L'ordre nouveau, 20 octobre 1940, dimanche 20 octobre 1940
[ORDRE NOUVEAU ORGANE DES SEMAINES SOCIALES Prix: 5 sous; l’abonnement: $1.00 I n monde s'écroule, un ordre nouveau s'élabore, les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu’ils aident à créer ce qui mérite de vivre.— LES ÉVÊQUES DE FRANCE.Il faut que CINQUIÈME ANNÉE No 2 Mon t r val, 20 octobre 1940 L’éducation des adultes ALEA JACTA EST .Le sort en est jeté! Après mures délibérations, l’oimui: XOl'VLAl' subira dès janvier prochain une transformation profonde.C’est la marche en avant, le progrès! Quoique les circonstances actuelles nous obligent à modifier notre projet initial, à en ajourner au moins la réalisation totale, nous osons espérer que ce premier effort recevra un accueil favorable qui nous permettra de réaliser sous peu le plan complet que nous avons élaboré.Notre prochain numéro exposera dans ses détails le nouveau projet.Sa nécessite pour le maintien des institutions democrat! Orientation économique.iques.par Unions Nationales et internationales Jean-Pierre DESPRÈS Licencié de 1 Ecole des Sciences Sociales, Politiques et Economiques de l’Université Un événement important vient de se produire dans le monde ouvrier qui démontre une fois de plus à quelles aberrations peut conduire le manque de vrais principes.Le conflit entre la Fédération américaine du Travail et le C.I.O., plus aigu que jamais aux États-Unis, a eu sa répercussion au Canada.On essaya d’abord de n’en pas tenir compte.Le Congrès canadien des Métiers et du Travail proclama même que les deux groupes restaient unis et que leurs représentants siégeraient ensemble.Mais des ordres catégoriques vinrent des quartiers généraux américains et comme ceux-ci ont le droit d’imposer aux syndiqués canadiens leur ligne de conduite, il fallut obéir.La rupture eut donc lien, malgré toutes les déclarations contraires faites jusque là.Et c’est alors que se produisit l’événement étrange que nous voulons signaler.Le “All Canadian Congress”, mouvement soi-disant national et qui avait toujours reproché aux Unions internationales leurs liens les États-Unis, ouvrit ses rangs au C.I.O.et 50,000 membres y entrèrent.cinquan te mille internationaux attachés à leurs chefs étrangers.Que devient alors le 1ère national du “All Canadian Congress" ?Et le principe auquel ses dirigeants en ont appelé si souvent dans leur propagande et leur lutte contre la Fédération américaine du Travail ?Cette attitude donne raison au groupe qui s’est séparé il y a quelques années du “All Canadian Congress” en reprochant à scs chefs leur absence de conviction, de vrais principes.Laval.e Devant 1 écroulement des régimes démocratiques européens, il n'est pas hors de propos de fail e 1 examen de conscience de notre propre système démocratique et parlementaire.Si des régimes démocratiques européens sont tombés, c’est qu’ils renfermaient en eux-mêmes des éléments de faillite.La question européenne ne lut pas toujours une question de canons, de pétrole et de réserves alimentaires.Au début, elle fut une abdication des individus devant leurs problèmes respectifs, abandon de leurs responsabilités sociales devant le jeu compliqué et incompréhensible de leurs gouvernements, incapables de maîtriser les conditions économiques de leurs pays.Au Canada, sommes-nous bien prémunis contre ces abdications toujours faciles des individus en face des crises sociales, politiques et économiques ?En d autres termes, notre peuple est-il conscient de ses responsabilités politiques?S’étant donné un régime parlementaire, notre peuple peut-il maintenir son indépendance vis-à-vis du jeu de ses propres organismes politiques et administratifs ?Depuis dix ou quinze ans, ne s’est-il pas désintéressé de ses problèmes immédiats pour s en remettre à I Etat ?A-t-il su seconder les efforts de ses gouvernants dans la recherche des solutions au marasme financier qui a provoqué sa dégradation?Dans sa vie privée, l'individu n'a-t-il pas aliéné lui-même la liberté que doivent lui garantir ses institutions démocratiques?Ne lui arrive-t-il pas d’entretenir une ignorance coûteuse et de refuser l’étude qui le rendrait maitred’initiatives qui relèvent de son domaine propre ?Si telle est notre situation, pouvons-nous la conjurer ?Le remède, peut-être le trouverons-nous dans l’éducation des adultes.Dans un ouvrage intitulé: le Peuple est-il éducable ?le R.P.Gonzalve Poulin,O.F.M., a apporté des éléments de solution.Il faut, écrit-il, “développer les facultés supérieures de l'adulte indispensables à son métier d’homme et de citoyen”.Que de difficultés seraient résolues, si chacun d’entre nous remplissait bien métier d'homme et de citoyen! Comment envisager un régime démocratique et parlementaire si le citoyen-électeur ignore les composantes essentielles des questions qu’il est appelé à juger.On doit convenir que de nombreuses déficiences s’étalent là où nous devrions trouver intelligence et volonté.Notre démocratie, au lieu d’être composée de personnes morales, responsables de leurs actes et conscientes de leur dignité, est le plus souvent une masse inconsciente, un rassemblement d'individus anonymes, victimes de leurs propres créations politiques et financières.Depuis quelques années, on se préoccupe de développer Y éducation des adultes, définie par le R.P.Poulin comme “un effort d'équation entre l'homme tel que l’a fait le milieu et tel que le voudraient ses aspirations les plus légitimes".Le mouvement initial fut déclenché par l’université Saint-François-Xavier d’Antigonish, N.-E.Aujourd'hui le public connaît les résultats heureux de cette initiative: le relèvement économique des mineurs et des pêcheurs de la Nouvelle-Écosse par les coopératives de production, de distribution et de consommation.1 un avec carne I Pour la rénovation spirituelle de l'Espagne De tous les laïcs espagnols qui se dévouèrent pour l’Église dans le dernier quart de siècle, aucun ne rendit plus de services que le journaliste Angel Herrera.Fondateur du grand journal catholique de Madrid El Debate, organisateur d’écoles de formation d’où sortirent les principaux chefs catholiques de l’Espagne actuelle, premier président de l’action catholique espagnole, Herrera ne travaillait que pour le bien spirituel de son pays.Il voulut faire plus encore.En 1934, à l’âge de cinquante ans, il décida de se consacrer entièrement à Dieu.Accompagné d’un groupe de séminaristes et de jeunes gens il se rendit en Suisse où durant quatre ans il se prépara avec ses compagnons à la carrière sacerdotale.Il vient d’être ordonné prêtre et, à la tête de sa petite équipe, regagne l’Espagne pour s'adonner totalement à sa reconstruction spirituelle.son L’urbanisation américaine SES CONSÉQUENCES SOCIALES Une enquête d’envergure nationale menée par le gouvernement des États-Unis révèle le rythme inouï de l’urbanisation de la nation américaine depuis un siècle et demi.Il n’est pas un pays au monde où se soit fait si rapidement le passage d’une économie presque entièrement rurale à une économie nationale marquée par la prépondérance de la vie urbaine et industrielle.Voici quelques indications statistiques: le nombre des villes américaines saute de la demi-douzaine en 1790 à 3,165 en 1930.La population urbaine de 3% qu’elle était en 1790 s’élève rapidement à 7% en 1830, à 26% en 1880 et à 56% en 1930.De plus, la population urbaine, depuis un demi-siècle surtout, se concentre rapidement en fortes agglomérations.Ainsi en 1930, près de 50% de la population totale des États-Unis soit 54,753,000 âmes (exactement 45%) se trouvaient dans les 96 districts métropolitains de plus de 100,000 habitants.Or, en marge de ces chiffres révélateurs, voici, entre autres, quelques conclusions des enquêteurs qui méritent d’être relevées: 1.C’est dans les villes que l’on trouve les écarts les plus violents de revenus et de richesse.Le pauvre de la ville est, comparativement, plus pauvre que son compagnon de misère de la campagne.2.En relation avec le chômage, on constate qu’en l’année 1935, par exemple, un cinquième de tous les chômeurs américains se trouvaient dans les dix plus grandes villes de la nation.3.La criminalité juvénile, le crime organisé, les “rackets” de toutes sortes, fleurissent dans les villes, entraînant, pour leur répression, d’énormes dépenses de la part des autorités civiles.On constate que ce puissant et rapide mouvement d’urbanisation s’est développé pratiquement en marge de toute préoccupation sociale, économique ou nationale, et l’on réclame que les autorités publiques, à tous les paliers de l’administration, s’occupent de plus en plus sérieusement des problèmes du logement, de l’urbanisme, de l’hygiène urbaine, de la propriété, etc.Ces diverses constatations portent, pour nous, leur intérêt et leurs leçons, car nous savons que la courbe de l’urbanisation au Canada, et en particulier dans le Québec, est parallèle à celle des États-Unis.Ainsi la population urbaine, pour l’ensemble du pays, saute de 31.8% à 53.7% en l’espace de quarante ans, de 1891 à 1931.Cette éducation des adultes peut s’étendre à plusieurs domaines.On peut envisager l’éducation politique, l’éducation littéraire, artistique et musicale.Mais, si nous voulons libérer l’individu de la “petite politique” et lui permettre l’accès à la culture populaire, ne faut-il pas d'abord lui assurer sa sécurité matérielle?C’est pourquoi l’éducation des adultes doit se faire immédiatement sur le terrain économique.La tâche est plus facile car le meilleur temps pour apprendre est celui où l’on est dans le besoin.En premier lieu, il faudra convaincre le peuple qu’il peut faire beaucoup pour se libérer de ses entraves économiques, sans toujours compter sur une politique socialisante.Lui apprendre que l'étude peut rapporter en dollars et en cent ins, ainsi que s’exprime Father Coady, de l’université d’Antigonish.Les animateurs du Coopératisme ont saisi l’importance de l’éducation populaire et ce n'est pas sans succès qu’ils ont déterminé le peuple à l’étude de ses problèmes économiques.Dans notre province, plusieurs organismes professionnels (tels que l’U.C.C.et la C.T.C.C.) accordent leur collaboration au Conseil supérieur de la Coopération qui s’occupe activement de l’éducation des adultes.L'Ecole des Sciences Sociales, Politiques et Économiques de Laval a fondé, il y a déjà deux ans, une Chaire de Coopération qui dispense son enseignement au grand public.Des cours identiques sont donnés à Montréal cet automne sous les auspices de la Ligue d’Action Nationale et de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal.Nous verrons un mouvement concerté des protagonistes de 1 éducation des adultes vers l’étude de Y économie coopérative et de ses possibilités pratiques.Ce qui s’est accompli dans les pays Scandinaves s accomplira également dans la province de Québec.Lorsque notre peuple se libérera lui-même de ses liens économiques, il pourra aspirer aux loisirs culturels qui semblent réservés à la haute bourgeoisie.Nous aurons moins de chefs, mais plus d hommes conscients de leur personnalité.Les conclusions des enquêteurs américains, corroborées, pour le Canada, par les observateurs de chez nous, sont significatives.L’urbanisation inconsidérée et désordonnée de la population a été jusqu’ici une des principales causes de la désagrégation sociale que l’on constate dans toutes les grandes nations industrialisées.Il est grand temps de stabiliser autant que possible les ruraux, de discipliner intelligemment ces mouvements de population et de mettre les villes à même de jouer le rôle qui leur revient dans une saine économie nationale. LA DOCTRINE SOCIALE CATHOLIQUE B lui fait notre enseignement secondaire Quelle place a sophes, et il en est très peu qui ne tiennent à se proies textes avec commentaires de l’Action Populaire française.Un examen couronne ces leçons et sert de stimulant à ces études”.“Dès 1933, écrit un autre, nous avons institué de “Sciences sociales”.Nous consacrons heure par semaine à l’enseignement de ces Enquête dans nos collèges classiques Réponses de vingt-trois professeurs de philosophie Accord sur le fond - Méthodes diverses Suggestions par le R.P.ARCHAMBAULT, S.J.S.Em.le cardinal Verdier s’inquiétait jadis de la façon dont la doctrine sociale de l’Église était enseignée dans les maisons d’éducation catholiques en France.Il regrettait en particulier l’absence d’un bon manuel et s’était engagé à combler lui-même cette lacune.Rien d’étonnant que de semblables préoccupations se soient fait jour chez nous.Les maîtres de l’enseignement secondaire ont été les premiers à s’intéresser à cette importante question.Au congrès des professeurs de philosophie des collèges affiliés aux universités Laval et de Montréal, tenu à Québec en 1936, elle fut l’objet d’une attention particulière.Un excellent rapport en traita à fond.Et dans la discussion subséquente tous reconnurent le devoir qui leur incombait d’inculquer à leurs élèves les principes de la doctrine sociale catholique.On avoua cependant qu'en pratique des difficultés paralysaient souvent les meilleures volontés.Aussi des vœux furent-ils adoptés qui tendaient à aplanir ces obstacles.curer un cours une sciences, durant les deux années de Philosophie, avec examens périodiques.Le Précis de la doctrine sociale catholique du P.Cavallera, S.J.qui venait alors de paraître, fut choisi pour manuel et demeure le texte des commentaires du professeur.Ce manuel, par le choix et la nature des questions qu’il envisage et l’esprit dans lequel il les traite, semble répondre à la conception que nous nous faisons d'un tel cours: donner à nos élèves une vue synthétique et compréhensive de la doctrine sociale de l’Église”.Voilà pour les cours.Quant aux cercles d’études, plus rares: “Les encycliques sont expliquées de façon plus détaillée dans l’académie de philosophie sous forme le discussion dirigée”.Les méthodes, on le voit, varient.Peut-on cependant percevoir sous cette diversité de formes une préférence assez générale pour l’une plutôt que l’autre ?Il semble bien.N’était en effet la question du programme et des examens, presque tous les professeurs, tout en imprégnant leur enseignement régulier de la doctrine des encycliques, leur consacreraient en outre des cours spéciaux.Ces cours ont l’avantage de proposer aux élèves le texte complet des documents pontificaux, de leur en faire prendre une connaissance directe, de leur donner ainsi “une vue synthétique et compréhensive de la doctrine sociale de l’Église.” nomie politique.Surtout c'est sortir, j’en suis convaincu, du rôle de l’enseignement secondaire pour empiéter sur l’enseignement universitaire.Au collège, devons donner la formation humaniste générale, apprendre à nos collégiens, non des masses de doctrines ou de faits, mais à penser et à comprendre ”, Mais un quatrième pense autrement.Il juge qu’il faut préparer les élèves à reconstruire la cité de demain et donc leur faire connaître les désordres qui existent dans notre pays et les moyens d y remédier: “Chez nous, les exemples ne manquent pas des abus que Pie XI a stigmatisés dans Quadragesima anno.Il ne s’agit toutefois pas tant de démolir que de construire.Mon idée est celle-ci: l’organisation corporative par en bas de l'échelle sociale; syndicalisme et coopération sous toutes ses formes.Que nos élèves aient à cœur de devenir, dans ce double domaine, des éducateurs des masses nous UNE ENQUÊTE Encouragée par cette initiative, l’École Sociale Populaire crut bon, trois ans plus tard, d’instituer à son tour une brève enquête.L’espoir qu’avait fait naitre ce congrès s’était-il réalisé?Avait-on réussi à écarter les obstacles indiqués ?Quelle méthode donnait les meilleurs résultats ?Y aurait-il enfin quelque mesure à prendre pour atteindre plus efficacement le but proposé ?Un questionnaire fut envoyé, fin décembre 1939, aux professeurs de philosophie de nos vingt-cinq collèges classiques.Le rendement dépassa nos espérances.Deux seulement, pour des raisons particulières, dont l’un nouvellement nommé à son poste, ne marchèrent pas.Les vingt-trois autres, avec une bonne grâce qui nous toucha, non seulement répondirent amplement à nos questions mais nous félicitèrent et nous remercièrent de nous intéresser à ce populaires".Il est certain qu’on ne saurait se contenter d'un enseignement théorique, sans applications concrètes, attaches avec le réel.Et cet enseignement, sans s’il est sagement donné, peut éviter les abus qu’on redoute pour lui.Mais comment omettre la question du corporatisme après les déclarations répétées du Souverain Pontife ?Comment, au moins en traitant du socialisme, ne pas mentionner la mise en garde de Mgr Gauthier centre le C.C.F ?Est-ce à l’université, dans leurs études de droit ou de médecine, que nos chefs de demain étudieront ces problèmes?N’est-ce pas plutôt au collège, dans la discussion et l’application à notre pays de leurs thèses de philosophie ?SUGGESTIONS Et nous voici de plain-pied dans la troisième partie du questionnaire: les suggestions.Elles se ramènent aux questions de programme et de manuel.Nous l’avons vu plus haut: pour qu’on fasse une étude sérieuse de la doctrine sociale catholique, il faudrait, remarquent plusieurs, qu’elle soit au programme du baccalauréat.Ceci semble bien l’opinion commune.Suffira-t-il alors de mettre les encycliques entre les mains des élèves?Tel professeur le croit, qui souhaite “la publication d’un recueil d’encycliques.Il faudrait avoir dans ce recueil les encycliques Rerum novarum, Quad, agesimo anno, et Divini Redemptoris.On pourrait peut-être ajouter Casti connubii et Divini illius Magistri et même la conférence du cardinal Villeneuve sur la liberté’’.Mais d’autres désireraient un vrai manuel: “Les encycliques n’ont pas été écrites sous forme de manuels scolaires.L’élève a besoin d’apprendre un texte concis, à la fois universel et sommaire.Pour ce motif, il me semble que, si on doit mettre entre les mains des élèves le texte des principales encycliques et les inciter à revenir sans cesse à ces enseignements officiels de l'Église, cependant on devrait adopter un manuel spécial de sociologie pour servir de base aux études scolaires’’.Cette dernière suggestion rejoint celle que contenait l’excellent rapport dont nous avons parlé au commencement de cet article et qui fut présenté au congrès de 1936 par l’abbé Damien Robert, professeur de philosophie au séminaire de Joliett": “L’idéal serait, il me semble, de mettre entre les mains des élèves ce que j'appellerais un catéchisme social, ou un petit manuel de sociologie catholique, rédigé par un Canadien.’’ C’est le projet d’ailleurs, adapté à notre pays, que préconisait le cardinal Verdier.Le Congrès accepta cette suggestion en adoptant les deux voeux suivants: 1) Que la doctrine sociale de l’Église soit suffisamment enseignée dans nos collèges et petits séminaires, selon l’esprit et la lettre des documents ponli beaux Rerum novarum et Quadragesimo anno, etc., etc.; 2) Qu’un manuel d’enseignement social, si possible rédigé par un Canadien, adapté aux conditions du pays, soit bientôt mis à leur disposition.Nous n'avons pas autorité pour sanctionner ou rejeter ces suggestions.Elles relèvent de ceux à qui a été confiée la direction de notre enseignement secondaire.En instituant cette enquête nous n’avions aucunement l’intention est-il besoin de le faire remarquer?d’empiéter sur leur domaine.Nous reconnaissons leur compétence et nous nous inclinons devant leur autorité.Il nous a paru sim plement utile, en face des reconstructions sociales qui s’annoncent, d’explorer, sous la conduite de guides sûrs, le vaste chantier où se façonnent ceux qui en seront demain les pierres d’angle.Nous en rapportons une belle vision d’espoir.Et nous souhaitons que cet espoir se change bientôt en une ferme assurance.Il suffira pour cela que la compétence et le dévouement de nos éducateurs puissent s’ajuster plus étroitement encore, par une ou deux dispositions nouvelles, à la tâche ardue que leur imposent les circonstances actuelles.Et déjà, grâce à Dieu, d’assez sûrs indices nous permettent d’espérer qu’il en sera ainsi.grave sujet.Bel exemple de collaboration qui est bien dans l’esprit de nos maisons d’enseignement secondaire et dont il faut se réjouir.Fermer ses portes à tout regard étranger, fût-il des plus bienveillants; se figer dans une immobilité béate, alors que tout marche autour de soi, et refuser les concours amis qui s’offrent, serait vraiment retarder et donner raison aux dénigreurs de notre régime scolaire.Heureusement notre corps enseignant comprend autrement son devoir.Soucieux de fournir à la société des citoyens éclairés et de vrais chrétiens, il ne néglige rien pour atteindre ce but.Et tout effort véritable pour l’aider, toute critique constructive, toute suggestion bienveillante sont reçus de sa part avec reconnaissance.Car il reconnaît que son enseignement n’a pas atteint la perfection et que de nouveaux progrès lui sont accessibles.MÉTHODES DIVERSES Et ceci nous ramène à la première question que nous avions posée : “Sous quelle forme la doctrine sociale de l’Église, en particulier la doctrine des encycliques, est-elle enseignée dans votre collège ?Est-elle incorporée dans l’enseignement de la philosophie ou lui consacre-t-on un cours spécial?’’.Il s’agissait bien, comme on le voit, d’enseignement de la doctrine sociale.Une réponse s’attarde longuement à distinguer “l’étude proprement dite des thèses sociales” de “la formation du sens social”.Tout le monde admet cette distinction, mais notre enquête ne portait pas sur la formation du sens social.Elle s’était restreinte délibérément à l’enseignement doctrinal donné en philosophie.La plupart des réponses sont nettes.Elles attestent que la doctrine sociale de l'Église est formellement enseignée dans tous nos collèges.Mais la méthode varie.La moitié environ des collèges ont incorporé cette doctrine dans l’enseignement ordinaire de la philosophie.“La méthode actuelle que j’emploie, surtout en 2e année (et de préférence au second semestre), est celle-ci: à l’occasion des thèses, comme par exemple la propriété, le salaire, etc., je donne tout d’abord un plan général et détaillé des encycliques Rerum novarum et Quadragesimo anno.Je fais la même chose pour les encycliques sur le mariage et le communisme athée à propos des thèses sur ces sujets.Je lis les passages relatifs aux thèses.Et je commente, texte en mains, les différentes parties en regard avec notre manuel (Grenier).Résultats: sans que je les y aie invités, les élèves me demandaient les encycliques, les lisaient eux-mêmes, les aimaient et se les procuraient personnellement”.Ceux qui emploient cette méthode ne la considèrent pas nécessairement comme la meilleure.Mais les circonstances la leur imposent: “Pendant quelques années, j’ai entrepris de donner des cours distincts sur quelques encycliques dent la connaissance me semblait nécessaire aux élèves.Chaque année, je me suis aperçu que je perdais mon temps, sans véritable profit pour les élèves.La raison bien banale, c’est que cette étude n’est pas au programme du baccalauréat.Quelques rares élèves exceptés, tous les autres malheureusement n’ont toujours en vue que leur succès au baccalauréat.” Ce jugement se retrouve sous la plume de plusieurs parfois avec des remarques assez vives sur les matières du programme.D’autres cependant, une douzaine à peu près, passent outre à ces difficultés et font étudier les encycliques soit dans des cours spéciaux, soit dans des cercles d’études ou académies: “A partir du deuxième semestre, chez les finissants, les classes d’apologétique sont remplacées par des cours spéciaux portant sur les principales encycliques.Ces cours, bien préparés, intéressent vivement les philo- RÉSULTATS OBTENUS La deuxième de nos questions portait précisément les résultats obtenus.Question délicate.Plusieurs sont hésitants.La plupart distinguent entre résultats immédiats et résultats lointains.Les résultats immédiats, c’est l’intérêt que suscite la doctrine sociale de l’Église et le redressement qu'elle opère dans les esprits.Le jugement suivant traduit bien l’opinion commune: “Les élèves paraissent en général s’intéresser beaucoup au cours de sociologie si l’on en juge par les questions qu’ils y posent et par les lectures qu’ils font.Il y a naturellement quelques apathiques, mais beaucoup moins de mentalités libérales comme nous en avions il y a sept ou huit ans”.Quant aux résultats lointains, ceux-là surtout qui comptent, on est moins catégorique: “Nos élèves manifestent de l’intérêt pour la doctrine sociale de l’Église et semblent, en partant d’ici, avoir le désir de travailler à sa diffusion et à son application; mais une fois pris dans le tourbillon de la vie, que feront-ils?” Un deuxième : “S'agit-il des résultats produits chez nos anciens, une fois sortis du collège ?Les éléments me manquent pour répondre.Cependant, on m’a signalé un de mes anciens qui, rentré dans sa paroisse natale en Abitibi a essayé de fonder une feuille anticommuniste.Un autre, devenu journaliste, me dit qu’il consulte assez souvent les notes prises à mon cours”.Un troisième ne voudrait pas qu’on s’attende à des résultats qu’un enseignement de collège ne saurait donner.Cet enseignement doit s’en tenir aux “principes philosophiques” et ne pas entrer dans “certaines applications plus ou moins éloignées, sujettes d’ailleurs à controverse même parmi les catholiques.” Et ce professeur conclut: “Pour ma part, comme vous pouvez le voir dans le programme ci-joint, je m'efforce de mettre dans mon enseignement l’exposé des premiers et d’exclure totalement les secondes, par exemple : la question des C.C.F., celle du “Crédit social”, celle du corporatisme, du bimétallisme.Je cite ces questions parce que le professeur de X me disait les exposer à ses philosophes.A mon humble avis, c’est là sortir de la philosophie, même sociale, pour entrer dans l’éco- sur (6) 20 octobre 1940 2 L’ORDRE NOUVEAU Totalitarisme intellectuel Corporatisme et Démocratie I par le R.P.Joseph LEDIT, S.J.Extrait d'un article de M.François-Albert Angers, dans /’Actualité économique d'août-septembre, intitule: “Démocratie autoritaire".ce qui existe, et n’identifie pas le bon heur de l'humanité Un des phénomènes les plus déconcertants de notre époque est l’abdication intellectuelle d’innombrables sonnes entre les mains d’un chef ou d’un système.Le totalitarisme politique du Ille Reich, pour ne nommer que celui-là, n’est devenu possible que parce qu’il se base sur un totalitarisme intellectuel.Que ce dernier soit opposition avec la morale, la religion, la dignité humaine, peu importe jeune nazi.Il n’examine plus rien, mais obéit au Führer.Il ne raisonne plus, il se donne.Il n’aspire plus à vivre et à laisser vivre paisiblement son voisin.Il veut s'immoler et tuer.Tout, pourvu que l’idée du Führer triomphe.C’est là le totalitarisme dans expression la plus brutale.Sous forme plus mitigée, on le retrouve de ce côté de l’Atlantique.Voici quelques types que je rencontrai durant récente randonnée: américains de ces diverses nationalités ont gardé ces antagonismes à un degré beaucoup plus élevé que leurs conationaux, restés dans leurs respectifs pays d'origine.Tel serait un des effets moins bienfaisants du melting pot.J’avais enseveli mon nez dans un c’est en des temps comme ceux que journal quand une voix, d ailleurs sym- nous vivons qu’apparaissent clairement pathique, traversa le papier imprime k,s défauts de le démocratie telle etpenetrajusquamesoreilles.quelle ^ organisée dans les Rra.r! ^ TT" \ ^ I addlement dits democrat,qoes.La France a 1 heure actuelle.Que voulez- démocratie libérale ne donne pas le vous! Ce sera toujours comme cela avec maximum de rendement au point de les Anglais.vue économique, de sorte qu’en face des nécessites de la guerre, il faut c était Hitler qui.supprimer la libre initiative, la rem ! , l'Acer 1^ des dictatures virtuelles siècles J’Angleterre accapare tout, prend de démZatiqu/que le"eôntrâle ‘"loin- nière guerre! //s feront de même pour rêsulte"exisTè,U atji'bien'ël, Tmps celle-ci.Tous nos journaux sont a leur de paix qu-cn temps de guerre: la sodé ou ce qm revient au meme, a seule différence, c’est qu’il es, celle des Juifs.Et ce qu il y a de pire I vitalement dangereux.Il reste qu’il ZTü T 5" c%""nyteurs de : est générateur de dilTicultés sociales “ son1?StM'Zg.: Ltr1"" *." .terre.La propagande britannique est diabolique, et d’une habileté.Mais Hitler.avec ton rêve”.Us vous regarderont avec la compassion qu’on accorde à per- il n sot, et se procla- nieront persécutés.Le témoin de Jéhowah Nous sommes à la Watchtower (117, Adams Street, Brooklyn).Tour de Garde les vigilants témoins epient la fin du monde et VArmageddon final.A l’intérieur, d’immenses rotatives préparent le règne, le Kingdom que le juge Rutherford proclame chaque mois dans des millions de publications.On me dit, ici, que tous les maux sont causés par la religion Les églises sont sataniques et la pire de toutes est l’Eglise catholique.Elle est le bouc émissaire universel.On ajoute que le Pape et Hitler sont deux alliés, travaillant consciemment à l’avènement du règne de Satan.Il est inutile de rappeler au “Témoin de Jéhowah" que les évêques allemands, depuis des années, luttent avec une énergie inflexible contre le néo-paganisme de Hitler; inutile de citer les documents des papes à ce sujet.Ils n ont pas été imprimés dans les publications de la Watchtower, donc, ils n existent pas.Pour se renseigner sur l’Église catholique, le “témoin” lira des extraits d’ouvrages publiés par les défroqués, anciens et modernes, soigneusement dépouillés et cités dans la Consolation en De cette pays au son une une moms Le communiste Voici d’abord un échantillon plutôt exceptionnel: il s’agit d’un communiste catholique; il va à la messe, reçoit les sacrements (j’ignore comment il s’est formé la conscience et comment il se confesse).C’est un jeune homme, a-t-il 35 ans ?mais il sait tout.Nous parlions des encycliques: “Oh oui, il y a de bonnes choses dans Qua-dragesimo anno, mais tout de même, l'ignorance du pape en matière économique est pitoyable.” Ou encore: “Il n’y a pas de groupe qui soit aussi ignorant des questions sociales que le clergé; il y avait bien un évêque dont nous espérions quelque chose, mais il vient complètement de dérailler”.A plusieurs reprises, il voua à la potence certains journalistes catholiques: “On devrait pendre tous les rédacteurs de cette revue”.Quel était le crime commis?La revue avait dit qu'il serait utile de déporter Harry Bridges, l'organisateur communiste australien des débardeurs du Pacifique.La mentalité du camarade était très simple: il acceptait la “party line”.Tout ce qui se rapprochait de cette mentalité officielle était vrai, juste, louable, etc.Tout ce qui s’en écartait méritait réprobation et même la potence.Le camarade était totalitaire.A Union Square, à New-York, ce fut encore plus révélateur.Depuis quelques mois, les camarades semblent avoir perdu beaucoup de leur prestige auprès des badauds.Sur les bancs ensoleillés du square, on pouvait voir les centaines de personnes, silencieuses, le nez dans leurs journaux.Ce qui se passe en Europe et les répercussions possibles que cela peut avoir en Amérique sont assurément chose plus poignante que les plans grandioses, échafaudés par les camarades.Mais les orateurs communistes n'ont rien perdu dv leur enthousiasme.J’écoutais l’un d’entre eux: il en était encore à décrier le système capitaliste et à expliquer oue tous les malheurs du monde venaient de là.Quelqu’un l’interrompit pour faire remarquer qu’une révolution contre le “système capitaliste” serait une invitation a Hitler de venir mettre la ‘paix’ entre ceux qui disputeraient.On remarqua aussi qu’une révolution comporterait d’affreux dégâts hces en flammes, la perte de nombreuses vies humaines.Le camarade trouva cette réplique, digne de Hitler: “Quand bien même un ou deux millions d’hommes périraient dans la •créaton de cet ordre nouveau, est-ce que cela n’en vaudrait pas la peine quand on songe au bonheur qui attend l'humanité ?” Le bonhomme était totalitaire.Qu’importe la catastrophe pourvu que son “idée” triomphe.Mais en même temps, comme ils savent gémir dès que leur “liberté” est tant soit peu écourtée, ou même simplement si on leur dit: “Mon cher ami, sois donc un peu plus tolérant pour Mais pourquoi n’y aurait il pas moy en d organiser, dans la démocratie Comme il faut que les Américains et sans avoir recours aux créatures soient nigauds pour se laisser mener gouvernementales, une coordination qui ainsi par le bout du nez.Dire qu’aucun permettrait d’éviter ce gaspillage d’énei des deux candidats à la présidence ne gic qu’on a toléré en temps de paix au s’en rend compte.Roosevelt, c’est en détriment de notre bien être, et qu’on tendu, il est vendu à l’Angleterre, met arbitrairement et de toute pièce Cet homme n’a d’autre ambition que de sur pied dans la panique des temps de plonger le pays dans la guerre.Pour guerre?Ceux qui, depuis des années, Willkie, il n’aurait jamais été nommé, ont dénoncé les tenants de l'organisa à la convention des républicains, si tion corporative comme des fascistes l’argent anglais n’avait pas corrompu devraient se rendre compte que si nous les délégués.Croyez-moi, on ne sera avions l'organisation corporative, des jamais tranquille tant que subsistera organismes démocratiques auraient déjà I Empire britannique.établi, pour notre plus grand bien, la Alors je compris! Mon brave homme coordination aujourd’hui recherchée et était totalitaire.Sa bête noire à lui, qu’il ne serait pas nécessaire, même c'était les Anglais; sa Weltanschauung: en temps de guerre, de l’imposer par II faut détruire l’Empire britannique; en haut.Au lieu du gouvernement il n’y avait pas grand’chose à ajouter j par décrets, qui frise la dictature et je redisparus dans mon journal.c’est le magazine des Témoins.Les Témoins de Jéhowah ont le monopole de la vérité, de l’honnêteté, de la sainteté.Ils se sont consacrés à Jéhowah, et cela leur donne le droit d’insulter quiconque ne pense pas comme eux.Citons quelques lignes de Consolation (27 juillet 1938, p.20): You just ought to see the bishop’s train, and how it sticks out so nice for about twelve feet.It was not dragging; not yet.A pretty man with a mustache and sash and a white kimona held up the tail end of it and kept it nice and straight.The bishop had on his best lace nightie, the one he uses for company.But it came down only a little below his knees.Underneath the white lace one, he had a darker colored one, and that came clear down to his big feet.The two bearded galoots that preceded him had white la e nighties clear to their feet.But the bishop’s lace was finer and he considered the best-dressed girl at the party.Essayez de dire au “Témoin de Jéhowah” qu’il raisonne comme un goujat.Il vous regardera avec de grands yeux étonnés.Mais, dira-t-il, c’est la vérité.La hiérarchie est diabolique.Ne faut-il pas la démasquer ?Et si l'on remarque que les “Témoins” vont, vraiment un peu loin, qu’ils sont intolérants, insultants même, ils crieront immédiatement à la persécution.Ils sont totalitaires.D’autre part, la solution est simple.C’est le Kingdom! Abonnez-vous, diront-ils, aux publications de la Watchtower.Consacrez-vous à Jéhovah, c’est-à-dire, prenez l'obligation de distribuer la prose du juge Rutherford, de pénétrer chez vos voisins pour jouer dans leurs salons (avec ou sans leur permission) les disques où le juge Rutherford “proclame la vérité”.Tout sera parfait.On vous persécutera, mais vous rendrez témoignage à Jehovah, et vous serez les chevaliers du Kingdom! L’antibritannique Si je choisis l’antibritannique, c’est queje viens d’en rencontrer un spécimen particulièrement achevé aux États.On pourrait décrire de façon à peu près identique le serbe anti-croate (et inversement), le slovaque antitchèque, l’ukrainien antipolonais et l'espagnol antifrançais.(Mon énumération est très incomplète, et je suis sûr d’avoir irrité déjà bon nombre de lecteurs à cause de ceux que j’ai inclus, et de ceux que j’ai omis dans mon énumération.) Loin de moi la pensée de nier la réalité, et si l’on veut, le bien fondé de certaines “rouspétances” nationales et internationales.Elles revêtent, à l’occasion, un caractère de totalitarisme ahurissant.Observons en passant que les émigrés , nous j aurions l’organisation efficace de notre industrie par les intéressés eux-mêmes, Nous n’avons décrit que quelques la profession organisée, avec qui les types de ce totalitarisme intellectuel, gouvernants politiques pourraient col Il y en aurait tant d’autres: le fougueux laborer; au lieu d’un régisseur imposé antisémite, pour qui le Juif est l’équi- à l’industrie par les pouvoirs politiques, valent moderne de Satan; certains nous aurions le représentant de l'indus' protestants qui croient encore à l’enfer trie en cause, déjà en mesure d’exercer pour avoir un endroit où envoyer le par délégation directe la plupart des pape de Rome.J’allais oublier Vanti- pouvoirs nécessaires de coordination.jésuite'.J’en rencontrai un superbe à Nous le demandons aux adversaires Hyde Park de Londres, il y a quelques de l’organisation corporative: lequel années, et je lui serai toujours recon des deux régimes serait le plus démo- naissant, car il me fit faire mes pre- | cratique ?mières armes dans l’éloquence publique j et contradictoire.Tous ces “totali - taires” ont les mêmes traits : intolérance I was de la pensée d’autrui, incapacité d’examiner un point de vue étranger au sien, acceptation indifférente des pires calamités chez le voisin, tant qu’elles n’affectent pas le point de vue “totalitaire” de l’intéressé, refus de regarder les réalités en face et entêtement intellectuel La franc-maçonnerie ennemie de l’Eglise et de la Patrie Chassée de plusieurs pays d’Europe, la franc maçonnerie essaie de se réfugier en Amérique, voire au Canada.Elle y rencontre des adeptes trop heureux de l’accueillir, elle tâche d’y trouver de nouvelles recrues.Danger grave notre pays.Plusieurs ne le comprcn nent pas parce qu’ils ne connaissent pas la franc-maçonnerie parce qu’ils ne redoutent que les francs maçons des pays latins.Montrer cette secte sous son vrai jour et mettre scs compatriotes en garde contre scs menées, c’est la tâche que s’est assignée le chanoine Georges Panneton des Trois Rivières dans travail des plus documentés qu'il vient de publier dans la collection de l’Oeuvre des Tracts.L’auteur a ramassé en quelques pages les principaux exploits de la franc-maçonnerie dans un certain nombre de pays, dont le Canada, puis à cet argument des faits il ajoute celui de l’Église: le jugement des papes n’a pas varié sur la secte maçonnique.Elle a été et reste rigoureusement* condamnée.Cette excellente brochure ne se vend que 10 sous l’exemplaire à nos bureaux.tels semblent être quelques-uns des symptômes de cette maladie qu’on pourrait appeler la tare intellectuelle de notre époque.Dans un prochain article, nous voudrions en étudier les causes et suggérer quelques remèdes.pour ou encore d’innombrables édi- REABONNEMENT un La plupart des abonnements à Y Ordre nouveau se terminent avec le numéro du 20 septembre qui clôt notre quatrième année.Nous prions nos abonnés de vouloir bien nous envoyer sans tarder le montant de leur réabonnement, soit ¦v> $1.00 L’ORDRE NOUVEAU 20 octobre 1940 3 (7) — Les Jésuites et l’Apostolat social Deux tableaux, forcément très incomplets, qui figuraient au kiosque u “Quatrième Centenaire de la Compagnie de Jésus à 1 Exposition oiga-nisêe par la Ligue Missionnaire des Etudiants à 1 occasion du Dimanche des Missions.Cette Exposition a eu lieu à la salle paroissiale de 1 Imma-culée-Conception, Montréal, du 17 au 20 octobre derniers.QUELQUES OEUVRES.L’Action Populaire de Paris, Dir : R.P.Desbuquois.Service d’Études des Syndicats chrétiens, Dir: R.P.Arendt.The Workers’ College, Dir: R.P.O’Hea.Labor Schools, Philadelphie, Brooklyn, New York, etc.La Buena Prensa, Dir: R.P.Romero.Comitado par il Reinado Social de J.C.Dir: R.P.Restrepo.Justicia Social, Dir: R.P.Iribarren.Apologetischcs Institut, Dir: R.P.Stark.Fomento Social, Dir: R.P.Feliz .L’École Sociale Populaire, Dir: R.P.Archambault.QUELQUES PUBLICATIONS.Les Dossiers de l’Action Populaire, Les Cahiers d’Action religieuse et sociale, L’Écho de VU.S.I.C„ Les Cahiers Laënnec.La Vie économique et sociale, Le Bulletin social des industriels.Hechos y dichos.Fe, Accion, Sociologia.Wiara y Zycie.Inter-racial Review, The Queen’s Work, Hospital Progress.Lettres de Rome, The World Problem, Cartas de Roma.Accion social.S.D.A.(Secretariate de Athéisme).Apologetisches Pressedienst.Les brochures de l'E.S.P., L’Ordre Nouveau, L’Œuvre des Tracts, Les Semaines Sociales du Canada.“.Soit par vous-même, soit par vos collaborateur de la vaillante Action Populaire, vous avez toujours eu à cœur de travailler à la plus grande gloire de Dieu, en faisant connaître la sainte Église et particulièrement sa Doctrine sociale.Vos nombreuses revues et publications sont là pour en témoigner.”.(S.E.le cardinal Pacelli, au R.P.Desbuquois, directeur de l’Action Populaire de Paris.) FRANCE FRANCE BELGIQUE BELGIQUE ANGLETERRE ESPAGNE COLOMBIE POLOGNE ETATS-UNIS ÉTATS-UNIS MEXIQUE COLOMBIE INTERNATIONAL ARGENTINE URUGUAY ITALIE SUISSE CANADA SUISSE ESPAGNE CANADA “.Heureuse de se mettre au service de tout un programme de réformes inspiré par les principes de justice et de charité de la loi évangélique, Y Ecole Sociale Populaire travaille par là à assurer à la société.l’ordre, la tranquillité et la paix.’’ (S.E.le cardinal Pacelli, au R.P.Archambault, à l’occasion des vingt-cinq ans de l’E.S.P.) Séries de cours au plus noble sens du mot.Cette esquisse historique est un guide sûr, qui oriente dans le dédale de la politique antireligieuse et antichrétienne du nazisme.On sent que l’auteur est familier avec la langue allemande, qu'il a vécu en Europe durant de nombreuses années, qu’il nous livre des renseignements puisés aux meilleures sources, et, parfois même, obtenus au cours de ses voyages, par des observations directes ou par des conversations avec des Allemands de marque très au courant des choses de leur pays.Ce livre opportun et bienfaisant mérite la plus large diffusion.Puisse-t-il ouvrir les yeux de ceux qui n’ont pas encore su voir le paganisme radical et antichrétien du nazisme! Du même coup, il contribuera à redresser certains jugements sur l’enjeu de la guerre présente.Le grand historien suisse, Gonzague de Reynold, qui est, pourtant, bien sympathique à la véritable Allemagne, n’a pas craint d’écrire, au début de cette guerre, en septembre 1939: “En toute objectivité, le sens profond du conflit qui s’engage est clair.Quelles qu’aient été les erreurs commises, si lourdement que certaines responsabilités pèsent dans l’un des plateaux de la balance, de quoi s’agit-il ?Il s’agit de défendre la civilisation européenne, la civilisation oci dentale, et son âme, le christianisme.La portée du conffit dépasse de beaucoup, va beaucoup plus loin que la Démocratie ou la Liberté.’’ (1) Il faut combattre et enrayer la propagande subversive du bolchevisme “rouge”, mais ce n’est pas une raison pour fermer les yeux sur les terribles méfaits du bolchevisme “brun”.Le livre apostolique et émouvant de M.Léolit rappelle aux âmes chrétiennes le devoir de la prière, d’une prière intensément suppliante pour que “le règne de Dieu arrive” dans un monde pacifié, délivré de l’oppression communiste et naziste.En lisant “ La Croix Païenne" du parti national-socialiste, en suivre l’évolution depuis 1919, retracer les mouvements stratégiques de Hitler pour la conquête du pouvoir, expliquer l’attitude des catholiques devant l’avance hitlérienne.Après le coup d’état de janvier 1933, les nazis, maîtres de l’Allemagne, réussissent à négocier un concordat avec Rome, grâce à des promesses qu’ils s’empresseront, ensuite, de violer indignement.Rosenberg, ministre de l’Éducation, impose à l’enseignement le paganisme de son “christianisme positif”.La lutte contre l’Église catholique et les diverses confessions chrétiennes est menée systématiquement, avec une stratégie scientifique et implacable.Tantôt sournoise et hypocrite, tantôt violente et brutale, la persécution s’acharne contre les écoles confessionnelles, contre les associations, le clergé et la presse catholiques.On jette sur les prêtres la bouc des procès de devises et de mœurs; l’infâme comédie est dirigée par Goeb-bels, Himmler et consorts.Malgré les plus solennelles protestations de Pie XI et des évêques allemands, la campagne de déchristianisation est conduite avec une frénésie barbare.Au moment de 1’Anschluss, le Cardinal de Vienne a beau s’incliner devant le Führer, en quelques mois, l’Autriche catholique est sauvagement et officiellement dévastée au point de vue religieux.A la veille de la guerre, en 1939, dans le Reich allemand, écoles, lycées, universités, toutes les institutions chrétiennes d’enseignement ont été détruites; seuls, les séminaires pour ecclésiastiques sont à peine tolérés, et encore, bien souvent, les locaux et bâtiments ont été confisqués.La jeunesse masculine et féminine, embrigadée de force dans les camps de travail et les organisations officielles, doit subir l’intoxication païenne; par mille moyens, on lui inocule la religion du sang, de la race et de la terre (Boden und Blut).L'Église est condamnée à un régime de “ghetto”.C’est la vie obscure des Catacombes.La croix du Christ est bafouée, pendant que la croix gammée triomphe insolemment.Un indice intéressant du besoin qui se fait sentir un peu partout de mettre un peu de lumière dans la confusion présente des idées et des faits est la multiplication des services d’études et de conférences fournis à la population de Montréal.Un volume vient de paraître sous ce titre un peu énigmatique: la Croix païenne.(1) Quelle est donc cette croix ?La couverture du livre est déjà une réponse; une illustration représente la croix gammée planant comme une hostie sinistre au-dessus d’une immense foule; les bras sont tendus dans le geste religieux et solennel du salut naziste.Cette publication serait-elle un pamphlet, instrument de propagande politique contre l’Allemagne hitlérienne ?Assurément, non.Dès les premières pages, le lecteur est conquis par le ton loyal, digne et serein de l’exposé ainsi que par la remarquable information de l’auteur.Il s’agit, évidemment, d’un ouvrage d’apologétique chrétienne, dont l’idée fondamentale s’exprime ainsi: “Il nous a semblé faire œuvre utile, peut-être nécessaire, en présentant une courte synthèse des rapports entre le national-socialisme et l’Église catholique.C’est pourquoi nous avons entrepris d’écrire ce travail.Nous avons dû travailler loin de nos archives et de notre bibliothèque, et nous savons combien notre travail est incomplet et, par endroits, imprécis” (p.9).Ce dernier aveu provoquera, sans doute des conjectures sur l’identité véritable de l’auteur; on se demandera si le nom de “Léolit” n’est pas un pseudonyme.Quoi qu’il en soit des hypothèses, le volume est très intéressant, mieux encore, passionnant.Bien que l’exposé reste toujours objectif, on y sent les vibrations d’une âme généreuse et apostolique, profondément affligée par l’effroyable persécution qui s’est abattue sur l’Église d’Allemagne.C’est d’abord une série d’une quarantaine de cours sur la Coopération qui se donnent tous les vendredis soirs au Monument National, organisés par la Ligue d’Action nationale et la Société Saint-Jean Baptiste.Encore sous les auspices de la Société Saint-Jean-Baptiste, tous les jeudis soirs, au Monument National, des cours d’initiation économique se donnent gratuitement.De son côté, l’Action Corporative continuera cette année son travail de propagande en faveur de la doctrine corporative par une série de six cours qui auront lieu à la salle du Gesù tous les vendredis soirs (sauf le 1er novembre) à partir du 18 octobre.Nous en donnons la liste: 18 octobre: Définition, notions générales.M.Maximilien Caron.25 octobre: Rôle de la corporation.M.Léon-Mercier Gouin.8 novembre: La corporation en Suisse.M.André Mont-petit.15 novembre: La corporation au Canada.M.Maximilien Caron.22 novembre: Corporation et démocratie.M.François-Albert Angers.29 novembre: La corporation, notre salut.M.Léon-Mercier Gouin.* * Louis CHAGNON, S.J.(1) D’où vient l’Allemagne, 233-234.L’histoire du conflit entre christianisme et nazisme n’est pas facile à résumer.Il faut remonter aux origines PP- (1) J.Léolit la Croix païenne, Montréal, éd.Beauchemin, 1940, 188 pages.En vente à l’École Sociale Populaire, $1.00 franco, $9.00 la douzaine franco.Voilà le drame lamentable que M.Léolit a su faire revivre dans une série de chapitres suggestifs, alertes et vivants.Il n'a certainement pas la prétention d’avoir écrit une histoire complète et définitive.Sans s’astreindre aux lenteurs de la méthode dite scientifique, sans alourdir son livre du poids des références et indications documentaires, il nous offre un exposé direct, concis et nerveux.Des faits, des citations bien authentiques, un commentaire doctrinal rapide pour dégager le sens des faits, telle est la trame de cet ouvrage.C’est de la vulgarisation, SEMAINE SOCIALE DE NICOLET Le Chrétien dans la Famille et la Nation L’ORDRE NOUVEAU Compte rendu des cours et conférences, suivi de la table analytique des 17 volumes parus Bulletin bimensuel de doctrine et d’action sociale publié par Les Semaines Sociales et 1’École Sociale Populaire Direction et Administration : 1%1, RUE RACHEL EST, MONTRÉAL PRIX: $1.50: $1.65 franco.Ceux qui enverront leur souscription avant le 15 novembre recevront le volume franco pour iÿ 1.50 i ?Ecole Sociale Populaire, 1961, rue Rachel Est, Montréal Le numéro: 5 sous; l'abonnement: $1.00 4 — (8) L'ORDRE NOUVEAU 2(1 octobre 1940 :- ' ¦ - 1 Imprimerie Populaire, Lztée 130, run Notre-Dame liât, Montréal
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