La relève, 1 janvier 1941, Janvier
I h Mil 1 : I la Releve i t \ Sommaire Prisons et pénitence 129 H.A.REINHOLD.üs posséderont la terre, roman, 1.Edward (suite) 136 Le manuel ROBERT CHARBONNEAU 144 PIERRE BAILLARGEON .GABRIEL-M.LUSSIER .Cantique d'un ordinand, poème 146 GUY SYLVESTRE .De Montherlant 149 CHRONIQUES “ Charmants voisins ” de Claude Melançon par Jean Le Moyne — Une nouvelle revue : “Regards” par Claude Hurtubise — Courrier de Chine — Note de gérance tÀA-*' 15 cents 5e cahier, 5e série JANVIER : i L’ECONOMIE 1 L'AISANCE LE TRAVAIL rrf ¦fer' SSicT ir as .'M- 4 il ! W^/ZT S: O 8 f: f &e x : 4 kt L1 5s: ; fist' % .a I ü fl % m I y * ,:%ÎS » Vu»*®** Les trois facteurs indispensables pour vivre heureux.LA BANQUE D’ÉPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTREAL Fondée en 1846 Coffrets de sûreté à tous nos bureaux SUÇOIRS Al.RS DANS TOUTES LES PARTIES DE LA VILLE , ^ V-L- 1 j.c jEA.N DE BREREI, lilBL., MA ».I LU X r èwe Fondée en 1934 Robert Chcirbonnectu Paul Beaulieu Directeurs : Rédacteur en chef : Claude Hurtubise 340, avenue Kensington, Westmount, Montréal 5e série 5e cahier PRISONS ET PENITENCE Une solution radicale au problème toujours actuel de l'attitude envers les criminels.Je nie suis souvent demandé ce qu’un homme peut éprouver en entrant à la prison de Sing Sing, d’Aleatraz, au pénitencier de 1 1 le du Diable ou dans un camp de concentration russe ou allemand.Je me souviens du désespoir qui écrasait nos esprits lorsque, pendant la grande guerre, nous ne bougions pas de nos tranchées, jour après jour, sans espoir que la folie qui nous immobilisait de terreur, cesse enfin.Et pourtant nous étions des hommes libres, censés combattre pour une noble cause.L’hideuse et réaliste description que fait Belbenoît de ses années à la colonie pénitentiaire française m’a ramené à ces pensées.Belbenoît est français, donc de tradition catholique.Mais on trouve difficilement dans son livre un aspect religieux et consolant à son héroïque lutte pour la liberté, ni ne semble-t-il y avoir eu aucune place pour les secours île la religion dans ce terrible repaire de cruauté, de vice et de désespoir.J’ai lu encore plusieurs descriptions et entendu d’épouvantables récits au sujet des camps de concentration, tels Dachau, Esterwegcn et Solovki.Vu juif, témoin oculaire, LA KKIiih’ti ISO me lit une poignante narration des indignités morales et des cruautés que le Père Spiekcr, S.J.dût endurer pendant deux interminables années dans un camp nazi.Il m'a dit quel appui cet irréductible confesseur chrétien était pour de souffrance, tant juifs que catholiques, ses compagnons tant communistes que socialistes.Mais aucun évêque allemand n’a réussi à établir des chapelains pour ces hors la loi et ccs victimes sans défense de la raison d état totalitaire.En lî)23, dans une petite ville allemande, un jeune avocat m’a])prit.un jour qu’il était censeur de la correspondance émanant des pénitenciers de la région.11 était irappé du ton presque mystique de ces lettres.Plusieurs de ces hommes et femmes surmontaient leur désespoir et conservaient leur croyance en la vie comme une suite raisonnable d événements, uniquement sur le plan d’une toi vivante.Et pourtant, quand ils quittèrent les murs protecteurs de leurs eux retournèrent à leur vieille pénitenciers, plusieurs d’entre routine criminelle, parce qu’ils ne pouvaient vraiment pas marcher seuls et sans une sévère discipline.: # Depuis, ces problèmes m’ont toujours intéressé.Quel-brèves visites clans un pénitencier en ma qualité tic (lues prêtre, une conversation fortuite avec un bagnard libéré, révélateur d’un film de “gangsters” me rappelait un passage cette question — la dernière fois en 1937, lorsque j’essayai de faire sortir de Tombs, et plus tard de Kicker’s Island, matelot allemand.Cet homme in ’écrivit pour me prier de laisser tomber l’affaire, car il se savait irrémédiablement adonné à la drogue, grâce à la complaisance d’une infirmière qui l’initia à Panama.J’ignore ee qu’il est devenu.Dorothy Day a essayé de l’aider; mais son cas était tellement désespéré, que même la charité toute désintéressée de la Maison Saint-Joseph, rue Mott, n’a pu, moralement, le remettre sur un pieds.J ’en vins à me demander si notre attitude est juste envers dire, non seulement une attitude chré- ces gens ; je veux tienne, mais en même temps réaliste.Nous n’accordons aucune confiance aux faibles théories modernes qui veulent I PRISONS ET PÉNITENCE Kil considérer le crime comme une maladie mentale d’irresponsables déchets de la société.Nous n’admettons pas, non plus, (pie sont entièrement responsables la société, les conditions économiques, une éducation déficiente, bien que, je crois, nous ayons, depuis cinquante ans, appris à reconnaître la grande importance de ces facteurs.Pour ma part, je trouve difficile de partager l’optimisme démocratique de ces directeurs qui transforment leur prison en une sorte d’université, et qui attendent presque tout d’une meilleure éducation intellectuelle et sociale.J’ai bien pour que nous devons reconnaître au péché originel et à ses conséquences sur notre nature déchue.un plus grand rôle que ne lui concèdent nos optimistes humanitaires.Mais tant mieux si plus de douceur dans nos prisons, si une sage rééducation, si un juste respect envers la personne du criminel, peuvent former d’autres membres désirables pour nos communautés spirituelle et nationale.Quel chrétien, quel prêtre ne se réjouirait pas de la rédemption d’un seul homme ?En tous cas l’enjeu vaut qu’on essaye.t L'état des prisons.M.Frank Murphy, qui a récemment visité Alcatraz, a fortement critiqué cette prison.Il n’en approuve pas l’aspect architectural et déplore les conséquences de celui-ci sur l’esprit des prisonniers.Les journaux libéraux ont ri sans trop de malice du procureur général, parce qu’il est un catholique “tellement pieux”.Et, parce qu’il est démocrate, on a soupçonné scs campagnes d’assainissement de vouloir rivaliser avec le nettoyage républicain, accompli dans New York par M.Dewey.Quoi qu’il en soit, c’est une bonne occasion pour nous, catholiques, de nous demander si nous n’avons aucune suggestion à faire pour résoudre le problème des prisons, d’une manière principalement et essentiellement chrétienne.Peut-être y a-t-il une suggestion dans le fait même que les mots “pénitencier” et “pénitence” sont si étroitement liés.Ne doit-il pas exister là une relation d’idées?Je ne parle pas en ce moment des prisons américaines dont je n’ai qu’une vague idée.Je pense aux prisons d’Eu- I ïrtfl LA RELÈVE 132 vope.Non que je les connaisse en expert.-J’en connais a peu près ce qu’un prêtre, qui n’a pas été chapelain de prison, plMlt en savoir.Je dois aussi confesser que j’ignore tout de I "histoire de ces institutions, et que je ne suis pas renseigné sur ce que les pays à majorité catholique ont accompli pour établir leurs pénitenciers dans un esprit chrétien.Je ne “bonté envers les animaux’ , qui parle pas île cet esprit de ^ d’humanité et qui veut épargner à l’infor-l'einme, d’inutiles cruautés, C'est tout né- es t un minimum Inné, homme ou ) galif, et, à l’encontre de la véritable idée chrétienne d une maison de “pénitence”.après la naissance de Notre-chrétien à nos pénitenciers?Qu’avons-nous fait 1011!) Seigneur pour donner un ans sens Nous avons accepté comme un “dogme” naturel (pie l’état, (pii administre la justice et prononce les sentences, doit aussi appliquer les punitions décrétées.Le criminel, vis-à-vis de la loi et partant, vis-à-vis de la société, est juge et la société.Et l’Eglise, et le christianisme?Oh! pouvons pour alléger le triste frères infortunés : nous avons de zélés chapelains, puni par nous faisons tout ce que nous sort de nos présents jour et nuit et que chaque prisonnier peut voir prill y a des sociétés qui s’occupent activement du prisonnier : elles lui envoient des livres, du tabac; leurs membres prient pour lui, le visitent : ils s’occupent de sa malheureuse femme, de ses enfants, de sa mère ; ils le distraient par des spectacles, des concerts, le cinéma et la littérature.quelques-uns même essayent une chose presqu'impossible __ lui trouver de l’ouvrage après sa libération.Per- pratiquons pas les œuvres vément.peut dire que spirituelle et charnelle de miséricorde à l’égard de ces frères misérables.Je dis “nous”, collectivement, mais je suis bien convaincu que, dans mon pays d’origine du moins, des organisations non-catholiques ont fait plus que vous et moi, et que le reste de “nous autres”.Je dois aussi avoir un mot de louange pour nos chapelains qui donnent leur vie entière hommes et ces femmes une aide spiri- nous ne sonne ne pour apporter à ces tnolle et corporelle.Je sais (pie des milliers d’hommes leur ¦ PRISONS ET PÉNITENCE 133 doivent ce qu'ils ont et ce qu’ils sont actuellement.Ils n’ont pas seulement, au nom de la miséricorde, arrêté bien souvent les rouages sans pitié de la justice, mais ils ont aidé à refaire de nouvelles existences et à transformer une vie ratée en “un sacrifice d’encens aux yeux de Dieu”.Cependant, le sens du christianisme se borne-t-il à panser les blessures, à repriser des guenilles et à garnir de tuteurs des constructions ruinées?Même si nous pouvons donner un nouveau sens ou une autre partance à des individus, ici comme ailleurs, est-ce tout ?Ne devrions-nous pas penser à la vaste armée «les “criminels” comme un tout, puisqu’il semble bien qu’on ne puisse espérer jamais la disparition de cette partie de l'Egliseî .Je sais que la prison municipale de Locarno, dans l’heureuse Suisse, n’a pas eu de pensionnaires depuis des années, mais là aussi, de temps en temps, un enfant d’Adam et d’Eve est sûrement pris.r \ Le " pénitencier chrétien Je crains (l'avoir un peu trop négligé le but de mon article.Venons-en à mon idée.Elle n’a rien de mystérieux, rien de grand.Elle est toute simple.Je crois qu’aujourd’hui, nous chrétiens, devons penser à quelque chose comme un “pénitencier chrétien”, basé sur la joie de la rédemption.La devise en devrait être : joie et bonheur.Comment?De la manière que l’Eglise a toujours apporté la joie à son peuple : par la vie des conseils évangéliques, pratiqués en commun et plus étroitement liée à sa liturgie.Les prisonniers sont nos frères et sœurs dans le Christ et rachetés par son sang; la plupart ne sont publiquement connus que comme criminels, mais ne dilfèrent pas essentiellement de nous.Si nous pouvions leur trouver un mode de vie qui soit pleinement religieux, nous pourrions les inonder d’une joie infinie.Nos Chartreux et nos Trappistes, nos pauvres Clarisses et nos Carmélites vivent une vie d’extrême mortification au rythme liturgique profondément marqué.Je suis certain '! ri i LA KKLKVK qu’un prêtre, ayant la permission de visiter les prisons d’un pays, pourrait recueillir nombre d’âmes désireuses de changer la sentence qui leur a été infligée par la société, pour une pénitence volontaire.Je crois de même qu’elles accepteraient volontiers une règle inspirée de celles des ordres voués à la pénitence mentionnés plus haut, et qu’elles se soumettraient à un sévère noviciat.En échange, elles recueilleraient la joie des vrais pénitents qui vivent une vie traversée de la splendeur et de la gloire de notre liturgie.La source de joie do cette vie spirituelle en communauté serait beaucoup plus saine, pour ceux qui sont condamnés à vie ou qui servent de longues sentences, que les films et les pièces qui ne font que susciter en eux des désirs et les révolter contre Dieu, la vie et la société.Si de toutes les parties d’un pays on pouvait réunir une telle communauté de prisonniers au sein d’une institution adéquate, ils pourraient suivre l’exemple des moines du moyen-âge en cultivant la terre ou en accomplissant une œuvre qui nous fait gravement défaut : l’impression tic nos livres sacrés dans des éditions convenables, à un prix accessible aux plus pauvres catholiques.Ainsi la vie prendrait tin sens nouveau et, hommes et femmes qui ont failli dans le labyrinthe de la civilisation moderne, pourraient réussir dans les voies simples et ordonnées d’un refuge quasi-monastique.Ne craignons pas de trouver suffisamment de vocations sacerdotales et religieuses pour maintenir de telles communautés de pénitence.Les Sœurs du Bon Pasteur, dans un champ limité, ont fait un travail semblable depuis plusieurs années.Une nouvelle communauté de sœurs Dominicaines, fondée par le P.Latastc, 0.P., accomplissent la même œuvre pour les prisonnières dans leurs maisons de Béthanie en France.On sait que la plupart des gouvernements ont encouragé les maisons du Bon Pasteur.Le soi-disant gouvernement anti clérical de France a accepté les sœurs de Béthanie avec une bienveillante compréhension.Evidemment on n’enlèverait pas au gouvernement la surveillance, le contrôle économique et judiciaire.Au contraire : le contrôle et l’administration du gouvernement seraient bienvenus pour écarter 1 I PRISONS ET PÉNITENCE 1:15 toute suspicion.Etant une maison de pénitence, l’humiliation de voir la force judiciaire toujours évidente, serait une note caractéristique de tout le projet.Tel en serait le “corps”.I;’“âme” serait différente.Au lieu d’être une marmite bouillonnante d’esprits plus ou moins révoltés contre Dieu et la société, sur le couvercle de laquelle, la part la plus chanceuse de I humanité a posé le poignet de fer de son appareil judiciaire pour le bien fermer, nous aurions des hommes et des femmes dont la vie sociale était une faillite, mais (pii, maintenant, donnent des années, peut-être le reste de leur vie, pour le grand, le positif et saint devoir de pénitence.Nous apprenons dans notre catéchisme (pie les saintes âmes du purgatoire sont plus heureuses que nous malgré leurs souffrances, parce qu’elles sont d’abord assurées de leur salut, puis, qu’elles sont heureuses de souffrir pour leur propre sanctification, la seule cause susceptible de transformer la douleur en joie.Pourquoi refuserions-nous aux vivants, ce que Dieu accorde aux morts?Baptisés, ils ont droit à une vie vraiment chrétienne, que l’apôtre Pierre décrit ainsi dans sa première épître : “et, vous-mêmes comme des pierres vivantes, entrez dans la structure de l’édifice, pour former un temple spirituel, un sacerdoce saint, afin d'offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus-Christ”.Personne ne peut rien apporter contre ce passage de Pierre admonestant les chrétiens de vivre une telle vie, afin qu'il soit clair à tous ceux de l'extérieur (pie leur souffrance n’est pas celle de malfaiteurs et de voleurs, mais de disciples du Christ.La “respectabilité”, une fausse vertu de notre civilisation, pourrait, elle, s’élever contre ce projet.Je pense (pic le Cardinal Newman a dépouillé ce mot de tout attrait dans sa fameuse, mais souvent mal comprise charge contre l’idée de gentleman, en tant que forme de vie.L’Eglise n’a jamais été trop orgueilleuse pour ne pas embrasser en publie ses plus déplorables et plus infortunés enfants, et le Christ a promis h- paradis à un voleur suspendu au gibet — en publie aussi, et quel public ! des grands prêtres, des pharisiens, des scribes et des citoyens respectables.I'- ll.A.HEIN HOLD. , ILS POSSEDERONT LA TERRE..Et dans le matin décisif, sous le regard maternel de la \ ierge, vous avez accepté la pauvre offrande, Comme un père qui prend son fils au sérieux \ ous m'avez longuement parlé de la moisson mûre Et, dans la plainte lointaine que faisait l'appel des âmes, j'ai senti jusqu'au dégoût l'affreux néant de tout ce qui n'est pas Vous, mon Dieu F ! S i I I I 1 LA RELÈVE 148 ï Et maintenant, voici qu'après les longues heures de solitude et de prière sous le cloître où \ ou s m aviez appelé; Après les intimes colloques où tout lien charnel semblait a jamais rompu, Après les reprises, les faiblesses, les méchancetés dont la source en moi, hélas ! n'est pas encore tarie, Après les repentances, les fatigues, les dégoûts et les tristesses profondes, Après les humbles victoires et la paix coutumière dans la sécurité de vos promesses, \ ous avez reçu mon oblation à travers l'irrévocable voeu lit de l'autel déjà \ eus me faites signe de monter pour l'effarant honneur ! 0 Maître, ne saviez-vous pas qui j étais et pourquoi m avez-vous conduit jusqu'ici ?C'est à moi que vous allez confier le pain de votre Eucharistie Et le soin de l ouaille a fortifier pour l assaut du Royaume C’est par moi que le Ciel va s'ouvrir et le Sang couler sur l âme pénitente! i Y pensez-vous, Seigneur ! Voyez; je trébuche encore sous le poids de mes désirs pauvre captif au souvenir de El frémis sourdement comme un sa jungle natale ! 0 Chemin à parcourir encore, aie pitié de mon impuissance! vers qui j'ai souvent crié, Condescends jusqu'à moi, Sagesse Et qu'en ce jour de frayeur et d'espérance, f obtienne au moins d'éviter L'éternel opprobre de ceux qui n'ont souci que de la face! Ne permette: pas, Seigneur, que je pactise avec les tenebres et m'en aille par les années Satisfait de la tiédeur et de la nullité.Feu dévorateur, embrase donc ce buisson et qu'il devienne ardent'.Sagesse toute-puissante, crée en moi un coeur coeur indéfectible.Pour que celui à qui sera conféré le merveilleux pouvoir Devienne en vérité Sel de la I erre et Lumière du Atonde .nouveau, un Gabriel-M.Lvssilr, O P I m - I DE MONTHERLANT r Tout est semblable, étant dissemblable; tout identique, étant différent ; tout en relation et sans relu- t ion ; tout intelligent et snus intelligence.Hippocrate.Il y :: Dl: MONTH KH I i.\ N T est logique, de même que cette proposition qui résume su conception de lu tragédie de l’amour : “devoir attirer et repousser presque dans le même geste, allumer et rejeter vite, comme on fait avec une allumette”.Le fatalisme conduit au stoïcisme, “qui n’est pus un pis-aller mais une complaisance positive et joyeuse (I) dans le monde tel qu’il est’’ (Bréhicr).Car tout est raisonnable.Et tout est relatif.C’est pourquoi l’homme doit jouir selon une juste mesure de tout ce qu’il peut atteindre, sans s’attacher à rien, car rien n’est digne d’amour.Nietzsche avait dit que l’amour n’est que curiosité, crainte, égoïsme et impuissance.(ni) Faisons de l’actuel, du présent, notre unique proie : l’espérance est la folie des faibles, (n) Mais il n’y a pas de désespoir chez Montherlant : “Pessimisme serein, — de celle, sérénité uis tout démolir d’un coup de pied en riant, non, cela ne le choque pas”.Le mépris de Montherlant ne porte pas seulement sur le monde sensible, mais sur ses semblables et sur lui-même.Si rien ne vaut la peine, je ne vaux pas non plus la peine et je puis mépriser mes désirs mêmes.Cet ascétisme et cette humilité ne sont que des caricatures car ils ne sont pas de Dieu.X oulus pour 1 homme, ils sont des cercles vicieux.L homme désire et pas, s’estime et pas : cet éternel irrationalisme héraclitéen qui déifie la contradiction et l’identité radicales de toutes choses.\ unite de tout effort.Un père donne vingt pages de conseils à son fils et conclut : ‘‘Quand vous serez devenu ce exemplaire, alors le temps sera venu que vous vous fussiez tuer, pour des démêlés d'une civilisation dont ne vous sentirez pas solidaire”, (q) Princt meurt et son ami Alban se sent complice de la nature, parce que tout ee qui arrive est bon.Alban va mourir à son tour : l’utilité de mon sacrifice, et dans le fond je crois que je me sacrifie à linéique chose qui n’est rien.Après avoir feint d’avoir de l'ambition et je n’en avais pas, feint de craindre la mort et je ne la craignais pas, feint de souffrir et je n'ai jamais souffert, feint d'attendre et je n’attendais rien, je meurs en feignant de croire que ma mort sert, mais persuadé qu'elle ne sert pas et proclamant ijiie tout est juste”.Donc en mourant à la guerre, Alban sert, dément son acte, le juge ou non in nous.run vous -/ ignore (
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.