richard, Jean et Louis O'Neill (dir.), La question sociale hier et aujourd'hui : colloque du centenaire de Rerum novarum : 12 au 17 mai 1991, Université Laval, Québec, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1993, p. 116.

Éditeur :
  • Montréal :Les semaines sociales :1936-1940
Contenu spécifique :
mardi 5 mars 1940
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Relations
Lien :

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Références

L'ordre nouveau, 1940-03-05, Collections de BAnQ.

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LORDRE NOUVEAU Un monde s’écroule, un ordre nouveau s'élabore.Il faut que les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu’ils aident à créer ce qui mérite de vivre.— LES ÉVÊQUES DE FRANCE.ORGANE DES SEMAINES SOCIALES Prix : 5 sous; l’abonnement: $1.00 QUATRIÈME ANNÉE, No 11 Montréal, 5 mars 1940 -I Uengagement des candidats Le problème du logement dans la sociologie catholique Un amendement récemment voté à Ottawa ne permet pas aux candidats de s'engager par écrit durant la période électorale à tenir en Chambre telle attitude s'ils sont élus.Aucun ne pourra donc signer l'engagement contre le communisme que leur proposaient quelques groupes.Mais ceux-ci ne comptent pas abandonner la partie.Ils vont s'organiser pour revenir à la charge plus tard et agir sur les députés eux-mêmes.S'ils ont soin de préparer aussitôt l'opinion de telle sorte qu'un puissant courant se fasse sentir d'un bout à l'autre du pays, aucun gouvernement ne saurait leur résister.Ce numéro special de « l’Ordre nouveau » consacré au problème du logement se présente comme un commentaire de la parole angoissée de S.S.Pie XI dans l’encyclique « Quadragesimo anno » : « .on est effrayé quand on songe aux obstacles que le régime actuel du travail et surtout les conditions déplorables de l’habitation apportent à la cohésion et à l’intimité de la vie familiale.» Dans la déchristianisation des masses populaires européennes, les « conditions déplorables de l’habitation » ont joué un rôle important : en sabotant la famille, sanctuaire de la foi, elles ont ruiné la religion et la moralité et compromis, avec le bonheur temporel des familles, l’existence même de la nation.Voici que nous sommes aux prises au Canada avec le même problème.11 appartient aux catholiques de chez nous, conscients de leurs responsabilités (qu’ils songent à ce que l'on fait ailleurs), de contribuer dans toute la mesure de leurs énergies à sa solution satisfaisante.Ils auront fait œuvre éminemment morale, sociale et nationale.Les communistes sous leur vrai jour liés à Moscou et décidés a servir ses intérêts avant tous les autres.El c'est pour cette raison, à cause de ce caractère subversif qui les distingue, caractère qui a précédé la guerre et qui lui survivra, alors que les mesures de défense auront disparu, c'est pour cela qu'il faut mettre les communistes hors la loi le plus tôt possible.En attendant cette législation salvatrice dont bénéficiera tout le Canada, Québec doit garder comme une sauvegarde particulière sa loi du « Cadenas » qui le protège en temps de paix comme en temps de guerre, contre des ennemis dangereux en tout temps.Trois communistes viennent d'être arrêtés à Ottawa en vertu des règlements de la défense du Canada.Ils sont accusés de menées subversives.Leur acte n'est pas le premier du genre, bien qu'il paraisse plus grave que les précédents.Il reflète d'ailleurs l'esprit qui anime actuellement tous les membres du Parti communiste canadien.Cet esprit n'est pas nouveau.Ce serait un erreur de croire que c'est la guerre qui a rendu les communistes traîtres à leur pays.Elle leur donne simplement l'occasion de se manifester sous leur vrai jour, de se montrer tels qu'ils sont et qu'ils ont toujours été, essentiellement LA DIRECTION I L’habitation Comment elle engage l’avenir d’un peuple par M.Auguste GOSSELIN, avocat Notre pays est en guerre; épaule à épaule avec d'autres nations, nous luttons pour le triomphe des principes chrétiens et l'avènement d'un monde meilleur.Hommes d'Etat, écrivains, conférenciers, journalistes nous magnifient cet holocauste civilisateur et cette croisade.Pénétrés du sens profond qui émane de cet idéal, nous est-il permis de convier notre élite à réaliser pour nos masses populaires une vie meilleure, en améliorant pour les uns les conditions d'habitation et en facilitant aux autres l'accès à la petite propriété ?Oublions un instant la beauté, le confort et la douceur de nos foyers et portons nos regards vers les demeures de la classe ouvrière et moyenne.L'étude sur les vieux logements de Montréal, parue en 1938, le chapitre sur « l'habitation » dans le rapport du Comité d'hygiène de la ville de Québec, publié en 1939, pour ne citer que ces deux sources autorisées, nous permettent une vaste mais triste enquête sur des réalités qui marquent profondément, dès l'enfance, une partie vitale de notre population.Leurs conclusions sont indicatrices de notre déficience dans ce domaine et pas n'est besoin d'être sociologue ou économiste averti pour saisir l'importance sociale, morale et économique des logements sains, où l'air, la lumière et l'espace apporteraient aux petits des hommes des éléments nécessaires à leur parfaite croissance et à leur vitalité.L'homme se développe au sein de la famille, base de notre société.Le logis, c'est donc pour l'enfant le nid où il est attendu; le milieu où ses sens à l'éveil enregistreront les premières images des êtres et des choses qui l'entourent.Ce devrait, dès lors, être un foyer agréable et serein, véritable école formatrice, où la maman rayonne et lui inculque, par l'exemple appuyant les conseils, éducation saine et virile, qui ferait de ce petit être d'aujourd'hui, récepteur si sensitif, le citoyen de demain, heureux d'accomplir sa tâche journalière dans une société qui l'a si bien accueilli et formé, et de contribuer à son tour à l'avancement de sa génération.C'est que, sur notre bonne vieille planète, les générations se succèdent et trouvent en naissant des conditions de vie qui sont le fait des précédentes.Mais elles peuvent faire un pas en avant, entraînées par une élite créatrice, ou rester stationnaires, figées dans une routine admise, jusqu'au moment où la pression des mécontents et déshérités fait éclater un système économique et social qui n'a pas su s'adapter aux exigences d'une vie en continuelle évolution.Le secret d'une race forte réside dans l'épanouissement physique et moral des individus qui la composent; sa faiblesse se mesure au pourcentage des êtres non productifs qu'elle doit entretenir.La prospérité de la nation repose sur une économie diversifiée, puisant sa force dans une organisation rationnelle de ses classes constituantes, solidaires les unes des autres et dont le but est une répartition moyenne des richesses.Pour atteindre cette maturité physique et morale, l'individu doit satisfaire certain nombre de besoins élémentaires, dont la nourriture, l'habillement, le chauffage et le logement.La satisfaction de ce dernier besoin est de plus un facteur fondamental de la santé morale; elle crée en grande partie 1 atmosphère de toute la vie de famille.Insalubre, malpropre, surpeuplé, le logis détruit l'âme et le corps de ces petits qui n'ont pas d'autres gîtes, en fait des révoltés ou des loques humaines dont le rendement économique est minime, quand ils ne sont pas une charge pour la société.Comment peut-on espérer que ces enfants acquièrent une conception saine de la vie, pratiquent cette religion d'amour qu'on leur apprend à balbutier, quand ils grandissent dans des milieux qui en sont une dénégation continuelle ?Les enfants d'aujourd'hui sont les parents de la future génération; à moins que ces foyers malsains ne soient détruits, quelle sera-t-elle ?Pourquoi continuer à laisser accroître cette race morbide ?, Ces zones de surpeuplement sont souvent les milieux par excellence ou se développent criminalité juvénile, tuberculose, maladies contagieuses ou autres tares physiques et sociales.Les statistiques nombreuses et variées de maints pays indiquent clairement le lourd tribut d'argent qu'imposent à la collectivité ces maisons inaptes a habitation humaine., .,, Ce furent des raisons économiques, sociales et humanitaires, qui déterminèrent, presque partout dans le monde, diverses législations relatives a la solution de ce problème et amenèrent dans de nombreux pays de réalistes et effectives interventions gouvernementales.Taudis et famille ¦> par le R.P.Maurice H.-BEAULIEU, S.J.courses en auto, à les solliciter pour sortir d'un chez-soi qui n'en est pas un.Tout ce que j'écris ici, je l'ai vu, quoique pourtant je n'aie jamais fait d'étude spéciale du problème.Je n'oublierai jamais cette nuit où, après avoir reçu le dernier soupir d'un jeune homme, j'ai dû consoler sa soeur qui était arrivée juste après la mort.Pourquoi n'était-elle pas restée pour l'agonie?Elle était sortie, sortie, sortie.Elle s'était évadée de la maison trop petite, trop peu accueillante, malgré toute la bonne volonté de la mère.Le taudis, c'est là aussi où Ton meurt.A l'hôpital des infectieux, j'ai regardé la carte de la ville de Montréal toute pointillée d'épingles rouges, bleues, jaunes.Il y en a autant qu'il y a de cas.Et certains quartiers sont couverts de ces épingles tragiques.Ce sont les quartiers pauvres, les quartiers des taudis.Un taudis c'est comme une morgue.On n'aime pas y rester.On n'aime pas y rester et quand on y reste, la nuit, souvent ce sont les âmes elles-mêmes qui meurent, qui s'y infectent à cause de la promiscuité.On ne peut pas ne pas y voir des choses qui doivent rester cachées, on ne peut pas ne pas y être exposé à des tentations de la chair qui naissent du rapprochement nécessaire des corps.Inutile d'insister.Tous savent assez toutes les conséquences contre nature de ce logis contre nature.Ce qu'on voit moins, ce sont les révoltes intérieures, les mécontentements qui grondent sourdement contre un ordre social qui ne sait pas plus donner un toit aux familles, qu'il ne sait faire parvenir à ceux qui ont faim le blé que Ton détruit.L'Eglise, quand Montréal a grandi au début du siècle, a su multiplier les paroisses, créer au moins les cadres d'une vie religieuse, qui, avec le temps, pourra s'y développer.C'était son affaire, son domaine.Et l'Eglise reste encore la maison où beaucoup de pauvres aiment aller pour y oublier leurs taudis.Mais les pouvoirs civils ont-ils fait dans leur domaine ce qu'on était en droit d'attendre d'eux ?Sauver la famille, la conserver, la préserver, l'aider.Tout est là.La famille ! Le foyer ! La maison ! Le langage populaire, chez les civilisés aussi bien que chez les barbares, a identifié le foyer, le feu, la maison avec la famille.Il y a là une sagesse profonde.Si Ton ne peut pas dire que tant vaut la maison, tant vaut la famille, on peut sûrement dire qu'il y a relation entre Tune et l'autre.Les palais des riches ne sont pas toujours les abris des familles les plus unies.Mais les taudis des miséreux ne le sont pas davantage.Léon XIII, dans l'encyclique Rerum novarum, réclamait pour les ouvriers une petite propriété.Etre chez soi, cela est une condition de stabilité, un lien très fort entre les membres d'une famille.Le régime des loyers, généralisé, fait qu'on n'est jamais parfaitement chez soi, on vit chez les autres.Et quand ce logis, par ailleurs, n'a rien d'agréable, qu'on y vit dans la malpropreté, dans la fumée et la poussière, dans le laid, avec la vermine, dans le froid ou la chaleur, insupportables, sans soleil, sans intimité ou dans une promiscuité trop grande, sans ce minimum de bien-être dont parle encore Léon XIII, il est impossible aux enfants aussi bien qu'aux parents de s'attacher à la maison.La maison répugnante, on la fuit.On n'aime pas s'y retrouver ensemble, on ne s'y sent pas chez soi.Les enfants vivent dans les rues, les ruelles; les gangs s'y forment; et la cour des jeunes délinquants entend quelques-uns des échos de leurs activités.Une des causes du vagabondage, de la désertion du foyer pour l'aventure, c'est encore le taudis.Il n'en coûte pas de partir quand on n'a pas de chez-soi et que ce qui en tient lieu n'a rien qui attire.Vagabondage des plus jeunes auquel répond le vagabondage beaucoup plus grave des plus vieux, des parents eux-mêmes.On part.On se fréquente dehors.On va oublier le semblant de maison au cinéma, au restaurant, à la salle de danse, à la taverne, partout où la lumière, un semblant de propreté, de bien-être attire.Ou bien il arrive qu'à la maison même on ne veut plus voir, on veut oublier.Et Ton cherche dans l'ivresse quelques heures d'évasion.La jeune fille est prête souvent à accepter toutes les propositions, toutes les I une V un v.¦ (A suivre à la page 3) .1 Le problème du logeai Quelques situations FRANCE GRANDE-BRETAGNE L’ampleur du problème — La loi Loucheur insalubres depuis plus de vingt Dans plus de 60,000 logements, plus de deux personnes habitent une seule pièce.Une autre statistique du temps révèle que 310,000 personnes habitent dans des garnis malsains, ce chiffre étant en augmentation de 40% depuis con- la guerre.Pour faire face à une situation grave qui menaçait de s'éterniser, le Parlement vota, le 13 juillet 1928, la loi Loucheur, qui n'innovait pas à proprement parler, mais dont les dispositions allaient rendre plus opérante la législation existante.On y précisait en particulier les conditions de 1 organisation des sociétés anonymes et des coopératives d'habitations à bon marché, les modalités des prêts et des remboursements, des assurances, etc.Les premiers résultats furent satisfaisants : après trois ans d'application de la loi, on avait construit, en s'autorisant de la loi Loucheur, 148,000 logements.L'effort malheureusement ne fut pas soutenu.Une législation nouvelle en 1935 et en 1938 imprima un nouvel élan à la construction d'habitations à bon marché.Dressant le bilan des sommes énormes consenties par le Trésor pour activer la construction de maisons à bon marché, un rapporteur pouvait conclure en 1937 : « La France, contre le taudis et le logement étroit, dépense donc encore, malgré la crise de trésorerie actuelle, de lourdes sommes chaque année.Il reste beaucoup à faire sans doute, mais le pays peut se rendre cette justice qu'il fait, en la matière, au moins autant de sacrifices que ses voisins.» Aujourd'hui, il y a bien peu de villes françaises — c'est d'ailleurs le cas de la plupart des grandes villes européennes — qui n'aient leur couronne d'habitations nouvelles et à bon marché : tantôt vastes buildings à plusieurs étages, tantôt groupements de maisons individuelles, à un ou deux logements comme la Cité ouvrière de Cachan dans la banlieue de Paris, le Foyer rémois à la sortie de Rheims, la Cité familiale de Lambersart dans la campagne lilloise.La crise du logement a été résorbée, mais il n'en reste pas moins, en France, comme d'ailleurs dans tous les pays (seule peut-être la Hollande fait exception), un problème du logement.Et voici que la guerre, avec ses perspectives de dévastations, s'est allumée une fois encore sur l'Europe, sur la France.3,000,000 de maisons en 20 ans Les « slums » anglais sont classiques dans l'histoire sociale du dernier siècle et demi.Il n'y a pas de pays au monde qui ait groupé aussi rapidement et dans des conditions d'habitation aussi déplorables d'aussi grandes multitudes d'individus et de familles : fruits inévitables de l'esprit qui présidait à la prodigieuse industrialisation de l'Angleterre.On se fera une idée de la situation par quelques indications, choisies entre mille : à Liverpool, en 1863, 112,000 familles étaient logées dans des taudis insalubres, et 30,000 dans des caves.A Glasgow, en 1902, il n'y avait que 50.000 familles à disposer de plus de deux pièces; près de la moitié des familles de la ville, soit 70,000, vivaient dans deux pièces, et 36,000 familles vivaient dans une seule pièce ! Vers la fin du siècle, avec le recul du libéralisme, on se mit sérieusement à la tâche de remédier à une situation qui faisait la honte de la civilisation.Depuis la guerre, un effort gigantesque — sans doute le plus remarquable au monde — a été tenté pour liquider la plaie du taudis.Il a été en grande partie couronné de succès.Voici les traits essentiels de cette politique du logement tels qu'ils se dégagent de textes recueillis par les Dossiers de l'Action Populaire (10-6-38, p.1043 sq.).Elle comporte d'abord une enquête méthodique dont le but est de dresser le bilan des maisons peu convenables à l'habitation.En une seule année, les inspecteurs officiels ont ainsi visité 1,521,520 maisons; 26,405 d'entre elles ont été reconnues impropres en totalité et 357,610 impropres en partie à fournir un bon logement.D'autre part, la construction a été caractérisée par un accroissement presque constant du nombre des maisons construites, une baisse des intérêts sur les hypothèques et une diminution des prix des matériaux et du coût de la construction.Voici le nombre de maisons construites année par année, du 30 septembre 1919 au 30 septembre 1926 : 161,699; 194,944; 201,976; 218,313; 313,428; 317,296; 339,538.Quant au coût de la construction, après avoir augmenté jusqu'en 1921, puis de 1924 à 1927, il est, depuis dix ans, en baisse continue.Résultat : le coût d'une maison standard de deux étages comprenant trois chambres, une salle commune, une cuisine et une salle de bain est tombé de 1,200 livres en 1929 à 300 livres en 1935 (y compris le terrain).Comment se résume cet effort de vingt ans ?Par un total très remarquable de 2,328,400 maisons neuves, et à bon marché, construites depuis la guerre.Cette activité de la construction n'a pas été limitée aux villes.Depuis l'armistice, 237,900 logements ruraux ont été reconstruits avec l'aide de l'Etat et 309,800 sans cette aide.Les pouvoirs publics recommandent en outre, fort sagement, d'améliorer à peu de frais les cottages ruraux, par l'insertion de fenêtres plus grandes, la réparation des murs humides, l'utilisation judicieuse des parties hautes ou même l'addition d'un étage.Des lois de 1926 et 1931 ont prévu des prêts pour cet objet particulier.Les dispositions d'une loi accessoire passée en 1933 prévoyaient que 300,000 maisons jugées insalubres seraient abattues et reconstruites dans un délai de cinq ans.Depuis le début de 1937, la construction des maisons de remplacement se poursuivait à une cadence annuelle de 40.000 à 60,000 environ.On estime que le gouvernement aura réalisé vers 1939 ou 1940 le programme établi en 1933.Cependant, on évalue encore à plus d'un million le nombre de logements qui devraient être abattus avant qu'on puisse s'estimer satisfait.La législation encourage aussi la construction privée.Ainsi, dans la loi de 1936, sur le logement ouvrier, il est prévu que les particuliers ou les associations qui désireront construire des maisons ouvrières à la satisfaction des administrations locales pourront s'adresser à ces dernières qui se trouvent habilitées à consentir, pour une durée maximum de quarante ans, des avances dont le montant ne devra pas excéder 50', du coût de la construction sans que la valeur de la propriété bâtie puisse dépasser 800 livres.Les autorités locales sont également autorisées à garantir les engagements pris dans le même sens par des particuliers auprès des Building Societies.Les Public Works Loan Commis-sionners peuvent, de leur côté, consentir des avances à des compagnies ou des particuliers pour une durée qui ne doit pas excéder cinquante ans, à concurrence de 90', du coût de la construction si l'emprunt est garanti par une administration locale, ou, à concurrence des deux tiers, avec hypothèque, dans les deux cas.En France, comme en Angleterre, l'existence de taudis dans la capitale et dans les villes industrielles n'était déjà pas une nouveauté avant la guerre de 1914.En 1911, on estimait nécessaire la construction immédiate de 32,000 logements pour Paris seulement.Il y eut progrès sensible dans la struction de 1910 à 1914, mais la guerre vint interrompre brusquement cet essor.ans.Quand, après l'armistice, les foyers dissous par les mobilisations se reformèrent et que de nouveaux se fondèrent, que les populations évacuées rentrèrent dans les villes entraînant souvent avec elles d'innombrables ruraux, la crise du logement devint inquiétante.Paris, évidemment, posait le problème dans toute son ampleur et son acuité.L'indice des logements vacants tombait à 0.27 en 1920, à 0 en 1921 et 1922 ! 1,031,716 ménages vivaient dans des logements d'une à trois pièces seulement et 401,374 ne disposaient que d'une pièce ! Les conditions n'étaient guère meilleures dans les villes de Enfin, les administrations locales province.Situation critique créant un peuvent créer ou faciliter la création véritable péril social et menaçant la d'associations de construction.Ces as- vie du pays jusque dans ses fondements, sociations bénéficient de tous les avan- Le gouvernement, les corps publics et des associations privées essayèrent de remédier à cette situation.Il ne saurait être question de décrire les multiples initiatives, législatives et autres, qui furent adoptées.Plusieurs d'entre elles s'attachaient à donner un élan nouveau à des tentatives et à des efforts commencés dès avant a guerre (la première loi sur l'habitation à bon marché, loi Siegfried, était de 1899).Au début de 1922, il existait 487 sociétés d'habitations à bon marché; 58' , étaient des coopératives, 42' ,' des sociétés anonymes.Le nombre des sociétés d'habitations à bon marché atteignait, le lir mars 1923, 569 dont 337 coopératives.En réponse à un appel pressant du ministre du Travail, plusieurs Offices d'habitation à bon marché (organismes officiels) furent créés : 17 en 1919, 24 en 1920, 38 en 1921.Le 31 juillet 1923, on comptait déjà 139 Offices de ce genre.tages conférés par le gouvernement aux administrations locales, c'est-à-dire qu'elles sont assurées des mêmes participations de la part du Trésor public aux dépenses engagées.Une telle campagne de construction supposait naturellement un effort financier considérable de la part de l'Etat.La participation des fonds publics (municipalités comprises) est de 16,500,000 livres par an—soit environ $80,000,000.La dépense totale de la construction s'est élevée depuis 1918 à environ $3,350,000,000.Mais il ne faudrait pas oublier le rôle très important que jouent, en Grande-Bretagne, les Building Societies, qui recueillent les dépôts de l'épargne, et les utilisent en consentant des prêts à des particuliers en vue de la construction de maisons d'habitation.Au nombre d'un millier, ces sociétés d'épargne ou de crédit immobilier avaient, en 1933, 1,748,000 actionnaires et 631,000 déposants, presque tous petits capitalistes.800,000 étaient des salariés en voie La reconstruction des régions dévastées, où pas moins de 702,883 maisons avaient été détruites ou endommagées, de devenir propriétaires d'une maison, absorba la meilleure part des efforts En dix-sept ans, 1,700,000 maisons déployés, si bien que les résultats appré-ont été acquises par leurs occupants ciables, acquis au cours des premières avec l'aide des Building Societies.Sur 900,000 emprunteurs, années d'après-guerre, ne purent dénouer la crise française du logement.Une nouvelle fonction sociale se développe en Angleterre : la gérante des logements municipaux enseigne la propreté et les devoirs de bon voisinage; elle choisit, pour chaque famille, le logement qui lui convient le mieux.Nous sommes avertis aussi que des hommes perspicaces siégeant dans le Comité compétent du Comité de Londres ont décidé de tout faire pour éviter que les agglomérations nouvelles ne contiennent qu'une seule classe d'habitants et pour assurer la coexistence de milieux sociaux différents.En 1928, rien qu'à Paris et dans sa banlieue, 186,000 personnes habitaient dans 4,920 maisons classées comme J.d'Auteuil RICHARD S.I.BELGIQUE Historique et réalisations 1837 : première enquête officielle On cite des villes nouvelles vraiment sur le problème de l'habitation, admirables, surgies dans les environs de Londres : « Becontree, né en 1921, peuplé aujourd'hui de 120,000 personnes, où aucune habitation n'a plus d'un étage, où presque toutes ont deux petits jardins, et où l'on ne trouve que six débits vendant du vin et de la bière; Welwyn, où il naît 301 , d'enfants de (Cette législation a exercé une forte plus que dans le reste de l'Angleterre; influence en Allemagne et en France Letchwort, où il meurt moitié moins de surtout, dont la loi de 1899 s'inspire tout-petits.» directement de la loi belge.) On peut donc dire, en gros, que des ^es premiers résultats : 60,000 mai-trois millions de maisons construites en 50ns oni été construites et vendues; la Angleterre depuis la guerre, les deux Caisse avait avancé $20,000,000.tiers sont l'oeuvre de f'initiative privée aidée, pour un quart seulement, par bitation, dont ISO fonctionnent surtout l'Etat; le reste de l'effort constructif re- comme sociétés de prêt, et 63 vient aux autorités locales.L'initiative truisent elles-mêmes des maisons, privée demeure en Angleterre la grande En 1919, mise en vigueur d'une loi pourvoyeuse des logements salubres, préparée avant la guerre, créant la Cest tout a 1 honneur du sens social Société nationale d'Habitations à bon averti et agissant de la nation anglaise, marché.Son effet principal est d'encourager 1 etablissement de sociétés locales d habitations à bon marché.Le capital de ces dernières est fourni par l'Etat, les provinces, les municipalités, des institutions charitables, patrons et citoyens privés.Il y a en plus de nombreuses et puissantes organisations privées, telles la Ligue des Familles nombreuses, la Ligue contre les taudis, qui avancent les fonds à des taux très bas.En juin 1933, les résultats en constructions étaient les suivants : 1848 : exposition technique sur l'habitation organisée par le gouvernement.1889 : première loi accordant des facilités de crédit par le truchement de la Caisse générale d'Epargne et de Retraite.Par le truchement de la Société nationale d'Habitations à bon marché.Autres maisons subsidiées .Autres maisons non subsidiées .63.000 35.000 100.000 En 1912, il existait 213 sociétés d'ha- 198,000 Les projets d'habitations ne sont jamais entrepris directement par les autorités locales; celles-ci se joignent à des citoyens pour former des sociétés locales d'habitations à bon marché.cons- J.d'A.R.A.GOSSELIN.2 (42) — L’ORDRE NOUVEAU 5 mars 1940 Ht à travers le monde Quelques réalisations LES ÉTATS-UNIS ESPAGNE ET PORTUGAL Révolutions sociales dans la guerre et dans la paix « The United States Housing Authority » Le 18 juillet 1936 marquera dans Sous la République soi-disant démo- Le problème du logement consiste grâce auxquels elles pourront réduire la l'histoire de l'Espagne, avec le soulevé- cratique, c'était moins la législation sur essentiellement à procurer aux fa- marge entre les charges annuelles de ment de Franco, le commencement l'habitation qui faisait défaut (il en milles d'une nation — indépendamment la construction et le loyer que peut d'une véritable revolution sociale.Se- existait une) que la volonté d'aboutir et de leurs revenus—une habitation saine, payer le troisième groupe dont nous rieusement amorcee en pleine guerre de servir les véritables intérêts du spacieuse et aérée.Mais une politique parlions à l'instant.L'organisme discivile, elle se poursuit actuellement à peuple.Cette ambition de servir, le gou- du logement circonscrit le problème plus pose à cette fin d'une somme globale grande allure.La sollicitude des nou- vernement nationaliste l'apporte à la spécialement à une classe de la société de $800,000,000.Son rôle est essen-veaux « responsables » pour le bien-être nouvelle Espagne.dont les moyens de subsistance suffisent bellement celui d'une banque de du peuple se devait d'envisager immé- à peine aux nécessités de la vie.On cours.L'intérêt est de 3' , à 3.5' ) diatement le problème de l'habitation Le Portugal de Salazar dit politique du logement, car de nos De plus, il paye une contribution an- dont les conditions, dans les faubourgs jours le problème, par son ampleur, est nuelle de 3.5' , à 3.75' , du coût total des villes et jusque dans certaines Le Portugal n'a que deux grandes devenu presque partout d'intérêt public, afin d'aider le bureau local à maintenir campagnes, n'étaient rien moins que villes industrielles et populeuses : Lis- C'est précisément le cas des Etats-Unis, le loyer au niveau du petit salarié, déplorables.bonne et Porto.L'une et l'autre, par Depuis trente ans déjà on légifère à ce Une loi d'Etat doit d'abord être votée D'abord service du Contrôle de leurs taudis et leurs quartiers insalubres, sujet.Mais avant la crise, la législation à l'effet de permettre aux municipalités ïhabitation, créé dès le 20 décembre portaient, jusque sur les rives enchante- est craintive, occupée surtout d'hygiène de se prévaloir de la législation fédérale.1936.Sa mission essentielle est 1° resses du Tage et de la Douro, le térnoi- et de santé publique.Depuis 1930, les La municipalité peut alors instituer un « de veiller d'une façon énergique et gnage accablant des méfaits d'une faits s'imposent avec brutalité, appelant bureau d'administration du logement, efficace à ce qu'il n'y ait plus d'habita- industrialisation accomplie en marge de des lois fermes, intransigeantes et réa- qui se charge de fournir 10' , des fonds lions qui soient privées des conditions toute préoccupation sociale.Mortalité lisatrices.nécessaires à la construction.En lait, élémentaires de salubrité et d'hygiène; infantile, tuberculose, maladies diverses Trois causes amènent ce changement : les prêteurs ne reculent pas devant l'au- 2° de déterminer le nombre de per- y faisaient leurs ravages, fauchant les a) la crise du logement; sonnes susceptibles de loger dans chaque vies humaines ou les empoisonnant b) l'augmentation des taudis; habitation, évitant ainsi qu'une agglo- impitoyablement.Le problème, à une c) l'insuffisance de revenu familial, escomptés.De plus, la municipalité mératicn excessive lui fasse perdre les échelle réduite, se retrouvait dans les a) La crise du logement.—Pour la doit faire sa part en fait de subsides: conditions d'habitabilité et d'hygiène agglomérations moins importantes du période 1930-1938, le ministère du Tra- ils doivent égaler au minimum le cin- normalement requises; 3° d'empêcher pays.vail estime à 3,000,000 le nombre des quième de la contribution fédérale.Le les personnes saines de cohabiter avec Les relations étroites entre les condi- logements nécessaires; de plus, il estime coût maximum des maisons sauf dans les malades, en particulier les conta- lions de l'habitation et la santé, physique qUe trois autres millions remplaceront les villes de plus de 500,000 âmes gieux, et cela en s'occupant de l'hospi- et morale, de la famille échappaient à peine le 10'des logements jugés in- est fixé à $4,000.talisation de ces derniers; 4° de recueillir à Salazar moins qu'à personne, lui qui, habitables.Pour 1950, il faudra ajou- Illustrons par un exemple : un bureau et d'examiner les projets de construction bousculant les principes individualistes ter 10,000,000 de nouveaux logis: donc municipal du logement présente a d'habitations, au besoin de suspendre dont son pays avait tant eu à souffrir, 16,000,000, c'est-à-dire plus d'un mil- l'Administration fédérale du Logement les travaux entrepris, en cas d'infraction inscrivait dans la nouvelle Constitution lion par année.un Proie\ de construction comportant aux règlements sur la construction», de l'État portugais cet article fonda- Or, depuis 1930, les Américains n'ont 3,298 pièces, soit 814 logements de Dès le 27 février 1937, le service était mental : L'État assure la constitu- bâti qu'un million de logements, dont quatre pièces chacun : doté d'un statut officiel et commençait tion et la défense de la famille 294,000 en 1937, et la marge des logis Coût de la construction à fonctionner., comme source de conservation et disponibles est tombée de 9' ; à 3%.de^O^du totat parjo i'é- Infiniment plus urgente encore s'avé- d'accroissement de la race, comme L) L'augmentation des taudis.— soixante ans rait la tâche de construction d'habita- base première de l'éducation, de la Dans une enquête conduite par l'Admi- Prêts individuels (io1 ;) lions nouvelles.Le service du Contrôle, discipline et de l'harmonie sociales nistration des Travaux Publics et par le Intérêts sur lo capital en déclarant inhabitables un grand et comme fondement de l'ordre département du Commerce (1935-1936), Hmsjl administration nombre de maisons, et la guerre, qui politique et administratif par son on a visité 8,000,000 de logements dans îoLTdes charges annuelles accumulait les ruines, ne pouvaient agrégation à la commune et à la 204 localités : 1,167,963 — soit 13.9' , c., r, ,, , , qu'accentuer la crise du logement, municipalité ainsi que par sa repré- —avaient besoin de sérieuses répara- 1 e.e 1 , ^ c,„ka;,inQ Dès le printemps de 1937 (ordonnance sentatian dans ces autarchies.lions; 1,666,889 - soi, 19.9'n'a.ter,ena,=j,t »u moyen d,» sutod» du 24 avril), le gouvernement nationa- Cet aspect familial de la fascinante valent pas de chambre de bain; 1,221,- annu
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