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Titre :
Bulletin /
Éditeur :
  • Montréal :la Chambre,1899-1949
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Commerce
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Bulletin /, 1907-11, Collections de BAnQ.

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[" LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTREAL Conseil d\u2019Administration de la Chambre de Commerce ID XJ DISTRICT IDE TÆO 2sTTD6EA.il, PRESIDENT .M.C.H.CATELLI, Industriel, 31 Barclay.1er VICE-PRESIDENT M.ISAIE PRÊFONTAINE, Bourgeois, 107 St-Jacques.TRESORIER 2me VICE-PRESIDENT M.A.V.BOY, I.C.et industriel, 425 St-Jacques.SECRETAIRE M.J.B.A.LANCTOT, Marchand de gants, 212 Bl.St-Laurent.M.FOUTUNAT BOURBON N 1ÈRE, Avocat, 76 St-Oabriel.CONSEILLERS M.Bcrthiauiue Mon., Trettié, c.L, propriétaire do \u201c Eu Presse M Chaput Armand, maison \u201c Chaput I-il» à Cie \u201d, I, lu* lin^h.M.Duoiist Emilien, lit>ruirl«> Benuohmmi,m\\ w* rcwonrrcft, etc.CoiiItTciicc par M, A V.Roy, I.vU*o|irC\u2018(iirt du nuuilr «h** tmn*porl*.2*\u2019» 4o\tl.es accident* du travail : rapport du cutnitl de léKi*latloii.2fd .rM»\tProctto-verlMUix de la Chambre.2»>2 (io\tPetit courrier.2t'4 7o\tNouveau groti|ic photograph i51 Fêtes de Carthage Le cardinal de Lavigerie, qui a fait beaucoup de bien en Tunisie, sans toutefois convertir les Musulmans, y a fait construire par ses Fères blancs, une grande cathédrale, sans style bien déterminé, mais de proportion imposante.Elle a été construite sur remplacement d\u2019un ancien temple.Le principal but en la construisant, était de remplacer le Tunis moderne, le Tunis européen pour le fixer à Carthage.L\u2019idée en elle-même était bonne, car la situation est plus saine à Carthage qu\u2019à Tunis, à cause de son élévation.Mais le but visé parle cardinal de Lavigerie n\u2019a jamais été atteint.A côté de l\u2019église se trouve le séminaire actuel des Pères blancs, missionnaires africains, et c\u2019est à peu près tout ce qui reste de l\u2019ancienne ville de Carthage qui a joué un rôle si important dans cette partie du monde.Teboursouk Téboursouk est une ancienne ville romaine.Elle contient un temple fort bien conservé : celui de Dougga.C\u2019est un temple de style corinthien, admirable et d\u2019une grande richesse.El-Djem A El-Djem, existent les ruines d\u2019un ancien amphithéâtre aux vastes proportions et en forme d\u2019ellipse, dont le grand axe mesure 150 mètres et le petit, 125.Cette masse imposante est située entre Sousse et Sfax.Gouvernement et administration La Tunisie est gouvernée par le Bey qui gouverne selon les lois du Coran, dont il est le dépositaire.Le Coran, livre sacré qui règle non seulement les questions religieuses, mais aussi les questions sociales et politiques et même personnelles entre musulmans.Avant l\u2019occupation française, le Bey était tout-puissant.Occupation française Depuis 1883, le Bey est assisté du Résidant général (véritable souverain) nommé par le gouvernement français, dont il représente les intérêts.Il promulgue les lois et les fait appliquer.Le Bey est aussi assisté d\u2019un certain nombro de fonctionnaires indigènes et par des directeurs de service (ministres) tels que les directeurs de l\u2019enseignement, finances, travaux publics, agriculture et commerce, poste et télégraphe, etc.Tous ces fonctionnaires sont français et nommés par le gouvernement de la République.Ces derniers, avec le ministre de la Plume (secrétaire indigène) et le Général Commandant les forces armées, forment le Conseil des Ministres, ayant le Résidant général comme Président.Caïdats et Sheikhats Le pays est ensuite divisé en caïdats ou provinces gouvernées par les caïds et subdivisées en sheikhats administrés par les sheiks ou maires.C\u2019est l\u2019ancienne subdivision des tribus qui a été conservée.Les caïds sont nommés par le Bey et choisis parmi les arabes de naissance, riches et influents.Les sheiks, au contraire, sont choisis par les différentes peuplades ou tribus.Leur importance varie suivant la richesse du groupe qu\u2019ils représentent.Cert aines de ces tribus sont fixes, d\u2019autres nomades.Bédouins Parmi ces dernières se trouvent les Bedouins qui vivent continuellement sous la tente.Ces tentes ont une forme et une couleur particulière qui tend à les faire confondre avec les aspérités du terrain environnant.Elles ont cette particularité qu\u2019elles sont tissées par ces indigènes mêmes, le plus souvent, de poil de chameaux.Les hommes de ces tribus sont grands et digues.Les femmes sont toutes jolies jusqu\u2019à l\u2019âge de 25 ans environ.Détail caractéristique : elles ne se voilent jamais la figure.Elles sont toutes revêtues ou plutôt, drapées d\u2019étoffes souples aux couleurs bleues pour les Bédouines de Tunisie, et rouges pour les Bédouines d\u2019Algérie.Ces draperies sont retenues aux épaules au moyen de boucles spéciales formant des plis savants ; elles portent également des grands anneaux aux oreilles et de nombreux bracelets d\u2019argent.Les fillettes, par contre, LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTREAL 252 sont recouvertes d\u2019étoffe très claire où le rouge, le jaune et le bleu dominent.Les garçonnets portent le moins de vêtement possible jusqu\u2019à l\u2019àge d\u2019une dizaine d\u2019années.Les hommes, comme leurs frères des villes, sont revêtus d\u2019un burnous blanc, laissant entrevoir des sous-vêtements aux couleurs vives pour les plus riches, de simples jerseys de coton pour les plus pauvres.Ces sous-vêtements no sont jamais enlevés et ne sont remplacés que lorsqu\u2019ils décident de partir d\u2019eux-mêmes.L\u2019aire des tentes est toujours de terre battue.L\u2019on y aperçoit pêle-mêle, au milieu des volailles, des chaudrons et autres ustensiles, toujours l\u2019antique meule composée de deux pierres plates et qui sert à moudre le grain, base de la nourriture de ces peuplades nomades.Les Bédouins ont des habitudes, en ce qu\u2019ils reviennent chaque année, à des époques déterminées, soit pour la saison de récolte ou de pâturage, dans les caïdats qui leur sont attribués.Lorsque l\u2019étendue d\u2019un caidat est trop considérable, les caïds sont aidés de kalifs.Dans chaque caïdat, il y a un contrôleur civil représentant du gouvernement français et qui est en communication continue avec le Résidant Général à Tunis.Grâce à ce double système, les instructions sont reçues et exécutées promptement ; chose importante dans un pays où tant de races et d\u2019intérêts différents sont appelés à se rencontrer journellement.Religion Les Tunisiens sont musulmans.Les principaux devoirs de tout bon musulman sont : la purification par la prière, le jeûne (ramadan) et le pèlerinage à La Mecque, puis la purification par l\u2019eau.Tout musulman doit, lorsqu\u2019il a touché quelque chose d\u2019impur, tel que, par exemple, les porcs, les chiens, les liqueurs enivrantes ou tout être qui a péri de mort naturelle ou qui a été tué de manière autre que celle prescrite par les lois du Coran, doit se purifier, c\u2019est-à-dire, pendant les prières, faire à certains moments, des ablutions répétées.La prière devant Allah, le grand prophète, est le premier et suprême devoir de tout bon mahométan.Il y en a cinq d\u2019obligation, le matin, le midi, l\u2019après-midi, le soir et la prière dite \u201c de nuit Les heures de ces prières sont annoncées comme je l\u2019ai déjà dit, du haut des mosquées par les muezzins.Les prières peuvent se faire en commun ou en particulier à la condition toutefois de se tourner du côté de la Mecque (ville sainte).Le coran enseigne que ce monde n\u2019est qu\u2019une demeure provisoire où l\u2019on doit se préparer à la vie future dans un monde meilleur.Les mosquées servent non-seulement à la prière mais aussi à l\u2019enseignement du culte (le coran).Il existe encore plus de cent millions de maho-métans répandus depuis le Maroc, en Afrique, jusqu\u2019au nord de l\u2019Inde, et à cause de leur fanatisme, des explosions sont toujours à craindre à tout moment.Ex.: (le Maroc).Le protectorat, avec beaucoup de sagesse et d\u2019à-propos, a respecté toute l\u2019organisation religieuse et judiciaire de l\u2019ancien régime, c\u2019est-à dire : a conservé au peuple sa religion, ses lois et ses coutumes, tout en l\u2019assimilant aux conditions du protectorat.Justice La justice est administrée par des tribunaux mixtes à l\u2019exception de la justice purement indigène dont la jurisprudence découle du Coran et de coutumes plus ou moins anciennes et déterminées par l\u2019habitude.Dans ces cas, le gouvernement français a recours à des tribunaux purement indigènes.Villes indigènes Kairouan est la deuxième ville en importance des musulmans et prend rang immédiatement après La Mecque.Ville de caractère tout à fait arabe, remarquable par son nombre considérable de mosquées aux minarets imposants et aussi, par ses anciennes fortifications (85 mosquées et 90 Mesjedsou oratoires).Kairouan est la seule ville de la Tunisie où les infidèles sont admis à pénétrer dans les mosquées. LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉAL 253 La raison en est que lors de l\u2019occupation française les troupes victorieuses, pour en imposer davantage aux populations conquises, pénétrèrent, armes et bagages, dans les dits lieux saiuts.Les indigènes considèrent alors ces mosquées comme ayant été profanées et depuis ce temps, l\u2019on est admis à les visiter à la condition de se procurer une permission spéciale.Ce sont également les seules mosquées où l\u2019on puisse pénétrer sans l\u2019obligation d\u2019enlever ses chaussures.Des serviteurs vous précèdent et relèvent les nattes ( u tapis au furet à mesure qu\u2019on y avance.En Algérie, par contre, l\u2019on est forcé de se déchausser à la porte des mosquées ou bien de renoncer à sa visite.Dans toutes les autres mosquées de la Tunisie, il est impossible d\u2019y pénétrer pour aucune considération ; toute infraction à cette loi serait une cause de désordre importante ; on se garde bien de le provoquer.Lekef Pendant que je traite le sujet de religion et de la vie arabe, je vous dirai un mot sur Lekef qui prend rang immédiatement après Kairouan.Quoi de plus pittoresque que cette vieille cité ancienne perchée au sommet de rochers avec ses remparts aux dessins fantaisistes couronnés d\u2019une antique kasba ou forteresse construite de gros blocs de pierre sans forme bien précise, qui lui donnent un aspect plus antique encore et occupée aujourd\u2019hui militairement par quelques bataillons de (joyeux) ou soldats d\u2019Afrique, hommes ayant déjà subi une condamnation en France avant leur incorporation au régiment.En passant, je vous citerai une promenade très originale que je fis du Kef à Souk-el-arba.Il n\u2019y a d\u2019autres moyens de communication aujourd'hui entre ces deux villes qu\u2019une vieille patache ou autrement dit, l\u2019ancienne diligence de nos pères, attelée de cinq chevaux efflanqués qui parcourent le trajet en six heures environ et ceci, grâce au cri strident et continu du conducteur arabe et d\u2019un nombre incalculable de coups de fouet continuellement répétés.Juché sur le haut de ce véhicule peu confortable, nous avons pu cependant admirer de très beaux paysages.La route en corniche suit le versant d\u2019une colline, le Djebel-Dir, pour traverser la plaine du Kef et par la vallée de la Medjerdah, l\u2019on arrive à, Souk-el-arba, (marché du mercredi).L\u2019arrivée de la diligence y cause toujours une certaine curiosité.Les arabes dos différentes tribus, les uns venus de l'intérieur, des Juifs, des enfants de toute sorte, do races diverses, tous très sales et à moité vêtus, quêtant des sous (un petit sou, Messiou)nous entourent.C\u2019est au milieu de tout ce désordre que nous pénétrons par uue courbe plus ou moins savante devant la gare du chemin do fer Bone-Cuelma où nous reprenons le train pour Tunis, rompus, mais satisfaits de notre originale promenade.Souk-el-arba est le centre d\u2019importantes plantations agricoles.Taborka, autre ville très ancienne située sur la côte n\u2019est aujourd\u2019hui qu\u2019un centre de pèche.Commerce Le commerce, au début de l\u2019occupation française n\u2019était que de 23 millions de francs.En 188D, il était de 54 millions et en 1895, de 85 millions ; il a depuis longtemps déjà dépassé le chiffre de 100 millions de francs.La Tunisie exporte les céréales, les huiles d\u2019olive, les éponges, les minerais de zinc, les phosphates, les dattes, etc., etc.et elle importe, surtout de France, les farines, semoules, les peaux préparées, les soies, les tissus de coton et de laine, les cafés, les machines, les matériaux de construction, etc.En outre, la Russie et l\u2019Amérique exportent du pétrole.La Suède et la Norvège et aussi la France y exportent des planches et madriers de sapins en grande quantité.La Tunisie produit d\u2019autre part, des tissus indigènes de laine et de coton, des étoffes, les kaiks, étoffes indigènes proprement dites.Il se fait également un commerce transsaharien au moyen de caravanes de chameaux.Ce commerce est très ancien et a toujours une certaine importance surtout dans le sud de la Tunisie. f LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTREAL 254 Agriculture La Tunisie a été, depuis les temps les plus reculés, un pays d\u2019exportation de céréales et a contribué longtemps à l\u2019alimentation de l\u2019Italie.Mais cette période de prospérité s\u2019est ralentie pour devenir très faible par suite de l\u2019appauvrissement du sol en acides phosphoriques ; aujourd\u2019hui le pays a pris le dessus grâce à l\u2019industrie indigène qui s\u2019est développée et aussi à la colonisation sans cesse croissante.La main d\u2019œuvre indigène, assez bonne et surtout économique est fournie principalement par les Berbères.Ils se servent pour tout instrument aratoire, d\u2019une charrue primitive dont le socle a forme de fer de lance ; les trois parties principales de cette charrue étant situées dans un meme plan, elle a besoin d\u2019être maintenue continuellement en équilibre.Malgré ce désavantage, elle donne cependant d\u2019assez bons résultats.La rentrée de la récolte se fait à dos de bêtes, ânes ou chameaux ; système lent et peu pratique.Les indigènes cultivent principalement le blé, l\u2019orge, le mais et le seigle.Les colons emploient des moyens plus modernes et arrivent, par suite, à de meilleurs résultats.Les moissonneuses-lieuses et les moteurs à vapeur sont couramment mis en usage pour actionner les batteuses.Les fourrages viennent assez bien et contiennent une quantité suffisante d\u2019azote.Par suite du climat de la Tunisie, les animaux sont privés du fourrage vert pendant sept mois de l\u2019année, de juin à décembre.Les bêtes souffrent souvent de ces conditions et certains troupeaux sont en partie disséminés dans les régions de grande sécheresse pendant les mois d\u2019été.L\u2019élevage par suite des pertes causées dans ces conditions n\u2019est pas toujours rémunérateur.Les légumes se cultivent principalement dans la vallée de la Medjerda ; leur culture s\u2019y fait d\u2019un bout de l\u2019année à l\u2019autre.Les colons cultivent plus particulièrement la pomme de terre, la tomate, les pois et les haricots ;\u2014 les indigènes arabes, les oignons, carottes, navets, pastèques, melons, etc.Les vignes se cultivent un peu partout.Quant à l\u2019olivier, il donne un meilleur rendement dans le centre et le sud de la régence.Olivier La culture de l\u2019olivier est très ancienne dans la Tunisie.Du côté d\u2019El-Djem, l\u2019on peut encore tracer sur une profondeur de plus de 100 kilomètres des débris d\u2019une ancienne forêt d\u2019oliviers.Ces oliviers ne sont pas sauvages et donnent aujourd\u2019hui, malgré qu\u2019ils ne sont pas cultivés, quelques olives.On a même trouvé dans cette région des cuves en pierre où les anciens dépulpaient les olives et même des plaques de pieTre aux rainures parfaitement visibles qui servaient alors de base aux presses où les olives étaient comprimées.La culture de l\u2019olivier a été depuis quelques années reprise sur une grande échelle.L\u2019on compte aujourd\u2019hui au-delà de 10 millions d\u2019oliviers cultivés répandus un peu partout, surtout dans les régions de Bizerte, Tunis, Sousse, Sfax, etc.Les plantations du sud sont les plus importantes, vû que c\u2019est dans ces régions qu\u2019il est plus profitable de les cultiver, car à cause de la sécheresse, la récolte des céréales y est irrégulière, tandis que l\u2019olivier adulte demande peu d\u2019eau.Un arbre, dans les conditions normales, peut donner un rendement de 2 à 4 francs par année.Les statistiques montrent que de 1896 à 1905, la Tunisie a produit 270,441 hectolitres d\u2019huile d\u2019olive (un hectolitre est 22 gallons).Un olivier donne en moyenne à 10 ans, 15 litres d\u2019olive ; à 15 ans, 30 litres ; à 20 ans, 45 litres d\u2019olive donnent 10.35 litres d\u2019huile à 65 centimes le litre, soit 6 fr.75, moins 2 fr.30 de frais et 45 centimes d\u2019impôts donnant un revenu net de 4 francs qui est à peu près le maximunâ sur lequel on peut compter.L\u2019inconvénient des plantations d\u2019oliviers, c\u2019est qu\u2019ils ne commencent à donner un rendement commercial qu\u2019au bout de la dixième année.La taille se fait en mai et la cueillette, d\u2019octobre à mai. LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉAL Vignes Ce n\u2019est que depuis 1881 qu'exisfe les premiers vignobles français en Tunisie ; avant cette date, les quelques vignes que l\u2019on trouvait un peu partout produisaient peu de raisin, lequel était vendu pour la consommation locale.Les vignes se cultivent dans presque toute la Tunisie, mais donnent un meilleur rendement dans le nord.La culture de la vigne exige un défrichement complet du sol, ce qui est très coûteux, mais malgré cette première dépense, cette culture donne des bénéfices assez importants.Dans les cas les plus avantagés, le rendement peut être de 90 à 100 hectolitres à l hectare.Les vins produits en Tunisie sont des vins légers ; ils sont surtout employés en France comme vins de coupage.Certaines variétés de vignes produisent des vins qui peuvent fournir des imitations du type \u201c porto \u201d et 14 Madère \u201d dont la fabrication semble être rémunératrice.En 1906, le produit total pour la Tuuisie a été de 300,000 à 350,000 hectolitres de vin.Le phylloxéra est encore inconnu en Tunisie.Entre autres domaines, il faut citer particulièrement celui de Potainville.\u2022\tForêts En France et dans toutes ses dépendances et colonies, on attache une très grande importance à la préservation des forêts.Les jeunes pays comme le nôtre devraient prendre exemple sur elle, sur ce point, avant qu\u2019il ne soit trop tard.Les forêts sont contrôlées par un service spécial dépendant du Ministre des travaux publics et appelé 44 Administration des forêts Un décret promulgué en 1886 stipule entr\u2019autres qu\u2019il est défendu d\u2019y allumer des feus en-dehors des habitations, même pour la fabrication du charbon de bois, entre le 15 juin et le 1er novembre.Il donne le droit à l\u2019administration de réquisitionner tout européen ou indigène pour combattre l\u2019incendie, et punit de mort quiconque tente volontairement de mettre le feu aux forêts s\u2019il y a perte de vie, et de travaux forcés à perpétuité s\u2019il y a eu feu, mais non mort d\u2019homme.Il détermine également les droits de coupage, d\u2019usage, etc.Les principales forêts sont dans la Khrourairie et contiennent entr\u2019autres variétés d\u2019arbret-,le chêne liège, l\u2019orme, le saule, le tamarix, le peuplier blanc et noir, le frêne, le houx, le laurier, l\u2019olivier sauvage, etc., etc.le sous-bois est constitué do myrtes de bruyères, de genêts, de lentisque, etc.L\u2019exploitation des forêts fournit le liège, l\u2019écorce de tan, le bois destiné aux traverses de chemins de fer (chêne zeen), etc.Pooheries La pêche maritime seule compte pour un facteur important eu Tunisie.Elle s\u2019exerce sur les côtes de la Tunisie et fournit trois produits principaux : les poisons en grande variété, les éponges et le corail.Les poissons La pêche la plus générale se fait au moyen du bœuf, grand filet ou poche trainée par deux bateaux auxquels sont attachées les deux extrémités du filet.La vitesse de ces bftteaux est d\u2019environ trois nœuds à l'heure.Les poissons les plus communs sont : les donra des, les mulets, les loups, les rougets, les soles, les anguilles et les ombrimes.Il y a aussi les pêches fixes, telles que par exemple la pêche aux bordigues formées d\u2019nne série de cloisons en V où le poisson se ramasse et que l\u2019on retire à l\u2019aide de petits filets à marée basse.Les Pêches spéciales, telles que celles des anchois, des sardines et du thon, se font à certaines époques déterminées de l\u2019année.Ces poissons se pêchent tous au filet.Le thon, avec des filets spéciaux appelés madgraque8, très résistants.Ces filets sont placés le long des côtes et barrent le passage du poisson qui suit la côte pour ensuite se rendre à la haute mer.Le thon, une fois pris dans la madgra-que, est chassé par une série de filets dans une poche spéciale nommée 44 corpou \u201d à double fond LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉAL et à un signal donné, le corpou est tendu et les poissons, à mesure qu\u2019ils apparaissent à la surface, sont Si.i s is au moyen de crochets.Ce ne sont là que quelques exemples parmi les pêches variées qui se font sur les côtes de la Tunisie.Eponges L\u2019éponge se pêche principalement dans le golfe de Cabès.Elles sont de plusieurs variétés, parmi lesquelles se trouvent : LesKerkennis à racine noire et résistante : Djerbi, dont la racine est rose et peu résistante ; Zarbis, à racine blanche, qui donne une qualité souple et bonne; Hadjeni, dûre et compacte, de qualité secondaire.Cette pêche se divise en pêche noire et 'êche blanche.La pêche noire comprend la livraison de l\u2019éponge telle qu\u2019on la rencontre dans la mer et recouverte d\u2019une matière noirâtre qui émet une très forte et très désagréable odeur.La pêche blanche comprend le lavage sur la place avec soin, ceci se fait par les indigènes et est un travail plutôt pénible.Cette pêche se pratique dans de petites embarcations détachées de l\u2019embarcation principale, contenant chacun deux hommes, le rameur et le pêcheur.L\u2019engin employé est généralement un trident.Les arabes emploient quelquefois un engin à cinq et six dents fixées à des manches de raccordement et lestées de plomb, de manière à atteindre des profondeurs dépassant huit mètres, et allant dans certains cas jusqu\u2019à 14 mètres, lorsque l\u2019eau est très claire.Une fois l\u2019éponge choisie, elle est détachée au moyen du trident par un double mouvement de rotation et de bascule.L\u2019habileté consiste surtout à ne pas abîmer l\u2019éponge, ce qui arrive rarement dans le cas d\u2019un bon pêcheur.La pêche se fait aussi par scaphandriers et quelquefois par des plongeurs indigènes à nu.Us plongent généralement avec un poignard entre les dents pour se défendre des requins, attachés seulement par une corde pour assurer leur montée ; ces derniers, une fois l\u2019éponge choisie, la détachent au moyen d\u2019un instrument quelconque, souvent mê- me d\u2019une simple pierre.La résistance de ces hommes est remarquable ; ils peuvent rester des trois minutes sous l\u2019eau et atteindre de très grandes profondeurs.Corail Cette pêche, comme celle de l\u2019éponge, se pratique à des profondeurs plus ou moins grandes.Elle est très pénible et les pêcheurs qui s\u2019y adonnent sont rares.Les Mines Les mines, très nombreuses en Tunisie, sont régies par une législation spéciale.Le temps dont je dispose ne me permet pas d\u2019entrer dans tous les détails.Il faut noter que l\u2019exploitation proprement dite d\u2019un gite minier ne peut être faite qu\u2019à la suite d\u2019une concession accordée par l\u2019Et at.La concession est octroyée à perpétuité avec une redevance de 5 pour cent du produit net à payer à l\u2019Etat et dix centimes par hectares compris dans les limites concédées.On exploite surtout la calamite (carbonate de zinc) et le phosphate de chaux.La Tunisie produit aussi de la galène (sulphure de plomb) et depuis une couple d\u2019années, on y a mis en exploitation des gisements importants de minerais de fer.Le produit des minerais de zinc était de 2,284* tonnes en 1890 et de 23,435 tonnes en 1899 et le produit des minerais de plomb de 490 tonnes en 1890 et de 5,224 tonnes en 1899.Ces chiffres ont considérablement augmenté depuis.Les rainerais de fer \u2018commencent seuUment à donner des résultats appréciables et cela depuis la terminaison de la ligne de chemin de fer de Tunis à Kalaat*ès*Senan, d\u2019environ 200 kilomètres.D\u2019putres voies sont projetées qui permettront avant peu un rapide développement des richesses minières du pays.Phosphates L\u2019exploitation des phosphates a pris aujourd\u2019hui une très grande importance.Ils comprennent : lo les gites sédimentaires ; 2o les phosphorites en filons. LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTREAL Les phosphates d\u2019origine sédimentaire se trouvent dans l\u2019eocène inférieure et sont ceux qui sont les plus exploités.L\u2019exploitation se fait, soit à ciel ouvert, chaque fois qu\u2019il y a possibilité ; dans ce cas, toute la couche est exploitée.Lorsque les phosphates sont surmontés de couches de calcaires, on emploie la méthode dite \u201c par piliers abandonnés Ces piliers mesurent jusqu\u2019à neuf mètres sur trois et sont séparés par des galeries de quatre mètres de largeur environ ; l\u2019on perd ainsi à peu près 80 pour cent du minerai.Les phosphates ainsi détachés, sont conduits à l\u2019extérieur au moyen de wagonnets, soit par des galeries horizontales ou légèrement inclinées, lorsque le cas le permet, comme par exemple, aux raines de Gafsa ou à des puits d\u2019extraction.A leur sortie, les phosphates sont passés dans des trémis, puis avant de les expédier, on doit les faire sécher à l\u2019air libre exposés, par couches peu épaisses, qui doivent être retournées plusieurs fois.Pendant ma visite à la mine de Kalaat-Djerda, l\u2019on était en train d\u2019y installer, à titre d\u2019essai, un système de séchoir rotatoire à air chaud, dont on attendait de bons résultats.Les phosphates ainsi séchés sont amenés par chemins de fer à Tunis et expédiés pour la plupart en Angleterre où ils sont traités par l\u2019acide sulfurique.Les super-phosphates obtenus, résultat de cette opération, sont employés avec avantage comme engrais.Les principaux centres d\u2019exploitation des phosphates en Tunisie sont h Cafsa, au sud, Kalaat-Djerda et Kalaat ès-Senan, dans le centre.Ces dernières mines sont situées près de la frontière algérienne et non loin dujameux centre d\u2019exploitation de Thebesa, en Algérie.Je dois faire remarquer en passant que les mines de Kalaat-Djerda sont exploitées par une compagnie italienne et celle de Kalaat ès-Senan, par une compagnie anglaise.Main-d\u2019œuvre Les ingénieurs et principaux employés sont fran- çais ; les mineurs proprement dits, sont italiens on siciliens Quant aux manœuvres, on emploie quelques arabes qui sont beaucoup moins exigeants au point de vue des gages, mais dont le rendement en travail est de bien inférieur à celui de la main d\u2019œuvre européenne.La condition de vente des phosphates est basée sur leur teneur en phosphate tribassique de chaux.Les phosphates exploités en Tunisie ont une teneur de 58 à 60 pour cent qui est considérée comme bonne.Les phosphates sont garantis ne contenir pas plus de 2 pour cent de fer et d\u2019alumine.Soirée Une nuit que j\u2019ai passée aux mines de Kalaat-Djerda m\u2019a fourni l\u2019occasion d\u2019admirer le plus beau clair de lune qu\u2019il puisse être donné de contempler, et tel que l\u2019on n\u2019en voit jamais dans notre pays.Vers les onze heures, la lune était dans son plein éclairant le paysage et le camp minier endormi comme une immense lampe électrique très puissante dans un ciel très pur et sans l\u2019apparence du moindre nuage et les montagnes aux contours nets où les plateaux, comme de grandes tables, se détachaient sur le fond bleu limpide du ciel.Le silence presque pénible par son intensité, rarement interrompue, si ce n\u2019est par le hurlement sinistre de quelque chien arabe, animal presque sauvage, subitement réveillé ou surpris dans sa maraude nocturne et silencieuse à la recherche de quelque nourriture car, comme son maître (l\u2019arabe nomade), il est voleur de naissance.Seul en apparence, le gardien veille, armé jusqu\u2019aux dents, dans son poste de vigie, aux murs garnis d\u2019armes prêts à servir et en cas d\u2019éventualités, au moindre signal.Ce n\u2019est qu\u2019avec peine que mon camarade et moi avons pu nous décider à abandonner la contemplation de ce sublime tableau pour gagner notre wagon particulier qui nous servait de domicile pendant cette tournée d\u2019inspection, abandonné sur une voie de garage et où nous attendait, toujours souriant, notre fidèle serviteur Mahomet. 258 LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MOXTRÉAL Bizerte Je ne voudrais pas terminer ce court aperçu sur la Tunisie sans dire un mot de Bizerte, principal port maritime et militaire de la Tunisie et de Gabès.A Bizerte, le gouvernement français y a dépensé de» sommes considérables pour protéger l\u2019avant-port au fond duquel se trouve comme un immense bassin formé par un lac très profond et constituant le port proprement dit, où toute la flotte française pourrait, en cas de dauger, se réfugier sans inconvénient.C\u2019est a Bizerte que fut construit le premier pont suspendu dans le genre de celui existant aujourd\u2019hui A Rouen et à Marseilles, mais desstratégistes ayant trouvé que ces énormes piliers supportant le tablier très élevé, étaient un point de mire aux obus des flottes étrangères en cas de guerre, on l\u2019a tout simplement démonté et vendu, après avoir dépensé de fortes sommes pour sa construction.Ce que l\u2019on remarque surtout à l\u2019arrivée à Bizerte, c\u2019est la quantité de casernes aux proportions monumentales qui donnent certainement une impression imposante à cette ville.Les deux autres grands ports de la Tunisie sont: Tunis et Sousse.Oasis Gabès est la métropole du sud et la porte du Sahara et du Soudan.C\u2019est un véritable paradis terrestre pour les longues files de caravanes venant du centre ; rendez-vous de toutes les races nomades qui vivent aux abords du désert.C\u2019est de plus une oasis riche et fertile aux sources abondantes en eaux vives et limpides courant au milieu de verdure riche et opulente, aux jardins cultivés avec un soin extrême, où les palmiers et les dattiers abondent.L\u2019oasis de Djerba, entr autres, et voisin de Gabès, ne renferme pas moins de 300,000 palmiers et 500,000 oliviers.Cette conférence n\u2019a eu pour but que de vous fane connaître par un simple aperçu, la Tunisie, son peuple, ses coutumes et ses mœurs, son com- merce, sa culture, l\u2019importance de ses forêts, de ses mines, les revenus qu\u2019elle tire de la pêche, etc.en un mot, la possibilité peut être, plus tard, d\u2019y établir des liens commerciaux.L\u2019on a bien déjà réussi à raffermir nos relations commerciales avec la mère-patrie par un traité qui vient de se conclure à la grande satisfaction de notre monde commercial.J\u2019espère donc que ce court résumé a pu vous donner une idée suffisante sur ce beau pays qu\u2019est la Tunisie, qui tend de jour en jour à prendre une place de plus en plus importante parmi les pays commerciaux et agricoles du monde.LE VOYAGE D'INSPECTION DU CHENAL DU SAINT-LAURENT Rapport du Président de la Chambre Messieurs les membres du Conseil, Votre président a accepté l\u2019invitation faite par l\u2019Hon.Ministre de la Marine et des Pêcheries de l\u2019accompagner dans un voyage d\u2019inspection du chenal du Saint-Laurent, pour voir les travaux faits durant l\u2019année et faire les suggestions que les intéressés croiraient nécessaires.A huit heures du matin, jeudi, le 17 courant, nous sommes sur le \u201c Lady Grey Lllon.L.P.Brodeur, assisté du Colonel Gourdeau, député-ministre, et de M.Wiallard, Secrétaire privé, recevait les hôtes.M.J.W.Cowie, Ingénieur en chef, s\u2019est dévoué pour assurer le confort des visiteurs.Les Messieurs suivants étaient présents : MM.Geo.W.Stephens, président de la Commission du Port, H.A.Allan, président des armateurs, J.R.Binning, W.I.Gear, capitaine Reford, James Thom, O.Campbell, armateurs, Thomas Robb, secrétaire, Charles Smith, président des armateurs de la navigation intérieure, Thomas J.Drummond, vice-président du Board of Trade, C.H.Catelli, votre président, M.Auger, président des pilotes et M.Larochelle, vice-président. LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉAL Nous sommes d\u2019abord arrêtés à Sorel où nous avons visité la drague No S qui a été construite à Sorel sous la direction de M.Desbarats, d\u2019après les plans des ingénieurs du Département de la Marine.Cette drague, très puissante, pourra creuser à 40 pieds de profondeur ; quand cette drague a trois mille verges cubes de sab\u2019e ou de pierre à son bord, elle se déplace sous sa vapeur, et les sables retirés du chenal sont déposés sur les battures.Les dimensions de cette drague sont les suivantes : 264 pieds de longueur, 45 de largeur, 15 pieds de profondeur d\u2019eau, et sa vitesse est de 9 milles à l\u2019heure, à double hélice.Après une minutieuse inspection des chantiers à Sorel où le gouvernement fait toutes ses réparations, nous continuons notre route sur le lac St-Pierre où nous visitons la drague No 7.Cette drague, munie d\u2019une mèche à tarière, coupe la glaise et un tube aspirant renvoie cette glaise à un mille de distance sur la batture.Ici le chenal a 30 pieds de profondeur par 300 de largeur.Maintenant que les gros navives y passent, on est à élargir ce chenal à 800 pieds.L\u2019ingénieur nous disait que si on avait voulu creuser 800 pieds de largeur, les navires ne passeraient pas encore.Nous continuons jusqu\u2019à Trois-Rivières où nous visitons un magnifique quai de 2,000 pieds de longueur en béton.A ce quai, il y a 35 pieds d\u2019eau.On y a construit une station de signaux De Trois Rivières, nous nous rendons au Cap-à-LaRoche et nous visitons la drague No 2.Ici on est à creuser dans le roc ; on voit du roc arraché du fond du chenal à 30 pieds de profondeur et déposé dans des barges.Cette drague fait un travail de 200 verges cubes par heure.Nous poursuivons notre route et nous arrivons à Québec à 11.30 heures du soir, après avoir admiré les lumières échelonnées le long du chenal qu\u2019on pourrait comparer à une rue de Montréal.Sur notre parcours, nous avons fait des signaux aux stations échelonnées le long du fleuve.Ce6 stations sont en communication avec Québec, Trois-Rivières, Sorel, Montréal et Ottawa.Le jour, les signaux *2 «VJ se font au moyen de drapeaux ; la nuit, par des lampes de diverses couleurs.On peut, par ditfé-rentes combinaisons, faire 22 signaux conventionnels, tels que \u201c Brume dans le fleuve \u201d, \u201c Echoué \u201d, \u201c désemparé \u201d, \u201c demande aide \u201d, etc , etc.Vendredi, le 18, nous partons de Québec à 8.30 heures du matin.Nous passons St-Joseph de Lévis, la cale sèche, diverses bouées stationnaires ; nous passons par le chenal du nord : l\u2019Ile Madame, l\u2019Ile aux grues, et nous arrivons à la batture Beaujeu où la drague No 9 (la Galveston) est au travail.Là, c\u2019est du sable ; la drague au moyeu d\u2019un tube à succion, fait un travail énorme, 7,500 verges cubes de sable par jour sont enlevées et déposées par la drague même sur les battures.Si l\u2019on considère qu\u2019à marée haute, il y a 40 pieds d\u2019eau, que cette place est exposée aux grands vents, vous pouvez vous faire une idée de la difficulté de ce travail.Ici nous avons aussi fait des sondages.Tour ce travail, le \u201c Lady Grey \u201d est bien aménagé : un appareil spécial est adapté de chaque côté du bateau, et au moyen de poids, contre-poids, on voit la profondeur de l\u2019eau enregistrée sur une échelle numérotée ; j\u2019ai vu le régis-tre marquer 20, 25, 27, 30, 32, 36, 42 pieds.On jette la sonde et chaque fois, la soude indique la profondeur marquée sur le registre.Nous continuons et vers les 4 heures, nous sommes en vue des lumières appelées \u201c La Traverse \u201d.Ces lumières reposent sur des constructions en fer remplies de béton ; elles servent à indiquer une place qui, au dire des pilotes, est assez dangereuse, car le fleuve ici est large, et à marée basse, il y a une batture de deux milles de longueur.Sans ces lumières, les bateaux pourraient venir s\u2019y échouer.Une de ces lumières donne beaucoup d\u2019anxiété aux ingénieurs du Département, car les courants très forts à cet endroit, en ont miné la base, et les glaces qui viennent la frapper avec violence, pourraient l\u2019endommager ; aussi le Département de la Marine est à étudier les moyens d\u2019y remédier, soit par une consolidation, soit par la construction d\u2019une nouvelle base. 260 LA CHAMBRE DE COMMERCE' DU DISTRICT DE MONTREAL L\u2019Hon.Ministre aurait désiré se rendre à la Pointe-au-Père, mais comme le voyage aurait été fait de nuit, on décida de retourner et nous arrivâmes à Montréal samedi soir, à 4.30 heures.C\u2019est en visitant tous ces travaux échelonnés le long d\u2019un fleuve comme le St-Laurent, qu\u2019on peut se faire une idée de l\u2019importance du Département de la Marine.Le creusage du St-Laurent, avec les changements de conformation du fond du fleuve, la manutention des lumières, des bouées ; tout cela requiert les connaissances d\u2019un ingénieur très pratique.M.J.W.Cowie, ingénieur en chef, un homme sans prétention, très aimable, qui connait le fond du St-Laurent comme nous connaissons notre rue St-Jacques, nous a convaincus que le fleuve n\u2019a pour ainsi dire, aucun secret pour lui.Il nous disait, par exemple : Ici, il y a 32 pieds, nous jetions la sonde et effectivement nous constations une profondeur de 32 pieds et ainsi de suite.Sa haute compétence est clairement établie par la satisfaction générale, tant des Commissaires de notre port que du public, avec laquelle il s\u2019acquitte de la tâche de la direction des travaux de notre port qui lui a été confiée par le gouvernement.Inutile de vous dire que nous avons profité de> trois jours que nous sommes restés ensemble pour discuter le passé, le présent et l\u2019avenir.On a même fait des demandes et proposé certaines suggestions à l\u2019IIon.Ministre de la Marine qui a bien voulu nous accorder sa bienveillante attention.Je ne suis pas dans les secrets du gouvernement, mais je puis vou6 affirmer que l\u2019Hon.Ministre est disposé à faire du St-Laurent une route sûre et exempte de tout désastre maritime, afin de convaincre les Lloyds, que la route du St-Laurent est non seulement une route courte, mais une route que l\u2019on peut assurer à un taux minime.Nous avons aussi discuté le port de Montréal dans tous ses détails ; le président de la Commission a exposé à l\u2019Hon.Ministre ce que doit être un port bien aménagé (fully equipped).Je suis heureux de vous déclarer que les vues du président de la Commission du port concordent avec celles que notre Chambre a exprimées en maintes occasions.Je n\u2019hésite pas à vous déclarer que les travaux exécutés à l\u2019amélioration de la route du St-Laurent sont faits dans l\u2019intérêt général du Canada : Réduire le coût du transport et encourager d\u2019une manière générale, les développements de notre marine et de notre navigation ; mettre les grands producteurs du nord-ouest à la portée des grands marchés de consommateurs de l\u2019Europe au moyen de prix de transport raisonnables ; voilà une œuvre nationale.Nous avons toujours encouragé les efforts faits par les gouvernements en vue d\u2019arriver à ce développement commercial.J\u2019espère que, grâce aux efforts combinés des hommes d\u2019affaires nous arriverons un jour à voir le port de Montréal devenir un port absolument de premier ordre et reconnu \u201c Port libre \u201d pour le plus grand bien du commerce du Canada.C.H.Catelli, président.Montréal, 23 octobre 1907.LE RACCORDEMENT DU G.T.P.AVEC MONTREAL Rapport du comité des Transports Ce comité s\u2019est réuni v endredi le 20 septembre 1907 sous la présidence de M.J.P.Mullarkey, président.Étaient présents : L\u2019honorable Alphonse Desjardins, MM.A.V.Roy, D.Masson, Fred.C.Larivière et le secrétaire.Conformément aux instructions de votre Conseil, le comité des transports a remis à l\u2019étude la question importante de la construction d\u2019une ligne de raccordement et le point le plus propice de la ligne du \u201c Grand Tronc Pacifique \u201d.Votre comité désire rappeler tout d\u2019abord que, se basant sur un de ces précédents rapports, la Chambre avait déjà, le 9 mars 1904, adopté la résolution suivante : LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTREAL \u201c Etant donné le principe incontesté que Montréal est la tête de ligne de la grande artère maritime fluviale du Canada, il en découle que si la construction du Grand-Tronc-Pacifique est décidée, un embranchement depuis un point de l\u2019artère principale à la hauteur des terres, doit être construit sur le port national concurremment avec l\u2019artère principale Les raisons qui entr\u2019autres, avaient motivé l\u2019action de la Chambre sur cette résolution, étaient les suivantes : lo La position topographique du port de Montréal qui, étant le plus avancé dans l\u2019intérieur du continent le désignait comme le point de transit le plus avantageux pour le commerce à être créé par la mise en opération de la nouvelle ligne transcontinentale.2o Les travaux importants d'agrandissement et les améliorations effectuées en ce port pour faciliter la réception et l\u2019expédition de la marchandise, offraient au grand trafic de l\u2019ouest des conditions et des facilités de manutention supérieures à celles de tous les autres ports.3o Les explorations déjà faites du territoire situé sur le parcours de la ligne de raccordement demandée, démontraient l\u2019existence de richesses en essences forestières, en minerais et en terres colonisables qui justifiaient à elles seules la construction d\u2019une telle ligne, ouvrant à cette région un débouché indispensable sur son marché naturel, la cité de Montréal.Votre comité croit de son devoir de signaler qu\u2019une autre grave raison est venue s\u2019ajouter aux précédentes à la suite du regrettable et désastreux accident du pont de Québec pour hâter l\u2019exécution de la construction de cette ligne de raccordement qui atteindrait le port national de Montréal et donnerait des communications directes et non interrompues de la ligne principale jusqu\u2019aux ports océaniques, en passant par le Pont Victoria.Le tout respectueusement soumis, J.P.Mullarkey, Président du comité.Adopté par le Conseil, le 9 octobre 1907.\u2018261 LES ACCIDENTS DU TRAVAIL Rapport du comité de Législation Ce comité s\u2019est réuni lo mardi, 17 septembre 1907, sou s la présidence de Pilon Alph.Desjardins, président.Etaient présents : MM.D.Masson, L J.Loran-ger, Fred.C Larivière, invité, et le Secrétaire.Objet.\u2014 De la responsabilité des patrons dans les accidents du travail.Considérant que le malaise résultant de l\u2019état actuel d\u2019incertitude de la législation et de la jurisprudence, tant sur la responsabilité d«s patrons dans les accidents du travail quo sur l\u2019appréciation des montants des dommages accordés par les magistrats et les jurés, est devenu tel qu\u2019il requiort l\u2019adoption de mesures appropriées aux circonstances spéciales de l\u2019époque actuelle.Considérant que l\u2019expérience acquise depuis un certain nombre d\u2019années, par les compagnies qui se sont occupées d\u2019assurances contre les accidents du travail peut aider à déterminer la nature des risques des accidents du travail et la valeur des indemnités qu\u2019il pourrait convenir d\u2019accorder.Votre comité croit qu\u2019il serait opportun pour les autorités compétentes de faire adopter une législation définissant la part transactionnelle des responsabilités à partager par les parties intéressées dans les accidents du travail et fixant, autant que possible, à forfait, les indemnités à accorder, de manière à diminuer le nombre, la durée et les frais des litiges.Votre comité croit de plus que pour assurer son opération avantageuse, telle législation devrait être faite de manière à encourager la prévoyance chez les intéressés en rendant plus faciles les moyens d\u2019assurance.Le tout humblement soumis, (Signé) Alph.Desjardins, Président.Adopté par le Conseil, le 25 septembre 1907. 202 LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTREAL PROCES-VERBAUX DE LA CHAMBRE Séance 7 Présidence de M.A.V.Roy, 2ème vice-président.Etaient présents : MM.(J.Boivin, lion.Alpli.Dos-jardins, J.O.Labrecque, Fred.C.Larivière, Alex.Prud\u2019homme et lg Secrétaire.Assistaient également à la séance : M M.( i.des Etangs et J.H.Paul Saucier, membres de la Chambre.Le procès verbal de la séance du Conseil du IN courant est lu et adopté.Dépouillement du courrier.\u2014 Deux lettres dont la nature doit être relatée dans le Bulletin de la Chambre quant à diverses propositions d\u2019affaires, l\u2019une venant de Liverpool, Angleterre, et l\u2019autre de Paris.Leh accidents du travail et b\u2019 rapport du comité de Législation.\u2014 Sur proposition de l\u2019Hon.Alph.Desjardins, secondé par M.Fred.C.Larivière, le Conseil adopte l\u2019avis d\u2019un rapport présenté par !«\u2022 comité de Législation, après avoir entendu les explications du président de ce comité sur l\u2019esprit qui a inspiré l\u2019idée générale de ce rapport.Dans cet exposé de motifs, 1\u2019Hon.Desjardins, après avoir rappelé que 20 pour cent des accidents était établi imputables aux patrons, peut-être 30 pour cent aux employés et environ 50 pour cent à des causes inconnues, on ne peut s\u2019empêcher de déplorer que la plus grande incertitude entoure la législation et surtout la jurisprudence sur cette matière délicate.Les compagnies d\u2019assurances contre les accidents ont acquis une certaine expérience qui ne serait pas sans utilité pour la commission d\u2019enquête sur la législation de la responsabilité des patrons dans les accidents du travail.A tout évènement, il serait opportun (pie la législation encourage la prévoyance.La question de VExposition.\u2014M.Guillaume Boivin, président de ce comité, informe le Conseil que son comité se borne à rapporter progrès pour aujourd\u2019hui, mais qu\u2019il compte poursuivre son travail aussitôt que nous sera revenu d\u2019Europe, M.C.H.Catelli, président de notre Chambre et l\u2019un de ses délégués faisant partie du Bureau de direction de la Compagnie d\u2019Exposition de Montréal, incorporée en 1903. LA CHAMBRE DE COMMERCE DU DISTRICT DE MONTRÉAL 201 À l'article : \u201c Matières nouvelles \u2014 Conclusion du traité de commerce franco-canadien, M.A.Yf.Roy note la nouvelle de la conclusion du traité de commerce franco canadien comme un évènement vivement désiré depuis de longues années par notre Chambre et il exprime l'avis qu\u2019un traité nouveau ne peut qu\u2019être très avantageux au Canada et à son commefce extérieur avec un grand pays tel que la France.A l\u2019article : \u201c Proposition de nouveaux membres \u201d, les candidatures des personnes suivantes sont présentées.\u2014 à savoir : M.Oustave Gravel, directeur-gérant de la \u201c Corona Rubber Co.\u201d présenté par M.A.V.Roy, 2me vice-président et M.Henry A.Rlagdon.agent de manu factures, présenté par M.J.II.Paul Saucier.Ces candidatures subiront l\u2019affichage règlementaire jusqu\u2019à la prochaine assemblée générale du 2 octobre prochain.Et l\u2019ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.PETIT COURRIER Exhibition nationale écossaise (VEdimbourg de 1008.\u2014 Les promoteurs de cette exposition invitent le commerce canadien à y prendre part.Elle aura lieu de mai à octobre 1908.Offres de services comme agents.\u2014 La Société Générale des Compagnies françaises de Paris offre ses services comme agent aux exportateurs canadiens.Un manufacturier japonais d\u2019auvents nous a communiqué une liste de ses prix de vente pour ces marchandises, ainsi que pour certains articles (objets d\u2019art en ivoire, etc., etc.), avec catalogue illustré.Fourrage.\u2014 Une maison de Liverpool, Angleterre (Earnshaw & Co.) désirerait un agent à Montréal.Sardines à limite.\u2014 Anchois salés en boites, etc.\u2014 Un correspondant de Genève, Italie, (M.Arturo Rahola) désirerait aussi entrer en relations avec un agent et des importateurs de ces produits.Nouveau groupe photographique des membres de notre Chambre La maison Laprès & Lavergne fait actuellement le groupe de tous les membres de la Chambre qui ont été admis depuis 1900, ainsi que de tous les anciens membres qui ne figurent pas dans le dernier groupe qui orne la salle des délibérations de notre Conseil.Les officiers et les membres du Conseil actuel sont priés d\u2019aller poser de nouveau pour figurer au centre de ce nouveau groupe.Il est entendu que les membres de la Chambre n\u2019ont rien à débourser, la maison Laprès & Lavergne se chargeant de tous les frais.Les membres de notre Chambre qui ont été admis depuis 1900 ainsi que ceux des anciens membres qui ne figurent pas dans le dernier groupe de 1900, sont en conséquence, invités à se présenter chez MM.Laprès Lavergne, avant la fin du mois courant, entre 10 heures a m.et 5 heures p.m.et sont priés de porter un vêtement foncé au moment de cette visite.Nous espérons que MM.les membres de notre Chambre se feront un devoir de figurer dans ce groupe qui sera, évidemment, un précieux souvenir pour leurs parents et amis, ainsi que pour eux-mêmes.RELEVÉ DE LA VALEUR DES IMPORTATIONS POUR LA CONIOMMATION ET DES EXPORTATIONS FRANÇAISES Dn 1er Janvier an 30 septembre 1907 Articles\t9 mois i 1907\t9 mois 1906\tAugmentation en 1907\tIHmiimtion m 1907 Importations Objet» d\u2019alimentation.Matière» nécessaire» A l'industrie.\t\t Objet» fabriqué».\t Total .Exportations objet» d\u2019alimentation.Matière* nécessaires t l\u2019industrie.\t\t ( tbicts fabriqué»\t Plll je IukI\u2018111 Y\t(1) $145,924,200 574,538,400 i 170,508,200\t(1) $126,166,200 549,483,600 145,741,400\t(1) $19,758,000 25.054.800 24.766.800\t(1) \t$890,970,800 $106,536,400 | 227,423,800 426,741,400 j 57,212,600 1\t$821,391,200 $101,733,\u2018200 214^540,000 394,113,800 55,116,600\t10^579,500 $ 4,803,\u2018200 12,883,800 32,827,600 2,096,000\t Total\t\t\t\t\t \t$817,914,200\t$765,503,600\t$52,410,600\t Augmentation globale de» Importations.169,579,600 Augmentation globale des exportations .$52,410,600 Augmentation globale des importations et exportations.$121,990,200 (1) Les chiffres ci-dessus ont Heu d\u2019être diminués de 3% en raison de l\u2019écart moyen de change en faveur de la monnaie canadienne.\u20148-\u2014 "]
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