Décormag, 1 janvier 1977, Janvier
fan Saga 0 sa faîia I ;V'i iv * "J'T wl ¦ F" # # L>1 ».¦*> ' r- "I 1 1 V f , % •f I 1 V I \k 4 % i.ïri P '¦ V EMMES ] ET E ENVIRONNEMENT DES APPARTEMENTS PERSONNALISÉS DES COINS HOBBY DES SALONS DE CO «T* ft " ' .-.e' / Fraser Bros.une atmosphère très particulière.I 4 » i.I-V i N .wii »! IS J r Ü l K *• v» A Vè s® 4: •51 y - ’ * i r f .-ar: y * .v.l ST.5iâ ' : -v, , VjT »*°8 °*» Une autre exclusivité Fraser Z % \ 66 TOKAIDO” de THOMAS VILLE ! 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LTÉE.Honey Pine par 17 décormag • janvier 1977 ARCHITECTES ET DESIGNERS mr ¦¦ ¦Waren ¦¦ulow limitée vous permet d’aller plus loin mît : I Is > ! EU f 'mm, m m ## « *! 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Il est difficile d’imaginer le très grand nombre d’heures de travail que nécessitent la création et la réalisation pour la télévision de films d’animation, qui servent à présenter une émission.C’est à un designer graphique que revient cette tâche, et Paule Lévesque est une personne qui a toutes les qualités nécessaires pour la mener à bien: logique, méthode, esprit de synthèse, minutie, sans oublier la créativité.Paule Lévesque est née à Jo-liette.Diplômée de l’Institut des Arts appliqués en esthétique de présentation en 1968, elle est embauchée pour faire de l’aménagement et des dessins de mobilier.Après un an, elle décide de pousser sa formation en graphisme.Elle passe six mois à Londres au St.Martin School of Art mais n’est pas satisfaite du type d’enseignement non structuré qu’offre cette école.Elle obtient une autre bourse du Conseil des arts et est acceptée à l’école “Allge-meine Gewer Beschule” de Bâle en Suisse.Elle y est très heureuse parce qu’ elle apprécie le sérieux, le réalisme et le côté humain de cette école.Elle revient au Québec en juillet 1972, designer graphique, spécialisée en animation et en typographie, et se joint à la Société des graphistes du ' .26 décormag • janvier 1977 L’ARCHITECTE DE LA CITÉ EVA H.VECSEI L’architecte Eva Vecsei, en association avec la firme d’architectes Dobush, Stewart, Longpré, Marchand, Gou-dreau, a été responsable de la planification, de la conception et de la mise en oeuvre du projet La Cité.Madame Vecsei est membre de l’Ordre des architectes du Québec.En 1952, elle obtenait un diplôme en architecture de l’Université de Budapest, en Hongrie.Depuis son arrivée au Québec, elle a participé à la réalisation de différents projets, dont Place Bonaventure à Montréal, le Centre civique de Laval, l’église St-François d’Aquin à Québec et l’église St-Gérard Majella à Saint-Jean.Plusieurs de ces projets ont reçu le prix Vincent Massey pour l’excellence de leur architecture.En 1975, Madame Vecsei a été nommée “Femme de mérite” par le Y.W.C.A.6B a t 1 ï , i - fS' X, ?I?Ex —ICXMgL „ F%.t.u/f Hjih^El i "fi: * ,'i X X \ U - -, 7 # # X/ % Wh'/r V La Cité.S, It : ; w T i! i i:.: ; ifiB rzj- r ¦ ^ ' : ri"^ y i : , ,.-rtàSfefji ,t( u:! ill iii1b oivin-.ii tàxm rit Ktods :i; ;):* !PB ni :- 3 1 J -n -'S s 6 L h =~ -#r m n '>.^r b 4- x' «MmM Ou /, rirLwL I »__i * .# TT b I Ml ehr 5 I mCMATION 1 : comte aces La Cité.ST ATIONNININT 27 décormag • janvier 1977 1 r \ m i «_ 'Î 71 JEAN CARSLEY ET SUSAN CARSLEY, S.D E, DESIGNERS D’INTÉRIEUR __ï.J 4w T m m i- sy 1.Pour donner plus de lumière à cette pièce, jadis le salon de cette maison victorienne, et pour servir de vitrine à la boutique Designers i, on a agrandi la fenêtre en conservant les panneaux de côté.Le plancher original a été repeint à l’émail blanc, les murs sont tendus de coton plissé.Au fond, un écran chinois de bois incrusté de nacre.Le fauteuil et l’ottoman sont de style directoire, leur bois est laqué de deux couleurs assorties au tissu de recouvrement.La table de verre et l’obélisque-vitrine sont italiens, ainsi que le cheval, reproduction de céramique d’une pièce chinoise de la dynastie T’ang.2.Le sous-sol de la maison est rénové de façon à retrouver le plus possible son état original: remarquez la pierre et les poutres.La table est une reproduction d’un autel chinois, la lampe est américaine et le coffret laqué vient du Moyen-Orient.T, * E /9 il, ¦h 371.1 n > > * &\ff ej ?^ V' ^4 r / WS» 8SI IsK k Æ \ 9.v « « y # 6 as ' / ?"¦Q j I Nous vous racontons l’histoire des Carsley, et nous verrons comment cette famille a réussi à mettre sur pied une entreprise capable d’offrir à sa clientèle un service de consultation, un service d’aménagement et une boutique de décoration.Madame Jean Carsley, née à New-York, reçut une formation en arts plastiques au Brooklyn College of Art.À la suite de son mariage, elle déménagea à Montréal, travailla comme bénévole durant la guerre et poursuivit ses études en art au Collège MacDonald.Son premier travail: décoratrice dans un atelier “où l’on faisait plus de rembourrage que de décoration intérieure.” Et en plus, on la payait mal.Elle préféra très vite travailler seule, et installa son propre studio dans le grenier de sa maison.Cette solution lui permit d’organiser son emploi du temps à sa guise et de consacrer le temps nécessaire à l’éducation de ses enfants.Cependant, elle rêvait depuis longtemps de pouvoir présenter sur-le-champ à ses clients une partie des meubles et objets qu’elle leur suggérait, comme cela se fait dans un grand magasin ou dans une boutique.Elle prit donc la grande décision d’acheter une vieille maison victorienne au centre-ville, de la rénover et d’adapter les espaces à ses besoins: elle aménagea deux étages pour la boutique qui a pour nom “designers i” et un étage pour son bureau, la salle à dessin, la salle d’échantillons et la cuisine.Ce fut tout un changement pour elle surtout dans sa façon d’opérer comme détaillante avec la boutique, mais elle est très satisfaite de cette solution qui permet d’une part à ses clients de voir des ensembles de meubles et objets, et d’autre part de pouvoir travailler avec tout à portée de la ' 28 décormag • janvier 1977 ¦ 3.Une salle de bains argentée: le I plancher est de vinyle Amtico, les I murs sont recouverts de papier de I Crown Wallpaper, le rideau est I composé de carreaux argentés de Samo Textiles.L’évier est fourni K par Crane, avec dessus en “Marbe-K line”, le miroir à sa gauche est vé-I nitien.Le mandarin est une répli-I que de céramique exécutée à I Florence.I 4.C’est l’escalier qui mène au I deuxième étage.Intéressant surI tout par son éclairage fluorescent I dessiné par Susan Carsley et par sa I rampe en plexiglas.Le plancher et ¦ les murs sont recouverts de tapis S Armstrong.F /,’S 1 % '.VJ-s L llî vu fl 2F ; £5 m i ms \ $ ; it i y H :: II £ E ftSil «il «5 0 ;ui i fi 0B# M , B ry 1 ! I i # III » U ¦â'Û J : SJ [ii If h i hi k I: 1 Hi ' i 3F 4 main, principalement avec la salle d’échantillons.Depuis 1972, madame Carsley est surtout enchantée d’avoir comme associée sa propre fille Susan qui a choisi d’exercer la même profession et qui la seconde parfaitement bien.La mère offre son expérience, la fille des idées fraîches; la mère aime plutôt le mobilier de style traditionnel, la fille le mobilier moderne.Elles réussissent donc très bien dans l’art de mêler ancien et nouveau, tant dans le choix de mobiliers que dans le choix des accessoires.Elles jurent qu’elles ne pourraient plus se passer l’une de l’autre dans leur travail.Bien sûr, Susan Carsley a toujours vu sa mère oeuvrer dans le domaine du design d’intérieur.Elle avait d’ailleurs déjà participé très jeune aux activités de sa mère, en aidant celle-ci à mesurer les pièces et elle recevait la somme de 10(f à chaque “contrat”.Susan ne s’orienta pas immédiatement vers les études de design d’intérieur, mais finalement elle fut admise au Pratt Institute de New-York, école de design de grande réputation.Nous ne pouvons terminer sans parler de monsieur Carsley, qui joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de l’entreprise.Tandis que celui-ci s’occupe surtout de l’aspect financier et de la boutique, elles sont responsables des services de consultation et de design.Elles utilisent des ouvriers-artisans québécois pour fabriquer les meubles qu’elles conçoivent pour leurs clients.29 décormag • janvier 1977 1 PHYLLIS LAMBERT, ARCHITECTE Ê 6 (X 1 > ?.r a WÊ 'fÆ WM m SS m V a ¦fi 'à m % m 1» V?^, Wë I ' ¦h ^ 1 W - K i X 1.Rénovation de l’Hôtel Biltmore à Los Angeles.On a mis en valeur l’architecture intérieure du hall d’entrée par le contraste de la blancheur des murs et par le choix du mobilier aux lignes très sobres: les fauteuils “Barcelona” signés Mies van der Robe et les chaises “Bmo”.2.Centre Saidye Bronfman, Montréal.3.Plan du rez-de-chaussée.Les grands espaces permettent le montage d’expositions.Photos 2 et 3 Bill Hedrich, Hedrich-Blessing.n " h t.I L J # ¦ $5i L '7 ¦ 30 décormag • janvier 1977 ¦ ’P zz 15 tv T~iSS< 2 L M t n 5 ¦1 P s J s i >€Jf t 4 ia * .1 .n : k ¦Œ hA i % 3T a 3 ; x D’abord sculpteur, elle se trouve bientôt très impliquée dans la construction de l’édifice Seagrams, qui est sans aucun doute, un des gratte-ciel les plus nobles de New-York.C’est Mies Van Der Robe qui en est l’architecte (ainsi que du Westmount-Square à Montréal).Après cette expérience très enrichissante, elle décide de devenir architecte, parce que, dit-elle, “je désire maintenant participer plus directement à des projets qui ont comme but principal d’améliorer la qualité de l’environnement dans lequel nous vivons”.Elle étudie deux ans à l’Université Yale à New-Haven, Connecticut, et obtient sa maîtrise à 1’Illinois Institute of Technology.Son premier projet: le Centre Saydie Bronfman à Montréal.Il est conçu pour permettre aux artistes de toutes disciplines de s’exprimer, soit en y exposant leurs oeuvres, en l’utilisant comme lieu de travail ou d’échange; c’est aussi une salle d’exposition pour le grand public qui peut venir également écouter des conférences, visionner des films, etc.Cet édifice de verre et d’acier, très beau de proportions, très “pur”, reflète non seulement l’influence que Mies Van Der Rohe a pu exercer sur Mme Lambert, mais surtout sa personnalité.Elle vit dans une vieille maison du Vieux- Montréal qu’elle a réaménagée: intérieur très clair, très dépouillé, austère même, où dominent lumière et espace.Son bureau: une très grande pièce toute blanche meublée de livres et de photographies.Vient ensuite une cuisine-salle de réunion qui s’ouvre sur une très belle terrasse, au centre de laquelle se trouve un magnifique puits de lumière éclairant les pièces de séjour situées à l’étage inférieur.Après avoir terminé le Centre S.Bronfman, elle retourne à l’Illinois Institute of Technology pour y faire de la recherche sur la planification d’ensemble d’édifices, ce qui l’amène à s’associer à un groupe californien d’“Architect Developers”.Ce groupe a acheté un vieil hôtel à Los Angeles, le Bilt-more, et le rénove plutôt que de le démolir.“Nous avons longtemps oublié qu’il y eut avant nous en Amérique du Nord, d’excellents architectes et urbanistes; il faut maintenant les redécouvrir et les mettre en valeur tout en respectant leurs concepts”.Dans cette optique, Phyllis Lambert travaille en ce moment à la réalisation d’un livre qui sera publié en janvier 1978 sur le rôle qu’ont joué les vieilles maisons en pierres grises dans l’évolution de Montréal et elle est présidente du groupe “Sauvons Montréal”.31 décormag • janvier 1977 4.Élégant salon Régence: le tapis est indien, le plafond et les rideaux sont de coton rayé.La causeuse contemporaine est recouverte de velours lin/coton et les bergères de style Louis XV, d'un tissu de coton-rayonne blanc.Les deux autres fauteuils ainsi que la table à café sont de style Régence.La lampe en bamboo laqué vient d’Italie.5.Le coin-travail du salon avec sa table Louis XV, sa chaise Queen Ann et sa lampe de verre clair italienne.Sur les murs, une lithographie originale de Fekete d’Allemagne et une série de reproductions de photographies représentant les métiers disparus.1.De la Finlande, toujours dans le cadre “Nova-Europatable et chaises de pin, démontables, très pratiques et très fonctionnelles.Les lampes italiennes, pour usage à l’intérieur comme à l’extérieur, sont des globes de polyéthylène soufflé.2.Le salon.Les divans et les fauteuils sont canadiens: Us sont recouverts de coton indien blanc.Les tables en rotin tourné viennent des Philippines.Le tapis a été fabriqué en Allemagne fédérale et les lampes, dont les bases sont en cuir de tortue, aux États-Unis.3.La salle à manger.Des meubles québécois du XVIIle siècle, dont I Jean Palardy a authentifié le style, fabriqués par Simmons.Le tapis berbère a été réalisé aux Indes; la lampe, le chandelier et le cache-pot viennent d’Italie.» CLAIRE SÉGUIN-MUELLER, DESIGNER D’INTÉRIEUR, S.D.E.» * ' ’ au rim : 6 0 fi m mA I f * ?\ si y -3,1 / 1 t V ~7 fsS / 4 : r / IVt't"1*1' •'/ ! w \ >\ T"' > 3 [j Basses y m ! n E h » \ SMB v4 Aï '« .Bt y * à A : " i X a a % Il m s r i :V 1 i ' i F M1 r- i Sim 4 ¦J s ^5# 'V 1 » '3% _¦ 5 1 ' ,'j: v.•' d’après-guerre.Suite à un essai non satisfaisant dans le domaine musical, elle s’inscrit à l’École du Meuble; Jean-Marie Gauvreau, le directeur, l’accepte avec un sourire au coin des lèvres.Elle devient une pionnière de l’École.Elle obtient son diplôme, travaille quatre ans chez N.G.Valiquette, ouvre une boutique de mode, la ferme, se marie et élève un fils.Après une pause de cinq ans, tout en pensant à retour- ner travailler, elle déménage, se rend chez Eaton pour acheter rideaux et tringles et rencontre un ami qui lui suggère de se joindre à l’équipe pour travailler comme étalagiste.Et la voilà liée à la maison depuis vingt ans.Elle y est très heureuse parce qu’elle se voit dans un contexte où elle a la possibilité de s’exprimer librement avec un grand choix de marchandi- Fashion Coordinator”, c’est-à-dire responsable de l’agencement de tous les objets destinés à l’ameublement et à la décoration d’un lieu d’habitation, avait été créé à l’origine pour Barbara Darey qui fait le même travail chez Bloo-mingdale’s, célèbre magasin à rayons de New-York.En plus, Mme Mueller est acheteur en chef de l’ameublement et de ses accessoires pour tous les magasins Eaton du Canada.nouveautés.“Il faut leur faire comprendre que l’harmonie doit toujours se retrouver non seulement dans les agencements de meubles et d’objets, mais aussi dans la façon de vivre, de se loger, de se vêtir.” Claire Mueller aurait voulu être architecte.C’était un rêve impossible à cette époque ses.Elle croit beaucoup au travail d’équipe, s’entoure de jeunes designers d’intérieur comme Pierre Beaudet et Michel Audet qui contribuent en grande partie à l’apport d’idées nouvelles.En tant qu’acheteur, Mme Mueller doit beaucoup voyager: États-Unis, Europe, et tout récemment les Philippines, Hong Kong, le Japon, la Thaïlande et la Chine.Malgré et aussi à cause de cette vie si remplie, cette Pour arriver à un poste d’aussi grandes responsabilités, “il faut d’abord croire très fort à ce que l’on fait, avoir des patrons qui nous font confiance et avec lesquels on peut travailler la main dans la main.Il faut aussi laisser parler son intuition.” Elle croit aussi au rôle formateur qu’elle joue auprès des clients qu’elle renseigne, et tient au courant des dernières femme élégante, gaie, dynamique, attache énormément d’importance à sa vie familiale et à son propre intérieur; c’est dans ce même esprit d’enthousiasme que les Mueller terminent l’aménagement de leur nouvel appartement qu’ils ont acheté, au centre de Montréal.Beaucoup connaissent le 7e étage de la maison Eaton centre-ville: c’est l’étage des meubles et objets d’ameublement où l’on nous présente une grande partie de la marchandise sous forme d’ensembles, conçus et réalisés dans le but de valoriser chaque élément.Claire Mueller est la grande responsable de ce département.Son titre “House décormag • janvier 1977 32 33 décormag • janvier 1977 4, 5.Batiks de Denise Landry-Aubin.1 DENISE GOYER-BONNEAU (céramiste) est tombée amoureuse très jeune de la terre en voyant un potier travailler au tour.Le temps venu, elle s’inscrit à l’École des arts appliqués de Montréal, où pendant quatre ans les principaux secrets de la terre lui sont livrés.Peu loquace, elle s’emballe toutefois dès que le mot céramique est prononcé.“Façonner la terre m’apporte réellement beaucoup de bien-être.Lorsque je viens de terminer un objet, je suis heureuse.J’y mets toute ma sensibilité et tout mon amour, c’est une partie de moi que je laisse sur le tour.La terre me comble.” Lorsqu’elle installe un premier atelier de céramique, son entourage considère cette initiative comme un passe-temps fort désennuyant.Ce genre de commentaire avait le don de la mettre en rogne car déjà, dans son esprit et dans les faits, elle se comptait parmi les travailleurs autonomes.Tout rentra dans l’ordre lorsque son mari s’associa à elle; son statut de dilettante s’est rapidement transformé en celui de professionnelle.Fallait-il vraiment la venue d’un homme dans son atelier pour donner du poids à sa production?Comme elle se voit mal intégrée dans les rouages d’une chaîne de production, elle rêve du jour où le Québec comptera quelques industries de céramique qui achèteront les prototypes le plusieurs artisans installés dans leurs propres ateliers.Elle soutient “qu’il y a de la place pour de la bonne vaisselle québécoise”.=3 ?3 1, 2, 3.Céramiques de Denise Goyer-Bonneau.DENISE LANDRY-AUBIN (créatrice de batiks) était une artiste diplômée de l’École des beaux-arts de Montréal lorsqu’elle prit conscience du monde des artisans pendant un Salon des métiers d’art à la Place Bonaventure.“J’ai trouvé que les artisans étaient mieux intégrés à notre mode de vie contemporain que tous ces artistes (elle fréquentait à l’époque un groupe de sculpteurs) en attente de bourses, de subventions ou de sommes astronomiques pour la vente d’une oeuvre.A partir de ce moment-là, j’ai cessé d’être une artiste, un professeur d’art, et je suis devenue une artisane.” “En créant des batiks, j’ai connu toute la sensualité de la cire chaude coulant sur la soie, ce fut une révélation.Ensuite je me suis procuré des crêpes de soie absolument incroyables et je me suis dit qu’un tel matériau ne pouvait être tendu sur un châssis et encadré au mur comme mes anciens batiks.Le crêpe de soie doit être touché et porté! Donc j’ai trouvé une couturière qui taille et assemble mes nouveaux batiks pour en faire des blouses.De toute manière, nous confie Denise, dans un métier comme le mien, il y a toujours des étapes qu’on cherche à escamoter.C’est ainsi que je fais décirer et coudre à l’extérieur par des personnes qui prennent plaisir à exécuter ce genre de travail dont je me passe facilement.” Impliquée à d’autres niveaux que la production, Denise est également boutiquière et membre du bureau de direction des Métiers d’art du Québec.ARTISANAT 1 TECHNIQUES ANCIENNES, ARTISANAT RENOUVELÉ Décormag a rencontré quatre artisanes qui nous ont raconté les avantages et les inconvénients de ce travail souvent solitaire et exigeant mais toujours épanouissant.par Nicole Tremblay photos Dinh Ngoc Mô 34 décormag • janvier 1977 aEX 7 6 i g ®s € a v / n 40 décormag • janvier 1977 mam h pn! U s m m i ¦iftiiV.yHËfe r la V h,~ ¦jam 1/ /y âU :/ IV — /fc SYLVIA DESSINATRICE: AUTHENTICITÉ ET CHARME j- i / °*: : E ' I j V T I f' f/ 1 1 ¦ ¦R / 4Ib R i ?" i 3 42 décormag • janvier 1977 ELVIA, COUTURIER: AUDACE ET GAIETÉ 3.Cuisine italienne en rouge et blanc.Au plafond et sous les armoires, papier peint à carreaux.1.2.Le salon.Du rouge, du rouge partout.Sur un podium, une banquette où s’alignent des cous- 4.Dans la chambre romantique sins duveteux recouverts de coton peinte en marron, un vieux lit de imprimé.La moquette vient de fer avec ses taies d’oreiller brodées chez Perfection Rug.Quel confort! invite à la détente.Tapis David Plantes et souvenirs de voyage Hicks, complètent le décor.Réalisation Faith Stein I 7! # ?V * » r » M >•< e "a ' m : ¦ A' r •WGs% 1 Hi *¦ 49 •** Z ;r.-, .1 3 2 dH 3 4 >1 s asm >S Wl ijj : i : r " n r _i;s ft • i A ; J v.' -JL 'WJm-mm •• : mmm v I A m: I j 0 ; ii My m*.i MS' •- ' / / Wffl.BT décormag • janvier 1977 43 1 B % HS f c I 0 ï * I A Il il L ii v'/TV/T *» 14 I u i"m I r ri i vollieYes V 46 décormag • janvier 1977 galeries CBESUS PM F I k 7$ A, m 0 ’"TT Sr, '< T g r , / ‘.v , i Z A -J >».,L / « V tite jrr , m m m.i t h V ill i % r % r 1 / r~\ la 1 i-l L f I 4 kVj tiE r ¦ 75 i#* ¦>y- - m : m *- ¦jwr I r if?• IE sert POUR CEUX QUI AIMENT RECEVOIR Choix de tables, buffets et chaises qui s'harmonisent et se combinent parfaitement bien.Cet élégant mobilier est que vous pouvez admirer dans les Galeries CRÉSUS, quatre étages de meubles de grands styles pour connaisseurs.Mobilier de salle à manger qui marie merveilleusement le style Louis XVI avec le confort fonctionnel de nos jours; vous est offert en bois fruitier ou laqué blanc antique avec filet or.un des ensembles 10, 9, 8, 7e étages 5; N.G.VALIQUETTE LIÉE 510 est, rue Ste-Catherine, Montréal, Tél.: 842-8811 postes: 288-285 >v'v Vous aimeriez consulter vos Décormag plus facilement?Pourquoi ne pas vous procurer les reliures Décormag?Chaque reliure peut contenir six numéros.C'est facile à ranger, facile à consulter.La reliure est recouverte de toile rouge à lettrage noir, et les fixations sont maintenant de plastique souple.Vous pouvez l'obtenir chez Décormag directement ou par la poste en utilisant le coupon à la fin de ce numéro.',111 .K b?4 4 B k Cl Silb r r- XX G .1 i.n Z7 ^pp r r I 1 X X - * T la grande i- boutique des trouvailles Y mm S F I c § I 13 !'D B 1 m ; : ' mm I m ai iir"' » .m 1 ;;; * fi Y iÜ > > > a N i 1 a i r i vVS'.' " a t b- •*•*•***• ******** • Mé|j V* • : * » I mtà HkJF •'tv t ***** *¦ ¦BSEgi u m:; M5 g : m _ Clermont < m uni 2300 Lecorbusier, Laval Tél.: 382-6870 6255 rue Saint-Hubert, Montréal Tél.: 273-7711 I l {HI}; } 1 V « * * -i vT ' 4 II! v ; ¦ .•• .• U r .a- L - » : r * H 2?.«4P : mmi mm «% ; 1 .:• ' - * • wj®:^ ' i ’ *• .• ’ ' V$, T.V :¦ ¦ « «• t - t 4 *** ' V ' *.* ; : ; 5* - .• f— X I i: I * f -V ' >.*.•î J.¦ : % * • * ¦ ; y •T.• • ^ % >- Z'- J*.* - • : - i .< ?’ Bill Ht S1! o - : u - ^ t •».* : : i : M rf1 ij; ; us ¦ 5 ¦ ¦*ja 31 !i1I ' al ! : v.7~ - ir> v.- V -I", *.~*3 ¦^v .kss *'« '.• - % : ¦ \>n~ • M ¦¦ Lg - r >• > ' •4f'r.* ^ % - 111! ’ • » ; * • — Jfcÿ' - .>.*£ — - if ! "A: : .V "i V -••¦ V • .* ' > / - % - ¦ ¦'id- * - II ' • v - „ •< •V.V SJ.-3T L a ¦J5-" ' > : - v î 5 - < w 14 ?v - % 0 £ *=‘.dr 4 jac .*¦ * - ‘V :!• ., .* H Hi i ¦' ' : ' m ; *jr~.' T- ’ .— jgSpg I U J.«I i fc w mm : ¦ % l j « % - 11! # i ; ïfc- A SI JJ ifl ; .1 I' - s# i *- » ; f a .11 i V mm: Y.* ; ' r.; ïv & ; mit » :'i ! ' ¦ ?V- .mm • h.> i” 11 4 IS ) '4 !! 1 H j'.f ¦ i: 5-1 1 ÆÎ / f f* "’I'i ™ lEitilai b V fit iil et .< r i .ifl s ; ¦!»V • ; il m in M H'.K :! H,::; \ « t* fr» ïï mluüuiï : * i* ! : »! 4 décormag • janvier 1977 par Lyse Cartier Micheline Beauchemin n’était peut-être pas la petite fille modèle des livres d’images mais elle s’est initiée, en même temps qu’à la lecture et à l’écriture, au langage du point de croix, du point de bourdon, du feston et du plumetis.L’histoire des femmes tient souvent à un fil,que ce soit celui d’Ariane ou ceux, interminables, de Pénélope.Et c’est ainsi que, bien des années plus tard, après des études aux Beaux-Arts de Montréal et de Paris, après aussi l’apprentissage du vitrail en France, Micheline Beauchemin se retrouva en Grèce, entourée de femmes qui, partout, brodaient.Et de sortir elle aussi son petit canevas, ses fils et ses aiguilles, de retrouver les jeux des fils et des couleurs de son enfance.Un “ouvrage de dame”, c’est bien pratique; ça s’emporte au fond du sac au demeura sans réponse.Micheline Beauchemin fit donc une petite maquette qu’elle enveloppa soigneusement et rangea dans son sac d’avion.Destination-Tokyo.Elle rencontra ces Messieurs nippons pour qui les rideaux de scène ont peu de secrets et, tout en déballant sa petite maquette, leur proposa un marché: la permission d’utiliser leurs métiers et matériaux en échange de dessins pour des tissus d’ameublement qu’ils produisaient.Ils acceptèrent.ouf! Entre la petite maquette et le début du projet, il y avait au moins toute une année d’apprentissage sur la résistance des matériaux, les teintures, les propriétés ignifuges, les fils de chaîne, etc.Elle revint au pays en 1963 au début de la construction des travaux de la Place des Arts, remplie d’enthousiasme et.amère déception, il n’y eut pas de commande pour un rideau de scène.Pas de rideau de scène en tapisserie signé Micheline Beauchemin en tout cas.On avait préféré faire exécuter d’après un dessin vaguement inspiré de la maquette originale, un rideau imprimé à la machine.en Angleterre! Il y eut malgré tout, à cette même Place des Arts, une tapisserie et un mur flexible en acrylique dans le piano Nobile.Le trop beau projet de rideau de scène allait devoir dormir deux ans encore pendant que son auteur s’employait à étudier les techniques de tissage des Indiens au Mexique.Wings no 5.Photo Luc Chartier.(page ci-contre) 2.Wings no 7.Tapisserie basse lisse.Photo Dinh Ngoc Mô.3.“Hiver”.Tapisserie avec fils métalliques.Photo Dinh Ngoc Mô.4.“Carousselle" (1976).Ensemble de 9 tapisseries basse lisse, réversibles et mobiles.Chacune des tapisseries mesure 14' sur 3'.Hôtel des Provinces, Ottawa.5.“AB1" (1968).Tapisserie haute lisse de 12' sur 22'.Queen’s Park Building, Gouvernement de l’Ontario à Toronto.51 cas où le bateau qui vous promène dans les îles serait en retard, ça vous permet de profiter du beau soleil assise sur une chaise longue.tout en travaillant.C’est ainsi qu’apparut le “Visage de Mistra” (voir photo), le vrai visage qu’allait prendre désormais la carrière de Micheline Beauchemin.De la broderie à la tapisserie, il n’y a qu’un pas, vite franchi quand on connaît l’insatiable curiosité et la prodigieuse énergie de cette artiste.Les outils, encore une fois, furent des plus sommaires: un crochet et de la jute, renouant ainsi avec la vieille tradition québécoise des tapis crochetés avec des bandes de tissus.Et ensuite, les premières expositions chez Denise Delrue à Montréal, au Mexique, à Toronto, brillants résultats des trouvailles et des inventions de techniques et de formes nouvelles.Tout ce temps, sans perdre une minute, Micheline Beauchemin poursuivaient ses recherches hardiment, inventant ses “tableaux” avec des fils, de la laine , des tissus, des bouts de cuir savamment entremêlés; les résultats furent étonnants et l’on commença à entendre parler d’elle.Le rideau de scène Il lui vint un jour une envie impérieuse de travailler sur une grande, une immense surface.Mais, petit problème pratique, où donc aller ensuite accrocher une oeuvre de cette dimension?Ah, les heureuses châtelaines des temps jadis qui disposaient de si grands murs à réchauffer.La solution lui apparut soudain, alors qu’elle était assise dans la salle du théâtre du Her Majesty’s: un rideau de scène! Elle allait transformer un rideau de scène en tapisserie.C’était la belle époque des grands projets montréalais, celui de la Place des Arts flottait dans l’air.Elle proposa donc d’exécuter le rideau pour ce nouveau palais des arts.Si jusqu’ici, elle s’était assez bien débrouillée avec ses canavas et ses cadres improvisés, il lui fallait maintenant un métier géant qui n’existait ni en Europe ni même aux États-Unis.Un autre hasard (l’existence des gens déterminés en est remplie) vint la tirer d’embarras: elle trouva une revue japonaise qui illustrait un métier manuel de 45’ et donnait l’adresse du fabricant.Une première demande de renseignements sous forme de lettre im: ¦lit», :• r .-il.’•*1 5 OU LA TAPISSERIE VECUE COMME UN RÉCIT DE VOYAGE > 1 > r V - Ei Là a n r, Mi V fc, %'i CO Dinh Ngoc Mô I 4 E k.W\ ’ \ \T Hern >-.>.- :V * u B •.« - ¦ a venaient de trouver une nouvelle gamme subtile sur laquelle l’Amérique du Sud jouerait ses plus beaux airs.Elle revint encore et repartit, pour le Cambodge, ensuite pour les Indes.Elle se rendit jusqu’à l’intérieur du Cercle arctique où elle se familiarisa avec les oeuvres créatrices des Inuit.Elle y retourna une deuxième fois et s’installa au village de Pangnirtung où on lui avait demandé d’enseigner la tapisserie aux femmes.Elle fit rapport de son expérience et recommanda que l’on encourage surtout la production des incrustations de peaux de phoque, technique ancestrale de cette population à l’esprit étonnamment créateur.Le pays des rêves L’histoire pour le moins mouvementée de Micheline Beauchemin nous révèle son courage et son esprit de décision.Mais c’est dans ses tapisseries, faites pour la contemplation, qu’on peut le mieux apercevoir la face cachée de la lune.C’est à travers les fils d’argent comme ce pays lisse que nous habitons au temps des glaces qu’il faut regarder.Et s’éblouir de l’or du soleil qui fait s’épanouir la chaleur des roses au temps de canicule.Partout, le fleuve Saint-Laurent qui se promène dans les fenêtres de la maison des Grondines et que les fils métalliques aux reflets irisés racontent si bien.Un maison au bord de l’eau, une femme qui se repose un moment après de si longs voyages aux quatre coins du monde d’où elle a rapporté les fils précieux pour terminer son ouvrage.2 vertures et tapissenes anciennes et modernes dont l’étonnante diversité révèle,pour qui sait la lire, la très longue histoire de ses habitants.Elle se rendit dans les villages les plus reculés tel celui habité par les descendants des grands-prêtres des Incas, les Callawaya, qui s’étaient réfugiés au bord du lac Titicaca au moment de la conquête par les Espagnols.Elle parcourut aussi les villages qui longent l’Amazone et les villes dont l’ancienne splendeur se révèle dans des lustres de cristal qui côtoient des ampoules de 10 watts.Contrastes, étranges mécanismes de la survivance.Films, photos, échantillons des techniques, des oeuvres, des teintures et.des bêtes, celles qui fournissent les fibres.Elle se prit à regarder tous ces bruns qui se promenaient sur le dos des lamas, des chèvres et des vigognes.Elle eut hâte de travailler avec la laine la plus fine du monde, avec la nuance “pas la couleur, juste la nuance” du petit chevreau à gauche près de la clôture.Les délicates et poétiques broderies des débuts, les bannières éclatantes des oeuvres précédentes % i t i J ilS tu Al Q Et un jour, enfin, une grande nouvelle: l’ouverture du concours du rideau de scène pour le futur Centre national des arts à Ottawa.Elle repartit pour le Japon, pays qui lui avait prodigué de si vifs encouragements lors d’un premier séjour, afin d’exécuter une nouvelle maquette qui remporta le premier prix.Les règlements du concours stipulaient une collaboration entre l’artiste et Vindustrie mais, l’industrie canadienne ne disposant d’aucun métier manuel d’assez grande taille, Micheline Beauchemin s’en alla exécuter son rideau au Japon.Les journaux et les chroniqueurs artistiques de tout le Canada eurent vraiment un sujet en or à présenter au public les jours qui suivirent l’ouverture du Centre national des arts.On pouvait lire: “Le plus grand rideau de scène/Ottawa cache son grand Micheline Beauchemin” (La Patrie), “Hand-woven opera curtain is a scene stealer” (Ottawa Citizen), “Micheline Beauchemin, le rideau est prêt” (Le Droit), “Beauchemin curtain,a brilliant cadenza” (Architecture Canada), etc.Par monts et par vaux L’année suivante vit Micheline Beauchemin parcourir à pied, en bateau, à cheval, en camion et quoi encore, les immenses régions des Andes et de l’Amazonie.Elle était à la recherche des vêtements, cou- 1.“Le uisage de Mistra”, première broderie de Micheline Beau-chemin, en 1954.2.La maison des Grondines, au bord du Saint-Laurent.1 7 % 4 4 L ' f —T—t ii •5 J f 4 décormag • janvier 1977 BIOGRAPHIE 1 Née à Longueuil (Québec), Canada.Étudie cinq ans à l’École des beaux-arts de Montréal.1952 Dessinateur à Marine Industries, Sorel, (Québec).1953 Départ pour l’Europe.Étudie à l’Académie de la Grande Chaumière avec Ossip Zadkine.Étudie le vitrail à l’École des beaux-arts de Paris.1954 Voyage en France, Autriche, Allemagne, Suisse, Espagne, Afrique du Nord et Italie.1955 Séjourne en Grèce.Retour en France, travaille le vitrail à Chartres.1956 Palais des beaux-arts, Paris.Musée d’art moderne, Paris.Maison des étudiants canadiens, Paris.1957 Retour au Canada.Première exposition nationale d’artisanat, Galerie nationale du Canada, Ottawa.Exposition internationale de Bruxelles, Belgique.1958 Costumière à la télévision, Radio-Canada.Galerie Deny se Delrue, Montréal.1959 Salon de la jeune peinture, Montréal.Expo Monsanto, Musée des beaux-arts, Montréal.North Hatley Community Club.Galerie Denyse Delrue, Montréal.1960 Musée des beaux-arts, Montréal.Galerie nationale du Canada, exposition itinérante d’un an à travers le Canada.Galerie Dorothy Cameron, Toronto.Musée national d’art moderne, Mexico.Centre social, Université de Montréal.1961 Stratford, (Ontario).O’Keefe Center, Toronto.Here and Now Gallery, Toronto.Galerie Delisle, Chicoutimi (Québec).Costumes pour le Théâtre de l’Egrégore, Montréal.1962 London Art Gallery, (Ontario).1963 Voyage au Japon pour étudier les techniques de tissage pour les rideaux de scène.Travaille avec Tatsumura à Kyoto.Voyage en Chine et en Birmanie.MICHELINE BEAUCHEMIN I : \ : * • • •" ! ».ii! .t £ £ •flv f * jt % X © ht' ?• 0 # ' ;• mmÊmii i 0 ft ii a - V- ; CX) Lfj Dinh Ngoc Mô i 1.Micheline Beauchemin sur-ueille le chantier de travail de l’atelier japonais où a été exécuté le rideau de scène pour le Centre national des arts, à Ottawa.2.“Jardin pour une lumière jaune citron” (1972).Tapisserie haute lisse de 7' sur 10'.3.Un choix bien embêtant, celui des peaux d’alpaca au Pérou en 1973.1» z- : ME r * t i 2 # 'Mb 1 Sim-.- I - • e 4 -'¦IL 13 .ifVw/j => - : F à A — 5 J # # * ***-*«• JL a »_$ - % mmm •:/" .' .rA1 3 K I I 4 Wk \ m Wà'i C4 0 * \ i Ml * » : & f*î*’ #! 7 m r> i V' ' r\ . 1 * > ï .Ai.fS T 1 A/ \ r < v v ¦F * \ * j y / * V',v % à / \ -1 -* h :\r\ sr I u\ R J V À miS 53 décormag • janvier 1977 TV ''V"'T ^ V ?4 N 4 m> I .L k * ¦ t 4 » 4 MICHELINE BEAUCHEMIN i » «« I I I Ur *.» ! » , y 1 \ '4 9 t f / 1964 Voyage au Mexique, travaille avec les indiens à Oaxaca.1965 Deuxième voyage au Japon pour exécuter les maquettes pour le concours du rideau de scène du Centre national des arts, Ottawa.Obtient le premier prix.1966 Centre d’art de Sorel, (Québec).1967 Cent ans d’art canadien, Régis College, (Ontario).Exposition d’art sacré, Paris.“Muraille” Université McGill, Faculté d’architecture, Montréal.Pavillon de la jeunesse, Exposition universelle et internationale, Montréal.1968 Troisième voyage au Japon: travaille avec Kawashima.Exposition “Good Design of Japan”, Tokyo.Nihon Bashi Gallery, Tokyo.Voyage au Cambodge et en Inde.1969 “The Wall”, Ontario Museum of Arts, exposition itinérante.1970 “Wall Hangings”, Ontario Museum of Arts, exposition itinérante.1971 Nova Scotia Festival of Arts, Halifax.Musée d’Art contemporain, Montréal.Prix 1957 Premier prix de vitrail, École des beaux-arts de Paris.1959 Premier prix, Biennale de tapisserie de la Province de Québec.Boursière du Conseil des arts du Canada.ma 1965 Boursière du Conseil des arts du Canada.1966 Premier prix: concours du rideau de scène du Centre national des arts (Opéra), Ottawa.1967 Concours de tapisserie, Palais de justice de Percé, (Québec).1967 Concours de sculpture pour l’École des métiers de Charles-bourg (Québec).Distinctions 1967 Médaille d’argent du Centenaire du Canada.1970 Membre associé de la Société royale du Canada.1971 Membre élu de la Société royale des arts du Canada.1976 Médaille de l’Institut royal d’architecture du Canada pour l’ensemble de ses travaux.t \ m * k ¦ 9 1 S1 ' I 1 * ’ 14 A.&, • I Vi t 1 / ,1* / / $ % i «* « * l t 4 "'A 4fU< ‘ /« t v r t /# * « fc£ L i 4 \ « ; A ’ * / 1 y # t * \ \ l i t .•".# # '# X c i «V •* 4 i \n r #r / 4 » •if : ¥ Mr i ,X 4W » ft ! ' ' &1: r i i * vv.i ¦ u >¦ J é hdl»' •4 » ' H.,« ' : ^Vy % i h M H .J ¦ ! ' h - s i .,W .f u > :'M~, * 1» .¦< « 'i.>*\ A i c y- , .* V tÜ, i>S: i \ à 4 », H4.t- .y ! » x V?fV; t • M v « i*- K: i X fi fi y ' 1.Détail d’une tapisserie.2.“Totem de pierres”.6 m sur 2 m 40.Cette tapisserie se trouve au Complexe scientifique de l’Université du Québec, à Québec.3.Le rideau de scène de la salle d’Opéra du Centre national des arts, à Ottawa.Une tapisserie basse lisse entièrement faite à la main de 45' sur 85'.4.5.Détails du rideau de scène.t ' it- H , 1 % » : .< 4 » 4 ' -r X ' r* *• «I.t*' L "A v r* - > , ?1 t V 11 * * \ 1 t 'J-:, A I I i .ijhdi • r-Ati-' y bu ¦n 4 : k .* m i ' -hr* ip, • ?% 7a ii i .L * : ^ ità k t - i /> : ‘ jff ' •*.*• T.% UMf t MK /fa: I • 1 K.X jta X.v 0 1 mm \ i> v>" » —'«• i , 1 I V; lift X .1 S 9 m * v i ; " VA V ; B3Br 1 w Of VI 'S 4***.- *!*' «# - .f?>*• ' * \ I mm i-.7 V : US - ¦ 7 I 2Î3 - ' \ » r «J ; L , 4< Z - 1 .1 V- ' Si r.' T Y:- f il V ° .»*- * e ' t 1 2 1 -J r i »fr 1 i i > î ** .l X».i X.4%-i *\ * ' 4*1 ‘ i W#* I 14 mmm -éî-m % à X:u,.\x • ' à jfi.' »!* ¦ x r|rK-."'’v V • >•» ijt -fr_ * i » I •— s?" Il **>>x M t K; •'X.—¦ t Ç'.- » , ¦ ' À I i »¦ «ft i t •i fr! ¦ I w \ U ' SU r/ Vit 3 V.k"~ t\ i - • A,*: * 4 LIVRES , LU ENTRE LES LIGNES par René Viau L’HABITAT AU FÉMININ PLURIEL Paradoxalement, la femme est souvent absente des grandes décisions concernant l’habitat.Trois articles de la revue Habitat parus sous le titre “L’habitat au féminin pluriel”, donnent le point de vue de québécoises qui se sont signalées par leur travail et leur pensée dans des domaines touchant la femme, l’habitat et le logement.Ces articles sont “La maison de l’utopie” par Colette Carisse, “La femme face aux décisions d’utilisation du sol” par Réjane Charles et Danielle Fillette, et “L’habitat au présent” par Madeleine Arbour.On peut recevoir cette revue sur demande en s’adressant à Revue Habitat, Société centrale d’Hypothèque et de Logement, Chemin de Montréal, Ottawa, Ont.Revue Habitat, volume 18, nos 4 et 5, 1975.MAISONS DE CHARPENTIERS AMATEURS AMÉRICAINS — VERS UNE ARCHITECTURE SAUVAGE?D’une autre Amérique nous vient le sujet du livre “Maisons de charpentiers amateurs américains.” Des marginaux, architectes spontanés et débrouillards se sont construits, avec des matériaux de récupération, des cabanes ingénues et ingénieuses dans les forêts californiennes.Chaque famille au Québec a son bricoleur.À la fois menuisier, charpentier, électricien, plombier, il s’est construit à peu de frais un chalet d’été avec des matériaux obtenus à bon compte.Les charpentiers amateurs, c’est un peu la même chose: la fantaisie débridée, le retour à la nature et le soleil californien en plus.Le plus souvent bâties en bois, quelquefois en brique ou en maçonnerie, ces maisons ne sont pas conventionnelles: Elles reposent sur des piliers, dans les arbres.Elles peuvent comporter des fenêtres de dimensions et de formes différentes les unes des autres.Cabanes rustiques ou maisons confortables, elles sont de formes rondes, carrées, octogonales, voire même pyramidales.Bref, dénuées de tout formalisme.Chez certaines, on y sent une influence mexicaine, espagnole.Étant seul responsable de la construction de sa maison, celui qui l’habite a pu la créer selon son inspiration, ses spécifications.Tous ces abris fantasques sont remplis de fraîcheur, ou pour mieux dire, en employant les termes de l’auteur, remplis de joie.Art Boericke et Barry Shapiro, Éditions du Chêne, Paris, 1975.Prix: $10.75, broché.LES SHAKERS LES SHAKERS Ce document présente quelques aspects du style de vie et de l’esthétique de cette secte religieuse à la fois communiste, utopiste et puritaine.On les appelait “Les Shakers” à cause des tremblements et des convulsions qui les agitaient pendant les danses requises pour leur culte.Fondée au XVIIIe siècle par une Anglaise nommée Ann Lee, fille de forgeron, la secte fut persécutée et dut fuir l’Angleterre pour les États-Unis en 1774.Elle s’y développa principalement en Nouvelle-Angleterre, au Kentucky, dans l’Ohio et dans 1’Indiana.La secte connut son apogée au milieu du XIXe siècle regroupant alors 6 000 membres.Vers la fin du XIXe siècle, leur nombre commença à décroître.Quelques communautés subsistèrent encore dans les années 1920 pour disparaître à peu près complètement de nos jours.Leurs croyances prônaient l’égalité des sexes et des races, la mise en commun des biens et des ressources ainsi que d’autres thèmes spiritualistes.Les Shakers s’établissaient en communautés économiquement autonomes sur la base de la propriété collective.Ils fabriquaient eux-mêmes tout ce dont ils avaient besoin et vivaient en autarcie.Chaque ca- 4 ¦¦¦¦ ractéristique de l’architecture, de l’ameublement, et de tout objet usuel était déterminée par la Bible des Shakers, leur “Millenial Law”, et était fixée d’une façon immuable.L’esthétisme de leurs productions, la simplicité des formes et la perfection technique qu’on y trouvait, se voulaient un corollaire à leurs convictions religieuses et à leur recherche de l’Harmonie.D’abord conçue pour satisfaire aux besoins de la communauté, la production de meubles s’industrialisa après la guerre de Sécession et fut commercialisée.Ces meubles, dénués de toute ornementation et de tout luxe, selon la morale puritaine des Shakers, s’imposèrent par leur conception soignée et utilitaire.Qu’il s’agisse de poêles, de paniers, de boîtes à chapeaux, d’outils usuels, on y retrouve les mêmes formes simples et dépouillées que dans le mobilier.Èn fait, tout le cadre bâti présentait la même unité régie selon des principes religieux.Les auteurs du catalogue présentent une analyse complète du design et de l’architecture Shaker.Leur mode de vie particulier y est amplement décrit.On a beaucoup parlé du passé durant l’année du bicentenaire des États-Unis; ce document sur les Shakers nous apporte un témoignage intéressant sur ces communautés utopistes méconnues.Catalogue d’une exposition présentée du 14 janvier au 29 mars 1976 au Musée des Arts décoratifs de Paris.Publication Centre de création industrielle, Centre Georges-Pompidou, 35 boul.de Sebastopol, Paris.L’ART DES CENDRES Ce livre est destiné à l’artisan qui voudrait maîtriser ce champ d’expression céramique.Avec une cendre quelconque, d’origine végétale, il est possible de réaliser une gamme relativement étendue de compositions valables.Si toute cendre végétale est bonne à prendre, il ne suffira pas de la récolter au petit bonheur, d’en poudrer ses pots et d’attendre le miracle.Que sont les cendres?Comment les récolter et les amener à l’état d’émaux?L’Art de cendres, ne dédaignant pas les méthodes rigoureuses de la chimie, répond à ces questions et sert de guide de recherche pour le potier.Frère Daniel de Taizé Les Presses du Taizé, Paris, 2976.56 décormag • janvier 1977 LES TRUCS DE PHILIPPE UN JEU DE MODULES par Philippe Roy CZ/J-fSK/AVT D£ pe D/AMÈJ1ZZ matériel requis • Un morceau de contreplaqué de 15" sur 15" i/4" d’épaisseur).« Un contenant de plastique (pot de yaourt, par exemple) de 16 onces ou une boîte en fer blanc pour le café, coupée à 4" de hauteur.• Du vinyle très souple et pouvant se tendre facilement.• Une agrafeuse.• Deux oeillets.• Un miroir rond du même diamètre que le contenant.• Du ruban adhésif pouvant se coller des deux côtés.• Du carton blanc et mince.OE/LLEf VVA//L 7EJUPU ! « ;v*.7T % • X * - COMTEMAVJ / \ $ h - * \ / .' •>! \ y.%v V/5 tV V.' "X fabrication • Fixer, à l’aide d’une vis, le contenant de plastique ou de fer blanc au centre du morceau de contreplaqué.• Tendre le vinyle sur le tout à l’aide d’une agrafeuse en commençant par les coins.• Cacher le vinyle à l’arrière en le recouvrant d’un carton blanc de 15" sur 15", coller.• Fixer deux oeillets sur la partie supérieure du module afin de pouvoir l’accrocher.Vous pouvez faire plusieurs modules et les regrouper par 2, par 3 ou par 4; vous pouvez également en réaliser avec un miroir (dans ce cas, utiliser du ruban adhésif des deux côtés pour le fixer) ou des photos.On peut également les suspendre au plafond.laissez aller votre imagination! ' ! ! #•?¦ £-1 If à 1 4 A JP .57 décormag • janvier 1977 ¦ Jp\ 6 7 LA TCHÊCOSLOyjk M I à I it f' / / / ?T % ¦ - Z:-*.•-aw / 1 1 I N 7M 1*8 F « WJ n A, -a mà ¦K y ¦ o Les effets de la lumière sur les surfaces polies ou gravées de ces verres colorés ou transparents donnent vie aux animaux ou personnages que ces formes représentent.58 décormag • janvier 1977 décormag # janvier 1977 porter ses fruits puisqu en 1859 naissait le célèbre modèle no 14, la plus connue de toutes les chaises Thonet, en bois massif de hêtre courbé avec siège canné.D’autres modèles, berceuses, fauteuils avec bras, fauteuils pivotants, etc., sont venus s’ajouter à cette production déjà impressionnante.Mais de nos jours encore, le très grand soin apporté à la sélection des matériaux et à la fabrication de ces chaises célèbres s’est perpétué comme une tradition infiniment précieuse à laquelle l’industrie du meuble tchécoslovaque moderne s’identifie.par Pierre Letourneau photos Dinh Ngoc Mô et Richard Poissant montage: Danielle Denis La plupart d’entre nous ont fait connaissance avec la Tchécoslovaquie en 1967, au moment de l’Exposition universelle.Quand on parle de la Tchécoslovaquie, il convient de mentionner qu’il s’agit d’une fédération de deux républiques socialistes: la république slovaque et la république tchèque.Deux peuples assez différents d’ailleurs et, sans vouloir en faire une définition, on pourrait parler de Tchèques amateurs de bière et de Slovaques adeptes du vin.Deux capitales: Bratislava en Slovaquie et Prague en Bohême, cette dernière étant à la fois capitale nationale et fédérale.La dentelle Ce que l’on appelait autrefois “dentelle de Hongrie” vient également de Tchécoslovaquie.L’histoire de la dentelle dans ce pays est un exemple d’adaptation à diverses situations, capacité enviable qui permet de faire émerger des siècles de tradition et d’histoire.À l’origine, ces dentelles furent fabriquées dans les villes minières de Slovaquie orientale et centrale.Les femmes de mineurs devaient travailler dur pour arriver à boucler le budget et leurs oeuvres se répandirent non seulement dans le voisinage immédiat mais aussi en Hongrie, en Transsyl-vanie et en Galicie.Par l’entremise des vendeurs ambulants, la diffusion de ces dentelles prit une telle ampleur qu’elle concurrença bientôt les dentelles anglaises et belges.La dentelle servait aux usages les plus divers: rideaux, Quelques réalisations marquantes La chaise Thonet On la voit partout, aux terrasses des cafés, dans les restaurants, les salles à manger.Les Français l’utilisent tellement souvent qu’on pourrait croire que ce sont eux qui l’ont inventée.Et pourtant, c’est un Tchécoslovaque, Michel Thonet, né à Boppard en 1796 qui en est l’auteur.Son but était de fabriquer et de vendre à des prix moins élevés que ses concurrents et il entreprit de courber le bois de hêtre pour fabriquer ces chaises élégantes.11 fit même de ses efforts une devise qu’il afficha à l’entrée de son atelier: “Courber ou rompre”.Sa production fut remarquée par un Autrichien, le prince Metternich, qui l’invita à venir travailler dans son pays, à l’atelier de Cari Leistler.Sept ans plus tard, il put s’établir à son compte et exposa à Munich sous la raison sociale “Les Frères Thonet”.Il obtint une médaille de première classe à cette exposition de 1854.Les coûts de main-d’oeuvre lui semblèrent trop élevés en Autriche et il décida son retour au bercail, fixant son choix sur la ville de Kôrycany en Moravie.Les habitants de cette région possédaient une extraordinaire dextérité manuelle et leurs rapports avec le bois étaient presque sentimentaux.Cette collaboration entre l’inventeur et les artisans devait 1.Très stylisées, des coupes où le verre et le bois se marient astucieusement.2.Courbes et formes subtiles, une sculpture signée Klenjia.3.Bouteilles en verre taillé de Bohême.4.Fauteuil en hêtre massif courbé.C’est une des nombreuses variantes de la célèbre chaise Thonet d’origine tchécoslovaque.Fabriquée par la compagnie Ligna Bentwood Chairs de Prague et distribuée par Aarksch.5.6.La Tchécoslovaquie est réputée à la fois pour ses cristaux et pour son eau-de-vie de prunes appelée “sliuovice” que l’on pourra servir dans ces coupes aux formes originales de Karlovy Vary.7.Élégantes sur longs pieds, ces coupes dénotent le raffinement et la simplicité de la nouvelle tendance des tailleurs de verre.59 1 J-*’ ?¦ ' V u ,v -•.s% "*V> s e .I f I 9 \ i v •i ' •* î'r* - \ ^ f T-.« > ; « S V J./ i S K .4 - WL en ^ , Daniel Fy en i: S iüï 1 11 ; ¦ ¦’T w CM Bh 1 u _ LA TCHÉCOSLOVAQUIE coiffes, ornements de tablier, couvre-lits, jupons, etc.Les dentelles tchécoslovaques innovèrent de bien des façons; par exemple, elles firent sensation lorsqu’on se mit à utiliser plusieurs couleurs au lieu du monochromatisme qui était de rigueur.Également, la fermeté des textures contrastait avec la production des autres pays.Aujourd’hui, en plus des objets utilitaires, les dentellières tchécoslovaques réalisent des murales et ces oeuvres d’art bénéficient de cette maîtrise extrêmement poussée des techniques.Le verre On travaille le verre depuis si longtemps en Tchécoslovaquie qu’on serait bien embêté de donner une date précise de la naissance de cet art.Une chose est certaine, à l’origine, la production était assurée par les couvents et elle a ensuite été prise en charge par des artisans laïques.On peut retrouver à Prague certains documents datant du XlVe siècle où il est fait mention de vitriers, de miroitiers, de tailleurs de cristaux.L’essor du verre de Bohême date de l’époque du règne de Rodolphe II.Il appela à la cour de Prague en 1588 un tailleur de verre italien, Ottavio Mise-roni, dont le fils Dionisio resta ensuite au service des successeurs de Rodolphe.Parmi les maîtres étrangers, il faut également mentionner Kaspa Lehmann, pionnier de la gravure moderne sur verre.Le cristal de Bohême est donc né dans un contexte de collaboration internationale mais n’aurait jamais vu le jour s’il n’avait déjà existé en Bohême une longue tradition de fabrication du verre.Ce pays boisé et riche en quartz réunissait les conditions idéales pour la production et le traitement de ce matériau.L’Âge d’Or du verre de Bohême a connu trois périodes importantes: celle de la Renaissance, marquée par les riches coupes à facettes et à prismes taillés.Le Baroque et le Rococo, où les formes bombées et ventrues firent leur apparition.Ce fut la belle époque des aiguières à monogrammes, portraits ou armoiries.Les couvercles pointus ou arrondis portaient un filigrane d’or ou de couleur, à la manière vénitienne.Le verre de Bohême domine ses concurrents en Allemagne et même à Venise par son homogénéité, sa transparence et son poids.La troisième période, entre 1750 et la première moitié du XIXe siècle, fut heureuse et l'évolution des styles vers le Biedermeier permit un nouvel essor.De nos jours, dans les instituts spécialisés de Prague, maîtres et élèves cherchent à combiner tradition et modernisme et, parmi les artistes les plus connus, mentionnons Jean Gabrhel de la ville de Schlum dont les oeuvres ont été exposées dans le monde entier.Les marionnettes Le vieil art du statuaire pourrait être considéré comme la source d’inspiration du théâtre de marionnettes.Les anciennes statuettes d’argile représentant un saint, la Vierge ou une personne en prières étaient certes naïves dans la forme mais l’expression rendue par les traits et par la coloration était très efficace.Au théâtre de marionnettes, la représentation tient du rituel.La simplicité des textes suppose la complicité absolue du spectateur et fait appel à son imagination.Une certaine lenteur, non dépourvue de dignité, dans le déroulement de l’histoire, alliée à l’impassibilité des traits, peut donner une bonne idée de l’atmosphère qui y préside.Chaque village en Tchécoslovaquie avait son théâtre et, au temps de la domination austro-hongroise, on créa “Kasparek”, personnage coiffé d’un bonnet rouge orné d’une étoile.Il incarnait le plaisir de vivre, le combat pour la justice.Il servit de point de ralliement au mouvement de libération et on lui éleva même un monument commémoratif.En 1920, le sculpteur Josef Skupa créa un autre personnage célèbre; il s’agissait de “Spejbl” et quelques années plus tard vint s’ajouter “Hurvi-nek”, fils malicieux de ce dernier.Sous l’occupation, le théâtre de marionnettes fut jugé subversif et Skupa fut enfermé à Dresde.Il avait eu le temps de construire une salle de représentation de 500 places à Prague, théâtre qui reprit ses activités après la guerre.Il existe encore de nos jours, sous la direction du docteur Ota Popp, et continue à s’attirer les faveurs des Tchécoslovaques.décormag • janvier 1977 7 % X v X 1 A \ Ti ' MtUi»* #4 % & _ fXr •- ,-k VF W 7 J ( ) 1.Une assiette dont les motifs de blé gravés dans le verre rappellent le temps des moissons.2.Jan Cerny sait exploiter la translucidité du verre.Pour atteindre à cette pureté des lignes, chaque pièce exige un travail précieux.3.“Inconnue”.Un doux visage gravé à même le verre.Une oeuvre signée G.Tockspein.w -%, \ f m > W \ \w m 3 60 QUELQUES ARTISANS TCHÉCOSLOVAQUES INSTALLÉS AU QUÉBEC.4.Eua Lapka La céramiste Eua Lapka participe depuis quatre ans au Salon des métiers d’art du Québec.Ses oeuvres se distinguent par l’originalité des formes et une production impressionnante.Elle fut choisie pour représenter le Canada au Pavillon de l’Humour à Terre des Hommes en 1976 et expose fréquemment au Québec ou à Calgary.Elle partage avec son mari Milan Lapka, graveur et peintre, une complicité au niveau d’un principe essentiel qui est celui d’atteindre le plus de gens possible.Ils ont une perception des scènes de la vie quotidienne et des objets qui nous entourent qui n’est pas dépourvue d’humour.5.Dauid Cerny Professeur et maître-graphiste en Bohême, Dauid Cerny vit au Québec depuis huit ans.Il s’installa d’abord à la Galerie Saint-Paul et commença ses premiers travaux de joaillerie.Il fit ensuite /’acquisition de la boutique Détour dans le Vieux-Montréal qu'il aménagea, créant une ambiance chaleureuse et accueillante pour les visiteurs.On y trouve des photos, des pièces artisanales, des vêtements, des bibelots, des batiks de Jitka Dolezal et des céramiques d’Eva Lopka.À l’étage, une grande pièce lui sert de galerie d’art et d’atelier.En compagnie de son élève Guy Descarries, David s’acharne des journées entières à la recherche de motifs toujours très originaux.Laborieux et très minutieux, le travail abonde.On a pu d’ailleurs apprécier la collection de bijoux de David Cerny au Salon des métiers d’art, puisque depuis trois ans il y expose avec un ami de longue date, Ivan Dobroruka, également joaillier.6.Germaine C.Béniak Germaine C.Béniak est une artisane qui a conservé toutes les coutumes et les moeurs de sa Tchécoslovaquie natale.Toute délicate et raffinée, elle nous raconte sa passion réelle pour la tapisserie.Établie au Québec depuis bientôt vingt ans, elle fut conseillère en art et professeur d’arts plastiques; elle participa également à plusieurs expositions.Par la suite, ayant besoin de se renouveler, elle suivit un cours sur l’art de la tapisserie avec Mme Rousseau-Vermette qui lui fit découvrir l’étroite relation entre matière, texture et conception.Pour Germaine Béniak, la tapisserie devient alors un monde parfait.Préparer et carder sa laine, esquisser et monter ses canevas, faire face aux problèmes lors de la réalisation de la pièce, que de facettes pour se dépasser.Ses tapisseries reflètent sa pensée: la recherche d'une simplicité toujours plus grande qui ne vise à atteindre que l’essentiel.décormag * janvier 1977 \ m F m si )N * i- rP a m il*' * s- Ai :lx * 4 6 & 4m $S N* 5 61 rX iS3 CD C3 5P P» I f >«'«« il» 55» 55» 55» CLOVES vz.X9 i ai:r-£r F r" 1 C'r.- ÏAonAt'V i > .a* DES COINS POUR BRICOLER, CUISINER, DESSINER recherche Danielle Dubé photos Richard Poissant Ce qui n'était au début qu'un passe-temps agréable ou une activité pratique se transforme quelquefois en véritable passion.On se prend à y consacrer un nombre d'heures de plus en plus grand et, comme tous les bonheurs, on cherche un coin pour l’abriter.On transforme donc la chambre d'invités, le sous-sol.le grenier, la salle à manger traditionnelle, enfin — les femmes passionnées ne sont pas à court d'inventions! 1 décormag • janvier 1977 62 « X w.—^ - » I .-"1 - k«r.Ir-;, irk : IS / *T Px Z « ; a - itt K., ii : 3$ nr * *3 A JM r rVr • ¦ SL ) a- - - t ^ g ï -.3 m’i iwèi 1.Collection d’épices de toutes sortes.2.Dans une cuisine très spéciale, un collage très spécial.3.Photos découpées dans des revues et collées sur le mur avec de la colle à papier.Il faut ensuite apposer sur ces photos 25 couches successives de shellac et, à la 12e couche, en poncer la surface un papier de verre très fin pour enlever toutes les aspérités.4.Collection de livres de recettes.2>2 ! Wi % -ir * I M ¦a '- ¦ auec ¦>* m H / 2 U, t > y- ¦ I % v- ¦ ¦ i I I H W 11 m J ) iVtf I » ri i «V k > i 1 s» n H ss ! ¦ ! : m i JH mW A t«ô 1 V ' V \, kî -, v1 \ ) H ) \ N # r * < 1 I i; / 4 ES décormag • janvier 1977 63 DES COINS 1.Le coin-métier.Authentique métier du XVIIle siècle provenant de la vallée du Richelieu.Chaise et berceuse québécoises.Au mur une ancienne horloge et à gauche un tapis venant du quartier arabe de Jérusalem.À la fenêtre, une jardinière en cuivre.2.Dans cette pièce dont les murs sont recouverts de vieux bois de grange, on collectionne des chaises “berçantes” de différents styles et des objets de toutes sortes.Au fond à gauche, chaise de rotin blanc accompagnée de son repose-pieds en forme defer à cheval et d’une table à plateaux, en vente chez Claire Wettman Design.À l’avant, une petite chaise d’acajou.Sofa de rotin noir, chez Le Galion.À droite, une chaise en bois tourné laquée noir.L’orgue date du XVIIIe siècle.Dans le coin droit, une lampe Art Nouveau et, sur la table, un échiquier oriental.3.Une pièce de la maison, chez Danielle Vaillancourt artiste, a été spécialement conçue pour un atelier de tissage; les plans ont été exécutés par Philippe Roy.Les murs sont recouverts de stratifié blanc.Métier basse-lisse Leclerc.Accrochage intéressant d’éche-veaux de laine de toutes les couleurs.^ 4.Des casiers pour ranger les bobines de différentes fibres et couleurs.Un sofa-lit en coton brossé acheté chez Valiquette.' - ./I j mt L ¦MU m s ! / > I ¦ - I '4 I'l l i»\ __ .1 à 5 S 'A m n M ¦tfé À N $ ¦ r Z m ! ag rjç, > v?IL MUK K iliOi 11 e 1 r i iG ^ Ik ¦ 'i ?; :V • r< % Ï VI •* tK: i nr i • v >JSK « If V « w > RW 0 \ fAvA-* i - - 1 lï «7 V v " 7; 7f *» S’ r-: TL />| 2 64 décormag • janvier 1977 I 7 ' ( / d i* W.# ¦ * > * y • 4 rS>" i m I .1 Ik » : i ; Vl t i i 1Î5 \ ”1 f Z & 3 a.! •w ^ A VWa* ^MF'; î Tn - .*5 IS 4# F / r-> V.J "41 ¦* V V ".I Æ, P-,.a 4 65 décormag • janvier 1977 r mirniiiiiii ' I • # : -ii m MJLÎ T i: i i U I %* ' - i I i »r ?m >• - i 1 ?P * rï I / 1 __11™ 11 m "1 il ' IIH 4' % .1 il » 4> ?I V i |i ’ ?Is' x\-l\X IW II! il à va; i'1 I ¦U 11 \ ¦t :> \ 11 L Z il i 1— • .'V ' srE i- vv -5 II J ' ! ! ! J -TV \1 y \ lv Kv f* f » i i « • «.i.« • i il X r l A.A 111 V T I \ J f vM II à >W\ I Ih I I I •V ' 2 f ¦ S b* û y n Wl Mj ?i — m m ' S3 .» I *•»«* \ J "(£) ' x I’d - 9 I ' DES COINS 3: 1.Le coin-écriture.À la campagne, une paisible salle bibliothèque-écriture: très belle armoire aux lignes françaises.À côté, une chaise québécoise dite "chaise à coeur" qui.selon la tradition, était donnée comme dot à la fille aînée de la famille.Il n'y en cma/r qu'une par famille, d'où la rareté de ce meuble.Table à battants.Plancher en pin.* : 3 ' I 3.Un arc-en-ciel à quatre tons * j| tracé à l'aide d’un rouleau que m s l’on a fixé au mur au bout de sa trajectoire.La table de bois blanc laquée est formée d’une porte posée sur des tréteaux (Quincaillerie Pascal).Mannequin à tête lumière.L’élément de m rangement en plastique rouge vient de chez Focus.1 ' 2.Chez une artisane, Dominique Houle-Vogel, des courtepointes, des batiks, des murales.Au sol, des pièces exécutées selon la méthode "trapunto”, méthode italienne donnant du relief au tissu par un bourrage surpiqué à l’envers.Sur le fauteuil ''rétro", une courtepointe traditionnelle.Au mur, un arbre surpiqué et, à gauche, une très belle armoire.& p 1 - Tb- 4.Chez Pierrette Lambert, une minuscule pièce a été aménagée en coin-travail.4 décormag • janvier 1977 66 67 décormag # janvier 1977 BÂTIMENTS ANCIENS U ENVIRONNEMENT QUOTIDIEN, HIER ET DEMAIN 2 H i «ht rvifc.V.¦ •11! m m w ¦ «F \U ( r- ,WT t?>ijl V .jl z< A A A a A V sx / ' t s*.V2 1 Si ___ e rtp \ rnïfm.1 .\ 1.“Le fricot’’ par Henri Julien.2.Préparation du repas dans le foyer de la salle commune.1 t £ t I ! ¦A zx i ' L -Jj __________ dans son “Rapport sur la population et la culture des terres”: “Leurs maisons en général sont peu de choses, plusieurs n’ont qu’une chambre et les mieux en ont deux avec quelque part un petit cabinet de décharge dans le fond; ils couchent tout l’hiver dans l’endroit où est le poêle.” Quand on repense à la situation économique des agriculteurs de la Nouvelle-France, on arrive facilement à la conclusion qu’ils n’avaient ni le temps ni les moyens de construire des maisons plus grandes (elles avaient en moyenne 20 pieds de large), ni plus divisées, ce qui aurait exigé d’autres âtres ou d’autres poêles.La plupart ne renfermaient qu’un être, habituellement dans la cuisine, raconte à sa manière l’histoire d’une société.C’est d’ailleurs pourquoi tant de sociologues se sont penchés sur la quotidienneté et qu’un cinéaste québécois, Jacques Leduc, en a fait un film de six heures.étonnante “Chambre nuptiale” n’a pas peur d’affirmer: “La société actuelle contrôle les individus à travers les rapports de couple légalisés sur qui elle base son fonctionnement social, économique et politique.“L’institution du mariage agit comme endosseur à long terme de la rentabilité des individus au sein de la collectivité.Pattern rassurant répété à l’infini, on s’y réfère pour se confondre à la masse et s’adapter.” Autrement dit, tous les détails de l’environnement quotidien, des gestes familiers à la construction et à l’aménagement d’une maison témoignent de tout un ensemble social qui fait que, justement, les choses se font de cette manière-là plutôt que d’une autre.Chacune de nos habitudes, chacun de nos ustensiles et de nos outils par NORMANDE JUNEAU HIER Dans son livre “Pour une anthropologie de la maison”, A.Rapoport écrit: “C’est l’influence parfois subtile des forces socio-culturelles qui affecte la manière dont nous nous comportons, la manière dont nous désirons nous comporter, les vêtements que nous portons, les livres que nous lisons, les meubles que nous utilisons et la manière de les utiliser, la nourriture que nous absorbons et la manière dont nous la préparons et la mangeons et, par conséquent, les maisons et les agglomérations dans lesquelles nous vivons et la manière dont nous les utilisons.Ce sont ces influences qui permettent de dire qu’une maison ou une ville appartiennent à une culture ou à une sous-culture.” Et Francine Larivée dans le texte de présentation de son Un ennemi: le froid Si nous allons un peu fouiller dans ces vieilles maisons de l’Ile-d’Orléans, construites avant les années 1760, il ne serait sûrement pas bête de se souvenir un peu du contexte social et politique de cette époque-là.Outre les Anglais qui regardaient la Nouvelle-France d’un oeil envieux, les Québécois de 1760 avaient chaque année à se mesurer contre un ennemi jusque-là inconnu et que seuls les Indiens savaient maîtriser: le froid.Les premières maisons québécoises furent donc principalement construites et aménagées en fonction du froid.Monsieur de la Pause, certainement un gentilhomme du temps, explique , décormag • janvier 1977 68 3 5 -A * s?i ' t: S& 4; ifr ü 3.À Murray Bay, le climat glacial obligeait souvent les gens à grouper autour du poêle pour travailler.4.Le tissage des fameuses couvertures de Murray Bay se faisait à la maison.5.Aménagement de la cuisine d’une vieille maison de l’Ile d’Orléans.lb g».! se re- > JS f sur lequel la "ménagère” préparait les repas, et qu’un poêle situé dans la chambre (quand il y en avait une).Trois types de poêles sont d’ailleurs cités dans la thèse de Suzanne Jean "Aménagement intérieur et fonctions de la maison rurale de l’Ile d’Orléans entre 1761 et 1767": le poêle de fer de France, le poêle de fer du pays et le poêle de brique recouvert d’une plaque de fer.Ce qui nous amène à supposer que des forges devaient être en activité, du moins dans la région de l’Ile-d’Orléans.La salle commune Ces Québécois de 1760 étaient des gens “travaillants”.De toutes manières, ils n’avaient pas le choix puisque leur survie en dépendait.Vie quotidienne et habitation ainsi que son aménagement étaient aussi conçus en fonction du travail.L’espace-travail par exemple et V espace-conservation des biens étaient plus im- décormag • janvier 1977 portants que l’espace-dortoir qui, toujours selon l’étude de Suzanne Jean, n’était même pas fixe.Les lits étaient donc construits et disposés de façon à être facilement poussés pour faire “de la place” pendant la journée.Quant à l’espace-“réfectoire”, enlevez-vous à tout jamais de la tête la jolie image de tous ces ardents travailleurs qui mangent tous ensemble autour d’une grande table familiale.Très peu de longues tables datant de cette époque ont été retrouvées et on pencherait plutôt à prétendre que ces premiers “colons” mangeaient sur des petites tables (pliantes) qu’ils installaient où ils voulaient et quand ils le voulaient.Philippe Ariès dans “L’Enfant et la vie familiale sous l’ancien régime” décrit sommairement cet espace-réfectoire: “On vivait dans des salles à tout faire.On y mangeait, non pas sur des tables spéciales: la fameuse table de salle à manger n’existait pas; mais on dressait pour les repas des tréteaux pliants qu’on recouvrait d’une nappe, comme on peut le voir sur des gravures d’Abraham Bosse.“Dans ces mêmes salles où on mangeait, on couchait aussi, on dansait, on travaillait, on recevait les visiteurs.” D’une part, la “bienséance”-à-table (qui n’est au fond qu'une convention bourgeoise) n’existait pas dans ce temps-là et, d’autre part, il faut se rappeler que l’existence de ces individus était très dépendante de leur travail.C’est ce qui se passait au tout début.Et si l’été, la saison où ils travaillaient le plus et constamment à l’extérieur, les repas étaient pris assez irrégulièrement, l’hiver qui réunissait tous les membres de la famille autour de la seule source de chaleur, devait sûrement leur permettre de consacrer plus de temps aux repas et à une certaine vie sociale, quoique nulle part dans l’étude de Suzanne Jean on ne fasse précisément allusion ou référence aux loisirs.C’est à croire qu’ils n’en avaient pas, et même la soirée était occupée par des travaux, peut-être plus légers, mais tout de même aussi précis que filer la laine, tisser, etc.Une vie axée sur le travail C’est à plusieurs détails qu’on peut retracer la vie, la culture et l’évolution d’un peuple.Deux autres précisions retenues dans la thèse de Suzanne Jean contribuent à renforcer l’idée de la dure existence carrément axée sur le .69 grande partie dicté la ligne de vie des premiers Québécois, le climat social et politique de cette époque, la domination de la bourgeoisie et du clergé et celle des Anglais qui allait venir n’ont en rien aidé ces travailleurs à accéder à une autonomie économique et sociale qui les aurait libérés un peu de leurs dures contraintes.Ainsi, la construction et l’aménagement de ces maisons de 1760 parlent autant de cette oppression que du travail et de la vie quotidienne.L’économie de 1760 était donc basée sur l’agriculture et par ricochet sur la famille puisque celle-ci était presque une “industrie agricole”.Tout le monde travaillait, chacun collaborait à quelques travaux de la terre.La famille, à cette époque, avait donc sa raison économique et social d’exister.plus souvent été remarqués dans les régions urbaines que rurales); la plupart du temps, tout le monde dormait plus ou moins ensemble regroupé au- travail que menaient les pionniers de l’Ile d’Orléans.Alors que les ustensiles de cuisine étaient assez limités et rudimen- DEMAIN taires (dans plusieurs endroits on a recensé plus d’enfants que tour du feu, souvent par terre de fourchettes!), et que ce qui aurait pu être relié aux loisirs est pratiquement inexistant, on remarque que la variété d’outils pour travailler la terre et le bois est assez impressionnante: scies, haches, marteaux, ciseaux, égoïnes, établis, gouges, équerres, varlopes, enclumes, truelles, houes, faux, faucilles, férées, parties de charrues ou instruments aratoires ont été À l’autre bout de la chaîne, trois cents ans plus tard, une femme, Francine Larivée, pose une question quelle traduit par un environnement de quarante pieds de diamètre par vingt pieds de hauteur: “La cellule familiale a-t-elle encore sa raison d’être?” Sommes-nous en train de gaspiller nos vies à jouer des rôles qui ne nous vont plus?Alors que dans l’aménagement de la maison québécoise de 1760 tout était fonctionnel, tout avait sa raison d’être, tota- et parfois enroulé dans une peau de fourrure.Encore là, il faut toujours garder présente l’idée du froid et du manque de protection contre les intempéries; par conséquent, il devient normal que les membres d’une famille dorment tous ensemble autour du feu.Notre comportement et notre culture sont donc conditionnés par plusieurs éléments.Si les éléments naturels ont en inventoriés.L’espace-dortoir, en plus d’être semi-fixe et de pouvoir se transformer rapidement, n’était que très rarement “isolé” par un rideau ou un ciel-de-lit (ces derniers ont ¦ décôrmag * janvier 19^7 70 L’ENVIRONNEMENT QUOTIDIEN, HIER ET DEMAIN Les photos de l’Autel de la femme ont été prises au Pavillon de la Chambre nuptiale.Ce projet a été conçu par Francine Larivée et réalisé par une équipe de 75 artistes québécois.Cette exposition itinérante a été présentée en juillet 1976 au Complexe Desjardins dans le cadre du programme Arts et Culture du COJO et, en septembre dernier, au carrefour Laval.\ 1., 2.Détails de l’Autel de la femme.2 T n J.1 ! < X i i -4 V 9 ~ Æ A 5» f* ) m m .'C .> & ¦ ^ ¦ TO v èÀ i \7/i C / *¦ ' Francine Larivée tSif J V r .O % f i X 5fer NJ Z2 i Francine Larivée décormag * janvier 1977 71 3.L’Autel de la femme.Élément de “La Chambre nuptiale’’par Francine Lariuée.4, 5.Côtés latéraux de l’Autel de la femme.O) 2 U 2 I 4r M JA.‘M.l! / / 7/ \ « h * h IWj îr M it JIM « i r Ml b- li y > / r.- v :-î 1 ai E 2 U y i lement orienté vers le travail, activité principale qui était d’ailleurs une nécessité, les structures familiales étaient logiques.Depuis ce temps-là, tout a évolué, il n’y a que la famille qui est demeurée assise sur la même base: le couple.Francine Larivée, à la tête d’une équipe d’une soixantaine de personnes qui ont fourni à peu près quarante-cinq mille heures de travail et administré un budget de deux-cent cinquante mille dollars a réalisé “La Chambre nuptiale”, un environnement thématique circulaire sur le mariage, le couple et l’évolution affective des individus.Ce pavillon est aménagé en trois salles.La première est un labyrinthe qui encercle les deux autres et qui explore par ‘ ' L’ esthétisme n’ est pas pour aride que menaient les pre- miers Québécois, après avoir jeté un oeil sur ce combat quotidien qu’ils livraient contre toutes sortes d’éléments, il nous reste à regarder autour, à éva-Après ce voyage dans la vie luer nos besoins, nos relations et, peut-être, un bon matin, tout remettre en question et ne pas avoir peur du changement.soixante-treize personnages tridimensionnels, mis en situation, une vision rétrospective des gestes et comportements vécus et identifiés.La salle 2 illustre le quotidien de l’homme et de la femme au moyen de soixante-seize peintures hyper-réalistes et de huit personnages tridimensionnels.La salle 3 traite, avec un film, de l’autonomie à l’intérieur de la famille.Des animatrices donnent aux visiteurs la possibilité de communiquer leurs impressions et leurs réactions après l’expérience.moi le but ultime d’un acte créateur, explique Francine La-rivée, bien que l’intensité de la communication soit tributaire de la qualité du produit fini.” quotidienne de nos ancêtres, on peut se demander vers quoi nous évoluons.Francine Lari- vée apporte une réponse et propose un changement radical de nos structures: l’environnement matériel doit être fonction de ce qui se vit et l’individu équilibré doit le maîtriser.Elle cherche à provoquer une prise-de-conscience, une remise-en-question parce qu’elle a, elle-même, pris conscience de l’aliénation qui nous guette.Après avoir regardé en arrière, dans cette vie m w9 m -i I :,4 fffit 1 x'„.- V ^ 9 m.tA fOl; L*5 Z II espace.Comme celui-ci n’est pas limité seulement à la maison, on doit penser aussi l’usine, le centre d’achats, la t ma «i; TTT:.- |43r y 4 ¦ - ~.vVv^v 4 ft a : ¦> ÉP — L V Ï I =#ÿ&âM ¦¦ s .E iiiiL m !!! & ffl e n - » I Fz MM >> ' ^ " 1 Dans l’entrée, tout est blond.On remarque une panetière en pin surmontée d’un grand miroir ovale qui réfléchit les différents angles de cet espace.5.Dans le coin-musique, les appareils de son, de beaux meubles anciens, des tableaux colorés, et des plantes partout.Une longue lanterne jette une lumière douce sur les différents éléments du décor.1,2.Au bord du fleuve, sur la colline à quelque vingt milles de Québec, se dresse cette maison bicentenaire qui est solidement ancrée dans le sol pour résister aux vents et aux tempêtes.C’est une maison en déclin de bois pièce sur pièce.La façade côté-fleuve nous montre les différents niveaux: au rez-de-chaussée, les pièces de service, remise, salle polyvalente, etc.; au varient pour créer à chaque fois une image différente du paysage familier.premier étage, entrée, cuisine, salle à manger et salon avec accès à cette grande galerie qui court sur toute la longueur du bâtiment; à l’étage supérieur, les chambres sous les combles.4.Dans les maisons de cette époque, pas de vestibule.Au premier étage, côté-jardin, on entre donc de plein-pied par une porte grillagée coquettement ornée de guirlandes de bois.Une solide porte de bois pour se protéger du vent d’hiver.3.La salle à manger.Deux grandes fenêtres éclairent cette pièce orientée au sud-ouest.Les meubles, les tableaux, les plantes s’animent selon les éclairages qui 76 décormag • janvier 1977 * 3 vr -V 4 n Aï P w 1 V V» y ' |fc © : I «6 *4 " v \ \ m « fJi ill i.- F - : L.Æ, 1 » il ii I i rffr S i 5 W0' * K», 311 I J K '« I A r< 1 : > F ; ï ï?A A iÊm- lA__, ft y i tr w L ¦ - Æ ; décormag • janvier 1977 77 VIVRE AU BORD DU FLEUVE 1.7 ve, I’Ve d’Orléans, les collines, les vallons, la plaine et au loin, les montagnes.C’est à la fois une chambre-salon, une salle de travail et un coin-repos.Le lit en cuivre et en étain est recouvert d’une courtepointe de Saint-Michel-de-Bellechasse.Des meubles anciens servent de table de nuit, de coffre de rangement, d’écritoire.Deux tapis disparates réchauffent le bois de leurs couleurs vives.Dans toute la maison, on remarque le bois des plafonds, murs et planchers qui voisinent le blanc cru des autres surfaces murales.1, 2.Le salon.Une vaste pièce très animée.Au premier-plan, le coin du feu où se dresse une grande cheminée en pierre.Sur le plancher en pin, un tapis de haute laine blanche.Sofa en laine écrue de Roset.Fauteuils d'Ebena-Lasalle de fabrication québécoise, en plastique moulé, revêtus d’un tissu marron.Un vitrail suspendu provenant d’une vieille église, sépare le coin-musique du coin-conversation.Èk Vf F m ¦s 3.Une grande, grande chambre avec ses quatre lucarnes.De cette pièce exceptionnelle, on voit le fleu- 2 y ?3! F ': * is > lî 1 f i i I H ï> E&aa ?Mp5> iV ¦ V g ) —- ! y -xr,;: *4 Km mzm a s i £¦'¦ '"'f * E i 4 $ an >•> ! m s i.I®v w i’ T, I] î?¦ II / À m ¦ i s ses 1 >• K » r ?A W f > if, % •i.-Y' Jitf* 3 3 V f A f # * W V ?• # ¦** I'll 1 r •>r, ; i è % 'JE1 ,1§ < •Æ f?ÛZ_L ] t ' a i V mf Mi.MW ?TH BV V i i.yyj & * x, r -¦-V- **i • * St, __ Em décormag • janvier 1977 79 78 décormag • janvier 1977 LES SALONS DE COIFFURE Information technique : Danë Vilandré photos Dinh Ngoc Mô Richard Poissant JS& Est-ce en même temps que la bouche, les yeux et les dents que l’on prend conscience de ses cheveux?On ne se rappelle plus vraiment le moment précis de cette découverte importante ni même de la date fatidique où, à force de soins, de lavages, de coupes, de caresses, de tresses, de frisures, on a soudainement réalisé qu’il y avait là quelque chose d’essentiel, qui captait l’oeil à tout moment, qui révélait à tous l’état de sa santé, de son humeur et de sa personnalité.Combien de tentatives pénibles, d’espoirs enthousiastes, d’amères déceptions, combien de nuits d’insomnie sur des rouleaux blessants, combien de chapeaux et de foulards pour camoufler l’erreur ou la paresse, combien de “parlottages” entre petites amies, combien de tout cela a-t-il fallu avant d’enterrer la hache de guerre et de s’en remettre humblement aux mains de ceux et celles qui savent.La plupart du temps, on entre dans un salon de coiffure pour trouver la solution à un problème de tignasse, mais i’individu le moindrement attentif y découvrira tout un monde fascinant.Il y en a, et la plupart sont des hommes, qui ne connaîtront jamais le plaisir sensuel d’un shampooing exécuté par des mains expertes, douces et vigoureuses à la fois; qui ne saisiront jamais l’émo-tion devant le risque de changer de coupe, de couleur, de tête, d’image; qui ne comprendront jamais le mystère de ces lieux intimes et discrets où les conversations épousent le charme naïf ou perfide de V Étemel Féminin.N G ¦ i \ J m I?v : s >9 Trf I L-« » .J.«w » -gn- e : (Lpfci Les salons de quartier, sont les moins chers et les plus facilement accessibles.Parfois c’est suffisant.Parce qu’on y trouve la perle rare, la coiffeuse qui finit par vous connaître, qui est presque une amie, qui vous fera une tête de samedi soir pour tous les jours de la semaine.Et c’est une façon de se voisiner, de jaser popote, cosmétiques, enfants, n’importe quoi, avec la femme de l’autre rue qu’on ne rencontre plus sur le perron de l’église.Les traditions se perdent.Il y a le salon du centre-ville, pour celles qui travaillent et sont pressées.On vous y fera toutes les têtes à la mode, selon le goût du jour et votre état d’âme devant le risque.Allez hop! on essaie la teinture orange, des mèches folles, une coupe spéciale, la mise en plis propre et soignée, le chignon extravagant; on frise, on défrise, on coupe, on adapte selon toutes les longueurs.C’est la solution à la petite semaine, souvent dans l’anonymat du travail à la chaîne, mais qui règle vite et relativement bien un petit problème quotidien.Là aussi, une coiffeuse compréhensive, attentive à la conversation de la cliente, s’assurera une fidélité de quelques années.Et puis, il y a le grand art, les hauts-lieux de la coiffure.Les artistes et les créateurs.Les spécialistes de la coupe impeccable, de la boucle élégante et racée, de la couleur raffinée et subtile.Des têtes parfaites.Parfois d’une simplicité désarmante, mais aussi d’une audace folle.Toujours on se retournera sur votre passage, si vous avez la gueule qu’il faut pour supporter le regard, si vous avez l’assurance de votre audace.Ce peut être une fois l’an, ce peut être une fois dans votre vie.C’est à toutes les semaines quand on en a les moyens, une vie sociale active, une carrière où il faut défoncer son image.C’est à l’heure où ces messieurs commencent à envahir nos lieux sacrés que nous réalisons combien ils étaient à notre image, ces salons, discrets, chaleureux, intimes et voués à la beauté.Même si l’on s’y attarde un peu trop au goût des féministes, même si l’on y jacasse sans rime ni raison, même si l’on prend un malin plaisir à s’y faire jouer dans les cheveux, n’est-ce pas infiniment plus inoffensif, plus évolué, plus subtil que leurs tavernes enfumées?Camille Larose y Si la vocation principale des salons de coiffure est celle de la beauté, plusieurs d’entre eux ont traduit ces préoccupations d’ordre esthétique jusque dans l’aménagement de leurs locaux.Nous vous en présentons quelques-uns, parmi les plus remarquables.80 décormag • janvier 1977 11 1 JK 2 j (! > 1 .r ! ; *ï.t' V iü I X O -e b* ï WZt r wt 11 I 55 s \ liSMÜI : 1 y r 3 « \ ' .,S'J fël r s ~ Ji ¦t.TB r ; OKgs Kj J *'L | 4 Ite l si 4 LA COUPE 115 ouest, rue Sherbrooke, Montréal.1.La salle d’attente est formée de trois baies vitrées et d’un seul mur plein contre lequel repose le bureau de la réception.Un immense canapé ocre-orangé et un module de rangement tendu d’un tissu de même teinte occupent le centre de la pièce.Le module a double fonction: il sert à la fois de vestiaire et de cloison entre la salle et l’escalier.Quelques plantes aériennes occupent cet imposant volume cubique ainsi que deux ou trois photographies, seules extravagances de cet agencement géométrique, complètent le décor.m 3.Le salon.La table de coiffure réside en un comptoir central de type “butcher block” équipé de chaque côté de prises de courant et surmonté de glaces rectangulaires.Un système d’éclairage dirigé facilite la tâche du coiffeur.Au mur, une magnifique collection de photographies prises par LA COUPE depuis l’ouverture du salon en mai 1967.Une réalisation Faith Stein.' .y.MË m ## ' m I gja ,1 I I ip*is E3|| : mm K US & 1* r?si '.v&2i n E ^^^cHcormag « janvier 1977 81 LES SALONS DE COIFFURE 1 4 5.i_ * - v ,-tiÜb J1©, SI I Il *14 [i >4 i i - B1BA 1284 ouest, rue Ste- Catherine, Montréal.n S 4, 5.Les tables décalées les unes par rapport aux autres s’enli-gnent le long du mur.Fauteuils orangés, murs blancs, moquette et plafond foncés.Conception de Goyette et Duplessis, s.d.e.6 ¦ wsmi ÆÊ : : RS _rr - X 2 , ] v R# P il SALON OLIVIER 1347, avenue Green, Westmount.A I Pi I It 6.Un salon frais, d'une blancheur bleutée au centre duquel émerge un îlot de velours bleu.Le comptoir de coiffure qui longe le mur se divise en sections individuelles.Les unités de travail sont séparées les unes des autres par des colonnes de miroirs.L'éclairage indirect a été spécialement étudié pour rehausser la beauté du teint et l'éclat de la chevelure.Un design Philippe Dagenais, s.d.e.if x \ / \ / / décormag • janvier 1977 85 LES SALONS DE COIFFURE 2.¦ ¥ ¦ fi 1.pe fi Pii E i h - i ' J i s# ¦111 ' " à 7.1 Ü S : _ *4 1 'i-’- y ¦Â » 1 STUDIO 1 et 2 7234, rue Saint-Hubert, Montréal.3.:: I 1.Récupérée lors de l’aménagement dans ses nouveaux locaux, Paul a transformé la vieille baignoire en un jardin incongru.¦6- ¦i ^ .lu : 1 2.Coiffeur-bricoleur, Paul Cons-tantineau a conçu son salon selon ses plans et ses idées.Il a tout fait lui-même depuis le déblayage, en passant par la menuiserie, l’électricité et la peinture.Il s’est même fait couturier et fabriqua les kimonos qu’il nous invite à passer à l’arrivée.Un talent “naturel” qui s’exprime aussi dans la coiffure.i I , i a# :: KlJs* : 'j ri 3.Une uitrine aménagée en salon d’attente où le spectacle de la rue s’offre en distraction.I «F .86 décormag • janvier 1977 y % * ¦ m 1,1 ¦ m ' vv ¦ " 2^# :v m i 'Mi w T s
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