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Titre :
L'ordre nouveau
Organe bimensuel de L'École sociale populaire qui y expose la doctrine sociale catholique et le Programme de restauration sociale prônés par l'organisation jésuite. Il fait place en 1941 à la revue Relations, qui vise un lectorat plus vaste. [...]

L'Ordre nouveau expose le Programme de restauration sociale de l'École sociale populaire et fait place, en 1941, à la revue Relations qui visera un lectorat plus vaste et diversifié. Ce programme incarne une forte critique du capitalisme et propose un cadre social corporatiste. Dès le début, la revue se montre particulièrement préoccupée par le communisme. L'objectif est de faire connaître non seulement les activités communistes au Canada, mais aussi la doctrine, les tactiques de ses partisans et ses progrès dans le monde.

Le tirage très bas du journal (de 2000 à 3000 exemplaires) n'indique pas nécessairement l'influence qu'il a pu exercer. L'Ordre nouveau ne vise pas un large lectorat; c'est sur une élite qu'il veut agir, sur ceux qui tiennent les leviers de commande, sur les autorités sociales. La publication régulière de plans d'étude, de bibliographies et de catéchismes sous forme de questions et réponses indique qu'il a été conçu pour le clergé québécois, les dirigeants d'oeuvres sociales et les membres des cercles d'étude.

Les rédacteurs font tous partie du clergé. Les pères Jacques Cousineau, Omer Genest, Joseph Ledit et J.-P. Archambault y contribuent régulièrement. Ils sont aidés plus tard par Jean d'Auteuil Richard, qui deviendra le membre le plus prolifique du groupe. Les abbés Philippe Perrier, Émile Cloutier et Jean Bertrand, de même que Gérard Picard et Alfred Charpentier, signent aussi quelques écrits de façon occasionnelle ou tiennent une rubrique de courte durée.

La publication de L'Ordre nouveau ne durera que quatre ans; le journal annonce, le 20 décembre 1940, la parution de la revue mensuelle Relations pour le mois suivant. Le contenu de cette revue s'ouvrira à des thèmes relégués au second plan dans L'Ordre nouveau, mais la question sociale restera au premier plan.

Voir aussi :

Relations, 1941- <http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2507176>

Sources

BEAULIEU, André et autres, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 7 : 1935-1944, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1985, p. 60-61.

SAINT-AMANT, Jean-Claude, « La propagande de l'École sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique - 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 32, no 2, 1978, p. 203-228.

Richard, Jean et Louis O'Neill (dir.), La question sociale hier et aujourd'hui : colloque du centenaire de Rerum novarum : 12 au 17 mai 1991, Université Laval, Québec, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1993, p. 116.

Éditeur :
  • Montréal :Les semaines sociales :1936-1940
Contenu spécifique :
mardi 5 novembre 1940
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
deux fois par mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Relations
Lien :

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Références

L'ordre nouveau, 1940-11-05, Collections de BAnQ.

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LORDRE NOUVEAU ORGANE DES SEMAINES SOCIALES Prix: 5 sous; l’abonnement: $1.00 I ii monde s’écroule, un ordre nouveau s’élabore.Il faut que les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu’ils aident à créer ce qui mérite de vivre.— L1£S ÉVÊQUES DE FRANCE.CINQUIÈME ANNÉE No 3 M on tréa 1, 5 novembre 1940 Une menace inattendue La revue de L’E.S.P.Expropriation Par le R.P.Jean d’Auteuil RICHARD, S.J.paysanne I.'Ecole Sociale Populaire se développe, grandit, reçoit l’aide de veaux collaborateurs.Il est normal que se développent aussi ses services, lui permettant de rayonner cette doctrine sociale chrétienne dont le chaos du monde moderne nous fait comprendre davantage le prix inestimable.Les amis de l’E.S.P., les lecteurs de L’Ordre Nouveau, tous ceux qui, chaque jour plus nombreux, s’intéressent aux problèmes sociaux se réjouiront donc d’apprendre que le modeste journal de l’E.S.P., qui était en même temps l’organe des Semaines sociales du Canada, deviendra, avec le mois de janvier, un instrument d’apostolat social beaucoup plus ellicace grâce à une présentation nouvelle, à une collaboration plus variée, à une matière plus abondante.Le petit journal de quatre pages se sera transformé en une revue de 32 pages, format magazine, qui vous arrivera mensuellement la première année, deux fois par mois dès la deuxième année, chargée d’information et: de doctrine sociale.Nous ne doutons pas que la nouvelle revue de l’E.S.P.sera saluée avec reconnaissance par tous les lecteurs de L’Ordre Nouveau et qu’elle ira porter son message social, grâce à leur collaboration zélée, dans un nombre grandissant de loyers, de bureaux de travail, de maisons d’éducation, de bibliothèq nou- Dans une note intitulée "Le salut par le sol", et parue il y a déjà plusieurs mois dans Ordre nouveau, j ecnvais les lignes suivantes: “Je pourrais citer les noms de quelques-uns de nos grands hommes d'affaires canadiens qui, angoissés par I avenir, se sont acheté récemment des fermes: “Peut-être que demain l'argent les titles ne vaudront plus lien, mais la terre, elle fait toujours bien vivre monde!” son De la paît d hommes jusqu à ce jour infiniment plus intéressés au jeu des valeui s en bourse qu au lent tiavail productif du sol, le témoignage est précieux.Je 1 avais iappoité pour tendre hommage à la glèbe paysanne toujours fidèle, malgré les mépns dont elle est trop souvent la victime, à cette terre toujours prête a seivir, dont le maréchal Pétain disait avec émotion et confiance au lendemain de l’effondrement de son malheureux pays: “La terre, elle, ne meurt pas.Elle demeure votre recours.Elle est la patrie elle-même.Une jachère de nouveau emblavée, c’est une portion de France qui renaît".(Discours du 26 juin à la nation française.) Si j’avais eu alors certains renseignements qui me sont parvenus depuis, j’aurais pu, des faits signalés, dégager une leçon encore plus saisissante, un avertissement contre un danger très grave qui menace notre vie paysanne.En effet, 1 achat de fermes dans nos plus belles campagnes n'est plus le fait isole de quelques hommes d’affaires plus perspicaces ou plus entreprenants.La tagion existe.L’opération se renouvelle au rythme accéléré qui caractérise la vie d'une nation en guerre.Le déséquilibre, dans notre société mécanisée, entre les prix des denrées agricoles et ceux des produits industriels, a depuis longtemps mis en mauvaise situation un trop grand nombre de nos cultivateurs.Il devient alors particulièrement difficile de résister à des avances pécuniaires alléchantes.C’est ainsi que le mouvement d’expropriation des cultivateurs, au profit de compagnies mi d'individus, qui avait pris, avec la crise de 1929, une ampleur incroyable dans les provinces de l’ouest du Canada, commence à gagner, à la faveur de la guerre, les vieilles provinces de l’Ontario et de Québec.On pourrait citer telle paroisse de deux cents terres plus que cent aux mains de petits propriétaires.Dans son dernier pamphlet, Valdombre signale que dans sa région “les Anglais, ces gens pratiques”, achètent : profusion les terres de l’habitant.Ce n’est pas un cri d’alarme isolé ! Or les conséquences de ce mouvement, s’il allait augmenter, sont tout simplement catastrophiques.Ce serait une véritable révolution de notre économie paysanne, non pas au profit d’une restauration de sa valeur sociale et humaine par la protection de la petite propriété terrienne, mais au contraire vers la déchéance in finitive par la prolétarisation du dernier secteur national qui eût encore résisté à l’action dissolvante du capitalisme libéral.Prolétarisation ne veut pas dire nécessairement paupérisme.Il y a bien des prolétaires en collets blancs qui, économiquement, vivent assez bien.Plus grave, c’est que la prolérarisation, en détruisant la petite propriété productive, supprime du même coup l’indépendance personnelle et ramène ainsi peu à peu les masses populaires vers une nouvelle forme de servage.Le prolétaire, qu’il porte les salopettes rapiécées du manœuvre saisonnier ou le complet impeccable du petit employé de bureau, dépend exclusivement, pour sa subsistance et celle de sa famille, de son salaire .Une mauvaise récolte ne condamne pas le paysan ni les siens à la famine; perdre sa situation, pour le prolétaire, c’est la rue, c’est la faim .Et voilà pourquoi le prolétaire est condamné à tous les silences, exposé à toutes les compromissions .Il n'est plus un homme libre .lies Le Même Centenaire de Montréal cou- Tous ceux qui ont eu l'avantage de lire le substantiel rapport que le directeur général de la Commission du IIle centenaire de Montréal, M.Lion Trépanicr, vient d’adresser au président et aux membres de cette commission n’auront sans doute qu’un même avis : “Coûte que coûte la célébration projetée doit avoir lieu Que certains articles du programme, devenus d’exécution difficile à cause de la guerre, disparaissent, on le conçoit ; mais que les autres, la plupart , encore réalisables et dont notre pays, tant au point de vue matériel que moral, retirera (Vinçon testables bénéfices, soient abandonnés, ce serait une grave erreur.Tous les Montréalais, fiers de leurs origines, se doivent de seconder les efforts de M.Tri-panier et de ne rien épargner pour assurer la réalisation et le succès des fêtes projetées.le cas est exceptionnel, mais tragique dont il n’en reste Les religieux en France Radio Paris, dont la direction est entre les mains des Allemands, s’est élevé récemment contre les décrets du gouvernement Pétain.On en veut surtout aux mesures qui favorisent la restauration morale et religieuse du peuple français et tout particulièrement au décret redonnant aux religieux les droits que leur avaient enlevés des gouvernements sectaires.Comme il fallait s’y attendre, les Jésuites essuient les premiers coups.Les Nazis les représentent comme déjà maîtres de l’enseignement et déformant à leur image le cerveau et la conscience de la jeu nessc française .Heureusement les actes du gouvernement Pétain ont provoqué d’autres jugements, tel celui de S.S.Pie XII, que son secrétaire d’Etat exprimait en ces termes dans une lettre à S.Em.le cardinal Gcrlier, en date du 7 septembre dernier : “Le Saint Père n’ignore pas le renouveau d’activité catho lique en France, ni le redoublement de zèle qui anime pasteurs et troupeaux, en même temps qu’il salue avec confiance les mesures de moralité publique dont l’urgence apparaissait aux yeux de tous pour la vraie et durable restauration du pays ”.».Voilà pourquoi les masses prolétarisées sont elles aussi condamnées à tous à moins que ce ne soit aux clameurs commandées, exposées à La campagne de tempérance K s silences t unies les compromissions, dociles à toutes les propagandes .La classe ouvrière de toutes les grandes nations occidentales est déjà plus ou moins prolétarisée par suite de 1 industrialisation rapide et désordonnée du dernier siècle et de l’urbanisation qui en était la conséquence inévitable.Faudra-t-il maintenant que la classe paysanne le devienne aussi, qu elle perde cette fière indépendance, principale et inappréciable contribution quelle apporte à la richesse culturelle d'une nation?Le mouvement en faveur de la tempérance dans l’usage de l’alcool, et tout particulièrement pour la disparition des abus auxquels donne lieu le commerce des liqueurs, s’amplifie de jour en jour.Nous voulons signaler aujourd’hui les vigou reuses directives adressées à son clergé par l’évêque des Trois-Rivières, S.Exc.monseigneur Comtois, et la campagne déjà commencée par les Ligues de Reli ai touts du diocèse.Coordonnée avec le travail entrepris par les Ligues du Sacré-Cœur à Montréal, les Sociétés de la Croix Noire, à Québec, les Cercles Lacordaire et d’autres associations ailleurs, cette campagne, à laquelle le Comité provincial d’Action catholique imprime une direction uniforme à travers toute la province, atteindra sûrement son but.Hélas! Ce travail de désagrégation sociale est déjà commencé.Pour ne parler qu, de l’Amérique, que l’on songe un instant au Corporation farming de l’ouest am ricain, dénoncé dans un ouvrage récent et déjà classique(l), comme a public , à ces milliers de “transient farmers’’ de la grande république voisine, centaines de milliers d’agriculteurs américains qui ne possèdent plus leuis P, : es.En décrivant la montée de ce prolétariat nouveau, le livre auquel nous v ions de faire allusion déclare: The owner-operated family faim is the only guarantee of the essential democratic liberties and securities.L, uvrage porte ce sous-titre significatif: Americas third struggle foi T: ' edom !, la première lutte étant celle de l’Indépendance; la seconde, la Guerre di Sécession; la troisième : celle qui s'engage aujourd hui bien tardivement, lu Lis ! contre le mercantilisme niveleur en train de faire de la nation amen-ruine “a nation of servile dependents .menace aux Les cours de l’action corporative Aucun des auditeurs des cours de l’Action corporative n’a regretté jusqu’ici le temps qu’il leur a donné.Les deux premiers conférenciers, MM.Maximilien Caron et Léon-Mercier Gouin, ont fait la lumière dans les esprits, en exposant clairement la nature et le rôle de la corporation.Notions élémentaires certes, mais auxquelles il fallait bien s’arrêter tant il circule d’idées fausses ou inexactes sur ces points essentiels.De la théorie les cours vont maintenant passer à la pratique.Dès vendredi prochain (8 novembre) M.André Montpetit exposera le cas intéressant de la Suisse.Pays qui ressemble au nôtre par la diversité de sa population, par l’autonomie de ses cantons, la petite république helvétique possède une expérience corporative encore débutante mais d’où se dégagent de précieuses leçons.Rev Mscr Luigi Liguiti and Rev.John C.Rawe.S.J.Les conférenciers qui suivront aborderont ensuite directement le problème de la corporation au Canada.Revenons à notre classe paysanne du Québec.Numériquement insignifiante, G: a mieux résisté jusqu'à ce jour à la prolétarisation que les agriculteurs amen-i-nins, grâce à une philosophie de vie “distincte de celle des Etats-Unis et au fond (suite ù la page 4) 11) Rural Roads to Security, par Rt Km, i Publishing Co., Miwaukee, 386 pp.$3.00. Marxisme et matérialisme sur lesquelles la situation de leur classe est fondée, dans les conditions économiques où ils produisent et échangent leurs produits .Nous affirmons que toute théorie morale a été jusqu’ici le produit, en dernière analyse, de l’état économique de la société à l’époque correspondante”.(5) Dans sa Dialectique de la nature, il écrit cyniquement: “La vieille téléologic ffit envoyée au diable et actuellement demeure solide la certitude que la matière dans son cycle éternel, se meut d’après des lois qui, à un degré déterminé, tantôt ici tantôt là, produisent nécessairement dans la substance organique l’esprit pensant”.(6) Le marxisme n'est pas mort.Il vit dans le communisme russe, qui vient de conquérir, grâce à la complicité naziste, de vastes territoires en Europe orientale.Il vit dans les projets ambitieux des révolutionnaires qui, en plusieurs pays, guettent l’occasion favorable et, clandestinement, se préparent déjà à exploiter les ruines, la misère et les détresses d’après-guerre.L’encyclique de Pie XI contre le communisme garde encore une tragique actualité; c’est un enseignement qu'il faut méditer, en prévision de l’offensive marxiste qui se déclenchera, probablement, après la guerre.On a souvent tenté de dissimuler la philosophie matérialiste et brutale qui est à la base des doctrines économiques de Marx.Dans le matérialisme économique on affecte de voir une sorte de philosophie de l’histoire plutôt qu’une conception du monde et de la vie.Le 19 mars 1937, avant même que le texte intégral de l’encyclique Divini Redemptoris fût connu en France, un journal socialiste, le Populaire, osait écrire: “Ce document solennel ne paraît ni nouveau, ni intéressant.L'"in-faillible” pamphlétaire pontifical manifeste une remarquable ignorance des questions qu'il traite.Nous enga- geons vivement Sa Sainteté à suivre les cours de l’École socialiste, où on lui enseignera que le déterminisme ou matérialisme économique de Karl Marx est une interprétation de l’histoire qui n’a rien de commun avec le matérialisme philosophique, explication métaphysique du monde".Il peut se faire que des professeurs socialistes enseignent un marxisme édulcoré.On sait, d’ailleurs, qu’il y a socialisme et socialisme.En certains pays, cette étiquette désigne avant tout un programme de revendications économiques et politiques, programme dangereux et trop radical, mais indépendant du matérialisme marxiste.Ainsi, en Belgique, à la suite d’un De Man ou d’un Spaak, on a vu grandir un socialisme national et “psychologique”, qui s’éloigne de plus en plus des thèses philosophiques de Marx.PHILOSOPHIE MATÉRIALISTE Mais le titre de l’encyclique Divini Redemptoris est suffisamment clair, il s'agit du communisme athée, et non pas de n’importe quel socialisme; il s’agit de la doctrine qui “a aujourd’hui pour fondement les principes du matérialisme dialectique et historique déjà prônés par Marx; les théoriciens du bolchevisme prétendent en détenir l’unique interprétation authentique”.(1) Les invectives insolentes du Populaire ne sont qu’une diatribe anticléricale et grossière.Peut-on soutenir sérieusement que le communisme marxiste-léniniste “est une interprétation de l'histoire qui n’a rien de commun avec le matérialisme philosophique, explication métaphysique du monde?” Que l’on consulte les manuels officiellement imposés en Russie soviétique, qu'on examine les ouvrages ou brochures de propagande communiste dans les divers pays, on comprendra que le matérialisme dialectique de Marx et Lénine n’est pas seulement une méthode historique, un procédé systématique pour mettre en relief l’influence des facteurs économiques dans l'évolution sociale, mais qu’il est avant tout et fondamentalement une philosophie antispiritualiste.Lénine lui-même a déclaré explicitement: “Notre programme repose tout entier sur une philosophie scientifique et notamment sur une philosophie matérialiste.L'explication de notre programme comprend donc nécessairement aussi l’explication des véritables causes historiques et économiques du travail d’intoxication religieuse Le marxisme est le matérialisme.A ce titre, il est aussi implacablement hostile à la religion que le matérialisme des encyclopédistes du XVIIIe siècle ou le matérialisme de Feuerbach.Voilà qui est indéniable.Mais le matérialisme dialectique de Marx et d’Engels plus loin que celui des encyclopédistes ou de Feuerbach dans l’application de la philosophie matérialiste au domaine de l’histoire, au domaine des sciences sociales”.(2) Par le R.P.LOUIS CHAGNON, S.J.Professeur à l'Université Grégorienne de Rome et au Scolasticat de FImmaculée-Conception de Montréal réalisme matérialiste; “de la tête sur laquelle elle se tenait, on la mit de nouveau sur ses pieds".Voilà donc la dialectique matérialisée et c’est par cette ingénieuse transposition que Marx et Engels croient dépasser les encyclopédistes et même Feuerbach; au lieu d’un matérialisme statique, inerte, abstrait et mécaniquement déterministe, ils prétendent découvrir un matérialisme dynamique, dont la dialectique est la vraie philosophie de l’histoire humaine et du devenir dans la nature.Mais ce nouveau matérialisme dialectique ne serait-il pas une simple réaction contre l’exagération idéaliste, un retour au réel, l’affirmation de l’antériorité objective du monde matériel par rapport à la connaissance humaine ?Non, la philosophie de Marx et d’Engels est beaucoup plus que cela; elle est la négation de toute réalité spirituelle vraiment supérieure et transcendante à la matière, elle est la négation de Dieu, de l’âme immortelle.Sans doute, elle ne peut nier l’esprit humain, la pensée, le fait de la connaissance consciente; mais elle ne voit dans l’esprit qu’une forme supérieure d’énergie matérielle en travail dans le monde, un épanouissement de la matière, quelque chose qui, tout en émergeant, demeure homogène à la réalité matérielle; en un mot, l'esprit, et ce qu’on appelle lame humaine, n’est qu’une heureuse réussite des forces matérielles se dépassant, pour ainsi dire, dans une synthèse d’action et de réaction.DIALECTIQUE DE HEGEL Le matérialisme historique n’est donc qu’une application de la philosophie matérialiste par la dialectique hégélienne.Essayons de retracer brièvement le schéma de cette fameuse dialectique.Le système de Hegel est une sorte d’idéalisme panthéiste: l’unique réalité, c’est l’Absolu, l’Idée en devenir; l’esprit humain et la nature ne sont que des manifestations de l’Idée en perpétuel développement.“Tout ce qui est rationnel est réel, et tout ce qui est réel est rationnel”; c’est le rationnel qui est le fondement du réel en sorte que le mouvement dialectique de l'idée constitue l’histoire même des choses.Cette évolution dialectique comprend trois phases; thèse, antithèse et synthèse.L’idée se pose d’abord comme quelque chose d’immédiat, c’est la thèse; mais tout ce qui est fini implique une négation de soi et une contradiction, c’est le second moment, moment négatif, l’antithèse; enfin, les déterminations opposées se concilient dans un élément positif qui est négation de la négation, c’est la synthèse.Ainsi, l’idée d’être contient intrinsèquement l'idée de non-être, mais cette contradiction se résout dans le devenir.Le mouvement de l'évolution est toujours une synthèse qui résulte de la contradiction entre thèse et antithèse.MARX On sait combien fut intime la communauté de pensée, la collaboration doctrinale entre Marx et Engels; le disciple reflète et exprime fidèlement la pensée du maître.D’ailleurs, nous pourrions reproduire des passages de Marx lui-même, mais il serait trop long de multiplier les citations.Du reste, il y a plus et mieux que des textes fragmentaires, c’est l’ensemble de la doctrine et tout le contexte philosophique qui enveloppe les théories du Capital.Qu'il nous suffise de rappeler les titres de quelques ouvrages où Marx lui-même a exposé explicitement ses postulats matérialistes: la sainte Famille, Thèse sur Feurbach, Idéologie allemande, Préface à la deuxième édition du Capital.Quelle est la raison profonde du la haine farouche de Marx contre la religion, “opium du peuple, aliénation de l’homme, superstition avilissante et instrument d’oppression” ?Quel est le principe fondamental du déterminisme économique qui reste, malgré les subtilités de la méthode dialectique, le leitmotiv du capital ?C’est le matérialisme philosophique, négation des vraies réalités spirituelles, “conception du monde” qui prétend tout expliquer, en définitive, par le mouvement de la matière, en excluant tout recours au Dieu transcendant des théistes ou au Dieu immanent des panthéistes.En guise de conclusion, nous devons opposer à la thèse du Populaire citée au début de cet article l’antithèse suivante: “le déterminisme ou matérialisme économique de Karl Marx est intimement lié au matérialisme philosophique, pseudo-métaphysique du monde”.MATÉRIALISÉE DIALECTIQUE Marx et Engels, jusqu’en 1841, firent partie du groupe des “Jeunes-hégéliens”, idéalistes de gauche, qui interprétaient la dialectique dans le sens d’un dynamisme révolutionnaire.Même après avoir rejeté l'idéalisme de Hegel pour embrasser le matérialisme de Feuerbach, Marx et son ami conserveront toujours la méthode dialectique.La fameuse triade: thèse, antithèse et synthèse, restera pour eux la loi profonde de l’histoire et du devenir social.La lutte des classes et les révolutions ne s’expliquent que par la dialectique hégélienne.La technique de production et les rapports économiques entre les hommes provoquent des antinomies, thèse et antithèse dont la révolution est la synthèse.Les forces productives matérielles de la société, à un certain stade de leur développement, entrent en contradiction avec les rapports juridiques de propriété; ainsi, la technique de la grande production capitaliste fait naître aujourd’hui une opposition profonde entre les quelques bourgeois privilégiés qui possèdent les moyens de production (thèse) et la masse prolétarienne qui ne possède comme capital que sa capacité de travail (antithèse); la synthèse libératrice sera la révolution et le collectivisme.Tout change, tout devient: l’infrastructure économique de la société et les superstructures idéologiques qui en dépendent n’ont rien d’immuable; les changements brusques, les bouleversements révolutionnaires fatalement causés par le jeu des facteurs économiques ne sont qu’une application de la dialectique hégélienne.ENGELS Faut-il citer des textes ?Engels évoque “les temps très reculés où les hommes encore dans l’ignorance plète de leur propre structure physique, et l’imagination excitée par des “rêves”, en arrivèrent à cette conception que leurs pensées et leurs sensations n’étaient pas une activité de leur corn propre mais d’une âme particulière corps habitant dans ce corps et le quittant au moment de la mort”.(3) Dans le même ouvrage, il déclare: “La matière n’est pas un produit de l’esprit, mais l’esprit n’est lui-même que le produit supérieur de la matière”.(4) Ailleurs, au sujet des idées morales, Engels affirme cette conclusion : (1) Divini Redemptoris.No 9.(2) Cité par Délaye, Pour connaître le communisme, pp.221, 222.(3) Ludwig Feuerbach, Etudes philosophiques, Paris, E.S.I., p.23.(4) Ibid., p.27.(5) Anti-Duhring, Paris, éd.Cosies, t.I, pp.135, 136.(6) Cité dans les Grands textes du Marxisme sur la Religion, Paris, E.S.I., p.113.‘consciemment ou inconsciemment, les hommes puisent en dernière analyse leurs idées morales dans les conditions matérielles Le corporatisme social Dans sa conférence d'ouverture des cours sur l'organisation corporative, qui se donnent actuellement à la salle du Gesù le vendredi soir, M.Maximilien Caron distinguait quatre espèces de corporatisme: le corporatisme politique, social, totalitaire d’association et économico-social, celui de l'encyclique Quadragesimo anno.11 sera intéressant de lire la description du rôle social de la corporation tel que se le représente M.Louis Marlio, de l'Institut, principal représentant du corporatisme social.Nous citons un passage emprunté à un article de la Revue des Deux-Mondes, livraison du 1er mars 1940, dont le titre à lui seul en dit long sur l’évolution que subissent, souvent bien malgré eux, les tenants de la doctrine économique classique: “Un nouvel ordre social’’.M.Caron, analysant la position de M.Marlio, lui reprochera de s’arrêter à mi-chemin, par son refus de reconnaître à la corporation un rôle économique en même temps que social.RÉALISME ANTISPIRITUALISTE Mais, notons-le bien, après 1841, Marx et Engels ont abjuré l’idéalisme et, à la suite de Feuerbach, professent un réalisme matérialiste.Ils nient le caractère primordial de l’esprit rapport à la nature; ils affirment résolument la primauté du monde matériel ai fonction de la pensée.“Mirage et illusion trompeuse, cette Idée absolue, qui existerait de toute éternité, sait pas trop comment, et qui serait la véritable âme vivante de tout le monde existant, à tel point que le développement dialectique de la nature et de l’histoire ne serait que le reflet du mouvement de l'Idée se poursuivant de toute éternité, on ne sait où, mais en tout cas indépendamment de tout cerveau humain! dialectique, mais en la détachant de l’idéalisme pour la transposer dans Je pense enfin que l’une des voie dans lesquelles le libéralisme social pourrait s’orienter avec profit est celle de la corporation sociale .Elle peut jouer un rôle fort utile pour atténuer, sinon supprimer, la lutte des classes.Pendant de longues années, cru possible de mettre un terme aux haines sociales par l’institution du partage des bénéfices entre patrons et ouvriers.Cette idée généreuse s’est révélée impraticable pour de nombreuses raisons.Les ouvriers, étant pauvres et ne pouvant participer aux pertes, ne sont pas de véritables associés; étant nombreux, leur part individuelle dans les bénéfices est insignifiante, alors que leur participation totale grève lourdement l’entreprise.Comment y trouver une base équitable de répartition des bénéfices entre le cerveau de l’ingénieur, la pratique du contremaître et les muscles de l’homme de peine ?Peut-on admettre que deux ouvriers qui transportent les mêmes matières premières ou chargent les mêmes fours, dans deux entreprises voisines, reçoivent une rémunération totale différente, parce que l’un appartient à une industrie en voie de développement et l’autre à une industrie en crise; parce que l’une est dirigée par un homme intelligent et l’autre par un par on ne on a va On conserve la un (suite A la page 3) L’ORDRE NOUVEAU 5 novembre 1940 L’abdication de l’intelligence Par le R.P.Joseph LEDIT, S,J.arrive au pouvoir, l’exemple de l'Allemagne moderne est typique, crête la prison ou la peine de mort Pour quiconque colporte ou lit des publications non autorisées; écouter à la radio des nouvelles étrangères devient trahison.Dans les pays démocratiques, la technique est différente.Ici, quelques grosses compagnies accaparent les or Bancs de publicité, comme d’autres accaparent le pétrole, le tabac ou la gomme à mâcher.Lutter contre gros trusts de la publicité est peu facile.Les grands journaux, comme les grands magazines, se ressemblent tous ; ils sont tous aussi ternes, aussi neutres et a chrétiens les uns que les autres.L humanité n est plus, comme dans l’autre cas, qu’un troupeau bien uniformisé.hlime! La vraie mystique, c’est quand Dieu, l’Intelligence suprême, entraîne les âmes au delà des limites de la raison humaine; la fausse mystique, par contre se manifeste quand des forces exle rieures entraînent les multitudes au-dessous de la raison, Comme il est facile, alors, pour une personnalité fortement accusée d’entraîner la foule grégaire.Celle ci, effrayée par le danger qu’elle croit inéluctable, se cramponne à quiconque lui parle avec assurance.Et s’il a des succès, sa victoire sur la foule est laine: on crie, on hue, on applaudit, on se tait tuer, on commet des crimes a son appel.Les dernières résistances de la raison humaine sont balayées.On croit à l’avènement imminent d’un paradis sur terre.Le Père Friedrich Muckermann soulignait aspect de faux paradis dans la propagande communiste ou nazislc.Depuis la chute originelle, les hommes sont toujours â la recherche d'un paradis, et ils donnent leur foi à celui qui promet de les y mener.Seulement, les chefs totalitaires mènent les hommes on dé- Je feuilletais un journal, l’autre jour, quand mes regards, tombèrent sur une caricature où l’on avait représenté deux professeurs.Ayant été moi-même dans la piquantes.Il ne s agit pas de raisonner avec vous, mais de vous écraser sous le poids d'une personnalité plus forte.e n est pas ce qu’on dit, qui compte, mais la force avec laquelle on l’affirme.Ou encore, vous allez au cinéma.Ici, 1 effort intellectuel est réduit à sa plus simple expression, et c’est pourquoi le cinéma est devenu tellement populaiie.Tout se fait, à peu près exclusivement, par l'image et le son.Jadis, lors du cinéma silencieux, il fallait encore faire un effort pour lire, de temps a autre, de petits fragments de texte.C était bien trop de travail ! Le "progrès” a balayé tout cela.Par les yeux et les oreilles, un Ilot d'images entre dans l’âme qui, bientôt, finit par abandonner la résistance profession durant de longues années, je nt fus pas flatté! On les avait fait chauves; au bout de leurs nez, braqués le ciel comme autant de anti aériens, de vagues lunettes déliaient les lois de l’équilibre; leurs figures étaient distraites, absentes, in-énarrablement stupides.Avec la même sûreté d’instinct qui guide l’abeille lorsqu’elle bâtit sa cellule, ou la fourmi quand elle charrie provisions, ou le canard sauvage quand il suit son chef de file à travers les airs, le dessinateur avait reproduit un cliché di venu classique.C’est justement parce qu'il avait agi par instinct au lieu de se laisser guider par son intelligence que l’excellent artiste irréfléchi avait cessé d’être raisonnable.Sa conception du professeur était instinctive, immuable, "totalitaire”, mais il n’y a rien de si totalitaire, en ce bas monde, que les animaux.Nous verrons, au cours de cet article combien les manifestations du totalitarisme sont essentiellement déraisonnables et animales.sur canons ces c er- ses souvent cet L* hystérie des crises Quand une crise éclate, sociale, économique eu politique, nationale ou mondiale, ce n’est pas seulement la société qui perd son équilibre; les individus sont bouleversés; ils se sentent poussés par des forces aveugles, bizarres, difficiles à analyser, qui leur font perdre en grande partie la faculté de raisonner.Les nerfs s’exaspèrent, l’imagination s’échauffe, la sensibilité devient morbide.L’homme, alors, obéit moins à sa raison qu’à des impulsions qui relèvent de sa nature animale.Curieusement, on a donné à ces forces, de nos jours, le nom de “mysti que”.Quelle parodie d'un nom su laisse paisiblement submerger.On abdique, on tombe paisiblement dans la douce torpeur qui, dit -on, rend agréable 1 agonie des noyés, et l’on devient brave “totalisé”, qu’elle soit un un bon petit animal, bien dressé à aboyer au commandement dans une acclamation hitlérienne autre.vers un paradis animal, au triomphe des concupiscences, des péchés capitaux.Et les hommes, en masse, se laissent ou mener.Au fond, la grande crise moderne esl en grande partie une crise de la raison humaine; elle lutte de toutes ses forces contre une sorte d’hystérie collective.C’est l’heure, par conséquent, où il faut avoir avant tout sûre, des hommes qui la comprennent et la veulent faire appliquer.La production littéraire en sene La production littéraire a subi les mêmes lois que toute autre production ; il faut la faire en série, sinon il sera impossible de lutter contre la rence.Pourquoi, par exemple, paiera-t-on cinq sous pour les quatre pages de l’Ordre nouveau, quand on peut avoir cent pages d’un grand magazine, avec abondance d'illustrations, pour le même prix ?C’est dire combien une pensée indépendante risque d’étre étouffée la production mécanique.Des techniques diverses sont adoptées pour créer ce gros public.Les mouvements qui cherchent à s’affirmer ce fut le cas pour le communisme, pour le national-socialisme avant sa venue au pouvoir, c’est encore le cas pour les Témoins de Jéhowah, font de la propagande une partie essentielle de leur action.La doctrine elle-même est élaborée par de rares individus, parfois par un seul; elle est souvent composée de formules saisissantes, de slogans qui se dirigent moins à la raison qu’aux instincts; parfois, aux instincts vils; la jalousie, l’envie, la crainte, la concupiscence, l’orgueil; parfois aux nobles instincts: l’amour de la patrie, la solidarité humaine, le sens inné de justice qui réside dans le cœur de tout homme.La plupart des hommes tiennent à être commandés.Plus on exige d’eux, plus on a de chance d’obtenir de la coopération.La doctrine élaborée par les chefs est distribuée par les militants sous forme de journaux, revues et tracts de propagande.Ces militants sont un élément important dans le système, car il est manifeste qu’une littérature proposée par un camelot attire plus l'attention que celle qui reste dans un kiosque ou, pire encore, dans un entrepôt.Plus l’organisation grandit, plus aussi les moyens de propagande s’élargissent.La dernière brochure de Rutherford vient d’être tirée, premier tirage à 5 millions d’exemplaires.C’est qu'il y une multitude de braves gens qui passeront leur temps à l’écouler.Il faut, en même temps, écarter toute pensée adverse, car ces mouvements dits dynamiques sont précisément ceux où la réflexion est interdite.On croit, on obéit, on combat, mais on ne pense jamais.On a créé, pour eux, la mystique du chef qui interdit précisément toute discussion des ordres.C’est lui qui a toujours raison.On se nourrit de sa prose, on s’enivre de ses coups de voix, on se repait de sa figure “héroïque” que l’on met sur tous les murs.Vous reconnaissez là ce qui se passe dans plus d’un pays “totalitaire”, mais les Témoins de Jéhowah ont développé cette technique à un degré inoui.Seul, le chef “écrit”.Les autres “témoins”, bien rarement, peuvent faire imprimer quelques lignes conformistes dans la revue du mouvement, mais leur obligation principale est de distribuer les livres et brochures du chef; le devoir du troupeau, c’est de répandre la doctrine du berger.Et si quelqu’un de ces mouvement Nous avons tâché d’analyser, dans un article précédent, divers types du totalitaire moderne.Tâchons aujourd'hui de discerner quelques causes de ce phénomène.conclu une doctrine Le flot des imprimés C’est d’abord, croyons-nous, parce que la production imprimée est telle que l’homme, s’il n’est pas héroïque, doit presque renoncer à réfléchir.Sous le poids des quotidiens, des magazines, des brochures de propagande, des affiches, le malheureux est écrasé.Comment voulez-vous qu'il lise son journal, le dimanche matin, quand celui-ci a une centaine de grandes pages.Et s'il n’y avait que le quotidien! Alors, on ne lit plus que les titres, et plus ils sont gros, plus ils frappent (j’allais dire, plus ils fouettent) l’attention du “lecteur”.Si on se hasarde dans l'inextricable jungle qui suit les titres, petits et grands, c’est tout juste pour saisir au passage un lambeau de phrase, une image plus vive, ou s’évanouir sous une affirmation plus fortement assénée.On ne lit qu’en diagonale, et comment, dans ces circonstances, peut-on suivre un argument raisonné ?C’est tout juste si l'on arrive à absorber des impressions.Il faut avoir une personnalité singulièrement forte, ou être blasé au delà de toute expression, pour résister à ce déluge, d’autant plus que la technique de cette production littéraire massive n’est pas d’agir sur l’intelligence, mais sur la sensibilité et l'imagination, par l’image.Or, la sensibilité et l’imagination, qu’on le veuille ou non, sont des facultés animales.On pourrait donc conclure que l’immense vulgarisation intellectuelle, accomplie par la masse d’imprimés, s’est faite au détriment de l'intelligence et au profit de l’animalité humaine.Tout n’est pas mauvais dans cet animal humain qui a été doué de raison.Son instinct, quand il se conforme aux lois de la nature, est plein de noblesse, mais ce n’est pas à cela que s’adresse une bonne partie de la propagande moderne.Il s’agit de dissocier l’animalité humaine, non seulement de la raison, mais de la loi naturelle; en somme, on est presque porté à croire qu'une proportion notable de la production imprimée n’a d’autre but que de faire déraisonner l’homme.Et l’on l’on peut bien dire, si l’on juge de certains mouvements totalitaires, qu’on Y a pas mal réussi.Et s’il n’y avait que les imprimés, journaux, revues et affiches qui vous guettent à tous les coins de rue! La radio est encore plus inexorable: nouvelles, commentaires, discours.C’est Par milliers que les orateurs cherchent à emparer de vos oreilles pour vous forcer à les écouter.Sera-ce en faisant appel à votre intelligence ?Il y a des orateurs qui ont cette naïveté.Ils chercheront honnêtement, loyalement, à vous convaincre.Tant d’autres veilleront à susciter dans votre imagination des images sensationnelles, inattendues, Le corporatisme social i Suite de In page 2) par homme médiocre; parce que la situation financière de l’une est brillante et celle de l’autre aborée ?Qui ne voit les difficultés que soulève la discussion du bilan, base du calcul des bénéfices, le patron étant plus préoccupé de constituer des réserves en vue des risques à venir, l’ouvrier étant plus pressé d’une répartition immédiate ?C’est pour quoi, malgré quelques exemples heureux, la participation aux bénéfices a pratiquement vécu.Elle pourrait renaître, par l’intermédiaire de la corporation sociale, sous une forme qui éviterait le plus grand nombre des inconvénients que je viens de rappeler.Comment serait constituée la corporation sociale ?Par l’ensemble des patrons et des ouvriers ou, si l’on veut, par la réunion des syndicats patronaux et ouvriers de la même industrie.Les corporations pourraient d’ailleurs être nationales, régionales ou locales.Quel serait leur objet ?Résoudre les difficultés qui se posent entre patrons et ouvriers, administrer les institutions sociales qui intéressent les ouvriers, lorsque les patrons concourent financièrement à leur réalisation.Parmi les questions qui rentreraient dans le domaine d’action de ces corporations, j’envisage la discussion des conditions du travail, l’application du système des allocations familiales, l’organisation du logement ouvrier, aujourd’hui si défectueux.Ce sont ensuite les assurances sociales (maladie, vieillesse, charges de famille et chéimage), aujourd’hui réglementées et dirigées par des organisations d’Etat bureaucratiques et pléthoriques, qui seraient ainsi décentralisées, mieux adaptées aux besoins de chaque profession ou de chaque région ou gérées dans des conditions beaucoup moins coûteuses.Ce serait dépasser les limites du cadre que je me suis tracé que d’entrer dans le détail de ces différentes créations, dont chacune demanderait une étude complète.Je voudrais seulement marquer pour l’une d’entre elles, le chômage, quelle pourrait être la portée de l’organisation que je suggère.Tout progrès technique doit être favorisé s’il amène pour la collectivité un abaissement du prix de la vie, même s’il a pour contre partie la création temporaire d’une certaine masse de chômage, puisque celle-ci se trouvera résorbée par le développement de l’activité économique.Mais ce qui est proprement inadmissible, c’est qu’une industrie déterminée puisse, comme c’est le cas actuellement, avoir intérêt à remplacer des ouvriers par des machines pour un profit matériel de 100,000 francs par an, alors que la charge des indemnités de chômage allouées aux ouvriers licenciés peut atteindre un million de francs à la charge des contribuables.Dans ce cas, il n’y a qu’une apparence de progrès et l’on se trouve en présence d’une véritable régression économique qui se chiffre, pour la collectivité, par une sorte de perte nette de 900,000 francs par an.Des anomalies de genre ne se produiraient plus si les corporations étaient, même partiellement et temporairement, responsables du payment des indemnités de chômage.Ces organismes professionnels seraient à même de réduire, sinon de faire disparaître, à la fois le chômage normal et le chômage anormal.Ils seraient en effet beaucoup mieux qualifiés que l’État pour faire la chasse aux chômeurs volontaires, pour résoudre le problème de l’apprentissage et celui de la rééduca lion professionnelle.Il est d’ailleurs facile d’imaginer toute une série de-combinaisons par lesquelles les diverses corporations pourraient, suivant leurs besoins et leurs possibilités du moment, équilibrer entre elles leurs besoins d’apprentis ou leurs charges de chômeurs.ce Grâce à ces ressources supplémen taires, la corporation se constituerait des réserves lui permettant de faire face à un nouveau programme d’améliorations sociales.D’autre part, gérant des fonds avec parcimonie, les appli quant exactement aux besoins de ses ouvriers, la corporation sociale remplirait, pour la même dépense, une tâche plus utile et plus ample que l’État ne peut le faire aujourd’hui.La corporation sociale présente un autre avantage, celui d’établir un contact direct entre le patronat et le salariat.La gestion des fonds et leur emploi, l’organisation de chacune de ces œuvres sociales seraient discutées dans une collaboration loyale et féconde tenant compte des difficultés et des situations spéciales de chaque profession.Dans ce contact journalier entre les représentants du patronat et ceux du salariat, les patrons se trouveraient placés en face des misères de la classe-ouvrière, des dangers qui la guettent, des risques qui la menacent; les ouvriers se rendraient compte de la difficulté d’équilibrer un budget et ils attacheraient plus de prix à une prestation sociale quand ils auraient vu quels sont les sacrifices qu’il faut consentir pour y faire face.Une pareille conception, conforme d’ailleurs aux vues de l’Église catholique, réaliserait, je crois, un progrès sérieux dans la voie de la paix sociale.î i s s s ) 1 r n L’ORDRE NOUVEAU 5 novembre 1940 .1 - r— (11) — (i Une menace inattendue La culture générale (suite de la 1ère page) contraire à son essence” (André Siegfried), qui l’a empêchée de verser dans la culture industrielle et spéculative.Pourra-t-elle résister à l’attaque brutale qui se dessine à l’occasion de la Fondement de l’éducation ouvrière v guerre et du désarroi que celle-ci laisse prévoir pour l’après-guerre.Nos braves cultivateurs deviendront-ils de simples ouvriers agricoles, obligatoirement dociles, de propriétaires installés confortablement à Québec, Montréal ou Toronto ?Pour nous, Canadiens français, la réponse à cette question est doublement vitale; l’enjeu n’est plus seulement l’indépendance économique, politique et culturelle de la classe paysanne de chez-nous, mais l'existence même de notre groupe ethnique.C’est pour avoir poussé des racines profondes dans un sol fièrement et jalousement possédé que notre peuple a tenu : c’est par le sol encore et toujours librement possédé qu’il tiendra, continuant de livrer le message doucement conquérant d’une philosophie de vie plus humaine et plus spiritualiste à un monde mercantile aux abois.Habitants du Québec, gardez vos terres.Ne vendez pas votre droit d’aînesse et celui de votre peuple pour un plat de lentilles.Et s’il fallait, pour protéger et sauver notre paysannerie, en appeler aux gouvernants, aucune intervention de l’État ne serait plus légitime: ce serait vraiment mesure d’intérêt général, voire de salut public.Il va de soi que toute éducation pour rester conforme à sa définition, doit se soucier de maintenir l’équilibre entre le cérébral et le moral, entre la formation de l’esprit et la noblesse des intentions; sinon elle faillit à sa tâche et n’est plus qu’une forme sèche de discipline incomplète.Il nous est dès lors loisible de dire que l’instruction, ainsi restreinte, devient plutôt dangereuse, parce que si, d’une part, elle semble répondre au désir inné d’être informé, elle ignore d’autre part le caractère le plus important de sa mission : celui d’établir le fondement d’une méthode de pensée.Or, celle-ci est contenue dans une philosophie, une histoire, une littérature, un art, en un mot, dans les éléments d’une culture générale, terme complet de l’instruction .si évidemment notre choix à cet égard a été sainement fait.Les conséquences de ce choix sont graves, et l’éducation ouvrière, comme toute autre, n’échappe pas à ses responsabilités.En effet, pour ne rappeler qu’un souvenir pris dans l’histoire du mouvement ouvrier et qui illustre l’insuffisance morale d’une éducation fautive, il nous suffira de citer la lamentable déliquescence du parti ouvrier social-démocrate allemand, pourtant pétri d’instruction, mais sans élan de spiritualité fondré au milieu de son bas matérialisme d’intérêts.C'était pourtant d’Allemagne qu’était parti le mouvement d’éducation ouvrière.Son exemple avait été suivi partout dans les pays d’Europe.Ses institutions, syndicats, mutualités, coopératives, ligues politiques etc., etc.étaient autant de modèles, dont partout on s’inspirait .Aujourd’hui, que tout cela s’est écroulé, il est assez caractéristique de noter que ce sens exclusivement “utilitaire” de la formule social-démocrate allemande se retrouve et se confonde là où il a été accepté, avec la disparition des vrais mouvements de revendication et d’édification ouvrière et sociale.De même en Grande-Bretagne, une doctrine d’opportunisme, de vie au jour le jour, a pénétré le mouvement ouvrier; les Macdonald, les Thomas, etc., etc.ont laissé certains souvenirs qu’il est préférable de ne point rappeler.Quant à la Fédération américaine du Travail, malgré certains efforts tentés dans certaines grandes unions, on ne peut dire que le sens de sa philosophie ouvrière y ait sensiblement modifié les tendances exclusivement matérialistes héritées de Gompers, son fondateur.chez les travailleurs de France, de Belgique, de Suisse, de Suède et d’ailleurs .Il semblerait donc, que nous avons renoncé sur ce continent nous parlons du mouvement ouvrier américain dit international à toute conception pleine et effective d’éducation ouvrière.D’où, par exemple, cette indifférence passive, sinon hostile, vis-à-vis des projets de “corporatisme social”, discutés partout ailleurs notamment parmi les organisations ouvrières catholiques et chrétiennes.L’œuvre d’éducation ouvrière reste chez nous tout entière à pied d’œuvre.Il nous faut donc, devant la carence de ceux dont nous venons de parler, prendre, à son propos, nos responsabilités.Nous concevons, évidemment, que de la morale personnelle de l’individu dépend l’éthique collective de la société.Nous concevons en conséquence que de l’équilibre de nos facultés, mentales et émotives, influençant la matérialité de notre économie sociale, dépendra la stabilité du monde où nous vivons.Jusqu’à présent, le “matériel” a non seulement dominé l’activité de certains, mais il est demeuré leur préoccupation presque exclusive.Dans le mouvement ouvrier américain dit “international”, insistons-y, cette tendance toute matérialiste a conduit certaines unions à beaucoup de mécomptes, et en tout cas elle n’a guère relevé leur crédit moral.Les noms des Scalise, Bioff, Nick, etc., de souvenir récent, sont certes loin de leur faire honneur ! Ces individus, on s’en doute, n’ont cure de “culture générale”.Entretemps, la masse des travailleurs est la victime de ces “profiteurs”, à qui l’on ne pourra pas faire le reproche de n’avoir pas assimilé jusqu’à l’extrême les hautes directives à la Gompers.Nous avons pourtant un ordre nouveau à édifier.Nous concevons aussi qu'un des éléments fondamentaux de la société de demain est implicitement contenu dans la régénération du travail.Pour y contribuer efficacement et participer de tout notre effort à cette période créative, il est évidemment nécessaire de comprendre le rôle du mouvement ouvrier.A côté des tâches quotidiennes de défense des travailleurs, il y a également celle, plus large et tout aussi urgente, de se mettre à participer à l’édification de la société qui assurera à tout homme la garantie du travail, la sécurité du travail, la libération du travail, lui permettant de s’associer, plus effectivement chaque jour, à la grande besogne jamais achevée du progrès humain.Une doctrine est donc nécessaire.Ne fût-ce que pour nous éclairer sur la valeur des réformes à entreprendre et à soutenir.Ne fût-ce que pour établir les premières données de cette économie dirigée requise par les nécessités immédiates de demain.Cette économie pouvons-nous définitivement accepter qu’elle ne soit pas marquée de l’empreinte des travailleurs ?Ce sera la noblesse de l’éducation ouvrière d’être au service d’un idéal, à la fois social et spirituel, donnant ainsi aux masses ouvrières l’élan des grandes conquêtes.Par ce fonds commun de haute culture, qui nous aura tous solidarisés dans une pensée commune vers un but élevé, nous pourrons, il va sans dire, être mieux préparés pour aplanir les difficultés de chaque jour, tout progressant vers les grandes solutions.Les réalités d’aujourd’hui, sachons-le, sont conciliables avec les ambitions de l’avenir.Ce langage reste certes abstrus, difficile, incompréhensible, sinon tout à fait ridicule, à ces soi-disant chefs ouvriers, auxquels la justice de leur pays a dû récemment s’intéresser pour les contenir dans la voie des simples notions d’honnêteté courante.Passant des méfaits de ces douteuses personnalités à l’attitude générale prise gros une par certaines unions ouvrières américaines, nous pouvons les juger tout aussi répréhensibles, quant à leur conception du devoir social.Voici en effet ce qu’écrivait, il n’y a pas si longtemps, Thurman Arnold, assistant-procureur général des États-Unis, dans une lettre adressée à la Central Labor Union d’Indianapolis: “Certaines unions sont engagées dans des opérations contraires à l’intérêt public .notamment ces unions, qui délibérément empêchent, plutôt qu’elles ne régularisent, l’introduction de méthodes, ou l’emploi de matériaux plus économiques .celles qui exigent l’embauche injustifiée de travailleurs inutiles .celles où le racketeerisme domine .celles coupables de complicités avec certains patrons pour maquiller les prix de revient et les hausser indûment .celles qui provoquent des grèves, par motif de conflits de compétences entre unions rivales .« La liste des délits, comme vous le voyez, est longue.Heureusement pour nous dans notre pays, nous ne sommes pas affectés de cette pestilence virulente, mais nous ne pouvons toutefois nous empêcher de constater que beaucoup de nos unions ouvrières sont affiliées au même organisme fédératif que celui des unions dénoncées par T.Arnold.N’y a-t-il pas danger de contagion ?Il y a une seule réplique à ce mal, une seule protection, c’est dans une doctrine saine d’action, à base de culture générale dispensée dans notre éducation ouvrière.Nous serons ainsi informés de la vanité des faux calculs d’un matérialisme outrancier, tant comme méthode que comme mobile, d’action ouvrière.Il n’est pas malaisé de comprendre que ce ne sera jamais en dehors de la vraie démocratie agissante, inspirée par une doctrine de liberté ordonnée, que le travail pourra atteindre la plénitude de ses droits et de ses aspirations.Or, cette démocratie ne s’improvisera pas.Elle ne s’édifiera pas dans le laisser-aller je notre insouciance et certes, moins encore, dans l’abaissement de notre tenue morale.Au contraire.Il nous e t donc commandé à tous de nous instrui-e, de nous éduquer, et de nous “discipliner”, afin de nous hausser à nos responsabilités grandissantes.Le racisme Par le R.P.Arthur CARON, O.M.I.Sous ce titre, le vice-recteur de l'Université d’Ottawa a donné à la Semaine sociale de Nicolet justement remarqué.La première partie est consacrée à l’histoire du racisme.L’auteur remonte à ses origines lointaines, indique ses principaux protagonistes et montre comment le racisme s’est cristallisé en un système politique et est devenu la pierre d’angle d'un puissant État.Puis il étudie ses principaux éléments et les soumet à critique vigoureuse.Ce cours va paraître bientôt dans le volume qui contient tous les travaux de la Semaine sociale de Nicolet.Afin de lui donner cependant une plus large diffusion, en raison de son actualité, l’École Sociale Populaire a cru opportun de le publier à part dans la collection de ses brochures.Il vient de paraître, accompagné d’un appendice sur les actes du Saint Siège concernant le racisme, et se vend au prix de 15 sous l’exemplaire.(École Sociale Populaire) un cours il s’est misérablement ef- une Un livre de grande actualité La croix païenne Par Joseph LÉOLIT (Éditions Beauchemin, 190 pages) La Croix païenne, c’est, on le devine, la swastika et le thème du livre, c’est le national-socialisme.vu dans ses relations avec le catholicisme surtout.L’auteur est un savant qui a beaucoup voyagé, beaucoup vu et qui a eu accès à de nombreux dossiers.On voudra lire ce livre.Il en vaut la peine et rien, actuellement, ne peut le remplacer.(Orner Héroux, dans le Devoir.) A ce propos, relisons Raoul Walsh, un spécialiste des questions ouvrières aux États-Unis, qui écrit en substance: “La Fédération américaine du Travail a certes assez bien réussi à édifier une fraternité “profiteuse”, à l’avantage exclusif des ouvriers qualifiés.Gompers ne désirait d’ailleurs pas créer un mouvement ouvrier.Il ne désirait conquérir que des avantages immédiats en salaires plus élevés et en réduction du nombre d'heures de travail, pour le bénéfice exclusif d’un groupe restreint d'ouvriers choisis et réalistes.Gompers, on s’en souvient, s’est toujours opposé à une participation active à la politique qui, d’après lui, “aurait compromis le monopole des ouvriers qualifiés”.C’étaient les seuls dont il avait souci, mais il savait qu’un mouvement ouvrier devrait nécessairement inclure dans ses rangs tous les travailleurs “tous égaux entre eux”.C’eût été le renversement de cette sorte d'aristocratie qu’il avait fondée et qui persisterait, si n’étaient survenus le N.I.R.A.et la menace du C.I.O.Il n'en reste pas moins vrai que même à notre époque de bouillonnement social, rien de substantiel ne peut être porté au crédit de la Fédération américaine du Travail, comme collaboration active a l’œuvre de rénovation sociale.Aucun programme.Pas même une esquisse de “plan”, comparable par exemple, à ceux qui ont été élaborés En vente à L’ÉCOLE SOCIALE POPULAIRE $1.00 franco; $9.00 la douzaine franco.A cet égard, les seuls mouvements ouvriers poursuivant leur marche vers la libération restent ceux dont les hommes responsables de leurs destinées, ont mis, comme fondement de leur action et de leur pensée, cette culture, d’où ils puisaient leur inspiration constante.Ces mouvements vriers étaient en progrès, en France, en Belgique, en Suisse, en Scandinavie.La guerre, dont on peut dire que ces hommes étaient peut-être les seuls à déceler et à prévoir la tragique fatalité, a interrompu leur élan créateur.Jusqu’à présent, notre sort quant à nous, a été plus heureux.Espérons, que nous en profiterons pour créer dans nos milieux travailleurs cette grande d’éducation, qui sera une entité complète dès le départ, si elle inscrit et maintient dans son programme l’équilibre entre une culture générale et un enseignement des méthodes pratiques de réalisations et d'action.C’est ce que l’on attend d’elle.A l’œuvre.A nos abonnés Nos abonnés recevront bientôt de la direction de VORDRE NOUVEAU une lettre circulaire leur donnant diverses indications d’ordre administratif au sujet de la nouvelle revue: abonnements, abonnements groupes, etc.ou- en L’ORDRE NOUVEAU œuvre Bulletin bimensuel de doctrine et d’action sociale publié par Les S km a inks Sociales et I’Écolk Sociale Populaire Direction et Administration: 1961, RUE RACHEL EST, MONTREAL Le numéro : 5 sous; l’abonnement: $LOO Jean PÉRON 4 (12 L’ORDRE NOUVEAU —- 5 novembre 1940 - &®ssS'*‘31 Imprimerie Populaire, Ltée •130, rue Notre-Dame Est, Montréal
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