La relève, 1 novembre 1940, Novembre
LU èwe .Cette charpente philosophique, ces lignes de force des doctrines modernes étaient déjà en puissance dans les premiers péchés contre la lumière de l'être; peu à peu l’anthropocentrisme secoua la sagesse surnaturelle, puis la sagesse naturelle et rendit possible, graduellement, la précellence de l’art fabricateur sur l'être.Un franc retour à la sagesse de saint Thomas s'impose donc ; un éclectisme ne pourrait nous réserver que des déconvenues.« Si l'on veut se mettre en garde contre les erreurs qui sont la source et l'origine de tous les malheurs de notre époque, il faut, nous dit Pie XI dans l'encyclique Studiorem Ducem, rester plus que jamais fidèle à la doctrine de saint Thomas ».Celui-ci n'a pas cédé à l’« ensorcellement de la niaiserie », dont parlent les Écritures, il a édifié sa métaphysique sur le roc de l'être, objet adéquat de I intelligence, et témoigne d'un souci constant de maintenir pures les vérités de la foi et les lumières de la raison.Dès le premier regard du sens commun, l'Aquinate transcende l'individualisme et le communisme.Le premier s’enclôt dans le bien individuel utile et délectable; le second se limite au bien commun utile et délectable.Saint Thomas s'élève au bien rationnel qui doit être aimé « pour lui-même ».Le sens commun, confusément, nous révèle le bien comme une réalité dont nous dépendons et qui ne dépend pas de nous, en même temps que les conditions subjectives de sa réalisation: liberté, immortalité de l'âme et le Souverain Bien comme fondement ultime du devoir.Mais, c'est au nom de l'objectivité de nos connaissances et du principe d'identité saisi dans le premier regard que le sens commun porte jugement sur le bien rationcl.Car, explique saint Thomas, I intelligence n’est intelligible à elle-même que par I PRIMAT DE L'ETRE OU DU FAIRE ?73 une relation essentielle à l'être qui est sa mesure extrinsèque.L'être est l'âme, la vie de toutes choses, de nos simples appréhensions, de nos démarches discursives, de nos jugements: aucune réalité (individuelle, sociale, morale, naturelle, surnaturelle) ne doit échapper à sa loi.Notre intelligence, par le principe d'identité régulateur du réel et de la pensée, par l'universelle intelligibilité de l'être dans les deux mondes où nous devons penser et vivre : le monde du relatif et le monde de l'absolu, s’élève peu à peu à l'Acte pur qui, à son tour, permet d'expliquer les choses comme le parfait l'imparfait.Le retour à Dieu se fait de l'imparfait au parfait, et le but est la béatitude contemplative.Et puisque ce qui est ordonné à une fin en tire sa valeur, et que la fin ultime est engagée dans les moyens humains de l'atteindre, la vie des individus et des peuples doit s’organiser, ici-bas, sous l'influence de la sagesse.f- Gerard Petit, C S C La misère et la persécution en Chine L'an dernier nous avions publié des appels à la charité pour ces millions de chinois qui mourraient de faim.Cette année, si la famine est moins menaçante — elle ne cesse jamais de l'être — un autre fléau est venu s'y ajouter: la persécution."Une véritable inondation, nous écrit le Père Joliet, semblable à celle qui rougit l'Espagne il y a trois ans s'étale sur mon district depuis quelques mois.L'Eglise catholique n'est pas encore attaquée directement mais nos chrétiens s'apprêtent chaque jour au martyre.Quant à nous dès que le mouvement sera déclenché, nous serons les premières victimes.A côté de chez moi la sécheresse a supprimé toutes les moissons mais les gens sont moins à plaindre que les miens car les parasites les ont quitté pour torturer et enterrer vivants ceux qui ont eu quelque récolte." Les aumônes peuvent être envoyées par mandat ou chèque au R.P.André Joliet, SJ, Mission catholique de Ste-Thérèse, Potowchen, Hopeh, Chine, ou au Père Procureur des Missions, l'Immaculée-Conception, 1855 est, Rachel, Montréal.i ¦¦ Ncte sur l’espérance Bonuin mihi quia humiliasti me”.Tout homme recèle en lui un nouveau Salavin.Pour peu qu’il prenne conscience de lui-même, 1’ ‘‘appel du héros” le sollicite ; il veut courir la grande aventure de la perfection, atteindre sa plénitude.Mais dans cette recherche d’un complément où s’assouvirait enfin cette soif d’être, l’homme retombe trop souvent sur lui-même, soit qu’il se déifie, — et alors le terme rejoint le principe : on s’enferme dans un cercle, — soit qu’il se réfugie dans l’agnosticisme, orgueil suprême qui nie le verbe1.Cette tragédie indique la nécessité d’une plénitude extrinsèque qui saura combler ce trou d’être par lequel l’homme est béant vers la perfection.Dans un sentiment quasi-expérimental se révèle cette négation : la faute originelle.Bossuet a raconté cette histoire : ontologiquement l’humanité pré-clirétiennc ne pouvait que tendre vers le Christ, dispensateur de l’Eau, sa bouche brûlée par ce breuvage proprement humain qu’est le péché.Alors apparut le Verbe, qui nous donna l’Amour.Cette réalité supra-naturelle indique clairement notre absolue dépendance vis-à-vis de Dieu.Cette introduction dans la vie trinitaire, non comme spectateur, mais comme acteur, est une largesse divine : ‘‘car c’est par la grâce que vous avez été sauvés au moyen de la foi ; cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu (.).Nous sommes sa fabrication (poiêina), créés dans le Christ Jésus”2.$ I I (1) C’est là un des grands enseignements de la philosophie grecque et de toute mystique cxtra-chrctienne.ignorant l’élévation au naturel.Toutefois l'élévation
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