La femme, 1 août 1910, Août
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Revue mensuelle offerte a tous les clients du ii BON MARCHE \u201d, Maison Letendre, Fils Sc Cie.______ 3me Année MONTREAL, AOUT 1910 No.29 | Comme au temps des Fées | W*f WWW\t*«*\u2019*!£ Je connais une petite fille, née dans un vieux castel très éloigné des villes et qu\u2019elle n\u2019a jamais quitté.Sa grand'-mère, qui seule, l\u2019a élevée, lui a enseigné à lire, écrire, compter, coudre et faire les confitures.Yolande n\u2019a jamais lu d\u2019autres livres que son catéchisme et les contes de fées qu\u2019elle sait par coeur.Les journaux, revues, recueils de modes, n\u2019entrent pas au château de la Palombe.Nul visiteur n\u2019y est reçu.La grand\u2019mère de Yolande ayant eu à se plaindre de sa bru, dont l\u2019esprit moderne avait offusqué son austérité de vieille dame murée dans les principes désuets d\u2019une très ancienne méthode d\u2019éducation féminine, s\u2019était emparée de l\u2019enfant, de bonne heure orpheline, bien résolue d\u2019en faire une femme n\u2019ayant des clartés de rien, ignorante de tous ces soi-disant progrès d\u2019une science qui n\u2019est que l\u2019oeuvre corruptrice de Satan.Elle y avait parfaitement réussi.Yolande, à seize ans et belle à ravir, possédait l\u2019ingénuité d\u2019une toute petite fille et se contentait de tout, puisqu\u2019elle ne savait rien.Ne serait ce pas la formule du bonheur?Toutefois, sa petite âme s\u2019alimentait des rêves chimériques puisés à la source enchantée où les fées transforment la matière et gouvernent le monde par la puissance de leur baguette miraculeuse.Lasse un peu de ressasser les mêmes aventures de son livre de contes, Yolande, pour se distraire, en inventait de nouvelles, qu\u2019elle ajustait inconsciemment aux préoccupations obscures de son coeur en éveil.Depuis peu, le prince Charmant était devenu le héros de ses plus fréquentes rêveries.Du haut des tours elle guettait sa venue, se demandant sous quelle forme il lui apparaîtrait.Si quelque mendiant rôdait, d'aventure, autour des fossés inhospitaliers de son manoir, n\u2019attendait-il point le coup de baguette de la fée, sa marraine, évidemment, pour bondir, éclatant et superbe, chevauchant un blanc coursier et la lance au poing ?Ou, peut-être, retenu prisonnier par quelque farouche enchanteur, n\u2019allait-il point l\u2019en prévenir par un message que l\u2019oiseau bleu lui porterait, comme une fleur à son bec, ou bien roulé en collier autour de sa collerette couleur du ciel?Comment douter que de telles choses ne puissent advenir?N\u2019avait-elle pas trouvé naguère, dans la cour d\u2019honneur, un de ces messagers, ayant la forme d\u2019un pigeon, qui, blessé à mort par un méchant génie, s\u2019était abattu, laissant voir, sous ses ailes ébouriffées, un billet minuscule, malheureusement écrit dans une langue inconnue?Yolande ignorait l\u2019existence des pigeons voyageurs.Et chaque jour son regard interrogeait les nues et elle murmurait avec ferveur l\u2019incantation des princesses captives : \u201cOiseau bleu, couleur du temps, \u201cVole vers moi promptement.\u201d Cependant elle courait aussi par les jardins et les plaines, surveillant le vol des libellules, car les fées adoptent volontiers la forme des longues demoiselles aux ailes diaprées pour se nourrir du suc des fleurs et se cacher dans le coeur des roses.Même la nuit, quand la lune en son plein illuminait l\u2019espace, Yolande ouvrait sa fenêtre et s\u2019accoudait, la chevelure flottante, prêtant l\u2019oreille aux pas menus que font les elfes, invisibles sous leurs chaperons de feuilles sèches lorsqu\u2019ils dansent en rond sur le sable clair des allées.Car les elfes sont les pages étourdis des fées : ils révèlent dans leurs jeux enfantins la présence mystérieuse de leurs reines.Chacun sait cela.Et il suffit alors d\u2019appeler la fée pour qu\u2019elle soit forcée d\u2019apparaître.Yolande chantait doucement : \u2014Marraine !.marraine !.avec de jolis mouvements d\u2019appel qu\u2019elle avait inventés par un pressentiment de la puissance occulte des gestes.Et il arrivait bien, parfois, qu\u2019un frôlement d\u2019aile veloutée caressait son front, ou qu\u2019une note languide, semblant échappée au rêve d\u2019une hirondelle endormie, fit sonner à son oreille attentive un mot très doux qu\u2019elle ne comprenait pas.Mais la merveilleuse histoire qu\u2019elle aimait à se raconter ne s\u2019achevail point, ce dont elle était parfois toute fâchée.Cependant il était écrit que l\u2019histoire s\u2019achèverait, parce que les fées sont des personnes beaucoup plus logiques qu\u2019elles ne le paraissent et que les évènements qu\u2019elles amènent ont toujours été préparés par notre ignorance du constant rapport entre le fait et la cause.Un beau matin de fin d\u2019été, où flottaient dans les airs les brumes déchiquetées, voiles de la nuit frileuse que le soleil vainqueur arrache et disperse.Yolande descendit de sa tour en quête des fils de la Vierge qu\u2019elle eût bien voulu filer sur les fuseaux de ses doigts menus, mais qui se rompaient, lourds de perles irisées.Occupée à son jeu, elle s\u2019éloigna peu à peu, quitta les jardins pour la plaine, qu\u2019enserraient prudemment de larges fossés d\u2019eaux vives et d\u2019inextricables haies.En cet enclos si bien fermé, grand\u2019-mère autorisait les ébats de la petite captive.Nul ravisseur n\u2019était à craindre, à moins qu\u2019il ne chut du ciel.Ce qui advint, d\u2019ailleurs.\u2014Ah mon Dieu ! s\u2019écria tout à coup Yolande, quel est cet oiseau splendide qui sort des nuages, et caquète si fort en se berçant sur ses ailes immobiles?.On dirait qu\u2019il approche, qu\u2019il descend.Comme il tourne autour de moi !.Serait-ce le vautour?.ou quelque grand aigle; .ou bien.ou bien?.Ah! c\u2019est lui !.il est bleu comme le ciel et il porte sur son dos le.prince héroïque, le prince Charmant.Oiseau bleu! oiseau bleu, vole vers moi prompre-ment, appela Yolande, dressée sur ses petits pieds, les b>-as levés, ses doigts mignons griffant l\u2019air en un adorable geste d\u2019appel. 4 LA FEMME Et l\u2019oiseau obéit.En un vol plané il glissa doucement et vint s\u2019abattre à quelques pas de la jeune fille, tout de suite accourue, confiante et ravie.\u2014Bonjour, oiseau bleu, dit-elle avec une révérence.\u2014Bonjour, petite fée, répondit un beau jeune homme à l\u2019oeil hardi.Vous plairait-il de monter près de moi pour faire un tour dans les nuages?\u2014Sans doute, répondit-elle.Et je n\u2019ai pas peur du tout, vous savez?.*\t\u2014Je l\u2019espère bien.\u2014Mais je dois aller faire mes adieux à grand\u2019mère.\u2014Où est-elle votre grand\u2019mère?\u2014Bà, au château de la Palombe.\u2014Ah ! vous êtes ?.Bah ! fit-il, après avoir un peu réfléchi, nous irons, tout a l\u2019heure, lui présenter nos hommages.ensemble.Montez vite.Il enleva la fillette et l\u2019assit prestement, après l\u2019avoir bien enroulée dans ses jupes, sur une étroite banquette; puis il se glissa près d\u2019elle, fit de ses mains quelques gestes rapides, comme de magique incantation, et l\u2019oiseau bleu, tout grondant de joie, emporta sa proie vers les nues.GEORGES DE PEYREBRUNE.J L\u2019IMPROVISATEUR | Où pouvait-il bien s\u2019en aller par cet après-midi d\u2019épouvantable chaleur, à travers les rues désertes de Ciboure le village voisin de Saint-Jean-de-1 Luz?\u2014C\u2019est Martin Yzaguirer.\u2014Qui arrive de Chine.C était un matelot permissionnaire, tout de bleu vêtu, avec son col clair et son pompon rouge au béret.Un hardi garçon, cet Yazaguirre, et qu\u2019on invitait de tous côtés à cause de son talent à improviser des couplets nouveaux sur n\u2019importe quel air, talent rare que l\u2019on tient en haute estime au pays basque.Brusquement, au sortir du grand soleil, le matelot se trouva dans une ombre humide, où cela sentait les piments frits et les glyciens.Il était devant le logis de la vieille Joaquina, la mere de son camarade défunt.Un petit mur fermait sur la rue une espece d\u2019avant-cour dallée qui précédait le vieux chalet, cent fois rebadigeonne de chaux.E?tre Ies cyprès et les lauriers du jardin, une femme toute vêtue de noir parut.Et elle sembla au jeune homme tout à coup si funèbre qu\u2019a présent il n était plus du tout pressé de s\u2019acquitter de sa mission.Mais elle l\u2019avait aperçu.\u2014C\u2019est toi, Martin?Ses mains sèches, jaunes et ridées se joignirent sur sa poitrine.Alors le matelot reprit conscience de son rôle impérieux.Des suprêmes paroles de son camarade retentirent à son oreille :\t.à mère, à la mai- son, tu diras que je suis allé rejoindre le père.\u201d \u2014Oui, Joaquina., je viens vous porter des nouvelles de votre fils.\u2014De ses nouvelles.Le visiteur parlait comme s\u2019il ne s\u2019était pas agi d\u2019un mort ! \u2014Entre.entre.Elle lui poussait une chaise, ouvrait un meuble, tirait une serviette, un verre, une bonne bouteille de vin frais, des biscuits.Elle lui versa le vin, puis : \u2014Que la volonté de Dieu soit faite ! .Il est mort !.Mais tu vas me raconter comment cela est arrivé.Je t\u2019attendais.Le gouvernement ne nous donne aucun détail.Heureusement te voilà !.Il faut me dire tout.Martin rassemblait ses souvenirs.\u2014A votre santé! dit-il.Tout lui dire à cette vieille?Et comment ?.Il revoyait le bouge sordide, envahi par les matelots ivres du paquebot américain, la querelle, les cris des femmes jaunes, les lampes brisées, des pièces d\u2019argent dans les flaques d\u2019alcool et de sang, puis le grand silence précédant l\u2019arrivée de la police.et le fils de la Joquina qui ne se relevait plus.Déjà la mère s\u2019étonnait de son silence et le toisa d\u2019un air ironique.\u2014Tu es devenu muet?.Tu as perdu là-bas ta langue ?Ce sarcasme léger piqua l\u2019improvisateur.Il était furieux de sa timidité et de sa gêne.Quelle honte ! Lui, jamais embaras-sé par une riposte, lui dont la tête forgeait instantanément des couplets nouveaux, le temps, pour les assistants de chanter le refrain! Il ne savait comment raconter ça !.Eh bien, puisque Joaquina voulait tout savoir, elle saurait tout.\u2014Voilà.commença-t-il, c\u2019était à Shanghai, une grande ville de Chine.Nous étions descendus à terre.\u2014Pour vous battre ! jnterrompit-elle.Il sourit avec un peu d\u2019embarras.\u2014Les batailles, vous savez, ça arrive quand on ne s\u2019y attend pas.Alors donc.\u2014Dis-moi, Martin interrompit-elle encore, ils étaient nombreux, les Chinois ?\t\\ Le matelot ouvrit de grands yeux.\u2014Quels Chinois?\u2014L\u2019armée qui vint vous attaquer.\u2014L\u2019armée ?Quelle armée ?\u2014Eh bien! l\u2019armée ennemie! s\u2019écria-t-elle, puisque c\u2019était la guerre.Ah! vois-tu.Et elle se leva, la vieille basquaise, comme si tout le sang de ses ancê- tres, qui avaient été d\u2019obscurs, mais hardis matelots des corsaires bayon-nais et luziens, bouillonnait subitement dans ses veines.\u2014Ah ! vois-tu.si une chose me console, si une chose me laisse le courage de vivre, c\u2019est de penser qu\u2019il est mort pour la France, qu\u2019il est tombé au champ d\u2019honneur !.Martin frisonna, épouvanté.Epouvanté de ce qu\u2019il fallait dire, de ce qu\u2019il avait à dire, de ce qu\u2019il avait dit à plusieurs déjà, dans le pays, en arrivant le matin au sujet de cette rixe.La vérité à Joaquina, mais c\u2019était lui tuer une seconde fois son fils, et la tuer peut-être elle-même! Il répéta machinalement: \u2014Donc, l\u2019armée ennemie.comme vous dites.l\u2019armée ennemie, puisque c\u2019était à la guerre.vint nous attaquer.\u2014Où cela?\u2014Dans une maison.une maison.\u2014Une maison?dit-elle avec surpri-, se.Mais Martin sentait dans sa tête, sous le choc de l\u2019émotion, comme un bouillonnement d\u2019idées, d\u2019images et des figures.\u2014Une maison.c\u2019est-à-dire non.une pagode, une église chinois.tenez, un peu comme la nôtre.Et, par la fenêtre, il lui montrait l\u2019église de Ciboure, avec sa tour aux toits étagés, réminiscence suggérée sans doute par de généreux donateurs ayant navigué jadis au fond de l\u2019Asie.\u2014.Un clocher tout doré, avec des dragons verts qui tirent leur langue rouge.au milieu d\u2019arbres en fleurs à côté d\u2019une petite rivière.avec un pont de porcelaine bleue.A mesure qu\u2019il parlait une facilité merveilleuse se glissait dans sa langue, les murailles blanche de la petite salle s\u2019éloignaient, s\u2019évanouissaient pour faire place à un paysage exotique, où se déroulaient des scènes de guerre.\u2014Nous étions entrés, histoire de nous amuser.c\u2019est-à-dire pour regarder les dieux des Chinois.et les déesses.Nous étions une bande.partie en avant des troupes françaises .dans le faubourg.Mais à ce moment, nous entendons un grand bruit, des chants.C\u2019étaient les autres qui arrivaient ! Les ennemis ! Joaquina tressaillit, comme si des hommes jaunes allaient surgir.Martin, lui revoyait les grands Yankees roux, aux yeux bleus, du paquebot américain, aux voix de bravade et d\u2019insulte.\u2014.Ils étaient plus nombreux que nous, mais vous pensez bien que nous n\u2019avions pas peur.Us pensaient nous déloger ! Us nous sautent dessus.\u2014Et les canons?interrompit Joaquina.\u2014Les canons.les canons étaient LA FEMME 5 restés dehors, vous comprenez.Nous résistions, sans même prendre nos fusils, avec ce qui nous tombe sous la main.Quand tout à coup, par malheur, les lumières.\u2014Oui, Joaquina.Une embuscade une surprise de nuit.Les lumières s\u2019éteignent .Moi, je me dis qu\u2019il vaut mieux sortir, pour se battre au grand air: j\u2019ouvre la porte de l\u2019escalier, je saute en bas.Il baisse brusquement la voix.\u2014Mais lui.votre fils.fait un faux pas.s\u2019étale.et les ennemis .six.lui tombent dessus.il lutte quand même.mais eux ont tiré leurs couteaux.et, tout à coup, il crie.il crie: \u201cVive la France!\u201d Il y eut un long silence à peine troublé par les sanglots de Joaquina.\u2014Alors, dit-elle enfin, il s\u2019est bien battu ?Avec un grand geste, comme s\u2019il avait devant lui une foule, Martin réplique : \u2014Comme un Basque! Que voulez-vous qu\u2019il fit?Ils étaient trente.\u2014\u2022 Pas plus?s\u2019écrie-t-elle, grisée par l\u2019ivresse de la gloire et le vertige de la mort.\u2014Trente mille.trente mille.oui, Joaquina.toute une armée.de trente mille fantassins et cavaliers .qui finit par prendre la fuite en voyant arriver nos renforts.Ce mensonge colossal, Martin Yza-guirre le proféra avec le plus pur accent de la vérité car, à la façon de* poètes, il ne savait plus, lui-même, quelle part de réalité et quelle part d\u2019invention était renfermée dans son récit.Mais ce dont il était sûr, c\u2019est que Joaquina n\u2019en pourrait plus croire d\u2019autre et qu\u2019elle garderait de son fils l\u2019image héroïque du soldat mort pour la patrie.Et l\u2019improvisateur s\u2019en revint par les rues, où cela sentait les piments frits et les glycines, sans se douter que le grand triomphe poétique de sa vie, à la Saint-Jean, trois ans plus tôt, quand il avait chanté \u201cLe Vin\u201d devant cinq cents personnes, ne valait pas le succès silencieux qu\u2019il venait de remporter aujourd\u2019hui auprès d\u2019une vieille femme.ANDRE GEIGER.Jetez un cou/p d\u2019oeill en passant sur les ravissants chapeaux de lia maison Mille Pleurs.L\u2019inaction c\u2019est la rouille du courage- HOCHE.Qu\u2019il faut être humble pour reprendre son frère : : qu\u2019il faut être miséricordieux pour le redresser.NEROMAN.CONTE D'ANTAN Monsieur d\u2019Appilly ne voulait pas se marier, ce qui faisait que sa famille et ses amis le tenaient pour un grand original.Et si la cause de ce célibat eût été connue, nul doute qu\u2019on eût accusé de faiblesse la raison du pauvre homme, et que M.Baboeuf n\u2019en eût profité pour faire interdire fort poliment son oncle, une belle terre avec une vaste demeure, plusieurs bois et trois fermes étant toujours bons à prendre quand on les trouve, ainsi que soixante mille livres de rente.Donc, M.d\u2019Appilly cachait soigneusement sa.folie, et seul le brave La Volée, qui en était complice, en connaissait le secret.C\u2019est lui qui accompagnait son maître le jour où celui-ci découvrit dans une échoppe du Pont-Neuf le tableau qui devait influer sur les destinées de toute sa vie.C\u2019était un pastel, un portrait de femme, vêtue à la mode du dernier règne, une toque de velours rose à plumes blanches posée sur les cheveux, le buste pris dans un corps de soie rose où les broderies d\u2019or et d\u2019argent venaient mêler leur éclat à la douceur de la soie et au moelleux de la fourrure qui en garnissait le décolleté.Au cou s\u2019attachait, par un noeud rose, un mince collier de martre.Tous ces détails, M.d\u2019Appilly ne les avait point aperçus de prime abord Ce qui l\u2019avait frappé, c\u2019était la douceur malicieuse de deux grands yeux bleus si limpides et si vivants, mettant une telle lumière dans ce visage de femme, qu\u2019on l\u2019eût cru de chair.Ce regard avait attiré celui de M.d\u2019Appilly comme il passait: il s\u2019était approché et avait vu que le reste du visage ne le cédait en rien aux yeux.Le front haut, était ombré de cheveux blonds très pâles, le nez droit aux ailes un peu ouvertes disait l\u2019amour de la vie, la bouche petite et moqueuse s\u2019accentuait d\u2019un sourire que relevait un grain de beauté placé au coin gauche de la lèvre supérieure.Ce visage à l\u2019ovale pur était complété d\u2019un cou long que l\u2019on sentait souple, et d\u2019une gorge de nacre que l\u2019on devinait ferme, quoique encore un peu grêle à cause de l\u2019extrême jeunesse du modèle.Envoyer La Volée aux renseignements avait été l\u2019affaire d\u2019un instant, mais ceux que le marchand pouvaient fournir étaient vagues.Il avait acheté ce tableau pour quelques pistoles au feu des enchères, après la mort d\u2019un peintre qui vivait en l\u2019Ue Saint-Louis et dont on avait vendu les hardes.Il en demandait trois écus.M.d\u2019Appilly rentra chez lui morose et l\u2019image de l\u2019inconnue l\u2019y poursuivit.Il revoyait l\u2019oeil rieur qui avait appelé le sien, la bouche fraîche et gaie, et surtout le grain de beauté, cette petite tache brune, si agaçante et si mutine qu\u2019on jugeait bien ne pas être une mouche à cause de son irrégularité.M.d\u2019Appilly pouvait absorber bien des flacons de Bourgogne sans sourciller, dix lieues de cheval n\u2019étaient pas pour l\u2019effrayer, non plus qu\u2019un duel ou une bataille, et à quarante six ans gentilhomme de bonne maison, bien vu du roi Louis XVI, il n\u2019avait qu\u2019à choisir parmi les demoiselles de belle figure et de meilleure lignée.Cependant, il lui fallait reconnaître que l\u2019inconnue lui troublait l\u2019esprit.Il eut volontiers donné une partie de ses terres et quelques années de sa vie pour connaître le modèle du portrait Il renvoya La Volés chez l\u2019échopier.Celui-ci n\u2019en pouvait dire plus qu\u2019il n\u2019avait dit la première fois.Il ignorait le nom de la dame, il ajouta cette réflexion judicieuse, qu\u2019en admettant qu\u2019elle fut encore en vie, elle devait depuis l\u2019époque du portrait, avoir perdu beaucoup de sa fraicheur et quelques-uns de ses charmes.Cela, à quoi M.D\u2019Appilly n\u2019avait point songé, lui fut désagréable, mais il acheta pourtant le tableau pour la somme de deux écus.Nanti de ce précieux bien, M.d\u2019Appilly le fit mettre dans son cabinet où, après avoir mené une joyeuse vie, il passait maintenant la plupart de ses journées et de ses nuits soi-disant dans l\u2019étude des sciences les plus savantes.En fait, ce qu\u2019il étudiait, c\u2019était la mine, provocante de sa belle.Il cherchait à deviner son caractère, lui prêtait un tour d\u2019esprit en rapport avec l\u2019expression de sa physionomie, lui imaginait une voix musicale et cependant perçante, faite pour égréner un rire ou lancer un mot piquant.Parfois il lui semblait voir palpiter cette jolie gorge et les lèvres s\u2019entrou\u2019ouvrir.D\u2019a/ütres jours, le ciel couvert n\u2019éclairait que faiblement le portrait et les vives prunelles s\u2019assombrissaient, M.d\u2019Appilly en éprouvait une angoise et La Volée l\u2019avait entendu plusieurs fois murmurer: \u2014Qu\u2019y a-t-il, ma mie, et quoi donc vous rend si grave?À force de considérer sa belle, M.d\u2019Appilly en avait fait en esprit une créature vivante, qui avait une nature et une âme particulières, et qui, tout en restant muette, le comprenait mais cependant, il se trouvait exaspéré par l\u2019énigme de ce sourire, par le secret de cette beauté qui jamais ne se révélerait tout entière.C\u2019est alors qu\u2019il cherchait la réplique vivante du portrait, sans y pouvoir porvenir d\u2019ailleurs.Princesse ou villageoise, aucune femme n\u2019avait à la fois la perfection des traits, le charme du sourire, la vivacité de l\u2019expression.L\u2019une était 6 LA FEMME trop rousse, l\u2019autre trop maigre, à celle ci manquait la fossette du menton, à telle autre la transparence du teint,\u2014 et le grain de beauté surtout était impossible à rencontrer.M.d\u2019Appilly poursuivait ses recherches.A ce jeu, il avait atteint cinquante ans, amoureux comme au premier jour de son pastel qui le narguait de ses yeux clairs.L\u2019aventure le mena chez son neveu, M.de Baboeuf, qui baptisait son sixième garçon.On avait choisi M.d\u2019Appilly comme parrain, espérant qu\u2019il comblerait de ses dons le cadet et le mettrait en bonne place sur son testament.On le vit donc débarquer un beau matin d\u2019un carrosse à six chevaux, tout rempli de présents.M.de Baboeuf fêta son oncle comme il convient, et le nouveau-né fut prétexte à réjouissances, tant pour le seigneur et la maison que pour les paysans qu\u2019on faisait danser et festoyer sous la feuillée.M.d\u2019Appilly ne dédaignait pas de se mêler aux manants auxquels sa rondeur et son air paterne inspiraient confiance.Peut-être un secret espoir le guidait-il?On ne sait, mais le troisième jour des fêtes, on vit tout à coup M.d\u2019Appilly se jeter comme un fou au milieu d\u2019une ronde.Il venait d\u2019apercevoir deux yeux bleus en tous points semblables à ceux qu\u2019il cherchait.Dans son agitation, il bouscula les danseurs, et prenant la fillette par les poignets, il la dévisagea.C\u2019était bien le même regard, plus timide cependant, le même nez aux ailes frémissantes, la bouche saignante, la fossette du menton et le grain de beauté, la marque si rare et enfin trouvée qui venait marquer le coin de la lèvre.De la coiffe les cheveux blonds s\u2019échappaient en boucles, la taille se cambrait sous la bure du corsage, et les mains que tenait M.d\u2019Appilly auraient rendu jalouse la reine elle-même.Le pauvre gentilhomme en avait la tête perdue.-\u2014C\u2019est vous, ma princesse?demanda-t-il à la fillette.\u2014Non, Monseigneur, je garde les vaches ! fit Manette avec sa plus belle révérence.Que lui importait, après tout! Il avait rencontré la femme rêvée, celle qu\u2019il avait cherchée pendant de si longues années, et il était bien résolu à l\u2019épouser.M.de Babœuf pensa en mourir de dépit.Il eut la jaunisse et fut obligé de subir trois saignées.Quant à M.d\u2019Appilly, sauvé de la Révolution par la belle famille qu\u2019il s\u2019était donnée, il vécut heureux et finit par hériter de M.de Baboeuf qui périt en émigrant, ainsi que tous les siens., PIERRE SIGMA.aÆÎSfcAV!*!; ^fife ^^ÜSfeÜ&£ I\tCAUSERIE\tJ M\t4 Il y a mille manières de contempler la nature.Les yeux fatigués et les coeurs las ne songeant qu\u2019à se laisser bercer au murmure des arbres mouvants, dont la masse profonde frémit sous le vent; les romanesques lui demandent de compléter, par sa poésie bucolique, le rêve dont leur imagination s\u2019emplit.Les observateurs, les curieux de notions nouvelles sortent d\u2019eux-mêmes ; ils examinent le monde qui évolue devant eux, cherchant à démêler dans l\u2019ensemble les différentes parties et à en étudier la vie propre.Ils se sous-trayent à leurs impressions particulières, pour procéder à cet examen froidement et sans parti pris.Us suivent la chasse de l\u2019insecte, ils épient l\u2019éclatement du bourgeon, se penchant vers les organismes étrangers, afin de démêler les lois de leur subsistance.Dans la forêt, où la profondeur verte vous cause d\u2019abord un vertige, une attention minutieuse nous amène à faire d\u2019utiles remarques.Quel contraste entre le hêtre, qui lance superbement vers le ciel la gerbe de ses branches régulières, et le lierre, qui s\u2019accroche étroitement à toutes les ramures qui le peuvent supporter.Regardez-les l\u2019un et l\u2019autre, longuement, et vous prendrez une leçon de vie.Aboyez, d\u2019une part, la noble indépendance, la crâne désinvolture, et, d\u2019autre part, la faiblesse, la sujétion qui s\u2019abandonne et quête une direction.Ce tableau, vous l\u2019avez deviné, est une image enseignante ; il matérialise de nombreuses combinaisons psychologiques, des groupes fréquents où nous voyons une personnalité forte prendre à sa charge une personnalité irrésolue.Et ne croyez pas que cet état de lierre subordonné soit pénible à celui qui l\u2019adopte; le plus souvent, il est voulu, désiré, ardemment désiré même.Je ne crois pas exagérer les chiffres en disant que, sur vingt jeunes filles, il en est dix-neuf qui envisagent le mariage de cette façon inégale et boiteuse.Il ne s\u2019agit ni de soumission, ni d\u2019humble attachement chez elles,_ mais de passivité et d\u2019une sorte de paresse morale qui se dérobe aux fatigues de la responsabilité.La fiancée choyée marche sur une route veloutée et factice dont l\u2019illusion est tentante.On prévient ses désirs, on écarte les obstacles, on lui tait les soucis, et comme la sollicitude maternelle avait déjà préparé son âme à compter sur autrui, la voilà cultivée en lierre plutôt qu\u2019en hêtre.Elle n\u2019est pas quelqu\u2019un par elle-même ; elle n\u2019est pas une force absolue, elle est dépendante ; cette dépendance n\u2019est pas faite d\u2019une volonté qui s\u2019incline, mais bien d\u2019une volonté atrophiée.Je sens que de telles considérations peuvent blesser les âmes tendres : le rêve de leur vie à deux les a si souvent conduites vers ce but que je blâme et qu\u2019elles tenaient pour un idéal indiscutable ! Mais qu\u2019elles ne s\u2019y trompent point, il y a dans cette situation une erreur morale qui nuit à leur noblesse et qui leur prépare d\u2019inévitables déboires.Il ne convient pas qu\u2019un être conscient abdique et se laisse diriger aveuglement ; qu\u2019il s\u2019incline devant une autorité réelle, qu\u2019il obéisse, rien de mieux; mais qu\u2019il se désintéresse de toutes questions supérieures sous prétexte de s\u2019abandonner à une force dirigeante, non, cela ne doit pas être; il descend de la dignité de disciple au rôle de serf, il perd de sa valeur sans augmenter celle de son mentor.Il importe qu\u2019une femme ne néglige pas sa culture morale, sous le prétexte inavouable \u201cqu\u2019elle n\u2019aura pas à se conduire dans la vie\u201d.En supposant même que le sort lui réserve l\u2019époux sage et vigilant entre tous, elle ne peut vouloir se priver de la noble tâche dévolue à chaque conscience.Je n\u2019entends point, ici, conseiller à la femme d\u2019élever bruyamment la voix dans les conflits, d\u2019imposer sa manière de juger et de sentir, de créer un courant prédominant, et de chercher à annihiler la personnalité voisine; ce serait remplacer un danger par un danger contraire.Mais je lui recomr mande de se préparer au mariage en le considérant comme une association morale; à elle reviennent la douceur, l\u2019esprit de conciliation, la déférence souriante; mais, sous des dehors gracieux et souples, que sa droite conscience demeure intangible et fixe.Leur double lumière projettera sur leur commun sentier une lueur plus sûre ; sans doute, leurs rayons auront les qualités de leur rôle social ; lui sera plus brillant, elle plus atténuée, mais plus constante peut-être ; arc électrique ou veilleuse, qu\u2019importe! Beaucoup de femmes se plaignent d\u2019être mises à l\u2019écart de tout par leurs maris ; soyez sûres que l\u2019origine de cette situation regrettable tient, tout entière, dans le désintéressement maladroit que la jeune épousée manifestait au début pour les graves questions ; elle a pris posture de lierre, ne cherchant le ciel et l\u2019air que si son soutien les cherche, ne connaissant même pas la direction nécessaire et n\u2019ayant aucun courage d\u2019orientation morale. LA FEMME 7 Les natures aimantes sont peut-être plus portées que les autres à ces abdications ; elles y procèdent dans un élan de générosité mal comprise et y subsistent par veulerie.Que d\u2019unions, mariage ou amitié, sont faites ainsi de la radiation d\u2019un des éléments moraux.Ce suicide, d\u2019ordre immatériel, n\u2019en est pas moins répréhensible ; en même temps qu\u2019il supprime ou amoindrit un individu dans le domaine de la vertu, il nuit à la collectivité.Travaillons, au contraire, à accroître notre force morale, notre conscience du devoir; ne croyons pas que notre puissance risque de compromettre l\u2019entente harmonieuse; seulement, nos concessions auront tout le mérite des sacrifices consentis, et, au jour de doute ou de faiblesse, nous soutiendrons notre partenaire.Deux forces concordantes constituent la plus noble et la plus solide des unions LISESOTTE t\tChronique, féministe Les mots omit lew fortune, homme ou mauvaise, comme celle des 'hommes.Certains d\u2019entre eux sont 'aimés, choyés, ils voltigent, comme des (papillons bleus, sut 'les (plus jolies lèvres du monde et, dans les âmes les plus moroses, ils éveillent un.écho de douceur.Sont ils plus beaux que les autres, plus harmonieux, plus expressifs?Non, ils ont tout 'simplement la chanjoe.De pauvres mots, leurs frères, sont, blent enlaidir les lèvres qui les prononcent et l\u2019idée de ridicule qui, sans qu\u2019au juste on sache pourquoi, s\u2019est 'attachée à eux, les suit partout.iC\u2019est la guigne noire et injuste comme celle qui s\u2019acharne parfois à des êtres que nous plaignons parce qu\u2019ils sont bons, souvent faibles, qu\u2019ils n\u2019ont fait de mal à personne ou que ça nous \u201cdérange\u201d de les voix malheureux.Pour les mots, nous n\u2019avons pas de ces pitiés, mais c\u2019est tont-à-fadit la même chose.Parmi des vocables qui n\u2019ont pais .eu de chance, celui de \u201cféminisme\u201d brille sans conteste au premier rang.La chose qu\u2019il désigne sera admise depuis des années que le mot ne passera pas encore.Lorsqu\u2019on dira, en votre présence, d\u2019une femme que vous ne connaissez point: \u201cC\u2019est une féministe\u201d, tout de suite, vous imaginerez quelque virago fagotée à la diable, portant la canne, fumant la cigarette, buvant du scotch, peut-être, en tout cas, ubsoliumerot laide et désagréable.Si, en parlant de teille gracieuse personne que vous connaissez et qui s\u2019occupe, sans négliger ni son foyer, ni même sa toilette, d\u2019oeuvres ou de questions intéressant le sort 'des femmes, -on la qualifie de féministe ; aussitôt vous 'aurez envie de protester, tant vous trouverez que cette appellation lui convient peu.Pourtant, votre charmante amie est vraiment féministe et beaucoup plus, selon la stricte étymologie du mot, que le serait l\u2019inoonnue dont vous 'avez évoqué tantôt Limage si peu galante.C\u2019est à tel point ainsi que les femmes \u2014 toutes icharmaniies \u2014 qui ont fondé il y a quelques 'années, à Montréal, la Fédération Nationale -Siaint-J-ean Baptiste ont l\u2019air de craindre, paT dessus tout, pour ne rien perdre de leur popularité sans doute, de se faire appeler féministes.Voyez les annonces et les rapports que ces dames publient dans les journaux, jamais voue n\u2019y trouverez le mot incriminé .qu\u2019on aura remplacé au besoin par une périphrase souvent moins harmonieuse.Ced n\u2019es't pas un blâme.Les membres de la Fédération féminine agissent en excellents politiques.'En France, il estait attaché tant de discrédit au nom de féminisme que la revue de l\u2019Association des femmes catholiques françaises qui s\u2019est bravement intitulée \u201cLe Féminisme Chrétien\u201d, ne laisse pas, depuis plus 'de dix .ans qu\u2019elle est fondée, d\u2019expliquer encore la pontée die son titre, et dans une centaine mesure, de s\u2019excuser de Lavoir choisi tel.A qoui cela tient-il ?Je ne sais.Peut-être à ce que les premières revend iea-humaine, ils lui en voudront toujours de remplacer la morte, qui ne peut plus rien pour eux, sans réfléchir que leur mauvaise volonté rend sa tâche plus lourde et plus dure et que pour Laeoepter elle a peut-être sacrifié quelque rêve brillant de jeunesse.Douces beHes-mènes ou marâtres, etllies ont contre elles un préjugé vivace, qu'alimentent les imaginations .enfantines qui ont connu trop tôt lia douleur.Un peu de confiance et d\u2019affection adoucirait pourtant les natures revêches et mettrait du -baume sur les coeurs meurtris des orphelins qui ne veulent pas se consoler.GINEVRA.Le bonheur du riche ne doit pas consister dans dans le bien qu\u2019il a mais dans le bien qu\u2019il peut faire.FRANKLIN.Guérison des yeux sans médicaments, opé ration nidouleur.Nos \u201cVerres Torlc\u201dnou veau style A ORDRE sont garantis pour bien - VOIR, de DOIN et de PRÈS, tracer, coudre, lire et écrire.Consultez le meilleur de Montréal.A L\u2019INSTITUT D\u2019OPTIQUE LE SPECIALISTE BEADMIER 144, Stft-Catherine Est.coin Ave Hotel de Ville, Montréal L\u2019EXAMEN DES YEUX GRATIS Spécialité: Yeux artificiels AV IS\u2014Cette annonce rapportée vaut 16c.par dollar sur tout achat en lunetterie.Il recherche les Cas difficiles, désespérés, N\u2019achetez jamais des \u201cPBDLBftS\u201d ni aux ma gasins * \u2018 A*tout-falre\u2019 'si vous tenez & vos yeux.*yyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyÿyyy £ PREMIER CHAGRIN «aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaax Il est six heures, des -portes des ateliers et des magasins s\u2019ouvrent toutes grandes, et la -foule des travailleurs s'écoule, heureuse que ce soit enfin l\u2019heure -du repos.Les petites modistes coudoient les employés de bureau et 1-es demoiselles de magasin s-e hâtent vers -leur demeure, plus aviides de s\u2019asseoir -que -de prendre leur part -du souper familial.Un spectacle charmant tranche su-r la banalité de cette foule et attire mon regard de promeneuse attardée et un gazouillement d-e douces v-oix enfantines retient mon attention.Une jeune mère, entourée d-e bambines aux larges capelines formant auréoles, cause gaiement.Mies font au petit père la joyeuse surprise d-e Latteridr-e à mi-dhamin.L\u2019-aînée, une fillette de six ans au plus, promène d\u2019un air digne, dans une élégante voiture d\u2019osier, une très belle -poupée.Je m\u2019amusais de 'l\u2019air gentil des enfants; du naif orgueil de la mère, quand, la poupée secouée par un choc imprévu, fut projetée violemment sur le -pavé.Elle y gisait décapitée, et la petite file contemplait avec stupéfaction les restes mutilés de son (bébé.La mère se mit à rire, pour atténuer le Chagrin de -l\u2019enfant, -ou parce qu\u2019eR-e n\u2019avait pas compris la souffrance qui crispait le petit visage aux traits délicats et qu\u2019encadrait si joliment la chevelure aux boucles brumes.Elle avait eu, la pauvre petite, la vision d-e l\u2019irréparable et d-e bànstabiiilté de nos ambitions les -plus légitimes ; devant les débris de son jouet, die avait appris que tout meurt.J\u2019ai longtemps suivi des yeux le regard navri de Lemfant; sait-on ce que souffre les petites âmes qui n\u2019ont pas l\u2019âge de raison et qui me savent pas exprimer leurs chagrins?Ne 1-es traitons-nous pas durement sans en -avoir conscience, oublieux des premiers froissements et des lointaines douleurs qui devraient nous rendre compatissants à lew égard ! Au 'lieu de railler les petits coeurs souffreteux, il faudrait leur enseigner le détachement et la résignation, les façonner, les pétrir, 'les rendre forts.UN BON DESSERT demande de bons ingrédients Vous ne réussirez jamais à faire un bon dessert avec des essences inferieures.Les Essences Culinaires JONAS doivent leur vogue sans cesse croissante, aux choix rigoureux des matières premières, à leur parfaite distillation et à leur qualité supérieure in va-riab le.Exigez toujours les EssencesJON AS HENRI JONAS & OIE 3 8 9 et S 9 1 EUE SAINT - PAU LA FEMME La souffrance sera 'leur lot: physique ou amorale, (peroomieUe ou les atteignant par d\u2019autres, elle occupera dams leur vie uine très grande place, et plus les petites âmes seront tendres t délicates, plus elle les broiera 'et les laissera haletantes et 'vaincues.Les mamans, vraiment dignes de ee nam, seules ont le pourvoir de lire dams les yeux purs, les tristesses précoces et, iarsqu\u2019éEes disparaissent, appelées pair la volonté de Dieu, les petits, privés de caresses, 'les appellent dans la nuit sombre et baignent de larmes brûlantes l\u2019oreilélr du petit lit 'blanc où elles les bordaient chaque soir.\u2022Si plus taPd, une mère étrangère vient ocuper la plaoe vide révoltés d\u2019avance contre son dévouement, ils lui fermeront impitoyablement \u2018leur coeur, trop jeunes pour comprendre et pardonner les défaillances de la constance humaine, ils lui en voudront toujours de remplacer la morte, qui ne peut plus rien pour eux, sans réfléchir que eur mauvaise volonté rend sa tâche plus lourde et plus dure et que pour 1 \u2019accepter elle a peut-être sacrifié quelque rêve brillant de jeunesse.Douces belles-mères, ou marâtaes elles ont contre elles un préjugé vivace, qu\u2019allimentent les imaginations enfantines qui ont connu trop tôt la douleur.Un peu de confiance et d\u2019affection adoucirait pourtant les natures revêches et mettrait du baume sur les coeurs meurtris des orphelins qui ne veulent pas se consoler.GINEVA._____A NINI Il est des jours, vois-tu, Nini, Des jours de sinistre détresse, Des jours où tout paraît terni Par une angoissante tristesse; Des jours creux et vides d\u2019espoir, Où le coeur tremble, où l\u2019âme doute, Des jours d\u2019ennui, tendus de noir Où l\u2019esprit de tout se dégoûte.Le chant de l\u2019oiseau semble faux, Vulgaire herbe devient la rose; Tout ce qui nous paraissait beau Nous semble méchant ou morose.Il est des jours, vois-tu, Nini, Des jours d\u2019ennui, de lassitude; Des jours où l\u2019espoir est banni, Jours de deuil, jours de solitude.Il en est d\u2019encor plus cruels, Jours de déchirante souffrance Où ne répond à nos appels Que l\u2019implacable et froid silence, Jours de blasphème et de malheur Où l\u2019être se révolte et crie; Jours d\u2019amertume et de douleur, Jours de sanglots, jours de furie.Mais qu\u2019importent ces jours d\u2019effroi, Sans doute embusqués sur ma route, Puisqu\u2019il en est où je te vois, Puisqu\u2019il en est où je t\u2019écoute! Car il est des jours, ma Nini, Des jours de soleil et de vie, Jours d\u2019espoir, d\u2019amour infini, Jours de baisers, jours de folie! 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