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Titre :
La relève
Éditeur :
  • [Montréal :La relève],1934-1941
Contenu spécifique :
Mai - Juin
Genre spécifique :
  • Revues
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La relève, 1940-05, Collections de BAnQ.

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LU ève Fondée en 1934.r Robert Charbonneau Paul Beaulieu Rédacteur en chef : Claude Hurtubise.36, avenue Roskilde, Outremont, Montréal Directeurs : 5e série 2e cahier les étapes spmfueSies de Psichai'B La course spirituelle de Psichari a été bien souvent décrite : on a scrupule à redire ce que les admirables textes du Voyage ont gravé dans notre mémoire.Le plus qualifié des témoins en a donné un commentaire pénétrant : Jacques Maritain (').Ce qu’il importe de marquer c’est comment cette transformation ou plutôt cette révélation de soi par soi, se relie à la démarche fondamentale de cette âme.Le nom de Jacques Maritain ne vient point ici par hasard.A cette découverte d’une âme, d’un bout à l'autre de la route, son image est associée.Dans la course de Psichari vers les disciplines et les fidélités, deux figures lui avaient fait escorte, celle de Barrés, celle de Péguy; le long de cet itinéraire spirituel, nous en voyons deux autres, celles de Maritain et du R.P.Clcrissac.C’est un des aspects les plus touchants de cette vie que d'avoir su maintenir serrés les liens de cette amitié véritablement fraternelle qui, pendant plus de quinze ans, unit Ernest Psichari à Jacques Maritain.Elle était née au lycée, dans toute (1) Derniers chapitres d'Anlimodcnic.(2) Ces pages sont extraites de Psichari, un volume à paraître chez Plon prochainement. LA UELÈVE ;u la fougue fervente de leurs quinze ans.Un peu plus âgé qu’Erncst, Jacques avait tout de suite pris sur lui l'ascendant d’un esprit plus mûr sur un jeune cerveau qui respecte profondément les mérites de l'intelligence.La vie, trop souvent, distend ces chaînes de l'amitié adolescente, renverse ces jeunes hiérarchies ; elle devait consacrer et confirmer cette affection.Dans les lettres, à travers les témoignages (pic nous possédons, nous découvrons, sans reprise, sans fléchissement, cette amitié faite d'une confiance absolue, d’une tendresse sans fausse honte, de la part du cadet teintée subtilement d'une vénération.Elle devait avoir sur Psichari une grande influence.Le Voyage du Centurion en fait état.N'était-ce point pour des raisons que, plus tard, Psichari devait bien comprendre, (pic Maintain était devenu chrétien ?A ving ans, il avait connu lui aussi, la nausée devant la sèche nourriture des philosophes, l'angoisse de cette ignorance fondamentale que les éruditions et les dialectiques sont impuissantes à apaiser.Ces « jeux mortels de l’intelligence » qu’Ernest devait dénoncer plus tard, c’étaient eux que son ami avait condamnés, le jour où il avait gravi, titubant de tourment, l'escalier de Montmartre et avait retrouvé la trace d’une fidélité aussi difficile à rejoindre pour le petit-fils de Jules Favre que pour le petit-fils de Renan.Pourtant, ce ne fut pas tout de suite que cet exemple agit sur Psichari.Au Congo, recevant de son ami la fameuse carte dont il parlera dans le Voyage : (( J’espère que tu nous reviendras de ces solitudes croyant en Dieu », il n’éprouve qu’étonnement ; cette carte, le Centurion l'abandonne au vent d’Afrique qui l'emporte.Mais une intuition exacte avait inspiré ces deux lignes.A mesure que le philosophe chrétien assoit sa doctrine, la développe selon les grands principes du Thomisme, la sollicitation de sa pensée s’exerce sur son cadet (').Psichari (1) "Ta pensée, mon cher Jacques est d'une essence si précieuse quelle exerce sur moi, tine véritable fascinationLettre du 8 août 1908. 35 LES ÉTAPES admire son ami.Le verdict que son instinct porte contre le monde moderne, Maritain lui eu fournit les considérants philosophiques.Et encore n'est-ce là que l’extérieur et le plus évident de cette influence : une autre s’exerçait, plus secrète, confiée aux puissances invisibles, par laquelle une ame, au plus fort de ses débats, se sentait attirée, protégée et comprise, dans l'attente et l'imploration.Le jour où Psichari reviendra du désert, ayant fourni tout l’effort dont un homme est capable, c'est la charité de son ami, — aidée par une autre charité, celle d'une épouse que tout unit en cette tâche, — qui lui aplanira les voies et préparera les gestes définitifs.La prière que ces deux croyants avaient portée pour leur ami sur la montagne de la Salette, l’escortera pendant les mois rapides de son existence chrétienne; elle prolongera plus tard le message que sa mort accomplit.Il est juste d’associer à cette destinée celui dont Maxencc, au désert, évoquant les joues transparentes, les yeux tranquilles et sûrs, la face blanche inclinée sur l'épaule fragile, la face de son ami.Où placer le point de départ de cette évolution spirituelle qui amènera l’enfant, élevé dans l'agnosticisme, à la ferveur de la Croix ?Cela est bien difficile à marquer.Peut-être ce point de départ se situe-t-il antérieurement à cette vie, dans le déterminisme des influences qui nous obscurcissent ou nous éclairent à notre insu.Psichari écrivait à Péguy qu'il sentait peser sur lui, l'hérédité de celui qui portait la soutane à vingt ans; Renan, sur l’Acropole, au moment même où il évoquait la vierge païenne « la déesse dont le culte signifie Raison et Sagesse )) entendait encore chanter dans sa mémoire, les litanies de l’autre Vierge, « Rose mystique, Maison d'Or, Etoile du Matin .» Par delà le philosophe apostat, quelle action exerçait sur son arrière-petit-fils, le pêcheur trégorrois dont nous parle Henriette Psichari, « qui ne savait pas lire, mais qui avait LA RELÈVE 3ti fait trente-deux fois le voyage d’Islande avec la Vierge protectrice accrochée en liant du mât )) ?A l’enfant, un père qui s’y connaissait en disciplines intellectuelles avait fait lire l'Evangile et l imitation ; plus tard Pascal et Bossuet.Il ne s’agissait que de former un style ; mais les nobles phrases, les sentences inoubliables inscrivaient si bien dans cet esprit la pensée qu’elles expriment que, quinze ans écoulés, en Mauritanie où il n’avait pas emporté le Nouveau Testament, Psichari le citera de mémoire, sans efforts.C'est qu'il y avait, en lui, de toute évidence, autre chose qu’un dilettante qui admire le texte évangélique comme on admire Homère ou la poésie chinoise.(( Mctxcncc avait une âme ».En une heure creuse de l'enfance, cette âme avait frémi lors d’un séjour qu’avait fait Ernest chez des amis protestants, auprès de qui, il avait trouvé un premier exemple de spiritualité chrétienne.Cette brève flamme s’était assoupie.Pourtant quand, licencié de philosophie, il songe à un sujet de thèse, celui auquel il s’arrête sur Fénelon, Mme Guyon et le Quiétisme, montre assez qu'il y avait chez lui au moins de la curiosité pour les réalités mystiques.Mais, à la vérité, il y avait davantage.1 Mgr A.Le Roy préfaçant une réédition des Terres de soleil et de sommeil, affirme que les impressions que Psi-cliari y rapporte sont, à proprement parler, celles d’un païen.Peut-on se permettre un avis différent ?Sans doute, et nous l’avons déjé indiqué, il y a dans ce livre encore si maladroit un hédonisme romantique, une exaltation assez puérile d'égoïsmes renaissants, d’orgueils, de frénésie quasi sensuelles, à quoi le simple héroïsme du jeune maréchal des logis donnait un démenti.Mais on y devine aussi tout autre chose ; une angoisse secrète, peut-être fille de celle de Pascal (arien n’est sinon la minute ailée dont le passage nous laisse, avec un peu d'insouciance stoïque, un infini de détresse»); le sentiment d’une juste hiérarchie (la beauté, ::T LES ÉTAPES I- c’cst la Grèce, c'est Rome, c'est la France chrétienne), et, presque déjà celui d'une appartenance (
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